Mathématiques SN, secondaire 5 • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : démontrer et justifier en mathématiques de secondaire 5

Voici une série d'exercices corrigés de mathématiques SN de secondaire 5 consacrée aux démonstrations, c'est-à-dire aux questions qui commencent par « montrez que », « démontrez que » ou « justifiez que ».

Ces questions valent beaucoup de points et elles sont les plus mal rendues de l'année, non par manque de connaissances mais par manque de méthode : la plupart des copies écrivent des calculs justes qui ne démontrent rien, parce qu'elles partent de ce qu'il faudrait prouver.

Le fil de la série est cette règle unique : une démonstration part des HYPOTHÈSES et arrive à la CONCLUSION, jamais l'inverse. Tout le reste, la trigonométrie, les vecteurs, les fonctions, n'est que la matière sur laquelle on l'applique.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Mathématique SN5 : Sciences naturelles, secondaire 5
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Rappel de cours

  • Avant d'écrire une ligne : repérez l'HYPOTHÈSE, ce qui est donné, et la CONCLUSION, ce qu'il faut obtenir. Une démonstration est un chemin de la première vers la seconde.
  • Un EXEMPLE ne démontre rien. Vérifier une propriété pour n=3n=3 et n=7n=7 ne prouve pas qu'elle vaut pour tous les entiers.
  • Un CONTRE-EXEMPLE suffit à réfuter. Une seule valeur qui met l'affirmation en défaut la détruit définitivement, et c'est la manière la plus rapide de répondre à « cette affirmation est-elle vraie ».
  • Pour une identité, on part d'UN SEUL membre, en général le plus compliqué, et on le transforme jusqu'à obtenir l'autre. Travailler les deux membres en même temps suppose l'égalité que l'on cherche à établir.
  • En géométrie, la figure ILLUSTRE mais ne démontre pas. « On voit que les droites se coupent à angle droit » n'est pas une justification ; le produit scalaire nul en est une.
  • Pour prouver qu'un objet est d'une certaine nature, on utilise sa DÉFINITION : un entier pair s'écrit 2k2k, un losange a quatre côtés isométriques, deux vecteurs sont orthogonaux quand leur produit scalaire est nul.
  • La réciproque d'un énoncé n'est pas l'énoncé. « Si a=ba=b alors a2=b2a^{2}=b^{2} » est vrai, sa réciproque est fausse, comme le montre a=2a=2 et b=2b=-2.
  • En géométrie analytique, deux voies existent presque toujours, la voie vectorielle et la voie des coordonnées. Elles sont également valides ; la vectorielle est plus courte quand il n'y a pas de repère imposé, celle des coordonnées est plus sûre quand il y en a un.
  • Une démonstration se termine par une PHRASE de conclusion qui reprend l'énoncé prouvé. Sans elle, le correcteur ne sait pas où vous vous êtes arrêté.

Partie A : Les bases (/50)

Exercice 1 : Séparer l'hypothèse de la conclusion

Avant tout calcul, une démonstration se prépare en deux lignes : ce qui est donné, ce qui est à obtenir. C'est ce découpage, et lui seul, qui indique par où commencer.

Pour chaque énoncé, écrivez l'hypothèse puis la conclusion, sans rien démontrer.

  • a) « Si ABCDABCD est un losange, alors ses diagonales sont perpendiculaires. »
  • b) « Montrez que pour tout réel xx, (x+3)2(x3)2=12x(x+3)^{2}-(x-3)^{2}=12x. »
  • c) « Soit f(x)=a(xh)2+kf(x)=a(x-h)^{2}+k avec a>0a>0. Montrez que ff admet un minimum. »
  • d) « Démontrez que si deux droites ont la même pente et un point commun, elles sont confondues. »
  • e) Écrivez la RÉCIPROQUE de l'énoncé a), puis dites si elle est vraie.
  • f) Dans l'énoncé b), pourquoi les mots « pour tout réel xx » interdisent-ils de répondre en testant x=1x=1 ?

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a)
c)
e)
f)
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Réponses

  • a) H : quatre côtés isométriques ; C : ACBDAC\perp BD
  • b) H : xx réel ; C : (x+3)2(x3)2=12x(x+3)^{2}-(x-3)^{2}=12x
  • c) H : f=a(xh)2+kf=a(x-h)^{2}+k, a>0a>0 ; C : ff admet un minimum
  • d) H : même pente et un point commun ; C : confondues
  • e) « Diagonales perpendiculaires, donc losange » : fausse, cerf-volant
  • f) « Pour tout » exige une preuve universelle ; un exemple illustre

a) Hypothèse : ABCDABCD est un losange, c'est-à-dire un quadrilatère dont les quatre côtés sont isométriques. Conclusion : ACBDAC\perp BD. Le point important est que l'hypothèse doit être écrite sous sa forme UTILISABLE, ici l'égalité des longueurs, et non sous son nom. Un mot ne se calcule pas, une égalité oui.

b) Hypothèse : xx est un réel quelconque, et c'est tout. Conclusion : (x+3)2(x3)2=12x(x+3)^{2}-(x-3)^{2}=12x. Une identité de ce type se démontre en partant du membre de gauche, sans jamais supposer l'égalité.

c) Hypothèse : f(x)=a(xh)2+kf(x)=a(x-h)^{2}+k et a>0a>0. Conclusion : ff admet un minimum, c'est-à-dire qu'il existe une valeur atteinte inférieure ou égale à toutes les autres. Remarquez que la conclusion est ici une EXISTENCE : il faudra exhiber le minimum et prouver l'inégalité, pas seulement l'affirmer.

d) Hypothèse : deux droites de même pente possèdent un point commun. Conclusion : elles sont confondues, donc tous leurs points coïncident. La difficulté sera de transformer « même pente » en une égalité exploitable, à savoir m1=m2m_{1}=m_{2} dans y=mx+by=mx+b.

e) La réciproque échange l'hypothèse et la conclusion : « si les diagonales d'un quadrilatère sont perpendiculaires, alors ce quadrilatère est un losange ». Elle est FAUSSE, et un contre-exemple le montre : un cerf-volant non losange, par exemple le quadrilatère de sommets (0;0)(0\,;0), (2;3)(2\,;3), (0;8)(0\,;8) et (2;3)(-2\,;3), a bien ses diagonales perpendiculaires, l'une étant verticale et l'autre horizontale, alors que ses côtés ne sont pas tous isométriques : les deux du bas mesurent 13\sqrt{13} et les deux du haut 29\sqrt{29}. Retenez qu'un énoncé et sa réciproque sont deux affirmations distinctes, dont chacune demande sa propre démonstration.

f) Parce que « pour tout réel xx » demande une propriété universelle, et qu'un cas particulier ne prouve rien d'universel. Tester x=1x=1 montre seulement que 164=1216-4=12, ce qui est exact mais ne dit rien des autres valeurs. La différence est de nature : un exemple ILLUSTRE, une démonstration ÉTABLIT. En revanche, si l'énoncé avait été « cette égalité est-elle vraie pour tout xx », un seul contre-exemple aurait suffi à répondre non.

