Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Les nombres complexes

Les nombres complexes : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Les nombres complexes forment le cinquième bloc du plan de cours de MTH1101, Calcul I à Polytechnique Montréal, juste après les séries de Taylor, et la section 2.5 de Stewart, Calcul à plusieurs variables. Leur place dans un cours de calcul n'est pas un hasard : la formule d'Euler, eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta, se démontre en remplaçant xx par iθi\theta dans la série de Maclaurin de exe^{x}, et c'est elle qui sert ensuite partout, des linéarisations aux circuits en courant alternatif. C'est le premier chapitre du contrôle périodique 2, et il revient à l'examen final.

Le fil de la série : eiθe^{i\theta} n'est pas une notation, c'est la série de l'exponentielle prise en iθi\theta, et c'est parce qu'elle garde la règle ea+b=eaebe^{a+b}=e^{a}e^{b} que multiplier deux complexes MULTIPLIE les modules et ADDITIONNE les arguments, à 2π2\pi près. Chaque exercice revient à ce geste : un quotient par le conjugué, une puissance par De Moivre, quatre racines obtenues par des quarts de tour, des dérivées de excos⁡xe^{x}\cos x lues sur la forme polaire de 1+i1+i, une impédance divisée pour trouver un courant.

Les pièges sont nommés dans chaque corrigé : l'argument tiré du seul arctan⁡yx\arctan\frac{y}{x} sans regarder le quadrant, la somme de deux arguments qui sort de ]−π ;π]]-\pi\,;\pi], une seule racine nn-ième donnée au lieu de nn, le signe de (2i)3(2i)^{3}, le centre d'un cercle lu avec le mauvais signe, une propriété du réel (∣cos⁡x∣≤1|\cos x|\le 1, l'injectivité de l'exponentielle) transportée dans C\mathbb{C}. Tout se fait sans calculatrice, comme aux contrôles périodiques, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : les angles sont remarquables et les réponses exactes.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les suites
  2. 2Les séries et leur convergence
  3. 3Les séries entières
  4. 4Les séries de Taylor et de Maclaurin

Rappel de cours

  • • FORME ALGÉBRIQUE : z=x+iyz=x+iy, z‾=x−iy\overline{z}=x-iy, ∣z∣=x2+y2|z|=\sqrt{x^{2}+y^{2}}, zz‾=∣z∣2z\overline{z}=|z|^{2} ; pour diviser, on multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur.
  • • FORME POLAIRE : z=reiθz=re^{i\theta} avec r=∣z∣r=|z| ; cos⁡θ=xr\cos\theta=\frac{x}{r} et sin⁡θ=yr\sin\theta=\frac{y}{r} fixent le quadrant, arctan⁡yx\arctan\frac{y}{x} seul ne le fait pas.
  • • FORMULE D'EULER : eiθ=∑(iθ)nn!=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\sum\frac{(i\theta)^{n}}{n!}=\cos\theta+i\sin\theta ; cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}, sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta=\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i} ; ex+iy=exeiye^{x+iy}=e^{x}e^{iy}.
  • • PRODUIT ET QUOTIENT : r1eiθ1 r2eiθ2=r1r2ei(θ1+θ2)r_{1}e^{i\theta_{1}}\,r_{2}e^{i\theta_{2}}=r_{1}r_{2}e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})} ; DE MOIVRE : (reiθ)n=rneinθ\left(re^{i\theta}\right)^{n}=r^{n}e^{in\theta}, l'argument étant défini à 2π2\pi près.
  • • RACINES nn-IÈMES : zn=ρeiαz^{n}=\rho e^{i\alpha} a nn solutions ρ1/nei(α+2kπ)/n\rho^{1/n}e^{i(\alpha+2k\pi)/n}, k=0,…,n−1k=0,\ldots,n-1, sommets d'un polygone régulier.
  • • POLYNÔME RÉEL : si z0z_{0} est racine, z0‾\overline{z_{0}} l'est aussi. LIEUX : ∣z−a∣=r|z-a|=r est un cercle, ∣z−a∣=∣z−b∣|z-a|=|z-b| la médiatrice de aa et bb.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Forme algébrique : diviser, c'est multiplier par le conjugué

On considère les nombres complexes z=7+iz=7+i et w=1−2iw=1-2i. Toutes les réponses sont demandées sous forme exacte, sans calculatrice.

  • a) Calculez zwzw sous forme algébrique, puis z‾ w‾\overline{z}\,\overline{w}, et comparez ce dernier à zw‾\overline{zw}.
  • b) Écrivez zw\dfrac{z}{w} sous forme algébrique en multipliant par le conjugué du dénominateur.
  • c) Calculez ∣z∣|z|, ∣w∣|w| et ∣zw∣\left|\dfrac{z}{w}\right| sous forme exacte, et vérifiez que ∣zw∣=∣z∣∣w∣\left|\dfrac{z}{w}\right|=\dfrac{|z|}{|w|}.
  • d) Un étudiant affirme : « la partie réelle d'un produit est le produit des parties réelles ». Testez l'affirmation sur zwzw, puis donnez la formule juste de Re⁡(zw)\operatorname{Re}(zw).

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) zw=9−13izw=9-13i ; z‾ w‾=9+13i=zw‾\overline{z}\,\overline{w}=9+13i=\overline{zw}
  • b) zw=1+3i\dfrac{z}{w}=1+3i
  • c) ∣z∣=52|z|=5\sqrt{2}, ∣w∣=5|w|=\sqrt{5}, ∣zw∣=10=525\left|\frac{z}{w}\right|=\sqrt{10}=\frac{5\sqrt{2}}{\sqrt{5}}
  • d) Fausse : Re⁡(zw)=9\operatorname{Re}(zw)=9 alors que Re⁡zRe⁡w=7\operatorname{Re}z\operatorname{Re}w=7 ; Re⁡(zw)=Re⁡zRe⁡w−Im⁡zIm⁡w\operatorname{Re}(zw)=\operatorname{Re}z\operatorname{Re}w-\operatorname{Im}z\operatorname{Im}w

a) On développe comme un produit de binômes, en remplaçant i2i^{2} par −1-1 : zw=(7+i)(1−2i)=7−14i+i−2i2=7+2−13i=9−13izw=(7+i)(1-2i)=7-14i+i-2i^{2}=7+2-13i=9-13i. Le terme −2i2-2i^{2} vaut +2+2 : c'est lui que l'on perd quand on écrit 7−13i7-13i, et l'erreur se propage à toute la suite. Puis z‾ w‾=(7−i)(1+2i)=7+14i−i−2i2=9+13i\overline{z}\,\overline{w}=(7-i)(1+2i)=7+14i-i-2i^{2}=9+13i, qui est exactement zw‾\overline{zw}. Ce n'est pas une coïncidence : le conjugué d'un produit est le produit des conjugués, parce que conjuguer revient à remplacer ii par −i-i, et que −i-i vérifie la même relation (−i)2=−1(-i)^{2}=-1. Géométriquement, conjuguer est la symétrie par rapport à l'axe réel, qui change le signe de tous les arguments ; on verra à l'exercice 2 qu'un produit additionne les arguments, donc la symétrie respecte le produit.

b) Diviser par ww, c'est rendre le dénominateur réel. On multiplie le numérateur ET le dénominateur par w‾=1+2i\overline{w}=1+2i, ce qui ne change pas la fraction : 7+i1−2i=(7+i)(1+2i)(1−2i)(1+2i)\dfrac{7+i}{1-2i}=\dfrac{(7+i)(1+2i)}{(1-2i)(1+2i)}. Au dénominateur, ww‾=12+22=5w\overline{w}=1^{2}+2^{2}=5, un réel positif, c'est tout l'intérêt du geste. Au numérateur, (7+i)(1+2i)=7+14i+i+2i2=5+15i(7+i)(1+2i)=7+14i+i+2i^{2}=5+15i. Donc zw=5+15i5=1+3i\dfrac{z}{w}=\dfrac{5+15i}{5}=1+3i. Vérification par la multiplication inverse, qui coûte dix secondes : (1+3i)(1−2i)=1−2i+3i−6i2=7+i(1+3i)(1-2i)=1-2i+3i-6i^{2}=7+i. Les deux erreurs de copie sont de ne multiplier que le numérateur, ce qui change la valeur de la fraction, et de « diviser terme à terme », 71+i−2i\frac{7}{1}+\frac{i}{-2i}, ce qui n'a aucun sens pour une somme au dénominateur.

c) ∣z∣=72+12=50=52|z|=\sqrt{7^{2}+1^{2}}=\sqrt{50}=5\sqrt{2}, ∣w∣=1+4=5|w|=\sqrt{1+4}=\sqrt{5}, et ∣zw∣=∣1+3i∣=1+9=10\left|\dfrac{z}{w}\right|=|1+3i|=\sqrt{1+9}=\sqrt{10}. Or ∣z∣∣w∣=525=52=10\dfrac{|z|}{|w|}=\dfrac{5\sqrt{2}}{\sqrt{5}}=\sqrt{5}\sqrt{2}=\sqrt{10} : l'égalité est vérifiée. Elle est générale, et c'est la moitié du fil de ce chapitre : dans un produit ou un quotient, les MODULES se multiplient ou se divisent. On peut s'en servir comme contrôle immédiat de b) : un quotient dont le module au carré ne vaut pas 505=10\frac{50}{5}=10 est faux. Attention, la règle ne vaut pas pour une somme : ∣z+w∣=∣8−i∣=65|z+w|=|8-i|=\sqrt{65}, alors que ∣z∣+∣w∣=52+5|z|+|w|=5\sqrt{2}+\sqrt{5} est strictement plus grand ; seule l'inégalité triangulaire ∣z+w∣≤∣z∣+∣w∣|z+w|\le|z|+|w| subsiste.

d) Re⁡(zw)=9\operatorname{Re}(zw)=9, alors que Re⁡z×Re⁡w=7×1=7\operatorname{Re}z\times\operatorname{Re}w=7\times 1=7 : l'affirmation est fausse, un seul contre-exemple suffit. La formule juste se lit dans le développement : avec z=a+biz=a+bi et w=c+diw=c+di, zw=ac+adi+bci+bdi2=(ac−bd)+(ad+bc)izw=ac+adi+bci+bdi^{2}=(ac-bd)+(ad+bc)i, donc Re⁡(zw)=ac−bd=Re⁡zRe⁡w−Im⁡zIm⁡w\operatorname{Re}(zw)=ac-bd=\operatorname{Re}z\operatorname{Re}w-\operatorname{Im}z\operatorname{Im}w. Ici 7×1−1×(−2)=97\times 1-1\times(-2)=9, ce qui confirme a). Les deux parties imaginaires, en se multipliant, fabriquent un terme RÉEL à cause de i2=−1i^{2}=-1 : c'est exactement ce qui sépare le produit des complexes du produit composante par composante de deux vecteurs du plan.

