Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Plan tangent et différentielle
Plan tangent et différentielle : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)
Voici une série d'exercices corrigés sur le plan tangent et la différentielle, la section 4.2 « Approximations linéaires et différentielle » de Stewart, *Calcul à plusieurs variables*, dans le cours MTH1101 (Calcul I) de Polytechnique Montréal. Le chapitre vient juste après les dérivées partielles et juste avant la dérivation en chaîne et le gradient, et il est au programme du contrôle périodique 2 : il assemble deux pentes en un plan, puis fait de ce plan un outil de calcul approché et de propagation d'erreur. Il reprend, à deux variables, la différentielle du 201-NYA.
L'exercice 0.1 ouvre la série par dix calculs directs de plan tangent et d'approximation linéaire, comme dans les listes de la section 4.2 de Stewart : le plan tangent à z=f(x,y) pour un polynôme, un produit par une exponentielle, une racine comme xy+5, un logarithme, un quotient et un cosinus, puis la différentielle totale dz à deux et à trois variables et deux estimations comme 2,033+0,972, chacun avec sa valeur vérifiée en direct.
Le fil de la série : le plan tangent n'est pas un calcul de deux dérivées partielles, c'est une PROMESSE, celle que Δz≈dz avec un écart négligeable devant le déplacement. Cette promesse n'est tenue que si f est différentiable, et l'existence de fx et fy ne suffit pas : deux exercices montrent des surfaces qui ont leurs deux pentes à l'origine et aucun plan tangent. Quand elle est tenue, la promesse se monnaie : estimer une valeur, propager une incertitude de mesure, décider si une conclusion tient.
Les pièges nommés dans les corrigés : oublier les décalages (x−a) et (y−b), conclure à un plan tangent parce que les dérivées partielles existent, prendre dz pour Δz, laisser deux erreurs de mesure se compenser alors que l'erreur maximale additionne leurs valeurs absolues, croire qu'une approximation est bonne parce que le point est proche. Tout se fait sans calculatrice, comme aux contrôles périodiques et à l'examen final, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : les réponses sont exactes ou en fractions, et chaque sous-question se vérifie en ligne.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•PLAN TANGENT à z=f(x,y) au-dessus de (a,b), si f est différentiable : z=f(a,b)+fx(a,b)(x−a)+fy(a,b)(y−b).
•APPROXIMATION LINÉAIRE : f(x,y)≈L(x,y), le membre de droite ci-dessus, pour (x,y) proche de (a,b) ; le point d'appui rend f(a,b), fx(a,b) et fy(a,b) exacts.
•DIFFÉRENTIABILITÉ : Δz=fx(a,b)Δx+fy(a,b)Δy+ε1Δx+ε2Δy avec ε1,ε2→0. Si fx et fy existent près de (a,b) et sont continues en (a,b), f est différentiable en (a,b).
•Différentiable entraîne continue. L'existence de fx(a,b) et de fy(a,b) n'entraîne NI l'une NI l'autre.
•DIFFÉRENTIELLE TOTALE : dz=fxdx+fydy, l'accroissement le long du plan tangent ; Δz−dz est négligeable devant dx2+dy2.
•ERREUR MAXIMALE : ∣Δz∣≈∣dz∣≤∣fx∣∣dx∣+∣fy∣∣dy∣. Pour z=Cxpyq, zdz≤∣p∣xdx+∣q∣ydy.
Calculs : plans tangents et différentielles à calculer
Exercice 0.1 : Écrire le plan tangent et l'approximation linéaire : dix calculs directs
Aux lignes a) à f), écrivez le plan tangent à la surface z=f(x,y) au-dessus du point indiqué, sous la forme z=Ax+By+C, puis donnez le terme constant C et la valeur de l'approximation linéaire L au point voisin indiqué. Aux lignes g) et i), calculez la différentielle totale avec les accroissements donnés ; aux lignes h) et j), estimez la valeur par une approximation linéaire. Toutes les fonctions sont différentiables aux points choisis, et les réponses sont exactes, sans calculatrice.
Un seul geste pour les dix lignes, dans cet ordre : calculer f(a,b), puis fx(a,b) et fy(a,b) ; écrire L(x,y)=f(a,b)+fx(a,b)(x−a)+fy(a,b)(y−b) AVEC ses décalages, puis développer ; évaluer L au point voisin, ou dz=fxdx+fydy avec les accroissements. Pour une estimation, choisir d'abord la fonction et le point d'appui où tout se calcule exactement.
a) f(x,y)=2x3−xy2+4y au-dessus de (1;−2), puis L(0,9;−2,1).
b) f(x,y)=(x2+y)ex−2y au-dessus de (2;1), puis L(2,1;1,05).
c) f(x,y)=xy+5 au-dessus de (1;4), puis L(1,3;3,4).
d) f(x,y)=ln(x2+y3−1) au-dessus de (1;1), puis L(1,05;0,98).
e) f(x,y)=y+2x2−y au-dessus de (2;2), puis L(2,2;1,6).
f) f(x,y)=x2cos(y−x) au-dessus de (1;1), puis L(1,1;0,8).
g) dz pour z=y3x en (4;1), avec dx=0,4 et dy=−0,05.
h) Estimez 2,033+0,972.
i) dw pour w=zxy en (2;3;1), avec dx=0,1, dy=−0,2 et dz=0,05.
j) Estimez 2,98ln(1,05).
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Réponses
a)z=2x+8y+4 ; L(0,9;−2,1)=−11
b)z=9x−9y−4 ; L(2,1;1,05)=5,45
c)z=32x+61y+35 ; L(1,3;3,4)=3,1
d)z=2x+3y−5 ; L(1,05;0,98)=0,04
e)z=x−83y−43 ; L(2,2;1,6)=0,85
f)z=2x−1 ; L(1,1;0,8)=1,2
g)dz=41dx+6dy=−0,2
h)3+2(0,03)+31(−0,03)=3,05
i)dw=3dx+2dy−6dz=−0,4
j)0+3(0,05)=0,15
Le geste qui décide de tout : écrire les décalages (x−a) et (y−b) avant de développer. Le plan z=f(a,b)+fx(a,b)x+fy(a,b)y, sans décalages, ne passe par le point de tangence que si (a,b)=(0,0) ; c'est exactement ce que le terme constant C démasque.
a)
f(1,−2)=2−4−8=−10 ; fx=6x2−y2, fx(1,−2)=6−4=2 ; fy=−2xy+4, fy(1,−2)=4+4=8. Donc z=−10+2(x−1)+8(y+2)=2x+8y+4, C=4, et L(0,9;−2,1)=1,8−16,8+4=−11. Piège : le signe de y dans fy(1,−2)=−2(1)(−2)+4.
