Calcul I MTH1101 • Polytechnique Montréal • Extrema et optimisation sans contrainte

Extrema et optimisation sans contrainte : exercices corrigés de MTH1101 (Polytechnique)

Voici une série d'exercices corrigés sur les extrema et l'optimisation sans contrainte, le chapitre de MTH1101 (Calcul I, Polytechnique Montréal) qui suit l'approximation quadratique et précède la méthode du gradient et les multiplicateurs de Lagrange. Il correspond à la section 5.1, « Extrema locaux et globaux », de Stewart, *Calcul à plusieurs variables*, et il est évalué à l'examen final.

Le fil de la série tient en une phrase : un point critique est un CANDIDAT, pas une réponse. Le gradient nul, ou inexistant, dit seulement où regarder. Le test des dérivées secondes dit ce qu'on a quand il parle ; quand il se tait, on étudie le signe de f(x,y)−f(a,b)f(x,y)-f(a,b) autour du point. Et un extremum ABSOLU ne se décide jamais par le test : il se décide en comparant tous les candidats, l'intérieur, chaque côté paramétré et chaque sommet.

Les pièges nommés au fil des corrigés : diviser par une variable et perdre des points critiques, lire fxxf_{xx} avant DD, conclure « point de selle » quand D=0D=0, oublier les sommets ou les bornes du paramètre sur le bord, et prendre un minimum local pour un minimum absolu. Tout se fait sans calculatrice, avec des réponses exactes ; seul document permis à l'examen, votre aide-mémoire d'une feuille recto verso.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.

Ce chapitre fait partie de Calcul I MTH1101, Polytechnique Montréal : exercices corrigés et fiches, chapitre par chapitre
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les séries entières
  2. 2Les séries de Taylor et de Maclaurin
  3. 3L'erreur d'approximation de Taylor
  4. 4Limite et continuité à plusieurs variables
  5. 5Les dérivées partielles
  6. 6Plan tangent et différentielle
  7. 7Approximation quadratique et Taylor à deux variables

Rappel de cours

  • • POINT CRITIQUE : point intérieur du domaine où ∇f=0⃗\nabla f=\vec 0 OU une dérivée partielle n'existe pas. Un extremum local intérieur est toujours un point critique ; la réciproque est fausse.
  • • TEST DES DÉRIVÉES SECONDES (dérivées secondes continues) : D=fxxfyy−fxy2D=f_{xx}f_{yy}-f_{xy}^{2} au point critique. D>0D>0 et fxx>0f_{xx}>0 : minimum local ; D>0D>0 et fxx<0f_{xx}<0 : maximum local ; D<0D<0 : point de selle ; D=0D=0 : le test ne conclut pas.
  • • POINT DE SELLE : point critique où, dans tout voisinage, ff prend des valeurs plus grandes ET plus petites que f(a,b)f(a,b).
  • • THÉORÈME DES VALEURS EXTRÊMES : une fonction continue sur un ensemble FERMÉ ET BORNÉ de R2\mathbb{R}^{2} y atteint un maximum absolu et un minimum absolu.
  • • RÉGION FERMÉE BORNÉE : valeurs aux points critiques intérieurs ; extrema sur chaque morceau du bord, paramétré, en gardant les extrémités et les sommets ; le plus grand des candidats est le maximum absolu, le plus petit le minimum absolu.
  • • Sur un domaine ouvert ou non borné, le test ne donne que du LOCAL : l'absolu se prouve à part (fuite vers les bords, géométrie, forme quadratique exacte).

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Points critiques et test des dérivées secondes

On étudie la fonction f(x,y)=x3−6xy+y3f(x,y)=x^{3}-6xy+y^{3}, polynomiale, donc de dérivées secondes continues sur tout R2\mathbb{R}^{2}. Les questions suivent l'ordre attendu à l'examen : trouver TOUS les candidats, les classer, puis se demander ce que le classement ne dit pas.

  • a) Calculez ∇f(x,y)\nabla f(x,y) et déterminez tous les points critiques de ff. Donnez leur nombre et les coordonnées de celui qui n'est pas l'origine.
  • b) Calculez D=fxxfyy−fxy2D=f_{xx}f_{yy}-f_{xy}^{2} en chaque point critique et classez-les.
  • c) Vérifiez la nature de l'origine SANS le test : calculez f(t,t)f(t,t) et f(t,−t)f(t,-t), puis leurs valeurs en t=0,1t=0{,}1.
  • d) Donnez f(2,2)f(2,2). Ce minimum local est-il le minimum absolu de ff sur R2\mathbb{R}^{2} ? Justifiez.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) ∇f=(3x2−6y ; 3y2−6x)\nabla f=\left(3x^{2}-6y\,;\,3y^{2}-6x\right) ; deux points critiques, (0,0)(0,0) et (2,2)(2,2)
  • b) D(0,0)=−36<0D(0,0)=-36<0 : point de selle ; D(2,2)=108>0D(2,2)=108>0 et fxx(2,2)=12>0f_{xx}(2,2)=12>0 : minimum local
  • c) f(t,t)=2t3−6t2<0f(t,t)=2t^{3}-6t^{2}<0 et f(t,−t)=6t2>0f(t,-t)=6t^{2}>0 ; f(0,1 ;0,1)=−0,058f(0{,}1\,;0{,}1)=-0{,}058, f(0,1 ;−0,1)=0,06f(0{,}1\,;-0{,}1)=0{,}06
  • d) f(2,2)=−8f(2,2)=-8, qui n'est pas un minimum absolu : f(−3,0)=−27<−8f(-3,0)=-27<-8, et f(x,0)=x3→−∞f(x,0)=x^{3}\to-\infty

a) fx=3x2−6yf_{x}=3x^{2}-6y et fy=3y2−6xf_{y}=3y^{2}-6x. Les points critiques sont les solutions du système 3x2−6y=03x^{2}-6y=0, 3y2−6x=03y^{2}-6x=0, c'est-à-dire y=x22y=\frac{x^{2}}{2} et x=y22x=\frac{y^{2}}{2}. En substituant la première dans la seconde : x=12(x22)2=x48x=\frac{1}{2}\left(\frac{x^{2}}{2}\right)^{2}=\frac{x^{4}}{8}, soit x4−8x=x(x3−8)=0x^{4}-8x=x\left(x^{3}-8\right)=0. Donc x=0x=0 ou x3=8x^{3}=8, c'est-à-dire x=2x=2, seule racine cubique réelle de 88. Avec y=x22y=\frac{x^{2}}{2}, on obtient (0,0)(0,0) et (2,2)(2,2) : deux points critiques, et deux seulement. Le geste qui protège est de FACTORISER x4−8xx^{4}-8x au lieu de diviser par xx. Diviser fait perdre l'origine, c'est-à-dire précisément le point de selle, et la question b) devient incomplète sans qu'aucun calcul ne le signale. Vérification : ∇f(2,2)=(12−12 ;12−12)=(0 ;0)\nabla f(2,2)=(12-12\,;12-12)=(0\,;0).

b) fxx=6xf_{xx}=6x, fyy=6yf_{yy}=6y, fxy=−6f_{xy}=-6, donc D(x,y)=36xy−36D(x,y)=36xy-36. En (0,0)(0,0) : D=−36<0D=-36<0, c'est un point de selle, quel que soit le signe de fxxf_{xx}, qui vaut d'ailleurs 00. En (2,2)(2,2) : D=144−36=108>0D=144-36=108>0 et fxx(2,2)=12>0f_{xx}(2,2)=12>0, c'est un minimum local. L'ordre de lecture est imposé par le théorème : on regarde DD D'ABORD. Le signe de fxxf_{xx} ne sert qu'une fois D>0D>0 établi ; lu seul, il ne décide de rien. Le test demande des dérivées secondes continues près du point : ff est un polynôme, on l'écrit en une ligne et on a le droit de conclure.