Exercice 2 : Un exemple ne prouve rien, un contre-exemple suffit

Cinq affirmations. Trois sont vraies et demandent une démonstration, deux sont fausses et un contre-exemple les règle en une ligne.

Pour chacune : dites d'abord si elle est vraie ou fausse, puis rédigez la réponse correspondante. Les deux réponses n'ont pas du tout la même forme, et c'est l'objet de l'exercice.

  • a) « Pour tout réel xx, x2xx^{2}\geq x. »
  • b) « Pour tout réel xx, x2+1>0x^{2}+1>0. »
  • c) « La somme de deux nombres irrationnels est irrationnelle. »
  • d) « Pour tous réels aa et bb, a+ba+b|a+b|\leq|a|+|b|. »
  • e) « Si ff et gg sont croissantes, alors f+gf+g est croissante. »

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Fausse : x=0,5x=0{,}5
  • b) Vraie : x20x^{2}\geq 0 donc x2+11>0x^{2}+1\geq 1>0
  • c) Fausse : 2+(2)=0\sqrt{2}+(-\sqrt{2})=0
  • d) Vraie : on additionne aaa-|a|\leq a\leq|a| et bbb-|b|\leq b\leq|b|
  • e) Vraie : on additionne deux inégalités de même sens

a) FAUSSE. Contre-exemple : x=0,5x=0{,}5 donne x2=0,25x^{2}=0{,}25, qui est inférieur à 0,50{,}5. Une seule valeur suffit et la réponse tient en une ligne. On peut préciser où l'affirmation échoue : elle est vraie pour x0x\leq 0 et pour x1x\geq 1, et fausse sur ]0 ;1[]0\ ;1[, l'intervalle où élever au carré diminue un nombre. Ce n'est pas exigé, mais cela montre qu'on a compris le mécanisme et non seulement trouvé un accident.

b) VRAIE. Démonstration : pour tout réel xx, x20x^{2}\geq 0 par définition du carré, donc x2+10+1=1>0x^{2}+1\geq 0+1=1>0. Conclusion : x2+1x^{2}+1 est strictement positif pour tout réel xx. Trois lignes, un point de départ qui est une propriété connue, une chaîne d'inégalités, une phrase de conclusion : c'est le format complet.

c) FAUSSE. Contre-exemple : 2\sqrt{2} et 2-\sqrt{2} sont tous deux irrationnels, et leur somme vaut 00, qui est un entier donc un rationnel. Autre contre-exemple souvent proposé : (1+2)+(12)=2\left(1+\sqrt{2}\right)+\left(1-\sqrt{2}\right)=2. Notez qu'il ne suffit PAS de dire « c'est faux » : le contre-exemple doit être écrit, et il doit être vérifié, ici en constatant que la somme est bien rationnelle.

d) VRAIE, c'est l'inégalité triangulaire. Démonstration : on part de aaa-|a|\leq a\leq|a| et de bbb-|b|\leq b\leq|b|, deux encadrements vrais par définition de la valeur absolue. En les additionnant membre à membre : (a+b)a+ba+b-\left(|a|+|b|\right)\leq a+b\leq|a|+|b|. Or dire qu'un nombre est encadré par M-M et MM équivaut à dire que sa valeur absolue est inférieure ou égale à MM. Donc a+ba+b|a+b|\leq|a|+|b|. Contrôle sur un cas : a=3a=3, b=5b=-5 donnent 2=28|-2|=2\leq 8 ✓, et l'écart montre que l'inégalité est souvent large.

e) VRAIE. Démonstration : soient x1<x2x_{1}<x_{2} deux réels du domaine commun. Comme ff est croissante, f(x1)f(x2)f(x_{1})\leq f(x_{2}) ; comme gg est croissante, g(x1)g(x2)g(x_{1})\leq g(x_{2}). En additionnant ces deux inégalités de même sens : f(x1)+g(x1)f(x2)+g(x2)f(x_{1})+g(x_{1})\leq f(x_{2})+g(x_{2}), c'est-à-dire (f+g)(x1)(f+g)(x2)(f+g)(x_{1})\leq(f+g)(x_{2}). Conclusion : f+gf+g est croissante. Deux remarques : on additionne deux inégalités de même sens, ce qui est permis, alors qu'on ne les soustrait jamais ; et l'énoncé analogue pour le PRODUIT est faux sans hypothèse de signe, comme le montrent f(x)=g(x)=xf(x)=g(x)=x sur les négatifs, où le produit x2x^{2} décroît.

Exercice 3 : Identités trigonométriques : on part d'un seul membre

Démontrer une identité, c'est transformer une expression en une autre. Ce n'est PAS résoudre une équation : il n'y a rien à trouver, et l'égalité n'est pas une hypothèse, c'est la conclusion.

Règle absolue : on part d'un membre, en général le plus compliqué, et on le transforme jusqu'à obtenir l'autre. On n'a le droit de toucher au second que si l'on travaille par équivalences explicitement écrites.

