Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal

Fiche de révision : les nombres complexes (MTH1101, Polytechnique)

Cette fiche de révision porte sur les nombres complexes tels que MTH1101, Calcul I à Polytechnique Montréal, les enseigne d'après la section 2.5 de Stewart, Calcul à plusieurs variables : forme algébrique et polaire, formule d'Euler obtenue par la série de Maclaurin, De Moivre, racines nn-ièmes, racines conjuguées et lieux géométriques. Elle ne refait pas le cours, elle dit ce qui coûte des points et quel geste l'évite.

Un seul réflexe la traverse : avant tout produit, toute puissance ou toute racine, passer en forme polaire avec le BON quadrant, puis additionner les arguments et ramener le résultat dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi]. Le chapitre ouvre le contrôle périodique 2 et revient à l'examen final, sans calculatrice ; seul document permis, votre aide-mémoire d'une feuille recto verso. Ce qui suit est fait pour le remplir.

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Le fil du chapitre

eiθe^{i\theta} n'est pas une notation : c'est la série de Maclaurin de l'exponentielle prise en iθi\theta, et c'est elle qui fait de la multiplication une rotation. Multiplier deux complexes MULTIPLIE les modules et ADDITIONNE les arguments, à 2π2\pi près : presque toutes les pertes de points viennent d'un argument lu sans le quadrant ou d'un « à 2π2\pi près » oublié.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les suites
  2. 2Les séries et leur convergence
  3. 3Les séries entières
  4. 4Les séries de Taylor et de Maclaurin

L'essentiel

Euler : multiplier, c'est tourner

  • • ez=∑n≥0znn!e^{z}=\sum_{n\ge 0}\frac{z^{n}}{n!} pour tout complexe zz (rayon de convergence infini). En z=iθz=i\theta, les rangs pairs donnent cos⁡θ\cos\theta, les impairs isin⁡θi\sin\theta : eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta.
  • • Forme polaire : z=reiθz=re^{i\theta} avec r=∣z∣r=|z|, cos⁡θ=xr\cos\theta=\frac{x}{r}, sin⁡θ=yr\sin\theta=\frac{y}{r} ; l'argument principal est pris dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi].
  • • r1eiθ1×r2eiθ2=r1r2 ei(θ1+θ2)r_{1}e^{i\theta_{1}}\times r_{2}e^{i\theta_{2}}=r_{1}r_{2}\,e^{i(\theta_{1}+\theta_{2})} : modules multipliés, arguments additionnés. De Moivre : (reiθ)n=rneinθ\left(re^{i\theta}\right)^{n}=r^{n}e^{in\theta}.
  • • cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}, sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta=\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}, et ∣ex+iy∣=ex|e^{x+iy}|=e^{x} : la partie imaginaire ne fait que tourner.
-11234-112345z₁ = 2 e^(iπ/6)z₂ = 2 e^(iπ/3)z₁z₂ = 4i
z1=3+iz_{1}=\sqrt{3}+i et z2=1+i3z_{2}=1+i\sqrt{3} font des angles π6\frac{\pi}{6} et π3\frac{\pi}{3} ; leur produit fait l'angle π2\frac{\pi}{2} et a pour module 2×2=42\times 2=4 : c'est 4i4i.

À l'examen, « démontrer la formule d'Euler » demande la série, le cycle i4=1i^{4}=1 ET la convergence absolue qui autorise le regroupement.

Racines et polynômes : compter les solutions

  • • zn=ρeiαz^{n}=\rho e^{i\alpha} (ρ>0\rho>0) a exactement nn solutions ρ1/nei(α+2kπ)/n\rho^{1/n}e^{i(\alpha+2k\pi)/n}, k=0,…,n−1k=0,\ldots,n-1 : un polygone régulier centré en 00, de somme nulle pour n≥2n\ge 2.
  • • Un polynôme de degré nn a nn racines complexes comptées avec multiplicité. S'il est à coefficients RÉELS, les racines non réelles vont par paires conjuguées.
  • • ∣z−a∣|z-a| est la distance de zz au point aa : ∣z−a∣=r|z-a|=r est un cercle, ∣z−a∣=∣z−b∣|z-a|=|z-b| une médiatrice.

Les règles de calcul en tableau

Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.

Ce qui passe des réels aux complexes, et ce qui ne passe pas

Les règles vraies viennent toutes de ea+b=eaebe^{a+b}=e^{a}e^{b}. Les cases rouges sont des réflexes de R\mathbb{R} transportés dans C\mathbb{C} : elles ne sont pas des réponses, elles sont l'ordre de revenir à la forme polaire.

