Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Examen final blanc

Examen final blanc de MTH1101 : corrigé complet (Polytechnique)

Voici un examen final blanc de MTH1101, le cours de Calcul I de première année à Polytechnique Montréal. Le final compte pour 50 % de la note et il est cumulatif : il porte sur toute la matière, les heures 1 à 26 du plan de cours, des suites et des séries jusqu'à la méthode du gradient et aux multiplicateurs de Lagrange, en passant par Taylor et son erreur, les nombres complexes et les fonctions de plusieurs variables. Il suit les deux contrôles périodiques. Douze exercices à dix points en quatre parties de trois, 120 points : comptez 150 minutes pour cette épreuve blanche, la durée de l'examen réel étant fixée par Polytechnique à chaque session. Sans calculatrice ni aucun appareil ; seul document permis, votre aide-mémoire d'une feuille recto verso.

Le fil de l'épreuve est celui que le plan de cours annonce : les questions demandent plus de réflexion que de calculs. Avant de calculer, on décide : quel critère tranche une série et pourquoi l'autre se tait, quelle borne garantit une précision, quelle courbe prouve qu'une limite n'existe pas, quelle mesure domine une incertitude, où chercher un extremum. Deux exercices se répondent d'une partie à l'autre : le cube complexe (s+it)3(s+it)^{3} revient dans la dérivation en chaîne, et la fonction dont on prouve la continuité en partie B se révèle non différentiable en partie C.

Les pièges que le corrigé nomme un par un : un critère de d'Alembert qui vaut 11, une suite alternée qui ne décroît qu'à partir du rang 33, un exposant qui tend vers 11, un argument pris dans le mauvais quadrant, un vecteur directeur non normalisé, un cas y=0y=0 oublié avant de diviser, un pas fixe trop grand. Faites l'épreuve d'un trait, en temps limité, puis reprenez chaque question manquée dans la série du chapitre correspondant : chacun des seize chapitres de MTH1101 a sa série d'exercices corrigés et sa fiche de révision, et chacun des deux contrôles périodiques a son épreuve blanche.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre

Rappel de cours

  • • SÉRIES : terme général qui ne tend pas vers 00, divergence ; ∑1np\sum\frac{1}{n^{p}} converge ssi p>1p>1 (exposant CONSTANT) ; comparaison par limite ; d'Alembert et Cauchy concluent si L≠1L\neq 1 ; Leibniz : ∣S−Sn∣≤bn+1|S-S_{n}|\leq b_{n+1}, et SS est entre deux sommes partielles consécutives.
  • • SÉRIES ENTIÈRES ET TAYLOR : rayon par d'Alembert, bornes testées une par une ; dérivation et intégration terme à terme conservent le rayon, pas les bornes ; ∣Rn(x)∣≤M(n+1)!∣x−a∣n+1|R_{n}(x)|\leq\frac{M}{(n+1)!}|x-a|^{n+1} avec M≥∣f(n+1)∣M\geq|f^{(n+1)}| entre aa et xx.
  • • COMPLEXES : eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta ; zn=wz^{n}=w avec w=r eiθw=r\,e^{i\theta} : zk=r1/nei(θ+2kπ)/nz_{k}=r^{1/n}e^{i(\theta+2k\pi)/n}, k=0,…,n−1k=0,\dots,n-1 ; un polynôme réel a ses racines non réelles par paires conjuguées.
  • • LIMITES : deux chemins, deux valeurs, pas de limite ; existence par un encadrement ∣f(x,y)−L∣≤g(r)→0|f(x,y)-L|\leq g(r)\to 0 indépendant de la direction.
  • • DÉRIVÉES : Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u avec ∥u⃗∥=1\|\vec u\|=1 ; taux maximal ∥∇f∥\|\nabla f\| ; ∇F\nabla F normal aux surfaces de niveau de FF ; dz=fx dx+fy dydz=f_{x}\,dx+f_{y}\,dy ; implicite : ∂z∂x=−FxFz\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{F_{x}}{F_{z}}.
  • • OPTIMISATION : D=fxxfyy−fxy2D=f_{xx}f_{yy}-f_{xy}^{2} ; sur une région fermée bornée, intérieur, côtés et sommets ; Lagrange : ∇f=λ∇g\nabla f=\lambda\nabla g, et λ≈Δf∗Δc\lambda\approx\frac{\Delta f^{*}}{\Delta c}.
  • • MÉTHODE DU GRADIENT : x⃗k+1=x⃗k−tk∇f(x⃗k)\vec x_{k+1}=\vec x_{k}-t_{k}\nabla f(\vec x_{k}), tkt_{k} minimise φ(t)=f(x⃗k−t∇f(x⃗k))\varphi(t)=f(\vec x_{k}-t\nabla f(\vec x_{k})) ; gradients successifs orthogonaux.

Partie A : séries et approximations (/30)

Exercice 1 : Quatre séries : choisir le critère, puis le justifier

Pour chaque série, nommez le critère utilisé, vérifiez ses hypothèses et concluez. Un verdict sans critère ne rapporte aucun point, et un critère dont la limite vaut 11 ne conclut rien : il faut alors en changer.

  • a) ∑n≥1n+1n2+3\displaystyle\sum_{n\geq 1}\frac{\sqrt{n}+1}{n^{2}+3}. Expliquez aussi pourquoi le critère de d'Alembert ne sert à rien ici.
  • b) ∑n≥1ann2+2n\displaystyle\sum_{n\geq 1}\frac{a^{n}}{n^{2}+2^{n}} pour a=1a=1, a=3a=3, puis a=2a=2. Calculez la limite LL du rapport un+1un\frac{u_{n+1}}{u_{n}} en fonction de aa, et tranchez le cas où le critère se tait.
  • c) ∑n≥2(−1)nln⁡nn\displaystyle\sum_{n\geq 2}(-1)^{n}\frac{\ln n}{n} : convergence absolue, conditionnelle, ou divergence ? À partir de quel rang la suite ln⁡nn\frac{\ln n}{n} décroît-elle ?
  • d) Vrai ou faux, justifiez : « ∑n≥11n1+1/n\displaystyle\sum_{n\geq 1}\frac{1}{n^{1+1/n}} converge, car c'est une série de Riemann d'exposant 1+1n>11+\frac{1}{n}>1. »

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Converge (comparaison par limite avec ∑1n3/2\sum\frac{1}{n^{3/2}}) ; d'Alembert donne L=1L=1
  • b) L=a2L=\frac{a}{2} : converge pour a=1a=1, diverge pour a=3a=3 ; pour a=2a=2, L=1L=1 et la série diverge (terme général vers 11)
  • c) Conditionnellement convergente ; ln⁡nn\frac{\ln n}{n} décroît à partir de n=3n=3
  • d) Faux : la série diverge (comparaison par limite avec ∑1n\sum\frac{1}{n})

a) Les termes sont positifs. Pour nn grand, le numérateur se comporte comme n\sqrt{n} et le dénominateur comme n2n^{2}, d'où l'idée de comparer à bn=1n3/2b_{n}=\frac{1}{n^{3/2}}. Critère de comparaison par limite : unbn=n3/2(n+1)n2+3=n2+n3/2n2+3→1\frac{u_{n}}{b_{n}}=\frac{n^{3/2}(\sqrt{n}+1)}{n^{2}+3}=\frac{n^{2}+n^{3/2}}{n^{2}+3}\to 1, limite finie et strictement positive, donc les deux séries ont la même nature. Or ∑1n3/2\sum\frac{1}{n^{3/2}} est une série de Riemann avec p=32>1p=\frac{3}{2}>1 : elle converge, et la série donnée CONVERGE. Le critère de d'Alembert est muet : le rapport un+1un\frac{u_{n+1}}{u_{n}} d'une fraction rationnelle en nn et n\sqrt{n} tend toujours vers L=1L=1, le cas où le critère ne conclut pas. C'est le premier choix à faire sur une copie : quand le terme général est une fraction de puissances de nn, on compare ; d'Alembert est fait pour les factorielles et les puissances ana^{n}.

b) Des puissances ana^{n} et 2n2^{n} : d'Alembert s'impose. On divise numérateur et dénominateur par 2n2^{n} : un+1un=a⋅n2+2n(n+1)2+2n+1=a⋅n22n+1(n+1)22n+2→a2\frac{u_{n+1}}{u_{n}}=a\cdot\frac{n^{2}+2^{n}}{(n+1)^{2}+2^{n+1}}=a\cdot\frac{\frac{n^{2}}{2^{n}}+1}{\frac{(n+1)^{2}}{2^{n}}+2}\to\frac{a}{2}, car n22n→0\frac{n^{2}}{2^{n}}\to 0 (croissances comparées). Donc L=a2L=\frac{a}{2}. Pour a=1a=1, L=12<1L=\frac{1}{2}<1 : la série CONVERGE. Pour a=3a=3, L=32>1L=\frac{3}{2}>1 : la série DIVERGE. Pour a=2a=2, L=1L=1 : le critère se TAIT, et il faut changer d'outil. Le terme général vaut 2nn2+2n=1n22n+1→1≠0\frac{2^{n}}{n^{2}+2^{n}}=\frac{1}{\frac{n^{2}}{2^{n}}+1}\to 1\neq 0 : par le test de divergence, la série DIVERGE. Les deux erreurs symétriques sont de conclure « L=1L=1, donc elle converge », ou de s'arrêter à « on ne peut rien dire » : le cas muet se tranche presque toujours par un retour au terme général ou par une comparaison.

c) Série alternée : on applique le critère de Leibniz à bn=ln⁡nnb_{n}=\frac{\ln n}{n}. D'abord bn→0b_{n}\to 0 par croissances comparées (ou L'Hospital sur la fonction ln⁡xx\frac{\ln x}{x}, jamais sur la suite). Ensuite la décroissance : g(x)=ln⁡xxg(x)=\frac{\ln x}{x} a pour dérivée g′(x)=1−ln⁡xx2g'(x)=\frac{1-\ln x}{x^{2}}, négative dès que x>ex>e. La suite décroît donc à partir du rang n=3n=3, et PAS avant : b2=ln⁡22=ln⁡2b_{2}=\frac{\ln 2}{2}=\ln\sqrt{2} et b3=ln⁡33=ln⁡33b_{3}=\frac{\ln 3}{3}=\ln\sqrt[3]{3}, or 33>2\sqrt[3]{3}>\sqrt{2} puisque 32=9>23=83^{2}=9>2^{3}=8, donc b3>b2b_{3}>b_{2}. Un premier terme qui monte ne change rien à la convergence : Leibniz s'applique à la série à partir de n=3n=3, et la série CONVERGE. Convergence absolue : ln⁡nn≥1n\frac{\ln n}{n}\geq\frac{1}{n} dès que ln⁡n≥1\ln n\geq 1, c'est-à-dire n≥3n\geq 3, et la série harmonique diverge ; par comparaison, ∑ln⁡nn\sum\frac{\ln n}{n} diverge. La série est donc CONDITIONNELLEMENT convergente.

d) FAUX. Une série de Riemann a un exposant CONSTANT ; ici l'exposant 1+1n1+\frac{1}{n} dépend de nn et tend vers 11, et la conclusion « p>1p>1 » ne s'applique pas. Comparaison par limite avec 1n\frac{1}{n} : 1/n1+1/n1/n=1n1/n\frac{1/n^{1+1/n}}{1/n}=\frac{1}{n^{1/n}}, et n1/n=eln⁡nn→e0=1n^{1/n}=e^{\frac{\ln n}{n}}\to e^{0}=1. La limite vaut 11, finie et non nulle : la série a la nature de la série harmonique, elle DIVERGE. Le test de divergence, lui, ne dit rien ici puisque le terme général tend vers 00. Retenez la leçon de la partie : un exposant qui tend vers 11, une limite de rapport qui vaut 11, c'est exactement la zone où les réflexes échouent et où il faut une comparaison écrite.