b)
Au point, x−2y=0, donc ex−2y=1 et f(2,1)=5. Produit et chaîne : fx=(2x+x2+y)ex−2y, fx(2,1)=4+5=9 ; fy=(1−2(x2+y))ex−2y, fy(2,1)=1−10=−9. Donc z=5+9(x−2)−9(y−1)=9x−9y−4, C=−4, et L(2,1;1,05)=18,9−9,45−4=5,45. Piège : oublier le facteur −2, dérivée de l'exposant par rapport à y.
c)
f(1,4)=9=3 ; fx=2xy+5y, fx(1,4)=64=32 ; fy=2xy+5x, fy(1,4)=61. Donc z=3+32(x−1)+61(y−4)=32x+61y+35, C=35, et L(1,3;3,4)=3+32(0,3)+61(−0,6)=3+0,2−0,1=3,1. Évaluer L sous la forme avec décalages va plus vite que sous la forme développée.
d)
f(1,1)=ln1=0 ; fx=x2+y3−12x, fx(1,1)=2 ; fy=x2+y3−13y2, fy(1,1)=3. Donc z=2(x−1)+3(y−1)=2x+3y−5, C=−5, et L(1,05;0,98)=2(0,05)+3(−0,02)=0,04.
e)
f(2,2)=42=21 ; fx=y+22x, fx(2,2)=1 ; y est au numérateur ET au dénominateur, donc règle du quotient : fy=(y+2)2−(y+2)−(x2−y)=(y+2)2−x2−2, fy(2,2)=−166=−83. Donc z=21+(x−2)−83(y−2)=x−83y−43, C=−43, et L(2,2;1,6)=21+0,2+0,15=0,85. Piège : dériver le seul numérateur par rapport à y, ce qui donne −41.
f)
f(1,1)=1⋅cos0=1. Par rapport à x, produit et chaîne, la dérivée intérieure de y−x valant −1 : fx=2xcos(y−x)+x2sin(y−x), fx(1,1)=2. Par rapport à y : fy=−x2sin(y−x), fy(1,1)=0. Donc z=1+2(x−1)=2x−1, C=−1 : au point, la surface est horizontale dans la direction de l'axe des y. L(1,1;0,8)=2,2−1=1,2. Piège : le signe de fx, où le moins de (cosu)′=−sinu et celui de la dérivée intérieure s'annulent.
g)
zx=2xy3, zx(4,1)=41 ; zy=3y2x, zy(4,1)=6. Donc dz=41(0,4)+6(−0,05)=0,1−0,3=−0,2.
h)
On prend f(x,y)=x3+y2 au voisinage de (2;1), où f(2,1)=9=3 se calcule exactement. fx=2x3+y23x2, fx(2,1)=612=2 ; fy=x3+y2y, fy(2,1)=31. Avec dx=0,03 et dy=−0,03 : 2,033+0,972≈3+2(0,03)+31(−0,03)=3+0,06−0,01=3,05. Le point d'appui est imposé par la racine exacte 9, pas seulement par la proximité.
i)
Au point (2;3;1) : wx=zy=3, wy=zx=2, wz=−z2xy=−6. Donc dw=3(0,1)+2(−0,2)−6(0,05)=0,3−0,4−0,3=−0,4. Piège : la dérivée par rapport à la variable du dénominateur, −z2xy, avec son signe moins.
j)
On prend f(x,y)=xlny au voisinage de (3;1) : f(3,1)=0, fx=lny donc fx(3,1)=0, fy=yx donc fy(3,1)=3. Avec dx=−0,02 et dy=0,05 : 2,98ln(1,05)≈0+0×(−0,02)+3(0,05)=0,15. Le décalage sur x ne compte pas au premier ordre, puisque fx s'annule au point d'appui.
Contrôle : le plan trouvé passe par le point de tangence, L(a,b)=f(a,b), ce qui se vérifie en une ligne sur la forme développée, 2(1)+8(−2)+4=−10 à la ligne a) ; et chaque dérivée partielle se recoupe en dérivant la fonction d'une variable obtenue en fixant l'autre, x↦f(x,b) ou y↦f(a,y).
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Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Équation du plan tangent : quatre surfaces, quatre pièges
Si f est différentiable en (a,b), le plan tangent à la surface z=f(x,y) au point (a,b,f(a,b)) a pour équation z=f(a,b)+fx(a,b)(x−a)+fy(a,b)(y−b). Dans les questions a) à c), les dérivées partielles sont continues au voisinage du point, donc la fonction y est différentiable et le plan tangent existe.
Donnez chaque plan sous la forme z=Ax+By+C.
a) f(x,y)=x2y−3xy2+2, au-dessus du point (2;1).
b) f(x,y)=ln(x−2y), au-dessus du point (3;1).
c) f(x,y)=x+yx2, au-dessus du point (1;1). Le terme constant de votre réponse est nul : est-ce une erreur ? Comparez f(t,t) et L(t,t) pour t>0.
d) f(x,y)=x2+xy+y2−3x : au-dessus de quel point (a,b) le plan tangent est-il horizontal ? Donnez ce point et l'équation du plan.
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Réponses
a)z=x−8y+6
b)z=x−2y−1
c)z=43x−41y ; C=0 n'est pas une erreur : f(t,t)=L(t,t)=2t
d)Point (2;−1), plan z=−3
a)
On calcule la valeur et les deux dérivées partielles AU POINT, puis on assemble. f(2,1)=4−6+2=0. fx=2xy−3y2 donne fx(2,1)=4−3=1, et fy=x2−6xy donne fy(2,1)=4−12=−8. Le plan est z=0+1⋅(x−2)−8(y−1), soit z=x−8y+6. Contrôle immédiat : au-dessus de (2,1), le plan donne 2−8+6=0=f(2,1), il passe bien par le point de la surface. Le piège est d'écrire z=x−8y en oubliant les décalages (x−2) et (y−1). Ce plan a la bonne inclinaison, mais il passe à la hauteur −6 au-dessus de (2,1) : il est parallèle au plan tangent, il ne touche pas la surface. Le contrôle L(a,b)=f(a,b) attrape cette erreur en cinq secondes, et c'est la première chose qu'un correcteur vérifie.