ÉcritureVrai pourDevient
∣zw∣|zw| tous zz, ww ∣z∣ ∣w∣|z|\,|w|

Exemple : (1+2i)(2−i)=4+3i(1+2i)(2-i)=4+3i, de module 5=5×55=\sqrt{5}\times\sqrt{5}

ez+we^{z+w} tous zz, ww ezewe^{z}e^{w}

Exemple : eiπ/4eiπ/4=eiπ/2=ie^{i\pi/4}e^{i\pi/4}=e^{i\pi/2}=i, et (1+i2)2=2i2=i\left(\frac{1+i}{\sqrt{2}}\right)^{2}=\frac{2i}{2}=i

arg⁡(zw)\arg(zw) à 2π2\pi près arg⁡z+arg⁡w\arg z+\arg w à 2π près

Exemple : arg⁡(−1)+arg⁡(−1)=2π\arg(-1)+\arg(-1)=2\pi, alors que (−1)(−1)=1(-1)(-1)=1 a pour argument principal 00.

Même forme, autre résultat : arg⁡(i)+arg⁡(i)=π\arg(i)+\arg(i)=\pi est déjà principal : i×i=−1i\times i=-1.

Ce qu'il faut faire : Additionner, puis retrancher ou ajouter 2π2\pi pour revenir dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi].

∣z+w∣|z+w| aucune n'est pas ∣z∣+∣w∣|z|+|w| règle inexistante

Exemple : ∣2+2i∣=22≈2,83|2+2i|=2\sqrt{2}\approx 2{,}83 contre ∣2∣+∣2i∣=4|2|+|2i|=4.

Ce qu'il faut faire : Calculer la somme en algébrique, PUIS son module ; seule ∣z+w∣≤∣z∣+∣w∣|z+w|\le|z|+|w| est vraie.

z3=w3z^{3}=w^{3} aucune n'entraîne pas z=wz=w règle inexistante

Exemple : (−1)3=−1=(eiπ/3)3(-1)^{3}=-1=\left(e^{i\pi/3}\right)^{3}, alors que −1≠eiπ/3-1\neq e^{i\pi/3}.

Ce qu'il faut faire : z∈{w, wei2π/3, wei4π/3}z\in\left\{w,\ we^{i2\pi/3},\ we^{i4\pi/3}\right\} : trois solutions.

Le module se comporte bien avec le produit, l'argument aussi mais à 2π2\pi près ; rien ne se comporte bien avec la somme.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Prendre l'arc tangente sans regarder le quadrant

toute la question, et toutes les puissances ou racines qui suivent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z=−5+5iz=-5+5i : θ=arctan⁡5−5=arctan⁡(−1)=−π4\theta=\arctan\frac{5}{-5}=\arctan(-1)=-\frac{\pi}{4}. »

Ce qu'il faut écrire

« cos⁡θ=−22<0\cos\theta=-\frac{\sqrt{2}}{2}<0 et sin⁡θ=22>0\sin\theta=\frac{\sqrt{2}}{2}>0 : deuxième quadrant, θ=−π4+π=3π4\theta=-\frac{\pi}{4}+\pi=\frac{3\pi}{4}, et z=52 ei3π/4z=5\sqrt{2}\,e^{i3\pi/4}. »

-6-4-2246-6-4-2246z = −5 + 5iarctan : −π/4
L'arc tangente de 5−5\frac{5}{-5} pointe vers le point opposé, 5−5i5-5i (cercle vide) : même quotient yx\frac{y}{x}, quadrant contraire.

Pourquoi : arctan⁡\arctan ne rend que des angles de ]−π2 ;π2[\left]-\frac{\pi}{2}\,;\frac{\pi}{2}\right[, donc des points à partie réelle positive. Pour x<0x<0, il désigne le point diamétralement opposé.

2. Garder une somme d'arguments hors de l'intervalle principal

0,5 point, et la forme algébrique fausse si on la lit sur le mauvais angle

Ce qu'il ne faut pas écrire

« arg⁡((−1+i)(−1+i3))=3π4+2π3=17π12\arg\left((-1+i)(-1+i\sqrt{3})\right)=\frac{3\pi}{4}+\frac{2\pi}{3}=\frac{17\pi}{12}. »

Ce qu'il faut écrire

« 17π12\frac{17\pi}{12} n'est pas dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi] : l'argument principal est 17π12−2π=−7π12\frac{17\pi}{12}-2\pi=-\frac{7\pi}{12}. »

Pourquoi : L'addition des arguments n'est vraie qu'à 2π2\pi près. Le produit vaut (1−3)−(1+3)i(1-\sqrt{3})-(1+\sqrt{3})i : parties réelle et imaginaire négatives, troisième quadrant, ce que dit −7π12-\frac{7\pi}{12}.

