Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Contrôle périodique 2 blanc

Contrôle périodique 2 blanc corrigé de MTH1101 (Polytechnique)

Voici un contrôle périodique 2 blanc de MTH1101, le cours de Calcul I de première année à Polytechnique Montréal. Comme le vrai contrôle périodique 2, l'« intra 2 » du calendrier du cours, il porte sur les heures de cours 11 à 18 du plan : nombres complexes, fonctions de plusieurs variables, courbes et surfaces de niveau, limite et continuité, dérivées partielles, approximation linéaire et différentielle, dérivation en chaîne, gradient et dérivée directionnelle. Dix exercices, 100 points, en trois parties : questions courtes, nombres complexes et fonctions de plusieurs variables, puis dérivées, différentielle, chaîne et gradient.

Le fil de l'épreuve est celui du plan de cours, qui annonce des questions demandant « plus de réflexion que de calculs » et le plus souvent comparables à celles du livre : avant de calculer, on lit. Le quadrant avant l'argument, la formule avant le domaine, deux chemins avant de conclure sur une limite, l'arbre avant la règle de chaîne, la carte de contour avant le gradient. Les pièges que le corrigé désigne : l'argument pris dans le mauvais quadrant, la frontière dont on ne vérifie pas l'appartenance, les chemins qui ne mènent pas au bon point, la dérivée de ff évaluée au mauvais point, le vecteur direction qu'on oublie de normaliser.

Comptez 2 heures, comme au contrôle, sans calculatrice ni appareil électronique ; seul document permis, votre aide-mémoire d'une feuille recto verso. Toutes les réponses sont exactes ou se calculent à la main. Chaque sous-question se vérifie en ligne et le corrigé donne la réponse en tête. Pour reprendre un chapitre avant l'épreuve, les chapitres 6 à 12 du cours ont chacun leur série de dix exercices corrigés et leur fiche de révision, sur le hub de MTH1101.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre

Rappel de cours

  • • Complexes : zw=z w‾∣w∣2\frac{z}{w}=\frac{z\,\overline{w}}{|w|^{2}} ; z=r eiθz=r\,\mathrm{e}^{i\theta}, argument lu avec le quadrant ; eiθ=cos⁡θ+isin⁡θ\mathrm{e}^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta ; (reiθ)n=rneinθ\left(r\mathrm{e}^{i\theta}\right)^{n}=r^{n}\mathrm{e}^{in\theta}.
  • • Limites : deux chemins, deux valeurs, pas de limite ; pour prouver une limite, une majoration ∣f−L∣≤g(r)→0|f-L|\le g(r)\to 0 indépendante de l'angle (∣x∣≤r|x|\le r, ∣y∣≤r|y|\le r).
  • • Dérivées partielles : fx(a,b)=lim⁡h→0f(a+h,b)−f(a,b)hf_x(a,b)=\lim\limits_{h\to 0}\frac{f(a+h,b)-f(a,b)}{h} ; Clairaut si fxyf_{xy} et fyxf_{yx} sont continues.
  • • Plan tangent : z=f(a,b)+fx(a,b)(x−a)+fy(a,b)(y−b)z=f(a,b)+f_x(a,b)(x-a)+f_y(a,b)(y-b) ; dz=fx dx+fy dydz=f_x\,dx+f_y\,dy ; erreur maximale avec les valeurs absolues.
  • • Chaîne : une somme sur les chemins de l'arbre ; implicite : dydx=−FxFy\frac{dy}{dx}=-\frac{F_x}{F_y} si Fy≠0F_y\neq 0.
  • • Gradient : Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u avec u⃗\vec u unitaire ; taux maximal ∥∇f∥\|\nabla f\| ; ∇F\nabla F normal à la surface de niveau F=kF=k.

Partie A : questions courtes (/40)

Exercice 1 : Nombres complexes : quatre calculs, quatre formes

Les quatre questions sont indépendantes. Toutes les réponses sont exactes ; un argument se donne dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi].

  • a) Écrivez 5+i3−2i\dfrac{5+i}{3-2i} sous forme algébrique, puis donnez son module.
  • b) Calculez (−1+i)10(-1+i)^{10} par la forme polaire, et contrôlez par (−1+i)2(-1+i)^{2}.
  • c) Donnez la somme de la série ∑n≥01n!(iπ4)n\displaystyle\sum_{n\ge 0}\frac{1}{n!}\left(\frac{i\pi}{4}\right)^{n} sous forme algébrique. Pourquoi converge-t-elle ? Quelle série réelle a pour somme sa partie réelle ?
  • d) Écrivez eln⁡4+5iπ/6\mathrm{e}^{\ln 4+5i\pi/6} sous forme algébrique. Donnez son module et son argument.

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Réponses

  • a) 1+i1+i, de module 2\sqrt{2}
  • b) (−1+i)10=−32i(-1+i)^{10}=-32i
  • c) eiπ/4=22+i22\mathrm{e}^{i\pi/4}=\frac{\sqrt{2}}{2}+i\frac{\sqrt{2}}{2} ; partie réelle ∑k≥0(−1)k(π/4)2k(2k)!=cos⁡π4\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}(\pi/4)^{2k}}{(2k)!}=\cos\frac{\pi}{4}
  • d) −23+2i-2\sqrt{3}+2i, module 44, argument 5π6\frac{5\pi}{6}

a) Diviser, c'est multiplier haut et bas par le conjugué du dénominateur, ce qui rend celui-ci réel : (5+i)(3+2i)(3−2i)(3+2i)=15+10i+3i+2i29+4=13+13i13=1+i\dfrac{(5+i)(3+2i)}{(3-2i)(3+2i)}=\dfrac{15+10i+3i+2i^{2}}{9+4}=\dfrac{13+13i}{13}=1+i. Module : ∣1+i∣=2|1+i|=\sqrt{2}. Contrôle sans refaire la division : ∣zw∣=∣z∣∣w∣=2613=2\left|\frac{z}{w}\right|=\frac{|z|}{|w|}=\frac{\sqrt{26}}{\sqrt{13}}=\sqrt{2}. Le piège est d'écrire 5+i3−2i=53−i2\frac{5+i}{3-2i}=\frac{5}{3}-\frac{i}{2}, comme si l'on pouvait diviser partie réelle par partie réelle : la division ne se fait jamais composante par composante.

b) −1+i-1+i a pour module 2\sqrt{2} et se trouve dans le DEUXIÈME quadrant : son argument est 3π4\frac{3\pi}{4}, et non arctan⁡1−1=−π4\arctan\frac{1}{-1}=-\frac{\pi}{4}, qui pointe dans le quatrième. Par De Moivre, (−1+i)10=(2)10ei 30π/4=32 ei 15π/2(-1+i)^{10}=\left(\sqrt{2}\right)^{10}\mathrm{e}^{i\,30\pi/4}=32\,\mathrm{e}^{i\,15\pi/2}. On ramène l'argument dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi] en retirant 8π8\pi : 15π2−8π=−π2\frac{15\pi}{2}-8\pi=-\frac{\pi}{2}, d'où (−1+i)10=32 e−iπ/2=−32i(-1+i)^{10}=32\,\mathrm{e}^{-i\pi/2}=-32i. Contrôle : (−1+i)2=1−2i+i2=−2i(-1+i)^{2}=1-2i+i^{2}=-2i, donc (−1+i)10=(−2i)5=−32 i5=−32i(-1+i)^{10}=(-2i)^{5}=-32\,i^{5}=-32i. Avec l'argument −π4-\frac{\pi}{4}, on aurait trouvé +32i+32i : le quadrant coûte toute la question.

