Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Les séries et leur convergence

Les séries et leur convergence : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Voici dix exercices corrigés sur les séries numériques et leur convergence, le premier bloc du cours Calcul I MTH1101 de Polytechnique Montréal, juste après les suites et juste avant les séries entières (Stewart, « Calcul à plusieurs variables », sections 1.2 à 1.6). Le chapitre reprend le 201-NYB, mais le tourne vers ce dont l'ingénieur a besoin : non seulement savoir SI une série converge, mais avec combien de termes on connaît sa somme à une précision donnée.

Le fil de la série : une série est la LIMITE de ses sommes partielles, on ne l'additionne jamais. On DÉCIDE d'abord si cette limite existe, avec un critère dont on vérifie les hypothèses, puis on la MESURE, par une borne du reste qui est garantie et non estimée. Chaque exercice revient à l'une de ces deux questions, et le dernier les réunit.

Les pièges nommés dans les corrigés : conclure à la convergence parce que le terme tend vers 00, oublier la décroissance dans le test de l'intégrale, écrire une inégalité de comparaison dans le mauvais sens, lire « L=1L = 1 » comme un verdict, prendre le dernier terme gardé au lieu du premier négligé pour borner le reste. Tout se fait sans calculatrice, comme à l'examen, avec des réponses exactes ; seul document permis, votre aide-mémoire d'une feuille recto verso. Faites chaque exercice avant d'ouvrir la correction.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Rappel de cours

  • • ∑an\sum a_n converge vers SS si sN=a1+⋯+aN→Ss_N = a_1 + \cdots + a_N \to S. Géométrique : ∑arn\sum a r^{n} converge si et seulement si ∣r∣<1|r| < 1, de somme premier terme1−r\frac{\text{premier terme}}{1 - r}.
  • • Test de divergence : an↛0a_n \not\to 0 entraîne la divergence ; an→0a_n \to 0 ne prouve RIEN.
  • • Test de l'intégrale (ff continue, positive, décroissante, an=f(n)a_n = f(n)) : même nature que ∫1∞f\int_{1}^{\infty} f (la NATURE seulement, jamais la valeur). Riemann : ∑1np\sum \frac{1}{n^{p}} converge si et seulement si p>1p > 1.
  • • Comparaison (termes positifs) : plus petit qu'une convergente, ou plus grand qu'une divergente. Par limite : anbn→c∈ ]0 ;+∞[\frac{a_n}{b_n} \to c \in\, ]0\,;+\infty[ donne la même nature.
  • • Leibniz : bn>0b_n > 0 décroissante de limite nulle, alors ∑(−1)n+1bn\sum (-1)^{n+1} b_n converge et ∣S−sN∣≤bN+1|S - s_N| \le b_{N+1}, le premier terme NÉGLIGÉ.
  • • ∑∣an∣\sum |a_n| converge entraîne ∑an\sum a_n converge (absolue) ; la réciproque est fausse (semi-convergence).
  • • D'Alembert L=lim⁡∣an+1an∣L = \lim\left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right|, Cauchy L=lim⁡∣an∣nL = \lim \sqrt[n]{|a_n|} : L<1L < 1 converge absolument, L>1L > 1 diverge, L=1L = 1 ne dit rien.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Sommes partielles : géométrique, télescopique, et la lenteur

Une série ∑an\sum a_n CONVERGE quand la suite de ses sommes partielles sN=a1+a2+⋯+aNs_N = a_1 + a_2 + \cdots + a_N a une limite finie SS, appelée somme de la série. On ne l'additionne donc jamais : on étudie sNs_N.

La figure montre les douze premières sommes partielles de la série de la question c), avec la droite y=1y = 1 en pointillé.

123456789101112130,20,40,60,811,2y = 1nsₙ
  • a) Calculez la somme de ∑n=1∞2n+27n−1\sum_{n=1}^{\infty} \frac{2^{n+2}}{7^{n-1}} en nommant d'abord le premier terme et la raison.
  • b) Même question pour ∑n=2∞(−3)n5n+1\sum_{n=2}^{\infty} \frac{(-3)^{n}}{5^{n+1}}.
  • c) Montrez que 1(n+1)n+nn+1=1n−1n+1\frac{1}{(n+1)\sqrt{n} + n\sqrt{n+1}} = \frac{1}{\sqrt{n}} - \frac{1}{\sqrt{n+1}}, puis donnez sNs_N et la somme de ∑n=1∞1(n+1)n+nn+1\sum_{n=1}^{\infty} \frac{1}{(n+1)\sqrt{n} + n\sqrt{n+1}}. Calculez s3s_3.
  • d) Combien de termes faut-il additionner pour que sNs_N soit à moins de 110\frac{1}{10} de la somme ? Et à moins de 1100\frac{1}{100} ? Que vous apprend la figure sur la différence entre « converger » et « converger vite » ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Premier terme 88, raison 27\frac{2}{7} : S=565S = \frac{56}{5}
  • b) Premier terme 9125\frac{9}{125}, raison −35-\frac{3}{5} : S=9200S = \frac{9}{200}
  • c) sN=1−1N+1s_N = 1 - \frac{1}{\sqrt{N+1}}, S=1S = 1, s3=12s_3 = \frac{1}{2}
  • d) N≥100N \ge 100 pour 110\frac{1}{10}, N≥10 000N \ge 10\,000 pour 1100\frac{1}{100} : la série converge, mais lentement

a) On écrit les premiers termes avant toute formule. Pour n=1n = 1 : 2370=8\frac{2^{3}}{7^{0}} = 8 ; pour n=2n = 2 : 247=167\frac{2^{4}}{7} = \frac{16}{7}. Le quotient de deux termes consécutifs vaut an+1an=2n+37n⋅7n−12n+2=27\frac{a_{n+1}}{a_n} = \frac{2^{n+3}}{7^{n}} \cdot \frac{7^{n-1}}{2^{n+2}} = \frac{2}{7}, constant : la série est géométrique de raison r=27r = \frac{2}{7}, et ∣r∣<1|r| < 1, donc elle converge. Sa somme est premier terme1−r=81−27=857=565\frac{\text{premier terme}}{1 - r} = \frac{8}{1 - \frac{2}{7}} = \frac{8}{\frac{5}{7}} = \frac{56}{5}. Le piège est de prendre « 22 » pour premier terme parce qu'il est devant l'exposant : le premier terme est a1a_1, la valeur au premier indice, ici 88.

b) Ici l'indice commence à 22 : le premier terme est a2=(−3)253=9125a_2 = \frac{(-3)^{2}}{5^{3}} = \frac{9}{125}. La raison est an+1an=−35\frac{a_{n+1}}{a_n} = \frac{-3}{5}, de valeur absolue 35<1\frac{3}{5} < 1 : la série converge et S=91251−(−35)=9125⋅58=9200S = \frac{\frac{9}{125}}{1 - \left(-\frac{3}{5}\right)} = \frac{9}{125} \cdot \frac{5}{8} = \frac{9}{200}. Deux pertes de points classiques : partir de n=0n = 0 par habitude (on trouverait 15⋅58=18\frac{1}{5} \cdot \frac{5}{8} = \frac{1}{8}), et écrire 1−r=1−351 - r = 1 - \frac{3}{5} en oubliant le signe de la raison. Une raison négative fait OSCILLER les sommes partielles autour de SS : s2=9125=0,072s_2 = \frac{9}{125} = 0{,}072, s3=0,072−0,0432=0,0288s_3 = 0{,}072 - 0{,}0432 = 0{,}0288, de part et d'autre de 0,0450{,}045.

c) On multiplie haut et bas par la quantité conjuguée n+1−n\sqrt{n+1} - \sqrt{n}, après avoir mis nn+1\sqrt{n}\sqrt{n+1} en facteur : (n+1)n+nn+1=nn+1(n+1+n)(n+1)\sqrt{n} + n\sqrt{n+1} = \sqrt{n}\sqrt{n+1}\left(\sqrt{n+1} + \sqrt{n}\right). Donc 1(n+1)n+nn+1=n+1−nnn+1((n+1)−n)=1n−1n+1\frac{1}{(n+1)\sqrt{n} + n\sqrt{n+1}} = \frac{\sqrt{n+1} - \sqrt{n}}{\sqrt{n}\sqrt{n+1}\left((n+1) - n\right)} = \frac{1}{\sqrt{n}} - \frac{1}{\sqrt{n+1}}. La somme partielle se télescope : sN=(1−12)+(12−13)+⋯+(1N−1N+1)=1−1N+1s_N = \left(1 - \frac{1}{\sqrt{2}}\right) + \left(\frac{1}{\sqrt{2}} - \frac{1}{\sqrt{3}}\right) + \cdots + \left(\frac{1}{\sqrt{N}} - \frac{1}{\sqrt{N+1}}\right) = 1 - \frac{1}{\sqrt{N+1}}. Comme 1N+1→0\frac{1}{\sqrt{N+1}} \to 0, la série converge et sa somme vaut 11. Enfin s3=1−14=12s_3 = 1 - \frac{1}{\sqrt{4}} = \frac{1}{2}. Le télescopage ne se VOIT pas sur la série telle qu'elle est écrite : c'est la réécriture en différence qui fait tout le travail, et on raisonne sur sNs_N, somme FINIE, avant de passer à la limite.

d) L'écart à la somme est connu exactement : 1−sN=1N+11 - s_N = \frac{1}{\sqrt{N+1}}. On veut 1N+1<110\frac{1}{\sqrt{N+1}} < \frac{1}{10}, c'est-à-dire N+1>10\sqrt{N+1} > 10, soit N+1>100N + 1 > 100 : il faut N≥100N \ge 100 termes (N=99N = 99 donne exactement 110\frac{1}{10}, pas moins). Pour 1100\frac{1}{100}, N+1>10 000N + 1 > 10\,000, donc N≥10 000N \ge 10\,000. Diviser l'erreur par 1010 coûte cent fois plus de termes. La figure le montre déjà : après douze termes, s12=1−113≈0,72s_{12} = 1 - \frac{1}{\sqrt{13}} \approx 0{,}72, encore loin de 11. Savoir qu'une série converge ne dit RIEN de la précision obtenue avec un nombre donné de termes ; c'est la seconde question de ce chapitre, celle de la borne du reste.

