Fiche de révision : la réflexion et la réfraction (physique, secondaire 5)
La réflexion et la réfraction sont le chapitre de physique de secondaire 5 où les élèves de Montréal perdent le plus de points sur des questions qu'ils savent faire. La formule est courte, la calculatrice fait le travail, et pourtant la copie est fausse : l'énoncé donnait un angle par rapport à la surface, et personne ne l'a converti.
Cette fiche part de là. Elle liste les lectures d'énoncé qui font basculer une question entière, les signaux qui annoncent une réflexion totale, et la rédaction qui rapporte les points même quand le calcul final se trompe. Elle dessine aussi les deux montages où la réflexion totale travaille : le mirage sur une route chaude et les prismes du périscope.
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Le fil du chapitre
Tous les angles se mesurent depuis la NORMALE, jamais depuis la surface. La moitié des points perdus sur ce chapitre tient dans ce seul mot, et l'autre moitié dans le sens de la loi : c'est nsinθ qui se conserve, pas l'angle.
•Réfraction : n1sinθ1=n2sinθ2, les deux angles mesurés depuis la NORMALE, c'est-à-dire la perpendiculaire à la surface au point d'incidence.
•Réflexion : θreˊfleˊchi=θ1, quel que soit le milieu, depuis la même normale. Elle se produit TOUJOURS, même quand il y a aussi réfraction.
•Indices usuels : n=1,00 dans l'air, 1,33 dans l'eau, 1,50 dans le verre courant, 2,42 dans le diamant. Un indice est toujours ≥1.
•Vers un milieu PLUS réfringent (n2>n1), le rayon se rapproche de la normale et θ2<θ1. Vers un milieu MOINS réfringent, il s'en écarte.
•Un angle donné « par rapport à la surface » vaut 90°−θ1 : la conversion se fait avant d'écrire la loi, jamais après.
Le rayon incident (bleu) fait 60° avec la normale et 30° avec la surface : seul le premier entre dans la loi. Le réfléchi (violet) repart à 60°, le réfracté (vert) entre à 40,6°.
Le premier geste, avant toute équation : tracer la normale en pointillés sur le schéma et écrire les angles dessus. Un correcteur qui voit la normale tracée sait déjà que la suite a des chances d'être juste.
La réflexion totale, et sa condition d'existence
•Elle n'existe que du milieu le PLUS réfringent vers le moins réfringent, donc quand n1>n2. De l'air vers l'eau, elle est impossible quel que soit l'angle.
•sinθc=n1n2, avec n1>n2 : le rapport est plus petit que 1, donc l'angle critique existe.
•Au-delà de θc, il n'y a plus AUCUN rayon réfracté : toute la lumière est réfléchie, et la surface se comporte comme un miroir parfait.
•Angles critiques à connaître : eau vers air 48,8°, verre courant vers air 41,8°, diamant vers air 24,4°.
•Sur la calculatrice, un sinθ2 supérieur à 1 n'est pas une erreur de frappe : c'est la signature de la réflexion totale.
Du diamant vers l'air (θc=24,4°) : à 20° le rayon sort à 55,9°, à 24,4° il rase la surface, à 35° il reste dans la pierre. Même découpage pour l'eau et le verre.
Le petit angle critique du diamant est la raison de son éclat : la lumière entrée dans la pierre y subit plusieurs réflexions totales, et les angles des facettes la renvoient vers le haut. C'est la question de culture qui tombe en fin d'examen.
Le mirage : une réflexion totale dans l'air chaud
•Au-dessus d'une route chauffée par le soleil, l'air est plus chaud près du sol, donc un peu moins dense : son indice est à peine plus petit (1,00023 contre 1,00030 plus haut, par exemple).
•Un rayon venu du ciel descend vers des couches d'indice de plus en plus petit : à chaque couche, il s'ÉLOIGNE de la normale et se couche un peu plus.
•Quand son angle d'incidence dépasse l'angle critique entre deux couches, il y a réflexion totale : le rayon remonte.
•L'œil prolonge en ligne droite le rayon qui lui arrive : il voit le ciel SOUS la route, là où l'on croirait une flaque.