b)
f(3,1)=ln1=0. Par la dérivation d'une composée à une variable, fx=x−2y1 et fy=x−2y−2 : le facteur −2 est la dérivée de x−2y par rapport à y, x étant tenu constant. Au point, x−2y=1, donc fx(3,1)=1 et fy(3,1)=−2. Le plan est z=(x−3)−2(y−1)=x−2y−1. Oublier le facteur −2 donne B=1 : la pente dans la direction y change de signe, et le plan monte là où la surface descend. Les deux dérivées partielles sont continues sur tout le domaine x>2y, qui contient (3,1) : c'est ce qui garantit la différentiabilité annoncée dans l'énoncé.
c)
f(1,1)=21. Par la règle du quotient, fx=(x+y)22x(x+y)−x2=(x+y)2x2+2xy, donc fx(1,1)=43, et fy=−(x+y)2x2, donc fy(1,1)=−41. Le plan est z=21+43(x−1)−41(y−1) et son terme constant vaut 21−43+41=0 : z=43x−41y. Ce n'est pas une erreur. Pour t>0, f(t,t)=2tt2=2t et L(t,t)=43t−4t=2t : le plan et la surface coïncident sur toute la demi-droite qui joint l'origine au point. Plus généralement f(tx,ty)=tf(x,y), donc au-dessus de chaque demi-droite issue de l'origine la surface est elle-même une demi-droite ; le plan tangent contient celle qui passe par le point de contact, donc il passe par l'origine. Un résultat inattendu se vérifie, il ne se « corrige » pas.
d)
« Horizontal » veut dire que les deux pentes sont nulles, pas que la hauteur l'est : on cherche fx(a,b)=0 et fy(a,b)=0. Ici fx=2x+y−3 et fy=x+2y. Le système 2a+b=3, a+2b=0 donne a=−2b, puis −4b+b=3, soit b=−1 et a=2. Au point (2,−1), f(2,−1)=4−2+1−6=−3, et le plan tangent est z=−3 : les termes en (x−2) et en (y+1) disparaissent avec leurs coefficients nuls. Résoudre f(a,b)=0 répondrait à une autre question, celle des points où la surface traverse le plan z=0. C'est en de tels points à plan tangent horizontal que l'on cherchera plus tard les extrema ; ici on constate seulement que la surface y est à plat au premier ordre.
Exercice 2 : L'approximation linéaire : trois valeurs sans calculatrice
L'approximation linéaire de f au voisinage de (a,b) est f(x,y)≈L(x,y)=f(a,b)+fx(a,b)(x−a)+fy(a,b)(y−b). Elle n'est légitime que si f est différentiable en (a,b), et elle n'est utile que si f(a,b) et les deux dérivées partielles se calculent EXACTEMENT : c'est ce qui décide du point d'appui.
Les estimations se donnent sous forme décimale exacte, calculée à la main.
a) Estimez 3,022+3,972 à l'aide de f(x,y)=x2+y2 au voisinage de (3;4).
b) Estimez 1,983×3,012.
c) Estimez 8,95×327,3. Choisissez la fonction et le point d'appui, et justifiez ce choix.
d) Avec le L de la question a), calculez L(6;8) et L(4;3), et comparez à f(6;8) et f(4;3). Le point (6;8) est à la distance 5 de (3;4), le point (4;3) à la distance 2 : expliquez le résultat.
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Réponses
a)L(3,02;3,97)=4,988 (valeur exacte 4,98812…)
b)70,32, avec f(x,y)=x3y2 en (2;3)
c)f(x,y)=x3y en (9;27) : 9+1201≈9,0083
d)L(6;8)=10=f(6;8) ; L(4;3)=4,8 contre f(4;3)=5 : l'erreur dépend de la direction, pas seulement de la distance
a)
f(3,4)=25=5. Les dérivées partielles fx=x2+y2x et fy=x2+y2y sont continues hors de l'origine, donc f est différentiable en (3,4), avec fx(3,4)=53 et fy(3,4)=54. Les déplacements sont dx=0,02 et dy=−0,03, car 3,97=4−0,03 : le signe de dy est le premier piège. Alors L=5+53(0,02)+54(−0,03)=5+0,012−0,024=4,988. La valeur exacte est 4,98812… : l'écart, environ 1,2×10−4, est cent fois plus petit que les déplacements eux-mêmes. C'est la promesse de la différentiabilité : l'erreur est d'ordre deux, négligeable devant la distance au point d'appui.
b)
On pose f(x,y)=x3y2 et l'on s'appuie sur (2,3), où tout se calcule de tête : f(2,3)=8×9=72, fx=3x2y2 donne fx(2,3)=108, et fy=2x3y donne fy(2,3)=48. Avec dx=−0,02 et dy=0,01 : L=72+108(−0,02)+48(0,01)=72−2,16+0,48=70,32. La valeur exacte est 70,328… Même résultat par les erreurs relatives : zdz=3xdx+2ydy=3(−0,01)+2(3001)=−3007, et 72(1−3007)=70,32. Pour un produit de puissances, chaque exposant multiplie l'erreur relative de son facteur ; on retrouvera ce raccourci dans la propagation des erreurs.
c)
La fonction s'impose, f(x,y)=x3y ; le point d'appui doit être proche de (8,95;27,3) ET rendre f, fx, fy exacts : (9,27), carré parfait et cube parfait. S'appuyer sur (8,95;27) serait plus proche, mais 8,95 resterait à calculer : l'approximation n'aurait rien simplifié. On a f(9,27)=3×3=9, fx=2x3y donc fx(9,27)=63=21, et fy=3y2/3x donc fy(9,27)=3×93=91. Avec dx=−0,05 et dy=0,3 : L=9−401+301=9+1201≈9,0083. La valeur exacte est 9,00808… Le déplacement dy=0,3 paraît grand, mais il ne représente qu'un peu plus de 1% de 27, et la pente 91 l'atténue : c'est la taille RELATIVE du déplacement, pondérée par la pente, qui compte.
d)
L(x,y)=5+53(x−3)+54(y−4)=53x+4y. Alors L(6,8)=550=10, exactement f(6,8)=100, alors que L(4,3)=524=4,8 contre f(4,3)=5. Le point le plus éloigné est approché sans erreur, le plus proche avec une erreur de 0,2. Explication : f(tx,ty)=tf(x,y) pour t≥0, la surface est un cône dont chaque génératrice est une demi-droite issue de l'origine. Au-dessus de la droite qui passe par O et P(3,4), la surface EST une droite, contenue dans le plan tangent : sur cette droite, L=f partout, même en (0,0). Le point Q(4,3) est sur le même cercle que P, donc à la même hauteur 5, mais le plan, lui, descend dans cette direction : c'est là que le cône se courbe. La figure de la correction le montre : les courbes de niveau de f sont des cercles, celles de L des droites parallèles, et elles se croisent exactement sur la demi-droite OP. La qualité d'une approximation linéaire dépend de la courbure de la surface dans la direction du déplacement, pas seulement de la distance.
