Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal

Fiche de révision : gradient et dérivée directionnelle (MTH1101, Polytechnique)

Cette fiche de révision porte sur le gradient et la dérivée directionnelle, section 4.4 de Stewart, *Calcul à plusieurs variables*, tels que MTH1101 les enseigne à Polytechnique juste après la dérivation en chaîne, en fin de matière du contrôle périodique 2. Elle ne refait pas le cours : elle dit ce qui coûte des points, sans calculatrice, et quel geste l'évite. Le seul document permis aux contrôles étant votre aide-mémoire d'une feuille recto verso, le bloc « à retenir » est fait pour y être recopié.

Un seul réflexe la traverse : avant d'écrire un taux, demandez-vous quel est l'angle entre la direction et le gradient. Le maximum, le zéro, le minimum, les deux directions d'un taux imposé et le plan tangent se lisent tous dans ce cosinus.

Marque ici la fiche comme lue ou mets-la en favori : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes fiches lues et tes favoris d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander la méthode ou l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Le fil du chapitre

Tout taux de variation se lit dans un cosinus : Du⃗f=∇f⋅u⃗=∥∇f∥cos⁡θD_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u=\|\nabla f\|\cos\theta, à condition que u⃗\vec u soit UNITAIRE et ff différentiable. Le gradient est perpendiculaire aux courbes et surfaces de niveau, et sa norme est le taux maximal : presque toutes les erreurs du chapitre oublient l'une de ces deux phrases.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Limite et continuité à plusieurs variables
  2. 2Les dérivées partielles
  3. 3Plan tangent et différentielle
  4. 4La dérivation en chaîne

L'essentiel

Un taux se lit dans un cosinus

  • • Pour u⃗\vec u UNITAIRE, Du⃗f(P)=lim⁡h→0f(P+hu⃗)−f(P)hD_{\vec u}f(P)=\lim\limits_{h\to 0}\frac{f(P+h\vec u)-f(P)}{h} : c'est la dérivée de ff le long de la droite qui part de PP dans la direction u⃗\vec u.
  • • Si ff est différentiable en PP, Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗=∥∇f(P)∥cos⁡θD_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u=\|\nabla f(P)\|\cos\theta, où θ\theta est l'angle entre u⃗\vec u et ∇f(P)\nabla f(P). C'est la règle de chaîne appliquée à g(h)=f(P+hu⃗)g(h)=f(P+h\vec u) : g′(0)=fxu1+fyu2g'(0)=f_{x}u_{1}+f_{y}u_{2}.
  • • Donc : taux maximal ∥∇f(P)∥\|\nabla f(P)\| pour θ=0\theta=0 ; taux nul pour θ=90∘\theta=90^{\circ} ; taux minimal −∥∇f(P)∥-\|\nabla f(P)\| pour θ=180∘\theta=180^{\circ}. Toute valeur strictement entre les deux est atteinte dans DEUX directions.
  • • Un vecteur v⃗\vec v quelconque se normalise, u⃗=v⃗∥v⃗∥\vec u=\frac{\vec v}{\|\vec v\|} ; « vers QQ » veut dire u⃗=PQ→∥PQ→∥\vec u=\frac{\overrightarrow{PQ}}{\|\overrightarrow{PQ}\|} ; un angle donne u⃗=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec u=(\cos\theta,\sin\theta).
∇f(P) : D = 2θ = 60° : D = 1D = 0D = −2courbe deniveauP
Gradient de norme 22 : le taux vaut 22 dans sa direction, 11 à 60∘60^{\circ}, 00 le long de la tangente à la courbe de niveau et −2-2 en sens opposé.

Le correcteur attend une demi-ligne avant la formule : « ff est polynomiale, donc différentiable ». Elle coûte cinq secondes et protège tout le calcul.