  • a) Démontrez que tanxcosx=sinx\tan x\cdot\cos x=\sin x, et précisez le domaine de validité.
  • b) Démontrez que 1cos2xsinx=sinx\dfrac{1-\cos^{2}x}{\sin x}=\sin x, avec son domaine.
  • c) Démontrez que (sinx+cosx)2=1+2sinxcosx(\sin x+\cos x)^{2}=1+2\sin x\cos x.
  • d) Démontrez que 11+cosx+11cosx=2sin2x\dfrac{1}{1+\cos x}+\dfrac{1}{1-\cos x}=\dfrac{2}{\sin^{2}x}.
  • e) Une copie écrit, pour prouver a) : « tanxcosx=sinx\tan x\cos x=\sin x, donc sinxcosxcosx=sinx\frac{\sin x}{\cos x}\cos x=\sin x, donc sinx=sinx\sin x=\sin x, c'est vrai ». Qu'est-ce qui ne va pas ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) sinxcosxcosx=sinx\dfrac{\sin x}{\cos x}\cos x=\sin x, pour cosx0\cos x\neq 0
  • b) sin2xsinx=sinx\dfrac{\sin^{2}x}{\sin x}=\sin x, pour sinx0\sin x\neq 0
  • c) sin2x+cos2x+2sinxcosx=1+2sinxcosx\sin^{2}x+\cos^{2}x+2\sin x\cos x=1+2\sin x\cos x, tout xx
  • d) 21cos2x=2sin2x\dfrac{2}{1-\cos^{2}x}=\dfrac{2}{\sin^{2}x}, pour sinx0\sin x\neq 0
  • e) Elle part de l'égalité à démontrer : circulaire

a) On part du membre de gauche, le plus compliqué parce qu'il contient une tangente. tanxcosx=sinxcosxcosx=sinx\tan x\cdot\cos x=\frac{\sin x}{\cos x}\cdot\cos x=\sin x, en simplifiant par cosx\cos x. Conclusion : l'identité est démontrée pour tout xx tel que cosx0\cos x\neq 0, c'est-à-dire xπ2+kπx\neq\frac{\pi}{2}+k\pi. Le domaine fait partie de la réponse : sans lui, l'identité serait fausse aux points où la tangente n'existe pas.

b) On part de la gauche. Le numérateur 1cos2x1-\cos^{2}x se reconnaît immédiatement : l'identité fondamentale sin2x+cos2x=1\sin^{2}x+\cos^{2}x=1 donne 1cos2x=sin2x1-\cos^{2}x=\sin^{2}x. Donc 1cos2xsinx=sin2xsinx=sinx\frac{1-\cos^{2}x}{\sin x}=\frac{\sin^{2}x}{\sin x}=\sin x. Domaine : sinx0\sin x\neq 0, soit xkπx\neq k\pi. Contrôle numérique, qui ne remplace pas la preuve mais attrape les erreurs : pour x=π6x=\frac{\pi}{6}, la gauche vaut 10,750,5=0,5\frac{1-0{,}75}{0{,}5}=0{,}5 et la droite 0,50{,}5 ✓.

c) On développe le membre de gauche : (sinx+cosx)2=sin2x+2sinxcosx+cos2x(\sin x+\cos x)^{2}=\sin^{2}x+2\sin x\cos x+\cos^{2}x. On regroupe les deux carrés, qui valent 11 ensemble : =1+2sinxcosx=1+2\sin x\cos x. C'est le membre de droite, l'identité est démontrée pour tout réel xx, sans restriction. Le mécanisme à retenir : dès que sin2\sin^{2} et cos2\cos^{2} apparaissent tous les deux, on les remplace par 11.

d) On part de la gauche et l'on met au même dénominateur, en remarquant que le produit des deux dénominateurs est une différence de carrés : (1+cosx)(1cosx)=1cos2x=sin2x(1+\cos x)(1-\cos x)=1-\cos^{2}x=\sin^{2}x. Le numérateur devient (1cosx)+(1+cosx)=2(1-\cos x)+(1+\cos x)=2, les termes en cosinus s'annulant. On obtient donc 2sin2x\frac{2}{\sin^{2}x}, qui est le membre de droite. Domaine : sinx0\sin x\neq 0, donc xkπx\neq k\pi, ce qui exclut aussi les valeurs annulant 1±cosx1\pm\cos x. Contrôle en x=π3x=\frac{\pi}{3} : la gauche vaut 11,5+10,5=0,667+2=2,667\frac{1}{1{,}5}+\frac{1}{0{,}5}=0{,}667+2=2{,}667 et la droite 20,75=2,667\frac{2}{0{,}75}=2{,}667 ✓.

e) La copie PART de ce qu'il faut démontrer. Elle écrit l'égalité en première ligne, alors que c'est justement la conclusion : le raisonnement est circulaire. Avec cette méthode, on pourrait aussi bien « démontrer » que 1=21=2 en multipliant les deux membres par 00 pour aboutir à 0=00=0. La correction est purement rédactionnelle et le calcul, lui, ne change pas : il suffit de ne PAS écrire l'égalité au départ et de traiter le membre de gauche seul, en terminant par « ce qui est bien le membre de droite ». Même contenu, une preuve au lieu d'une vérification.

Exercice 4 : Démontrer une propriété de fonction, sans dessin

Une propriété de fonction se démontre par une INÉGALITÉ ou par une ÉGALITÉ valable pour tout xx, jamais en montrant la courbe. Le graphique ci-dessous illustre la question a), il ne la démontre pas.

À chaque fois, partez de la définition : un minimum est une valeur atteinte et inférieure ou égale à toutes les autres ; une fonction est croissante quand x1<x2x_{1}<x_{2} entraîne f(x1)f(x2)f(x_{1})\leq f(x_{2}).

-1123456712345678y = k(h ; k)
  • a) Soit f(x)=a(xh)2+kf(x)=a(x-h)^{2}+k avec a>0a>0. Démontrez que ff admet un minimum et donnez-le.
  • b) Démontrez que la fonction g(x)=1xh+kg(x)=\dfrac{1}{x-h}+k ne prend JAMAIS la valeur kk.
  • c) Démontrez que p(x)=32xp(x)=3\cdot 2^{x} est strictement positive sur R\mathbb{R}.
  • d) Démontrez que si ff est croissante et c>0c>0, alors cfc\,f est croissante. Que se passe-t-il si c<0c<0 ?
  • e) Un élève démontre a) en disant : « le graphique montre que la courbe a un point le plus bas en (h;k)(h\,;k) ». Pourquoi est-ce insuffisant, et que faudrait-il ajouter ?