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Exercice 2 : Le test de divergence, et ce qu'il ne dit jamais

Test de divergence : si lim⁡n→∞an\lim_{n\to\infty} a_n n'existe pas ou n'est pas nulle, la série ∑an\sum a_n diverge. Il n'a qu'un verdict possible. Quand an→0a_n \to 0, il se TAIT, et une copie qui en déduit la convergence perd toute la question.

Pour chaque série, calculez lim⁡an\lim a_n et dites ce que le test conclut, sans rien ajouter.

  • a) ∑n=1∞(n−n2+n)\sum_{n=1}^{\infty} \left(n - \sqrt{n^{2} + n}\right)
  • b) ∑n=1∞3n+n!n!+2n\sum_{n=1}^{\infty} \frac{3^{n} + n!}{n! + 2^{n}}
  • c) ∑n=1∞ln⁡(1+2n)\sum_{n=1}^{\infty} \ln\left(1 + \frac{2}{n}\right). Après le test, montrez que sN=ln⁡(N+1)(N+2)2s_N = \ln\frac{(N+1)(N+2)}{2}, donnez le NN pour lequel sN=ln⁡15s_N = \ln 15, puis le plus petit NN pour lequel sN>ln⁡1000s_N > \ln 1000, et concluez sur la nature.
  • d) Démontrez le test en une ligne à partir de an=sn−sn−1a_n = s_n - s_{n-1}. Puis expliquez pourquoi la réciproque est fausse, en vous appuyant sur c).

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) lim⁡an=−12≠0\lim a_n = -\frac{1}{2} \ne 0 : la série diverge
  • b) lim⁡an=1≠0\lim a_n = 1 \ne 0 : la série diverge
  • c) lim⁡an=0\lim a_n = 0 : le test ne conclut pas ; s4=ln⁡15s_4 = \ln 15, sN>ln⁡1000s_N > \ln 1000 dès N=44N = 44 ; la série diverge
  • d) Si sn→Ss_n \to S, alors an=sn−sn−1→S−S=0a_n = s_n - s_{n-1} \to S - S = 0 ; c) a an→0a_n \to 0 et diverge

a) Forme ∞−∞\infty - \infty : on multiplie par la quantité conjuguée. n−n2+n=n2−(n2+n)n+n2+n=−nn+n2+n=−11+1+1n→−12n - \sqrt{n^{2}+n} = \frac{n^{2} - (n^{2} + n)}{n + \sqrt{n^{2} + n}} = \frac{-n}{n + \sqrt{n^{2}+n}} = \frac{-1}{1 + \sqrt{1 + \frac{1}{n}}} \to -\frac{1}{2}. La limite existe et n'est pas nulle : la série DIVERGE, et l'étude s'arrête là. Les sommes partielles se comportent comme −N2-\frac{N}{2} : on ajoute indéfiniment des termes proches de −12-\frac{1}{2}. Un réflexe utile : un terme qui tend vers une constante non nulle ajoute à peu près cette constante à chaque pas, aucune somme finie ne peut en résulter.

b) On divise haut et bas par le terme dominant, n!n!, qui l'emporte sur toute exponentielle (croissances comparées : 3nn!→0\frac{3^{n}}{n!} \to 0 et 2nn!→0\frac{2^{n}}{n!} \to 0). an=3nn!+11+2nn!→0+11+0=1a_n = \frac{\frac{3^{n}}{n!} + 1}{1 + \frac{2^{n}}{n!}} \to \frac{0 + 1}{1 + 0} = 1. La limite vaut 1≠01 \ne 0 : la série diverge. Diviser par 3n3^{n}, plus visible mais pas dominant, laisse n!3n\frac{n!}{3^{n}} qui tend vers l'infini en haut ET en bas, une forme indéterminée de plus. On divise toujours par le terme le plus FORT.

c) ln⁡(1+2n)→ln⁡1=0\ln\left(1 + \frac{2}{n}\right) \to \ln 1 = 0 : le test ne conclut PAS, ni dans un sens ni dans l'autre. On passe aux sommes partielles : ln⁡(1+2n)=ln⁡(n+2)−ln⁡n\ln\left(1 + \frac{2}{n}\right) = \ln(n+2) - \ln n, différence de deux termes distants de DEUX rangs. Dans sN=∑n=1N(ln⁡(n+2)−ln⁡n)s_N = \sum_{n=1}^{N}\left(\ln(n+2) - \ln n\right), tout se simplifie sauf les deux premiers termes négatifs, −ln⁡1−ln⁡2-\ln 1 - \ln 2, et les deux derniers positifs, ln⁡(N+1)+ln⁡(N+2)\ln(N+1) + \ln(N+2) : sN=ln⁡(N+1)(N+2)2s_N = \ln\frac{(N+1)(N+2)}{2}. Vérification : s1=ln⁡3s_1 = \ln 3 et la formule donne ln⁡62=ln⁡3\ln\frac{6}{2} = \ln 3. sN=ln⁡15s_N = \ln 15 demande (N+1)(N+2)=30=5×6(N+1)(N+2) = 30 = 5 \times 6, donc N=4N = 4. sN>ln⁡1000s_N > \ln 1000 demande (N+1)(N+2)>2000(N+1)(N+2) > 2000 ; or 44×45=198044 \times 45 = 1980 et 45×46=207045 \times 46 = 2070, donc N=44N = 44. Comme sN→+∞s_N \to +\infty, la série diverge, alors que son terme tend vers 00.

d) Si la série converge vers SS, alors sn→Ss_n \to S et sn−1→Ss_{n-1} \to S, donc an=sn−sn−1→S−S=0a_n = s_n - s_{n-1} \to S - S = 0. Par contraposée, un terme qui ne tend pas vers 00 interdit la convergence. La réciproque, « an→0a_n \to 0 donc la série converge », est fausse : c) en est un contre-exemple, comme la série harmonique. Tendre vers 00 est NÉCESSAIRE, pas suffisant ; ce qui décide, c'est la VITESSE à laquelle ana_n tend vers 00, et c'est ce que mesurent les critères des exercices suivants. Ici ln⁡(1+2n)\ln\left(1 + \frac{2}{n}\right) se comporte comme 2n\frac{2}{n}, trop lent.

Exercice 3 : Le test de l'intégrale : trois hypothèses avant une intégrale

Test de l'intégrale : si ff est CONTINUE, POSITIVE et DÉCROISSANTE sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[ et si an=f(n)a_n = f(n), alors ∑n=1∞an\sum_{n=1}^{\infty} a_n et ∫1∞f(x) dx\int_{1}^{\infty} f(x)\,dx sont de même nature : toutes deux convergent ou toutes deux divergent. Les hypothèses font partie de la réponse.

La figure montre la courbe de y=sin⁡2(πx)y = \sin^{2}(\pi x) et les points (n ;f(n))(n\,;f(n)) aux entiers.

123456-0,50,511,5y = sin²(πx)
  • a) Vérifiez les trois hypothèses pour f(x)=1x(1+ln⁡x)2f(x) = \frac{1}{x(1 + \ln x)^{2}} sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[, calculez ∫1∞f(x) dx\int_{1}^{\infty} f(x)\,dx et concluez sur ∑n=1∞1n(1+ln⁡n)2\sum_{n=1}^{\infty} \frac{1}{n(1 + \ln n)^{2}}.
  • b) Même travail pour ∑n=1∞1n(1+ln⁡n)\sum_{n=1}^{\infty} \frac{1}{n(1 + \ln n)}.
  • c) Avec f(x)=sin⁡2(πx)f(x) = \sin^{2}(\pi x), que vaut ∑n=1∞f(n)\sum_{n=1}^{\infty} f(n) ? Calculez ∫010sin⁡2(πx) dx\int_{0}^{10} \sin^{2}(\pi x)\,dx, puis dites si ∫1∞f(x) dx\int_{1}^{\infty} f(x)\,dx converge. Quelle hypothèse du test manque, et que prouve cet exemple ?
  • d) Pour quels réels pp la série ∑n=1∞(n)pn2\sum_{n=1}^{\infty} \frac{\left(\sqrt{n}\right)^{p}}{n^{2}} converge-t-elle ?

