Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • La dérivation en chaîne

La dérivation en chaîne : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Voici une série d'exercices corrigés sur la dérivation en chaîne pour les fonctions de plusieurs variables, le chapitre du cours MTH1101 (Calcul I) de Polytechnique Montréal qui suit le plan tangent et la différentielle et précède le gradient. Elle correspond à la section 4.3 de Stewart, Calcul à plusieurs variables, et elle sert ensuite partout : au gradient, en dérivation implicite, et chaque fois qu'une grandeur dépend d'une autre par des intermédiaires.

Le fil de la série tient en une règle : compter les chemins de l'arbre. La dérivée de la variable finale par rapport à une variable de départ est la SOMME, sur tous les chemins qui les relient, des produits des dérivées lues le long du chemin. Chaque dérivée partielle de ff reste une fonction des variables intermédiaires : elle s'évalue au point IMAGE, pas au point de départ, et elle se dérive encore par la chaîne quand on passe aux dérivées secondes.

Les pièges nommés dans les corrigés : un chemin oublié (une variable intermédiaire traitée comme une constante), fxf_x lue au point (s,t)(s,t) au lieu du point (x,y)(x,y), le signe moins de −FxFy-\frac{F_x}{F_y}, la condition Fy≠0F_y\neq 0 passée sous silence, fxf_x dérivée comme un nombre, le facteur 1r2\frac{1}{r^{2}} des polaires, et une dérivée nulle prise pour un point critique. Tout se fait sans calculatrice, comme au contrôle périodique 2 et à l'examen final, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : des réponses exactes et des questions qui demandent plus de réflexion que de calcul.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Fonctions de plusieurs variables et courbes de niveau
  2. 2Limite et continuité à plusieurs variables
  3. 3Les dérivées partielles
  4. 4Plan tangent et différentielle

Rappel de cours

  • • CAS 1 : si z=f(x,y)z=f(x,y) avec x=x(t)x=x(t) et y=y(t)y=y(t), alors dzdt=∂z∂xdxdt+∂z∂ydydt=fx x′(t)+fy y′(t)\frac{dz}{dt}=\frac{\partial z}{\partial x}\frac{dx}{dt}+\frac{\partial z}{\partial y}\frac{dy}{dt}=f_x\,x'(t)+f_y\,y'(t).
  • • CAS 2 : si x=x(s,t)x=x(s,t) et y=y(s,t)y=y(s,t), alors ∂z∂s=∂z∂x∂x∂s+∂z∂y∂y∂s\frac{\partial z}{\partial s}=\frac{\partial z}{\partial x}\frac{\partial x}{\partial s}+\frac{\partial z}{\partial y}\frac{\partial y}{\partial s}, et de même pour tt.
  • • FORME GÉNÉRALE : un terme par CHEMIN de l'arbre de dépendance ; les dérivées de ff s'évaluent au point image (x,y)(x,y), celles de la substitution au point de départ. Hypothèse : ff différentiable.
  • • IMPLICITE : si F(x,y)=0F(x,y)=0 et Fy≠0F_y\neq 0, dydx=−FxFy\frac{dy}{dx}=-\frac{F_x}{F_y} ; si F(x,y,z)=0F(x,y,z)=0 et Fz≠0F_z\neq 0, ∂z∂x=−FxFz\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{F_x}{F_z} et ∂z∂y=−FyFz\frac{\partial z}{\partial y}=-\frac{F_y}{F_z}.
  • • POLAIRES : fr=cos⁡θ fx+sin⁡θ fyf_r=\cos\theta\,f_x+\sin\theta\,f_y, fθ=−rsin⁡θ fx+rcos⁡θ fyf_\theta=-r\sin\theta\,f_x+r\cos\theta\,f_y, et fr2+1r2fθ2=fx2+fy2f_r^{2}+\frac{1}{r^{2}}f_\theta^{2}=f_x^{2}+f_y^{2}.
  • • DÉRIVÉES SECONDES : fxf_x dépend encore de xx et de yy, donc ∂∂s(fx)=fxx∂x∂s+fxy∂y∂s\frac{\partial}{\partial s}(f_x)=f_{xx}\frac{\partial x}{\partial s}+f_{xy}\frac{\partial y}{\partial s} ; Clairaut (ff de classe C2C^{2}) regroupe fxyf_{xy} et fyxf_{yx}.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Une fonction de deux variables le long d'une courbe : deux chemins, deux termes

On considère z=f(x,y)=x2y−3xyz=f(x,y)=x^{2}y-3xy, et un point mobile dont la position au temps tt est x=t2+1x=t^{2}+1, y=3−ty=3-t. La quantité zz devient donc une fonction du seul temps tt, mais elle dépend de tt par DEUX intermédiaires, xx et yy.

  • a) Dessinez l'arbre de dépendance de zz, écrivez la formule de dzdt\frac{dz}{dt} par la règle de dérivation en chaîne, et dites combien de termes elle compte.
  • b) Calculez dzdt\frac{dz}{dt} en t=1t=1 par cette formule.
  • c) Calculez dzdt\frac{dz}{dt} en t=0t=0 de la même façon, puis vérifiez vos deux résultats en exprimant d'abord zz en fonction de tt.
  • d) Un élève écrit dzdt=∂z∂x dxdt\frac{dz}{dt}=\frac{\partial z}{\partial x}\,\frac{dx}{dt} et trouve 44 en t=1t=1. Quel chemin de l'arbre a-t-il oublié, et que vaut le terme manquant ?
  • e) En t=1t=1, zz croît-il ou décroît-il ? Le point parcourt maintenant la MÊME courbe en sens inverse, de sorte qu'en passant par (2,2)(2,2) ses dérivées valent x′=−2x'=-2 et y′=1y'=1 : que vaut alors dzdt\frac{dz}{dt} en ce point ?

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Réponses

  • a) Arbre z→x→tz\to x\to t et z→y→tz\to y\to t ; dzdt=∂z∂xdxdt+∂z∂ydydt\frac{dz}{dt}=\frac{\partial z}{\partial x}\frac{dx}{dt}+\frac{\partial z}{\partial y}\frac{dy}{dt}, deux termes
  • b) En t=1t=1 : (x,y)=(2,2)(x,y)=(2,2), fx=2f_x=2, fy=−2f_y=-2, x′=2x'=2, y′=−1y'=-1, donc dzdt=4+2=6\frac{dz}{dt}=4+2=6
  • c) En t=0t=0 : dzdt=(−3)(0)+(−2)(−1)=2\frac{dz}{dt}=(-3)(0)+(-2)(-1)=2 ; z(t)=(t2+1)(3−t)(t2−2)z(t)=(t^{2}+1)(3-t)(t^{2}-2) redonne 66 et 22
  • d) Le chemin z→y→tz\to y\to t est oublié ; terme manquant ∂z∂ydydt=(−2)(−1)=2\frac{\partial z}{\partial y}\frac{dy}{dt}=(-2)(-1)=2
  • e) dzdt=6>0\frac{dz}{dt}=6>0 : zz croît ; en sens inverse, dzdt=2(−2)+(−2)(1)=−6\frac{dz}{dt}=2(-2)+(-2)(1)=-6

a) La variable finale zz dépend de xx et de yy, qui dépendent chacune de tt. L'arbre a donc DEUX chemins de zz jusqu'à tt : z→x→tz\to x\to t et z→y→tz\to y\to t. La règle de dérivation en chaîne dit que la dérivée est la somme, sur tous les chemins, des produits des dérivées lues le long du chemin : dzdt=∂z∂xdxdt+∂z∂ydydt\frac{dz}{dt}=\frac{\partial z}{\partial x}\frac{dx}{dt}+\frac{\partial z}{\partial y}\frac{dy}{dt}. Deux chemins, deux termes. Les notations disent qui dépend de quoi : ∂z∂x\frac{\partial z}{\partial x} est une dérivée PARTIELLE, parce que zz dépend de deux variables, alors que dxdt\frac{dx}{dt} et dzdt\frac{dz}{dt} sont des dérivées ORDINAIRES, parce que xx et, en fin de compte, zz ne dépendent que de tt. La formule suppose ff différentiable, ce qui est le cas d'un polynôme, et xx, yy dérivables, ce qui est le cas ici.

b) On calcule d'abord le point : en t=1t=1, x=2x=2 et y=2y=2. Puis les dérivées partielles en CE point : fx=2xy−3yf_x=2xy-3y donne fx(2,2)=8−6=2f_x(2,2)=8-6=2, et fy=x2−3xf_y=x^{2}-3x donne fy(2,2)=4−6=−2f_y(2,2)=4-6=-2. Enfin les dérivées de la trajectoire : x′(t)=2tx'(t)=2t vaut 22 et y′(t)=−1y'(t)=-1. Donc dzdt=2×2+(−2)×(−1)=4+2=6\frac{dz}{dt}=2\times 2+(-2)\times(-1)=4+2=6. L'ordre des gestes compte : le point d'abord, les dérivées partielles évaluées en ce point ensuite, le produit à la fin.

c) En t=0t=0, le point est (1,3)(1,3) : fx(1,3)=6−9=−3f_x(1,3)=6-9=-3, fy(1,3)=1−3=−2f_y(1,3)=1-3=-2, x′(0)=0x'(0)=0, y′(0)=−1y'(0)=-1, donc dzdt=(−3)(0)+(−2)(−1)=2\frac{dz}{dt}=(-3)(0)+(-2)(-1)=2. Le premier terme est nul parce que le point se déplace verticalement à cet instant, pas parce que fxf_x est nulle. Vérification par substitution : z(t)=(t2+1)2(3−t)−3(t2+1)(3−t)=(t2+1)(3−t)(t2−2)z(t)=(t^{2}+1)^{2}(3-t)-3(t^{2}+1)(3-t)=(t^{2}+1)(3-t)(t^{2}-2), soit z(t)=−t5+3t4+t3−3t2+2t−6z(t)=-t^{5}+3t^{4}+t^{3}-3t^{2}+2t-6, et z′(t)=−5t4+12t3+3t2−6t+2z'(t)=-5t^{4}+12t^{3}+3t^{2}-6t+2. Alors z′(1)=−5+12+3−6+2=6z'(1)=-5+12+3-6+2=6 et z′(0)=2z'(0)=2 : les deux méthodes concordent. La substitution marche ici parce que tout est explicite ; la règle de chaîne, elle, marche aussi quand ff n'est connue que par ses dérivées partielles en un point, ce qui est le cas de la plupart des problèmes d'examen.