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a)
b)
d)
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Réponses

  • a) f(x)kf(x)\geq k pour tout xx et f(h)=kf(h)=k : minimum kk en x=hx=h
  • b) Par l'absurde : 1xh=0\dfrac{1}{x-h}=0 est impossible
  • c) 2x>02^{x}>0 et 3>03>0 : p(x)>0p(x)>0
  • d) c>0c>0 conserve le sens ; c<0c<0 le renverse : cfc\,f décroissante
  • e) Une fenêtre n'est pas une preuve ; ajouter l'inégalité et f(h)=kf(h)=k

a) Pour tout réel xx, (xh)20(x-h)^{2}\geq 0 par définition du carré. Comme a>0a>0, la multiplication conserve le sens : a(xh)20a(x-h)^{2}\geq 0. En ajoutant kk aux deux membres : a(xh)2+kka(x-h)^{2}+k\geq k, c'est-à-dire f(x)kf(x)\geq k pour tout xx. Par ailleurs cette valeur est ATTEINTE, puisque f(h)=a×0+k=kf(h)=a\times 0+k=k. Donc kk est bien le minimum de ff, atteint en x=hx=h. Les deux étapes sont indispensables : l'inégalité montre que rien ne descend plus bas, l'égalité en hh montre que la valeur est réellement prise. Une borne non atteinte ne serait pas un minimum.

b) Supposons qu'il existe un réel xx du domaine tel que g(x)=kg(x)=k. Alors 1xh+k=k\frac{1}{x-h}+k=k, donc 1xh=0\frac{1}{x-h}=0. Or un quotient est nul si et seulement si son numérateur est nul, et ce numérateur vaut 11, qui n'est pas nul. L'hypothèse mène donc à une contradiction, et aucune valeur xx ne convient. Conclusion : gg ne prend jamais la valeur kk, ce qui est exactement la raison pour laquelle y=ky=k est une asymptote horizontale et pour laquelle l'image est R{k}\mathbb{R}\setminus\{k\}. Cette structure, supposer le contraire pour aboutir à une absurdité, s'appelle le raisonnement par l'absurde et elle est parfaitement recevable au secondaire.

c) Une puissance de base strictement positive est strictement positive : 2x>02^{x}>0 pour tout réel xx, y compris négatif, puisque 2n=12n>02^{-n}=\frac{1}{2^{n}}>0. En multipliant par 3>03>0, le sens est conservé : 32x>03\cdot 2^{x}>0. Conclusion : pp est strictement positive sur R\mathbb{R}, ce qui entraîne au passage qu'elle n'a AUCUN zéro, résultat que l'on réutilise sans cesse.

d) Soient x1<x2x_{1}<x_{2}. Comme ff est croissante, f(x1)f(x2)f(x_{1})\leq f(x_{2}). En multipliant les deux membres par c>0c>0, le sens est conservé : cf(x1)cf(x2)c\,f(x_{1})\leq c\,f(x_{2}). Donc cfc\,f est croissante. Si c<0c<0, la multiplication RENVERSE l'inégalité : cf(x1)cf(x2)c\,f(x_{1})\geq c\,f(x_{2}), et la fonction cfc\,f est alors décroissante. C'est la justification propre du fait qu'un paramètre aa négatif retourne une courbe, résultat que l'on utilise depuis le premier chapitre sans toujours savoir le prouver.

e) Parce qu'un graphique montre une fenêtre, jamais la totalité de la fonction : rien n'y garantit qu'ailleurs, hors du cadre, la courbe ne redescende pas sous kk. Le dessin est une observation, pas un argument. Ce qu'il faut ajouter est exactement la démonstration de la question a), c'est-à-dire l'inégalité f(x)kf(x)\geq k valable pour TOUT réel xx, plus le calcul f(h)=kf(h)=k. La bonne pratique consiste à faire les deux : on dessine pour comprendre et conjecturer, on rédige pour démontrer.

Exercice 5 : Cinq copies qui ressemblent à une démonstration

Chacune des cinq copies suivantes contient des mathématiques exactes, et aucune ne démontre ce qu'elle prétend démontrer.

Dites pour chacune quel est le défaut de RAISONNEMENT, puis indiquez en une phrase comment la réparer.

  • a) Pour montrer que n2+nn^{2}+n est pair pour tout entier nn : « n=1n=1 donne 22, n=2n=2 donne 66, n=3n=3 donne 1212. C'est toujours pair. »
  • b) Pour montrer que sin2x+cos2x=1\sin^{2}x+\cos^{2}x=1 : « on élève au carré les deux membres, on obtient 1=11=1, donc c'est vrai. »
  • c) Pour montrer que deux droites sont perpendiculaires : « sur le dessin, l'angle est droit. »
  • d) Pour montrer que f(x)=x3f(x)=x^{3} est croissante : « la calculatrice trace une courbe qui monte. »
  • e) Pour montrer que le triangle de sommets AA, BB, CC est isocèle : « ABAB et ACAC ont l'air égaux, et de toute façon l'énoncé le dit. »

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Généralisation ; n(n+1)n(n+1) est un produit de deux entiers consécutifs
  • b) Circulaire ; partir du cercle unité et de Pythagore
  • c) Visuel ; produit des pentes 1-1 ou produit scalaire nul
  • d) Expérimental ; factoriser x23x13x_{2}^{3}-x_{1}^{3}
  • e) Visuel et pétition de principe ; calculer les longueurs

a) Défaut : la généralisation abusive à partir d'exemples. Trois cas ne disent rien des autres, et l'histoire des mathématiques est pleine d'énoncés vrais pour les quarante premiers entiers et faux ensuite. Réparation : n2+n=n(n+1)n^{2}+n=n(n+1), produit de deux entiers CONSÉCUTIFS, dont l'un est nécessairement pair, donc le produit est pair. Deux lignes, et c'est valable pour tout nn. Notez que le calcul sur les exemples reste utile : il sert à conjecturer, jamais à conclure.

b) Défaut : raisonnement circulaire, et opération illicite. La copie part de l'égalité à démontrer, ce qui la suppose vraie ; par ailleurs élever au carré une égalité qu'on n'a pas établie ne prouve rien, puisque cette opération peut rendre vraies des égalités fausses, comme 2=22=-2 qui donne 4=44=4. Réparation : partir du cercle trigonométrique. Un point du cercle unité a pour coordonnées (cosx;sinx)(\cos x\,;\sin x) et se trouve à distance 11 de l'origine, donc cos2x+sin2x=12=1\cos^{2}x+\sin^{2}x=1^{2}=1 par le théorème de Pythagore. La démonstration part d'une définition et arrive à l'identité.

