Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Fonctions de plusieurs variables et courbes de niveau

Fonctions de plusieurs variables et courbes de niveau : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Cette série ouvre la seconde moitié de MTH1101, Calcul I à Polytechnique Montréal : les fonctions de plusieurs variables, section 3.1 du manuel de Stewart, « Calcul à plusieurs variables », matière du contrôle périodique 2. Avant toute limite et toute dérivée, il faut savoir LIRE une fonction de deux variables : son domaine, son image, son graphe dans l'espace, ses traces et surtout sa carte de contour, que les chapitres suivants reprendront à chaque page, des dérivées partielles lues sur une carte jusqu'à la méthode du gradient.

Le fil de la série : une courbe de niveau vit dans le PLAN des (x,y)(x,y), pas sur la surface ; c'est la trace au sol de la coupe horizontale z=kz=k. Sur une carte dont les niveaux sont régulièrement espacés, c'est l'ÉCART entre deux courbes voisines qui dit si la fonction varie vite ou lentement, jamais la forme d'une courbe ni la valeur du niveau. Des cercles équidistants font un cône, des cercles qui se resserrent un paraboloïde, et des courbes serrées une falaise, pas un sommet.

Les pièges nommés dans les corrigés : la frontière du domaine incluse ou exclue selon l'inégalité, le niveau vide ou réduit à un point, le niveau 00 qui change de nature, le cercle de rayon kk au lieu de k\sqrt{k}, la variable absente prise pour une variable nulle, la fonction déclarée linéaire sur une seule ligne de sa table. Tout se fait sans calculatrice, comme au contrôle périodique 2 et à l'examen final, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : les réponses sont exactes, 3\sqrt{3} plutôt qu'un décimal de machine, et les rares décimales demandées se tirent à la main.

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Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • • DOMAINE : les points (x,y)(x,y) où la formule a un sens ; une inégalité large (≥\ge) garde la frontière, une inégalité stricte (>>, ≠\ne) l'exclut. IMAGE : l'ensemble des valeurs prises.
  • • GRAPHE de ff : la surface z=f(x,y)z=f(x,y) de l'espace. TRACE : son intersection avec un plan vertical x=ax=a ou y=by=b, une courbe à une variable.
  • • COURBE DE NIVEAU kk : {(x,y) : f(x,y)=k}\{(x,y)\ :\ f(x,y)=k\}, dans le plan ; elle peut être vide, un point, plusieurs courbes. Deux courbes de niveau distinctes ne se coupent jamais.
  • • CARTE DE CONTOUR : à niveaux régulièrement espacés, courbes serrées = variation rapide, courbes écartées = variation lente. Taux moyen entre deux niveaux = différence de niveau sur distance.
  • • FONCTION LINÉAIRE : f(x,y)=c+mx+nyf(x,y)=c+mx+ny, graphe plan, courbes de niveau droites parallèles équidistantes ; sur une table, mêmes différences sur TOUTES les lignes et toutes les colonnes.
  • • SURFACE DE NIVEAU de F(x,y,z)F(x,y,z) : F=kF=k. Sphère x2+y2+z2=kx^{2}+y^{2}+z^{2}=k, cylindre x2+y2=kx^{2}+y^{2}=k (zz libre), cône x2+y2=z2x^{2}+y^{2}=z^{2}, hyperboloïdes x2+y2−z2=±1x^{2}+y^{2}-z^{2}=\pm 1, paraboloïde z=x2+y2+kz=x^{2}+y^{2}+k.
  • • Le graphe de ff est la surface de niveau 00 de F(x,y,z)=z−f(x,y)F(x,y,z)=z-f(x,y).

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Domaine et image : ce que la formule exige, et ce que devient la frontière

Le domaine d'une fonction de deux variables est l'ensemble des points (x,y)(x,y) du plan où sa formule a un sens ; son image est l'ensemble des valeurs f(x,y)f(x,y) effectivement prises. On étudie quatre fonctions :

f(x,y)=9−x2−y2f(x,y)=\sqrt{9-x^{2}-y^{2}}, g(x,y)=ln⁡(y−x2)\quad g(x,y)=\ln\left(y-x^{2}\right), h(x,y)=x+yx−2\quad h(x,y)=\dfrac{\sqrt{x+y}}{x-2}, k(x,y)=x2+y21+x2+y2\quad k(x,y)=\dfrac{x^{2}+y^{2}}{1+x^{2}+y^{2}}.

  • a) Décrivez le domaine de ff : quelle figure, de quel rayon, frontière incluse ou non ? Donnez l'image de ff.
  • b) Décrivez le domaine de gg. Les points (1 ;1)(1\,;1) et (−1 ;2)(-1\,;2) en font-ils partie ? Donnez l'image de gg.
  • c) Décrivez et dessinez le domaine de hh. Les points (2 ;0)(2\,;0), (−1 ;1)(-1\,;1) et (3 ;−4)(3\,;-4) en font-ils partie ? Calculez h(7 ;2)h(7\,;2).
  • d) Donnez l'image de kk. La valeur 11 est-elle atteinte ?

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a)
Image de ff ;
b)
Image de gg ;
c)
d)
Image de kk ;
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Réponses

  • a) Disque fermé de centre OO et de rayon 33, frontière incluse ; image [0 ;3][0\,;3]
  • b) Région y>x2y>x^{2}, frontière exclue ; (1 ;1)(1\,;1) non, (−1 ;2)(-1\,;2) oui ; image R\mathbb{R}
  • c) Demi-plan x+y≥0x+y\ge 0 privé de la droite x=2x=2 ; (2 ;0)(2\,;0) non, (−1 ;1)(-1\,;1) oui, (3 ;−4)(3\,;-4) non ; h(7 ;2)=35h(7\,;2)=\frac{3}{5}
  • d) Image [0 ;1[[0\,;1[ : la valeur 11 n'est jamais atteinte

a) La racine carrée exige 9−x2−y2≥09-x^{2}-y^{2}\ge 0, soit x2+y2≤9x^{2}+y^{2}\le 9 : c'est le disque de centre OO et de rayon 33, et l'inégalité est LARGE, donc le cercle frontière fait partie du domaine (en un point du cercle, ff vaut 0=0\sqrt{0}=0, qui existe). Sur un dessin, on trace le cercle en trait plein. Pour l'image, posons r2=x2+y2r^{2}=x^{2}+y^{2}, qui parcourt [0 ;9][0\,;9] sur le domaine : f=9−r2f=\sqrt{9-r^{2}} vaut 33 au centre, 00 sur le cercle, et prend toutes les valeurs intermédiaires quand on marche du centre vers le bord. L'image est [0 ;3][0\,;3]. Le graphe est la demi-sphère supérieure z=9−x2−y2z=\sqrt{9-x^{2}-y^{2}}, et l'image se lit comme l'ensemble des hauteurs de cette surface.

b) Le logarithme exige un argument STRICTEMENT positif : y−x2>0y-x^{2}>0, soit y>x2y>x^{2}. Le domaine est la région située au-dessus de la parabole y=x2y=x^{2}, parabole EXCLUE, à tracer en pointillé. Le point (1 ;1)(1\,;1) est sur la parabole, y−x2=0y-x^{2}=0 : il n'est pas dans le domaine, et c'est le piège de la frontière, qui se décide par la nature de l'inégalité et non par le dessin. Le point (−1 ;2)(-1\,;2) donne 2−1=1>02-1=1>0 : il en fait partie, et g(−1 ;2)=ln⁡1=0g(-1\,;2)=\ln 1=0. Pour l'image, sur l'axe x=0x=0 on a g(0,y)=ln⁡yg(0,y)=\ln y, qui prend déjà toutes les valeurs réelles quand yy parcourt ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ : l'image est R\mathbb{R} tout entier.