d) L'élève a suivi le chemin z→x→tz\to x\to t et oublié z→y→tz\to y\to t, comme si yy était une constante. Or y=3−ty=3-t varie : le terme manquant vaut ∂z∂ydydt=(−2)(−1)=2\frac{\partial z}{\partial y}\frac{dy}{dt}=(-2)(-1)=2, et 4+2=64+2=6. C'est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, et l'arbre l'empêche mécaniquement : on écrit autant de termes qu'il y a de chemins, puis on vérifie qu'aucune feuille tt n'a été laissée sans terme.

e) En t=1t=1, dzdt=6>0\frac{dz}{dt}=6>0 : zz croît. Les deux termes, fx x′=4f_x\,x'=4 et fy y′=2f_y\,y'=2, sont ici de même signe, mais ce n'est pas une règle : chacun mélange une dérivée de ff, qui ne dépend que du POINT, et une dérivée de la trajectoire, qui dépend de la FAÇON de passer par ce point. En sens inverse, au même point (2,2)(2,2), fx=2f_x=2 et fy=−2f_y=-2 ne changent pas, mais x′=−2x'=-2 et y′=1y'=1 : dzdt=2(−2)+(−2)(1)=−6\frac{dz}{dt}=2(-2)+(-2)(1)=-6. Inverser la vitesse change le signe de CHAQUE terme, donc de la somme : la même valeur de ff monte ou descend selon le sens du parcours. Le chapitre suivant écrira cette somme comme un produit scalaire entre un vecteur qui ne dépend que de ff et la vitesse.

zxytt∂z/∂x∂z/∂ydx/dtdy/dt

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Exercice 2 : Deux variables intermédiaires, deux variables indépendantes : évaluer au bon point

On pose z=f(x,y)=x2−3xy+y2z=f(x,y)=x^{2}-3xy+y^{2}, avec x=s2−t2x=s^{2}-t^{2} et y=2sty=2st. La variable zz dépend de ss et de tt, par l'intermédiaire de xx et de yy. On travaille au point (s,t)=(2,1)(s,t)=(2,1).

  • a) Dessinez l'arbre de dépendance et écrivez les formules de ∂z∂s\frac{\partial z}{\partial s} et de ∂z∂t\frac{\partial z}{\partial t}.
  • b) Calculez xx et yy en (s,t)=(2,1)(s,t)=(2,1), puis les valeurs de fxf_x et de fyf_y dont la formule a besoin.
  • c) Calculez ∂z∂s\frac{\partial z}{\partial s} et ∂z∂t\frac{\partial z}{\partial t} en (s,t)=(2,1)(s,t)=(2,1).
  • d) Un élève évalue fxf_x et fyf_y au point (2,1)(2,1) au lieu du point de b). Quelle valeur obtient-il pour ∂z∂s\frac{\partial z}{\partial s}, et pourquoi est-ce faux ?
  • e) Vérifiez c) en exprimant zz directement en fonction de ss et de tt.

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Réponses

  • a) zs=fx xs+fy ys=2s fx+2t fyz_s=f_x\,x_s+f_y\,y_s=2s\,f_x+2t\,f_y et zt=fx xt+fy yt=−2t fx+2s fyz_t=f_x\,x_t+f_y\,y_t=-2t\,f_x+2s\,f_y
  • b) (x,y)=(3,4)(x,y)=(3,4) ; fx(3,4)=−6f_x(3,4)=-6, fy(3,4)=−1f_y(3,4)=-1
  • c) ∂z∂s=−26\frac{\partial z}{\partial s}=-26 et ∂z∂t=8\frac{\partial z}{\partial t}=8
  • d) Il obtient −4-4 : il a évalué fxf_x, fyf_y en (x,y)=(2,1)(x,y)=(2,1), point qui n'est pas l'image de (s,t)=(2,1)(s,t)=(2,1)
  • e) z=s4−6s3t+2s2t2+6st3+t4z=s^{4}-6s^{3}t+2s^{2}t^{2}+6st^{3}+t^{4} redonne −26-26 et 88

a) L'arbre part de zz, descend vers xx et yy, et chacune des deux branches descend vers ss ET vers tt : quatre feuilles. Pour ∂z∂s\frac{\partial z}{\partial s}, on suit les deux chemins qui finissent en ss : ∂z∂s=∂z∂x∂x∂s+∂z∂y∂y∂s\frac{\partial z}{\partial s}=\frac{\partial z}{\partial x}\frac{\partial x}{\partial s}+\frac{\partial z}{\partial y}\frac{\partial y}{\partial s}, et de même pour tt. Toutes les dérivées sont partielles cette fois, car xx et yy dépendent de deux variables. Avec xs=2sx_s=2s, xt=−2tx_t=-2t, ys=2ty_s=2t et yt=2sy_t=2s : zs=2s fx+2t fyz_s=2s\,f_x+2t\,f_y et zt=−2t fx+2s fyz_t=-2t\,f_x+2s\,f_y. Chaque formule a deux termes parce que chaque feuille ss (ou tt) est atteinte par deux chemins.

b) x=4−1=3x=4-1=3 et y=2×2×1=4y=2\times 2\times 1=4. Les dérivées partielles de ff sont des fonctions de xx et de yy, donc elles s'évaluent au point (x,y)=(3,4)(x,y)=(3,4) : fx=2x−3yf_x=2x-3y vaut 6−12=−66-12=-6, et fy=−3x+2yf_y=-3x+2y vaut −9+8=−1-9+8=-1. C'est la seule étape où l'on a besoin du point image, et c'est la seule où l'on se trompe de point.

c) ∂z∂s=2(2)(−6)+2(1)(−1)=−24−2=−26\frac{\partial z}{\partial s}=2(2)(-6)+2(1)(-1)=-24-2=-26 et ∂z∂t=−2(1)(−6)+2(2)(−1)=12−4=8\frac{\partial z}{\partial t}=-2(1)(-6)+2(2)(-1)=12-4=8. Les facteurs xsx_s, ysy_s, xtx_t, yty_t s'évaluent en (s,t)=(2,1)(s,t)=(2,1), les facteurs fxf_x, fyf_y en (x,y)=(3,4)(x,y)=(3,4) : deux points différents dans la même formule, chacun pour les fonctions qui lui appartiennent.

d) Avec fx(2,1)=4−3=1f_x(2,1)=4-3=1 et fy(2,1)=−6+2=−4f_y(2,1)=-6+2=-4, l'élève écrit 2(2)(1)+2(1)(−4)=4−8=−42(2)(1)+2(1)(-4)=4-8=-4 au lieu de −26-26. L'erreur vient de ce que les lettres ss, tt et xx, yy désignent des variables différentes : fxf_x doit être lue à l'endroit où se trouve le point (x,y)(x,y) quand (s,t)=(2,1)(s,t)=(2,1), c'est-à-dire en (3,4)(3,4). Le point (2,1)(2,1) du plan (x,y)(x,y) n'a aucun rapport avec la question. Le réflexe qui l'évite : calculer et ÉCRIRE le point image avant toute dérivée partielle de ff.

e) x2+y2=(s2−t2)2+4s2t2=(s2+t2)2x^{2}+y^{2}=(s^{2}-t^{2})^{2}+4s^{2}t^{2}=(s^{2}+t^{2})^{2} et −3xy=−6st(s2−t2)-3xy=-6st(s^{2}-t^{2}), donc z=(s2+t2)2−6s3t+6st3z=(s^{2}+t^{2})^{2}-6s^{3}t+6st^{3}, soit z=s4−6s3t+2s2t2+6st3+t4z=s^{4}-6s^{3}t+2s^{2}t^{2}+6st^{3}+t^{4}. Alors zs=4s3−18s2t+4st2+6t3z_s=4s^{3}-18s^{2}t+4st^{2}+6t^{3} vaut 32−72+8+6=−2632-72+8+6=-26, et zt=−6s3+4s2t+18st2+4t3z_t=-6s^{3}+4s^{2}t+18st^{2}+4t^{3} vaut −48+16+36+4=8-48+16+36+4=8. Les deux méthodes concordent ; la substitution est faisable ici parce que ff est un polynôme, ce que l'énoncé d'examen ne garantit jamais.

Exercice 3 : Lire un arbre : combien de termes, et quelles valeurs d'une table

On considère w=f(x,y,z)w=f(x,y,z), où ff est différentiable et n'est connue que par une table, avec x=s+tx=s+t, y=sty=st et z=t2z=t^{2}. La figure donne l'arbre de dépendance.

Table des dérivées partielles de ff en deux points : fxfyfz(1,2,4)91−1(3,2,4)5−212\begin{array}{c|ccc} & f_x & f_y & f_z \\ \hline (1,2,4) & 9 & 1 & -1 \\ (3,2,4) & 5 & -2 & \frac{1}{2} \end{array}

wxyzststt
  • a) En lisant l'arbre, dites combien de termes comptent ∂w∂s\frac{\partial w}{\partial s} et ∂w∂t\frac{\partial w}{\partial t}, et écrivez les deux formules. Pourquoi fzf_z n'apparaît-elle pas dans ∂w∂s\frac{\partial w}{\partial s} ?
  • b) On travaille en (s,t)=(1,2)(s,t)=(1,2). Quelle ligne de la table faut-il utiliser ? Justifiez.
  • c) Calculez ∂w∂s\frac{\partial w}{\partial s} et ∂w∂t\frac{\partial w}{\partial t} en (s,t)=(1,2)(s,t)=(1,2).
  • d) Quelles valeurs obtiendrait-on avec l'autre ligne de la table ?
  • e) À l'aide de la différentielle, estimez la variation de ww quand (s,t)(s,t) passe de (1 ;2)(1\,;2) à (1,02 ;1,99)(1{,}02\,;1{,}99).

