Mathématiques pour l'informatique 201-N11 • Cégep à Montréal

Fiche de révision : dénombrement et probabilités (201-N11)

Le dénombrement est le seul chapitre où l'erreur se produit AVANT le calcul : une fois le mauvais modèle choisi, la suite est impeccable et fausse. Cette fiche traite donc les deux questions qui fixent le modèle, puis les confusions de probabilité qui coûtent le plus cher.

Elle est écrite pour les étudiants de cégep en techniques de l'informatique à Montréal et pour tous ceux qui rencontrent les probabilités du côté des algorithmes. La série d'exercices corrigés du même chapitre met ensuite chaque réflexe à l'épreuve.

Le fil du chapitre

Avant tout calcul, deux questions : l'ORDRE compte-t-il, et peut-on répéter ? Elles décident du modèle. Ensuite, une seule confusion coûte des points partout, celle de P(AB)P(A\mid B) avec P(BA)P(B\mid A).

Ce chapitre fait partie de Mathématiques pour l'informatique, 201-N11

Avant ce chapitre

Cette fiche suppose ces notions acquises. Si une méthode ci-dessous reste opaque, c'est presque toujours l'une d'elles qui manque, pas la fiche.

Remonter plus loin : la chaîne complète (2 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Logique booléenne et mathématique
  2. 2Théorie des ensembles et relations

L'essentiel

Les quatre tirages, et les deux questions qui les séparent

  • PRINCIPE MULTIPLICATIF : kk étapes offrant n1,,nkn_{1},\ldots,n_{k} choix donnent n1××nkn_{1}\times\cdots\times n_{k} résultats, à condition que le NOMBRE de choix de chaque étape ne dépende pas des précédents.
  • Tirage de kk objets parmi nn, ORDONNÉ SANS remise : n!(nk)!\frac{n!}{(n-k)!}, ce qu'on appelle un arrangement.
  • ORDONNÉ AVEC remise : nkn^{k}. NON ORDONNÉ SANS remise : (nk)=n!k!(nk)!\binom{n}{k}=\frac{n!}{k!\,(n-k)!}. NON ORDONNÉ AVEC remise : (n+k1k)\binom{n+k-1}{k}.
  • Le test qui tranche : deux résultats qui ne diffèrent que par l'ordre sont-ils le MÊME résultat ? Si oui, c'est une combinaison.
sans remiseavec remiseordonnén! / (n-k)!n^knon ordonnéC(n, k)C(n+k-1, k)
Deux questions et une seule case : l'ordre compte-t-il, et peut-on répéter ? Le test décisif est celui-ci : deux résultats qui ne diffèrent que par l'ordre sont-ils le même résultat ?

Le principe multiplicatif tombe dès que le nombre de choix change selon ce qui précède. « Un mot de quatre lettres distinctes » reste multiplicatif, 26×25×24×2326\times 25\times 24\times 23; « un mot dont les lettres sont en ordre croissant » ne l'est plus.

Coefficients binomiaux : les trois identités utiles

  • PASCAL : (nk)=(n1k1)+(n1k)\binom{n}{k}=\binom{n-1}{k-1}+\binom{n-1}{k}, ce qui construit le triangle ligne par ligne.
  • SYMÉTRIE : (nk)=(nnk)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k}. Choisir kk objets, c'est en écarter nkn-k.
  • SOMME D'UNE LIGNE : k=0n(nk)=2n\sum_{k=0}^{n}\binom{n}{k}=2^{n}, qui est le nombre de PARTIES d'un ensemble à nn éléments.
  • PRINCIPE DES TIROIRS : mm objets dans nn tiroirs mettent au moins mn\left\lceil\frac{m}{n}\right\rceil objets dans un même tiroir.

Le principe des tiroirs est un énoncé d'EXISTENCE : il ne dit ni quel tiroir, ni combien de tiroirs sont chargés. Une conclusion qui nomme le tiroir est fausse.

Conditionnelle, probabilités totales et Bayes

  • P(AB)=P(AB)P(B)P(A\mid B)=\frac{P(A\cap B)}{P(B)}, définie seulement si P(B)0P(B)\neq 0.
  • PROBABILITÉS TOTALES : si les BiB_{i} forment une partition, P(A)=iP(ABi)P(Bi)P(A)=\sum_{i}P(A\mid B_{i})P(B_{i}).
  • BAYES : P(BA)=P(AB)P(B)P(A)P(B\mid A)=\frac{P(A\mid B)P(B)}{P(A)}, obtenue en écrivant P(AB)P(A\cap B) des deux façons.
  • P(AB)P(A\mid B) et P(BA)P(B\mid A) n'ont AUCUNE raison d'être proches : sur un dépistage, l'écart va de 99%99\% à 17%17\%.

