Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Gradient et dérivée directionnelle

Gradient et dérivée directionnelle : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Voici dix exercices corrigés sur le gradient et la dérivée directionnelle, au programme de MTH1101, Calcul I, à Polytechnique Montréal (section 4.4 de Stewart, *Calcul à plusieurs variables*). Le chapitre vient juste après la dérivation en chaîne, qui le fonde : c'est elle qui donne la formule du gradient et qui prouve qu'il est perpendiculaire aux courbes de niveau. Il ferme la matière du contrôle périodique 2, répond à la question que les dérivées partielles laissent ouverte, comment varie une fonction quand on part dans une direction QUELCONQUE, et prépare l'optimisation et la méthode du gradient de la fin du cours.

Le fil de la série tient en une formule : Du⃗f=∇f⋅u⃗=∥∇f∥cos⁡θD_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u=\|\nabla f\|\cos\theta, avec u⃗\vec u UNITAIRE et ff différentiable. Tout le chapitre se lit dans ce cosinus : le taux est maximal quand u⃗\vec u suit le gradient, nul quand u⃗\vec u longe la courbe de niveau, minimal en sens contraire. Le gradient est donc un vecteur du plan des xx et des yy, ou de l'espace à trois variables, perpendiculaire aux courbes et surfaces de niveau, et sa norme est le taux maximal.

Les pièges que les corrigés nomment un à un : un vecteur non normalisé qui multiplie le taux par sa longueur, un gradient dessiné vers le sommet ou le long du rayon au lieu d'être perpendiculaire à la courbe de niveau, un taux maximal pris pour la plus grande des dérivées partielles, le gradient de ff pris pour la normale à la surface z=f(x,y)z=f(x,y), et la formule appliquée à une fonction qui n'est pas différentiable. Tout se fait sans calculatrice, comme aux contrôles périodiques, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : les réponses sont exactes, 125\frac{12}{5}, 10\sqrt{10}, 725\frac{7}{25}, et les décimales ne servent qu'à comparer.

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Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Limite et continuité à plusieurs variables
  2. 2Les dérivées partielles
  3. 3Plan tangent et différentielle
  4. 4La dérivation en chaîne

Rappel de cours

  • • DÉFINITION : pour u⃗\vec u unitaire, Du⃗f(P)=lim⁡h→0f(P+hu⃗)−f(P)hD_{\vec u}f(P)=\lim\limits_{h\to 0}\frac{f(P+h\vec u)-f(P)}{h}. Un vecteur v⃗\vec v quelconque se normalise : u⃗=v⃗∥v⃗∥\vec u=\frac{\vec v}{\|\vec v\|} ; un angle θ\theta donne u⃗=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec u=(\cos\theta,\sin\theta).
  • • GRADIENT : ∇f=(fx,fy)\nabla f=(f_{x},f_{y}), ou (fx,fy,fz)(f_{x},f_{y},f_{z}) à trois variables. Si ff est différentiable en PP, Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗=∥∇f(P)∥cos⁡θD_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u=\|\nabla f(P)\|\cos\theta.
  • • TAUX EXTRÊMES : maximal, ∥∇f(P)∥\|\nabla f(P)\|, dans la direction ∇f(P)∥∇f(P)∥\frac{\nabla f(P)}{\|\nabla f(P)\|} ; minimal, −∥∇f(P)∥-\|\nabla f(P)\|, en sens opposé.
  • • TAUX NUL : Du⃗f(P)=0D_{\vec u}f(P)=0 si et seulement si u⃗⊥∇f(P)\vec u\perp\nabla f(P). Le gradient est perpendiculaire à la courbe (ou surface) de niveau qui passe par PP et pointe vers les niveaux croissants ; plus les courbes sont serrées, plus il est long.
  • • SURFACE DE NIVEAU F(x,y,z)=kF(x,y,z)=k : plan tangent en P(x0,y0,z0)P(x_{0},y_{0},z_{0}), Fx(P)(x−x0)+Fy(P)(y−y0)+Fz(P)(z−z0)=0F_{x}(P)(x-x_{0})+F_{y}(P)(y-y_{0})+F_{z}(P)(z-z_{0})=0 ; droite normale P+t ∇F(P)P+t\,\nabla F(P).
  • • Un graphe z=f(x,y)z=f(x,y) est la surface de niveau 00 de f(x,y)−zf(x,y)-z, de normale (fx,fy,−1)(f_{x},f_{y},-1), qui n'est pas ∇f\nabla f.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : La dérivée directionnelle : la définition, puis le gradient

Soit f(x,y)=x2+3xyf(x,y)=x^{2}+3xy et le point P(1,2)P(1,2). Pour un vecteur UNITAIRE u⃗=(u1,u2)\vec u=(u_{1},u_{2}), la dérivée directionnelle de ff en PP dans la direction u⃗\vec u est Du⃗f(P)=lim⁡h→0f(P+hu⃗)−f(P)hD_{\vec u}f(P)=\lim\limits_{h\to 0}\dfrac{f(P+h\vec u)-f(P)}{h}, lorsque cette limite existe.

  • a) Calculez Du⃗f(P)D_{\vec u}f(P) pour u⃗=(35,−45)\vec u=\left(\frac{3}{5},-\frac{4}{5}\right) en revenant à la définition par la limite.
  • b) Calculez ∇f(P)\nabla f(P), puis retrouvez le résultat de a) par la formule Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗D_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u. Pourquoi ce raccourci est-il permis ici ?
  • c) Calculez le taux de variation de ff en PP dans la direction du vecteur v⃗=(1,1)\vec v=(1,1). Donnez la valeur exacte, puis au centième.
  • d) Calculez la dérivée directionnelle de ff en PP dans la direction qui fait un angle θ=2π3\theta=\frac{2\pi}{3} avec le demi-axe des xx positifs. Donnez la valeur exacte, puis au centième.

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Réponses

  • a) Du⃗f(P)=125D_{\vec u}f(P)=\frac{12}{5}
  • b) ∇f(P)=(8,3)\nabla f(P)=(8,3) et 8⋅35+3⋅(−45)=1258\cdot\frac{3}{5}+3\cdot\left(-\frac{4}{5}\right)=\frac{12}{5} ; permis car ff est un polynôme, donc différentiable
  • c) u⃗=12(1,1)\vec u=\frac{1}{\sqrt{2}}(1,1), Du⃗f(P)=112=1122≈7,78D_{\vec u}f(P)=\frac{11}{\sqrt{2}}=\frac{11\sqrt{2}}{2}\approx 7{,}78, et non 1111
  • d) u⃗=(−12,32)\vec u=\left(-\frac{1}{2},\frac{\sqrt{3}}{2}\right), Du⃗f(P)=−4+332≈−1,40D_{\vec u}f(P)=-4+\frac{3\sqrt{3}}{2}\approx -1{,}40

a) On avance de hh dans la direction u⃗\vec u : P+hu⃗=(1+3h5, 2−4h5)P+h\vec u=\left(1+\frac{3h}{5},\,2-\frac{4h}{5}\right). Alors f(P+hu⃗)=(1+3h5)2+3(1+3h5)(2−4h5)f(P+h\vec u)=\left(1+\frac{3h}{5}\right)^{2}+3\left(1+\frac{3h}{5}\right)\left(2-\frac{4h}{5}\right). Le premier terme vaut 1+6h5+9h2251+\frac{6h}{5}+\frac{9h^{2}}{25} ; le produit vaut 3(2−4h5+6h5−12h225)=6+6h5−36h2253\left(2-\frac{4h}{5}+\frac{6h}{5}-\frac{12h^{2}}{25}\right)=6+\frac{6h}{5}-\frac{36h^{2}}{25}. Donc f(P+hu⃗)=7+12h5−27h225f(P+h\vec u)=7+\frac{12h}{5}-\frac{27h^{2}}{25}, et comme f(P)=1+6=7f(P)=1+6=7, le quotient vaut 125−27h25\frac{12}{5}-\frac{27h}{25}, qui tend vers 125\frac{12}{5} quand h→0h\to 0. La définition est une dérivée à UNE variable, celle de g(h)=f(P+hu⃗)g(h)=f(P+h\vec u) en h=0h=0 : on regarde ff le long de la droite qui passe par PP dans la direction u⃗\vec u. C'est pourquoi u⃗\vec u doit être unitaire : hh mesure alors la distance parcourue, et le quotient est un vrai taux par unité de longueur.

b) fx=2x+3yf_{x}=2x+3y et fy=3xf_{y}=3x, donc ∇f(P)=(8,3)\nabla f(P)=(8,3). La formule donne ∇f(P)⋅u⃗=8⋅35+3⋅(−45)=24−125=125\nabla f(P)\cdot\vec u=8\cdot\frac{3}{5}+3\cdot\left(-\frac{4}{5}\right)=\frac{24-12}{5}=\frac{12}{5}, le même nombre qu'en a), en deux lignes au lieu de dix. Le raccourci vient de la dérivation en chaîne : g(h)=f(1+hu1, 2+hu2)g(h)=f(1+hu_{1},\,2+hu_{2}) est la composée de ff et de x=1+hu1x=1+hu_{1}, y=2+hu2y=2+hu_{2}, donc g′(0)=fx(P) u1+fy(P) u2=∇f(P)⋅u⃗g'(0)=f_{x}(P)\,u_{1}+f_{y}(P)\,u_{2}=\nabla f(P)\cdot\vec u. Mais la règle de chaîne demande que ff soit DIFFÉRENTIABLE en PP. Ici ff est un polynôme, ses dérivées partielles sont continues partout, donc ff est différentiable partout et la formule s'applique. Sans cette hypothèse, la formule peut être fausse alors que toutes les dérivées directionnelles existent : l'exercice 8 en donne un exemple. Sur une copie, une demi-ligne suffit : « ff est polynomiale, donc différentiable, et Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u ».