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Exercice 2 : Forme polaire : le quadrant décide de l'argument

La figure place dans le plan complexe les points AA, BB, CC et DD d'affixes a=−33+3ia=-3\sqrt{3}+3i, b=−3−3ib=-3-3i, c=−4c=-4 et d=2−23 id=2-2\sqrt{3}\,i.

On écrit un complexe non nul sous forme polaire reiθ=r(cos⁡θ+isin⁡θ)re^{i\theta}=r(\cos\theta+i\sin\theta), avec r>0r>0 et l'argument principal θ\theta pris dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi].

-6-5-4-3-2-1123-4-3-2-11234ABCD
  • a) Écrivez aa et bb sous forme polaire. Pour chacun, dites ce que donnerait le seul calcul de arctan⁡yx\arctan\frac{y}{x}, et pourquoi il ne suffit pas.
  • b) Écrivez cc et dd sous forme polaire.
  • c) Calculez adad et ad\dfrac{a}{d} en forme polaire, en donnant chaque argument dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi], puis sous forme algébrique.
  • d) Calculez b4b^{4} par la forme polaire, contrôlez par (b2)2(b^{2})^{2}, et montrez que b4b^{4} est un multiple réel de cc.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) a=6ei5π/6a=6e^{i5\pi/6} (arctan⁡\arctan donne −π6-\frac{\pi}{6}) ; b=32 e−i3π/4b=3\sqrt{2}\,e^{-i3\pi/4} (arctan⁡\arctan donne π4\frac{\pi}{4})
  • b) c=4eiπc=4e^{i\pi} ; d=4e−iπ/3d=4e^{-i\pi/3}
  • c) ad=24eiπ/2=24iad=24e^{i\pi/2}=24i ; ad=32e−i5π/6=−334−34i\frac{a}{d}=\frac{3}{2}e^{-i5\pi/6}=-\frac{3\sqrt{3}}{4}-\frac{3}{4}i
  • d) b4=324e−3iπ=−324=81cb^{4}=324e^{-3i\pi}=-324=81c

a) ∣a∣=27+9=6|a|=\sqrt{27+9}=6. Le calcul arctan⁡3−33=arctan⁡(−13)=−π6\arctan\frac{3}{-3\sqrt{3}}=\arctan\left(-\frac{1}{\sqrt{3}}\right)=-\frac{\pi}{6} donne un angle du quatrième quadrant, alors que la figure place AA dans le DEUXIÈME : partie réelle négative, partie imaginaire positive. La fonction arctan⁡\arctan ne rend que des angles de ]−π2 ;π2[\left]-\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right[, c'est-à-dire des points à partie réelle positive ; pour un point de gauche, il faut ajouter π\pi : θ=−π6+π=5π6\theta=-\frac{\pi}{6}+\pi=\frac{5\pi}{6}. Contrôle par le cosinus et le sinus : cos⁡5π6=−32=−336\cos\frac{5\pi}{6}=-\frac{\sqrt{3}}{2}=\frac{-3\sqrt{3}}{6} et sin⁡5π6=12=36\sin\frac{5\pi}{6}=\frac{1}{2}=\frac{3}{6}. Donc a=6ei5π/6a=6e^{i5\pi/6}. Pour bb : ∣b∣=9+9=32|b|=\sqrt{9+9}=3\sqrt{2}, et arctan⁡−3−3=arctan⁡1=π4\arctan\frac{-3}{-3}=\arctan 1=\frac{\pi}{4} désigne le premier quadrant, alors que BB est dans le TROISIÈME. On retranche π\pi pour rester dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi] : θ=π4−π=−3π4\theta=\frac{\pi}{4}-\pi=-\frac{3\pi}{4}, et b=32 e−i3π/4b=3\sqrt{2}\,e^{-i3\pi/4}. Le quotient yx\frac{y}{x} a perdu les deux signes : −3−3=33\frac{-3}{-3}=\frac{3}{3}, et c'est la figure, ou le signe de xx et de yy, qui les rend.

b) c=−4c=-4 est sur le demi-axe réel négatif : ∣c∣=4|c|=4 et θ=π\theta=\pi, donc c=4eiπc=4e^{i\pi}. Ici arctan⁡0−4=0\arctan\frac{0}{-4}=0 donnerait le demi-axe POSITIF, l'erreur la plus grossière et la plus fréquente. Pour dd : ∣d∣=4+12=4|d|=\sqrt{4+12}=4, cos⁡θ=24=12\cos\theta=\frac{2}{4}=\frac{1}{2} et sin⁡θ=−234=−32\sin\theta=\frac{-2\sqrt{3}}{4}=-\frac{\sqrt{3}}{2} : quatrième quadrant, θ=−π3\theta=-\frac{\pi}{3}, et cette fois arctan⁡(−3)=−π3\arctan(-\sqrt{3})=-\frac{\pi}{3} donne directement la bonne réponse, parce que x>0x>0. La méthode sûre est toujours la même : le module d'abord, puis le cosinus ET le sinus, dont les deux signes désignent un seul quadrant.

c) En forme polaire, multiplier c'est multiplier les modules et ADDITIONNER les arguments : ad=6×4 ei(5π6−π3)=24eiπ/2=24iad=6\times 4\,e^{i\left(\frac{5\pi}{6}-\frac{\pi}{3}\right)}=24e^{i\pi/2}=24i. Vérification algébrique : (−33+3i)(2−23 i)=−63+18i+6i−63 i2=24i(-3\sqrt{3}+3i)(2-2\sqrt{3}\,i)=-6\sqrt{3}+18i+6i-6\sqrt{3}\,i^{2}=24i, les deux termes réels s'annulent. Pour le quotient, on divise les modules et on SOUSTRAIT les arguments : ad=64ei(5π6+π3)=32ei7π/6\frac{a}{d}=\frac{6}{4}e^{i\left(\frac{5\pi}{6}+\frac{\pi}{3}\right)}=\frac{3}{2}e^{i7\pi/6}. L'angle 7π6\frac{7\pi}{6} n'est pas dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi] : on retranche un tour, 7π6−2π=−5π6\frac{7\pi}{6}-2\pi=-\frac{5\pi}{6}. C'est le « à 2π2\pi près » du fil : la somme de deux arguments principaux n'est pas toujours un argument principal. Sous forme algébrique, ad=32(−32−12i)=−334−34i\frac{a}{d}=\frac{3}{2}\left(-\frac{\sqrt{3}}{2}-\frac{1}{2}i\right)=-\frac{3\sqrt{3}}{4}-\frac{3}{4}i, un point du troisième quadrant, ce qu'annonçait l'argument −5π6-\frac{5\pi}{6}.

d) Par la règle des arguments répétée quatre fois (formule de De Moivre) : b4=(32)4e−i3π=324e−3iπb^{4}=\left(3\sqrt{2}\right)^{4}e^{-i3\pi}=324e^{-3i\pi}, et −3π-3\pi vaut π\pi à 2π2\pi près, donc b4=324eiπ=−324b^{4}=324e^{i\pi}=-324. Contrôle : b2=(−3−3i)2=9+18i+9i2=18ib^{2}=(-3-3i)^{2}=9+18i+9i^{2}=18i, puis (18i)2=324i2=−324(18i)^{2}=324i^{2}=-324. Enfin −324=81×(−4)=81c-324=81\times(-4)=81c : B4B^{4} est sur la même demi-droite que CC, ce que dit aussi l'argument, 4×(−3π4)=−3π≡π4\times\left(-\frac{3\pi}{4}\right)=-3\pi\equiv\pi. Développer (−3−3i)4(-3-3i)^{4} par le binôme aurait demandé cinq termes et autant d'occasions de se tromper de signe : la forme polaire est faite pour les puissances, la forme algébrique pour les sommes.

Exercice 3 : La formule d'Euler sortie de la série de Maclaurin

Pour tout réel xx, ex=∑n=0∞xnn!e^{x}=\displaystyle\sum_{n=0}^{\infty}\frac{x^{n}}{n!}, et la série converge absolument. On DÉFINIT l'exponentielle d'un nombre complexe zz par la même série, ez=∑n≥0znn!e^{z}=\sum_{n\ge 0}\frac{z^{n}}{n!}, qui converge absolument pour tout zz puisque ∑∣z∣nn!=e∣z∣\sum\frac{|z|^{n}}{n!}=e^{|z|}. On rappelle aussi les séries de Maclaurin cos⁡θ=∑k≥0(−1)kθ2k(2k)!\cos\theta=\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\theta^{2k}}{(2k)!} et sin⁡θ=∑k≥0(−1)kθ2k+1(2k+1)!\sin\theta=\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\theta^{2k+1}}{(2k+1)!}.

La figure trace, pour θ=π\theta=\pi, les sommes partielles SN=∑n=0N(iπ)nn!S_{N}=\sum_{n=0}^{N}\frac{(i\pi)^{n}}{n!} de N=0N=0 à N=9N=9, reliées dans l'ordre, et le cercle de centre 00 et de rayon 11 en pointillé.

