Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Les suites

Les suites : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Voici dix exercices corrigés sur les suites, le premier chapitre de MTH1101, le cours de Calcul I de première année à Polytechnique Montréal (section 1.1 de Stewart, « Calcul à plusieurs variables », qui y joint la démonstration par récurrence). Le chapitre reprend le 201-NYB, mais il prépare autre chose : les séries, les séries entières et les approximations de Taylor qui suivent reposent toutes sur une limite de suite bien PROUVÉE et sur une erreur bien BORNÉE.

Le fil de la série tient en une phrase : une limite se prouve avant de se calculer. Tant qu'on n'a pas établi qu'elle existe, par la monotonie et une borne, par un encadrement, par la fonction associée ou par une contraction, l'équation L=f(L)L=f(L) et la règle de L'Hospital ne fournissent qu'un candidat. Et quand une suite sert à approcher un nombre, comme 2\sqrt2 ou 10\sqrt{10}, la réponse attendue est une valeur ET sa borne d'erreur garantie.

Les pièges que le corrigé désigne : la règle de L'Hospital appliquée à ana_n au lieu de f(x)f(x), un point fixe calculé pour une suite qui diverge, une somme dont le nombre de termes grandit traitée terme à terme, la forme ∞0\infty^0 prise pour 11, une inégalité stricte conservée à la limite, une récurrence sans hérédité. Comme au contrôle périodique 1 de MTH1101, tout se fait sans calculatrice ; seul document permis, votre aide-mémoire d'une feuille recto verso. Les réponses sont exactes, et chaque sous-question se vérifie en ligne.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • • Si an=f(n)a_n=f(n) et lim⁡x→∞f(x)=L\lim_{x\to\infty}f(x)=L, alors an→La_n\to L. La règle de L'Hospital s'applique à ff, jamais à ana_n ; la réciproque est fausse.
  • • Sandwich : bn≤an≤cnb_n\le a_n\le c_n et bn→Lb_n\to L, cn→Lc_n\to L entraînent an→La_n\to L. Si ∣an∣≤cn→0|a_n|\le c_n\to 0, alors an→0a_n\to 0.
  • • rn→0r^n\to 0 si ∣r∣<1|r|<1, vaut 11 si r=1r=1, tend vers +∞+\infty si r>1r>1, diverge sans limite si r≤−1r\le -1.
  • • Croissances comparées, pour p,k>0p,k>0 et a>1a>1 : (ln⁡n)p≪nk≪an≪n!≪nn(\ln n)^p\ll n^k\ll a^n\ll n!\ll n^n.
  • • Toute suite croissante et majorée (ou décroissante et minorée) converge. Toute suite convergente est bornée ; la réciproque est fausse.
  • • Suite récurrente an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_n) : PROUVER la convergence d'abord, puis, ff continue, L=f(L)L=f(L) ; les bornes établies choisissent parmi les candidats.
  • • Le passage à la limite conserve les inégalités larges : an>0a_n>0 donne seulement L≥0L\ge 0.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Passer par la fonction : L'Hospital sur f(x), jamais sur la suite

Une suite n'est définie qu'aux entiers : elle n'a pas de dérivée, et la règle de L'Hospital ne s'applique jamais à ana_n directement. Le pont est un théorème : si an=f(n)a_n=f(n) pour tout entier nn et si lim⁡x→∞f(x)=L\lim_{x\to\infty}f(x)=L, alors lim⁡n→∞an=L\lim_{n\to\infty}a_n=L. On calcule donc la limite de la FONCTION ff d'une variable réelle, puis on la transporte à la suite.

La figure montre la courbe de f(x)=(ln⁡x)2xf(x)=\frac{(\ln x)^2}{x} et les termes an=(ln⁡n)2na_n=\frac{(\ln n)^2}{n}, posés sur elle, pour 1≤n≤401\le n\le 40. Sans calculatrice.

5101520253035400,10,20,30,40,50,6y = (ln x)² / xpoints : aₙn
  • a) Calculez lim⁡n→∞(ln⁡n)2n\lim_{n\to\infty}\frac{(\ln n)^2}{n} en passant par f(x)=(ln⁡x)2xf(x)=\frac{(\ln x)^2}{x}, et rédigez le passage de ff à la suite.
  • b) Calculez f′(x)f'(x). À partir de quel rang la décroissance de (an)(a_n) est-elle GARANTIE par l'étude de ff ? Donnez l'abscisse du maximum de ff au centième.
  • c) Calculez lim⁡n→∞n(e2/n−1)\lim_{n\to\infty}n\left(e^{2/n}-1\right).
  • d) Calculez lim⁡n→∞(2n)1/ln⁡n\lim_{n\to\infty}(2n)^{1/\ln n}. La base tend vers l'infini et l'exposant vers 00 : la limite vaut-elle 11 ?
  • e) Un étudiant écrit, pour lim⁡n23n\lim\frac{n^2}{3^n} : « je dérive par rapport à nn : (n2)′(3n)′=2nn 3n−1=63n→0\frac{(n^2)'}{(3^n)'}=\frac{2n}{n\,3^{n-1}}=\frac{6}{3^n}\to 0 ». La réponse 00 est juste, la copie vaut zéro. Relevez les deux fautes et rédigez correctement.

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Réponses

  • a) lim⁡x→∞f(x)=0\lim_{x\to\infty}f(x)=0 (L'Hospital deux fois), donc lim⁡an=0\lim a_n=0
  • b) f′(x)=ln⁡x (2−ln⁡x)x2<0f'(x)=\frac{\ln x\,(2-\ln x)}{x^2}<0 pour x>e2≈7,39x>e^2\approx 7{,}39 : (an)(a_n) décroît garantie à partir du rang 88
  • c) lim⁡n(e2/n−1)=2\lim n\left(e^{2/n}-1\right)=2
  • d) ln⁡an=ln⁡2+ln⁡nln⁡n→1\ln a_n=\frac{\ln 2+\ln n}{\ln n}\to 1, donc an→ea_n\to e, pas 11
  • e) L'Hospital sur une suite et (3x)′=3xln⁡3(3^x)'=3^x\ln 3 ; juste : f(x)=x23xf(x)=\frac{x^2}{3^x}, deux fois L'Hospital, limite 00

a) On pose f(x)=(ln⁡x)2xf(x)=\frac{(\ln x)^2}{x} sur [1 ;+∞[[1\,;+\infty[ : f(n)=anf(n)=a_n pour tout entier n≥1n\ge 1. Quand x→∞x\to\infty, numérateur et dénominateur tendent vers +∞+\infty : forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}, et ff est dérivable, donc la règle de L'Hospital s'applique À LA FONCTION : lim⁡x→∞(ln⁡x)2x=lim⁡x→∞2ln⁡x⋅1x1=lim⁡x→∞2ln⁡xx\lim_{x\to\infty}\frac{(\ln x)^2}{x}=\lim_{x\to\infty}\frac{2\ln x\cdot\frac{1}{x}}{1}=\lim_{x\to\infty}\frac{2\ln x}{x}, encore ∞∞\frac{\infty}{\infty}, et une seconde application donne lim⁡2/x1=0\lim\frac{2/x}{1}=0. Rédaction attendue : « comme lim⁡x→∞f(x)=0\lim_{x\to\infty}f(x)=0 et an=f(n)a_n=f(n), on a lim⁡n→∞an=0\lim_{n\to\infty}a_n=0 ». Ce théorème ne marche que dans CE sens : la fonction décide pour la suite, jamais l'inverse. La figure le confirme, mais elle montre aussi que les premiers termes MONTENT : regarder a1,…,a7a_1,\dots,a_7 ne dit rien de la limite, qui est un énoncé sur la queue de la suite.

b) f′(x)=2ln⁡x⋅1x⋅x−(ln⁡x)2x2=ln⁡x (2−ln⁡x)x2f'(x)=\frac{2\ln x\cdot\frac{1}{x}\cdot x-(\ln x)^2}{x^2}=\frac{\ln x\,(2-\ln x)}{x^2}. Pour x>1x>1, ln⁡x>0\ln x>0, donc f′(x)f'(x) a le signe de 2−ln⁡x2-\ln x : positif sur ]1 ;e2[]1\,;e^2[, négatif sur ]e2 ;+∞[]e^2\,;+\infty[. Le maximum de ff est en x=e2≈7,39x=e^2\approx 7{,}39, où f(e2)=4e2f(e^2)=\frac{4}{e^2}. Comme ff est décroissante sur [e2 ;+∞[[e^2\,;+\infty[ et que 8>e28>e^2, on a a8>a9>a10>…a_8>a_9>a_{10}>\dots : la décroissance est GARANTIE à partir du rang 88. Rien n'est garanti entre a7a_7 et a8a_8, car 77 et 88 sont de part et d'autre du sommet : une fonction décroissante donne une suite décroissante, mais le sommet de ff ne dit pas lequel des deux entiers voisins porte le plus grand terme. Il faudrait comparer 8(ln⁡7)28(\ln 7)^2 et 7(ln⁡8)27(\ln 8)^2, ce que la question ne demande pas.

