Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Les séries entières

Les séries entières : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Cette série d'exercices corrigés porte sur les séries entières, ou séries de puissances, troisième chapitre du plan de cours de MTH1101, Calcul I à Polytechnique Montréal (sections 2.1 et 2.2 de Stewart, « Calcul à plusieurs variables »). Le chapitre reprend le 201-NYB : rayon et intervalle de convergence, représentation d'une fonction à partir de la série géométrique, dérivation et intégration terme à terme, sommes exactes. Il prépare les séries de Taylor, qui viennent juste après, et l'approximation, qui est l'affaire de tout le cours.

Le fil de la série tient en une phrase : le rayon se CALCULE, les bornes se DÉCIDENT. Le critère de d'Alembert ou de Cauchy donne le rayon et se tait exactement aux bornes ; substituer, multiplier par une puissance, dériver ou intégrer conserve le rayon et oblige à rejuger les deux bornes, qui peuvent se perdre ou se gagner. Et une formule de somme ne vaut que sur l'intervalle : hors de lui, la fonction existe peut-être, la série non.

Les pièges nommés dans les corrigés : un rayon inversé quand la puissance est au numérateur, un centre lu avant d'avoir mis en facteur le coefficient de xx, une formule sur les coefficients appliquée à une série où des puissances manquent, une borne déclarée convergente parce que la série y alterne, une convergence supposée absolue au bord, une somme évaluée hors de l'intervalle. Tout se fait sans calculatrice, comme au contrôle périodique 1, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : les réponses sont exactes, ln⁡3\ln 3, 827\frac{8}{27}, π36\frac{\pi\sqrt{3}}{6}, 4964\frac{49}{64}.

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Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (2 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les suites
  2. 2Les séries et leur convergence

Rappel de cours

  • • Une série entière centrée en aa est ∑n≥0cn(x−a)n\sum_{n\geq 0}c_{n}(x-a)^{n}. Il existe R∈[0 ;+∞]R\in[0\,;+\infty], le rayon de convergence, tel que la série converge absolument si ∣x−a∣<R|x-a|<R et diverge si ∣x−a∣>R|x-a|>R. Aux deux bornes x=a±Rx=a\pm R, tout peut arriver.
  • • Le rayon s'obtient par le critère de d'Alembert ou de Cauchy appliqué à la valeur absolue du terme général COMPLET, à xx fixé. Chaque borne se remplace dans la série et se décide à part (Riemann, comparaison, Leibniz, test de divergence).
  • • Série géométrique : 11−u=∑n≥0un\frac{1}{1-u}=\sum_{n\geq 0}u^{n} pour ∣u∣<1|u|<1 seulement. On s'y ramène par substitution, mise en facteur et multiplication par une puissance de xx.
  • • Dérivation et intégration terme à terme : sur ]a−R ;a+R[]a-R\,;a+R[, f′(x)=∑n cn(x−a)n−1f'(x)=\sum n\,c_{n}(x-a)^{n-1} et ∫axf=∑cn(x−a)n+1n+1\int_{a}^{x}f=\sum c_{n}\frac{(x-a)^{n+1}}{n+1}, avec le MÊME rayon ; les bornes sont à rejuger.
  • • À connaître : 1(1−x)2=∑n≥0(n+1)xn\frac{1}{(1-x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)x^{n} sur ]−1 ;1[]-1\,;1[ ; −ln⁡(1−x)=∑n≥1xnn-\ln(1-x)=\sum_{n\geq 1}\frac{x^{n}}{n} sur [−1 ;1[[-1\,;1[ ; arctan⁡x=∑n≥0(−1)nx2n+12n+1\arctan x=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+1}}{2n+1} sur [−1 ;1][-1\,;1].
  • • Somme d'une série numérique : reconnaître la série entière, nommer la fonction et le point, vérifier que le point est dans l'intervalle de convergence, évaluer.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Trois séries, trois façons de trancher une borne

Pour une série entière ∑cn(x−a)n\sum c_{n}(x-a)^{n}, le critère de d'Alembert ou celui de Cauchy, appliqué à la valeur absolue du terme général pour xx fixé, donne le rayon de convergence RR : la série converge absolument si ∣x−a∣<R|x-a|<R et diverge si ∣x−a∣>R|x-a|>R. Aux deux bornes x=a±Rx=a\pm R, la limite du critère vaut exactement 11 et il ne décide rien : chaque borne se remplace dans la série, qui devient une série numérique, et se tranche avec les critères du chapitre précédent.

  • a) Déterminez le rayon et l'intervalle de convergence de ∑n≥13nxnn2\sum_{n\geq 1}\dfrac{3^{n}x^{n}}{n^{2}}.
  • b) Même question pour ∑n≥1(x−5)n2nn3\sum_{n\geq 1}\dfrac{(x-5)^{n}}{2^{n}\sqrt[3]{n}}.
  • c) Même question pour ∑n≥1(1+1n)nxn\sum_{n\geq 1}\left(1+\dfrac{1}{n}\right)^{n}x^{n}. Quel critère donne le rayon le plus directement ?
  • d) Pour chacune des quatre bornes des questions a) et b), dites si la série y converge absolument, conditionnellement, ou si elle diverge, en nommant le critère qui décide.

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a)
Intervalle ;
b)
Intervalle ;
c)
Intervalle ;
d)
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Réponses

  • a) R=13R=\frac{1}{3} ; intervalle [−13 ;13]\left[-\frac{1}{3}\,;\frac{1}{3}\right]
  • b) Centre 55, R=2R=2 ; intervalle [3 ;7[[3\,;7[
  • c) R=1R=1 (critère de Cauchy) ; intervalle ]−1 ;1[]-1\,;1[, les deux bornes tombent par le test de divergence
  • d) a) : absolue en ±13\pm\frac{1}{3} (Riemann, p=2p=2) ; b) : conditionnelle en 33 (Leibniz), divergence en 77 (Riemann, p=13p=\frac{1}{3})

a) Avec an=3nxnn2a_{n}=\frac{3^{n}x^{n}}{n^{2}} et x≠0x\neq 0 fixé, ∣an+1an∣=3∣x∣ n2(n+1)2→3∣x∣\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|=3|x|\,\frac{n^{2}}{(n+1)^{2}}\to 3|x|. Le critère de d'Alembert donne la convergence absolue si 3∣x∣<13|x|<1, la divergence si 3∣x∣>13|x|>1 : R=13R=\frac{1}{3}. Le piège est d'écrire R=3R=3 par réflexe : la puissance 3n3^{n} est au NUMÉRATEUR, elle accélère la croissance des termes et rétrécit le rayon. Bornes : en x=13x=\frac{1}{3}, la série devient ∑1n2\sum\frac{1}{n^{2}}, série de Riemann avec p=2>1p=2>1, convergente ; en x=−13x=-\frac{1}{3}, elle devient ∑(−1)nn2\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{2}}, dont la série des valeurs absolues est la même série de Riemann : convergence absolue. Intervalle : [−13 ;13]\left[-\frac{1}{3}\,;\frac{1}{3}\right].

b) Le centre est 55. ∣an+1an∣=∣x−5∣2(nn+1)1/3→∣x−5∣2\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|=\frac{|x-5|}{2}\left(\frac{n}{n+1}\right)^{1/3}\to\frac{|x-5|}{2}, inférieur à 11 si et seulement si ∣x−5∣<2|x-5|<2 : R=2R=2, et la série converge absolument sur ]3 ;7[]3\,;7[. En x=7x=7, (x−5)n=2n(x-5)^{n}=2^{n} se simplifie et il reste ∑1n1/3\sum\frac{1}{n^{1/3}} : Riemann avec p=13≤1p=\frac{1}{3}\leq 1, divergente. En x=3x=3, il reste ∑(−1)nn1/3\sum\frac{(-1)^{n}}{n^{1/3}} : la suite 1n1/3\frac{1}{n^{1/3}} est décroissante et tend vers 00, donc le critère des séries alternées (Leibniz) donne la convergence ; mais la série des valeurs absolues est celle de x=7x=7, divergente. La convergence en 33 est donc CONDITIONNELLE. Intervalle : [3 ;7[[3\,;7[, dissymétrique, ce qui est normal : rien n'oblige les deux bornes à se comporter de la même façon. L'erreur qui coûte la question est de conclure en x=3x=3 « diverge, car la valeur absolue diverge » : la divergence absolue ne dit rien de la convergence.

c) Le terme général est une puissance nn-ième : le critère de Cauchy est le plus direct. ∣an∣n=(1+1n)∣x∣→∣x∣\sqrt[n]{|a_{n}|}=\left(1+\frac{1}{n}\right)|x|\to|x|, donc R=1R=1. D'Alembert marcherait aussi, au prix du quotient (1+1/(n+1))n+1(1+1/n)n\frac{(1+1/(n+1))^{n+1}}{(1+1/n)^{n}}, qui tend vers ee=1\frac{e}{e}=1. Aux bornes, le terme général a pour valeur absolue (1+1n)n\left(1+\frac{1}{n}\right)^{n}, suite croissante de limite e≠0e\neq 0 (chapitre des suites). En x=1x=1 comme en x=−1x=-1, le terme général ne tend pas vers 00 : le test de divergence suffit, les deux bornes sont exclues. Intervalle : ]−1 ;1[]-1\,;1[. En x=−1x=-1, la série est alternée, et c'est le piège : invoquer Leibniz alors que ses hypothèses (termes décroissants de limite nulle) échouent. Une série alternée ne converge pas « parce qu'elle alterne ».

d) En résumé, chaque borne a eu son propre critère, et aucun n'était celui qui a donné le rayon. En x=±13x=\pm\frac{1}{3} pour a) : convergence absolue, par comparaison à la série de Riemann ∑1n2\sum\frac{1}{n^{2}}. En x=3x=3 pour b) : convergence conditionnelle, Leibniz pour la série, Riemann (p=13p=\frac{1}{3}) pour la divergence de la valeur absolue. En x=7x=7 pour b) : divergence, Riemann. Retenez le contraste entre a) et b) : quand les deux bornes ont la même série des valeurs absolues, ce qui est toujours le cas pour une série entière, la convergence ABSOLUE se décide pour les deux bornes à la fois ; seule la convergence conditionnelle peut les séparer.