c) C'est la série de ez\mathrm{e}^{z} en z=iπ4z=\frac{i\pi}{4}. Elle converge ABSOLUMENT pour tout complexe zz, car la série des modules est ∑∣z∣nn!=e∣z∣\sum\frac{|z|^{n}}{n!}=\mathrm{e}^{|z|}, ici eπ/4\mathrm{e}^{\pi/4} : c'est cette convergence absolue qui permet de séparer les termes de rang pair et de rang impair sans changer la somme. Les rangs pairs donnent ∑k≥0(−1)k(π/4)2k(2k)!=cos⁡π4\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}(\pi/4)^{2k}}{(2k)!}=\cos\frac{\pi}{4}, car i2k=(−1)ki^{2k}=(-1)^{k}, et les rangs impairs i∑k≥0(−1)k(π/4)2k+1(2k+1)!=isin⁡π4i\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}(\pi/4)^{2k+1}}{(2k+1)!}=i\sin\frac{\pi}{4}. C'est la formule d'Euler : la somme vaut eiπ/4=22+i22\mathrm{e}^{i\pi/4}=\frac{\sqrt{2}}{2}+i\frac{\sqrt{2}}{2}. Le piège serait de croire la série géométrique, de raison iπ4\frac{i\pi}{4} : avec ∣z∣=π4<1|z|=\frac{\pi}{4}<1, elle convergerait aussi, mais vers 11−iπ/4\frac{1}{1-i\pi/4}, un tout autre nombre. Ici les n!n! sont au dénominateur.

d) ea+ib=ea eib\mathrm{e}^{a+ib}=\mathrm{e}^{a}\,\mathrm{e}^{ib} : le module est eln⁡4=4\mathrm{e}^{\ln 4}=4 et l'argument 5π6\frac{5\pi}{6}, déjà dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi]. Donc eln⁡4+5iπ/6=4(cos⁡5π6+isin⁡5π6)=4(−32+i2)=−23+2i\mathrm{e}^{\ln 4+5i\pi/6}=4\left(\cos\frac{5\pi}{6}+i\sin\frac{5\pi}{6}\right)=4\left(-\frac{\sqrt{3}}{2}+\frac{i}{2}\right)=-2\sqrt{3}+2i. La partie réelle de l'exposant fixe la DISTANCE à l'origine, la partie imaginaire l'ANGLE. Le piège est de prendre ln⁡4\ln 4 pour le module : c'est eln⁡4\mathrm{e}^{\ln 4} qui l'est.

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Exercice 2 : Un domaine à lire dans la formule, et une courbe de niveau en deux morceaux

On considère f(x,y)=x−y2  ln⁡(2−x)f(x,y)=\sqrt{x-y^{2}}\;\ln(2-x). La figure montre en couleur l'ensemble DD des points où la formule a un sens. Elle ne dit PAS quelles parties de la frontière appartiennent à DD : c'est l'objet de la question b).

-1-0,50,511,52-2-1,5-1-0,50,511,52Dx = y²x = 2
  • a) Écrivez les deux conditions qui définissent DD. Les points (1 ;−1)(1\,;-1), (2 ;1)(2\,;1) et (1 ;2)(1\,;2) appartiennent-ils à DD ?
  • b) La frontière de DD est formée d'un arc de parabole et d'un segment. Lesquels de ces deux morceaux appartiennent à DD ? Que dire des deux points où ils se rejoignent ?
  • c) Décrivez la courbe de niveau 00 de ff : elle a deux morceaux. En combien de points se coupent-ils ? Quel est le signe de ff au point (32 ;0)\left(\frac{3}{2}\,;0\right) ?
  • d) Étudiez la trace de la surface z=f(x,y)z=f(x,y) dans le plan y=0y=0 quand xx tend vers 22. La fonction ff est-elle minorée sur DD ?

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Réponses

  • a) D={(x,y) : y2≤x<2}D=\{(x,y)\,:\,y^{2}\le x<2\} ; (1 ;−1)∈D(1\,;-1)\in D, (2 ;1)∉D(2\,;1)\notin D, (1 ;2)∉D(1\,;2)\notin D
  • b) L'arc x=y2x=y^{2} (∣y∣<2|y|<\sqrt{2}) appartient à DD, le segment x=2x=2 non, ni les points (2 ;±2)(2\,;\pm\sqrt{2})
  • c) L'arc x=y2x=y^{2} (x<2x<2) et le segment x=1x=1, −1≤y≤1-1\le y\le 1 ; ils se coupent en 22 points, (1 ;±1)(1\,;\pm 1) ; f(32 ;0)<0f\left(\frac{3}{2}\,;0\right)<0
  • d) f(x,0)=x ln⁡(2−x)→−∞f(x,0)=\sqrt{x}\,\ln(2-x)\to-\infty quand x→2−x\to 2^{-} : ff n'est pas minorée

a) La racine carrée exige x−y2≥0x-y^{2}\ge 0, soit x≥y2x\ge y^{2} : on est à droite de la parabole x=y2x=y^{2}, parabole comprise. Le logarithme exige 2−x>02-x>0, soit x<2x<2, avec une inégalité STRICTE. Donc D={(x,y) : y2≤x<2}D=\{(x,y)\,:\,y^{2}\le x<2\}. Pour (1 ;−1)(1\,;-1) : y2=1≤1<2y^{2}=1\le 1<2, le point est dans DD, sur la parabole. Pour (2 ;1)(2\,;1) : x=2x=2 annule l'argument du logarithme, le point est exclu. Pour (1 ;2)(1\,;2) : y2=4>1y^{2}=4>1, la racine porterait sur −3-3, le point est exclu. Le piège est d'oublier que les deux conditions doivent tenir EN MÊME TEMPS : DD est une intersection.

b) Chaque morceau de frontière hérite du type d'inégalité qui le crée. L'arc x=y2x=y^{2} vient de la racine, qui accepte 00 : il appartient à DD, et ff y vaut 00. Le segment x=2x=2, ∣y∣≤2|y|\le\sqrt{2}, vient du logarithme, qui refuse 00 : il n'appartient pas à DD. Les deux extrémités communes (2 ;±2)(2\,;\pm\sqrt{2}) sont sur la parabole, mais elles ont x=2x=2 : elles sont exclues, car il suffit qu'UNE condition échoue. DD n'est donc ni ouvert, puisqu'il contient des points de sa frontière, ni fermé, puisqu'il en manque d'autres. La figure, qui colorie tout le bord du même trait, ne pouvait pas le dire : c'est la formule qui décide.

c) Un produit est nul si et seulement si l'un des facteurs l'est. x−y2=0\sqrt{x-y^{2}}=0 donne l'arc x=y2x=y^{2} (avec x<2x<2) ; ln⁡(2−x)=0\ln(2-x)=0 donne 2−x=12-x=1, soit x=1x=1, mais seulement pour les points de DD, donc y2≤1y^{2}\le 1 : c'est le segment x=1x=1, −1≤y≤1-1\le y\le 1, et non toute la droite. La courbe de niveau 00 est la réunion de l'arc et de ce segment, qui se coupent en 22 points, (1 ;1)(1\,;1) et (1 ;−1)(1\,;-1). Une courbe de niveau n'est donc pas forcément « une » courbe d'un seul tenant. En (32 ;0)\left(\frac{3}{2}\,;0\right) : 32>0\sqrt{\frac{3}{2}}>0 et ln⁡12<0\ln\frac{1}{2}<0, donc f<0f<0. Plus généralement, f>0f>0 entre la parabole et le segment (x<1x<1), et f<0f<0 au-delà (1<x<21<x<2).

d) Dans le plan y=0y=0, la trace est la courbe z=x ln⁡(2−x)z=\sqrt{x}\,\ln(2-x), pour 0≤x<20\le x<2. Quand x→2−x\to 2^{-}, x→2\sqrt{x}\to\sqrt{2} et ln⁡(2−x)→−∞\ln(2-x)\to-\infty : le produit tend vers −∞-\infty. La fonction ff n'est donc pas minorée sur DD : elle prend des valeurs négatives aussi grandes en valeur absolue que l'on veut, en approchant le segment exclu. C'est la frontière ABSENTE de DD qui produit ce comportement, ce qu'une lecture rapide « DD est borné donc ff est bornée » ne voit pas : il faudrait un domaine fermé ET une fonction continue sur lui.

