Voici dix situations-problèmes corrigées de mathématique Technico-sciences (TS) de cinquième secondaire, au format de la compétence 1 du Ministère, « Résoudre une situation-problème », qui compte pour 30 pour cent du résultat. Chaque situation combine au moins deux chapitres du programme : relations métriques dans le cercle, loi des sinus et loi des cosinus, fonctions sinus et cosinus, fonction tangente, cercle trigonométrique, fonction partie entière, vecteurs, matrices, coniques, systèmes semi-linéaires, fonctions exponentielles et logarithmiques, fonction rationnelle dite homographique, opérations sur les fonctions, programmation linéaire, figures et solides équivalents, inéquations rationnelles et transformations géométriques. Une seule consigne, des documents à trier, aucun modèle donné : c'est vous qui le construisez.
À la fin de la série, vous savez séparer les données utiles des inutiles, reconnaître la famille de fonctions qu'une phrase ou un tableau décrit, enchaîner deux chapitres sans qu'on vous dise lesquels et conclure par une décision chiffrée. La partie A pose cinq situations à deux chapitres : la bride à remplacer (exercice 1), le seuil d'une alarme de vibration (exercice 2), le robot d'entrepôt à court de batterie (exercice 3), le miroir ovale sous un toit en pente (exercice 4) et le mât d'une éolienne (exercice 5). La partie B pose cinq situations de synthèse : le ventilateur qui démarre trop tôt (exercice 6), le planning d'une découpeuse au jet d'eau (exercice 7), le robot de peinture et sa table (exercice 8), le flacon redessiné (exercice 9) et l'écart entre des rangées de panneaux solaires (exercice 10).
Chaque corrigé suit la démarche attendue : compréhension, modèles, résolution, validation, conclusion, puis une grille qui dit ce qui fait une copie A, C ou E sur les critères Cr1, Cr2 et Cr3, et le piège qui fait tomber le plus de copies : le rayon confondu avec le diamètre (exercice 1), une seule solution d'une équation en sinus par période (exercice 2), des coordonnées ajoutées sans rotation (exercice 3), un contact vérifié au-dessus du centre seulement (exercice 4), un vent interpolé en ligne droite (exercice 5), le sens de variation inversé dans une chaîne de fonctions (exercice 6), un contour découpé incomplet (exercice 7), un bras supposé tendu (exercice 8), un arrondi au plus proche sous une borne supérieure (exercice 9) et une ombre mesurée depuis le mauvais bord (exercice 10). La validation ne compte pas dans la note, mais c'est elle qui attrape ces pièges : elle est faite dans chaque corrigé.
Comptez de 45 à 75 minutes par situation, calculatrice permise, et écrivez toute votre démarche avant d'ouvrir la correction. Vos conclusions chiffrées se vérifient dans les cases sous chaque situation ; la démarche, elle, se juge à la grille du corrigé.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Une SITUATION-PROBLÈME (compétence 1) est une tâche jamais vue, ou qui demande une combinaison non apprise de notions. Elle n'a qu'une consigne, aucune sous-question, et le modèle n'est jamais donné.
•Trois critères sont notés : Cr1, la compréhension (données utiles, contraintes) ; Cr2, la mobilisation des savoirs (les bons concepts, bien appliqués) ; Cr3, l'élaboration d'une solution (des traces claires et complètes). La validation, Cr4, donne lieu à une rétroaction mais ne compte pas dans la note.
•AVANT de calculer : écrivez la grandeur cherchée, rayez les données inutiles, listez les contraintes (entier, au plus, au moins, arrondi imposé).
•Choisir la famille : un gain constant à chaque multiplication de la variable, c'est un logarithme ; un rapport constant à pas constant, une exponentielle ; un cycle qui se répète, une sinusoïde ; un nombre d'unités entières, une partie entière.
•Une borne MINIMALE s'arrondit vers le haut, une borne MAXIMALE vers le bas. Un résultat non entier quand la situation exige un entier signale une erreur de modèle.
•Une conclusion répond à la question posée, dans le contexte et avec ses unités : une décision, une recommandation, un réglage.
Partie A : situations à deux chapitres (/50)
Exercice 1 : Situation-problème : la bride à remplacer
Dans une usine de pâtes et papiers, une bride d'accouplement en fonte s'est fendue pendant un arrêt de maintenance. Le technicien n'a récupéré qu'un fragment du bord, sur lequel restent deux trous de boulon VOISINS : aucun autre trou ne se trouvait entre eux. Le reste de la pièce est parti à la ferraille.
Une bride se commande par trois caractéristiques : son diamètre extérieur, le diamètre de son cercle de perçage (le cercle qui passe par les centres des trous) et le nombre de trous, toujours également répartis sur ce cercle. La ligne doit redémarrer le lendemain matin, et une bride mal percée ne se monte pas.
Le technicien a fait ses relevés au pied à coulisse sur le fragment (document 1). Il a aussi noté l'épaisseur de la bride, 22 mm, le diamètre des trous, 22 mm, et la masse du fragment, 3,4 kg.
Document 1 : le fragment et les relevés. La règle orange de 240 mm est posée sur le bord extérieur ; la flèche de 40 mm est mesurée en son milieu, perpendiculairement. L'entraxe des deux trous vaut 107 mm, et 60 mm séparent le centre d'un trou du bord, en direction du centre de la bride. Schéma non à l'échelle.
Référence
Diamètre extérieur (mm)
Diamètre du cercle de perçage (mm)
Nombre de trous
Prix
BF-380-8
380
280
8
412 dollars
BF-400-6
400
280
6
425 dollars
BF-400-8
400
280
8
438 dollars
BF-400-8L
400
340
8
438 dollars
BF-400-12
400
280
12
465 dollars
BF-420-8
420
320
8
471 dollars
Document 2 : extrait du catalogue de brides en fonte du fournisseur.
Tâche. À partir des relevés, déterminez la bride à commander dans le catalogue du fournisseur (document 2). Laissez toutes les traces de votre démarche.
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Réponses
1)Diamètre extérieur : 1202=40(D−40), donc D=400 mm
2)Cercle de perçage de 280 mm ; angle au centre ≈44,93∘, donc 8 trous
3)Référence BF-400-8, à 438 dollars
Compréhension
On cherche le diamètre extérieur D, le diamètre du cercle de perçage et le nombre n de trous : ensemble, ils désignent une seule ligne du catalogue.
Données utiles : la corde de 240 mm et sa flèche de 40 mm ; l'entraxe de 107 mm entre deux trous voisins ; les 60 mm entre un centre de trou et le bord.
Données inutiles : l'épaisseur, le diamètre des trous, la masse et les prix.
