Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Les multiplicateurs de Lagrange

Les multiplicateurs de Lagrange : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Voici dix exercices corrigés sur les multiplicateurs de Lagrange, dernier chapitre du cours Calcul I (MTH1101) de Polytechnique Montréal, qui clôt la partie sur les fonctions de plusieurs variables après les extrema sans contrainte et la méthode du gradient. Le manuel de référence est Stewart, Calcul à plusieurs variables, section 5.3, « Optimisation sous contraintes, multiplicateurs de Lagrange et leur interprétation », complétée par les notes du cours. Ce chapitre vient après les deux contrôles périodiques : il est évalué à l'examen final.

Le fil de la série tient en une phrase : ∇f=λ∇g\nabla f=\lambda\nabla g ne trouve pas le maximum, il trouve les points où la courbe de niveau de ff TOUCHE la contrainte sans la traverser. Ce sont des CANDIDATS. On les trouve tous en résolvant le système sans jamais diviser par ce qui peut être nul, on y ajoute les points où ∇g\nabla g s'annule, et c'est la comparaison des valeurs, garantie par une contrainte fermée et bornée, qui décide.

Les pièges nommés au fil des corrigés : simplifier par xx et perdre le minimum, oublier le cas λ=0\lambda=0, appliquer Lagrange au bord d'un disque en oubliant l'intérieur, lire le signe de λ\lambda comme la nature du point, conclure à l'existence sur une contrainte non bornée, et conclure « pas de minimum » quand le système est vide. Tout se fait sans calculatrice, comme à l'examen final, où le seul document permis est votre aide-mémoire d'une feuille recto verso : les réponses sont exactes, 2+22+\sqrt{2} ou 67625\frac{676}{25}, et l'autocorrigé demande au plus un millième.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (8 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les séries de Taylor et de Maclaurin
  2. 2L'erreur d'approximation de Taylor
  3. 3Les dérivées partielles
  4. 4Plan tangent et différentielle
  5. 5La dérivation en chaîne
  6. 6Gradient et dérivée directionnelle
  7. 7Approximation quadratique et Taylor à deux variables
  8. 8Extrema et optimisation sans contrainte

Rappel de cours

  • • THÉORÈME : si ff atteint un extremum en PP sous la contrainte g=kg=k et si ∇g(P)≠0⃗\nabla g(P)\neq\vec 0, il existe λ\lambda tel que ∇f(P)=λ∇g(P)\nabla f(P)=\lambda\nabla g(P). Géométriquement, la courbe de niveau de ff est tangente à la contrainte en PP.
  • • SYSTÈME : ∇f=λ∇g\nabla f=\lambda\nabla g et g=kg=k, soit n+1n+1 équations pour n+1n+1 inconnues. On factorise un produit nul et on ouvre les cas (x=0x=0 OU λ=1\lambda=1) ; on ne divise que par ce qui est prouvé non nul.
  • • CANDIDATS : les solutions du système, plus les points de la contrainte où ∇g=0⃗\nabla g=\vec 0. Une contrainte fermée et bornée garantit l'existence (valeurs extrêmes) ; on compare les valeurs.
  • • DEUX CONTRAINTES : ∇f=λ∇g+μ∇h\nabla f=\lambda\nabla g+\mu\nabla h, g=kg=k, h=ch=c, avec ∇g\nabla g et ∇h\nabla h non parallèles.
  • • INÉGALITÉ g≤kg\le k : points critiques intérieurs (gradient nul, section 5.1), PUIS Lagrange sur le bord g=kg=k, puis comparaison.
  • • SENSIBILITÉ : si f∗(c)f^{*}(c) est la valeur optimale sous g=cg=c, alors λ=df∗dc\lambda=\frac{df^{*}}{dc} et Δf∗≈λ Δc\Delta f^{*}\approx\lambda\,\Delta c.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Lire la tangence sur une carte de contour

La figure représente le cercle CC d'équation x2+y2=5x^{2}+y^{2}=5 et cinq courbes de niveau de la fonction f(x,y)=x+2yf(x,y)=x+2y : ce sont des droites d'équation x+2y=kx+2y=k, en pointillé. On cherche les extrema de ff SOUS LA CONTRAINTE g(x,y)=x2+y2=5g(x,y)=x^{2}+y^{2}=5, c'est-à-dire les valeurs extrêmes de ff quand le point (x,y)(x,y) reste sur CC.

Les points P(1 ;2)P(1\,;2), P′(−1 ;−2)P'(-1\,;-2) et Q(2 ;1)Q(2\,;1) sont sur CC.

-5-4-3-2-112345-3-2-1123f = 5f = 3f = 0f = −3f = −5PP'QC
  • a) Sans calcul, lisez sur la figure la plus grande et la plus petite valeur de ff sur CC. Expliquez ce qui distingue la droite x+2y=5x+2y=5 de la droite x+2y=3x+2y=3 vis-à-vis du cercle.
  • b) Écrivez le système de Lagrange ∇f=λ∇g\nabla f=\lambda\nabla g, x2+y2=5x^{2}+y^{2}=5, et résolvez-le. Donnez les points obtenus et la valeur de λ\lambda en chacun.
  • c) Calculez ∇f\nabla f et ∇g\nabla g en QQ. Sont-ils parallèles ? À l'aide de la courbe de niveau qui passe par QQ, expliquez pourquoi QQ n'est ni un maximum ni un minimum de ff sur CC.
  • d) Pourquoi est-on sûr, avant tout calcul, que ff atteint un maximum et un minimum sur CC, et que la méthode de Lagrange ne peut pas les manquer ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Maximum 55 en PP, minimum −5-5 en P′P' : les droites f=5f=5 et f=−5f=-5 touchent CC, la droite f=3f=3 le coupe
  • b) P(1 ;2)P(1\,;2) avec λ=12\lambda=\frac{1}{2}, f=5f=5 ; P′(−1 ;−2)P'(-1\,;-2) avec λ=−12\lambda=-\frac{1}{2}, f=−5f=-5
  • c) ∇f(Q)=(1 ;2)\nabla f(Q)=(1\,;2), ∇g(Q)=(4 ;2)\nabla g(Q)=(4\,;2), non parallèles ; la droite f=4f=4 traverse CC en QQ, donc QQ n'est pas un extremum
  • d) CC est fermé et borné, ff est continue (valeurs extrêmes) ; ∇g≠0⃗\nabla g\neq\vec 0 sur CC

a) Sur la figure, la droite x+2y=5x+2y=5 TOUCHE le cercle en PP sans le traverser : tout le cercle est du même côté d'elle, celui où x+2y≤5x+2y\le 5. Aucune valeur supérieure à 55 n'est donc prise sur CC, et la valeur 55 l'est, en PP : c'est le maximum. De même, la droite x+2y=−5x+2y=-5 touche CC en P′P', et le minimum vaut −5-5. La droite x+2y=3x+2y=3, elle, COUPE le cercle en deux points : de part et d'autre de ces points, ff prend sur CC des valeurs plus grandes et plus petites que 33, donc 33 n'est pas une valeur extrême. Toute la géométrie de la méthode est là : en un extremum sous contrainte, la courbe de niveau de ff est TANGENTE à la contrainte. Si elle la traversait, on pourrait encore monter en glissant le long de la contrainte.

b) ∇f=(1 ;2)\nabla f=(1\,;2) et ∇g=(2x ;2y)\nabla g=(2x\,;2y). Le système est 1=2λx1=2\lambda x, 2=2λy2=2\lambda y, x2+y2=5x^{2}+y^{2}=5. La première équation interdit λ=0\lambda=0 et x=0x=0, sinon elle donnerait 1=01=0 ; la deuxième interdit de même y=0y=0. On peut donc diviser sans rien perdre : x=12λx=\frac{1}{2\lambda} et y=1λy=\frac{1}{\lambda}, d'où y=2xy=2x. Dans la contrainte, x2+4x2=5x^{2}+4x^{2}=5, donc x=±1x=\pm 1. On obtient P(1 ;2)P(1\,;2) avec λ=12\lambda=\frac{1}{2} et f(P)=5f(P)=5, puis P′(−1 ;−2)P'(-1\,;-2) avec λ=−12\lambda=-\frac{1}{2} et f(P′)=−5f(P')=-5. Le calcul retrouve la lecture de a). Notez POURQUOI la division était permise : c'est l'équation 1=2λx1=2\lambda x qui l'impose. Ce ne sera pas toujours le cas, et l'exercice suivant montre ce que coûte une division faite sans justification.