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a)
b)
c)
d)
Valeurs de pp ;
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Réponses

  • a) Hypothèses vérifiées, ∫1∞f=1\int_{1}^{\infty} f = 1 : la série converge (sa somme n'est PAS 11)
  • b) ∫1∞dxx(1+ln⁡x)=+∞\int_{1}^{\infty} \frac{dx}{x(1+\ln x)} = +\infty : la série diverge
  • c) ∑f(n)=0\sum f(n) = 0, ∫010=5\int_{0}^{10} = 5, l'intégrale diverge : la décroissance manque, le test ne s'applique pas
  • d) 1n2−p/2\frac{1}{n^{2 - p/2}} : convergence si et seulement si p<2p < 2, soit p∈ ]−∞ ;2[p \in\, ]-\infty\,;2[

a) Sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[, ln⁡x≥0\ln x \ge 0, donc x(1+ln⁡x)2≥1>0x(1 + \ln x)^{2} \ge 1 > 0 : ff est continue (quotient de fonctions continues, dénominateur non nul) et positive. Elle est DÉCROISSANTE car son dénominateur est un produit de deux fonctions positives croissantes, xx et (1+ln⁡x)2(1 + \ln x)^{2}. Avec u=1+ln⁡xu = 1 + \ln x, du=dxxdu = \frac{dx}{x} : ∫1tdxx(1+ln⁡x)2=[−11+ln⁡x]1t=1−11+ln⁡t→1\int_{1}^{t} \frac{dx}{x(1 + \ln x)^{2}} = \left[-\frac{1}{1 + \ln x}\right]_{1}^{t} = 1 - \frac{1}{1 + \ln t} \to 1. L'intégrale converge, donc la série converge. Attention : le test dit « même NATURE », jamais « même valeur ». La somme n'est pas 11 : son premier terme vaut déjà f(1)=1f(1) = 1 et tous les autres sont positifs, donc S>1S > 1.

b) Mêmes vérifications : f(x)=1x(1+ln⁡x)f(x) = \frac{1}{x(1 + \ln x)} est continue, positive, et décroissante pour la même raison. Avec la même substitution, ∫1tdxx(1+ln⁡x)=[ln⁡(1+ln⁡x)]1t=ln⁡(1+ln⁡t)→+∞\int_{1}^{t} \frac{dx}{x(1 + \ln x)} = \left[\ln(1 + \ln x)\right]_{1}^{t} = \ln(1 + \ln t) \to +\infty. L'intégrale diverge, donc la série diverge. La comparaison des deux questions est instructive : un simple carré sur le facteur (1+ln⁡n)(1 + \ln n), qui croît pourtant très lentement, fait basculer la nature. Aucune série de Riemann 1np\frac{1}{n^{p}} ne sépare ces deux-là : elles sont toutes deux « juste après » 1n\frac{1}{n}, et seule l'intégrale tranche.

c) Pour tout entier nn, sin⁡(nπ)=0\sin(n\pi) = 0, donc f(n)=0f(n) = 0 : toutes les sommes partielles valent 00 et ∑f(n)=0\sum f(n) = 0, la série converge. Mais sin⁡2(πx)=1−cos⁡(2πx)2\sin^{2}(\pi x) = \frac{1 - \cos(2\pi x)}{2}, donc ∫010sin⁡2(πx) dx=[x2−sin⁡(2πx)4π]010=5\int_{0}^{10} \sin^{2}(\pi x)\,dx = \left[\frac{x}{2} - \frac{\sin(2\pi x)}{4\pi}\right]_{0}^{10} = 5, et plus généralement l'intégrale sur [1 ;t][1\,;t] croît comme t2\frac{t}{2} : elle DIVERGE. Série convergente, intégrale divergente : le test se tromperait. L'hypothèse qui manque est la DÉCROISSANCE, ff remontant entre deux entiers. C'est elle qui force la courbe à rester coincée entre les rectangles de hauteur f(n)f(n) et f(n+1)f(n+1) ; sans elle, les valeurs aux entiers ne disent rien de l'aire. D'où la règle de rédaction : écrire les trois hypothèses, et prouver la décroissance (dérivée ou monotonie).

d) (n)p=np/2\left(\sqrt{n}\right)^{p} = n^{p/2}, donc (n)pn2=1n2−p/2\frac{(\sqrt{n})^{p}}{n^{2}} = \frac{1}{n^{2 - p/2}} : série de Riemann d'exposant q=2−p2q = 2 - \frac{p}{2}. Elle converge si et seulement si q>1q > 1, soit p2<1\frac{p}{2} < 1, p<2p < 2. Le cas p=2p = 2 donne la série harmonique, divergente : la borne est exclue. Pour p≥4p \ge 4, l'exposant est négatif ou nul, le terme ne tend même pas vers 00, et c'est alors le test de divergence qui tranche, pas l'intégrale, car ff n'est plus décroissante.

Exercice 4 : Comparer : choisir la série de référence, et le bon sens de l'inégalité

Comparaison directe (termes positifs) : si 0≤an≤bn0 \le a_n \le b_n et ∑bn\sum b_n converge, ∑an\sum a_n converge ; si an≥bn≥0a_n \ge b_n \ge 0 et ∑bn\sum b_n diverge, ∑an\sum a_n diverge. Les deux autres combinaisons ne prouvent RIEN.

Comparaison par limite : si an>0a_n > 0, bn>0b_n > 0 et anbn→c\frac{a_n}{b_n} \to c avec 0<c<+∞0 < c < +\infty, les deux séries sont de même nature. La référence bnb_n se lit sur les termes DOMINANTS.

  • a) ∑n=1∞n+n2n3−1\sum_{n=1}^{\infty} \frac{n + \sqrt{n}}{2n^{3} - 1} : choisissez bnb_n, calculez c=lim⁡anbnc = \lim \frac{a_n}{b_n} et concluez.
  • b) ∑n=1∞n+1n+5\sum_{n=1}^{\infty} \frac{\sqrt{n+1}}{n + 5} : même travail.
  • c) ∑n=1∞2n+53n−1\sum_{n=1}^{\infty} \frac{2^{n} + 5}{3^{n} - 1}. Montrez que la comparaison directe avec (23)n\left(\frac{2}{3}\right)^{n} tombe du mauvais côté, puis concluez par la comparaison par limite.
  • d) ∑n=1∞1n(nn+1)n\sum_{n=1}^{\infty} \frac{1}{n}\left(\frac{n}{n+1}\right)^{n}. Calculez cc avec bn=1nb_n = \frac{1}{n} et concluez.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) bn=1n2b_n = \frac{1}{n^{2}}, c=12c = \frac{1}{2} : la série converge
  • b) bn=1nb_n = \frac{1}{\sqrt{n}}, c=1c = 1 : la série diverge
  • c) an>(23)na_n > \left(\frac{2}{3}\right)^{n} ne prouve rien ; c=1c = 1 avec (23)n\left(\frac{2}{3}\right)^{n} : la série converge
  • d) c=1ec = \frac{1}{\mathrm{e}} : la série diverge

a) Les termes dominants sont nn en haut et 2n32n^{3} en bas : ana_n se comporte comme n2n3=12n2\frac{n}{2n^{3}} = \frac{1}{2n^{2}}. On prend bn=1n2b_n = \frac{1}{n^{2}}, sans la constante qui ne change pas la nature. anbn=n3+n2n2n3−1=1+n−1/22−n−3→12\frac{a_n}{b_n} = \frac{n^{3} + n^{2}\sqrt{n}}{2n^{3} - 1} = \frac{1 + n^{-1/2}}{2 - n^{-3}} \to \frac{1}{2}. Comme 0<12<+∞0 < \frac{1}{2} < +\infty et que ∑1n2\sum \frac{1}{n^{2}} converge (Riemann, p=2>1p = 2 > 1), la série converge. Vérifier d'abord que les termes sont positifs : 2n3−1≥1>02n^{3} - 1 \ge 1 > 0 dès n=1n = 1. Le n\sqrt{n} du numérateur et le −1-1 du dénominateur ne pèsent rien à l'infini, et c'est exactement ce que la limite permet de dire sans fabriquer d'inégalité.