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Exercice 2 : Une série entière centrée en 4, puis ln(4 + x²) terme à terme

Les parties a) et b) à d) sont indépendantes. Dans b) à d), on part de la série géométrique 11−u=∑n≥0un\frac{1}{1-u}=\sum_{n\geq 0}u^{n}, valable pour ∣u∣<1|u|<1, et on ne calcule aucune dérivée successive.

  • a) Déterminez le rayon et l'intervalle de convergence de ∑n≥1n (x−4)n5n(n2+1)\displaystyle\sum_{n\geq 1}\frac{n\,(x-4)^{n}}{5^{n}\left(n^{2}+1\right)}, en testant chaque borne avec son propre critère.
  • b) Écrivez 2x4+x2\dfrac{2x}{4+x^{2}} comme une série entière centrée en 00. Donnez son rayon, le coefficient de x5x^{5} et son intervalle de convergence.
  • c) Déduisez-en, par intégration terme à terme, la série entière de ln⁡(4+x2)\ln(4+x^{2}) et son intervalle de convergence. Que remarquez-vous aux bornes, comparé à b) ?
  • d) Choisissez une valeur de xx dans c) pour calculer la somme exacte de ∑n≥1(−1)n+1n 2n\displaystyle\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n+1}}{n\,2^{n}}.

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a)
Intervalle ;
b)
Intervalle ;
c)
Intervalle ;
d)
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Réponses

  • a) R=5R=5, intervalle [−1 ;9[[-1\,;9[
  • b) ∑n≥0(−1)nx2n+12⋅4n\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+1}}{2\cdot 4^{n}}, R=2R=2, coefficient de x5x^{5} : 132\frac{1}{32}, intervalle ]−2 ;2[]-2\,;2[
  • c) ln⁡4+∑n≥0(−1)nx2n+2(n+1)4n+1\ln 4+\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+2}}{(n+1)4^{n+1}}, intervalle [−2 ;2][-2\,;2] : même rayon, bornes gagnées
  • d) x=2x=\sqrt{2} : la somme vaut ln⁡32\ln\frac{3}{2}

a) Critère de d'Alembert sur les valeurs absolues : ∣un+1un∣=∣x−4∣5⋅(n+1)(n2+1)n((n+1)2+1)→∣x−4∣5\left|\frac{u_{n+1}}{u_{n}}\right|=\frac{|x-4|}{5}\cdot\frac{(n+1)(n^{2}+1)}{n\left((n+1)^{2}+1\right)}\to\frac{|x-4|}{5}. La série converge absolument si ∣x−4∣<5|x-4|<5 et diverge si ∣x−4∣>5|x-4|>5 : le centre est 44 et le rayon R=5R=5. Le critère se tait aux bornes x=−1x=-1 et x=9x=9, qu'on teste UNE PAR UNE. En x=9x=9 : ∑nn2+1\sum\frac{n}{n^{2}+1} ; par comparaison par limite avec 1n\frac{1}{n} (rapport n2n2+1→1\frac{n^{2}}{n^{2}+1}\to 1), elle a la nature de la série harmonique : elle diverge. En x=−1x=-1 : ∑(−1)nnn2+1\sum(-1)^{n}\frac{n}{n^{2}+1}, alternée ; nn2+1→0\frac{n}{n^{2}+1}\to 0 et décroît, car la fonction tt2+1\frac{t}{t^{2}+1} a pour dérivée 1−t2(t2+1)2≤0\frac{1-t^{2}}{(t^{2}+1)^{2}}\leq 0 pour t≥1t\geq 1 : elle converge par Leibniz (conditionnellement). Intervalle de convergence : [−1 ;9[[-1\,;9[. Le piège est de conclure la même chose aux deux bornes parce qu'elles sont « symétriques » : les valeurs absolues sont les mêmes, les signes non.

b) On met le 44 en facteur pour faire apparaître 11−u\frac{1}{1-u} : 2x4+x2=x2⋅11−(−x24)=x2∑n≥0(−x24)n=∑n≥0(−1)n x2n+12⋅4n\frac{2x}{4+x^{2}}=\frac{x}{2}\cdot\frac{1}{1-\left(-\frac{x^{2}}{4}\right)}=\frac{x}{2}\sum_{n\geq 0}\left(-\frac{x^{2}}{4}\right)^{n}=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}\,x^{2n+1}}{2\cdot 4^{n}}, soit x2−x38+x532−⋯\frac{x}{2}-\frac{x^{3}}{8}+\frac{x^{5}}{32}-\cdots Condition : ∣x24∣<1\left|\frac{x^{2}}{4}\right|<1, soit ∣x∣<2|x|<2, donc R=2R=2. Le coefficient de x5x^{5} correspond à n=2n=2 : 12⋅16=132\frac{1}{2\cdot 16}=\frac{1}{32}. Aux bornes x=±2x=\pm 2, le terme général vaut ±22n+12⋅4n=±1\pm\frac{2^{2n+1}}{2\cdot 4^{n}}=\pm 1 au signe (−1)n(-1)^{n} près : il ne tend pas vers 00, la série diverge (test de divergence). Intervalle : ]−2 ;2[]-2\,;2[.

c) 2x4+x2\frac{2x}{4+x^{2}} est la dérivée de ln⁡(4+x2)\ln(4+x^{2}), qui vaut ln⁡4\ln 4 en 00. On intègre terme à terme de 00 à xx, ce qui conserve le rayon : ln⁡(4+x2)=ln⁡4+∑n≥0(−1)n x2n+2(2n+2)⋅2⋅4n=ln⁡4+∑n≥0(−1)n x2n+2(n+1) 4n+1\ln(4+x^{2})=\ln 4+\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}\,x^{2n+2}}{(2n+2)\cdot 2\cdot 4^{n}}=\ln 4+\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}\,x^{2n+2}}{(n+1)\,4^{n+1}}, soit ln⁡4+x24−x432+x6192−⋯\ln 4+\frac{x^{2}}{4}-\frac{x^{4}}{32}+\frac{x^{6}}{192}-\cdots, avec R=2R=2. Aux bornes x=±2x=\pm 2 : x2n+2=4n+1x^{2n+2}=4^{n+1} et le terme devient (−1)nn+1\frac{(-1)^{n}}{n+1} ; la série harmonique alternée converge par Leibniz. Intervalle : [−2 ;2][-2\,;2]. Le rayon est conservé par l'intégration, mais PAS les bornes : la série de la dérivée divergeait en ±2\pm 2, celle de la primitive y converge. C'est pourquoi chaque borne se reteste après une dérivation ou une intégration.

d) On cherche xx tel que x2n+24n+1=12n+1\frac{x^{2n+2}}{4^{n+1}}=\frac{1}{2^{n+1}}, soit (x24)n+1=(12)n+1\left(\frac{x^{2}}{4}\right)^{n+1}=\left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} : x2=2x^{2}=2, x=2x=\sqrt{2}, bien dans ]−2 ;2[]-2\,;2[. Alors ln⁡6=ln⁡4+∑n≥0(−1)n(n+1) 2n+1\ln 6=\ln 4+\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}}{(n+1)\,2^{n+1}}, et en posant m=n+1m=n+1 : ∑m≥1(−1)m+1m 2m=ln⁡6−ln⁡4=ln⁡32\sum_{m\geq 1}\frac{(-1)^{m+1}}{m\,2^{m}}=\ln 6-\ln 4=\ln\frac{3}{2}. Contrôle : les trois premiers termes donnent 12−18+124=512≈0,417\frac{1}{2}-\frac{1}{8}+\frac{1}{24}=\frac{5}{12}\approx 0{,}417, et le reste est majoré par le terme suivant 164\frac{1}{64} ; ln⁡32≈0,405\ln\frac{3}{2}\approx 0{,}405 est bien dans [512−164 ;512]\left[\frac{5}{12}-\frac{1}{64}\,;\frac{5}{12}\right].

Exercice 3 : Une intégrale sans primitive élémentaire, et une borne bien choisie

Soit f(x)=1−cos⁡xx2f(x)=\dfrac{1-\cos x}{x^{2}} pour x≠0x\neq 0, et f(0)=12f(0)=\dfrac{1}{2}. La fonction ff n'a pas de primitive élémentaire. La figure représente ff ; la bande colorée est l'aire I=∫01/2f(x) dxI=\displaystyle\int_{0}^{1/2}f(x)\,dx.

-5-4-3-2-112345-0,10,10,20,30,40,50,6y = f(x)I
  • a) À partir de la série de Maclaurin de cos⁡x\cos x, donnez la série de Maclaurin de ff et son rayon. Expliquez pourquoi la valeur f(0)=12f(0)=\frac{1}{2} est la bonne, puis lisez f(4)(0)f^{(4)}(0) sur la série.
  • b) Écrivez II comme la somme d'une série numérique. Combien de termes non nuls faut-il pour garantir une erreur inférieure à 10−410^{-4} ? Donnez l'approximation correspondante sous forme de fraction.
  • c) Cette approximation surestime-t-elle ou sous-estime-t-elle II ? Donnez un intervalle de longueur inférieure à 10−410^{-4} qui contient II.
  • d) Un camarade majore l'erreur de l'approximation cos⁡x≈1−x22\cos x\approx 1-\frac{x^{2}}{2} sur [−12 ;12]\left[-\frac{1}{2}\,;\frac{1}{2}\right] par l'inégalité de Taylor avec n=2n=2 et M=1M=1, et trouve 148\frac{1}{48}. Montrez qu'on peut garantir une borne huit fois plus petite, et dites pourquoi c'est légitime.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) f(x)=∑n≥1(−1)n+1x2n−2(2n)!=12−x224+x4720−⋯f(x)=\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n+1}x^{2n-2}}{(2n)!}=\frac{1}{2}-\frac{x^{2}}{24}+\frac{x^{4}}{720}-\cdots, R=∞R=\infty, f(4)(0)=130f^{(4)}(0)=\frac{1}{30}
  • b) I=14−1576+1115 200−⋯I=\frac{1}{4}-\frac{1}{576}+\frac{1}{115\,200}-\cdots ; deux termes, I≈143576I\approx\frac{143}{576}
  • c) Sous-estimation : 143576<I<143576+1115 200\frac{143}{576}<I<\frac{143}{576}+\frac{1}{115\,200}
  • d) T3=T2T_{3}=T_{2}, donc ∣R∣≤(1/2)44!=1384|R|\leq\frac{(1/2)^{4}}{4!}=\frac{1}{384}, huit fois mieux que 148\frac{1}{48}

a) cos⁡x=∑n≥0(−1)nx2n(2n)!\cos x=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n}}{(2n)!} pour tout réel xx, donc 1−cos⁡x=x22!−x44!+x66!−⋯=∑n≥1(−1)n+1x2n(2n)!1-\cos x=\frac{x^{2}}{2!}-\frac{x^{4}}{4!}+\frac{x^{6}}{6!}-\cdots=\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n+1}x^{2n}}{(2n)!}, et pour x≠0x\neq 0 : f(x)=∑n≥1(−1)n+1x2n−2(2n)!=12−x224+x4720−⋯f(x)=\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n+1}x^{2n-2}}{(2n)!}=\frac{1}{2}-\frac{x^{2}}{24}+\frac{x^{4}}{720}-\cdots Rayon infini, comme celui de cos⁡\cos (diviser par x2x^{2} ne change pas le rayon). La somme de cette série vaut 12\frac{1}{2} en x=0x=0, et une série entière est continue sur son intervalle de convergence : poser f(0)=12f(0)=\frac{1}{2} rend ff continue, c'est la seule valeur possible. Par unicité du développement, le coefficient de x4x^{4} est f(4)(0)4!=1720\frac{f^{(4)}(0)}{4!}=\frac{1}{720}, d'où f(4)(0)=24720=130f^{(4)}(0)=\frac{24}{720}=\frac{1}{30}, sans dériver quatre fois un quotient.

