Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal

Fiche de révision : les suites (MTH1101, Polytechnique)

Cette fiche de révision porte sur les suites, premier chapitre de MTH1101, Calcul I à Polytechnique Montréal, section 1.1 de Stewart, « Calcul à plusieurs variables », avec la démonstration par récurrence. Le chapitre reprend le 201-NYB ; ce qui change, c'est l'exigence : le contrôle périodique 1 se passe sans calculatrice, le seul document permis étant votre aide-mémoire d'une feuille recto verso, et il demande « plus de réflexion que de calculs », donc des existences prouvées et des bornes justifiées.

Elle ne refait pas le cours. Elle dit où les copies perdent des points, quelle phrase écrire à la place, et comment décider en quelques secondes de la méthode d'après la forme de la suite. Le même réflexe la traverse de bout en bout : l'existence d'abord, la valeur ensuite.

Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Le fil du chapitre

Une limite de suite se PROUVE avant de se calculer : tant que l'existence n'est pas établie (monotone et bornée, encadrement, fonction associée), l'équation L=f(L)L=f(L) et la règle de L'Hospital ne donnent qu'un candidat ; et quand une suite sert à approcher un nombre, elle ne vaut que par sa borne d'erreur GARANTIE.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

L'essentiel

Prouver qu'une limite existe : quatre outils, pas un de plus

  • • FONCTION ASSOCIÉE : si an=f(n)a_n=f(n) et lim⁡x→∞f(x)=L\lim_{x\to\infty}f(x)=L, alors an→La_n\to L. C'est le seul pont vers la règle de L'Hospital, et il ne marche que dans ce sens.
  • • SANDWICH : bn≤an≤cnb_n\le a_n\le c_n avec bn→Lb_n\to L et cn→Lc_n\to L, la MÊME limite. Version courte : ∣an∣≤cn→0|a_n|\le c_n\to 0 donne an→0a_n\to 0.
  • • MONOTONE ET BORNÉE : croissante et majorée, ou décroissante et minorée, entraîne convergente. Le théorème prouve l'existence SANS donner la valeur.
  • • CONTRACTION : ∣an+1−L∣≤k ∣an−L∣|a_{n+1}-L|\le k\,|a_n-L| avec k<1k<1 fixe donne ∣an−L∣≤kn∣a0−L∣→0|a_n-L|\le k^n|a_0-L|\to 0, l'existence ET une borne d'erreur.
123456789101112130,511,522,5uₙ = 2 − 1/n : croissante, majoréevₙ = 1 + (−1)ⁿ/2 : bornée, pas monotonen
un=2−1nu_n=2-\frac1n monte sous le plafond 22 et converge ; vnv_n est tout aussi bornée mais saute entre 12\frac12 et 32\frac32 et diverge : c'est la monotonie qui manque.

Bornée ne suffit pas, monotone ne suffit pas : il faut les deux. Et la monotonie peut ne commencer qu'à un certain rang, la limite ne regardant que la queue de la suite.

Ce qui se reconnaît d'un coup d'œil

  • • rn→0r^n\to 0 si ∣r∣<1|r|<1 ; rn=1r^n=1 si r=1r=1 ; rn→+∞r^n\to+\infty si r>1r>1 ; DIVERGE sans limite si r≤−1r\le -1.
  • • Échelle, pour p,k>0p,k>0 et a>1a>1 : (ln⁡n)p≪nk≪an≪n!≪nn(\ln n)^p\ll n^k\ll a^n\ll n!\ll n^n, où un≪vnu_n\ll v_n veut dire unvn→0\frac{u_n}{v_n}\to 0.
  • • (1+xn)n→ex\left(1+\frac{x}{n}\right)^n\to e^x pour tout réel xx ; sans calculatrice, 2<e<32<e<3 et 3<π<43<\pi<4.
  • • Suite récurrente an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_n) avec ff continue : SI an→La_n\to L, alors L=f(L)L=f(L). L'équation filtre des candidats, elle ne prouve rien.