c) v⃗=(1,1)\vec v=(1,1) n'est PAS unitaire : ∥v⃗∥=2\|\vec v\|=\sqrt{2}. On normalise d'abord, u⃗=v⃗∥v⃗∥=(12,12)\vec u=\frac{\vec v}{\|\vec v\|}=\left(\frac{1}{\sqrt{2}},\frac{1}{\sqrt{2}}\right), puis Du⃗f(P)=8+32=1122≈7,78D_{\vec u}f(P)=\frac{8+3}{\sqrt{2}}=\frac{11\sqrt{2}}{2}\approx 7{,}78. Le piège du chapitre est ici : ∇f(P)⋅v⃗=11\nabla f(P)\cdot\vec v=11 est le taux multiplié par la longueur de v⃗\vec v, donc faux d'un facteur 2\sqrt{2}. Un contrôle immédiat l'aurait vu : aucun taux ne peut dépasser ∥∇f(P)∥=64+9=73≈8,54\|\nabla f(P)\|=\sqrt{64+9}=\sqrt{73}\approx 8{,}54, et 1111 le dépasse. Toute la question est perdue sur cette normalisation, alors que le calcul est juste.

d) Une direction donnée par un angle s'écrit u⃗=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec u=(\cos\theta,\sin\theta), unitaire d'office : u⃗=(cos⁡2π3,sin⁡2π3)=(−12,32)\vec u=\left(\cos\frac{2\pi}{3},\sin\frac{2\pi}{3}\right)=\left(-\frac{1}{2},\frac{\sqrt{3}}{2}\right). Alors Du⃗f(P)=8⋅(−12)+3⋅32=−4+332D_{\vec u}f(P)=8\cdot\left(-\frac{1}{2}\right)+3\cdot\frac{\sqrt{3}}{2}=-4+\frac{3\sqrt{3}}{2}. Sans calculatrice, 3≈1,732\sqrt{3}\approx 1{,}732 donne 332≈2,598\frac{3\sqrt{3}}{2}\approx 2{,}598 et Du⃗f(P)≈−1,40D_{\vec u}f(P)\approx -1{,}40. Le signe négatif a un sens : la direction fait un angle obtus avec ∇f(P)=(8,3)\nabla f(P)=(8,3), qui pointe presque vers l'est, donc ff diminue quand on part vers le nord-ouest. On gardera la forme exacte dans la réponse et le décimal seulement pour interpréter.

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Exercice 2 : Le taux maximal, le taux nul et un taux imposé

Soit f(x,y)=x2−xy+3y2f(x,y)=x^{2}-xy+3y^{2} et le point P(2,1)P(2,1). Pour un vecteur unitaire u⃗\vec u, on note θ\theta l'angle entre u⃗\vec u et ∇f(P)\nabla f(P).

  • a) Calculez ∇f(P)\nabla f(P). Donnez le taux de variation maximal de ff en PP et le vecteur unitaire qui le réalise.
  • b) Quel est le taux de variation minimal de ff en PP, et dans quelle direction ?
  • c) Trouvez les deux vecteurs unitaires u⃗\vec u pour lesquels Du⃗f(P)=0D_{\vec u}f(P)=0. Que représentent-ils pour la courbe de niveau de ff qui passe par PP ?
  • d) Vérifiez que u⃗=(0,1)\vec u=(0,1) donne Du⃗f(P)=4D_{\vec u}f(P)=4, puis trouvez l'autre vecteur unitaire qui donne le même taux.
  • e) Existe-t-il une direction dans laquelle ff augmente au taux 66 en PP ? Justifiez sans chercher de direction.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) ∇f(P)=(3,4)\nabla f(P)=(3,4) ; taux maximal ∥∇f(P)∥=5\|\nabla f(P)\|=5, dans la direction (35,45)\left(\frac{3}{5},\frac{4}{5}\right)
  • b) −5-5, dans la direction (−35,−45)\left(-\frac{3}{5},-\frac{4}{5}\right)
  • c) ±(45,−35)\pm\left(\frac{4}{5},-\frac{3}{5}\right) : les deux sens de la tangente en PP à la courbe de niveau f=5f=5
  • d) (0,1)(0,1) et (2425,725)\left(\frac{24}{25},\frac{7}{25}\right)
  • e) Non : Du⃗f(P)=5cos⁡θ≤5<6D_{\vec u}f(P)=5\cos\theta\le 5<6

a) fx=2x−yf_{x}=2x-y et fy=−x+6yf_{y}=-x+6y, donc ∇f(P)=(3,4)\nabla f(P)=(3,4), de norme 9+16=5\sqrt{9+16}=5. Comme ff est polynomiale, donc différentiable, Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗=∥∇f(P)∥ ∥u⃗∥cos⁡θ=5cos⁡θD_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u=\|\nabla f(P)\|\,\|\vec u\|\cos\theta=5\cos\theta. Le maximum est atteint pour cos⁡θ=1\cos\theta=1, c'est-à-dire quand u⃗\vec u a la direction et le sens du gradient : u⃗=∇f(P)∥∇f(P)∥=(35,45)\vec u=\frac{\nabla f(P)}{\|\nabla f(P)\|}=\left(\frac{3}{5},\frac{4}{5}\right), et le taux maximal vaut 55. Attention à deux confusions : le taux maximal est la NORME du gradient, pas le gradient lui-même, qui est un vecteur ; et ce n'est pas non plus ∇f⋅∇f=25\nabla f\cdot\nabla f=25, que l'on obtient en oubliant de normaliser la direction du gradient.

b) Le minimum correspond à cos⁡θ=−1\cos\theta=-1, donc à la direction opposée au gradient, u⃗=(−35,−45)\vec u=\left(-\frac{3}{5},-\frac{4}{5}\right), avec le taux −5-5. Le taux minimal est toujours l'opposé du taux maximal : il n'y a rien à recalculer. C'est dans cette direction que ff décroît le plus vite, et c'est elle que suivra plus tard dans le cours la méthode du gradient.

c) Du⃗f(P)=0D_{\vec u}f(P)=0 équivaut à cos⁡θ=0\cos\theta=0, donc à u⃗⊥∇f(P)\vec u\perp\nabla f(P). Les vecteurs orthogonaux à (3,4)(3,4) sont proportionnels à (4,−3)(4,-3), de norme 55 : u⃗=±(45,−35)\vec u=\pm\left(\frac{4}{5},-\frac{3}{5}\right). Vérification : 3⋅45+4⋅(−35)=03\cdot\frac{4}{5}+4\cdot\left(-\frac{3}{5}\right)=0. Comme f(P)=4−2+3=5f(P)=4-2+3=5, PP est sur la courbe de niveau f=5f=5, une ellipse ; les deux vecteurs trouvés sont les deux sens de sa TANGENTE en PP. C'est la propriété centrale du chapitre : le gradient est perpendiculaire à la courbe de niveau, et longer la courbe de niveau, c'est ne pas changer ff au premier ordre.

d) ∇f(P)⋅(0,1)=4\nabla f(P)\cdot(0,1)=4. Pour l'autre direction, on pose u⃗=(a,b)\vec u=(a,b) avec 3a+4b=43a+4b=4 et a2+b2=1a^{2}+b^{2}=1. La première donne a=4−4b3a=\frac{4-4b}{3} ; en reportant, (4−4b)2+9b2=9(4-4b)^{2}+9b^{2}=9, soit 25b2−32b+7=025b^{2}-32b+7=0, de racines b=1b=1 et b=725b=\frac{7}{25}. La première redonne (0,1)(0,1) ; la seconde donne a=4−28253=2425a=\frac{4-\frac{28}{25}}{3}=\frac{24}{25}, d'où u⃗=(2425,725)\vec u=\left(\frac{24}{25},\frac{7}{25}\right), bien unitaire car 242+72=625=25224^{2}+7^{2}=625=25^{2}. Lecture géométrique : 5cos⁡θ=45\cos\theta=4 donne cos⁡θ=45\cos\theta=\frac{4}{5}, et il y a deux angles, un de chaque côté du gradient ; le second vecteur est le symétrique de (0,1)(0,1) par rapport à la direction du gradient. Oublier la contrainte a2+b2=1a^{2}+b^{2}=1 laisse une infinité de « solutions » de 3a+4b=43a+4b=4, qui ne sont pas des directions.

e) Non. Quel que soit u⃗\vec u unitaire, Du⃗f(P)=5cos⁡θ≤5D_{\vec u}f(P)=5\cos\theta\le 5, et 5<65<6. On le dit sans résoudre aucun système : le gradient fixe la borne de tous les taux possibles. Si l'on tente quand même 3a+4b=63a+4b=6 avec a2+b2=1a^{2}+b^{2}=1, on obtient 25b2−48b+27=025b^{2}-48b+27=0, de discriminant 2304−2700<02304-2700<0 : aucune solution, ce qui confirme la réponse et montre ce qu'un calcul aveugle coûte en temps.

Exercice 3 : Le gradient sur une carte de contour : des paraboles

La figure est la carte de contour de f(x,y)=y−x2f(x,y)=y-x^{2} dans un repère orthonormé : les courbes de niveau f=kf=k sont les paraboles y=x2+ky=x^{2}+k, pour k=−1,0,1,2,3k=-1,0,1,2,3, et le nombre écrit sous chaque sommet est le niveau kk. On marque les points A(0,1)A(0,1) et C(1,2)C(1,2).

