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Spécialité physique-chimie, Première à Montréal • Devoir commun

Devoir commun corrigé : spécialité physique-chimie (Première)

Voici un devoir commun corrigé de spécialité physique-chimie de Première, au format pratiqué au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas : trois parties, cent points, deux heures trente. C'est la seule série de ce niveau qui croise les quatre thèmes du programme dans une même épreuve.

La partie A vérifie les automatismes indispensables : quantité de matière, dilution, réactif limitant, poids, énergie, puissance électrique, longueur d'onde et relation de conjugaison. La partie B rassemble quatre exercices classiques de chimie et de physique. La partie C propose trois problèmes où il faut modéliser avant de calculer.

Trois exercices vont plus loin que le calcul. Le titrage du diiode montre ce que coûte l'oubli d'un coefficient stœchiométrique, le problème de l'eau oxygénée demande d'interpréter le SENS d'un écart à l'étiquette, et le dernier relie la relation de conjugaison au comptage des photons reçus par un capteur.

Rappel de cours

  • n=mMn=\frac{m}{M} pour un solide, n=VVmn=\frac{V}{V_{m}} pour un gaz, c=nVc=\frac{n}{V} avec le volume de SOLUTION en litres.
  • Dilution : cmeˋreVpreˊleveˊ=cfilleVfillec_{\text{mère}}V_{\text{prélevé}}=c_{\text{fille}}V_{\text{fille}}, la quantité de soluté se conserve.
  • Réactif limitant : comparez les quotients niνi\frac{n_{i}}{\nu_{i}}, jamais les quantités brutes.
  • Équivalence d'un titrage : égalité des QUOTIENTS par les nombres stœchiométriques, nAνA=nBνB\frac{n_{A}}{\nu_{A}}=\frac{n_{B}}{\nu_{B}}.
  • Deuxième loi de Newton : F=ma\sum\vec{F}=m\vec{a}. Sur un plan incliné, a=gsinαa=g\sin\alpha sans frottement et N=mgcosα<mgN=mg\cos\alpha<mg.
  • Énergie mécanique conservée si seules des forces conservatives travaillent ; sinon la variation égale le travail des autres forces.
  • Rendement η=PutilePabsorbeˊe<1\eta=\frac{P_{\text{utile}}}{P_{\text{absorbée}}}<1 ; puissance d'une force P=FvP=F\,v.
  • Relation de conjugaison 1OA1OA=1f\frac{1}{\overline{OA'}}-\frac{1}{\overline{OA}}=\frac{1}{f'} et grandissement γ=OAOA\gamma=\frac{\overline{OA'}}{\overline{OA}}, en mesures ALGÉBRIQUES.
  • Énergie d'un photon E=hf=hcλE=h\,f=\frac{h\,c}{\lambda}, avec le raccourci hc1240h\,c\approx 1\,240 eV·nm.

Partie A : automatismes (/20 • 30 minutes)

Exercice 1 : Automatismes : quantité de matière et solutions

Données : M(NaCl)=58,5M(\mathrm{NaCl})=58{,}5 g/mol ; volume molaire des gaz Vm=24,0V_{m}=24{,}0 L/mol dans les conditions de l'expérience. Aucune justification n'est attendue, seul le résultat compte.

  • 1) Calculez la quantité de matière contenue dans m=11,7m=11{,}7 g de chlorure de sodium.
  • 2) On dissout cet échantillon dans de l'eau pour obtenir V=500V=500 mL de solution. Calculez sa concentration.
  • 3) Calculez la concentration massique de cette solution.
  • 4) On veut préparer 250250 mL de solution dix fois moins concentrée. Quel volume de solution mère faut-il prélever ?
  • 5) Quelle quantité de matière représente un volume de 4,84{,}8 L de dioxygène gazeux ?
  • 6) On fait réagir 3,03{,}0 mol de dihydrogène avec 2,02{,}0 mol de dioxygène selon 2H2+O22H2O2\,\mathrm{H_{2}}+\mathrm{O_{2}}\longrightarrow 2\,\mathrm{H_{2}O}. Identifiez le réactif limitant et donnez l'avancement maximal.
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1) La quantité de matière est le quotient de la masse par la masse molaire : n=mM=11,758,5=0,200n=\frac{m}{M}=\frac{11{,}7}{58{,}5}=0{,}200 mol. Contrôlez l'ordre de grandeur, 11,711{,}7 étant environ le cinquième de 58,558{,}5, on attendait bien deux dixièmes de mole.