Hauteurs agrandies environ 66 fois : le rayon du ciel (bleu) se couche à chaque couche d'air plus chaud, se réfléchit totalement (89,7°>θc=89,6°) et remonte (violet) ; l'œil le prolonge sous la route et y voit le ciel, la « flaque ».
Entre deux airs presque identiques, l'angle critique est énorme : sinθc=1,000301,00023 donne θc≈89,3°. Seuls les rayons presque rasants le dépassent : c'est pourquoi la flaque n'apparaît qu'au loin, quand on regarde la route sous un angle très faible.
Le prisme à réflexion totale : le périscope
•Un prisme de verre aux angles de 45°, 45° et 90° reçoit la lumière perpendiculairement à une petite face : incidence nulle, aucune déviation.
•Sur la grande face, l'hypoténuse, l'incidence vaut 45°. C'est plus que l'angle critique du verre, 41,8° : réflexion totale, toute la lumière repart.
•Elle ressort perpendiculairement à l'autre petite face, déviée de 90°.
•Deux prismes l'un au-dessus de l'autre font un périscope : deux déviations de 90° en sens contraires, et la lumière ressort parallèle à sa direction d'entrée, plus bas.
Le premier prisme renvoie la lumière de l'objet (bleu) vers le bas par réflexion totale (45°>θc=41,8°), le second vers l'œil (violet) : elle ressort parallèle à sa direction d'entrée, sans perte.
Pourquoi un prisme plutôt qu'un miroir ? La réflexion totale renvoie toute la lumière, sans couche métallique qui ternit et en absorbe une partie : c'est le choix des jumelles et des bons périscopes. Le même prisme fait d'eau ne marcherait pas : 45° est sous l'angle critique de l'eau, 48,8°.
Les pièges qui coûtent des points
Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.
1.Mesurer l'angle depuis la surface au lieu de la normale
toute la question, et souvent tout le problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le rayon fait 30° avec la surface de l'eau, donc 1,00×sin30°=1,33×sinθ2. »
Ce qu'il faut écrire
« Le rayon fait 30° avec la surface, donc θ1=90°−30°=60° depuis la normale, et 1,00×sin60°=1,33×sinθ2. »
Pourquoi : L'énoncé écrit « avec la surface » ou « avec le dioptre » exprès, parce que c'est ainsi qu'on mesure un angle avec un rapporteur posé à plat. La loi, elle, n'accepte que l'angle depuis la normale.
2.Appliquer la loi sans les sinus
toute la question, avec un résultat qui reste plausible
Ce qu'il ne faut pas écrire
« n1θ1=n2θ2, donc θ2=1,331,00×60=45,1°. »
Ce qu'il faut écrire
« n1sinθ1=n2sinθ2, donc sinθ2=1,331,00×sin60°=0,651 et θ2=40,6°. »
Pourquoi : C'est le piège le plus vicieux du chapitre : 45,1° et 40,6° se ressemblent assez pour ne réveiller personne. Seule la présence des sinus sur la copie prouve que la loi est connue.
3.Chercher un angle critique dans le mauvais sens
toute la question, et la calculatrice affiche une erreur qui déstabilise
Ce qu'il ne faut pas écrire
« De l'air vers l'eau : sinθc=1,001,33=1,33, donc θc=? »
Ce qu'il faut écrire
« La réflexion totale n'existe que du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent. De l'air vers l'eau, elle est impossible : il y a toujours un rayon réfracté. »
De l'air vers l'eau, même à 80° le rayon entre, à 47,8° de la normale : l'angle réfracté reste sous 48,8° et ne disparaît jamais. La réflexion totale ne se cherche que dans l'autre sens.
Pourquoi : Le rapport n2/n1 doit être plus petit que 1 pour qu'un angle existe. Une erreur de calculatrice sur arcsin n'est pas une panne : c'est la physique qui dit que le cas ne se produit pas.