-3-2-1123-2-11234−10123AC
  • a) Calculez ∇f(A)\nabla f(A) et ∇f(C)\nabla f(C). Sur quelle courbe de niveau sont AA et CC ?
  • b) Vérifiez que ∇f(C)\nabla f(C) est perpendiculaire à la courbe de niveau en CC, puis donnez l'équation de la tangente à cette courbe en CC sous la forme y=mx+py=mx+p.
  • c) En lisant seulement l'écartement des courbes sur la figure, dites en quel point, AA ou CC, ff croît le plus vite. Confirmez par le calcul, au centième.
  • d) Calculez Du⃗f(C)D_{\vec u}f(C) dans la direction du nord, u⃗=(0,1)\vec u=(0,1), puis dans la direction du vecteur OC→\overrightarrow{OC}. Interprétez le second résultat sur la figure.
  • e) Un élève affirme : « comme f=y−x2f=y-x^{2} croît avec yy, son gradient pointe toujours vers le haut de la carte ». Vers où pointe ∇f(C)\nabla f(C) ? Corrigez l'affirmation.

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Réponses

  • a) ∇f(A)=(0,1)\nabla f(A)=(0,1), ∇f(C)=(−2,1)\nabla f(C)=(-2,1) ; tous deux sur la courbe f=1f=1, d'équation y=x2+1y=x^{2}+1
  • b) tangente de direction (1,2)(1,2) et (−2,1)⋅(1,2)=0(-2,1)\cdot(1,2)=0 ; tangente y=2xy=2x
  • c) En CC, où les courbes sont plus serrées : ∥∇f(C)∥=5≈2,24>∥∇f(A)∥=1\|\nabla f(C)\|=\sqrt{5}\approx 2{,}24>\|\nabla f(A)\|=1
  • d) Nord : Du⃗f(C)=1D_{\vec u}f(C)=1 ; direction OC→\overrightarrow{OC} : Du⃗f(C)=0D_{\vec u}f(C)=0, car la tangente en CC passe par OO
  • e) Vers le haut ET la gauche : ∇f(C)=(−2,1)\nabla f(C)=(-2,1) est perpendiculaire à la parabole, pas vertical

a) fx=−2xf_{x}=-2x et fy=1f_{y}=1, donc ∇f(x,y)=(−2x,1)\nabla f(x,y)=(-2x,1) : ∇f(A)=(0,1)\nabla f(A)=(0,1) et ∇f(C)=(−2,1)\nabla f(C)=(-2,1). f(A)=1−0=1f(A)=1-0=1 et f(C)=2−1=1f(C)=2-1=1 : les deux points sont sur la même courbe de niveau f=1f=1, la parabole y=x2+1y=x^{2}+1. Même niveau ne veut pas dire même gradient : la valeur de ff est la même, la façon dont ff varie autour de chaque point ne l'est pas.

b) On paramètre la courbe de niveau par r⃗(t)=(t, t2+1)\vec r(t)=\left(t,\,t^{2}+1\right), qui passe par CC en t=1t=1, avec r⃗ ′(1)=(1,2)\vec r\,'(1)=(1,2). Le long de cette courbe, f(r⃗(t))=1f\left(\vec r(t)\right)=1 pour tout tt ; en dérivant par la règle de chaîne, fx x′(t)+fy y′(t)=0f_{x}\,x'(t)+f_{y}\,y'(t)=0, c'est-à-dire ∇f(r⃗(t))⋅r⃗ ′(t)=0\nabla f\left(\vec r(t)\right)\cdot\vec r\,'(t)=0. En CC : (−2,1)⋅(1,2)=−2+2=0(-2,1)\cdot(1,2)=-2+2=0, le gradient est perpendiculaire à la tangente. Le même calcul, fait sur n'importe quelle courbe de niveau, démontre le théorème du chapitre. La tangente est la droite par C(1,2)C(1,2) de normale ∇f(C)\nabla f(C) : −2(x−1)+1(y−2)=0-2(x-1)+1(y-2)=0, soit y=2xy=2x. On l'obtient aussi par la pente : y−2=2(x−1)y-2=2(x-1). Retenir la première écriture : elle se généralise telle quelle au plan tangent d'une surface de niveau, à l'exercice 5, là où il n'y a plus de pente à lire.

c) Les courbes de niveau sont espacées d'une unité de ff. Près de AA, au sommet des paraboles, elles sont espacées d'une unité verticalement ; près de CC, sur les flancs, elles se resserrent dans la direction perpendiculaire. Plus les courbes sont serrées, plus ff change vite : CC gagne. Le calcul confirme : ∥∇f(A)∥=1\|\nabla f(A)\|=1 et ∥∇f(C)∥=4+1=5≈2,24\|\nabla f(C)\|=\sqrt{4+1}=\sqrt{5}\approx 2{,}24. L'écart perpendiculaire entre deux courbes voisines vaut environ 1∥∇f∥\frac{1}{\|\nabla f\|} : 11 en AA, environ 0,450{,}45 en CC, ce qui se voit sur la figure. C'est la règle de lecture de toute carte de contour : la norme du gradient se lit dans le resserrement des courbes, pas dans la valeur écrite sur elles.

d) Vers le nord, Du⃗f(C)=(−2,1)⋅(0,1)=1D_{\vec u}f(C)=(-2,1)\cdot(0,1)=1 : on retrouve fy(C)f_{y}(C), ce qui est normal, une dérivée partielle est une dérivée directionnelle dans la direction d'un axe. Vers OC→=(1,2)\overrightarrow{OC}=(1,2), de norme 5\sqrt{5}, on normalise : u⃗=15(1,2)\vec u=\frac{1}{\sqrt{5}}(1,2) et Du⃗f(C)=−2+25=0D_{\vec u}f(C)=\frac{-2+2}{\sqrt{5}}=0. Ce zéro n'est pas un hasard : la tangente à la courbe de niveau en CC est la droite y=2xy=2x trouvée en b), qui passe par l'origine. La direction OC→\overrightarrow{OC} est donc TANGENTE à la courbe de niveau, et la dérivée directionnelle y est nulle. Sur la figure, partir de CC vers l'extérieur le long de OCOC, c'est d'abord glisser le long de la parabole f=1f=1.

e) ∇f(C)=(−2,1)\nabla f(C)=(-2,1) pointe vers le haut et franchement vers la GAUCHE, plus à gauche qu'en haut. L'élève confond « ff croît avec yy », c'est-à-dire fy>0f_{y}>0, avec « le gradient est vertical ». Le gradient a deux composantes, et fx(C)=−2f_{x}(C)=-2 n'est pas nul : en CC, aller vers la gauche fait monter ff plus que monter vers le nord. L'énoncé juste : « le gradient est perpendiculaire à la courbe de niveau et pointe vers les niveaux croissants ». Il n'est vertical qu'au sommet des paraboles, sur l'axe x=0x=0. La figure de la correction trace la moitié des deux gradients et la tangente y=2xy=2x.

-3-2-1123-2-11234AC∇f(C)/2y = 2xO

Exercice 4 : Trois variables : vers un point, et la plus forte croissance

Soit f(x,y,z)=xy2+z exf(x,y,z)=xy^{2}+z\,e^{x} et les points P(0,1,2)P(0,1,2) et Q(2,3,3)Q(2,3,3). À trois variables, ∇f=(fx,fy,fz)\nabla f=(f_{x},f_{y},f_{z}) et, pour ff différentiable et u⃗\vec u unitaire de R3\mathbb{R}^{3}, Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u.

  • a) Calculez f(P)f(P) et ∇f(P)\nabla f(P).
  • b) Calculez le taux de variation de ff en PP quand on se déplace de PP vers QQ.
  • c) Donnez le taux de variation maximal de ff en PP, valeur exacte puis au centième, et le vecteur unitaire qui le réalise.
  • d) Calculez Du⃗f(P)D_{\vec u}f(P) pour u⃗=(0,1,0)\vec u=(0,1,0). Combien y a-t-il de directions unitaires u⃗\vec u telles que Du⃗f(P)=0D_{\vec u}f(P)=0 ? Comparez avec le cas de deux variables.