2) La concentration en quantité de matière est le quotient de la quantité de soluté par le volume de SOLUTION, exprimé en litres : c=nV=0,2000,500=0,400c=\frac{n}{V}=\frac{0{,}200}{0{,}500}=0{,}400 mol/L. L'erreur classique est d'oublier de convertir les millilitres en litres, ce qui donnerait un résultat mille fois trop grand.

3) La concentration massique s'obtient en multipliant la concentration molaire par la masse molaire : cm=c×M=0,400×58,5=23,4c_{m}=c\times M=0{,}400\times 58{,}5=23{,}4 g/L. On peut aussi la retrouver directement, 11,7 g0,500 L=23,4\frac{11{,}7\ \text{g}}{0{,}500\ \text{L}}=23{,}4 g/L ✓, ce qui constitue un contrôle immédiat.

4) Une dilution conserve la quantité de matière de soluté prélevée : cmeˋre×Vpreˊleveˊ=cfille×Vfillec_{\text{mère}}\times V_{\text{prélevé}}=c_{\text{fille}}\times V_{\text{fille}}. Avec cfille=0,40010=0,0400c_{\text{fille}}=\frac{0{,}400}{10}=0{,}0400 mol/L, il vient Vpreˊleveˊ=0,0400×2500,400=25,0V_{\text{prélevé}}=\frac{0{,}0400\times 250}{0{,}400}=25{,}0 mL. On retrouve le facteur de dilution : diluer dix fois, c'est prélever un volume dix fois plus petit que le volume final.

5) Pour un gaz, la quantité de matière est le quotient du volume par le volume molaire : n=VVm=4,824,0=0,200n=\frac{V}{V_{m}}=\frac{4{,}8}{24{,}0}=0{,}200 mol. Le volume molaire ne dépend PAS de la nature du gaz, seulement de la température et de la pression : c'est la loi d'Avogadro.

6) On compare les quotients de chaque quantité initiale par son nombre stœchiométrique : pour le dihydrogène 3,02=1,5\frac{3{,}0}{2}=1{,}5, pour le dioxygène 2,01=2,0\frac{2{,}0}{1}=2{,}0. Le plus PETIT quotient désigne le réactif limitant, c'est donc le dihydrogène, et l'avancement maximal vaut xmax=1,5x_{\max}=1{,}5 mol. Il se forme alors 2×1,5=3,02\times 1{,}5=3{,}0 mol d'eau, et il reste 2,01,5=0,52{,}0-1{,}5=0{,}5 mol de dioxygène. Comparer les quantités brutes, 3,03{,}0 contre 2,02{,}0, sans tenir compte des coefficients, est l'erreur la plus répandue de tout le chapitre.

Exercice 2 : Automatismes : forces, énergie et puissance

Données : g=9,81g=9{,}81 N/kg ; 11 kWh =3,6×106=3{,}6\times 10^{6} J. On considère un objet de masse m=2,5m=2{,}5 kg.

  • 1) Calculez la valeur du poids de cet objet.
  • 2) Calculez le travail du poids lors d'une chute de 3,03{,}0 m.
  • 3) Calculez son énergie cinétique lorsqu'il se déplace à 1212 m/s.
  • 4) À quelle vitesse son énergie cinétique vaut-elle 4545 J ?
  • 5) Un appareil fonctionne sous U=230U=230 V et est parcouru par I=4,0I=4{,}0 A. Calculez sa puissance, puis l'énergie consommée en 3030 minutes, en kilowattheures.
  • 6) Cet appareil est une résistance. Calculez sa valeur, puis retrouvez la puissance par la loi de Joule.
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1) Le poids est le produit de la masse par l'intensité du champ de pesanteur : P=mg=2,5×9,81=24,5P=mg=2{,}5\times 9{,}81=24{,}5 N. Ne confondez jamais la MASSE, en kilogrammes, invariante, et le POIDS, en newtons, qui est une force et dépend du lieu.

2) Le poids est une force constante dirigée vers le bas ; lors d'une descente, son travail est MOTEUR donc positif : W=mgh=2,5×9,81×3,0=73,6W=mgh=2{,}5\times 9{,}81\times 3{,}0=73{,}6 J. Lors d'une montée, le même déplacement donnerait un travail résistant, donc négatif. Le travail du poids ne dépend que du dénivelé, jamais du chemin suivi.

3) L'énergie cinétique vaut Ec=12mv2=12×2,5×122=12×2,5×144=180E_{c}=\frac{1}{2}mv^{2}=\frac{1}{2}\times 2{,}5\times 12^{2}=\frac{1}{2}\times 2{,}5\times 144=180 J. La vitesse intervient au CARRÉ : doubler la vitesse quadruple l'énergie cinétique, ce qui explique pourquoi les distances de freinage augmentent si vite.