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Exercice 2 : Lire le centre, lire le rayon, raisonner sans les coefficients

Le centre aa se lit dans la puissance (x−a)n(x-a)^{n} une fois le coefficient de xx mis en facteur, et le rayon se calcule toujours sur le terme général COMPLET, puissance de xx comprise.

Pour les questions c) et d), la figure résume ce qu'on sait d'une série entière ∑cn(x−2)n\sum c_{n}(x-2)^{n} dont on ignore les coefficients : elle converge en x=5x=5 et diverge en x=−1x=-1.

−125divergecentreconverge
  • a) Déterminez le centre, le rayon et l'intervalle de convergence de ∑n≥1(3x−2)nn 4n\sum_{n\geq 1}\dfrac{(3x-2)^{n}}{n\,4^{n}}.
  • b) Déterminez le rayon et l'intervalle de convergence de ∑n≥1x2nn 5n\sum_{n\geq 1}\dfrac{x^{2n}}{n\,5^{n}}. Un camarade calcule lim⁡∣cncn+1∣\lim\left|\frac{c_{n}}{c_{n+1}}\right| avec cn=1n 5nc_{n}=\frac{1}{n\,5^{n}} et trouve R=5R=5 : expliquez son erreur.
  • c) Que vaut le rayon de la série de la figure ? Que peut-on affirmer en x=4x=4, en x=−2x=-2 et en x=−0,5x=-0{,}5 ?
  • d) La convergence en x=5x=5 est-elle absolue ? Justifiez sans connaître les cnc_{n}.

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a)
Intervalle ;
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Centre 23\frac{2}{3}, R=43R=\frac{4}{3} ; intervalle [−23 ;2[\left[-\frac{2}{3}\,;2\right[
  • b) R=5R=\sqrt{5} ; intervalle ]−5 ;5[\left]-\sqrt{5}\,;\sqrt{5}\right[ ; la série est en x2nx^{2n}, les cnc_{n} ne sont pas les coefficients de xnx^{n}
  • c) R=3R=3 ; convergence absolue en 44 et en −0,5-0{,}5, divergence en −2-2
  • d) Non : elle est conditionnelle, sinon la série convergerait aussi absolument en x=−1x=-1

a) On met 33 en facteur dans la parenthèse : (3x−2)n=3n(x−23)n(3x-2)^{n}=3^{n}\left(x-\frac{2}{3}\right)^{n}. Le centre est donc 23\frac{2}{3}, pas 22. Le critère de d'Alembert donne ∣an+1an∣=∣3x−2∣4 nn+1→∣3x−2∣4\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|=\frac{|3x-2|}{4}\,\frac{n}{n+1}\to\frac{|3x-2|}{4}, et ∣3x−2∣<4|3x-2|<4 équivaut à ∣x−23∣<43\left|x-\frac{2}{3}\right|<\frac{4}{3} : R=43R=\frac{4}{3}, pas 44. Les bornes sont les valeurs où 3x−2=±43x-2=\pm 4. Si 3x−2=43x-2=4, soit x=2x=2, il reste ∑1n\sum\frac{1}{n}, série harmonique divergente. Si 3x−2=−43x-2=-4, soit x=−23x=-\frac{2}{3}, il reste ∑(−1)nn\sum\frac{(-1)^{n}}{n}, convergente par Leibniz (conditionnellement). Intervalle : [−23 ;2[\left[-\frac{2}{3}\,;2\right[, de longueur 83=2R\frac{8}{3}=2R et de milieu 23\frac{2}{3} : c'est le contrôle à faire, le milieu de l'intervalle est le centre.

b) ∣an+1an∣=x25 nn+1→x25\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|=\frac{x^{2}}{5}\,\frac{n}{n+1}\to\frac{x^{2}}{5}, inférieur à 11 si et seulement si ∣x∣<5|x|<\sqrt{5} : R=5≈2,236R=\sqrt{5}\approx 2{,}236. En x=±5x=\pm\sqrt{5}, x2n=5nx^{2n}=5^{n} et il reste ∑1n\sum\frac{1}{n}, divergente aux deux bornes : intervalle ]−5 ;5[\left]-\sqrt{5}\,;\sqrt{5}\right[. L'erreur du camarade : la formule R=lim⁡∣cncn+1∣R=\lim\left|\frac{c_{n}}{c_{n+1}}\right| suppose une série ∑cnxn\sum c_{n}x^{n} où cnc_{n} est le coefficient de xnx^{n}. Ici les puissances impaires manquent et 1n 5n\frac{1}{n\,5^{n}} est le coefficient de x2nx^{2n} : la formule mesure le rayon en la variable x2x^{2}, d'où x2<5x^{2}<5, et il faut encore prendre la racine. Appliquer le critère au terme général complet évite ce piège sans avoir à y penser.

c) L'ensemble de convergence d'une série entière est un intervalle centré en 22, de rayon RR : convergence absolue si ∣x−2∣<R|x-2|<R, divergence si ∣x−2∣>R|x-2|>R. La série converge en x=5x=5, à distance 33 du centre : si l'on avait R<3R<3, elle y divergerait, donc R≥3R\geq 3. Elle diverge en x=−1x=-1, à distance 33 aussi : si l'on avait R>3R>3, elle y convergerait, donc R≤3R\leq 3. D'où R=3R=3, sans connaître un seul coefficient. Puis on mesure les distances au centre : x=4x=4 est à distance 2<32<3, convergence absolue ; x=−2x=-2 est à distance 4>34>3, divergence ; x=−0,5x=-0{,}5 est à distance 2,5<32{,}5<3, convergence absolue. L'intervalle de convergence est ]−1 ;5]]-1\,;5].

d) Supposons la convergence absolue en x=5x=5 : la série ∑∣cn∣ 3n\sum|c_{n}|\,3^{n} converge. Mais en x=−1x=-1, le terme général cn(−3)nc_{n}(-3)^{n} a exactement la même valeur absolue ∣cn∣ 3n|c_{n}|\,3^{n}, et la série convergerait absolument en −1-1 aussi, ce qui contredit l'énoncé. La convergence en x=5x=5 est donc CONDITIONNELLE. C'est le même fait qu'à l'exercice 1 lu à l'envers : les deux bornes d'une série entière ont la même série des valeurs absolues, si bien qu'une borne absolument convergente entraîne l'autre. Une série qui converge à une borne et diverge à l'autre converge forcément de façon conditionnelle là où elle converge.

Exercice 3 : Une seule série connue, trois fonctions représentées

Le développement 11−u=∑n≥0un\dfrac{1}{1-u}=\sum_{n\geq 0}u^{n}, valable pour ∣u∣<1|u|<1 et pour cette condition seulement, suffit à représenter beaucoup de fonctions rationnelles : on écrit la fonction sous la forme constante1−u\dfrac{\text{constante}}{1-u}, éventuellement multipliée par une puissance de xx, on lit uu, et la condition ∣u∣<1|u|<1 donne l'intervalle sans autre critère.

La figure représente y=1xy=\frac{1}{x} et deux sommes partielles de son développement autour de a=3a=3 (question c), S2S_{2} en pointillé et S5S_{5} en orange, qui s'arrêtent de degré 22 et de degré 55. Le point marqué est le centre.

12345678-1123y = 1/xS₂S₅x = 6
  • a) Représentez f(x)=x2+x2f(x)=\dfrac{x}{2+x^{2}} par une série entière centrée en 00, et donnez son rayon et son intervalle de convergence.
  • b) Même question pour g(x)=13−2xg(x)=\dfrac{1}{3-2x}.
  • c) Représentez h(x)=1xh(x)=\dfrac{1}{x} par une série entière centrée en a=3a=3, et donnez son intervalle de convergence. Sur la figure, où les sommes partielles collent-elles à la courbe ? Pourquoi le rayon ne peut-il pas dépasser 33 ?
  • d) Sans aucune dérivée, donnez le coefficient de x7x^{7} et celui de x6x^{6} dans la série de ff, puis le coefficient de (x−3)2(x-3)^{2} dans celle de hh.