Le gradient et les niveaux

  • • ∇f(P)\nabla f(P) est perpendiculaire à la courbe de niveau qui passe par PP et pointe vers les niveaux CROISSANTS. Sur une carte de contour, il est d'autant plus long que les courbes sont serrées.
  • • À trois variables, ∇F(P)\nabla F(P) est normal à la surface de niveau F=kF=k : plan tangent ∇F(P)⋅(x−x0,y−y0,z−z0)=0\nabla F(P)\cdot(x-x_{0},y-y_{0},z-z_{0})=0, droite normale P+t ∇F(P)P+t\,\nabla F(P).
  • • Un graphe z=f(x,y)z=f(x,y) est la surface de niveau 00 de f(x,y)−zf(x,y)-z : sa normale est (fx,fy,−1)(f_{x},f_{y},-1). Le vecteur ∇f=(fx,fy)\nabla f=(f_{x},f_{y}), lui, vit dans le plan de la carte.

Les règles de calcul en tableau

Chaque ligne se lit de gauche à droite : les hypothèses, puis le résultat. Une case rouge n'est pas une réponse, c'est le constat que la forme ne décide rien et l'ordre de transformer l'écriture. Chaque cas est suivi d'un exemple chiffré.

Ce que le gradient répond, question par question

Toutes les lignes viennent de Du⃗f=∥∇f∥cos⁡θD_{\vec u}f=\|\nabla f\|\cos\theta et supposent ff différentiable. La case rouge est une règle inventée par les copies : elle n'est pas une réponse, elle est l'ordre de revenir au cosinus.

On chercheConditionRéponse
taux vers v⃗\vec v v⃗≠0⃗\vec v\neq\vec 0 ∇f⋅v⃗∥v⃗∥\frac{\nabla f\cdot\vec v}{\|\vec v\|}

Exemple : ∇f=(4, 1)\nabla f=(4,\,1), v⃗=(1, 2)\vec v=(1,\,2) : 65≈2,68\frac{6}{\sqrt{5}}\approx 2{,}68

taux maximal ∇f≠0⃗\nabla f\neq\vec 0 ∥∇f∥\|\nabla f\|

Exemple : ∇f=(2, 2)\nabla f=(2,\,2) : 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83, vers 12(1, 1)\frac{1}{\sqrt{2}}(1,\,1)

taux nul u⃗⊥∇f\vec u\perp\nabla f tangente au niveau

Exemple : ∇f=(1,−2)\nabla f=(1,-2) : u⃗=±15(2, 1)\vec u=\pm\frac{1}{\sqrt{5}}(2,\,1), car 2−2=02-2=0

plan tangent à F=kF=k ∇F(P)≠0⃗\nabla F(P)\neq\vec 0 ∇F(P)⋅PX→=0\nabla F(P)\cdot\overrightarrow{PX}=0

Exemple : x2+y2+z2=9x^{2}+y^{2}+z^{2}=9 en (1, 2, 2)(1,\,2,\,2) : x+2y+2z=9x+2y+2z=9

taux maximal aucune max⁡(∣fx∣,∣fy∣)\max(|f_{x}|,|f_{y}|) règle inexistante

Exemple : ∇f=(2, 2)\nabla f=(2,\,2) : la plus grande partielle vaut 22, le taux maximal 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83.

Ce qu'il faut faire : Prendre la NORME fx2+fy2\sqrt{f_{x}^{2}+f_{y}^{2}} : les axes ne sont que deux directions parmi une infinité.

Un taux ne dépasse jamais ∥∇f∥\|\nabla f\| en valeur absolue : c'est le contrôle de toute la grille.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Oublier de normaliser la direction

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« f(x,y)=2x2+yf(x,y)=2x^{2}+y, ∇f(1, 3)=(4, 1)\nabla f(1,\,3)=(4,\,1), donc dans la direction de (1, 2)(1,\,2) le taux vaut 4+2=64+2=6. »

Ce qu'il faut écrire

« ∥(1, 2)∥=5\|(1,\,2)\|=\sqrt{5}, u⃗=15(1, 2)\vec u=\frac{1}{\sqrt{5}}(1,\,2) et Du⃗f(1, 3)=65=655≈2,68D_{\vec u}f(1,\,3)=\frac{6}{\sqrt{5}}=\frac{6\sqrt{5}}{5}\approx 2{,}68. »

Pourquoi : Avec un vecteur non unitaire, le produit scalaire mesure le taux MULTIPLIÉ par la longueur du vecteur. Contrôle : 6>∥∇f∥=17≈4,126>\|\nabla f\|=\sqrt{17}\approx 4{,}12, impossible pour un taux.