b) On intègre terme à terme sur [0 ;12]\left[0\,;\frac{1}{2}\right], dans l'intervalle de convergence : I=∑n≥1(−1)n+1(2n)!⋅(1/2)2n−12n−1=14−1576+1115 200−⋯I=\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n+1}}{(2n)!}\cdot\frac{(1/2)^{2n-1}}{2n-1}=\frac{1}{4}-\frac{1}{576}+\frac{1}{115\,200}-\cdots (termes 1/21⋅2\frac{1/2}{1\cdot 2}, 1/83⋅24\frac{1/8}{3\cdot 24}, 1/325⋅720\frac{1/32}{5\cdot 720}). La série est alternée et ses termes décroissent vers 00 : par le critère de Leibniz, l'erreur commise en s'arrêtant est majorée par le premier terme omis. Avec UN terme, la borne est 1576>10−4\frac{1}{576}>10^{-4} : insuffisant. Avec DEUX termes, la borne est 1115 200<10−4\frac{1}{115\,200}<10^{-4} : il faut deux termes, et I≈14−1576=144−1576=143576I\approx\frac{1}{4}-\frac{1}{576}=\frac{144-1}{576}=\frac{143}{576}.

c) Le premier terme omis, +1115 200+\frac{1}{115\,200}, est positif : la somme partielle s'arrête juste avant une montée, donc elle SOUS-ESTIME II. Dans une série alternée, la somme exacte est toujours entre deux sommes partielles consécutives : 143576<I<143576+1115 200\frac{143}{576}<I<\frac{143}{576}+\frac{1}{115\,200}, intervalle de longueur 1115 200<10−4\frac{1}{115\,200}<10^{-4}. La réponse est garantie, pas estimée : c'est ce qu'on attend d'une approximation à la main.

d) Le camarade applique l'inégalité de Taylor à T2(x)=1−x22T_{2}(x)=1-\frac{x^{2}}{2} : ∣R2(x)∣≤M3!∣x∣3|R_{2}(x)|\leq\frac{M}{3!}|x|^{3} avec M≥∣cos⁡′′′∣=∣sin⁡∣M\geq|\cos'''|=|\sin|, d'où 16⋅18=148\frac{1}{6}\cdot\frac{1}{8}=\frac{1}{48}. Mais le coefficient de x3x^{3} dans la série de cos⁡\cos est NUL : T3=T2T_{3}=T_{2}. On peut donc écrire la même approximation comme T3T_{3} et appliquer l'inégalité avec n=3n=3 : ∣R3(x)∣≤M4!∣x∣4|R_{3}(x)|\leq\frac{M}{4!}|x|^{4} avec M=max⁡∣cos⁡(4)∣=max⁡∣cos⁡∣≤1M=\max|\cos^{(4)}|=\max|\cos|\leq 1, d'où 124⋅116=1384=18⋅148\frac{1}{24}\cdot\frac{1}{16}=\frac{1}{384}=\frac{1}{8}\cdot\frac{1}{48}. C'est légitime parce que l'erreur est la même fonction cos⁡x−T2(x)=cos⁡x−T3(x)\cos x-T_{2}(x)=\cos x-T_{3}(x) ; on choisit simplement l'ordre qui donne la meilleure borne. La série étant alternée, la borne de Leibniz donne aussi (1/2)424=1384\frac{(1/2)^{4}}{24}=\frac{1}{384} : les deux méthodes s'accordent.

Partie B : nombres complexes et fonctions de plusieurs variables (/30)

Exercice 4 : Racines cubiques, polynôme réel et puissance 2026

On note w=−4+43 iw=-4+4\sqrt{3}\,i. Toutes les réponses sont exactes, et un argument se donne dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi].

  • a) Écrivez ww sous forme exponentielle r eiθr\,e^{i\theta}.
  • b) Résolvez z3=wz^{3}=w dans C\mathbb{C}, sous forme exponentielle, et placez les solutions dans le plan complexe. Quelle figure forment-elles ? Pourquoi ne demande-t-on pas leur forme algébrique ? Que vaut leur somme, et pourquoi pouvait-on le prévoir ?
  • c) On donne P(z)=z3−3z2+7z−5P(z)=z^{3}-3z^{2}+7z-5. Vérifiez que 1+2i1+2i est une racine de PP, puis trouvez les deux autres sans division de polynôme.
  • d) Calculez (1+i2)2026\left(\dfrac{1+i}{\sqrt{2}}\right)^{2026}. Pour quels entiers n≥1n\geq 1 le nombre (1+i2)n\left(\dfrac{1+i}{\sqrt{2}}\right)^{n} est-il réel ?

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Réponses

  • a) w=8 e2iπ/3w=8\,e^{2i\pi/3}
  • b) 2e2iπ/92e^{2i\pi/9}, 2e8iπ/92e^{8i\pi/9}, 2e−4iπ/92e^{-4i\pi/9} : un triangle équilatéral inscrit dans le cercle de rayon 22, somme nulle
  • c) Racines 1+2i1+2i, 1−2i1-2i et 11
  • d) (1+i2)2026=i\left(\frac{1+i}{\sqrt{2}}\right)^{2026}=i ; réel exactement quand nn est multiple de 44

a) Module : ∣w∣=16+16⋅3=64=8|w|=\sqrt{16+16\cdot 3}=\sqrt{64}=8. Argument : cos⁡θ=−48=−12\cos\theta=\frac{-4}{8}=-\frac{1}{2} et sin⁡θ=438=32\sin\theta=\frac{4\sqrt{3}}{8}=\frac{\sqrt{3}}{2}, donc θ=2π3\theta=\frac{2\pi}{3} (deuxième quadrant : partie réelle négative, partie imaginaire positive). Ainsi w=8 e2iπ/3w=8\,e^{2i\pi/3}. Le piège classique est θ=arctan⁡43−4=arctan⁡(−3)=−π3\theta=\arctan\frac{4\sqrt{3}}{-4}=\arctan(-\sqrt{3})=-\frac{\pi}{3} : arctan⁡\arctan ne renvoie que des angles de ]−π2 ;π2[\left]-\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right[ et place le point dans le mauvais quadrant. On décide toujours avec les SIGNES de cos⁡θ\cos\theta et sin⁡θ\sin\theta.

b) On cherche z=ρ eiφz=\rho\,e^{i\varphi} avec ρ3e3iφ=8 e2iπ/3\rho^{3}e^{3i\varphi}=8\,e^{2i\pi/3} : ρ3=8\rho^{3}=8, donc ρ=2\rho=2, et 3φ=2π3+2kπ3\varphi=\frac{2\pi}{3}+2k\pi, donc φ=2π9+2kπ3\varphi=\frac{2\pi}{9}+\frac{2k\pi}{3}, k∈{0,1,2}k\in\{0,1,2\} (au-delà, on retrouve les mêmes nombres). Les trois racines : z0=2e2iπ/9z_{0}=2e^{2i\pi/9}, z1=2e8iπ/9z_{1}=2e^{8i\pi/9} et z2=2e14iπ/9=2e−4iπ/9z_{2}=2e^{14i\pi/9}=2e^{-4i\pi/9}, l'argument ramené dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi]. Elles sont sur le cercle de rayon 22, espacées d'un tiers de tour : elles forment un TRIANGLE ÉQUILATÉRAL centré à l'origine. Leur forme algébrique ferait intervenir cos⁡2π9\cos\frac{2\pi}{9}, qui ne s'écrit pas avec des racines carrées : ici, la forme exponentielle EST la réponse exacte. Leur somme est nulle : z0(1+e2iπ/3+e4iπ/3)=z0⋅1−e2iπ1−e2iπ/3=0z_{0}\left(1+e^{2i\pi/3}+e^{4i\pi/3}\right)=z_{0}\cdot\frac{1-e^{2i\pi}}{1-e^{2i\pi/3}}=0 (somme géométrique). On pouvait le prévoir : dans z3+0⋅z2+0⋅z−wz^{3}+0\cdot z^{2}+0\cdot z-w, la somme des racines vaut l'opposé du coefficient de z2z^{2}, soit 00.

c) (1+2i)2=1+4i−4=−3+4i(1+2i)^{2}=1+4i-4=-3+4i et (1+2i)3=(1+2i)(−3+4i)=−3+4i−6i−8=−11−2i(1+2i)^{3}=(1+2i)(-3+4i)=-3+4i-6i-8=-11-2i. Donc P(1+2i)=(−11−2i)−3(−3+4i)+7(1+2i)−5=(−11+9+7−5)+(−2−12+14)i=0P(1+2i)=(-11-2i)-3(-3+4i)+7(1+2i)-5=(-11+9+7-5)+(-2-12+14)i=0. Les coefficients de PP sont RÉELS : le conjugué 1−2i1-2i est aussi racine, car P(zˉ)=P(z)‾P(\bar z)=\overline{P(z)}. Le produit des trois racines d'un polynôme unitaire de degré 33 vaut l'opposé du terme constant, soit 55 ; or (1+2i)(1−2i)=1+4=5(1+2i)(1-2i)=1+4=5, donc la troisième racine vaut 11. Contrôle : P(1)=1−3+7−5=0P(1)=1-3+7-5=0, et P(z)=(z−1)(z2−2z+5)P(z)=(z-1)(z^{2}-2z+5).

d) 1+i2=22+i22=eiπ/4\frac{1+i}{\sqrt{2}}=\frac{\sqrt{2}}{2}+i\frac{\sqrt{2}}{2}=e^{i\pi/4}, de module 11. Par De Moivre, (eiπ/4)2026=e2026iπ/4\left(e^{i\pi/4}\right)^{2026}=e^{2026i\pi/4}. Comme 2026=8×253+22026=8\times 253+2 et que eiπ/4e^{i\pi/4} revient à 11 tous les 88 facteurs (e8iπ/4=e2iπ=1e^{8i\pi/4}=e^{2i\pi}=1), e2026iπ/4=e2iπ/4=eiπ/2=ie^{2026i\pi/4}=e^{2i\pi/4}=e^{i\pi/2}=i. Ensuite, einπ/4e^{in\pi/4} est réel quand son argument nπ4\frac{n\pi}{4} est un multiple de π\pi, c'est-à-dire quand nn est un multiple de 44 : le plus petit est n=4n=4, où l'on trouve eiπ=−1e^{i\pi}=-1 ; il faut nn multiple de 88 pour obtenir 11. Développer la puissance par le binôme serait sans issue : la forme exponentielle transforme la puissance en une simple multiplication d'angle.