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a)
b)
Intervalle ;
c)
Intervalle ;
d)
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Réponses

  • a) f(x)=∑n≥0(−1)nx2n+12n+1f(x)=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+1}}{2^{n+1}} ; R=2R=\sqrt{2}, intervalle ]−2 ;2[\left]-\sqrt{2}\,;\sqrt{2}\right[
  • b) g(x)=∑n≥02nxn3n+1g(x)=\sum_{n\geq 0}\frac{2^{n}x^{n}}{3^{n+1}} ; R=32R=\frac{3}{2}, intervalle ]−32 ;32[\left]-\frac{3}{2}\,;\frac{3}{2}\right[
  • c) h(x)=∑n≥0(−1)n(x−3)n3n+1h(x)=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}(x-3)^{n}}{3^{n+1}} sur ]0 ;6[]0\,;6[ ; le rayon bute sur x=0x=0, où hh n'est pas bornée
  • d) −116-\frac{1}{16} pour x7x^{7}, 00 pour x6x^{6}, 127\frac{1}{27} pour (x−3)2(x-3)^{2}

a) On fait apparaître 11 au dénominateur en mettant 22 en facteur : f(x)=x2⋅11+x22=x2⋅11−uf(x)=\frac{x}{2}\cdot\frac{1}{1+\frac{x^{2}}{2}}=\frac{x}{2}\cdot\frac{1}{1-u} avec u=−x22u=-\frac{x^{2}}{2}. Donc f(x)=x2∑n≥0(−x22)n=∑n≥0(−1)nx2n+12n+1=x2−x34+x58−⋯f(x)=\frac{x}{2}\sum_{n\geq 0}\left(-\frac{x^{2}}{2}\right)^{n}=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+1}}{2^{n+1}}=\frac{x}{2}-\frac{x^{3}}{4}+\frac{x^{5}}{8}-\cdots, valable si x22<1\frac{x^{2}}{2}<1, c'est-à-dire ∣x∣<2|x|<\sqrt{2} : R=2R=\sqrt{2}. Aux bornes x=±2x=\pm\sqrt{2}, ∣u∣=1|u|=1 et le terme général garde la valeur absolue 22\frac{\sqrt{2}}{2} : il ne tend pas vers 00, divergence. Intervalle ]−2 ;2[\left]-\sqrt{2}\,;\sqrt{2}\right[. L'erreur classique est d'écrire 12+x2=∑(−x2)n\frac{1}{2+x^{2}}=\sum(-x^{2})^{n} sans mettre 22 en facteur : on obtient un développement de 11+x2\frac{1}{1+x^{2}}, faux d'un facteur et de rayon 11.

b) g(x)=13⋅11−2x3=13∑n≥0(2x3)n=∑n≥02nxn3n+1g(x)=\frac{1}{3}\cdot\frac{1}{1-\frac{2x}{3}}=\frac{1}{3}\sum_{n\geq 0}\left(\frac{2x}{3}\right)^{n}=\sum_{n\geq 0}\frac{2^{n}x^{n}}{3^{n+1}}, pour ∣2x3∣<1\left|\frac{2x}{3}\right|<1, soit ∣x∣<32|x|<\frac{3}{2}. Aux bornes, u=±1u=\pm 1 : la série géométrique de raison ±1\pm 1 diverge. Intervalle ]−32 ;32[\left]-\frac{3}{2}\,;\frac{3}{2}\right[. Contrôle en x=0x=0 : la série vaut 13=g(0)\frac{1}{3}=g(0). Contrôle du rayon : gg explose en x=32x=\frac{3}{2}, exactement au bord.

c) On écrit xx comme le centre plus un écart : x=3+(x−3)x=3+(x-3), donc h(x)=13+(x−3)=13⋅11+x−33=∑n≥0(−1)n(x−3)n3n+1h(x)=\frac{1}{3+(x-3)}=\frac{1}{3}\cdot\frac{1}{1+\frac{x-3}{3}}=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}(x-3)^{n}}{3^{n+1}}, pour ∣x−3∣<3|x-3|<3, c'est-à-dire 0<x<60<x<6. En x=0x=0 et en x=6x=6, u=±1u=\pm 1 et la série diverge : intervalle ]0 ;6[]0\,;6[. Sur la figure, S2S_{2} et S5S_{5} épousent la courbe autour de 33, et S5S_{5} plus longtemps que S2S_{2} : chaque terme ajouté prolonge l'accord. Au-delà de x=6x=6, les sommes partielles s'écartent au lieu de s'améliorer, parce que la série n'y converge plus. Le rayon ne peut pas dépasser 33 : la somme d'une série entière est continue sur tout l'intervalle ouvert de convergence, donc bornée près de 00 si cet intervalle contenait 00 ; or 1x\frac{1}{x} n'est pas bornée près de 00. Le rayon est la distance du centre au point où la fonction cesse d'être sage.

d) On lit les coefficients sur la série, sans formule de dérivées. Dans celle de ff, l'exposant 2n+1=72n+1=7 donne n=3n=3 et le coefficient (−1)324=−116\frac{(-1)^{3}}{2^{4}}=-\frac{1}{16}. Aucune puissance paire n'apparaît, donc le coefficient de x6x^{6} est 00 ; c'est cohérent avec l'imparité de ff, puisque f(−x)=−f(x)f(-x)=-f(x). Dans celle de hh, n=2n=2 donne (−1)233=127\frac{(-1)^{2}}{3^{3}}=\frac{1}{27}. Le piège est de répondre avec n=7n=7 pour x7x^{7} : le rang nn n'est pas l'exposant quand la série ne porte que des puissances impaires.

Exercice 4 : Dériver la série géométrique, une fois puis deux

Théorème (dérivation et intégration terme à terme). Si la série ∑cn(x−a)n\sum c_{n}(x-a)^{n} a un rayon R>0R>0, sa somme ff est dérivable sur ]a−R ;a+R[]a-R\,;a+R[, avec f′(x)=∑n≥1n cn(x−a)n−1f'(x)=\sum_{n\geq 1}n\,c_{n}(x-a)^{n-1} et ∫axf(t) dt=∑n≥0cn(x−a)n+1n+1\int_{a}^{x}f(t)\,dt=\sum_{n\geq 0}c_{n}\frac{(x-a)^{n+1}}{n+1}. Les deux séries obtenues ont le MÊME rayon RR. Le théorème ne dit rien des bornes.

  • a) En dérivant ∑n≥0xn=11−x\sum_{n\geq 0}x^{n}=\dfrac{1}{1-x}, obtenez une série entière de 1(1−x)2\dfrac{1}{(1-x)^{2}} écrite avec des puissances xnx^{n}, et son intervalle de convergence.
  • b) Dérivez une seconde fois pour représenter 2(1−x)3\dfrac{2}{(1-x)^{3}} sous la forme ∑n≥0dnxn\sum_{n\geq 0}d_{n}x^{n}. Donnez d4d_{4}.
  • c) Déduisez-en la valeur exacte de ∑n≥2n(n−1)4n\sum_{n\geq 2}\dfrac{n(n-1)}{4^{n}}, en justifiant que le point utilisé est permis.
  • d) Représentez k(x)=x3(1+x)2k(x)=\dfrac{x^{3}}{(1+x)^{2}} par une série entière centrée en 00. Donnez le coefficient de x10x^{10} et le rayon de convergence.

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a)
Intervalle ;
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 1(1−x)2=∑n≥0(n+1)xn\frac{1}{(1-x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)x^{n} sur ]−1 ;1[]-1\,;1[
  • b) 2(1−x)3=∑n≥0(n+1)(n+2)xn\frac{2}{(1-x)^{3}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)(n+2)x^{n} ; d4=30d_{4}=30
  • c) ∑n≥2n(n−1)4n=2x2(1−x)3\sum_{n\geq 2}\frac{n(n-1)}{4^{n}}=\frac{2x^{2}}{(1-x)^{3}} en x=14x=\frac{1}{4}, soit 827\frac{8}{27}
  • d) k(x)=∑n≥0(−1)n(n+1)xn+3k(x)=\sum_{n\geq 0}(-1)^{n}(n+1)x^{n+3} ; coefficient de x10x^{10} : −8-8 ; R=1R=1

a) Sur ]−1 ;1[]-1\,;1[, la série géométrique a pour rayon 11, et le théorème autorise à dériver terme à terme : 1(1−x)2=∑n≥1n xn−1\frac{1}{(1-x)^{2}}=\sum_{n\geq 1}n\,x^{n-1}. Pour écrire des puissances xnx^{n}, on pose m=n−1m=n-1 : ∑m≥0(m+1)xm=1+2x+3x2+⋯\sum_{m\geq 0}(m+1)x^{m}=1+2x+3x^{2}+\cdots. Le rayon reste 11. Aux bornes, le terme général (n+1)xn(n+1)x^{n} a pour valeur absolue n+1n+1, qui ne tend pas vers 00 : divergence en 11 et en −1-1. Intervalle ]−1 ;1[]-1\,;1[, celui de la série géométrique. Le décalage d'indice est le geste qui coûte des points : en remplaçant seulement n−1n-1 par nn dans l'exposant, on écrit ∑n xn\sum n\,x^{n}, qui est x(1−x)2\frac{x}{(1-x)^{2}} et non 1(1−x)2\frac{1}{(1-x)^{2}}. Contrôle en x=0x=0 : la série vaut 11, la fonction aussi.

b) On dérive encore : 2(1−x)3=∑n≥2n(n−1)xn−2\frac{2}{(1-x)^{3}}=\sum_{n\geq 2}n(n-1)x^{n-2}, puis on décale de deux crans : ∑n≥0(n+2)(n+1)xn=2+6x+12x2+20x3+30x4+⋯\sum_{n\geq 0}(n+2)(n+1)x^{n}=2+6x+12x^{2}+20x^{3}+30x^{4}+\cdots. Donc d4=6×5=30d_{4}=6\times 5=30. Contrôle en x=0x=0 : d0=2=213d_{0}=2=\frac{2}{1^{3}}. Rayon 11 toujours, et intervalle ]−1 ;1[]-1\,;1[ pour la même raison qu'en a). Cette série permettra de sommer toute série numérique dont le terme général porte un facteur du second degré en nn.

c) On reconnaît ∑n≥2n(n−1)xn\sum_{n\geq 2}n(n-1)x^{n} en x=14x=\frac{1}{4}. Pour faire apparaître la série de b), il faut aligner les puissances : ∑n≥2n(n−1)xn=x2∑n≥2n(n−1)xn−2=2x2(1−x)3\sum_{n\geq 2}n(n-1)x^{n}=x^{2}\sum_{n\geq 2}n(n-1)x^{n-2}=\frac{2x^{2}}{(1-x)^{3}}. Le point 14\frac{1}{4} est dans ]−1 ;1[]-1\,;1[, donc l'égalité y vaut : ∑n≥2n(n−1)4n=2⋅116(34)3=18⋅6427=827≈0,2963\sum_{n\geq 2}\frac{n(n-1)}{4^{n}}=\frac{2\cdot\frac{1}{16}}{\left(\frac{3}{4}\right)^{3}}=\frac{1}{8}\cdot\frac{64}{27}=\frac{8}{27}\approx 0{,}2963. Vérification par les premiers termes : 216+664+12256+201024+304096≈0,2925\frac{2}{16}+\frac{6}{64}+\frac{12}{256}+\frac{20}{1024}+\frac{30}{4096}\approx 0{,}2925, et la suite est petite. L'oubli du facteur x2x^{2} donne 2(3/4)3=12827\frac{2}{(3/4)^{3}}=\frac{128}{27}, seize fois trop : c'est la somme de ∑n(n−1)xn−2\sum n(n-1)x^{n-2}, pas de la série demandée.