Contrainte : n est ENTIER, et les trous étant également répartis, l'angle au centre entre deux trous voisins vaut n360∘.
Modèles
Le diamètre perpendiculaire à la corde la coupe en deux moitiés de 120 mm, et il est coupé, lui, en la flèche 40 mm et le reste D−40. Deux cordes qui se coupent dans un cercle donnent des produits égaux.
Les deux centres de trous et le centre de la bride forment un triangle isocèle dont on connaît les trois côtés : la loi des cosinus donne l'angle au centre.
Résolution
120×120=40(D−40)
14400=40D−1600, donc D=400 mm : le rayon extérieur vaut 200 mm.
Les 60 mm se mesurent sur un rayon : le cercle de perçage a pour rayon 200−60=140 mm, pour diamètre 280 mm.
1072=1402+1402−2×140×140cosθ
cosθ=1−3920011449≈0,7079, donc θ≈44,93∘.
n=θ360∘≈8,01, et comme n est entier, la bride avait 8 trous.
La ligne qui réunit 400 mm, 280 mm et 8 trous est la référence BF-400-8.
Validation
Avec 8 trous, l'angle au centre vaut 45∘ et l'entraxe théorique 2×140×sin22,5∘≈107,2 mm : le relevé de 107 mm est arrondi au millimètre.
Les références voisines donneraient des entraxes très différents : 140 mm avec 6 trous, environ 72,5 mm avec 12 trous.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
La bride brisée avait un diamètre extérieur de 400 mm et 8 trous sur un cercle de perçage de 280 mm : le magasinier commande la référence BF-400-8, à 438 dollars.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle écarte l'épaisseur, la masse et le diamètre des trous, et traduit « également répartis » en un angle de n360∘ avec n entier.
Copie C : elle trouve le diamètre extérieur mais ne relie pas l'entraxe au nombre de trous.
Copie E : elle compare les références à vue, sans relier un relevé à une grandeur du catalogue.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : cordes sécantes pour la flèche, loi des cosinus pour l'angle au centre, calculs justes.
Copie C : un seul des deux modèles est juste, ou une erreur conceptuelle, comme retrancher 60 mm du DIAMÈTRE au lieu du rayon.
Copie E : aucun modèle du cercle : le diamètre est « mesuré » sur un schéma qui n'est pas à l'échelle.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : chaque étape annonce ce qu'elle calcule, l'arrondi de n à l'entier est justifié, la référence est nommée.
Copie C : calculs justes mais en vrac : on ne sait pas quel nombre est le rayon du cercle de perçage.
Copie E : une référence sans démarche, ou des calculs isolés sans conclusion.
Piège : retrancher 60 mm au diamètre donne un cercle de perçage de 340 mm et désigne BF-400-8L. La loi des cosinus avec un rayon de 170 mm donne alors n≈9,8, qui n'est pas entier : la validation aurait dû arrêter la copie.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Situation-problème : le seuil de l'alarme de vibration
Le roulement d'un ventilateur de toit d'usine porte un capteur de vibration. Le capteur délivre une tension qui oscille régulièrement, relevée à l'oscilloscope (document 1). Un microcontrôleur lit cette tension à travers un convertisseur analogique-numérique, le CAN (document 2), et allume un voyant d'alarme sur le tableau de bord dès que le code lu atteint 200.
Le voyant s'allume et s'éteint si vite qu'à l'œil il paraît simplement allumé une partie du temps. Le technicien affirme : « l'alarme reste allumée moins du cinquième du temps, on garde le seuil à 200 ». Le responsable de l'entretien exige justement que le voyant soit allumé au plus 20 pour cent du temps en marche normale, sinon il faut relever le seuil.
Le ventilateur tourne à 1500 tours par minute et le capteur consomme 1,2 mA.
Document 1 : la tension du capteur pendant 30 ms de marche normale. Le motif se répète tant que le ventilateur tourne.
Caractéristique du CAN
Valeur
Plage d'entrée
de 0 V à 5 V
Résolution
8 bits : 256 codes, de 0 à 255
Conversion
le code est le nombre de pas ENTIERS de 5/256 V contenus dans la tension
Fréquence d'échantillonnage
10 kHz
Document 2 : extrait de la fiche technique du convertisseur.
Tâche. Le technicien a-t-il raison ? Si ce n'est pas le cas, déterminez le seuil entier à programmer pour respecter l'exigence, en gardant l'alarme la plus sensible possible.
Voir la correction
Réponses
1)v(t)=2sin(10πt)+2,5 et N=[51,2v] ; N≥200⟺v≥3,90625 V
2)Alarme allumée 5,036 ms sur 20, soit 25,2 pour cent : le technicien a tort
3)Seuil 211 (alarme allumée 19,9 pour cent du temps)
Compréhension
On cherche la part du temps où le code lu vaut au moins 200, à comparer à 20 pour cent ; puis, si elle est trop grande, le plus petit seuil entier qui la ramène sous 20 pour cent (le plus petit, pour garder l'alarme sensible).
Données utiles : l'oscillogramme et la règle de conversion. Inutiles : la vitesse du ventilateur, la consommation et la fréquence d'échantillonnage, assez grande pour suivre le signal.
Modèles
Le signal monte de 0,5 V à 4,5 V et se répète toutes les 20 ms ; il passe par sa valeur moyenne 2,5 V en montant à t=0 : c'est une sinusoïde sans déphasage.
Amplitude 24,5−0,5=2, axe 2,5, b=202π=10π :
v(t)=2sin(10πt)+2,5
Le CAN compte des pas entiers de 2565 V : N=[5256v]=[51,2v], une fonction partie entière.
Résolution
Un entier est au plus égal à [x] exactement quand il est au plus égal à x : N≥200⟺51,2v≥200⟺v≥3,90625 V.
2sin(10πt)+2,5≥3,90625⟺sin(10πt)≥0,703125
Sur une période, 10πt∈[0,7798;π−0,7798] (radians), soit t∈[2,482;7,518] ms.
L'alarme est allumée 5,036 ms sur 20 : 25,2 pour cent du temps. Le technicien a tort.
Pour 20 pour cent, il faut 4 ms d'alarme, centrées sur le maximum à 5 ms : de 3 à 7 ms. Le seuil de tension vaut 2sin(0,3π)+2,5≈4,1180 V.
N≥S⟺v≥51,2S : il faut 51,2S≥4,1180, soit S≥210,84, donc S=211.
Validation
Avec S=211 : sin(10πt)≥0,8105, l'alarme est allumée 19,9 pour cent du temps ; avec S=210, 20,4 pour cent. Le seuil 211 est bien le plus petit qui convienne.