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Réponses

  • a) f(P)=2f(P)=2 ; ∇f(P)=(3,0,1)\nabla f(P)=(3,0,1)
  • b) u⃗=13(2,2,1)\vec u=\frac{1}{3}(2,2,1), Du⃗f(P)=73D_{\vec u}f(P)=\frac{7}{3}, et non 77
  • c) 10≈3,16\sqrt{10}\approx 3{,}16, dans la direction 110(3,0,1)\frac{1}{\sqrt{10}}(3,0,1)
  • d) Du⃗f(P)=fy(P)=0D_{\vec u}f(P)=f_{y}(P)=0 ; une infinité : tous les vecteurs unitaires orthogonaux à (3,0,1)(3,0,1), un cercle de directions

a) f(P)=0⋅1+2e0=2f(P)=0\cdot 1+2e^{0}=2. Les dérivées partielles : fx=y2+z exf_{x}=y^{2}+z\,e^{x}, fy=2xyf_{y}=2xy, fz=exf_{z}=e^{x}. En PP : fx(P)=1+2=3f_{x}(P)=1+2=3, fy(P)=0f_{y}(P)=0, fz(P)=1f_{z}(P)=1, donc ∇f(P)=(3,0,1)\nabla f(P)=(3,0,1). La fonction est un produit et une somme de fonctions de classe C1C^{1} : elle est différentiable, et la formule Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u s'applique.

b) « Vers QQ » désigne la direction de PQ→=(2,2,1)\overrightarrow{PQ}=(2,2,1), de norme 4+4+1=3\sqrt{4+4+1}=3. Le vecteur unitaire est u⃗=(23,23,13)\vec u=\left(\frac{2}{3},\frac{2}{3},\frac{1}{3}\right), et Du⃗f(P)=3⋅2+0⋅2+1⋅13=73D_{\vec u}f(P)=\frac{3\cdot 2+0\cdot 2+1\cdot 1}{3}=\frac{7}{3}. L'erreur la plus fréquente donne 77, le produit scalaire avec PQ→\overrightarrow{PQ} lui-même : c'est trois fois trop, parce que la longueur de PQ→\overrightarrow{PQ} est entrée dans le taux. Le taux ne dépend que de la DIRECTION, jamais de la distance jusqu'au point visé. Contrôle : 7>107>\sqrt{10}, le taux maximal trouvé en c), donc 77 est impossible.

c) Le taux maximal est ∥∇f(P)∥=9+0+1=10\|\nabla f(P)\|=\sqrt{9+0+1}=\sqrt{10}. Sans calculatrice, 3,162=9,98563{,}16^{2}=9{,}9856 et 3,172=10,04893{,}17^{2}=10{,}0489, donc 10≈3,16\sqrt{10}\approx 3{,}16. Il est atteint dans la direction du gradient, u⃗=110(3,0,1)\vec u=\frac{1}{\sqrt{10}}(3,0,1). Rien ne change par rapport à deux variables : Du⃗f=∥∇f∥cos⁡θD_{\vec u}f=\|\nabla f\|\cos\theta, où θ\theta est l'angle dans l'espace entre u⃗\vec u et le gradient.

d) D(0,1,0)f(P)=∇f(P)⋅(0,1,0)=fy(P)=0D_{(0,1,0)}f(P)=\nabla f(P)\cdot(0,1,0)=f_{y}(P)=0 : au premier ordre, ff ne change pas quand on part de PP parallèlement à l'axe des yy. Mais ce n'est pas la seule direction. Du⃗f(P)=0D_{\vec u}f(P)=0 équivaut à u⃗⊥(3,0,1)\vec u\perp(3,0,1) : les vecteurs unitaires orthogonaux à un vecteur non nul de l'espace forment un CERCLE, l'intersection de la sphère unité avec le plan 3x+z=03x+z=0. Il y en a donc une infinité, par exemple (0,1,0)(0,1,0), 110(1,0,−3)\frac{1}{\sqrt{10}}(1,0,-3) et toutes leurs combinaisons normalisées. À deux variables, il n'y en avait que DEUX, les deux sens de la tangente à la courbe de niveau. En trois variables, ces directions sont celles du plan tangent à la surface de niveau f=2f=2 en PP : on y reviendra à l'exercice suivant.

Exercice 5 : Plan tangent et droite normale à une surface de niveau

On considère l'ellipsoïde E\mathcal{E} d'équation x24+y2+z29=3\frac{x^{2}}{4}+y^{2}+\frac{z^{2}}{9}=3, vu comme la surface de niveau F(x,y,z)=3F(x,y,z)=3 de F(x,y,z)=x24+y2+z29F(x,y,z)=\frac{x^{2}}{4}+y^{2}+\frac{z^{2}}{9}, et le point P(−2,1,−3)P(-2,1,-3). On admet que, si ∇F(P)≠0⃗\nabla F(P)\neq\vec 0, ce vecteur est normal à la surface de niveau en PP.

  • a) Vérifiez que PP est sur E\mathcal{E} et calculez ∇F(P)\nabla F(P).
  • b) Donnez l'équation du plan tangent à E\mathcal{E} en PP sous la forme 3x−6y+2z=d3x-6y+2z=d.
  • c) Donnez une représentation paramétrique de la droite normale à E\mathcal{E} en PP, puis le point où elle coupe le plan z=0z=0.
  • d) Trouvez tous les points de E\mathcal{E} où le plan tangent est parallèle au plan 3x−6y+2z=03x-6y+2z=0.
  • e) La surface z=x2yz=x^{2}y est la surface de niveau 00 de G(x,y,z)=x2y−zG(x,y,z)=x^{2}y-z. Par le gradient de GG, trouvez le plan tangent en (1,2,2)(1,2,2) sous la forme z=ax+by+cz=ax+by+c, et comparez avec la formule du plan tangent à un graphe.

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Réponses

  • a) 44+1+99=3\frac{4}{4}+1+\frac{9}{9}=3 ; ∇F(P)=(−1,2,−23)\nabla F(P)=\left(-1,2,-\frac{2}{3}\right)
  • b) 3x−6y+2z=−183x-6y+2z=-18
  • c) (x,y,z)=(−2+3t, 1−6t, −3+2t)(x,y,z)=(-2+3t,\,1-6t,\,-3+2t) ; elle coupe z=0z=0 en (52,−8,0)\left(\frac{5}{2},-8,0\right)
  • d) P(−2,1,−3)P(-2,1,-3) et le point opposé (2,−1,3)(2,-1,3)
  • e) ∇G(1,2,2)=(4,1,−1)\nabla G(1,2,2)=(4,1,-1), plan z=4x+y−4z=4x+y-4, identique à z−z0=fx(x−x0)+fy(y−y0)z-z_{0}=f_{x}(x-x_{0})+f_{y}(y-y_{0})

a) F(P)=44+1+99=3F(P)=\frac{4}{4}+1+\frac{9}{9}=3 : P∈EP\in\mathcal{E}. Puis ∇F=(x2,2y,2z9)\nabla F=\left(\frac{x}{2},2y,\frac{2z}{9}\right), donc ∇F(P)=(−1,2,−23)\nabla F(P)=\left(-1,2,-\frac{2}{3}\right), non nul. C'est la clé du chapitre en dimension trois : le gradient de FF est perpendiculaire à la surface de niveau, exactement comme le gradient de f(x,y)f(x,y) l'est à la courbe de niveau. Il fournit le vecteur normal sans paramétrer la surface.

b) Le plan passe par PP et a pour normale ∇F(P)\nabla F(P) : −1(x+2)+2(y−1)−23(z+3)=0-1(x+2)+2(y-1)-\frac{2}{3}(z+3)=0. On multiplie par −3-3 pour chasser la fraction et obtenir le coefficient 33 demandé : 3(x+2)−6(y−1)+2(z+3)=03(x+2)-6(y-1)+2(z+3)=0, soit 3x−6y+2z+18=03x-6y+2z+18=0, ou 3x−6y+2z=−183x-6y+2z=-18. Contrôle par substitution : 3(−2)−6(1)+2(−3)=−183(-2)-6(1)+2(-3)=-18, le point PP est bien dans le plan. Multiplier une normale par un nombre non nul ne change pas le plan ; changer un seul coefficient, oui.

c) La droite normale passe par PP et a pour direction ∇F(P)\nabla F(P), ou tout multiple, ici (3,−6,2)(3,-6,2) : (x,y,z)=(−2+3t, 1−6t, −3+2t)(x,y,z)=(-2+3t,\,1-6t,\,-3+2t), t∈Rt\in\mathbb{R}. Elle coupe z=0z=0 quand −3+2t=0-3+2t=0, soit t=32t=\frac{3}{2} : le point (−2+92, 1−9, 0)=(52,−8,0)\left(-2+\frac{9}{2},\,1-9,\,0\right)=\left(\frac{5}{2},-8,0\right). Le même vecteur sert deux fois : normale du plan tangent et direction de la droite normale.

d) Deux plans sont parallèles quand leurs normales le sont : on cherche les points de E\mathcal{E} où ∇F=λ(3,−6,2)\nabla F=\lambda(3,-6,2), soit x2=3λ\frac{x}{2}=3\lambda, 2y=−6λ2y=-6\lambda, 2z9=2λ\frac{2z}{9}=2\lambda, donc x=6λx=6\lambda, y=−3λy=-3\lambda, z=9λz=9\lambda. En reportant dans l'équation : 36λ24+9λ2+81λ29=27λ2=3\frac{36\lambda^{2}}{4}+9\lambda^{2}+\frac{81\lambda^{2}}{9}=27\lambda^{2}=3, d'où λ=±13\lambda=\pm\frac{1}{3}. Les points sont (−2,1,−3)(-2,1,-3), c'est PP avec λ=−13\lambda=-\frac{1}{3}, et (2,−1,3)(2,-1,3) avec λ=13\lambda=\frac{1}{3}. Deux réponses, symétriques par rapport à l'origine : un ellipsoïde a toujours deux plans tangents parallèles à une direction donnée, un de chaque côté. Oublier la valeur négative de λ\lambda perd la moitié de la réponse.

e) ∇G=(2xy, x2, −1)\nabla G=(2xy,\,x^{2},\,-1), donc ∇G(1,2,2)=(4,1,−1)\nabla G(1,2,2)=(4,1,-1), et le plan tangent est 4(x−1)+1(y−2)−1(z−2)=04(x-1)+1(y-2)-1(z-2)=0, soit z=4x+y−4z=4x+y-4. Avec f(x,y)=x2yf(x,y)=x^{2}y, fx(1,2)=4f_{x}(1,2)=4 et fy(1,2)=1f_{y}(1,2)=1, et la formule du plan tangent à un graphe donne z−2=4(x−1)+(y−2)z-2=4(x-1)+(y-2) : le même plan. La formule du chapitre précédent est donc un cas particulier : un graphe z=f(x,y)z=f(x,y) est la surface de niveau 00 de f(x,y)−zf(x,y)-z, de normale (fx,fy,−1)(f_{x},f_{y},-1). Attention au vocabulaire : le vecteur normal à la SURFACE est (fx,fy,−1)(f_{x},f_{y},-1), dans l'espace ; ∇f=(fx,fy)\nabla f=(f_{x},f_{y}), lui, vit dans le plan des xx et des yy et n'est normal qu'à la COURBE de niveau.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Retrouver le gradient sur le graphe des dérivées directionnelles

En un point PP, on fait tourner le vecteur unitaire u⃗θ=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec u_{\theta}=(\cos\theta,\sin\theta) et l'on trace D(θ)=Du⃗θf(P)D(\theta)=D_{\vec u_{\theta}}f(P) pour une fonction ff DIFFÉRENTIABLE, l'angle θ\theta étant en degrés. La formule de ff n'est pas donnée : tout se lit sur la figure, puis se justifie.