Exercice 3 : Des dérivées partielles à l'origine, et pourtant aucun plan tangent
On considère f(x,y)=x2+y2xy si (x,y)=(0,0), et f(0,0)=0.
La figure représente des courbes de niveau de f : chaque droite passant par l'origine, l'origine exceptée, est une courbe de niveau, et la valeur de f sur cette droite est écrite à l'une de ses extrémités. Les deux axes, origine exceptée, forment la courbe de niveau 0.
a) Calculez fx(0,0) et fy(0,0) à l'aide de la définition par la limite.
b) Si f admettait un plan tangent au-dessus de l'origine, quelle en serait l'équation ? Calculez f(t,t) et f(t,2t) pour t=0, et retrouvez deux valeurs de la figure.
c) f est-elle continue en (0,0) ? Est-elle différentiable en (0,0) ? Justifiez par un théorème du cours.
d) Le théorème « si fx et fy existent près de (a,b) et sont continues en (a,b), alors f est différentiable en (a,b) » ne s'applique donc pas. Calculez fx(x,y) hors de l'origine, puis fx(0;0,1), et dites quelle hypothèse fait défaut.
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Réponses
a)fx(0,0)=0 et fy(0,0)=0
b)Le plan serait z=0 ; f(t,t)=21 et f(t,2t)=52
c)Non continue (limites 0 et 21 selon le chemin), donc non différentiable
d)fx(x,y)=(x2+y2)2y(y2−x2), fx(0,y)=y1, fx(0;0,1)=10 : fx n'est pas continue en (0,0)
a)
La formule de f n'a pas de sens en (0,0) : la dériver puis remplacer par (0,0) donnerait 00. Seule la définition répond. Pour h=0, f(h,0)=h20=0, donc fx(0,0)=h→0limhf(h,0)−f(0,0)=h→0limh0=0. De même f(0,h)=0 donne fy(0,0)=0. Ces deux nombres existent, mais ils ne regardent que les deux axes, sur lesquels f est identiquement nulle. Une dérivée partielle est une information sur UNE trace de la surface, pas sur la surface.
b)
Le candidat est z=f(0,0)+fx(0,0)x+fy(0,0)y=0 : le plan horizontal z=0. Or, pour t=0, f(t,t)=2t2t2=21 et f(t,2t)=5t22t2=52, ce que la figure affiche sur la diagonale et sur la droite y=2x. Plus généralement, sur la droite y=mx, f vaut 1+m2m, quelle que soit la distance à l'origine. Aussi près de l'origine qu'on le veuille, la surface est à la hauteur 21 au-dessus de la diagonale, alors que le plan candidat est à la hauteur 0 : l'écart ne diminue pas, il est fixe. Aucune promesse « Δz≈dz » ne peut être tenue.
c)
Le long de l'axe des x, f tend vers 0 ; le long de la diagonale, f tend vers 21. Deux chemins donnent deux limites différentes, donc (x,y)→(0,0)limf(x,y) n'existe pas et f n'est pas continue en (0,0). Le théorème du cours dit : si f est différentiable en (a,b), alors f est continue en (a,b). Par contraposée, f n'est pas différentiable en (0,0), et la surface n'a pas de plan tangent au-dessus de l'origine. Le résultat à retenir : l'existence de fx(a,b) et de fy(a,b) n'entraîne ni la différentiabilité, ni même la continuité. C'est la différence avec une variable, où « dérivable » entraîne « continue ».
d)
Hors de l'origine, par la règle du quotient, fx=(x2+y2)2y(x2+y2)−xy⋅2x=(x2+y2)2y(y2−x2). Sur l'axe des y, fx(0,y)=y4y3=y1 : fx(0;0,1)=10, fx(0;0,01)=100. Près de l'origine, fx prend des valeurs aussi grandes qu'on veut, alors que fx(0,0)=0 : fx n'est pas continue en (0,0). C'est l'hypothèse « continues en (a,b) » qui fait défaut. Aucune contradiction avec le théorème : il donne une condition SUFFISANTE ; quand son hypothèse tombe, il ne dit rien, et c'est l'étude directe (question c) qui tranche.
Exercice 4 : dz contre Δz : un écart d'ordre deux
Pour z=f(x,y), l'accroissement RÉEL est Δz=f(a+dx,b+dy)−f(a,b) ; la différentielle dz=fx(a,b)dx+fy(a,b)dy est l'accroissement le long du plan tangent. Dire que f est différentiable en (a,b), c'est dire que Δz=dz+ε1dx+ε2dy, où ε1 et ε2 tendent vers 0 quand (dx,dy)→(0,0).
La figure représente un panneau rectangulaire de côtés x et y dont chaque côté s'allonge, de dx et de dy ; les accroissements sont exagérés pour la lecture.
a) Pour f(x,y)=x2+3xy−y2, calculez dz au point (2;3) avec dx=0,05 et dy=−0,04.
b) Calculez exactement Δz pour le même déplacement, puis l'écart Δz−dz. Montrez que, pour tout déplacement, Δz−dz=dx2+3dxdy−dy2.
c) Sur un plan de découpe, un panneau de 40 cm sur 25 cm est redimensionné à 40,5 cm sur 25,2 cm. Calculez la différentielle dA de l'aire A=xy et l'accroissement exact ΔA. Quelle partie de la figure la différentielle oublie-t-elle ?
d) Pour la fonction de a), on prend dx=dy=h. Exprimez Δz−dz en fonction de h, donnez sa valeur pour h=0,1, et calculez la limite de dx2+dy2Δz−dz quand h→0+. Concluez.