c) En Q(2 ;1)Q(2\,;1), ∇f=(1 ;2)\nabla f=(1\,;2) et ∇g=(4 ;2)\nabla g=(4\,;2). Deux vecteurs du plan sont parallèles si et seulement si leur déterminant est nul ; or 1×2−2×4=−6≠01\times 2-2\times 4=-6\neq 0. La courbe de niveau qui passe par QQ est la droite x+2y=4x+2y=4 : elle COUPE le cercle en QQ et en un second point, (−25 ;115)\left(-\frac{2}{5}\,;\frac{11}{5}\right), car en remplaçant x=4−2yx=4-2y on obtient 5y2−16y+11=05y^{2}-16y+11=0, de racines 11 et 115\frac{11}{5}. En partant de QQ le long du cercle vers PP, ff augmente jusqu'à 55 ; dans l'autre sens, vers (2 ;−1)(2\,;-1) où f=0f=0, elle diminue. La valeur f(Q)=4f(Q)=4 n'est qu'une valeur intermédiaire : QQ n'est ni un maximum ni un minimum, et c'est exactement ce que dit la non-colinéarité des gradients. ∇f\nabla f a une composante le long de la tangente au cercle, donc ff varie quand on glisse sur la contrainte.

d) Le cercle CC est une partie FERMÉE du plan (il contient sa frontière, puisqu'il est défini par une égalité entre fonctions continues) et BORNÉE (il tient dans le disque de rayon 33). La fonction ff est continue. Le théorème des valeurs extrêmes garantit donc un maximum et un minimum de ff sur CC. De plus, ∇g=(2x ;2y)\nabla g=(2x\,;2y) ne s'annule qu'à l'origine, qui n'est pas sur CC. Le théorème de Lagrange s'applique alors en tout point de CC : chaque extremum est une solution du système. Les deux hypothèses servent, et elles servent à deux choses différentes : la première garantit l'EXISTENCE, la seconde garantit que le système voit TOUS les candidats. Il ne reste qu'à comparer f(P)f(P) et f(P′)f(P').

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Diviser par x, c'est perdre le minimum

On cherche le maximum et le minimum de f(x,y)=x2+4yf(x,y)=x^{2}+4y sur le cercle d'équation x2+y2=9x^{2}+y^{2}=9. On note g(x,y)=x2+y2g(x,y)=x^{2}+y^{2}.

  • a) Écrivez le système de Lagrange. Montrez que sa première équation s'écrit x(1−λ)=0x(1-\lambda)=0, et dites ce qu'il faut en faire.
  • b) Traitez le cas x=0x=0 : points obtenus, valeurs de λ\lambda et de ff.
  • c) Traitez le cas λ=1\lambda=1 : points obtenus et valeurs de ff.
  • d) Concluez : maximum et minimum de ff sur le cercle, et points où ils sont atteints. Un élève a « simplifié » la première équation par xx : qu'a-t-il conclu ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) 2x=2λx2x=2\lambda x, 4=2λy4=2\lambda y, x2+y2=9x^{2}+y^{2}=9 ; x(1−λ)=0x(1-\lambda)=0 ouvre DEUX cas, x=0x=0 ou λ=1\lambda=1
  • b) (0 ;3)(0\,;3) : λ=23\lambda=\frac{2}{3}, f=12f=12 ; (0 ;−3)(0\,;-3) : λ=−23\lambda=-\frac{2}{3}, f=−12f=-12
  • c) y=2y=2, x=±5x=\pm\sqrt{5} : f(±5 ;2)=13f\left(\pm\sqrt{5}\,;2\right)=13
  • d) Maximum 1313 en (±5 ;2)\left(\pm\sqrt{5}\,;2\right), minimum −12-12 en (0 ;−3)(0\,;-3) ; en divisant par xx, l'élève perd le minimum

a) ∇f=(2x ;4)\nabla f=(2x\,;4) et ∇g=(2x ;2y)\nabla g=(2x\,;2y). Le système est : (1) 2x=2λx2x=2\lambda x, (2) 4=2λy4=2\lambda y, (3) x2+y2=9x^{2}+y^{2}=9, trois équations pour trois inconnues xx, yy, λ\lambda. L'équation (1) se réécrit 2x−2λx=02x-2\lambda x=0, soit 2x(1−λ)=02x(1-\lambda)=0 : c'est un PRODUIT nul, donc x=0x=0 OU λ=1\lambda=1. C'est le geste du chapitre : on ne divise pas par xx, on factorise et on ouvre deux cas, qu'on traite l'un après l'autre. Diviser par xx revient à supposer x≠0x\neq 0 sans le dire, c'est-à-dire à jeter d'avance tous les points de la contrainte d'abscisse nulle, sans savoir ce qu'ils valent.

b) Cas x=0x=0. L'équation (3) donne y2=9y^{2}=9, donc y=3y=3 ou y=−3y=-3. L'équation (2) donne λ=2y\lambda=\frac{2}{y} : λ=23\lambda=\frac{2}{3} en (0 ;3)(0\,;3) et λ=−23\lambda=-\frac{2}{3} en (0 ;−3)(0\,;-3). L'équation (1) devient 0=00=0, elle est satisfaite. On a donc deux candidats, avec f(0 ;3)=0+12=12f(0\,;3)=0+12=12 et f(0 ;−3)=0−12=−12f(0\,;-3)=0-12=-12. Ce sont les points du haut et du bas du cercle, là où sa tangente est horizontale.

c) Cas λ=1\lambda=1. L'équation (2) donne 4=2y4=2y, donc y=2y=2, et (3) donne x2=9−4=5x^{2}=9-4=5, donc x=5x=\sqrt{5} ou x=−5x=-\sqrt{5}. En ces deux points, f=5+4×2=13f=5+4\times 2=13. Ces points ne sont pas en haut du cercle : en descendant de y=3y=3 à y=2y=2, on perd 44 sur le terme 4y4y, mais on gagne 55 sur le terme x2x^{2}, qui récompense un pas de côté. Les courbes de niveau de ff sont les paraboles y=k−x24y=\frac{k-x^{2}}{4} ; celle de niveau 1313 touche le cercle en ces deux points.

d) Il y a quatre candidats. Le cercle est fermé et borné, ff est continue, donc le maximum et le minimum existent ; et comme ∇g=(2x ;2y)\nabla g=(2x\,;2y) ne s'annule pas sur le cercle, ils sont parmi les quatre candidats. On compare : le maximum vaut 1313, atteint en (5 ;2)\left(\sqrt{5}\,;2\right) et (−5 ;2)\left(-\sqrt{5}\,;2\right) ; le minimum vaut −12-12, atteint en (0 ;−3)(0\,;-3). Le point (0 ;3)(0\,;3), où f=12f=12, n'est ni l'un ni l'autre : en paramétrant x=3sin⁡tx=3\sin t, y=3cos⁡ty=3\cos t, on a f=9sin⁡2t+12cos⁡t≈12+3t2f=9\sin^{2}t+12\cos t\approx 12+3t^{2} près de t=0t=0, c'est un minimum LOCAL sur le cercle, coincé entre les deux maxima. L'élève qui simplifie par xx obtient directement λ=1\lambda=1, donc seulement les deux points où f=13f=13. Il n'a plus qu'une valeur : soit il écrit que le minimum n'existe pas, ce que contredit le théorème des valeurs extrêmes, soit il écrit n'importe quoi. Il a perdu le point qui portait la réponse, et tous ses calculs étaient justes : c'est la division qui ne l'était pas.

-5-4-3-2-112345-6-5-4-3-2-11234f = 13f = −12

Exercice 3 : Trois variables : multiplier pour éliminer λ, sans perdre λ = 0

On cherche les extrema de f(x,y,z)=xyzf(x,y,z)=xyz sur la sphère d'équation x2+y2+z2=3x^{2}+y^{2}+z^{2}=3. On note g(x,y,z)=x2+y2+z2g(x,y,z)=x^{2}+y^{2}+z^{2}.

  • a) Écrivez le système de Lagrange (quatre équations). En multipliant les trois premières par xx, yy et zz respectivement, montrez que 2λx2=2λy2=2λz2=xyz2\lambda x^{2}=2\lambda y^{2}=2\lambda z^{2}=xyz.
  • b) Cas λ=0\lambda=0 : montrez qu'au moins deux coordonnées sont nulles. Combien de points obtient-on, et que vaut ff en chacun ?
  • c) Cas λ≠0\lambda\neq 0 : montrez que x2=y2=z2=1x^{2}=y^{2}=z^{2}=1. Donnez le maximum et le minimum de ff sur la sphère, et le nombre de points où le maximum est atteint.
  • d) Calculez λ\lambda au point (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1). Un élève divise la première équation par la deuxième et écrit yzxz=xy\frac{yz}{xz}=\frac{x}{y} : quelles hypothèses a-t-il faites sans le dire, et quels candidats a-t-il perdus ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) yz=2λxyz=2\lambda x, xz=2λyxz=2\lambda y, xy=2λzxy=2\lambda z, x2+y2+z2=3x^{2}+y^{2}+z^{2}=3 ; multipliées, elles donnent toutes xyzxyz
  • b) Six points (±3 ;0 ;0)(\pm\sqrt{3}\,;0\,;0), (0 ;±3 ;0)(0\,;\pm\sqrt{3}\,;0), (0 ;0 ;±3)(0\,;0\,;\pm\sqrt{3}), où f=0f=0
  • c) Huit points (±1 ;±1 ;±1)(\pm 1\,;\pm 1\,;\pm 1) ; maximum 11 en quatre points, minimum −1-1 en quatre points
  • d) λ=12\lambda=\frac{1}{2} ; il a supposé y≠0y\neq 0 et xz≠0xz\neq 0, et perdu les six points du cas λ=0\lambda=0