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  • a) ws=fx+t fyw_s=f_x+t\,f_y (2 termes), wt=fx+s fy+2t fzw_t=f_x+s\,f_y+2t\,f_z (3 termes) ; aucun chemin ne relie zz à ss
  • b) La ligne (3,2,4)(3,2,4) : c'est le point (x,y,z)=(s+t, st, t2)(x,y,z)=(s+t,\,st,\,t^{2}) quand (s,t)=(1,2)(s,t)=(1,2)
  • c) ∂w∂s=5+2(−2)=1\frac{\partial w}{\partial s}=5+2(-2)=1 et ∂w∂t=5+1(−2)+4⋅12=5\frac{\partial w}{\partial t}=5+1(-2)+4\cdot\frac{1}{2}=5
  • d) Avec la ligne (1,2,4)(1,2,4) : 1111 et 66, deux valeurs fausses
  • e) Δw≈1×0,02+5×(−0,01)=−0,03\Delta w\approx 1\times 0{,}02+5\times(-0{,}01)=-0{,}03

a) Les feuilles ss sont au bout de deux chemins, w→x→sw\to x\to s et w→y→sw\to y\to s ; les feuilles tt au bout de trois, par xx, par yy et par zz. Donc ∂w∂s=fx∂x∂s+fy∂y∂s=fx+t fy\frac{\partial w}{\partial s}=f_x\frac{\partial x}{\partial s}+f_y\frac{\partial y}{\partial s}=f_x+t\,f_y et ∂w∂t=fx∂x∂t+fy∂y∂t+fzdzdt=fx+s fy+2t fz\frac{\partial w}{\partial t}=f_x\frac{\partial x}{\partial t}+f_y\frac{\partial y}{\partial t}+f_z\frac{dz}{dt}=f_x+s\,f_y+2t\,f_z. fzf_z manque dans la première formule parce que z=t2z=t^{2} ne dépend pas de ss : la branche zz n'a qu'une feuille, tt. On pourrait écrire le terme fz∂z∂sf_z\frac{\partial z}{\partial s}, il vaudrait zéro ; l'arbre dit directement qu'il n'existe pas. Notez aussi la notation : dzdt\frac{dz}{dt} est une dérivée ordinaire, puisque zz ne dépend que de tt.

b) Les dérivées partielles de ff se lisent au point où se trouve (x,y,z)(x,y,z), c'est-à-dire en x=1+2=3x=1+2=3, y=1×2=2y=1\times 2=2, z=22=4z=2^{2}=4 : la ligne (3,2,4)(3,2,4). La ligne (1,2,4)(1,2,4) est un piège d'écriture : elle reprend s=1s=1, t=2t=2 et z=4z=4, comme si (s,t)(s,t) étaient des coordonnées de l'espace de ff. Elles ne le sont pas, et la valeur de ff elle-même, que la table ne donne même pas, n'est d'aucune utilité : la règle de chaîne n'utilise que des DÉRIVÉES.

c) ∂w∂s=5+2×(−2)=1\frac{\partial w}{\partial s}=5+2\times(-2)=1 et ∂w∂t=5+1×(−2)+2×2×12=5−2+2=5\frac{\partial w}{\partial t}=5+1\times(-2)+2\times 2\times\frac{1}{2}=5-2+2=5. Chaque terme mélange une dérivée de ff lue dans la table au point image et une dérivée de la substitution lue au point (s,t)(s,t) : ∂y∂s=t=2\frac{\partial y}{\partial s}=t=2, ∂y∂t=s=1\frac{\partial y}{\partial t}=s=1, dzdt=2t=4\frac{dz}{dt}=2t=4.

d) Avec la mauvaise ligne : 9+2×1=119+2\times 1=11 et 9+1×1+4×(−1)=69+1\times 1+4\times(-1)=6. Aucune des deux valeurs n'est juste, et rien dans le calcul ne le signale : seul le point image, écrit avant de lire la table, protège de cette erreur. C'est la question type d'un examen « sans calculatrice » : aucun calcul long, une seule décision, et toute la question en dépend.

e) La différentielle de ww vue comme fonction de (s,t)(s,t) est dw=∂w∂sds+∂w∂tdtdw=\frac{\partial w}{\partial s}ds+\frac{\partial w}{\partial t}dt. Avec ds=0,02ds=0{,}02 et dt=−0,01dt=-0{,}01 : Δw≈1×0,02+5×(−0,01)=0,02−0,05=−0,03\Delta w\approx 1\times 0{,}02+5\times(-0{,}01)=0{,}02-0{,}05=-0{,}03. La règle de chaîne fournit exactement les deux dérivées partielles dont l'approximation linéaire a besoin, sans jamais connaître ff : c'est son usage le plus fréquent en ingénierie, quand ff est une table de mesures.

Exercice 4 : Dérivation implicite : la formule démontrée par l'arbre, et sa condition

La figure représente la courbe Γ\Gamma d'équation y2=x3−4x+4y^{2}=x^{3}-4x+4, c'est-à-dire F(x,y)=0F(x,y)=0 avec F(x,y)=y2−x3+4x−4F(x,y)=y^{2}-x^{3}+4x-4. Elle passe par A(1 ;1)A(1\,;1) et B(2 ;2)B(2\,;2), et coupe l'axe des abscisses en un seul point CC.

On considère aussi la surface SS d'équation x2z+yz2+xyz=3x^{2}z+yz^{2}+xyz=3, qui passe par le point (1,1,1)(1,1,1).

-3-2-1123-4-3-2-11234ABCΓ
  • a) On suppose que, près d'un point de Γ\Gamma, la courbe est le graphe d'une fonction dérivable y=g(x)y=g(x). En dessinant l'arbre de F(x,g(x))F(x,g(x)), démontrez que g′(x)=−FxFyg'(x)=-\frac{F_x}{F_y} là où Fy≠0F_y\neq 0.
  • b) Calculez la pente de la tangente à Γ\Gamma en AA, puis en BB.
  • c) En CC, que vaut FyF_y ? Que montre la figure en ce point, et la courbe y est-elle le graphe d'une fonction y=g(x)y=g(x) ?
  • d) Pour la surface SS, calculez ∂z∂x\frac{\partial z}{\partial x} et ∂z∂y\frac{\partial z}{\partial y} au point (1,1,1)(1,1,1).
  • e) Estimez la cote zz du point de SS situé au-dessus de (1,1 ;0,9)(1{,}1\,;0{,}9), près de (1,1,1)(1,1,1).

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ddxF(x,g(x))=Fx⋅1+Fy g′(x)=0\frac{d}{dx}F(x,g(x))=F_x\cdot 1+F_y\,g'(x)=0, d'où g′(x)=−FxFyg'(x)=-\frac{F_x}{F_y}
  • b) dydx=3x2−42y\frac{dy}{dx}=\frac{3x^{2}-4}{2y} : −12-\frac{1}{2} en AA, 22 en BB
  • c) Fy=2y=0F_y=2y=0 en CC : la formule ne s'applique pas ; tangente verticale, pas de fonction y=g(x)y=g(x) près de CC
  • d) ∂z∂x=−FxFz=−34\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{F_x}{F_z}=-\frac{3}{4} et ∂z∂y=−FyFz=−12\frac{\partial z}{\partial y}=-\frac{F_y}{F_z}=-\frac{1}{2}
  • e) z≈1−34(0,1)−12(−0,1)=0,975z\approx 1-\frac{3}{4}(0{,}1)-\frac{1}{2}(-0{,}1)=0{,}975

a) La fonction h(x)=F(x,g(x))h(x)=F(x,g(x)) est nulle pour tout xx, puisque chaque point (x,g(x))(x,g(x)) est sur la courbe. Son arbre : hh dépend de deux intermédiaires, la première variable de FF, qui est xx lui-même, et la seconde, y=g(x)y=g(x) ; les deux dépendent de xx. Deux chemins, donc h′(x)=Fx⋅dxdx+Fy⋅dydx=Fx+Fy g′(x)h'(x)=F_x\cdot\frac{dx}{dx}+F_y\cdot\frac{dy}{dx}=F_x+F_y\,g'(x). Comme hh est constante, h′(x)=0h'(x)=0, et si Fy≠0F_y\neq 0 on divise : g′(x)=−FxFyg'(x)=-\frac{F_x}{F_y}. Le signe moins n'est pas une convention, il vient de ce qu'on a fait passer FxF_x de l'autre côté. La condition Fy≠0F_y\neq 0 est celle du théorème des fonctions implicites, qui garantit l'existence de gg ; on l'écrit, on ne la sous-entend pas. Il faut aussi FF différentiable, ce qui est le cas d'un polynôme.

b) Fx=−3x2+4F_x=-3x^{2}+4 et Fy=2yF_y=2y, donc dydx=−−3x2+42y=3x2−42y\frac{dy}{dx}=-\frac{-3x^{2}+4}{2y}=\frac{3x^{2}-4}{2y}. En A(1 ;1)A(1\,;1) : 3−42=−12\frac{3-4}{2}=-\frac{1}{2} ; en B(2 ;2)B(2\,;2) : 12−44=2\frac{12-4}{4}=2. La figure confirme les signes : en AA, la branche du haut descend vers son minimum local, situé en x=23≈1,15x=\frac{2}{\sqrt{3}}\approx 1{,}15 ; en BB, elle remonte nettement. L'oubli du signe moins donnerait 12\frac{1}{2} et −2-2, deux pentes que la figure dément.

c) Sur l'axe des abscisses, y=0y=0 donc Fy=2y=0F_y=2y=0 : la formule n'a pas de sens en CC. La figure montre que la courbe y a une tangente VERTICALE : la branche du haut et celle du bas s'y rejoignent. Juste à droite de CC, chaque abscisse porte deux points de Γ\Gamma, un de chaque signe, donc aucune fonction y=g(x)y=g(x) ne décrit la courbe autour de CC. C'est exactement ce que l'hypothèse Fy≠0F_y\neq 0 exclut. En revanche Fx(C)=−3xC2+4≠0F_x(C)=-3x_C^{2}+4\neq 0 (car xC2>43x_C^{2}>\frac{4}{3}), et l'on pourrait écrire xx en fonction de yy près de CC, avec dxdy=−FyFx=0\frac{dx}{dy}=-\frac{F_y}{F_x}=0 : la tangente verticale, vue de l'autre axe.