Exercice 3 : La loi de Poiseuille : une puissance quatre dans l'erreur relative

Le débit d'un liquide visqueux dans un tuyau de rayon rr et de longueur LL est donné par la loi de Poiseuille, Q=c r4LQ=c\,\dfrac{r^{4}}{L}, où c>0c>0 dépend de la différence de pression et de la viscosité, supposées connues exactement. On mesure rr à 1 %1\ \% près et LL à 2 %2\ \% près.

  • a) Calculez ∂Q∂r\dfrac{\partial Q}{\partial r} et ∂Q∂L\dfrac{\partial Q}{\partial L}, puis montrez que dQQ=α drr+β dLL\dfrac{dQ}{Q}=\alpha\,\dfrac{dr}{r}+\beta\,\dfrac{dL}{L} en donnant α\alpha et β\beta.
  • b) Estimez l'erreur relative maximale sur QQ, en pourcentage.
  • c) On garde la mesure de LL à 2 %2\ \% près. Avec quelle précision relative faut-il mesurer rr pour que l'erreur relative maximale sur QQ ne dépasse pas 3 %3\ \% ?
  • d) Un ingénieur élargit le tuyau : rr augmente de 10 %10\ \%, LL ne change pas. Estimez l'augmentation relative du débit par la différentielle, puis calculez-la exactement. Expliquez l'écart.

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Réponses

  • a) Qr=4cr3LQ_r=\frac{4cr^{3}}{L}, QL=−cr4L2Q_L=-\frac{cr^{4}}{L^{2}} ; α=4\alpha=4, β=−1\beta=-1
  • b) 6 %6\ \%
  • c) rr à 0,25 %0{,}25\ \% près
  • d) Différentielle : +40 %+40\ \% ; exact : 1,14−1=+46,41 %1{,}1^{4}-1=+46{,}41\ \%

a) On gèle LL pour dériver par rapport à rr, et inversement : ∂Q∂r=4c r3L\frac{\partial Q}{\partial r}=\frac{4c\,r^{3}}{L} et ∂Q∂L=−c r4L2\frac{\partial Q}{\partial L}=-\frac{c\,r^{4}}{L^{2}}. La différentielle totale est dQ=4cr3L dr−cr4L2 dLdQ=\frac{4cr^{3}}{L}\,dr-\frac{cr^{4}}{L^{2}}\,dL, et en divisant par Q=cr4LQ=\frac{cr^{4}}{L} : dQQ=4 drr−dLL\frac{dQ}{Q}=4\,\frac{dr}{r}-\frac{dL}{L}. Donc α=4\alpha=4 et β=−1\beta=-1. Pour un produit de puissances, l'erreur relative est la combinaison des erreurs relatives, pondérée par les EXPOSANTS : c'est la dérivée logarithmique, ln⁡Q=ln⁡c+4ln⁡r−ln⁡L\ln Q=\ln c+4\ln r-\ln L.

b) Les signes de drdr et de dLdL sont inconnus : l'erreur MAXIMALE s'obtient quand les deux contributions s'ajoutent, d'où les valeurs absolues. ∣dQQ∣≤4∣drr∣+∣dLL∣=4×1 %+2 %=6 %\left|\frac{dQ}{Q}\right|\le 4\left|\frac{dr}{r}\right|+\left|\frac{dL}{L}\right|=4\times 1\ \%+2\ \%=6\ \%. Le piège est de garder le signe moins de β\beta et d'annoncer 4 %−2 %=2 %4\ \%-2\ \%=2\ \% : les erreurs ne se compensent que si l'on sait qu'elles vont dans le même sens, ce qu'une incertitude ne dit jamais. Le rayon, bien que mesuré deux fois plus précisément que la longueur, pèse deux fois plus lourd dans l'erreur, à cause de l'exposant 44.

c) On veut 4 er+2 %≤3 %4\,e_r+2\ \%\le 3\ \%, où ere_r est l'erreur relative sur rr : er≤0,25 %e_r\le 0{,}25\ \%. Il faut donc quadrupler la précision sur le rayon pour gagner un seul point de pourcentage sur le débit. Améliorer la longueur serait moins efficace : même mesurée parfaitement, elle laisserait 4 %4\ \% venant du rayon, au-dessus du seuil.

d) La différentielle donne dQQ=4×10 %=40 %\frac{dQ}{Q}=4\times 10\ \%=40\ \%. Le calcul exact donne QnouveauQ=1,14=1,4641\frac{Q_{\text{nouveau}}}{Q}=1{,}1^{4}=1{,}4641, soit +46,41 %+46{,}41\ \%. En développant, (1+h)4−1=4h+6h2+4h3+h4(1+h)^{4}-1=4h+6h^{2}+4h^{3}+h^{4} : la différentielle ne garde que le terme 4h4h, et pour h=0,1h=0{,}1 les termes suivants valent 0,06+0,004+0,0001=0,06410{,}06+0{,}004+0{,}0001=0{,}0641. La différentielle est une approximation LINÉAIRE, faite pour de petites variations comme une incertitude de mesure ; une variation de 10 %10\ \% élevée à la puissance 44 n'est plus petite. C'est d'ailleurs le résultat qui intéresse l'ingénieur : un rayon à peine plus grand fait presque une fois et demie le débit.

Exercice 4 : Vrai ou faux : cinq affirmations à justifier

Pour chaque affirmation, répondez vrai ou faux, puis justifiez. Une affirmation vraie se démontre en citant le résultat utilisé ; une affirmation fausse se réfute par un contre-exemple EXPLICITE. Une réponse sans justification ne rapporte aucun point.

  • a) « Pour tout complexe z≠0z\neq 0, le nombre zz‾\dfrac{z}{\overline{z}} a pour module 11. »
  • b) « Un polynôme de degré 44 à coefficients réels a au moins une racine réelle. »
  • c) « Si ff est continue en (a,b)(a,b), alors fx(a,b)f_x(a,b) existe. »
  • d) « Soit ff différentiable en PP. Si Du⃗f(P)=0D_{\vec u}f(P)=0 pour deux vecteurs unitaires u⃗\vec u et v⃗\vec v non parallèles, alors ∇f(P)=0⃗\nabla f(P)=\vec 0. »
  • e) « Le long d'une courbe de niveau de ff, la norme du vecteur gradient est constante. »

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Réponses

  • a) Vrai : ∣zz‾∣=∣z∣∣z‾∣=1\left|\frac{z}{\overline{z}}\right|=\frac{|z|}{|\overline{z}|}=1
  • b) Faux : (z2+1)(z2+4)(z^{2}+1)(z^{2}+4) a pour racines ±i\pm i, ±2i\pm 2i
  • c) Faux : f(x,y)=∣x∣+y2f(x,y)=|x|+y^{2} est continue en (0,0)(0,0) et fx(0,0)f_x(0,0) n'existe pas
  • d) Vrai : ∇f(P)\nabla f(P) est orthogonal à deux vecteurs non parallèles du plan
  • e) Faux : pour f=y−x3f=y-x^{3} sur le niveau 00, ∥∇f∥=1\|\nabla f\|=1 en (0,0)(0,0) et 10\sqrt{10} en (1,1)(1,1)

a) VRAI. Le conjugué a le même module : ∣z‾∣=x2+(−y)2=∣z∣|\overline{z}|=\sqrt{x^{2}+(-y)^{2}}=|z|, et le module d'un quotient est le quotient des modules. Donc ∣zz‾∣=∣z∣∣z∣=1\left|\frac{z}{\overline{z}}\right|=\frac{|z|}{|z|}=1, ce qui exige z≠0z\neq 0. En polaire, reiθre−iθ=e2iθ\frac{r\mathrm{e}^{i\theta}}{r\mathrm{e}^{-i\theta}}=\mathrm{e}^{2i\theta} : le quotient est sur le cercle unité, à l'angle DOUBLE de celui de zz.