d) On remplace xx par −x-x dans a) : 1(1+x)2=∑n≥0(n+1)(−x)n=∑n≥0(−1)n(n+1)xn\frac{1}{(1+x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)(-x)^{n}=\sum_{n\geq 0}(-1)^{n}(n+1)x^{n}, pour ∣−x∣<1|-x|<1. Puis on multiplie par x3x^{3}, ce qui décale les exposants sans toucher à la convergence : k(x)=∑n≥0(−1)n(n+1)xn+3=x3−2x4+3x5−⋯k(x)=\sum_{n\geq 0}(-1)^{n}(n+1)x^{n+3}=x^{3}-2x^{4}+3x^{5}-\cdots. Le coefficient de x10x^{10} correspond à n+3=10n+3=10, soit n=7n=7 : (−1)7×8=−8(-1)^{7}\times 8=-8. Le rayon est 11 : multiplier par une puissance de xx ne change ni le rayon ni même les bornes, puisque le facteur x3x^{3} vaut ±1\pm 1 en x=±1x=\pm 1. Le signe (−1)n(-1)^{n} est l'oubli classique de la substitution x→−xx\to -x : sans lui, on représente x3(1−x)2\frac{x^{3}}{(1-x)^{2}}.

Exercice 5 : Intégrer terme à terme : le rayon reste, les bornes changent

On part de 2x1+x2\dfrac{2x}{1+x^{2}}, la dérivée de ln⁡(1+x2)\ln\left(1+x^{2}\right), et l'on remonte par intégration terme à terme (théorème de l'exercice 4).

La figure montre y=ln⁡(1+x2)y=\ln\left(1+x^{2}\right) et deux sommes partielles de la série obtenue en b), S2=x2−x42S_{2}=x^{2}-\frac{x^{4}}{2} en pointillé et S3=x2−x42+x63S_{3}=x^{2}-\frac{x^{4}}{2}+\frac{x^{6}}{3} en orange ; les droites pointillées verticales sont x=−1x=-1 et x=1x=1.

-1,5-1-0,50,511,5-1-0,50,511,522,5y = ln(1 + x²)S₂S₃
  • a) Représentez 2x1+x2\dfrac{2x}{1+x^{2}} par une série entière centrée en 00 et donnez son intervalle de convergence, bornes testées.
  • b) Intégrez terme à terme de 00 à xx pour obtenir la série de ln⁡(1+x2)\ln\left(1+x^{2}\right), en justifiant la constante. Donnez son intervalle de convergence et comparez-le à celui de a). Que montre la figure au-delà de x=1x=1 ?
  • c) Déduisez-en la valeur exacte de ∑n≥1(−1)n+1n 3n\sum_{n\geq 1}\dfrac{(-1)^{n+1}}{n\,3^{n}}.
  • d) Par la même méthode, à partir de 2x1+x4\dfrac{2x}{1+x^{4}}, obtenez la série de arctan⁡(x2)\arctan\left(x^{2}\right) et son intervalle de convergence. Donnez le coefficient de x10x^{10}.

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a)
Intervalle ;
b)
Intervalle pour ln⁡(1+x2)\ln\left(1+x^{2}\right) ;
c)
d)
Intervalle ;
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Réponses

  • a) 2x1+x2=∑n≥02(−1)nx2n+1\frac{2x}{1+x^{2}}=\sum_{n\geq 0}2(-1)^{n}x^{2n+1} sur ]−1 ;1[]-1\,;1[
  • b) ln⁡(1+x2)=∑n≥0(−1)nx2n+2n+1\ln\left(1+x^{2}\right)=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+2}}{n+1}, constante nulle ; intervalle [−1 ;1][-1\,;1] : même rayon, deux bornes gagnées
  • c) ln⁡43≈0,288\ln\frac{4}{3}\approx 0{,}288 (série de b) en x=13x=\frac{1}{\sqrt{3}})
  • d) arctan⁡(x2)=∑n≥0(−1)nx4n+22n+1\arctan\left(x^{2}\right)=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{4n+2}}{2n+1} sur [−1 ;1][-1\,;1] ; coefficient de x10x^{10} : 15\frac{1}{5}

a) Avec u=−x2u=-x^{2} : 11+x2=∑n≥0(−1)nx2n\frac{1}{1+x^{2}}=\sum_{n\geq 0}(-1)^{n}x^{2n} pour x2<1x^{2}<1, puis on multiplie par 2x2x : 2x1+x2=∑n≥02(−1)nx2n+1=2x−2x3+2x5−⋯\frac{2x}{1+x^{2}}=\sum_{n\geq 0}2(-1)^{n}x^{2n+1}=2x-2x^{3}+2x^{5}-\cdots, de rayon 11. En x=1x=1, la série est 2−2+2−⋯2-2+2-\cdots ; en x=−1x=-1, c'est −2+2−2+⋯-2+2-2+\cdots : le terme général garde la valeur absolue 22, divergence aux deux bornes. Intervalle ]−1 ;1[]-1\,;1[.

b) Pour ∣x∣<1|x|<1, le théorème permet d'intégrer terme à terme de 00 à xx : ∫0x2t1+t2 dt=∑n≥02(−1)nx2n+22n+2=∑n≥0(−1)nx2n+2n+1\int_{0}^{x}\frac{2t}{1+t^{2}}\,dt=\sum_{n\geq 0}2(-1)^{n}\frac{x^{2n+2}}{2n+2}=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+2}}{n+1}. Le membre de gauche vaut ln⁡(1+x2)−ln⁡1=ln⁡(1+x2)\ln\left(1+x^{2}\right)-\ln 1=\ln\left(1+x^{2}\right) : la constante est nulle parce que l'intégrale part de 00, où les deux membres s'annulent. Donc ln⁡(1+x2)=x2−x42+x63−⋯\ln\left(1+x^{2}\right)=x^{2}-\frac{x^{4}}{2}+\frac{x^{6}}{3}-\cdots, de rayon 11. Aux bornes, x2n+2=1x^{2n+2}=1 et il reste ∑(−1)nn+1\sum\frac{(-1)^{n}}{n+1}, convergente par Leibniz. L'intervalle devient [−1 ;1][-1\,;1] : le RAYON est celui de a), mais les deux bornes, perdues en a), sont GAGNÉES par l'intégration, qui divise le terme général par n+1n+1. Que la somme vaille encore ln⁡2\ln 2 en x=±1x=\pm 1 demande un argument de plus (théorème d'Abel), que le seul calcul ne donne pas. Au-delà de x=1x=1, la figure montre S3S_{3} qui file vers le haut et S2S_{2} vers le bas : les sommes partielles s'écartent de la courbe de part et d'autre, de plus en plus, au lieu de s'en approcher. C'est le visage de la divergence pour ∣x∣>1|x|>1.

c) La série cherchée s'écrit ∑m≥1(−1)m+1m(13)m\sum_{m\geq 1}\frac{(-1)^{m+1}}{m}\left(\frac{1}{3}\right)^{m}. Dans b), avec m=n+1m=n+1, le terme est (−1)m+1m(x2)m\frac{(-1)^{m+1}}{m}\left(x^{2}\right)^{m} : c'est x2x^{2} qui doit valoir 13\frac{1}{3}, soit x=13x=\frac{1}{\sqrt{3}}, point de ]−1 ;1[]-1\,;1[. Donc la somme vaut ln⁡(1+13)=ln⁡43≈0,2877\ln\left(1+\frac{1}{3}\right)=\ln\frac{4}{3}\approx 0{,}2877. Contrôle : 13−118+181−1324≈0,2870\frac{1}{3}-\frac{1}{18}+\frac{1}{81}-\frac{1}{324}\approx 0{,}2870, et le terme suivant vaut 11215\frac{1}{1215}. Le piège est de poser x=13x=\frac{1}{3} : on obtient ln⁡109\ln\frac{10}{9}, la valeur de la série en 19\frac{1}{9}.

d) 2x1+x4=2x∑n≥0(−x4)n=∑n≥02(−1)nx4n+1\frac{2x}{1+x^{4}}=2x\sum_{n\geq 0}\left(-x^{4}\right)^{n}=\sum_{n\geq 0}2(-1)^{n}x^{4n+1} pour x4<1x^{4}<1, soit ∣x∣<1|x|<1. C'est la dérivée de arctan⁡(x2)\arctan\left(x^{2}\right), par la dérivation en chaîne, et arctan⁡0=0\arctan 0=0. En intégrant de 00 à xx : arctan⁡(x2)=∑n≥02(−1)nx4n+24n+2=∑n≥0(−1)nx4n+22n+1=x2−x63+x105−⋯\arctan\left(x^{2}\right)=\sum_{n\geq 0}\frac{2(-1)^{n}x^{4n+2}}{4n+2}=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{4n+2}}{2n+1}=x^{2}-\frac{x^{6}}{3}+\frac{x^{10}}{5}-\cdots. Rayon 11 ; aux bornes, ∑(−1)n2n+1\sum\frac{(-1)^{n}}{2n+1} converge par Leibniz : intervalle [−1 ;1][-1\,;1], là encore deux bornes gagnées. Le coefficient de x10x^{10} correspond à 4n+2=104n+2=10, n=2n=2 : 15\frac{1}{5}. On aurait aussi pu substituer x2x^{2} dans la série de arctan⁡\arctan ; la méthode demandée a l'avantage de redonner l'intervalle sans rien supposer.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Une somme exacte : reconnaître la série entière et le point

Les critères de convergence disent si une série numérique converge, jamais vers quoi. Une série entière connue, évaluée en un point de son intervalle de convergence, donne la somme EXACTE. La méthode tient en quatre gestes : reconnaître la série, nommer la fonction et le point, vérifier que le point est dans l'intervalle, évaluer.