c) Forme ∞⋅0\infty\cdot 0. On pose g(x)=x(e2/x−1)=e2/x−11/xg(x)=x\left(e^{2/x}-1\right)=\frac{e^{2/x}-1}{1/x}, forme 00\frac{0}{0} en +∞+\infty. L'Hospital sur gg : la dérivée du numérateur est e2/x⋅(−2x2)e^{2/x}\cdot\left(-\frac{2}{x^2}\right), celle du dénominateur −1x2-\frac{1}{x^2}, et le quotient vaut 2e2/x→2e0=22e^{2/x}\to 2e^0=2. Donc lim⁡n(e2/n−1)=2\lim n\left(e^{2/n}-1\right)=2. Le geste préalable est de RÉÉCRIRE le produit en quotient : L'Hospital ne s'applique qu'à 00\frac{0}{0} ou ∞∞\frac{\infty}{\infty}. Vérification de vraisemblance : pour n=100n=100, e0,02≈1+0,02+0,0002e^{0{,}02}\approx 1+0{,}02+0{,}0002, d'où a100≈2,02a_{100}\approx 2{,}02.

d) Une puissance dont la base et l'exposant bougent se traite par le logarithme. ln⁡an=ln⁡(2n)ln⁡n=ln⁡2+ln⁡nln⁡n=1+ln⁡2ln⁡n→1\ln a_n=\frac{\ln(2n)}{\ln n}=\frac{\ln 2+\ln n}{\ln n}=1+\frac{\ln 2}{\ln n}\to 1. La fonction exponentielle est continue, donc an=eln⁡an→e1=ea_n=e^{\ln a_n}\to e^1=e. La forme ∞0\infty^0 est indéterminée : « l'exposant tend vers 00 donc tout tend vers 11 » est faux, parce que la base grandit pendant que l'exposant rapetisse, et c'est la course entre les deux qui décide. Ici aucune règle de L'Hospital n'est même nécessaire, la simplification du logarithme suffit. Le résultat est lent à se voir : pour n=1012n=10^{12}, ln⁡an≈1,025\ln a_n\approx 1{,}025 seulement.

e) Première faute : la règle de L'Hospital est appliquée à la SUITE, qui n'a pas de dérivée ; « dériver par rapport à nn » n'a pas de sens pour une variable entière. Seconde faute : la dérivée de 3x3^x n'est pas x 3x−1x\,3^{x-1}, qui est la règle des puissances xkx^k appliquée à une exponentielle ; c'est (3x)′=3xln⁡3(3^x)'=3^x\ln 3. Copie juste : on pose f(x)=x23xf(x)=\frac{x^2}{3^x}, forme ∞∞\frac{\infty}{\infty} ; L'Hospital donne 2x3xln⁡3\frac{2x}{3^x\ln 3}, encore ∞∞\frac{\infty}{\infty}, puis 23x(ln⁡3)2→0\frac{2}{3^x(\ln 3)^2}\to 0. Donc lim⁡x→∞f(x)=0\lim_{x\to\infty}f(x)=0 et, comme an=f(n)a_n=f(n), lim⁡n23n=0\lim\frac{n^2}{3^n}=0. Un correcteur de MTH1101 note le raisonnement : une bonne valeur tirée de deux fautes qui se compensent ne rapporte rien.

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Exercice 2 : Le théorème du sandwich : choisir l'encadrement, puis chiffrer la précision

Théorème du sandwich : si bn≤an≤cnb_n\le a_n\le c_n à partir d'un certain rang, et si (bn)(b_n) et (cn)(c_n) tendent vers la MÊME limite LL, alors an→La_n\to L. Corollaire utile : si ∣an∣≤cn|a_n|\le c_n et cn→0c_n\to 0, alors an→0a_n\to 0. Tout le travail consiste à trouver deux bornes qui ont la même limite ; et l'encadrement donne en prime une précision GARANTIE à chaque rang.

La figure montre les termes an=2n+3cos⁡(n2)n+1a_n=\frac{2n+3\cos(n^2)}{n+1} pour 1≤n≤301\le n\le 30, entre les courbes y=2x−3x+1y=\frac{2x-3}{x+1} et y=2x+3x+1y=\frac{2x+3}{x+1}.

51015202530-1-0,50,511,522,53y = (2x + 3)/(x + 1)y = (2x − 3)/(x + 1)n
  • a) Montrez que an=2n+3cos⁡(n2)n+1a_n=\frac{2n+3\cos(n^2)}{n+1} converge et donnez sa limite.
  • b) À partir de quel rang votre encadrement GARANTIT-il ∣an−2∣≤10−2|a_n-2|\le 10^{-2} ?
  • c) Soit bn=∑k=1nnn2+kb_n=\sum_{k=1}^{n}\frac{n}{n^2+k}, somme FINIE de nn termes. Un étudiant écrit : « chaque terme tend vers 00, donc bn→0b_n\to 0 ». Corrigez et calculez lim⁡bn\lim b_n.
  • d) Soit cn=(−1)nn2n3+4c_n=(-1)^n\frac{n^2}{n^3+4}. Un étudiant écrit : « (−1)n(-1)^n n'a pas de limite, donc (cn)(c_n) diverge ». Corrigez et calculez lim⁡cn\lim c_n.

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Réponses

  • a) 2n−3n+1≤an≤2n+3n+1\frac{2n-3}{n+1}\le a_n\le\frac{2n+3}{n+1}, les deux bornes tendent vers 22, donc an→2a_n\to 2
  • b) ∣an−2∣≤5n+1≤10−2|a_n-2|\le\frac{5}{n+1}\le 10^{-2} dès que n≥499n\ge 499
  • c) n2n2+n≤bn≤n2n2+1\frac{n^2}{n^2+n}\le b_n\le\frac{n^2}{n^2+1}, donc bn→1b_n\to 1
  • d) ∣cn∣≤1n→0|c_n|\le\frac{1}{n}\to 0, donc cn→0c_n\to 0

a) Pour tout nn, −1≤cos⁡(n2)≤1-1\le\cos(n^2)\le 1, donc 2n−3≤2n+3cos⁡(n2)≤2n+32n-3\le 2n+3\cos(n^2)\le 2n+3, et en divisant par n+1>0n+1>0 (le sens des inégalités est conservé) : 2n−3n+1≤an≤2n+3n+1\frac{2n-3}{n+1}\le a_n\le\frac{2n+3}{n+1}. Les deux bornes sont des quotients de polynômes de même degré, et leur limite est le rapport des coefficients dominants : 21=2\frac{2}{1}=2 pour l'une comme pour l'autre. Le théorème du sandwich s'applique : an→2a_n\to 2. Remarquez qu'on n'a JAMAIS cherché la limite de cos⁡(n2)\cos(n^2), qui n'existe pas : le sandwich contourne le terme qui oscille au lieu de le calculer. La figure le montre : les points sautent d'une courbe à l'autre sans régularité, et le couloir se resserre autour de 22.

b) an−2=2n+3cos⁡(n2)−2(n+1)n+1=3cos⁡(n2)−2n+1a_n-2=\frac{2n+3\cos(n^2)-2(n+1)}{n+1}=\frac{3\cos(n^2)-2}{n+1}. Or −5≤3cos⁡(n2)−2≤1-5\le 3\cos(n^2)-2\le 1, donc ∣an−2∣≤5n+1|a_n-2|\le\frac{5}{n+1}. Cette borne est inférieure ou égale à 10−210^{-2} dès que n+1≥500n+1\ge 500, soit n≥499n\ge 499. C'est un rang GARANTI : à partir de n=499n=499, AUCUN terme ne peut s'écarter de 22 de plus d'un centième, quoi que fasse le cosinus. Il se peut que la précision soit atteinte plus tôt pour certains nn, quand cos⁡(n2)\cos(n^2) est proche de 23\frac{2}{3}, mais on ne peut pas le PROUVER sans calculer chaque terme. L'ingénieur a besoin du rang garanti, pas d'un rang chanceux : c'est l'esprit de toute la partie « approximation » de MTH1101.

c) L'argument de l'étudiant est faux parce que le NOMBRE de termes augmente avec nn : nn termes proches de 1n\frac{1}{n} font une somme proche de 11, pas de 00. On ne passe à la limite terme à terme que dans une somme d'un nombre FIXE de termes. Encadrement : pour 1≤k≤n1\le k\le n, n2+1≤n2+k≤n2+nn^2+1\le n^2+k\le n^2+n, donc nn2+n≤nn2+k≤nn2+1\frac{n}{n^2+n}\le\frac{n}{n^2+k}\le\frac{n}{n^2+1}. On somme ces nn inégalités : n2n2+n≤bn≤n2n2+1\frac{n^2}{n^2+n}\le b_n\le\frac{n^2}{n^2+1}. Les deux bornes tendent vers 11 (rapport des coefficients dominants), donc bn→1b_n\to 1. Ce bnb_n est une suite ordinaire, une somme finie à chaque rang ; ce n'est pas une série, dont on parlera au chapitre suivant.

d) Une suite qui contient un facteur sans limite peut très bien converger : (−1)n(-1)^n est BORNÉ, et c'est ce qui compte. ∣cn∣=n2n3+4≤n2n3=1n|c_n|=\frac{n^2}{n^3+4}\le\frac{n^2}{n^3}=\frac{1}{n}, car on augmente une fraction positive en diminuant son dénominateur. Comme 1n→0\frac{1}{n}\to 0, le corollaire du sandwich (−1n≤cn≤1n-\frac{1}{n}\le c_n\le\frac{1}{n}) donne cn→0c_n\to 0. La règle juste : borné fois une suite qui tend vers 00 tend vers 00. Le raisonnement de l'étudiant conclurait aussi que (−1)nn\frac{(-1)^n}{n} diverge, ce que personne ne croit. Le geste de la partie : la valeur absolue d'abord, puis une majoration grossière mais qui tend vers 00.