Repères de calcul mental qui servent aux rangs garantis : 210=10242^{10}=1024, 220≈1,05×1062^{20}\approx 1{,}05\times 10^6, 410=2204^{10}=2^{20}.

Les règles de calcul en tableau

Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.

La suite géométrique rnr^n : la position de rr décide

On place d'abord rr par rapport à −1-1 et 11, avec un encadrement exact si rr contient ee, π\pi ou une racine. Les deux cases rouges ne sont pas des limites : ce sont des divergences à NOMMER.

position de rrexemplelim⁡rn\lim r^n
∣r∣<1|r|<1 (−π4)n\left(-\frac{\pi}{4}\right)^n 00

Exemple : π4<1\frac{\pi}{4}<1 car π<4\pi<4, donc (−π4)n→0\left(-\frac{\pi}{4}\right)^n\to 0 en alternant de signe.

r=1r=1 1n1^n 11

Exemple : 1n=11^n=1 pour tout nn : suite constante, limite 11.

r>1r>1 (e2)n\left(\frac{e}{2}\right)^n +∞+\infty

Exemple : e>2e>2, donc e2>1\frac{e}{2}>1 et (e2)n→+∞\left(\frac{e}{2}\right)^n\to+\infty, lentement : la raison vaut environ 1,361{,}36.

r=−1r=-1 (−1)n(-1)^n aucune diverge, bornée

Exemple : 11, −1-1, 11, −1-1, et ainsi de suite : deux sous-suites de limites 11 et −1-1.

Ce qu'il faut faire : Écrire « diverge » et le PROUVER par deux sous-suites de limites différentes.

r<−1r<-1 (−1,2)n(-1{,}2)^n aucune diverge, sans limite infinie

Exemple : (−1,2)2=1,44(-1{,}2)^2=1{,}44 puis (−1,2)3=−1,728(-1{,}2)^3=-1{,}728 : les termes pairs tendent vers +∞+\infty, les impairs vers −∞-\infty.

Ce qu'il faut faire : Écrire « diverge sans limite, ni finie ni infinie », jamais « tend vers ∞\infty ».

Le geste vaut pour toute suite de la forme C rnC\,r^n, et pour un quotient d'exponentielles après division par la plus forte.

Puissances où nn est dans la base ET dans l'exposant

Quand base et exposant bougent ensemble, on ne passe pas à la limite séparément : on prend le logarithme, an=ebnln⁡cna_n=e^{b_n\ln c_n}, et l'exponentielle étant continue, tout se joue sur bnln⁡cnb_n\ln c_n.

baseexposantpuissance
cc fixe, 0<c<10<c<1 →+∞\to+\infty 00

Exemple : (23)n2→0\left(\frac{2}{3}\right)^{n^2}\to 0 : base fixe plus petite que 11.

→1\to 1 →+∞\to+\infty 1∞1^{\infty} forme indéterminée

Exemple : (1+3n)n\left(1+\frac{3}{n}\right)^n : nln⁡(1+3n)→3n\ln\left(1+\frac3n\right)\to 3, donc la limite est e3e^3.

Même forme, autre résultat : (1+3n2)n\left(1+\frac{3}{n^2}\right)^n : nln⁡(1+3n2)→0n\ln\left(1+\frac{3}{n^2}\right)\to 0, limite 11. Même forme, autre réponse.

Ce qu'il faut faire : Passer au logarithme et calculer la limite de bnln⁡cnb_n\ln c_n par la fonction associée.

→+∞\to+\infty →0\to 0 ∞0\infty^{0} forme indéterminée

Exemple : n1/nn^{1/n} : ln⁡nn→0\frac{\ln n}{n}\to 0, limite e0=1e^0=1.

Même forme, autre résultat : (e3n)1/n=e3\left(e^{3n}\right)^{1/n}=e^3 pour tout nn : même forme, limite e3e^3.