4.Lire un sinus supérieur à 1 comme une erreur de calcul
toute la question, alors que le calcul était juste
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Je trouve sinθ2=1,15, ce n'est pas possible, j'ai dû me tromper. »
Ce qu'il faut écrire
« sinθ2=1,15>1 : aucun angle réfracté n'existe, donc l'angle d'incidence dépasse l'angle critique et il y a réflexion totale. Le rayon est entièrement réfléchi, avec θreˊfleˊchi=θ1. »
À 60°, 1,33sin60°=1,15>1 : aucun angle réfracté n'existe, et le tracé le confirme, toute la lumière repart dans l'eau à 60° (violet).
Pourquoi : Le résultat impossible EST la réponse : c'est la seule manière dont la loi de Snell-Descartes signale la réflexion totale. Une copie qui écrit « impossible » et s'arrête a fait tout le travail sans le conclure.
5.Oublier que deux faces perpendiculaires ont des normales perpendiculaires
toute la deuxième partie du problème
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le rayon fait 28,9° dans l'eau, donc il arrive sur le fond de la cuve avec 28,9°. »
Ce qu'il faut écrire
« La normale du fond est perpendiculaire à celle de la face d'entrée, donc l'angle d'incidence sur le fond vaut 90°−28,9°=61,1°, et non 28,9°. »
Le rayon entre par la face verticale à 28,9° de sa normale, puis frappe le fond dont la normale est verticale : le même rayon y arrive à 61,1°, au-delà de l'angle critique de l'eau.
Pourquoi : C'est le mécanisme de tous les problèmes de cuve, de prisme et de fibre optique : un angle petit sur la première face devient un angle grand sur la seconde, ce qui déclenche justement la réflexion totale que l'énoncé cherche à faire trouver.
6.Croire que le rayon réfléchi disparaît quand il y a réfraction
1 point, et la question d'explication qui vaut souvent le double
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Le rayon entre dans la vitre, donc il n'y a pas de rayon réfléchi. »
Ce qu'il faut écrire
« Une partie de la lumière est réfractée et une partie est réfléchie, à toute incidence. C'est pourquoi une vitre éclairée de l'intérieur, le soir, montre à la fois la rue et le reflet de la pièce. »
Pourquoi : Réfraction et réflexion coexistent : seule la proportion change avec l'angle. La réflexion totale est le cas extrême où la part réfractée tombe à zéro, jamais l'inverse.
7.Faire dévier un rayon par une lame à faces parallèles
2 points, et une figure fausse qui contredit le calcul
Ce qu'il ne faut pas écrire
« Après la vitre, le rayon repart dans une autre direction. »
Ce qu'il faut écrire
« Les deux faces sont parallèles, donc les deux réfractions se compensent : le rayon ressort PARALLÈLE à sa direction d'entrée, simplement décalé de d=cosresin(i−r). »
Le rayon entre à 40°, traverse le verre à 25,4° et ressort à 40° : il est PARALLÈLE au prolongement du rayon incident (pointillé bleu), simplement décalé de d.
Pourquoi : L'angle d'incidence sur la deuxième face vaut exactement l'angle de réfraction dans la lame : la loi appliquée à l'envers redonne l'angle de départ. C'est ce qui distingue une vitre d'un prisme.
8.Laisser la calculatrice en mode radian
toute la question, et toutes les autres questions du même examen
Ce qu'il ne faut pas écrire
« sin60=−0,305, donc sinθ2=−0,229. »
Ce qu'il faut écrire
« Mode DEGRÉ vérifié avant de commencer : sin60°=0,866, donc sinθ2=0,651 et θ2=40,6°. »
Pourquoi : Un sinus négatif ou une valeur minuscule pour un angle aigu est le signal : aucun angle entre 0° et 90° n'a de sinus négatif. Le contrôle prend deux secondes, sin30° doit afficher 0,5.
Quelle méthode choisir
Que se passe-t-il à la surface, selon les deux indices et l'angle
On compare d'abord les deux indices, puis, seulement si le premier milieu est le plus réfringent, on compare l'angle d'incidence à l'angle critique. L'ordre des deux tests ne s'inverse jamais.
Si n2>n1, on entre dans un milieu plus réfringent → réfraction toujours possible, le rayon se rapproche de la normale, et il n'existe aucun angle critique
Exemple : air vers verre : θ1=60° donne θ2=35,3°
Quelle que soit l'incidence, un rayon réfracté existe. Chercher un angle critique dans ce sens est une perte de temps.