2. Dessiner le gradient le long du rayon ou vers le sommet

1 point sur le dessin, et toute question de plus forte pente

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pour f=x2+4y2f=x^{2}+4y^{2} en P(2, 1)P(2,\,1), le gradient pointe dans la direction de OP→=(2, 1)\overrightarrow{OP}=(2,\,1), en s'éloignant du centre. »

Ce qu'il faut écrire

« ∇f(2, 1)=(4, 8)\nabla f(2,\,1)=(4,\,8), de direction (1, 2)(1,\,2) : il est perpendiculaire à l'ellipse x2+4y2=8x^{2}+4y^{2}=8, pas porté par OP→\overrightarrow{OP}. »

-5-4-3-2-112345-3-2-11234∇f(P)OPP
Sur l'ellipse x2+4y2=8x^{2}+4y^{2}=8, le gradient en P(2, 1)P(2,\,1) part à angle droit de la courbe, nettement plus haut que le prolongement pointillé de OPOP.

Pourquoi : Le gradient est perpendiculaire à la courbe de niveau ; il ne vise le centre que si les courbes sont des cercles. Ici l'angle entre (1, 2)(1,\,2) et (2, 1)(2,\,1) a pour cosinus 45\frac{4}{5}, et le taux le long de OP→\overrightarrow{OP}, 165≈7,16\frac{16}{\sqrt{5}}\approx 7{,}16, reste sous le maximum 45≈8,944\sqrt{5}\approx 8{,}94.

3. Prendre la plus grande dérivée partielle pour le taux maximal

1 point, et la direction fausse avec

Ce qu'il ne faut pas écrire

« fx(P)=2f_{x}(P)=2 et fy(P)=2f_{y}(P)=2, donc ff croît au plus vite au taux 22. »

Ce qu'il faut écrire

« Le taux maximal est ∥∇f(P)∥=4+4=22≈2,83\|\nabla f(P)\|=\sqrt{4+4}=2\sqrt{2}\approx 2{,}83, dans la direction 12(1, 1)\frac{1}{\sqrt{2}}(1,\,1). »

4590135180225270315360-3-2-1123max 2,83 en 45°D(0°) = D(90°) = 2θ (degrés)
D(θ)=2cos⁡θ+2sin⁡θD(\theta)=2\cos\theta+2\sin\theta vaut 22 sur les deux axes, à 0∘0^{\circ} et 90∘90^{\circ}, mais culmine à 22≈2,832\sqrt{2}\approx 2{,}83 en 45∘45^{\circ}, au-dessus de la ligne pointillée.

Pourquoi : Une dérivée partielle est le taux dans la direction d'un AXE, D(0∘)D(0^{\circ}) ou D(90∘)D(90^{\circ}) ; le maximum est souvent ailleurs, entre les axes.

4. Prendre le gradient pour la normale à une surface z = f(x,y)

toute la question du plan tangent

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Pour z=xyz=xy en (2, 3, 6)(2,\,3,\,6), la normale au plan tangent est ∇f(2, 3)=(3, 2)\nabla f(2,\,3)=(3,\,2). »

Ce qu'il faut écrire

« La surface est le niveau 00 de xy−zxy-z : normale (3, 2,−1)(3,\,2,-1), plan tangent z=3x+2y−6z=3x+2y-6. »

Pourquoi : (3, 2)(3,\,2) a deux composantes : c'est un vecteur de la carte, normal à la courbe de niveau xy=6xy=6. Il manque la composante en zz, qui vaut toujours −1-1 pour un graphe.