306090120150180210240270300330360-2,5-2-1,5-1-0,50,511,522,5D(θ)θ (degrés)
  • a) Lisez la valeur maximale de DD et l'angle où elle est atteinte. Déduisez-en ∇f(P)\nabla f(P) sous forme exacte.
  • b) Lisez D(0∘)D(0^{\circ}) et D(90∘)D(90^{\circ}), et retrouvez ∇f(P)\nabla f(P) d'une seconde façon. Pourquoi ces deux lectures suffisent-elles ?
  • c) Pour quels angles D(θ)=0D(\theta)=0 ? Que représentent ces deux directions ?
  • d) Pour quels angles ff croît-elle exactement à la moitié de son taux maximal ? Justifiez par le cosinus.
  • e) Un camarade trace, pour une autre fonction différentiable, une courbe dont le maximum vaut 33 et le minimum −1-1. Pourquoi est-ce impossible ?

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Réponses

  • a) maximum 22 en θ=120∘\theta=120^{\circ} ; ∇f(P)=2(cos⁡120∘,sin⁡120∘)=(−1,3)\nabla f(P)=2\left(\cos 120^{\circ},\sin 120^{\circ}\right)=\left(-1,\sqrt{3}\right)
  • b) D(0∘)=fx(P)=−1D(0^{\circ})=f_{x}(P)=-1 et D(90∘)=fy(P)=3≈1,73D(90^{\circ})=f_{y}(P)=\sqrt{3}\approx 1{,}73
  • c) θ=30∘\theta=30^{\circ} et θ=210∘\theta=210^{\circ} : les deux sens de la tangente à la courbe de niveau en PP
  • d) cos⁡(θ−120∘)=12\cos(\theta-120^{\circ})=\frac{1}{2} : θ=60∘\theta=60^{\circ} ou θ=180∘\theta=180^{\circ}
  • e) D(θ+180∘)=−D(θ)D(\theta+180^{\circ})=-D(\theta) : le minimum est toujours l'opposé du maximum

a) La courbe culmine à 22 pour θ=120∘\theta=120^{\circ}. Or D(θ)=∥∇f(P)∥cos⁡αD(\theta)=\|\nabla f(P)\|\cos\alpha, où α\alpha est l'angle entre u⃗θ\vec u_{\theta} et le gradient : le maximum vaut la norme du gradient et il est atteint quand u⃗θ\vec u_{\theta} pointe dans la direction du gradient. Donc ∥∇f(P)∥=2\|\nabla f(P)\|=2 et ∇f(P)\nabla f(P) fait un angle de 120∘120^{\circ} avec l'axe des xx : ∇f(P)=2(cos⁡120∘,sin⁡120∘)=2(−12,32)=(−1,3)\nabla f(P)=2\left(\cos 120^{\circ},\sin 120^{\circ}\right)=2\left(-\frac{1}{2},\frac{\sqrt{3}}{2}\right)=\left(-1,\sqrt{3}\right). Un vecteur du plan est entièrement connu par sa norme et sa direction : le sommet du graphe donne les deux d'un coup.

b) u⃗0=(1,0)\vec u_{0}=(1,0) et u⃗90=(0,1)\vec u_{90}=(0,1) sont les directions des axes, donc D(0∘)=fx(P)D(0^{\circ})=f_{x}(P) et D(90∘)=fy(P)D(90^{\circ})=f_{y}(P). On lit D(0∘)=−1D(0^{\circ})=-1 et D(90∘)≈1,7D(90^{\circ})\approx 1{,}7, cohérent avec 3≈1,73\sqrt{3}\approx 1{,}73 : ∇f(P)=(−1,3)\nabla f(P)=(-1,\sqrt{3}), de norme 1+3=2\sqrt{1+3}=2, comme en a). Deux lectures suffisent parce que, ff étant différentiable, D(θ)=fx(P)cos⁡θ+fy(P)sin⁡θD(\theta)=f_{x}(P)\cos\theta+f_{y}(P)\sin\theta : toute la courbe est déterminée par les deux dérivées partielles. C'est ce que dit la formule Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u : les dérivées directionnelles dans TOUTES les directions sont des combinaisons des deux dérivées partielles.

c) La courbe coupe l'axe en θ=30∘\theta=30^{\circ} et θ=210∘\theta=210^{\circ}. Vérification : D(30∘)=−32+3⋅12=0D(30^{\circ})=-\frac{\sqrt{3}}{2}+\sqrt{3}\cdot\frac{1}{2}=0. Ces angles sont à 90∘90^{\circ} du gradient, de part et d'autre : 120∘−90∘=30∘120^{\circ}-90^{\circ}=30^{\circ} et 120∘+90∘=210∘120^{\circ}+90^{\circ}=210^{\circ}. Ce sont les deux sens de la tangente en PP à la courbe de niveau de ff : la courbe de niveau passe par PP en suivant la direction 30∘30^{\circ}, et le gradient lui est perpendiculaire.

d) La moitié du taux maximal est 11. On veut 2cos⁡(θ−120∘)=12\cos(\theta-120^{\circ})=1, soit cos⁡(θ−120∘)=12\cos(\theta-120^{\circ})=\frac{1}{2}, donc θ−120∘=±60∘\theta-120^{\circ}=\pm 60^{\circ} : θ=60∘\theta=60^{\circ} ou θ=180∘\theta=180^{\circ}. On contrôle sur la figure, où la courbe passe par 11 en ces deux angles, et par le calcul : D(180∘)=−cos⁡180∘=1D(180^{\circ})=-\cos 180^{\circ}=1 et D(60∘)=−12+3⋅32=1D(60^{\circ})=-\frac{1}{2}+\sqrt{3}\cdot\frac{\sqrt{3}}{2}=1. Une valeur strictement comprise entre le minimum et le maximum est toujours atteinte dans DEUX directions, symétriques par rapport au gradient : c'est le ±\pm de l'arc cosinus.

e) Pour une fonction différentiable, D(θ+180∘)=∇f(P)⋅(−u⃗θ)=−D(θ)D(\theta+180^{\circ})=\nabla f(P)\cdot(-\vec u_{\theta})=-D(\theta) : faire demi-tour change le signe du taux. La courbe de DD est donc « antisymétrique » sur une demi-période, et son minimum est exactement l'opposé de son maximum, −∥∇f(P)∥-\|\nabla f(P)\|. Un maximum de 33 avec un minimum de −1-1 est impossible. Une telle courbe ne peut venir que d'une fonction qui n'est pas différentiable en PP, ou d'une erreur de tracé ; c'est un contrôle à faire sur toute réponse qui donne deux taux opposés.

Exercice 7 : Deux surfaces : orthogonales, tangentes ou sécantes

Deux surfaces de niveau F=0F=0 et G=0G=0 qui passent par un même point PP, avec des gradients non nuls en PP, sont dites TANGENTES en PP si ∇F(P)\nabla F(P) et ∇G(P)\nabla G(P) sont parallèles (elles ont alors le même plan tangent), et ORTHOGONALES en PP si ces deux vecteurs sont orthogonaux.

  • a) Montrez que la sphère x2+y2+z2=8x^{2}+y^{2}+z^{2}=8 et le cône z2=x2+y2z^{2}=x^{2}+y^{2} sont orthogonaux au point (2,0,2)(2,0,2), puis en tout point de leur intersection. Décrivez cette intersection.
  • b) Montrez que l'ellipsoïde x2+2y2+3z2=6x^{2}+2y^{2}+3z^{2}=6 et la sphère (x−2)2+(y−3)2+(z−4)2=14(x-2)^{2}+(y-3)^{2}+(z-4)^{2}=14 sont tangents en P(1,1,1)P(1,1,1), et donnez leur plan tangent commun sous la forme x+2y+3z=dx+2y+3z=d.
  • c) Le plan x+y+z=3x+y+z=3 coupe l'ellipsoïde de b) selon une courbe qui passe par PP. Trouvez un vecteur tangent à cette courbe en PP de la forme (1,b,c)(1,b,c).
  • d) Le plan x+y+z=3x+y+z=3 est-il tangent à l'ellipsoïde en PP ? Justifiez avec les normales.