d) On pose F(x,y,z)=x2z+yz2+xyz−3F(x,y,z)=x^{2}z+yz^{2}+xyz-3, et l'on vérifie que F(1,1,1)=0F(1,1,1)=0. Si z=g(x,y)z=g(x,y) sur SS, l'arbre de F(x,y,g(x,y))=0F(x,y,g(x,y))=0 donne, en dérivant par rapport à xx (avec yy fixé) : Fx+Fz∂z∂x=0F_x+F_z\frac{\partial z}{\partial x}=0, donc ∂z∂x=−FxFz\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{F_x}{F_z}, et de même pour yy. Ici Fx=2xz+yz=3F_x=2xz+yz=3, Fy=z2+xz=2F_y=z^{2}+xz=2 et Fz=x2+2yz+xy=4F_z=x^{2}+2yz+xy=4 en (1,1,1)(1,1,1). Donc ∂z∂x=−34\frac{\partial z}{\partial x}=-\frac{3}{4} et ∂z∂y=−24=−12\frac{\partial z}{\partial y}=-\frac{2}{4}=-\frac{1}{2}, avec Fz=4≠0F_z=4\neq 0 comme condition. Le chemin yy ne figure pas dans la dérivée par rapport à xx : yy est une variable indépendante, constante quand on dérive en xx.

e) L'approximation linéaire de z=g(x,y)z=g(x,y) en (1,1)(1,1) est z≈1+∂z∂xΔx+∂z∂yΔyz\approx 1+\frac{\partial z}{\partial x}\Delta x+\frac{\partial z}{\partial y}\Delta y, avec Δx=0,1\Delta x=0{,}1 et Δy=−0,1\Delta y=-0{,}1 : z≈1−0,075+0,05=0,975z\approx 1-0{,}075+0{,}05=0{,}975. La valeur exacte, obtenue en résolvant numériquement l'équation de degré 22 en zz, vaut environ 0,97490{,}9749 : l'approximation est juste au dix-millième près. La dérivation implicite a donné les pentes sans jamais isoler zz, ce qui serait possible ici mais pénible.

Exercice 5 : Dérivées secondes par la chaîne : la dérivée partielle se dérive encore

Soit ff une fonction de classe C2C^{2} (dérivées partielles secondes continues) et z=f(x,y)z=f(x,y) avec x=s2x=s^{2} et y=sty=st. On cherche ∂2z∂s2\frac{\partial^{2}z}{\partial s^{2}} et ∂2z∂t ∂s\frac{\partial^{2}z}{\partial t\,\partial s} en fonction des dérivées partielles de ff.

  • a) Écrivez ∂z∂s\frac{\partial z}{\partial s} par la règle de chaîne.
  • b) La fonction fxf_x est elle-même une fonction de xx et de yy. Dessinez son arbre et écrivez ∂∂s(fx)\frac{\partial}{\partial s}\left(f_x\right).
  • c) Déduisez-en ∂2z∂s2\frac{\partial^{2}z}{\partial s^{2}} en fonction de fxf_x, fxxf_{xx}, fxyf_{xy} et fyyf_{yy}. Quel théorème permet de regrouper les termes croisés ? Que vaut le coefficient de fxyf_{xy} en (s,t)=(1,2)(s,t)=(1,2) ?
  • d) Application : f(x,y)=xy2f(x,y)=xy^{2}, au point (s,t)=(1,2)(s,t)=(1,2). Calculez ∂2z∂s2\frac{\partial^{2}z}{\partial s^{2}} par la formule de c), puis la valeur qu'obtient l'élève qui dérive fxf_x et fyf_y comme des constantes, et vérifiez par le calcul direct.
  • e) Avec la même fonction et au même point, calculez ∂2z∂t ∂s\frac{\partial^{2}z}{\partial t\,\partial s} par la chaîne, et vérifiez.

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c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ∂z∂s=2s fx+t fy\frac{\partial z}{\partial s}=2s\,f_x+t\,f_y
  • b) ∂∂s(fx)=fxx⋅2s+fxy⋅t\frac{\partial}{\partial s}\left(f_x\right)=f_{xx}\cdot 2s+f_{xy}\cdot t
  • c) zss=2fx+4s2fxx+4st fxy+t2fyyz_{ss}=2f_x+4s^{2}f_{xx}+4st\,f_{xy}+t^{2}f_{yy} (Clairaut : fyx=fxyf_{yx}=f_{xy}) ; coefficient 88 en (1,2)(1,2)
  • d) zss(1,2)=8+0+32+8=48z_{ss}(1,2)=8+0+32+8=48 ; l'élève trouve 2fx=82f_x=8 ; direct : z=s4t2z=s^{4}t^{2}, zss=12s2t2=48z_{ss}=12s^{2}t^{2}=48
  • e) zst=2s2fxy+fy+st fyy=8+4+4=16z_{st}=2s^{2}f_{xy}+f_y+st\,f_{yy}=8+4+4=16 ; direct : 8s3t=168s^{3}t=16

a) Arbre : z→x→sz\to x\to s et z→y→sz\to y\to s (la variable x=s2x=s^{2} ne dépend pas de tt). Avec ∂x∂s=2s\frac{\partial x}{\partial s}=2s et ∂y∂s=t\frac{\partial y}{\partial s}=t : ∂z∂s=2s fx+t fy\frac{\partial z}{\partial s}=2s\,f_x+t\,f_y. Dans cette écriture, fxf_x et fyf_y sont évaluées au point (x,y)=(s2,st)(x,y)=(s^{2},st) : ce sont donc, elles aussi, des fonctions de ss et de tt, par l'intermédiaire de xx et de yy. Tout le chapitre des dérivées secondes tient dans cette remarque.

b) fxf_x a exactement le même arbre que ff : elle dépend de xx et de yy, qui dépendent de ss. On lui applique donc la même règle, en remplaçant ff par fxf_x : ∂∂s(fx)=(fx)x∂x∂s+(fx)y∂y∂s=2s fxx+t fxy\frac{\partial}{\partial s}\left(f_x\right)=(f_x)_x\frac{\partial x}{\partial s}+(f_x)_y\frac{\partial y}{\partial s}=2s\,f_{xx}+t\,f_{xy}. De même ∂∂s(fy)=2s fyx+t fyy\frac{\partial}{\partial s}\left(f_y\right)=2s\,f_{yx}+t\,f_{yy}. Le piège du chapitre est d'écrire ∂∂s(fx)=0\frac{\partial}{\partial s}(f_x)=0, comme si fxf_x était un nombre, ou ∂∂s(fx)=fxx\frac{\partial}{\partial s}(f_x)=f_{xx}, comme si ss et xx étaient la même variable.

c) On dérive 2s fx+t fy2s\,f_x+t\,f_y par rapport à ss, avec la règle du PRODUIT sur 2s fx2s\,f_x : zss=2fx+2s(2s fxx+t fxy)+t(2s fyx+t fyy)z_{ss}=2f_x+2s\left(2s\,f_{xx}+t\,f_{xy}\right)+t\left(2s\,f_{yx}+t\,f_{yy}\right). Comme ff est de classe C2C^{2}, le théorème de Clairaut donne fyx=fxyf_{yx}=f_{xy}, et les deux termes croisés se regroupent : zss=2fx+4s2fxx+4st fxy+t2fyyz_{ss}=2f_x+4s^{2}f_{xx}+4st\,f_{xy}+t^{2}f_{yy}. Le coefficient de fxyf_{xy} vaut 4st=84st=8 en (1,2)(1,2). Le terme 2fx2f_x vient de la dérivée de 2s2s ; il manque dans toutes les copies qui oublient la règle du produit.

d) Au point (s,t)=(1,2)(s,t)=(1,2), x=1x=1 et y=2y=2. Pour f=xy2f=xy^{2} : fx=y2=4f_x=y^{2}=4, fy=2xy=4f_y=2xy=4, fxx=0f_{xx}=0, fxy=2y=4f_{xy}=2y=4, fyy=2x=2f_{yy}=2x=2. La formule donne zss=2(4)+4(1)(0)+8(4)+4(2)=8+32+8=48z_{ss}=2(4)+4(1)(0)+8(4)+4(2)=8+32+8=48. L'élève qui traite fxf_x et fyf_y comme des constantes ne garde que la dérivée de 2s2s : zss=2fx=8z_{ss}=2f_x=8, six fois trop peu. Vérification directe : z=s2(st)2=s4t2z=s^{2}(st)^{2}=s^{4}t^{2}, zss=12s2t2=48z_{ss}=12s^{2}t^{2}=48. L'écart de 4040 est exactement la contribution des dérivées secondes oubliées, 4s2fxx+4st fxy+t2fyy4s^{2}f_{xx}+4st\,f_{xy}+t^{2}f_{yy}.

e) On dérive zs=2s fx+t fyz_s=2s\,f_x+t\,f_y par rapport à tt. Cette fois ∂x∂t=0\frac{\partial x}{\partial t}=0 et ∂y∂t=s\frac{\partial y}{\partial t}=s, donc ∂∂t(fx)=s fxy\frac{\partial}{\partial t}(f_x)=s\,f_{xy} et ∂∂t(fy)=s fyy\frac{\partial}{\partial t}(f_y)=s\,f_{yy}. Le facteur 2s2s est constant en tt, le facteur tt ne l'est pas : zst=2s⋅s fxy+fy+t⋅s fyy=2s2fxy+fy+st fyyz_{st}=2s\cdot s\,f_{xy}+f_y+t\cdot s\,f_{yy}=2s^{2}f_{xy}+f_y+st\,f_{yy}. En (1,2)(1,2) : 2(4)+4+2(2)=162(4)+4+2(2)=16. Vérification : z=s4t2z=s^{4}t^{2} donne zst=8s3t=16z_{st}=8s^{3}t=16. Le terme isolé fyf_y vient de la règle du produit sur t fyt\,f_y, le même geste qu'en c).