b) FAUX. Contre-exemple : P(z)=(z2+1)(z2+4)=z4+5z2+4P(z)=(z^{2}+1)(z^{2}+4)=z^{4}+5z^{2}+4, à coefficients réels. Pour xx réel, P(x)≥4>0P(x)\ge 4>0 : aucune racine réelle ; ses quatre racines sont ±i\pm i et ±2i\pm 2i, deux paires de conjugués. Ce qui est vrai : les racines non réelles d'un polynôme réel vont par paires conjuguées, donc un polynôme réel de degré IMPAIR a au moins une racine réelle. En degré pair, toutes les racines peuvent se ranger en paires.

c) FAUX. Contre-exemple : f(x,y)=∣x∣+y2f(x,y)=|x|+y^{2}, continue partout comme somme de fonctions continues. Par la définition, f(h,0)−f(0,0)h=∣h∣h\frac{f(h,0)-f(0,0)}{h}=\frac{|h|}{h}, qui vaut 11 pour h>0h>0 et −1-1 pour h<0h<0 : pas de limite, fx(0,0)f_x(0,0) n'existe pas. La surface a une arête le long de l'axe des yy. L'implication vraie va dans l'autre sens, et demande plus que des dérivées partielles : DIFFÉRENTIABLE entraîne continue.

d) VRAI. Comme ff est différentiable en PP, Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗D_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u pour tout vecteur unitaire u⃗\vec u. L'hypothèse dit que ∇f(P)\nabla f(P) est orthogonal à u⃗\vec u ET à v⃗\vec v. Deux vecteurs non parallèles du plan forment une base : tout vecteur w⃗\vec w s'écrit au⃗+bv⃗a\vec u+b\vec v, donc ∇f(P)⋅w⃗=0\nabla f(P)\cdot\vec w=0 pour tout w⃗\vec w, en particulier pour w⃗=∇f(P)\vec w=\nabla f(P), ce qui donne ∥∇f(P)∥2=0\|\nabla f(P)\|^{2}=0. Sans la différentiabilité, la formule ∇f⋅u⃗\nabla f\cdot\vec u tombe et l'affirmation avec elle. À trois variables, deux directions ne suffiraient plus : il en faudrait trois.

e) FAUX. Contre-exemple : f(x,y)=y−x3f(x,y)=y-x^{3}, dont la courbe de niveau 00 est y=x3y=x^{3}. On a ∇f=(−3x2,1)\nabla f=(-3x^{2},1) : en (0,0)(0,0), ∥∇f∥=1\|\nabla f\|=1 ; en (1,1)(1,1), ∥∇f∥=9+1=10\|\nabla f\|=\sqrt{9+1}=\sqrt{10}. Le gradient garde sa DIRECTION par rapport à la courbe (il lui est orthogonal) mais pas sa norme. Sur une carte de contour, sa norme se lit à l'écartement des courbes VOISINES : là où elles se resserrent, le gradient est long, et ce resserrement varie le long d'une même courbe.

Partie B : nombres complexes et fonctions de plusieurs variables (/30)

Exercice 5 : Une équation du second degré, et les racines cubiques de −8

On considère le polynôme P(z)=z2−2z+4P(z)=z^{2}-2z+4, à coefficients réels. On note z1z_1 sa racine de partie imaginaire positive et z2z_2 l'autre.

La figure montre le plan complexe, le cercle de centre OO et de rayon 22, et trois points AA, BB et CC de ce cercle.

-3-2-1123-3-2-1123ABC|z| = 2
  • a) Résolvez P(z)=0P(z)=0 dans C\mathbb{C}, puis écrivez z1z_1 sous forme exponentielle.
  • b) Calculez z13z_1^{3} par la formule de De Moivre. Déduisez-en, sans nouveau calcul de puissance, z23z_2^{3}, puis la factorisation z3+8=(z+2) P(z)z^{3}+8=(z+2)\,P(z) et les trois solutions de z3=−8z^{3}=-8.
  • c) Montrez que AA, BB et CC sont les images des trois solutions de z3=−8z^{3}=-8. Quelle est la nature du triangle ABCABC ? Donnez la longueur de son côté et la somme des trois solutions.
  • d) Montrez que z1‾=4z1\overline{z_1}=\dfrac{4}{z_1}, puis calculez 1z1+1z2\dfrac{1}{z_1}+\dfrac{1}{z_2} sans poser de division.

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  • a) z1,2=1±i3z_{1,2}=1\pm i\sqrt{3} ; z1=2 eiπ/3z_1=2\,\mathrm{e}^{i\pi/3}
  • b) z13=−8z_1^{3}=-8, z23=−8z_2^{3}=-8 ; solutions de z3=−8z^{3}=-8 : −2-2, 1+i31+i\sqrt{3}, 1−i31-i\sqrt{3}
  • c) Triangle équilatéral inscrit dans le cercle de rayon 22, de côté 232\sqrt{3} ; somme 00
  • d) 1z1+1z2=12\frac{1}{z_1}+\frac{1}{z_2}=\frac{1}{2}

a) Le discriminant vaut Δ=4−16=−12<0\Delta=4-16=-12<0 : pas de racine réelle, mais deux racines complexes conjuguées, z=2±−122=2±2i32=1±i3z=\frac{2\pm\sqrt{-12}}{2}=\frac{2\pm 2i\sqrt{3}}{2}=1\pm i\sqrt{3}. Elles sont conjuguées parce que PP est à coefficients RÉELS. Module : ∣z1∣=1+3=2|z_1|=\sqrt{1+3}=2. Argument : cos⁡θ=12\cos\theta=\frac{1}{2} et sin⁡θ=32\sin\theta=\frac{\sqrt{3}}{2}, premier quadrant, θ=π3\theta=\frac{\pi}{3}. Donc z1=2 eiπ/3z_1=2\,\mathrm{e}^{i\pi/3} et z2=z1‾=2 e−iπ/3z_2=\overline{z_1}=2\,\mathrm{e}^{-i\pi/3}.

b) z13=23 eiπ=−8z_1^{3}=2^{3}\,\mathrm{e}^{i\pi}=-8. Comme z2=z1‾z_2=\overline{z_1} et que la conjugaison respecte les produits, z23=z13‾=−8‾=−8z_2^{3}=\overline{z_1^{3}}=\overline{-8}=-8. Donc z1z_1 et z2z_2 sont racines de z3+8z^{3}+8, et −2-2 aussi, de façon évidente. Développement de contrôle : (z+2)(z2−2z+4)=z3−2z2+4z+2z2−4z+8=z3+8(z+2)(z^{2}-2z+4)=z^{3}-2z^{2}+4z+2z^{2}-4z+8=z^{3}+8. Un polynôme de degré 33 a au plus trois racines : celles de z3=−8z^{3}=-8 sont exactement −2-2, 1+i31+i\sqrt{3} et 1−i31-i\sqrt{3}. Le piège est de croire que −8-8 n'a qu'une racine cubique, la réelle : dans C\mathbb{C}, il en a trois.

c) Les trois solutions ont pour module 22 : elles sont sur le cercle de la figure. Leurs arguments sont π\pi, π3\frac{\pi}{3} et −π3-\frac{\pi}{3} : ce sont A(−2 ;0)A(-2\,;0), B(1 ;3)B(1\,;\sqrt{3}) et C(1 ;−3)C(1\,;-\sqrt{3}), que la figure place bien à 60∘60^{\circ} de l'axe réel. Ces arguments sont espacés de 2π3\frac{2\pi}{3} : le triangle ABCABC est ÉQUILATÉRAL, inscrit dans le cercle. Côté : ∣z1−z2∣=∣2i3∣=23|z_1-z_2|=|2i\sqrt{3}|=2\sqrt{3}, et l'on vérifie ∣z1−(−2)∣=∣3+i3∣=12=23|z_1-(-2)|=|3+i\sqrt{3}|=\sqrt{12}=2\sqrt{3}. Somme : −2+(1+i3)+(1−i3)=0-2+(1+i\sqrt{3})+(1-i\sqrt{3})=0. C'était prévisible : z3+8z^{3}+8 n'a pas de terme en z2z^{2}, et la somme des racines d'un polynôme unitaire est l'opposé de ce coefficient ; géométriquement, le centre de gravité du triangle équilatéral est le centre du cercle.