On dispose des deux séries obtenues par intégration terme à terme de séries géométriques : −ln⁡(1−x)=∑n≥1xnn-\ln(1-x)=\sum_{n\geq 1}\frac{x^{n}}{n} sur [−1 ;1[[-1\,;1[, et arctan⁡x=∑n≥0(−1)nx2n+12n+1\arctan x=\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}x^{2n+1}}{2n+1} sur [−1 ;1][-1\,;1].

  • a) Calculez ∑n≥12nn 3n\sum_{n\geq 1}\dfrac{2^{n}}{n\,3^{n}}.
  • b) Calculez ∑n≥1n(n+1) 2n\sum_{n\geq 1}\dfrac{n}{(n+1)\,2^{n}}. On pourra écrire nn+1=1−1n+1\frac{n}{n+1}=1-\frac{1}{n+1}.
  • c) Calculez ∑n≥0(−1)n(2n+1) 3n\sum_{n\geq 0}\dfrac{(-1)^{n}}{(2n+1)\,3^{n}}.
  • d) Un élève applique la formule de a) à ∑n≥13nn 2n\sum_{n\geq 1}\dfrac{3^{n}}{n\,2^{n}} et obtient −ln⁡(−12)-\ln\left(-\frac{1}{2}\right), qu'il ne sait pas calculer. Que vaut vraiment cette série ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) −ln⁡(1−23)=ln⁡3≈1,099-\ln\left(1-\frac{2}{3}\right)=\ln 3\approx 1{,}099
  • b) 1−(2ln⁡2−1)=2−2ln⁡2≈0,6141-(2\ln 2-1)=2-2\ln 2\approx 0{,}614
  • c) 3arctan⁡13=π36≈0,907\sqrt{3}\arctan\frac{1}{\sqrt{3}}=\frac{\pi\sqrt{3}}{6}\approx 0{,}907
  • d) Elle diverge : x=32x=\frac{3}{2} est hors de l'intervalle et le terme général tend vers +∞+\infty

a) Le terme général est 1n(23)n\frac{1}{n}\left(\frac{2}{3}\right)^{n} : c'est la série de −ln⁡(1−x)-\ln(1-x) au point x=23x=\frac{2}{3}, qui appartient à [−1 ;1[[-1\,;1[. Donc ∑n≥12nn 3n=−ln⁡(1−23)=−ln⁡13=ln⁡3≈1,0986\sum_{n\geq 1}\frac{2^{n}}{n\,3^{n}}=-\ln\left(1-\frac{2}{3}\right)=-\ln\frac{1}{3}=\ln 3\approx 1{,}0986. Contrôle d'ordre de grandeur : les premiers termes 23+29+881+120\frac{2}{3}+\frac{2}{9}+\frac{8}{81}+\frac{1}{20} font déjà 1,041{,}04, et la série est à termes positifs : une réponse inférieure à 1,041{,}04 serait fausse.

b) On sépare : ∑n≥1n(n+1)2n=∑n≥112n−∑n≥11(n+1)2n\sum_{n\geq 1}\frac{n}{(n+1)2^{n}}=\sum_{n\geq 1}\frac{1}{2^{n}}-\sum_{n\geq 1}\frac{1}{(n+1)2^{n}}, ce qui est permis parce que les deux séries convergent. La première est géométrique et vaut 11. Pour la seconde, il faut aligner la puissance et le dénominateur : 1(n+1)2n=2⋅(1/2)n+1n+1\frac{1}{(n+1)2^{n}}=2\cdot\frac{(1/2)^{n+1}}{n+1}, d'où, avec m=n+1m=n+1, ∑n≥11(n+1)2n=2∑m≥2(1/2)mm=2(−ln⁡12−12)=2ln⁡2−1\sum_{n\geq 1}\frac{1}{(n+1)2^{n}}=2\sum_{m\geq 2}\frac{(1/2)^{m}}{m}=2\left(-\ln\frac{1}{2}-\frac{1}{2}\right)=2\ln 2-1. Le terme m=1m=1, qui vaut 12\frac{1}{2}, manque à la série de −ln⁡(1−x)-\ln(1-x) : l'oublier est l'erreur classique, elle coûte la question. Finalement la somme vaut 1−(2ln⁡2−1)=2−2ln⁡2≈0,61371-(2\ln 2-1)=2-2\ln 2\approx 0{,}6137. Contrôle : 14+212+332+480+5192+6448≈0,600\frac{1}{4}+\frac{2}{12}+\frac{3}{32}+\frac{4}{80}+\frac{5}{192}+\frac{6}{448}\approx 0{,}600, et le reste est petit.

c) Les dénominateurs impairs 2n+12n+1 et le signe alterné désignent arctan⁡\arctan. Mais x2n+1=x(x2)nx^{2n+1}=x\left(x^{2}\right)^{n} : pour obtenir 13n\frac{1}{3^{n}}, il faut x2=13x^{2}=\frac{1}{3}, x=13x=\frac{1}{\sqrt{3}}, et il reste un facteur xx. En ce point de [−1 ;1][-1\,;1], arctan⁡13=π6=13∑n≥0(−1)n(2n+1)3n\arctan\frac{1}{\sqrt{3}}=\frac{\pi}{6}=\frac{1}{\sqrt{3}}\sum_{n\geq 0}\frac{(-1)^{n}}{(2n+1)3^{n}}. Donc la somme vaut 3⋅π6=π36≈0,9069\sqrt{3}\cdot\frac{\pi}{6}=\frac{\pi\sqrt{3}}{6}\approx 0{,}9069. Le piège est de répondre π6≈0,524\frac{\pi}{6}\approx 0{,}524 en oubliant le facteur 13\frac{1}{\sqrt{3}} ; le contrôle le dénonce aussitôt : 1−19+145−1189≈0,9061-\frac{1}{9}+\frac{1}{45}-\frac{1}{189}\approx 0{,}906.

d) Le point serait x=32x=\frac{3}{2}, hors de [−1 ;1[[-1\,;1[ : l'égalité −ln⁡(1−x)=∑xnn-\ln(1-x)=\sum\frac{x^{n}}{n} n'y vaut pas, et l'élève l'a d'ailleurs constaté, puisque ln⁡\ln d'un nombre négatif n'existe pas. Mais l'absence de formule ne prouve rien : il faut étudier la série elle-même. Son terme général (3/2)nn\frac{(3/2)^{n}}{n} tend vers +∞+\infty par croissances comparées, donc la série diverge (test de divergence), vers +∞+\infty puisqu'elle est à termes positifs. Retenez que même là où la formule donnerait un nombre, par exemple en x=−2x=-2 où −ln⁡3-\ln 3 existe, la série diverge : une formule de somme ne vaut que sur l'intervalle de convergence.

Exercice 7 : La suite de Fibonacci cachée dans une fraction rationnelle

Soit f(x)=x1−x−x2f(x)=\dfrac{x}{1-x-x^{2}}. La figure représente sa courbe et ses deux asymptotes verticales, en pointillé, aux racines de 1−x−x21-x-x^{2}. On admet pour l'instant que ff est, près de 00, la somme d'une série entière ∑n≥0cnxn\sum_{n\geq 0}c_{n}x^{n}.

On note φ=1+52\varphi=\frac{1+\sqrt{5}}{2} (le nombre d'or) et ψ=1−52\psi=\frac{1-\sqrt{5}}{2}, de sorte que 1−x−x2=(1−φx)(1−ψx)1-x-x^{2}=(1-\varphi x)(1-\psi x) et φ−ψ=5\varphi-\psi=\sqrt{5}.

-3-2,5-2-1,5-1-0,50,511,5-4-3-2-11234y = f(x)
  • a) En écrivant (1−x−x2)∑n≥0cnxn=x\left(1-x-x^{2}\right)\sum_{n\geq 0}c_{n}x^{n}=x et en identifiant les coefficients, montrez que c0=0c_{0}=0, c1=1c_{1}=1 et cn=cn−1+cn−2c_{n}=c_{n-1}+c_{n-2} pour n≥2n\geq 2. Donnez c6c_{6} et c10c_{10}.
  • b) Déterminez le rayon de convergence, en utilisant la décomposition f(x)=15(11−φx−11−ψx)f(x)=\frac{1}{\sqrt{5}}\left(\frac{1}{1-\varphi x}-\frac{1}{1-\psi x}\right), que vous vérifierez. Reliez le résultat à la figure.
  • c) Calculez ∑n≥0cn2n\sum_{n\geq 0}\dfrac{c_{n}}{2^{n}} et ∑n≥0cn3n\sum_{n\geq 0}\dfrac{c_{n}}{3^{n}}.
  • d) Un élève écrit ∑n≥0cn(23)n=f(23)=−6\sum_{n\geq 0}c_{n}\left(\frac{2}{3}\right)^{n}=f\left(\frac{2}{3}\right)=-6. Montrez que c'est absurde sans aucun calcul, puis dites ce que fait vraiment cette série.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) c0=0c_{0}=0, c1=1c_{1}=1, cn=cn−1+cn−2c_{n}=c_{n-1}+c_{n-2} : suite de Fibonacci, c6=8c_{6}=8, c10=55c_{10}=55
  • b) R=1φ=5−12≈0,618R=\frac{1}{\varphi}=\frac{\sqrt{5}-1}{2}\approx 0{,}618, la distance de 00 à l'asymptote la plus proche
  • c) f(12)=2f\left(\frac{1}{2}\right)=2 et f(13)=35f\left(\frac{1}{3}\right)=\frac{3}{5}
  • d) Absurde (termes positifs, somme négative) : 23>R\frac{2}{3}>R, la série diverge vers +∞+\infty