5. Appliquer la formule à une fonction qui n'est pas différentiable

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« f=x3x2+y2f=\frac{x^{3}}{x^{2}+y^{2}}, f(0, 0)=0f(0,\,0)=0 : fx(0, 0)=1f_{x}(0,\,0)=1, fy(0, 0)=0f_{y}(0,\,0)=0, donc Du⃗f(0, 0)=u1D_{\vec u}f(0,\,0)=u_{1}. »

Ce qu'il faut écrire

« Par la définition, Du⃗f(0, 0)=lim⁡h→0h3u13h3=u13D_{\vec u}f(0,\,0)=\lim\limits_{h\to 0}\frac{h^{3}u_{1}^{3}}{h^{3}}=u_{1}^{3} ; pour u⃗=12(1, 1)\vec u=\frac{1}{\sqrt{2}}(1,\,1), 24≈0,354\frac{\sqrt{2}}{4}\approx 0{,}354, et non 22≈0,707\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}707. »

Pourquoi : Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u est un THÉORÈME, dont l'hypothèse est la différentiabilité. Pour une fonction définie par morceaux, au point de raccord, on revient à la limite.

6. Dire que le taux minimal est zéro

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ∇f(P)=(1,−2)\nabla f(P)=(1,-2) ; le taux minimal est 00, le long de la courbe de niveau. »

Ce qu'il faut écrire

« Le taux minimal est −∥∇f(P)∥=−5≈−2,24-\|\nabla f(P)\|=-\sqrt{5}\approx -2{,}24, dans la direction 15(−1, 2)\frac{1}{\sqrt{5}}(-1,\,2) ; le taux est NUL le long de la tangente ±15(2, 1)\pm\frac{1}{\sqrt{5}}(2,\,1). »

Pourquoi : « Minimal » veut dire le plus négatif, pas le plus petit en valeur absolue : ff décroît le plus vite à l'opposé du gradient.

7. Ne trouver qu'une direction pour un taux imposé

1 point, une réponse sur deux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ∇f(P)=(0, 2)\nabla f(P)=(0,\,2) et l'on veut Du⃗f(P)=1D_{\vec u}f(P)=1 : cos⁡θ=12\cos\theta=\frac{1}{2}, donc u⃗=(32,12)\vec u=\left(\frac{\sqrt{3}}{2},\frac{1}{2}\right). »

Ce qu'il faut écrire

« θ=±60∘\theta=\pm 60^{\circ} autour du gradient : u⃗=(32,12)\vec u=\left(\frac{\sqrt{3}}{2},\frac{1}{2}\right) ou u⃗=(−32,12)\vec u=\left(-\frac{\sqrt{3}}{2},\frac{1}{2}\right). »

Pourquoi : cos⁡θ=c\cos\theta=c a deux solutions, symétriques par rapport à la direction du gradient, sauf aux extrêmes c=±1c=\pm 1. Algébriquement : la droite ∇f⋅u⃗=c\nabla f\cdot\vec u=c coupe le cercle unité en deux points.

8. Calculer le taux maximal sans racine

1 point

Ce qu'il ne faut pas écrire

« ∇f(P)=(1,−2)\nabla f(P)=(1,-2), donc le taux maximal vaut ∇f⋅∇f=5\nabla f\cdot\nabla f=5. »

Ce qu'il faut écrire

« Le taux maximal vaut ∇f⋅∇f∥∇f∥=∥∇f∥=5≈2,24\nabla f\cdot\frac{\nabla f}{\|\nabla f\|}=\|\nabla f\|=\sqrt{5}\approx 2{,}24. »

Pourquoi : C'est le piège de la normalisation sous une autre forme : la direction du gradient doit être rendue unitaire avant le produit scalaire.

Quelle méthode choisir

Quel calcul selon ce que demande l'énoncé

Repérez le mot de l'énoncé, puis le calcul suit.

  • Si « dans la direction de v⃗\vec v » ou « vers QQ » → normaliser, puis ∇f⋅u⃗\nabla f\cdot\vec u

    Exemple : ∇f=(4, 1)\nabla f=(4,\,1), vers v⃗=(1, 2)\vec v=(1,\,2) : 65\frac{6}{\sqrt{5}}

  • Si « angle θ\theta avec l'axe des xx » → u⃗=(cos⁡θ,sin⁡θ)\vec u=(\cos\theta,\sin\theta), puis ∇f⋅u⃗\nabla f\cdot\vec u