Exercice 3 : Croissances comparées : ln n, puissances, exponentielles, n! et n puissance n

L'échelle des croissances, pour k>0k>0, p>0p>0 et a>1a>1 : (ln⁡n)p≪nk≪an≪n!≪nn(\ln n)^p\ll n^k\ll a^n\ll n!\ll n^n, où un≪vnu_n\ll v_n signifie unvn→0\frac{u_n}{v_n}\to 0. On admet aussi (1+1n)n→e\left(1+\frac{1}{n}\right)^n\to e et l'encadrement 2<e<32<e<3.

La figure montre les douze premiers termes de an=2n n!nna_n=\frac{2^n\,n!}{n^n} (en bleu) et de bn=3n n!nnb_n=\frac{3^n\,n!}{n^n} (en orange). Les deux formules ne diffèrent que par la base de l'exponentielle.

1234567891011121351015202530bₙ = 3ⁿ n! / nⁿaₙ = 2ⁿ n! / nⁿn
  • a) Sans calcul, donnez la limite de (ln⁡n)4n\frac{(\ln n)^4}{\sqrt n}, de n!n20\frac{n!}{n^{20}} et de 8nn!\frac{8^n}{n!}, en nommant chaque fois l'échelon utilisé.
  • b) Calculez lim⁡n!+5nn!−n3\lim\frac{n!+5^n}{n!-n^3} et lim⁡3nn+n!2nn−7n\lim\frac{3n^n+n!}{2n^n-7^n}.
  • c) Calculez an+1an\frac{a_{n+1}}{a_n} et sa limite, puis concluez sur (an)(a_n). Faites de même pour (bn)(b_n). Où passe la frontière entre les deux comportements ?
  • d) Le rapport un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} de un=n2u_n=n^2, de vn=1nv_n=\frac{1}{n} et de wn=1+1nw_n=1+\frac{1}{n} tend vers 11. Quelles sont les limites de ces trois suites, et que conclure d'un rapport qui tend vers 11 ?

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Réponses

  • a) 00 (ln⁡≪\ln\ll puissance), +∞+\infty (puissance ≪n!\ll n!), 00 (exponentielle ≪n!\ll n!)
  • b) 11 et 32\frac{3}{2}
  • c) an+1an=2(1+1/n)n→2e<1\frac{a_{n+1}}{a_n}=\frac{2}{(1+1/n)^n}\to\frac{2}{e}<1, donc an→0a_n\to 0 ; bn+1bn→3e>1\frac{b_{n+1}}{b_n}\to\frac{3}{e}>1, donc bn→+∞b_n\to+\infty ; frontière en base ee
  • d) un→+∞u_n\to+\infty, vn→0v_n\to 0, wn→1w_n\to 1 : un rapport qui tend vers 11 ne permet de rien conclure

a) (ln⁡n)4n→0\frac{(\ln n)^4}{\sqrt n}\to 0 : une puissance du logarithme est écrasée par toute puissance positive de nn, même n1/2n^{1/2} (échelon (ln⁡n)p≪nk(\ln n)^p\ll n^k). Ce n'est pas visible tôt : pour n=e10n=e^{10}, le quotient vaut 104e5\frac{10^4}{e^5}, plus de 6060. n!n20→+∞\frac{n!}{n^{20}}\to+\infty : la factorielle domine toute puissance fixe (échelon nk≪n!n^k\ll n!, en passant par n20≪2n≪n!n^{20}\ll 2^n\ll n!). 8nn!→0\frac{8^n}{n!}\to 0 : la factorielle domine toute exponentielle, quelle que soit la base (échelon an≪n!a^n\ll n!). La justification de cet échelon : à partir de n=16n=16, chaque nouveau facteur multiplie le quotient par 8n+1≤12\frac{8}{n+1}\le\frac{1}{2}, donc le quotient est écrasé par une suite géométrique de raison 12\frac{1}{2}.

b) On divise par le terme DOMINANT, celui du plus haut échelon. Pour la première, c'est n!n! : n!+5nn!−n3=1+5nn!1−n3n!→1+01−0=1\frac{n!+5^n}{n!-n^3}=\frac{1+\frac{5^n}{n!}}{1-\frac{n^3}{n!}}\to\frac{1+0}{1-0}=1, car 5n≪n!5^n\ll n! et n3≪n!n^3\ll n!. Pour la seconde, c'est nnn^n : 3nn+n!2nn−7n=3+n!nn2−(7n)n→32\frac{3n^n+n!}{2n^n-7^n}=\frac{3+\frac{n!}{n^n}}{2-\left(\frac{7}{n}\right)^n}\to\frac{3}{2}, car n!≪nnn!\ll n^n et (7n)n→0\left(\frac{7}{n}\right)^n\to 0 (pour n≥14n\ge 14, 0<(7n)n≤(12)n0<\left(\frac{7}{n}\right)^n\le\left(\frac{1}{2}\right)^n). L'erreur fréquente est de diviser par 7n7^n dans la seconde, parce que l'exponentielle « a l'air » la plus forte : nnn^n a une base qui grandit, il domine tout.

c) an+1an=2n+1(n+1)!(n+1)n+1⋅nn2n n!=2(n+1) nn(n+1)n+1=2(nn+1)n=2(1+1n)n→2e\frac{a_{n+1}}{a_n}=\frac{2^{n+1}(n+1)!}{(n+1)^{n+1}}\cdot\frac{n^n}{2^n\,n!}=\frac{2(n+1)\,n^n}{(n+1)^{n+1}}=2\left(\frac{n}{n+1}\right)^n=\frac{2}{\left(1+\frac{1}{n}\right)^n}\to\frac{2}{e}. Comme e>2e>2, cette limite ℓ=2e≈0,736\ell=\frac{2}{e}\approx 0{,}736 est <1<1. On choisit qq avec ℓ<q<1\ell<q<1 : à partir d'un rang NN, an+1an≤q\frac{a_{n+1}}{a_n}\le q, donc 0<an≤aN q n−N0<a_n\le a_N\,q^{\,n-N}, et q n−N→0q^{\,n-N}\to 0 : le sandwich donne an→0a_n\to 0. Pour bnb_n, le même calcul donne 3(1+1n)n→3e>1\frac{3}{\left(1+\frac{1}{n}\right)^n}\to\frac{3}{e}>1, car e<3e<3 ; à partir d'un rang, le rapport dépasse un q>1q>1, et bn≥bN q n−N→+∞b_n\ge b_N\,q^{\,n-N}\to+\infty. La frontière est la base ee : n!n! se comporte comme (ne)n\left(\frac{n}{e}\right)^n à un facteur près, donc cn n!nn\frac{c^n\,n!}{n^n} ressemble à (ce)n\left(\frac{c}{e}\right)^n. La figure montre bien deux suites jumelles au départ (a1=a2=2a_1=a_2=2) qui partent à l'opposé.

d) un=n2→+∞u_n=n^2\to+\infty avec un+1un=(1+1n)2→1\frac{u_{n+1}}{u_n}=\left(1+\frac{1}{n}\right)^2\to 1 ; vn=1n→0v_n=\frac{1}{n}\to 0 avec vn+1vn=nn+1→1\frac{v_{n+1}}{v_n}=\frac{n}{n+1}\to 1 ; wn=1+1n→1w_n=1+\frac{1}{n}\to 1 avec wn+1wn=n2+2nn2+2n+1→1\frac{w_{n+1}}{w_n}=\frac{n^2+2n}{n^2+2n+1}\to 1. Trois comportements différents pour le même rapport limite : un rapport qui tend vers 11 ne décide RIEN. Le raisonnement de c) exige une limite strictement inférieure ou strictement supérieure à 11, parce qu'il compare la suite à une géométrique de raison q≠1q\ne 1. Ce cas muet reviendra au chapitre des séries.

Exercice 4 : La suite géométrique r puissance n : décider selon r, sans calculatrice

Le comportement de rnr^n ne dépend que de la position de rr : rn→0r^n\to 0 si ∣r∣<1|r|<1, rn=1r^n=1 si r=1r=1, rn→+∞r^n\to+\infty si r>1r>1, et (rn)(r^n) diverge sans limite si r≤−1r\le -1. Tout le travail est de PLACER rr, ce qui demande parfois d'encadrer une constante connue.

  • a) Décidez du comportement de (e3)n\left(\frac{e}{3}\right)^n, (π3)n\left(\frac{\pi}{3}\right)^n, (−32)n\left(-\frac{\sqrt3}{2}\right)^n et (−23)n\left(-\frac{2}{\sqrt3}\right)^n.
  • b) Pour quelles valeurs du réel xx la suite (x−12)n\left(\frac{x-1}{2}\right)^n converge-t-elle ? Donnez l'ensemble, puis la limite quand x=3x=3.
  • c) Calculez lim⁡n→∞5⋅22n−3n+24n+1+7⋅3n\lim_{n\to\infty}\frac{5\cdot 2^{2n}-3^{n+2}}{4^{n+1}+7\cdot 3^n}.
  • d) On approche 00 par (−12)n\left(-\frac{1}{2}\right)^n. Quel est le plus petit nn qui GARANTIT ∣(−12)n∣<10−6\left|\left(-\frac{1}{2}\right)^n\right|<10^{-6} ? Ce terme est-il au-dessus ou au-dessous de sa limite ?