-3-2-1123-3-2-1123z₀z₁z₂

Exercice 5 : Un domaine, une carte de contour, trois surfaces de niveau

Les trois parties a), b) et c), d) sont indépendantes. La figure est la carte de contour de g(x,y)=yx2+1g(x,y)=\dfrac{y}{x^{2}+1} : les courbes de niveau k=±1k=\pm 1, ±2\pm 2 et ±4\pm 4, chacune marquée de sa valeur, et le point A(1 ;2)A(1\,;2).

-3-2-1123-6-5-4-3-2-1123456124−1−2−4A
  • a) Déterminez et décrivez le domaine de f(x,y)=x2+y2−1ln⁡(4−x2−y2)f(x,y)=\dfrac{\sqrt{x^{2}+y^{2}-1}}{\ln\left(4-x^{2}-y^{2}\right)}. Dites quelles parties de sa frontière lui appartiennent.
  • b) Montrez que la courbe de niveau k≠0k\neq 0 de gg est une parabole, dont vous donnerez le sommet. Quelle est la courbe de niveau 00 ? Pour k=4k=4, donnez l'ordonnée du sommet et le coefficient de x2x^{2}.
  • c) D'après la carte, où gg varie-t-elle le plus vite quand on se déplace verticalement ? Sur quelle courbe se trouve AA ? Vérifiez par le calcul.
  • d) Soit F(x,y,z)=4x2+y2−z2+2zF(x,y,z)=4x^{2}+y^{2}-z^{2}+2z. Reconnaissez les surfaces de niveau F=0F=0, F=1F=1 et F=2F=2.

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Réponses

  • a) 1≤x2+y2<41\leq x^{2}+y^{2}<4 et x2+y2≠3x^{2}+y^{2}\neq 3 : cercle de rayon 11 inclus, cercles de rayons 3\sqrt{3} et 22 exclus
  • b) Parabole y=k(x2+1)y=k(x^{2}+1), sommet (0 ;k)(0\,;k) ; niveau 00 : l'axe des xx ; k=4k=4 : y=4x2+4y=4x^{2}+4
  • c) Près de l'axe des yy ; AA est sur la courbe k=1k=1, g(1,2)=1g(1,2)=1
  • d) F=0F=0 : hyperboloïde à deux nappes ; F=1F=1 : cône de sommet (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) ; F=2F=2 : hyperboloïde à une nappe

a) Trois conditions. La racine : x2+y2−1≥0x^{2}+y^{2}-1\geq 0, soit x2+y2≥1x^{2}+y^{2}\geq 1. Le logarithme : 4−x2−y2>04-x^{2}-y^{2}>0, soit x2+y2<4x^{2}+y^{2}<4. Le dénominateur non nul : ln⁡(4−x2−y2)≠0\ln(4-x^{2}-y^{2})\neq 0, soit 4−x2−y2≠14-x^{2}-y^{2}\neq 1, c'est-à-dire x2+y2≠3x^{2}+y^{2}\neq 3. Le domaine est la COURONNE 1≤x2+y2<41\leq x^{2}+y^{2}<4 privée du cercle x2+y2=3x^{2}+y^{2}=3 (rayon 3\sqrt{3}). Le cercle intérieur de rayon 11 appartient au domaine (inégalité large), le cercle extérieur de rayon 22 n'y appartient pas (inégalité stricte), et le cercle de rayon 3\sqrt{3} est retiré à l'intérieur même de la couronne. La troisième condition est celle qu'on oublie : un quotient exige un dénominateur non nul, et le logarithme s'annule en 11.

b) gg est définie sur tout R2\mathbb{R}^{2}, puisque x2+1≥1x^{2}+1\geq 1. Alors g(x,y)=k  ⟺  y=k(x2+1)=kx2+kg(x,y)=k\iff y=k\left(x^{2}+1\right)=kx^{2}+k : pour k≠0k\neq 0, c'est une parabole d'axe vertical, de sommet (0 ;k)(0\,;k), tournée vers le haut si k>0k>0 et vers le bas si k<0k<0. Pour k=0k=0 : y=0y=0, la courbe de niveau est l'axe des xx tout entier. Pour k=4k=4 : y=4x2+4y=4x^{2}+4, sommet d'ordonnée 44, coefficient de x2x^{2} égal à 44. Ces paraboles ne sont pas les translatées les unes des autres : elles sont de plus en plus OUVERTES quand ∣k∣|k| diminue, et deux courbes de niveau distinctes ne se coupent jamais.

c) Sur l'axe des yy, les niveaux 11, 22 et 44 sont aux hauteurs 11, 22 et 44 ; à l'abscisse x=2x=2, ils sont aux hauteurs 55, 1010 et 2020, la plupart hors de la carte. Près de l'axe des yy, les courbes de niveau sont donc les plus SERRÉES verticalement, et gg y varie le plus vite quand on monte : à xx fixé, gg augmente de 1x2+1\frac{1}{x^{2}+1} par unité de yy, soit 11 sur l'axe et 15\frac{1}{5} en x=±2x=\pm 2. Le point A(1 ;2)A(1\,;2) est sur la parabole y=x2+1y=x^{2}+1, celle du niveau 11. Calcul : g(1,2)=21+1=1g(1,2)=\frac{2}{1+1}=1.

d) On complète le carré en zz : −z2+2z=−(z−1)2+1-z^{2}+2z=-(z-1)^{2}+1, donc F=4x2+y2−(z−1)2+1F=4x^{2}+y^{2}-(z-1)^{2}+1. Niveau 11 : 4x2+y2=(z−1)24x^{2}+y^{2}=(z-1)^{2}, un CÔNE elliptique de sommet (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) et d'axe vertical. Niveau 22 : 4x2+y2−(z−1)2=14x^{2}+y^{2}-(z-1)^{2}=1, un HYPERBOLOÏDE À UNE NAPPE (une seule différence de signe, membre de droite positif : chaque plan z=cz=c coupe une ellipse, jamais vide). Niveau 00 : 4x2+y2−(z−1)2=−14x^{2}+y^{2}-(z-1)^{2}=-1, soit (z−1)2=1+4x2+y2≥1(z-1)^{2}=1+4x^{2}+y^{2}\geq 1 : il faut ∣z−1∣≥1|z-1|\geq 1, et aucun point ne se trouve strictement entre les plans z=0z=0 et z=2z=2 ; c'est un HYPERBOLOÏDE À DEUX NAPPES. Le piège est de lire F=0F=0 comme le cône : le terme +2z+2z décale le cône au niveau 11.

-3-2-1123-3-2-1123DD

Exercice 6 : Limites à deux variables : prouver l'absence, prouver l'existence

Pour prouver qu'une limite n'existe pas, deux chemins qui donnent deux valeurs suffisent. Pour prouver qu'elle existe, aucun nombre fini de familles de chemins ne suffit : il faut un encadrement qui vaut dans toutes les directions à la fois.

  • a) Soit h(x,y)=x3yx6+y2h(x,y)=\dfrac{x^{3}y}{x^{6}+y^{2}}. Calculez la limite de hh en (0 ;0)(0\,;0) le long de toute droite passant par l'origine, puis le long de toute parabole y=kx2y=kx^{2}, puis le long de la courbe y=x3y=x^{3}. Concluez.
  • b) Soit k(x,y)=xy(x+y)x2+y2k(x,y)=\dfrac{xy(x+y)}{x^{2}+y^{2}}. Montrez que k(x,y)→0k(x,y)\to 0 quand (x,y)→(0 ;0)(x,y)\to(0\,;0), en majorant ∣k(x,y)∣|k(x,y)| par une fonction de r=x2+y2r=\sqrt{x^{2}+y^{2}}.
  • c) Peut-on prolonger m(x,y)=sin⁡(x2+y2)x2+y2m(x,y)=\dfrac{\sin\left(x^{2}+y^{2}\right)}{x^{2}+y^{2}} par continuité en (0 ;0)(0\,;0) ? Si oui, par quelle valeur ? Sur quel ensemble la fonction prolongée est-elle continue ?
  • d) Vrai ou faux, justifiez : « Si f(x,y)f(x,y) tend vers 00 le long de toutes les droites ET de toutes les paraboles y=kx2y=kx^{2} passant par l'origine, alors lim⁡(x,y)→(0,0)f(x,y)=0\displaystyle\lim_{(x,y)\to(0,0)}f(x,y)=0. »

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Réponses

  • a) 00 sur les droites et sur les paraboles y=kx2y=kx^{2}, 12\frac{1}{2} sur y=x3y=x^{3} : pas de limite
  • b) ∣k(x,y)∣≤r→0|k(x,y)|\leq r\to 0 : la limite vaut 00
  • c) Oui, par m(0,0)=1m(0,0)=1 ; continue sur R2\mathbb{R}^{2}
  • d) Faux : contre-exemple hh de a)

a) Sur l'axe des yy (x=0x=0, y≠0y\neq 0) : h=0h=0. Sur la droite y=mxy=mx : h(x,mx)=mx4x6+m2x2=mx2x4+m2h(x,mx)=\frac{m x^{4}}{x^{6}+m^{2}x^{2}}=\frac{m x^{2}}{x^{4}+m^{2}}, qui tend vers 0m2=0\frac{0}{m^{2}}=0 si m≠0m\neq 0, et vaut 00 si m=0m=0. Sur la parabole y=kx2y=kx^{2}, k≠0k\neq 0 : h(x,kx2)=kx5x6+k2x4=kxx2+k2→0h(x,kx^{2})=\frac{k x^{5}}{x^{6}+k^{2}x^{4}}=\frac{k x}{x^{2}+k^{2}}\to 0. Droites et paraboles donnent toutes 00. Sur la courbe y=x3y=x^{3} : h(x,x3)=x6x6+x6=12h(x,x^{3})=\frac{x^{6}}{x^{6}+x^{6}}=\frac{1}{2} pour tout x≠0x\neq 0, donc la limite le long de cette courbe vaut 12\frac{1}{2}. Deux chemins, deux valeurs : la limite N'EXISTE PAS. Le choix de la courbe n'est pas un hasard : on cherche le chemin qui rend les deux termes du dénominateur du même ordre ; avec y=x3y=x^{3}, x6x^{6} et y2y^{2} sont du même ordre, et le numérateur x3yx^{3}y aussi.