Sur une question de dépistage, de spam ou de test d'intrusion, l'arbre pondéré est plus sûr que la formule : deux niveaux, quatre branches, et l'on lit directement les effectifs.

Indépendance, espérance et le seuil des collisions

  • INDÉPENDANCE : P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B). Deux événements de probabilité non nulle ne peuvent pas être à la fois indépendants et INCOMPATIBLES.
  • ESPÉRANCE : E(X)=ixipiE(X)=\sum_{i}x_{i}p_{i}. Recherche séquentielle réussie : n+12\frac{n+1}{2} comparaisons en moyenne. Attente d'un succès de probabilité pp : 1p\frac{1}{p} essais.
  • Pour un événement « au moins un », on passe par le CONTRAIRE : P(au moins un)=1P(aucun)P(\text{au moins un})=1-P(\text{aucun}).
  • ANNIVERSAIRES : le seuil de 50%50\% de collision parmi NN valeurs est atteint vers 1,18N1{,}18\sqrt{N} tirages.

Conséquence directe en informatique : une empreinte de nn bits ne résiste aux collisions que jusqu'à environ 2n/22^{n/2} essais, pas 2n2^{n}. C'est pourquoi une empreinte de 128128 bits est aujourd'hui jugée insuffisante.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Choisir le modèle sans se poser les deux questions

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Un comité de 33 personnes parmi 1010 : 10×9×8=72010\times 9\times 8=720 comités. »

Ce qu'il faut écrire

« Un comité n'est pas ordonné : deux résultats qui ne diffèrent que par l'ordre sont le même comité. Donc (103)=7206=120\binom{10}{3}=\frac{720}{6}=120. »

Pourquoi : Le facteur k!k! est exactement le nombre d'ordres possibles des mêmes kk éléments. Oublier de diviser revient à compter chaque comité six fois quand k=3k=3.

2. Lire une probabilité conditionnelle à l'envers

toute la question, et une conclusion dangereuse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le test est fiable à 99%99\%, donc un positif est malade à 99%99\%. »

Ce qu'il faut écrire

« 99%99\% est P(positifmalade)P(\text{positif}\mid\text{malade}). Ce qu'on cherche est P(maladepositif)P(\text{malade}\mid\text{positif}), qui vaut ici 9,959,417%\frac{9{,}9}{59{,}4}\approx 17\%. »

1000 personnes testées, 59,4 positifs49,59,9maladessains
Sur 10001000 personnes, 1010 malades dont 9,99{,}9 positives et 990990 saines dont 49,549{,}5 positives : parmi les 59,459{,}4 positifs, seuls 17%17\% sont malades, alors que le test est fiable à 99%99\%.

Pourquoi : Les deux conditionnelles portent sur des populations différentes : l'une rapporte les positifs aux malades, l'autre les malades aux positifs. Quand la maladie est rare, les faux positifs écrasent les vrais.

3. Appliquer la formule uniforme à des cas non équiprobables

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« La somme de deux dés vaut de 22 à 1212, soit 1111 issues, donc P(7)=111P(7)=\frac{1}{11}. »

Ce qu'il faut écrire

« Les 1111 sommes ne sont pas équiprobables. Sur les 3636 couples équiprobables, six donnent 77, donc P(7)=636=16P(7)=\frac{6}{36}=\frac{1}{6}. »

Pourquoi : La formule « cas favorables sur cas possibles » ne vaut que sur un univers ÉQUIPROBABLE. Le bon univers est celui des couples de dés, pas celui des sommes.

4. Additionner les probabilités d'événements qui se recoupent

1 à 2 points, et parfois une probabilité supérieure à $1$

Ce qu'il ne faut pas écrire

« P(AB)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B). »

Ce qu'il faut écrire

« P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B), et l'on ne retire rien seulement si AA et BB sont INCOMPATIBLES. »

Pourquoi : Sans le retrait, l'intersection est comptée deux fois. Le contrôle est immédiat : un résultat supérieur à 11 signale toujours cette faute.