Le code maximal vaut [51,2×4,5]=[230,4]=230 : le seuil 211 est atteint à chaque période, l'alarme garde son sens.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
Avec le seuil 200, le voyant est allumé environ 25,2 pour cent du temps : le technicien a tort. Il faut programmer le seuil 211, qui donne 19,9 pour cent.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle traduit « le cinquième du temps » en une durée de 4 ms par période et lit la règle du CAN comme une troncature.
Copie C : elle trouve la tension seuil mais compare une durée à une tension, ou oublie la seconde question.
Copie E : elle compare 200 à 255 sans passer par le temps.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : la sinusoïde est construite sur l'oscillogramme, la partie entière est traduite en inéquation, l'équation sinx=k donne ses deux solutions par période.
Copie C : le modèle est juste mais une seule solution est retenue, ou la calculatrice est en degrés.
Copie E : aucun modèle : des lectures approximatives sur le graphique.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : chaque étape est titrée, les deux seuils voisins 210 et 211 sont comparés et la décision est écrite.
Copie C : le seuil 211 apparaît sans justification de l'arrondi vers le haut.
Copie E : une réponse sans démarche.
Piège : ne garder que la solution 0,7798 de sinx=0,703125 et compter le temps jusqu'au maximum seulement donne 12,6 pour cent : la copie donne raison au technicien. Le sinus repasse sous 0,703125 en π−0,7798.
Exercice 3 : Situation-problème : le robot d'entrepôt à court de batterie
Dans un entrepôt de pièces détachées, un robot mobile autonome transporte des bacs. L'entrepôt est repéré en mètres (document 1) ; trois bornes de recharge fixes y sont installées, et une borne MOBILE, sur roulettes, est déplacée selon les besoins. Personne ne sait où elle a été laissée ce matin.
Le robot est parti de la borne B1 et a enregistré ses trois déplacements en ligne droite (document 2). Il s'est arrêté à la fin du troisième, toujours tourné dans la direction de ce dernier déplacement, avec 8 pour cent de charge. À pleine charge, il parcourt 100 m ; le constructeur impose d'arriver à une borne avec au moins 1 pour cent de charge. Il roule à 1,2 m/s et pèse 180 kg.
Son télémètre laser vient de repérer la borne mobile et donne sa position dans le repère du robot (document 3). La zone du quai de chargement est interdite aux robots : aucune borne qui s'y trouve n'est utilisable, et aucun trajet ne doit la traverser.
Document 1 : plan de l'entrepôt, en mètres. B1, B2 et B3 sont les bornes fixes ; la zone grisée est le quai de chargement.
Déplacement
Longueur (m)
Orientation (degrés, sens antihoraire depuis l'axe des x)
1
10
0
2
10
36,87
3
8
90
Document 2 : le journal de déplacement du robot depuis B1.
Document 3 : le repère du robot, lié à lui. Le télémètre situe la borne mobile au point de coordonnées (6 ; −2) de ce repère, en mètres.
Tâche. Le robot se déplace en ligne droite. Vers quelle borne faut-il l'envoyer ? Justifiez par des calculs.
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Réponses
1)Position du robot P(20;17) par la relation de Chasles
2)Borne mobile en (22;23), hors du quai, à 40≈6,32 m
3)Envoyer le robot à la borne mobile (B2 à 8,60 m et B3 à 9,22 m dépassent les 7 m utilisables)
Compréhension
On cherche la borne la plus sûre à atteindre : elle doit être hors du quai, joignable sans traverser le quai et à une distance au plus égale à l'autonomie restante.
Autonomie utilisable : (8−1) pour cent de 100 m, soit 7 m.
Il faut donc la position P du robot, celle de la borne mobile dans le repère de l'entrepôt, puis trois distances. La vitesse et la masse du robot sont inutiles.
Modèles
Un déplacement de longueur ℓ et d'orientation α est le vecteur (ℓcosα;ℓsinα), et la position finale s'obtient par la relation de Chasles : B1P est la somme des trois déplacements.
Le robot regarde dans la direction du déplacement 3, d'orientation 90∘ : son repère est celui de l'entrepôt tourné de 90∘. Les coordonnées lues par le télémètre se ramènent à l'entrepôt par la matrice de rotation de 90∘, (01−10), puis par une translation de vecteur OP.
(01−10)(6−2)=(26), donc la borne mobile est en M=(20+2;17+6)=(22;23).
M a une ordonnée de 23>16 : elle est hors du quai. Le segment [PM] reste à x≤22<24 : il ne traverse pas le quai.
PM=22+62=40≈6,32 m
PB2=72+52=74≈8,60 m et PB3=(−6)2+72=85≈9,22 m
Seule la borne mobile est à moins de 7 m.
Validation
Une rotation conserve les longueurs : la distance PM vaut bien la norme du vecteur lu par le télémètre, 62+(−2)2=40.
Sens : le robot regarde vers les y croissants ; « 2 m à droite » doit donc donner 2 m vers les x croissants, ce que donne (2;6).
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
Le robot, arrêté en (20;17), doit rejoindre la borne mobile située en (22;23), à environ 6,32 m : il y arrive avec une marge de près de 0,7 m. Les bornes fixes B2 et B3 sont hors de portée.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle calcule l'autonomie utilisable de 7 m, réserve déduite, et voit que le télémètre parle dans un AUTRE repère.
Copie C : elle oublie la réserve de 1 pour cent, ou ne vérifie pas le quai.
Copie E : elle compare des distances lues à vue sur le plan.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : Chasles et les composantes pour P, la matrice de rotation pour M, la norme pour les distances.
Copie C : P est juste, mais les coordonnées du télémètre sont ajoutées sans rotation.
Copie E : aucun calcul vectoriel.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : chaque vecteur est nommé, les trois distances sont comparées à 7 m et le trajet vers M est vérifié.
Copie C : bonne borne, mais sans comparer les trois candidates.
Copie E : une borne nommée sans traces.
Piège : ajouter (6;−2) à P sans tourner donne (26;15), dans le quai : la copie écarte la borne mobile et envoie le robot vers B2, à 8,60 m, où il ne peut pas arriver.
Exercice 4 : Situation-problème : le miroir ovale sous le toit en pente
Un atelier de mobilier de salle de bain fabrique des miroirs ovales sur mesure. Pour découper le contour, l'artisan utilise le « procédé du jardinier » (document 2) : il plante deux clous sur l'axe horizontal du miroir, attache à chacun un bout d'une même ficelle et fait le tour avec un crayon qui garde la ficelle tendue. Le catalogue propose trois modèles (document 3).
Une cliente installe son miroir au-dessus du lavabo d'une salle de bain sous les combles (document 1, vue du mur de face). Le miroir doit être centré sur l'axe du lavabo, son grand axe horizontal, et son point le plus bas doit se trouver 10 cm au-dessus du dessus du meuble. Il ne doit toucher le plafond en aucun point. Le plafond monte de 75 cm par mètre parcouru depuis le mur bas.
