Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal

Fiche de révision : les séries de Taylor et de Maclaurin (MTH1101, Polytechnique)

Cette fiche de révision porte sur les séries de Taylor et de Maclaurin telles que MTH1101 (Calcul I, Polytechnique Montréal) les enseigne, section 2.3 de Stewart, *Calcul à plusieurs variables*, multiplication de séries comprise. Elle ne refait pas le cours : elle dit ce qui coûte des points au contrôle périodique 1 et à l'examen final, sans calculatrice, et quel geste l'évite. Le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : le bloc « À savoir par cœur » et le tableau des séries usuelles sont faits pour y être recopiés.

Un réflexe la traverse : avant de dériver, chercher dans le tableau une série à transformer. Dériver cinq fois un quotient est presque toujours la mauvaise route ; substituer, multiplier ou intégrer une série connue est presque toujours la bonne, et l'unicité dit que les deux routes mènent au même résultat.

Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Le fil du chapitre

Une série de Taylor ne se calcule presque jamais, elle s'OBTIENT : on transforme une série du tableau en substituant, en multipliant, en dérivant ou en intégrant. L'unicité garantit que le résultat a pour coefficients f(n)(a)n!\frac{f^{(n)}(a)}{n!}, donc on lit aussi f(n)(a)=n! cnf^{(n)}(a)=n!\,c_{n}, et l'intervalle de validité suit la variable substituée, jamais le domaine de la fonction.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les suites
  2. 2Les séries et leur convergence
  3. 3Les séries entières

L'essentiel

Une seule série en un point, quelle que soit la route

  • • Si f(x)=∑n≥0cn(x−a)nf(x)=\sum_{n\ge 0}c_{n}(x-a)^{n} près de aa, alors cn=f(n)(a)n!c_{n}=\frac{f^{(n)}(a)}{n!} : c'est le théorème d'unicité. Toute route qui produit une série égale à ff près de aa produit LA série de Taylor.
  • • Dans un sens, il construit la série : dériver, évaluer AU CENTRE, diviser par n!n!, garder les puissances de (x−a)(x-a). Dans l'autre, il lit les dérivées : f(n)(a)=n! cnf^{(n)}(a)=n!\,c_{n}.
  • • Le tableau à connaître : eue^{u}, sin⁡u\sin u, cos⁡u\cos u pour tout uu ; ln⁡(1+u)\ln(1+u) pour −1<u≤1-1<u\le 1 ; arctan⁡u\arctan u pour −1≤u≤1-1\le u\le 1 ; 11−u\frac{1}{1-u} et (1+u)k(1+u)^{k} pour ∣u∣<1|u|<1.

Une fonction paire n'a que des puissances paires, une fonction impaire que des impaires : c'est un contrôle gratuit sur toute série obtenue.

Le rayon vient de la singularité, pas du domaine

  • • Substituer u=φ(x)u=\varphi(x) déplace l'intervalle : on résout la condition sur uu en xx, bornes comprises ou exclues comme dans le tableau.
  • • Un produit de séries converge au moins là où les deux facteurs convergent. Dériver ou intégrer terme à terme conserve le rayon, mais les bornes se testent à nouveau.
  • • Le rayon est la distance du centre au premier point où la fonction cesse d'être régulière. ln⁡(1+x)\ln(1+x) est définie sur ]−1 ;+∞[]-1\,;+\infty[, mais sa série ne converge que sur ]−1 ;1]]-1\,;1] : l'intervalle d'une série entière est symétrique autour du centre.
-1-0,50,511,522,53-2-1123ln(1 + x)T₅T₆
Sur ]−1 ;1]]-1\,;1], T5T_{5} et T6T_{6} suivent ln⁡(1+x)\ln(1+x) ; après x=1x=1, ils partent l'un vers le haut, l'autre vers le bas, alors que la fonction existe toujours.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Lire le coefficient comme si c'était la dérivée

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« cos⁡(2x)=1−2x2+23x4−⋯\cos(2x)=1-2x^{2}+\frac{2}{3}x^{4}-\cdots, donc f(4)(0)=23f^{(4)}(0)=\frac{2}{3}. »

Ce qu'il faut écrire

« c4=23c_{4}=\frac{2}{3}, donc f(4)(0)=4! c4=24⋅23=16f^{(4)}(0)=4!\,c_{4}=24\cdot\frac{2}{3}=16. »

Pourquoi : Le coefficient est la dérivée DIVISÉE par n!n!. Contrôle direct : f(4)(x)=16cos⁡(2x)f^{(4)}(x)=16\cos(2x), qui vaut bien 1616 en 00.