a) ∇f=(yz ;xz ;xy)\nabla f=(yz\,;xz\,;xy) et ∇g=(2x ;2y ;2z)\nabla g=(2x\,;2y\,;2z). Le système est : (1) yz=2λxyz=2\lambda x, (2) xz=2λyxz=2\lambda y, (3) xy=2λzxy=2\lambda z, (4) x2+y2+z2=3x^{2}+y^{2}+z^{2}=3. On multiplie (1) par xx, (2) par yy et (3) par zz : xyz=2λx2xyz=2\lambda x^{2}, xyz=2λy2xyz=2\lambda y^{2}, xyz=2λz2xyz=2\lambda z^{2}. Les trois membres de gauche sont le même nombre, d'où 2λx2=2λy2=2λz2=xyz2\lambda x^{2}=2\lambda y^{2}=2\lambda z^{2}=xyz. Multiplier par xx est toujours permis, même si x=0x=0 : on obtient une égalité vraie, simplement plus faible. C'est l'inverse de la division, qui SUPPOSE x≠0x\neq 0. La contrepartie : ces égalités sont des conséquences du système, pas des équivalences, donc chaque point trouvé devra être vérifié dans (1), (2), (3).

b) Cas λ=0\lambda=0 : (1), (2), (3) deviennent yz=0yz=0, xz=0xz=0, xy=0xy=0. Si deux coordonnées étaient non nulles, leur produit le serait aussi : au plus une coordonnée est non nulle, donc au moins deux sont nulles. Avec (4), la troisième vaut ±3\pm\sqrt{3}. On obtient six points, (±3 ;0 ;0)(\pm\sqrt{3}\,;0\,;0), (0 ;±3 ;0)(0\,;\pm\sqrt{3}\,;0), (0 ;0 ;±3)(0\,;0\,;\pm\sqrt{3}), qui vérifient bien le système avec λ=0\lambda=0, et f=0f=0 en chacun : en ces points, ∇f\nabla f est le vecteur nul. Ils ne sont pas des extrema, puisque ff prend des valeurs positives et négatives sur la sphère, mais ils sont des candidats, et il fallait les écrire.

c) Cas λ≠0\lambda\neq 0 : on peut maintenant diviser par 2λ2\lambda, ce qui donne x2=y2=z2x^{2}=y^{2}=z^{2}, et (4) donne 3x2=33x^{2}=3, d'où x2=y2=z2=1x^{2}=y^{2}=z^{2}=1. Les huit points (±1 ;±1 ;±1)(\pm 1\,;\pm 1\,;\pm 1) vérifient le système avec λ=xyz2\lambda=\frac{xyz}{2} : par exemple en (1 ;1 ;−1)(1\,;1\,;-1), yz=−1=2λyz=-1=2\lambda, xz=−1=2λxz=-1=2\lambda et xy=1=−2λxy=1=-2\lambda, d'où λ=−12\lambda=-\frac{1}{2} partout. La valeur f=xyzf=xyz vaut 11 quand le nombre de signes moins est pair, en (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1), (1 ;−1 ;−1)(1\,;-1\,;-1), (−1 ;1 ;−1)(-1\,;1\,;-1), (−1 ;−1 ;1)(-1\,;-1\,;1), et −1-1 aux quatre autres. La sphère est fermée et bornée, ff continue, ∇g\nabla g non nul sur la sphère : les extrema sont parmi les quatorze candidats. Maximum 11, atteint en quatre points ; minimum −1-1, atteint en quatre points ; les six points de b) donnent 00.

d) En (1 ;1 ;1)(1\,;1\,;1), l'équation (1) donne 1=2λ1=2\lambda, donc λ=12\lambda=\frac{1}{2}. L'élève qui écrit yzxz=2λx2λy\frac{yz}{xz}=\frac{2\lambda x}{2\lambda y} a divisé par xzxz à gauche et par 2λy2\lambda y à droite : il a supposé, sans l'écrire, x≠0x\neq 0, z≠0z\neq 0, y≠0y\neq 0 et λ≠0\lambda\neq 0. Il obtient yx=xy\frac{y}{x}=\frac{x}{y}, puis x2=y2x^{2}=y^{2}, la même relation qu'en c), mais il a jeté les six points du cas λ=0\lambda=0. Ici ils ne sont pas des extrema, donc sa réponse finale est juste PAR CHANCE ; sa copie, elle, n'est pas complète, et sur une autre fonction les points perdus portaient le minimum (exercice 2). La règle : multiplier plutôt que diviser, et si l'on divise, écrire le cas exclu et le traiter à part.

Exercice 4 : Deux contraintes : une courbe de l'espace

On cherche les extrema de f(x,y,z)=y+zf(x,y,z)=y+z sur la courbe Γ\Gamma, intersection du cylindre x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1 et du plan x+z=2x+z=2. On pose g(x,y,z)=x2+y2g(x,y,z)=x^{2}+y^{2} et h(x,y,z)=x+zh(x,y,z)=x+z.

  • a) Justifiez que ff atteint un maximum et un minimum sur Γ\Gamma, et que ∇g\nabla g et ∇h\nabla h ne sont parallèles en aucun point de Γ\Gamma.
  • b) Écrivez le système ∇f=λ∇g+μ∇h\nabla f=\lambda\nabla g+\mu\nabla h, g=1g=1, h=2h=2 (cinq équations, cinq inconnues). Que vaut μ\mu ?
  • c) Résolvez le système. Donnez le maximum et le minimum de ff sur Γ\Gamma sous forme exacte, puis au millième.
  • d) Retrouvez ces valeurs sans multiplicateurs, en paramétrant Γ\Gamma par x=cos⁡tx=\cos t, y=sin⁡ty=\sin t. Donnez λ\lambda au point du maximum, au millième.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/5

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Γ\Gamma est fermée et bornée (∣x∣,∣y∣≤1|x|,|y|\le 1, 1≤z≤31\le z\le 3) ; ∇g=(2x ;2y ;0)\nabla g=(2x\,;2y\,;0) et ∇h=(1 ;0 ;1)\nabla h=(1\,;0\,;1) ne sont jamais parallèles sur Γ\Gamma
  • b) 0=2λx+μ0=2\lambda x+\mu, 1=2λy1=2\lambda y, 1=μ1=\mu, x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1, x+z=2x+z=2 ; μ=1\mu=1
  • c) Maximum 2+2≈3,4142+\sqrt{2}\approx 3{,}414 en (−22 ;22 ;2+22)\left(-\frac{\sqrt{2}}{2}\,;\frac{\sqrt{2}}{2}\,;2+\frac{\sqrt{2}}{2}\right), minimum 2−2≈0,5862-\sqrt{2}\approx 0{,}586
  • d) f=2+sin⁡t−cos⁡t=2+2sin⁡(t−π4)f=2+\sin t-\cos t=2+\sqrt{2}\sin\left(t-\frac{\pi}{4}\right) ; λ=22≈0,707\lambda=\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}707

a) Sur Γ\Gamma, x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1 impose ∣x∣≤1|x|\le 1 et ∣y∣≤1|y|\le 1, et z=2−xz=2-x impose 1≤z≤31\le z\le 3 : Γ\Gamma est BORNÉE. Elle est définie par deux égalités entre fonctions continues, donc FERMÉE. Comme ff est continue, le théorème des valeurs extrêmes donne un maximum et un minimum. C'est une ellipse, section oblique du cylindre par le plan. Pour les gradients : ∇g=(2x ;2y ;0)\nabla g=(2x\,;2y\,;0) a une troisième composante nulle, ∇h=(1 ;0 ;1)\nabla h=(1\,;0\,;1) non ; ils ne pourraient être parallèles que si ∇g\nabla g était nul, c'est-à-dire x=y=0x=y=0, ce qui n'arrive pas sur Γ\Gamma. C'est l'hypothèse du théorème à deux contraintes : les deux gradients doivent être linéairement indépendants en chaque point de la courbe.

b) ∇f=(0 ;1 ;1)\nabla f=(0\,;1\,;1). Composante par composante : (1) 0=2λx+μ0=2\lambda x+\mu, (2) 1=2λy1=2\lambda y, (3) 1=0+μ1=0+\mu, puis (4) x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1 et (5) x+z=2x+z=2. Cinq équations pour xx, yy, zz, λ\lambda, μ\mu. L'équation (3) donne tout de suite μ=1\mu=1. Retenez la forme du système : ∇f\nabla f est une COMBINAISON des deux gradients, il n'est parallèle ni à l'un ni à l'autre en général.