4) On inverse la formule : v=2Ecm=2×452,5=36=6,0v=\sqrt{\frac{2E_{c}}{m}}=\sqrt{\frac{2\times 45}{2{,}5}}=\sqrt{36}=6{,}0 m/s. Contrôle de cohérence : 4545 J est quatre fois moins que les 180180 J de la question 3, et 6,06{,}0 est bien la moitié de 1212 ✓, conformément au carré.

5) La puissance électrique est le produit de la tension par l'intensité : P=UI=230×4,0=920P=U\,I=230\times 4{,}0=920 W. L'énergie consommée est le produit de la puissance par la durée, exprimée en secondes : E=920×30×60=920×1800=1,656×106E=920\times 30\times 60=920\times 1\,800=1{,}656\times 10^{6} J. En kilowattheures, 1,656×1063,6×106=0,46\frac{1{,}656\times 10^{6}}{3{,}6\times 10^{6}}=0{,}46 kWh. On peut aussi aller directement au but, 0,9200{,}920 kW pendant 0,50{,}5 h donnent 0,460{,}46 kWh ✓.

6) La loi d'Ohm donne R=UI=2304,0=57,5 ΩR=\frac{U}{I}=\frac{230}{4{,}0}=57{,}5\ \Omega. La loi de Joule redonne alors P=RI2=57,5×4,02=57,5×16=920P=R\,I^{2}=57{,}5\times 4{,}0^{2}=57{,}5\times 16=920 W ✓, la même valeur qu'en 5). Les trois expressions UIU\,I, RI2R\,I^{2} et U2R\frac{U^{2}}{R} sont équivalentes pour un conducteur ohmique, et la troisième donne bien 230257,5=920\frac{230^{2}}{57{,}5}=920 W ✓ elle aussi.

Exercice 3 : Automatismes : ondes, lentilles et photon

Données : célérité du son dans l'air 340340 m/s ; célérité de la lumière dans le vide c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s ; constante de Planck h=6,63×1034h=6{,}63\times 10^{-34} J·s ; 11 eV =1,60×1019=1{,}60\times 10^{-19} J.

  • 1) On voit un éclair, puis on entend le tonnerre 6,06{,}0 s plus tard. À quelle distance est tombée la foudre ?
  • 2) Calculez la longueur d'onde dans l'air d'un son de fréquence 680680 Hz.
  • 3) Calculez la fréquence d'une lumière de longueur d'onde 500500 nm dans le vide.
  • 4) Calculez l'énergie du photon correspondant, en joules puis en électronvolts.
  • 5) Une lentille convergente a une distance focale f=20f'=20 cm. Un objet est placé à 6060 cm devant elle. Déterminez la position de l'image.
  • 6) Calculez le grandissement et décrivez l'image.
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1) La lumière parcourt quelques kilomètres en un temps totalement négligeable, environ 10510^{-5} s, alors que le son met plusieurs secondes. Le retard mesuré est donc, à très bonne approximation, la seule durée de propagation du son : d=v×Δt=340×6,0=2040d=v\times\Delta t=340\times 6{,}0=2\,040 m, soit environ 2,02{,}0 km. C'est la règle bien connue des trois secondes par kilomètre.

2) La longueur d'onde est la distance parcourue pendant une période : λ=vf=340680=0,50\lambda=\frac{v}{f}=\frac{340}{680}=0{,}50 m. Attention, la longueur d'onde d'un son DÉPEND du milieu, puisque la célérité en dépend, alors que la fréquence, elle, est imposée par la source et ne change jamais lors d'un changement de milieu.

3) On applique la même relation à la lumière, après conversion des nanomètres en mètres : f=cλ=3,00×108500×109=6,00×1014f=\frac{c}{\lambda}=\frac{3{,}00\times 10^{8}}{500\times 10^{-9}}=6{,}00\times 10^{14} Hz. Un ordre de grandeur à connaître : la lumière visible se situe entre 44 et 8×10148\times 10^{14} Hz.

4) L'énergie d'un photon est E=hf=6,63×1034×6,00×1014=3,98×1019E=h\,f=6{,}63\times 10^{-34}\times 6{,}00\times 10^{14}=3{,}98\times 10^{-19} J. En électronvolts, on divise par 1,60×10191{,}60\times 10^{-19} : E=2,49E=2{,}49 eV. Là encore un ordre de grandeur utile : les photons visibles valent entre 1,61{,}6 et 3,13{,}1 eV, et 2,492{,}49 eV correspond bien à du vert.