b) En haut n+1\sqrt{n+1} se comporte comme n\sqrt{n}, en bas n+5n + 5 comme nn : ana_n ressemble à nn=1n\frac{\sqrt{n}}{n} = \frac{1}{\sqrt{n}}. Avec bn=1nb_n = \frac{1}{\sqrt{n}}, anbn=nn+1n+5=1+1n1+5n→1\frac{a_n}{b_n} = \frac{\sqrt{n}\sqrt{n+1}}{n + 5} = \frac{\sqrt{1 + \frac{1}{n}}}{1 + \frac{5}{n}} \to 1. ∑1n\sum \frac{1}{\sqrt{n}} diverge (Riemann, p=12≤1p = \frac{1}{2} \le 1), donc la série diverge. Une comparaison directe marcherait aussi, mais il faudrait l'inégalité dans le bon sens, n+1n+5≥n6n=16n\frac{\sqrt{n+1}}{n + 5} \ge \frac{\sqrt{n}}{6n} = \frac{1}{6\sqrt{n}} pour n≥1n \ge 1 : la limite épargne ce travail.

c) Le numérateur est plus grand que 2n2^{n} et le dénominateur plus petit que 3n3^{n}, donc an>2n3n=(23)na_n > \frac{2^{n}}{3^{n}} = \left(\frac{2}{3}\right)^{n}. Être PLUS GRAND qu'une série convergente ne prouve rien : la comparaison directe tombe du mauvais côté. La limite, elle, ignore le sens : an(2/3)n=2n+52n⋅3n3n−1=(1+52n)11−3−n→1\frac{a_n}{(2/3)^{n}} = \frac{2^{n} + 5}{2^{n}} \cdot \frac{3^{n}}{3^{n} - 1} = \left(1 + \frac{5}{2^{n}}\right)\frac{1}{1 - 3^{-n}} \to 1. La série géométrique de raison 23\frac{2}{3} converge, donc ∑an\sum a_n converge. Si l'on tient à la comparaison directe, il faut une constante : 2n+5≤72 2n2^{n} + 5 \le \frac{7}{2}\,2^{n} et 3n−1≥23 3n3^{n} - 1 \ge \frac{2}{3}\,3^{n} pour n≥1n \ge 1, d'où an≤214(23)na_n \le \frac{21}{4}\left(\frac{2}{3}\right)^{n}. Les deux rédactions sont justes ; celle qui écrit an>(23)na_n > \left(\frac{2}{3}\right)^{n} puis « donc converge » vaut zéro.

d) (nn+1)n=1(1+1n)n\left(\frac{n}{n+1}\right)^{n} = \frac{1}{\left(1 + \frac{1}{n}\right)^{n}}, et la limite de référence du chapitre sur les suites donne (1+1n)n→e\left(1 + \frac{1}{n}\right)^{n} \to \mathrm{e}. Avec bn=1nb_n = \frac{1}{n}, anbn=(nn+1)n→1e\frac{a_n}{b_n} = \left(\frac{n}{n+1}\right)^{n} \to \frac{1}{\mathrm{e}}, qui est fini et strictement positif. La série harmonique diverge, donc la série diverge. Le facteur (nn+1)n\left(\frac{n}{n+1}\right)^{n} ressemble à une puissance nn-ième qui « écrase » le terme ; il n'en est rien, il tend vers une constante. Toute la question est de savoir si la correction tend vers 00 ou vers une constante non nulle : seule la seconde laisse la nature de 1n\frac{1}{n} intacte.

Exercice 5 : Séries alternées : converger, converger absolument, et borner le reste

Théorème des séries alternées (Leibniz) : si bn>0b_n > 0, si (bn)(b_n) est décroissante et si bn→0b_n \to 0, alors ∑(−1)n+1bn\sum (-1)^{n+1} b_n converge, et le reste vérifie ∣S−sN∣≤bN+1|S - s_N| \le b_{N+1}, avec SS toujours compris entre sNs_N et sN+1s_{N+1}. La série est ABSOLUMENT convergente si ∑∣an∣\sum |a_n| converge, SEMI-CONVERGENTE (ou conditionnellement convergente) si elle converge sans que ∑∣an∣\sum |a_n| converge.

La figure montre les sommes partielles s2s_2 à s8s_8 de la série de c), et sa somme SS en pointillé.

1234567890,4360,4380,440,4420,4440,4460,4480,450,4520,454Snsₙ
  • a) Classez ∑n=1∞(−1)nnn3+1\sum_{n=1}^{\infty} (-1)^{n} \frac{n}{n^{3} + 1} : absolument convergente, semi-convergente ou divergente.
  • b) Même question pour ∑n=1∞(−1)n(n+1−n)\sum_{n=1}^{\infty} (-1)^{n} \left(\sqrt{n+1} - \sqrt{n}\right), en vérifiant chaque hypothèse de Leibniz.
  • c) ∑n=1∞(−1)n+1n2 2n\sum_{n=1}^{\infty} \frac{(-1)^{n+1}}{n^{2}\,2^{n}} converge absolument : pourquoi a-t-on encore besoin de Leibniz ? Combien de termes garantissent une erreur d'au plus 10−310^{-3} ?
  • d) Calculez s5s_5 en fraction. Est-ce une surestimation ou une sous-estimation de SS ? Donnez un encadrement de SS de largeur 12304\frac{1}{2304}, et lisez-le sur la figure.

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  • a) ∣an∣≤1n2|a_n| \le \frac{1}{n^{2}} : absolument convergente
  • b) Leibniz s'applique, ∑∣an∣\sum |a_n| diverge (télescopique) : semi-convergente
  • c) Leibniz fournit la BORNE ; b6=12304≤10−3<b5=1800b_6 = \frac{1}{2304} \le 10^{-3} < b_5 = \frac{1}{800} : 55 termes
  • d) s5=2584757600s_5 = \frac{25847}{57600}, surestimation ; 1291128800≤S≤2584757600\frac{12911}{28800} \le S \le \frac{25847}{57600}

a) On commence TOUJOURS par la valeur absolue. ∣an∣=nn3+1≤nn3=1n2|a_n| = \frac{n}{n^{3} + 1} \le \frac{n}{n^{3}} = \frac{1}{n^{2}}, et ∑1n2\sum \frac{1}{n^{2}} converge (Riemann, p=2p = 2). Par comparaison, ∑∣an∣\sum |a_n| converge : la série est ABSOLUMENT convergente, donc convergente, et Leibniz est inutile. Le réflexe inverse, vérifier d'abord les hypothèses de Leibniz, conduit à démontrer une décroissance pénible (celle de xx3+1\frac{x}{x^{3}+1} demande une dérivée) pour obtenir une conclusion PLUS FAIBLE que celle de la comparaison.

b) n+1−n=1n+1+n=bn\sqrt{n+1} - \sqrt{n} = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}} = b_n. Hypothèses de Leibniz : bn>0b_n > 0 ; (bn)(b_n) est décroissante car son dénominateur n+1+n\sqrt{n+1} + \sqrt{n} est croissant ; bn→0b_n \to 0 car ce dénominateur tend vers +∞+\infty. La série converge. Valeur absolue : ∑n=1Nbn=∑n=1N(n+1−n)=N+1−1→+∞\sum_{n=1}^{N} b_n = \sum_{n=1}^{N}\left(\sqrt{n+1} - \sqrt{n}\right) = \sqrt{N+1} - 1 \to +\infty par télescopage ; ∑∣an∣\sum |a_n| diverge (on le voit aussi par bn≥12n+1b_n \ge \frac{1}{2\sqrt{n+1}}). La série est SEMI-CONVERGENTE. Elle ne converge que grâce aux compensations entre termes positifs et négatifs.

c) La convergence absolue est immédiate (∣an∣≤12n|a_n| \le \frac{1}{2^{n}}), mais elle ne dit pas À QUELLE DISTANCE de SS se trouve sNs_N. Leibniz, lui, donne une borne GARANTIE : bn=1n22nb_n = \frac{1}{n^{2}2^{n}} est positive, décroissante (dénominateur produit de deux suites croissantes) et tend vers 00, donc ∣S−sN∣≤bN+1|S - s_N| \le b_{N+1}. On cherche le plus petit NN avec bN+1≤10−3b_{N+1} \le 10^{-3} : b5=125×32=1800>11000b_5 = \frac{1}{25 \times 32} = \frac{1}{800} > \frac{1}{1000}, mais b6=136×64=12304≤11000b_6 = \frac{1}{36 \times 64} = \frac{1}{2304} \le \frac{1}{1000}. Donc N+1=6N + 1 = 6 : s5s_5, cinq termes, suffit. L'erreur classique est de résoudre bN≤10−3b_N \le 10^{-3} et de répondre 66 : le reste de sNs_N est majoré par le premier terme NÉGLIGÉ, bN+1b_{N+1}, pas par le dernier gardé.

d) s5=12−116+172−1256+1800s_5 = \frac{1}{2} - \frac{1}{16} + \frac{1}{72} - \frac{1}{256} + \frac{1}{800} ; au dénominateur commun 57 60057\,600 : s5=28800−3600+800−225+7257600=2584757600s_5 = \frac{28800 - 3600 + 800 - 225 + 72}{57600} = \frac{25847}{57600}. Le premier terme négligé, −12304-\frac{1}{2304}, est NÉGATIF : SS est entre s5s_5 et s6=s5−12304s_6 = s_5 - \frac{1}{2304}, donc s5s_5 est une SURESTIMATION. Comme 576002304=25\frac{57600}{2304} = 25, s6=25847−2557600=1291128800s_6 = \frac{25847 - 25}{57600} = \frac{12911}{28800} et 1291128800≤S≤2584757600\frac{12911}{28800} \le S \le \frac{25847}{57600}, soit environ 0,4483≤S≤0,44870{,}4483 \le S \le 0{,}4487. Sur la figure, les points d'indice impair sont au-dessus de la droite SS, ceux d'indice pair en dessous, et les écarts se resserrent : c'est le théorème rendu visible. On n'a pas la valeur exacte de SS, et on n'en a pas besoin pour une précision garantie.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : D'Alembert et Cauchy : la limite qui décide, et celle qui se tait

Critère de d'Alembert : si L=lim⁡∣an+1an∣L = \lim \left|\frac{a_{n+1}}{a_n}\right| existe, L<1L < 1 donne la convergence absolue, L>1L > 1 la divergence, L=1L = 1 RIEN. Critère de Cauchy : même conclusion avec L=lim⁡∣an∣nL = \lim \sqrt[n]{|a_n|}. On rappelle nn→1\sqrt[n]{n} \to 1 et (1+xn)n→ex\left(1 + \frac{x}{n}\right)^{n} \to \mathrm{e}^{x}.