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Réponses

  • a) ∇F⋅∇G=4(x2+y2−z2)=0\nabla F\cdot\nabla G=4\left(x^{2}+y^{2}-z^{2}\right)=0 sur le cône ; intersection : deux cercles x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4, z=±2z=\pm 2
  • b) normales (2,4,6)(2,4,6) et (−2,−4,−6)(-2,-4,-6), parallèles ; plan commun x+2y+3z=6x+2y+3z=6
  • c) (1,−2,1)(1,-2,1), orthogonal à (1,2,3)(1,2,3) et à (1,1,1)(1,1,1)
  • d) Non : (1,1,1)(1,1,1) n'est pas parallèle à (1,2,3)(1,2,3), le plan coupe l'ellipsoïde

a) On écrit les deux surfaces comme surfaces de niveau : F=x2+y2+z2−8F=x^{2}+y^{2}+z^{2}-8 et G=x2+y2−z2G=x^{2}+y^{2}-z^{2}, avec ∇F=(2x,2y,2z)\nabla F=(2x,2y,2z) et ∇G=(2x,2y,−2z)\nabla G=(2x,2y,-2z). Le point (2,0,2)(2,0,2) est sur les deux : 4+0+4=84+0+4=8 et 4=4+04=4+0. En ce point, ∇F=(4,0,4)\nabla F=(4,0,4), ∇G=(4,0,−4)\nabla G=(4,0,-4) et ∇F⋅∇G=16+0−16=0\nabla F\cdot\nabla G=16+0-16=0 : orthogonaux. En un point quelconque, ∇F⋅∇G=4x2+4y2−4z2=4(x2+y2−z2)\nabla F\cdot\nabla G=4x^{2}+4y^{2}-4z^{2}=4\left(x^{2}+y^{2}-z^{2}\right), qui est nul dès que le point est sur le cône : l'orthogonalité vaut sur TOUTE l'intersection, sans calcul point par point. Pour décrire l'intersection, on reporte x2+y2=z2x^{2}+y^{2}=z^{2} dans la sphère : 2z2=82z^{2}=8, donc z=±2z=\pm 2 et x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4 : deux cercles de rayon 22, dans les plans z=2z=2 et z=−2z=-2. Géométriquement : les génératrices du cône passent par le centre de la sphère, ce sont des rayons, et un rayon est perpendiculaire à la sphère.

b) Le point PP est sur les deux surfaces : 1+2+3=61+2+3=6 et 1+4+9=141+4+9=14. Avec E=x2+2y2+3z2E=x^{2}+2y^{2}+3z^{2} et S=(x−2)2+(y−3)2+(z−4)2S=(x-2)^{2}+(y-3)^{2}+(z-4)^{2} : ∇E=(2x,4y,6z)\nabla E=(2x,4y,6z), ∇E(P)=(2,4,6)\nabla E(P)=(2,4,6) ; ∇S=(2(x−2),2(y−3),2(z−4))\nabla S=(2(x-2),2(y-3),2(z-4)), ∇S(P)=(−2,−4,−6)\nabla S(P)=(-2,-4,-6). Ces vecteurs sont opposés, donc parallèles : les surfaces sont tangentes en PP. Leur plan tangent commun a pour normale (1,2,3)(1,2,3) : (x−1)+2(y−1)+3(z−1)=0(x-1)+2(y-1)+3(z-1)=0, soit x+2y+3z=6x+2y+3z=6. Le sens opposé des deux gradients a aussi un sens : l'ellipsoïde est du côté x+2y+3z≤6x+2y+3z\le 6 du plan, la sphère, dont le centre (2,3,4)(2,3,4) donne 2+6+12=20>62+6+12=20>6, du côté opposé. Deux solides convexes de part et d'autre d'un même plan tangent ne se touchent qu'en PP : la sphère est posée sur l'ellipsoïde.

c) La courbe est sur l'ellipsoïde ET sur le plan, donc sa tangente en PP est dans les deux plans tangents : elle est orthogonale aux deux normales, (1,2,3)(1,2,3) et (1,1,1)(1,1,1). Avec (1,b,c)(1,b,c) : 1+2b+3c=01+2b+3c=0 et 1+b+c=01+b+c=0. La seconde donne b=−1−cb=-1-c ; en reportant, 1−2−2c+3c=01-2-2c+3c=0, soit c=1c=1, puis b=−2b=-2 : le vecteur (1,−2,1)(1,-2,1). Vérification : 1−4+3=01-4+3=0 et 1−2+1=01-2+1=0. On aurait aussi pu prendre le produit vectoriel des deux normales, qui donne (−1,2,−1)(-1,2,-1), le même vecteur au signe près. Le point de méthode est le même que dans tout le chapitre : une direction le long de laquelle FF ne change pas est perpendiculaire à ∇F\nabla F.

d) Non. Le plan x+y+z=3x+y+z=3 passe bien par PP, mais sa normale (1,1,1)(1,1,1) n'est pas parallèle à ∇E(P)=(2,4,6)\nabla E(P)=(2,4,6) : les deux plans sont distincts, et le plan x+y+z=3x+y+z=3 traverse l'ellipsoïde, ce qui est précisément pourquoi l'intersection de c) est une courbe et non un seul point. Passer par PP ne suffit pas pour être tangent : il faut la bonne normale.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez le calcul ou le contre-exemple qui la réfute, puis écrivez l'énoncé juste.

Toutes viennent du même endroit : la formule Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u appliquée hors de ses conditions, ou le gradient placé dans le mauvais espace.

  • a) « Pour f(x,y)=x2yf(x,y)=x^{2}y, la dérivée directionnelle en (1,2)(1,2) dans la direction de v⃗=(3,4)\vec v=(3,4) vaut ∇f(1,2)⋅v⃗=16\nabla f(1,2)\cdot\vec v=16. » Donnez la valeur juste.
  • b) « Le gradient de f(x,y)=x2+y2f(x,y)=x^{2}+y^{2} en (3,4)(3,4) est tangent au cercle x2+y2=25x^{2}+y^{2}=25. » Calculez Du⃗f(3,4)D_{\vec u}f(3,4) pour u⃗=(−45,35)\vec u=\left(-\frac{4}{5},\frac{3}{5}\right) et concluez.
  • c) « Pour f(x,y)=x eyf(x,y)=x\,e^{y}, le taux de variation maximal en (2,0)(2,0) est la plus grande des deux dérivées partielles, soit 22. » Donnez le taux juste, au centième.
  • d) « Pour la surface z=x2+y2z=x^{2}+y^{2}, le vecteur ∇f(1,1)=(2,2)\nabla f(1,1)=(2,2) est normal au plan tangent en (1,1,2)(1,1,2). » Donnez la troisième composante cc d'un vecteur normal de la forme (2,2,c)(2,2,c).
  • e) « Soit f(x,y)=x2yx2+y2f(x,y)=\frac{x^{2}y}{x^{2}+y^{2}} si (x,y)≠(0,0)(x,y)\neq(0,0) et f(0,0)=0f(0,0)=0. Comme fx(0,0)=fy(0,0)=0f_{x}(0,0)=f_{y}(0,0)=0, on a Du⃗f(0,0)=∇f(0,0)⋅u⃗=0D_{\vec u}f(0,0)=\nabla f(0,0)\cdot\vec u=0 pour tout u⃗\vec u. » Calculez Du⃗f(0,0)D_{\vec u}f(0,0) par la définition pour u⃗=(12,12)\vec u=\left(\frac{1}{\sqrt{2}},\frac{1}{\sqrt{2}}\right), au millième.

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  • a) 165\frac{16}{5} : il faut u⃗=v⃗∥v⃗∥=15(3,4)\vec u=\frac{\vec v}{\|\vec v\|}=\frac{1}{5}(3,4)
  • b) Du⃗f(3,4)=0D_{\vec u}f(3,4)=0 le long de la tangente ; ∇f(3,4)=(6,8)\nabla f(3,4)=(6,8) est NORMAL au cercle
  • c) ∥∇f(2,0)∥=∥(1,2)∥=5≈2,24\|\nabla f(2,0)\|=\|(1,2)\|=\sqrt{5}\approx 2{,}24
  • d) c=−1c=-1 : la normale est (2,2,−1)(2,2,-1) ; (2,2)(2,2) est normal à la courbe de niveau x2+y2=2x^{2}+y^{2}=2
  • e) Du⃗f(0,0)=24≈0,354≠0D_{\vec u}f(0,0)=\frac{\sqrt{2}}{4}\approx 0{,}354\neq 0 : ff n'est pas différentiable en (0,0)(0,0)

a) Faux : v⃗=(3,4)\vec v=(3,4) a pour norme 55. Avec ∇f=(2xy,x2)\nabla f=(2xy,x^{2}), ∇f(1,2)=(4,1)\nabla f(1,2)=(4,1) et ∇f(1,2)⋅v⃗=12+4=16\nabla f(1,2)\cdot\vec v=12+4=16, mais le taux est ∇f(1,2)⋅v⃗5=165\nabla f(1,2)\cdot\frac{\vec v}{5}=\frac{16}{5}. L'énoncé juste : « Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u avec u⃗\vec u UNITAIRE ; pour un vecteur quelconque v⃗\vec v, on divise par ∥v⃗∥\|\vec v\| ». Contrôle : 1616 dépasse ∥∇f(1,2)∥=17≈4,12\|\nabla f(1,2)\|=\sqrt{17}\approx 4{,}12, ce qui est impossible pour un taux.

b) Faux : u⃗=(−45,35)\vec u=\left(-\frac{4}{5},\frac{3}{5}\right) est unitaire et orthogonal au rayon (3,4)(3,4), c'est la direction de la tangente au cercle en (3,4)(3,4). Avec ∇f(3,4)=(6,8)\nabla f(3,4)=(6,8), Du⃗f(3,4)=−245+245=0D_{\vec u}f(3,4)=-\frac{24}{5}+\frac{24}{5}=0 : le long de la tangente, ff ne varie pas au premier ordre, ce qui est logique puisque le cercle est la courbe de niveau f=25f=25. Le gradient (6,8)=2(3,4)(6,8)=2(3,4) est, lui, porté par le rayon : il est NORMAL au cercle et pointe vers l'extérieur, vers les niveaux plus grands. Énoncé juste : « le gradient est perpendiculaire à la courbe de niveau qui passe par le point ».