5) On applique la relation de conjugaison 1OA1OA=1f\frac{1}{\overline{OA'}}-\frac{1}{\overline{OA}}=\frac{1}{f'}, en respectant les MESURES ALGÉBRIQUES : l'objet étant devant la lentille, OA=60\overline{OA}=-60 cm. Il vient 1OA=120+160=3160=130\frac{1}{\overline{OA'}}=\frac{1}{20}+\frac{1}{-60}=\frac{3-1}{60}=\frac{1}{30}, donc OA=30\overline{OA'}=30 cm. L'image se forme à 3030 cm derrière la lentille. Oublier le signe négatif de OA\overline{OA} est l'erreur qui fait perdre le plus de points sur ce chapitre.

6) Le grandissement vaut γ=OAOA=3060=0,5\gamma=\frac{\overline{OA'}}{\overline{OA}}=\frac{30}{-60}=-0{,}5. Il est NÉGATIF, donc l'image est renversée, et sa valeur absolue est inférieure à 11, donc l'image est deux fois plus petite que l'objet. Enfin OA\overline{OA'} est positive, donc l'image se forme du côté opposé à l'objet : elle est RÉELLE et peut être recueillie sur un écran. Trois informations se lisent ainsi sur un seul nombre.

Partie B : exercices (/40 • 60 minutes)

Exercice 4 : Titrage du diiode par le thiosulfate

On dose une solution de diiode I2\mathrm{I_{2}} de concentration inconnue par une solution de thiosulfate de sodium de concentration cB=0,100c_{B}=0{,}100 mol/L.

On prélève VA=20,0V_{A}=20{,}0 mL de la solution de diiode. L'équivalence est repérée pour VE=16,0V_{E}=16{,}0 mL de thiosulfate versé.

Couples mis en jeu : I2/I\mathrm{I_{2}}/\mathrm{I^{-}} et S4O62/S2O32\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}}/\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}.

  • 1) Écrivez les deux demi-équations électroniques.
  • 2) Déduisez-en l'équation de la réaction support du titrage.
  • 3) Comment repère-t-on l'équivalence dans ce titrage ? Justifiez.
  • 4) Établissez la relation entre les quantités de matière à l'équivalence.
  • 5) Calculez la concentration de la solution de diiode.
  • 6) Un élève oublie le coefficient stœchiométrique et écrit cAVA=cBVEc_{A}V_{A}=c_{B}V_{E}. Quelle valeur trouve-t-il, et de quel facteur se trompe-t-il ?
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1) Le diiode est l'oxydant de son couple, il CAPTE des électrons : I2+2e=2I\mathrm{I_{2}}+2\,e^{-}=2\,\mathrm{I^{-}}. L'ion thiosulfate est le réducteur de son couple, il CÈDE des électrons : 2S2O32=S4O62+2e2\,\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}=\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}}+2\,e^{-}. Vérifiez systématiquement la conservation des éléments et celle des charges : à gauche 2×(2)=42\times(-2)=-4, à droite 2-2 plus deux électrons soit 4-4 ✓.

2) On additionne les deux demi-équations, les électrons se compensant exactement puisqu'ils sont au nombre de deux de chaque côté : I2+2S2O322I+S4O62\mathrm{I_{2}}+2\,\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}}\longrightarrow 2\,\mathrm{I^{-}}+\mathrm{S_{4}O_{6}^{2-}}. C'est le coefficient 22 devant le thiosulfate qui fera toute la différence dans la suite.

3) Le diiode est la seule espèce COLORÉE du système, en brun-jaune en solution aqueuse ; les ions iodure, thiosulfate et tétrathionate sont tous incolores. Tant que du diiode reste dans le bécher, la solution est colorée ; à l'équivalence, la dernière goutte de thiosulfate fait disparaître la couleur. On repère donc l'équivalence à la DÉCOLORATION, sans avoir besoin d'aucun indicateur ajouté. En pratique on ajoute souvent de l'empois d'amidon, qui forme avec le diiode un complexe bleu foncé et rend la disparition beaucoup plus nette.

4) À l'équivalence, les réactifs sont introduits dans les proportions STŒCHIOMÉTRIQUES de l'équation. Ce n'est donc pas l'égalité des quantités qu'il faut écrire, mais l'égalité de leurs quotients par les nombres stœchiométriques : n(I2)1=n(S2O32)verseˊ2\frac{n(\mathrm{I_{2}})}{1}=\frac{n(\mathrm{S_{2}O_{3}^{2-}})_{\text{versé}}}{2}, c'est-à-dire n(I2)=cBVE2n(\mathrm{I_{2}})=\frac{c_{B}V_{E}}{2}.