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a)
b)
Ensemble des xx ;
c)
d)
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Réponses

  • a) e3<1\frac{e}{3}<1 : tend vers 00 ; π3>1\frac{\pi}{3}>1 : tend vers +∞+\infty ; 32<1\frac{\sqrt3}{2}<1 : tend vers 00 ; 23>1\frac{2}{\sqrt3}>1, r<−1r<-1 : diverge sans limite
  • b) −1<x−12≤1-1<\frac{x-1}{2}\le 1, soit x∈ ]−1 ;3]x\in\,]-1\,;3] ; limite 11 pour x=3x=3, 00 ailleurs
  • c) 54\frac{5}{4}
  • d) n=20n=20, car 219<106<2202^{19}<10^6<2^{20} ; n=20n=20 est pair, le terme 1220\frac{1}{2^{20}} est au-dessus de 00

a) e<3e<3, donc 0<e3<10<\frac{e}{3}<1 et (e3)n→0\left(\frac{e}{3}\right)^n\to 0. π>3\pi>3, donc π3>1\frac{\pi}{3}>1 et (π3)n→+∞\left(\frac{\pi}{3}\right)^n\to+\infty, même si la raison ne dépasse 11 que de 0,050{,}05 environ : la croissance est lente, mais sans fin. 32<1\frac{\sqrt3}{2}<1 car 3<43<4, donc ∣(−32)n∣→0\left|\left(-\frac{\sqrt3}{2}\right)^n\right|\to 0 et la suite tend vers 00 en alternant de signe. Enfin 23>1\frac{2}{\sqrt3}>1 car 4>34>3 : r=−23<−1r=-\frac{2}{\sqrt3}<-1, la suite alterne de signe avec une valeur absolue qui grandit sans borne. Elle n'a aucune limite, ni finie ni infinie : ses termes pairs tendent vers +∞+\infty, ses termes impairs vers −∞-\infty. Écrire « tend vers ∞\infty » est faux ; écrire « diverge » ne suffit pas, il faut dire comment.

b) On applique le résultat avec r=x−12r=\frac{x-1}{2} : la suite converge si et seulement si −1<x−12≤1-1<\frac{x-1}{2}\le 1, c'est-à-dire −2<x−1≤2-2<x-1\le 2, soit −1<x≤3-1<x\le 3. L'ensemble est ]−1 ;3]]-1\,;3], avec un crochet FERMÉ en 33 et OUVERT en −1-1 : les deux bornes ne se traitent pas de la même façon. Pour x=3x=3, r=1r=1 et la suite est constante égale à 11 ; pour x=−1x=-1, r=−1r=-1 et (−1)n(-1)^n oscille. Sur ]−1 ;3[]-1\,;3[, la limite est 00. Ce découpage d'un ensemble de valeurs de xx en tranches, bornes examinées une par une, est exactement le geste qui servira pour les séries entières.

c) Le piège est d'écriture : 22n=4n2^{2n}=4^n, et 4n+1=4⋅4n4^{n+1}=4\cdot 4^n, 3n+2=9⋅3n3^{n+2}=9\cdot 3^n. Le terme dominant est 4n4^n, on divise tout par lui : 5⋅4n−9⋅3n4⋅4n+7⋅3n=5−9(34)n4+7(34)n→54\frac{5\cdot 4^n-9\cdot 3^n}{4\cdot 4^n+7\cdot 3^n}=\frac{5-9\left(\frac34\right)^n}{4+7\left(\frac34\right)^n}\to\frac{5}{4}, car (34)n→0\left(\frac34\right)^n\to 0. Celui qui ne voit pas 22n=4n2^{2n}=4^n croit que 3n3^n domine en haut et obtient une limite négative absurde. Vérification : pour n=10n=10, (34)10≈0,056\left(\frac34\right)^{10}\approx 0{,}056 et le quotient vaut déjà environ 1,021{,}02, en route vers 1,251{,}25 par en dessous.

d) ∣(−12)n∣=12n<10−6\left|\left(-\frac12\right)^n\right|=\frac{1}{2^n}<10^{-6} équivaut à 2n>1062^n>10^6. Sans calculatrice : 210=10242^{10}=1024, donc 220=10242=1 048 576>1062^{20}=1024^2=1\,048\,576>10^6, et 219=524 288<1062^{19}=524\,288<10^6. Le plus petit rang est n=20n=20, et comme 12n\frac{1}{2^n} décroît, la précision reste garantie pour tout n≥20n\ge 20. Le signe de (−12)n\left(-\frac12\right)^n est celui de (−1)n(-1)^n : pour n=20n=20, pair, le terme est POSITIF, donc au-dessus de sa limite 00 ; le suivant est au-dessous. Une suite qui alterne autour de sa limite encadre celle-ci entre deux termes consécutifs, et c'est souvent la meilleure borne d'erreur qu'on puisse donner.

Exercice 5 : Suite récurrente : monotone et bornée AVANT le point fixe

On étudie an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_n) avec f(x)=x2+65f(x)=\frac{x^2+6}{5}. La méthode tient en deux temps, dans cet ordre : PROUVER que la suite converge (le plus souvent : monotone et bornée, par récurrence), PUIS passer à la limite dans la relation. Comme ff est continue, une limite LL vérifie L=f(L)L=f(L) ; cette équation ne donne que des CANDIDATS.

La figure trace la courbe de ff, la droite y=xy=x et l'escalier des termes pour deux valeurs de départ, a0=1a_0=1 (en orange) et a0=3,3a_0=3{,}3 (en vert).

1234512345y = (x² + 6)/5y = xa₀ = 1a₀ = 3,3
  • a) Avec a0=1a_0=1, calculez a1a_1 et a2a_2 sous forme exacte.
  • b) Avec a0=1a_0=1, rédigez une démonstration par récurrence, avec initialisation, hérédité et conclusion, de la propriété P(n)P(n) : « 1≤an<21\le a_n<2 ». Montrez ensuite que (an)(a_n) est croissante, concluez sur la convergence, puis donnez la limite en écartant le mauvais candidat.
  • c) Avec a0=4a_0=4, un étudiant résout L=L2+65L=\frac{L^2+6}{5}, trouve 22 ou 33 et conclut que la suite converge vers 33. Que se passe-t-il vraiment ?
  • d) Pour quelles valeurs de a0≥0a_0\ge 0 la suite converge-t-elle ? Quelle est sa limite pour a0=2,5a_0=2{,}5 ?

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a)
b)
c)
d)
Ensemble des a0a_0 ;
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Réponses

  • a) a1=75=1,4a_1=\frac{7}{5}=1{,}4 et a2=199125=1,592a_2=\frac{199}{125}=1{,}592
  • b) Récurrence : P(0)P(0) vraie, P(n)⇒P(n+1)P(n)\Rightarrow P(n+1) car f([1 ;2[)⊂[1 ;2[f([1\,;2[)\subset[1\,;2[ ; an+1−an=(an−2)(an−3)5>0a_{n+1}-a_n=\frac{(a_n-2)(a_n-3)}{5}>0 : croissante, majorée, donc convergente ; L∈{2 ;3}L\in\{2\,;3\} et L≤2L\le 2, donc L=2L=2
  • c) an≥4a_n\ge 4 et croissante ; une limite serait ≥4\ge 4, impossible : an→+∞a_n\to+\infty
  • d) Convergence si et seulement si a0∈[0 ;3]a_0\in[0\,;3] ; limite 22 pour a0=2,5a_0=2{,}5 (et 33 seulement si a0=3a_0=3)

a) a1=1+65=75=1,4a_1=\frac{1+6}{5}=\frac{7}{5}=1{,}4 et a2=4925+65=49+150125=199125=1,592a_2=\frac{\frac{49}{25}+6}{5}=\frac{49+150}{125}=\frac{199}{125}=1{,}592. Les termes montent, lentement : sur la figure, l'escalier orange grimpe vers l'intersection de la courbe et de la droite au point d'abscisse 22.

b) Deux faits sur ff font tout le travail. D'abord, ff est croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ et f(1)=75f(1)=\frac75, f(2)=2f(2)=2, donc 1≤x<21\le x<2 entraîne 1≤75≤f(x)<21\le\frac75\le f(x)<2. Ensuite, f(x)−x=x2−5x+65=(x−2)(x−3)5f(x)-x=\frac{x^2-5x+6}{5}=\frac{(x-2)(x-3)}{5}, positif pour x<2x<2. Démonstration par récurrence de P(n)P(n) : « 1≤an<21\le a_n<2 ». INITIALISATION : a0=1a_0=1, et 1≤1<21\le 1<2, donc P(0)P(0) est vraie. HÉRÉDITÉ : soit n≥0n\ge 0 tel que P(n)P(n) soit vraie, c'est-à-dire 1≤an<21\le a_n<2 ; comme ff est croissante, f(1)≤f(an)<f(2)f(1)\le f(a_n)<f(2), soit 75≤an+1<2\frac75\le a_{n+1}<2, et a fortiori 1≤an+1<21\le a_{n+1}<2 : P(n+1)P(n+1) est vraie. CONCLUSION : P(0)P(0) est vraie et P(n)P(n) entraîne P(n+1)P(n+1), donc 1≤an<21\le a_n<2 pour tout n≥0n\ge 0. L'hérédité est l'étape qui coûte des points quand elle manque : écrire « et ainsi de suite » après deux termes ne prouve rien. Ensuite, an+1−an=(an−2)(an−3)5>0a_{n+1}-a_n=\frac{(a_n-2)(a_n-3)}{5}>0 (deux facteurs négatifs) : la suite est croissante. Croissante et majorée par 22, elle CONVERGE (théorème de la suite monotone bornée) vers un L≤2L\le 2. Seulement maintenant on passe à la limite : ff est continue, L=f(L)L=f(L), donc L2−5L+6=0L^2-5L+6=0, L=2L=2 ou L=3L=3. Le candidat 33 est écarté parce que L≤2L\le 2 : L=2L=2.