5. Confondre indépendants et incompatibles

2 points, et un raisonnement inversé

Ce qu'il ne faut pas écrire

« AA et BB sont incompatibles, donc ils sont indépendants. »

Ce qu'il faut écrire

« Incompatibles signifie P(AB)=0P(A\cap B)=0; indépendants signifie P(AB)=P(A)P(B)P(A\cap B)=P(A)P(B). Si les deux probabilités sont non nulles, les deux propriétés s'EXCLUENT. »

Pourquoi : Deux événements incompatibles sont au contraire fortement liés : savoir que AA s'est réalisé donne une information maximale sur BB, puisque BB ne peut plus se produire.

6. Traiter « au moins un » de face

toute la question

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Au moins un six en quatre lancers : 16+16+16+16=23\frac{1}{6}+\frac{1}{6}+\frac{1}{6}+\frac{1}{6}=\frac{2}{3}. »

Ce qu'il faut écrire

« On passe par le contraire : P(aucun six)=(56)4P(\text{aucun six})=\left(\frac{5}{6}\right)^{4}, donc P(au moins un)=1(56)40,518P(\text{au moins un})=1-\left(\frac{5}{6}\right)^{4}\approx 0{,}518. »

Pourquoi : Additionner les probabilités de chaque lancer compte plusieurs fois les tirages qui donnent deux six ou plus. Le contraire d'« au moins un » est « aucun », et il se calcule d'un seul produit.

7. Faire dire au principe des tiroirs plus qu'il ne dit

1 à 2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Treize personnes, douze mois : le mois de janvier contient donc au moins deux anniversaires. »

Ce qu'il faut écrire

« Il EXISTE un mois contenant au moins deux anniversaires. Le principe ne dit ni lequel, ni combien de mois sont dans ce cas. »

Pourquoi : C'est un énoncé d'existence pure, obtenu par l'absurde : si chaque tiroir contenait au plus un objet, il y aurait au plus nn objets. Rien dans cet argument ne désigne un tiroir.

8. Surestimer la résistance d'une empreinte aux collisions

toute la question, et une conclusion de sécurité fausse

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Une empreinte de 128128 bits demande 21282^{128} essais pour trouver une collision. »

Ce qu'il faut écrire

« 21282^{128} est le coût d'une PRÉIMAGE. Pour une collision, le paradoxe des anniversaires ramène le coût à environ 2642^{64} essais, ce qui est aujourd'hui atteignable. »

Pourquoi : Chercher une collision, c'est chercher UNE paire parmi toutes les paires possibles : leur nombre croît comme le carré du nombre d'essais, ce qui divise l'exposant par deux.

Quelle méthode choisir

Quel modèle de dénombrement, selon la forme du résultat

On décrit d'abord UN résultat possible, puis on se demande si l'ordre le change et si les répétitions sont permises. Le modèle suit.

  • Si les étapes sont indépendantes et le nombre de choix ne change pas principe multiplicatif, produit des nombres de choix

    Exemple : une plaque de 33 lettres et 44 chiffres : 263×10426^{3}\times 10^{4}

  • Si un résultat est une SUITE, et l'on ne peut pas répéter arrangement n!(nk)!\frac{n!}{(n-k)!}

    Exemple : podium de 33 parmi 1010 coureurs : 10×9×8=72010\times 9\times 8=720

  • Si un résultat est une SUITE, et l'on peut répéter nkn^{k}

    Exemple : un mot de passe de 88 caractères parmi 9494 : 94894^{8}

  • Si un résultat est un ENSEMBLE, sans répétition combinaison (nk)\binom{n}{k}

    Exemple : comité de 33 parmi 1010 : (103)=120\binom{10}{3}=120

    Le test : si l'on échange deux éléments du résultat et qu'on obtient le même objet, c'est une combinaison.

  • Si un résultat est un ensemble avec répétitions permises (n+k1k)\binom{n+k-1}{k}

    Exemple : 55 boules identiques dans 33 boîtes : (75)=21\binom{7}{5}=21

  • Si le nombre de choix DÉPEND des étapes précédentes le principe multiplicatif tombe : découper en cas disjoints, ou compter le contraire

    Exemple : les mots dont les lettres sont en ordre strictement croissant

Quand aucun modèle ne s'impose, décrire un résultat concret sur le brouillon puis en écrire un second qui doit ou ne doit pas être compté à part. Cette comparaison tranche en dix secondes.