Si n2<n1 et θ1<θc → réfraction, le rayon s'écarte de la normale, plus une réflexion partielle
Exemple : eau vers air : θ1=30° donne θ2=41,7°
Si n2<n1 et θ1=θc → le rayon réfracté rase la surface, θ2=90° : c'est le cas limite
Exemple : eau vers air : θ1=48,8° donne θ2=90°
C'est ce cas qui définit l'angle critique, et c'est aussi le principe du réfractomètre.
Si n2<n1 et θ1>θc → RÉFLEXION TOTALE : aucun rayon réfracté, tout repart dans le premier milieu avec θreˊfleˊchi=θ1
Exemple : eau vers air : θ1=60° donne sinθ2=1,15>1, impossible
Dans les quatre cas il existe un rayon réfléchi. La question n'est jamais « y a-t-il réflexion » mais « reste-t-il quelque chose de réfracté ».
Quel angle entre dans la loi, selon la formulation de l'énoncé
On lit les mots exacts de l'énoncé avant d'écrire quoi que ce soit. Trois formulations reviennent, et deux d'entre elles demandent une conversion.
Si « un angle d'incidence de 35° » ou « 35° par rapport à la normale » → l'angle est déjà le bon, on l'écrit tel quel
Exemple : θ1=35°
Si « 35° par rapport à la surface », « avec le dioptre », « avec l'horizontale » pour une surface horizontale → convertir : θ1=90°−35°=55°
Exemple : θ1=55°, et le sinus passe de 0,574 à 0,819
C'est la conversion la plus rentable de tout le chapitre, et celle qui manque le plus souvent.
Si le rayon passe d'une face à une autre face PERPENDICULAIRE du même bloc → prendre le complément de l'angle précédent : θ′=90°−θ
Exemple : 28,9° sur la face verticale donne 61,1° sur le fond horizontal
Si la surface est inclinée et l'énoncé donne un angle avec l'horizontale → tracer la normale à la surface INCLINÉE, puis reporter l'angle sur ce schéma; ne jamais réutiliser l'horizontale comme référence
Exemple : un miroir incliné à 20° change la normale de 20°, donc l'angle d'incidence aussi
Si la formulation reste ambiguë, tracer la normale sur le schéma tranche toujours : l'angle demandé est celui qui touche la ligne en pointillés.
La rédaction attendue
Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.
Un changement de milieu, rédigé pour le correcteur
Quand l'utiliser : Dès qu'un rayon passe d'un milieu à un autre, ce qui ouvre presque tous les problèmes du chapitre.
1Tracer la normale en pointillés au point d'incidence, et reporter l'angle dessus. Le schéma se fait AVANT le calcul, pas après.
2Écrire les données avec le sens du passage : « de l'air vers le verre : n1=1,00, n2=1,50, θ1=35° mesuré depuis la normale. »
3Si le premier milieu est le plus réfringent, vérifier l'angle critique AVANT de calculer : « sinθc=n2/n1, donc θc=41,8°; ici θ1<θc, la réfraction a lieu. »
4Poser la loi littérale, puis isoler : « n1sinθ1=n2sinθ2, donc sinθ2=n2n1sinθ1. »
5Remplacer, calculer le sinus, PUIS l'angle : « sinθ2=1,501,00×sin35°=0,382, donc θ2=22,5°. »
6Conclure par une phrase qui dit le sens de la déviation et le vérifie.
Phrase de conclusion
Le rayon est réfracté avec un angle de 22,5° par rapport à la normale; il se rapproche de la normale, ce qui est cohérent avec un passage vers un milieu plus réfringent.
Le piège : Écrire θ2=0,382 en oubliant que la ligne calculée est un SINUS. La valeur trouvée doit toujours être suivie d'un arcsin explicite sur la copie.
Barème : En général 1 point pour la normale et l'angle correctement identifié, 1 point pour la loi posée avec les sinus, 1 point pour la valeur numérique, 1 point pour la phrase de cohérence.
Vérifier avant de rendre
Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.
Vérifier le sens de la déviation
Vers un milieu plus réfringent, l'angle DIMINUE; vers un milieu moins réfringent, il augmente. Comparer θ2 à θ1 répond en une seconde, sans refaire le calcul.