5) On calcule d'abord la quantité de thiosulfate versée : n=cBVE=0,100×16,0×103=1,60×103n=c_{B}V_{E}=0{,}100\times 16{,}0\times 10^{-3}=1{,}60\times 10^{-3} mol. La quantité de diiode initialement présente en vaut donc la moitié : n(I2)=8,00×104n(\mathrm{I_{2}})=8{,}00\times 10^{-4} mol. Enfin cA=8,00×10420,0×103=0,0400c_{A}=\frac{8{,}00\times 10^{-4}}{20{,}0\times 10^{-3}}=0{,}0400 mol/L.

6) En écrivant cAVA=cBVEc_{A}V_{A}=c_{B}V_{E}, l'élève trouve cA=0,100×16,020,0=0,0800c_{A}=\frac{0{,}100\times 16{,}0}{20{,}0}=0{,}0800 mol/L, soit exactement le DOUBLE de la valeur correcte. Le facteur d'erreur est le coefficient stœchiométrique oublié. Cette erreur est d'autant plus dangereuse qu'elle ne se voit pas : le résultat reste plausible, avec un ordre de grandeur et une unité corrects, et rien dans le calcul ne signale la faute. La seule protection consiste à écrire systématiquement la relation d'équivalence sous forme de QUOTIENTS, même lorsque les coefficients valent 11, plutôt que de mémoriser la formule cV=cVcV=c'V', qui n'est qu'un cas particulier.

Exercice 5 : Lois de Newton sur un plan incliné

Un solide de masse m=400m=400 g est abandonné sans vitesse initiale sur un plan incliné d'un angle α=20\alpha=20^{\circ} par rapport à l'horizontale. On prend g=9,81g=9{,}81 m·s2^{-2}.

Dans un premier temps, on néglige les frottements. Les résultats seront arrondis au centième.

20°m = 400 g
  • 1) Faites le bilan des forces exercées sur le solide et représentez-les.
  • 2) Calculez la valeur du poids, puis celles de ses composantes parallèle et perpendiculaire au plan.
  • 3) Appliquez la deuxième loi de Newton et déterminez l'accélération du solide.
  • 4) Calculez la valeur de la réaction normale du support.
  • 5) Calculez la vitesse du solide après un déplacement de 2,002{,}00 m le long de la pente.
  • 6) On tient maintenant compte d'une force de frottement d'intensité constante f=0,50f=0{,}50 N, opposée au mouvement. Recalculez l'accélération et la vitesse.
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1) Le système est le solide, étudié dans le référentiel terrestre supposé galiléen. En l'absence de frottements, deux forces seulement s'exercent sur lui : son POIDS P\vec{P}, vertical, dirigé vers le bas, appliqué au centre de gravité, et la RÉACTION NORMALE N\vec{N} du support, perpendiculaire au plan incliné et dirigée vers le haut. Ces deux forces ne sont pas opposées, puisqu'elles n'ont pas la même direction : c'est précisément pour cela que le solide accélère.

2) La valeur du poids vaut P=mg=0,400×9,81=3,92P=mg=0{,}400\times 9{,}81=3{,}92 N, après conversion des grammes en kilogrammes. On projette ensuite sur deux axes, l'un parallèle au plan et orienté vers le bas de la pente, l'autre perpendiculaire. La composante parallèle vaut Psinα=3,924×sin20=1,34P\sin\alpha=3{,}924\times\sin 20^{\circ}=1{,}34 N, et la composante perpendiculaire Pcosα=3,924×cos20=3,69P\cos\alpha=3{,}924\times\cos 20^{\circ}=3{,}69 N. Retenez le repère mental : c'est le SINUS qui accompagne la composante motrice, celle qui fait descendre.

3) La deuxième loi de Newton s'écrit F=ma\sum\vec{F}=m\vec{a}, soit P+N=ma\vec{P}+\vec{N}=m\vec{a}. Sur l'axe perpendiculaire, il n'y a pas de mouvement, donc NPcosα=0N-P\cos\alpha=0. Sur l'axe parallèle, la réaction n'a aucune composante et il reste Psinα=maP\sin\alpha=m\,a, d'où a=mgsinαm=gsinα=9,81×sin20=3,36a=\frac{mg\sin\alpha}{m}=g\sin\alpha=9{,}81\times\sin 20^{\circ}=3{,}36 m·s2^{-2}. La masse se SIMPLIFIE : sans frottement, tous les solides descendent la même pente avec la même accélération, quelle que soit leur masse.