    Exemple : ∇f=(4, 1)\nabla f=(4,\,1), θ=90∘\theta=90^{\circ} : D=1=fyD=1=f_{y}

  • Si « le plus vite », « plus forte pente » → direction ∇f∥∇f∥\frac{\nabla f}{\|\nabla f\|}, taux ∥∇f∥\|\nabla f\| ; « décroît le plus vite » : l'opposé

    Exemple : ∇f=(2, 2)\nabla f=(2,\,2) : taux 222\sqrt{2}

  • Si « sans changer », « même niveau », « même altitude » → u⃗⊥∇f\vec u\perp\nabla f, deux sens à deux variables, un cercle de directions à trois

    Exemple : ∇f=(1,−2)\nabla f=(1,-2) : ±15(2, 1)\pm\frac{1}{\sqrt{5}}(2,\,1)

  • Si « un taux égal à cc » → cos⁡θ=c∥∇f∥\cos\theta=\frac{c}{\|\nabla f\|} : deux directions si ∣c∣<∥∇f∥|c|<\|\nabla f\|, aucune si ∣c∣>∥∇f∥|c|>\|\nabla f\|

    Exemple : ∇f=(0, 2)\nabla f=(0,\,2), c=1c=1 : θ=30∘\theta=30^{\circ} ou 150∘150^{\circ}

  • Si « plan tangent » à une surface F(x,y,z)=kF(x,y,z)=k → normale ∇F(P)\nabla F(P), plan ∇F(P)⋅PX→=0\nabla F(P)\cdot\overrightarrow{PX}=0

    Exemple : x2+y2+z2=9x^{2}+y^{2}+z^{2}=9 en (1, 2, 2)(1,\,2,\,2) : x+2y+2z=9x+2y+2z=9

Le cas ∇f(P)=0⃗\nabla f(P)=\vec 0 échappe à l'arbre : tous les taux sont nuls, il n'y a pas de direction de plus forte pente, et le plan tangent à F=kF=k n'est pas donné par la formule.

La formule du gradient est-elle permise ?

Regardez comment la fonction est définie autour du point.

  • Si polynôme, exponentielle, quotient au dénominateur non nul, composée de telles fonctions → dérivées partielles continues, donc ff différentiable : Du⃗f=∇f⋅u⃗D_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u

    Exemple : f=2x2+yf=2x^{2}+y : formule permise partout

  • Si fonction définie par morceaux, au point de raccord → revenir à la définition lim⁡h→0f(P+hu⃗)−f(P)h\lim\limits_{h\to 0}\frac{f(P+h\vec u)-f(P)}{h}

    Exemple : x3x2+y2\frac{x^{3}}{x^{2}+y^{2}} en (0, 0)(0,\,0) : Du⃗f=u13D_{\vec u}f=u_{1}^{3}, pas u1u_{1}

Si les dérivées directionnelles ne sont pas de la forme au1+bu2au_{1}+bu_{2}, la fonction n'est PAS différentiable : c'est aussi une façon de le prouver.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Calculer une dérivée directionnelle

Quand l'utiliser : L'énoncé demande un taux de variation en un point, dans une direction donnée.

  1. 1 Justifier la différentiabilité : « ff est polynomiale (ou composée de fonctions C1C^{1}), donc différentiable ».
  2. 2 Calculer ∇f\nabla f, puis ∇f(P)\nabla f(P).
  3. 3 Écrire le vecteur UNITAIRE u⃗\vec u : normaliser v⃗\vec v ou PQ→\overrightarrow{PQ}, ou prendre (cos⁡θ,sin⁡θ)(\cos\theta,\sin\theta).
  4. 4 Calculer ∇f(P)⋅u⃗\nabla f(P)\cdot\vec u et donner la valeur exacte.
  5. 5 Contrôler ∣Du⃗f(P)∣≤∥∇f(P)∥|D_{\vec u}f(P)|\le\|\nabla f(P)\|, puis interpréter le signe.

Phrase de conclusion

« ff étant différentiable en PP, Du⃗f(P)=∇f(P)⋅u⃗=…D_{\vec u}f(P)=\nabla f(P)\cdot\vec u=\ldots : ff croît (décroît) de … unités par unité de longueur dans cette direction. »

Le piège : La troisième étape : la normalisation, que l'on saute quand le vecteur est donné par un point.