Voir la correction
Réponses
a)fx(2,3)=13, fy(2,3)=0, dz=0,65
b)Δz=0,6449, écart −0,0051=dx2+3dxdy−dy2
c)dA=20,5 cm², ΔA=20,6 cm² ; la différentielle oublie le coin dxdy=0,1 cm²
d)Δz−dz=3h2, soit 0,03 pour h=0,1 ; le quotient vaut 23h→0
a)
fx=2x+3y et fy=3x−2y, donc fx(2,3)=13 et fy(2,3)=6−6=0. Alors dz=13(0,05)+0(−0,04)=0,65. Que fy(2,3) soit nul ne veut pas dire que z ignore y : cela veut dire que, au premier ordre, une petite variation de y ne change pas z. Le plan tangent est horizontal dans la direction y, pas la surface. La question b) le montre : dy réapparaît dans l'écart.
b)
f(2,05;2,96)=4,2025+18,204−8,7616=13,6449 et f(2,3)=4+18−9=13, donc Δz=0,6449, et Δz−dz=−0,0051. En général, on développe : f(2+dx,3+dy)=(2+dx)2+3(2+dx)(3+dy)−(3+dy)2=13+13dx+dx2+3dxdy−dy2, les termes en dy seul s'annulant (6dy−6dy). Donc Δz−dz=dx2+3dxdy−dy2, et avec les données, 0,0025−0,006−0,0016=−0,0051. Tous les termes de l'écart sont des PRODUITS de deux petits nombres. On peut l'écrire (dx+3dy)dx+(−dy)dy : ε1=dx+3dy et ε2=−dy tendent vers 0, et l'on vient de vérifier à la main la définition de la différentiabilité en (2,3).
c)
A=xy, donc dA=ydx+xdy=25(0,5)+40(0,2)=12,5+8=20,5 cm². L'accroissement exact est ΔA=40,5×25,2−1000=1020,6−1000=20,6 cm². L'écart vaut 0,1=0,5×0,2, c'est-à-dire dxdy. La figure le montre : ydx est la bande de droite, xdy la bande du haut, et la différentielle les compte toutes les deux ; elle oublie le petit rectangle du coin, d'aire dxdy, produit de deux accroissements. Ici ε1=dy et ε2=0 conviennent. Pour des accroissements de quelques millimètres, ce coin est négligeable devant les bandes, et c'est pour cela qu'on se sert de dA, linéaire et simple, plutôt que de ΔA.
d)
Avec dx=dy=h : Δz−dz=h2+3h2−h2=3h2, soit 0,03 pour h=0,1. Le déplacement a pour longueur h2+h2=2h, et 2hΔz−dz=23h→0. L'écart n'est pas seulement petit, il est petit DEVANT le déplacement : c'est exactement ce que signifie « f est différentiable ». Comparez à l'exercice 3, où le long de la diagonale l'écart restait égal à 21 : divisé par 2∣t∣, il tendait vers l'infini, et il n'y avait pas de plan tangent.
Exercice 5 : Différentielle totale et erreur maximale : le volume d'une cuve
Une cuve cylindrique a un rayon intérieur mesuré r=2 m, à 0,01 m près, et une hauteur intérieure mesurée h=5 m, à 0,02 m près. Son volume est V=πr2h. On cherche l'erreur MAXIMALE que ces incertitudes de mesure peuvent produire sur le volume calculé. La figure ci-dessous représente la situation.
a) Calculez ∂r∂V et ∂h∂V en (2;5), et écrivez la différentielle totale dV en ce point.
b) Estimez l'erreur maximale sur V, d'abord en multiple de π, puis au centième de mètre cube (avec π≈3,14).
c) Calculez l'erreur relative maximale sur V, en pourcentage, de deux façons : à partir de b), puis directement à partir des erreurs relatives sur r et sur h.
d) Quelle mesure contribue le plus à l'erreur ? On garde la mesure de la hauteur telle quelle : à combien de millimètres près faut-il mesurer le rayon pour que l'erreur relative maximale sur V ne dépasse pas 1% ?
Voir la correction
Réponses
a)Vr=2πrh=20π, Vh=πr2=4π, dV=20πdr+4πdh
b)∣dV∣≤20π(0,01)+4π(0,02)=0,28π≈0,88 m³
c)20π0,28π=1,4%, et 2rdr+hdh=1%+0,4%
d)Le rayon ; il faut dr≤0,006 m, soit 6 mm
a)
La hauteur est tenue constante pour dériver par rapport à r, et réciproquement : ∂r∂V=2πrh, qui vaut 20π en (2,5), et ∂h∂V=πr2, qui vaut 4π. La différentielle totale est dV=20πdr+4πdh. Elle se lit comme un bilan : chaque mètre d'erreur sur le rayon pèse 20π m³, chaque mètre d'erreur sur la hauteur 4π m³. Les deux dérivées partielles sont des polynômes en r et h, continues partout : V est différentiable et la différentielle est une bonne approximation de l'accroissement réel.
b)
On ne connaît ni le signe de dr ni celui de dh, seulement ∣dr∣≤0,01 et ∣dh∣≤0,02. Le pire cas est celui où les deux erreurs poussent le volume dans le même sens : ∣dV∣≤∣Vr∣∣dr∣+∣Vh∣∣dh∣=20π(0,01)+4π(0,02)=0,2π+0,08π=0,28π≈0,88 m³. Les valeurs absolues ne changent rien ici, les deux dérivées étant positives, mais on les écrit toujours : avec une dérivée négative, elles empêchent deux erreurs de se compenser sur le papier alors qu'elles ne se compensent pas dans la réalité. Contrôle par le calcul exact du pire cas : π(2,012×5,02−20)=0,281302π. L'écart avec 0,28π est de l'ordre de 0,0013π, négligeable : c'est ce qui autorise la différentielle, linéaire et simple, à la place de ΔV.
c)
À partir de b) : V=20π, et 20π0,28π=0,014=1,4%. Directement : lnV=lnπ+2lnr+lnh, donc VdV=2rdr+hdh, et l'erreur relative maximale est 2×20,01+50,02=2×0,5%+0,4%=1,4%. La seconde méthode est la plus rapide pour un produit de puissances : chaque exposant multiplie l'erreur relative de son facteur. L'exposant 2 du rayon double son erreur relative : une mesure à 0,5% près coûte 1% sur le volume.
d)
Le rayon contribue 1%, la hauteur 0,4% : c'est le rayon qu'il faut soigner, à cause de son exposant et non parce qu'il serait mal mesuré, puisque son erreur relative, 0,5%, est à peine plus grande que celle de la hauteur. Avec la hauteur gardée, il faut 22∣dr∣+0,4%≤1%, soit ∣dr∣≤0,006 m, c'est-à-dire 6 mm au lieu de 10. Contrôle : 2×0,3%+0,4%=1%. Améliorer la hauteur seule ne suffirait jamais : même avec dh=0, le rayon laisse 1% à lui seul, la limite exactement. C'est le problème inverse de la propagation : partir de la précision voulue sur le résultat pour fixer celle de l'instrument.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Continue, dérivable partiellement, et pourtant pas différentiable
On considère f(x,y)=3x3+y3, définie sur R2 (la racine cubique d'un nombre négatif est négative).