  • a) Appliquez d'Alembert à ∑n=1∞(2n)!5n(n!)2\sum_{n=1}^{\infty} \frac{(2n)!}{5^{n}(n!)^{2}}. Que deviendrait la conclusion si 5n5^{n} était remplacé par 3n3^{n} ?
  • b) Appliquez Cauchy à ∑n=1∞n5(n+12n)n\sum_{n=1}^{\infty} n^{5}\left(\frac{n+1}{2n}\right)^{n}. Pourquoi Cauchy plutôt que d'Alembert ?
  • c) Pour ∑n=1∞(1+2n)n\sum_{n=1}^{\infty} \left(1 + \frac{2}{n}\right)^{n}, montrez que les DEUX critères donnent L=1L = 1. Calculez lim⁡an\lim a_n et concluez. Quel test aurait dû passer en premier ?
  • d) Montrez que d'Alembert donne L=1L = 1 pour ∑n=1∞3n+2n3+n2\sum_{n=1}^{\infty} \frac{3n + 2}{n^{3} + n^{2}}, puis concluez avec un critère adapté. Pourquoi ce choix était-il mauvais dès la lecture du terme ?

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  • a) L=45<1L = \frac{4}{5} < 1 : convergence ; avec 3n3^{n}, L=43>1L = \frac{4}{3} > 1 : divergence
  • b) L=12<1L = \frac{1}{2} < 1 : convergence
  • c) L=1L = 1 pour les deux critères ; an→e2≠0a_n \to \mathrm{e}^{2} \ne 0 : la série diverge (test de divergence)
  • d) L=1L = 1 ; comparaison par limite avec 1n2\frac{1}{n^{2}}, c=3c = 3 : la série converge

a) On simplifie le quotient AVANT de passer à la limite, avec (2n+2)!=(2n+2)(2n+1) (2n)!(2n+2)! = (2n+2)(2n+1)\,(2n)! et ((n+1)!)2=(n+1)2(n!)2\left((n+1)!\right)^{2} = (n+1)^{2}(n!)^{2} : an+1an=(2n+2)(2n+1)5 (n+1)2=2(2n+1)5(n+1)→45\frac{a_{n+1}}{a_n} = \frac{(2n+2)(2n+1)}{5\,(n+1)^{2}} = \frac{2(2n+1)}{5(n+1)} \to \frac{4}{5}. Comme L=45<1L = \frac{4}{5} < 1, la série converge (absolument). Avec 3n3^{n}, le même calcul donne 2(2n+1)3(n+1)→43>1\frac{2(2n+1)}{3(n+1)} \to \frac{4}{3} > 1 : divergence. La factorielle double (2n)!(2n)! croît comme 4n4^{n} fois (n!)2(n!)^{2} à un facteur lent près, et c'est la comparaison de 44 avec la base de l'exponentielle qui décide. Pour la base 44 exactement, le critère se tairait, et ce cas demande un autre outil.

b) Le terme contient une expression élevée à la puissance nn : la racine nn-ième l'enlève d'un coup. ann=(nn)5⋅n+12n→15⋅12=12\sqrt[n]{a_n} = \left(\sqrt[n]{n}\right)^{5} \cdot \frac{n+1}{2n} \to 1^{5} \cdot \frac{1}{2} = \frac{1}{2}. L=12<1L = \frac{1}{2} < 1 : la série converge. Le facteur n5n^{5}, qui semble énorme, ne pèse rien : sa racine nn-ième tend vers 11, c'est la limite nn→1\sqrt[n]{n} \to 1 du chapitre sur les suites. D'Alembert marcherait, mais le quotient (n+2)n+1(2n+2)n+1⋅(2n)n(n+1)n\frac{(n+2)^{n+1}}{(2n+2)^{n+1}} \cdot \frac{(2n)^{n}}{(n+1)^{n}} est pénible à simplifier ; on choisit le critère sur la FORME du terme.

c) Racine : ann=1+2n→1\sqrt[n]{a_n} = 1 + \frac{2}{n} \to 1. Rapport : an+1an=(1+2n+1)n+1(1+2n)n→e2e2=1\frac{a_{n+1}}{a_n} = \frac{\left(1 + \frac{2}{n+1}\right)^{n+1}}{\left(1 + \frac{2}{n}\right)^{n}} \to \frac{\mathrm{e}^{2}}{\mathrm{e}^{2}} = 1. Les deux critères se taisent, et écrire « L=1L = 1 donc diverge » ou « donc converge » vaut zéro. Mais an=(1+2n)n→e2≠0a_n = \left(1 + \frac{2}{n}\right)^{n} \to \mathrm{e}^{2} \ne 0 : par le test de divergence, la série DIVERGE. C'est lui qui aurait dû passer en premier : il coûte une limite, et il clôt l'étude. Ordre de lecture d'une série inconnue : le terme tend-il vers 00 ? Si non, c'est fini. Si oui, on choisit le critère selon la forme.

d) an+1an=3n+53n+2⋅n3+n2(n+1)3+(n+1)2→1×1=1\frac{a_{n+1}}{a_n} = \frac{3n + 5}{3n + 2} \cdot \frac{n^{3} + n^{2}}{(n+1)^{3} + (n+1)^{2}} \to 1 \times 1 = 1 : muet. C'est inévitable : pour une fraction rationnelle en nn, le rapport de deux termes consécutifs tend TOUJOURS vers 11, car P(n+1)P(n+1) et P(n)P(n) ont le même terme dominant. Le bon outil se lisait sur le terme : ana_n se comporte comme 3nn3=3n2\frac{3n}{n^{3}} = \frac{3}{n^{2}}. Avec bn=1n2b_n = \frac{1}{n^{2}}, anbn=3n3+2n2n3+n2→3\frac{a_n}{b_n} = \frac{3n^{3} + 2n^{2}}{n^{3} + n^{2}} \to 3, fini et non nul ; ∑1n2\sum \frac{1}{n^{2}} converge, donc la série converge. Règle : d'Alembert pour les factorielles et les exponentielles, Cauchy pour les puissances nn-ièmes, comparaison pour le rationnel et l'algébrique.

Exercice 7 : Choisir le critère avant de calculer, et dire pourquoi l'autre échoue

À l'examen, la série arrive sans titre de chapitre. Pour chacune, NOMMEZ le critère choisi, dites en une phrase pourquoi un autre critère échouerait ou coûterait plus cher, vérifiez les hypothèses et concluez : absolument convergente, semi-convergente ou divergente.