b) On utilise ∣xy∣≤x2+y22=r22|xy|\leq\frac{x^{2}+y^{2}}{2}=\frac{r^{2}}{2} (car (∣x∣−∣y∣)2≥0(|x|-|y|)^{2}\geq 0) et ∣x+y∣≤∣x∣+∣y∣≤2r|x+y|\leq|x|+|y|\leq 2r. Alors ∣k(x,y)∣≤r22⋅2rr2=r|k(x,y)|\leq\frac{\frac{r^{2}}{2}\cdot 2r}{r^{2}}=r. Comme r→0r\to 0 quand (x,y)→(0 ;0)(x,y)\to(0\,;0), le théorème du sandwich donne k(x,y)→0k(x,y)\to 0. En coordonnées polaires, c'est la même idée : k=rcos⁡θsin⁡θ(cos⁡θ+sin⁡θ)k=r\cos\theta\sin\theta(\cos\theta+\sin\theta), une quantité bornée multipliée par rr. Ce qui fait la preuve, c'est que la majoration ne dépend PAS de θ\theta : elle vaut dans toutes les directions à la fois. On retrouvera cette fonction kk à l'exercice 9.

c) On pose u=x2+y2u=x^{2}+y^{2} : quand (x,y)→(0 ;0)(x,y)\to(0\,;0), u→0+u\to 0^{+}, et sin⁡uu→1\frac{\sin u}{u}\to 1 (limite usuelle à une variable). La limite existe et vaut 11, quel que soit le chemin, puisque mm ne dépend que de la distance à l'origine. En posant m(0,0)=1m(0,0)=1, on obtient une fonction continue en (0 ;0)(0\,;0). Ailleurs, mm est un quotient de fonctions continues (un sinus composé avec un polynôme, et un polynôme) dont le dénominateur ne s'annule pas : la fonction prolongée est continue sur tout R2\mathbb{R}^{2}.

d) FAUX, et le contre-exemple est la fonction hh de a) : sa limite vaut 00 le long de TOUTES les droites et de TOUTES les paraboles y=kx2y=kx^{2}, et pourtant elle vaut 12\frac{1}{2} le long de la courbe y=x3y=x^{3}, si bien qu'elle n'a pas de limite. Aucune famille de chemins, si riche soit-elle, ne prouve l'existence : il en resterait toujours d'autres. Les chemins servent à DÉTECTER une absence de limite ou à DEVINER la valeur candidate ; l'existence se prouve par un encadrement, comme en b).

Partie C : dérivées, gradient et différentielle (/30)

Exercice 7 : Une carte de contour, puis le gradient qui la confirme

La figure est la carte de contour de f(x,y)=y ex+x2f(x,y)=y\,e^{x}+x^{2}, avec les courbes de niveau −1-1, 00, 11, 22 et 33 marquées de leur valeur, et le point P(0 ;1)P(0\,;1). Les deux axes ont la même échelle.

-1,5-1-0,50,511,5-11234−10123P
  • a) Sans calcul, en lisant la carte, donnez le signe de fx(P)f_{x}(P) et celui de fy(P)f_{y}(P). Justifiez par les courbes que l'on traverse.
  • b) Calculez ∇f(P)\nabla f(P), puis la dérivée directionnelle de ff en PP dans la direction du vecteur v⃗=(5 ;12)\vec v=(5\,;12).
  • c) Quel est le taux de croissance maximal de ff en PP, et dans quelle direction ? Dans quelles directions la dérivée directionnelle est-elle nulle, et quelle est la pente de la tangente en PP à la courbe de niveau 11 ? Vérifiez sur la carte.
  • d) Donnez une équation du plan tangent à la surface y ex+x2+z2=2y\,e^{x}+x^{2}+z^{2}=2 au point Q(0 ;1 ;1)Q(0\,;1\,;1).

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a)
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Réponses

  • a) fx(P)>0f_{x}(P)>0 et fy(P)>0f_{y}(P)>0 : on traverse le niveau 22 dans les deux cas
  • b) ∇f(P)=(1 ;1)\nabla f(P)=(1\,;1) et Du⃗f(P)=1713D_{\vec u}f(P)=\frac{17}{13}
  • c) Taux maximal 2\sqrt{2}, direction (1 ;1)(1\,;1) ; dérivée nulle selon ±(1 ;−1)\pm(1\,;-1) ; pente −1-1
  • d) x+y+2z=3x+y+2z=3

a) En PP, on est sur la courbe de niveau 11. En allant vers la droite (on augmente xx à yy fixé), on rencontre la courbe de niveau 22 un peu avant x=0,6x=0{,}6 : ff augmente, donc fx(P)>0f_{x}(P)>0. En montant le long de l'axe des yy (on augmente yy à xx fixé), on rencontre la courbe de niveau 22 en y=2y=2, puis celle de niveau 33 en y=3y=3 : fy(P)>0f_{y}(P)>0. La lecture d'une carte se fait toujours ainsi : on se déplace parallèlement à un axe et on regarde dans quel sens varient les niveaux traversés.

b) fx=y ex+2xf_{x}=y\,e^{x}+2x et fy=exf_{y}=e^{x}, donc ∇f(P)=(1⋅e0+0 ;e0)=(1 ;1)\nabla f(P)=(1\cdot e^{0}+0\,;e^{0})=(1\,;1), ce qui confirme a). Le vecteur v⃗=(5 ;12)\vec v=(5\,;12) n'est PAS unitaire : ∥v⃗∥=25+144=13\|\vec v\|=\sqrt{25+144}=13, donc u⃗=(513 ;1213)\vec u=\left(\frac{5}{13}\,;\frac{12}{13}\right) et Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗=513+1213=1713D_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u=\frac{5}{13}+\frac{12}{13}=\frac{17}{13}. Le piège coûte cher : ∇f⋅v⃗=17\nabla f\cdot\vec v=17 donnerait un taux treize fois trop grand, plus grand même que le taux maximal 2\sqrt{2} de c), ce qui est impossible. Ce contrôle de vraisemblance, ∣Du⃗f∣≤∥∇f∥|D_{\vec u}f|\leq\|\nabla f\|, attrape l'oubli de normalisation à chaque fois ; ici 1713≈1,31\frac{17}{13}\approx 1{,}31 est bien sous 2≈1,41\sqrt{2}\approx 1{,}41.

c) Le taux maximal est ∥∇f(P)∥=1+1=2\|\nabla f(P)\|=\sqrt{1+1}=\sqrt{2}, atteint dans la direction du gradient, u⃗=(12 ;12)\vec u=\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\,;\frac{1}{\sqrt{2}}\right) (Cauchy-Schwarz : ∇f⋅u⃗=∥∇f∥cos⁡α\nabla f\cdot\vec u=\|\nabla f\|\cos\alpha, maximal pour α=0\alpha=0). La dérivée directionnelle est nulle pour cos⁡α=0\cos\alpha=0, c'est-à-dire pour u⃗=±(12 ;−12)\vec u=\pm\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\,;-\frac{1}{\sqrt{2}}\right), orthogonaux au gradient : ce sont les directions de la courbe de niveau, sur laquelle ff ne varie pas. La tangente en PP à la courbe de niveau 11 est donc dirigée par (1 ;−1)(1\,;-1), de pente −1-1. Contrôle direct : la courbe de niveau 11 est y=(1−x2)e−xy=(1-x^{2})e^{-x}, de dérivée (x2−2x−1)e−x(x^{2}-2x-1)e^{-x}, qui vaut −1-1 en x=0x=0. Sur la carte, elle traverse PP en descendant vers la droite à 45∘45^{\circ}, et le gradient (1 ;1)(1\,;1) lui est perpendiculaire, ce qu'on ne voit que parce que l'échelle est la même sur les deux axes.

d) La surface est la surface de niveau 22 de F(x,y,z)=y ex+x2+z2F(x,y,z)=y\,e^{x}+x^{2}+z^{2}, et QQ en fait partie : 1+0+1=21+0+1=2. Le gradient de FF est normal à ses surfaces de niveau : ∇F=(y ex+2x ;ex ;2z)\nabla F=(y\,e^{x}+2x\,;e^{x}\,;2z), donc ∇F(Q)=(1 ;1 ;2)\nabla F(Q)=(1\,;1\,;2). Plan tangent : 1(x−0)+1(y−1)+2(z−1)=01(x-0)+1(y-1)+2(z-1)=0, soit x+y+2z=3x+y+2z=3. Contrôle : QQ vérifie 0+1+2=30+1+2=3. Remarquez qu'on n'a pas eu à isoler zz : la surface n'est pas un graphe au voisinage de tous ses points, et la méthode du gradient de FF n'en a pas besoin.

Exercice 8 : La dérivation en chaîne derrière un cube complexe

Soit f(x,y)f(x,y) une fonction différentiable dont on sait seulement que fx(−2,2)=2f_{x}(-2,2)=2 et fy(−2,2)=−1f_{y}(-2,2)=-1. On pose x=s3−3st2x=s^{3}-3st^{2} et y=3s2t−t3y=3s^{2}t-t^{3}, ce qui revient à écrire x+iy=(s+it)3x+iy=(s+it)^{3}, et g(s,t)=f(s3−3st2, 3s2t−t3)g(s,t)=f\left(s^{3}-3st^{2},\,3s^{2}t-t^{3}\right).

  • a) Dessinez l'arbre de dépendance de gg, puis écrivez gsg_{s} et gtg_{t} en fonction de fxf_{x}, fyf_{y}, ss et tt.
  • b) Vérifiez que (s,t)=(1,1)(s,t)=(1,1) donne (x,y)=(−2,2)(x,y)=(-2,2), puis calculez gs(1,1)g_{s}(1,1) et gt(1,1)g_{t}(1,1).
  • c) Montrez que gs2+gt2=9(s2+t2)2(fx2+fy2)g_{s}^{2}+g_{t}^{2}=9\left(s^{2}+t^{2}\right)^{2}\left(f_{x}^{2}+f_{y}^{2}\right), et vérifiez cette égalité avec les valeurs de b).
  • d) L'équation x2+yz+z3=13x^{2}+yz+z^{3}=13 définit zz comme fonction de (x,y)(x,y) près du point (1 ;2 ;2)(1\,;2\,;2). Calculez ∂z∂x\dfrac{\partial z}{\partial x} et ∂z∂y\dfrac{\partial z}{\partial y} en ce point.