Le verre a 5 mm d'épaisseur et la colle de fixation sèche en 24 heures.
Document 1 : le mur, vu de face. Le plafond part de 130 cm de hauteur contre le mur bas ; le dessus du meuble est à 90 cm du sol ; l'axe du lavabo est à 100 cm du mur bas. Schéma non à l'échelle.
Document 2 : le procédé du jardinier. La ficelle tendue va d'un clou au crayon, puis du crayon à l'autre clou.
Modèle
Écart entre les clous (cm)
Longueur de la ficelle (cm)
Prix
S
48
80
189 dollars
M
60
100
249 dollars
L
72
120
329 dollars
Document 3 : les trois modèles, définis par leur tracé.
Tâche. La cliente veut le plus grand miroir possible. Quel modèle doit-elle commander ? Justifiez votre recommandation.
Voir la correction
Réponses
1)Modèle L : 4329u2+307800u+3402000=0, Δ>0, il touche le plafond
2)Modèle M : Δ<0, aucun contact
3)Commander le modèle M, ovale de 100 cm sur 80 cm
Compréhension
On cherche le plus grand modèle dont le contour ne rencontre pas la droite du plafond. Contraintes : centre sur x=100, point bas à 90+10=100 cm.
Données inutiles : l'épaisseur du verre, la colle et les prix (on veut le plus grand, pas le moins cher).
Modèles
Le crayon reste à une somme de distances constante des deux clous : le contour est une ellipse de foyers les clous. La ficelle mesure 2a, l'écart des clous 2c, et b2=a2−c2.
S : a=40, c=24, b=32 ; M : a=50, c=30, b=40 ; L : a=60, c=36, b=48.
Le centre est en (100;100+b) ; le plafond, qui part de 130 cm et monte de 0,75 par centimètre, est la droite y=0,75x+130.
Le miroir touche le plafond si le système ellipse et droite a au moins une solution : on substitue, et le discriminant décide.
Résolution
On pose u=x−100. Modèle L, centre (100;148) : y−148=0,75u+57.
3600u2+2304(0,75u+57)2=1
On multiplie par 8294400 : 4329u2+307800u+3402000=0.
Δ=3078002−4×4329×3402000≈3,58×1010>0 : deux points de contact, en x≈42,6 et x≈86,3. Le modèle L traverse le plafond.
Modèle M, centre (100;140) : y−140=0,75u+65.
2500u2+1600(0,75u+65)2=1, soit 3006,25u2+243750u+6562500=0.
Δ=2437502−4×3006,25×6562500≈−1,95×1010<0 : aucun point commun, le modèle M passe sous le plafond.
Validation
Contrôle en un point : en x=60, le plafond est à 175 cm. Le bord du modèle L y est à 148+481−602402≈183,8 cm, au-dessus : il touche bien. Celui du modèle M est à 140+401−502402=164 cm, 11 cm sous le plafond.
Le modèle S, plus petit et plus bas que M, passe a fortiori.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
La cliente doit commander le modèle M, un ovale de 100 cm de large sur 80 cm de haut : le modèle L toucherait le plafond en pente sur la gauche du miroir.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle fixe le centre en (100;100+b) et comprend que « ne toucher en aucun point » se vérifie sur toute la pente, pas seulement au-dessus du centre.
Copie C : elle ne vérifie que la hauteur du sommet du miroir sous le plafond, à la verticale du centre.
Copie E : elle confond les dimensions du miroir avec l'écart des clous.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : lien ficelle, 2a et foyers, b2=a2−c2, système semi-linéaire résolu par substitution et discriminant.
Copie C : les ellipses sont justes mais le système est mal posé (centre oublié, pente de la droite fausse).
Copie E : aucune équation d'ellipse.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : équations écrites pour chaque modèle testé, signe du discriminant interprété, modèle nommé.
Copie C : bon modèle, mais un seul discriminant calculé sans conclure sur l'autre modèle.
Copie E : un modèle choisi sans calcul.
Piège : comparer le sommet du modèle L (196 cm) au plafond à la verticale du centre (205 cm) fait conclure que L passe. Or la pente descend vers la gauche plus vite que le bord du miroir : le contact a lieu sur le côté.
Exercice 5 : Situation-problème : le mât de l'éolienne
Le propriétaire d'un atelier d'ébénisterie installé en région veut produire une partie de son électricité avec une petite éolienne. Le fabricant ne garantit la production annoncée que si la vitesse moyenne annuelle du vent, à la hauteur du moyeu, atteint au moins 5 m/s. Le moyeu est au sommet du mât.
Pendant un an, un mât de mesure a relevé la vitesse moyenne du vent à deux hauteurs (document 1). Sur ce terrain dégagé, la vitesse moyenne du vent augmente avec la hauteur, et chaque fois que la hauteur est multipliée par un même nombre, elle gagne le même nombre de mètres par seconde.
Le fournisseur vend quatre mâts standards (document 2). Il fabrique aussi des mâts sur mesure, de toute hauteur entière en mètres entre 12 m et 30 m : un tel mât coûte le prix que suivrait la gamme standard pour cette hauteur, plus 450 dollars de frais de fabrication. L'éolienne seule coûte 9800 dollars et son rotor mesure 4 m de diamètre.
Document 1 : le mât de mesure et les vitesses moyennes annuelles relevées à 10 m et à 30 m. Schéma non à l'échelle horizontalement.
Hauteur du mât standard (m)
12
18
24
30
Prix (dollars)
2 400
3 240
4 374
5 904,90
Document 2 : la gamme standard du fournisseur.
Tâche. Recommandez au propriétaire le mât le moins cher qui lui garantit la production annoncée, et donnez son prix.
Voir la correction
Réponses
1)v(h)=log31,3logh+1,4753 ; v(h)≥5 pour h≥19,66 m
2)Mât sur mesure de 20 m (le 18 m standard ne suffit pas)
3)2400×1,3568+450≈4030,88 dollars, soit 343,12 dollars de moins que le 24 m
Compréhension
On cherche la hauteur minimale h du moyeu qui donne une vitesse moyenne d'au moins 5 m/s, puis le mât le moins cher, standard ou sur mesure, d'au moins cette hauteur.
Données inutiles : le prix de l'éolienne (il est le même dans tous les cas) et le diamètre du rotor.
Modèles
« Même gain chaque fois que la hauteur est multipliée par un même nombre » : c'est une fonction logarithmique, v(h)=alogh+b.