c) Avec a0=4a_0=4 : si an≥4a_n\ge 4, alors an+1=f(an)≥f(4)=225≥4a_{n+1}=f(a_n)\ge f(4)=\frac{22}{5}\ge 4, donc an≥4a_n\ge 4 pour tout nn ; et an+1−an=(an−2)(an−3)5>0a_{n+1}-a_n=\frac{(a_n-2)(a_n-3)}{5}>0 : la suite est croissante. Si elle convergeait, sa limite vérifierait L=f(L)L=f(L), donc L=2L=2 ou L=3L=3, et aussi L≥a0=4L\ge a_0=4, car une suite croissante reste sous sa limite : contradiction. Donc (an)(a_n) diverge, et comme elle est croissante et non majorée, an→+∞a_n\to+\infty. L'étudiant a sauté le premier temps : il a résolu l'équation d'une limite qui n'existe pas. C'est le piège central du chapitre, et l'escalier vert de la figure le montre : parti juste au-dessus de 33, il s'en ÉLOIGNE.

d) On sépare selon la position de a0a_0 par rapport aux points fixes 22 et 33. Si 0≤a0<20\le a_0<2 : ff envoie [0 ;2[[0\,;2[ dans [65 ;2[[\frac65\,;2[, la suite est croissante (même calcul qu'en b), majorée par 22, et converge vers 22. Si a0=2a_0=2 ou a0=3a_0=3 : suite constante. Si 2<a0<32<a_0<3 : ff envoie ]2 ;3[]2\,;3[ dans ]2 ;3[]2\,;3[ (ff croissante, f(2)=2f(2)=2, f(3)=3f(3)=3) et an+1−an<0a_{n+1}-a_n<0 (un facteur positif, un négatif) : décroissante, minorée par 22, elle converge vers un L∈[2 ;3[L\in[2\,;3[, donc L=2L=2. Si a0>3a_0>3 : même raisonnement qu'en c), an→+∞a_n\to+\infty. La suite converge donc si et seulement si a0∈[0 ;3]a_0\in[0\,;3], vers 22 sauf pour a0=3a_0=3. Pour a0=2,5a_0=2{,}5 : limite 22, et a1=6,25+65=2,45a_1=\frac{6{,}25+6}{5}=2{,}45 confirme la descente.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Une suite qui n'est pas monotone : prouver la convergence par une contraction

On étudie a0=0a_0=0 et an+1=12+ana_{n+1}=\frac{1}{2+a_n}. La figure montre les termes a0a_0 à a8a_8.

Le théorème de la suite monotone bornée est l'outil le plus courant pour prouver qu'une limite existe, mais il n'est pas le seul. Quand la suite n'est pas monotone, on peut montrer que la distance au candidat LL est divisée au moins par un nombre fixe à chaque étape : la convergence ET une borne d'erreur garantie sortent du même calcul. Sans calculatrice.

1234567890,10,20,30,40,50,6n
  • a) Calculez a1a_1, a2a_2, a3a_3 et a4a_4 sous forme de fractions.
  • b) La suite est-elle monotone ? Que peut-on dire du théorème de la suite monotone bornée ?
  • c) Montrez que 0≤an≤120\le a_n\le\frac12 pour tout nn. En SUPPOSANT que la suite converge, trouvez le seul candidat LL possible, au millième.
  • d) Montrez que ∣an+1−L∣≤14∣an−L∣|a_{n+1}-L|\le\frac14|a_n-L|, puis que ∣an−L∣≤12⋅4n|a_n-L|\le\frac{1}{2\cdot 4^n}. Concluez sur la convergence.
  • e) Quel rang GARANTIT ∣an−L∣<10−6|a_n-L|<10^{-6} ? Déduisez de a5a_5 une fraction qui approche 2\sqrt2, avec sa borne d'erreur garantie.

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a)
b)
c)
e)
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Réponses

  • a) a1=12a_1=\frac12, a2=25a_2=\frac25, a3=512a_3=\frac{5}{12}, a4=1229a_4=\frac{12}{29}
  • b) Non, elle alterne autour de sa limite : le théorème de la suite monotone ne s'applique pas
  • c) L=12+LL=\frac{1}{2+L}, L2+2L−1=0L^2+2L-1=0, L=2−1≈0,414L=\sqrt2-1\approx 0{,}414 (l'autre racine est négative)
  • d) ∣an+1−L∣=∣an−L∣(2+an)(2+L)≤∣an−L∣4|a_{n+1}-L|=\frac{|a_n-L|}{(2+a_n)(2+L)}\le\frac{|a_n-L|}{4}, et ∣a0−L∣=L<12|a_0-L|=L<\frac12 ; sandwich : an→2−1a_n\to\sqrt2-1
  • e) n=10n=10 (49<500 000<4104^9<500\,000<4^{10}) ; 1+a5=99701+a_5=\frac{99}{70} approche 2\sqrt2 à moins de 12048\frac{1}{2048}

a) a1=12+0=12a_1=\frac{1}{2+0}=\frac12, a2=12+12=25a_2=\frac{1}{2+\frac12}=\frac{2}{5}, a3=12+25=512a_3=\frac{1}{2+\frac25}=\frac{5}{12}, a4=12+512=1229a_4=\frac{1}{2+\frac{5}{12}}=\frac{12}{29}. Une régularité apparaît : si an=pqa_n=\frac{p}{q}, alors an+1=q2q+pa_{n+1}=\frac{q}{2q+p}. Le terme suivant est donc a5=2970a_5=\frac{29}{70}, puis 70169\frac{70}{169}. En décimales : 00, 0,50{,}5, 0,40{,}4, 0,41670{,}4167, 0,41380{,}4138, 0,41430{,}4143.

b) Non : a1>a2<a3>a4<a5a_1>a_2<a_3>a_4<a_5, la suite monte et descend en alternance, comme le montre la figure. Elle n'est ni croissante ni décroissante, pas même à partir d'un certain rang. Le théorème de la suite monotone bornée ne s'applique donc PAS, et l'on ne peut pas encore écrire L=12+LL=\frac{1}{2+L} : ce serait supposer ce qu'il faut prouver. Une suite non monotone peut converger, et c'est le cas ici ; il faut seulement un autre outil pour le prouver.

c) Récurrence : a0=0∈[0 ;12]a_0=0\in[0\,;\frac12] ; si 0≤an≤120\le a_n\le\frac12, alors 2≤2+an≤522\le 2+a_n\le\frac52, donc 25≤an+1≤12\frac25\le a_{n+1}\le\frac12, et a fortiori 0≤an+1≤120\le a_{n+1}\le\frac12. Si la suite converge vers LL, la fonction x↦12+xx\mapsto\frac{1}{2+x} étant continue en L≥0L\ge 0, L=12+LL=\frac{1}{2+L}, soit L2+2L−1=0L^2+2L-1=0, de racines −1±2-1\pm\sqrt2. La racine −1−2-1-\sqrt2 est négative, impossible puisque L≥0L\ge 0 : le seul candidat est L=2−1≈0,414L=\sqrt2-1\approx 0{,}414. Ce n'est encore qu'un CANDIDAT.

d) an+1−L=12+an−12+L=L−an(2+an)(2+L)a_{n+1}-L=\frac{1}{2+a_n}-\frac{1}{2+L}=\frac{L-a_n}{(2+a_n)(2+L)}. Or 2+an≥22+a_n\ge 2 et 2+L>22+L>2, donc le dénominateur dépasse 44 et ∣an+1−L∣≤14∣an−L∣|a_{n+1}-L|\le\frac14|a_n-L|. En itérant, ∣an−L∣≤14n∣a0−L∣=L4n|a_n-L|\le\frac{1}{4^n}|a_0-L|=\frac{L}{4^n}, et L=2−1<12L=\sqrt2-1<\frac12 car 2<1,5\sqrt2<1{,}5. Donc 0≤∣an−L∣≤12⋅4n0\le|a_n-L|\le\frac{1}{2\cdot 4^n}, et comme 12⋅4n→0\frac{1}{2\cdot 4^n}\to 0, le sandwich donne an→La_n\to L. La convergence est PROUVÉE, et la limite est bien 2−1\sqrt2-1. Remarquez l'ordre : on a utilisé la valeur du candidat pour mesurer la distance, mais c'est l'inégalité, pas l'équation L=f(L)L=f(L), qui prouve l'existence.

e) 12⋅4n<10−6\frac{1}{2\cdot 4^n}<10^{-6} équivaut à 4n>500 0004^n>500\,000. Sans calculatrice : 49=218=262 1444^9=2^{18}=262\,144 et 410=220=1 048 5764^{10}=2^{20}=1\,048\,576. Le rang garanti est n=10n=10. Avec n=5n=5 : ∣a5−(2−1)∣≤12⋅45=12048|a_5-(\sqrt2-1)|\le\frac{1}{2\cdot 4^5}=\frac{1}{2048}, donc 2≈1+a5=1+2970=9970\sqrt2\approx 1+a_5=1+\frac{29}{70}=\frac{99}{70} à moins de 12048\frac{1}{2048} près. La borne est prudente : l'écart réel est d'environ 7×10−57\times 10^{-5}, parce que le facteur réel de contraction est proche de 1(2+L)2≈0,17\frac{1}{(2+L)^2}\approx 0{,}17, plus petit que 14\frac14. Une borne garantie se paie d'un peu de pessimisme, et c'est le prix de la certitude.