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Passage en coordonnées polaires : la même pente, deux écritures

On écrit une fonction f(x,y)f(x,y) en coordonnées polaires : x=rcos⁡θx=r\cos\theta, y=rsin⁡θy=r\sin\theta, et l'on note frf_r, fθf_\theta les dérivées partielles de f(rcos⁡θ,rsin⁡θ)f\left(r\cos\theta,r\sin\theta\right) par rapport à rr et à θ\theta. La figure montre le point P(3 ;4)P(3\,;4), pour lequel r=5r=5, cos⁡θ=35\cos\theta=\frac{3}{5} et sin⁡θ=45\sin\theta=\frac{4}{5}, avec les deux directions dans lesquelles rr seul, puis θ\theta seul, font bouger le point.

Dans les questions b), d) et e), f(x,y)=x2yf(x,y)=x^{2}y.

-1123456-1123456Pr = 5θsens de rsens de θ
  • a) Calculez ∂x∂r\frac{\partial x}{\partial r}, ∂y∂r\frac{\partial y}{\partial r}, ∂x∂θ\frac{\partial x}{\partial \theta}, ∂y∂θ\frac{\partial y}{\partial \theta}, puis écrivez frf_r et fθf_\theta en fonction de fxf_x et fyf_y.
  • b) Calculez frf_r et fθf_\theta au point PP.
  • c) Démontrez que fr2+1r2fθ2=fx2+fy2f_r^{2}+\frac{1}{r^{2}}f_\theta^{2}=f_x^{2}+f_y^{2}, puis vérifiez l'égalité au point PP avec la fonction f(x,y)=x2yf(x,y)=x^{2}y.
  • d) Exprimez fxf_x en fonction de frf_r et de fθf_\theta, et retrouvez fx(3,4)f_x(3,4) à partir des valeurs de b).
  • e) fθf_\theta est un taux par RADIAN. Quel est le taux de variation de ff par unité de longueur quand PP se déplace sur le cercle de rayon 55 dans le sens de θ\theta ? Expliquez le rôle du facteur 1r\frac{1}{r} dans c).

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b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) xr=cos⁡θx_r=\cos\theta, yr=sin⁡θy_r=\sin\theta, xθ=−rsin⁡θx_\theta=-r\sin\theta, yθ=rcos⁡θy_\theta=r\cos\theta ; fr=cos⁡θ fx+sin⁡θ fyf_r=\cos\theta\,f_x+\sin\theta\,f_y, fθ=−rsin⁡θ fx+rcos⁡θ fyf_\theta=-r\sin\theta\,f_x+r\cos\theta\,f_y
  • b) fx=24f_x=24, fy=9f_y=9 ; fr=1085=21,6f_r=\frac{108}{5}=21{,}6 et fθ=−69f_\theta=-69
  • c) (1085)2+69225=16 42525=657=242+92\left(\frac{108}{5}\right)^{2}+\frac{69^{2}}{25}=\frac{16\,425}{25}=657=24^{2}+9^{2}
  • d) fx=cos⁡θ fr−sin⁡θrfθf_x=\cos\theta\,f_r-\frac{\sin\theta}{r}f_\theta ; 35⋅1085+425⋅69=24\frac{3}{5}\cdot\frac{108}{5}+\frac{4}{25}\cdot 69=24
  • e) fθr=−695=−13,8\frac{f_\theta}{r}=-\frac{69}{5}=-13{,}8 par unité de longueur ; un arc dθd\theta mesure r dθr\,d\theta

a) x=rcos⁡θx=r\cos\theta donne xr=cos⁡θx_r=\cos\theta et xθ=−rsin⁡θx_\theta=-r\sin\theta ; y=rsin⁡θy=r\sin\theta donne yr=sin⁡θy_r=\sin\theta et yθ=rcos⁡θy_\theta=r\cos\theta. L'arbre est celui de l'exercice 2, avec (r,θ)(r,\theta) à la place de (s,t)(s,t) : deux chemins par feuille. Donc fr=fxcos⁡θ+fysin⁡θf_r=f_x\cos\theta+f_y\sin\theta et fθ=−fx rsin⁡θ+fy rcos⁡θf_\theta=-f_x\,r\sin\theta+f_y\,r\cos\theta. La première mesure la variation de ff quand le point s'éloigne de l'origine le long de son rayon, le « sens de rr » de la figure ; la seconde, sa variation quand le point tourne sur le cercle de rayon rr, le « sens de θ\theta ».

b) En (3,4)(3,4) : fx=2xy=24f_x=2xy=24 et fy=x2=9f_y=x^{2}=9. Donc fr=24×35+9×45=72+365=1085=21,6f_r=24\times\frac{3}{5}+9\times\frac{4}{5}=\frac{72+36}{5}=\frac{108}{5}=21{,}6 et fθ=−24×4+9×3=−96+27=−69f_\theta=-24\times 4+9\times 3=-96+27=-69, puisque rsin⁡θ=y=4r\sin\theta=y=4 et rcos⁡θ=x=3r\cos\theta=x=3. Contrôle direct : en polaires, f=r3cos⁡2θsin⁡θf=r^{3}\cos^{2}\theta\sin\theta, donc fr=3r2cos⁡2θsin⁡θ=3×25×925×45=1085f_r=3r^{2}\cos^{2}\theta\sin\theta=3\times 25\times\frac{9}{25}\times\frac{4}{5}=\frac{108}{5} : même valeur.

c) fr2=fx2cos⁡2θ+2fxfycos⁡θsin⁡θ+fy2sin⁡2θf_r^{2}=f_x^{2}\cos^{2}\theta+2f_xf_y\cos\theta\sin\theta+f_y^{2}\sin^{2}\theta et 1r2fθ2=fx2sin⁡2θ−2fxfysin⁡θcos⁡θ+fy2cos⁡2θ\frac{1}{r^{2}}f_\theta^{2}=f_x^{2}\sin^{2}\theta-2f_xf_y\sin\theta\cos\theta+f_y^{2}\cos^{2}\theta. En additionnant, les termes croisés s'annulent et cos⁡2θ+sin⁡2θ=1\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=1 donne fx2+fy2f_x^{2}+f_y^{2}. Au point PP : (1085)2+69225=11 664+4 76125=16 42525=657\left(\frac{108}{5}\right)^{2}+\frac{69^{2}}{25}=\frac{11\,664+4\,761}{25}=\frac{16\,425}{25}=657, et 242+92=576+81=65724^{2}+9^{2}=576+81=657. L'égalité dit que la quantité fx2+fy2f_x^{2}+f_y^{2} ne dépend pas du système de coordonnées, à condition de mesurer les deux taux dans la même unité, ce que fait le 1r2\frac{1}{r^{2}}.

d) On résout le système de a) comme un système linéaire en fxf_x, fyf_y : on multiplie la première équation par cos⁡θ\cos\theta, la seconde par −sin⁡θr-\frac{\sin\theta}{r}, et l'on additionne : fx=cos⁡θ fr−sin⁡θrfθf_x=\cos\theta\,f_r-\frac{\sin\theta}{r}f_\theta. Au point PP : 35×1085−425×(−69)=324+27625=24\frac{3}{5}\times\frac{108}{5}-\frac{4}{25}\times(-69)=\frac{324+276}{25}=24. On retrouve bien fx(3,4)=24f_x(3,4)=24. C'est la formule qui sert quand une fonction est donnée en polaires et qu'on veut ses dérivées cartésiennes.

e) Quand θ\theta augmente de dθd\theta, le point parcourt sur le cercle un arc de longueur r dθ=5 dθr\,d\theta=5\,d\theta. Le taux par unité de longueur est donc fθr=−695=−13,8\frac{f_\theta}{r}=-\frac{69}{5}=-13{,}8 : ff diminue de 13,813{,}8 par unité parcourue dans le sens de θ\theta. Écrire fr2+fθ2f_r^{2}+f_\theta^{2} revient à additionner un taux par unité de longueur et un taux par radian : au point PP, cela donnerait 466,56+4 761466{,}56+4\,761, sans rapport avec 657657. Le facteur 1r2\frac{1}{r^{2}} est la conversion d'unité.

Exercice 7 : L'effet Doppler : deux vitesses qui changent, une fréquence perçue

Une ambulance émet une sirène de fréquence fs=600f_s=600 Hz. Un cycliste roule vers elle sur la même route. Quand la source s'approche à la vitesse vsv_s et l'observateur à la vitesse vov_o (en m/s), la fréquence perçue par le cycliste est f=fs c+voc−vsf=f_s\,\frac{c+v_o}{c-v_s}, où c=340c=340 m/s est la vitesse du son.

À l'instant considéré, vs=40v_s=40 m/s et l'ambulance FREINE : dvsdt=−2\frac{dv_s}{dt}=-2 m/s2^{2} ; vo=10v_o=10 m/s et le cycliste ACCÉLÈRE : dvodt=1\frac{dv_o}{dt}=1 m/s2^{2}.