Les prix standards sont multipliés par un même nombre tous les 6 m : 24003240=32404374=43745904,90=1,35. C'est une fonction exponentielle, P(h)=2400×1,356h−12.
Résolution
Avec (10;4,2) et (30;5,5) : a(log30−log10)=1,3, donc a=log31,3≈2,7247, et b=4,2−a≈1,4753.
alogh+b≥5⟺logh≥2,72475−1,4753≈1,2936⟺h≥101,2936≈19,66 m
Standard : le 18 m ne suffit pas (v(18)≈4,90 m/s) ; le premier qui convient est le 24 m, à 4374 dollars.
Sur mesure : la plus petite hauteur entière est 20 m.
P(20)=2400×1,3568≈3580,88 dollars, plus 450 : 4030,88 dollars.
Le mât sur mesure de 20 m coûte 343,12 dollars de moins que le standard de 24 m.
Validation
v(20)≈5,02 m/s : la garantie tient. À 19 m, v(19)≈4,96 m/s : elle ne tiendrait plus, 20 m est bien la hauteur minimale.
Le modèle de prix redonne la gamme : P(30)=2400×1,353=5904,90 dollars.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
Le propriétaire doit commander un mât sur mesure de 20 m, à 4030,88 dollars : le vent moyen y atteint 5,02 m/s, et il économise 343,12 dollars par rapport au mât standard de 24 m.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle traduit la phrase sur la hauteur en famille logarithmique, voit que les prix ont un rapport constant et compare les deux options.
Copie C : elle trouve la hauteur minimale mais ne pense pas au mât sur mesure, ou l'inverse.
Copie E : elle choisit le mât de 30 m « pour être sûre » sans calcul.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : règle logarithmique construite sur deux points, inéquation résolue, règle exponentielle du prix construite sur le rapport 1,35 par tranche de 6 m.
Copie C : une règle juste sur deux, ou une règle de prix linéaire entre 18 et 24 m.
Copie E : aucune règle : interpolation à vue.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : les deux prix sont calculés et comparés, la hauteur entière est justifiée par v(19) et v(20).
Copie C : bonne recommandation sans le calcul du prix sur mesure.
Copie E : une réponse sans traces.
Piège : interpoler la vitesse en ligne droite entre 10 m et 30 m donne h≥22,3 m, un mât sur mesure de 23 m à 4610,60 dollars, plus cher que le standard : la copie recommande le 24 m et fait perdre 343,12 dollars.
Partie B : situations de synthèse (/50)
Exercice 6 : Situation-problème : le ventilateur qui démarre trop tôt
Un amplificateur audio de scène est refroidi par un ventilateur que pilote une petite carte électronique. La température du dissipateur est mesurée par une thermistance CTN, dont la résistance baisse quand la température monte (document 2). La thermistance est montée en série avec une résistance fixe de 10 kΩ (document 1) ; la tension U à ses bornes vaut alors U=R+105R, en volts, où R est la résistance de la thermistance en kΩ.
Un convertisseur 10 bits transforme U en un code entier : il compte les pas ENTIERS de 10245 V contenus dans U. Le programme met le ventilateur en marche dès que le code est inférieur ou égal à un seuil S, réglé aujourd'hui à 300.
Les musiciens se plaignent : le ventilateur se met à souffler bien trop tôt. Le fabricant de l'amplificateur exige qu'il démarre au plus tard à 45 °C ; le technicien veut qu'il démarre le plus tard possible dans cette limite, pour le bruit. Le ventilateur consomme 2 W et la résistance fixe est précise à 1 pour cent près.
Document 1 : le montage de mesure. La tension U aux bornes de la thermistance est envoyée au convertisseur.
Température (°C)
15
25
35
45
Résistance de la CTN (kΩ)
16,702
10,000
5,987
3,585
Document 2 : extrait de la fiche technique de la thermistance.
Tâche. À quelle température le ventilateur démarre-t-il aujourd'hui ? Quel seuil S faut-il programmer, et à quelle température le ventilateur démarrera-t-il alors ?
Voir la correction
Réponses
1)R(T)=10×0,598710T−25, U=R+105R, N=[204,8U] ; avec S=300, démarrage vers 42,1 °C
2)À 45 °C, N=270 : seuil S=270
3)Démarrage vers 44,9 °C (avec S=269, 45,02 °C, trop tard)
Compréhension
Trois grandeurs : la température de démarrage avec S=300 ; le seuil S pour un démarrage au plus tard à 45 °C et le plus tard possible ; la température de démarrage avec ce seuil.
Données inutiles : la puissance du ventilateur et la précision de la résistance.
Quand T monte, R baisse, donc U et le code baissent : « code au plus égal à S » veut dire « assez chaud ».
Modèles
Tous les 10 °C, R est multipliée par le même nombre, 105,987=5,9873,585≈0,5987 : R(T)=10×0,598710T−25, une exponentielle.
U(R)=R+105R est rationnelle, de la forme homographique ; la tension est la composée U(R(T)).
Le code est N=[204,8U], car 51024=204,8. Pour un entier S : N≤S⟺204,8U<S+1.
Pour remonter de U à T, on prend les réciproques : R=5−U10U, puis T=25+10log0,5987log(R/10).
Résolution
Seuil actuel : U<204,8301≈1,4697 V, donc R<5−1,469710×1,4697≈4,163 kΩ.
T>25+10log0,5987log0,4163≈42,1 °C : le ventilateur démarre aujourd'hui vers 42,1 °C.
À 45 °C : U=13,5855×3,585≈1,3195 V et 204,8U≈270,23, donc N=270.
Le ventilateur doit tourner quand N=270, donc S≥270 ; plus S est grand, plus il démarre tôt : on prend S=270.
Avec S=270 : U<204,8271≈1,3232 V, R<3,599 kΩ, T>44,9 °C.
Validation
Avec S=269, le calcul donne un démarrage à 45,02 °C, au-delà de la limite : 270 est bien le plus petit seuil permis.
Le modèle redonne le tableau : 10×0,5987−1≈16,70 kΩ à 15 °C. Et 42,1 °C est bien « trop tôt » devant 45 °C, comme le disent les musiciens.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
Aujourd'hui, le ventilateur démarre vers 42,1 °C. Il faut programmer le seuil S=270 : il démarrera vers 44,9 °C, juste avant la limite de 45 °C.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle voit que le code BAISSE quand il fait chaud et traduit « au plus tard à 45 °C, le plus tard possible » par le plus petit S qui couvre 45 °C.
Copie C : elle calcule le code à 45 °C mais ne répond pas aux deux autres questions.
Copie E : elle cherche un seuil plus grand que 300 pour retarder le démarrage.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : exponentielle construite sur le rapport constant, composée U(R(T)), réciproques pour remonter à T, partie entière traduite en inégalité stricte.