c) Sur la droite y=xy=x : f(t,t)=t3−6t2+t3=2t2(t−3)f(t,t)=t^{3}-6t^{2}+t^{3}=2t^{2}(t-3), strictement négatif pour 0<∣t∣<30<|t|<3. Sur la droite y=−xy=-x : f(t,−t)=t3+6t2−t3=6t2f(t,-t)=t^{3}+6t^{2}-t^{3}=6t^{2}, strictement positif pour t≠0t\neq 0. Aussi près de l'origine qu'on veuille, ff prend donc des valeurs plus petites ET plus grandes que f(0,0)=0f(0,0)=0 : c'est la définition même du point de selle, que le test n'a fait que confirmer. En t=0,1t=0{,}1 : f(0,1 ;0,1)=0,002−0,06=−0,058f(0{,}1\,;0{,}1)=0{,}002-0{,}06=-0{,}058 et f(0,1 ;−0,1)=0,06f(0{,}1\,;-0{,}1)=0{,}06. Les deux directions se lisent sur le terme −6xy-6xy, seul terme de degré 22 de ff à l'origine : il est négatif quand xx et yy ont le même signe, positif sinon, et il domine x3+y3x^{3}+y^{3} près de (0,0)(0,0).

d) f(2,2)=8−24+8=−8f(2,2)=8-24+8=-8. Ce nombre est la plus petite valeur de ff AUTOUR de (2,2)(2,2), pas sur tout le plan : f(−3,0)=−27<−8f(-3,0)=-27<-8. Plus radicalement, f(x,0)=x3f(x,0)=x^{3} tend vers −∞-\infty quand x→−∞x\to-\infty, donc ff n'a aucun minimum absolu sur R2\mathbb{R}^{2}, et pas davantage de maximum absolu puisque f(x,0)→+∞f(x,0)\to+\infty quand x→+∞x\to+\infty. Le test des dérivées secondes est un outil LOCAL : il compare f(2,2)f(2,2) aux valeurs voisines, jamais aux valeurs lointaines. Écrire « minimum » sans l'adjectif local coûte une nuance ; écrire « minimum absolu » coûte la question.

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Exercice 2 : Factoriser sans perdre de points critiques

Soit f(x,y)=xy(3−x−y)=3xy−x2y−xy2f(x,y)=xy(3-x-y)=3xy-x^{2}y-xy^{2}. Sur le triangle fermé TT de sommets (0,0)(0,0), (3,0)(3,0) et (0,3)(0,3), ff est le produit de trois facteurs positifs ou nuls.

  • a) Montrez que fx=y(3−2x−y)f_{x}=y(3-2x-y) et fy=x(3−x−2y)f_{y}=x(3-x-2y), puis trouvez TOUS les points critiques de ff. Combien y en a-t-il ?
  • b) Un élève écrit : « fx=0f_{x}=0 donne 3−2x−y=03-2x-y=0 et fy=0f_{y}=0 donne 3−x−2y=03-x-2y=0, donc le seul point critique est (1,1)(1,1). » Combien de points critiques a-t-il perdus, et par quel geste ?
  • c) Classez chaque point critique par le test des dérivées secondes.
  • d) Le maximum local trouvé est-il le maximum absolu de ff sur le triangle TT ? Sur R2\mathbb{R}^{2} ? Calculez f(−1,−1)f(-1,-1).

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) (0,0)(0,0), (3,0)(3,0), (0,3)(0,3) et (1,1)(1,1) : quatre points critiques
  • b) Trois points perdus : il a divisé fx=0f_{x}=0 par yy et fy=0f_{y}=0 par xx
  • c) (1,1)(1,1) : D=3>0D=3>0, fxx=−2<0f_{xx}=-2<0, maximum local f(1,1)=1f(1,1)=1 ; (0,0)(0,0), (3,0)(3,0), (0,3)(0,3) : D=−9<0D=-9<0, points de selle
  • d) Maximum absolu sur TT : f(1,1)=1f(1,1)=1 ; pas sur R2\mathbb{R}^{2}, car f(−1,−1)=5>1f(-1,-1)=5>1

a) Avec f=3xy−x2y−xy2f=3xy-x^{2}y-xy^{2} : fx=3y−2xy−y2=y(3−2x−y)f_{x}=3y-2xy-y^{2}=y(3-2x-y) et fy=3x−x2−2xy=x(3−x−2y)f_{y}=3x-x^{2}-2xy=x(3-x-2y). Un produit est nul si et seulement si l'un de ses facteurs l'est, donc le système se découpe en quatre cas. Cas y=0y=0 et x=0x=0 : (0,0)(0,0). Cas y=0y=0 et 3−x−2y=03-x-2y=0 : x=3x=3, d'où (3,0)(3,0). Cas 3−2x−y=03-2x-y=0 et x=0x=0 : y=3y=3, d'où (0,3)(0,3). Cas 3−2x−y=03-2x-y=0 et 3−x−2y=03-x-2y=0 : en soustrayant, x=yx=y, puis 3−3x=03-3x=0, d'où (1,1)(1,1). Quatre points critiques. Écrire les quatre cas, un facteur de chaque équation à la fois, est la seule façon sûre de n'en oublier aucun.

b) L'élève a divisé la première équation par yy et la seconde par xx, ce qui n'est permis que si y≠0y\neq 0 et x≠0x\neq 0. Il a donc supposé sans le dire que le point n'est sur aucun des deux axes, et perdu les trois points critiques qui s'y trouvent : (0,0)(0,0), (3,0)(3,0) et (0,3)(0,3). C'est le même réflexe qu'à une variable, où l'on ne divise jamais par xx sans examiner x=0x=0, mais il coûte ici trois points de selle d'un coup, et toute discussion d'extremum absolu qui suit devient incomplète.

c) fxx=−2yf_{xx}=-2y, fyy=−2xf_{yy}=-2x, fxy=3−2x−2yf_{xy}=3-2x-2y. En (1,1)(1,1) : fxx=−2f_{xx}=-2, fyy=−2f_{yy}=-2, fxy=−1f_{xy}=-1, donc D=4−1=3>0D=4-1=3>0 avec fxx<0f_{xx}<0 : maximum local, de valeur f(1,1)=1×1×1=1f(1,1)=1\times 1\times 1=1. En (0,0)(0,0) : fxx=fyy=0f_{xx}=f_{yy}=0 et fxy=3f_{xy}=3, donc D=−9<0D=-9<0. En (3,0)(3,0) : fxx=0f_{xx}=0, fyy=−6f_{yy}=-6, fxy=−3f_{xy}=-3, D=−9D=-9. En (0,3)(0,3) : de même D=−9D=-9. Les trois points des axes sont des points de selle. La figure de la correction, qui trace les niveaux 00, 0,30{,}3 et 0,70{,}7, le montre sans calcul : le niveau 00 est formé des trois droites x=0x=0, y=0y=0 et x+y=3x+y=3, et chacun des trois points est le croisement de deux d'entre elles. Autour d'un tel croisement, ff change de signe d'un secteur à l'autre, ce qui exclut tout extremum.

d) Sur TT, fermé et borné, ff est continue : le théorème des valeurs extrêmes garantit un maximum absolu. Sur le bord de TT, l'un des trois facteurs est nul, donc f=0f=0 ; à l'intérieur, les trois facteurs sont strictement positifs, donc f>0f>0. Le maximum est donc atteint à l'intérieur, en un point critique, et le seul point critique intérieur est (1,1)(1,1) : le maximum absolu sur TT vaut 11. Sur R2\mathbb{R}^{2} en revanche, f(−1,−1)=(−1)(−1)(3+1+1)=5>1f(-1,-1)=(-1)(-1)(3+1+1)=5>1 : le maximum local n'est pas absolu, et d'ailleurs f(t,t)=t2(3−2t)→+∞f(t,t)=t^{2}(3-2t)\to+\infty quand t→−∞t\to-\infty. Le même point est un maximum absolu sur une région et seulement local sur une autre : « absolu » se dit toujours PAR RAPPORT À une région, qu'il faut nommer.

-11234-11234maxselleselleselleniveau 0 : trois droites

Exercice 3 : Quand le test se tait : D nul et gradient inexistant

On considère f(x,y)=x2+y4f(x,y)=x^{2}+y^{4}, g(x,y)=y2−x3g(x,y)=y^{2}-x^{3} et h(x,y)=(y−x2)(y−3x2)=y2−4x2y+3x4h(x,y)=\left(y-x^{2}\right)\left(y-3x^{2}\right)=y^{2}-4x^{2}y+3x^{4}.

La figure montre, pour hh, les deux paraboles y=x2y=x^{2} et y=3x2y=3x^{2} sur lesquelles hh s'annule : la région hachurée entre elles est celle où h<0h<0, et h>0h>0 partout ailleurs hors des paraboles.