  • a) Calculez la fréquence perçue à cet instant.
  • b) Calculez ∂f∂vo\frac{\partial f}{\partial v_o} et ∂f∂vs\frac{\partial f}{\partial v_s} à cet instant, avec leur unité. Pourquoi la seconde est-elle la plus grande ?
  • c) Dessinez l'arbre de ff et calculez dfdt\frac{df}{dt}. Le son perçu monte-t-il ou descend-il ?
  • d) Quelle accélération le cycliste devrait-il avoir, l'ambulance freinant toujours de la même façon, pour que la fréquence perçue reste stationnaire à cet instant ?
  • e) L'ambulance s'arrête de freiner et roule à vitesse constante. Que vaut alors dfdt\frac{df}{dt}, le cycliste accélérant toujours de 11 m/s2^{2} ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) f=600×350300=700f=600\times\frac{350}{300}=700 Hz
  • b) ∂f∂vo=fsc−vs=2\frac{\partial f}{\partial v_o}=\frac{f_s}{c-v_s}=2 Hz par m/s et ∂f∂vs=fs(c+vo)(c−vs)2=73\frac{\partial f}{\partial v_s}=\frac{f_s(c+v_o)}{(c-v_s)^{2}}=\frac{7}{3} Hz par m/s ; vsv_s est au dénominateur
  • c) dfdt=2(1)+73(−2)=−83≈−2,67\frac{df}{dt}=2(1)+\frac{7}{3}(-2)=-\frac{8}{3}\approx -2{,}67 Hz/s : le son descend
  • d) 2ao−143=02a_o-\frac{14}{3}=0, donc ao=73≈2,33a_o=\frac{7}{3}\approx 2{,}33 m/s2^{2}
  • e) dfdt=2×1+73×0=2\frac{df}{dt}=2\times 1+\frac{7}{3}\times 0=2 Hz/s

a) f=600×340+10340−40=600×350300=700f=600\times\frac{340+10}{340-40}=600\times\frac{350}{300}=700 Hz. Le son est plus aigu que la sirène, comme il se doit quand source et observateur se rapprochent.

b) ff est une fonction des deux variables vov_o et vsv_s (fsf_s et cc sont des constantes). ∂f∂vo=fsc−vs=600300=2\frac{\partial f}{\partial v_o}=\frac{f_s}{c-v_s}=\frac{600}{300}=2 Hz par m/s. Pour vsv_s, on dérive (c−vs)−1(c-v_s)^{-1} : ∂f∂vs=fs(c+vo)(c−vs)−2=600×35090 000=73\frac{\partial f}{\partial v_s}=f_s(c+v_o)(c-v_s)^{-2}=\frac{600\times 350}{90\,000}=\frac{7}{3} Hz par m/s, le signe venant de la dérivée de c−vsc-v_s, qui vaut −1-1, multipliée par l'exposant −1-1. La seconde est plus grande parce que vsv_s est au DÉNOMINATEUR : quand la source accélère, le dénominateur diminue et la fraction grandit plus vite que linéairement. Les unités se lisent sur les dérivées partielles : des hertz par mètre par seconde.

c) L'arbre : ff se ramifie en vov_o et vsv_s, et chacune descend vers tt. Deux chemins : dfdt=∂f∂vodvodt+∂f∂vsdvsdt=2×1+73×(−2)=2−143=−83\frac{df}{dt}=\frac{\partial f}{\partial v_o}\frac{dv_o}{dt}+\frac{\partial f}{\partial v_s}\frac{dv_s}{dt}=2\times 1+\frac{7}{3}\times(-2)=2-\frac{14}{3}=-\frac{8}{3} Hz/s, soit environ −2,67-2{,}67 Hz/s. Le son perçu DESCEND, bien que le cycliste accélère vers l'ambulance : le freinage de la source l'emporte, parce que sa dérivée partielle est plus grande ET que son taux de variation est le double. C'est la question de réflexion du problème : le signe de dfdt\frac{df}{dt} se décide en comparant les deux termes, jamais en regardant une seule vitesse. Les unités : (Hz par m/s) fois (m/s par s) donne des Hz/s.

d) On veut 2 ao+73×(−2)=02\,a_o+\frac{7}{3}\times(-2)=0, donc ao=143×12=73≈2,33a_o=\frac{14}{3}\times\frac{1}{2}=\frac{7}{3}\approx 2{,}33 m/s2^{2}. À un instant donné, « stationnaire » veut dire dfdt=0\frac{df}{dt}=0 : les contributions des deux chemins de l'arbre se compensent exactement. Le cycliste devrait accélérer plus de deux fois plus fort que l'ambulance ne freine, ce qui traduit le rapport 73\frac{7}{3} contre 22 des dérivées partielles.

e) Si vsv_s est constante, dvsdt=0\frac{dv_s}{dt}=0 et le chemin f→vs→tf\to v_s\to t ne contribue plus : dfdt=2×1=2\frac{df}{dt}=2\times 1=2 Hz/s, et le son monte. Un chemin de l'arbre ne disparaît pas parce qu'on l'oublie, mais parce que son dernier facteur est nul ; on l'écrit, puis on constate qu'il vaut zéro.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, dites pourquoi, donnez l'énoncé correct, et calculez la valeur demandée dans l'exemple qui la réfute.

  • a) « Si z=f(x(t),y(t))z=f(x(t),y(t)) et dzdt=0\frac{dz}{dt}=0 en t0t_0, alors fxf_x et fyf_y sont toutes deux nulles au point (x(t0),y(t0))(x(t_0),y(t_0)). » Exemple : f(x,y)=x2+y2f(x,y)=x^{2}+y^{2} le long de x=cos⁡tx=\cos t, y=sin⁡ty=\sin t ; donnez fx(1,0)f_x(1,0).
  • b) « Si F(x,y)=0F(x,y)=0 définit yy en fonction de xx, alors dydx=FxFy\frac{dy}{dx}=\frac{F_x}{F_y}. » Exemple : la courbe xy=6xy=6 au point (2 ;3)(2\,;3) ; donnez la vraie valeur de dydx\frac{dy}{dx}.
  • c) « Si w=f(x,y,z)w=f(x,y,z) avec z=g(x,y)z=g(x,y), alors ∂w∂x=∂f∂x\frac{\partial w}{\partial x}=\frac{\partial f}{\partial x}. » Exemple : f(x,y,z)=x+y+zf(x,y,z)=x+y+z et z=x2+y2z=x^{2}+y^{2} ; donnez ∂w∂x\frac{\partial w}{\partial x} au point (x,y)=(1,1)(x,y)=(1,1), ww étant vue comme fonction de xx et yy.
  • d) « Pour z=f(x,y)z=f(x,y) avec x=s+tx=s+t et y=s−ty=s-t, on a ∂∂s(fx)=fxx\frac{\partial}{\partial s}\left(f_x\right)=f_{xx}. » Exemple : f(x,y)=xyf(x,y)=xy ; donnez la vraie valeur de ∂∂s(fx)\frac{\partial}{\partial s}\left(f_x\right).
  • e) « L'écriture dz=fx dx+fy dydz=f_x\,dx+f_y\,dy n'est valable que si xx et yy sont des variables indépendantes. » Exemple : z=xyz=xy avec x=tx=t et y=t2y=t^{2} ; donnez dzdt\frac{dz}{dt} en t=2t=2 obtenu en divisant cette écriture par dtdt.

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Réponses

  • a) Faux : la somme fx x′+fy y′f_x\,x'+f_y\,y' peut s'annuler sans que fxf_x et fyf_y le soient ; fx(1,0)=2≠0f_x(1,0)=2\neq 0
  • b) Faux : dydx=−FxFy\frac{dy}{dx}=-\frac{F_x}{F_y} ; sur xy=6xy=6 en (2 ;3)(2\,;3), dydx=−32\frac{dy}{dx}=-\frac{3}{2}
  • c) Faux : ∂w∂x=fx+fz ∂z∂x=1+2x\frac{\partial w}{\partial x}=f_x+f_z\,\frac{\partial z}{\partial x}=1+2x, qui vaut 33 en (1,1)(1,1)
  • d) Faux : ∂∂s(fx)=fxx+fxy\frac{\partial}{\partial s}\left(f_x\right)=f_{xx}+f_{xy} ; avec f=xyf=xy, cela vaut 11 (et non 00)
  • e) Faux : l'écriture reste valable (invariance de la différentielle) ; dzdt=t2+2t2=3t2=12\frac{dz}{dt}=t^{2}+2t^{2}=3t^{2}=12 en t=2t=2

a) La règle de chaîne donne dzdt=fx x′(t)+fy y′(t)\frac{dz}{dt}=f_x\,x'(t)+f_y\,y'(t). Une SOMME est nulle dès que ses termes se compensent, ou qu'un facteur de chacun s'annule, sans que fxf_x et fyf_y le soient. Ici f=x2+y2f=x^{2}+y^{2} vaut 11 tout le long du cercle, donc dzdt=0\frac{dz}{dt}=0 partout ; or en (1,0)(1,0), fx=2x=2f_x=2x=2 : le terme fx x′f_x\,x' est nul parce que x′(0)=−sin⁡0=0x'(0)=-\sin 0=0, pas parce que fxf_x l'est. La trajectoire longe une courbe de niveau de ff. Énoncé correct : « si dzdt=0\frac{dz}{dt}=0 en t0t_0, alors fx x′+fy y′=0f_x\,x'+f_y\,y'=0 en ce point ; fxf_x et fyf_y ne sont nulles toutes deux qu'en un point critique, ce que la seule trajectoire ne permet pas de conclure ».

b) La dérivation de F(x,y(x))=0F(x,y(x))=0 donne Fx+Fy y′=0F_x+F_y\,y'=0, d'où y′=−FxFyy'=-\frac{F_x}{F_y}, avec Fy≠0F_y\neq 0. Avec F=xy−6F=xy-6 : Fx=y=3F_x=y=3 et Fy=x=2F_y=x=2, donc dydx=−32\frac{dy}{dx}=-\frac{3}{2}. Contrôle sans implicite : y=6xy=\frac{6}{x}, y′=−6x2=−64=−32y'=-\frac{6}{x^{2}}=-\frac{6}{4}=-\frac{3}{2}. La formule sans le signe moins donnerait une pente positive pour une hyperbole qui descend : la figure la plus sommaire tranche.

c) La notation ∂w∂x\frac{\partial w}{\partial x} est ambiguë quand zz dépend de xx : elle peut désigner fxf_x, la dérivée de ff en tenant yy ET zz fixés, ou la dérivée de ww vue comme fonction de (x,y)(x,y), en tenant seulement yy fixé. Dans le second sens, l'arbre a deux chemins de ww à xx, le direct et celui qui passe par zz : ∂w∂x=fx+fz∂z∂x=1+1×2x=3\frac{\partial w}{\partial x}=f_x+f_z\frac{\partial z}{\partial x}=1+1\times 2x=3 en (1,1)(1,1). Vérification : w=x+y+x2+y2w=x+y+x^{2}+y^{2}, de dérivée 1+2x1+2x. Énoncé correct : préciser quelles variables sont tenues fixes, et suivre TOUS les chemins.