Copie C : modèles justes, mais l'inégalité N≤S est traduite par 204,8U≤S.
Copie E : une règle linéaire pour R(T) lue entre deux lignes du tableau.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : chaque fonction est nommée, les seuils 269 et 270 sont comparés, les trois réponses sont écrites.
Copie C : le seuil est juste mais la température de démarrage n'est pas recalculée.
Copie E : des nombres sans titres ni phrase de conclusion.
Piège : croire que le code monte avec la température mène à un seuil plus grand que 300, qui fait démarrer le ventilateur encore plus tôt. Avant tout calcul, on suit le sens de variation de chaque fonction de la chaîne.
Exercice 7 : Situation-problème : le planning de la découpeuse au jet d'eau
Un atelier d'usinage découpe au jet d'eau, dans de la tôle d'acier de 25 mm, deux pièces pour un fabricant de machines agricoles : la pièce A, un segment de couronne (document 1), et la pièce B, une rondelle percée (document 2). La buse suit TOUT le contour de chaque pièce, trou compris, à la vitesse constante de 270 mm par minute.
Le logiciel de planification compte chaque pièce en minutes entières : toute minute entamée est comptée en entier. La découpeuse est disponible 40 heures par semaine. Chaque pièce est ensuite ébavurée à la main : 2 minutes pour une pièce A, 1 minute pour une pièce B, avec 20 heures d'ébavurage disponibles par semaine. Le client exige au moins 100 pièces B par semaine.
Une pièce A rapporte un profit de 9 dollars et une pièce B, 7 dollars. La pompe travaille à 4000 bars et l'abrasif est compris dans le coût horaire de la machine.
Document 1 : la pièce A, segment de couronne de centre O, de rayons 150 mm et 300 mm, d'angle 60°. Les pointillés ne sont pas découpés.
Document 2 : la pièce B, rondelle de diamètre 200 mm percée d'un trou central de diamètre 80 mm.
Tâche. Proposez au chef d'atelier le nombre de pièces de chaque sorte à produire chaque semaine pour que le profit soit le plus grand possible, et donnez ce profit.
Voir la correction
Réponses
1)Découpe : A ≈771,24 mm, 3 min ; B ≈879,65 mm, 4 min
2)3x+4y≤2400, 2x+y≤1200, y≥100 ; optimum au sommet (480;240)
3)480 pièces A et 240 pièces B, profit de 6000 dollars
Compréhension
On cherche les nombres x de pièces A et y de pièces B par semaine qui rendent le profit maximal sous trois contraintes : temps de découpe, temps d'ébavurage, commande minimale de B.
Le temps de découpe d'une pièce n'est pas donné : il faut le tirer de la longueur de son contour. Données inutiles : l'épaisseur, la pression et l'abrasif.
Modèles
Longueur d'un arc : ℓ=rθ, avec θ en RADIANS ; 60∘=3π rad.
Temps compté : ⌈270ℓ⌉, la partie entière par excès (minute entamée).
Programme linéaire : maximiser Z=9x+7y sur le polygone des contraintes ; l'optimum est atteint en un sommet.
Résolution
Pièce A : deux arcs et deux côtés droits, (300+150)×3π+2×150≈771,24 mm, soit 270771,24≈2,86 min, comptées 3 min.
Pièce B : le bord et le trou, 2π×100+2π×40≈879,65 mm, soit ≈3,26 min, comptées 4 min.
En (480;240) : 3×480+4×240=2400 min, la découpeuse est pleine ; 2×480+240=1200 min, l'ébavurage aussi ; 240≥100. Les deux ressources limitantes sont saturées, ce qui est attendu d'un optimum.
Les valeurs sont entières : le plan est réalisable tel quel.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
L'atelier doit produire 480 pièces A et 240 pièces B par semaine, pour un profit de 6000 dollars.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle comprend que le temps de découpe vient du contour COMPLET, trou compris, et que la minute entamée compte.
Copie C : elle pose le programme linéaire mais avec des temps de découpe inventés ou non arrondis.
Copie E : elle compare les profits unitaires et produit seulement des pièces A.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : longueurs d'arc en radians, partie entière par excès, contraintes et sommets justes, fonction économique évaluée.
Copie C : une erreur de contour (trou ou côtés droits oubliés) dans un programme linéaire par ailleurs juste.
Copie E : l'arc calculé avec l'angle en degrés, 150×60.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : variables définies, système écrit, chaque sommet calculé et testé, plan et profit conclus.
Copie C : bon optimum mais sommets non justifiés.
Copie E : un plan sans contraintes écrites.
Piège : oublier le trou de la rondelle et les côtés droits du segment donne des temps de 2 et 3 min, puis l'optimum (300;600) et 6900 dollars. Ce plan demande en réalité 3300 minutes de découpe, bien plus que les 2400 disponibles.
Exercice 8 : Situation-problème : le robot de peinture et sa table
Dans une usine de mobilier, un robot vernit des panneaux posés à plat sur une table. Son bras, vu de dessus, a deux segments de 0,9 m articulés à l'épaule et au coude (document 1). L'épaule tourne librement sur un tour complet ; le coude, lui, est limité : l'angle θ entre les deux segments reste entre 30∘ et 150∘. La buse doit pouvoir passer au-dessus de CHAQUE point du panneau.
Le plan de travail est repéré en mètres, l'épaule du robot à l'origine (document 2). Un panneau de 1,2 m sur 0,6 m y est posé, ses côtés parallèles aux axes. La table peut glisser sur une glissière parallèle à l'axe des x, vers le robot seulement, par crans de 5 cm, de 0 à 40 cm.
Le vernis sort à 0,3 litre par minute, le panneau a 18 mm d'épaisseur et le robot pèse 240 kg.
Document 1 : le bras vu de dessus. θ est l'angle au coude entre les deux segments, de 30° à 150°.
Document 2 : le plan de travail vu de dessus, en mètres. Le panneau ABCD a pour sommets A(0,3 ; 0,5), B(1,5 ; 0,5), C(1,5 ; 1,1) et D(0,3 ; 1,1). La flèche donne le sens de la glissière.
Tâche. Le robot peut-il vernir tout le panneau sans déplacer la table ? Sinon, de combien de centimètres faut-il la faire glisser ? Justifiez votre réglage.
Voir la correction
Réponses
1)Zone atteignable : 0,4659≤x2+y2≤1,7387 (m)
2)Non : OC≈1,8601 m dépasse la portée
3)k≥15,35 cm, donc glissement de 20 cm
Compréhension
On cherche le plus petit glissement de la table, un multiple de 5 cm entre 0 et 40 cm, pour que tout le panneau soit dans la zone que la buse peut atteindre.