c) Avec μ=1\mu=1, (1) donne 2λx=−12\lambda x=-1 et (2) donne 2λy=12\lambda y=1. Ces deux équations interdisent λ=0\lambda=0, donc la division est permise : x=−12λx=-\frac{1}{2\lambda}, y=12λy=\frac{1}{2\lambda}, d'où y=−xy=-x. Dans (4), 2x2=12x^{2}=1, x=±22x=\pm\frac{\sqrt{2}}{2}. Premier point : x=−22x=-\frac{\sqrt{2}}{2}, y=22y=\frac{\sqrt{2}}{2}, z=2+22z=2+\frac{\sqrt{2}}{2}, et f=22+2+22=2+2≈3,414f=\frac{\sqrt{2}}{2}+2+\frac{\sqrt{2}}{2}=2+\sqrt{2}\approx 3{,}414, avec λ=12y=22\lambda=\frac{1}{2y}=\frac{\sqrt{2}}{2}. Second point : x=22x=\frac{\sqrt{2}}{2}, y=−22y=-\frac{\sqrt{2}}{2}, z=2−22z=2-\frac{\sqrt{2}}{2}, f=2−2≈0,586f=2-\sqrt{2}\approx 0{,}586. Par a), ce sont le maximum et le minimum. Au maximum, on vérifie la décomposition : 22∇g+∇h=(−1 ;1 ;0)+(1 ;0 ;1)=(0 ;1 ;1)=∇f\frac{\sqrt{2}}{2}\nabla g+\nabla h=(-1\,;1\,;0)+(1\,;0\,;1)=(0\,;1\,;1)=\nabla f. Le gradient de ff n'est parallèle à aucun des deux : il est dans le plan qu'ils engendrent, c'est-à-dire orthogonal à la tangente de Γ\Gamma. Les valeurs au millième se font à la main avec 2≈1,4142\sqrt{2}\approx 1{,}4142.

d) Le paramétrage x=cos⁡tx=\cos t, y=sin⁡ty=\sin t, z=2−cos⁡tz=2-\cos t décrit toute la courbe pour t∈[0 ;2π]t\in[0\,;2\pi]. Alors f=sin⁡t+2−cos⁡t=2+2sin⁡(t−π4)f=\sin t+2-\cos t=2+\sqrt{2}\sin\left(t-\frac{\pi}{4}\right), en écrivant sin⁡t−cos⁡t=2(sin⁡tcos⁡π4−cos⁡tsin⁡π4)\sin t-\cos t=\sqrt{2}\left(\sin t\cos\frac{\pi}{4}-\cos t\sin\frac{\pi}{4}\right). Le sinus varie entre −1-1 et 11, donc ff entre 2−22-\sqrt{2} et 2+22+\sqrt{2} ; le maximum est en t=3π4t=\frac{3\pi}{4}, soit x=−22x=-\frac{\sqrt{2}}{2}, y=22y=\frac{\sqrt{2}}{2}, le point de c). λ=22≈0,707\lambda=\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}707. Quand une contrainte est linéaire, la substitution est souvent plus rapide ; Lagrange devient indispensable quand on ne sait pas paramétrer.

Exercice 5 : Une contrainte d'inégalité : l'intérieur, puis le bord

On cherche le maximum et le minimum de f(x,y)=x2+2y2−6xf(x,y)=x^{2}+2y^{2}-6x sur le disque fermé DD : x2+y2≤4x^{2}+y^{2}\le 4.

La figure montre DD (en grisé), le point C(3 ;0)C(3\,;0) et quatre courbes de niveau de ff, des ellipses centrées en CC puisque f(x,y)=(x−3)2+2y2−9f(x,y)=(x-3)^{2}+2y^{2}-9. Elle sert à contrôler, pas à remplacer le calcul.

-3-2-1123456789-4-3-2-11234f = −8f = 0f = 7f = 16CD
  • a) Cherchez les points critiques de ff. Lequel est dans l'intérieur de DD ? Que concluez-vous ?
  • b) Sur le bord x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4, écrivez le système de Lagrange et montrez que la deuxième équation s'écrit y(2−λ)=0y(2-\lambda)=0. Traitez les deux cas, et montrez que l'un d'eux ne donne AUCUN point.
  • c) Donnez le maximum et le minimum de ff sur DD, et les points où ils sont atteints.
  • d) Calculez f(3 ;0)f(3\,;0). Expliquez, sur la figure, pourquoi ce n'est pas le minimum de ff sur DD, et quelles courbes de niveau confirment les réponses de c).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Seul point critique (3 ;0)(3\,;0), hors de DD (9>49>4) : rejeté ; les extrema sont sur le bord
  • b) y=0y=0 : (2 ;0)(2\,;0), λ=−12\lambda=-\frac{1}{2} et (−2 ;0)(-2\,;0), λ=52\lambda=\frac{5}{2} ; λ=2\lambda=2 donne x=−3x=-3, y2=−5y^{2}=-5 : aucun point
  • c) Maximum 1616 en (−2 ;0)(-2\,;0), minimum −8-8 en (2 ;0)(2\,;0)
  • d) f(3 ;0)=−9f(3\,;0)=-9, mais C∉DC\notin D ; l'ellipse f=−8f=-8 touche DD en (2 ;0)(2\,;0), l'ellipse f=16f=16 en (−2 ;0)(-2\,;0)

a) ∇f=(2x−6 ;4y)\nabla f=(2x-6\,;4y) s'annule en (3 ;0)(3\,;0) seulement. Or 32+02=9>43^{2}+0^{2}=9>4 : ce point n'est pas dans DD, il est REJETÉ. La fonction n'a donc aucun point critique dans l'intérieur de DD. Comme DD est fermé et borné et ff continue, le maximum et le minimum existent ; un extremum atteint à l'intérieur serait un point critique (section 5.1) ; il n'y en a pas, donc les DEUX extrema sont sur le bord. Pas de point critique intérieur ne veut pas dire pas d'extremum : cela veut dire que tout se joue sur le cercle.

b) Sur le bord, g(x,y)=x2+y2=4g(x,y)=x^{2}+y^{2}=4 et ∇g=(2x ;2y)\nabla g=(2x\,;2y). Système : (1) 2x−6=2λx2x-6=2\lambda x, (2) 4y=2λy4y=2\lambda y, (3) x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4. L'équation (2) s'écrit 4y−2λy=04y-2\lambda y=0, soit 2y(2−λ)=02y(2-\lambda)=0 : y=0y=0 OU λ=2\lambda=2. Cas y=0y=0 : (3) donne x=±2x=\pm 2. En (2 ;0)(2\,;0), (1) donne −2=4λ-2=4\lambda, λ=−12\lambda=-\frac{1}{2} ; en (−2 ;0)(-2\,;0), −10=−4λ-10=-4\lambda, λ=52\lambda=\frac{5}{2}. Cas λ=2\lambda=2 : (1) donne 2x−6=4x2x-6=4x, x=−3x=-3, puis (3) donne y2=4−9=−5<0y^{2}=4-9=-5<0 : aucun point réel. Une branche du système peut être vide ; on l'écrit et on la ferme par une phrase, on ne la saute pas, sinon le correcteur ne sait pas si elle a été vue.

c) Les candidats sont les deux points du bord, le point intérieur ayant été rejeté : f(2 ;0)=4−12=−8f(2\,;0)=4-12=-8 et f(−2 ;0)=4+12=16f(-2\,;0)=4+12=16. Le maximum de ff sur DD vaut 1616, en (−2 ;0)(-2\,;0) ; le minimum vaut −8-8, en (2 ;0)(2\,;0). Contrôle par substitution sur le cercle : y2=4−x2y^{2}=4-x^{2} donne f=8−x2−6xf=8-x^{2}-6x pour x∈[−2 ;2]x\in[-2\,;2], de dérivée −2x−6<0-2x-6<0 ; ff décroît de 1616 à −8-8, ce qui confirme. Contrôle intérieur : f(0 ;0)=0f(0\,;0)=0, f(1 ;0)=−5f(1\,;0)=-5, valeurs bien comprises entre −8-8 et 1616.

d) f(3 ;0)=9−18=−9f(3\,;0)=9-18=-9 est le minimum de ff sur TOUT le plan, mais CC n'est pas dans DD : cette valeur n'est pas atteinte sur DD. Les courbes de niveau sont les ellipses (x−3)2+2y2=k+9(x-3)^{2}+2y^{2}=k+9, centrées en CC, d'autant plus grandes que kk est grand. La plus petite qui rencontre DD est celle de niveau −8-8, qui touche le disque en (2 ;0)(2\,;0) ; la plus grande qui le rencontre encore est celle de niveau 1616, qui le touche en (−2 ;0)(-2\,;0). Les ellipses f=0f=0 et f=7f=7 coupent le disque : leurs valeurs sont prises sur DD, mais elles sont intermédiaires. On retrouve la tangence du chapitre, ici entre une courbe de niveau et le bord d'une région.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Ce que vaut λ : l'analyse de sensibilité

Pour c>0c>0, on note f∗(c)f^{*}(c) le maximum de f(x,y)=4x+3yf(x,y)=4x+3y sur le cercle g(x,y)=x2+y2=cg(x,y)=x^{2}+y^{2}=c. On donne 26≈5,0990\sqrt{26}\approx 5{,}0990.