Quelle formule de probabilité selon la question

Les énoncés du chapitre se ramènent à six formes, reconnaissables à un mot ou à une donnée fournie.

  • Si univers fini et cas visiblement équiprobables P(A)=cas favorablescas possiblesP(A)=\frac{\text{cas favorables}}{\text{cas possibles}}, après avoir choisi le bon univers

    Exemple : les 3636 couples de deux dés, pas les 1111 sommes

  • Si l'énoncé dit « au moins un » passer par le CONTRAIRE, « aucun », qui est un simple produit

    Exemple : 1(56)41-\left(\frac{5}{6}\right)^{4}

  • Si l'énoncé dit « sachant que », « parmi ceux qui » probabilité conditionnelle P(AB)=P(AB)P(B)P(A\mid B)=\frac{P(A\cap B)}{P(B)}

    Exemple : « parmi les positifs, quelle proportion est malade »

  • Si l'énoncé donne les probabilités selon plusieurs cas exhaustifs formule des probabilités totales, ou arbre pondéré à deux niveaux

    Exemple : P(positif)=0,99×0,01+0,05×0,99P(\text{positif})=0{,}99\times 0{,}01+0{,}05\times 0{,}99

  • Si l'énoncé donne P(AB)P(A\mid B) et demande P(BA)P(B\mid A) Bayes, ou plus sûrement un arbre pondéré rempli en EFFECTIFS

    Exemple : de 99%99\% de fiabilité à 17%17\% de malades parmi les positifs

    Raisonner sur 10001000 ou 1000010\,000 individus fictifs évite toutes les erreurs de formule et se rédige aussi bien.

  • Si l'énoncé demande « en moyenne », « combien d'essais » espérance E(X)=xipiE(X)=\sum x_{i}p_{i}, ou 1p\frac{1}{p} pour l'attente d'un premier succès

    Exemple : n+12\frac{n+1}{2} comparaisons pour une recherche séquentielle réussie

Avant de conclure, on vérifie que le résultat est compris entre 00 et 11, et que les probabilités des cas d'une partition font bien 11. Ces deux contrôles attrapent la majorité des fautes de ce chapitre.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Rédiger un dénombrement

Quand l'utiliser : Toute question qui demande « combien de », et donc aussi tout calcul de probabilité uniforme.

  1. 1 Décrire UN résultat possible, concrètement : « Un comité est un ensemble de 33 personnes choisies parmi les 1010. »
  2. 2 Répondre aux deux questions par écrit : « L'ordre ne compte pas, et l'on ne peut pas choisir deux fois la même personne. »
  3. 3 Nommer le modèle et l'appliquer : « Il s'agit donc d'une combinaison : (103)\binom{10}{3}. »
  4. 4 Calculer en montrant la simplification : « (103)=10×9×83×2×1=120\binom{10}{3}=\frac{10\times 9\times 8}{3\times 2\times 1}=120. »
  5. 5 Vérifier sur un cas minuscule si le modèle laisse un doute : « Avec 33 personnes et des comités de 22, la formule donne 33, et l'on énumère bien 33 comités. »

Phrase de conclusion

L'ordre ne comptant pas et les répétitions étant exclues, le nombre de comités est (103)=120\binom{10}{3}=120.

Le piège : Écrire directement la formule sans dire pourquoi. Le correcteur note le CHOIX du modèle plus que le calcul, et une formule juste sans justification perd le point de raisonnement.

Barème : En général 1 point pour la description d'un résultat, 1 point pour le modèle nommé et justifié, 1 point pour le calcul.

Rédiger un calcul de Bayes par les effectifs

Quand l'utiliser : L'énoncé donne une fiabilité, un taux de faux positifs et une prévalence, et demande une probabilité « sachant que ».

  1. 1 Choisir une population fictive ronde et l'ANNONCER : « Raisonnons sur 10001000 personnes. »
  2. 2 Répartir selon la première partition : « 1%1\% de malades, soit 1010 malades et 990990 personnes saines. »
  3. 3 Appliquer les taux à chaque branche : « 99%99\% des 1010 malades sont positifs, soit 9,99{,}9; 5%5\% des 990990 saines aussi, soit 49,549{,}5. »
  4. 4 Additionner pour obtenir le dénominateur : « Au total 9,9+49,5=59,49{,}9+49{,}5=59{,}4 personnes positives. »
  5. 5 Former le rapport demandé et l'interpréter : « Parmi elles, 9,99{,}9 sont malades, soit environ 17%17\%. »

Phrase de conclusion

La probabilité d'être malade sachant que le test est positif vaut 9,959,40,167\frac{9{,}9}{59{,}4}\approx 0{,}167, soit environ 17%17\%, alors que le test est fiable à 99%99\%.