-5-4-3-2-112-3-2-11234S₀S₁S₂S₃S₄
  • a) Calculez i2i^{2}, i3i^{3}, i4i^{4}, puis donnez ini^{n} selon le reste de la division de nn par 44. Que vaut i4k+3i^{4k+3} ?
  • b) Remplacez xx par iθi\theta dans la série de exe^{x}, séparez les termes de rang pair et de rang impair, et démontrez que eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta. Pourquoi a-t-on le droit de regrouper ainsi les termes ?
  • c) Sur la figure, chaque segment fait un quart de tour par rapport au précédent. Expliquez-le à partir du terme général. Quel est le rang nn du terme le plus long, et pourquoi la ligne brisée s'éloigne-t-elle d'abord avant de revenir ? Vers quel point converge-t-elle ?
  • d) Déduisez de b) que ∣eiθ∣=1|e^{i\theta}|=1 et e−iθ=eiθ‾e^{-i\theta}=\overline{e^{i\theta}}, puis que cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\dfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}. Que vaut eiπ+1e^{i\pi}+1 ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) i2=−1i^{2}=-1, i3=−ii^{3}=-i, i4=1i^{4}=1 ; ini^{n} vaut 11, ii, −1-1, −i-i selon le reste 00, 11, 22, 33 ; i4k+3=−ii^{4k+3}=-i
  • b) Rangs pairs : ∑(−1)kθ2k(2k)!=cos⁡θ\sum\frac{(-1)^{k}\theta^{2k}}{(2k)!}=\cos\theta ; rangs impairs : i∑(−1)kθ2k+1(2k+1)!=isin⁡θi\sum\frac{(-1)^{k}\theta^{2k+1}}{(2k+1)!}=i\sin\theta ; regroupement permis par la convergence absolue
  • c) Terme suivant == terme ×iθn+1\times\frac{i\theta}{n+1} : quart de tour ; plus long pour n=3n=3 (π36\frac{\pi^{3}}{6}) ; limite S=−1S=-1
  • d) ∣eiθ∣2=cos⁡2θ+sin⁡2θ=1|e^{i\theta}|^{2}=\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=1 ; cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2} ; eiπ+1=0e^{i\pi}+1=0

a) i2=−1i^{2}=-1 par définition, i3=i2 i=−ii^{3}=i^{2}\,i=-i, i4=(i2)2=1i^{4}=(i^{2})^{2}=1. Comme i4=1i^{4}=1, les puissances de ii se répètent avec une période 44 : i4k=1i^{4k}=1, i4k+1=ii^{4k+1}=i, i4k+2=−1i^{4k+2}=-1, i4k+3=−ii^{4k+3}=-i. Par exemple i7=i4 i3=−ii^{7}=i^{4}\,i^{3}=-i. C'est ce cycle de quatre valeurs qui va trier les termes de la série en deux familles : les puissances paires de ii sont réelles (±1\pm 1), les impaires sont imaginaires pures (±i\pm i).

b) Avec x=iθx=i\theta, le terme général devient (iθ)nn!=inθnn!\frac{(i\theta)^{n}}{n!}=i^{n}\frac{\theta^{n}}{n!}. Pour n=2kn=2k pair, i2k=(i2)k=(−1)ki^{2k}=(i^{2})^{k}=(-1)^{k} ; pour n=2k+1n=2k+1 impair, i2k+1=(−1)kii^{2k+1}=(-1)^{k}i. Donc eiθ=∑k≥0(−1)kθ2k(2k)!+i∑k≥0(−1)kθ2k+1(2k+1)!e^{i\theta}=\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\theta^{2k}}{(2k)!}+i\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\theta^{2k+1}}{(2k+1)!}, et l'on reconnaît terme à terme les séries de Maclaurin du cosinus et du sinus : eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta. Le point délicat est le regroupement : réordonner les termes d'une série peut en changer la somme si elle ne converge que conditionnellement. Ici la série converge ABSOLUMENT, puisque ∑∣(iθ)nn!∣=∑∣θ∣nn!=e∣θ∣\sum\left|\frac{(i\theta)^{n}}{n!}\right|=\sum\frac{|\theta|^{n}}{n!}=e^{|\theta|} est finie ; on peut donc la scinder en deux sous-séries qui convergent chacune. La formule d'Euler n'est donc pas une convention d'écriture : c'est un théorème, conséquence des séries de Maclaurin du chapitre précédent.

c) Le terme de rang n+1n+1 s'obtient à partir de celui de rang nn en multipliant par iθn+1\frac{i\theta}{n+1}. Multiplier par ii fait tourner d'un quart de tour, multiplier par le réel positif θn+1\frac{\theta}{n+1} change seulement la longueur : chaque segment est donc perpendiculaire au précédent, toujours dans le même sens de rotation. Pour θ=π\theta=\pi, les longueurs sont πnn!\frac{\pi^{n}}{n!}, et le rapport de deux longueurs successives est πn+1\frac{\pi}{n+1} : il dépasse 11 tant que n+1<πn+1<\pi, c'est-à-dire pour n=0,1,2n=0,1,2, puis devient plus petit que 11. Les longueurs croissent donc jusqu'au rang n=3n=3, π36≈5,2\frac{\pi^{3}}{6}\approx 5{,}2, le segment de S2S_{2} à S3S_{3}, puis décroissent vers 00 de plus en plus vite à cause de la factorielle : la ligne s'éloigne d'abord, puis s'enroule. Elle converge vers S=eiπ=cos⁡π+isin⁡π=−1S=e^{i\pi}=\cos\pi+i\sin\pi=-1, le point du cercle unité sur le demi-axe réel négatif, que la figure montre atteint dès S9S_{9} à l'œil.

d) ∣eiθ∣2=cos⁡2θ+sin⁡2θ=1|e^{i\theta}|^{2}=\cos^{2}\theta+\sin^{2}\theta=1, donc ∣eiθ∣=1|e^{i\theta}|=1 : tous les eiθe^{i\theta} sont sur le cercle unité, et θ\theta est l'angle polaire, ce qui justifie l'écriture reiθre^{i\theta} de la forme polaire. En remplaçant θ\theta par −θ-\theta, la parité du cosinus et l'imparité du sinus donnent e−iθ=cos⁡θ−isin⁡θ=eiθ‾e^{-i\theta}=\cos\theta-i\sin\theta=\overline{e^{i\theta}}. En additionnant, eiθ+e−iθ=2cos⁡θe^{i\theta}+e^{-i\theta}=2\cos\theta, d'où cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2} ; en soustrayant, sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta=\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}. Ces deux formules serviront à linéariser à l'exercice 6. Enfin eiπ=−1e^{i\pi}=-1, donc eiπ+1=0e^{i\pi}+1=0, l'identité qui réunit ee, ii, π\pi, 00 et 11.

Exercice 4 : Racines quatrièmes : un carré inscrit dans un cercle

On cherche toutes les solutions dans C\mathbb{C} de l'équation z4=−8−83 iz^{4}=-8-8\sqrt{3}\,i.

La figure montre le cercle de centre 00 et de rayon 22, et le point w0w_{0} d'affixe 3−i\sqrt{3}-i.

-3-2-1123-3-2-1123w₀|z| = 2
  • a) Écrivez −8−83 i-8-8\sqrt{3}\,i sous forme polaire, l'argument dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi].
  • b) Écrivez w0w_{0} sous forme polaire et vérifiez, sans développer de puissance, que w0w_{0} est solution.
  • c) Justifiez que si ww est solution, alors iwiw l'est aussi. Déduisez-en les trois autres solutions sous forme algébrique, et expliquez pourquoi il n'y en a pas d'autre.
  • d) Quelle figure forment les quatre solutions ? Donnez la longueur de son côté et la somme des quatre solutions.

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  • a) −8−83 i=16e−i2π/3-8-8\sqrt{3}\,i=16e^{-i2\pi/3}
  • b) w0=2e−iπ/6w_{0}=2e^{-i\pi/6} et w04=16e−i2π/3w_{0}^{4}=16e^{-i2\pi/3}
  • c) (iw)4=i4w4=w4(iw)^{4}=i^{4}w^{4}=w^{4} ; 1+3 i1+\sqrt{3}\,i, −3+i-\sqrt{3}+i, −1−3 i-1-\sqrt{3}\,i ; degré 44 : au plus quatre solutions
  • d) Un carré inscrit dans le cercle de rayon 22, de côté 222\sqrt{2} ; somme 00

a) Module : 64+192=256=16\sqrt{64+192}=\sqrt{256}=16. Puis cos⁡θ=−816=−12\cos\theta=\frac{-8}{16}=-\frac{1}{2} et sin⁡θ=−8316=−32\sin\theta=\frac{-8\sqrt{3}}{16}=-\frac{\sqrt{3}}{2} : les deux signes sont négatifs, troisième quadrant, donc θ=−2π3\theta=-\frac{2\pi}{3}. Le calcul arctan⁡−83−8=arctan⁡3=π3\arctan\frac{-8\sqrt{3}}{-8}=\arctan\sqrt{3}=\frac{\pi}{3} donnerait un angle du premier quadrant, et toutes les racines seraient fausses : c'est le même piège qu'à l'exercice 2, et il coûte ici la question entière. Donc −8−83 i=16e−i2π/3-8-8\sqrt{3}\,i=16e^{-i2\pi/3}.

b) ∣w0∣=3+1=2|w_{0}|=\sqrt{3+1}=2, cos⁡θ=32\cos\theta=\frac{\sqrt{3}}{2}, sin⁡θ=−12\sin\theta=-\frac{1}{2} : w0=2e−iπ/6w_{0}=2e^{-i\pi/6}, ce que la figure confirme, w0w_{0} étant sur le cercle de rayon 22, un peu sous l'axe réel. Par la formule de De Moivre, conséquence directe de eiαeiβ=ei(α+β)e^{i\alpha}e^{i\beta}=e^{i(\alpha+\beta)} : w04=24e−4iπ/6=16e−i2π/3w_{0}^{4}=2^{4}e^{-4i\pi/6}=16e^{-i2\pi/3}, qui est exactement le second membre. Le module se vérifie seul : 24=162^{4}=16, d'où le rayon 22 du cercle dessiné, la racine quatrième de 1616.