Il faut donc décrire cette zone à partir de la limite du coude. Le débit, l'épaisseur et la masse sont inutiles.
Modèles
Dans le triangle épaule, coude, buse, deux côtés de 0,9 m encadrent l'angle θ : la loi des cosinus donne la distance d de l'épaule à la buse, d2=0,92+0,92−2×0,9×0,9cosθ=1,62(1−cosθ).
Comme cosθ décroît de 30∘ à 150∘, d croît. L'épaule tournant librement, la zone atteignable est la couronne entre deux cercles de centre O : dmin2≤x2+y2≤dmax2.
Le glissement est une translation de vecteur (−k;0), k en mètres.
Résolution
dmax=1,62(1−cos150∘)≈1,7387 m et dmin=1,62(1−cos30∘)≈0,4659 m
Sans glissement, le sommet le plus éloigné est C : OC=1,52+1,12≈1,8601>1,7387. Le coin C est hors de portée.
Après la translation, C′(1,5−k;1,1) : (1,5−k)2+1,21≤1,73872≈3,0230, donc 1,5−k≤1,3465 et k≥0,1535 m.
La glissière avance par crans de 5 cm : 15 cm ne suffisent pas (OC′≈1,7414 m), il faut 20 cm (OC′≈1,7029 m).
Côté intérieur, avec k=0,2, le panneau va de x=0,1 à x=1,3 et de y=0,5 à y=1,1 : son point le plus proche de O est A′(0,1;0,5), à ≈0,5099 m, au-delà de dmin.
Validation
Contrôle par l'angle moitié : 1−cosθ=2sin22θ donne d=1,8sin2θ, soit 1,8sin75∘≈1,7387 m : même portée.
Marges : 1,7387−1,7029≈3,6 cm vers l'extérieur, 0,5099−0,4659≈4,4 cm vers l'intérieur. Le glissement de 20 cm reste dans la course de 40 cm.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
Non, le coin C est hors de portée. Il faut faire glisser la table de 20 cm vers le robot : tout le panneau est alors entre 0,51 m et 1,70 m de l'épaule, dans la zone atteignable.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle voit que la limite du coude fixe une portée MAXIMALE et une portée MINIMALE, et que tout le panneau, pas seulement ses coins, doit être atteint.
Copie C : elle traite la portée maximale mais oublie la zone morte près de l'épaule.
Copie E : elle prend 1,8 m, bras tendu, comme portée.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : loi des cosinus pour d, couronne entre deux cercles, inéquation de la translation, arrondi au cran supérieur.
Copie C : portées justes mais translation mal traduite, par exemple appliquée à y.
Copie E : aucune relation entre l'angle du coude et la portée.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : sommet critique désigné, inéquation résolue, crans de 15 et 20 cm comparés, réglage énoncé.
Copie C : k≥0,1535 m trouvé sans conclure sur la glissière.
Copie E : un réglage annoncé sans traces.
Piège : ignorer la limite de 150∘ et prendre le bras tendu, 1,8 m, donne k≥0,075 m et un réglage de 10 cm : avec ce réglage, OC′≈1,7804 m et la buse n'atteint pas le coin C.
Exercice 9 : Situation-problème : le flacon redessiné
Une entreprise de produits ménagers remplace son flacon de nettoyant, un prisme rectangulaire (document 1), par un flacon cylindrique au design plus moderne (document 2). Le designer doit respecter le cahier des charges (document 3) ; il veut, en plus, le flacon le plus LARGE possible, parce qu'un flacon large se renverse moins sur une tablette de douche.
Le corps du flacon est un cylindre : on néglige l'épaisseur du plastique et la pompe vissée au-dessus, haute de 2,5 cm. Le plastique coûte 0,8 cent le centimètre carré.
Document 1 : l'ancien flacon, un prisme rectangulaire de 6 cm sur 4 cm sur 15 cm.
Document 2 : le nouveau flacon, un cylindre de rayon r et de hauteur h. L'étiquette fait tout le tour du corps et laisse 2 cm libres en haut et en bas. Schéma non à l'échelle.
Exigence
Valeur
Contenance
la même que l'ancien flacon
Diamètre (prise en main)
de 5,0 cm à 6,5 cm
Hauteur du corps (tablette)
au plus 18 cm
Aire de l'étiquette (mentions bilingues)
au moins 150 cm²
Moules
diamètre en millimètres entiers
Document 3 : le cahier des charges du nouveau flacon.
Tâche. Quel diamètre et quelle hauteur le designer doit-il donner au nouveau flacon ? Justifiez que votre choix respecte tout le cahier des charges.
Voir la correction
Réponses
1)πr2h=360 et r720−8πr≥150, d'où r≤3,1439 cm
2)Diamètre de 62 mm (63 mm donnerait une étiquette de 149,4 cm²)
3)Hauteur ≈11,92 cm, étiquette ≈154,3 cm²
Compréhension
On cherche le plus grand diamètre, en millimètres entiers, qui respecte les quatre exigences, puis la hauteur qui en découle.
« Même contenance » : les deux flacons sont des solides ÉQUIVALENTS. Données inutiles : la pompe et le prix du plastique.
Modèles
Volume de l'ancien flacon : 6×4×15=360 cm³. Pour le cylindre, πr2h=360, donc h=πr2360.
L'étiquette est un rectangle déroulé de longueur 2πr et de hauteur h−4 : A(r)=2πr(πr2360−4)=r720−8πr, une expression rationnelle en r.
Résolution
Hauteur : πr2360≤18⟺r2≥18π360≈6,366⟺r≥2,523 cm, soit un diamètre d'au moins 5,05 cm.
Étiquette : r720−8πr≥150 ; comme r>0, on multiplie par r sans changer le sens : 8πr2+150r−720≤0.
r=16π−150+1502+4×8π×720≈50,27−150+308,03≈3,1439 cm (l'autre racine est négative).
Donc r≤3,1439 cm, un diamètre d'au plus 62,88 mm, plus restrictif que les 65 mm de la prise en main.
Diamètre admissible : de 50,5 mm à 62,88 mm. Le plus grand en millimètres entiers est 62 mm, soit r=3,1 cm.
h=π×3,12360≈11,92 cm
Validation
Avec 62 mm : étiquette 2π×3,1×7,92≈154,3 cm² ≥150, hauteur 11,92≤18, diamètre entre 5 et 6,5 cm. Avec 63 mm : h≈11,55 cm et une étiquette de 149,4 cm², trop petite.
Volume : π×3,12×11,92≈360 cm³.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
Le nouveau flacon doit mesurer 62 mm de diamètre et environ 11,9 cm de hauteur : il contient 360 cm³ comme l'ancien, et son étiquette fait environ 154,3 cm².