2. Changer de centre en remplaçant x par x moins a

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« En π2\frac{\pi}{2} : sin⁡x=(x−π2)−16(x−π2)3+⋯\sin x=\left(x-\frac{\pi}{2}\right)-\frac{1}{6}\left(x-\frac{\pi}{2}\right)^{3}+\cdots »

Ce qu'il faut écrire

« Avec u=x−π2u=x-\frac{\pi}{2}, sin⁡x=cos⁡u\sin x=\cos u, donc sin⁡x=1−12(x−π2)2+124(x−π2)4−⋯\sin x=1-\frac{1}{2}\left(x-\frac{\pi}{2}\right)^{2}+\frac{1}{24}\left(x-\frac{\pi}{2}\right)^{4}-\cdots »

-0,50,511,522,533,5-1,5-1-0,50,511,5y = sin xjustefaux
La bonne série (trait plein vert) passe par (π2 ;1)\left(\frac{\pi}{2}\,;1\right) et épouse le sommet ; la fausse (pointillé rouge) passe par (π2 ;0)\left(\frac{\pi}{2}\,;0\right) et ne suit rien.

Pourquoi : La copie a écrit la série de sin⁡(x−π2)=−cos⁡x\sin\left(x-\frac{\pi}{2}\right)=-\cos x. Une série en aa vaut f(a)f(a) en aa : la fausse vaut 00 en π2\frac{\pi}{2}, alors que sin⁡π2=1\sin\frac{\pi}{2}=1.

3. Substituer sans élever le coefficient

1 point par coefficient faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« sin⁡(2x)=2x−2x36+⋯\sin(2x)=2x-\frac{2x^{3}}{6}+\cdots »

Ce qu'il faut écrire

« sin⁡(2x)=2x−(2x)36+⋯=2x−43x3+⋯\sin(2x)=2x-\frac{(2x)^{3}}{6}+\cdots=2x-\frac{4}{3}x^{3}+\cdots »

Pourquoi : C'est la variable entière u=2xu=2x qui est substituée, donc le 22 est élevé à la même puissance que xx. En x=0,1x=0{,}1, la bonne série donne 0,1986670{,}198667, et sin⁡0,2≈0,198669\sin 0{,}2\approx 0{,}198669.

4. Recopier l'intervalle du tableau

1 point, souvent la moitié de la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ln⁡(1+3x)=∑n≥1(−1)n−13nxnn\ln(1+3x)=\sum_{n\ge 1}\frac{(-1)^{n-1}3^{n}x^{n}}{n}, valable sur ]−1 ;1]]-1\,;1]. »

Ce qu'il faut écrire

« Avec u=3xu=3x : −1<3x≤1-1<3x\le 1, donc l'intervalle est ]−13 ;13]\left]-\frac{1}{3}\,;\frac{1}{3}\right]. »

Pourquoi : L'intervalle du tableau est une condition sur uu, pas sur xx. En x=12x=\frac{1}{2}, le terme général vaut (3/2)nn\frac{(3/2)^{n}}{n} en valeur absolue et explose.

5. Développer une binomiale sans mettre la constante à 1

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 9+x=1+x2−x28+⋯\sqrt{9+x}=1+\frac{x}{2}-\frac{x^{2}}{8}+\cdots »

Ce qu'il faut écrire

« 9+x=3(1+x9)1/2=3+x6−x2216+⋯\sqrt{9+x}=3\left(1+\frac{x}{9}\right)^{1/2}=3+\frac{x}{6}-\frac{x^{2}}{216}+\cdots, pour ∣x∣<9|x|<9. »

Pourquoi : La série binomiale est celle de (1+u)k(1+u)^{k}. Le contrôle au centre suffit : la fausse vaut 11 en 00, alors que 9=3\sqrt{9}=3.