Le piège : Rendre 99%99\% en croyant avoir répondu. La donnée de l'énoncé est P(positifmalade)P(\text{positif}\mid\text{malade}), la question porte sur P(maladepositif)P(\text{malade}\mid\text{positif}) : ce sont deux rapports différents sur deux populations différentes.

Barème : 1 point pour la population de référence, 1 point par branche correctement pondérée, 1 point pour le rapport final interprété.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le paradoxe des anniversaires, jusqu'aux collisions de hachage

Dans un groupe de nn personnes, on cherche la probabilité qu'au moins deux partagent leur date d'anniversaire. On néglige les années bissextiles et l'on suppose les 365365 dates équiprobables.

1. Déterminer le plus petit nn pour lequel cette probabilité dépasse 12\frac{1}{2}.

2. En déduire le coût de recherche d'une collision sur une empreinte de 128128 bits.

10203040506070800.20.40.60.8123 personnespresque certain
La probabilité qu'au moins deux personnes partagent leur anniversaire dépasse 12\frac{1}{2} dès 2323 personnes, et non 183183 : ce sont les PAIRES qui comptent, et il y en a déjà 253253.

Étape 1

L'événement « au moins deux personnes partagent une date » a pour contraire « les nn dates sont toutes distinctes ». On calcule le contraire.

Pourquoi

« Au moins deux » découperait le calcul en une somme de cas qui se recouvrent. Le contraire, lui, est un seul dénombrement, et c'est le geste réflexe de tout le chapitre.

Étape 2

Cas possibles : chaque personne a 365365 dates, soit 365n365^{n} listes, tirage ORDONNÉ AVEC remise. Cas favorables au contraire : 365×364××(365n+1)365\times 364\times\cdots\times(365-n+1), tirage ordonné SANS remise.

Pourquoi

Les deux dénombrements portent sur le même univers ordonné, ce qui est indispensable pour que le quotient ait un sens. Mélanger un numérateur non ordonné et un dénominateur ordonné est l'erreur classique ici.

Étape 3

D'où P(toutes distinctes)=365365×364365××365n+1365P(\text{toutes distinctes})=\dfrac{365}{365}\times\dfrac{364}{365}\times\cdots\times\dfrac{365-n+1}{365}, produit de nn facteurs.

Pourquoi

L'écriture en produit de fractions se calcule directement à la calculatrice et évite les factorielles de 365365, qui débordent toute machine.

Étape 4

Pour n=22n=22 : P(toutes distinctes)0,5243P(\text{toutes distinctes})\approx 0{,}5243, donc P(collision)0,4757<12P(\text{collision})\approx 0{,}4757<\frac{1}{2}. Pour n=23n=23 : 0,4927\approx 0{,}4927, donc P(collision)0,5073>12P(\text{collision})\approx 0{,}5073>\frac{1}{2}.

Pourquoi

On encadre le seuil en testant les deux valeurs voisines. Donner seulement n=23n=23 sans montrer que 2222 ne convient pas laisse la moitié de la démonstration en suspens.

Étape 5

Interprétation : avec 2323 personnes il y a (232)=253\binom{23}{2}=253 PAIRES, et c'est ce nombre qui décide, non le nombre de personnes.

Pourquoi

C'est la phrase qui rend le résultat non paradoxal, et c'est souvent elle que l'énoncé demande d'expliquer. Le nombre de paires croît comme le carré du nombre de personnes.

Étape 6

Généralisation : le seuil de 50%50\% parmi NN valeurs est atteint vers 1,18N1{,}18\sqrt{N} tirages. Ici 1,1836522,51{,}18\sqrt{365}\approx 22{,}5, conforme au calcul exact.

Pourquoi

La formule approchée sert de contrôle sur le calcul exact, puis de passerelle vers la question suivante : elle seule se transporte à N=2128N=2^{128}.

Étape 7

Pour une empreinte de 128128 bits, N=2128N=2^{128} et le seuil vaut environ 2128=264\sqrt{2^{128}}=2^{64} essais, et non 21282^{128}.