c) Défaut : l'argument est visuel. Un dessin est fait à la main ou par un logiciel, il est approximatif, et deux droites d'angle 8989 degrés se distinguent mal d'un angle droit. Réparation : calculer. Soit le produit des pentes vaut 1-1, soit le produit scalaire des vecteurs directeurs est nul. L'une de ces deux égalités est une preuve, le dessin n'en est jamais une.

d) Défaut : l'argument est expérimental et il porte sur une fenêtre. Une calculatrice affiche un intervalle, et rien n'assure que la courbe ne fasse pas autre chose ailleurs. Réparation : soient x1<x2x_{1}<x_{2} ; on veut x13<x23x_{1}^{3}<x_{2}^{3}. En factorisant, x23x13=(x2x1)(x22+x1x2+x12)x_{2}^{3}-x_{1}^{3}=(x_{2}-x_{1})\left(x_{2}^{2}+x_{1}x_{2}+x_{1}^{2}\right), où le premier facteur est positif et le second est une somme toujours strictement positive sauf si x1=x2=0x_{1}=x_{2}=0. La différence est donc positive et la fonction est croissante.

e) Deux défauts en une phrase. « Ils ont l'air égaux » est un argument visuel, traité en c). Et « l'énoncé le dit » confond l'hypothèse avec la conclusion : si l'énoncé demande de MONTRER que le triangle est isocèle, alors cette information n'est justement pas donnée, elle est à établir. Réparation : calculer les deux longueurs avec la formule de la distance et constater l'égalité, en concluant par une phrase. C'est l'erreur la plus grave des cinq, parce qu'elle consiste à utiliser ce qu'on doit prouver.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Un même énoncé, deux démonstrations : vecteurs ou coordonnées

Énoncé à démontrer : dans un rectangle, les deux diagonales ont la même longueur.

Il existe deux rédactions complètes et également valables. Les écrire toutes les deux apprend à choisir, et le choix se fait sur un critère simple qu'on donnera à la fin.

ABCD
  • a) Voie des coordonnées : placez le rectangle dans un repère bien choisi et démontrez l'énoncé.
  • b) Pourquoi a-t-on le DROIT de choisir le repère ? Cela ne rend-il pas la démonstration particulière ?
  • c) Voie vectorielle : exprimez AC\vec{AC} et BD\vec{BD} en fonction de AB\vec{AB} et AD\vec{AD}, puis comparez leurs normes.
  • d) Où intervient précisément l'hypothèse « rectangle » dans chacune des deux démonstrations ?
  • e) Donnez le critère de choix entre les deux voies.

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d)
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Réponses

  • a) AC=BD=a2+b2AC=BD=\sqrt{a^{2}+b^{2}}
  • b) Le repère est un instrument ; interdit de fixer aa et bb
  • c) AC2=BD2=AB2+AD2\|\vec{AC}\|^{2}=\|\vec{BD}\|^{2}=\|\vec{AB}\|^{2}+\|\vec{AD}\|^{2} car ABAD=0\vec{AB}\cdot\vec{AD}=0
  • d) Coordonnées : au placement sur les axes ; vecteurs : ABAD=0\vec{AB}\cdot\vec{AD}=0
  • e) Repère donné : coordonnées ; sinon : vecteurs

a) On place AA à l'origine, le côté ABAB sur l'axe des abscisses. Le rectangle a alors pour sommets A(0;0)A(0\,;0), B(a;0)B(a\,;0), C(a;b)C(a\,;b) et D(0;b)D(0\,;b), avec a>0a>0 et b>0b>0. On calcule les deux diagonales : AC=(a0)2+(b0)2=a2+b2AC=\sqrt{(a-0)^{2}+(b-0)^{2}}=\sqrt{a^{2}+b^{2}} et BD=(0a)2+(b0)2=a2+b2BD=\sqrt{(0-a)^{2}+(b-0)^{2}}=\sqrt{a^{2}+b^{2}}. Les deux expressions sont identiques, donc AC=BDAC=BD. Conclusion : les diagonales d'un rectangle sont isométriques.

b) Parce qu'un repère est un instrument de mesure, pas une donnée du problème : la propriété à démontrer, l'égalité de deux longueurs, ne dépend pas de l'endroit où l'on pose les axes. On a donc le droit de les poser au plus commode. Ce qui serait interdit, en revanche, serait de choisir des VALEURS particulières, par exemple a=3a=3 et b=4b=4 : cela démontrerait l'énoncé pour un seul rectangle. La distinction est essentielle et elle est régulièrement mal comprise : on fixe le repère, jamais les dimensions.

c) La relation de Chasles donne AC=AB+AD\vec{AC}=\vec{AB}+\vec{AD} et BD=BA+AD=ADAB\vec{BD}=\vec{BA}+\vec{AD}=\vec{AD}-\vec{AB}. On calcule les carrés des normes avec le produit scalaire : AC2=AB2+2ABAD+AD2\|\vec{AC}\|^{2}=\|\vec{AB}\|^{2}+2\vec{AB}\cdot\vec{AD}+\|\vec{AD}\|^{2} et BD2=AD22ABAD+AB2\|\vec{BD}\|^{2}=\|\vec{AD}\|^{2}-2\vec{AB}\cdot\vec{AD}+\|\vec{AB}\|^{2}. Comme le quadrilatère est un rectangle, ABAD=0\vec{AB}\cdot\vec{AD}=0, et les deux doubles produits disparaissent : les deux carrés valent AB2+AD2\|\vec{AB}\|^{2}+\|\vec{AD}\|^{2}. Des normes étant positives, l'égalité des carrés entraîne celle des normes, donc AC=BDAC=BD.

d) Dans la voie des coordonnées, l'hypothèse « rectangle » est utilisée au moment où l'on écrit les coordonnées B(a;0)B(a\,;0) et D(0;b)D(0\,;b) : c'est là que l'on impose l'angle droit en AA, en plaçant les deux côtés sur les deux axes. Dans la voie vectorielle, elle est utilisée à un seul endroit, parfaitement identifiable : l'annulation du produit scalaire ABAD=0\vec{AB}\cdot\vec{AD}=0. Savoir dire OÙ sert l'hypothèse est le meilleur test de compréhension d'une démonstration : si vous ne trouvez pas cet endroit, c'est en général que la preuve est fausse ou incomplète.

e) Critère : s'il y a déjà un repère dans l'énoncé, ou des coordonnées données, on prend la voie des coordonnées, qui est la plus mécanique et la moins risquée. S'il n'y a pas de repère et que l'énoncé parle de longueurs, de milieux, de parallélisme ou d'orthogonalité, la voie vectorielle est plus courte et surtout plus générale, puisqu'elle ne demande aucun choix de repère à justifier. Un examen de secondaire 5 accepte les deux, mais il arrive qu'il en impose une : lisez la consigne, le mot « vectoriellement » ou la présence d'un repère tranche.