La figure montre deux traces de la surface z=f(x,y) en fonction d'un paramètre t : au-dessus de l'axe des x, z=f(t,0), et au-dessus de la diagonale y=x, z=f(t,t).
a) Montrez que ∣f(x,y)∣≤32x2+y2, et déduisez-en que f est continue en (0,0).
b) Calculez fx(0,0) et fy(0,0) par la définition.
c) Écrivez le plan z=L(x,y) qui serait tangent au-dessus de l'origine si f y était différentiable. Comparez sa pente le long de la diagonale, tL(t,t), à celle que montre la figure, puis calculez au centième t→0+limt2+t2f(t,t)−L(t,t).
d) f est-elle différentiable en (0,0) ? Calculez fx(0,1) et expliquez pourquoi le théorème des dérivées partielles continues ne pouvait pas s'appliquer.
Voir la correction
Réponses
a)∣x3+y3∣≤2(x2+y2)3, donc f→0=f(0,0) : continue
b)fx(0,0)=1 et fy(0,0)=1
c)L(x,y)=x+y, pente 2 contre 32≈1,26 ; limite 232−2≈−0,52
d)Non différentiable ; fx(0,1)=0=fx(0,0)=1, donc fx n'est pas continue en (0,0)
a)
Posons ρ=x2+y2. Comme ∣x∣≤ρ et ∣y∣≤ρ, ∣x3+y3∣≤∣x∣3+∣y∣3≤2ρ3, et la racine cubique étant croissante, ∣f(x,y)∣≤32ρ. Quand (x,y)→(0,0), ρ→0, donc f(x,y)→0=f(0,0) par encadrement : f est continue en (0,0). Contrairement à l'exercice 3, la surface ne fait aucun saut. Le défaut, s'il existe, sera plus fin.
b)
f(h,0)=3h3=h, donc hf(h,0)−f(0,0)=1 pour tout h=0, et fx(0,0)=1. Par symétrie des rôles de x et y, fy(0,0)=1. La figure le confirme : la trace au-dessus de l'axe des x est la droite z=t, de pente 1. On ne pouvait pas dériver la formule et remplacer : ∂x∂3x3+y3=(x3+y3)2/3x2 donne 00 à l'origine.
c)
Si f était différentiable, son plan tangent serait z=f(0,0)+fx(0,0)x+fy(0,0)y, soit L(x,y)=x+y. Le long de la diagonale, L(t,t)=2t : pente 2. Or f(t,t)=32t3=32t≈1,26t, la droite la plus raide de la figure, mais nettement moins raide que 2. Le quotient de la définition vaut, pour t>0, 2t32t−2t=232−2≈−0,52 : il est CONSTANT, il ne tend pas vers 0. Au-dessus de la diagonale, la surface s'écarte du plan candidat proportionnellement à la distance parcourue, et non d'un écart négligeable devant elle.
d)
La différentiabilité exige que x2+y2f(x,y)−L(x,y)→0 quelle que soit la façon d'approcher l'origine ; le long de la diagonale, ce quotient reste à −0,52. Donc f n'est PAS différentiable en (0,0), bien qu'elle y soit continue et y ait ses deux dérivées partielles. Hors des points où x3+y3=0, fx=(x3+y3)2/3x2, et pour y=0, fx(0,y)=0 ; en particulier fx(0,1)=0. Sur l'axe des y, aussi près de l'origine qu'on veut, fx vaut 0, alors que fx(0,0)=1 : fx n'est pas continue en (0,0), et l'hypothèse du théorème tombe. Retenez la hiérarchie : continuité, existence des dérivées partielles, différentiabilité ; ni la première, ni la deuxième, ni les deux ensemble n'entraînent la troisième. Seule la continuité des dérivées partielles la garantit.
Exercice 7 : Le plan tangent lu dans une table : l'humidex
Par temps chaud et humide, l'humidex H exprime la température ressentie, en degrés Celsius, en fonction de la température de l'air T (en °C) et de l'humidité relative u (en %). On ne dispose pas de formule, seulement de la table suivante, arrondie au degré ; les lignes donnent T, les colonnes u.
a) Estimez ∂T∂H(30,60) en faisant la moyenne du taux vers la droite et du taux vers la gauche, puis ∂u∂H(30,60) de la même façon. Donnez les unités.
b) Écrivez l'approximation linéaire L(T,u) de H au voisinage de (30;60), puis estimez H(31;64).
c) Estimez de même H(34;80) par L et comparez à la table. Laquelle des deux estimations, celle de b) ou celle-ci, est la plus fiable ? Justifiez en lisant la table.
d) Une prévision annonce T=31 °C, à 1 °C près, et u=64%, à 5 points près. Estimez par la différentielle l'erreur maximale sur l'humidex prévu. Quelle incertitude pèse le plus ?
Voir la correction
Réponses
a)HT≈21,5+2=1,75 (°C par °C) ; Hu≈20,2+0,3=0,25 (°C par point d'humidité)
c)L(34;80)=51 contre 52 dans la table ; l'estimation de b), plus proche du point d'appui, est la plus fiable
d)∣dH∣≤1,75×1+0,25×5=3 °C ; la température pèse le plus
a)
Dans la colonne u=60, H passe de 35 à 39 entre T=28 et 30, et de 39 à 42 entre 30 et 32 : taux à gauche 239−35=2, taux à droite 242−39=1,5, moyenne 1,75, en degrés ressentis par degré d'air. Dans la ligne T=30 : à gauche 1039−36=0,3, à droite 1041−39=0,2, moyenne 0,25 degré ressenti par point de pourcentage d'humidité. Les deux taux d'un même côté diffèrent, en partie parce que la table est arrondie au degré ; leur moyenne revient à 442−35, un taux centré sur le point, plus fiable qu'un taux d'un seul côté. Une dérivée partielle lue dans une table est une ESTIMATION, et le corrigé doit le dire.
b)
L(T,u)=H(30,60)+HT(T−30)+Hu(u−60)=39+1,75(T−30)+0,25(u−60). Alors L(31,64)=39+1,75+0,25×4=41,75. Comme la table est arrondie au degré, on annonce un humidex d'environ 42 : écrire 41,75 comme une valeur sûre à deux décimales serait prétendre à une précision que les données n'ont pas. Le plan tangent remplace ici une formule qu'on n'a pas : c'est l'usage de l'ingénieur, interpoler une table au voisinage d'un point.