Pourquoi

Ce facteur deux sur l'exposant est toute la différence entre une empreinte sûre et une empreinte cassée. Il explique pourquoi les fonctions de hachage modernes visent au moins 256256 bits.

Conclusion rédigée

Il suffit de 2323 personnes pour que la probabilité d'un anniversaire commun dépasse 12\frac{1}{2}, parce que ce sont les 253253 paires qui comptent; par le même argument, une empreinte de 128128 bits ne résiste aux collisions que jusqu'à environ 2642^{64} essais.

L'erreur classique sur cet exercice : Répondre 183183, la moitié de 365365. C'est la réponse à une autre question, celle de la probabilité qu'une personne DONNÉE partage l'anniversaire d'une autre. Le passage des personnes aux paires est exactement ce que l'exercice teste.

À savoir par cœur

  • Deux questions avant tout calcul : l'ORDRE compte-t-il, et peut-on répéter ?
  • Ordonné sans remise n!(nk)!\frac{n!}{(n-k)!}; avec remise nkn^{k}; non ordonné sans remise (nk)\binom{n}{k}; avec remise (n+k1k)\binom{n+k-1}{k}.
  • (nk)=(nnk)\binom{n}{k}=\binom{n}{n-k} et k(nk)=2n\sum_{k}\binom{n}{k}=2^{n}, qui est le nombre de parties.
  • « Au moins un » se calcule TOUJOURS par le contraire, « aucun ».
  • P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B) : on ne retire rien seulement si les événements sont incompatibles.
  • P(AB)P(A\mid B) et P(BA)P(B\mid A) sont deux nombres différents; sur un dépistage, 99%99\% contre 17%17\%.
  • Indépendants n'est pas incompatibles : deux événements de probabilité non nulle ne peuvent pas être les deux.
  • Seuil de collision parmi NN valeurs : environ 1,18N1{,}18\sqrt{N}, donc 2n/22^{n/2} pour une empreinte de nn bits.

Questions fréquentes

Comment savoir s'il faut une combinaison ou un arrangement ?

On décrit un résultat, puis on échange deux de ses éléments. Si l'on obtient le même objet, l'ordre ne compte pas et c'est une combinaison; si l'on obtient un objet différent, c'est un arrangement. Un comité est une combinaison, un podium est un arrangement, et le rapport entre les deux est le nombre d'ordres possibles.

Pourquoi un test fiable à 99 pour cent donne-t-il autant de faux positifs ?

Parce que la maladie est rare. Sur mille personnes dont dix sont malades, le test détecte neuf virgule neuf vrais positifs, mais il déclare aussi positives cinq pour cent des neuf cent quatre-vingt-dix personnes saines, soit quarante-neuf virgule cinq. Parmi tous les positifs, seuls dix-sept pour cent sont donc réellement malades.

Comment calculer la probabilité d'avoir au moins un succès ?

On passe par l'événement contraire, celui de n'avoir aucun succès, qui se calcule d'un seul produit. La probabilité cherchée est alors un moins ce produit. Additionner les probabilités de chaque essai est faux, car cela compte plusieurs fois les tirages qui donnent deux succès ou plus.

Deux événements incompatibles sont-ils indépendants ?

Non, c'est même l'inverse. Incompatibles signifie que leur intersection est vide, donc de probabilité nulle; indépendants signifie que la probabilité de l'intersection est le produit des probabilités. Si les deux probabilités sont non nulles, ce produit ne peut pas être nul : les deux propriétés s'excluent.

Pourquoi vingt-trois personnes suffisent-elles pour un anniversaire commun ?

Parce que ce ne sont pas les personnes qui comptent mais les paires de personnes, et vingt-trois personnes forment déjà deux cent cinquante-trois paires. Le nombre de paires croît comme le carré du nombre de personnes, ce qui rend la collision beaucoup plus probable que l'intuition ne le suggère.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : Dénombrement et probabilités

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
  • 100 points
  • 150 minutes
Faire les exercices
Fiche précédente Introduction aux graphes et aux matrices

Voir aussi

Vous cherchez un tuteur en mathématiques pour l'informatique 201-N11 à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille le dénombrement et les probabilités au niveau réel des évaluations, du choix de la bonne formule jusqu'à la formule de Bayes.

Site par Studio Squalli