Ce qu'il faut faire : Passer au logarithme : ln⁡cn1/bn\frac{\ln c_n}{1/b_n} se traite en forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}.

Une case rouge n'est pas un résultat : c'est l'ordre de réécrire. « 1∞=11^{\infty}=1 » coûte toute la question.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Appliquer la règle de L'Hospital à la suite elle-même

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« lim⁡ln⁡nn3\lim\frac{\ln n}{\sqrt[3]{n}} : je dérive par rapport à nn. »

Ce qu'il faut écrire

« On pose f(x)=ln⁡xx1/3f(x)=\frac{\ln x}{x^{1/3}}, forme ∞∞\frac{\infty}{\infty} ; par L'Hospital, 1/x13x−2/3=3x1/3→0\frac{1/x}{\frac13x^{-2/3}}=\frac{3}{x^{1/3}}\to 0. Comme an=f(n)a_n=f(n), an→0a_n\to 0. »

Pourquoi : Une suite n'est définie qu'aux entiers et n'a pas de dérivée. La rédaction doit passer par une fonction d'une variable réelle, puis revenir à la suite par le théorème.

2. Résoudre L = f(L) sans avoir prouvé la convergence

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« a0=3a_0=3, an+1=3an−4a_{n+1}=3a_n-4 : L=3L−4L=3L-4, donc L=2L=2. »

Ce qu'il faut écrire

« Par récurrence an≥3a_n\ge 3, et an+1−an=2an−4>0a_{n+1}-a_n=2a_n-4>0 : la suite croît. Si elle convergeait, sa limite vérifierait L≥3L\ge 3 et L=2L=2 : absurde. Elle est croissante non majorée, donc an→+∞a_n\to+\infty. »

1234567812345678y = 3x − 4y = x(2 ; 2)a₀ = 2,2
La droite y=3x−4y=3x-4 coupe y=xy=x en (2 ;2)(2\,;2), mais l'escalier parti de 2,22{,}2 s'en ÉLOIGNE : 2,62{,}6, 3,83{,}8, 7,47{,}4. Un point fixe n'est pas une limite.

Pourquoi : L=f(L)L=f(L) suppose que la limite existe. Calculée trop tôt, l'équation donne la limite d'une suite qui n'en a pas ; utilisée par l'absurde, elle PROUVE la divergence.

3. Garder une inégalité stricte à la limite

2 points, et souvent la limite elle-même

Ce qu'il ne faut pas écrire

« an<3a_n<3 pour tout nn, donc L<3L<3, et j'écarte le candidat 33. »

Ce qu'il faut écrire

« an<3a_n<3 pour tout nn, donc L≤3L\le 3 : le candidat 33 reste possible. »

Pourquoi : Le passage à la limite conserve les inégalités LARGES seulement : 1n>0\frac1n>0 et pourtant 1n→0\frac1n\to 0. Écarter un candidat sur une inégalité stricte élimine régulièrement la bonne réponse.

4. Passer à la limite terme à terme dans une somme de n termes

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Chaque terme 1n2+k\frac{1}{\sqrt{n^2+k}} tend vers 00, donc ∑k=1n1n2+k→0\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{\sqrt{n^2+k}}\to 0. »

Ce qu'il faut écrire

« Pour 1≤k≤n1\le k\le n, 1n2+n≤1n2+k≤1n2+1\frac{1}{\sqrt{n^2+n}}\le\frac{1}{\sqrt{n^2+k}}\le\frac{1}{\sqrt{n^2+1}} ; en sommant les nn termes, nn2+n≤Sn≤nn2+1\frac{n}{\sqrt{n^2+n}}\le S_n\le\frac{n}{\sqrt{n^2+1}}, et le sandwich donne Sn→1S_n\to 1. »

Pourquoi : La règle « somme des limites » ne vaut que pour un nombre FIXE de termes. Ici nn termes voisins de 1n\frac1n font environ 11.