c) Faux : fx=eyf_{x}=e^{y} et fy=x eyf_{y}=x\,e^{y}, donc ∇f(2,0)=(1,2)\nabla f(2,0)=(1,2). La plus grande dérivée partielle vaut 22, mais le taux maximal est la NORME du gradient, 1+4=5≈2,24\sqrt{1+4}=\sqrt{5}\approx 2{,}24, atteint dans la direction 15(1,2)\frac{1}{\sqrt{5}}(1,2), entre les deux axes. Les directions des axes ne sont que deux directions parmi une infinité, et rien ne les privilégie. Énoncé juste : « le taux maximal vaut fx2+fy2\sqrt{f_{x}^{2}+f_{y}^{2}}, qui est toujours au moins égal à chaque ∣fx∣|f_{x}| et ∣fy∣|f_{y}| ».

d) Faux : ∇f(1,1)=(2,2)\nabla f(1,1)=(2,2) est un vecteur du PLAN des xx et des yy, normal à la courbe de niveau x2+y2=2x^{2}+y^{2}=2 de la carte. La surface z=x2+y2z=x^{2}+y^{2} est la surface de niveau 00 de G=x2+y2−zG=x^{2}+y^{2}-z, dont le gradient (2x,2y,−1)(2x,2y,-1) vaut (2,2,−1)(2,2,-1) en (1,1,2)(1,1,2) : c'est lui, le vecteur normal au plan tangent z=2x+2y−2z=2x+2y-2. Donc c=−1c=-1. Énoncé juste : « la normale à z=f(x,y)z=f(x,y) est (fx,fy,−1)(f_{x},f_{y},-1) ; ∇f\nabla f est normal aux courbes de niveau, pas à la surface ».

e) Faux. f(x,0)=0f(x,0)=0 et f(0,y)=0f(0,y)=0 donnent bien fx(0,0)=fy(0,0)=0f_{x}(0,0)=f_{y}(0,0)=0. Mais par la définition, f(h2,h2)=h22⋅h2h2=h22f\left(\frac{h}{\sqrt{2}},\frac{h}{\sqrt{2}}\right)=\frac{\frac{h^{2}}{2}\cdot\frac{h}{\sqrt{2}}}{h^{2}}=\frac{h}{2\sqrt{2}}, donc Du⃗f(0,0)=lim⁡h→0122=24≈0,354≠0D_{\vec u}f(0,0)=\lim\limits_{h\to 0}\frac{1}{2\sqrt{2}}=\frac{\sqrt{2}}{4}\approx 0{,}354\neq 0. Plus généralement Du⃗f(0,0)=u12u2D_{\vec u}f(0,0)=u_{1}^{2}u_{2}, qui n'est pas de la forme au1+bu2au_{1}+bu_{2}. La fonction est pourtant continue, car ∣f(x,y)∣≤∣y∣|f(x,y)|\le|y|, et toutes ses dérivées directionnelles existent. La formule échoue parce que ff n'est pas DIFFÉRENTIABLE en (0,0)(0,0) ; et c'est même ainsi qu'on le prouve : si elle l'était, toutes les dérivées directionnelles seraient nulles. Énoncé juste : « si ff est différentiable en PP, alors Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗D_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u ».

Exercice 9 : Le randonneur sur la montagne : la pente selon la direction

Une montagne a pour altitude h(x,y)=1000−x21000−y2500h(x,y)=1000-\frac{x^{2}}{1000}-\frac{y^{2}}{500} mètres au-dessus du point (x,y)(x,y) de la carte, où xx est mesuré vers l'est et yy vers le nord, en mètres. Le sommet est au-dessus de l'origine SS. Un randonneur se trouve au-dessus du point P(150,100)P(150,100).

La figure montre, dans un repère orthonormé, les courbes de niveau 975975, 950950, 925925 et 900900 m, de l'intérieur vers l'extérieur. La pente dans une direction unitaire u⃗\vec u est la dérivée directionnelle Du⃗hD_{\vec u}h, en mètres de dénivelé par mètre parcouru sur la carte.

-400-300-200-100100200300400-300-200-100100200300PS975900
  • a) Calculez l'altitude du randonneur et ∇h(P)\nabla h(P).
  • b) Il part plein nord. Monte-t-il ou descend-il, et avec quelle pente ? Il vise ensuite directement le sommet : calculez la pente de départ dans la direction de PS→\overrightarrow{PS}, valeur exacte puis au millième.
  • c) Dans quelle direction la pente de départ est-elle la plus forte, et que vaut-elle en pourcentage ? Pourquoi la direction du sommet n'est-elle pas celle de la plus forte pente ?
  • d) Dans quelles directions doit-il partir pour rester, au départ, à la même altitude ?
  • e) Il veut monter avec une pente de départ de exactement 30 %30\ \%. Montrez que partir plein ouest convient, puis trouvez l'autre direction.

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  • a) h(P)=957,5h(P)=957{,}5 m ; ∇h(P)=(−310,−25)\nabla h(P)=\left(-\frac{3}{10},-\frac{2}{5}\right)
  • b) plein nord : pente −0,4-0{,}4, il descend ; vers SS : 171013=1713130≈0,471\frac{17}{10\sqrt{13}}=\frac{17\sqrt{13}}{130}\approx 0{,}471
  • c) direction (−35,−45)\left(-\frac{3}{5},-\frac{4}{5}\right), pente ∥∇h(P)∥=12\|\nabla h(P)\|=\frac{1}{2}, soit 50 %50\ \% ; PS→\overrightarrow{PS} n'est pas perpendiculaire à la courbe de niveau
  • d) ±(45,−35)\pm\left(\frac{4}{5},-\frac{3}{5}\right), le long de la courbe de niveau
  • e) ouest : ∇h(P)⋅(−1,0)=0,3\nabla h(P)\cdot(-1,0)=0{,}3 ; autre direction (725,−2425)\left(\frac{7}{25},-\frac{24}{25}\right)

a) h(P)=1000−22 5001000−10 000500=1000−22,5−20=957,5h(P)=1000-\frac{22\,500}{1000}-\frac{10\,000}{500}=1000-22{,}5-20=957{,}5 m. Puis hx=−x500h_{x}=-\frac{x}{500} et hy=−y250h_{y}=-\frac{y}{250}, donc ∇h(P)=(−150500,−100250)=(−0,3 ; −0,4)\nabla h(P)=\left(-\frac{150}{500},-\frac{100}{250}\right)=\left(-0{,}3\,;\,-0{,}4\right) en écriture décimale. Le gradient pointe vers le sud-ouest, c'est-à-dire vers le haut de la montagne : il indique la direction de MONTÉE, pas celle où l'eau coule.

b) Plein nord, u⃗=(0,1)\vec u=(0,1) et Du⃗h(P)=hy(P)=−0,4D_{\vec u}h(P)=h_{y}(P)=-0{,}4 : il descend, de 0,40{,}4 m par mètre parcouru, soit une pente de 40 %40\ \% en descente. C'est cohérent avec la figure : partir vers le nord depuis PP éloigne du sommet. Vers le sommet, PS→=(−150,−100)\overrightarrow{PS}=(-150,-100), de norme 501350\sqrt{13}, donc u⃗=113(−3,−2)\vec u=\frac{1}{\sqrt{13}}(-3,-2) et Du⃗h(P)=0,9+0,813=1,713=1713130≈0,471D_{\vec u}h(P)=\frac{0{,}9+0{,}8}{\sqrt{13}}=\frac{1{,}7}{\sqrt{13}}=\frac{17\sqrt{13}}{130}\approx 0{,}471. Sans calculatrice : 13≈3,606\sqrt{13}\approx 3{,}606 et 1,7÷3,606≈0,4711{,}7\div 3{,}606\approx 0{,}471.

c) La plus forte pente est ∥∇h(P)∥=0,09+0,16=0,25=0,5\|\nabla h(P)\|=\sqrt{0{,}09+0{,}16}=\sqrt{0{,}25}=0{,}5, soit 50 %50\ \%, dans la direction ∇h(P)0,5=(−35,−45)\frac{\nabla h(P)}{0{,}5}=\left(-\frac{3}{5},-\frac{4}{5}\right). Elle dépasse la pente vers le sommet, 0,4710{,}471, alors que l'intuition dit « on monte le plus vite en visant le sommet ». L'intuition est fausse parce que la montagne n'est pas ronde : ses courbes de niveau sont des ellipses aplaties, et la direction de plus forte pente est PERPENDICULAIRE à la courbe de niveau qui passe par PP, pas dirigée vers son centre. Sur la figure, le segment pointillé PSPS ne coupe pas l'ellipse à angle droit. Les deux directions ne coïncident que sur les axes de l'ellipse, ou pour une montagne de révolution.

d) Rester à la même altitude, c'est Du⃗h(P)=0D_{\vec u}h(P)=0, donc u⃗⊥∇h(P)\vec u\perp\nabla h(P). Les vecteurs orthogonaux à (−3,−4)(-3,-4) sont proportionnels à (4,−3)(4,-3) : u⃗=±(45,−35)\vec u=\pm\left(\frac{4}{5},-\frac{3}{5}\right), vers le sud-est ou vers le nord-ouest. C'est la direction du sentier qui suit la courbe de niveau, et il n'y en a que deux sens.