d) Pour tout complexe, z z‾=∣z∣2z\,\overline{z}=|z|^{2}. Ici ∣z1∣2=4|z_1|^{2}=4, donc z1z1‾=4z_1\overline{z_1}=4 et z1‾=4z1\overline{z_1}=\frac{4}{z_1} : sur le cercle de rayon 22, inverser revient à conjuguer puis diviser par 44. De même 1z2=z2‾4=z14\frac{1}{z_2}=\frac{\overline{z_2}}{4}=\frac{z_1}{4}. Donc 1z1+1z2=z1‾+z2‾4=z2+z14=24=12\frac{1}{z_1}+\frac{1}{z_2}=\frac{\overline{z_1}+\overline{z_2}}{4}=\frac{z_2+z_1}{4}=\frac{2}{4}=\frac{1}{2}. Contrôle par les coefficients : z1+z2z1z2=24\frac{z_1+z_2}{z_1z_2}=\frac{2}{4}, la somme des racines de PP valant 22 et leur produit 44.

Exercice 6 : Des courbes de niveau qui se déduisent l'une de l'autre, puis des sphères décentrées

Les questions a) à c) portent sur f(x,y)=y−ln⁡xf(x,y)=y-\ln x. La figure en montre une carte de contour : les courbes de niveau 22, 11, 00 et −1-1, chacune marquée de sa valeur à droite, et le point A(1 ;2)A(1\,;2). La question d) porte sur F(x,y,z)=x2+y2+z2−2zF(x,y,z)=x^{2}+y^{2}+z^{2}-2z.

0,511,522,533,54-3-2-11234210−1A
  • a) Donnez le domaine et l'image de ff. Montrez que toutes les courbes de niveau se déduisent de l'une d'entre elles par une même transformation, que vous nommerez. Deux d'entre elles peuvent-elles se couper ?
  • b) Sur quelle courbe de niveau se trouve le point B(e2 ;1)B(\mathrm{e}^{2}\,;1) ?
  • c) On part de AA et l'on se déplace vers la droite, le long de la droite y=2y=2. En quelles abscisses rencontre-t-on les courbes de niveau 11 et 00 ? Comparez avec un déplacement vertical : de combien faut-il monter, à partir de n'importe quel point, pour gagner un niveau ? Que dit la carte de la vitesse de variation de ff dans chacune des deux directions ?
  • d) Reconnaissez les surfaces de niveau 33, −1-1 et −2-2 de FF.

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  • a) Domaine {x>0}\{x>0\}, image R\mathbb{R} ; niveau kk : y=ln⁡x+ky=\ln x+k, translatée verticale de y=ln⁡xy=\ln x ; deux niveaux distincts ne se coupent jamais
  • b) Niveau −1-1
  • c) Niveau 11 en x=ex=\mathrm{e}, niveau 00 en x=e2x=\mathrm{e}^{2} ; verticalement, une unité par niveau partout ; vers la droite, ff décroît de plus en plus lentement
  • d) F=3F=3 : sphère de centre (0,0,1)(0,0,1) et de rayon 22 ; F=−1F=-1 : le seul point (0,0,1)(0,0,1) ; F=−2F=-2 : vide

a) La formule demande seulement x>0x>0 : le domaine est le demi-plan ouvert à droite de l'axe des yy. Pour l'image, on fixe x=1x=1 : f(1,y)=yf(1,y)=y prend toutes les valeurs réelles, donc l'image est R\mathbb{R}. La courbe de niveau kk a pour équation y−ln⁡x=ky-\ln x=k, soit y=ln⁡x+ky=\ln x+k : c'est la courbe de ln⁡\ln TRANSLATÉE verticalement de kk. Toutes se déduisent de la courbe de niveau 00, y=ln⁡xy=\ln x, par une translation verticale, et c'est ce que la carte montre : quatre copies empilées. Deux courbes de niveau distinctes ne se coupent jamais, ici ni ailleurs : en un point d'intersection, ff prendrait deux valeurs à la fois. Le piège est de croire qu'elles se rejoignent près de l'axe des yy, où elles plongent toutes vers −∞-\infty : elles restent à distance verticale 11 les unes des autres.

b) f(e2,1)=1−ln⁡e2=1−2=−1f(\mathrm{e}^{2},1)=1-\ln\mathrm{e}^{2}=1-2=-1 : le point BB est sur la courbe de niveau −1-1, hors de la fenêtre dessinée. Le piège est de lire « niveau 11 » sur l'ordonnée : sur une carte de contour, l'ordonnée d'un point n'est pas sa valeur.

c) Le long de y=2y=2, f(x,2)=2−ln⁡xf(x,2)=2-\ln x. Le niveau 11 demande ln⁡x=1\ln x=1, soit x=e≈2,72x=\mathrm{e}\approx 2{,}72 ; le niveau 00 demande ln⁡x=2\ln x=2, soit x=e2≈7,39x=\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39. On a parcouru e−1≈1,72\mathrm{e}-1\approx 1{,}72 pour perdre le premier niveau, puis e2−e≈4,67\mathrm{e}^{2}-\mathrm{e}\approx 4{,}67 pour perdre le second : vers la droite, ff DÉCROÎT de plus en plus lentement, et les courbes s'écartent. Verticalement, f(x,y+1)=f(x,y)+1f(x,y+1)=f(x,y)+1 : il faut monter d'exactement 11 pour gagner un niveau, en tout point de la carte. Sur la figure, l'écart vertical entre deux courbes voisines est partout le même, alors que l'écart horizontal grandit vers la droite. L'écartement des courbes de niveau se lit donc DANS UNE DIRECTION : la même carte est régulière dans un sens et non dans l'autre.

d) On complète le carré en zz : z2−2z=(z−1)2−1z^{2}-2z=(z-1)^{2}-1, donc F(x,y,z)=kF(x,y,z)=k s'écrit x2+y2+(z−1)2=k+1x^{2}+y^{2}+(z-1)^{2}=k+1. Pour k=3k=3 : x2+y2+(z−1)2=4x^{2}+y^{2}+(z-1)^{2}=4, la sphère de centre (0,0,1)(0,0,1) et de rayon 22, qui passe par l'origine. Pour k=−1k=-1 : la somme de trois carrés est nulle, la surface se réduit au seul point (0,0,1)(0,0,1). Pour k=−2k=-2 : une somme de carrés ne vaut jamais −1-1, la surface de niveau est VIDE. Le piège est de lire le rayon 3\sqrt{3} pour k=3k=3 en oubliant le −1-1 que crée la complétion du carré.

Exercice 7 : Trois limites en un point : polaires, deux chemins, une majoration

On considère g(x,y)=x3−xy2x2+y2g(x,y)=\dfrac{x^{3}-xy^{2}}{x^{2}+y^{2}},   h(x,y)=(x−1)2−y2(x−1)2+y2  \;h(x,y)=\dfrac{(x-1)^{2}-y^{2}}{(x-1)^{2}+y^{2}}\; et   k(x,y)=ln⁡(1+x2y2)x2+y2\;k(x,y)=\dfrac{\ln\left(1+x^{2}y^{2}\right)}{x^{2}+y^{2}}, définies hors du point où leur dénominateur s'annule.