Exercice 7 : Réciproque, contraposée, équivalence : trois énoncés différents

Un énoncé « si PP alors QQ » possède trois voisins que l'on confond sans cesse : sa réciproque « si QQ alors PP », sa contraposée « si non QQ alors non PP », et l'équivalence « PP si et seulement si QQ », qui exige les deux sens.

Le triangle ci-dessous, de côtés 55, 1212 et 1313, sert à la question c).

12513PQR
  • a) Énoncé : « si a=ba=b alors a2=b2a^{2}=b^{2} ». Écrivez la réciproque et dites si chacune des deux est vraie.
  • b) Écrivez la contraposée du même énoncé et vérifiez qu'elle est vraie.
  • c) Énoncez le théorème de Pythagore et sa réciproque, puis dites laquelle des deux on utilise pour prouver que le triangle PQRPQR est rectangle.
  • d) Démontrez que le triangle PQRPQR est rectangle.
  • e) « Un quadrilatère est un losange si et seulement si ses quatre côtés sont isométriques. » Combien de démonstrations cet énoncé demande-t-il ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Direct vraie ; réciproque fausse (22 et 2-2)
  • b) « Si a2b2a^{2}\neq b^{2} alors aba\neq b » : vraie
  • c) La réciproque : Pythagore calcule, sa réciproque décide
  • d) 169=169169=169 : rectangle en QQ
  • e) Deux, une par sens

a) Réciproque : « si a2=b2a^{2}=b^{2} alors a=ba=b ». L'énoncé direct est VRAI : si deux nombres sont égaux, leurs carrés le sont, puisqu'on applique la même opération aux deux membres. La réciproque est FAUSSE, et le contre-exemple est immédiat : a=2a=2 et b=2b=-2 donnent a2=b2=4a^{2}=b^{2}=4 alors que aba\neq b. L'énoncé correct de la réciproque serait : si a2=b2a^{2}=b^{2} alors a=ba=b ou a=ba=-b, c'est-à-dire a=b|a|=|b|.

b) Contraposée : « si a2b2a^{2}\neq b^{2} alors aba\neq b ». Elle est vraie, et elle l'est nécessairement : la contraposée d'un énoncé vrai est toujours vraie, car les deux disent exactement la même chose. C'est ce qui la rend utile, on démontre parfois la contraposée parce qu'elle est plus commode. Attention à ne pas la confondre avec la réciproque, qui, elle, n'a aucune raison d'être vraie : ici la contraposée est vraie et la réciproque est fausse, alors qu'elles se ressemblent typographiquement.

c) Théorème de Pythagore : si un triangle est rectangle, alors le carré de l'hypoténuse égale la somme des carrés des deux autres côtés. Réciproque : si dans un triangle le carré du plus grand côté égale la somme des carrés des deux autres, alors ce triangle est rectangle. Pour PROUVER qu'un triangle est rectangle à partir de ses trois longueurs, c'est la RÉCIPROQUE qu'on utilise, puisque l'hypothèse disponible porte sur les longueurs et la conclusion cherchée sur l'angle. Le théorème direct, lui, sert à calculer une longueur quand on sait déjà que l'angle est droit. Une formule utile pour ne plus se tromper : Pythagore calcule, sa réciproque décide.

d) Le plus grand côté est PR=13PR=13. On calcule séparément les deux membres : 132=16913^{2}=169 d'une part, et 52+122=25+144=1695^{2}+12^{2}=25+144=169 d'autre part. Les deux résultats sont égaux. Par la réciproque du théorème de Pythagore, le triangle PQRPQR est donc rectangle, et l'angle droit se trouve en QQ, le sommet OPPOSÉ au plus grand côté. Deux exigences de rédaction : calculer les deux membres séparément avant de conclure à l'égalité, plutôt que d'écrire d'emblée 132=52+12213^{2}=5^{2}+12^{2}, qui suppose ce qu'on veut établir ; et nommer le sommet de l'angle droit, ce qui est souvent la vraie question.

e) Deux démonstrations, une par sens. Sens direct : si le quadrilatère est un losange, alors ses quatre côtés sont isométriques. Sens réciproque : si ses quatre côtés sont isométriques, alors c'est un losange. Ici les deux sont immédiates, parce que l'égalité des côtés est précisément la DÉFINITION du losange, et l'énoncé est en réalité une définition déguisée. Mais la règle générale demeure : tout « si et seulement si » coûte deux démonstrations, et une copie qui n'en fournit qu'une ne récolte que la moitié des points.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Pour démontrer une identité, on peut travailler les deux membres en même temps. »
  • 2) « Si une propriété est vraie pour n=1n=1, n=2n=2 et n=3n=3, elle est vraie pour tout nn. »
  • 3) « La contraposée d'un énoncé est sa réciproque. »
  • 4) « Une démonstration géométrique doit toujours passer par les coordonnées. »
  • 5) « Puisque j'ai trouvé un contre-exemple, l'énoncé est faux, mais je dois quand même essayer de le démontrer. »
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Réponses

  • 1) On part d'un seul membre, ou l'on écrit des équivalences
  • 2) n2+n+11n^{2}+n+11 est premier jusqu'à n=9n=9 et pas en n=10n=10
  • 3) Contraposée \neq réciproque
  • 4) Vecteurs et géométrie pure sont aussi recevables
  • 5) Un contre-exemple clôt la question

1) FAUX, du moins tel quel. Travailler les deux membres revient à supposer l'égalité que l'on doit établir, ce qui est circulaire. Il existe une exception, mais elle doit être écrite : si toutes les transformations sont des ÉQUIVALENCES et qu'on le signale, la chaîne se lit dans les deux sens et la preuve est valide. Énoncé correct : on part d'un seul membre et on le transforme jusqu'à l'autre ; sinon, on raisonne par équivalences en le disant explicitement.