5. Prendre la forme 1 puissance infini pour 1

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 1+3n→11+\frac3n\to 1 et 1n=11^n=1, donc (1+3n)n→1\left(1+\frac3n\right)^n\to 1. »

Ce qu'il faut écrire

« ln⁡an=nln⁡(1+3n)\ln a_n=n\ln\left(1+\frac3n\right) ; par la fonction associée et L'Hospital, ln⁡(1+3t)t→3\frac{\ln(1+3t)}{t}\to 3 quand t→0+t\to 0^+, donc an→e3a_n\to e^3. »

Pourquoi : Base et exposant bougent en même temps : passer à la limite dans la base seule revient à figer nn dans l'un et pas dans l'autre. La grille des puissances le dit en rouge.

6. Dire qu'une suite géométrique de raison négative tend vers l'infini

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ∣−1,2∣>1|-1{,}2|>1, donc (−1,2)n→∞(-1{,}2)^n\to\infty. »

Ce qu'il faut écrire

« −1,2<−1-1{,}2<-1 : la suite alterne de signe et sa valeur absolue tend vers +∞+\infty ; elle diverge sans limite, ni finie ni infinie. »

Pourquoi : ∞\infty sans signe n'est pas une limite de suite réelle. Les termes pairs tendent vers +∞+\infty, les impairs vers −∞-\infty : deux sous-suites, deux limites, divergence.

7. Renoncer parce que la suite n'est pas monotone

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« an=n+(−1)nna_n=\frac{n+(-1)^n}{n} n'est pas monotone, donc on ne peut pas conclure. »

Ce qu'il faut écrire

« ∣an−1∣=1n→0|a_n-1|=\frac{1}{n}\to 0, donc an→1a_n\to 1 par le sandwich. »

Pourquoi : La monotonie est UN outil d'existence parmi quatre, pas une condition de convergence. Une suite qui oscille autour de sa limite se traite par l'encadrement de l'écart.

8. Prendre un rang observé pour un rang garanti

toute la question d'approximation

Ce qu'il ne faut pas écrire

« an=1+sin⁡nna_n=1+\frac{\sin n}{n} : ∣a22−1∣<10−3|a_{22}-1|<10^{-3}, donc la précision 10−310^{-3} est atteinte à partir du rang 2222. »

Ce qu'il faut écrire

« ∣an−1∣≤1n|a_n-1|\le\frac1n, et 1n≤10−3\frac1n\le 10^{-3} dès n≥1000n\ge 1000 : la précision est GARANTIE à partir du rang 10001000. »

Pourquoi : Un terme chanceux ne dit rien des suivants : ∣a23−1∣|a_{23}-1| dépasse 0,030{,}03. Un rang se prouve par une borne valable pour TOUS les nn au-delà.

Quelle méthode choisir

Quelle méthode, d'après la forme de la suite

On regarde l'ÉCRITURE de ana_n, pas le thème de l'exercice.

  • Si an=f(n)a_n=f(n) avec ff dérivable, forme ∞∞\frac{\infty}{\infty} ou 00\frac00 → fonction associée, puis règle de L'Hospital sur f(x)

    Exemple : ln⁡nn3→0\frac{\ln n}{\sqrt[3]{n}}\to 0 via f(x)=ln⁡xx1/3f(x)=\frac{\ln x}{x^{1/3}}

  • Si un facteur borné qui oscille : cos⁡n\cos n, sin⁡(n2)\sin(n^2), (−1)n(-1)^n → sandwich, ou valeur absolue majorée par une suite qui tend vers 0

    Exemple : ∣(−1)nnn2+5∣≤1n→0\left|\frac{(-1)^n n}{n^2+5}\right|\le\frac1n\to 0

  • Si nn dans la base ET dans l'exposant → passer au logarithme

    Exemple : (1+3n)n→e3\left(1+\frac3n\right)^n\to e^3

  • Si quotient de puissances, exponentielles, factorielles → diviser par le terme du plus haut échelon, ou étudier an+1an\frac{a_{n+1}}{a_n}