Barème : Gradient 1 point, vecteur unitaire 1 point, produit scalaire et conclusion 1 point, en général.

Plan tangent et droite normale à une surface de niveau

Quand l'utiliser : La surface est donnée par une équation F(x,y,z)=kF(x,y,z)=k, pas sous la forme z=f(x,y)z=f(x,y).

  1. 1 Vérifier que PP est sur la surface : F(P)=kF(P)=k.
  2. 2 Calculer ∇F(P)\nabla F(P) et vérifier qu'il n'est pas nul.
  3. 3 Écrire le plan Fx(P)(x−x0)+Fy(P)(y−y0)+Fz(P)(z−z0)=0F_{x}(P)(x-x_{0})+F_{y}(P)(y-y_{0})+F_{z}(P)(z-z_{0})=0, puis simplifier.
  4. 4 Écrire la droite normale (x,y,z)=P+t ∇F(P)(x,y,z)=P+t\,\nabla F(P), t∈Rt\in\mathbb{R}.
  5. 5 Contrôler en remplaçant PP dans l'équation du plan.

Phrase de conclusion

« ∇F(P)≠0⃗\nabla F(P)\neq\vec 0 est normal à la surface de niveau en PP ; le plan tangent a pour équation … et la droite normale pour représentation … »

Le piège : Oublier de vérifier F(P)=kF(P)=k : un point hors de la surface donne un plan qui n'est tangent à rien.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Taux vers un point, plus forte croissance et plan tangent pour f(x,y,z)=x2y+yzf(x,y,z)=x^{2}y+yz

Soit f(x,y,z)=x2y+yzf(x,y,z)=x^{2}y+yz, P(1, 2,−1)P(1,\,2,-1) et Q(3, 3, 1)Q(3,\,3,\,1). a) Calculez le taux de variation de ff en PP vers QQ. b) Donnez le taux maximal en PP. c) Donnez le plan tangent en PP à la surface de niveau de ff qui passe par PP.

Étape 1

ff est polynomiale, donc différentiable sur R3\mathbb{R}^{3}.

Pourquoi

C'est l'hypothèse du théorème qui autorise la formule ; une demi-ligne suffit et rapporte.

Étape 2

∇f=(2xy,  x2+z,  y)\nabla f=\left(2xy,\;x^{2}+z,\;y\right), donc ∇f(P)=(4, 0, 2)\nabla f(P)=(4,\,0,\,2).

Pourquoi

On calcule le gradient général avant de remplacer : une erreur de substitution se repère mieux.

Étape 3

PQ→=(2, 1, 2)\overrightarrow{PQ}=(2,\,1,\,2), ∥PQ→∥=4+1+4=3\|\overrightarrow{PQ}\|=\sqrt{4+1+4}=3, u⃗=13(2, 1, 2)\vec u=\frac{1}{3}(2,\,1,\,2).

Pourquoi

La normalisation est l'étape qui coûte toute la question quand on la saute.

Étape 4

Du⃗f(P)=4⋅2+0⋅1+2⋅23=4D_{\vec u}f(P)=\frac{4\cdot 2+0\cdot 1+2\cdot 2}{3}=4.

Pourquoi

Le produit scalaire avec PQ→\overrightarrow{PQ} donnerait 1212, trois fois trop.

Étape 5

Taux maximal : ∥∇f(P)∥=16+0+4=25≈4,47\|\nabla f(P)\|=\sqrt{16+0+4}=2\sqrt{5}\approx 4{,}47, dans la direction 15(2, 0, 1)\frac{1}{\sqrt{5}}(2,\,0,\,1).

Pourquoi

Le contrôle du plafond est gratuit : 4≤4,474\le 4{,}47, le taux de a) est plausible.

Étape 6

f(P)=2−2=0f(P)=2-2=0 ; plan tangent au niveau 00 : 4(x−1)+0(y−2)+2(z+1)=04(x-1)+0(y-2)+2(z+1)=0, soit 2x+z=12x+z=1.

Pourquoi

Le gradient sert deux fois : taux et normale. Contrôle par substitution : 2−1=12-1=1.