c) Deux conditions, qui s'ajoutent : x+y≥0x+y\ge 0 pour la racine (inégalité large, la droite x+y=0x+y=0 est incluse) et x≠2x\ne 2 pour le dénominateur. Le domaine est le demi-plan situé au-dessus de la droite y=−xy=-x, privé de la portion de droite x=2x=2 qui le traverse (figure du corrigé : bord oblique en trait plein, droite x=2x=2 en pointillé, et le point (2 ;−2)(2\,;-2), à la fois sur le bord et sur la droite interdite, est exclu). (2 ;0)(2\,;0) : x=2x=2, exclu. (−1 ;1)(-1\,;1) : x+y=0x+y=0 est permis et x−2=−3≠0x-2=-3\ne 0, donc il est dans le domaine, avec h(−1 ;1)=0h(-1\,;1)=0. (3 ;−4)(3\,;-4) : x+y=−1<0x+y=-1<0, exclu. Enfin h(7 ;2)=95=35h(7\,;2)=\frac{\sqrt{9}}{5}=\frac{3}{5}. L'erreur classique est d'oublier l'une des deux conditions : chaque morceau de la formule impose la sienne, et le domaine est leur intersection.

d) Avec u=x2+y2≥0u=x^{2}+y^{2}\ge 0, k=u1+u=1−11+uk=\frac{u}{1+u}=1-\frac{1}{1+u}. En u=0u=0, k=0k=0 ; quand uu augmente, 11+u\frac{1}{1+u} diminue, donc kk augmente et prend toutes les valeurs de [0 ;1[[0\,;1[. Mais 11+u\frac{1}{1+u} est toujours strictement positif, donc k<1k<1 partout : la valeur 11 est approchée loin de l'origine (k=99100k=\frac{99}{100} sur le cercle u=99u=99) et JAMAIS atteinte. L'image est [0 ;1[[0\,;1[, crochet ouvert en 11. Le domaine, lui, est R2\mathbb{R}^{2} entier, puisque 1+x2+y2≥11+x^{2}+y^{2}\ge 1 ne s'annule jamais.

-4-3-2-11234-4-3-2-11234x + y = 0x = 2D

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Exercice 2 : Courbes de niveau à partir de la formule : trois familles, trois pièges

La courbe de niveau kk d'une fonction ff de deux variables est l'ensemble des points (x,y)(x,y) du DOMAINE tels que f(x,y)=kf(x,y)=k. C'est une courbe du plan, la trace au sol de la coupe du graphe par le plan horizontal z=kz=k.

On considère f(x,y)=x2+4y2f(x,y)=x^{2}+4y^{2},   g(x,y)=xy  \;g(x,y)=xy\; et   q(x,y)=yx\;q(x,y)=\dfrac{y}{x}.

  • a) Décrivez les courbes de niveau de ff selon le signe de kk. Pour k=16k=16, donnez les demi-axes de la courbe le long de l'axe des xx et de l'axe des yy.
  • b) Décrivez la courbe de niveau 00 de gg, puis dans quels quadrants se trouve la courbe de niveau −2-2.
  • c) Quelle courbe de niveau de qq passe par (3 ;−6)(3\,;-6) ? Décrivez-la exactement. Que dire de l'axe des yy ?
  • d) Toutes les courbes de niveau de qq semblent passer par l'origine. Deux courbes de niveau distinctes d'une même fonction peuvent-elles se couper ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) k>0k>0 : ellipses ; k=0k=0 : l'origine seule ; k<0k<0 : vide. Pour k=16k=16 : demi-axes 44 (sur xx) et 22 (sur yy)
  • b) Niveau 00 : les deux axes ; niveau −2-2 : hyperbole dans les 2e et 4e quadrants
  • c) Niveau −2-2 : la droite y=−2xy=-2x privée de l'origine ; l'axe des yy n'est sur aucune courbe (hors domaine)
  • d) Jamais : en un point du domaine, ff n'a qu'une valeur

a) x2+4y2=kx^{2}+4y^{2}=k. Si k<0k<0, aucun point : une somme de carrés n'est jamais négative, la courbe de niveau est VIDE, et ce n'est pas une erreur de calcul, c'est une information (le graphe ne descend pas sous le plan z=0z=0). Si k=0k=0, il faut x=0x=0 et y=0y=0 : le niveau se réduit à l'origine, un seul point, qui est le point le plus bas du graphe. Si k>0k>0, x2k+y2k/4=1\frac{x^{2}}{k}+\frac{y^{2}}{k/4}=1 est une ellipse de demi-axes k\sqrt{k} sur l'axe des xx et k2\frac{\sqrt{k}}{2} sur l'axe des yy. Pour k=16k=16 : demi-axes 44 et 22. Vérification : (4 ;0)(4\,;0) et (0 ;2)(0\,;2) donnent bien 1616. L'ellipse est deux fois plus courte en yy : la fonction grimpe deux fois plus vite dans cette direction, ce que l'écart entre les courbes montrera sur une carte.

b) xy=0xy=0 quand x=0x=0 OU y=0y=0 : la courbe de niveau 00 est la réunion des DEUX axes, pas une hyperbole. C'est le piège du cas k=0k=0, qui change de nature. Pour k=−2k=-2 : y=−2xy=-\frac{2}{x}, hyperbole dont les points ont xx et yy de signes contraires, donc située dans les 2e et 4e quadrants. Par exemple (1 ;−2)(1\,;-2) et (−2 ;1)(-2\,;1). Pour k>0k>0, l'hyperbole occupe les 1er et 3e quadrants : le signe du niveau décide du quadrant.

c) q(3 ;−6)=−63=−2q(3\,;-6)=\frac{-6}{3}=-2. La courbe de niveau −2-2 est yx=−2\frac{y}{x}=-2, soit y=−2xy=-2x AVEC x≠0x\ne 0 : c'est la droite y=−2xy=-2x privée de l'origine, car q(0 ;0)q(0\,;0) n'existe pas. Plus généralement, le niveau kk est la droite y=kxy=kx privée de l'origine. L'axe des yy, d'équation x=0x=0, est entièrement hors du domaine : il n'appartient à AUCUNE courbe de niveau. On ne peut pas lui attribuer le « niveau infini », car l'infini n'est pas une valeur de qq.

d) Non, jamais. Si un point (x0,y0)(x_{0},y_{0}) du domaine était sur les courbes de niveau k1k_{1} et k2k_{2}, on aurait k1=f(x0,y0)=k2k_{1}=f(x_{0},y_{0})=k_{2} : une fonction ne prend qu'une valeur en un point. Pour qq, les droites y=kxy=kx semblent toutes se couper à l'origine, mais l'origine n'est pas dans le domaine : chaque courbe de niveau est une droite PRIVÉE de ce point, et deux d'entre elles n'ont aucun point commun. Ce qui se passe près de l'origine, où qq prend toutes les valeurs à la fois, est l'objet du chapitre suivant sur les limites. Retenez la règle de lecture : sur une carte de contour honnête, deux courbes de niveau ne se croisent jamais.

Exercice 3 : Quatre cartes de contour, quatre formules : l'écart entre les courbes décide

La figure montre les cartes de contour de quatre fonctions, chacune dans un carré centré à l'origine, l'axe des xx vers la droite et l'axe des yy vers le haut. Sur chaque carte, les niveaux tracés sont RÉGULIÈREMENT ESPACÉS (même écart entre deux niveaux voisins) et croissent en s'éloignant de l'origine, ou vers le haut à droite pour la carte formée de droites ; les valeurs ne sont pas écrites.