6. Multiplier deux séries rang par rang

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« cos⁡x⋅ln⁡(1+x)=1⋅0+0⋅x+(−12)(−12)x2+⋯=x24+⋯\cos x\cdot\ln(1+x)=1\cdot 0+0\cdot x+\left(-\frac{1}{2}\right)\left(-\frac{1}{2}\right)x^{2}+\cdots=\frac{x^{2}}{4}+\cdots »

Ce qu'il faut écrire

« Degré 11 : 1⋅x1\cdot x ; degré 22 : 1⋅(−x22)+(−x22)⋅01\cdot\left(-\frac{x^{2}}{2}\right)+\left(-\frac{x^{2}}{2}\right)\cdot 0 ; donc cos⁡xln⁡(1+x)=x−x22+⋯\cos x\ln(1+x)=x-\frac{x^{2}}{2}+\cdots »

Pourquoi : Le coefficient de xnx^{n} d'un produit rassemble TOUS les couples de degrés de somme nn. La fausse réponse donne même une pente nulle en 00, alors que la fonction a pour dérivée 11 en 00.

7. Tronquer une limite avant le degré du dénominateur

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« tan⁡x≈x\tan x\approx x, donc lim⁡x→0tan⁡x−xx3=0\lim\limits_{x\to 0}\frac{\tan x-x}{x^{3}}=0. »

Ce qu'il faut écrire

« tan⁡x=x+x33+⋯\tan x=x+\frac{x^{3}}{3}+\cdots, donc tan⁡x−xx3=13+⋯→13\frac{\tan x-x}{x^{3}}=\frac{1}{3}+\cdots\to\frac{1}{3}. »

-0,8-0,40,40,81,2-0,20,20,40,60,81trou en (0 ; 1/3)y = (tan x − x)/x³
La courbe ne descend jamais vers 00 : elle a un trou à la hauteur 13\frac{1}{3}, que seul le terme en x3x^{3} de tan⁡x\tan x fait apparaître.

Pourquoi : Le dénominateur est d'ordre 33 : il faut développer le numérateur jusqu'à x3x^{3}. « 0x3\frac{0}{x^{3}} » veut seulement dire qu'on s'est arrêté trop tôt.

8. Croire que la série converge partout où la fonction existe

1 à 2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ln⁡(1+x)\ln(1+x) est définie sur ]−1 ;+∞[]-1\,;+\infty[, donc sa série de Maclaurin y converge, et ln⁡3=2−2+83−4+⋯\ln 3=2-2+\frac{8}{3}-4+\cdots »

Ce qu'il faut écrire

« La série de ln⁡(1+x)\ln(1+x) converge sur ]−1 ;1]]-1\,;1] seulement : en x=2x=2, le terme général 2nn\frac{2^{n}}{n} ne tend pas vers 00, la série diverge. »

Pourquoi : L'intervalle d'une série entière est symétrique autour du centre : la singularité en −1-1, à distance 11 du centre, interdit aussi tout point au-delà de 11. Voir la figure de l'essentiel.

Quelle méthode choisir

Quelle route pour obtenir un développement, selon la forme de la fonction

Regardez ce qui compose la fonction avant de dériver quoi que ce soit.

  • Si une fonction du tableau appliquée à kxmkx^{m} → substituer u=kxmu=kx^{m}, puis déduire l'intervalle en xx

    Exemple : e−x3=∑n≥0(−1)nx3nn!e^{-x^{3}}=\sum_{n\ge 0}\frac{(-1)^{n}x^{3n}}{n!}, pour tout xx

  • Si une puissance (c+x)k(c+x)^{k} avec c≠1c\ne 1 → factoriser cc : ck(1+xc)kc^{k}\left(1+\frac{x}{c}\right)^{k}, puis la série binomiale

    Exemple : 1(2+x)2=14(1+x2)−2=14−x4+3x216−⋯\frac{1}{(2+x)^{2}}=\frac{1}{4}\left(1+\frac{x}{2}\right)^{-2}=\frac{1}{4}-\frac{x}{4}+\frac{3x^{2}}{16}-\cdots, pour ∣x∣<2|x|<2