c) Si w4=−8−83 iw^{4}=-8-8\sqrt{3}\,i, alors (iw)4=i4w4=w4(iw)^{4}=i^{4}w^{4}=w^{4}, puisque i4=1i^{4}=1 : iwiw est encore solution. Multiplier par i=eiπ/2i=e^{i\pi/2} fait tourner d'un quart de tour autour de l'origine. On obtient w1=iw0=i(3−i)=1+3 iw_{1}=iw_{0}=i(\sqrt{3}-i)=1+\sqrt{3}\,i, puis w2=iw1=−3+iw_{2}=iw_{1}=-\sqrt{3}+i, puis w3=iw2=−1−3 iw_{3}=iw_{2}=-1-\sqrt{3}\,i ; un quatrième quart de tour ramène à w0w_{0}. En polaire, ce sont les 2ei(−π6+kπ2)2e^{i\left(-\frac{\pi}{6}+k\frac{\pi}{2}\right)} pour k=0,1,2,3k=0,1,2,3, soit les arguments −π6-\frac{\pi}{6}, π3\frac{\pi}{3}, 5π6\frac{5\pi}{6} et −2π3-\frac{2\pi}{3}. Il n'y en a pas d'autre : un polynôme de degré 44 a au plus quatre racines dans C\mathbb{C}. Le piège classique est de répondre seulement « z=2e−iπ/6z=2e^{-i\pi/6} » en divisant l'argument par 44 : on a alors oublié que l'argument du second membre n'est connu qu'à 2π2\pi près, et que 2π4=π2\frac{2\pi}{4}=\frac{\pi}{2} sépare deux racines voisines.

d) Les quatre solutions sont sur le cercle de rayon 22, séparées par des angles de π2\frac{\pi}{2} : elles forment un carré inscrit dans ce cercle (voir la figure du corrigé). Le côté relie deux racines voisines, par exemple ∣w1−w0∣=∣(1−3)+(3+1)i∣|w_{1}-w_{0}|=|(1-\sqrt{3})+(\sqrt{3}+1)i|, et (1−3)2+(1+3)2=2×(1+3)=8(1-\sqrt{3})^{2}+(1+\sqrt{3})^{2}=2\times(1+3)=8, d'où un côté 222\sqrt{2}, ce que donne aussi Pythagore dans le triangle rectangle isocèle de côtés 22 et 22. La somme est nulle : w2=−w0w_{2}=-w_{0} et w3=−w1w_{3}=-w_{1}, les racines s'annulent deux à deux, ce que dit aussi la symétrie du carré par rapport à son centre 00. C'est la règle générale : pour n≥2n\ge 2, les nn racines nn-ièmes d'un complexe forment un polygone régulier centré en 00, et leur somme est nulle.

-3-2-1123-3-2-1123w₀w₁ = i w₀w₂w₃

Exercice 5 : Polynômes à coefficients réels : les racines vont par paires conjuguées

On considère le polynôme P(z)=z3+6z−20P(z)=z^{3}+6z-20, à coefficients RÉELS.

  • a) Vérifiez que −1+3i-1+3i est une racine de PP.
  • b) Démontrez que, pour tout complexe zz, P(z‾)=P(z)‾P(\overline{z})=\overline{P(z)}. Déduisez-en une deuxième racine sans calcul, puis la troisième, et factorisez PP en un produit d'un facteur du premier degré et d'un trinôme réel.
  • c) Déterminez les réels aa et bb pour lesquels 1+i1+i est une racine de Q(z)=z3+az+bQ(z)=z^{3}+az+b, et donnez les trois racines de QQ.
  • d) Expliquez pourquoi un polynôme de degré 33 à coefficients réels a toujours au moins une racine réelle. Puis, avec R(z)=z2−iz+2R(z)=z^{2}-iz+2, vérifiez que 2i2i est racine mais pas −2i-2i, et dites quelle hypothèse manque.

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  • a) (−1+3i)3=26−18i(-1+3i)^{3}=26-18i et P(−1+3i)=26−18i−6+18i−20=0P(-1+3i)=26-18i-6+18i-20=0
  • b) −1−3i-1-3i est racine ; troisième racine 22 ; P(z)=(z−2)(z2+2z+10)P(z)=(z-2)(z^{2}+2z+10)
  • c) a=−2a=-2, b=4b=4 ; racines 1+i1+i, 1−i1-i, −2-2
  • d) Les racines non réelles vont par paires, il en reste une réelle ; R(−2i)=−4≠0R(-2i)=-4\neq 0 : les coefficients de RR ne sont pas réels

a) On calcule par étapes, sans binôme de Newton : (−1+3i)2=1−6i+9i2=−8−6i(-1+3i)^{2}=1-6i+9i^{2}=-8-6i, puis (−1+3i)3=(−8−6i)(−1+3i)=8−24i+6i−18i2=26−18i(-1+3i)^{3}=(-8-6i)(-1+3i)=8-24i+6i-18i^{2}=26-18i. Donc P(−1+3i)=26−18i+6(−1+3i)−20=(26−6−20)+(−18+18)i=0P(-1+3i)=26-18i+6(-1+3i)-20=(26-6-20)+(-18+18)i=0. Écrire séparément la partie réelle et la partie imaginaire de chaque terme évite la moitié des erreurs de signe : chacune des deux sommes doit s'annuler, et l'on contrôle ainsi deux équations au lieu d'une.

b) Le conjugué d'une somme est la somme des conjugués, et celui d'un produit, le produit des conjugués ; donc z3‾=z‾ 3\overline{z^{3}}=\overline{z}^{\,3}. Les coefficients 11, 66 et −20-20 étant réels, ils sont leurs propres conjugués : P(z)‾=z‾ 3+6z‾−20=P(z‾)\overline{P(z)}=\overline{z}^{\,3}+6\overline{z}-20=P(\overline{z}). Si P(z0)=0P(z_{0})=0, alors P(z0‾)=0‾=0P(\overline{z_{0}})=\overline{0}=0 : −1−3i-1-3i est racine. La troisième racine rr est réelle, et le coefficient de z2z^{2} étant nul, la somme des trois racines vaut 00 : (−1+3i)+(−1−3i)+r=0(-1+3i)+(-1-3i)+r=0, d'où r=2r=2. Contrôle : P(2)=8+12−20=0P(2)=8+12-20=0. Le produit des deux racines conjuguées donne le trinôme réel : (z+1−3i)(z+1+3i)=(z+1)2+9=z2+2z+10(z+1-3i)(z+1+3i)=(z+1)^{2}+9=z^{2}+2z+10, et P(z)=(z−2)(z2+2z+10)P(z)=(z-2)(z^{2}+2z+10), ce qu'on vérifie en développant : z3+2z2+10z−2z2−4z−20z^{3}+2z^{2}+10z-2z^{2}-4z-20.

c) QQ est à coefficients réels, donc si 1+i1+i est racine, 1−i1-i l'est aussi, et le trinôme (z−1−i)(z−1+i)=(z−1)2+1=z2−2z+2(z-1-i)(z-1+i)=(z-1)^{2}+1=z^{2}-2z+2 divise QQ. Le quotient est de degré 11, unitaire : Q(z)=(z2−2z+2)(z+c)=z3+(c−2)z2+(2−2c)z+2cQ(z)=(z^{2}-2z+2)(z+c)=z^{3}+(c-2)z^{2}+(2-2c)z+2c. Le coefficient de z2z^{2} de QQ est nul, donc c=2c=2, et alors a=2−4=−2a=2-4=-2 et b=4b=4. Les racines sont 1+i1+i, 1−i1-i et −2-2. Contrôle direct : (1+i)2=2i(1+i)^{2}=2i, (1+i)3=2i(1+i)=−2+2i(1+i)^{3}=2i(1+i)=-2+2i, et Q(1+i)=−2+2i−2(1+i)+4=0Q(1+i)=-2+2i-2(1+i)+4=0. On pouvait aussi écrire Q(1+i)=0Q(1+i)=0 et annuler les parties réelle et imaginaire : −2+a+b=0-2+a+b=0 et 2+a=02+a=0, le même résultat par un système.

d) Les racines non réelles d'un polynôme réel vont par paires {z0,z0‾}\{z_{0},\overline{z_{0}}\}, avec z0≠z0‾z_{0}\neq\overline{z_{0}}, donc elles sont en nombre PAIR. Un polynôme de degré 33 a trois racines comptées avec multiplicité ; trois étant impair, au moins une n'a pas de partenaire distinct, c'est-à-dire qu'elle est réelle. L'argument vaut pour tout degré impair. Pour RR : R(2i)=(2i)2−i(2i)+2=−4+2+2=0R(2i)=(2i)^{2}-i(2i)+2=-4+2+2=0, mais R(−2i)=−4−i(−2i)+2=−4−2+2=−4≠0R(-2i)=-4-i(-2i)+2=-4-2+2=-4\neq 0. La propriété tombe parce que le coefficient −i-i n'est pas réel, et que la démonstration de b) utilisait précisément ak‾=ak\overline{a_{k}}=a_{k} pour chaque coefficient. L'autre racine de RR est −i-i : la somme des racines vaut ii, et 2i×(−i)=22i\times(-i)=2 redonne bien le terme constant.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Linéariser par Euler, puis lire une série de Maclaurin

On utilise les formules cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\dfrac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2} et sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta=\dfrac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}, conséquences de la formule d'Euler, et la série de Maclaurin sin⁡x=x−x33!+x55!−x77!+⋯\sin x=x-\frac{x^{3}}{3!}+\frac{x^{5}}{5!}-\frac{x^{7}}{7!}+\cdots, valable pour tout réel xx.

Linéariser sin⁡3θ\sin^{3}\theta, c'est l'écrire comme combinaison de sin⁡θ\sin\theta, sin⁡2θ\sin 2\theta, sin⁡3θ\sin 3\theta, sans aucune puissance.