Exercice 7 : La suite logistique discrète : trois taux, trois destins

Une population d'insectes, exprimée en fraction de la capacité du milieu, évolue d'une saison à la suivante selon xn+1=r xn(1−xn)x_{n+1}=r\,x_n(1-x_n), avec 0<x0<10<x_0<1 et un taux r>0r>0. On note h(x)=r x(1−x)h(x)=r\,x(1-x).

La figure montre les termes pour r=2r=2 avec x0=0,9x_0=0{,}9 (en bleu), et pour r=4r=4 avec x0=sin⁡2π7x_0=\sin^2\frac{\pi}{7} (en orange).

123456789101112130,10,20,30,40,50,60,70,80,911,1r = 2r = 4n
  • a) Pour r=2r=2 et x0=0,1x_0=0{,}1, calculez x1x_1 et x2x_2.
  • b) Pour r=2r=2, montrez que si 0<xn<120<x_n<\frac12, alors xn<xn+1<12x_n<x_{n+1}<\frac12. Concluez pour x0=0,1x_0=0{,}1, et donnez la limite en écartant le mauvais candidat.
  • c) Pour r=2r=2 et x0=0,9x_0=0{,}9, calculez x1x_1. La suite est-elle monotone ? Converge-t-elle ?
  • d) Pour r=12r=\frac12, montrez que xn≤x02nx_n\le\frac{x_0}{2^n}. Que devient la population ?
  • e) Pour r=4r=4 et x0=sin⁡2π7x_0=\sin^2\frac{\pi}{7}, montrez que xn=sin⁡22nπ7x_n=\sin^2\frac{2^n\pi}{7} et que x3=x0x_3=x_0. La suite est bornée et l'équation L=h(L)L=h(L) a des solutions : converge-t-elle ?

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  • a) x1=0,18x_1=0{,}18 et x2=0,2952x_2=0{,}2952
  • b) h(x)−x=x(1−2x)>0h(x)-x=x(1-2x)>0 et h(x)≤12h(x)\le\frac12 : croissante, majorée par 12\frac12 ; L∈{0 ;12}L\in\{0\,;\frac12\} et L≥x0>0L\ge x_0>0, donc L=12L=\frac12
  • c) x1=0,18x_1=0{,}18 : la suite descend puis monte, croissante à partir du rang 11, elle converge vers 12\frac12
  • d) xn+1=12xn(1−xn)≤12xnx_{n+1}=\frac12x_n(1-x_n)\le\frac12x_n, donc 0<xn≤x02n→00<x_n\le\frac{x_0}{2^n}\to 0 : extinction
  • e) 4sin⁡2θcos⁡2θ=sin⁡22θ4\sin^2\theta\cos^2\theta=\sin^2 2\theta ; x3=sin⁡28π7=sin⁡2π7=x0x_3=\sin^2\frac{8\pi}{7}=\sin^2\frac{\pi}{7}=x_0 : cycle de période 33, la suite diverge

a) x1=2×0,1×0,9=0,18x_1=2\times 0{,}1\times 0{,}9=0{,}18 et x2=2×0,18×0,82=0,2952x_2=2\times 0{,}18\times 0{,}82=0{,}2952. La population croît, mais le facteur 1−xn1-x_n freine cette croissance à mesure que le milieu se remplit.

b) Soit 0<x<120<x<\frac12. D'une part h(x)−x=2x−2x2−x=x(1−2x)>0h(x)-x=2x-2x^2-x=x(1-2x)>0, donc h(x)>xh(x)>x. D'autre part 12−h(x)=12−2x+2x2=(1−2x)22>0\frac12-h(x)=\frac12-2x+2x^2=\frac{(1-2x)^2}{2}>0, donc h(x)<12h(x)<\frac12. Par récurrence, à partir de 0<x0=0,1<120<x_0=0{,}1<\frac12, on a 0<xn<120<x_n<\frac12 et xn<xn+1x_n<x_{n+1} pour tout nn : la suite est croissante et majorée par 12\frac12, donc elle CONVERGE vers un L∈[x0 ;12]L\in[x_0\,;\frac12]. Puis, hh étant continue, L=2L(1−L)L=2L(1-L), soit L(1−2L)=0L(1-2L)=0 : L=0L=0 ou L=12L=\frac12. Le candidat 00 est écarté car la suite croissante reste au-dessus de x0=0,1x_0=0{,}1 : L=12L=\frac12. La population se stabilise à la moitié de la capacité.

c) x1=2×0,9×0,1=0,18x_1=2\times 0{,}9\times 0{,}1=0{,}18, la même valeur qu'en a) : h(x)=h(1−x)h(x)=h(1-x), la parabole est symétrique par rapport à 12\frac12. La suite chute de 0,90{,}9 à 0,180{,}18 puis remonte : elle n'est pas monotone, mais elle l'est À PARTIR DU RANG 11, car à partir de x1=0,18∈]0 ;12[x_1=0{,}18\in]0\,;\frac12[ le raisonnement de b) s'applique tel quel. Une limite ne dépend que de la queue de la suite : oublier les premiers termes ne change rien, et la suite converge vers 12\frac12. La courbe bleue de la figure le montre.

d) Pour r=12r=\frac12 : xn+1=12xn(1−xn)x_{n+1}=\frac12x_n(1-x_n). Par récurrence, 0<xn<10<x_n<1, donc 0<1−xn<10<1-x_n<1 et 0<xn+1≤12xn0<x_{n+1}\le\frac12x_n. En itérant, 0<xn≤x02n0<x_n\le\frac{x_0}{2^n}, et comme x02n→0\frac{x_0}{2^n}\to 0, le sandwich donne xn→0x_n\to 0 : la population s'éteint, au moins aussi vite qu'une suite géométrique de raison 12\frac12. Ici aucun point fixe n'a été calculé : l'encadrement donne la limite directement, avec une borne explicite à chaque saison.

e) Si xn=sin⁡2θx_n=\sin^2\theta, alors xn+1=4sin⁡2θ(1−sin⁡2θ)=4sin⁡2θcos⁡2θ=(2sin⁡θcos⁡θ)2=sin⁡22θx_{n+1}=4\sin^2\theta(1-\sin^2\theta)=4\sin^2\theta\cos^2\theta=(2\sin\theta\cos\theta)^2=\sin^2 2\theta : chaque étape double l'angle, d'où xn=sin⁡22nπ7x_n=\sin^2\frac{2^n\pi}{7} par récurrence. Alors x3=sin⁡28π7=sin⁡2(π+π7)=sin⁡2π7=x0x_3=\sin^2\frac{8\pi}{7}=\sin^2\left(\pi+\frac{\pi}{7}\right)=\sin^2\frac{\pi}{7}=x_0, et la suite répète x0x_0, x1x_1, x2x_2 sans fin. Ces trois valeurs sont distinctes (sin⁡2\sin^2 est strictement croissante sur [0 ;π2][0\,;\frac{\pi}{2}] et sin⁡24π7=sin⁡23π7\sin^2\frac{4\pi}{7}=\sin^2\frac{3\pi}{7}), donc la suite DIVERGE. Elle est pourtant bornée, et L=4L(1−L)L=4L(1-L) a deux solutions, 00 et 34\frac34 : ni l'une ni l'autre n'est une limite. Borné ne suffit pas, il faut aussi monotone ; et un point fixe qui existe n'est pas une limite qui existe.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple explicite, faites le calcul demandé, puis écrivez l'énoncé juste.

Toutes viennent d'une même confusion : prendre ce que font les premiers termes, ou ce que fait une partie de la suite, pour ce que fait sa queue.

  • a) « Si an>0a_n>0 pour tout nn et an→La_n\to L, alors L>0L>0. » Donnez la limite de an=12na_n=\frac{1}{2^n}.
  • b) « Si anbn→1\frac{a_n}{b_n}\to 1, alors an−bn→0a_n-b_n\to 0. » Avec an=(n+1)2a_n=(n+1)^2 et bn=n2b_n=n^2, calculez lim⁡anbn\lim\frac{a_n}{b_n} et lim⁡(an−bn)\lim(a_n-b_n).
  • c) « Une suite non bornée tend vers +∞+\infty ou vers −∞-\infty. » Avec an=n(1+(−1)n)a_n=n\left(1+(-1)^n\right), calculez a10a_{10} et a11a_{11}.
  • d) « Si (a2n)(a_{2n}) et (a2n+1)(a_{2n+1}) convergent, alors (an)(a_n) converge. » Avec an=(−1)n+1na_n=(-1)^n+\frac1n, donnez la limite de (a2n+1)(a_{2n+1}).
  • e) « Une suite convergente est monotone à partir d'un certain rang. » Avec an=(−1)nna_n=\frac{(-1)^n}{n}, calculez a4−a3a_4-a_3 et donnez le signe de a3−a2a_3-a_2.