4) La projection perpendiculaire donne directement N=Pcosα=3,69N=P\cos\alpha=3{,}69 N. Notez que NN est INFÉRIEURE au poids, et d'autant plus que la pente est raide : sur un plan horizontal on retrouverait N=PN=P, et sur un mur vertical N=0N=0. Écrire N=PN=P sur un plan incliné est une erreur fréquente et lourdement sanctionnée.

5) Le mouvement est rectiligne uniformément accéléré, sans vitesse initiale. La relation v2=2adv^{2}=2\,a\,d donne v=2×3,3552×2,00=13,42=3,66v=\sqrt{2\times 3{,}3552\times 2{,}00}=\sqrt{13{,}42}=3{,}66 m/s. On peut retrouver ce résultat par l'énergie : le travail du poids sur ce déplacement vaut mgdsinα=0,400×9,81×2,00×sin20=2,68mgd\sin\alpha=0{,}400\times 9{,}81\times 2{,}00\times\sin 20^{\circ}=2{,}68 J, et comme la réaction normale ne travaille pas, cette énergie devient intégralement cinétique : v=2×2,6840,400=3,66v=\sqrt{\frac{2\times 2{,}684}{0{,}400}}=3{,}66 m/s ✓.

6) La force de frottement s'oppose au mouvement, donc elle est dirigée vers le HAUT de la pente et se retranche à la composante motrice. La projection parallèle devient Psinαf=maP\sin\alpha-f=m\,a', d'où a=1,3420,500,400=2,11a'=\frac{1{,}342-0{,}50}{0{,}400}=2{,}11 m·s2^{-2}. La vitesse après 2,002{,}00 m vaut alors v=2×2,1052×2,00=8,42=2,90v'=\sqrt{2\times 2{,}1052\times 2{,}00}=\sqrt{8{,}42}=2{,}90 m/s. Deux remarques valent des points. D'abord la masse ne se simplifie PLUS, car la force de frottement ne lui est pas proportionnelle : deux solides de masses différentes descendront désormais différemment. Ensuite, l'accélération a chuté de 37 %37\ \% mais la vitesse seulement de 21 %21\ \%, parce que la vitesse dépend de la RACINE de l'accélération : une perte d'énergie se traduit toujours par une perte de vitesse plus modérée qu'on ne l'imagine.

Exercice 6 : Un treuil électrique : énergie et rendement

Un treuil électrique soulève une charge de masse m=50m=50 kg sur une hauteur h=12h=12 m, à vitesse constante, en Δt=20\Delta t=20 s.

Le moteur est alimenté sous une tension U=230U=230 V et absorbe une intensité I=2,0I=2{,}0 A. On prend g=9,81g=9{,}81 m·s2^{-2}.

  • 1) Calculez le travail fourni à la charge pendant la montée.
  • 2) Justifiez que l'énergie cinétique de la charge ne varie pas, et dites ce que devient l'énergie utile.
  • 3) Calculez la puissance utile du treuil.
  • 4) Calculez la puissance électrique absorbée, puis le rendement du treuil.
  • 5) Calculez l'énergie dissipée pendant la montée et indiquez sous quelle forme.
  • 6) Retrouvez la puissance utile par un second calcul, à partir de la vitesse de montée.
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1) La force exercée par le câble doit compenser exactement le poids, la vitesse étant constante. Son travail vaut donc W=mgh=50×9,81×12=5886W=mgh=50\times 9{,}81\times 12=5\,886 J, soit environ 5,95{,}9 kJ. C'est aussi, au signe près, le travail du poids, qui est ici RÉSISTANT puisque le déplacement se fait vers le haut.

2) La charge monte à vitesse CONSTANTE, donc vv ne varie pas et Ec=12mv2E_{c}=\frac{1}{2}mv^{2} reste identique du début à la fin : sa variation est nulle. Toute l'énergie utile fournie sert donc à augmenter l'énergie potentielle de pesanteur, qui croît de ΔEpp=mgh=5886\Delta E_{pp}=mgh=5\,886 J. Une charge qui monte vite n'emmagasine pas plus d'énergie potentielle qu'une charge qui monte lentement : seule la HAUTEUR compte, la vitesse ne joue que sur la puissance.

3) La puissance est le quotient de l'énergie par la durée : Pu=WΔt=588620=294,3P_{u}=\frac{W}{\Delta t}=\frac{5\,886}{20}=294{,}3 W, soit environ 0,290{,}29 kW.

4) La puissance électrique absorbée vaut Pa=UI=230×2,0=460P_{a}=U\,I=230\times 2{,}0=460 W. Le rendement est le quotient de l'utile par l'absorbé : η=PuPa=294,3460=0,640\eta=\frac{P_{u}}{P_{a}}=\frac{294{,}3}{460}=0{,}640, soit 64,0 %64{,}0\ \%. Un rendement est toujours INFÉRIEUR à 11 ✓, et l'obtenir supérieur à 11 signale à coup sûr une inversion du quotient.