  • a) Développez (eiθ−e−iθ)3\left(e^{i\theta}-e^{-i\theta}\right)^{3} par la formule du binôme, regroupez les exponentielles opposées et exprimez le résultat avec des sinus.
  • b) Déduisez-en sin⁡3θ=αsin⁡θ+βsin⁡3θ\sin^{3}\theta=\alpha\sin\theta+\beta\sin 3\theta en donnant α\alpha et β\beta. Contrôlez en θ=π2\theta=\frac{\pi}{2}.
  • c) À partir de b) et de la série de sin⁡x\sin x, obtenez la série de Maclaurin de sin⁡3x\sin^{3}x jusqu'au terme en x7x^{7}. Contrôlez les deux premiers termes en élevant au cube x−x36x-\frac{x^{3}}{6}.
  • d) Déduisez de c) la limite de sin⁡3x−x3x5\dfrac{\sin^{3}x-x^{3}}{x^{5}} quand x→0x\to 0, puis la valeur de f(5)(0)f^{(5)}(0) pour f(x)=sin⁡3xf(x)=\sin^{3}x.

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  • a) (eiθ−e−iθ)3=(e3iθ−e−3iθ)−3(eiθ−e−iθ)=2isin⁡3θ−6isin⁡θ\left(e^{i\theta}-e^{-i\theta}\right)^{3}=\left(e^{3i\theta}-e^{-3i\theta}\right)-3\left(e^{i\theta}-e^{-i\theta}\right)=2i\sin 3\theta-6i\sin\theta
  • b) sin⁡3θ=34sin⁡θ−14sin⁡3θ\sin^{3}\theta=\frac{3}{4}\sin\theta-\frac{1}{4}\sin 3\theta ; en π2\frac{\pi}{2} : 1=34+141=\frac{3}{4}+\frac{1}{4}
  • c) sin⁡3x=x3−12x5+13120x7−⋯\sin^{3}x=x^{3}-\frac{1}{2}x^{5}+\frac{13}{120}x^{7}-\cdots
  • d) Limite −12-\frac{1}{2} ; f(5)(0)=−12×5!=−60f^{(5)}(0)=-\frac{1}{2}\times 5!=-60

a) Avec u=eiθu=e^{i\theta} et v=e−iθv=e^{-i\theta}, on a uv=e0=1uv=e^{0}=1, et le binôme donne (u−v)3=u3−3u2v+3uv2−v3=u3−3u+3v−v3(u-v)^{3}=u^{3}-3u^{2}v+3uv^{2}-v^{3}=u^{3}-3u+3v-v^{3}, puisque u2v=uu^{2}v=u et uv2=vuv^{2}=v. On regroupe les exponentielles opposées : (e3iθ−e−3iθ)−3(eiθ−e−iθ)\left(e^{3i\theta}-e^{-3i\theta}\right)-3\left(e^{i\theta}-e^{-i\theta}\right). Chaque parenthèse est de la forme eikθ−e−ikθ=2isin⁡kθe^{ik\theta}-e^{-ik\theta}=2i\sin k\theta, d'où 2isin⁡3θ−6isin⁡θ2i\sin 3\theta-6i\sin\theta. C'est tout le principe de la linéarisation : le produit eiθe−iθ=1e^{i\theta}e^{-i\theta}=1 fait disparaître les termes croisés, et seuls restent des angles multiples, conséquence directe de la règle eiαeiβ=ei(α+β)e^{i\alpha}e^{i\beta}=e^{i(\alpha+\beta)}, le fil de la série.

b) sin⁡3θ=(eiθ−e−iθ)3(2i)3\sin^{3}\theta=\dfrac{\left(e^{i\theta}-e^{-i\theta}\right)^{3}}{(2i)^{3}}, et (2i)3=8i3=−8i(2i)^{3}=8i^{3}=-8i. Donc sin⁡3θ=2isin⁡3θ−6isin⁡θ−8i=3sin⁡θ−sin⁡3θ4\sin^{3}\theta=\dfrac{2i\sin 3\theta-6i\sin\theta}{-8i}=\dfrac{3\sin\theta-\sin 3\theta}{4}, soit α=34\alpha=\frac{3}{4} et β=−14\beta=-\frac{1}{4}. Le piège est le signe de (2i)3(2i)^{3} : écrire 8i8i au lieu de −8i-8i change les deux signes et donne sin⁡3π2=−1\sin^{3}\frac{\pi}{2}=-1. Contrôle en θ=π2\theta=\frac{\pi}{2} : à gauche 11, à droite 34×1−14sin⁡3π2=34+14=1\frac{3}{4}\times 1-\frac{1}{4}\sin\frac{3\pi}{2}=\frac{3}{4}+\frac{1}{4}=1. Un second contrôle en θ=π6\theta=\frac{\pi}{6} : 18\frac{1}{8} contre 38−14=18\frac{3}{8}-\frac{1}{4}=\frac{1}{8}.

c) On remplace chaque sinus par sa série, celle de sin⁡3x\sin 3x s'obtenant par substitution de 3x3x : sin⁡3x=3x−27x36+243x5120−2187x75040+⋯\sin 3x=3x-\frac{27x^{3}}{6}+\frac{243x^{5}}{120}-\frac{2187x^{7}}{5040}+\cdots. Alors 3sin⁡x−sin⁡3x=(3−3)x+−3+276x3+3−243120x5+−3+21875040x7+⋯=4x3−2x5+21845040x7+⋯3\sin x-\sin 3x=(3-3)x+\frac{-3+27}{6}x^{3}+\frac{3-243}{120}x^{5}+\frac{-3+2187}{5040}x^{7}+\cdots=4x^{3}-2x^{5}+\frac{2184}{5040}x^{7}+\cdots, et en divisant par 44 : sin⁡3x=x3−12x5+13120x7−⋯\sin^{3}x=x^{3}-\frac{1}{2}x^{5}+\frac{13}{120}x^{7}-\cdots, car 218420 160=13120\frac{2184}{20\,160}=\frac{13}{120}. Le terme en xx s'annule, ce qui était prévisible : sin⁡3x\sin^{3}x se comporte comme x3x^{3} près de 00. Contrôle : (x−x36)3=x3−3x2⋅x36+⋯=x3−12x5+⋯\left(x-\frac{x^{3}}{6}\right)^{3}=x^{3}-3x^{2}\cdot\frac{x^{3}}{6}+\cdots=x^{3}-\frac{1}{2}x^{5}+\cdots, les deux premiers termes concordent. Élever au cube une série tronquée donne vite les premiers termes, mais le coefficient de x7x^{7} demanderait aussi le terme x5120\frac{x^{5}}{120} de la série de sin⁡\sin et un développement plus long : la linéarisation donne TOUS les coefficients, sin⁡3x=∑k≥0(−1)k(3−32k+1)4 (2k+1)!x2k+1\sin^{3}x=\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\left(3-3^{2k+1}\right)}{4\,(2k+1)!}x^{2k+1}, d'un seul coup.

d) sin⁡3x−x3x5=−12+13120x2−⋯→−12\dfrac{\sin^{3}x-x^{3}}{x^{5}}=-\frac{1}{2}+\frac{13}{120}x^{2}-\cdots\to-\frac{1}{2}. Trois applications de la règle de L'Hospital donneraient le même résultat au prix de dérivées de plus en plus lourdes ; la série règle la question en une ligne. Enfin, le coefficient de x5x^{5} dans la série de Maclaurin de ff est f(5)(0)5!\frac{f^{(5)}(0)}{5!} ; par unicité du développement en série entière, f(5)(0)120=−12\frac{f^{(5)}(0)}{120}=-\frac{1}{2}, d'où f(5)(0)=−60f^{(5)}(0)=-60, sans dériver cinq fois. De même f(7)(0)=13120×5040=546f^{(7)}(0)=\frac{13}{120}\times 5040=546.

0,20,40,60,811,21,41,6-0,20,20,40,60,811,2sin³xx³x³ − x⁵/2

Exercice 7 : Lieux géométriques : lire une condition sur z comme une distance

Pour deux complexes zz et aa, ∣z−a∣|z-a| est la DISTANCE entre les points d'affixes zz et aa. On note z=x+iyz=x+iy, avec xx et yy réels.

La figure représente une région du plan, en bleu, bord compris, et trois points PP, QQ, RR situés sur des nœuds du quadrillage.

-2-11234-2-11234PQR
  • a) Décrivez l'ensemble des points zz tels que ∣z+1−2i∣=5|z+1-2i|=\sqrt{5} : nature, centre, rayon. Passe-t-il par l'origine ?
  • b) Décrivez l'ensemble des points zz tels que ∣z−3∣=∣z+1+2i∣|z-3|=|z+1+2i| et donnez son équation sous la forme y=mx+py=mx+p.
  • c) La région de la figure s'écrit {z:∣z−z0∣≤r\{z : |z-z_{0}|\le r et Re⁡z≥k}\operatorname{Re}z\ge k\}. Lisez z0z_{0}, rr et kk. Montrez ensuite que la condition Re⁡z≥1\operatorname{Re}z\ge 1 équivaut à ∣z∣≥∣z−2∣|z|\ge|z-2|.
  • d) Les points PP, QQ et RR appartiennent-ils à la région ? Justifiez chaque réponse par un calcul de distance.