  • a) Calculez lim⁡(x,y)→(0,0)g(x,y)\lim\limits_{(x,y)\to(0,0)}g(x,y) en coordonnées polaires, en écrivant une majoration qui ne dépend que de rr.
  • b) Calculez la limite de hh en (1,0)(1,0) le long de la droite y=0y=0, le long de la droite x=1x=1, puis le long de la droite y=x−1y=x-1. La limite de hh en (1,0)(1,0) existe-t-elle ?
  • c) Montrez que 0≤k(x,y)≤x20\le k(x,y)\le x^{2} pour (x,y)≠(0,0)(x,y)\neq(0,0), en utilisant ln⁡(1+u)≤u\ln(1+u)\le u pour u≥0u\ge 0. Peut-on prolonger kk par continuité en (0,0)(0,0), et par quelle valeur ?
  • d) On prolonge gg par g(0,0)=0g(0,0)=0. Calculez gx(0,0)g_x(0,0) et gy(0,0)g_y(0,0) par la définition.

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  • a) ∣g(x,y)∣≤r|g(x,y)|\le r, donc lim⁡g=0\lim g=0
  • b) 11, −1-1 et 00 : trois valeurs, la limite n'existe pas
  • c) Oui : k→0k\to 0, prolongement k(0,0)=0k(0,0)=0
  • d) gx(0,0)=1g_x(0,0)=1, gy(0,0)=0g_y(0,0)=0

a) Avec x=rcos⁡θx=r\cos\theta, y=rsin⁡θy=r\sin\theta : x3−xy2=x(x2−y2)=r3cos⁡θcos⁡2θx^{3}-xy^{2}=x\left(x^{2}-y^{2}\right)=r^{3}\cos\theta\cos 2\theta et x2+y2=r2x^{2}+y^{2}=r^{2}, donc g=rcos⁡θcos⁡2θg=r\cos\theta\cos 2\theta. Comme ∣cos⁡θcos⁡2θ∣≤1|\cos\theta\cos 2\theta|\le 1 QUEL QUE SOIT θ\theta, on a ∣g(x,y)∣≤r|g(x,y)|\le r, et r→0r\to 0 : par le théorème d'encadrement, lim⁡g=0\lim g=0. Le point essentiel est que la borne ne dépend pas de l'angle : écrire « rcos⁡θcos⁡2θ→0r\cos\theta\cos 2\theta\to 0 » sans cette borne ne vaut que le long de chaque droite, une à la fois, ce qui ne prouve rien. Sans les polaires, ∣x∣≤r|x|\le r et ∣x2−y2x2+y2∣≤1\left|\frac{x^{2}-y^{2}}{x^{2}+y^{2}}\right|\le 1 donnent la même majoration.

b) Le dénominateur s'annule en (1,0)(1,0), pas en (0,0)(0,0) : on pose u=x−1u=x-1, et h=u2−y2u2+y2h=\frac{u^{2}-y^{2}}{u^{2}+y^{2}} avec (u,y)→(0,0)(u,y)\to(0,0). Le long de y=0y=0 : h=u2u2=1h=\frac{u^{2}}{u^{2}}=1. Le long de x=1x=1, soit u=0u=0 : h=−y2y2=−1h=\frac{-y^{2}}{y^{2}}=-1. Le long de y=x−1y=x-1, soit y=uy=u : h=0h=0. Plus généralement, le long de y=m(x−1)y=m(x-1), h=1−m21+m2h=\frac{1-m^{2}}{1+m^{2}}, une valeur par pente. Deux chemins donnant deux limites différentes suffisent : la limite N'EXISTE PAS. Le piège est de tester des chemins qui passent par l'origine, alors que le point étudié est (1,0)(1,0) : la droite y=xy=x, par exemple, n'y mène pas.

c) Pour u=x2y2≥0u=x^{2}y^{2}\ge 0, 0≤ln⁡(1+u)≤u0\le\ln(1+u)\le u, donc 0≤k(x,y)≤x2y2x2+y20\le k(x,y)\le\frac{x^{2}y^{2}}{x^{2}+y^{2}}. Or y2x2+y2≤1\frac{y^{2}}{x^{2}+y^{2}}\le 1, d'où 0≤k(x,y)≤x20\le k(x,y)\le x^{2}. Comme x2→0x^{2}\to 0, le théorème d'encadrement donne lim⁡k=0\lim k=0 : on prolonge kk par continuité en posant k(0,0)=0k(0,0)=0, seule valeur possible. Le piège est la forme « ln⁡10\frac{\ln 1}{0} », qu'on prendrait pour une impossibilité : c'est une forme 00\frac{0}{0}, que seule une majoration tranche. L'inégalité ln⁡(1+u)≤u\ln(1+u)\le u vient de la concavité du logarithme : sa courbe est sous sa tangente en 00.

d) Par la définition, gx(0,0)=lim⁡h→0g(h,0)−g(0,0)hg_x(0,0)=\lim\limits_{h\to 0}\frac{g(h,0)-g(0,0)}{h}. Or g(h,0)=h3h2=hg(h,0)=\frac{h^{3}}{h^{2}}=h, donc le quotient vaut hh=1\frac{h}{h}=1 et gx(0,0)=1g_x(0,0)=1. De même g(0,h)=0h2=0g(0,h)=\frac{0}{h^{2}}=0, donc gy(0,0)=0g_y(0,0)=0. Les règles de dérivation ne s'appliquent pas en (0,0)(0,0), où la formule n'est pas définie : seule la définition y donne une réponse. Remarque qui prépare la partie C : si gg était différentiable en l'origine, sa dérivée dans la direction de (1,1)(1,1) vaudrait (1,0)⋅(1,1)2=22(1,0)\cdot\frac{(1,1)}{\sqrt{2}}=\frac{\sqrt{2}}{2}, or g(t,t)=0g(t,t)=0 pour tout tt : gg est continue, a ses deux dérivées partielles, et n'est pas différentiable en (0,0)(0,0).

Partie C : dérivées, différentielle, chaîne et gradient (/30)

Exercice 8 : Dérivées partielles, plan tangent, et une estimation à juger

On considère f(x,y)=ln⁡(x2+y)f(x,y)=\ln\left(x^{2}+y\right), définie pour x2+y>0x^{2}+y>0, et le point (2 ;−3)(2\,;-3), où x2+y=1x^{2}+y=1.

  • a) Calculez fxf_x et fyf_y, puis leurs valeurs en (2 ;−3)(2\,;-3). Pourquoi ff est-elle différentiable en ce point ?
  • b) Donnez l'équation du plan tangent à la surface z=f(x,y)z=f(x,y) au point (2 ;−3 ;0)(2\,;-3\,;0), sous la forme z=Ax+By+Cz=Ax+By+C.
  • c) Estimez f(2,01 ;−2,98)f(2{,}01\,;-2{,}98) par l'approximation linéaire. Cette estimation surestime-t-elle ou sous-estime-t-elle la valeur exacte ? Justifiez sans calculatrice, à l'aide de la série de ln⁡(1+u)\ln(1+u).
  • d) Calculez fxxf_{xx}, fxyf_{xy}, fyxf_{yx} et fyyf_{yy} en (2 ;−3)(2\,;-3). L'égalité fxy=fyxf_{xy}=f_{yx} était-elle prévisible ?