Conclusion rédigée

« ff étant différentiable, Du⃗f(P)=4D_{\vec u}f(P)=4 vers QQ ; le taux maximal est 252\sqrt{5}, et le plan tangent en PP à la surface de niveau f=0f=0 est 2x+z=12x+z=1. »

L'erreur classique sur cet exercice : Répondre 1212 en a), en oubliant de diviser par ∥PQ→∥=3\|\overrightarrow{PQ}\|=3, ou écrire le plan 4x+2z=04x+2z=0 en oubliant de le faire passer par PP.

À savoir par cœur

  • • Du⃗f=∇f⋅u⃗=∥∇f∥cos⁡θD_{\vec u}f=\nabla f\cdot\vec u=\|\nabla f\|\cos\theta, avec u⃗\vec u UNITAIRE et ff DIFFÉRENTIABLE.
  • • Taux maximal ∥∇f∥\|\nabla f\| dans la direction du gradient ; minimal −∥∇f∥-\|\nabla f\| à l'opposé ; nul le long de la courbe de niveau.
  • • Le gradient est PERPENDICULAIRE aux courbes de niveau et pointe vers les niveaux croissants.
  • • Un taux cc avec ∣c∣<∥∇f∥|c|<\|\nabla f\| est atteint dans DEUX directions, symétriques par rapport au gradient.
  • • Plan tangent à F=kF=k : normale ∇F(P)\nabla F(P) ; graphe z=f(x,y)z=f(x,y) : normale (fx,fy,−1)(f_{x},f_{y},-1), jamais (fx,fy)(f_{x},f_{y}).
  • • Fonction par morceaux au point de raccord : retour à la définition par la limite.

Questions fréquentes

Pourquoi faut-il un vecteur unitaire pour calculer une dérivée directionnelle ?

Parce que la dérivée directionnelle est un taux par unité de longueur. Avec un vecteur de longueur trois, le produit scalaire avec le gradient donne trois fois le vrai taux. On divise donc toujours le vecteur par sa norme avant le produit scalaire, y compris quand la direction est donnée par un second point : on normalise le vecteur qui va du premier point au second.

Comment trouver la direction dans laquelle une fonction augmente le plus vite ?

On calcule le gradient au point. La fonction augmente le plus vite dans la direction du gradient, et le taux maximal est la norme du gradient, la racine de la somme des carrés des dérivées partielles. Elle diminue le plus vite dans la direction opposée, au taux moins la norme. Ce n'est pas la plus grande des dérivées partielles, ni la direction du sommet en général.

Pourquoi le gradient est-il perpendiculaire aux courbes de niveau ?

On paramètre la courbe de niveau par r de t. Le long de la courbe, f de r de t vaut la constante k pour tout t. En dérivant par la règle de chaîne, on obtient f x fois x prime plus f y fois y prime égale zéro, c'est-à-dire que le produit scalaire du gradient et du vecteur tangent r prime de t est nul. Le gradient est donc perpendiculaire à la tangente, donc à la courbe de niveau.

Comment trouver le plan tangent à une surface donnée par une équation F(x, y, z) = k ?

On vérifie que le point est sur la surface, puis on calcule le gradient de F en ce point. S'il n'est pas nul, il est normal à la surface, et le plan tangent est l'ensemble des points X tels que le gradient et le vecteur qui va du point à X soient orthogonaux. La droite normale part du point dans la direction du gradient.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Gradient et dérivée directionnelle

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
Faire les exercices
Il manque quelque chose dans cette fiche ? Une méthode, un piège, un exercice pour l'appliquer, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

Fiche précédente La dérivation en chaîne Fiche suivante Approximation quadratique et Taylor à deux variables

Ce chapitre resservira dans

Les chapitres qui le réclament en amont, plus tard dans l'année ou dans les années suivantes.

© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/mth1101-gradient-derivee-directionnelle. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur à Montréal pour ce chapitre ?

Contactez-moi pour une première séance. On reprend les points de méthode qui font perdre des points en évaluation, puis on les met à l'épreuve sur des exercices du niveau réel de l'examen.

Site par Studio Squalli