c)
L(34,80)=39+1,75×4+0,25×20=39+7+5=51, alors que la table donne 52. Le point (34,80) est à 4 degrés et 20 points du point d'appui, le point (31,64) à 1 degré et 4 points. Or la table montre que les taux ne sont pas constants : dans la colonne u=40, H monte de 3 degrés tous les 2 degrés d'air (31, 34, 37, 40), alors que dans la colonne u=80 il monte de 4 ou 5 (39, 43, 48, 52). Le taux en T dépend de u : la surface n'est pas un plan, et le plan tangent s'en écarte d'autant plus qu'on s'éloigne. L'estimation de b) est la plus fiable. Une approximation linéaire est LOCALE : elle ne se juge pas à la qualité du calcul, mais à la distance au point d'appui.
d)
Le point de la prévision est voisin de (30,60), et l'on garde les dérivées estimées en a). dH=HTdT+Hudu, et, les signes des erreurs étant inconnus, ∣dH∣≤∣HT∣∣dT∣+∣Hu∣∣du∣=1,75×1+0,25×5=1,75+1,25=3 °C. L'humidex prévu est donc d'environ 42, à 3 degrés près : entre 39 et 45 environ. La température pèse le plus, 1,75 contre 1,25, bien qu'une incertitude de 5 points d'humidité paraisse plus grande qu'une incertitude de 1 degré : ce sont les PRODUITS dérivée fois incertitude qu'on compare, jamais les incertitudes seules, qui n'ont même pas la même unité.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces affirmations a été lue sur une copie. Dites si elle est vraie ou fausse. Si elle est fausse, donnez un contre-exemple ou un calcul qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct : « faux » sans la phrase juste ne rapporte rien.
a) « Si fx(a,b) et fy(a,b) existent, la surface z=f(x,y) admet un plan tangent au-dessus de (a,b). »
b) « Si f est différentiable en (a,b), alors f est continue en (a,b). »
c) « Pour z=x−y, l'erreur maximale sur z est ∣dx∣−∣dy∣ : les deux erreurs se retranchent comme les deux mesures. »
d) « Pour z=yx, des erreurs relatives de 1% sur x et sur y se compensent : l'erreur relative maximale sur z est nulle. »
e) « Si f(x,y)=3x−2y+5, alors Δz=dz exactement, quel que soit le déplacement. »
Voir la correction
Réponses
a)Faux : x2+y2xy a fx(0,0)=fy(0,0)=0 et aucun plan tangent ; il faut la différentiabilité
b)Vrai : Δz=dz+ε1dx+ε2dy→0
c)Faux : l'erreur maximale est ∣dx∣+∣dy∣, soit 0,2 si ∣dx∣=∣dy∣=0,1
d)Faux : zdz≤xdx+ydy=2%
e)Vrai : Δz=3dx−2dy=dz, le plan tangent est la surface elle-même
a)
FAUX. L'exercice 3 en donne le contre-exemple : f(x,y)=x2+y2xy, f(0,0)=0, a fx(0,0)=fy(0,0)=0, mais vaut 21 partout sur la diagonale, origine exceptée ; elle n'est même pas continue en (0,0). Les deux dérivées partielles ne décrivent que deux traces, celles des axes. Énoncé correct : « si f est DIFFÉRENTIABLE en (a,b), la surface admet un plan tangent au-dessus de (a,b) ; c'est le cas en particulier si fx et fy existent près de (a,b) et sont continues en (a,b). »
b)
VRAI. Si f est différentiable en (a,b), Δz=fx(a,b)dx+fy(a,b)dy+ε1dx+ε2dy, avec ε1 et ε2 qui tendent vers 0. Quand (dx,dy)→(0,0), chaque terme tend vers 0, donc f(a+dx,b+dy)→f(a,b) : c'est la continuité. La réciproque est fausse : l'exercice 6 donne une fonction continue à l'origine qui n'y est pas différentiable.
c)
FAUX. On ne connaît pas le signe des erreurs : dz=dx−dy, et le pire cas est celui où dx et dy sont de signes CONTRAIRES, x surestimé et y sous-estimé. L'erreur maximale est ∣dz∣≤∣dx∣+∣dy∣, soit 0,2 pour ∣dx∣=∣dy∣=0,1, et non 0. Énoncé correct : « l'erreur maximale s'obtient en ajoutant les valeurs absolues de chaque contribution, ∣fx∣∣dx∣+∣fy∣∣dy∣. » Conséquence pratique : la différence de deux mesures voisines, 10,0−9,8 par exemple, peut avoir une erreur relative énorme, même si chaque mesure est précise.
d)
FAUX, par la même raison. lnz=lnx−lny, donc zdz=xdx−ydy, et le pire cas est celui où les deux erreurs relatives sont de signes contraires : zdz≤xdx+ydy=1%+1%=2%. Les erreurs ne se compensent que si l'on SAIT qu'elles ont le même signe, par exemple un même instrument mal étalonné utilisé pour les deux mesures. Énoncé correct : « pour un quotient comme pour un produit, les erreurs relatives maximales s'additionnent. »
e)
VRAI. f(a+dx,b+dy)−f(a,b)=3dx−2dy, et dz=fxdx+fydy=3dx−2dy : l'égalité est exacte, car la surface est un plan, qui est son propre plan tangent en chacun de ses points. C'est le seul cas où Δz=dz pour tout déplacement : dès que f contient un produit ou une puissance, l'écart contient des termes d'ordre deux, comme le coin dxdy de l'exercice 4.
Exercice 9 : Problème : l'indice de masse corporelle à la limite d'un seuil
L'indice de masse corporelle d'un adulte de masse m (en kg) et de taille h (en m) est I=h2m, en kg/m². Les seuils usuels parlent de « poids normal » pour 18,5≤I<25 et de « surpoids » pour 25≤I<30. Une personne est pesée à m=64 kg, à 0,5 kg près, et mesurée à h=1,60 m, à 1 cm près.