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  • a) 12n>0\frac{1}{2^n}>0 et sa limite est 00 ; juste : L≥0L\ge 0
  • b) anbn→1\frac{a_n}{b_n}\to 1 mais an−bn=2n+1→+∞a_n-b_n=2n+1\to+\infty ; juste : anbn→1\frac{a_n}{b_n}\to 1 ne dit rien de la différence
  • c) a10=20a_{10}=20, a11=0a_{11}=0 : non bornée, sans limite ; juste : non bornée implique divergente
  • d) a2n→1a_{2n}\to 1, a2n+1→−1a_{2n+1}\to -1 : (an)(a_n) diverge ; juste : il faut la MÊME limite
  • e) a4−a3=712>0a_4-a_3=\frac{7}{12}>0 et a3−a2=−56<0a_3-a_2=-\frac56<0 : jamais monotone, et pourtant an→0a_n\to 0

a) an=12na_n=\frac{1}{2^n} est strictement positive pour tout nn et tend vers 00, qui n'est pas strictement positif. Le passage à la limite CONSERVE les inégalités larges, pas les inégalités strictes : de an>0a_n>0 on ne tire que L≥0L\ge 0. Énoncé juste : « si an≥0a_n\ge 0 (ou an>0a_n>0) pour tout nn et an→La_n\to L, alors L≥0L\ge 0 ». Le même phénomène sert à l'exercice 6 : de an≤12a_n\le\frac12 on tire L≤12L\le\frac12, jamais L<12L<\frac12. Sur une copie, écrire L>0L>0 fait perdre le point de rigueur, et peut faire écarter à tort un candidat L=0L=0 qui était le bon.

b) anbn=(n+1)2n2=(1+1n)2→1\frac{a_n}{b_n}=\frac{(n+1)^2}{n^2}=\left(1+\frac1n\right)^2\to 1, mais an−bn=n2+2n+1−n2=2n+1→+∞a_n-b_n=n^2+2n+1-n^2=2n+1\to+\infty. Deux suites qui tendent vers l'infini peuvent avoir un rapport qui tend vers 11 et un écart qui explose : le rapport mesure l'écart RELATIF, 2n+1n2→0\frac{2n+1}{n^2}\to 0, pas l'écart absolu. Énoncé juste : si anbn→1\frac{a_n}{b_n}\to 1 et que (bn)(b_n) est BORNÉE, alors an−bn=bn(anbn−1)→0a_n-b_n=b_n\left(\frac{a_n}{b_n}-1\right)\to 0. C'est la distinction entre erreur relative et erreur absolue, que la partie « approximation » du cours exploite sans cesse.

c) a10=10×2=20a_{10}=10\times 2=20 et a11=11×0=0a_{11}=11\times 0=0. Les termes de rang pair, a2k=4ka_{2k}=4k, dépassent toute borne : la suite n'est pas bornée. Mais les termes de rang impair valent tous 00, donc la suite ne tend pas vers +∞+\infty (pour tendre vers +∞+\infty, il faut que TOUS les termes, à partir d'un rang, dépassent n'importe quelle valeur), ni vers −∞-\infty. Énoncé juste : « une suite non bornée diverge », car toute suite convergente est bornée. Mais diverger n'est pas tendre vers l'infini.

d) a2n=1+12n→1a_{2n}=1+\frac{1}{2n}\to 1 et a2n+1=−1+12n+1→−1a_{2n+1}=-1+\frac{1}{2n+1}\to -1. Les deux sous-suites convergent, mais vers des limites DIFFÉRENTES, donc (an)(a_n) diverge : si elle convergeait vers LL, toutes ses sous-suites tendraient vers LL. Énoncé juste : « si (a2n)(a_{2n}) et (a2n+1)(a_{2n+1}) convergent vers la MÊME limite LL, alors an→La_n\to L ». L'argument s'utilise aussi dans l'autre sens, et c'est le plus fréquent à l'examen : deux sous-suites de limites différentes PROUVENT la divergence.

e) a2=12a_2=\frac12, a3=−13a_3=-\frac13, a4=14a_4=\frac14. Donc a3−a2=−13−12=−56<0a_3-a_2=-\frac13-\frac12=-\frac56<0 et a4−a3=14+13=712>0a_4-a_3=\frac14+\frac13=\frac{7}{12}>0 : la suite descend puis monte, et ce motif se répète à chaque rang, puisque ana_n change de signe à chaque pas. Elle n'est monotone à partir d'AUCUN rang, et pourtant ∣an∣=1n→0|a_n|=\frac1n\to 0 donne an→0a_n\to 0. Énoncé juste : « une suite monotone et bornée converge », la réciproque étant fausse. La monotonie est un outil pour PROUVER une convergence, pas une conséquence de la convergence.

Exercice 9 : Doses répétées d'un médicament : le plateau, la dose de charge, le schéma

Un patient prend 200200 mg d'un médicament toutes les 88 heures. La demi-vie du médicament dans l'organisme est de 88 heures : d'une prise à la suivante, la moitié de la quantité présente est éliminée. On note qnq_n la quantité, en mg, présente JUSTE APRÈS la nn-ième prise, avec q1=200q_1=200 ; on a donc qn+1=qn2+200q_{n+1}=\frac{q_n}{2}+200.

La fenêtre thérapeutique de ce médicament est fixée, pour l'exercice, à [150 ;450][150\,;450] mg : en dessous il n'agit plus, au-dessus il devient toxique. Sans calculatrice.

  • a) Calculez q2q_2, q3q_3 et q4q_4.
  • b) Montrez par récurrence que 0<qn<4000<q_n<400 et que (qn)(q_n) est croissante. Concluez, puis calculez la limite, appelée plateau.
  • c) Montrez que qn=400(1−12n)q_n=400\left(1-\frac{1}{2^n}\right). Combien de prises faut-il pour atteindre au moins 9999 % du plateau ?
  • d) Quelle première dose, suivie de 200200 mg toutes les 88 heures, place le patient sur le plateau dès la première prise ? Au plateau, quelle est la quantité juste avant une prise ?
  • e) Un second schéma donne la même dose quotidienne, 400400 mg toutes les 1616 heures. Calculez son plateau (juste après une prise) et la quantité juste avant une prise au plateau. Quel schéma reste dans la fenêtre thérapeutique ?

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  • a) q2=300q_2=300, q3=350q_3=350, q4=375q_4=375 mg
  • b) qn+1−qn=400−qn2>0q_{n+1}-q_n=\frac{400-q_n}{2}>0 et qn<400⇒qn+1<400q_n<400\Rightarrow q_{n+1}<400 : croissante majorée, convergente ; L=L2+200L=\frac L2+200, plateau 400400 mg
  • c) qn−400=−4002nq_n-400=-\frac{400}{2^n} ; 12n≤1100\frac{1}{2^n}\le\frac{1}{100} dès n=7n=7 prises
  • d) Dose de charge 400400 mg ; au plateau, 200200 mg juste avant chaque prise
  • e) Plateau 16003≈533,3\frac{1600}{3}\approx 533{,}3 mg, creux 4003≈133,3\frac{400}{3}\approx 133{,}3 mg : seul le schéma de 200200 mg toutes les 88 h reste dans [150 ;450][150\,;450]

a) q2=2002+200=300q_2=\frac{200}{2}+200=300, q3=150+200=350q_3=150+200=350, q4=175+200=375q_4=175+200=375 mg. Chaque prise ajoute 200200 mg, mais l'élimination retire la moitié de ce qui est présent, donc d'autant plus que la quantité est grande : les gains rétrécissent, 100100, 5050, 2525 mg.

b) Récurrence : q1=200∈]0 ;400[q_1=200\in]0\,;400[ ; si 0<qn<4000<q_n<400, alors 200<qn2+200<400200<\frac{q_n}{2}+200<400, donc 0<qn+1<4000<q_{n+1}<400. Ensuite qn+1−qn=200−qn2=400−qn2>0q_{n+1}-q_n=200-\frac{q_n}{2}=\frac{400-q_n}{2}>0 : la suite est croissante. Croissante et majorée par 400400, elle CONVERGE. Seulement alors, en passant à la limite dans la relation, L=L2+200L=\frac{L}{2}+200, d'où L=400L=400 mg. Le plateau est atteint quand la quantité éliminée en 88 heures, L2\frac{L}{2}, égale la dose apportée, 200200 mg : c'est l'équilibre apport-élimination, et l'équation du point fixe n'est rien d'autre que ce bilan.

c) Posons vn=qn−400v_n=q_n-400. Alors vn+1=qn2+200−400=qn−4002=vn2v_{n+1}=\frac{q_n}{2}+200-400=\frac{q_n-400}{2}=\frac{v_n}{2} : (vn)(v_n) est géométrique de raison 12\frac12, avec v1=−200v_1=-200. Donc vn=−200(12)n−1=−4002nv_n=-200\left(\frac12\right)^{n-1}=-\frac{400}{2^n} et qn=400(1−12n)q_n=400\left(1-\frac{1}{2^n}\right) ; vérification : q1=400×12=200q_1=400\times\frac12=200. Atteindre 9999 % du plateau, c'est 1−12n≥0,991-\frac{1}{2^n}\ge 0{,}99, soit 2n≥1002^n\ge 100. Comme 26=642^6=64 et 27=1282^7=128, il faut n=7n=7 prises, soit 4848 heures après la première. La règle des pharmacologues « le plateau est atteint après cinq à sept demi-vies » n'est que cette inégalité.

d) Pour être sur le plateau dès la première prise, il faut q1=400q_1=400 : la première dose, dite DOSE DE CHARGE, vaut 400400 mg, le double de la dose d'entretien. Alors q2=4002+200=400q_2=\frac{400}{2}+200=400, et la suite est constante : on démarre au point fixe, et on y reste. Au plateau, la quantité juste avant une prise est ce qui reste de 400400 mg après 88 heures, soit 200200 mg. Le patient oscille donc entre 200200 et 400400 mg, dans la fenêtre [150 ;450][150\,;450].

e) En 1616 heures, deux demi-vies s'écoulent : il reste le quart. La relation devient pn+1=pn4+400p_{n+1}=\frac{p_n}{4}+400. Cette suite est croissante et majorée par 16003\frac{1600}{3} (même preuve qu'en b), donc elle converge, et la limite vérifie P=P4+400P=\frac{P}{4}+400, soit P=16003≈533,3P=\frac{1600}{3}\approx 533{,}3 mg. Juste avant une prise, au plateau, il reste P4=4003≈133,3\frac{P}{4}=\frac{400}{3}\approx 133{,}3 mg. Ce schéma dépasse le seuil toxique de 450450 mg après chaque prise et tombe sous le seuil d'efficacité de 150150 mg avant la suivante : à dose quotidienne égale, espacer les prises élargit l'oscillation. Seul le premier schéma reste dans la fenêtre.