  • Si un produit de deux fonctions du tableau → multiplier les séries tronquées au degré demandé, en rassemblant les couples de degrés

    Exemple : (1+x)e−x=1−x22+x33−⋯(1+x)e^{-x}=1-\frac{x^{2}}{2}+\frac{x^{3}}{3}-\cdots

  • Si une primitive ou une dérivée d'une fonction qui se développe → développer, puis intégrer ou dériver terme à terme ; rayon conservé, bornes à retester

    Exemple : ∫0xcos⁡(t2)dt=x−x510+x9216−⋯\int_{0}^{x}\cos\left(t^{2}\right)dt=x-\frac{x^{5}}{10}+\frac{x^{9}}{216}-\cdots

  • Si rien de tout cela, ou l'énoncé dit « par la définition » → dériver, évaluer au centre, diviser par n!n!

    Exemple : x\sqrt{x} en 99 : 3+x−96−(x−9)2216+⋯3+\frac{x-9}{6}-\frac{(x-9)^{2}}{216}+\cdots

Quand deux routes sont possibles, la plus courte est la bonne, et l'unicité garantit qu'elles donnent le même résultat : refaire un seul coefficient par l'autre route est la meilleure vérification.

Reconnaître la somme d'une série numérique, selon son dénominateur

Écrivez le terme général sous la forme cnx0nc_{n}x_{0}^{n} : le dénominateur nomme la fonction, la puissance donne le point.

  • Si n!n! seul, sans alternance → ex0e^{x_{0}}

    Exemple : ∑n≥02nn!=e2\sum_{n\ge 0}\frac{2^{n}}{n!}=e^{2}

  • Si (2n)!(2n)! et l'alternance (−1)n(-1)^{n} → cos⁡x0\cos x_{0}

    Exemple : ∑n≥0(−1)n(2n)!=cos⁡1\sum_{n\ge 0}\frac{(-1)^{n}}{(2n)!}=\cos 1

  • Si (2n+1)!(2n+1)! et l'alternance → sin⁡x0\sin x_{0}

    Exemple : ∑n≥0(−1)n(2n+1)!(π3)2n+1=sin⁡π3=32\sum_{n\ge 0}\frac{(-1)^{n}}{(2n+1)!}\left(\frac{\pi}{3}\right)^{2n+1}=\sin\frac{\pi}{3}=\frac{\sqrt{3}}{2}

  • Si nn au dénominateur, sans factorielle, alterné → ln⁡(1+x0)\ln(1+x_{0}), avec −1<x0≤1-1<x_{0}\le 1

    Exemple : ∑n≥1(−1)n−1n 2n=ln⁡32\sum_{n\ge 1}\frac{(-1)^{n-1}}{n\,2^{n}}=\ln\frac{3}{2}

Vérifiez toujours que le point est dans l'intervalle de validité : hors de l'intervalle, la série diverge et la « somme » n'existe pas.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Obtenir un développement et son intervalle de validité

Quand l'utiliser : L'énoncé demande « la série de Maclaurin de f » ou « le développement jusqu'au terme en x puissance n ».

  1. 1 Nommer la série du tableau utilisée et la substitution, par exemple « u=−x24u=-\frac{x^{2}}{4} dans la série de ln⁡(1+u)\ln(1+u) ».
  2. 2 Mettre la constante à 11 si la série est binomiale ou logarithmique, en factorisant d'abord.
  3. 3 Écrire le terme général en xx, puissances et coefficients développés.
  4. 4 Traduire la condition sur uu en condition sur xx, et dire ce que deviennent les bornes.
  5. 5 Contrôler la valeur au centre et la parité.

Phrase de conclusion

« Pour tout xx tel que … , on a f(x)=∑n≥0…f(x)=\sum_{n\ge 0}\ldots ; par unicité, c'est la série de Maclaurin de ff, valable sur … »

Le piège : La quatrième étape : l'intervalle se recalcule à chaque substitution, il ne se recopie jamais.

Barème : Série juste 2 points, terme général 1 point, intervalle 1 point, en général.