d) fxf_x dépend de xx et de yy, et les DEUX dépendent de ss, avec xs=ys=1x_s=y_s=1. Donc ∂∂s(fx)=fxxxs+fxyys=fxx+fxy\frac{\partial}{\partial s}(f_x)=f_{xx}x_s+f_{xy}y_s=f_{xx}+f_{xy}. Pour f=xyf=xy : fxx=0f_{xx}=0 et fxy=1f_{xy}=1, donc la vraie valeur est 11 alors que l'affirmation donne 00. Contrôle : fx=y=s−tf_x=y=s-t, dont la dérivée en ss vaut bien 11. C'est le piège de l'exercice 5 sous une autre substitution : fxf_x se dérive encore par la chaîne complète.

e) C'est l'inverse : la règle de chaîne montre que l'écriture dz=fx dx+fy dydz=f_x\,dx+f_y\,dy reste VRAIE quand xx et yy dépendent d'une autre variable, à condition d'y lire dx=x′(t) dtdx=x'(t)\,dt et dy=y′(t) dtdy=y'(t)\,dt. Ici dz=y dx+x dy=t2 dt+t×2t dt=3t2 dtdz=y\,dx+x\,dy=t^{2}\,dt+t\times 2t\,dt=3t^{2}\,dt, et l'on retrouve bien ddt(t3)=3t2\frac{d}{dt}\left(t^{3}\right)=3t^{2}, soit 1212 en t=2t=2. Diviser la différentielle par dtdt redonne exactement la formule du cas z(x(t),y(t))z(x(t),y(t)) : c'est ce qu'on appelle l'invariance de la différentielle, et c'est ce qui rend l'écriture si commode en physique.

Exercice 9 : Problème : la température lue par un drone qui survole un îlot de chaleur

Au-dessus d'une ville, la température de l'air à l'altitude de vol est modélisée par T(x,y)=40−x2−2y2T(x,y)=40-x^{2}-2y^{2} (en °C), où xx et yy sont en kilomètres et OO est le centre de l'îlot de chaleur. Un drone muni d'un capteur décrit le cercle de centre OO et de rayon 22 km : x=2cos⁡θx=2\cos\theta, y=2sin⁡θy=2\sin\theta, l'angle θ\theta augmentant à raison de 0,50{,}5 rad/min.

La figure montre les isothermes T=38T=38, 3636, 3434 et 3232 °C (valeurs écrites à gauche), et le quart de tour du drone de AA (θ=0\theta=0) à CC (θ=π2\theta=\frac{\pi}{2}), en passant par BB (θ=π4\theta=\frac{\pi}{4}).

38363432ABCO
  • a) Sans calcul, en lisant la carte, donnez le signe de dTdt\frac{dT}{dt} (la variation de la lecture du capteur) en AA, en BB et en CC. Justifiez chaque réponse.
  • b) Dessinez l'arbre de dépendance de TT jusqu'à tt, puis calculez dTdt\frac{dT}{dt} en fonction de θ\theta et sa valeur en BB.
  • c) Calculez TxT_x et TyT_y en BB, puis x′(t)x'(t) et y′(t)y'(t) au passage en BB, et vérifiez b) par dTdt=Tx x′+Ty y′\frac{dT}{dt}=T_x\,x'+T_y\,y'. Un second drone passe en BB au même instant, à la même vitesse de 11 km/min, mais en ligne droite vers OO : quel taux de variation lit-il en BB ?
  • d) Quelles sont la plus grande et la plus petite température lues pendant un tour complet, et où ?
  • e) En AA, la lecture est stationnaire. Calculez TxT_x et TyT_y en AA. Ces deux dérivées partielles sont-elles nulles ? Expliquez pourquoi dTdt\frac{dT}{dt} l'est quand même, et ce que l'on peut en conclure sur le point AA.

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Réponses

  • a) AA : nul (trajectoire tangente à l'isotherme 3636) ; BB : négatif (on va vers les isothermes plus froides) ; CC : nul (tangente à l'isotherme 3232)
  • b) T→x,y→θ→tT\to x,y\to\theta\to t ; dTdt=0,5 (8sin⁡θcos⁡θ−16sin⁡θcos⁡θ)=−2sin⁡2θ\frac{dT}{dt}=0{,}5\,(8\sin\theta\cos\theta-16\sin\theta\cos\theta)=-2\sin 2\theta ; −2-2 °C/min en BB
  • c) Tx=−22T_x=-2\sqrt{2}, Ty=−42T_y=-4\sqrt{2}, x′=−22x'=-\frac{\sqrt{2}}{2}, y′=22y'=\frac{\sqrt{2}}{2} : 2−4=−22-4=-2 ; vers OO : 2+4=62+4=6 °C/min
  • d) Maximum 3636 °C en θ=0\theta=0 et π\pi, minimum 3232 °C en θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} et 3π2\frac{3\pi}{2}
  • e) Tx(A)=−4≠0T_x(A)=-4\neq 0, Ty(A)=0T_y(A)=0 ; dTdt=(−4)(0)+0×1=0\frac{dT}{dt}=(-4)(0)+0\times 1=0 car x′=0x'=0 : AA n'est pas un point critique, la trajectoire y est tangente à l'isotherme

a) La lecture varie selon les isothermes que le drone traverse. En AA, le cercle et l'isotherme 3636 (d'équation x2+2y2=4x^{2}+2y^{2}=4) passent tous deux par (2,0)(2,0) avec une tangente verticale : le drone longe l'isotherme, dTdt=0\frac{dT}{dt}=0. Entre AA et CC, il s'éloigne de l'axe des abscisses, là où les isothermes sont plus serrées, et traverse 3434 en BB en allant vers 3232 : la température baisse, dTdt<0\frac{dT}{dt}<0 en BB. En CC, cercle et isotherme 3232 sont tangents en (0,2)(0,2) : de nouveau dTdt=0\frac{dT}{dt}=0. C'est la lecture géométrique de la règle de chaîne : la vitesse tangente à une courbe de niveau donne une dérivée nulle.

b) L'arbre a trois étages : TT dépend de xx et yy, qui dépendent de θ\theta, qui dépend de tt. Donc dTdt=(Txdxdθ+Tydydθ)dθdt\frac{dT}{dt}=\left(T_x\frac{dx}{d\theta}+T_y\frac{dy}{d\theta}\right)\frac{d\theta}{dt}. Avec Tx=−2x=−4cos⁡θT_x=-2x=-4\cos\theta, Ty=−4y=−8sin⁡θT_y=-4y=-8\sin\theta, dxdθ=−2sin⁡θ\frac{dx}{d\theta}=-2\sin\theta et dydθ=2cos⁡θ\frac{dy}{d\theta}=2\cos\theta : la parenthèse vaut 8sin⁡θcos⁡θ−16sin⁡θcos⁡θ=−8sin⁡θcos⁡θ=−4sin⁡2θ8\sin\theta\cos\theta-16\sin\theta\cos\theta=-8\sin\theta\cos\theta=-4\sin 2\theta, et dTdt=0,5×(−4sin⁡2θ)=−2sin⁡2θ\frac{dT}{dt}=0{,}5\times(-4\sin 2\theta)=-2\sin 2\theta °C/min. En BB, 2θ=π22\theta=\frac{\pi}{2}, donc dTdt=−2\frac{dT}{dt}=-2 °C/min. Contrôle : sur le cercle, T=40−4cos⁡2θ−8sin⁡2θ=36−4sin⁡2θT=40-4\cos^{2}\theta-8\sin^{2}\theta=36-4\sin^{2}\theta, dont la dérivée en θ\theta est bien −8sin⁡θcos⁡θ-8\sin\theta\cos\theta. Le troisième étage, dθdt=0,5\frac{d\theta}{dt}=0{,}5, est celui qu'on oublie : il convertit un taux par radian en taux par minute.

c) En B(2,2)B(\sqrt{2},\sqrt{2}) : Tx=−2x=−22T_x=-2x=-2\sqrt{2} et Ty=−4y=−42T_y=-4y=-4\sqrt{2}. Pour le premier drone, x′(t)=−2sin⁡θ dθdt=−22x'(t)=-2\sin\theta\,\frac{d\theta}{dt}=-\frac{\sqrt{2}}{2} et y′(t)=2cos⁡θ dθdt=22y'(t)=2\cos\theta\,\frac{d\theta}{dt}=\frac{\sqrt{2}}{2} km/min, ce qui fait bien 11 km/min. Alors Tx x′+Ty y′=(−22)(−22)+(−42)22=2−4=−2T_x\,x'+T_y\,y'=(-2\sqrt{2})\left(-\frac{\sqrt{2}}{2}\right)+(-4\sqrt{2})\frac{\sqrt{2}}{2}=2-4=-2 : on retrouve b). Le second drone file vers OO à 11 km/min : x′=y′=−22x'=y'=-\frac{\sqrt{2}}{2}, et dTdt=2+4=6\frac{dT}{dt}=2+4=6 °C/min. Même point, mêmes dérivées partielles TxT_x et TyT_y, même vitesse : seule la DIRECTION a changé, et la lecture passe de −2-2 à +6+6. Les dérivées partielles décrivent le champ de température ; la règle de chaîne y ajoute la trajectoire.

d) Sur le cercle, T=36−4sin⁡2θT=36-4\sin^{2}\theta. Comme 0≤sin⁡2θ≤10\le\sin^{2}\theta\le 1, la lecture est comprise entre 3232 et 3636 °C : le maximum 3636 est atteint quand sin⁡θ=0\sin\theta=0, en θ=0\theta=0 et θ=π\theta=\pi (points (±2,0)(\pm 2,0)), le minimum 3232 quand sin⁡2θ=1\sin^{2}\theta=1, en θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} et 3π2\frac{3\pi}{2} (points (0,±2)(0,\pm 2)). Ce sont exactement les quatre instants où dTdt=−2sin⁡2θ\frac{dT}{dt}=-2\sin 2\theta s'annule : chaque lecture stationnaire est ici un extremum de la lecture, et la carte le montrait déjà en a).

e) En A(2,0)A(2,0) : Tx=−2×2=−4T_x=-2\times 2=-4 et Ty=−4×0=0T_y=-4\times 0=0. La dérivée TxT_x n'est pas nulle : AA n'est PAS un point critique de TT (le seul est OO, où Tx=Ty=0T_x=T_y=0). La lecture y est pourtant stationnaire : en θ=0\theta=0, x′=−2sin⁡0×0,5=0x'=-2\sin 0\times 0{,}5=0 et y′=1y'=1, donc dTdt=(−4)(0)+(0)(1)=0\frac{dT}{dt}=(-4)(0)+(0)(1)=0. Chaque terme est nul pour une raison différente, le premier par la trajectoire, le second par le champ : le drone se déplace exactement le long de l'isotherme. Confondre « la lecture ne varie pas » et « la température est extrémale en ce point » est l'erreur que la règle de chaîne permet d'éviter : la première affirmation porte sur la somme Tx x′+Ty y′T_x\,x'+T_y\,y', la seconde sur TxT_x et TyT_y elles-mêmes.