3. Ne donner qu'une racine n-ième

les trois quarts de la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« z4=−16=16eiπz^{4}=-16=16e^{i\pi}, donc z=2eiπ/4=2+i2z=2e^{i\pi/4}=\sqrt{2}+i\sqrt{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« z=2ei(π+2kπ)/4z=2e^{i(\pi+2k\pi)/4}, avec k=0k=0, 11, 22 ou 33 : 2(1+i)\sqrt{2}(1+i), 2(−1+i)\sqrt{2}(-1+i), 2(−1−i)\sqrt{2}(-1-i), 2(1−i)\sqrt{2}(1-i). »

Pourquoi : L'argument de −16-16 n'est connu qu'à 2π2\pi près ; divisé par 44, l'écart 2π2\pi devient π2\frac{\pi}{2}, qui sépare deux racines distinctes. Une équation de degré 44 en a quatre.

4. Diviser en ne multipliant que le numérateur

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« 3−i1+i=(3−i)(1−i)=2−4i\dfrac{3-i}{1+i}=(3-i)(1-i)=2-4i. »

Ce qu'il faut écrire

« 3−i1+i=(3−i)(1−i)(1+i)(1−i)=2−4i2=1−2i\dfrac{3-i}{1+i}=\dfrac{(3-i)(1-i)}{(1+i)(1-i)}=\dfrac{2-4i}{2}=1-2i. »

Pourquoi : Multiplier par 1−i1−i\frac{1-i}{1-i}, c'est multiplier par 11 ; multiplier par 1−i1-i seul change le nombre. Contrôle par les modules : 102=5=∣1−2i∣\frac{\sqrt{10}}{\sqrt{2}}=\sqrt{5}=|1-2i|, alors que ∣2−4i∣=25|2-4i|=2\sqrt{5}.

5. Oublier le 2i de la formule du sinus

toute la linéarisation, souvent 2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« sin⁡θ=eiθ−e−iθ2\sin\theta=\dfrac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2}. »

Ce qu'il faut écrire

« sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta=\dfrac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}, et (2i)2=−4(2i)^{2}=-4, (2i)3=−8i(2i)^{3}=-8i dans une linéarisation. »

Pourquoi : La différence eiθ−e−iθ=2isin⁡θe^{i\theta}-e^{-i\theta}=2i\sin\theta est imaginaire pure : divisée par 22 seulement, elle donne isin⁡θi\sin\theta. En θ=π2\theta=\frac{\pi}{2}, la formule fausse rend ii au lieu de 11.

6. Lire le centre d'un cercle avec le mauvais signe

1 point, et la figure entière

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ∣z+2−3i∣=4|z+2-3i|=4 est le cercle de centre 2−3i2-3i et de rayon 44. »

Ce qu'il faut écrire

« ∣z+2−3i∣=∣z−(−2+3i)∣|z+2-3i|=|z-(-2+3i)| : cercle de centre −2+3i-2+3i, de rayon 44. »

Pourquoi : ∣z−a∣|z-a| est la distance à aa : il faut d'abord écrire la condition sous la forme ∣z−a∣|z-a|. Contrôle : le point 2+3i2+3i, à distance 44 de −2+3i-2+3i, doit vérifier l'équation, et ∣2+3i+2−3i∣=4|2+3i+2-3i|=4.

7. Croire l'exponentielle complexe injective

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ez=1=e0e^{z}=1=e^{0}, donc z=0z=0. »

Ce qu'il faut écrire

« ez=1e^{z}=1 si et seulement si z=2kπiz=2k\pi i, k∈Zk\in\mathbb{Z} : une infinité de solutions. »

Pourquoi : ex+iy=1e^{x+iy}=1 impose ex=1e^{x}=1, donc x=0x=0, puis cos⁡y=1\cos y=1 et sin⁡y=0\sin y=0, donc y=2kπy=2k\pi. L'exponentielle complexe est périodique de période 2πi2\pi i : c'est le « à 2π2\pi près » des arguments.