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  • a) Cercle de centre −1+2i-1+2i et de rayon 5\sqrt{5} ; il passe par 00 car ∣1−2i∣=5|1-2i|=\sqrt{5}
  • b) Médiatrice du segment joignant 33 et −1−2i-1-2i : y=−2x+1y=-2x+1
  • c) z0=1+iz_{0}=1+i, r=2r=2, k=1k=1 ; ∣z∣2≥∣z−2∣2  ⟺  4x−4≥0  ⟺  x≥1|z|^{2}\ge|z-2|^{2}\iff 4x-4\ge 0\iff x\ge 1
  • d) PP oui (∣P−z0∣=2|P-z_{0}|=\sqrt{2}) ; QQ non (22>22\sqrt{2}>2) ; RR non (Re⁡R=0<1\operatorname{Re}R=0<1, bien que ∣R−z0∣=1|R-z_{0}|=1)

a) On réécrit la condition sous la forme ∣z−a∣|z-a| : ∣z+1−2i∣=∣z−(−1+2i)∣|z+1-2i|=|z-(-1+2i)|. C'est la distance de zz au point fixe −1+2i-1+2i, égale à 5\sqrt{5} : l'ensemble est le cercle de centre −1+2i-1+2i et de rayon 5\sqrt{5}. Le piège est le signe du centre : ∣z+1−2i∣|z+1-2i| n'a pas pour centre 1−2i1-2i, exactement comme (x+1)2(x+1)^{2} a son sommet en x=−1x=-1. L'origine est sur le cercle, car ∣0+1−2i∣=1+4=5|0+1-2i|=\sqrt{1+4}=\sqrt{5}. En coordonnées, (x+1)2+(y−2)2=5(x+1)^{2}+(y-2)^{2}=5 se développe en x2+y2+2x−4y=0x^{2}+y^{2}+2x-4y=0 : l'absence de terme constant dit la même chose, (0 ;0)(0\,;0) vérifie l'équation.

b) ∣z−3∣=∣z−(−1−2i)∣|z-3|=|z-(-1-2i)| : zz est à égale distance des points 33 et −1−2i-1-2i, c'est la médiatrice du segment qui les joint, une DROITE et non un cercle. Par le calcul, on élève au carré deux nombres positifs : (x−3)2+y2=(x+1)2+(y+2)2(x-3)^{2}+y^{2}=(x+1)^{2}+(y+2)^{2}, soit −6x+9=2x+1+4y+4-6x+9=2x+1+4y+4, donc −8x−4y+4=0-8x-4y+4=0 et y=−2x+1y=-2x+1. Contrôle géométrique : le milieu du segment est 3+(−1−2i)2=1−i\frac{3+(-1-2i)}{2}=1-i, et −2×1+1=−1-2\times 1+1=-1, il est bien sur la droite ; le segment a la direction (4 ;2)(4\,;2), de pente 12\frac{1}{2}, et −2×12=−1-2\times\frac{1}{2}=-1 : la droite lui est perpendiculaire.

c) La région est un demi-disque. Son bord courbe est un arc de cercle dont le centre se lit au milieu du bord rectiligne, au nœud (1 ;1)(1\,;1), et le rayon vaut 22, puisque le bord va de (1 ;−1)(1\,;-1) à (1 ;3)(1\,;3) et atteint (3 ;1)(3\,;1). Le bord rectiligne est la droite verticale x=1x=1, et la région est à sa droite. Donc z0=1+iz_{0}=1+i, r=2r=2 et k=1k=1. Pour la seconde partie, ∣z∣≥∣z−2∣|z|\ge|z-2| équivaut, les deux membres étant positifs, à x2+y2≥(x−2)2+y2x^{2}+y^{2}\ge(x-2)^{2}+y^{2}, soit 4x−4≥04x-4\ge 0, soit x≥1x\ge 1. Lecture géométrique : les points plus loin de 00 que de 22 sont ceux du côté de 22 par rapport à la médiatrice x=1x=1 de ces deux points. Une inégalité entre deux distances découpe toujours un demi-plan, de la même façon qu'une égalité trace une médiatrice.

d) Il faut vérifier les DEUX conditions. P=2+2iP=2+2i : ∣P−(1+i)∣=∣1+i∣=2≤2|P-(1+i)|=|1+i|=\sqrt{2}\le 2 et Re⁡P=2≥1\operatorname{Re}P=2\ge 1, donc PP est dans la région. Q=3−iQ=3-i : ∣Q−(1+i)∣=∣2−2i∣=22>2|Q-(1+i)|=|2-2i|=2\sqrt{2}>2, donc QQ est hors du disque et hors de la région, bien qu'il soit du bon côté de la droite. R=iR=i : ∣R−(1+i)∣=∣−1∣=1≤2|R-(1+i)|=|-1|=1\le 2, il est dans le disque, mais Re⁡R=0<1\operatorname{Re}R=0<1, donc il n'est pas dans la région. Les points QQ et RR sont deux contre-exemples complémentaires : chacun satisfait une seule des deux conditions, et c'est en les testant toutes les deux qu'on évite de répondre d'après une seule.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des affirmations suivantes est FAUSSE. Pour chacune, donnez un contre-exemple, puis l'énoncé juste. On rappelle que, pour z=x+iyz=x+iy, ez=exeiy=ex(cos⁡y+isin⁡y)e^{z}=e^{x}e^{iy}=e^{x}(\cos y+i\sin y), et que cos⁡z=eiz+e−iz2\cos z=\dfrac{e^{iz}+e^{-iz}}{2} pour tout complexe zz. On pourra utiliser e≈2,718e\approx 2{,}718.

  • a) « Comme e2πi=1=e0e^{2\pi i}=1=e^{0}, on a 2πi=02\pi i=0 : l'exponentielle complexe est injective, comme l'exponentielle réelle. »
  • b) « Pour tout complexe zz, ∣ez∣=e∣z∣|e^{z}|=e^{|z|}. »
  • c) « Pour tout complexe zz, ∣cos⁡z∣≤1|\cos z|\le 1. »
  • d) « Si z3=w3z^{3}=w^{3}, alors z=wz=w. »
  • e) « La série ∑n≥0(iθ)nn!\sum_{n\ge 0}\frac{(i\theta)^{n}}{n!} ne converge que pour ∣θ∣<1|\theta|<1, comme une série géométrique de raison iθi\theta. »

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c)
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e)
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  • a) ez=ew  ⟺  z−w=2kπie^{z}=e^{w}\iff z-w=2k\pi i, k∈Zk\in\mathbb{Z} : ez=1e^{z}=1 a une infinité de solutions
  • b) ∣ex+iy∣=ex=eRe⁡z|e^{x+iy}|=e^{x}=e^{\operatorname{Re}z} ; pour z=iπz=i\pi, ∣ez∣=1≠eπ|e^{z}|=1\neq e^{\pi}
  • c) cos⁡i=e−1+e2≈1,54>1\cos i=\frac{e^{-1}+e}{2}\approx 1{,}54>1 ; l'inégalité ne vaut que pour zz réel
  • d) z3=w3  ⟺  z∈{w, wei2π/3, wei4π/3}z^{3}=w^{3}\iff z\in\left\{w,\ we^{i2\pi/3},\ we^{i4\pi/3}\right\} ; par exemple 13=(ei2π/3)31^{3}=\left(e^{i2\pi/3}\right)^{3}
  • e) Critère de d'Alembert : rapport ∣θ∣n+1→0\frac{|\theta|}{n+1}\to 0, convergence absolue pour tout θ\theta, rayon infini

a) La formule d'Euler donne ei(θ+2π)=eiθe^{i(\theta+2\pi)}=e^{i\theta} : l'exponentielle complexe est PÉRIODIQUE, de période 2πi2\pi i, donc elle n'est pas injective. De ez=ewe^{z}=e^{w}, on déduit ez−w=1e^{z-w}=1 ; en écrivant z−w=x+iyz-w=x+iy, ex=∣ez−w∣=1e^{x}=|e^{z-w}|=1 donne x=0x=0, puis cos⁡y=1\cos y=1 et sin⁡y=0\sin y=0 donnent y=2kπy=2k\pi. L'énoncé juste : ez=ewe^{z}=e^{w} si et seulement si z−w=2kπiz-w=2k\pi i avec kk entier. C'est, écrit avec l'exponentielle, le « à 2π2\pi près » des arguments : deux formes polaires reiθre^{i\theta} et reiθ′re^{i\theta'} désignent le même nombre dès que θ′−θ\theta'-\theta est un multiple de 2π2\pi.

b) Pour z=x+iyz=x+iy, ∣ez∣=∣ex∣ ∣eiy∣=ex×1=ex|e^{z}|=|e^{x}|\,|e^{iy}|=e^{x}\times 1=e^{x}. Le module de l'exponentielle ne dépend que de la partie RÉELLE, la partie imaginaire ne fait que tourner. Contre-exemple : z=iπz=i\pi, ∣eiπ∣=∣−1∣=1|e^{i\pi}|=|-1|=1, alors que e∣iπ∣=eπ>1e^{|i\pi|}=e^{\pi}>1. L'énoncé juste : ∣ez∣=eRe⁡z|e^{z}|=e^{\operatorname{Re}z}, et l'on a seulement ∣ez∣≤e∣z∣|e^{z}|\le e^{|z|}, avec égalité si zz est un réel positif ou nul. Par exemple ∣e2+3i∣=e2|e^{2+3i}|=e^{2}.

c) Avec z=iz=i : cos⁡i=ei⋅i+e−i⋅i2=e−1+e2\cos i=\frac{e^{i\cdot i}+e^{-i\cdot i}}{2}=\frac{e^{-1}+e}{2}, un nombre RÉEL, et même supérieur à 11, car e+1e>2e+\frac{1}{e}>2 (pour t>0t>0 et t≠1t\neq 1, t+1t−2=(t−1)2t>0t+\frac{1}{t}-2=\frac{(t-1)^{2}}{t}>0). Numériquement, 2,718+0,3682≈1,54\frac{2{,}718+0{,}368}{2}\approx 1{,}54. L'énoncé juste : ∣cos⁡x∣≤1|\cos x|\le 1 pour xx RÉEL seulement. Hors de l'axe réel, le cosinus n'est plus borné : cos⁡(iy)=ey+e−y2\cos(iy)=\frac{e^{y}+e^{-y}}{2} tend vers +∞+\infty. On voit ici que la formule cos⁡z=eiz+e−iz2\cos z=\frac{e^{iz}+e^{-iz}}{2}, démontrée pour zz réel, sert de DÉFINITION pour zz complexe, et que la propriété « borné par 11 » ne survit pas au prolongement.

d) Contre-exemple : z=ei2π/3z=e^{i2\pi/3} et w=1w=1. Par De Moivre, z3=ei2π=1=w3z^{3}=e^{i2\pi}=1=w^{3}, alors que z≠1z\neq 1. Plus généralement, si w≠0w\neq 0, l'équation z3=w3z^{3}=w^{3} s'écrit (zw)3=1\left(\frac{z}{w}\right)^{3}=1, et les trois racines cubiques de l'unité, 11, ei2π/3e^{i2\pi/3} et ei4π/3e^{i4\pi/3}, donnent les trois solutions ww, wei2π/3we^{i2\pi/3}, wei4π/3we^{i4\pi/3}. Prendre la « racine cubique » des deux membres est permis dans R\mathbb{R}, où t↦t3t\mapsto t^{3} est strictement croissante, et interdit dans C\mathbb{C}, où cette fonction envoie trois points sur un même point. Par exemple z3=8z^{3}=8 a trois solutions, 22, 2ei2π/32e^{i2\pi/3} et 2ei4π/32e^{i4\pi/3}.

e) La série n'est pas géométrique : le terme suivant s'obtient en multipliant par iθn+1\frac{i\theta}{n+1}, et non par une raison fixe. Le critère de d'Alembert appliqué à la série des modules donne ∣θ∣n+1/(n+1)!∣θ∣n/n!=∣θ∣n+1→0<1\frac{|\theta|^{n+1}/(n+1)!}{|\theta|^{n}/n!}=\frac{|\theta|}{n+1}\to 0<1, pour TOUT θ\theta : la série converge absolument partout, son rayon de convergence est infini, comme celui de la série de exe^{x} dont elle est issue. C'est ce qui rend la formule d'Euler valable pour tout angle, et pas seulement pour les petits angles. La factorielle au dénominateur finit toujours par l'emporter sur la puissance, ce que montrait la spirale de l'exercice 3.