Les quatre fonctions sont x2+y2x^{2}+y^{2},   x+2y\;x+2y,   x2+y24  \;\sqrt[4]{x^{2}+y^{2}}\; et   x2+y2\;\sqrt{x^{2}+y^{2}}.

IIIIIIIV
  • a) Associez chaque carte I, II, III et IV à sa fonction, en justifiant par l'ÉCART entre les courbes.
  • b) Pour x2+y2x^{2}+y^{2}, on prend les niveaux 11, 22, 33 et 44. Calculez l'écart entre les cercles de niveaux 11 et 22, puis entre ceux de niveaux 33 et 44, et le taux de variation moyen de la fonction, en unités de niveau par unité de longueur, sur chacun de ces deux trajets radiaux.
  • c) Faites le même calcul de taux moyen pour x2+y2\sqrt{x^{2}+y^{2}} entre les niveaux 11 et 22, puis pour x2+y24\sqrt[4]{x^{2}+y^{2}} entre les niveaux 11 et 22.
  • d) Pour x+2yx+2y, de combien la fonction augmente-t-elle quand on avance d'une unité vers la droite ? d'une unité vers le haut ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) I : x2+y2x^{2}+y^{2} ; II : x+2yx+2y ; III : x2+y24\sqrt[4]{x^{2}+y^{2}} ; IV : x2+y2\sqrt{x^{2}+y^{2}}
  • b) Écarts 2−1≈0,41\sqrt{2}-1\approx 0{,}41 et 2−3≈0,272-\sqrt{3}\approx 0{,}27 ; taux 1+2≈2,411+\sqrt{2}\approx 2{,}41 et 2+3≈3,732+\sqrt{3}\approx 3{,}73
  • c) Cône : taux 11 ; racine quatrième : taux 13≈0,33\frac{1}{3}\approx 0{,}33
  • d) +1+1 vers la droite, +2+2 vers le haut

a) La carte II est la seule faite de droites parallèles équidistantes : c'est la fonction linéaire x+2yx+2y, dont les courbes de niveau x+2y=kx+2y=k sont des droites de pente −12-\frac{1}{2}. Les trois autres fonctions ne dépendent que de r=x2+y2r=\sqrt{x^{2}+y^{2}}, donc leurs courbes de niveau sont toutes des cercles centrés à l'origine : la FORME ne départage rien, seul l'ÉCART le fait. Pour x2+y2=r\sqrt{x^{2}+y^{2}}=r, le niveau kk est le cercle de rayon kk : des niveaux équidistants donnent des cercles équidistants, c'est la carte IV (un cône). Pour x2+y2=r2x^{2}+y^{2}=r^{2}, le rayon est k\sqrt{k}, qui grandit de moins en moins : les cercles se RESSERRENT vers l'extérieur, carte I (un paraboloïde). Pour x2+y24=r\sqrt[4]{x^{2}+y^{2}}=\sqrt{r}, le rayon est k2k^{2} : les cercles S'ÉCARTENT vers l'extérieur, carte III.

b) Rayons 11, 2\sqrt{2}, 3\sqrt{3}, 22. Écart entre les niveaux 11 et 22 : 2−1≈0,414\sqrt{2}-1\approx 0{,}414 ; entre 33 et 44 : 2−3≈0,2682-\sqrt{3}\approx 0{,}268. Sur chaque trajet radial, la fonction gagne une unité, donc le taux moyen vaut 12−1=2+1≈2,41\frac{1}{\sqrt{2}-1}=\sqrt{2}+1\approx 2{,}41 puis 12−3=2+3≈3,73\frac{1}{2-\sqrt{3}}=2+\sqrt{3}\approx 3{,}73 (en multipliant par la quantité conjuguée). Le même gain sur une distance plus courte : la fonction croît plus vite loin de l'origine. C'est le fil de la série : à niveaux régulièrement espacés, des courbes serrées signalent une variation rapide. On a mesuré une pente sans aucune dérivée, comme un taux de variation moyen à une variable.

c) Pour le cône, les cercles de niveaux 11 et 22 ont pour rayons 11 et 22 : taux moyen 11=1\frac{1}{1}=1, et le même entre deux niveaux quelconques. La trace du cône dans le plan y=0y=0 est z=∣x∣z=|x|, deux demi-droites de pente 11 : la surface monte à pente constante, avec une pointe à l'origine. Pour la racine quatrième, les rayons sont 12=11^{2}=1 et 22=42^{2}=4 : taux moyen 13≈0,33\frac{1}{3}\approx 0{,}33. La trace z=∣x∣z=\sqrt{|x|} monte de plus en plus lentement, ce que disaient les cercles qui s'écartent. Trois surfaces de révolution, trois profils, x2x^{2}, ∣x∣|x| et ∣x∣\sqrt{|x|}, et la carte les distingue sans qu'on dessine une seule surface.

d) f(x+1,y)−f(x,y)=1f(x+1,y)-f(x,y)=1 et f(x,y+1)−f(x,y)=2f(x,y+1)-f(x,y)=2, en tout point. Sur la carte II, il faut avancer de 22 unités vers la droite pour passer du niveau 00 au niveau 22, mais d'une seule unité vers le haut : les droites sont plus rapprochées dans la direction verticale, comptées le long de cette direction. Pour une fonction linéaire, ces taux sont les mêmes partout : le graphe est un plan, et c'est pourquoi l'écart entre les droites de niveau ne varie pas d'un bout à l'autre de la carte.

Exercice 4 : Traces et courbes de niveau d'une surface en forme de selle

On étudie la fonction f(x,y)=y2−x2f(x,y)=y^{2}-x^{2} et son graphe, la surface SS d'équation z=y2−x2z=y^{2}-x^{2}. Une TRACE de SS est son intersection avec un plan vertical x=ax=a ou y=by=b : c'est une courbe de l'espace, qu'on dessine dans le plan de coupe.

  • a) Donnez l'équation de la trace de SS dans le plan x=0x=0, puis dans le plan y=0y=0. Dans quel sens chacune de ces paraboles est-elle tournée ?
  • b) Donnez la plus petite valeur de zz sur la trace dans le plan x=2x=2, et la plus grande valeur de zz sur la trace dans le plan y=3y=3.
  • c) Décrivez les courbes de niveau 44, 00 et −4-4 de ff. Sur quel axe se trouvent les sommets de la courbe de niveau 44, et à quelle distance de l'origine ? Et ceux de la courbe de niveau −4-4 ?
  • d) Le point (0 ;0 ;0)(0\,;0\,;0) de SS est-il plus haut ou plus bas que tous les points voisins de la surface ? Justifiez par les traces.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) x=0x=0 : z=y2z=y^{2}, tournée vers le haut ; y=0y=0 : z=−x2z=-x^{2}, tournée vers le bas
  • b) Minimum −4-4 dans le plan x=2x=2 ; maximum 99 dans le plan y=3y=3
  • c) Niveau 44 : hyperbole, sommets (0 ;±2)(0\,;\pm 2) sur l'axe des yy ; niveau 00 : les droites y=±xy=\pm x ; niveau −4-4 : sommets (±2 ;0)(\pm 2\,;0) sur l'axe des xx
  • d) Ni l'un ni l'autre : plus haut sur l'axe des yy, plus bas sur l'axe des xx

a) Dans le plan x=0x=0, on remplace xx par 00 : z=y2z=y^{2}, parabole tournée vers le HAUT. Dans le plan y=0y=0 : z=−x2z=-x^{2}, parabole tournée vers le BAS. La surface monte quand on s'écarte de l'origine le long de l'axe des yy et descend le long de l'axe des xx : c'est la forme d'une selle de cheval, que Stewart appelle paraboloïde hyperbolique. Une trace se dessine dans SON plan de coupe, avec la variable restante en abscisse et zz en ordonnée.