  • a) Pour c=25c=25, résolvez le système de Lagrange. Donnez le maximum, le point où il est atteint et la valeur de λ\lambda en ce point.
  • b) Pour c>0c>0 quelconque, montrez que f∗(c)=5cf^{*}(c)=5\sqrt{c}, puis vérifiez que df∗dc\frac{df^{*}}{dc} est égal au multiplicateur λ\lambda au point du maximum. Que vaut f∗(100)f^{*}(100) ?
  • c) Estimez f∗(26)f^{*}(26) à l'aide de λ\lambda seulement, puis comparez à la valeur exacte 5265\sqrt{26}, au millième. L'estimation est-elle par excès ou par défaut, et pourquoi ?
  • d) De combien faut-il augmenter cc, à partir de 2525, pour que le maximum passe de 2525 à 2626 ? Donnez l'estimation par λ\lambda, puis la valeur exacte de cc.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) Maximum 2525 en (4 ;3)(4\,;3), λ=12\lambda=\frac{1}{2} ; minimum −25-25 en (−4 ;−3)(-4\,;-3), λ=−12\lambda=-\frac{1}{2}
  • b) λ=52c\lambda=\frac{5}{2\sqrt{c}}, f∗(c)=5cf^{*}(c)=5\sqrt{c}, df∗dc=52c=λ\frac{df^{*}}{dc}=\frac{5}{2\sqrt{c}}=\lambda ; f∗(100)=50f^{*}(100)=50
  • c) Estimation 25+12=25,525+\frac{1}{2}=25{,}5 ; exact 526≈25,4955\sqrt{26}\approx 25{,}495 ; estimation par excès (f∗f^{*} concave)
  • d) Δc≈1λ=2\Delta c\approx\frac{1}{\lambda}=2, soit c≈27c\approx 27 ; exact c=67625=27,04c=\frac{676}{25}=27{,}04

a) ∇f=(4 ;3)\nabla f=(4\,;3) et ∇g=(2x ;2y)\nabla g=(2x\,;2y) : 4=2λx4=2\lambda x, 3=2λy3=2\lambda y, x2+y2=25x^{2}+y^{2}=25. La première équation interdit λ=0\lambda=0 et x=0x=0, la deuxième y=0y=0 : x=2λx=\frac{2}{\lambda}, y=32λy=\frac{3}{2\lambda}, d'où y=34xy=\frac{3}{4}x. Alors x2+916x2=2516x2=25x^{2}+\frac{9}{16}x^{2}=\frac{25}{16}x^{2}=25, x=±4x=\pm 4. En (4 ;3)(4\,;3), f=16+9=25f=16+9=25 et λ=42×4=12\lambda=\frac{4}{2\times 4}=\frac{1}{2} ; en (−4 ;−3)(-4\,;-3), f=−25f=-25 et λ=−12\lambda=-\frac{1}{2}. Le cercle est fermé et borné : maximum 2525 en (4 ;3)(4\,;3), minimum −25-25.

b) Le même calcul avec cc quelconque : x2+y2=4λ2+94λ2=254λ2=cx^{2}+y^{2}=\frac{4}{\lambda^{2}}+\frac{9}{4\lambda^{2}}=\frac{25}{4\lambda^{2}}=c, donc λ=±52c\lambda=\pm\frac{5}{2\sqrt{c}}. Au maximum, x>0x>0, donc λ>0\lambda>0 : λ=52c\lambda=\frac{5}{2\sqrt{c}}, puis x=4c5x=\frac{4\sqrt{c}}{5}, y=3c5y=\frac{3\sqrt{c}}{5} et f∗(c)=16c5+9c5=5cf^{*}(c)=\frac{16\sqrt{c}}{5}+\frac{9\sqrt{c}}{5}=5\sqrt{c}. En dérivant, df∗dc=52c\frac{df^{*}}{dc}=\frac{5}{2\sqrt{c}} : c'est EXACTEMENT λ\lambda. Voilà le sens du multiplicateur : il mesure à quelle vitesse la valeur optimale change quand on desserre la contrainte, λ=df∗dc\lambda=\frac{df^{*}}{dc}. Attention, cc est le second membre de la contrainte écrite g=cg=c, ici le CARRÉ du rayon, pas le rayon. Pour c=100c=100, f∗(100)=5×10=50f^{*}(100)=5\times 10=50.

c) Au premier ordre, Δf∗≈λ Δc\Delta f^{*}\approx\lambda\,\Delta c : f∗(26)≈25+12×1=25,5f^{*}(26)\approx 25+\frac{1}{2}\times 1=25{,}5. Valeur exacte : 526≈5×5,0990=25,4955\sqrt{26}\approx 5\times 5{,}0990=25{,}495. L'écart est d'environ 0,0050{,}005, soit 0,02 %0{,}02\ \% : un seul nombre, λ\lambda, déjà calculé, donne le nouvel optimum presque sans refaire le problème. C'est tout l'intérêt de l'analyse de sensibilité pour l'ingénieur. L'estimation est PAR EXCÈS : f∗(c)=5cf^{*}(c)=5\sqrt{c} est concave, sa courbe est sous ses tangentes, et l'estimation par λ\lambda est justement la tangente en c=25c=25 (figure du corrigé).

d) On veut Δf∗=1\Delta f^{*}=1 : Δc≈Δf∗λ=11/2=2\Delta c\approx\frac{\Delta f^{*}}{\lambda}=\frac{1}{1/2}=2, donc c≈27c\approx 27. Exactement, 5c=265\sqrt{c}=26 donne c=265\sqrt{c}=\frac{26}{5} et c=67625=27,04c=\frac{676}{25}=27{,}04. L'estimation par λ\lambda sous-estime un peu l'effort à fournir, ce qui est cohérent avec c) : la fonction f∗f^{*} monte de moins en moins vite, il faut donc un peu plus de cc que la tangente ne le promet. Le signe de λ\lambda a aussi un sens : en (−4 ;−3)(-4\,;-3), λ=−12\lambda=-\frac{1}{2}, et le minimum −5c-5\sqrt{c} DIMINUE quand cc augmente.

5101520253035404550510152025303540f*(c) = 5√ctangente : pente λ = 1/2(25 ; 25)cf*(c)

Exercice 7 : Quand le gradient de la contrainte s'annule, la méthode reste muette

La courbe C\mathcal{C} d'équation y2=x3y^{2}=x^{3} est tracée ci-dessous ; elle présente une pointe à l'origine OO. On cherche le point de C\mathcal{C} le plus proche du point A(−1 ;0)A(-1\,;0), c'est-à-dire le minimum de f(x,y)=(x+1)2+y2f(x,y)=(x+1)^{2}+y^{2} sous la contrainte g(x,y)=y2−x3=0g(x,y)=y^{2}-x^{3}=0.

-2-1123-3-2-1123CAO
  • a) Montrez que tout point de C\mathcal{C} vérifie x≥0x\ge 0. En exprimant ff sur C\mathcal{C} en fonction de xx seul, trouvez le point de C\mathcal{C} le plus proche de AA et la distance minimale.
  • b) Écrivez le système de Lagrange et montrez qu'il n'a AUCUNE solution (distinguez les cas y=0y=0 et λ=1\lambda=1).
  • c) Calculez ∇g(0 ;0)\nabla g(0\,;0). Quelle hypothèse du théorème de Lagrange est en défaut, et en quel point ?
  • d) Quelle est la liste complète des candidats qu'il fallait examiner ? Justifiez l'existence du minimum alors que C\mathcal{C} n'est pas bornée.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/6

a)
b)
c)
d)
Voir la correction

Réponses

  • a) x3=y2≥0x^{3}=y^{2}\ge 0 ; f=(x+1)2+x3f=(x+1)^{2}+x^{3} croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : point le plus proche OO, distance 11
  • b) y=0y=0 impose x=0x=0 puis 2=02=0 ; λ=1\lambda=1 donne 3x2+2x+2=03x^{2}+2x+2=0, de discriminant −20<0-20<0 : aucune solution
  • c) ∇g(0 ;0)=(0 ;0)\nabla g(0\,;0)=(0\,;0) : l'hypothèse ∇g≠0⃗\nabla g\neq\vec 0 tombe en OO, qui est justement le minimum
  • d) Candidats : solutions du système ET points de C\mathcal{C} où ∇g=0⃗\nabla g=\vec 0, ici OO seul ; on borne par C∩{f≤4}\mathcal{C}\cap\{f\le 4\}

a) Sur C\mathcal{C}, x3=y2≥0x^{3}=y^{2}\ge 0, donc x≥0x\ge 0 : la courbe est tout entière dans le demi-plan de droite, comme sur la figure. En remplaçant y2y^{2} par x3x^{3}, on obtient sur C\mathcal{C} : f=(x+1)2+x3=φ(x)f=(x+1)^{2}+x^{3}=\varphi(x), pour x≥0x\ge 0. Or φ′(x)=2(x+1)+3x2>0\varphi'(x)=2(x+1)+3x^{2}>0 pour x≥0x\ge 0 : φ\varphi est croissante, minimale en x=0x=0, où φ(0)=1\varphi(0)=1. Le point de C\mathcal{C} d'abscisse 00 est l'origine. Le point le plus proche de AA est donc OO, à la distance 1=1\sqrt{1}=1. Le problème est résolu, et il a une réponse nette : c'est la méthode de Lagrange qui va échouer.