e) Plein ouest, u⃗=(−1,0)\vec u=(-1,0) et Du⃗h(P)=−hx(P)=0,3D_{\vec u}h(P)=-h_{x}(P)=0{,}3 : la pente vaut bien 30 %30\ \%. Pour l'autre direction, 0,5cos⁡θ=0,30{,}5\cos\theta=0{,}3 donne cos⁡θ=35\cos\theta=\frac{3}{5} et sin⁡θ=45\sin\theta=\frac{4}{5} : les deux directions sont de part et d'autre du gradient. On peut aussi résoudre −0,3a−0,4b=0,3-0{,}3a-0{,}4b=0{,}3 avec a2+b2=1a^{2}+b^{2}=1 : a=−1−4b3a=-1-\frac{4b}{3}, puis (1+4b3)2+b2=1\left(1+\frac{4b}{3}\right)^{2}+b^{2}=1, soit b(25b9+83)=0b\left(\frac{25b}{9}+\frac{8}{3}\right)=0 : b=0b=0, l'ouest, ou b=−2425b=-\frac{24}{25} et a=−1+3225=725a=-1+\frac{32}{25}=\frac{7}{25}. L'autre direction est (725,−2425)\left(\frac{7}{25},-\frac{24}{25}\right), presque plein sud. Vérification : −0,3⋅725+0,4⋅2425=−2,1+9,625=0,3-0{,}3\cdot\frac{7}{25}+0{,}4\cdot\frac{24}{25}=\frac{-2{,}1+9{,}6}{25}=0{,}3.

Exercice 10 : La sonde qui fuit la chaleur

Dans une région de l'espace, la température est T(x,y,z)=100−x2−3y2−2z2T(x,y,z)=100-x^{2}-3y^{2}-2z^{2} degrés Celsius, les distances étant en mètres. Une sonde se trouve au point P(2,1,1)P(2,1,1).

La figure montre, vue de dessus, la courbe (2s,s3)\left(2s,s^{3}\right) et les courbes x2+3y2=cx^{2}+3y^{2}=c pour c=4c=4, 77, 1212 et 1919 ; le point P′(2,1)P'(2,1) est la projection de PP sur le plan des xx et des yy.

12345123c = 471219P'(2s, s³)
  • a) Calculez T(P)T(P) et ∇T(P)\nabla T(P).
  • b) La sonde se dirige vers Q(4,0,−1)Q(4,0,-1). Calculez le taux de variation de la température au départ, en degrés par mètre. Comparez T(Q)T(Q) et T(P)T(P) : la sonde se réchauffe-t-elle au départ, et y a-t-il contradiction ?
  • c) Dans quelle direction la sonde doit-elle partir pour se refroidir le plus vite, et avec quel taux, au centième ?
  • d) Donnez l'équation du plan tangent en PP à la surface isotherme qui passe par PP, sous la forme 2x+3y+2z=d2x+3y+2z=d.
  • e) La sonde suit la trajectoire r⃗(s)=(2s,s3,s2)\vec r(s)=\left(2s,s^{3},s^{2}\right), s≥1s\ge 1. Montrez qu'en chaque point −∇T(r⃗(s))=k r⃗ ′(s)-\nabla T\left(\vec r(s)\right)=k\,\vec r\,'(s) avec k>0k>0 : la sonde fuit la chaleur au plus vite. Expliquez pourquoi, sur la figure, la courbe coupe à angle droit les courbes x2+3y2=cx^{2}+3y^{2}=c.

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  • a) T(P)=91T(P)=91 °C ; ∇T(P)=(−4,−6,−4)\nabla T(P)=(-4,-6,-4)
  • b) u⃗=13(2,−1,−2)\vec u=\frac{1}{3}(2,-1,-2), Du⃗T(P)=2D_{\vec u}T(P)=2 °C/m : elle se réchauffe au départ, bien que T(Q)=82<91T(Q)=82<91 ; pas de contradiction
  • c) direction 117(2,3,2)\frac{1}{\sqrt{17}}(2,3,2), taux −217≈−8,25-2\sqrt{17}\approx -8{,}25 °C/m
  • d) 2x+3y+2z=92x+3y+2z=9
  • e) r⃗ ′(s)=(2,3s2,2s)\vec r\,'(s)=\left(2,3s^{2},2s\right) et −∇T(r⃗(s))=(4s,6s3,4s2)=2s r⃗ ′(s)-\nabla T\left(\vec r(s)\right)=\left(4s,6s^{3},4s^{2}\right)=2s\,\vec r\,'(s), k=2s>0k=2s>0 ; la projection suit le gradient de x2+3y2x^{2}+3y^{2}

a) T(P)=100−4−3−2=91T(P)=100-4-3-2=91 °C. ∇T=(−2x,−6y,−4z)\nabla T=(-2x,-6y,-4z), donc ∇T(P)=(−4,−6,−4)\nabla T(P)=(-4,-6,-4), en degrés par mètre. Le gradient pointe vers l'origine, la source de chaleur, là où TT est maximale : il indique toujours le sens où la température MONTE le plus vite.

b) PQ→=(2,−1,−2)\overrightarrow{PQ}=(2,-1,-2), de norme 4+1+4=3\sqrt{4+1+4}=3, donc u⃗=13(2,−1,−2)\vec u=\frac{1}{3}(2,-1,-2) et Du⃗T(P)=−8+6+83=2D_{\vec u}T(P)=\frac{-8+6+8}{3}=2 °C/m : au départ, la sonde se RÉCHAUFFE de 22 degrés par mètre. Pourtant T(Q)=100−16−0−2=82T(Q)=100-16-0-2=82 °C, plus froid que PP. Il n'y a pas de contradiction : la dérivée directionnelle décrit ce qui se passe au DÉPART, sur les premiers centimètres ; elle ne dit rien de la température au bout du trajet, qui dépend de toute la route. Le long du segment, P+t PQ→P+t\,\overrightarrow{PQ} avec t∈[0,1]t\in[0,1], on trouve T=91+6t−15t2T=91+6t-15t^{2} : la température monte jusqu'à t=0,2t=0{,}2, où elle vaut 91,691{,}6 °C, puis redescend jusqu'à 8282 °C. Au départ, yy et zz diminuent, ce qui réchauffe, plus vite que xx n'augmente. Confondre le taux local et la variation totale est une erreur de lecture, pas de calcul.

c) On se refroidit le plus vite dans la direction de −∇T(P)=(4,6,4)-\nabla T(P)=(4,6,4), de norme 16+36+16=68=217\sqrt{16+36+16}=\sqrt{68}=2\sqrt{17} : u⃗=117(2,3,2)\vec u=\frac{1}{\sqrt{17}}(2,3,2), avec le taux −∥∇T(P)∥=−217-\|\nabla T(P)\|=-2\sqrt{17}. Sans calculatrice : 8,252=68,068{,}25^{2}=68{,}06 et 8,242=67,908{,}24^{2}=67{,}90, donc 217≈8,252\sqrt{17}\approx 8{,}25 et le taux vaut environ −8,25-8{,}25 °C/m. Le signe est la réponse : la sonde perd 8,258{,}25 degrés par mètre, aucune direction ne fait mieux.

d) La surface isotherme qui passe par PP est la surface de niveau T=91T=91, soit x2+3y2+2z2=9x^{2}+3y^{2}+2z^{2}=9, un ellipsoïde. Sa normale en PP est ∇T(P)=(−4,−6,−4)\nabla T(P)=(-4,-6,-4), ou (2,3,2)(2,3,2) : 2(x−2)+3(y−1)+2(z−1)=02(x-2)+3(y-1)+2(z-1)=0, soit 2x+3y+2z=92x+3y+2z=9. Contrôle : 4+3+2=94+3+2=9. Les directions de taux nul pour la sonde sont exactement celles de ce plan : se déplacer dans le plan tangent, c'est garder la température au premier ordre.

e) r⃗ ′(s)=(2,3s2,2s)\vec r\,'(s)=\left(2,3s^{2},2s\right) et, au point r⃗(s)\vec r(s), −∇T=(2x,6y,4z)=(4s,6s3,4s2)=2s(2,3s2,2s)=2s r⃗ ′(s)-\nabla T=(2x,6y,4z)=\left(4s,6s^{3},4s^{2}\right)=2s\left(2,3s^{2},2s\right)=2s\,\vec r\,'(s). Pour s≥1s\ge 1, k=2s>0k=2s>0 : en chaque point, la sonde avance dans la direction de −∇T-\nabla T, celle du refroidissement le plus rapide. En s=1s=1, on retrouve PP et k=2k=2. Pour la figure, on ne garde que les deux premières composantes : la projection (2s,s3)(2s,s^{3}) a pour tangente (2,3s2)\left(2,3s^{2}\right), proportionnelle à (2x,6y)(2x,6y), qui est le gradient de g(x,y)=x2+3y2g(x,y)=x^{2}+3y^{2}. Or un gradient est perpendiculaire aux courbes de niveau : la projection coupe donc chaque courbe x2+3y2=cx^{2}+3y^{2}=c à angle droit, comme le marque l'équerre en P′P'. Enfin la température le long du trajet vaut T(r⃗(s))=100−4s2−3s6−2s4T\left(\vec r(s)\right)=100-4s^{2}-3s^{6}-2s^{4}, qui décroît quand ss augmente : la sonde se refroidit sans cesse.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-gradient-derivee-directionnelle. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Le gradient bloque en MTH1101 ?

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