Calculer une limite par développements

Quand l'utiliser : Forme 00\frac{0}{0} en 00 avec des fonctions du tableau.

  1. 1 Trouver l'ordre du dénominateur en le développant le premier.
  2. 2 Développer chaque morceau du numérateur jusqu'à ce même ordre, en écrivant les termes nuls (« sin⁡x=x+0⋅x2−x36\sin x=x+0\cdot x^{2}-\frac{x^{3}}{6} »).
  3. 3 Simplifier : les premiers termes s'annulent, c'est pour cela que la forme était indéterminée.
  4. 4 Diviser et lire le premier terme qui survit.

Phrase de conclusion

« Au voisinage de 00, numérateur =αxk+⋯=\alpha x^{k}+\cdots et dénominateur =βxk+⋯=\beta x^{k}+\cdots avec β≠0\beta\ne 0, donc la limite vaut αβ\frac{\alpha}{\beta}. »

Le piège : La première étape : sans l'ordre du dénominateur, on ne sait pas jusqu'où développer.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Développer g(x)=19+x2g(x)=\frac{1}{\sqrt{9+x^{2}}} et lire g(4)(0)g^{(4)}(0)

Donner la série de Maclaurin de g(x)=19+x2g(x)=\frac{1}{\sqrt{9+x^{2}}} jusqu'au terme en x4x^{4}, son intervalle de validité, puis g′′′(0)g'''(0) et g(4)(0)g^{(4)}(0), sans calculatrice.

Étape 1

9+x2=9(1+x29)9+x^{2}=9\left(1+\frac{x^{2}}{9}\right), donc g(x)=9−1/2(1+u)−1/2=13(1+u)−1/2g(x)=9^{-1/2}\left(1+u\right)^{-1/2}=\frac{1}{3}(1+u)^{-1/2} avec u=x29u=\frac{x^{2}}{9}.

Pourquoi

La série binomiale est celle de (1 + u) à la puissance k : on met la constante à 1 AVANT de développer, et le facteur sorti est 9 à la puissance moins un demi, pas 9.

Étape 2

(−1/20)=1\binom{-1/2}{0}=1, (−1/21)=−12\binom{-1/2}{1}=-\frac{1}{2}, (−1/22)=(−1/2)(−3/2)2=38\binom{-1/2}{2}=\frac{(-1/2)(-3/2)}{2}=\frac{3}{8}, donc (1+u)−1/2=1−u2+3u28−⋯(1+u)^{-1/2}=1-\frac{u}{2}+\frac{3u^{2}}{8}-\cdots

Pourquoi

Deux facteurs au numérateur pour n=2n=2, tous deux négatifs : le signe se lit sur le nombre de facteurs.

Étape 3

Avec u=x29u=\frac{x^{2}}{9} : g(x)=13−x254+x4648−⋯g(x)=\frac{1}{3}-\frac{x^{2}}{54}+\frac{x^{4}}{648}-\cdots

Pourquoi

13⋅38⋅181=1648\frac{1}{3}\cdot\frac{3}{8}\cdot\frac{1}{81}=\frac{1}{648} : la substitution élève tout uu, le 19\frac{1}{9} compris.

Étape 4

∣u∣<1  ⟺  x2<9  ⟺  x∈ ]−3 ;3[|u|<1\iff x^{2}<9\iff x\in\,]-3\,;3[.

Pourquoi

La condition porte sur uu ; on la traduit en xx. Le rayon 33 n'est pas lisible sur le domaine de gg, qui est R\mathbb{R} tout entier.

Étape 5

g′′′(0)=3!⋅0=0g'''(0)=3!\cdot 0=0 et g(4)(0)=4!⋅1648=24648=127g^{(4)}(0)=4!\cdot\frac{1}{648}=\frac{24}{648}=\frac{1}{27}.

Pourquoi

On lit les dérivées par l'unicité, sans dériver quatre fois un quotient avec racine. La dérivée d'ordre impair est nulle parce que g est paire.

Étape 6

Contrôles : g(0)=13g(0)=\frac{1}{3}, série paire ; en x=1x=1, 13−154+1648≈0,3164\frac{1}{3}-\frac{1}{54}+\frac{1}{648}\approx 0{,}3164, contre 110≈0,3162\frac{1}{\sqrt{10}}\approx 0{,}3162.