  • a) ∑n=1∞5nn!+3n\sum_{n=1}^{\infty} \frac{5^{n}}{n! + 3^{n}}
  • b) ∑n=2∞(−1)nn−ln⁡n\sum_{n=2}^{\infty} \frac{(-1)^{n}}{n - \ln n}
  • c) ∑n=1∞nn5+1\sum_{n=1}^{\infty} \frac{n}{\sqrt{n^{5} + 1}}
  • d) ∑n=1∞n!2⋅4⋅6⋯(2n)\sum_{n=1}^{\infty} \frac{n!}{2 \cdot 4 \cdot 6 \cdots (2n)} : donnez aussi sa somme.
  • e) ∑n=1∞sin⁡2(1n)\sum_{n=1}^{\infty} \sin^{2}\left(\frac{1}{\sqrt{n}}\right)

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  • a) Comparaison avec 5nn!\frac{5^{n}}{n!}, elle-même convergente par d'Alembert (L=0L = 0) : absolument convergente
  • b) Leibniz (d'Alembert donnerait 11) ; ∣an∣≥1n|a_n| \ge \frac{1}{n} : semi-convergente
  • c) Comparaison par limite avec 1n3/2\frac{1}{n^{3/2}}, c=1c = 1 : absolument convergente
  • d) 2⋅4⋯(2n)=2nn!2 \cdot 4 \cdots (2n) = 2^{n} n!, donc an=12na_n = \frac{1}{2^{n}} : géométrique, somme 11
  • e) Comparaison par limite avec 1n\frac{1}{n}, c=1c = 1 : divergente

a) Le dénominateur mélange une factorielle et une exponentielle : d'Alembert sur ce quotient donnerait une expression lourde. On compare plutôt : n!+3n>n!n! + 3^{n} > n!, donc 0<an<5nn!0 < a_n < \frac{5^{n}}{n!}, ET l'inégalité va dans le bon sens (plus petit qu'une série qu'on va montrer convergente). Pour 5nn!\frac{5^{n}}{n!}, d'Alembert est fait pour ça : 5n+1(n+1)!⋅n!5n=5n+1→0<1\frac{5^{n+1}}{(n+1)!} \cdot \frac{n!}{5^{n}} = \frac{5}{n+1} \to 0 < 1. Donc ∑5nn!\sum \frac{5^{n}}{n!} converge, et ∑an\sum a_n aussi. Termes positifs : convergence absolue. Combiner deux outils, l'un pour simplifier, l'autre pour conclure, est le geste le plus rentable du chapitre.

b) Série alternée. D'Alembert donnerait n−ln⁡nn+1−ln⁡(n+1)→1\frac{n - \ln n}{n + 1 - \ln(n+1)} \to 1, muet. Leibniz : bn=1n−ln⁡nb_n = \frac{1}{n - \ln n} ; la fonction g(x)=x−ln⁡xg(x) = x - \ln x a pour dérivée 1−1x>01 - \frac{1}{x} > 0 sur ]1 ;+∞[]1\,;+\infty[, donc gg est croissante et g(2)=2−ln⁡2>0g(2) = 2 - \ln 2 > 0 : bn>0b_n > 0 et décroît. Enfin g(n)≥n−n2g(n) \ge n - \frac{n}{2} (car ln⁡n≤n2\ln n \le \frac{n}{2}, croissances comparées), donc bn→0b_n \to 0. La série converge. Mais ∣an∣=1n−ln⁡n≥1n|a_n| = \frac{1}{n - \ln n} \ge \frac{1}{n} car ln⁡n≥0\ln n \ge 0 : ∑∣an∣\sum |a_n| diverge par comparaison avec la série harmonique. Semi-convergente.

c) Terme algébrique : comparaison par limite, d'Alembert donnant 11 comme sur toute expression algébrique en nn. Dominants : nn5=1n3/2\frac{n}{\sqrt{n^{5}}} = \frac{1}{n^{3/2}}. an1/n3/2=n5/2n5+1=11+n−5→1\frac{a_n}{1/n^{3/2}} = \frac{n^{5/2}}{\sqrt{n^{5} + 1}} = \frac{1}{\sqrt{1 + n^{-5}}} \to 1. Riemann avec p=32>1p = \frac{3}{2} > 1 : convergence, absolue puisque les termes sont positifs.

d) Avant tout critère, on simplifie : 2⋅4⋅6⋯(2n)=(2⋅1)(2⋅2)⋯(2⋅n)=2n n!2 \cdot 4 \cdot 6 \cdots (2n) = (2 \cdot 1)(2 \cdot 2)\cdots(2 \cdot n) = 2^{n}\,n!. Donc an=n!2nn!=12na_n = \frac{n!}{2^{n} n!} = \frac{1}{2^{n}} : une série géométrique de premier terme 12\frac{1}{2} et de raison 12\frac{1}{2}, de somme 1/21−1/2=1\frac{1/2}{1 - 1/2} = 1. D'Alembert donnerait L=12L = \frac{1}{2} et la convergence, mais pas la somme. Un produit d'entiers pairs ou impairs se réécrit toujours avec des factorielles et des puissances : c'est la ligne qui rapporte les points.

e) Termes positifs ; 1n→0\frac{1}{\sqrt{n}} \to 0 et sin⁡tt→1\frac{\sin t}{t} \to 1 quand t→0t \to 0, donc sin⁡2(1/n)1/n=(sin⁡(1/n)1/n)2→1\frac{\sin^{2}(1/\sqrt{n})}{1/n} = \left(\frac{\sin(1/\sqrt{n})}{1/\sqrt{n}}\right)^{2} \to 1. La série harmonique diverge, donc la série diverge. Le carré trompe : il fait croire à une convergence « comme 1n2\frac{1}{n^{2}} », alors que l'argument du sinus est 1n\frac{1}{\sqrt{n}} et non 1n\frac{1}{n}. D'Alembert donnerait encore 11, et le test de divergence se tait puisque an→0a_n \to 0.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des affirmations suivantes est FAUSSE. Dites ce qui ne va pas, donnez un énoncé correct et tranchez par un contre-exemple ou un calcul.

  • a) « Si an>0a_n > 0 et si ∑an\sum a_n converge, alors n an→0n\,a_n \to 0. » Testez la suite an=1na_n = \frac{1}{n} si nn est un carré parfait, an=1n2a_n = \frac{1}{n^{2}} sinon, et donnez 49 a4949\,a_{49}.
  • b) « Les sommes partielles de ∑n=1∞(−1)n\sum_{n=1}^{\infty} (-1)^{n} sont bornées, donc la série converge. » Donnez s100s_{100} et s101s_{101}.
  • c) « Si ∑an\sum a_n et ∑bn\sum b_n convergent, alors ∑anbn\sum a_n b_n converge. » Testez an=bn=(−1)nna_n = b_n = \frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}}.
  • d) « ∑∣an∣\sum |a_n| diverge, donc ∑an\sum a_n diverge. »
  • e) « ∑n=2∞2n2−1=∑n=2∞(1n−1−1n+1)=1\sum_{n=2}^{\infty} \frac{2}{n^{2} - 1} = \sum_{n=2}^{\infty}\left(\frac{1}{n-1} - \frac{1}{n+1}\right) = 1, car tout se simplifie sauf le premier terme. » Donnez la vraie somme.

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  • a) Faux : la série converge mais n an=1n\,a_n = 1 à chaque carré parfait, 49 a49=149\,a_{49} = 1
  • b) Faux : s100=0s_{100} = 0, s101=−1s_{101} = -1, (sN)(s_N) oscille ; bornée ET croissante (termes positifs) suffirait
  • c) Faux : anbn=1na_n b_n = \frac{1}{n}, la série diverge ; vrai si ∑an\sum a_n converge absolument
  • d) Faux : ∑(−1)nn\sum \frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}} converge ; c'est « ∑∣an∣\sum |a_n| converge donc ∑an\sum a_n converge » qui est vrai
  • e) Faux : il reste DEUX termes, sN=32−1N−1N+1s_N = \frac{3}{2} - \frac{1}{N} - \frac{1}{N+1}, somme 32\frac{3}{2}

a) Avec la suite proposée, ∑an\sum a_n converge : ses termes sont majorés par ceux de ∑k1k2\sum_{k} \frac{1}{k^{2}} (les carrés parfaits n=k2n = k^{2}, où an=1k2a_n = \frac{1}{k^{2}}) plus ceux de ∑1n2\sum \frac{1}{n^{2}}, deux séries convergentes de somme π26\frac{\pi^{2}}{6} chacune, donc ∑an≤π23\sum a_n \le \frac{\pi^{2}}{3}, et une série à termes positifs dont les sommes partielles sont majorées converge. Pourtant n an=1n\,a_n = 1 à chaque carré parfait, par exemple 49 a49=49×149=149\,a_{49} = 49 \times \frac{1}{49} = 1 : n ann\,a_n ne tend pas vers 00. Ce qui est vrai : an→0a_n \to 0 (test de divergence). L'affirmation devient vraie si l'on ajoute que (an)(a_n) est DÉCROISSANTE, et c'est cette hypothèse que la suite proposée viole, avec ses pics aux carrés parfaits.

b) sNs_N vaut −1-1 si NN est impair et 00 si NN est pair : s100=0s_{100} = 0 et s101=−1s_{101} = -1. La suite des sommes partielles est bornée mais n'a pas de limite : la série diverge, et d'ailleurs an=(−1)na_n = (-1)^{n} ne tend pas vers 00. Énoncé correct : une série à termes POSITIFS dont les sommes partielles sont bornées converge, car (sN)(s_N) est alors croissante et majorée. C'est le théorème qui fonde la comparaison et le test de l'intégrale ; il ne vaut pas pour une série à signes variables.

c) ∑(−1)nn\sum \frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}} converge par Leibniz (1n\frac{1}{\sqrt{n}} positive, décroissante, de limite nulle). Mais anbn=(−1)2nn=1na_n b_n = \frac{(-1)^{2n}}{n} = \frac{1}{n} : la série produit est la série harmonique, qui diverge. Le produit tue les compensations de signe dont les deux séries vivaient. Énoncé correct : si ∑an\sum a_n converge ABSOLUMENT et si ∑bn\sum b_n converge, alors bn→0b_n \to 0, donc ∣bn∣≤M|b_n| \le M à partir d'un rang, et ∣anbn∣≤M∣an∣|a_n b_n| \le M|a_n| : ∑anbn\sum a_n b_n converge absolument par comparaison.