b) ∇f=(2(x+1) ;2y)\nabla f=(2(x+1)\,;2y) et ∇g=(−3x2 ;2y)\nabla g=(-3x^{2}\,;2y). Système : (1) 2(x+1)=−3λx22(x+1)=-3\lambda x^{2}, (2) 2y=2λy2y=2\lambda y, (3) y2=x3y^{2}=x^{3}. L'équation (2) s'écrit 2y(1−λ)=02y(1-\lambda)=0 : y=0y=0 ou λ=1\lambda=1. Cas y=0y=0 : (3) donne x3=0x^{3}=0, x=0x=0, puis (1) donne 2=02=0, impossible. Cas λ=1\lambda=1 : (1) devient 3x2+2x+2=03x^{2}+2x+2=0, de discriminant 4−24=−20<04-24=-20<0, sans racine réelle. Le système n'a AUCUNE solution, alors que le minimum existe et vaut 11. Un élève qui s'arrête là conclut « pas de minimum » et perd toute la question.

c) ∇g(0 ;0)=(−3×0 ;2×0)=(0 ;0)\nabla g(0\,;0)=(-3\times 0\,;2\times 0)=(0\,;0). Le théorème dit : si ff atteint un extremum en PP sous la contrainte g=kg=k ET si ∇g(P)≠0⃗\nabla g(P)\neq\vec 0, alors il existe λ\lambda tel que ∇f(P)=λ∇g(P)\nabla f(P)=\lambda\nabla g(P). En OO, la seconde hypothèse tombe, et le théorème ne dit plus rien : on a bien ∇f(0 ;0)=(2 ;0)\nabla f(0\,;0)=(2\,;0), qui n'est pas un multiple du vecteur nul. Géométriquement, la courbe n'a pas de tangente en sa pointe, donc l'idée « la courbe de niveau est tangente à la contrainte » n'a plus de sens. Le cercle de centre AA et de rayon 11 (figure du corrigé) touche C\mathcal{C} exactement en sa pointe.

d) La liste complète des candidats est : les solutions du système de Lagrange, PLUS les points de la contrainte où ∇g=0⃗\nabla g=\vec 0. Ici ∇g=0⃗\nabla g=\vec 0 exige x=0x=0 et y=0y=0, et l'origine est sur C\mathcal{C} : c'est l'unique candidat, donc le minimum. Pour l'existence, C\mathcal{C} est fermée mais pas bornée. On la borne par une valeur déjà atteinte : OO donne f=1f=1, donc on regarde K=C∩{f≤4}K=\mathcal{C}\cap\{f\le 4\}, fermé, borné (dans le disque de centre AA et de rayon 22) et non vide. ff y atteint un minimum, au plus 11 ; hors de KK, f>4f>4. Le minimum sur KK est donc le minimum sur C\mathcal{C}. Ce geste, borner la contrainte par une valeur atteinte, resservira à l'exercice 10.

-2-1123-3-2-1123CArayon 1

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez le contre-exemple ou le calcul qui la réfute, puis écrivez l'énoncé juste.

Toutes viennent de la même confusion : prendre un CANDIDAT de Lagrange pour une réponse.

  • a) « Si ∇f(P)=λ∇g(P)\nabla f(P)=\lambda\nabla g(P) en un point PP de la contrainte, alors ff atteint en PP un extremum sous la contrainte. » Prenez f(x,y)=x+y3f(x,y)=x+y^{3}, la contrainte g(x,y)=x=0g(x,y)=x=0 et P(0 ;0)P(0\,;0) : calculez λ\lambda et étudiez ff sur la contrainte.
  • b) « Quand Lagrange donne deux candidats, la plus grande valeur est le maximum et la plus petite le minimum. » Prenez f(x,y)=x+yf(x,y)=x+y sur l'hyperbole xy=1xy=1 : trouvez les candidats, puis calculez f(4 ;14)f\left(4\,;\frac{1}{4}\right).
  • c) « Le signe de λ\lambda dit la nature du point : λ>0\lambda>0 en un maximum, λ<0\lambda<0 en un minimum. » Prenez f(x,y)=x+yf(x,y)=x+y sur le cercle de rayon 2\sqrt{2} centré en l'origine, avec la contrainte écrite g(x,y)=2−x2−y2=0g(x,y)=2-x^{2}-y^{2}=0 : que vaut λ\lambda au maximum ?
  • d) « Pour trouver le minimum de f(x,y)=(x−1)2+y2f(x,y)=(x-1)^{2}+y^{2} sur le disque x2+y2≤4x^{2}+y^{2}\le 4, il suffit d'appliquer Lagrange sur le cercle x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4. » Comparez le minimum sur le cercle et le vrai minimum sur le disque.
  • e) « La droite x+y=4x+y=4 est une partie fermée du plan, donc f(x,y)=xyf(x,y)=xy y atteint un maximum et un minimum. » Calculez f(10 ;−6)f(10\,;-6) et concluez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) λ=1\lambda=1, mais f(0,t)=t3f(0,t)=t^{3} n'a pas d'extremum en 00 ; juste : Lagrange donne une condition NÉCESSAIRE
  • b) Candidats (1 ;1)(1\,;1), f=2f=2 et (−1 ;−1)(-1\,;-1), f=−2f=-2 ; f(4 ;14)=4,25>2f\left(4\,;\frac{1}{4}\right)=4{,}25>2 : (1 ;1)(1\,;1) est un minimum local, pas de maximum
  • c) λ=−12\lambda=-\frac{1}{2} au maximum (1 ;1)(1\,;1) ; juste : le signe de λ\lambda dépend de l'écriture de gg, il dit le sens de variation de f∗f^{*}
  • d) Sur le cercle, minimum 11 en (2 ;0)(2\,;0) ; sur le disque, minimum 00 en (1 ;0)(1\,;0), point intérieur
  • e) f(10 ;−6)=−60f(10\,;-6)=-60 ; f=4x−x2→−∞f=4x-x^{2}\to-\infty : pas de minimum ; juste : il faut fermé ET borné

a) ∇f=(1 ;3y2)\nabla f=(1\,;3y^{2}) et ∇g=(1 ;0)\nabla g=(1\,;0). En P(0 ;0)P(0\,;0), ∇f=(1 ;0)=1×∇g\nabla f=(1\,;0)=1\times\nabla g : la condition est remplie avec λ=1\lambda=1. Mais sur la contrainte, les points sont (0 ;t)(0\,;t) et f(0 ;t)=t3f(0\,;t)=t^{3}, fonction croissante qui prend des valeurs négatives pour t<0t<0 et positives pour t>0t>0 : PP n'est ni un maximum ni un minimum. L'énoncé juste : si ff atteint un extremum en PP sous la contrainte et si ∇g(P)≠0⃗\nabla g(P)\neq\vec 0, ALORS ∇f(P)=λ∇g(P)\nabla f(P)=\lambda\nabla g(P). La réciproque est fausse : le système donne des candidats, qu'il faut ensuite comparer ou étudier. C'est l'analogue exact de f′(a)=0f'(a)=0 à une variable, avec x3x^{3} en 00.

b) ∇f=(1 ;1)\nabla f=(1\,;1), ∇g=(y ;x)\nabla g=(y\,;x) : 1=λy1=\lambda y et 1=λx1=\lambda x, donc λ≠0\lambda\neq 0 et x=yx=y, puis x2=1x^{2}=1. Candidats (1 ;1)(1\,;1) avec f=2f=2, et (−1 ;−1)(-1\,;-1) avec f=−2f=-2. Or f(4 ;14)=4,25>2f\left(4\,;\frac{1}{4}\right)=4{,}25>2 et f(−4 ;−14)=−4,25<−2f\left(-4\,;-\frac{1}{4}\right)=-4{,}25<-2 : aucun candidat n'est un extremum global. Sur la branche x>0x>0, f=x+1x≥2f=x+\frac{1}{x}\ge 2 : le point (1 ;1)(1\,;1), où ff vaut la PLUS GRANDE des deux valeurs, est un MINIMUM local, et (−1 ;−1)(-1\,;-1) un maximum local : sur la figure du corrigé, les droites de niveau f=2f=2 et f=−2f=-2 touchent chacune une branche. L'hyperbole n'est pas bornée, le théorème des valeurs extrêmes ne s'applique pas, et ff n'a ni maximum ni minimum. L'énoncé juste : comparer les valeurs ne décide que si l'existence est garantie, par une contrainte fermée et bornée.