Exercice 9 : Problème : une seule exponentielle complexe pour étudier e^x cos x

On pose f(x)=excos⁡xf(x)=e^{x}\cos x, g(x)=exsin⁡xg(x)=e^{x}\sin x et, pour xx réel, E(x)=e(1+i)x=exeixE(x)=e^{(1+i)x}=e^{x}e^{ix}. Le but est d'obtenir les dérivées successives de ff, sa série de Maclaurin et une intégrale, par un seul calcul sur EE, sans intégration par parties.

  • a) Montrez que E(x)=f(x)+ig(x)E(x)=f(x)+ig(x). En dérivant séparément ff et gg, montrez que E′(x)=(1+i)E(x)E'(x)=(1+i)E(x), puis que E(n)(x)=(1+i)nE(x)E^{(n)}(x)=(1+i)^{n}E(x).
  • b) Écrivez 1+i1+i sous forme polaire et déduisez-en f(n)(x)=2n/2excos⁡(x+nπ4)f^{(n)}(x)=2^{n/2}e^{x}\cos\left(x+\frac{n\pi}{4}\right). Calculez f(3)(0)f^{(3)}(0) et montrez que f(8)=16ff^{(8)}=16f.
  • c) Déduisez-en la série de Maclaurin de ff jusqu'au terme en x5x^{5}, contrôlez-la par le produit des séries de exe^{x} et de cos⁡x\cos x, et dites pour quels rangs nn le coefficient de xnx^{n} est nul.
  • d) En utilisant une primitive de EE, calculez ∫0π/2excos⁡x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}e^{x}\cos x\,dx et ∫0π/2exsin⁡x dx\displaystyle\int_{0}^{\pi/2}e^{x}\sin x\,dx en valeur exacte, sous la forme αeπ/2+β\alpha e^{\pi/2}+\beta.

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Réponses

  • a) E=ex(cos⁡x+isin⁡x)=f+igE=e^{x}(\cos x+i\sin x)=f+ig ; f′=f−gf'=f-g, g′=f+gg'=f+g, donc E′=(1+i)EE'=(1+i)E et E(n)=(1+i)nEE^{(n)}=(1+i)^{n}E
  • b) 1+i=2 eiπ/41+i=\sqrt{2}\,e^{i\pi/4} ; f(n)=Re⁡E(n)=2n/2excos⁡(x+nπ4)f^{(n)}=\operatorname{Re}E^{(n)}=2^{n/2}e^{x}\cos\left(x+\frac{n\pi}{4}\right) ; f(3)(0)=−2f^{(3)}(0)=-2 ; f(8)=16ff^{(8)}=16f
  • c) f(x)=1+x−x33−x46−x530+⋯f(x)=1+x-\frac{x^{3}}{3}-\frac{x^{4}}{6}-\frac{x^{5}}{30}+\cdots ; coefficient nul pour n=2,6,10,…n=2,6,10,\ldots (n≡2n\equiv 2 modulo 44)
  • d) ∫0π/2excos⁡x dx=12eπ/2−12\int_{0}^{\pi/2}e^{x}\cos x\,dx=\frac{1}{2}e^{\pi/2}-\frac{1}{2} ; ∫0π/2exsin⁡x dx=12eπ/2+12\int_{0}^{\pi/2}e^{x}\sin x\,dx=\frac{1}{2}e^{\pi/2}+\frac{1}{2}

a) Par la formule d'Euler, E(x)=ex(cos⁡x+isin⁡x)=excos⁡x+iexsin⁡x=f(x)+ig(x)E(x)=e^{x}(\cos x+i\sin x)=e^{x}\cos x+ie^{x}\sin x=f(x)+ig(x). On dérive une fonction à valeurs complexes en dérivant sa partie réelle et sa partie imaginaire. Par la règle du produit, f′(x)=excos⁡x−exsin⁡x=f−gf'(x)=e^{x}\cos x-e^{x}\sin x=f-g et g′(x)=exsin⁡x+excos⁡x=f+gg'(x)=e^{x}\sin x+e^{x}\cos x=f+g. Donc E′=f′+ig′=(f−g)+i(f+g)E'=f'+ig'=(f-g)+i(f+g), et d'autre part (1+i)E=(1+i)(f+ig)=f+ig+if−g=(f−g)+i(f+g)(1+i)E=(1+i)(f+ig)=f+ig+if-g=(f-g)+i(f+g) : les deux coïncident, E′=(1+i)EE'=(1+i)E, exactement la règle (eax)′=aeax\left(e^{ax}\right)'=ae^{ax} avec a=1+ia=1+i. En la répétant, E′′=(1+i)E′=(1+i)2EE''=(1+i)E'=(1+i)^{2}E, et par récurrence E(n)=(1+i)nEE^{(n)}=(1+i)^{n}E.

b) ∣1+i∣=2|1+i|=\sqrt{2} et l'argument vaut π4\frac{\pi}{4}, premier quadrant : 1+i=2 eiπ/41+i=\sqrt{2}\,e^{i\pi/4}. Par De Moivre, (1+i)n=2n/2einπ/4(1+i)^{n}=2^{n/2}e^{in\pi/4}, donc E(n)(x)=2n/2exei(x+nπ/4)E^{(n)}(x)=2^{n/2}e^{x}e^{i(x+n\pi/4)}, puisque les arguments s'ADDITIONNENT. Comme f=Re⁡Ef=\operatorname{Re}E et que dériver commute avec prendre la partie réelle, f(n)(x)=2n/2excos⁡(x+nπ4)f^{(n)}(x)=2^{n/2}e^{x}\cos\left(x+\frac{n\pi}{4}\right). Pour n=3n=3 en 00 : 23/2cos⁡3π4=22×(−22)=−22^{3/2}\cos\frac{3\pi}{4}=2\sqrt{2}\times\left(-\frac{\sqrt{2}}{2}\right)=-2. Pour n=8n=8, 24=162^{4}=16 et 8π4=2π\frac{8\pi}{4}=2\pi est un tour complet : f(8)(x)=16excos⁡x=16f(x)f^{(8)}(x)=16e^{x}\cos x=16f(x). Huit dérivations par la règle du produit auraient demandé huit lignes ; la forme polaire de 1+i1+i les remplace par une puissance.

c) Le coefficient de xnx^{n} est f(n)(0)n!=2n/2cos⁡(nπ/4)n!=Re⁡((1+i)n)n!\frac{f^{(n)}(0)}{n!}=\frac{2^{n/2}\cos(n\pi/4)}{n!}=\frac{\operatorname{Re}\left((1+i)^{n}\right)}{n!}. Avec (1+i)2=2i(1+i)^{2}=2i, (1+i)3=−2+2i(1+i)^{3}=-2+2i, (1+i)4=−4(1+i)^{4}=-4, (1+i)5=−4−4i(1+i)^{5}=-4-4i, les parties réelles valent 11, 11, 00, −2-2, −4-4, −4-4 pour n=0n=0 à 55, d'où f(x)=1+x−26x3−424x4−4120x5+⋯=1+x−x33−x46−x530+⋯f(x)=1+x-\frac{2}{6}x^{3}-\frac{4}{24}x^{4}-\frac{4}{120}x^{5}+\cdots=1+x-\frac{x^{3}}{3}-\frac{x^{4}}{6}-\frac{x^{5}}{30}+\cdots. Contrôle par le produit (1+x+x22+x36+⋯ )(1−x22+x424−⋯ )\left(1+x+\frac{x^{2}}{2}+\frac{x^{3}}{6}+\cdots\right)\left(1-\frac{x^{2}}{2}+\frac{x^{4}}{24}-\cdots\right) : en x2x^{2}, 12−12=0\frac{1}{2}-\frac{1}{2}=0 ; en x3x^{3}, 16−12=−13\frac{1}{6}-\frac{1}{2}=-\frac{1}{3} ; en x4x^{4}, 124−14+124=−16\frac{1}{24}-\frac{1}{4}+\frac{1}{24}=-\frac{1}{6}. Le coefficient est nul quand cos⁡nπ4=0\cos\frac{n\pi}{4}=0, c'est-à-dire quand nπ4\frac{n\pi}{4} est un multiple impair de π2\frac{\pi}{2}, soit n=2,6,10,…n=2,6,10,\ldots : (1+i)n(1+i)^{n} est alors imaginaire pur. Le produit des séries ne laisse rien deviner de cette régularité, la forme polaire la rend évidente.

d) Comme E′=(1+i)EE'=(1+i)E, la fonction E1+i\frac{E}{1+i} est une primitive de EE, et l'on intègre partie réelle et partie imaginaire ensemble : ∫0π/2E(x) dx=E(π/2)−E(0)1+i=ieπ/2−11+i\int_{0}^{\pi/2}E(x)\,dx=\frac{E(\pi/2)-E(0)}{1+i}=\frac{ie^{\pi/2}-1}{1+i}, puisque E(π2)=eπ/2eiπ/2=ieπ/2E\left(\frac{\pi}{2}\right)=e^{\pi/2}e^{i\pi/2}=ie^{\pi/2}. On multiplie par le conjugué : (ieπ/2−1)(1−i)2=ieπ/2+eπ/2−1+i2=eπ/2−12+i eπ/2+12\frac{(ie^{\pi/2}-1)(1-i)}{2}=\frac{ie^{\pi/2}+e^{\pi/2}-1+i}{2}=\frac{e^{\pi/2}-1}{2}+i\,\frac{e^{\pi/2}+1}{2}. La partie réelle est l'intégrale de ff, la partie imaginaire celle de gg : ∫0π/2excos⁡x dx=12eπ/2−12\int_{0}^{\pi/2}e^{x}\cos x\,dx=\frac{1}{2}e^{\pi/2}-\frac{1}{2} et ∫0π/2exsin⁡x dx=12eπ/2+12\int_{0}^{\pi/2}e^{x}\sin x\,dx=\frac{1}{2}e^{\pi/2}+\frac{1}{2}. Deux intégrations par parties enchaînées, avec le retour de l'intégrale de départ, sont remplacées par une division complexe. Contrôle de signe : sur [0 ;π2]\left[0\,;\frac{\pi}{2}\right], ff et gg sont positives, et les deux résultats le sont, eπ/2>1e^{\pi/2}>1.