8. Traiter la formule d'Euler comme une définition

toute la question de démonstration, souvent 3 à 4 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta par définition, il n'y a rien à démontrer. »

Ce qu'il faut écrire

« En posant x=iθx=i\theta dans ex=∑xnn!e^{x}=\sum\frac{x^{n}}{n!}, qui converge absolument, on sépare les rangs pairs et impairs grâce à i2=−1i^{2}=-1 et l'on reconnaît les séries de cos⁡θ\cos\theta et de sin⁡θ\sin\theta. »

Pourquoi : Dans MTH1101, la formule est un THÉORÈME tiré des séries de Maclaurin : c'est la raison d'être du chapitre dans le cours, et la question la plus probable à son sujet.

Quelle méthode choisir

Quelle forme selon l'opération demandée

Regardez l'opération, pas le nombre.

  • Si une somme ou une différence → forme algébrique, partie par partie

    Exemple : (2−i)+(1+4i)=3+3i(2-i)+(1+4i)=3+3i

  • Si un quotient de deux formes algébriques → multiplier haut et bas par le conjugué du dénominateur

    Exemple : 52+i=5(2−i)5=2−i\frac{5}{2+i}=\frac{5(2-i)}{5}=2-i

  • Si une puissance → forme polaire puis De Moivre, l'argument ramené dans ]−π ;π]]-\pi\,;\pi]

    Exemple : (1−i)6=(2)6e−6iπ/4=8eiπ/2=8i(1-i)^{6}=\left(\sqrt{2}\right)^{6}e^{-6i\pi/4}=8e^{i\pi/2}=8i

  • Si une équation zn=az^{n}=a → forme polaire de aa, puis les nn arguments α+2kπn\frac{\alpha+2k\pi}{n}

    Exemple : z2=iz^{2}=i donne eiπ/4e^{i\pi/4} et ei5π/4=−eiπ/4e^{i5\pi/4}=-e^{i\pi/4}

  • Si une puissance de cos⁡\cos ou de sin⁡\sin → remplacer par les formules d'Euler, développer, regrouper les exponentielles opposées

    Exemple : cos⁡2θ=1+cos⁡2θ2\cos^{2}\theta=\frac{1+\cos 2\theta}{2}, qui vaut 12\frac{1}{2} en π4\frac{\pi}{4}

Si l'énoncé mélange somme et produit, faire chaque étape dans sa forme et convertir entre les deux ; ne jamais élever une forme algébrique à une grande puissance par le binôme.

Quel lieu selon l'écriture

Réécrivez d'abord chaque module sous la forme |z − a|.

-4-3-2-1123-3-2-11234|z + 2| = 1,52imédiatrice
Distance fixée à UN point (−2-2) : un cercle. Distances égales à DEUX points (−2-2 et 2i2i) : leur médiatrice, la droite y=−xy=-x.
  • Si ∣z−a∣=r|z-a|=r → cercle de centre aa, de rayon rr

    Exemple : ∣z+2∣=1,5|z+2|=1{,}5 : centre −2-2, rayon 1,51{,}5

  • Si ∣z−a∣≤r|z-a|\le r → disque fermé, bord compris

    Exemple : ∣z−i∣≤1|z-i|\le 1 contient 00, car ∣0−i∣=1|0-i|=1

  • Si ∣z−a∣=∣z−b∣|z-a|=|z-b| → médiatrice du segment [a ;b][a\,;b]

    Exemple : ∣z+2∣=∣z−2i∣|z+2|=|z-2i| donne y=−xy=-x

  • Si ∣z−a∣<∣z−b∣|z-a|<|z-b| → demi-plan du côté de aa, bordé par la médiatrice

    Exemple : ∣z∣<∣z−4∣|z|<|z-4| équivaut à Re⁡z<2\operatorname{Re}z<2

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Démontrer la formule d'Euler par les séries

Quand l'utiliser : L'énoncé dit « démontrer que e^(iθ) = cos θ + i sin θ » ou « à l'aide des séries de Maclaurin ».

  1. 1 Écrire la série ex=∑xnn!e^{x}=\sum\frac{x^{n}}{n!} et rappeler qu'elle converge absolument pour tout complexe, par le critère de d'Alembert (∣z∣n+1→0\frac{|z|}{n+1}\to 0).
  2. 2 Remplacer xx par iθi\theta : terme général inθnn!i^{n}\frac{\theta^{n}}{n!}.
  3. 3 Utiliser i2k=(−1)ki^{2k}=(-1)^{k} et i2k+1=(−1)kii^{2k+1}=(-1)^{k}i pour séparer rangs pairs et impairs, « ce que permet la convergence absolue ».
  4. 4 Reconnaître les séries de Maclaurin de cos⁡θ\cos\theta et de sin⁡θ\sin\theta.