c) Avec g=2−x2−y2g=2-x^{2}-y^{2}, ∇g=(−2x ;−2y)\nabla g=(-2x\,;-2y) : 1=−2λx1=-2\lambda x, 1=−2λy1=-2\lambda y, donc x=yx=y, x2=1x^{2}=1. Le maximum est en (1 ;1)(1\,;1), où f=2f=2, et 1=−2λ1=-2\lambda donne λ=−12\lambda=-\frac{1}{2}. Si l'on écrit la même contrainte x2+y2=2x^{2}+y^{2}=2, on trouve λ=12\lambda=\frac{1}{2} au même point. Le signe de λ\lambda dépend donc de la façon d'écrire gg, pas de la nature du point. Ce qu'il dit vraiment : avec la contrainte g=cg=c, λ=df∗dc\lambda=\frac{df^{*}}{dc}. Augmenter cc dans x2+y2=cx^{2}+y^{2}=c agrandit le cercle et le maximum grandit ; augmenter cc dans 2−x2−y2=c2-x^{2}-y^{2}=c le rétrécit et le maximum baisse. L'énoncé juste : la nature se décide en comparant les valeurs, λ\lambda mesure la sensibilité.

d) Sur le cercle, x2+y2=4x^{2}+y^{2}=4 donne f=x2−2x+1+y2=5−2xf=x^{2}-2x+1+y^{2}=5-2x, avec x∈[−2 ;2]x\in[-2\,;2] : minimum 11 en (2 ;0)(2\,;0), maximum 99 en (−2 ;0)(-2\,;0), ce que Lagrange retrouve. Mais ∇f=(2(x−1) ;2y)\nabla f=(2(x-1)\,;2y) s'annule en (1 ;0)(1\,;0), qui est DANS le disque, et f(1 ;0)=0<1f(1\,;0)=0<1. Le vrai minimum sur le disque est 00, atteint en un point intérieur ; le maximum, 99, est bien sur le bord. L'énoncé juste : sur une région g≤cg\le c, on cherche les points critiques intérieurs (section 5.1), PUIS les candidats du bord (Lagrange), et l'on compare tout.

e) 10+(−6)=410+(-6)=4, donc (10 ;−6)(10\,;-6) est sur la droite, et f(10 ;−6)=−60f(10\,;-6)=-60. Sur la droite, y=4−xy=4-x et f=4x−x2f=4x-x^{2}, qui tend vers −∞-\infty quand x→±∞x\to\pm\infty : AUCUN minimum. Lagrange donne un seul candidat, y=λy=\lambda et x=λx=\lambda, d'où x=y=2x=y=2 et f=4f=4 : c'est le maximum, puisque 4x−x2=4−(x−2)2≤44x-x^{2}=4-(x-2)^{2}\le 4, mais rien ne le garantissait d'avance. Une droite est fermée et non bornée. L'énoncé juste : le théorème des valeurs extrêmes demande une partie FERMÉE ET BORNÉE ; sans la borne, il faut un argument propre, comme à l'exercice 7.

-4-3-2-11234-4-3-2-11234xy = 1f = 2f = −2min localmax local

Exercice 9 : Production Cobb-Douglas sous un budget

Une entreprise produit P(L,K)=10 L23K13P(L,K)=10\,L^{\frac{2}{3}}K^{\frac{1}{3}} unités par semaine avec LL heures de travail et KK heures-machine. L'heure de travail coûte 2020 dollars, l'heure-machine 1010 dollars, et le budget hebdomadaire est de 60006000 dollars : 20L+10K=600020L+10K=6000, avec L≥0L\ge 0 et K≥0K\ge 0.

La figure montre la droite de budget et trois isoquantes, les courbes de niveau P=1500P=1500, P=2000P=2000 et P=2500P=2500, chacune étiquetée par sa valeur de PP.

50100150200250300350400100200300400500600700150020002500budgetL (heures)K (heures-machine)
  • a) Lisez sur la figure laquelle des trois isoquantes est tangente à la droite de budget, et ce qui se passe pour les deux autres. Pourquoi le maximum de PP sur le budget existe-t-il, et pourquoi n'est-il pas sur un des axes ?
  • b) Écrivez le système de Lagrange. En justifiant chaque division, montrez que K=LK=L, puis calculez LL, KK et la production maximale.
  • c) Calculez λ\lambda au point optimal et donnez son sens économique, avec son unité.
  • d) Le budget passe à 63006300 dollars. Prévoyez la nouvelle production maximale à l'aide de λ\lambda, puis calculez-la exactement. Pourquoi l'estimation est-elle exacte ici ?
  • e) Quelle somme va au travail à l'optimum ? Comparez la part du budget à l'exposant de LL.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) P=2000P=2000 est tangente ; P=1500P=1500 coupe la droite deux fois, P=2500P=2500 ne l'atteint pas ; segment fermé borné, P=0P=0 sur les axes
  • b) 2KL=2\frac{2K}{L}=2, donc K=LK=L ; L=K=200L=K=200, P=2000P=2000 unités
  • c) λ=13\lambda=\frac{1}{3} unité par dollar : un dollar de plus, bien dépensé, rapporte environ 13\frac{1}{3} d'unité
  • d) Prévision 2000+13×300=21002000+\frac{1}{3}\times 300=2100 ; exact L=K=210L=K=210, P=2100P=2100 ; P∗=B3P^{*}=\frac{B}{3} est linéaire
  • e) 20×200=400020\times 200=4000 dollars, soit 23\frac{2}{3} du budget, l'exposant de LL

a) L'isoquante P=2000P=2000 touche la droite de budget en un seul point, vers (200 ;200)(200\,;200), sans la traverser. L'isoquante P=1500P=1500 la coupe en deux points : entre eux, le budget permet de produire plus de 15001500. L'isoquante P=2500P=2500 reste tout entière au-dessus : ce niveau est hors de portée. L'ensemble des choix permis est le segment de (0 ;600)(0\,;600) à (300 ;0)(300\,;0), FERMÉ et BORNÉ ; PP est continue, donc son maximum existe. Aux deux extrémités, L=0L=0 ou K=0K=0 et P=0P=0, alors que P>0P>0 dès que L>0L>0 et K>0K>0 : le maximum est atteint à l'intérieur du segment, là où L>0L>0 et K>0K>0. C'est ce qui autorisera les divisions, et c'est aussi ce qui règle le sort des extrémités, que Lagrange ne regarde pas.

b) PL=203L−13K13P_{L}=\frac{20}{3}L^{-\frac{1}{3}}K^{\frac{1}{3}}, PK=103L23K−23P_{K}=\frac{10}{3}L^{\frac{2}{3}}K^{-\frac{2}{3}} et ∇g=(20 ;10)\nabla g=(20\,;10). Système : (1) 203L−13K13=20λ\frac{20}{3}L^{-\frac{1}{3}}K^{\frac{1}{3}}=20\lambda, (2) 103L23K−23=10λ\frac{10}{3}L^{\frac{2}{3}}K^{-\frac{2}{3}}=10\lambda, (3) 20L+10K=600020L+10K=6000. Par a), L>0L>0 et K>0K>0, donc les membres de gauche sont strictement positifs, et λ>0\lambda>0 : la division de (1) par (2) est permise. Elle donne 2010×K13K23L13L23=2KL=20λ10λ=2\frac{20}{10}\times\frac{K^{\frac{1}{3}}K^{\frac{2}{3}}}{L^{\frac{1}{3}}L^{\frac{2}{3}}}=\frac{2K}{L}=\frac{20\lambda}{10\lambda}=2, donc K=LK=L. Alors (3) devient 30L=600030L=6000, L=200L=200, K=200K=200, et P=10×20023×20013=10×200=2000P=10\times 200^{\frac{2}{3}}\times 200^{\frac{1}{3}}=10\times 200=2000 unités.

c) λ=PL20=120×203(KL)13=13\lambda=\frac{P_{L}}{20}=\frac{1}{20}\times\frac{20}{3}\left(\frac{K}{L}\right)^{\frac{1}{3}}=\frac{1}{3}, et (2) donne la même valeur, 110×103(LK)23=13\frac{1}{10}\times\frac{10}{3}\left(\frac{L}{K}\right)^{\frac{2}{3}}=\frac{1}{3}. Comme λ=dP∗dB\lambda=\frac{dP^{*}}{dB}, où BB est le budget, chaque dollar supplémentaire, dépensé au mieux, ajoute environ 13\frac{1}{3} d'unité par semaine : l'unité de λ\lambda est l'unité de production par dollar. L'égalité PL20=PK10=λ\frac{P_{L}}{20}=\frac{P_{K}}{10}=\lambda est la lecture économique de ∇P∥∇g\nabla P\parallel\nabla g : à l'optimum, le dernier dollar rapporte autant, qu'on le mette dans le travail ou dans les machines. Sinon, on déplacerait ce dollar.

d) Prévision : ΔP∗≈λ ΔB=13×300=100\Delta P^{*}\approx\lambda\,\Delta B=\frac{1}{3}\times 300=100, donc environ 21002100 unités. Calcul exact : les équations (1) et (2) ne dépendent pas du budget, donc on a encore K=LK=L, puis 30L=630030L=6300, L=K=210L=K=210 et P=10×210=2100P=10\times 210=2100. L'estimation est EXACTE, contrairement à celle de l'exercice 6 : la somme des exposants vaut 23+13=1\frac{2}{3}+\frac{1}{3}=1, donc multiplier le budget par 1,051{,}05 multiplie LL, KK et PP par 1,051{,}05. On a P∗(B)=B3P^{*}(B)=\frac{B}{3}, une fonction linéaire, confondue avec sa tangente. Avec des rendements décroissants (somme des exposants inférieure à 11), l'estimation redeviendrait par excès.

e) À l'optimum, le travail coûte 20×200=400020\times 200=4000 dollars et les machines 10×200=200010\times 200=2000 dollars : 23\frac{2}{3} du budget va au travail, 13\frac{1}{3} aux machines, exactement les exposants de LL et de KK. C'est une propriété générale de la production Cobb-Douglas A LaK1−aA\,L^{a}K^{1-a} : la part aa du budget va au premier facteur, quels que soient les prix. Un contrôle immédiat de la réponse de b), avant même de calculer PP.