d) ∑∣(−1)nn∣=∑1n\sum \left|\frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}}\right| = \sum \frac{1}{\sqrt{n}} diverge (Riemann, p=12p = \frac{1}{2}), et pourtant ∑(−1)nn\sum \frac{(-1)^{n}}{\sqrt{n}} converge : elle est semi-convergente. L'implication vraie va dans l'AUTRE sens : la convergence absolue entraîne la convergence. Quand ∑∣an∣\sum |a_n| diverge, on n'a rien conclu, et il faut un autre outil (Leibniz, test de divergence) pour trancher. Seul cas où l'on peut conclure : si d'Alembert ou Cauchy donnent L>1L > 1, alors ∣an∣|a_n| ne tend pas vers 00 et ∑an\sum a_n diverge.

e) La décomposition est juste : 2n2−1=2(n−1)(n+1)=1n−1−1n+1\frac{2}{n^{2} - 1} = \frac{2}{(n-1)(n+1)} = \frac{1}{n-1} - \frac{1}{n+1}. Mais les termes qui se compensent sont distants de DEUX rangs. En écrivant sNs_N : (1−13)+(12−14)+(13−15)+⋯+(1N−1−1N+1)\left(1 - \frac{1}{3}\right) + \left(\frac{1}{2} - \frac{1}{4}\right) + \left(\frac{1}{3} - \frac{1}{5}\right) + \cdots + \left(\frac{1}{N-1} - \frac{1}{N+1}\right), il reste les deux premiers termes positifs et les deux derniers négatifs : sN=1+12−1N−1N+1→32s_N = 1 + \frac{1}{2} - \frac{1}{N} - \frac{1}{N+1} \to \frac{3}{2}. Vérification sur N=3N = 3 : 23+28=1112\frac{2}{3} + \frac{2}{8} = \frac{11}{12} et la formule donne 32−13−14=1112\frac{3}{2} - \frac{1}{3} - \frac{1}{4} = \frac{11}{12}. Un télescopage s'écrit sur sNs_N, jamais « de tête » sur la série infinie.

Exercice 9 : La balle qui rebondit : une infinité de rebonds en un temps fini

On lâche une balle d'une hauteur de 55 m. À chaque rebond, elle remonte aux 1625\frac{16}{25} de la hauteur précédente. On néglige l'air et on prend g=10g = 10 m/s2^{2} : une chute libre depuis une hauteur hh, départ arrêté, dure 2hg=h5\sqrt{\frac{2h}{g}} = \sqrt{\frac{h}{5}} secondes, et la montée jusqu'à hh dure autant que la descente.

La figure montre la hauteur hh de la balle en fonction du temps pour les premiers rebonds. On donne (54)12≈14,55\left(\frac{5}{4}\right)^{12} \approx 14{,}55 et (54)13≈18,19\left(\frac{5}{4}\right)^{13} \approx 18{,}19. Aucune calculatrice.

12345678123456lâcher : 5 m3,2 mt (s)h (m)
  • a) Donnez la hauteur hkh_k atteinte après le kk-ième rebond, puis montrez que le vol entre le kk-ième et le (k+1)(k+1)-ième contact avec le sol dure 2(45)k2\left(\frac{4}{5}\right)^{k} secondes. Combien de temps dure le premier vol après le premier contact ?
  • b) Calculez la durée totale TT du mouvement, du lâcher à l'immobilisation.
  • c) Montrez que le kk-ième contact avec le sol a lieu à l'instant tk=9−8(45)k−1t_k = 9 - 8\left(\frac{4}{5}\right)^{k-1}, puis trouvez le premier contact qui a lieu après l'instant 8,58{,}5 s.
  • d) Calculez la distance verticale totale parcourue par la balle.
  • e) Zénon dirait : « la balle doit rebondir une infinité de fois, donc elle ne s'arrête jamais ». Que répondez-vous ? Pour une remontée aux rr de la hauteur précédente, exprimez TT en fonction de rr, et trouvez rr pour que la balle mette 1919 secondes à s'immobiliser.

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a)
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e)
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Réponses

  • a) hk=5(1625)kh_k = 5\left(\frac{16}{25}\right)^{k} ; vol de 2hk/5=2(45)k2\sqrt{h_k/5} = 2\left(\frac{4}{5}\right)^{k} s ; premier vol : 1,61{,}6 s
  • b) T=1+2∑k≥1(45)k=9T = 1 + 2\sum_{k\ge 1}\left(\frac{4}{5}\right)^{k} = 9 s
  • c) tk=1+8(1−(45)k−1)t_k = 1 + 8\left(1 - \left(\frac{4}{5}\right)^{k-1}\right) ; premier contact après 8,58{,}5 s : le 1414e
  • d) 5+2∑k≥15(1625)k=20595 + 2\sum_{k\ge 1} 5\left(\frac{16}{25}\right)^{k} = \frac{205}{9} m
  • e) Une infinité de durées peut avoir une somme finie ; T=1+r1−rT = \frac{1 + \sqrt{r}}{1 - \sqrt{r}} s ; r=81100r = \frac{81}{100}

a) La hauteur est multipliée par 1625\frac{16}{25} à chaque rebond : hk=5(1625)kh_k = 5\left(\frac{16}{25}\right)^{k}, par exemple h1=165=3,2h_1 = \frac{16}{5} = 3{,}2 m, ce que la figure confirme. Après le kk-ième contact, la balle monte à hkh_k puis redescend ; chaque moitié dure hk5=(1625)k=(45)k\sqrt{\frac{h_k}{5}} = \sqrt{\left(\frac{16}{25}\right)^{k}} = \left(\frac{4}{5}\right)^{k}, donc le vol complet dure 2(45)k2\left(\frac{4}{5}\right)^{k}. Le point clé est là : les HAUTEURS forment une suite géométrique de raison 1625\frac{16}{25}, mais les DURÉES une suite géométrique de raison 1625=45\sqrt{\frac{16}{25}} = \frac{4}{5}, plus proche de 11. Premier vol : 2×45=1,62 \times \frac{4}{5} = 1{,}6 s.

b) La chute initiale dure 55=1\sqrt{\frac{5}{5}} = 1 s, puis viennent les vols. T=1+∑k=1∞2(45)kT = 1 + \sum_{k=1}^{\infty} 2\left(\frac{4}{5}\right)^{k} : série géométrique de premier terme 85\frac{8}{5} et de raison 45\frac{4}{5}, de somme 8/51/5=8\frac{8/5}{1/5} = 8. Donc T=9T = 9 s. On a additionné une infinité de durées, mais au sens du chapitre : la somme est la limite des sommes partielles, c'est-à-dire la limite des instants des contacts successifs.

c) Le kk-ième contact arrive après la chute (11 s) et les k−1k - 1 premiers vols : tk=1+∑j=1k−12(45)j=1+85⋅1−(4/5)k−11−4/5=9−8(45)k−1t_k = 1 + \sum_{j=1}^{k-1} 2\left(\frac{4}{5}\right)^{j} = 1 + \frac{8}{5}\cdot\frac{1 - (4/5)^{k-1}}{1 - 4/5} = 9 - 8\left(\frac{4}{5}\right)^{k-1}. Contrôle : t1=1t_1 = 1 et t2=9−325=2,6=1+1,6t_2 = 9 - \frac{32}{5} = 2{,}6 = 1 + 1{,}6. On veut 8(45)k−1<128\left(\frac{4}{5}\right)^{k-1} < \frac{1}{2}, soit (54)k−1>16\left(\frac{5}{4}\right)^{k-1} > 16. Avec les valeurs données, (54)12≈14,55<16\left(\frac{5}{4}\right)^{12} \approx 14{,}55 < 16 et (54)13≈18,19>16\left(\frac{5}{4}\right)^{13} \approx 18{,}19 > 16 : k−1=13k - 1 = 13, c'est le 1414e contact. Treize contacts dans les 8,58{,}5 premières secondes, une infinité dans la dernière demi-seconde.

d) La balle descend 55 m, puis, pour chaque rebond k≥1k \ge 1, monte et descend hkh_k : D=5+2∑k=1∞5(1625)k=5+10⋅16/251−16/25=5+10⋅169=2059D = 5 + 2\sum_{k=1}^{\infty} 5\left(\frac{16}{25}\right)^{k} = 5 + 10 \cdot \frac{16/25}{1 - 16/25} = 5 + 10 \cdot \frac{16}{9} = \frac{205}{9} m, environ 22,822{,}8 m. Piège : compter la chute initiale deux fois, ou oublier le facteur 22 des montées. On remarque que les distances se somment avec la raison 1625\frac{16}{25} et les durées avec 45\frac{4}{5} : deux séries géométriques différentes pour un même mouvement.

e) L'argument de Zénon suppose qu'une infinité d'étapes demande un temps infini. C'est faux dès que les durées des étapes forment une série CONVERGENTE : les instants tkt_k forment une suite croissante majorée par 99, de limite 99, et la balle est immobile à partir de cet instant. En général, avec s=rs = \sqrt{r}, T=1+2s1−s=1+s1−sT = 1 + \frac{2s}{1 - s} = \frac{1 + s}{1 - s}. Pour T=19T = 19 : 1+s=19−19s1 + s = 19 - 19s, s=1820=910s = \frac{18}{20} = \frac{9}{10}, donc r=81100r = \frac{81}{100}. Le modèle a ses limites physiques (une vraie balle finit par rouler et vibrer), mais la conclusion mathématique est nette : infiniment d'étapes, durée finie.