a) Le produit (1−x−x2)∑cnxn\left(1-x-x^{2}\right)\sum c_{n}x^{n} a pour coefficient de xnx^{n} la somme cn−cn−1−cn−2c_{n}-c_{n-1}-c_{n-2} (avec c−1=c−2=0c_{-1}=c_{-2}=0), et il doit être égal à xx. Coefficient constant : c0=0c_{0}=0. Coefficient de xx : c1−c0=1c_{1}-c_{0}=1, donc c1=1c_{1}=1. Pour n≥2n\geq 2 : cn−cn−1−cn−2=0c_{n}-c_{n-1}-c_{n-2}=0, soit cn=cn−1+cn−2c_{n}=c_{n-1}+c_{n-2}. On reconnaît la suite de Fibonacci : 0,1,1,2,3,5,8,13,21,34,550,1,1,2,3,5,8,13,21,34,55, donc c6=8c_{6}=8 et c10=55c_{10}=55. L'identification est légitime parce que deux séries entières égales sur un intervalle autour de 00 ont les mêmes coefficients ; elle suppose l'existence de la série, que b) établit.

b) Vérification : 11−φx−11−ψx=(1−ψx)−(1−φx)(1−φx)(1−ψx)=(φ−ψ)x1−x−x2=5 x1−x−x2\frac{1}{1-\varphi x}-\frac{1}{1-\psi x}=\frac{(1-\psi x)-(1-\varphi x)}{(1-\varphi x)(1-\psi x)}=\frac{(\varphi-\psi)x}{1-x-x^{2}}=\frac{\sqrt{5}\,x}{1-x-x^{2}}, puisque φ+ψ=1\varphi+\psi=1 et φψ=−1\varphi\psi=-1. Chaque fraction est une série géométrique : 11−φx=∑φnxn\frac{1}{1-\varphi x}=\sum\varphi^{n}x^{n} pour ∣x∣<1φ|x|<\frac{1}{\varphi}, et 11−ψx=∑ψnxn\frac{1}{1-\psi x}=\sum\psi^{n}x^{n} pour ∣x∣<1∣ψ∣=φ|x|<\frac{1}{|\psi|}=\varphi. Leur différence converge là où les deux convergent, soit ∣x∣<1φ|x|<\frac{1}{\varphi} ; et pour 1φ<∣x∣<φ\frac{1}{\varphi}<|x|<\varphi, la première diverge et la seconde converge, donc la différence diverge. D'où R=1φ=5−12≈0,618R=\frac{1}{\varphi}=\frac{\sqrt{5}-1}{2}\approx 0{,}618, et au passage la formule de Binet cn=φn−ψn5c_{n}=\frac{\varphi^{n}-\psi^{n}}{\sqrt{5}}. Sur la figure, les asymptotes sont en 1φ≈0,618\frac{1}{\varphi}\approx 0{,}618 et en −φ≈−1,618-\varphi\approx -1{,}618 : le rayon est la distance de 00 à la plus PROCHE, celle où ff cesse d'exister. Le critère de d'Alembert donne la même chose, cn+1cn→φ\frac{c_{n+1}}{c_{n}}\to\varphi.

c) Les points 12\frac{1}{2} et 13\frac{1}{3} sont dans ]−0,618 ;0,618[]-0{,}618\,;0{,}618[, donc ∑cn2n=f(12)=1/21−12−14=1/21/4=2\sum\frac{c_{n}}{2^{n}}=f\left(\frac{1}{2}\right)=\frac{1/2}{1-\frac{1}{2}-\frac{1}{4}}=\frac{1/2}{1/4}=2 et ∑cn3n=f(13)=1/31−13−19=1/35/9=35\sum\frac{c_{n}}{3^{n}}=f\left(\frac{1}{3}\right)=\frac{1/3}{1-\frac{1}{3}-\frac{1}{9}}=\frac{1/3}{5/9}=\frac{3}{5}. Contrôle : 12+14+28+316+532+864≈1,47\frac{1}{2}+\frac{1}{4}+\frac{2}{8}+\frac{3}{16}+\frac{5}{32}+\frac{8}{64}\approx 1{,}47, série qui monte lentement vers 22 parce que 12\frac{1}{2} est assez proche du rayon.

d) Tous les termes cn(23)nc_{n}\left(\frac{2}{3}\right)^{n} sont positifs ou nuls : leur somme, si elle existait, serait positive, et ne peut pas valoir −6-6. L'erreur est d'avoir évalué la formule hors de l'intervalle de convergence, car 23≈0,667>0,618\frac{2}{3}\approx 0{,}667>0{,}618. Ce que fait vraiment la série : le quotient de deux termes consécutifs est cn+1cn⋅23→2φ3=1+53≈1,079>1\frac{c_{n+1}}{c_{n}}\cdot\frac{2}{3}\to\frac{2\varphi}{3}=\frac{1+\sqrt{5}}{3}\approx 1{,}079>1, donc les termes finissent par croître (critère de d'Alembert) et la série diverge vers +∞+\infty. La fonction ff existe en 23\frac{2}{3}, la série non : c'est tout le chapitre.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est fausse ou incomplète. Dites ce qui ne va pas, donnez l'énoncé correct, et tranchez par un court calcul ou un contre-exemple.

  • a) « La série ∑n≥1xnnn\sum_{n\geq 1}\dfrac{x^{n}}{n\sqrt{n}} converge sur [−1 ;1][-1\,;1]. Sa dérivée terme à terme a le même rayon, donc elle converge aussi sur [−1 ;1][-1\,;1]. »
  • b) « La série ∑n≥1(−1)nxnn 2n\sum_{n\geq 1}\dfrac{(-1)^{n}x^{n}}{n\,2^{n}} converge en x=2x=2, donc elle y converge absolument, comme partout où une série entière converge. »
  • c) « ∑n≥0(x−1)n2n=21−x\sum_{n\geq 0}\dfrac{(x-1)^{n}}{2^{n}}=\dfrac{2}{1-x}, puisque c'est une série géométrique. »
  • d) « En remplaçant xx par −x-x dans 1(1−x)2=∑n≥0(n+1)xn\dfrac{1}{(1-x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)x^{n}, on obtient 1(1+x)2=∑n≥0(n+1)xn\dfrac{1}{(1+x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)x^{n}. »
  • e) « ∑n≥0xn3n=33−x\sum_{n\geq 0}\dfrac{x^{n}}{3^{n}}=\dfrac{3}{3-x} ; la formule donne 12\frac{1}{2} en x=−3x=-3, donc la série vaut 12\frac{1}{2} en x=−3x=-3. »

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a)
Intervalle de la dérivée ;
b)
c)
Intervalle ;
d)
e)
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Réponses

  • a) Faux : la dérivée ∑xn−1n\sum\frac{x^{n-1}}{\sqrt{n}} converge sur [−1 ;1[[-1\,;1[ seulement ; dériver peut faire perdre une borne
  • b) Faux : en x=2x=2 c'est ∑(−1)nn\sum\frac{(-1)^{n}}{n}, convergence conditionnelle ; l'absolue n'est garantie que pour ∣x∣<2|x|<2
  • c) Faux : la raison est x−12\frac{x-1}{2}, la somme vaut 23−x\frac{2}{3-x} sur ]−1 ;3[]-1\,;3[ ; en x=2x=2, elle vaut 22
  • d) Faux : 1(1+x)2=∑n≥0(−1)n(n+1)xn\frac{1}{(1+x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(-1)^{n}(n+1)x^{n} ; coefficient de x5x^{5} : −6-6
  • e) Faux : x=−3x=-3 est une borne, la série ∑(−1)n\sum(-1)^{n} y diverge

a) La première phrase est juste : en x=±1x=\pm 1, la valeur absolue du terme est 1n3/2\frac{1}{n^{3/2}}, série de Riemann convergente. La seconde est fausse. La dérivée terme à terme est ∑n≥1xn−1n\sum_{n\geq 1}\frac{x^{n-1}}{\sqrt{n}}, de rayon 11 comme le promet le théorème. Mais en x=1x=1, c'est ∑1n\sum\frac{1}{\sqrt{n}}, Riemann avec p=12p=\frac{1}{2}, divergente ; en x=−1x=-1, c'est ∑(−1)n−1n\sum\frac{(-1)^{n-1}}{\sqrt{n}}, convergente par Leibniz. Intervalle [−1 ;1[[-1\,;1[. Énoncé correct : dériver conserve le RAYON, et peut faire PERDRE des bornes, parce que le terme général est multiplié par nn ; intégrer peut en faire gagner (exercice 5).

b) En x=2x=2, la série est ∑(−1)n2nn 2n=∑(−1)nn\sum\frac{(-1)^{n}2^{n}}{n\,2^{n}}=\sum\frac{(-1)^{n}}{n} : elle converge par Leibniz, mais la série des valeurs absolues est la série harmonique, divergente. La convergence est conditionnelle. Le rayon vaut 22 (le critère donne ∣x∣2\frac{|x|}{2}), et x=2x=2 est une BORNE. Énoncé correct : une série entière converge absolument en tout point où ∣x−a∣<R|x-a|<R ; aux bornes, tout peut arriver, y compris la convergence conditionnelle.