Air vers verre avec θ1=35° : un θ2=52° trouvé est forcément faux, puisque le rayon doit se rapprocher de la normale.
Contrôler le mode de la calculatrice sur un angle connu
Taper sin30 avant de commencer : l'écran doit afficher 0,5. S'il affiche −0,988, la calculatrice est en radians et tous les résultats du problème seront faux.
Un sinus négatif pour un angle entre 0° et 90° est impossible : c'est le mode, pas le calcul.
Relire la référence de l'angle dans l'énoncé
Chercher les mots « avec la surface », « avec le dioptre », « avec l'horizontale » : chacun impose un 90°−θ. Souligner ces mots au moment de la première lecture évite d'y revenir.
Un angle de 55° « avec la surface » donne θ1=35°; l'oublier change le sinus de 0,819 à 0,574, soit 40% d'écart.
Comparer l'angle d'incidence à l'angle critique avant de conclure
Dans le sens du milieu le plus réfringent vers le moins réfringent, calculer θc EN PREMIER. Si θ1 le dépasse, aucun calcul de réfraction n'a de sens.
Eau vers air à 60° : inutile de chercher θ2, l'angle critique vaut 48,8° et la réponse est « réflexion totale ».
Refaire la loi en sens inverse
Réinjecter l'angle trouvé dans n2sinθ2 : le produit doit redonner n1sinθ1. C'est la vérification la plus rapide et la plus négligée.
1,50×sin22,5°=0,574, qui est bien 1,00×sin35°.
L'exercice type décortiqué
Le rayon qui entre par le côté de la cuve, question par question
Une cuve rectangulaire est remplie d'eau (n=1,33). Un rayon lumineux venu de l'air frappe la paroi verticale de la cuve en faisant un angle de 50° avec cette paroi.
a) Déterminer l'angle d'incidence sur la paroi verticale.
b) Calculer l'angle de réfraction dans l'eau.
c) Calculer l'angle critique de l'eau vers l'air.
d) Le rayon atteint ensuite le fond horizontal de la cuve. Que s'y passe-t-il ?
La configuration de l'énoncé : l'angle de 50° est donné avec la PAROI, pas avec la normale en pointillés. Tout le problème se joue sur cette lecture.
Étape 1
a) La normale à une paroi verticale est HORIZONTALE. L'énoncé donne l'angle avec la paroi, donc θ1=90°−50°=40° depuis la normale.
Pourquoi
C'est la seule étape qui décide de tout le problème. Elle s'écrit en une ligne et rapporte un point à elle seule, parce qu'elle prouve que la référence a été identifiée.
Étape 2
b) n1sinθ1=n2sinθ2 donne sinθ2=1,331,00×sin40°=1,330,643=0,483, donc θ2=28,9°.
Pourquoi
La ligne du sinus est écrite séparément de la ligne de l'angle. C'est ce qui empêche de rendre 0,483 comme réponse, l'erreur la plus fréquente de la question.
Étape 3
On vérifie le sens : 28,9°<40°, le rayon s'est rapproché de la normale, ce qui est cohérent avec un passage de l'air (n=1,00) vers l'eau (n=1,33), milieu plus réfringent.
Pourquoi
Une phrase de cohérence vaut souvent un demi-point et coûte cinq secondes. Elle montre aussi au correcteur que le résultat n'a pas été recopié d'une calculatrice au hasard.
Étape 4
c) De l'eau vers l'air, n1=1,33>n2=1,00 : l'angle critique existe. sinθc=1,331,00=0,752, donc θc=48,8°.
Pourquoi
Le sens est écrit avant le calcul. Inversé, le rapport vaudrait 1,33 et la calculatrice refuserait : nommer le milieu le plus réfringent supprime le risque.
Étape 5
d) La normale du fond est VERTICALE, donc perpendiculaire à celle de la paroi d'entrée : l'angle d'incidence sur le fond vaut 90°−28,9°=61,1°.
Pourquoi
C'est le coeur du problème. Le petit angle dans l'eau devient un grand angle sur le fond, et c'est exactement pour cela que l'énoncé a fait entrer le rayon par le côté.