-2-112-11234h < 0h < 0h > 0h > 0y = 3x²y = x²
  • a) Vérifiez que l'origine est un point critique de ff, de gg et de hh, et que D(0,0)=0D(0,0)=0 pour les trois. Que permet de conclure le test ?
  • b) Quelle est la nature de l'origine pour ff ? Justifiez sans dérivée.
  • c) Même question pour gg, en étudiant gg sur l'axe des abscisses. Calculez g(0,1 ;0)g(0{,}1\,;0).
  • d) Montrez que, sur toute droite passant par l'origine, la restriction de hh a un minimum local en 00. Calculez ensuite h(x,2x2)h\left(x,2x^{2}\right) et concluez. Donnez h(1,2)h(1,2).
  • e) Soit k(x,y)=∣x∣+y2−2yk(x,y)=|x|+y^{2}-2y. Montrez que ∂k∂x(0,1)\frac{\partial k}{\partial x}(0,1) n'existe pas. Pourquoi (0,1)(0,1) est-il un point critique de kk ? Donnez sa nature et k(0,1)k(0,1).

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Gradient nul et D(0,0)=0D(0,0)=0 pour ff, gg et hh : le test ne conclut RIEN
  • b) Minimum (absolu) : f(x,y)≥0=f(0,0)f(x,y)\ge 0=f(0,0)
  • c) g(t,0)=−t3g(t,0)=-t^{3} change de signe ; g(0,1 ;0)=−0,001g(0{,}1\,;0)=-0{,}001 : ni minimum ni maximum
  • d) h(x,mx)=m2x2−4mx3+3x4h(x,mx)=m^{2}x^{2}-4mx^{3}+3x^{4} minimal en 00, mais h(x,2x2)=−x4<0h\left(x,2x^{2}\right)=-x^{4}<0 ; h(1,2)=−1h(1,2)=-1 : ni minimum ni maximum
  • e) ∣s∣s=±1\frac{|s|}{s}=\pm 1 n'a pas de limite ; point critique car kxk_{x} n'existe pas ; minimum absolu k(0,1)=−1k(0,1)=-1

a) ∇f=(2x ;4y3)\nabla f=\left(2x\,;4y^{3}\right), ∇g=(−3x2 ;2y)\nabla g=\left(-3x^{2}\,;2y\right), ∇h=(−8xy+12x3 ;2y−4x2)\nabla h=\left(-8xy+12x^{3}\,;2y-4x^{2}\right) : les trois gradients sont nuls en (0,0)(0,0). À l'origine : pour ff, fxx=2f_{xx}=2, fyy=12y2=0f_{yy}=12y^{2}=0, fxy=0f_{xy}=0 ; pour gg, gxx=−6x=0g_{xx}=-6x=0, gyy=2g_{yy}=2, gxy=0g_{xy}=0 ; pour hh, hxx=−8y+36x2=0h_{xx}=-8y+36x^{2}=0, hyy=2h_{yy}=2, hxy=−8x=0h_{xy}=-8x=0. Dans les trois cas D(0,0)=0D(0,0)=0, et le théorème ne dit alors RIEN : ni minimum, ni maximum, ni selle. Écrire « D=0D=0, donc point de selle » est l'erreur classique, et les trois fonctions vont la réfuter : même DD, natures différentes. Il faut revenir à la définition et étudier le signe de F(x,y)−F(0,0)F(x,y)-F(0,0) près de l'origine.

b) f(x,y)=x2+y4≥0=f(0,0)f(x,y)=x^{2}+y^{4}\ge 0=f(0,0) pour tout (x,y)(x,y), avec égalité seulement en (0,0)(0,0). L'origine est donc un minimum, et même un minimum absolu strict. Aucune dérivée n'est nécessaire : quand la fonction est une somme de termes positifs, la comparaison directe à f(0,0)f(0,0) est la preuve la plus courte. Le test échouait seulement parce que y4y^{4} est trop plat en 00 pour qu'une dérivée seconde le voie.

c) Sur l'axe des abscisses, g(t,0)=−t3g(t,0)=-t^{3} : négatif pour t>0t>0, positif pour t<0t<0. Aussi près de l'origine qu'on veuille, gg prend des valeurs plus grandes et plus petites que g(0,0)=0g(0,0)=0 : l'origine n'est ni un minimum ni un maximum. Numériquement g(0,1 ;0)=−0,001g(0{,}1\,;0)=-0{,}001 et g(−0,1 ;0)=0,001g(-0{,}1\,;0)=0{,}001. Au sens de Stewart, c'est un point de selle, même si la surface ne ressemble pas à une selle de cheval : un point critique qui n'est pas un extremum. Une seule direction où la fonction change de signe suffit à exclure l'extremum.

d) Sur l'axe vertical, h(0,y)=y2h(0,y)=y^{2}, minimal en 00. Sur la droite y=mxy=mx : h(x,mx)=m2x2−4mx3+3x4h(x,mx)=m^{2}x^{2}-4mx^{3}+3x^{4}. Si m≠0m\neq 0, le terme m2x2m^{2}x^{2} domine près de 00 et la restriction a un minimum local strict en 00 ; si m=0m=0, h(x,0)=3x4h(x,0)=3x^{4}, minimum aussi. Pourtant, sur la parabole y=2x2y=2x^{2}, coincée entre les deux paraboles de la figure : h(x,2x2)=(2x2−x2)(2x2−3x2)=−x4<0h\left(x,2x^{2}\right)=\left(2x^{2}-x^{2}\right)\left(2x^{2}-3x^{2}\right)=-x^{4}<0 pour x≠0x\neq 0. Donc hh prend des valeurs négatives arbitrairement près de l'origine, qui n'est PAS un minimum ; ni un maximum, puisque h(0,y)=y2>0h(0,y)=y^{2}>0. Par exemple h(1,2)=(2−1)(2−3)=−1h(1,2)=(2-1)(2-3)=-1. La leçon est de taille : un minimum sur toutes les droites ne fait pas un minimum. Chaque droite sort de la région hachurée avant d'atteindre l'origine ; la parabole y=2x2y=2x^{2} y reste jusqu'au bout.

e) k(s,1)=∣s∣−1k(s,1)=|s|-1, donc k(s,1)−k(0,1)s=∣s∣s\frac{k(s,1)-k(0,1)}{s}=\frac{|s|}{s}, qui vaut 11 pour s>0s>0 et −1-1 pour s<0s<0 : pas de limite en 00, donc ∂k∂x(0,1)\frac{\partial k}{\partial x}(0,1) n'existe pas. Or un point critique est un point du domaine où le gradient est nul OU n'existe pas : (0,1)(0,1) en est un, comme tous les points de l'axe x=0x=0. Ailleurs, kx=±1≠0k_{x}=\pm 1\neq 0 et il n'y a aucun point critique. Sur l'axe, seul (0,1)(0,1) peut être un extremum, car k(0,y)=y2−2yk(0,y)=y^{2}-2y varie en tout autre point. Nature : k(x,y)=∣x∣+(y−1)2−1≥−1=k(0,1)k(x,y)=|x|+(y-1)^{2}-1\ge -1=k(0,1), c'est un minimum absolu. Chercher seulement ∇k=0⃗\nabla k=\vec 0, c'est rater ici la seule réponse, car ce gradient ne s'annule nulle part.

Exercice 4 : Lire une carte de contour pour classer les points critiques

La figure est une carte de contour d'une fonction ff sur le carré K=[−2 ;2]×[−2 ;2]K=[-2\,;2]\times[-2\,;2] : ses courbes de niveau −3-3, −2-2, −1-1, 00, 11, 22 et 33. Les quatre points marqués A(1,1)A(1,1), B(−1,−1)B(-1,-1), C(1,−1)C(1,-1) et E(−1,1)E(-1,1) sont ses points critiques ; le point M(0,1)M(0,1) est sur la courbe de niveau −2-2.

Indications de lecture : la petite courbe fermée autour de AA est de niveau −3-3, celle autour de BB de niveau 33 ; la courbe de niveau 00 est celle qui passe par CC et par EE. Dans les questions a) et b), on ne connaît PAS la formule de ff.