b) Dans le plan x=2x=2 : z=y2−4z=y^{2}-4, la même parabole que dans le plan x=0x=0, descendue de 44 ; son minimum est −4-4, atteint en y=0y=0. Dans le plan y=3y=3 : z=9−x2z=9-x^{2}, la parabole du plan y=0y=0 remontée de 99 ; son maximum est 99, en x=0x=0. Toutes les traces x=ax=a sont donc des copies translatées les unes des autres, et de même pour les traces y=by=b : la surface est engendrée par une parabole qui glisse le long d'une autre parabole tournée dans l'autre sens.

c) Niveau 44 : y2−x2=4y^{2}-x^{2}=4, hyperbole dont les sommets sont (0 ;2)(0\,;2) et (0 ;−2)(0\,;-2), sur l'axe des yy à distance 22 de l'origine (on fait x=0x=0 : y2=4y^{2}=4). Niveau −4-4 : x2−y2=4x^{2}-y^{2}=4, l'hyperbole tournée d'un quart de tour, sommets (±2 ;0)(\pm 2\,;0) sur l'axe des xx. Le piège est de croire que changer le signe du niveau ne change que la taille : ici il change l'ORIENTATION des branches. Niveau 00 : y2=x2y^{2}=x^{2}, soit y=xy=x ou y=−xy=-x, deux droites qui se croisent à l'origine. Ce croisement n'est pas une exception à la règle de l'exercice 2 : les deux droites sont la MÊME courbe de niveau, la courbe de niveau 00. Figure du corrigé : les niveaux positifs remplissent les secteurs du haut et du bas, les niveaux négatifs ceux de gauche et de droite, et les diagonales en pointillé forment le niveau 00.

d) Ni l'un ni l'autre. Sur la trace x=0x=0, z=y2≥0z=y^{2}\ge 0 : l'origine est le point le plus BAS de cette parabole. Sur la trace y=0y=0, z=−x2≤0z=-x^{2}\le 0 : l'origine est le point le plus HAUT de celle-là. Aussi près de l'origine qu'on veut, il y a donc des points de SS plus hauts (comme (0 ;0,1 ;0,01)(0\,;0{,}1\,;0{,}01)) et des points plus bas (comme (0,1 ;0 ;−0,01)(0{,}1\,;0\,;-0{,}01)). C'est ce qu'on appellera un point de selle au chapitre des extrema ; ici, deux traces suffisent à le voir, et la carte de contour le montre aussi : autour de l'origine, des niveaux positifs et négatifs alternent.

-4-3-2-11234-4-3-2-1123441−1−4

Exercice 5 : Fonctions linéaires : un plan se reconnaît à ses différences constantes

Une fonction LINÉAIRE de deux variables s'écrit f(x,y)=c+mx+nyf(x,y)=c+mx+ny ; son graphe est un plan. Le tableau donne quelques valeurs d'une fonction ff (lignes : yy ; colonnes : xx).

x=0x=0x=1x=1x=2x=2x=3x=3
y=0y=012151821
y=2y=28111417
y=4y=4471013
  • a) Vérifiez que les différences sont constantes le long des lignes et le long des colonnes, puis trouvez mm, nn et cc tels que f(x,y)=c+mx+nyf(x,y)=c+mx+ny reproduise le tableau.
  • b) Une autre fonction gg a pour tableau, avec les mêmes lignes et colonnes, x=0x=1x=2x=3y=05678y=2581114y=45101520\begin{array}{c|cccc} & x=0 & x=1 & x=2 & x=3\\ \hline y=0 & 5 & 6 & 7 & 8\\ y=2 & 5 & 8 & 11 & 14\\ y=4 & 5 & 10 & 15 & 20\end{array}. Les différences sont constantes sur chaque ligne. La fonction gg peut-elle être linéaire ? Donnez l'augmentation de gg par unité de xx sur la ligne y=4y=4.
  • c) Donnez l'équation de la courbe de niveau 1818 de ff, et les points où elle coupe les deux axes. Que dire des courbes de niveau de ff entre elles ?
  • d) Trouvez la fonction linéaire ℓ(x,y)=c+mx+ny\ell(x,y)=c+mx+ny dont le graphe passe par les points (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1), (2 ;0 ;7)(2\,;0\,;7) et (0 ;4 ;−3)(0\,;4\,;-3).

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) m=3m=3, n=−2n=-2, c=12c=12 : f(x,y)=12+3x−2yf(x,y)=12+3x-2y
  • b) Non : l'augmentation par unité de xx vaut 11, 33 puis 55 selon la ligne ; 55 sur la ligne y=4y=4
  • c) 3x−2y=63x-2y=6, coupe l'axe des xx en 22 et l'axe des yy en −3-3 ; droites parallèles de pente 32\frac{3}{2}
  • d) ℓ(x,y)=1+3x−y\ell(x,y)=1+3x-y

a) Le long de chaque ligne, ff gagne 33 quand xx augmente de 11 : 12,15,18,2112, 15, 18, 21, puis 8,11,14,178, 11, 14, 17, puis 4,7,10,134, 7, 10, 13. Le long de chaque colonne, ff perd 44 quand yy augmente de 22. Les deux différences sont les MÊMES dans tout le tableau, ce qui caractérise une fonction linéaire. Donc m=3m=3 (par unité de xx) et n=−42=−2n=\frac{-4}{2}=-2 par unité de yy : le piège est de répondre n=−4n=-4 en oubliant que les lignes sont espacées de 22. Enfin c=f(0,0)=12c=f(0,0)=12. Contrôle sur une case éloignée : f(3,4)=12+9−8=13f(3,4)=12+9-8=13, comme dans le tableau.

b) Non. Sur la ligne y=0y=0, gg augmente de 11 par unité de xx ; sur la ligne y=2y=2, de 33 ; sur la ligne y=4y=4, de 55. Pour une fonction linéaire c+mx+nyc+mx+ny, l'augmentation par unité de xx est mm, la même sur TOUTES les lignes. Ici elle dépend de yy : gg n'est pas linéaire, même si chaque ligne prise seule l'est. On peut d'ailleurs retrouver g(x,y)=5+x+xyg(x,y)=5+x+xy, et c'est le terme xyxy qui fait varier la pente d'une ligne à l'autre. Le graphe de gg n'est pas un plan : ses traces sont des droites, mais des droites de pentes différentes, comme les règles d'un éventail.

c) 12+3x−2y=1812+3x-2y=18 donne 3x−2y=63x-2y=6. Sur l'axe des xx (y=0y=0) : x=2x=2 ; sur l'axe des yy (x=0x=0) : y=−3y=-3. Plus généralement, la courbe de niveau kk est la droite 3x−2y=k−123x-2y=k-12, de pente 32\frac{3}{2} quel que soit kk : toutes les courbes de niveau sont des droites PARALLÈLES, et des niveaux régulièrement espacés donnent des droites régulièrement espacées. C'est la carte de contour d'un plan, celle de l'exercice 3, carte II.

d) ℓ(0,0)=c=1\ell(0,0)=c=1. Le point (2 ;0 ;7)(2\,;0\,;7) donne 1+2m=71+2m=7, donc m=3m=3. Le point (0 ;4 ;−3)(0\,;4\,;-3) donne 1+4n=−31+4n=-3, donc n=−1n=-1. D'où ℓ(x,y)=1+3x−y\ell(x,y)=1+3x-y. Choisir des points sur les axes rend chaque équation à une seule inconnue ; avec trois points quelconques, on résoudrait un système 3×33\times 3, et il faudrait que les trois points ne soient pas alignés, sinon une infinité de plans conviennent. Contrôle : ℓ(2,4)=1+6−4=3\ell(2,4)=1+6-4=3.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Isothermes sur une plaque chauffée en son centre

Une plaque rectangulaire de 1010 cm sur 55 cm est chauffée en son centre. Dans un repère centré sur la plaque, en centimètres, la température en régime permanent est modélisée par T(x,y)=100−2x2−8y2T(x,y)=100-2x^{2}-8y^{2} (en degrés Celsius), pour −5≤x≤5-5\le x\le 5 et −2,5≤y≤2,5-2{,}5\le y\le 2{,}5.