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle traduit « même contenance » par l'égalité des volumes, relève que l'étiquette perd 4 cm de hauteur et repère la contrainte la plus restrictive.
Copie C : elle oublie une exigence (la hauteur maximale ou les millimètres entiers).
Copie E : elle garde la hauteur de 15 cm de l'ancien flacon.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : volume du cylindre, expression rationnelle de l'aire, inéquation ramenée au second degré en multipliant par r>0, formule quadratique.
Copie C : modèle juste mais inéquation mal traitée (sens changé, racine négative gardée).
Copie E : aucune expression en fonction de r : essais au hasard.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : chaque contrainte donne un intervalle, l'intersection est écrite, l'arrondi est justifié par le contrôle de 63 mm.
Copie C : bon diamètre sans contrôle de l'arrondi.
Copie E : des dimensions sans justification.
Piège : arrondir 62,88 mm au plus proche donne 63 mm, et une étiquette de 149,4 cm² : sous une borne supérieure, on arrondit vers le BAS.
Exercice 10 : Situation-problème : l'écart entre les rangées de panneaux solaires
Une coopérative agricole installe un parc de panneaux solaires sur un terrain plat. Les panneaux sont montés en longues rangées orientées est-ouest, face au sud, inclinés de 40∘ (document 2). Plus les rangées sont serrées, plus le terrain en reçoit, mais une rangée peut faire de l'ombre à celle qui est derrière elle quand le soleil est bas.
Le tableau du document 1 donne la hauteur angulaire du soleil à midi au-dessus de l'horizon, sur le site, à quatre dates. D'une année à l'autre, cette hauteur suit le même cycle régulier de 365 jours.
L'installateur propose un entraxe de 4,0 m (distance entre les bords avant de deux rangées voisines) et affirme : « à midi, la rangée avant fera de l'ombre à la rangée arrière moins de 60 jours par année ». La coopérative exige justement au plus 60 jours d'ombre à midi. Un panneau produit 400 W en plein soleil.
Date
21 mars
21 juin
21 septembre
21 décembre
Rang du jour dans l'année
80
172
264
355
Hauteur du soleil à midi
44,2°
67,9°
44,2°
21,1°
Document 1 : hauteur du soleil à midi sur le site. Le 21 juin et le 21 décembre sont les extrêmes de l'année.
Document 2 : deux rangées vues de profil. Chaque panneau mesure 2,0 m dans le sens de la pente ; son bord bas touche presque le sol. Le rayon orange montre le soleil à une hauteur E quelconque. Schéma à l'échelle.
Tâche. L'affirmation de l'installateur est-elle juste ? Si elle ne l'est pas, recommandez l'entraxe minimal, au centimètre, qui respecte l'exigence de la coopérative.
Voir la correction
Réponses
1)E(n)=23,4cos(3652π(n−172))+44,5 ; ombre si E<27,52∘, environ 88 jours
2)L'affirmation est fausse (88>60)
3)Entraxe minimal 4,40 m (limite E∗≈24,15∘)
Compréhension
On cherche le nombre de jours par année où, à midi, l'ombre du bord haut de la rangée avant atteint la rangée arrière ; puis, s'il dépasse 60, l'entraxe qui le ramène à 60.
L'ombre ne commence pas au bord avant de la rangée : elle part du bord haut, déjà avancé de la projection du panneau. La puissance des panneaux est inutile.
Modèles
Hauteur à midi : une sinusoïde d'amplitude 267,9−21,1=23,4, d'axe 44,5, de période 365, maximale au jour 172 :
E(n)=23,4cos(3652π(n−172))+44,5
Panneau : il s'élève de 2sin40∘≈1,2856 m et avance de 2cos40∘≈1,5321 m. L'ombre du bord haut s'étend de tanE1,2856 au-delà, une fonction tangente de E.
Résolution
Espace libre devant la rangée arrière : 4−1,5321=2,4679 m. Ombre si tanE1,2856>2,4679, soit tanE<0,5209 ; la tangente croît sur ]0∘;90∘[, donc E<27,52∘.
E(n)<27,52⟺cos(3652π(n−172))<−0,7258
Sur le cercle trigonométrique, l'angle est entre 2,3830 et 2π−2,3830 rad : un arc de 1,5171 rad.
Nombre de jours : 365×2π1,5171≈88 jours. L'affirmation est fausse.
Pour 60 jours, l'arc vaut 2π×36560≈1,0329 rad, centré sur π : E∗=44,5+23,4cos(π−0,5164)≈24,15∘.
Espace libre nécessaire : tan24,15∘1,2856≈2,8670 m, donc un entraxe de 1,5321+2,8670≈4,3991 m, arrondi au centimètre SUPÉRIEUR : 4,40 m.
Validation
La période d'ombre va des jours 310 à 399, soit du début novembre au début février : elle est centrée sur le 21 décembre, quand le soleil est le plus bas, ce qui est attendu.
Le modèle redonne le tableau : E(80)≈44,2∘. Et pour n'avoir AUCUNE ombre à midi, il faudrait 1,5321+tan21,1∘1,2856≈4,86 m.
Ce contrôle relève du critère de validation : il donne lieu à une rétroaction, il ne compte pas dans la note.
Conclusion
L'installateur a tort : avec 4,0 m, la rangée avant ombre la rangée arrière à midi environ 88 jours par année. Il faut un entraxe d'au moins 4,40 m pour s'en tenir à 60 jours.
Grille
Cr1, compréhension. Copie A : elle voit que l'ombre part du bord HAUT et que l'espace libre vaut l'entraxe moins la projection du panneau, et elle traduit 60 jours en un arc du cycle.
Copie C : elle traite l'ombre d'un jour précis, le 21 décembre, sans compter les jours.
Copie E : elle compare la longueur du panneau à l'entraxe.
Cr2, mobilisation des savoirs. Copie A : sinusoïde construite sur le tableau, inéquation de la tangente, inéquation trigonométrique résolue sur le cercle, conversion de l'arc en jours.
Copie C : une erreur de paramètre (période 2π au lieu de 365, maximum mal placé) dans une démarche par ailleurs juste.
Copie E : hauteurs du soleil interpolées en ligne droite.
Cr3, élaboration d'une solution. Copie A : chaque grandeur est nommée, les deux réponses sont conclues, l'entraxe est arrondi vers le haut.
Copie C : 88 jours trouvés sans recommandation d'entraxe.
Copie E : un verdict sans traces.
Piège : comparer l'ombre à l'entraxe complet de 4 m, sans retirer les 1,53 m de projection, donne tanE<0,32, soit E<17,8∘, ce qui n'arrive jamais : la copie donne raison à l'installateur.
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