Exercice 10 : Problème : un cône qui se déforme, et l'aire où r passe par deux chemins

Un cône de révolution en matériau souple se déforme : son rayon de base rr augmente de 0,30{,}3 cm/s pendant que sa hauteur hh diminue de 0,50{,}5 cm/s, les deux variations étant imposées indépendamment l'une de l'autre. On note ℓ=r2+h2\ell=\sqrt{r^{2}+h^{2}} la longueur de la génératrice, V=13πr2hV=\frac{1}{3}\pi r^{2}h le volume et A=πrℓA=\pi r\ell l'aire latérale.

On étudie l'instant où r=6r=6 cm et h=8h=8 cm.

rhℓ
  • a) Calculez ℓ\ell et dℓdt\frac{d\ell}{dt} à cet instant.
  • b) Calculez dVdt\frac{dV}{dt} par la règle de chaîne. Le volume augmente-t-il ?
  • c) Dessinez l'arbre de A=πrℓA=\pi r\ell, en gardant ℓ\ell comme variable intermédiaire, et calculez dAdt\frac{dA}{dt}. Quelles valeurs obtient-on en oubliant l'un ou l'autre des chemins qui mènent à rr ?
  • d) Le rayon augmentant toujours de 0,30{,}3 cm/s, à quelle vitesse la hauteur devrait-elle diminuer pour que le volume soit stationnaire à cet instant ?
  • e) Montrez que 1VdVdt=2rdrdt+1hdhdt\frac{1}{V}\frac{dV}{dt}=\frac{2}{r}\frac{dr}{dt}+\frac{1}{h}\frac{dh}{dt}, et calculez ce taux relatif à l'instant étudié, en pourcentage par seconde.

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Réponses

  • a) ℓ=10\ell=10 cm, dℓdt=r r′+h h′ℓ=1,8−410=−0,22\frac{d\ell}{dt}=\frac{r\,r'+h\,h'}{\ell}=\frac{1{,}8-4}{10}=-0{,}22 cm/s
  • b) dVdt=π3(2rh r′+r2h′)=π3(28,8−18)=3,6π≈11,31\frac{dV}{dt}=\frac{\pi}{3}\left(2rh\,r'+r^{2}h'\right)=\frac{\pi}{3}(28{,}8-18)=3{,}6\pi\approx 11{,}31 cm3^{3}/s : il augmente
  • c) dAdt=π(ℓ r′+r ℓ′)=π(3−1,32)=1,68π\frac{dA}{dt}=\pi\left(\ell\,r'+r\,\ell'\right)=\pi(3-1{,}32)=1{,}68\pi cm2^{2}/s ; sans le chemin direct −1,32π-1{,}32\pi, sans le chemin par ℓ\ell 3π3\pi
  • d) 2rh r′+r2h′=02rh\,r'+r^{2}h'=0 donne h′=−0,8h'=-0{,}8 : la hauteur devrait diminuer de 0,80{,}8 cm/s
  • e) V′V=2(0,05)−0,0625=0,0375\frac{V'}{V}=2(0{,}05)-0{,}0625=0{,}0375, soit 3,75 %3{,}75\ \% par seconde

a) ℓ=36+64=10\ell=\sqrt{36+64}=10 cm. La génératrice dépend de rr et de hh, qui dépendent de tt : dℓdt=∂ℓ∂rr′+∂ℓ∂hh′=rℓr′+hℓh′\frac{d\ell}{dt}=\frac{\partial\ell}{\partial r}r'+\frac{\partial\ell}{\partial h}h'=\frac{r}{\ell}r'+\frac{h}{\ell}h'. D'où dℓdt=6×0,3+8×(−0,5)10=1,8−410=−0,22\frac{d\ell}{dt}=\frac{6\times 0{,}3+8\times(-0{,}5)}{10}=\frac{1{,}8-4}{10}=-0{,}22 cm/s. La génératrice raccourcit : la baisse de la hauteur pèse plus que la hausse du rayon, parce qu'elle est plus rapide ET multipliée par la plus grande des deux longueurs.

b) Vr=23πrhV_r=\frac{2}{3}\pi rh et Vh=13πr2V_h=\frac{1}{3}\pi r^{2}, donc dVdt=π3(2rh r′+r2h′)=π3(2×48×0,3+36×(−0,5))=π3(28,8−18)=3,6π\frac{dV}{dt}=\frac{\pi}{3}\left(2rh\,r'+r^{2}h'\right)=\frac{\pi}{3}\left(2\times 48\times 0{,}3+36\times(-0{,}5)\right)=\frac{\pi}{3}(28{,}8-18)=3{,}6\pi cm3^{3}/s, soit environ 11,3111{,}31 cm3^{3}/s. Le volume augmente, alors que la génératrice raccourcit : les deux grandeurs ne pèsent pas rr et hh de la même façon, le volume contenant rr au CARRÉ. Le signe se décide en comparant les deux termes, 28,828{,}8 contre 1818.

c) L'arbre de A=πrℓA=\pi r\ell a deux branches, rr et ℓ\ell ; la branche ℓ\ell se ramifie à son tour en rr et hh. La variable rr est donc atteinte par DEUX chemins : le direct, A→r→tA\to r\to t, et A→ℓ→r→tA\to\ell\to r\to t. En gardant ℓ\ell comme intermédiaire : dAdt=∂A∂rr′+∂A∂ℓℓ′=πℓ r′+πr ℓ′=π(10×0,3)+π(6×(−0,22))=π(3−1,32)=1,68π\frac{dA}{dt}=\frac{\partial A}{\partial r}r'+\frac{\partial A}{\partial\ell}\ell'=\pi\ell\,r'+\pi r\,\ell'=\pi(10\times 0{,}3)+\pi(6\times(-0{,}22))=\pi(3-1{,}32)=1{,}68\pi cm2^{2}/s. Oublier le chemin direct donne −1,32π-1{,}32\pi, une aire qui diminuerait ; oublier le chemin par ℓ\ell donne 3π3\pi, presque le double. Contrôle sans intermédiaire : A=πrr2+h2A=\pi r\sqrt{r^{2}+h^{2}}, dont la dérivée calculée directement redonne 42π25=1,68π\frac{42\pi}{25}=1{,}68\pi. C'est le fil de toute la série : on suit TOUS les chemins de l'arbre, même quand une variable apparaît deux fois.

d) Le volume est stationnaire quand 2rh r′+r2h′=02rh\,r'+r^{2}h'=0, soit 96×0,3+36 h′=096\times 0{,}3+36\,h'=0, donc h′=−28,836=−0,8h'=-\frac{28{,}8}{36}=-0{,}8 cm/s. La hauteur devrait donc diminuer de 0,80{,}8 cm/s, et non de 0,50{,}5. Autrement dit, h′=−2hrr′h'=-\frac{2h}{r}r' : quand le rayon gagne un certain pourcentage, la hauteur doit perdre le DOUBLE de ce pourcentage pour que le volume ne bouge pas, à cause du carré sur rr.

e) On divise dVdt=π3(2rh r′+r2h′)\frac{dV}{dt}=\frac{\pi}{3}\left(2rh\,r'+r^{2}h'\right) par V=π3r2hV=\frac{\pi}{3}r^{2}h : V′V=2r′r+h′h\frac{V'}{V}=\frac{2r'}{r}+\frac{h'}{h}. Les taux relatifs s'additionnent, pondérés par les exposants de V=π3r2h1V=\frac{\pi}{3}r^{2}h^{1}. Ici r′r=0,36=0,05\frac{r'}{r}=\frac{0{,}3}{6}=0{,}05 et h′h=−0,58=−0,0625\frac{h'}{h}=-\frac{0{,}5}{8}=-0{,}0625, donc V′V=0,1−0,0625=0,0375\frac{V'}{V}=0{,}1-0{,}0625=0{,}0375, soit 3,75 %3{,}75\ \% par seconde. Contrôle : V=96πV=96\pi et 3,6π96π=0,0375\frac{3{,}6\pi}{96\pi}=0{,}0375. On retrouve aussi d) d'un coup d'œil : V′V=0\frac{V'}{V}=0 exige h′h=−2×0,05=−0,1\frac{h'}{h}=-2\times 0{,}05=-0{,}1, soit h′=−0,8h'=-0{,}8 cm/s. C'est la même structure que la propagation d'une erreur relative par la différentielle.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-derivation-chaine. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

La dérivation en chaîne vous bloque en MTH1101 ?

Contactez-moi pour une première séance. On reprend l'arbre de dépendance jusqu'à ce que chaque chemin s'écrive tout seul, puis la dérivation implicite et les dérivées secondes, où se perdent la plupart des points du contrôle périodique 2 et de l'examen final.

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