5) L'énergie électrique consommée pendant la montée vaut Ea=PaΔt=460×20=9200E_{a}=P_{a}\,\Delta t=460\times 20=9\,200 J. L'énergie dissipée est la différence entre le consommé et l'utile : 92005886=33149\,200-5\,886=3\,314 J. Elle est perdue sous forme de chaleur, essentiellement par effet Joule dans les bobinages du moteur et par frottements dans les engrenages et le câble. On vérifie la cohérence : 33149200=36,0 %\frac{3\,314}{9\,200}=36{,}0\ \%, et 64,0+36,0=10064{,}0+36{,}0=100 ✓.

6) La charge monte de 1212 m en 2020 s, donc à la vitesse v=1220=0,60v=\frac{12}{20}=0{,}60 m/s. La force exercée par le câble vaut F=mg=50×9,81=490,5F=mg=50\times 9{,}81=490{,}5 N. La puissance d'une force constante colinéaire au déplacement est P=Fv=490,5×0,60=294,3P=F\,v=490{,}5\times 0{,}60=294{,}3 W ✓, exactement la valeur de la question 3. Cette relation P=FvP=F\,v est la version instantanée du calcul par le travail, et elle éclaire un point important : à puissance de moteur donnée, plus la charge est lourde, plus la montée est lente, puisque le produit FvF\,v est plafonné. C'est la raison d'être des boîtes de vitesses et des palans, qui échangent de la force contre de la vitesse sans jamais créer de puissance.

Exercice 7 : Chimie organique : isomérie, oxydation et rendement

On s'intéresse au butan-1-ol, de formule brute C4H10O\mathrm{C_{4}H_{10}O}.

Données : M(C)=12,0M(\mathrm{C})=12{,}0, M(H)=1,0M(\mathrm{H})=1{,}0 et M(O)=16,0M(\mathrm{O})=16{,}0 g/mol.

  • 1) Donnez la formule semi-développée du butan-1-ol et identifiez sa famille.
  • 2) Combien la formule brute C4H10O\mathrm{C_{4}H_{10}O} admet-elle d'isomères ? Nommez les alcools.
  • 3) Classez les alcools trouvés en primaire, secondaire et tertiaire.
  • 4) Le butan-1-ol subit une oxydation ménagée. Donnez les deux produits successifs et leurs familles.
  • 5) Calculez la masse molaire du butanal.
  • 6) On oxyde 0,200{,}20 mol de butan-1-ol et l'on isole 11,5211{,}52 g de butanal. Calculez le rendement.
Voir la correction

1) Le butan-1-ol comporte une chaîne carbonée linéaire de quatre atomes de carbone, le préfixe « butan » l'indiquant, et un groupe hydroxyle OH-\mathrm{OH} porté par le carbone numéro 11. Sa formule semi-développée est CH3CH2CH2CH2OH\mathrm{CH_{3}-CH_{2}-CH_{2}-CH_{2}-OH}. Le groupe caractéristique hydroxyle place la molécule dans la famille des ALCOOLS.

2) La formule C4H10O\mathrm{C_{4}H_{10}O} est saturée et admet SEPT isomères de constitution, répartis en deux familles. Quatre sont des alcools : le butan-1-ol, le butan-2-ol, le 2-méthylpropan-1-ol et le 2-méthylpropan-2-ol. Les trois autres sont des éthers-oxydes : l'éthoxyéthane, le 1-méthoxypropane et le 2-méthoxypropane. La méthode pour ne rien oublier consiste à traiter séparément les deux squelettes carbonés possibles, linéaire et ramifié, puis à déplacer le groupe fonctionnel sur chaque position non équivalente.

3) La classe d'un alcool est donnée par le nombre d'atomes de carbone liés au carbone PORTEUR du groupe hydroxyle. Le butan-1-ol et le 2-méthylpropan-1-ol sont PRIMAIRES, leur carbone fonctionnel n'étant lié qu'à un seul autre carbone. Le butan-2-ol est SECONDAIRE, avec deux carbones voisins. Le 2-méthylpropan-2-ol est TERTIAIRE, avec trois. Ne comptez pas les atomes d'hydrogène, seulement les carbones.