La figure montre la plaque et ses ISOTHERMES, les courbes de niveau de TT, pour T=92T=92, 8484, 7676, 6868 et 6060, ainsi que les points P(2 ;0)P(2\,;0) et Q(3 ;1,5)Q(3\,;1{,}5).

9284766860PQ
  • a) Calculez la température au centre et à un coin de la plaque. Quelle est l'image de TT sur la plaque ?
  • b) Donnez l'équation de l'isotherme T=68T=68 et ses demi-axes. Que dire de l'isotherme T=110T=110 ?
  • c) Le point PP est sur l'isotherme 9292. Quelle distance faut-il parcourir depuis PP pour atteindre l'isotherme 6868 en se déplaçant parallèlement à l'axe des xx (vers la droite) ? parallèlement à l'axe des yy (vers le haut) ? Calculez les deux taux moyens de baisse de température, en °C par cm. Dans quelle direction la plaque se refroidit-elle le plus vite à partir de PP ?
  • d) Calculez l'écart, le long de l'axe des xx, entre les isothermes 9292 et 8484, puis entre les isothermes 6868 et 6060. Interprétez.
  • e) Quelle est la température en QQ ? Entre quelles isothermes tracées se trouve ce point ?

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a)
Image de TT ;
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) T(0,0)=100T(0,0)=100 °C, T(5 ;2,5)=0T(5\,;2{,}5)=0 °C ; image [0 ;100][0\,;100]
  • b) x216+y24=1\frac{x^{2}}{16}+\frac{y^{2}}{4}=1, demi-axes 44 cm et 22 cm ; l'isotherme 110110 est vide
  • c) 22 cm en xx (taux 1212 °C/cm) ; 3≈1,73\sqrt{3}\approx 1{,}73 cm en yy (taux 83≈13,868\sqrt{3}\approx 13{,}86 °C/cm) : plus vite vers le haut
  • d) 22−2≈0,832\sqrt{2}-2\approx 0{,}83 cm puis 25−4≈0,472\sqrt{5}-4\approx 0{,}47 cm : les isothermes se resserrent, la baisse s'accélère vers le bord
  • e) T(Q)=64T(Q)=64 °C, entre les isothermes 6868 et 6060

a) T(0,0)=100T(0,0)=100 °C. Au coin (5 ;2,5)(5\,;2{,}5) : T=100−2×25−8×6,25=100−50−50=0T=100-2\times 25-8\times 6{,}25=100-50-50=0 °C, et les quatre coins donnent la même valeur par symétrie. Comme x2≤25x^{2}\le 25 et y2≤6,25y^{2}\le 6{,}25 sur la plaque, 2x2+8y22x^{2}+8y^{2} va de 00 à 100100 : TT est maximale au centre, minimale aux coins, et elle prend toutes les valeurs intermédiaires le long d'une diagonale, où T=100−100s2T=100-100s^{2} pour x=5sx=5s, y=2,5sy=2{,}5s, s∈[0 ;1]s\in[0\,;1]. L'image est [0 ;100][0\,;100]. Le domaine du MODÈLE est la plaque, pas le plan entier : hors de la plaque, la formule donnerait des températures négatives qui ne correspondent à rien.

b) 100−2x2−8y2=68100-2x^{2}-8y^{2}=68 équivaut à 2x2+8y2=322x^{2}+8y^{2}=32, soit x216+y24=1\frac{x^{2}}{16}+\frac{y^{2}}{4}=1 : une ellipse de demi-axes 44 cm le long de l'axe des xx et 22 cm le long de l'axe des yy. Elle reste tout entière sur la plaque, dont les bords sont en x=±5x=\pm 5 et y=±2,5y=\pm 2{,}5 ; les isothermes plus froides, sous 5050 °C, finissent au contraire par sortir de la plaque et n'en gardent que des arcs près des coins. L'isotherme T=110T=110 demanderait 2x2+8y2=−102x^{2}+8y^{2}=-10 : elle est VIDE, aucun point de la plaque n'est aussi chaud. Un niveau sans courbe est une information, pas une erreur.

c) Vers la droite, T(x,0)=100−2x2T(x,0)=100-2x^{2} vaut 6868 en x=4x=4 : depuis P(2 ;0)P(2\,;0), il faut parcourir 22 cm, et la température baisse de 92−68=2492-68=24 °C, soit un taux moyen de 242=12\frac{24}{2}=12 °C/cm. Vers le haut, T(2,y)=92−8y2=68T(2,y)=92-8y^{2}=68 donne y2=3y^{2}=3, y=3≈1,73y=\sqrt{3}\approx 1{,}73 cm : taux moyen 243=83≈13,86\frac{24}{\sqrt{3}}=8\sqrt{3}\approx 13{,}86 °C/cm. La même baisse de 2424 °C sur une distance plus courte : à partir de PP, la plaque se refroidit plus vite vers le haut. C'est le fil de la série : on le lit sur la carte sans calcul, l'isotherme 6868 étant plus proche de PP verticalement qu'horizontalement.

d) Le long de l'axe des xx, l'isotherme TT coupe l'axe en x=100−T2x=\sqrt{\frac{100-T}{2}} : 22 pour 9292, 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83 pour 8484, 44 pour 6868 et 25≈4,472\sqrt{5}\approx 4{,}47 pour 6060. Écarts : 22−2≈0,832\sqrt{2}-2\approx 0{,}83 cm, puis 25−4≈0,472\sqrt{5}-4\approx 0{,}47 cm. Pour une même baisse de 88 °C, la distance diminue : les isothermes se RESSERRENT vers le bord, la température y chute de plus en plus vite. C'est le profil 100−2x2100-2x^{2}, une parabole qui plonge de plus en plus.

e) T(3 ;1,5)=100−2×9−8×2,25=100−18−18=64T(3\,;1{,}5)=100-2\times 9-8\times 2{,}25=100-18-18=64 °C. Le point QQ est donc entre les isothermes 6868 et 6060 tracées, ce que confirme la figure. L'erreur à éviter : interpoler la température « à l'œil » entre deux courbes quand la formule est donnée ; la carte sert à COMPARER des vitesses de variation, la formule à donner une valeur.