8162432404850100150200250300350400450plateau : 400 mgt (h)mg

Exercice 10 : Question d'examen : l'algorithme de Héron pour racine de 10, avec une précision garantie

L'algorithme de Héron calcule 10\sqrt{10} avec la récurrence xn+1=12(xn+10xn)x_{n+1}=\frac12\left(x_n+\frac{10}{x_n}\right), à partir de x1=3x_1=3. L'idée : si xnx_n est une approximation de 10\sqrt{10} par excès, 10xn\frac{10}{x_n} en est une par défaut, et leur moyenne fait mieux que chacune.

Format d'une question longue d'examen final : premiers termes, minoration, monotonie, limite, puis précision garantie. Chaque étape est justifiée, sans calculatrice.

  • a) Calculez x2x_2 et x3x_3 sous forme de fractions irréductibles.
  • b) Montrez que xn>0x_n>0 pour tout nn, puis que xn+1≥10x_{n+1}\ge\sqrt{10} pour tout n≥1n\ge 1, en comparant une moyenne arithmétique et une moyenne géométrique. À partir de quel rang a-t-on xn≥10x_n\ge\sqrt{10} ?
  • c) Montrez que (xn)(x_n) est décroissante à partir du rang 22. Concluez sur la convergence, puis déterminez la limite en écartant le mauvais candidat ; donnez-la au millième.
  • d) Un étudiant propose plus simple : yn+1=10yny_{n+1}=\frac{10}{y_n}, y1=3y_1=3, « qui a le même point fixe 10\sqrt{10} ». Calculez y100y_{100} et concluez.
  • e) Justifiez que 10xn≤10≤xn\frac{10}{x_n}\le\sqrt{10}\le x_n pour n≥2n\ge 2. Calculez x3−10x3x_3-\frac{10}{x_3} sous la forme 1N\frac{1}{N} : quelle précision cette seule fraction garantit-elle sur 10\sqrt{10} ?

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  • a) x2=196x_2=\frac{19}{6}, x3=721228x_3=\frac{721}{228}
  • b) xn+1=xn+10xn2≥xn⋅10xn=10x_{n+1}=\frac{x_n+\frac{10}{x_n}}{2}\ge\sqrt{x_n\cdot\frac{10}{x_n}}=\sqrt{10} ; x1=3<10x_1=3<\sqrt{10}, donc à partir du rang 22
  • c) xn+1−xn=10−xn22xn≤0x_{n+1}-x_n=\frac{10-x_n^2}{2x_n}\le 0 ; décroissante minorée, convergente ; L2=10L^2=10, L≥10>0L\ge\sqrt{10}>0, L=10≈3,162L=\sqrt{10}\approx 3{,}162
  • d) (yn)=3,103,3,103,…(y_n)=3,\frac{10}{3},3,\frac{10}{3},\dots : y100=103y_{100}=\frac{10}{3}, la suite diverge malgré le même point fixe
  • e) xn≥10⇒10xn≤10x_n\ge\sqrt{10}\Rightarrow\frac{10}{x_n}\le\sqrt{10} ; x3−10x3=1164 388x_3-\frac{10}{x_3}=\frac{1}{164\,388} : 10\sqrt{10} connu à moins de 10−510^{-5}

a) x2=12(3+103)=12⋅193=196x_2=\frac12\left(3+\frac{10}{3}\right)=\frac12\cdot\frac{19}{3}=\frac{19}{6}. Puis x3=12(196+6019)=12⋅361+360114=721228x_3=\frac12\left(\frac{19}{6}+\frac{60}{19}\right)=\frac12\cdot\frac{361+360}{114}=\frac{721}{228}, fraction irréductible car 721=7×103721=7\times 103 et 228=22×3×19228=2^2\times 3\times 19. En décimales, x2≈3,1667x_2\approx 3{,}1667 et x3≈3,162281x_3\approx 3{,}162281, contre 10≈3,162278\sqrt{10}\approx 3{,}162278 : le nombre de décimales justes double à peu près à chaque étape.

b) x1=3>0x_1=3>0, et si xn>0x_n>0 alors xn+1x_{n+1} est la moyenne de deux nombres positifs, donc xn+1>0x_{n+1}>0. Pour deux réels u,v>0u,v>0, u+v2−uv=(u−v)22≥0\frac{u+v}{2}-\sqrt{uv}=\frac{\left(\sqrt u-\sqrt v\right)^2}{2}\ge 0 : la moyenne arithmétique dépasse la moyenne géométrique. Avec u=xnu=x_n et v=10xnv=\frac{10}{x_n}, dont le produit vaut 1010 : xn+1≥10x_{n+1}\ge\sqrt{10} pour tout n≥1n\ge 1. Donc xn≥10x_n\ge\sqrt{10} pour tout n≥2n\ge 2, mais pas pour n=1n=1 : x1=3<10x_1=3<\sqrt{10}, puisque 9<109<10. Le premier pas « saute » au-dessus de 10\sqrt{10}, et la suite ne redescend plus jamais en dessous.

c) xn+1−xn=12(10xn−xn)=10−xn22xnx_{n+1}-x_n=\frac12\left(\frac{10}{x_n}-x_n\right)=\frac{10-x_n^2}{2x_n}. Pour n≥2n\ge 2, xn≥10x_n\ge\sqrt{10} donne xn2≥10x_n^2\ge 10, et xn>0x_n>0 : la différence est négative ou nulle, la suite est décroissante à partir du rang 22. Décroissante et minorée par 10\sqrt{10}, elle CONVERGE vers un L≥10L\ge\sqrt{10}. Maintenant seulement, x↦12(x+10x)x\mapsto\frac12\left(x+\frac{10}{x}\right) étant continue en L>0L>0 : L=12(L+10L)L=\frac12\left(L+\frac{10}{L}\right), soit L2=10L^2=10, L=±10L=\pm\sqrt{10}. Le candidat −10-\sqrt{10} est écarté car L≥10>0L\ge\sqrt{10}>0 : L=10≈3,162L=\sqrt{10}\approx 3{,}162. Notez que la suite entière n'est pas monotone (x1<x2x_1<x_2) : c'est sa queue qui l'est, et la limite ne regarde que la queue.

d) y1=3y_1=3, y2=103y_2=\frac{10}{3}, y3=1010/3=3y_3=\frac{10}{10/3}=3, et ainsi de suite : la suite vaut 33 aux rangs impairs et 103\frac{10}{3} aux rangs pairs, donc y100=103y_{100}=\frac{10}{3}. Elle DIVERGE, puisque ses deux sous-suites ont des limites différentes, alors que l'équation L=10LL=\frac{10}{L} donne bien L=10L=\sqrt{10}. C'est le piège du chapitre dans sa forme la plus nette : un point fixe n'est pas une limite. Les deux valeurs 33 et 103\frac{10}{3} encadrent 10\sqrt{10} sans jamais s'en approcher ; Héron prend leur MOYENNE, et c'est ce seul geste qui fait converger.

e) Pour n≥2n\ge 2, xn≥10>0x_n\ge\sqrt{10}>0, donc 10xn≤1010=10\frac{10}{x_n}\le\frac{10}{\sqrt{10}}=\sqrt{10} : 10xn≤10≤xn\frac{10}{x_n}\le\sqrt{10}\le x_n. La racine est COINCÉE entre deux nombres qu'on sait calculer, et l'erreur de xnx_n est au plus la largeur de l'encadrement. Pour n=3n=3 : x3−10x3=721228−2280721=7212−2280×228228×721=519 841−519 840164 388=1164 388x_3-\frac{10}{x_3}=\frac{721}{228}-\frac{2280}{721}=\frac{721^2-2280\times 228}{228\times 721}=\frac{519\,841-519\,840}{164\,388}=\frac{1}{164\,388}. Donc 0≤x3−10≤1164 388<10−50\le x_3-\sqrt{10}\le\frac{1}{164\,388}<10^{-5} : la fraction 721228\frac{721}{228} donne 10\sqrt{10} à moins de 10−510^{-5} près, par excès, et c'est GARANTI, sans connaître 10\sqrt{10}. C'est exactement ce qu'on attend d'un algorithme d'ingénieur : un résultat et sa borne d'erreur, calculés ensemble.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-suites. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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