Phrase de conclusion

« La série étant absolument convergente, on peut regrouper ses termes : eiθ=∑k≥0(−1)kθ2k(2k)!+i∑k≥0(−1)kθ2k+1(2k+1)!=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\theta^{2k}}{(2k)!}+i\sum_{k\ge 0}\frac{(-1)^{k}\theta^{2k+1}}{(2k+1)!}=\cos\theta+i\sin\theta. »

Le piège : La justification du regroupement : sans convergence absolue, réordonner une série peut changer sa somme.

Barème : Série et substitution 1 point, séparation pair et impair 1 point, convergence absolue 1 point, conclusion 1 point.

Résoudre une équation z puissance n égale a

Quand l'utiliser : L'énoncé demande « toutes les solutions dans C\mathbb{C} » de zn=az^{n}=a.

  1. 1 Écrire a=ρeiαa=\rho e^{i\alpha}, l'argument choisi par le signe du cosinus ET du sinus.
  2. 2 Poser z=reiθz=re^{i\theta} et identifier : rn=ρr^{n}=\rho et nθ=α+2kπn\theta=\alpha+2k\pi.
  3. 3 En déduire r=ρ1/nr=\rho^{1/n} (réel positif) et θ=α+2kπn\theta=\frac{\alpha+2k\pi}{n} pour k=0,…,n−1k=0,\ldots,n-1.
  4. 4 Donner les nn solutions, puis contrôler : une solution élevée à la puissance nn, et la somme nulle.

Phrase de conclusion

« Deux complexes non nuls sont égaux si et seulement si leurs modules sont égaux et leurs arguments égaux à 2π2\pi près ; d'où r=ρ1/nr=\rho^{1/n} et θ=αn+2kπn\theta=\frac{\alpha}{n}+\frac{2k\pi}{n}, k∈{0,…,n−1}k\in\{0,\ldots,n-1\}. »

Le piège : Le « +2kπ+2k\pi » écrit AVANT de diviser par nn : c'est lui qui fabrique les nn solutions.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Résoudre z3=−8iz^{3}=-8i dans C\mathbb{C} et placer les solutions

Résoudre dans C\mathbb{C} l'équation z3=−8iz^{3}=-8i. Donner les solutions sous forme polaire, puis algébrique, et décrire la figure qu'elles forment.

-3-2-1123-3-2-1123−8irayon 2 = ∛8
Le second membre est sur le demi-axe imaginaire NÉGATIF, et les solutions seront sur le cercle de rayon 83=2\sqrt[3]{8}=2.

Étape 1

∣−8i∣=8|-8i|=8 et −8i-8i est sur le demi-axe imaginaire négatif : −8i=8e−iπ/2-8i=8e^{-i\pi/2}.

Pourquoi

Un nombre sur un axe se lit sans calcul ; arctan⁡−80\arctan\frac{-8}{0} n'existe même pas, ce qui montre que la formule n'est pas la méthode.

Étape 2

On pose z=reiθz=re^{i\theta} : r3e3iθ=8e−iπ/2r^{3}e^{3i\theta}=8e^{-i\pi/2}, donc r3=8r^{3}=8 et 3θ=−π2+2kπ3\theta=-\frac{\pi}{2}+2k\pi.

Pourquoi

Le +2kπ+2k\pi est écrit AVANT de diviser : c'est le point de la question que la moitié des copies perd.

Étape 3

r=2r=2 et θ=−π6+2kπ3\theta=-\frac{\pi}{6}+\frac{2k\pi}{3} : pour k=0k=0, 11 et 22, θ=−π6\theta=-\frac{\pi}{6}, π2\frac{\pi}{2}, 7π6\frac{7\pi}{6}, ce dernier ramené à −5π6-\frac{5\pi}{6}.

Pourquoi

Trois valeurs de kk pour le degré 33 ; k=3k=3 redonnerait −π6+2π-\frac{\pi}{6}+2\pi, la première.

Étape 4

2e−iπ/6=3−i2e^{-i\pi/6}=\sqrt{3}-i, 2eiπ/2=2i2e^{i\pi/2}=2i, 2e−i5π/6=−3−i2e^{-i5\pi/6}=-\sqrt{3}-i.