-2-112-2-112ABCEM−33
  • a) Sans formule, donnez la nature de chacun des points AA, BB, CC et EE, en justifiant par la carte.
  • b) Au point M(0,1)M(0,1), quel est le signe de fxf_{x} ? Justifiez par la carte.
  • c) On révèle f(x,y)=x3−3x+y3−3yf(x,y)=x^{3}-3x+y^{3}-3y. Confirmez la classification par le test des dérivées secondes : donnez D(A)D(A), D(C)D(C) et f(B)f(B).
  • d) Déterminez le maximum absolu et le minimum absolu de ff sur le carré KK. En combien de points de KK le maximum absolu est-il atteint ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) AA : minimum local ; BB : maximum local ; CC et EE : points de selle
  • b) fx(M)<0f_{x}(M)<0 : vers la droite, on passe du niveau −2-2 au niveau −3-3
  • c) D=36xyD=36xy ; D(A)=36>0D(A)=36>0 avec fxx=6>0f_{xx}=6>0 ; D(C)=−36<0D(C)=-36<0 ; f(B)=4f(B)=4
  • d) Maximum absolu 44, atteint en (−1,−1)(-1,-1), (2,2)(2,2), (2,−1)(2,-1) et (−1,2)(-1,2) ; minimum absolu −4-4

a) Autour de AA, les courbes de niveau sont fermées et emboîtées, et leur valeur DIMINUE quand on s'approche du point : −1-1, −2-2, puis −3-3. La fonction est plus petite en AA que tout autour : minimum local. Autour de BB, c'est le contraire, les valeurs AUGMENTENT vers le centre (11, 22, 33) : maximum local. En CC et en EE, la courbe de niveau 00 se croise elle-même ; de part et d'autre, on trouve des niveaux positifs dans deux secteurs opposés et négatifs dans les deux autres. Aussi près du point qu'on veuille, ff est tantôt au-dessus, tantôt au-dessous de f(C)=0f(C)=0 : point de selle. La règle de lecture : des courbes fermées emboîtées signalent un extremum et c'est le SENS des valeurs qui dit lequel ; un croisement de niveaux signale une selle. Des courbes fermées sans leurs valeurs ne distinguent pas un minimum d'un maximum.

b) M(0,1)M(0,1) est sur la courbe de niveau −2-2. En partant vers la droite, vers AA, on rencontre le niveau −3-3 : ff diminue quand xx augmente à yy fixé, donc fx(M)<0f_{x}(M)<0. Vers la gauche, on remonte vers le niveau −1-1, ce qui confirme. Avec la formule de c), fx=3x2−3f_{x}=3x^{2}-3 vaut bien −3-3 en MM. Une carte donne le signe d'une dérivée partielle par le sens des valeurs dans la direction de l'axe, et son ordre de grandeur par l'écartement des courbes.

c) fx=3x2−3f_{x}=3x^{2}-3 et fy=3y2−3f_{y}=3y^{2}-3 s'annulent pour x=±1x=\pm 1 et y=±1y=\pm 1 : quatre points critiques, ceux de la carte. fxx=6xf_{xx}=6x, fyy=6yf_{yy}=6y, fxy=0f_{xy}=0, donc D=36xyD=36xy. En A(1,1)A(1,1) : D=36>0D=36>0 et fxx=6>0f_{xx}=6>0, minimum local, f(A)=−4f(A)=-4. En B(−1,−1)B(-1,-1) : D=36>0D=36>0 et fxx=−6<0f_{xx}=-6<0, maximum local, f(B)=−1+3−1+3=4f(B)=-1+3-1+3=4. En C(1,−1)C(1,-1) et E(−1,1)E(-1,1) : D=−36<0D=-36<0, points de selle, de valeur 00. La carte et le test disent la même chose ; la carte le disait sans un calcul.

d) ff est continue sur KK, fermé et borné : le théorème des valeurs extrêmes garantit les deux extrema absolus. Candidats intérieurs : −4-4, 44, 00, 00. Pour le bord, on remarque que f(x,y)=u(x)+u(y)f(x,y)=u(x)+u(y) avec u(s)=s3−3su(s)=s^{3}-3s. Sur [−2 ;2][-2\,;2], u′(s)=3s2−3u'(s)=3s^{2}-3 et les candidats donnent u(−2)=−2u(-2)=-2, u(−1)=2u(-1)=2, u(1)=−2u(1)=-2, u(2)=2u(2)=2 : uu a pour maximum 22, atteint en s=−1s=-1 ET en s=2s=2, et pour minimum −2-2, en s=1s=1 et en s=−2s=-2. Le maximum de ff sur KK vaut donc 2+2=42+2=4, atteint quand xx et yy valent chacun −1-1 ou 22 : en (−1,−1)(-1,-1), (2,2)(2,2), (2,−1)(2,-1) et (−1,2)(-1,2), quatre points dont trois sur le bord. De même, le minimum absolu vaut −4-4, en (1,1)(1,1), (−2,−2)(-2,-2), (−2,1)(-2,1) et (1,−2)(1,-2). Le maximum local BB est bien un maximum absolu sur KK, mais il n'est pas seul : on ne conclut jamais sans avoir examiné le bord, même quand un point intérieur paraît gagner.

Exercice 5 : Extremum absolu sur un triangle : intérieur, côtés, sommets

Soit f(x,y)=x2−xy+y2−3xf(x,y)=x^{2}-xy+y^{2}-3x et TT le triangle fermé de sommets O(0,0)O(0,0), A(4,0)A(4,0) et B(0,4)B(0,4), représenté sur la figure. On cherche le maximum absolu et le minimum absolu de ff sur TT.

-112345-112345OA(4 ; 0)B(0 ; 4)T
  • a) Justifiez l'existence des extrema absolus. Trouvez le point critique de ff, vérifiez qu'il est intérieur à TT et calculez ff en ce point.
  • b) Étudiez ff sur les côtés [OA][OA] et [OB][OB] : donnez, pour chacun, le minimum de la restriction.
  • c) Paramétrez le côté [AB][AB] par y=4−xy=4-x, 0≤x≤40\le x\le 4, et trouvez le minimum de la restriction et le point où il est atteint.
  • d) Rassemblez les candidats et concluez.

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Réponses

  • a) ff continue, TT fermé et borné ; point critique (2,1)(2,1), intérieur, f(2,1)=−3f(2,1)=-3
  • b) [OA][OA] : x2−3xx^{2}-3x, minimum −94-\frac{9}{4} en (32,0)\left(\frac{3}{2},0\right) ; [OB][OB] : y2y^{2}, minimum 00 en OO
  • c) 3x2−15x+163x^{2}-15x+16, minimum −114-\frac{11}{4} en (52,32)\left(\frac{5}{2},\frac{3}{2}\right)
  • d) Maximum absolu 1616 au sommet B(0,4)B(0,4) ; minimum absolu −3-3 en (2,1)(2,1)

a) ff est un polynôme, donc continue, et TT est fermé (il contient ses côtés) et borné : le théorème des valeurs extrêmes garantit un maximum absolu et un minimum absolu. Chacun est atteint soit en un point critique intérieur, soit sur le bord. fx=2x−y−3f_{x}=2x-y-3 et fy=−x+2yf_{y}=-x+2y ; fy=0f_{y}=0 donne x=2yx=2y, puis 4y−y−3=04y-y-3=0, y=1y=1 et x=2x=2. Le point (2,1)(2,1) vérifie x>0x>0, y>0y>0 et x+y=3<4x+y=3<4 : il est intérieur. f(2,1)=4−2+1−6=−3f(2,1)=4-2+1-6=-3. On ne classe PAS ce point par le test des dérivées secondes : pour un extremum absolu, seule compte sa valeur, que l'on comparera aux autres candidats. Le test coûterait du temps et ne déciderait rien d'absolu.

b) Sur [OA][OA], y=0y=0 et 0≤x≤40\le x\le 4 : f(x,0)=x2−3xf(x,0)=x^{2}-3x, de dérivée 2x−32x-3, nulle en x=32x=\frac{3}{2}, qui est bien dans [0 ;4][0\,;4]. La valeur f(32,0)=94−92=−94f\left(\frac{3}{2},0\right)=\frac{9}{4}-\frac{9}{2}=-\frac{9}{4} est le minimum de ce côté ; ses extrémités donnent f(O)=0f(O)=0 et f(A)=16−12=4f(A)=16-12=4. Sur [OB][OB], x=0x=0 et 0≤y≤40\le y\le 4 : f(0,y)=y2f(0,y)=y^{2}, croissante, de minimum 00 en OO et de maximum 1616 en BB. Chaque côté est une fonction d'UNE variable sur un intervalle FERMÉ : ses candidats sont ses points critiques intérieurs ET ses deux extrémités, c'est-à-dire les sommets du triangle.