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b)
c)
d)
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  • a) gs=(3s2−3t2)fx+6st fyg_{s}=(3s^{2}-3t^{2})f_{x}+6st\,f_{y} et gt=−6st fx+(3s2−3t2)fyg_{t}=-6st\,f_{x}+(3s^{2}-3t^{2})f_{y}, avec fxf_{x}, fyf_{y} évaluées en (x,y)(x,y)
  • b) gs(1,1)=−6g_{s}(1,1)=-6 et gt(1,1)=−12g_{t}(1,1)=-12
  • c) Les doubles produits s'annulent ; 36+144=180=9⋅4⋅536+144=180=9\cdot 4\cdot 5
  • d) ∂z∂x=−17\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{1}{7} et ∂z∂y=−17\frac{\partial z}{\partial y}=-\frac{1}{7}

a) L'arbre a trois étages : gg dépend de xx et de yy, et chacune de ces deux variables dépend de ss et de tt. Pour dériver par rapport à ss, on suit les DEUX chemins qui mènent de gg à ss, et on additionne : gs=fx∂x∂s+fy∂y∂s=(3s2−3t2)fx+6st fyg_{s}=f_{x}\frac{\partial x}{\partial s}+f_{y}\frac{\partial y}{\partial s}=\left(3s^{2}-3t^{2}\right)f_{x}+6st\,f_{y}. De même, gt=fx∂x∂t+fy∂y∂t=−6st fx+(3s2−3t2)fyg_{t}=f_{x}\frac{\partial x}{\partial t}+f_{y}\frac{\partial y}{\partial t}=-6st\,f_{x}+\left(3s^{2}-3t^{2}\right)f_{y}. Les dérivées fxf_{x} et fyf_{y} sont évaluées au point (x,y)(x,y) qui correspond à (s,t)(s,t), PAS au point (s,t)(s,t) lui-même : c'est l'erreur qui fait perdre tous les points de b).

b) En (s,t)=(1,1)(s,t)=(1,1) : x=1−3=−2x=1-3=-2 et y=3−1=2y=3-1=2, exactement le point où l'on connaît fxf_{x} et fyf_{y} ; c'est aussi (1+i)3=−2+2i(1+i)^{3}=-2+2i. Comme 3s2−3t2=03s^{2}-3t^{2}=0 et 6st=66st=6 : gs(1,1)=0⋅2+6⋅(−1)=−6g_{s}(1,1)=0\cdot 2+6\cdot(-1)=-6 et gt(1,1)=−6⋅2+0⋅(−1)=−12g_{t}(1,1)=-6\cdot 2+0\cdot(-1)=-12. Évaluer fxf_{x} en (1,1)(1,1), point où l'énoncé ne donne rien, est le signe qu'on a confondu les deux étages de l'arbre.

c) On pose A=3s2−3t2A=3s^{2}-3t^{2} et B=6stB=6st, de sorte que gs=Afx+Bfyg_{s}=Af_{x}+Bf_{y} et gt=−Bfx+Afyg_{t}=-Bf_{x}+Af_{y}. En développant, les doubles produits ±2AB fxfy\pm 2AB\,f_{x}f_{y} s'annulent : gs2+gt2=(A2+B2)(fx2+fy2)g_{s}^{2}+g_{t}^{2}=(A^{2}+B^{2})(f_{x}^{2}+f_{y}^{2}). Or A2+B2=9[(s2−t2)2+4s2t2]=9(s2+t2)2A^{2}+B^{2}=9\left[(s^{2}-t^{2})^{2}+4s^{2}t^{2}\right]=9(s^{2}+t^{2})^{2}. Vérification : (−6)2+(−12)2=180(-6)^{2}+(-12)^{2}=180 et 9⋅(1+1)2⋅(4+1)=1809\cdot(1+1)^{2}\cdot(4+1)=180. Interprétation : ∥∇g∥=3(s2+t2) ∥∇f∥\|\nabla g\|=3(s^{2}+t^{2})\,\|\nabla f\|, et 3(s2+t2)=∣3(s+it)2∣3(s^{2}+t^{2})=|3(s+it)^{2}| est le module de la dérivée de w↦w3w\mapsto w^{3} : l'application qui élève au cube étire les longueurs de ce facteur, et la norme du gradient suit.

d) On pose F(x,y,z)=x2+yz+z3F(x,y,z)=x^{2}+yz+z^{3} ; le point vérifie 1+4+8=131+4+8=13. Dérivation implicite : ∂z∂x=−FxFz=−2xy+3z2\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{F_{x}}{F_{z}}=-\frac{2x}{y+3z^{2}} et ∂z∂y=−FyFz=−zy+3z2\frac{\partial z}{\partial y}=-\frac{F_{y}}{F_{z}}=-\frac{z}{y+3z^{2}}. Au point (1 ;2 ;2)(1\,;2\,;2) : Fz=2+12=14≠0F_{z}=2+12=14\neq 0, ce qui GARANTIT que zz est bien une fonction de (x,y)(x,y) près du point (théorème des fonctions implicites). Donc ∂z∂x=−214=−17\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{2}{14}=-\frac{1}{7} et ∂z∂y=−214=−17\frac{\partial z}{\partial y}=-\frac{2}{14}=-\frac{1}{7}. Le signe moins vient de la chaîne appliquée à F(x,y,z(x,y))=13F(x,y,z(x,y))=13 : Fx+Fz∂z∂x=0F_{x}+F_{z}\frac{\partial z}{\partial x}=0 ; l'oublier est l'erreur la plus fréquente de ce calcul.

Exercice 9 : Mesurer un arbre, puis une fonction dont les dérivées partielles trompent

Les parties a) à c) et d) sont indépendantes. Pour estimer la hauteur d'un arbre, on se place à une distance dd de son pied, sur un sol horizontal, et on mesure l'angle d'élévation θ\theta de sa cime : h(d,θ)=dtan⁡θh(d,\theta)=d\tan\theta. On mesure d=20d=20 m à 0,10{,}1 m près et θ=π4\theta=\frac{\pi}{4} à 0,010{,}01 rad près.

  • a) Calculez h(20,π4)h\left(20,\frac{\pi}{4}\right), les deux dérivées partielles de hh en ce point, et écrivez l'approximation linéaire L(d,θ)L(d,\theta).
  • b) Estimez par la différentielle l'erreur maximale sur hh, puis l'erreur relative en pourcentage.
  • c) Laquelle des deux mesures pèse le plus dans l'erreur ? Montrez que l'erreur relative due à l'angle vaut 2 Δθsin⁡2θ\frac{2\,\Delta\theta}{\sin 2\theta} et déduisez-en l'angle d'élévation qui la rend minimale.
  • d) On reprend k(x,y)=xy(x+y)x2+y2k(x,y)=\dfrac{xy(x+y)}{x^{2}+y^{2}}, prolongée par k(0,0)=0k(0,0)=0, continue d'après l'exercice 6. Calculez kx(0,0)k_{x}(0,0) et ky(0,0)k_{y}(0,0) par la définition, montrez que kk n'est pas différentiable en (0 ;0)(0\,;0) en étudiant k(t,t)k(t,t), puis calculez par la définition sa dérivée directionnelle en (0 ;0)(0\,;0) dans la direction de (1 ;1)(1\,;1).

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a)
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c)
d)
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  • a) h=20h=20 m, hd=1h_{d}=1, hθ=40h_{\theta}=40 m/rad, L=20+(d−20)+40(θ−π4)L=20+(d-20)+40\left(\theta-\frac{\pi}{4}\right)
  • b) ∣Δh∣≤0,5|\Delta h|\leq 0{,}5 m, soit 2,5 %2{,}5\,\%
  • c) L'angle (0,40{,}4 m sur 0,50{,}5) ; erreur relative minimale pour θ=π4\theta=\frac{\pi}{4}
  • d) kx(0,0)=ky(0,0)=0k_{x}(0,0)=k_{y}(0,0)=0 ; k(t,t)=tk(t,t)=t : pas différentiable ; Du⃗k(0,0)=12≠∇k⋅u⃗=0D_{\vec u}k(0,0)=\frac{1}{\sqrt{2}}\neq\nabla k\cdot\vec u=0

a) h(20,π4)=20tan⁡π4=20h\left(20,\frac{\pi}{4}\right)=20\tan\frac{\pi}{4}=20 m. Dérivées partielles : hd=tan⁡θh_{d}=\tan\theta, qui vaut 11, et hθ=dcos⁡2θh_{\theta}=\frac{d}{\cos^{2}\theta}, qui vaut 201/2=40\frac{20}{1/2}=40 m par radian. Approximation linéaire : L(d,θ)=20+1⋅(d−20)+40(θ−π4)L(d,\theta)=20+1\cdot(d-20)+40\left(\theta-\frac{\pi}{4}\right). Le 4040 se lit : une erreur d'un centième de radian sur l'angle déplace la hauteur d'environ 0,40{,}4 m, alors qu'une erreur d'un centimètre sur dd ne la déplace que d'un centimètre.

b) dh=hd dd+hθ dθdh=h_{d}\,dd+h_{\theta}\,d\theta. Pour l'erreur MAXIMALE, on prend les pires signes, donc les valeurs absolues : ∣Δh∣≈∣dh∣≤1⋅0,1+40⋅0,01=0,1+0,4=0,5|\Delta h|\approx|dh|\leq 1\cdot 0{,}1+40\cdot 0{,}01=0{,}1+0{,}4=0{,}5 m. Erreur relative : 0,520=0,025\frac{0{,}5}{20}=0{,}025, soit 2,5 %2{,}5\,\%. Additionner dddd et dθd\theta avec leurs signes (et trouver, par exemple, 0,30{,}3 m) suppose que les erreurs se compensent, ce qu'on ne sait pas : une incertitude se majore.

c) L'angle pèse 0,40{,}4 m sur 0,50{,}5, soit 80 %80\,\% de l'erreur. Erreur relative due à l'angle : hθΔθh=d/cos⁡2θdtan⁡θΔθ=Δθsin⁡θcos⁡θ=2 Δθsin⁡2θ\frac{h_{\theta}\Delta\theta}{h}=\frac{d/\cos^{2}\theta}{d\tan\theta}\Delta\theta=\frac{\Delta\theta}{\sin\theta\cos\theta}=\frac{2\,\Delta\theta}{\sin 2\theta}. Elle est minimale quand sin⁡2θ\sin 2\theta est maximal, c'est-à-dire 2θ=π22\theta=\frac{\pi}{2}, soit θ=π4\theta=\frac{\pi}{4}. L'arpenteur a donc bien choisi sa distance : se placer à une distance à peu près égale à la hauteur rend la mesure la moins sensible à l'erreur d'angle. Trop près (θ\theta proche de π2\frac{\pi}{2}) ou trop loin (θ\theta proche de 00), sin⁡2θ\sin 2\theta tend vers 00 et l'erreur relative explose.

d) Par la définition : k(x,0)=0k(x,0)=0 pour x≠0x\neq 0, donc kx(0,0)=lim⁡x→0k(x,0)−0x=0k_{x}(0,0)=\lim_{x\to 0}\frac{k(x,0)-0}{x}=0 ; de même k(0,y)=0k(0,y)=0, donc ky(0,0)=0k_{y}(0,0)=0. Les règles de dérivation ne s'appliquent pas en (0 ;0)(0\,;0), où la formule n'est pas définie : seule la définition est valable. Si kk était différentiable en (0 ;0)(0\,;0), son approximation linéaire serait L(x,y)=0L(x,y)=0, et l'on aurait k(x,y)−L(x,y)r→0\frac{k(x,y)-L(x,y)}{r}\to 0. Or sur la droite y=xy=x : k(t,t)=t⋅t⋅2t2t2=tk(t,t)=\frac{t\cdot t\cdot 2t}{2t^{2}}=t, et k(t,t)r=t∣t∣2=±12\frac{k(t,t)}{r}=\frac{t}{|t|\sqrt{2}}=\pm\frac{1}{\sqrt{2}} ne tend pas vers 00 : kk n'est PAS différentiable. Autre symptôme : dans la direction u⃗=(12 ;12)\vec u=\left(\frac{1}{\sqrt{2}}\,;\frac{1}{\sqrt{2}}\right), la définition donne Du⃗k(0,0)=lim⁡h→0k(h/2,h/2)h=12≈0,71D_{\vec u}k(0,0)=\lim_{h\to 0}\frac{k\left(h/\sqrt{2},h/\sqrt{2}\right)}{h}=\frac{1}{\sqrt{2}}\approx 0{,}71, alors que ∇k(0,0)⋅u⃗=0\nabla k(0,0)\cdot\vec u=0 : la formule du gradient tombe en défaut, parce qu'elle suppose la différentiabilité. kk est pourtant continue (exercice 6) et possède ses deux dérivées partielles : celles-ci ne regardent que deux directions, la différentiabilité les exige toutes. L'hypothèse qui manque est la continuité des dérivées partielles en (0 ;0)(0\,;0).