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  • a) fx=2xx2+yf_x=\frac{2x}{x^{2}+y}, fy=1x2+yf_y=\frac{1}{x^{2}+y} ; fx(2,−3)=4f_x(2,-3)=4, fy(2,−3)=1f_y(2,-3)=1
  • b) z=4x+y−5z=4x+y-5
  • c) L=0,06L=0{,}06, qui SURESTIME : ln⁡(1,0601)<0,0584<0,06\ln(1{,}0601)<0{,}0584<0{,}06
  • d) fxx=−14f_{xx}=-14, fxy=fyx=−4f_{xy}=f_{yx}=-4, fyy=−1f_{yy}=-1 ; oui, par le théorème de Clairaut

a) On gèle yy : fx=2xx2+yf_x=\frac{2x}{x^{2}+y} (dérivée de ln⁡u\ln u, fois ux=2xu_x=2x). On gèle xx : fy=1x2+yf_y=\frac{1}{x^{2}+y}. En (2 ;−3)(2\,;-3), x2+y=1x^{2}+y=1, donc fx=4f_x=4 et fy=1f_y=1. Les deux dérivées partielles sont des quotients de fonctions continues, à dénominateur non nul sur tout le domaine : elles sont CONTINUES près de (2 ;−3)(2\,;-3), et c'est cette continuité, pas leur seule existence, qui garantit la différentiabilité, donc l'existence du plan tangent.

b) z=f(2,−3)+fx(2,−3)(x−2)+fy(2,−3)(y+3)=0+4(x−2)+(y+3)=4x+y−5z=f(2,-3)+f_x(2,-3)(x-2)+f_y(2,-3)(y+3)=0+4(x-2)+(y+3)=4x+y-5. Contrôle : en (2 ;−3)(2\,;-3), 4×2−3−5=0=f(2,−3)4\times 2-3-5=0=f(2,-3). Le piège classique est d'écrire (y−3)(y-3) au lieu de (y+3)(y+3) : l'écart se mesure à b=−3b=-3.

c) L(2,01 ;−2,98)=4×0,01+0,02=0,06L(2{,}01\,;-2{,}98)=4\times 0{,}01+0{,}02=0{,}06. La valeur exacte est ln⁡(1+u)\ln(1+u) avec u=2,012−2,98−1=4,0401−3,98=0,0601u=2{,}01^{2}-2{,}98-1=4{,}0401-3{,}98=0{,}0601. La série ln⁡(1+u)=u−u22+u33−…\ln(1+u)=u-\frac{u^{2}}{2}+\frac{u^{3}}{3}-\dots est alternée, à termes décroissants vers 00 pour 0<u<10<u<1 : la somme est comprise entre deux sommes partielles consécutives, donc ln⁡(1+u)≤u−u22+u33\ln(1+u)\le u-\frac{u^{2}}{2}+\frac{u^{3}}{3}. Or u−u22+u33≈0,0601−0,0018+0,0001=0,0584<0,06u-\frac{u^{2}}{2}+\frac{u^{3}}{3}\approx 0{,}0601-0{,}0018+0{,}0001=0{,}0584<0{,}06. L'approximation linéaire SURESTIME. Deux effets se combinent : uu dépasse 0,060{,}06 de dx2=0,0001dx^{2}=0{,}0001, que le plan ignore, mais le logarithme, concave, perd u22≈0,0018\frac{u^{2}}{2}\approx 0{,}0018, et c'est lui qui l'emporte. Le piège est de répondre « sous-estime » parce que u>0,06u>0{,}06 : on ne juge le signe de l'erreur qu'après avoir comparé TOUS les termes négligés.

d) fxx=2(x2+y)−2x⋅2x(x2+y)2=2y−2x2(x2+y)2f_{xx}=\frac{2(x^{2}+y)-2x\cdot 2x}{(x^{2}+y)^{2}}=\frac{2y-2x^{2}}{(x^{2}+y)^{2}}, qui vaut −6−81=−14\frac{-6-8}{1}=-14. fxy=(fx)y=−2x(x2+y)2=−4f_{xy}=(f_x)_y=-\frac{2x}{(x^{2}+y)^{2}}=-4 ; fyx=(fy)x=−2x(x2+y)2=−4f_{yx}=(f_y)_x=-\frac{2x}{(x^{2}+y)^{2}}=-4 ; fyy=−1(x2+y)2=−1f_{yy}=-\frac{1}{(x^{2}+y)^{2}}=-1. L'égalité était prévisible par le théorème de Clairaut : fxyf_{xy} et fyxf_{yx} sont continues sur un disque centré en (2 ;−3)(2\,;-3) contenu dans le domaine, quotients de polynômes à dénominateur non nul. C'est l'hypothèse qu'il faut nommer, pas « les dérivées croisées sont toujours égales ».

Exercice 9 : Lire l'arbre : une somme nulle, puis le folium de Descartes

Soit f(u,v)f(u,v) une fonction différentiable de deux variables, et g(x,y,z)=f(x−y,  y−z)g(x,y,z)=f(x-y,\;y-z). On pose u=x−yu=x-y et v=y−zv=y-z. La figure donne l'arbre de dépendance de gg. La question d) est indépendante.

guvxyyzu = x − yv = y − z
  • a) En lisant l'arbre, écrivez gxg_x, gyg_y et gzg_z en fonction de fuf_u et fvf_v. Combien de termes compte gyg_y, et pourquoi ?
  • b) Montrez que gx+gy+gz=0g_x+g_y+g_z=0 en tout point. Interprétez : que vaut g(x+t,y+t,z+t)g(x+t,y+t,z+t) ?
  • c) On sait que fu(1,2)=3f_u(1,2)=3 et fv(1,2)=−1f_v(1,2)=-1. Calculez gxg_x, gyg_y et gzg_z au point (4 ;3 ;1)(4\,;3\,;1).
  • d) La courbe d'équation x3+y3=6xyx^{3}+y^{3}=6xy (folium de Descartes) passe par (3 ;3)(3\,;3). Calculez dydx\dfrac{dy}{dx} en ce point par la dérivation implicite, et donnez l'équation de la tangente sous la forme y=mx+py=mx+p. Pourquoi la formule échoue-t-elle à l'origine ?

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  • a) gx=fug_x=f_u, gy=−fu+fvg_y=-f_u+f_v (deux termes, deux chemins vers yy), gz=−fvg_z=-f_v
  • b) gx+gy+gz=0g_x+g_y+g_z=0 ; g(x+t,y+t,z+t)=g(x,y,z)g(x+t,y+t,z+t)=g(x,y,z)
  • c) gx=3g_x=3, gy=−4g_y=-4, gz=1g_z=1
  • d) dydx=−1\frac{dy}{dx}=-1, tangente y=−x+6y=-x+6 ; à l'origine Fx=Fy=0F_x=F_y=0

a) La règle de dérivation en chaîne fait une somme sur les CHEMINS de l'arbre qui mènent de gg à la variable visée, chaque chemin donnant le produit des dérivées le long de ses branches. Vers xx, un seul chemin, par uu : gx=fu ∂u∂x=fug_x=f_u\,\frac{\partial u}{\partial x}=f_u. Vers zz, un seul chemin, par vv : gz=fv ∂v∂z=−fvg_z=f_v\,\frac{\partial v}{\partial z}=-f_v. Vers yy, DEUX chemins, car yy figure dans uu et dans vv : gy=fu ∂u∂y+fv ∂v∂y=−fu+fvg_y=f_u\,\frac{\partial u}{\partial y}+f_v\,\frac{\partial v}{\partial y}=-f_u+f_v. L'arbre le montre : yy apparaît deux fois en bas. Oublier l'un des deux termes est l'erreur type.

b) gx+gy+gz=fu+(−fu+fv)−fv=0g_x+g_y+g_z=f_u+(-f_u+f_v)-f_v=0. Interprétation : si l'on ajoute le même nombre tt aux trois variables, u=x−yu=x-y et v=y−zv=y-z ne changent pas, donc g(x+t,y+t,z+t)=g(x,y,z)g(x+t,y+t,z+t)=g(x,y,z). La fonction est constante dans la direction (1,1,1)(1,1,1), et la dérivée de t↦g(x+t,y+t,z+t)t\mapsto g(x+t,y+t,z+t), calculée par la chaîne, vaut précisément gx+gy+gzg_x+g_y+g_z : on retrouve 00. C'est un exercice du manuel, et la démonstration tient en une ligne une fois l'arbre écrit.