c) Sur [AB][AB], y=4−xy=4-x avec 0≤x≤40\le x\le 4 : f(x,4−x)=x2−x(4−x)+(4−x)2−3x=3x2−15x+16f(x,4-x)=x^{2}-x(4-x)+(4-x)^{2}-3x=3x^{2}-15x+16. Sa dérivée 6x−156x-15 s'annule en x=52x=\frac{5}{2}, dans l'intervalle, d'où le point (52,32)\left(\frac{5}{2},\frac{3}{2}\right) et la valeur 3×254−752+16=−1143\times\frac{25}{4}-\frac{75}{2}+16=-\frac{11}{4}. Aux extrémités, on retrouve f(A)=4f(A)=4 et f(B)=16f(B)=16. Le piège de ce côté est l'intervalle : sans la borne 0≤x≤40\le x\le 4, on paramètre une droite entière au lieu d'un segment, et l'on peut retenir un point hors de TT.

d) Candidats : f(2,1)=−3f(2,1)=-3, f(32,0)=−94f\left(\frac{3}{2},0\right)=-\frac{9}{4}, f(52,32)=−114f\left(\frac{5}{2},\frac{3}{2}\right)=-\frac{11}{4}, f(O)=0f(O)=0, f(A)=4f(A)=4 et f(B)=16f(B)=16. Le plus grand est 1616, atteint au sommet B(0,4)B(0,4) : c'est le maximum absolu. Le plus petit est −3-3, atteint au point critique intérieur (2,1)(2,1) : c'est le minimum absolu. Le point intérieur ne gagne que de peu, devant −2,75-2{,}75 et −2,25-2{,}25. Le maximum, lui, est à un SOMMET, où aucune dérivée ne s'annule : une copie qui ne liste pas les sommets le manque, et c'est l'erreur la plus fréquente de cet exercice type.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Sur un disque : le théorème des valeurs extrêmes, puis le bord paramétré

Soit f(x,y)=x2+2y2−2xf(x,y)=x^{2}+2y^{2}-2x, et Δ\Delta le disque fermé d'équation x2+y2≤4x^{2}+y^{2}\le 4.

  • a) Pour chacune des trois situations suivantes, dites si le théorème des valeurs extrêmes GARANTIT l'existence d'un maximum absolu : (i) ff sur Δ\Delta ; (ii) ff sur le disque ouvert x2+y2<4x^{2}+y^{2}<4 ; (iii) 1x2+y2−1\dfrac{1}{x^{2}+y^{2}-1} sur Δ\Delta.
  • b) Trouvez le point critique de ff dans le disque ouvert et la valeur de ff en ce point.
  • c) Paramétrez le cercle par x=2cos⁡tx=2\cos t, y=2sin⁡ty=2\sin t. Montrez que f=8−4c2−4cf=8-4c^{2}-4c avec c=cos⁡tc=\cos t, puis trouvez le maximum et le minimum de ff sur le cercle.
  • d) Concluez : maximum absolu et minimum absolu de ff sur Δ\Delta, avec les points où ils sont atteints. Et sur le disque ouvert ?

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Réponses

  • a) (i) garanti ; (ii) non garanti, le disque ouvert n'est pas fermé ; (iii) non garanti, la fonction n'est pas continue sur le cercle x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1
  • b) (1,0)(1,0), avec f(1,0)=−1f(1,0)=-1
  • c) φ(c)=8−4c2−4c\varphi(c)=8-4c^{2}-4c sur [−1 ;1][-1\,;1] : maximum 99 en c=−12c=-\frac{1}{2}, minimum 00 en c=1c=1
  • d) Maximum absolu 99 en (−1,±3)\left(-1,\pm\sqrt{3}\right) ; minimum absolu −1-1 en (1,0)(1,0) ; sur le disque ouvert, aucun maximum

a) Le théorème des valeurs extrêmes a deux hypothèses : une fonction CONTINUE sur un ensemble FERMÉ ET BORNÉ. (i) ff est un polynôme, continu partout, et Δ\Delta est fermé et borné : l'existence est garantie. (ii) Le disque ouvert est borné mais pas fermé, il ne contient pas son cercle frontière : le théorème ne garantit rien, et l'on verra en d) que le maximum n'y est effectivement pas atteint. (iii) Δ\Delta convient, mais la fonction n'est pas définie, donc pas continue, sur le cercle x2+y2=1x^{2}+y^{2}=1 contenu dans Δ\Delta, et elle y prend des valeurs arbitrairement grandes : rien n'est garanti, et de fait il n'y a pas de maximum. Le théorème donne une condition SUFFISANTE : quand une hypothèse manque, il se tait, il ne dit pas que l'extremum n'existe pas.

b) fx=2x−2f_{x}=2x-2 et fy=4yf_{y}=4y s'annulent en (1,0)(1,0), qui vérifie 12+02<41^{2}+0^{2}<4 : point intérieur. f(1,0)=1−2=−1f(1,0)=1-2=-1. On reconnaît d'ailleurs f(x,y)=(x−1)2+2y2−1≥−1f(x,y)=(x-1)^{2}+2y^{2}-1\ge -1 : c'est le minimum de ff sur tout le plan, et les courbes de niveau de ff sont des ellipses centrées en (1,0)(1,0).

c) f(2cos⁡t,2sin⁡t)=4cos⁡2t+8sin⁡2t−4cos⁡t=4cos⁡2t+8(1−cos⁡2t)−4cos⁡tf(2\cos t,2\sin t)=4\cos^{2}t+8\sin^{2}t-4\cos t=4\cos^{2}t+8\left(1-\cos^{2}t\right)-4\cos t, soit 8−4c2−4c8-4c^{2}-4c avec c=cos⁡tc=\cos t. Quand tt décrit [0 ;2π][0\,;2\pi], cc décrit [−1 ;1][-1\,;1], et c'est sur CET intervalle qu'on étudie φ(c)=8−4c2−4c\varphi(c)=8-4c^{2}-4c. φ′(c)=−8c−4\varphi'(c)=-8c-4 s'annule en c=−12c=-\frac{1}{2}, où φ(−12)=8−1+2=9\varphi\left(-\frac{1}{2}\right)=8-1+2=9. Aux bornes : φ(1)=0\varphi(1)=0 et φ(−1)=8\varphi(-1)=8. Sur le cercle, le maximum vaut 99 et le minimum 00, atteint en c=1c=1, c'est-à-dire au point (2,0)(2,0). Ce minimum est à une BORNE de l'intervalle en cc : l'oublier, c'est croire que le cercle n'a qu'un candidat. On obtient le même résultat avec y2=4−x2y^{2}=4-x^{2}, à condition de garder x∈[−2 ;2]x\in[-2\,;2].

d) Candidats : f(1,0)=−1f(1,0)=-1 à l'intérieur, 99 et 00 sur le bord. Maximum absolu 99, atteint quand cos⁡t=−12\cos t=-\frac{1}{2}, soit x=−1x=-1 et y=±4−1=±3y=\pm\sqrt{4-1}=\pm\sqrt{3} : deux points, (−1,3)\left(-1,\sqrt{3}\right) et (−1,−3)\left(-1,-\sqrt{3}\right). Minimum absolu −1-1, en (1,0)(1,0). Sur le disque OUVERT, un maximum absolu serait atteint en un point intérieur où ff est dérivable, donc en un point critique ; le seul est (1,0)(1,0), qui est le minimum puisque f(0,1)=2>−1f(0,1)=2>-1. Il n'y a donc aucun maximum, bien que ff s'approche de 99 autant qu'on veut près de (−1,±3)\left(-1,\pm\sqrt{3}\right). La figure de la correction montre l'ellipse de niveau 99, qui touche le cercle exactement en ces deux points et reste à l'extérieur partout ailleurs.

-3-2-112345-3-2-1123−1max 9f = 93

Exercice 7 : La distance d'un point à un plan, par l'optimisation

On cherche le point QQ du plan Π:x+2y+2z=1\Pi : x+2y+2z=1 le plus proche du point P(2,3,4)P(2,3,4), et la distance de PP à Π\Pi. Un point de Π\Pi s'écrit (x,y,1−x−2y2)\left(x,y,\frac{1-x-2y}{2}\right) : le plan est le graphe d'une fonction de deux variables, et le problème devient une optimisation SANS contrainte.