La figure représente, dans le plan (h,m), les courbes de niveau I=24, I=25 et I=26, le point mesuré P et le rectangle de toutes les valeurs compatibles avec les incertitudes.
a) Calculez I au point mesuré, puis ∂m∂I et ∂h∂I en ce point.
b) Un élève calcule dI avec dm=0,5 et dh=0,01, et annonce une erreur d'environ 0,12. Refaites son calcul, dites ce qui cloche, et calculez l'erreur maximale sur I. En quel coin du rectangle I est-il maximal ?
c) Peut-on affirmer, avec ces mesures, que la personne est en surpoids ? Répondez sur la figure, puis justifiez par b).
d) Calculez l'erreur relative maximale sur I, en pourcentage, à partir des erreurs relatives sur m et sur h. Quelle mesure faut-il améliorer en priorité ?
e) On garde la même balance. À combien de millimètres près faut-il mesurer la taille pour que l'erreur maximale sur I ne dépasse pas 0,25 ?
b)Son dI≈−0,117 fait se compenser les deux erreurs ; erreur maximale 12865≈0,51, en m=64,5 kg et h=1,59 m
c)Non : I est entre 24,49 et 25,51 environ, le rectangle chevauche la courbe I=25
d)640,5+2×1,60,01≈0,78%+1,25%≈2,03% ; la taille
e)∣dh∣≤40007 m, soit 1,75 mm
a)
I=1,6264=2,5664=25. Ensuite ∂m∂I=h21=2,561=6425≈0,391 (kg/m² par kg) et ∂h∂I=−h32m=−4,096128=−31,25 (kg/m² par mètre). Les signes se lisent sur la situation : à taille égale, plus lourd veut dire indice plus grand ; à masse égale, plus grand veut dire indice plus petit.
b)
L'élève écrit dI=6425(0,5)−31,25(0,01)=0,195−0,3125≈−0,117. Il a supposé les deux erreurs de même signe, masse ET taille surestimées, deux effets qui se compensent. Mais les deux erreurs sont indépendantes, et rien n'interdit la masse surestimée et la taille sous-estimée. Le pire cas additionne les valeurs absolues : ∣dI∣≤6425(0,5)+31,25(0,01)=12825+12840=12865≈0,51. I est maximal là où m est le plus grand et h le plus petit, au coin (1,59;64,5) : le calcul exact y donne I≈25,51, en accord avec 25+0,51. Au coin opposé, (1,61;63,5), I≈24,50.
c)
Sur la figure, le rectangle des valeurs possibles est traversé par la courbe I=25 : une partie de ses points donne un indice inférieur à 25, une autre un indice supérieur. Par b), I est connu à 0,51 près, quelque part entre 24,49 et 25,51 environ. On ne peut donc PAS conclure : la mesure ne permet pas de trancher entre les deux catégories. C'est l'usage le plus honnête de la propagation d'erreur : dire non seulement combien vaut un résultat, mais ce qu'on a le droit d'en conclure.
d)
lnI=lnm−2lnh, donc IdI=mdm−2hdh, et dans le pire cas le signe moins disparaît : IdI≤640,5+2×1,60,01=0,78125%+1,25%=2,03125%, environ 2,03%. Contrôle : 2,03125% de 25 donne 0,5078, la valeur de b). La taille pèse le plus : son erreur relative, 0,625%, est plus petite que celle de la masse, mais l'exposant 2 la double.
e)
Il faut 12825+31,25∣dh∣≤41, soit 31,25∣dh∣≤41−12825=1287, donc ∣dh∣≤1287×1254=40007=0,00175 m, c'est-à-dire 1,75 mm. La balance seule consomme déjà 0,195 des 0,25 permis : il ne reste presque rien pour la taille, qu'il faut mesurer à la toise, au millimètre près. Améliorer la balance, à l'inverse, libérerait de la marge pour la taille : c'est l'arbitrage qu'un protocole de mesure doit faire.
Exercice 10 : Problème : deux résistances en parallèle
Deux résistances R1 et R2 montées en parallèle ont une résistance équivalente R donnée par R1=R11+R21, c'est-à-dire R=R1+R2R1R2. On dispose de R1=30Ω et de R2=60Ω, chacune garantie à 1% près par le fabricant. Le schéma ci-dessous représente le montage.
a) Calculez R, puis ∂R1∂R et ∂R2∂R en (30;60), à partir de R=R1+R2R1R2.
b) Retrouvez ces deux dérivées sans isoler R, en prenant la différentielle des deux membres de R1=R11+R21.
c) Estimez l'erreur maximale sur R, en ohms puis en pourcentage.
d) Montrez que RdR=R1R⋅R1dR1+R2R⋅R2dR2 et que les deux poids R1R et R2R ont pour somme 1. Qu'en déduire pour l'erreur relative d'un montage en parallèle ?
e) Le budget ne permet qu'une résistance garantie à 1%, l'autre étant à 5%. Calculez l'erreur relative maximale sur R dans les deux cas. Laquelle faut-il acheter précise ?
R=9030×60=20Ω. Par la règle du quotient, ∂R1∂R=(R1+R2)2R2(R1+R2)−R1R2=(R1+R2)2R22=81003600=94, et par symétrie ∂R2∂R=(R1+R2)2R12=8100900=91. Les deux dérivées sont positives et inférieures à 1 : augmenter une résistance augmente l'équivalente, mais moins qu'elle-même. Et la plus petite résistance, R1, pèse quatre fois plus que l'autre.
b)
La différentielle de u1 est −u2du. En l'appliquant aux trois termes : −R2dR=−R12dR1−R22dR2, donc dR=R12R2dR1+R22R2dR2=900400dR1+3600400dR2=94dR1+91dR2. Les coefficients de dR1 et dR2 sont les dérivées partielles de a), obtenues sans règle du quotient. Prendre la différentielle d'une relation est souvent plus court que d'isoler l'inconnue, à condition de dériver CHAQUE terme, R compris.
c)
Les incertitudes sont ∣dR1∣≤0,3Ω et ∣dR2∣≤0,6Ω. Erreur maximale : ∣dR∣≤94(0,3)+91(0,6)=152+151=0,2Ω, soit 200,2=1%. Le montage ne dégrade pas la précision : il garde exactement celle de ses composants, et la question d) dit pourquoi.
d)
On divise dR=R12R2dR1+R22R2dR2 par R : RdR=R1R⋅R1dR1+R2R⋅R2dR2. La somme des poids vaut R(R11+R21)=R×R1=1 ; ici R1R=32 et R2R=31. L'erreur relative de R est donc une MOYENNE PONDÉRÉE des erreurs relatives des composants : dans le pire cas, elle ne dépasse jamais la plus grande des deux. Avec 1% et 1%, on obtient 1%, ce que c) trouvait. C'est la différence avec un produit xpyq, où les erreurs relatives s'additionnent, multipliées par les exposants.
e)
Si R1 est à 1% et R2 à 5% : 32(1%)+31(5%)=37%≈2,33%. Si c'est l'inverse : 32(5%)+31(1%)=311%≈3,67%. Il faut acheter précise la plus PETITE résistance, R1, parce que son poids R1R est le plus grand : en parallèle, c'est elle qui conduit le plus de courant et qui fixe l'essentiel de la résistance équivalente. L'intuition « la grosse résistance compte plus » se trompe ici, et seule la différentielle tranche.
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