Exercice 10 : Le point d'une surface le plus proche de l'origine

On cherche les points de la surface SS d'équation z2=xy+1z^{2}=xy+1 les plus proches de l'origine OO. On pose f(x,y,z)=x2+y2+z2f(x,y,z)=x^{2}+y^{2}+z^{2} et g(x,y,z)=z2−xyg(x,y,z)=z^{2}-xy, de sorte que SS est la surface de niveau g=1g=1.

  • a) Expliquez pourquoi il revient au même de minimiser la distance OMOM ou ff. Vérifiez que ∇g\nabla g ne s'annule en aucun point de SS, puis écrivez le système de Lagrange.
  • b) Montrez que la troisième équation donne z=0z=0 ou λ=1\lambda=1. Cas λ=1\lambda=1 : trouvez les points et leur distance à l'origine.
  • c) Cas z=0z=0 : trouvez les points, la valeur de λ\lambda et celle de ff.
  • d) La surface SS n'est pas bornée. Justifiez quand même l'existence d'un minimum, et concluez. La fonction ff a-t-elle un maximum sur SS ?
  • e) Vérifiez que (12 ;−12 ;32)\left(\frac{1}{2}\,;-\frac{1}{2}\,;\frac{\sqrt{3}}{2}\right) est sur SS et calculez ff en ce point. Les candidats du cas z=0z=0 sont-ils des minima locaux ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) OM=fOM=\sqrt{f} et la racine est croissante ; ∇g=(−y ;−x ;2z)≠0⃗\nabla g=(-y\,;-x\,;2z)\neq\vec 0 sur SS ; 2x=−λy2x=-\lambda y, 2y=−λx2y=-\lambda x, 2z=2λz2z=2\lambda z, z2−xy=1z^{2}-xy=1
  • b) λ=1\lambda=1 : x=y=0x=y=0, z=±1z=\pm 1 ; points (0 ;0 ;±1)(0\,;0\,;\pm 1) à la distance 11
  • c) z=0z=0 : (1 ;−1 ;0)(1\,;-1\,;0) et (−1 ;1 ;0)(-1\,;1\,;0), λ=2\lambda=2, f=2f=2
  • d) On borne par S∩{f≤4}S\cap\{f\le 4\} ; distance minimale 11 en (0 ;0 ;±1)(0\,;0\,;\pm 1) ; pas de maximum
  • e) f=54<2f=\frac{5}{4}<2 : (1 ;−1 ;0)(1\,;-1\,;0) n'est ni un minimum ni un maximum local

a) OM=x2+y2+z2=fOM=\sqrt{x^{2}+y^{2}+z^{2}}=\sqrt{f}, et la racine carrée est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : OMOM est minimal exactement là où ff l'est. On travaille avec ff, sans racine, dont les dérivées sont plus simples. ∇g=(−y ;−x ;2z)\nabla g=(-y\,;-x\,;2z) ne s'annule qu'en x=y=z=0x=y=z=0, et l'origine n'est pas sur SS (0≠10\neq 1) : le théorème de Lagrange s'applique en tout point de SS, aucun candidat ne peut échapper au système. Avec ∇f=(2x ;2y ;2z)\nabla f=(2x\,;2y\,;2z), le système est : (1) 2x=−λy2x=-\lambda y, (2) 2y=−λx2y=-\lambda x, (3) 2z=2λz2z=2\lambda z, (4) z2−xy=1z^{2}-xy=1.

b) L'équation (3) s'écrit 2z(1−λ)=02z(1-\lambda)=0 : z=0z=0 ou λ=1\lambda=1. Cas λ=1\lambda=1 : (1) donne y=−2xy=-2x, et (2) devient −4x=−x-4x=-x, donc x=0x=0, puis y=0y=0. L'équation (4) donne z2=1z^{2}=1, z=±1z=\pm 1. Points (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) et (0 ;0 ;−1)(0\,;0\,;-1), où f=1f=1 : distance 11 à l'origine.

c) Cas z=0z=0 : (4) donne xy=−1xy=-1, donc x≠0x\neq 0 et y≠0y\neq 0. On multiplie (1) par xx et (2) par yy : 2x2=−λxy=λ2x^{2}=-\lambda xy=\lambda et 2y2=−λxy=λ2y^{2}=-\lambda xy=\lambda. Donc x2=y2x^{2}=y^{2}, et comme xy=−1<0xy=-1<0, y=−xy=-x, puis x2=1x^{2}=1. Points (1 ;−1 ;0)(1\,;-1\,;0) et (−1 ;1 ;0)(-1\,;1\,;0), avec λ=2x2=2\lambda=2x^{2}=2 et f=2f=2. On vérifie dans (1) : 2×1=−2×(−1)2\times 1=-2\times(-1). On a multiplié, pas divisé, et le cas λ=0\lambda=0 est exclu de lui-même : il donnerait x=0x=0, contraire à xy=−1xy=-1.

d) SS n'est pas bornée : le théorème des valeurs extrêmes ne s'applique pas directement. On borne la contrainte par une valeur atteinte, comme à l'exercice 7 : (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) donne f=1f=1. L'ensemble K=S∩{f≤4}K=S\cap\{f\le 4\} est fermé, borné (dans la boule de rayon 22) et non vide ; ff y atteint un minimum, au plus égal à 11, et hors de KK, f>4f>4. Ce minimum est donc celui de ff sur SS, et comme ∇g≠0⃗\nabla g\neq\vec 0, il est parmi les quatre candidats. On compare 11 et 22 : la distance minimale est 11, atteinte en (0 ;0 ;1)(0\,;0\,;1) et (0 ;0 ;−1)(0\,;0\,;-1). Pas de maximum : les points (t ;t ;t2+1)\left(t\,;t\,;\sqrt{t^{2}+1}\right) sont sur SS et f=3t2+1→+∞f=3t^{2}+1\to+\infty.

e) xy+1=−14+1=34=z2xy+1=-\frac{1}{4}+1=\frac{3}{4}=z^{2} : le point est sur SS, et f=14+14+34=54f=\frac{1}{4}+\frac{1}{4}+\frac{3}{4}=\frac{5}{4}. Plus généralement, les points (t ;−t ;1−t2)\left(t\,;-t\,;\sqrt{1-t^{2}}\right), pour 0≤t≤10\le t\le 1, sont sur SS et f=1+t2f=1+t^{2} : en partant de (1 ;−1 ;0)(1\,;-1\,;0) (t=1t=1), ff DIMINUE. Le long de la courbe z=0z=0, xy=−1xy=-1, au contraire, f=x2+1x2≥2f=x^{2}+\frac{1}{x^{2}}\ge 2 AUGMENTE. Le point (1 ;−1 ;0)(1\,;-1\,;0) n'est ni un minimum ni un maximum local de ff sur SS : la sphère f=2f=2 y est tangente à SS, mais la tangence ne fait qu'un candidat. Même conclusion en (−1 ;1 ;0)(-1\,;1\,;0) par symétrie. C'est le fil du chapitre : le système donne des candidats, la comparaison et l'existence donnent la réponse.

Il manque quelque chose dans cette série ? Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.

L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace. Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.

De quoi s'agit-il ?
Je lis chaque demande moi-même, personne d'autre ne la voit. Inutile d'écrire ton nom ou celui de ton école.
Quand ta demande est traitée, tu es prévenu par courriel et dans ton espace.

En envoyant, tu acceptes que je lise ta demande pour y répondre. Elle est gardée avec ton compte, effacée avec lui, et jamais publiée : politique de confidentialité.

Chapitre précédent La méthode du gradient

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/mth1101-multiplicateurs-lagrange. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Le Calcul I de Polytechnique vous donne du fil à retordre ?

Contactez-moi pour une première séance, à Montréal ou en ligne. Un étudiant qui sait qu'un multiplicateur ne livre que des candidats ne perd plus de points sur un cas oublié ni sur une existence non justifiée.

Site par Studio Squalli