-3-2-1123-3-2-11232i√3 − i−√3 − i

Pourquoi

Les angles sont remarquables : le cosinus et le sinus se lisent sans calculatrice.

Étape 5

Vérification : (2i)3=8i3=−8i(2i)^{3}=8i^{3}=-8i, et la somme (3−i)+2i+(−3−i)=0(\sqrt{3}-i)+2i+(-\sqrt{3}-i)=0.

Pourquoi

Une substitution sur la racine la plus simple et la somme nulle contrôlent tout le calcul en dix secondes.

Conclusion rédigée

« Les solutions sont 3−i\sqrt{3}-i, 2i2i et −3−i-\sqrt{3}-i ; elles forment un triangle équilatéral inscrit dans le cercle de centre 00 et de rayon 22. »

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire 3θ=−π23\theta=-\frac{\pi}{2} sans le 2kπ2k\pi, et ne trouver que 3−i\sqrt{3}-i ; ou lire −8i-8i comme d'argument π2\frac{\pi}{2}, ce qui donne les trois racines de 8i8i.

À savoir par cœur

  • • eiθ=cos⁡θ+isin⁡θe^{i\theta}=\cos\theta+i\sin\theta, OBTENUE en posant x=iθx=i\theta dans la série de exe^{x} ; eiπ=−1e^{i\pi}=-1.
  • • Argument : par le cosinus ET le sinus ; arctan⁡yx\arctan\frac{y}{x} ne vaut que si x>0x>0.
  • • Produit : modules MULTIPLIÉS, arguments ADDITIONNÉS, à 2π2\pi près ; quotient : divisés et soustraits.
  • • zn=az^{n}=a a EXACTEMENT nn solutions, en polygone régulier centré en 00, de somme nulle.
  • • Polynôme à coefficients RÉELS : z0z_{0} racine entraîne z0‾\overline{z_{0}} racine.
  • • cos⁡θ=eiθ+e−iθ2\cos\theta=\frac{e^{i\theta}+e^{-i\theta}}{2}, sin⁡θ=eiθ−e−iθ2i\sin\theta=\frac{e^{i\theta}-e^{-i\theta}}{2i}, ∣ex+iy∣=ex|e^{x+iy}|=e^{x}.
  • • ∣z−a∣=r|z-a|=r : cercle de centre aa ; ∣z−a∣=∣z−b∣|z-a|=|z-b| : médiatrice.

Questions fréquentes

Comment démontrer la formule d'Euler avec les séries de Maclaurin ?

On part de la série de l'exponentielle, somme des x puissance n sur factorielle n, qui converge absolument pour tout nombre complexe. On remplace x par i thêta. Comme i au carré vaut moins un, les termes de rang pair sont réels et redonnent la série du cosinus, les termes de rang impair sont imaginaires et redonnent i fois la série du sinus. La convergence absolue permet ce regroupement.

Comment trouver l'argument d'un nombre complexe sans se tromper de quadrant ?

Calculez d'abord le module r, puis le cosinus, partie réelle sur r, et le sinus, partie imaginaire sur r. Leurs deux signes désignent un seul quadrant, et l'angle remarquable s'y lit. L'arc tangente de y sur x ne suffit pas : il ne donne que des angles entre moins pi sur deux et pi sur deux, donc il se trompe pour tout point à partie réelle négative.

Combien de solutions a l'équation z puissance n égale a dans les complexes ?

Exactement n, dès que a n'est pas nul. Elles ont toutes le même module, la racine n-ième du module de a, et leurs arguments sont espacés de deux pi sur n. Dans le plan, elles forment un polygone régulier à n sommets centré à l'origine, et leur somme est nulle. Ne donner qu'une seule solution coûte la plus grande partie de la question.

Pourquoi les nombres complexes sont-ils au programme de Calcul I à Polytechnique ?

Parce que la formule d'Euler sort directement des séries de Maclaurin vues juste avant dans le cours, et qu'elle sert ensuite partout en génie : linéariser une puissance de cosinus, dériver e puissance x fois cosinus x en une ligne, calculer l'impédance d'un circuit en courant alternatif. Le chapitre ouvre le contrôle périodique 2 et revient à l'examen final.

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Exercices corrigés : Les nombres complexes

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
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En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/mth1101-nombres-complexes. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

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Contactez-moi pour une première séance. On reprend les nombres complexes à partir de la formule d'Euler, avec une correction des arguments et des racines, là où les points se perdent au contrôle périodique 2 et au final.

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