Exercice 7 : Surfaces de niveau d'une fonction de trois variables

Pour une fonction FF de trois variables, la SURFACE de niveau kk est l'ensemble des points (x,y,z)(x,y,z) de l'espace tels que F(x,y,z)=kF(x,y,z)=k. Le graphe de FF vivrait dans un espace à quatre dimensions : ce sont les surfaces de niveau qui permettent de « voir » FF. On considère F(x,y,z)=x2+y2+z2F(x,y,z)=x^{2}+y^{2}+z^{2},   G(x,y,z)=x2+y2\;G(x,y,z)=x^{2}+y^{2},   H(x,y,z)=x2+y2−z2  \;H(x,y,z)=x^{2}+y^{2}-z^{2}\; et   P(x,y,z)=z−x2−y2\;P(x,y,z)=z-x^{2}-y^{2}.

  • a) Décrivez la surface de niveau 99 de FF, puis ses surfaces de niveau 00 et −1-1.
  • b) Décrivez la surface de niveau 44 de GG. Pourquoi n'est-ce pas un cercle ?
  • c) Identifiez les surfaces de niveau 11, 00 et −1-1 de HH. Aidez-vous de leur intersection avec le plan y=0y=0.
  • d) Décrivez la surface de niveau 33 de PP : à quelle hauteur est son sommet, et de quel côté s'ouvre-t-elle ?
  • e) Calculez FF, HH et PP au point (1 ;2 ;2)(1\,;2\,;2), et nommez la surface de niveau de HH qui passe par ce point.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Niveau 99 : sphère de centre OO et de rayon 33 ; niveau 00 : l'origine seule ; niveau −1-1 : vide
  • b) Cylindre d'axe OzOz et de rayon 22 : zz est libre
  • c) Niveau 11 : hyperboloïde à une nappe ; niveau 00 : cône ; niveau −1-1 : hyperboloïde à deux nappes
  • d) Paraboloïde z=x2+y2+3z=x^{2}+y^{2}+3, sommet (0 ;0 ;3)(0\,;0\,;3), ouvert vers le haut
  • e) F=9F=9, H=1H=1, P=−3P=-3 ; le point est sur l'hyperboloïde à une nappe H=1H=1

a) x2+y2+z2=9x^{2}+y^{2}+z^{2}=9 : les points à distance 33 de l'origine, la sphère de centre OO et de rayon 33. Plus généralement, pour k>0k>0, la surface de niveau kk est la sphère de rayon k\sqrt{k} : des sphères emboîtées, comme les pelures d'un oignon, de plus en plus serrées pour des niveaux équidistants (rayons 11, 2\sqrt{2}, 3\sqrt{3}, 22), exactement comme les cercles de x2+y2x^{2}+y^{2} dans le plan. Niveau 00 : seule l'origine. Niveau −1-1 : vide, une somme de carrés n'est jamais négative.

b) x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4, sans condition sur zz : pour CHAQUE hauteur zz, on obtient le cercle de rayon 22 centré sur l'axe OzOz. Empilés à toutes les hauteurs, ces cercles forment le cylindre d'axe OzOz et de rayon 22. Le piège est de lire x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4 comme dans le plan : dans l'espace, une variable ABSENTE de l'équation est LIBRE, elle ne vaut pas 00. Le cercle serait l'intersection du cylindre avec le plan z=0z=0, et il faudrait deux équations pour le décrire.

c) Dans le plan y=0y=0 (figure du corrigé, xx en abscisse et zz en ordonnée), H=kH=k devient x2−z2=kx^{2}-z^{2}=k. Pour k=1k=1 : une hyperbole aux branches gauche et droite, qui ne coupe pas l'axe OzOz ; en la faisant tourner autour de OzOz (la surface ne dépend que de x2+y2x^{2}+y^{2}, donc elle est de révolution), on obtient une surface d'UN SEUL tenant, l'hyperboloïde à une nappe, dont la taille la plus fine est le cercle x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1 du plan z=0z=0. Pour k=−1k=-1 : z2=1+x2+y2≥1z^{2}=1+x^{2}+y^{2}\ge 1, donc ∣z∣≥1|z|\ge 1 ; rien entre les plans z=−1z=-1 et z=1z=1, deux morceaux séparés : l'hyperboloïde à DEUX nappes. Pour k=0k=0 : z2=x2+y2z^{2}=x^{2}+y^{2}, les deux droites z=±xz=\pm x dans la coupe, qui tournent en un cône à deux nappes réunies au sommet. Les trois surfaces s'emboîtent : le cône sépare les niveaux positifs, à l'extérieur, des niveaux négatifs, autour de l'axe OzOz.

d) z−x2−y2=3z-x^{2}-y^{2}=3 équivaut à z=x2+y2+3z=x^{2}+y^{2}+3 : un paraboloïde de révolution, ouvert vers le HAUT, de sommet (0 ;0 ;3)(0\,;0\,;3). Toutes les surfaces de niveau de PP sont le même paraboloïde, translaté verticalement : le niveau kk a son sommet à la hauteur kk.

e) F(1,2,2)=1+4+4=9F(1,2,2)=1+4+4=9 : le point est sur la sphère de rayon 33. H(1,2,2)=1+4−4=1H(1,2,2)=1+4-4=1 : il est sur l'hyperboloïde à une nappe. P(1,2,2)=2−1−4=−3P(1,2,2)=2-1-4=-3 : il est sur le paraboloïde de sommet (0 ;0 ;−3)(0\,;0\,;-3). Un même point de l'espace est sur une surface de niveau de chaque fonction, et sur une seule par fonction : la règle de l'exercice 2 vaut en dimension trois.

-3-2-1123-3-2-11231−10xz

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct. La figure est la carte qu'un étudiant a tracée pour l'affirmation 2.

-5-4-3-2-112345-5-4-3-2-1123451234
  • 1) « Le domaine de f(x,y)=ln⁡(x2+y2)f(x,y)=\ln\left(x^{2}+y^{2}\right) est R2\mathbb{R}^{2} tout entier, puisqu'une somme de carrés est positive. »
  • 2) « Pour f(x,y)=x2+y2f(x,y)=x^{2}+y^{2}, les courbes de niveau 11, 22, 33 et 44 sont les cercles de rayons 11, 22, 33 et 44 de la figure. »
  • 3) « Pour f(x,y)=100−x2−y2f(x,y)=100-x^{2}-y^{2}, là où les courbes de niveau sont les plus serrées, la fonction prend ses plus grandes valeurs. »
  • 4) « Les courbes de niveau de f(x,y)=(x+y)2f(x,y)=(x+y)^{2} sont des droites parallèles, donc ff est une fonction linéaire. »
  • 5) « Le graphe d'une fonction de deux variables et une surface de niveau d'une fonction de trois variables sont deux objets de nature différente : aucune surface ne peut être les deux à la fois. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) Faux : l'origine est exclue, car ln⁡0\ln 0 n'existe pas ; domaine R2∖{(0 ;0)}\mathbb{R}^{2}\setminus\{(0\,;0)\}
  • 2) Faux : le niveau kk est le cercle de rayon k\sqrt{k} ; rayon 22 pour le niveau 44, 3≈1,73\sqrt{3}\approx 1{,}73 pour le niveau 33
  • 3) Faux : serré signifie variation rapide ; les plus grandes valeurs, 100100 au centre, sont là où les courbes sont les plus écartées
  • 4) Faux : chaque niveau k>0k>0 donne DEUX droites, inégalement espacées ; ff n'est pas linéaire
  • 5) Faux : le graphe z=f(x,y)z=f(x,y) est la surface de niveau 00 de F(x,y,z)=z−f(x,y)F(x,y,z)=z-f(x,y)

1) FAUX. Le logarithme exige un argument STRICTEMENT positif. Or x2+y2≥0x^{2}+y^{2}\ge 0, avec égalité exactement à l'origine : f(0,0)=ln⁡0f(0,0)=\ln 0 n'existe pas. Énoncé correct : le domaine est le plan privé de l'origine, R2∖{(0 ;0)}\mathbb{R}^{2}\setminus\{(0\,;0)\}. « Positif » ne suffit pas, il faut « strictement positif », et un seul point manquant change la réponse.