c) La raison de cette série géométrique est u=x−12u=\frac{x-1}{2}, et sa somme est 11−u=11−x−12=22−(x−1)=23−x\frac{1}{1-u}=\frac{1}{1-\frac{x-1}{2}}=\frac{2}{2-(x-1)}=\frac{2}{3-x}, valable si ∣x−1∣<2|x-1|<2, soit x∈ ]−1 ;3[x\in\,]-1\,;3[. L'affirmation a traité le 11 de x−1x-1 comme s'il était le 11 de 1−u1-u. Contrôle en x=1x=1 : la série vaut 11 (seul le terme n=0n=0 reste), et 23−1=1\frac{2}{3-1}=1, alors que la formule fausse donne 20\frac{2}{0}. En x=2x=2 : la série est ∑12n=2\sum\frac{1}{2^{n}}=2, la bonne formule donne 22, la fausse −2-2. Une valeur au centre suffit à démasquer une somme fausse.

d) Remplacer xx par −x-x change xnx^{n} en (−x)n=(−1)nxn(-x)^{n}=(-1)^{n}x^{n} : 1(1+x)2=∑n≥0(−1)n(n+1)xn=1−2x+3x2−4x3+⋯\frac{1}{(1+x)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(-1)^{n}(n+1)x^{n}=1-2x+3x^{2}-4x^{3}+\cdots, pour ∣x∣<1|x|<1. L'affirmation a remplacé xx dans la fonction mais pas dans la série, et sa série est celle de 1(1−x)2\frac{1}{(1-x)^{2}}. Contrôle en x=0,1x=0{,}1 : 11,21≈0,826\frac{1}{1{,}21}\approx 0{,}826, et 1−0,2+0,03−0,004≈0,8261-0{,}2+0{,}03-0{,}004\approx 0{,}826, alors que la série fausse donne environ 1,2351{,}235. Le coefficient de x5x^{5} vaut (−1)5×6=−6(-1)^{5}\times 6=-6.

e) L'égalité ∑xn3n=33−x\sum\frac{x^{n}}{3^{n}}=\frac{3}{3-x} vaut pour ∣x3∣<1\left|\frac{x}{3}\right|<1, c'est-à-dire sur ]−3 ;3[]-3\,;3[ seulement. En x=−3x=-3, la série devient ∑(−1)n=1−1+1−⋯\sum(-1)^{n}=1-1+1-\cdots, dont les sommes partielles valent 1,0,1,0,…1,0,1,0,\dots : elle diverge, son terme général ne tendant pas vers 00. La fonction 33−x\frac{3}{3-x}, elle, existe en −3-3 et y vaut 12\frac{1}{2}, la moyenne des sommes partielles, ce qui rend l'erreur tentante. Énoncé correct : la série représente la fonction sur l'intervalle de convergence, et nulle part ailleurs.

Exercice 9 : La fonction de Bessel J0 et la membrane d'un tambour

Quand la membrane circulaire d'un tambour vibre dans son mode fondamental, son déplacement à la distance ρ\rho du centre est proportionnel à J0(kρ)J_{0}(k\rho), où J0J_{0} est la fonction de Bessel d'ordre 00, DÉFINIE par sa série : J0(x)=∑n≥0(−1)nx2n4n(n!)2=1−x24+x464−x62304+⋯J_{0}(x)=\sum_{n\geq 0}\dfrac{(-1)^{n}x^{2n}}{4^{n}(n!)^{2}}=1-\dfrac{x^{2}}{4}+\dfrac{x^{4}}{64}-\dfrac{x^{6}}{2304}+\cdots

Le bord de la membrane ne bouge pas : la hauteur du son est fixée par le PREMIER zéro positif de J0J_{0}. Aucune formule fermée n'existe pour J0J_{0} ; tout se fait sur la série, sans calculatrice. On note SN(x)S_{N}(x) la somme des termes de n=0n=0 à n=Nn=N.

  • a) Déterminez le domaine de J0J_{0}, c'est-à-dire l'intervalle de convergence de sa série.
  • b) Calculez J0(1)J_{0}(1) à 10−310^{-3} près en justifiant le nombre de termes, et donnez le résultat sous forme de fraction.
  • c) Dérivez terme à terme : donnez la série de J0′J_{0}', son rayon, la valeur J0′(0)J_{0}'(0) et le coefficient de x3x^{3}. Que dit le signe de J0′J_{0}' près de 00 sur la forme de la membrane ?
  • d) Calculez S3(2)S_{3}(2) et S4(3)S_{4}(3), encadrez J0(2)J_{0}(2) et J0(3)J_{0}(3) et montrez que J0J_{0} s'annule entre 22 et 33. Quel théorème permet de conclure, et quelle propriété de J0J_{0} exige-t-il ?

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a)
Domaine ;
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) R=+∞R=+\infty : J0J_{0} est définie sur R\mathbb{R}
  • b) J0(1)≈S2(1)=4964J_{0}(1)\approx S_{2}(1)=\frac{49}{64}, erreur inférieure à 12304\frac{1}{2304} ; trois termes
  • c) J0′(x)=∑n≥1(−1)n2n x2n−14n(n!)2=−x2+x316−⋯J_{0}'(x)=\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n}2n\,x^{2n-1}}{4^{n}(n!)^{2}}=-\frac{x}{2}+\frac{x^{3}}{16}-\cdots, R=+∞R=+\infty, J0′(0)=0J_{0}'(0)=0 ; la membrane est bombée au centre
  • d) S3(2)=29S_{3}(2)=\frac{2}{9}, J0(2)∈[29 ;129576]J_{0}(2)\in\left[\frac{2}{9}\,;\frac{129}{576}\right] ; S4(3)≈−0,256S_{4}(3)\approx -0{,}256, J0(3)<S4(3)<0J_{0}(3)<S_{4}(3)<0 ; zéro dans ]2 ;3[]2\,;3[ par le théorème des valeurs intermédiaires (J0J_{0} continue)

a) Pour x≠0x\neq 0, avec an=(−1)nx2n4n(n!)2a_{n}=\frac{(-1)^{n}x^{2n}}{4^{n}(n!)^{2}}, ∣an+1an∣=x24(n+1)2→0<1\left|\frac{a_{n+1}}{a_{n}}\right|=\frac{x^{2}}{4(n+1)^{2}}\to 0<1, quel que soit xx. Le critère de d'Alembert donne la convergence absolue partout : R=+∞R=+\infty et J0J_{0} est définie sur R\mathbb{R}. Le carré (n!)2(n!)^{2} écrase toute puissance de xx : il n'y a pas de borne à tester.

b) En x=1x=1, la série 1−14+164−12304+1147456−⋯1-\frac{1}{4}+\frac{1}{64}-\frac{1}{2304}+\frac{1}{147456}-\cdots est alternée, et ses termes bn=14n(n!)2b_{n}=\frac{1}{4^{n}(n!)^{2}} décroissent vers 00 : le critère de Leibniz s'applique, avec la borne du reste vue au chapitre des séries, ∣J0(1)−SN(1)∣≤bN+1|J_{0}(1)-S_{N}(1)|\leq b_{N+1}. Elle s'applique ici parce que J0J_{0} est DÉFINIE par cette série. b2=164≈0,016b_{2}=\frac{1}{64}\approx 0{,}016 est trop grand, b3=12304≈0,00043<10−3b_{3}=\frac{1}{2304}\approx 0{,}00043<10^{-3} convient : on garde les trois termes n=0,1,2n=0,1,2, S2(1)=1−14+164=4964=0,765625S_{2}(1)=1-\frac{1}{4}+\frac{1}{64}=\frac{49}{64}=0{,}765625. Le premier terme négligé est négatif, donc S2S_{2} surestime : 4964−12304<J0(1)<4964\frac{49}{64}-\frac{1}{2304}<J_{0}(1)<\frac{49}{64}, soit 0,7652<J0(1)<0,76570{,}7652<J_{0}(1)<0{,}7657.

c) Le théorème autorise la dérivation terme à terme sur tout R\mathbb{R}, et le rayon reste +∞+\infty. Le terme constant disparaît : J0′(x)=∑n≥1(−1)n 2n x2n−14n(n!)2=−x2+x316−x5384+⋯J_{0}'(x)=\sum_{n\geq 1}\frac{(-1)^{n}\,2n\,x^{2n-1}}{4^{n}(n!)^{2}}=-\frac{x}{2}+\frac{x^{3}}{16}-\frac{x^{5}}{384}+\cdots (pour n=2n=2 : 416×4=116\frac{4}{16\times 4}=\frac{1}{16}). Donc J0′(0)=0J_{0}'(0)=0 : la membrane a une tangente horizontale au centre. Pour x>0x>0 petit, J0′(x)≈−x2<0J_{0}'(x)\approx-\frac{x}{2}<0 : le déplacement diminue quand on s'éloigne du centre, qui est donc le point le plus haut ; la membrane est bombée en son milieu, comme on l'attend du mode fondamental. Remarque : −J0′-J_{0}' est la fonction de Bessel d'ordre 11, notée J1J_{1}.

d) En x=2x=2, les termes sont 1(n!)2\frac{1}{(n!)^{2}} : 1,1,14,136,1576,…1,1,\frac{1}{4},\frac{1}{36},\frac{1}{576},\dots, alternés et décroissants (au sens large) vers 00. S3(2)=1−1+14−136=29≈0,222S_{3}(2)=1-1+\frac{1}{4}-\frac{1}{36}=\frac{2}{9}\approx 0{,}222 et S4(2)=29+1576=129576≈0,224S_{4}(2)=\frac{2}{9}+\frac{1}{576}=\frac{129}{576}\approx 0{,}224 ; J0(2)J_{0}(2) est entre les deux, donc J0(2)>0J_{0}(2)>0. En x=3x=3, les termes valent (9/4)n(n!)2\frac{(9/4)^{n}}{(n!)^{2}} : 11, 2,252{,}25, 1,271{,}27, 0,3160{,}316, 0,04450{,}0445, 0,00400{,}0040... Ils ne décroissent qu'à partir de n=1n=1, puisque b0=1<b1=2,25b_{0}=1<b_{1}=2{,}25 : on applique Leibniz à la série privée de son premier terme, ce qui laisse valable l'encadrement par deux sommes partielles consécutives à partir de S1S_{1}. S4(3)=−37791147456≈−0,256S_{4}(3)=-\frac{37791}{147456}\approx -0{,}256 et S5(3)≈−0,260S_{5}(3)\approx -0{,}260, donc J0(3)<0J_{0}(3)<0. Le théorème des valeurs intermédiaires conclut à l'existence d'un zéro dans ]2 ;3[]2\,;3[, à condition que J0J_{0} soit CONTINUE sur [2 ;3][2\,;3] : c'est le cas, car la somme d'une série entière est dérivable, donc continue, à l'intérieur de son intervalle de convergence, ici R\mathbb{R}. Le premier zéro vaut environ 2,4052{,}405.