  • a) Expliquez pourquoi on peut minimiser le carré de la distance plutôt que la distance. Écrivez F(x,y)F(x,y), carré de la distance de PP au point de Π\Pi d'abscisse xx et d'ordonnée yy, et calculez F(0,0)F(0,0).
  • b) Trouvez le point critique de FF.
  • c) Classez-le par le test des dérivées secondes.
  • d) Justifiez que c'est un minimum ABSOLU, puis donnez la cote de QQ et la distance de PP à Π\Pi. Vérifiez par la formule ∣ax0+by0+cz0−d∣a2+b2+c2\dfrac{\left|ax_{0}+by_{0}+cz_{0}-d\right|}{\sqrt{a^{2}+b^{2}+c^{2}}}.

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Réponses

  • a) t↦t2t\mapsto t^{2} est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ ; F=(x−2)2+(y−3)2+(1−x−2y2−4)2F=(x-2)^{2}+(y-3)^{2}+\left(\frac{1-x-2y}{2}-4\right)^{2}, F(0,0)=1014F(0,0)=\frac{101}{4}
  • b) (13,−13)\left(\frac{1}{3},-\frac{1}{3}\right)
  • c) Fxx=52F_{xx}=\frac{5}{2}, Fyy=4F_{yy}=4, Fxy=1F_{xy}=1, D=9>0D=9>0 et Fxx>0F_{xx}>0 : minimum local
  • d) Q(13,−13,23)Q\left(\frac{1}{3},-\frac{1}{3},\frac{2}{3}\right), distance 55 ; formule : ∣2+6+8−1∣3=5\frac{|2+6+8-1|}{3}=5

a) La distance d=Fd=\sqrt{F} est positive, et la fonction t↦t2t\mapsto t^{2} est strictement croissante sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ : minimiser dd ou minimiser d2d^{2} donne le même point. On travaille avec d2d^{2} pour éviter la racine, dont les dérivées sont des quotients inutiles. Avec z=1−x−2y2z=\frac{1-x-2y}{2} : F(x,y)=(x−2)2+(y−3)2+(1−x−2y2−4)2F(x,y)=(x-2)^{2}+(y-3)^{2}+\left(\frac{1-x-2y}{2}-4\right)^{2}. En (0,0)(0,0), le point du plan est (0,0,12)\left(0,0,\frac{1}{2}\right) et F(0,0)=4+9+(72)2=1014F(0,0)=4+9+\left(\frac{7}{2}\right)^{2}=\frac{101}{4}.

b) Posons w=1−x−2y2−4=−7−x−2y2w=\frac{1-x-2y}{2}-4=\frac{-7-x-2y}{2}, de sorte que wx=−12w_{x}=-\frac{1}{2} et wy=−1w_{y}=-1. Alors Fx=2(x−2)−wF_{x}=2(x-2)-w et Fy=2(y−3)−2wF_{y}=2(y-3)-2w. Le système Fx=Fy=0F_{x}=F_{y}=0 donne w=2(x−2)w=2(x-2) et y−3=wy-3=w, donc y=2x−1y=2x-1. En reportant dans ww : −7−x−2(2x−1)2=2x−4\frac{-7-x-2(2x-1)}{2}=2x-4, soit −5−5x=4x−8-5-5x=4x-8, x=13x=\frac{1}{3}, puis y=−13y=-\frac{1}{3}. Dériver ww par la chaîne, plutôt que de développer le carré, garde des calculs courts et des fractions lisibles.

c) Fxx=2−wx=52F_{xx}=2-w_{x}=\frac{5}{2}, Fyy=2−2wy=4F_{yy}=2-2w_{y}=4, Fxy=−wy=1F_{xy}=-w_{y}=1. Donc D=52×4−1=9>0D=\frac{5}{2}\times 4-1=9>0 avec Fxx>0F_{xx}>0 : minimum local. Ces dérivées secondes sont constantes, ce qui annonce la suite : FF est un polynôme de degré 22.

d) Le test est local ; l'absolu demande un argument de plus. La cote de QQ est z=1−13+232=23z=\frac{1-\frac{1}{3}+\frac{2}{3}}{2}=\frac{2}{3}, donc Q(13,−13,23)Q\left(\frac{1}{3},-\frac{1}{3},\frac{2}{3}\right), et QP→=(53,103,103)=53(1,2,2)\overrightarrow{QP}=\left(\frac{5}{3},\frac{10}{3},\frac{10}{3}\right)=\frac{5}{3}(1,2,2) : c'est un multiple du vecteur normal n⃗=(1,2,2)\vec n=(1,2,2) du plan. Pour tout point MM de Π\Pi, le vecteur QM→\overrightarrow{QM} est dans le plan, donc orthogonal à QP→\overrightarrow{QP}, et Pythagore donne PM2=PQ2+QM2≥PQ2PM^{2}=PQ^{2}+QM^{2}\ge PQ^{2} : le minimum est ABSOLU. Sa valeur : F(13,−13)=259+1009+1009=25F\left(\frac{1}{3},-\frac{1}{3}\right)=\frac{25}{9}+\frac{100}{9}+\frac{100}{9}=25, donc la distance vaut 55. La formule le confirme : ∣2+2×3+2×4−1∣1+4+4=153=5\frac{|2+2\times 3+2\times 4-1|}{\sqrt{1+4+4}}=\frac{15}{3}=5. Un autre argument, purement analytique, vaut aussi : FF étant de degré 22, son développement de Taylor d'ordre 22 en (13,−13)\left(\frac{1}{3},-\frac{1}{3}\right) est EXACT, F=25+12(52h2+2hk+4k2)F=25+\frac{1}{2}\left(\frac{5}{2}h^{2}+2hk+4k^{2}\right), et cette forme est strictement positive dès que (h,k)≠(0,0)(h,k)\neq(0,0) puisque D>0D>0 et Fxx>0F_{xx}>0. Ce qu'on ne peut PAS écrire : « minimum local, donc minimum absolu », sans l'un de ces arguments.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez le contre-exemple ou le calcul qui la réfute, puis écrivez l'énoncé juste.

Toutes ont la même racine : prendre un point critique, ou un test qui se tait, pour une réponse.

  • a) « Si ∇f(a,b)=0⃗\nabla f(a,b)=\vec 0, alors ff a un extremum local en (a,b)(a,b). » Testez f(x,y)=xyf(x,y)=xy à l'origine : calculez f(0,1 ;−0,1)f(0{,}1\,;-0{,}1).
  • b) « Si D(a,b)=0D(a,b)=0, alors (a,b)(a,b) n'est ni un minimum ni un maximum. » Testez f(x,y)=x4+y4f(x,y)=x^{4}+y^{4} : donnez D(0,0)D(0,0) et la nature de l'origine.
  • c) « Si ff a un minimum local en (a,b)(a,b), alors fx(a,b)=fy(a,b)=0f_{x}(a,b)=f_{y}(a,b)=0. » Testez f(x,y)=x2+y2f(x,y)=\sqrt{x^{2}+y^{2}} à l'origine.
  • d) « En un point critique, fxx>0f_{xx}>0 et fyy>0f_{yy}>0 suffisent pour un minimum local. » Testez f(x,y)=x2+3xy+y2f(x,y)=x^{2}+3xy+y^{2} : donnez D(0,0)D(0,0) et f(1,−1)f(1,-1).
  • e) « Une fonction de deux variables dont le seul point critique est un minimum local y atteint son minimum absolu. » Testez f(x,y)=x2(1+y)3+y2f(x,y)=x^{2}(1+y)^{3}+y^{2} : vérifiez que (0,0)(0,0) est son seul point critique et un minimum local, puis calculez f(2,−3)f(2,-3).