2) FAUX. x2+y2=kx^{2}+y^{2}=k est le cercle de rayon k\sqrt{k}, pas de rayon kk : rayons 11, 2≈1,41\sqrt{2}\approx 1{,}41, 3≈1,73\sqrt{3}\approx 1{,}73 et 22. La carte de l'étudiant est celle du cône x2+y2\sqrt{x^{2}+y^{2}}, aux cercles équidistants. Énoncé correct : pour des niveaux équidistants, les cercles de x2+y2x^{2}+y^{2} se RESSERRENT vers l'extérieur (figure du corrigé, à la même échelle), ce qui traduit une fonction qui monte de plus en plus vite. Une carte qui se trompe sur l'écart décrit une autre surface.

3) FAUX. Les courbes de niveau 100−r2=k100-r^{2}=k sont des cercles de rayon 100−k\sqrt{100-k} ; pour k=99k=99, 9696, 9191, 8484 (niveaux qui baissent de 33, 55, 77...) on lit des rayons 1,2,3,41, 2, 3, 4 ; pour des niveaux équidistants, les cercles se resserrent loin du centre, là où la fonction est la plus PETITE. Les plus grandes valeurs, 100100 au centre, sont dans la zone où les courbes sont les plus écartées. Énoncé correct : des courbes serrées signalent une variation RAPIDE, pas une grande valeur. Sur une carte topographique, des courbes serrées font une falaise, pas un sommet.

4) FAUX. (x+y)2=k(x+y)^{2}=k avec k>0k>0 donne x+y=kx+y=\sqrt{k} OU x+y=−kx+y=-\sqrt{k} : chaque courbe de niveau est formée de DEUX droites parallèles, et le niveau 99, par exemple, est la réunion de x+y=3x+y=3 et x+y=−3x+y=-3. Pour des niveaux équidistants 1,2,3,41, 2, 3, 4, les droites x+y=kx+y=\sqrt{k} sont inégalement espacées. Une fonction linéaire, elle, a UNE droite par niveau et des droites équidistantes pour des niveaux équidistants. Énoncé correct : les courbes de niveau d'une fonction linéaire sont des droites parallèles, mais la réciproque est fausse ; il faut en plus un seul trait par niveau et des écarts constants. Le graphe de (x+y)2(x+y)^{2} est une gouttière parabolique, pas un plan.

5) FAUX. Posons F(x,y,z)=z−f(x,y)F(x,y,z)=z-f(x,y). La surface de niveau 00 de FF est l'ensemble des points où z=f(x,y)z=f(x,y) : c'est exactement le graphe de ff. Tout graphe est donc une surface de niveau, et le paraboloïde P=3P=3 de l'exercice 7 en était un exemple. Énoncé correct : le graphe de ff est la surface de niveau 00 de z−f(x,y)z-f(x,y) ; l'inverse est faux en général, la sphère n'étant pas un graphe puisqu'à un point (x,y)(x,y) correspondent deux hauteurs. Ce passage du graphe à la surface de niveau servira à définir le plan tangent à une surface quelconque.

-5-4-3-2-112345-5-4-3-2-1123451234

Exercice 9 : Carte topographique : une colline lue sur ses courbes de niveau

La figure est la carte topographique d'une colline : xx vers l'est et yy vers le nord, en kilomètres ; les courbes de niveau sont tracées tous les 100100 m d'altitude et étiquetées en mètres. Ce sont des cercles : niveau 100100, centre (0 ;0)(0\,;0) et rayon 44 ; niveau 200200, centre (0,8 ;0)(0{,}8\,;0) et rayon 33 ; niveau 300300, centre (1,6 ;0)(1{,}6\,;0) et rayon 22 ; niveau 400400, centre (2,4 ;0)(2{,}4\,;0) et rayon 11. Il n'y a pas de courbe de niveau 500500. Le sommet est noté SS.

On appelle pente moyenne entre deux points le rapport du dénivelé à la distance horizontale, exprimé en pour cent.

-5-4-3-2-112345-5-4-3-2-112345100200300400ABCS
  • a) Donnez l'altitude des points A(−2,2 ;0)A(-2{,}2\,;0) et B(1,6 ;−2)B(1{,}6\,;-2). Que peut-on dire de l'altitude du point C(−1 ;−3)C(-1\,;-3) ?
  • b) Le long de l'axe des xx, calculez la pente moyenne entre deux courbes de niveau voisines sur le versant ouest, puis sur le versant est.
  • c) Décrivez le profil de la colline le long de l'axe des xx, c'est-à-dire sa trace dans le plan vertical y=0y=0.
  • d) Que peut-on affirmer sur l'altitude du sommet SS ?
  • e) Une randonneuse part de AA et fait le tour complet de la colline en suivant la courbe de niveau sur laquelle se trouve AA. Quelle distance parcourt-elle, et quel est son dénivelé total ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) AA : 200200 m ; BB : 300300 m ; CC : entre 100100 et 200200 m
  • b) Ouest : 1001800≈5,6 %\frac{100}{1800}\approx 5{,}6\,\% ; est : 100200=50 %\frac{100}{200}=50\,\%
  • c) Montée douce et régulière depuis l'ouest, chute brutale à l'est
  • d) Entre 400400 et 500500 m, sans plus de précision
  • e) 6π≈18,856\pi\approx 18{,}85 km, dénivelé nul

a) A(−2,2 ;0)A(-2{,}2\,;0) : sa distance au centre (0,8 ;0)(0{,}8\,;0) du cercle de niveau 200200 vaut 33, le rayon : AA est sur la courbe de niveau 200200 m. B(1,6 ;−2)B(1{,}6\,;-2) est à distance 22 du centre (1,6 ;0)(1{,}6\,;0) : courbe de niveau 300300 m. Pour C(−1 ;−3)C(-1\,;-3) : sa distance à (0 ;0)(0\,;0) vaut 10<4\sqrt{10}<4, il est à l'intérieur du cercle 100100 ; sa distance à (0,8 ;0)(0{,}8\,;0) vaut 3,24+9=12,24>3\sqrt{3{,}24+9}=\sqrt{12{,}24}>3, il est hors du cercle 200200. Il est donc entre les deux courbes, à une altitude comprise entre 100100 et 200200 m. La carte n'en dit pas plus : entre deux courbes, on encadre, on ne calcule pas.

b) Sur l'axe des xx, les cercles coupent le versant ouest en x=−4x=-4, −2,2-2{,}2, −0,4-0{,}4 et 1,41{,}4 (centre moins rayon), soit des écarts de 1,81{,}8 km, et le versant est en x=4x=4, 3,83{,}8, 3,63{,}6 et 3,43{,}4 (centre plus rayon), soit des écarts de 0,20{,}2 km. Pente moyenne ouest : 100 m1800 m=118≈5,6 %\frac{100\text{ m}}{1800\text{ m}}=\frac{1}{18}\approx 5{,}6\,\%. Pente moyenne est : 100 m200 m=50 %\frac{100\text{ m}}{200\text{ m}}=50\,\%, neuf fois plus raide. Le piège des unités : les distances sont en kilomètres et l'altitude en mètres, il faut convertir avant de diviser. Et c'est le fil de la série : des courbes serrées font la pente raide, ici une falaise à l'est.