Partie D : optimisation (/30)

Exercice 10 : Extrema absolus sur un rectangle : intérieur, côtés, sommets

Soit f(x,y)=x3+y2−3xyf(x,y)=x^{3}+y^{2}-3xy et RR le rectangle fermé [0 ;2]×[0 ;3][0\,;2]\times[0\,;3]. La figure montre RR et les courbes de niveau −1,5-1{,}5, −1-1, 00, 33 et 66 de ff à l'intérieur de RR, ainsi qu'un point marqué.

-0,50,511,522,5-0,50,511,522,533,5−1,5−1036
  • a) Trouvez les points critiques de ff sur R2\mathbb{R}^{2} et classez-les par le test des dérivées secondes.
  • b) Pourquoi ff atteint-elle un minimum et un maximum absolus sur RR ? Étudiez ff sur chacun des quatre côtés de RR.
  • c) Concluez : minimum et maximum absolus de ff sur RR, et points où ils sont atteints. Comparez les candidats SANS calculatrice.
  • d) Vérifiez vos conclusions sur la carte : que montre-t-elle autour du point marqué et autour de l'origine ?

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a)
b)
c)
d)
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  • a) (0 ;0)(0\,;0) point de selle ; (32 ;94)\left(\frac{3}{2}\,;\frac{9}{4}\right) minimum local, f=−2716f=-\frac{27}{16}
  • b) Théorème des valeurs extrêmes ; sur les côtés : y2y^{2}, x3x^{3}, y2−6y+8y^{2}-6y+8, x3−9x+9x^{3}-9x+9 (point critique x=3x=\sqrt{3}, valeur 9−639-6\sqrt{3})
  • c) Minimum absolu −2716-\frac{27}{16} en (32 ;94)\left(\frac{3}{2}\,;\frac{9}{4}\right), maximum absolu 99 en (0 ;3)(0\,;3)
  • d) Boucles emboîtées décroissantes autour du minimum ; le niveau 00 se croise à l'origine (selle)

a) fx=3x2−3yf_{x}=3x^{2}-3y et fy=2y−3xf_{y}=2y-3x. Le système fx=0f_{x}=0, fy=0f_{y}=0 donne y=x2y=x^{2} et 2x2=3x2x^{2}=3x, soit x(2x−3)=0x(2x-3)=0 : x=0x=0 ou x=32x=\frac{3}{2}. Points critiques : (0 ;0)(0\,;0) et (32 ;94)\left(\frac{3}{2}\,;\frac{9}{4}\right). Dérivées secondes : fxx=6xf_{xx}=6x, fyy=2f_{yy}=2, fxy=−3f_{xy}=-3, et D=fxxfyy−fxy2=12x−9D=f_{xx}f_{yy}-f_{xy}^{2}=12x-9. En (0 ;0)(0\,;0) : D=−9<0D=-9<0, POINT DE SELLE. En (32 ;94)\left(\frac{3}{2}\,;\frac{9}{4}\right) : D=18−9=9>0D=18-9=9>0 et fxx=9>0f_{xx}=9>0, MINIMUM LOCAL, de valeur 278+8116−818=54+81−16216=−2716\frac{27}{8}+\frac{81}{16}-\frac{81}{8}=\frac{54+81-162}{16}=-\frac{27}{16}.

b) ff est un polynôme, donc continue, et RR est fermé et borné : le théorème des valeurs extrêmes garantit un minimum et un maximum absolus. Ils sont atteints soit en un point critique intérieur, soit sur la frontière. Côté x=0x=0, 0≤y≤30\leq y\leq 3 : f=y2f=y^{2}, de 00 à 99. Côté y=0y=0, 0≤x≤20\leq x\leq 2 : f=x3f=x^{3}, de 00 à 88. Côté x=2x=2 : f=y2−6y+8f=y^{2}-6y+8, dont le sommet est en y=3y=3, extrémité du côté : ff y décroît de 88 (en y=0y=0) à −1-1 (en y=3y=3). Côté y=3y=3 : φ(x)=x3−9x+9\varphi(x)=x^{3}-9x+9, φ′(x)=3x2−9=0\varphi'(x)=3x^{2}-9=0 pour x=3∈[0 ;2]x=\sqrt{3}\in[0\,;2], φ(3)=33−93+9=9−63\varphi(\sqrt{3})=3\sqrt{3}-9\sqrt{3}+9=9-6\sqrt{3} ; aux extrémités, φ(0)=9\varphi(0)=9 et φ(2)=−1\varphi(2)=-1. Le point critique d'un côté est un candidat que l'on oublie souvent : il n'est critique que POUR LA RESTRICTION, pas pour ff.

c) Candidats : −2716-\frac{27}{16} (intérieur), 00, 88, 99, −1-1 (sommets et côtés), 9−639-6\sqrt{3} (côté y=3y=3). Le maximum absolu est 99, atteint en (0 ;3)(0\,;3). Pour le minimum, il faut comparer −2716-\frac{27}{16} et 9−639-6\sqrt{3} : 9−63>−2716  ⟺  63<17116  ⟺  3<57329-6\sqrt{3}>-\frac{27}{16}\iff 6\sqrt{3}<\frac{171}{16}\iff\sqrt{3}<\frac{57}{32}, et c'est vrai puisque (5732)2=32491024>3=30721024\left(\frac{57}{32}\right)^{2}=\frac{3249}{1024}>3=\frac{3072}{1024}. Le minimum absolu est donc −2716-\frac{27}{16}, atteint en (32 ;94)\left(\frac{3}{2}\,;\frac{9}{4}\right). Le point de selle (0 ;0)(0\,;0), où f=0f=0, n'est ni l'un ni l'autre : un point critique n'est pas forcément un extremum, et un sommet n'est pas forcément l'extremum non plus.

d) Le point marqué est (32 ;94)\left(\frac{3}{2}\,;\frac{9}{4}\right) : la courbe de niveau −1,5-1{,}5 forme une petite boucle fermée autour de lui, la courbe de niveau −1-1 une boucle plus grande, que le côté y=3y=3 coupe : c'est sur ce côté que ff descend jusqu'à 9−639-6\sqrt{3}, sans atteindre −1,5-1{,}5, ce qui explique que la petite boucle reste entière dans RR. Des courbes fermées emboîtées dont les niveaux DÉCROISSENT vers le centre signalent un minimum local, ce que le test a confirmé. Autour de l'origine, la courbe de niveau 00 passe PAR le point critique et sépare des zones où f>0f>0 (au-dessus, vers les niveaux 33 et 66, et en dessous près de l'axe des xx) d'une zone où f<0f<0 : c'est la signature d'un point de selle. Enfin, les niveaux augmentent en montant le long de l'axe des yy, jusqu'au coin (0 ;3)(0\,;3) où ff vaut 99.

Exercice 11 : Lagrange sur une ellipse, et ce que dit le multiplicateur

On cherche les valeurs extrêmes de f(x,y)=x y2f(x,y)=x\,y^{2} sous la contrainte g(x,y)=x2+2y2=6g(x,y)=x^{2}+2y^{2}=6. La figure montre l'ellipse de contrainte (trait plein) et, en pointillé, les courbes de niveau 11, 22 et 44 de ff, chacune en deux branches symétriques par rapport à l'axe des xx (de gauche à droite : 11, 22, 44). Les axes ont la même échelle.

-3-2-11234-2-1,5-1-0,50,511,52g = 6
  • a) Pourquoi ff atteint-elle un maximum et un minimum sur l'ellipse ? D'après la figure, entre quels niveaux se situe le maximum ? Que se passe-t-il géométriquement au point où il est atteint ?
  • b) Écrivez le système de Lagrange et résolvez-le proprement : examinez le cas y=0y=0 avant de diviser par yy, et vérifiez que ∇g\nabla g ne s'annule pas sur la contrainte.
  • c) Donnez le maximum et le minimum de ff sous la contrainte, les points où ils sont atteints, et la valeur de λ\lambda au maximum.
  • d) La contrainte devient x2+2y2=6,3x^{2}+2y^{2}=6{,}3. Estimez la variation du maximum à l'aide de λ\lambda, puis vérifiez en calculant le maximum f∗(c)f^{*}(c) pour une contrainte x2+2y2=cx^{2}+2y^{2}=c quelconque.

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Réponses

  • a) Théorème des valeurs extrêmes ; maximum entre 22 et 44 ; courbe de niveau tangente à l'ellipse
  • b) Six candidats : (±6 ;0)(\pm\sqrt{6}\,;0) avec λ=0\lambda=0, et (±2 ;±2)(\pm\sqrt{2}\,;\pm\sqrt{2}) avec λ=x2\lambda=\frac{x}{2}
  • c) Maximum 222\sqrt{2} en (2 ;±2)(\sqrt{2}\,;\pm\sqrt{2}), minimum −22-2\sqrt{2} en (−2 ;±2)(-\sqrt{2}\,;\pm\sqrt{2}) ; λ=22\lambda=\frac{\sqrt{2}}{2}
  • d) Δf∗≈0,21\Delta f^{*}\approx 0{,}21 ; f∗(c)=(c3)3/2f^{*}(c)=\left(\frac{c}{3}\right)^{3/2} et df∗dc(6)=22=λ\frac{df^{*}}{dc}(6)=\frac{\sqrt{2}}{2}=\lambda

a) ff est continue (polynôme) et l'ellipse est fermée et bornée : le théorème des valeurs extrêmes garantit un maximum et un minimum. Sur la figure, la courbe de niveau 22 COUPE l'ellipse, donc la valeur 22 est atteinte et le maximum vaut au moins 22 ; la courbe de niveau 44 passe à l'extérieur sans la toucher, donc la valeur 44 n'est pas atteinte : le maximum est entre 22 et 44. Au point du maximum, la courbe de niveau de ff est TANGENTE à l'ellipse : si elle la coupait, on pourrait glisser sur l'ellipse vers des niveaux plus élevés. Deux courbes tangentes ont des normales parallèles, d'où ∇f=λ∇g\nabla f=\lambda\nabla g.

b) ∇f=(y2 ;2xy)\nabla f=(y^{2}\,;2xy) et ∇g=(2x ;4y)\nabla g=(2x\,;4y). Système : y2=2λxy^{2}=2\lambda x (1), 2xy=4λy2xy=4\lambda y (2), x2+2y2=6x^{2}+2y^{2}=6 (3). ∇g=(0 ;0)\nabla g=(0\,;0) seulement en (0 ;0)(0\,;0), qui ne vérifie pas (3) : la méthode s'applique en tout point de la contrainte. Cas y=0y=0 : (2) est vérifiée, (1) donne λx=0\lambda x=0, et (3) donne x=±6x=\pm\sqrt{6}, d'où λ=0\lambda=0 ; points (±6 ;0)(\pm\sqrt{6}\,;0), où f=0f=0. Cas y≠0y\neq 0 : on peut diviser (2) par 2y2y, x=2λx=2\lambda. Alors (1) donne y2=2λx=x2y^{2}=2\lambda x=x^{2}, et (3) donne 3x2=63x^{2}=6, x2=2x^{2}=2, y2=2y^{2}=2. Le cas x=0x=0 est ainsi exclu (il donnerait y=0y=0). Quatre points : (±2 ;±2)(\pm\sqrt{2}\,;\pm\sqrt{2}), avec λ=x2\lambda=\frac{x}{2}. Diviser (2) par yy sans examiner y=0y=0 fait perdre les points (±6 ;0)(\pm\sqrt{6}\,;0) : ici ils ne donnent pas l'extremum, mais rien ne le garantissait avant le calcul.