Exercice 10 : Problème d'examen : choisir le critère, puis garantir trois décimales

On étudie S=∑n=1∞(−1)n+1(n3n+2)nS = \sum_{n=1}^{\infty} (-1)^{n+1}\left(\frac{n}{3n + 2}\right)^{n} et l'on note bn=(n3n+2)nb_n = \left(\frac{n}{3n + 2}\right)^{n}. L'objectif est celui de l'ingénieur : décider, puis donner une valeur approchée avec une erreur GARANTIE, sans calculatrice.

On admet l'inégalité de Bernoulli : (1−x)n≥1−nx(1 - x)^{n} \ge 1 - nx pour 0≤x≤10 \le x \le 1 et n≥1n \ge 1 entier. La figure montre les points (n ;bn)(n\,;b_n) et les courbes y=(13)xy = \left(\frac{1}{3}\right)^{x} et y=(13)x+1y = \left(\frac{1}{3}\right)^{x+1}.

1234560,10,20,30,4y = (1/3)ˣpointillé : y = (1/3)ˣ⁺¹n
  • a) Quel critère choisissez-vous pour décider de la convergence absolue, et pourquoi pas d'Alembert ? Calculez sa limite LL et concluez.
  • b) Montrez que (13)n+1≤bn≤(13)n\left(\frac{1}{3}\right)^{n+1} \le b_n \le \left(\frac{1}{3}\right)^{n} pour tout n≥1n \ge 1, et déduisez-en que (bn)(b_n) est décroissante. Vérifiez les hypothèses du théorème des séries alternées.
  • c) Combien de termes garantissent, par ce théorème, une erreur d'au plus 10−310^{-3} ? Justifiez sans calculatrice, à l'aide de b6b_6 et de b5b_5.
  • d) Autre borne : majorez ∣S−sN∣|S - s_N| par une série géométrique grâce à b). Combien de termes cette borne exige-t-elle pour 10−310^{-3} ? Laquelle des deux bornes est la meilleure ici ?
  • e) La somme partielle retenue en c) surestime-t-elle ou sous-estime-t-elle SS ? Donnez la largeur de l'encadrement de SS qu'elle fournit.

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  • a) Cauchy : bnn=n3n+2→13<1\sqrt[n]{b_n} = \frac{n}{3n + 2} \to \frac{1}{3} < 1 : convergence absolue
  • b) bn=(13)n(1−23n+2)nb_n = \left(\frac{1}{3}\right)^{n}\left(1 - \frac{2}{3n+2}\right)^{n}, Bernoulli donne bn≥(13)n+1≥bn+1b_n \ge \left(\frac{1}{3}\right)^{n+1} \ge b_{n+1} ; Leibniz s'applique
  • c) b6=(310)6=729106≤10−3<b5b_6 = \left(\frac{3}{10}\right)^{6} = \frac{729}{10^{6}} \le 10^{-3} < b_5 : 55 termes
  • d) ∣S−sN∣≤∑n>N(13)n=12⋅3N|S - s_N| \le \sum_{n > N}\left(\frac{1}{3}\right)^{n} = \frac{1}{2 \cdot 3^{N}} : 66 termes ; la borne de Leibniz gagne
  • e) Premier terme négligé a6<0a_6 < 0 : s5s_5 surestime SS ; largeur 729106\frac{729}{10^{6}}

a) Le terme entier est élevé à la puissance nn : c'est la forme du critère de Cauchy (la racine), qui enlève l'exposant d'un coup. ∣an∣n=n3n+2=13+2n→13\sqrt[n]{|a_n|} = \frac{n}{3n + 2} = \frac{1}{3 + \frac{2}{n}} \to \frac{1}{3}. L=13<1L = \frac{1}{3} < 1 : la série converge ABSOLUMENT, donc elle converge. D'Alembert demanderait le quotient (n+1)n+1(3n+2)n(3n+5)n+1nn\frac{(n+1)^{n+1}(3n+2)^{n}}{(3n+5)^{n+1}n^{n}}, dont la limite passe par deux limites du type (1+cn)n\left(1 + \frac{c}{n}\right)^{n} : juste, mais long et risqué. On choisit le critère sur la FORME du terme, avant de calculer.

b) Majoration : n3n+2<n3n=13\frac{n}{3n + 2} < \frac{n}{3n} = \frac{1}{3}, donc bn≤(13)nb_n \le \left(\frac{1}{3}\right)^{n}. Minoration : n3n+2=13(1−23n+2)\frac{n}{3n + 2} = \frac{1}{3}\left(1 - \frac{2}{3n + 2}\right), donc bn=(13)n(1−23n+2)n≥(13)n(1−2n3n+2)=(13)nn+23n+2≥(13)n⋅13b_n = \left(\frac{1}{3}\right)^{n}\left(1 - \frac{2}{3n + 2}\right)^{n} \ge \left(\frac{1}{3}\right)^{n}\left(1 - \frac{2n}{3n + 2}\right) = \left(\frac{1}{3}\right)^{n}\frac{n + 2}{3n + 2} \ge \left(\frac{1}{3}\right)^{n} \cdot \frac{1}{3}, car 3(n+2)≥3n+23(n+2) \ge 3n + 2. Donc bn+1≤(13)n+1≤bnb_{n+1} \le \left(\frac{1}{3}\right)^{n+1} \le b_n : la suite décroît, coincée entre les deux courbes de la figure. Hypothèses de Leibniz : bn>0b_n > 0, (bn)(b_n) décroissante, bn≤(13)n→0b_n \le \left(\frac{1}{3}\right)^{n} \to 0. La croissance de n3n+2\frac{n}{3n + 2} ne prouvait rien : c'est la puissance nn qui l'emporte, et il fallait le démontrer.

c) Par Leibniz, ∣S−sN∣≤bN+1|S - s_N| \le b_{N+1}. Or b6=(620)6=(310)6=7291 000 000≤11000b_6 = \left(\frac{6}{20}\right)^{6} = \left(\frac{3}{10}\right)^{6} = \frac{729}{1\,000\,000} \le \frac{1}{1000}, et b5=(517)5=31251 419 857>11000b_5 = \left(\frac{5}{17}\right)^{5} = \frac{3125}{1\,419\,857} > \frac{1}{1000} car 3 125 000>1 419 8573\,125\,000 > 1\,419\,857. Donc N+1=6N + 1 = 6 : s5s_5, cinq termes, garantit 10−310^{-3}, et quatre termes ne le garantissent pas. Le nombre b6b_6 tombe juste parce que 620=310\frac{6}{20} = \frac{3}{10} : sans calculatrice, on cherche le rang où la fraction se simplifie.

d) Par b), ∣an∣≤(13)n|a_n| \le \left(\frac{1}{3}\right)^{n}, donc ∣S−sN∣=∣∑n>Nan∣≤∑n>N(13)n=(1/3)N+11−1/3=12⋅3N|S - s_N| = \left|\sum_{n > N} a_n\right| \le \sum_{n > N}\left(\frac{1}{3}\right)^{n} = \frac{(1/3)^{N+1}}{1 - 1/3} = \frac{1}{2 \cdot 3^{N}}. On veut 2⋅3N≥10002 \cdot 3^{N} \ge 1000 : 35=2433^{5} = 243 donne 486486, trop peu, 36=7293^{6} = 729 donne 14581458 : N=6N = 6. Cette borne, valable pour toute série dominée par une géométrique, ignore les compensations de signe ; celle de Leibniz les exploite et gagne un terme. Une série absolument convergente qui ALTERNE offre donc deux bornes, et l'on prend la meilleure.

e) Le premier terme négligé est a6=(−1)7b6=−729106a_6 = (-1)^{7} b_6 = -\frac{729}{10^{6}}, négatif : SS est entre s6=s5−b6s_6 = s_5 - b_6 et s5s_5, donc s5s_5 SURESTIME SS. L'encadrement s5−729106≤S≤s5s_5 - \frac{729}{10^{6}} \le S \le s_5 a pour largeur 729106=0,000729\frac{729}{10^{6}} = 0{,}000729. Bilan de stratégie : la forme du terme a choisi Cauchy pour la nature, l'alternance a choisi Leibniz pour la précision, et le signe du premier terme négligé a donné le sens de l'erreur.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-series-convergence. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Les séries bloquent en MTH1101 à Polytechnique Montréal ?

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