    Exemple : n!+4nn!+n5→1\frac{n!+4^n}{n!+n^5}\to 1

    un rapport an+1an\frac{a_{n+1}}{a_n} qui tend vers 11 ne décide rien

  • Si somme dont le nombre de termes dépend de nn → encadrer chaque terme par le plus petit et le plus grand, puis sommer

    Exemple : ∑k=1n1n2+k→1\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{\sqrt{n^2+k}}\to 1

  • Si an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_n) → monotone et bornée par récurrence, PUIS L=f(L)L=f(L)

    Exemple : an+1=4−3ana_{n+1}=4-\frac{3}{a_n}, a0=2a_0=2 : limite 33

    si la suite alterne, chercher une contraction

Si aucune branche ne s'applique, calculer quelques termes pour CONJECTURER, jamais pour conclure.

Quel théorème, d'après le verbe de l'énoncé

Le verbe de la question dit ce qu'il faut prouver.

  • Si « montrer que la suite converge » → monotone et bornée, sandwich ou contraction : l'existence, pas la valeur

  • Si « déterminer la limite » d'une récurrence → existence d'abord, puis L=f(L)L=f(L) et tri des candidats par les bornes prouvées

  • Si « montrer qu'elle diverge » → deux sous-suites de limites différentes, ou l'absurde : une limite devrait vérifier L=f(L)L=f(L) et les bornes, impossible

  • Si « à partir de quel rang la précision est-elle garantie » → une borne ∣an−L∣≤εn|a_n-L|\le\varepsilon_n valable pour tout nn, puis résoudre εn≤\varepsilon_n\le la précision

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Limite d'une suite définie par récurrence

Quand l'utiliser : L'énoncé donne a0a_0 et an+1=f(an)a_{n+1}=f(a_n) et demande la limite.

  1. 1 Calculer deux ou trois termes pour CONJECTURER le sens de variation et la limite, sans rien en conclure.
  2. 2 Étudier ff : intervalle II stable (f(I)⊂If(I)\subset I, vérifié avec les variations de ff) et signe de f(x)−xf(x)-x sur II.
  3. 3 Démonstration par récurrence de P(n)P(n) : « an∈Ia_n\in I », en trois temps nommés : INITIALISATION (P(0)P(0) vraie), HÉRÉDITÉ (si P(n)P(n) est vraie, alors P(n+1)P(n+1) l'est), CONCLUSION (donc P(n)P(n) pour tout nn).
  4. 4 Monotonie : an+1−an=f(an)−ana_{n+1}-a_n=f(a_n)-a_n, dont le signe est celui établi à l'étape 2.
  5. 5 Conclure : « croissante et majorée, donc convergente », en nommant le théorème.
  6. 6 Seulement alors : ff continue en LL, donc L=f(L)L=f(L) ; trier les candidats avec les bornes de l'étape 3.

Phrase de conclusion

« La suite (an)(a_n) est croissante et majorée par MM, donc elle converge vers un réel L≤ML\le M ; ff étant continue, L=f(L)L=f(L), et le seul candidat compatible avec a0≤L≤Ma_0\le L\le M est L=…L=\dots »

Le piège : L'étape 5 est celle que tout le monde saute : sans elle, les étapes 6 calculent la limite d'une suite qui n'en a peut-être pas.

Barème : Typiquement un quart des points pour la récurrence, un quart pour la monotonie, un quart pour le théorème cité, un quart pour la limite et le tri des candidats.

Prouver une divergence par l'absurde

Quand l'utiliser : La suite récurrente semble partir à l'infini, ou l'équation L=f(L)L=f(L) n'a aucune solution compatible.