0,511,522,533,54-1-0,50,511,5J₀S₂ (pointillé)S₃zéro ≈ 2,405

Exercice 10 : Le champ d'un dipôle, loin des charges

Deux charges ponctuelles −q-q et +q+q sont placées sur un axe, en x=−ax=-a et en x=ax=a (figure). En un point PP de l'axe, à la distance r>ar>a du milieu OO, du côté de +q+q, la loi de Coulomb donne le champ électrique E=kq(r−a)2−kq(r+a)2E=\dfrac{kq}{(r-a)^{2}}-\dfrac{kq}{(r+a)^{2}}, où kk est la constante de Coulomb. On pose u=aru=\dfrac{a}{r}, de sorte que E=kqr2[1(1−u)2−1(1+u)2]E=\dfrac{kq}{r^{2}}\left[\dfrac{1}{(1-u)^{2}}-\dfrac{1}{(1+u)^{2}}\right].

On utilise 1(1−u)2=∑n≥0(n+1)un\dfrac{1}{(1-u)^{2}}=\sum_{n\geq 0}(n+1)u^{n} pour ∣u∣<1|u|<1, établi à l'exercice 4.

−q+qPr−aOa
  • a) Représentez le crochet 1(1−u)2−1(1+u)2\dfrac{1}{(1-u)^{2}}-\dfrac{1}{(1+u)^{2}} par une série entière en uu. Pourquoi les puissances paires disparaissent-elles ? Donnez les coefficients de u3u^{3} et de u4u^{4}.
  • b) Pour quelles positions de PP sur l'axe, du côté de +q+q, cette série représente-t-elle exactement le champ ?
  • c) Gardez le premier terme : montrez que E≈4kqar3E\approx\dfrac{4kqa}{r^{3}}. Selon quelle puissance de rr le champ d'un dipôle décroît-il, comparé à celui d'une charge seule ?
  • d) Montrez que le crochet vaut exactement 4u(1−u2)2\dfrac{4u}{\left(1-u^{2}\right)^{2}}, puis que l'erreur relative commise en c) vaut 1(1−u2)2−1\dfrac{1}{\left(1-u^{2}\right)^{2}}-1. Calculez-la en fraction pour r=10ar=10a, puis en pour cent.
  • e) L'erreur relative est la somme des termes ∑k≥1(k+1)u2k\sum_{k\geq 1}(k+1)u^{2k}, tous positifs : déduisez-en qu'elle dépasse 2u22u^{2}, puis qu'il faut au moins r>102 ar>10\sqrt{2}\,a pour qu'elle soit inférieure à 1 %1\ \%. La distance r=15ar=15a suffit-elle ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ∑n≥0(n+1)(1−(−1)n)un=∑k≥04(k+1)u2k+1=4u+8u3+12u5+⋯\sum_{n\geq 0}(n+1)\left(1-(-1)^{n}\right)u^{n}=\sum_{k\geq 0}4(k+1)u^{2k+1}=4u+8u^{3}+12u^{5}+\cdots ; coefficients 88 et 00
  • b) Pour tout r>ar>a, c'est-à-dire tout point de l'axe au-delà de +q+q
  • c) E≈kqr2⋅4ar=4kqar3E\approx\frac{kq}{r^{2}}\cdot\frac{4a}{r}=\frac{4kqa}{r^{3}} : décroissance en r−3r^{-3}, contre r−2r^{-2} pour une charge seule
  • d) 1999801≈2,03 %\frac{199}{9801}\approx 2{,}03\ \% pour r=10ar=10a
  • e) Erreur >2u2>2u^{2}, donc 2u2<0,012u^{2}<0{,}01 exige r>102 a≈14,14 ar>10\sqrt{2}\,a\approx 14{,}14\,a ; r=15ar=15a suffit : 44950176≈0,89 %\frac{449}{50176}\approx 0{,}89\ \%

a) Avec u→−uu\to-u dans la série donnée : 1(1+u)2=∑(n+1)(−1)nun\frac{1}{(1+u)^{2}}=\sum(n+1)(-1)^{n}u^{n}. La différence est ∑n≥0(n+1)(1−(−1)n)un\sum_{n\geq 0}(n+1)\left(1-(-1)^{n}\right)u^{n}. Pour nn pair, 1−(−1)n=01-(-1)^{n}=0 : les puissances paires s'annulent, parce que le crochet est une fonction IMPAIRE de uu (échanger uu et −u-u échange les deux fractions). Pour n=2k+1n=2k+1 impair, le coefficient vaut 2(2k+2)=4(k+1)2(2k+2)=4(k+1). Donc le crochet vaut 4u+8u3+12u5+16u7+⋯4u+8u^{3}+12u^{5}+16u^{7}+\cdots : coefficient 88 pour u3u^{3}, 00 pour u4u^{4}.

b) Les deux séries utilisées convergent pour ∣u∣<1|u|<1, et la différence aussi ; leur rayon est 11. Or u=aru=\frac{a}{r} est compris entre 00 et 11 exactement quand r>ar>a : la série représente le champ en TOUT point de l'axe situé au-delà de la charge +q+q, aussi proche soit-il. Le rayon a un sens physique : il s'arrête en u=1u=1, c'est-à-dire sur la charge +q+q, où le champ devient infini. Le développement n'est pas seulement valable « loin » : il est exact partout au-delà de +q+q, et c'est sa troncature qui demande d'être loin.

c) En gardant 4u4u : E≈kqr2⋅4⋅ar=4kqar3E\approx\frac{kq}{r^{2}}\cdot 4\cdot\frac{a}{r}=\frac{4kqa}{r^{3}}, soit 2kpr3\frac{2kp}{r^{3}} avec le moment dipolaire p=2qap=2qa. Le champ d'un dipôle décroît en r−3r^{-3}, une puissance de plus que le champ kqr2\frac{kq}{r^{2}} d'une charge seule : vues de loin, les deux charges opposées se compensent presque, et il ne reste que leur faible décalage, mesuré par uu.

d) Au même dénominateur : (1+u)2−(1−u)2(1−u)2(1+u)2=4u(1−u2)2\frac{(1+u)^{2}-(1-u)^{2}}{(1-u)^{2}(1+u)^{2}}=\frac{4u}{\left(1-u^{2}\right)^{2}}. L'erreur relative de c) est E−E1E1\frac{E-E_{1}}{E_{1}} avec E1=kqr2⋅4uE_{1}=\frac{kq}{r^{2}}\cdot 4u, soit 4u/(1−u2)24u−1=1(1−u2)2−1\frac{4u/(1-u^{2})^{2}}{4u}-1=\frac{1}{\left(1-u^{2}\right)^{2}}-1. On retrouve d'ailleurs la série : 4u(1−u2)2=4u∑(k+1)u2k\frac{4u}{(1-u^{2})^{2}}=4u\sum(k+1)u^{2k}, la série de l'exercice 4 en u2u^{2}. Pour r=10ar=10a, u2=1100u^{2}=\frac{1}{100} et 1(99/100)2−1=100009801−1=1999801\frac{1}{(99/100)^{2}}-1=\frac{10000}{9801}-1=\frac{199}{9801}, un peu plus de 20010000\frac{200}{10000} à cause du dénominateur : environ 2,03 %2{,}03\ \%. À dix fois l'écartement des charges, la formule du dipôle se trompe donc encore de 2 %2\ \%.

e) 1(1−u2)2−1=∑k≥1(k+1)(u2)k=2u2+3u4+4u6+⋯\frac{1}{(1-u^{2})^{2}}-1=\sum_{k\geq 1}(k+1)\left(u^{2}\right)^{k}=2u^{2}+3u^{4}+4u^{6}+\cdots, et tous ces termes sont positifs : la somme dépasse son premier terme 2u22u^{2}. Une erreur inférieure à 1 %1\ \% exige donc 2u2<11002u^{2}<\frac{1}{100}, soit u2<1200u^{2}<\frac{1}{200}, ra>200=102≈14,14\frac{r}{a}>\sqrt{200}=10\sqrt{2}\approx 14{,}14. C'est une condition NÉCESSAIRE, pas suffisante : il faut vérifier un candidat. Pour r=15ar=15a, u2=1225u^{2}=\frac{1}{225} et l'erreur vaut (225224)2−1=44950176\left(\frac{225}{224}\right)^{2}-1=\frac{449}{50176} ; comme 44900<5017644900<50176, elle est inférieure à 1100\frac{1}{100}, environ 0,89 %0{,}89\ \% : r=15ar=15a suffit. Le seuil exact est entre 14,14 a14{,}14\,a et 15 a15\,a (il vaut environ 14,2 a14{,}2\,a). Le raisonnement est celui de l'ingénieur : une minoration élimine d'un coup toutes les distances trop courtes, un seul calcul exact valide la réponse.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-series-entieres. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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