c) Au point (4 ;3 ;1)(4\,;3\,;1), u=4−3=1u=4-3=1 et v=3−1=2v=3-1=2 : les dérivées de ff se prennent en (u,v)=(1,2)(u,v)=(1,2), là où les données sont connues, et non en (4,3)(4,3). Donc gx=fu(1,2)=3g_x=f_u(1,2)=3, gy=−3+(−1)=−4g_y=-3+(-1)=-4 et gz=−(−1)=1g_z=-(-1)=1. Contrôle par b) : 3−4+1=03-4+1=0. Le piège est d'évaluer fuf_u et fvf_v « au point » (x,y,z)(x,y,z) : ff n'est pas une fonction de xx, yy, zz, mais de uu et vv.

d) On pose F(x,y)=x3+y3−6xyF(x,y)=x^{3}+y^{3}-6xy ; la courbe est F=0F=0. Si y=y(x)y=y(x) près du point, la chaîne appliquée à F(x,y(x))=0F(x,y(x))=0 donne Fx+Fy dydx=0F_x+F_y\,\frac{dy}{dx}=0, d'où dydx=−FxFy\frac{dy}{dx}=-\frac{F_x}{F_y} là où Fy≠0F_y\neq 0. Ici Fx=3x2−6y=27−18=9F_x=3x^{2}-6y=27-18=9 et Fy=3y2−6x=9F_y=3y^{2}-6x=9 : dydx=−1\frac{dy}{dx}=-1. Le signe moins est le piège : FxFy=1\frac{F_x}{F_y}=1 donnerait une tangente de pente opposée. Tangente : y−3=−(x−3)y-3=-(x-3), soit y=−x+6y=-x+6. Contrôle : la courbe est symétrique par rapport à y=xy=x, et (3 ;3)(3\,;3) est sur cet axe, d'où une pente −1-1. À l'origine, Fx=Fy=0F_x=F_y=0 : la formule n'a plus de sens, et la courbe y passe DEUX fois, en se coupant elle-même ; elle n'y est le graphe d'aucune fonction y(x)y(x).

Exercice 10 : Une carte de contour, trois vecteurs, et le gradient qui tranche

La figure est une carte de contour de f(x,y)=xyf(x,y)=xy, dans un repère où les deux axes ont la même échelle : les courbes de niveau 22, 44, 88 (à droite) et −2-2, −4-4, −8-8 (à gauche), chacune marquée de sa valeur au bord du cadre, les points P(2 ;1)P(2\,;1) et A(−1 ;2)A(-1\,;2), et trois vecteurs UNITAIRES issus de PP : u⃗1=15(1,2)\vec u_1=\frac{1}{\sqrt{5}}(1,2), u⃗2=15(2,−1)\vec u_2=\frac{1}{\sqrt{5}}(2,-1) et u⃗3=12(−1,1)\vec u_3=\frac{1}{\sqrt{2}}(-1,1).

-3-2-112341234248−2−4−8PAu₁u₂u₃
  • a) Sans calcul, en lisant la carte, donnez le signe de fx(A)f_x(A) et celui de fy(A)f_y(A). Justifiez par les courbes que l'on traverse.
  • b) Calculez ∇f(P)\nabla f(P). Lequel des trois vecteurs dessinés a la direction de ∇f(P)\nabla f(P) ? Calculez Du⃗2f(P)D_{\vec u_2}f(P) et Du⃗3f(P)D_{\vec u_3}f(P), et interprétez le premier sur la carte.
  • c) Quel est le taux de croissance maximal de ff en PP ? Donnez la pente de la tangente en PP à la courbe de niveau 22. En OO, que vaut ∇f\nabla f, et pourquoi la courbe de niveau 00 n'y a-t-elle pas de tangente ?
  • d) Donnez l'équation du plan tangent à la surface xyz=2xyz=2 au point (1 ;1 ;2)(1\,;1\,;2), sous la forme 2x+2y+z=d2x+2y+z=d.

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Réponses

  • a) fx(A)>0f_x(A)>0, fy(A)<0f_y(A)<0
  • b) ∇f(P)=(1,2)\nabla f(P)=(1,2), direction de u⃗1\vec u_1 ; Du⃗2f(P)=0D_{\vec u_2}f(P)=0 (tangente à la courbe de niveau) ; Du⃗3f(P)=22D_{\vec u_3}f(P)=\frac{\sqrt{2}}{2}
  • c) Taux maximal 5\sqrt{5} ; pente de la tangente −12-\frac{1}{2} ; ∇f(O)=0⃗\nabla f(O)=\vec 0
  • d) 2x+2y+z=62x+2y+z=6

a) En A(−1 ;2)A(-1\,;2), f=−2f=-2 : AA est sur la courbe marquée −2-2. Vers la droite, on s'éloigne de la courbe −2-2 vers l'axe des yy, qui fait partie de la courbe de niveau 00 : ff croît, donc fx(A)>0f_x(A)>0. Vers le haut, on va vers la courbe −4-4, qu'on atteint au bord du cadre en (−1 ;4)(-1\,;4) : ff décroît, donc fy(A)<0f_y(A)<0. Contrôle : fx=y=2>0f_x=y=2>0 et fy=x=−1<0f_y=x=-1<0. Le piège est de lire le signe de la VALEUR, négative, au lieu du sens dans lequel elle change.

b) ∇f=(fx,fy)=(y,x)\nabla f=(f_x,f_y)=(y,x), donc ∇f(P)=(1,2)\nabla f(P)=(1,2), qui a la direction de u⃗1\vec u_1 : sur la carte, u⃗1\vec u_1 est le vecteur perpendiculaire à la courbe de niveau 22, tourné vers les niveaux plus élevés. ff est différentiable (polynôme), donc Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗D_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u pour u⃗\vec u UNITAIRE : Du⃗2f(P)=2−25=0D_{\vec u_2}f(P)=\frac{2-2}{\sqrt{5}}=0, car u⃗2\vec u_2 est tangent à la courbe de niveau, le long de laquelle ff ne varie pas au premier ordre ; Du⃗3f(P)=−1+22=22D_{\vec u_3}f(P)=\frac{-1+2}{\sqrt{2}}=\frac{\sqrt{2}}{2}. Le piège est de prendre (−1,1)(-1,1) sans le normaliser : on trouverait 11, un taux par unité de 2\sqrt{2}.

c) Le taux maximal est ∥∇f(P)∥=1+4=5\|\nabla f(P)\|=\sqrt{1+4}=\sqrt{5}, atteint dans la direction de u⃗1\vec u_1. Le gradient est orthogonal à la courbe de niveau : la tangente en PP est dirigée par (2,−1)(2,-1), de pente −12-\frac{1}{2}. Contrôle par la courbe elle-même : y=2xy=\frac{2}{x} a pour dérivée −2x2=−12-\frac{2}{x^{2}}=-\frac{1}{2} en x=2x=2. En OO, ∇f(0,0)=(0,0)\nabla f(0,0)=(0,0) : la courbe de niveau 00 est formée des DEUX axes, qui s'y croisent. Le théorème « le gradient est orthogonal à la courbe de niveau » suppose un gradient NON NUL ; quand il s'annule, la courbe de niveau peut se croiser elle-même, comme ici, au point de selle de xyxy.

d) La surface xyz=2xyz=2 est la surface de niveau 22 de F(x,y,z)=xyzF(x,y,z)=xyz. Son gradient ∇F=(yz,xz,xy)\nabla F=(yz,xz,xy) vaut (2,2,1)(2,2,1) en (1 ;1 ;2)(1\,;1\,;2), et il est NORMAL à la surface de niveau. Le plan tangent est 2(x−1)+2(y−1)+(z−2)=02(x-1)+2(y-1)+(z-2)=0, soit 2x+2y+z=62x+2y+z=6. Contrôle : le point vérifie 2+2+2=62+2+2=6. Le piège est d'utiliser le gradient de f(x,y)=xyf(x,y)=xy en deux dimensions : à trois variables, c'est FF qu'il faut dériver.

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