  1. 1 Établir par récurrence une borne qui ÉCARTE tous les points fixes, par exemple an≥3a_n\ge 3 quand les points fixes sont plus petits.
  2. 2 Supposer que an→La_n\to L ; par passage à la limite (inégalité large), LL respecte la même borne.
  3. 3 ff continue donne L=f(L)L=f(L) : aucune solution ne respecte la borne, contradiction.
  4. 4 Si de plus la suite est croissante, elle tend vers +∞+\infty (croissante non majorée).

Phrase de conclusion

« Si (an)(a_n) convergeait vers LL, on aurait L=f(L)L=f(L) et L≥3L\ge 3, ce qui est impossible ; la suite diverge, et comme elle est croissante, an→+∞a_n\to+\infty. »

Le piège : Oublier que « diverge » et « tend vers +∞+\infty » sont deux affirmations : la seconde demande en plus la monotonie.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Une suite récurrente à deux candidats

Soit a0=2a_0=2 et an+1=4−3ana_{n+1}=4-\frac{3}{a_n}. Montrer que la suite converge et déterminer sa limite.

La figure montre la courbe de f(x)=4−3xf(x)=4-\frac3x et la droite y=xy=x, qui se coupent en deux points.

12341234y = 4 − 3/xy = x(1 ; 1)(3 ; 3)a₀ = 2
Deux points fixes, 11 et 33 : l'équation L=f(L)L=f(L) ne choisira pas seule. Ce sont les bornes prouvées, an≥2a_n\ge 2, qui écartent 11.

Étape 1

a1=4−32=52a_1=4-\frac32=\frac52, a2=4−65=145a_2=4-\frac65=\frac{14}{5}, a3=4−1514=4114≈2,93a_3=4-\frac{15}{14}=\frac{41}{14}\approx 2{,}93.

Pourquoi

Conjecture seulement : la suite semble croître vers 33. Trois termes ne prouvent rien, mais ils disent quoi prouver.

Étape 2

ff est croissante sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ (f′(x)=3x2>0f'(x)=\frac{3}{x^2}>0), f(2)=52f(2)=\frac52 et f(3)=3f(3)=3, donc f([2 ;3[)⊂[2 ;3[f([2\,;3[)\subset[2\,;3[.

Pourquoi

C'est l'intervalle stable qui rend la récurrence possible ; le dire avec les variations de ff rapporte le point de justification.

Étape 3

Récurrence sur P(n)P(n) : « 2≤an<32\le a_n<3 ». Initialisation : a0=2a_0=2, P(0)P(0) vraie. Hérédité : si 2≤an<32\le a_n<3, alors an+1=f(an)∈[f(2) ;f(3)[=[52 ;3[⊂[2 ;3[a_{n+1}=f(a_n)\in[f(2)\,;f(3)[=[\frac52\,;3[\subset[2\,;3[. Conclusion : 2≤an<32\le a_n<3 pour tout nn.

Pourquoi

Initialisation et hérédité écrites : c'est la moitié de la note de la question.

Étape 4

an+1−an=4−3an−an=−an2−4an+3an=−(an−1)(an−3)an>0a_{n+1}-a_n=4-\frac{3}{a_n}-a_n=-\frac{a_n^2-4a_n+3}{a_n}=-\frac{(a_n-1)(a_n-3)}{a_n}>0 pour 2≤an<32\le a_n<3.

Pourquoi

Factoriser par les points fixes rend le signe lisible : an−1>0a_n-1>0, an−3<0a_n-3<0, an>0a_n>0.

Étape 5

(an)(a_n) est croissante et majorée par 33 : elle CONVERGE vers un L∈[2 ;3]L\in[2\,;3].

Pourquoi

La phrase qui autorise l'étape suivante. L'inégalité stricte an<3a_n<3 ne donne que L≤3L\le 3.

Étape 6

ff est continue en L>0L>0, donc L=4−3LL=4-\frac3L, soit L2−4L+3=0L^2-4L+3=0, L=1L=1 ou L=3L=3 ; L≥2L\ge 2 écarte 11, donc L=3L=3.