2) FAUX. Trois cas ne démontrent rien d'universel, et l'exemple classique est spectaculaire : l'expression n2+n+11n^{2}+n+11 donne un nombre PREMIER pour n=0,1,2,3,4,5,6,7,8,9n=0,1,2,3,4,5,6,7,8,9, soit 1111, 1313, 1717, 2323, 3131, 4141, 5353, 6767, 8383 et 101101, dix cas de suite. Elle échoue pourtant dès n=10n=10, où elle vaut 121=11×11121=11\times 11, qui n'est pas premier. Énoncé correct : des cas particuliers servent à conjecturer, jamais à conclure ; seule une démonstration générale établit une propriété.

3) FAUX, ce sont deux énoncés différents. La réciproque de « si PP alors QQ » est « si QQ alors PP » ; sa contraposée est « si non QQ alors non PP ». La contraposée est toujours équivalente à l'énoncé de départ, la réciproque ne l'est jamais automatiquement. Énoncé correct : la contraposée dit la même chose que l'énoncé, la réciproque en dit une autre.

4) FAUX. La voie vectorielle est aussi valable, souvent plus courte, et parfois exigée par la consigne. Il existe même des preuves purement géométriques, par cas d'isométrie ou par similitude, qui ne calculent rien. Énoncé correct : plusieurs voies sont recevables, et l'on choisit selon les données de l'énoncé, un repère orientant vers les coordonnées, son absence vers les vecteurs.

5) FAUX, et c'est du temps perdu. Un contre-exemple valide clôt définitivement la question : l'énoncé est faux, il n'y a plus rien à démontrer, et il serait même impossible d'y parvenir. La seule chose à faire ensuite, si l'exercice le demande, est de proposer un énoncé CORRIGÉ, en ajoutant l'hypothèse qui manquait. Énoncé correct : un contre-exemple est une réponse complète, il faut seulement vérifier qu'il satisfait bien toutes les hypothèses de l'énoncé, faute de quoi il ne réfute rien.

Exercice 9 : Démonstration guidée : le milieu de l'hypoténuse

Énoncé à démontrer : dans un triangle rectangle, le milieu de l'hypoténuse est à égale distance des trois sommets.

On procède comme un examen le demande : d'abord un cas numérique pour comprendre, puis le cas général, qui seul démontre. La figure montre le cas numérique.

-2-1123456789-2-1123456789ABCM
  • a) Cas numérique : A(0;0)A(0\,;0), B(6;0)B(6\,;0), C(0;8)C(0\,;8). Vérifiez que le triangle est rectangle en AA, puis calculez les coordonnées du milieu MM de [BC][BC].
  • b) Calculez MAMA, MBMB et MCMC et concluez pour ce triangle.
  • c) Expliquez pourquoi le a) et le b) ne démontrent PAS l'énoncé général.
  • d) Cas général : placez le triangle en A(0;0)A(0\,;0), B(2b;0)B(2b\,;0), C(0;2c)C(0\,;2c) avec b>0b>0 et c>0c>0, et démontrez l'énoncé.
  • e) Quelle propriété du cercle ce résultat exprime-t-il ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ABAC=0\vec{AB}\cdot\vec{AC}=0 ; M(3;4)M(3\,;4)
  • b) MA=MB=MC=5MA=MB=MC=5
  • c) Un triangle particulier ne prouve rien d'universel
  • d) M(b;c)M(b\,;c) ; MA=MB=MC=b2+c2MA=MB=MC=\sqrt{b^{2}+c^{2}}
  • e) L'hypoténuse est un diamètre du cercle circonscrit

a) Le triangle est rectangle en AA parce que [AB][AB] est porté par l'axe des abscisses et [AC][AC] par l'axe des ordonnées, deux droites perpendiculaires. On peut aussi le vérifier par le produit scalaire : ABAC=6×0+0×8=0\vec{AB}\cdot\vec{AC}=6\times 0+0\times 8=0 ✓. Le milieu de [BC][BC] a pour coordonnées M(6+02 ;0+82)=(3;4)M\left(\frac{6+0}{2}\ ;\frac{0+8}{2}\right)=(3\,;4).

b) MA=(30)2+(40)2=9+16=25=5MA=\sqrt{(3-0)^{2}+(4-0)^{2}}=\sqrt{9+16}=\sqrt{25}=5. MB=(36)2+(40)2=9+16=5MB=\sqrt{(3-6)^{2}+(4-0)^{2}}=\sqrt{9+16}=5. MC=(30)2+(48)2=9+16=5MC=\sqrt{(3-0)^{2}+(4-8)^{2}}=\sqrt{9+16}=5. Les trois distances valent 55, donc MM est équidistant des trois sommets dans ce triangle. On remarque au passage que BC=36+64=10BC=\sqrt{36+64}=10 et que 55 en est la moitié, ce qui suggère le résultat général : cette distance commune est toujours la moitié de l'hypoténuse.

c) Parce qu'un triangle particulier ne dit rien de tous les autres. Le calcul fait en b) est une vérification, pas une preuve : il porte sur le triangle de côtés 66 et 88, et rien n'exclut qu'un autre triangle rectangle se comporte différemment. C'est exactement la faute de généralisation étudiée plus haut dans la série. Le cas numérique a pourtant une vraie utilité : il permet de CONJECTURER l'énoncé et de repérer la piste, ici que la distance commune vaut la moitié de l'hypoténuse.

