Exercice 1 : Trois séries, trois façons de trancher une borne
Pour une série entière , le critère de d'Alembert ou celui de Cauchy, appliqué à la valeur absolue du terme général pour fixé, donne le rayon de convergence : la série converge absolument si et diverge si . Aux deux bornes , la limite du critère vaut exactement et il ne décide rien : chaque borne se remplace dans la série, qui devient une série numérique, et se tranche avec les critères du chapitre précédent.
- a) Déterminez le rayon et l'intervalle de convergence de .
- b) Même question pour .
- c) Même question pour . Quel critère donne le rayon le plus directement ?
- d) Pour chacune des quatre bornes des questions a) et b), dites si la série y converge absolument, conditionnellement, ou si elle diverge, en nommant le critère qui décide.
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Réponses
- a) ; intervalle
- b) Centre , ; intervalle
- c) (critère de Cauchy) ; intervalle , les deux bornes tombent par le test de divergence
- d) a) : absolue en (Riemann, ) ; b) : conditionnelle en (Leibniz), divergence en (Riemann, )
a) Avec et fixé, . Le critère de d'Alembert donne la convergence absolue si , la divergence si : . Le piège est d'écrire par réflexe : la puissance est au NUMÉRATEUR, elle accélère la croissance des termes et rétrécit le rayon. Bornes : en , la série devient , série de Riemann avec , convergente ; en , elle devient , dont la série des valeurs absolues est la même série de Riemann : convergence absolue. Intervalle : .
b) Le centre est . , inférieur à si et seulement si : , et la série converge absolument sur . En , se simplifie et il reste : Riemann avec , divergente. En , il reste : la suite est décroissante et tend vers , donc le critère des séries alternées (Leibniz) donne la convergence ; mais la série des valeurs absolues est celle de , divergente. La convergence en est donc CONDITIONNELLE. Intervalle : , dissymétrique, ce qui est normal : rien n'oblige les deux bornes à se comporter de la même façon. L'erreur qui coûte la question est de conclure en « diverge, car la valeur absolue diverge » : la divergence absolue ne dit rien de la convergence.
c) Le terme général est une puissance -ième : le critère de Cauchy est le plus direct. , donc . D'Alembert marcherait aussi, au prix du quotient , qui tend vers . Aux bornes, le terme général a pour valeur absolue , suite croissante de limite (chapitre des suites). En comme en , le terme général ne tend pas vers : le test de divergence suffit, les deux bornes sont exclues. Intervalle : . En , la série est alternée, et c'est le piège : invoquer Leibniz alors que ses hypothèses (termes décroissants de limite nulle) échouent. Une série alternée ne converge pas « parce qu'elle alterne ».
d) En résumé, chaque borne a eu son propre critère, et aucun n'était celui qui a donné le rayon. En pour a) : convergence absolue, par comparaison à la série de Riemann . En pour b) : convergence conditionnelle, Leibniz pour la série, Riemann () pour la divergence de la valeur absolue. En pour b) : divergence, Riemann. Retenez le contraste entre a) et b) : quand les deux bornes ont la même série des valeurs absolues, ce qui est toujours le cas pour une série entière, la convergence ABSOLUE se décide pour les deux bornes à la fois ; seule la convergence conditionnelle peut les séparer.
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