c) La trace dans le plan y=0y=0 est le profil d'altitude le long de l'axe des xx. D'ouest en est : 100100 m en x=−4x=-4, puis 200200, 300300 et 400400 m tous les 1,81{,}8 km, une montée douce et régulière jusque vers x=1,4x=1{,}4 ; le sommet, entre x=1,4x=1{,}4 et x=3,4x=3{,}4 ; puis une descente de 300300 m sur 0,60{,}6 km entre x=3,4x=3{,}4 et x=4x=4. Le profil est fortement dissymétrique : une longue rampe à l'ouest, un escarpement à l'est. Une trace est une fonction d'une seule variable, et c'est elle qu'on dessine pour « voir » la surface dans une direction.

d) Le sommet est à l'intérieur du cercle de niveau 400400, et il n'y a aucune courbe de niveau 500500 : son altitude est donc au moins 400400 m et moins de 500500 m. On ne peut pas en dire plus, et toute valeur précise serait une invention : la carte ne connaît l'altitude qu'aux courbes tracées. Si le sommet dépassait 500500 m, la carte porterait une courbe de niveau 500500 autour de lui.

e) La randonneuse reste sur la courbe de niveau 200200, le cercle de rayon 33 km : elle parcourt 2π×3=6π≈18,852\pi\times 3=6\pi\approx 18{,}85 km, et son altitude ne change JAMAIS, donc son dénivelé total est nul. C'est la définition même d'une courbe de niveau : un chemin où la fonction est constante. Sur le terrain, un sentier qui suit une courbe de niveau est un sentier plat, ce qui explique les routes en lacets.

Exercice 10 : Refroidissement éolien : une table à double entrée

Par grand froid, le vent accroît la sensation de froid. L'indice de refroidissement éolien WW, en degrés Celsius, dépend de DEUX variables : la température de l'air TT et la vitesse du vent vv. La table donne W(T,v)W(T,v), arrondi à l'unité, calculé avec la formule officielle canadienne.

La figure montre trois traces de cette fonction : WW en fonction de vv pour T=−5T=-5, −15-15 et −25-25 °C.

TT (°C), vv (km/h)102030405060
−5-5−9-9−12-12−13-13−14-14−15-15−16-16
−10-10−15-15−18-18−20-20−21-21−22-22−23-23
−15-15−21-21−24-24−26-26−27-27−29-29−30-30
−20-20−27-27−30-30−33-33−34-34−35-35−36-36
−25-25−33-33−37-37−39-39−41-41−42-42−43-43
102030405060-45-40-35-30-25-20-15-10-55T = −5 °Cv (km/h)T = −15 °CT = −25 °CW (°C)
  • a) Lisez W(−15 ;40)W(-15\,;40) et W(−20 ;30)W(-20\,;30), et dites ce que signifie la première valeur.
  • b) On fixe T=−15T=-15 °C. Calculez le taux de variation moyen de WW, en °C par km/h, quand vv passe de 1010 à 2020 km/h, puis de 5050 à 6060 km/h. Que montrent ces deux nombres, et comment la figure le montre-t-elle ?
  • c) On fixe v=30v=30 km/h. Calculez la variation moyenne de WW pour une baisse de 55 °C de la température, entre T=−5T=-5 et T=−25T=-25. WW est-elle une fonction linéaire de (T,v)(T,v) ? Justifiez par la table.
  • d) La courbe de niveau −30-30 de WW passe par (−20 ;20)(-20\,;20). À T=−15T=-15 °C, quelle vitesse de vent donne la même sensation de froid ?
  • e) Un bulletin météo ne donne que la température de l'air. Peut-on en déduire la sensation de froid ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) W(−15 ;40)=−27W(-15\,;40)=-27 et W(−20 ;30)=−33W(-20\,;30)=-33 ; à −15-15 °C avec un vent de 4040 km/h, on ressent le froid de −27-27 °C sans vent
  • b) −0,3-0{,}3 puis −0,1-0{,}1 °C par km/h : le vent refroidit de moins en moins, la trace s'aplatit
  • c) Environ −6,5-6{,}5 °C par baisse de 55 °C ; non, car cette variation dépend de vv (−6-6 à 1010 km/h, environ −6,75-6{,}75 à 6060 km/h) et les différences en vv ne sont pas constantes
  • d) v=60v=60 km/h
  • e) Non : WW dépend de deux variables, il faut aussi la vitesse du vent

a) On lit à l'intersection de la ligne T=−15T=-15 et de la colonne v=40v=40 : W(−15 ;40)=−27W(-15\,;40)=-27 ; et W(−20 ;30)=−33W(-20\,;30)=-33. Sens de la première valeur : à −15-15 °C avec un vent de 4040 km/h, la peau exposée perd sa chaleur comme elle le ferait à −27-27 °C par temps calme. L'ordre des variables compte : W(−15 ;40)W(-15\,;40) n'est pas W(40 ;−15)W(40\,;-15), qui n'a aucun sens ici.

b) À T=−15T=-15 fixé, on lit la ligne : −21,−24,−26,−27,−29,−30-21, -24, -26, -27, -29, -30. De 1010 à 2020 km/h : −24−(−21)10=−0,3\frac{-24-(-21)}{10}=-0{,}3 °C par km/h. De 5050 à 6060 : −30−(−29)10=−0,1\frac{-30-(-29)}{10}=-0{,}1 °C par km/h. Les dix premiers km/h de vent coûtent trois fois plus que dix km/h ajoutés à un vent déjà fort : l'effet du vent s'atténue. Sur la figure, chaque trace descend vite au début puis s'aplatit. Fixer une variable, c'est lire une TRACE : une ligne de la table, une courbe de la figure.

c) Colonne v=30v=30 : −13,−20,−26,−33,−39-13, -20, -26, -33, -39, différences −7,−6,−7,−6-7, -6, -7, -6 dues à l'arrondi ; variation moyenne −39−(−13)4=−6,5\frac{-39-(-13)}{4}=-6{,}5 °C par baisse de 55 °C. À vent fixé, WW est presque linéaire en TT (elle l'est exactement dans la formule). Mais WW n'est PAS une fonction linéaire de (T,v)(T,v), pour deux raisons lues dans la table. Les différences le long d'une ligne ne sont pas constantes (question b). Et la variation par 55 °C change d'une colonne à l'autre : exactement −6-6 dans la colonne v=10v=10 (−9,−15,−21,−27,−33-9, -15, -21, -27, -33), environ −6,75-6{,}75 dans la colonne v=60v=60 (−16-16 à −43-43). C'est le critère de l'exercice 5 : une fonction linéaire a les MÊMES différences partout.

d) Dans la table, W(−15 ;60)=−30=W(−20 ;20)W(-15\,;60)=-30=W(-20\,;20) : à −15-15 °C, il faut un vent de 6060 km/h pour ressentir ce que donne −20-20 °C avec 2020 km/h. Les deux couples sont sur la même courbe de niveau −30-30 de WW, dans le plan (T,v)(T,v) : quand la température remonte, il faut plus de vent pour garder la même sensation. Sur la figure, le niveau −30-30 correspond aux points où chaque trace coupe la droite horizontale W=−30W=-30.

e) Non. Une même température de −15-15 °C donne un indice de −21-21 °C par vent faible et de −30-30 °C par vent fort : la valeur de WW n'est pas déterminée par TT seule. La situation demande deux variables, ce que la table à double entrée et la famille de courbes rendent visible. C'est le premier réflexe du chapitre : avant de modéliser, se demander de combien de grandeurs le résultat dépend vraiment.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-fonctions-plusieurs-variables. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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