d) On place A(0;0)A(0\,;0), B(2b;0)B(2b\,;0) et C(0;2c)C(0\,;2c), ce qui garantit l'angle droit en AA et ne perd aucune généralité, tout triangle rectangle pouvant être amené à cette position. Les facteurs 22 sont un simple confort d'écriture, ils éviteront des fractions. Le milieu de [BC][BC] est M(2b+02 ;0+2c2)=(b;c)M\left(\frac{2b+0}{2}\ ;\frac{0+2c}{2}\right)=(b\,;c). On calcule les trois distances : MA=b2+c2MA=\sqrt{b^{2}+c^{2}} ; MB=(b2b)2+(c0)2=b2+c2MB=\sqrt{(b-2b)^{2}+(c-0)^{2}}=\sqrt{b^{2}+c^{2}} ; MC=(b0)2+(c2c)2=b2+c2MC=\sqrt{(b-0)^{2}+(c-2c)^{2}}=\sqrt{b^{2}+c^{2}}. Les trois expressions sont identiques, donc MA=MB=MCMA=MB=MC. Conclusion : dans tout triangle rectangle, le milieu de l'hypoténuse est équidistant des trois sommets. Remarquons où sert l'hypothèse : l'angle droit est utilisé au moment du placement, lorsqu'on met les deux côtés sur les axes.

e) Elle exprime que les trois sommets sont sur un même CERCLE de centre MM et de rayon b2+c2\sqrt{b^{2}+c^{2}}, c'est-à-dire la moitié de l'hypoténuse, puisque BC=4b2+4c2=2b2+c2BC=\sqrt{4b^{2}+4c^{2}}=2\sqrt{b^{2}+c^{2}}. Autrement dit, l'hypoténuse est un DIAMÈTRE du cercle circonscrit au triangle rectangle. Ce résultat a une réciproque, elle aussi vraie et souvent demandée : si un point voit un segment sous un angle droit, il appartient au cercle de diamètre ce segment. C'est un lieu géométrique du programme, et l'exercice qu'on vient de faire en est la démonstration dans un sens.

Exercice 10 : Synthèse : les cinq structures de preuve du programme

Cinq structures suffisent à couvrir tout ce que le secondaire 5 demande. Les reconnaître fait gagner du temps, parce que la structure décide de la première ligne, celle qui bloque tout le monde.

Structure 1, la preuve directe. Structure 2, le contre-exemple. Structure 3, le raisonnement par l'absurde. Structure 4, la contraposée. Structure 5, la disjonction de cas.

  • a) Pour chaque structure, donnez sa première ligne type.
  • b) « Montrez que pour tous réels xx, xx|x|\geq x. » Quelle structure, et rédigez.
  • c) « Montrez qu'une fonction homographique ne prend jamais la valeur de son asymptote horizontale. » Quelle structure ?
  • d) « Montrez que si n2n^{2} est impair alors nn est impair. » Quelle structure, et rédigez.
  • e) « L'affirmation : toute fonction croissante est positive. » Quelle structure, et rédigez.

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b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) « Soit xx… » ; « Prenons x=x=… » ; « Supposons qu'il existe… » ; « Démontrons la contraposée » ; « Deux cas se présentent »
  • b) Disjonction de cas : x0x\geq 0 et x<0x<0
  • c) Par l'absurde
  • d) Contraposée : n=2kn=2k donne n2=2(2k2)n^{2}=2(2k^{2})
  • e) Contre-exemple : f(x)=xf(x)=x

a) Structure 1, preuve directe : « Soit xx un réel quelconque. On a... ». Structure 2, contre-exemple : « Prenons x=x=\dots ; alors... ce qui contredit l'affirmation ». Structure 3, absurde : « Supposons qu'il existe... ». Structure 4, contraposée : « Démontrons la contraposée : si non QQ, alors non PP ». Structure 5, disjonction de cas : « Deux cas se présentent : ou bien..., ou bien... ». Chacune de ces premières lignes vaut un point à elle seule dans un barème, parce qu'elle prouve que la structure logique est comprise.

b) Structure 5, la disjonction de cas, imposée par la définition même de la valeur absolue. Rédaction : soit xx un réel. Deux cas se présentent. Si x0x\geq 0, alors x=x|x|=x, donc xx|x|\geq x, l'égalité étant réalisée. Si x<0x<0, alors x=x|x|=-x, qui est strictement positif, tandis que xx est strictement négatif : donc x>x|x|>x. Dans les deux cas, xx|x|\geq x. Conclusion : l'inégalité vaut pour tout réel. Vérification numérique : 4=4>4|{-4}|=4>-4 ✓ et 4=4=4|4|=4=4 ✓.

c) Structure 3, le raisonnement par l'absurde, comme on l'a fait plus haut dans la série : on suppose qu'il existe un xx tel que axh+k=k\frac{a}{x-h}+k=k, on en déduit axh=0\frac{a}{x-h}=0, donc a=0a=0, ce qui contredit l'hypothèse a0a\neq 0 d'une fonction homographique. On pourrait aussi rédiger cela directement, en disant qu'un quotient de numérateur non nul ne s'annule jamais ; les deux sont acceptées, et l'absurde est souvent la plus facile à écrire quand la conclusion contient le mot « jamais ».

d) Structure 4, la contraposée, parce que l'hypothèse porte sur n2n^{2} alors que la conclusion porte sur nn, et qu'on ne sait pas remonter de n2n^{2} à nn. Contraposée : si nn est PAIR, alors n2n^{2} est PAIR. Rédaction : supposons nn pair, c'est-à-dire n=2kn=2k avec kk entier. Alors n2=(2k)2=4k2=2(2k2)n^{2}=(2k)^{2}=4k^{2}=2\left(2k^{2}\right), qui est un multiple de 22, donc pair. La contraposée étant démontrée, l'énoncé initial l'est aussi. Notez l'économie : la preuve directe demanderait de factoriser n2n^{2} impair, ce qui n'est pas immédiat, alors que la contraposée se traite en trois lignes.

e) Structure 2, le contre-exemple, car l'affirmation est fausse. La fonction f(x)=xf(x)=x est croissante sur R\mathbb{R} et pourtant f(3)=3<0f(-3)=-3<0 : elle n'est pas positive. L'affirmation est donc réfutée par ce seul exemple. Rédaction complète : « Cette affirmation est fausse. Contre-exemple : f(x)=xf(x)=x est croissante sur R\mathbb{R}, or f(3)=3f(-3)=-3 est négatif. Le signe et la variation sont deux propriétés indépendantes. » Trois phrases suffisent, et il ne faut surtout pas se lancer dans une démonstration : chercher à prouver un énoncé faux est le meilleur moyen de perdre dix minutes et de rendre une preuve fausse.

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