Pourquoi

La valeur au centre et la parité coûtent cinq secondes ; le contrôle numérique confirme les coefficients.

Conclusion rédigée

« Pour ∣x∣<3|x|<3, g(x)=13−x254+x4648−⋯g(x)=\frac{1}{3}-\frac{x^{2}}{54}+\frac{x^{4}}{648}-\cdots ; par unicité, g′′′(0)=0g'''(0)=0 et g(4)(0)=127g^{(4)}(0)=\frac{1}{27}. »

L'erreur classique sur cet exercice : Sortir 99 au lieu de 13\frac{1}{3}, ou oublier d'élever le 19\frac{1}{9} au carré dans u2u^{2}, ce qui donne x48\frac{x^{4}}{8} au lieu de x4648\frac{x^{4}}{648}.

À savoir par cœur

  • • Unicité : cn=f(n)(a)n!c_{n}=\frac{f^{(n)}(a)}{n!} quelle que soit la route, donc f(n)(a)=n! cnf^{(n)}(a)=n!\,c_{n}.
  • • eue^{u}, sin⁡u\sin u, cos⁡u\cos u : tout uu ; ln⁡(1+u)\ln(1+u) : −1<u≤1-1<u\le 1 ; arctan⁡u\arctan u : −1≤u≤1-1\le u\le 1 ; (1+u)k(1+u)^{k} : ∣u∣<1|u|<1.
  • • (kn)=k(k−1)⋯(k−n+1)n!\binom{k}{n}=\frac{k(k-1)\cdots(k-n+1)}{n!}, exactement nn facteurs, et la constante dans la parenthèse vaut 11.
  • • Changer de centre : RÉÉCRIRE ff dans la variable x−ax-a, jamais remplacer xx par x−ax-a.
  • • Substituer élève TOUT : (kx)n=knxn(kx)^{n}=k^{n}x^{n}, et l'intervalle se recalcule en xx.
  • • Produit : le coefficient de xnx^{n} rassemble tous les couples de degrés de somme nn.
  • • Limite : développer jusqu'au degré du dénominateur, jamais moins.

Questions fréquentes

Comment trouver une série de Maclaurin sans calculer toutes les dérivées ?

On part d'une série connue du tableau, exponentielle, sinus, cosinus, logarithme de un plus u, arctangente ou série binomiale, et on la transforme : on remplace u par une expression en x, on multiplie par une puissance de x ou par une autre série, on dérive ou on intègre terme à terme. Le théorème d'unicité garantit que le résultat est bien la série de Taylor de la fonction.

Comment calculer une dérivée d'ordre élevé en zéro avec une série de Taylor ?

On obtient d'abord la série de la fonction par la route la plus courte, puis on lit le coefficient c n de x puissance n. La dérivée n-ième en zéro vaut n factorielle fois ce coefficient. Si la puissance n'apparaît pas dans la série, la dérivée est nulle. L'oubli de la factorielle est l'erreur la plus fréquente.

Pourquoi la série de Taylor ne converge-t-elle pas partout où la fonction est définie ?

Parce que l'intervalle de convergence d'une série entière est symétrique autour du centre et s'arrête à la distance de la première singularité. Le logarithme de un plus x est défini pour tout x plus grand que moins un, mais la singularité en moins un, à distance un du centre, interdit aussi tout x plus grand que un : la série diverge en x égal deux.

Comment utiliser la série binomiale quand la constante n'est pas 1 ?

On factorise la constante avant de développer. Par exemple, la racine de neuf plus x s'écrit trois fois la racine de un plus x sur neuf, puis on applique la série binomiale avec u égal x sur neuf. La série obtenue est valable pour u entre moins un et un, donc pour x entre moins neuf et neuf.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Les séries de Taylor et de Maclaurin

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
Faire les exercices
Il manque quelque chose dans cette fiche ? Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

Fiche précédente Les séries entières Fiche suivante L'erreur d'approximation de Taylor

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/mth1101-series-taylor. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?

Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.

Site par Studio Squalli