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Réponses

  • a) f(0,1 ;−0,1)=−0,01<0<f(0,1 ;0,1)f(0{,}1\,;-0{,}1)=-0{,}01<0<f(0{,}1\,;0{,}1) : point de selle. Juste : un extremum local où ff est dérivable annule le gradient, pas l'inverse
  • b) D(0,0)=0D(0,0)=0 et pourtant minimum absolu. Juste : si D=0D=0, le test ne conclut pas
  • c) fx(0,0)f_{x}(0,0) n'existe pas, et l'origine est un minimum. Juste : si les dérivées partielles EXISTENT en un extremum intérieur, elles sont nulles
  • d) D(0,0)=−5<0D(0,0)=-5<0 : point de selle, f(1,−1)=−1<0=f(0,0)f(1,-1)=-1<0=f(0,0). Juste : il faut D>0D>0 ET fxx>0f_{xx}>0
  • e) f(2,−3)=−23<0=f(0,0)f(2,-3)=-23<0=f(0,0). Juste : à deux variables, un minimum local unique n'est pas forcément absolu

a) ∇f=(y ;x)\nabla f=(y\,;x) s'annule en (0,0)(0,0), mais f(0,1 ;0,1)=0,01>0f(0{,}1\,;0{,}1)=0{,}01>0 et f(0,1 ;−0,1)=−0,01<0f(0{,}1\,;-0{,}1)=-0{,}01<0, alors que f(0,0)=0f(0,0)=0 : sur la droite y=xy=x la fonction monte, sur la droite y=−xy=-x elle descend. C'est un point de selle, D=0−1=−1<0D=0-1=-1<0. L'énoncé juste est le théorème de Fermat lu dans le bon sens : si ff a un extremum local en un point intérieur où ses dérivées partielles existent, son gradient y est nul. La réciproque est fausse, et c'est elle que les copies écrivent. Un point critique est un candidat, jamais une conclusion.

b) fxx=12x2f_{xx}=12x^{2}, fyy=12y2f_{yy}=12y^{2}, fxy=0f_{xy}=0 : à l'origine, D=0D=0. Pourtant f(x,y)=x4+y4≥0=f(0,0)f(x,y)=x^{4}+y^{4}\ge 0=f(0,0), minimum absolu. Et x4−y4x^{4}-y^{4}, de même D(0,0)=0D(0,0)=0, a un point de selle ; −x4−y4-x^{4}-y^{4} un maximum. Énoncé juste : si D(a,b)=0D(a,b)=0, le test des dérivées secondes ne permet de RIEN conclure, et l'on étudie le signe de f(x,y)−f(a,b)f(x,y)-f(a,b) près du point.

c) f(s,0)=∣s∣f(s,0)=|s|, donc f(s,0)−f(0,0)s=∣s∣s=±1\frac{f(s,0)-f(0,0)}{s}=\frac{|s|}{s}=\pm 1 : pas de limite, fx(0,0)f_{x}(0,0) n'existe pas, de même pour fyf_{y}. Pourtant f≥0=f(0,0)f\ge 0=f(0,0) : la pointe du cône est un minimum. C'est pourquoi la définition d'un point critique inclut les points où le gradient N'EXISTE PAS. Énoncé juste : en un extremum local intérieur, chaque dérivée partielle est nulle OU n'existe pas.

d) fxx=2>0f_{xx}=2>0 et fyy=2>0f_{yy}=2>0, mais fxy=3f_{xy}=3 et D=4−9=−5<0D=4-9=-5<0 : point de selle. Le contrôle : f(1,−1)=1−3+1=−1<0=f(0,0)f(1,-1)=1-3+1=-1<0=f(0,0), alors que f(1,1)=5>0f(1,1)=5>0. Le terme croisé 3xy3xy l'emporte sur les deux carrés dans la direction y=−xy=-x. fxxf_{xx} et fyyf_{yy} ne regardent que les deux directions des axes ; DD regarde toutes les directions à la fois. Énoncé juste : minimum local si D>0D>0 ET fxx>0f_{xx}>0, et l'on lit DD en premier.

e) fx=2x(1+y)3f_{x}=2x(1+y)^{3} s'annule si x=0x=0 ou y=−1y=-1. Si x=0x=0, fy=3x2(1+y)2+2y=2yf_{y}=3x^{2}(1+y)^{2}+2y=2y s'annule en y=0y=0 ; si y=−1y=-1, fy=−2≠0f_{y}=-2\neq 0. Seul point critique : (0,0)(0,0), avec fxx=2f_{xx}=2, fyy=2f_{yy}=2, fxy=0f_{xy}=0, D=4>0D=4>0 : minimum local, f(0,0)=0f(0,0)=0. Pourtant f(2,−3)=4×(−8)+9=−23<0f(2,-3)=4\times(-8)+9=-23<0. À une variable, l'affirmation est vraie pour une fonction dérivable sur un intervalle : pour redescendre sous le minimum, la courbe devrait repasser par un maximum, donc par un second point critique. À deux variables, la surface peut CONTOURNER le minimum par le côté sans créer de nouveau point critique. Énoncé juste : l'absolu se prouve toujours à part.

Exercice 9 : La boîte sans couvercle au moindre coût

On fabrique une boîte rectangulaire sans couvercle de volume 1212 dm³. Le fond, renforcé, coûte 33 dollars par dm² ; les quatre faces latérales coûtent 11 dollar par dm². On note xx et yy les côtés du fond et zz la hauteur, en décimètres.

  • a) Exprimez zz en fonction de xx et yy, puis montrez que le coût est C(x,y)=3xy+24x+24yC(x,y)=3xy+\dfrac{24}{x}+\dfrac{24}{y} sur x>0x>0, y>0y>0. Calculez le coût d'une boîte dont le fond mesure 33 dm sur 22 dm.
  • b) Trouvez le point critique de CC et les dimensions correspondantes.
  • c) Classez-le par le test des dérivées secondes.
  • d) Le domaine est ouvert et non borné : le théorème des valeurs extrêmes ne s'applique pas tel quel. Montrez que C(x,y)>36C(x,y)>36 dès que x≤23x\le\frac{2}{3}, ou y≤23y\le\frac{2}{3}, ou xy≥12xy\ge 12, et concluez que le point critique donne le coût minimal absolu. Quel est ce coût, et combien coûte le fond seul ?

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  • a) z=12xyz=\frac{12}{xy} ; C=3xy+2xz+2yz=3xy+24x+24yC=3xy+2xz+2yz=3xy+\frac{24}{x}+\frac{24}{y} ; C(3,2)=38C(3,2)=38 dollars
  • b) (2,2)(2,2) : fond de 22 dm sur 22 dm, hauteur 33 dm
  • c) Cxx=6C_{xx}=6, Cyy=6C_{yy}=6, Cxy=3C_{xy}=3, D=27>0D=27>0 et Cxx>0C_{xx}>0 : minimum local
  • d) Coût minimal absolu 3636 dollars, dont 1212 dollars pour le fond

a) xyz=12xyz=12 donne z=12xyz=\frac{12}{xy}. Le fond a pour aire xyxy et coûte 3xy3xy. Les faces latérales : deux d'aire xzxz et deux d'aire yzyz, au total 2xz+2yz=24y+24x2xz+2yz=\frac{24}{y}+\frac{24}{x} en remplaçant zz. D'où C(x,y)=3xy+24x+24yC(x,y)=3xy+\frac{24}{x}+\frac{24}{y}, défini pour x>0x>0 et y>0y>0. Pour un fond de 33 sur 22 : z=2z=2 et C(3,2)=18+8+12=38C(3,2)=18+8+12=38 dollars. Substituer la contrainte de volume ramène trois inconnues liées à une fonction de DEUX variables libres : c'est ce qui permet de traiter le problème sans contrainte.

b) Cx=3y−24x2C_{x}=3y-\frac{24}{x^{2}} et Cy=3x−24y2C_{y}=3x-\frac{24}{y^{2}}. Le système donne y=8x2y=\frac{8}{x^{2}} et x=8y2x=\frac{8}{y^{2}}, donc x=8x464=x48x=\frac{8x^{4}}{64}=\frac{x^{4}}{8}. Comme x>0x>0, on peut diviser par xx : x3=8x^{3}=8, x=2x=2, puis y=2y=2 et z=124=3z=\frac{12}{4}=3. Ici diviser par xx est permis, et il faut le dire : c'est le domaine x>0x>0 qui l'autorise. Le fond est carré, ce que la symétrie de CC en xx et yy laissait prévoir, mais la hauteur ne vaut pas le côté : le fond coûteux pousse à le réduire.

c) Cxx=48x3C_{xx}=\frac{48}{x^{3}}, Cyy=48y3C_{yy}=\frac{48}{y^{3}}, Cxy=3C_{xy}=3. En (2,2)(2,2) : Cxx=Cyy=6C_{xx}=C_{yy}=6 et D=36−9=27>0D=36-9=27>0 avec Cxx>0C_{xx}>0 : minimum local, de valeur C(2,2)=12+12+12=36C(2,2)=12+12+12=36 dollars.