Exercice 10 : Problème : impédance complexe d'un circuit RLC et facteur de puissance

En régime sinusoïdal de pulsation ω\omega (en rad/s), une résistance RR, une bobine d'inductance LL et un condensateur de capacité CC ont pour IMPÉDANCES complexes ZR=RZ_{R}=R, ZL=iLωZ_{L}=iL\omega et ZC=1iCω=−iCωZ_{C}=\dfrac{1}{iC\omega}=-\dfrac{i}{C\omega}, en ohms. En série, les impédances s'additionnent ; en parallèle, ce sont leurs inverses qui s'additionnent.

Une tension v(t)=Vcos⁡(ωt)v(t)=V\cos(\omega t) est représentée par son phaseur VV ; le courant est i(t)=Re⁡(Ieiωt)i(t)=\operatorname{Re}\left(Ie^{i\omega t}\right), avec I=VZI=\dfrac{V}{Z}. Son amplitude est ∣I∣=V∣Z∣|I|=\dfrac{V}{|Z|}, et l'argument φ\varphi de ZZ est le déphasage de la tension sur le courant ; cos⁡φ\cos\varphi s'appelle le facteur de puissance.

Le circuit étudié est un RLC série : R=80 ΩR=80\ \Omega, L=0,04L=0{,}04 H, C=25 μFC=25\ \mu\mathrm{F}, alimenté sous V=200V=200 V.

  • a) Pour ω=2000\omega=2000 rad/s, calculez ZZ sous forme algébrique, ∣Z∣|Z|, l'amplitude du courant et le facteur de puissance. Le courant est-il en avance ou en retard sur la tension ?
  • b) Reprenez le calcul pour ω=500\omega=500 rad/s. Comparez les deux impédances et expliquez la symétrie observée à l'aide du produit 2000×5002000\times 500.
  • c) Pour quelle pulsation ω0\omega_{0} l'impédance est-elle réelle ? Montrez que l'amplitude du courant y est maximale et calculez-la.
  • d) À ω=2000\omega=2000 rad/s, on branche un condensateur de capacité C′C' en PARALLÈLE sur tout le circuit. Calculez 1Z\dfrac{1}{Z} sous forme algébrique, puis la valeur de C′C' qui rend l'impédance totale réelle, et l'amplitude du courant fourni par la source.

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  • a) Z=80+60iZ=80+60i, ∣Z∣=100 Ω|Z|=100\ \Omega, ∣I∣=2|I|=2 A, cos⁡φ=0,8\cos\varphi=0{,}8 ; courant en retard (φ>0\varphi>0)
  • b) Z=80−60i=Z(2000)‾Z=80-60i=\overline{Z(2000)}, même module 100100 ; courant en avance ; 2000×500=ω022000\times 500=\omega_{0}^{2}
  • c) ω0=1LC=1000\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}}=1000 rad/s ; Z=80Z=80, ∣I∣=2,5|I|=2{,}5 A, maximum car ∣Z∣≥R|Z|\ge R
  • d) 1Z=4−3i500\frac{1}{Z}=\frac{4-3i}{500} ; C′ω=3500C'\omega=\frac{3}{500}, C′=3 μFC'=3\ \mu\mathrm{F} ; Ztot=125 ΩZ_{\text{tot}}=125\ \Omega, ∣I∣=1,6|I|=1{,}6 A

a) Lω=0,04×2000=80 ΩL\omega=0{,}04\times 2000=80\ \Omega et 1Cω=125×10−6×2000=10,05=20 Ω\frac{1}{C\omega}=\frac{1}{25\times 10^{-6}\times 2000}=\frac{1}{0{,}05}=20\ \Omega. En série : Z=80+i(80−20)=80+60iZ=80+i(80-20)=80+60i. Son module est 6400+3600=100 Ω\sqrt{6400+3600}=100\ \Omega, d'où ∣I∣=200100=2|I|=\frac{200}{100}=2 A : c'est la propriété ∣V/Z∣=∣V∣/∣Z∣|V/Z|=|V|/|Z| du quotient, qui évite de calculer II en entier. Le facteur de puissance est cos⁡φ=Re⁡Z∣Z∣=80100=0,8\cos\varphi=\frac{\operatorname{Re}Z}{|Z|}=\frac{80}{100}=0{,}8, avec sin⁡φ=0,6>0\sin\varphi=0{,}6>0. Comme I=VZI=\frac{V}{Z}, l'argument de II est 0−φ=−φ0-\varphi=-\varphi : diviser SOUSTRAIT les arguments. Le courant i(t)=2cos⁡(ωt−φ)i(t)=2\cos(\omega t-\varphi) est donc en RETARD de φ\varphi sur la tension, le comportement d'un circuit inductif. En algébrique, I=200(80−60i)10 000=1,6−1,2iI=\frac{200(80-60i)}{10\,000}=1{,}6-1{,}2i, de module 22.

b) À ω=500\omega=500 : Lω=20 ΩL\omega=20\ \Omega et 1Cω=10,0125=80 Ω\frac{1}{C\omega}=\frac{1}{0{,}0125}=80\ \Omega, donc Z=80+i(20−80)=80−60iZ=80+i(20-80)=80-60i, le CONJUGUÉ de l'impédance précédente : même module 100100, même amplitude 22 A, mais un argument opposé, et le courant est cette fois en AVANCE, comportement capacitif. La symétrie n'est pas un hasard : 2000×500=106=1LC2000\times 500=10^{6}=\frac{1}{LC}. Posons ω02=1LC\omega_{0}^{2}=\frac{1}{LC} et X(ω)=Lω−1CωX(\omega)=L\omega-\frac{1}{C\omega}. Alors X(ω02ω)=Lω02ω−ωCω02=1Cω−Lω=−X(ω)X\left(\frac{\omega_{0}^{2}}{\omega}\right)=\frac{L\omega_{0}^{2}}{\omega}-\frac{\omega}{C\omega_{0}^{2}}=\frac{1}{C\omega}-L\omega=-X(\omega), puisque Lω02=1CL\omega_{0}^{2}=\frac{1}{C} et 1Cω02=L\frac{1}{C\omega_{0}^{2}}=L : deux pulsations de produit ω02\omega_{0}^{2} donnent des impédances conjuguées. La figure du corrigé place ces points sur la droite verticale Re⁡Z=80\operatorname{Re}Z=80, que ZZ parcourt quand ω\omega varie.

c) ZZ est réelle quand Lω=1CωL\omega=\frac{1}{C\omega}, soit ω0=1LC=10,04×25×10−6=110−6=1000\omega_{0}=\frac{1}{\sqrt{LC}}=\frac{1}{\sqrt{0{,}04\times 25\times 10^{-6}}}=\frac{1}{\sqrt{10^{-6}}}=1000 rad/s. Alors Z=80Z=80, φ=0\varphi=0, et ∣I∣=20080=2,5|I|=\frac{200}{80}=2{,}5 A. C'est un maximum : pour toute pulsation, ∣Z∣=R2+X2≥R|Z|=\sqrt{R^{2}+X^{2}}\ge R, avec égalité seulement si X=0X=0, donc ∣I∣=V∣Z∣≤VR|I|=\frac{V}{|Z|}\le\frac{V}{R}. C'est la RÉSONANCE : les deux parties imaginaires, de signes opposés, se compensent exactement, et le circuit se comporte comme une simple résistance.

d) 1Z=180+60i=80−60i802+602=80−60i10 000=4−3i500\frac{1}{Z}=\frac{1}{80+60i}=\frac{80-60i}{80^{2}+60^{2}}=\frac{80-60i}{10\,000}=\frac{4-3i}{500}, en multipliant par le conjugué. Le condensateur ajouté a pour inverse d'impédance 1ZC′=iC′ω\frac{1}{Z_{C'}}=iC'\omega. En parallèle, les inverses s'additionnent : 1Ztot=4500+i(C′ω−3500)\frac{1}{Z_{\text{tot}}}=\frac{4}{500}+i\left(C'\omega-\frac{3}{500}\right), réel si C′ω=3500C'\omega=\frac{3}{500}, soit C′=3500×2000=3×10−6C'=\frac{3}{500\times 2000}=3\times 10^{-6} F, c'est-à-dire 3 μF3\ \mu\mathrm{F}. Alors Ztot=5004=125 ΩZ_{\text{tot}}=\frac{500}{4}=125\ \Omega et le courant fourni a pour amplitude 200125=1,6\frac{200}{125}=1{,}6 A, MOINS qu'avant, alors qu'on a ajouté un composant. Le courant du condensateur, en avance, compense la composante en retard du courant du circuit, et la source ne fournit plus que la partie utile : c'est la correction du facteur de puissance, qui passe de 0,80{,}8 à 11. Tout le problème s'est résolu par trois gestes du chapitre : additionner en algébrique, diviser par le conjugué, lire module et argument.

20406080100120-80-60-40-2020406080ω = 2000ω = 500ω₀|Z| = 100
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© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-nombres-complexes. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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