Étape 6
Comme 61,1°>48,8°, l'angle d'incidence dépasse l'angle critique : il y a réflexion totale sur le fond. Aucune lumière ne sort par le dessous, et le rayon repart dans l'eau à 61,1° de la verticale.
Pourquoi
La comparaison est écrite explicitement, avec les deux nombres. Une copie qui conclut « réflexion totale » sans afficher la comparaison perd le point du raisonnement, même avec la bonne réponse.
Conclusion rédigée
a)L'angle d'incidence vaut 40°.b)Le rayon est réfracté à 28,9° dans l'eau.c)L'angle critique eau vers air vaut 48,8°.d)Sur le fond, l'angle d'incidence vaut 61,1°, supérieur à l'angle critique : le rayon subit une réflexion totale et repart entièrement dans l'eau.
L'erreur classique sur cet exercice : Utiliser 28,9° comme angle d'incidence sur le fond. Les deux surfaces sont perpendiculaires, donc leurs normales le sont aussi : l'angle se complémente. Avec 28,9°, la conclusion devient « réfraction vers l'extérieur », c'est-à-dire l'inverse de la réponse attendue.
À savoir par cœur
•Tous les angles se mesurent depuis la NORMALE, perpendiculaire à la surface au point d'incidence.
•n1sinθ1=n2sinθ2 : ce sont les sinus qui interviennent, jamais les angles seuls.
•Angle donné « avec la surface » : θ1=90°− cet angle, converti avant tout calcul.
•Vers un milieu plus réfringent, l'angle diminue. Vers un milieu moins réfringent, il augmente.
•sinθc=n1n2, et seulement si n1>n2. Eau vers air 48,8°, verre vers air 41,8°, diamant vers air 24,4°.
•sinθ2>1 signifie réflexion totale, pas erreur de calcul.
•Deux faces perpendiculaires ont des normales perpendiculaires : les angles se complémentent.
•Lame à faces parallèles : le rayon ressort PARALLÈLE, décalé de d=cosresin(i−r).
•Il y a toujours un rayon réfléchi, avec θreˊfleˊchi=θ1, même quand la réfraction a lieu.
Questions fréquentes
Par rapport à quoi mesure-t-on l'angle d'incidence ?
Toujours par rapport à la normale, c'est-à-dire la perpendiculaire à la surface tracée au point où le rayon la touche. Jamais par rapport à la surface elle-même. Quand un énoncé donne un angle avec la surface, il faut le soustraire de quatre-vingt-dix degrés avant d'écrire la loi de Snell-Descartes.
Comment calculer l'angle critique ?
Le sinus de l'angle critique est le rapport de l'indice du second milieu sur celui du premier, à condition que le premier soit le plus réfringent. De l'eau vers l'air, cela donne un sur un virgule trente-trois, soit quarante-huit virgule huit degrés. Dans l'autre sens, aucun angle critique n'existe.
Que faire quand la calculatrice donne un sinus plus grand que 1 ?
Ce n'est pas une erreur : c'est la réponse. Un sinus supérieur à un signifie qu'aucun rayon réfracté ne peut exister, donc que l'angle d'incidence dépasse l'angle critique. Il y a réflexion totale, et toute la lumière repart dans le premier milieu avec un angle de réflexion égal à l'angle d'incidence.
Pourquoi voit-on son reflet dans une vitre le soir ?
Parce que la réflexion et la réfraction coexistent toujours à une surface : une partie de la lumière traverse la vitre, une autre est renvoyée. Le soir, la pièce est plus éclairée que la rue, donc la lumière réfléchie de l'intérieur domine celle qui vient du dehors, et le reflet devient visible.
Pourquoi un rayon change-t-il d'angle en entrant par le côté d'un aquarium ?
Parce que chaque face a sa propre normale. La face latérale est verticale, donc sa normale est horizontale, alors que le fond est horizontal et sa normale verticale. Les deux normales étant perpendiculaires, un angle de trente degrés sur la face latérale devient soixante degrés sur le fond.
Passer à la pratique
Exercices corrigés : Réflexion et réfraction : problèmes d'examen
Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.
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