d) Si x≤23x\le\frac{2}{3}, alors 24x≥36\frac{24}{x}\ge 36 et les deux autres termes sont strictement positifs : C>36C>36. De même si y≤23y\le\frac{2}{3}. Si xy≥12xy\ge 12, alors 3xy≥363xy\ge 36 et C>36C>36. Les points qui restent forment l'ensemble KK défini par x≥23x\ge\frac{2}{3}, y≥23y\ge\frac{2}{3} et xy≤12xy\le 12, fermé et borné puisque x≤12y≤18x\le\frac{12}{y}\le 18. Sur KK, CC est continue et atteint un minimum par le théorème des valeurs extrêmes ; sur le bord de KK, C≥36C\ge 36 ; à l'intérieur, le seul candidat est (2,2)(2,2), où C=36C=36. Le minimum sur KK vaut donc 3636, et hors de KK, C>36C>36 : 3636 dollars est le minimum ABSOLU. Le fond coûte 3×4=123\times 4=12 dollars, et chaque paire de faces opposées aussi, 242=12\frac{24}{2}=12. Ce partage en trois parts égales se retrouve par l'inégalité arithmético-géométrique : le produit des trois termes vaut 3xy×24x×24y=1728=1233xy\times\frac{24}{x}\times\frac{24}{y}=1728=12^{3}, donc leur somme est au moins 3×12=363\times 12=36. Le test seul n'aurait prouvé qu'un minimum local : sur un domaine ouvert, c'est la fuite vers les bords qui fait l'absolu.

Exercice 10 : La droite des moindres carrés

On mesure quatre couples (xi,yi)(x_{i},y_{i}) : (0,1)(0,1), (1,3)(1,3), (2,4)(2,4) et (4,6)(4,6), représentés sur la figure. On cherche la droite y=mx+by=mx+b qui minimise la somme des carrés des écarts verticaux S(m,b)=∑i=14(yi−mxi−b)2S(m,b)=\sum_{i=1}^{4}\left(y_{i}-mx_{i}-b\right)^{2}. Les INCONNUES sont ici mm et bb.

1234512345678xy
  • a) Écrivez S(m,b)S(m,b) et calculez S(1,1)S(1,1).
  • b) Écrivez les deux équations Sm=0S_{m}=0 et Sb=0S_{b}=0 et résolvez-les.
  • c) Calculez DD et concluez sur la nature du point critique. Pourquoi a-t-on D>0D>0 pour toute série de points dont les xix_{i} ne sont pas tous égaux ?
  • d) Montrez que la somme des résidus yi−(mxi+b)y_{i}-(mx_{i}+b) est nulle à l'optimum, calculez la valeur minimale de SS, puis la valeur prédite en x=5x=5.

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  • a) S=(1−b)2+(3−m−b)2+(4−2m−b)2+(6−4m−b)2S=(1-b)^{2}+(3-m-b)^{2}+(4-2m-b)^{2}+(6-4m-b)^{2} ; S(1,1)=3S(1,1)=3
  • b) 21m+7b=3521m+7b=35 et 7m+4b=147m+4b=14 ; m=65m=\frac{6}{5}, b=75b=\frac{7}{5}
  • c) Smm=42S_{mm}=42, Sbb=8S_{bb}=8, Smb=14S_{mb}=14, D=140>0D=140>0 : minimum ; en général D=4n∑(xi−xˉ)2>0D=4n\sum\left(x_{i}-\bar x\right)^{2}>0
  • d) Résidus −25-\frac{2}{5}, 25\frac{2}{5}, 15\frac{1}{5}, −15-\frac{1}{5}, de somme nulle ; Smin⁡=25S_{\min}=\frac{2}{5} ; prédiction 7,47{,}4

a) S(m,b)=(1−b)2+(3−m−b)2+(4−2m−b)2+(6−4m−b)2S(m,b)=(1-b)^{2}+(3-m-b)^{2}+(4-2m-b)^{2}+(6-4m-b)^{2}. Avec m=b=1m=b=1, la droite y=x+1y=x+1 passe par 11, 22, 33 et 55 aux abscisses des points : écarts 00, 11, 11, 11, d'où S(1,1)=3S(1,1)=3. Le changement de regard est le cœur de l'exercice : les points sont des DONNÉES, fixées, et ce sont les deux paramètres de la droite qui varient. SS est une fonction de deux variables comme les autres, un polynôme de degré 22 en mm et bb.

b) Sm=∑2(yi−mxi−b)(−xi)S_{m}=\sum 2\left(y_{i}-mx_{i}-b\right)(-x_{i}) et Sb=∑2(yi−mxi−b)(−1)S_{b}=\sum 2\left(y_{i}-mx_{i}-b\right)(-1). Les annuler donne les équations normales m∑xi2+b∑xi=∑xiyim\sum x_{i}^{2}+b\sum x_{i}=\sum x_{i}y_{i} et m∑xi+nb=∑yim\sum x_{i}+nb=\sum y_{i}. Avec n=4n=4, ∑xi=7\sum x_{i}=7, ∑yi=14\sum y_{i}=14, ∑xi2=21\sum x_{i}^{2}=21 et ∑xiyi=0+3+8+24=35\sum x_{i}y_{i}=0+3+8+24=35 : 21m+7b=3521m+7b=35 et 7m+4b=147m+4b=14. On multiplie la seconde par 33, 21m+12b=4221m+12b=42, puis on soustrait : 5b=75b=7, b=75b=\frac{7}{5}, et 7m=14−285=4257m=14-\frac{28}{5}=\frac{42}{5}, m=65m=\frac{6}{5}. La droite des moindres carrés est y=65x+75y=\frac{6}{5}x+\frac{7}{5}.

c) Smm=2∑xi2=42S_{mm}=2\sum x_{i}^{2}=42, Sbb=2n=8S_{bb}=2n=8, Smb=2∑xi=14S_{mb}=2\sum x_{i}=14, donc D=42×8−142=336−196=140>0D=42\times 8-14^{2}=336-196=140>0 avec Smm>0S_{mm}>0 : minimum local. En général, D=4(n∑xi2−(∑xi)2)=4n∑(xi−xˉ)2D=4\left(n\sum x_{i}^{2}-\left(\sum x_{i}\right)^{2}\right)=4n\sum\left(x_{i}-\bar x\right)^{2}, strictement positif dès que les xix_{i} ne sont pas tous égaux ; ici ∑(xi−xˉ)2=354\sum\left(x_{i}-\bar x\right)^{2}=\frac{35}{4} et 16×354=14016\times\frac{35}{4}=140. Et le minimum est ABSOLU : SS étant de degré 22, son développement de Taylor d'ordre 22 autour du point critique est exact, S=Smin⁡+12(42h2+28hk+8k2)S=S_{\min}+\frac{1}{2}\left(42h^{2}+28hk+8k^{2}\right), forme strictement positive pour (h,k)≠(0,0)(h,k)\neq(0,0) puisque D>0D>0 et Smm>0S_{mm}>0.

d) L'équation Sb=0S_{b}=0 s'écrit exactement ∑(yi−mxi−b)=0\sum\left(y_{i}-mx_{i}-b\right)=0 : à l'optimum, la somme des résidus est nulle. Résidus : 1−75=−251-\frac{7}{5}=-\frac{2}{5}, 3−135=253-\frac{13}{5}=\frac{2}{5}, 4−195=154-\frac{19}{5}=\frac{1}{5}, 6−315=−156-\frac{31}{5}=-\frac{1}{5}, de somme nulle. Smin⁡=4+4+1+125=25S_{\min}=\frac{4+4+1+1}{25}=\frac{2}{5}, bien inférieur à S(1,1)=3S(1,1)=3. Prédiction en x=5x=5 : 305+75=375=7,4\frac{30}{5}+\frac{7}{5}=\frac{37}{5}=7{,}4. Conséquence de la nullité des résidus : la droite passe par le point moyen (xˉ,yˉ)=(74,72)\left(\bar x,\bar y\right)=\left(\frac{7}{4},\frac{7}{2}\right), puisque 65×74+75=2110+1410=72\frac{6}{5}\times\frac{7}{4}+\frac{7}{5}=\frac{21}{10}+\frac{14}{10}=\frac{7}{2}. C'est un contrôle de cinq secondes à faire sur toute droite des moindres carrés.

1234512345678y = 1,2x + 1,4xy
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