c) Valeurs : f(2,±2)=2⋅2=22f(\sqrt{2},\pm\sqrt{2})=\sqrt{2}\cdot 2=2\sqrt{2}, f(−2,±2)=−22f(-\sqrt{2},\pm\sqrt{2})=-2\sqrt{2}, f(±6,0)=0f(\pm\sqrt{6},0)=0. Le maximum est 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83, atteint aux DEUX points (2 ;2)(\sqrt{2}\,;\sqrt{2}) et (2 ;−2)(\sqrt{2}\,;-\sqrt{2}) (symétrie : ff ne dépend que de y2y^{2}) ; le minimum est −22-2\sqrt{2}, en (−2 ;±2)(-\sqrt{2}\,;\pm\sqrt{2}). La valeur 222\sqrt{2} est bien entre 22 et 44, comme la figure l'annonçait. Au maximum, λ=22≈0,71\lambda=\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}71.

d) Analyse de sensibilité : λ≈Δf∗Δc\lambda\approx\frac{\Delta f^{*}}{\Delta c}, donc Δf∗≈22×0,3≈0,71×0,3≈0,21\Delta f^{*}\approx\frac{\sqrt{2}}{2}\times 0{,}3\approx 0{,}71\times 0{,}3\approx 0{,}21. Vérification : pour x2+2y2=cx^{2}+2y^{2}=c, le même calcul donne x2=y2=c3x^{2}=y^{2}=\frac{c}{3} et f∗(c)=c3⋅c3=(c3)3/2f^{*}(c)=\sqrt{\frac{c}{3}}\cdot\frac{c}{3}=\left(\frac{c}{3}\right)^{3/2}. Sa dérivée est df∗dc=32⋅13(c3)1/2=12c3\frac{df^{*}}{dc}=\frac{3}{2}\cdot\frac{1}{3}\left(\frac{c}{3}\right)^{1/2}=\frac{1}{2}\sqrt{\frac{c}{3}}, qui vaut 22\frac{\sqrt{2}}{2} en c=6c=6 : c'est exactement λ\lambda. Le multiplicateur n'est donc pas une inconnue auxiliaire à jeter : c'est le taux de variation de l'optimum quand on desserre la contrainte. La valeur exacte f∗(6,3)−f∗(6)=2,13/2−22≈0,215f^{*}(6{,}3)-f^{*}(6)=2{,}1^{3/2}-2\sqrt{2}\approx 0{,}215 confirme l'estimation à quelques millièmes près.

Exercice 12 : Deux itérations de la méthode du gradient, à la main

Soit f(x,y)=2x2+y2−2xy−2yf(x,y)=2x^{2}+y^{2}-2xy-2y. La figure montre quatre courbes de niveau de ff, de l'intérieur vers l'extérieur les niveaux −1,75-1{,}75, −1,5-1{,}5, −1-1 et 00, et le point de départ x⃗0=(0 ;0)\vec x_{0}=(0\,;0). Les axes ont la même échelle. La méthode du gradient avec recherche linéaire exacte calcule x⃗k+1=x⃗k−tk∇f(x⃗k)\vec x_{k+1}=\vec x_{k}-t_{k}\nabla f(\vec x_{k}), où tk>0t_{k}>0 minimise φ(t)=f(x⃗k−t ∇f(x⃗k))\varphi(t)=f\left(\vec x_{k}-t\,\nabla f(\vec x_{k})\right).

-1-0,50,511,522,53-0,50,511,522,533,544,5x₀
  • a) Trouvez le minimum exact de ff (point et valeur) et justifiez que c'est un minimum. Le point de départ est-il sur l'une des courbes dessinées ?
  • b) Effectuez la première itération : ∇f(x⃗0)\nabla f(\vec x_{0}), la fonction φ\varphi, le pas t0t_{0}, le point x⃗1\vec x_{1} et f(x⃗1)f(\vec x_{1}).
  • c) Effectuez la deuxième itération, puis vérifiez que ∇f(x⃗1)\nabla f(\vec x_{1}) est orthogonal à ∇f(x⃗0)\nabla f(\vec x_{0}). Démontrez que c'est toujours le cas avec une recherche linéaire exacte.
  • d) Un camarade remplace la recherche linéaire par un pas fixe t=1t=1, à partir du même x⃗0\vec x_{0}. Calculez ses deux premiers points et la valeur de ff au deuxième. Que conclure ?

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  • a) Minimum f(1,2)=−2f(1,2)=-2 (D=4>0D=4>0, fxx=4>0f_{xx}=4>0) ; x⃗0\vec x_{0} est sur le niveau 00
  • b) ∇f(x⃗0)=(0 ;−2)\nabla f(\vec x_{0})=(0\,;-2), φ(t)=4t2−4t\varphi(t)=4t^{2}-4t, t0=12t_{0}=\frac{1}{2}, x⃗1=(0 ;1)\vec x_{1}=(0\,;1), f(x⃗1)=−1f(\vec x_{1})=-1
  • c) t1=14t_{1}=\frac{1}{4}, x⃗2=(12 ;1)\vec x_{2}=\left(\frac{1}{2}\,;1\right), f(x⃗2)=−32f(\vec x_{2})=-\frac{3}{2} ; (0 ;−2)⋅(−2 ;0)=0(0\,;-2)\cdot(-2\,;0)=0, car φ′(tk)=0\varphi'(t_{k})=0
  • d) (0 ;2)(0\,;2) puis (4 ;0)(4\,;0), f=32f=32 : le pas fixe 11 est trop grand, la méthode diverge

a) ∇f=(4x−2y ;2y−2x−2)\nabla f=(4x-2y\,;2y-2x-2). ∇f=0⃗\nabla f=\vec 0 : la première équation donne y=2xy=2x, et la seconde devient 4x−2x−2=2x−2=04x-2x-2=2x-2=0 : x=1x=1, y=2y=2. Test des dérivées secondes : fxx=4f_{xx}=4, fyy=2f_{yy}=2, fxy=−2f_{xy}=-2, D=8−4=4>0D=8-4=4>0 et fxx>0f_{xx}>0 : minimum local, et même global, car f+2=(x−1)2+((y−2)−(x−1))2≥0f+2=(x-1)^{2}+\left((y-2)-(x-1)\right)^{2}\geq 0. Le minimum est f(1,2)=2+4−4−4=−2f(1,2)=2+4-4-4=-2. Le départ : f(0,0)=0f(0,0)=0, il est sur la courbe de niveau 00, la plus grande ellipse.

b) ∇f(0,0)=(0 ;−2)\nabla f(0,0)=(0\,;-2), donc la direction de descente est −∇f=(0 ;2)-\nabla f=(0\,;2) : on monte verticalement. φ(t)=f(0,2t)=4t2−4t\varphi(t)=f(0,2t)=4t^{2}-4t, minimale pour φ′(t)=8t−4=0\varphi'(t)=8t-4=0, soit t0=12t_{0}=\frac{1}{2}. Alors x⃗1=(0 ;0)−12(0 ;−2)=(0 ;1)\vec x_{1}=(0\,;0)-\frac{1}{2}(0\,;-2)=(0\,;1) et f(x⃗1)=1−2=−1f(\vec x_{1})=1-2=-1. Sur la figure, x⃗1\vec x_{1} est sur la courbe de niveau −1-1, et le segment vertical x⃗0x⃗1\vec x_{0}\vec x_{1} y est TANGENT : la recherche exacte s'arrête là où la direction de descente cesse de faire descendre.

c) ∇f(0,1)=(−2 ;0)\nabla f(0,1)=(-2\,;0), direction (2 ;0)(2\,;0), horizontale. φ(t)=f(2t,1)=8t2+1−4t−2=8t2−4t−1\varphi(t)=f(2t,1)=8t^{2}+1-4t-2=8t^{2}-4t-1, φ′(t)=16t−4=0\varphi'(t)=16t-4=0 : t1=14t_{1}=\frac{1}{4}. x⃗2=(0 ;1)+14(2 ;0)=(12 ;1)\vec x_{2}=(0\,;1)+\frac{1}{4}(2\,;0)=\left(\frac{1}{2}\,;1\right) et f(x⃗2)=12+1−1−2=−32f(\vec x_{2})=\frac{1}{2}+1-1-2=-\frac{3}{2}, sur la courbe de niveau −1,5-1{,}5. Orthogonalité : (0 ;−2)⋅(−2 ;0)=0(0\,;-2)\cdot(-2\,;0)=0. Preuve générale : tkt_{k} minimise φ\varphi, donc φ′(tk)=0\varphi'(t_{k})=0 ; par la dérivation en chaîne, φ′(t)=∇f(x⃗k−t∇f(x⃗k))⋅(−∇f(x⃗k))\varphi'(t)=\nabla f\left(\vec x_{k}-t\nabla f(\vec x_{k})\right)\cdot\left(-\nabla f(\vec x_{k})\right), d'où ∇f(x⃗k+1)⋅∇f(x⃗k)=0\nabla f(\vec x_{k+1})\cdot\nabla f(\vec x_{k})=0. La méthode avance donc en ZIGZAG à angles droits : l'écart au minimum vaut 22, puis 11, puis 12\frac{1}{2}, il est divisé par deux à chaque pas (une troisième itération donnerait (12 ;32)\left(\frac{1}{2}\,;\frac{3}{2}\right) et −74-\frac{7}{4}). C'est lent parce que les ellipses sont allongées et obliques : la plus forte pente ne vise pas le centre.

d) Pas fixe : x⃗1=(0 ;0)−1⋅(0 ;−2)=(0 ;2)\vec x_{1}=(0\,;0)-1\cdot(0\,;-2)=(0\,;2), avec f(0,2)=4−4=0f(0,2)=4-4=0 : aucun progrès. Puis ∇f(0,2)=(−4 ;2)\nabla f(0,2)=(-4\,;2) et x⃗2=(0 ;2)−(−4 ;2)=(4 ;0)\vec x_{2}=(0\,;2)-(-4\,;2)=(4\,;0), avec f(4,0)=32f(4,0)=32 : la valeur a EXPLOSÉ, alors qu'elle devait descendre vers −2-2. Le pas 11 est trop grand pour cette fonction : on saute par-dessus la vallée et on remonte de l'autre côté, de plus en plus haut (le point suivant serait (−12 ;10)(-12\,;10), où f=608f=608). La direction −∇f-\nabla f ne garantit la descente que pour un pas assez petit ; c'est tout l'intérêt de la recherche linéaire, qui choisit le pas au lieu de le subir.

-1-0,50,511,522,53-0,50,511,522,533,544,5x₀x₁x₂x*
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