Pourquoi

L'équation donne deux candidats, la borne de l'étape 3 en garde un : c'est exactement ce que montre la figure.

Étape 7

Vérification : f(3)=4−1=3f(3)=4-1=3, et a3≈2,93a_3\approx 2{,}93 est bien sous 33, en montant.

Pourquoi

Substitution et cohérence avec la conjecture, en cinq secondes.

Conclusion rédigée

« La suite (an)(a_n) est croissante et majorée par 33, donc convergente ; sa limite vérifie L=4−3LL=4-\frac{3}{L} et L≥2L\ge 2, donc lim⁡an=3\lim a_n=3. »

L'erreur classique sur cet exercice : Résoudre L2−4L+3=0L^2-4L+3=0 dès la première ligne et répondre « 11 ou 33 », ou choisir 33 « parce que les termes s'en approchent » : la note va à la preuve d'existence et au tri par les bornes.

À savoir par cœur

  • • Si an=f(n)a_n=f(n) et f(x)→Lf(x)\to L, alors an→La_n\to L ; la RÉCIPROQUE est fausse, et L'Hospital ne s'applique qu'à ff.
  • • Monotone ET bornée entraîne convergente ; bornée seule, non ; convergente entraîne bornée.
  • • L=f(L)L=f(L) ne vaut que si la limite EXISTE : existence d'abord, candidats ensuite, tri par les bornes.
  • • Le passage à la limite conserve ≤\le, jamais <<.
  • • rnr^n : 00 si ∣r∣<1|r|<1, 11 si r=1r=1, +∞+\infty si r>1r>1, pas de limite si r≤−1r\le -1.
  • • (ln⁡n)p≪nk≪an≪n!≪nn(\ln n)^p\ll n^k\ll a^n\ll n!\ll n^n ; 1∞1^{\infty} et ∞0\infty^0 sont indéterminées : logarithme.
  • • Une précision se GARANTIT par une borne valable pour tous les rangs au-delà, jamais par un terme observé.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser la règle de L'Hospital pour calculer la limite d'une suite ?

Pas sur la suite elle-même, qui n'est définie qu'aux entiers et n'a pas de dérivée. On écrit la suite comme les valeurs d'une fonction de la variable réelle x, on applique la règle de L'Hospital à cette fonction, puis on revient à la suite par le théorème : si la fonction tend vers L à l'infini, la suite aussi. Le correcteur attend ce passage écrit.

Pourquoi faut-il prouver qu'une suite récurrente converge avant de calculer sa limite ?

Parce que l'équation L égale f de L n'est vraie que si la limite existe. Pour une suite qui diverge, elle donne quand même des solutions, qui ne sont la limite de rien. On montre donc d'abord que la suite est monotone et bornée, par récurrence, puis on résout l'équation et on garde le candidat compatible avec les bornes prouvées.

Une suite bornée est-elle toujours convergente ?

Non. La suite qui vaut alternativement un et moins un est bornée et diverge, car ses termes pairs et impairs ont des limites différentes. Il faut une hypothèse de plus : une suite bornée ET monotone converge. Dans l'autre sens, toute suite convergente est bornée, ce qui permet de prouver qu'une suite non bornée diverge.

Comment trouver la limite de 1 plus 3 sur n, le tout à la puissance n ?

On ne passe pas à la limite dans la base seule : la forme un puissance infini est indéterminée. On prend le logarithme, n fois le logarithme de 1 plus 3 sur n, dont la limite vaut 3 par la fonction associée et la règle de L'Hospital. L'exponentielle étant continue, la suite tend vers e puissance 3, et non vers 1.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les suites

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
Faire les exercices
Il manque quelque chose dans cette fiche ? Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

Fiche suivante Les séries et leur convergence

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/mth1101-suites. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?

Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.

Site par Studio Squalli