4) Le butan-1-ol étant un alcool primaire, son oxydation ménagée se fait en deux étapes. Avec un oxydant en défaut, on obtient d'abord le BUTANAL CH3CH2CH2CHO\mathrm{CH_{3}-CH_{2}-CH_{2}-CHO}, de la famille des aldéhydes. Avec un oxydant en excès, l'oxydation se poursuit et donne l'ACIDE BUTANOÏQUE CH3CH2CH2COOH\mathrm{CH_{3}-CH_{2}-CH_{2}-COOH}, de la famille des acides carboxyliques. Ce comportement en deux temps est propre aux alcools primaires : un alcool secondaire s'arrêterait à la cétone, et un alcool tertiaire ne serait pas oxydable de façon ménagée, faute d'hydrogène sur le carbone fonctionnel.

5) Le butanal a pour formule brute C4H8O\mathrm{C_{4}H_{8}O}, l'oxydation ayant retiré deux atomes d'hydrogène à l'alcool. Sa masse molaire vaut M=4×12,0+8×1,0+16,0=48+8+16=72,0M=4\times 12{,}0+8\times 1{,}0+16{,}0=48+8+16=72{,}0 g/mol.

6) La quantité de butanal réellement obtenue vaut nexp=mM=11,5272,0=0,160n_{\text{exp}}=\frac{m}{M}=\frac{11{,}52}{72{,}0}=0{,}160 mol. L'équation étant de rapport 11 pour 11, la quantité maximale attendue est celle de l'alcool engagé, soit 0,200{,}20 mol. Le rendement vaut donc η=0,1600,20=0,80\eta=\frac{0{,}160}{0{,}20}=0{,}80, soit 80 %80\ \%. Un rendement se calcule TOUJOURS en quantités de matière, ou entre deux masses de la MÊME espèce : comparer directement les 11,5211{,}52 g obtenus à la masse d'alcool engagée, 0,20×74,0=14,80{,}20\times 74{,}0=14{,}8 g, donnerait 77,8 %77{,}8\ \%, une valeur fausse, car les deux molécules n'ont pas la même masse molaire. Les 20 %20\ \% manquants s'expliquent par la réaction incomplète, par la poursuite de l'oxydation vers l'acide butanoïque, et par les pertes inévitables lors de la distillation et des transvasements.

Partie C : problèmes (/40 • 60 minutes)

Exercice 8 : Problème : le titre d'une eau oxygénée

Une bouteille d'eau oxygénée porte l'indication « 10 volumes ». Par définition, une eau oxygénée à nn volumes libère, par litre de solution, nn litres de dioxygène gazeux mesurés dans les conditions normales, où Vm=22,4V_{m}=22{,}4 L/mol.

Le peroxyde d'hydrogène se décompose selon 2H2O22H2O+O22\,\mathrm{H_{2}O_{2}}\longrightarrow 2\,\mathrm{H_{2}O}+\mathrm{O_{2}}.

Pour vérifier l'étiquette, on dilue dix fois la solution commerciale, puis on titre VA=10,0V_{A}=10{,}0 mL de la solution diluée par une solution de permanganate de potassium de concentration cB=0,020c_{B}=0{,}020 mol/L, en milieu acide.

Couples : MnO4/Mn2+\mathrm{MnO_{4}^{-}}/\mathrm{Mn^{2+}} et O2/H2O2\mathrm{O_{2}}/\mathrm{H_{2}O_{2}}.

  • 1) Déterminez la concentration en peroxyde d'hydrogène de la solution commerciale, d'après l'étiquette.
  • 2) Écrivez les deux demi-équations, puis l'équation du titrage.
  • 3) Comment repère-t-on l'équivalence ? Pourquoi n'a-t-on besoin d'aucun indicateur coloré ?
  • 4) Prévoyez le volume équivalent attendu si l'étiquette est exacte.
  • 5) L'équivalence est observée à VE=16,5V_{E}=16{,}5 mL. Concluez sur l'étiquette.
  • 6) Proposez une explication à l'écart observé.
Voir la correction

1) Un litre de solution libère 1010 L de dioxygène, ce qui correspond à n(O2)=1022,4=0,446n(\mathrm{O_{2}})=\frac{10}{22{,}4}=0{,}446 mol. L'équation de décomposition montre que deux moles de peroxyde donnent une mole de dioxygène : la quantité de peroxyde est donc le DOUBLE, soit 0,8930{,}893 mol par litre. La concentration annoncée est donc c0=0,89c_{0}=0{,}89 mol/L, et celle de la solution diluée dix fois vaut cdil=0,089c_{\text{dil}}=0{,}089 mol/L.

2) L'ion permanganate est réduit en ion manganèse deux, en milieu acide : MnO4+8H++5e=Mn2++4H2O\mathrm{MnO_{4}^{-}}+8\,\mathrm{H^{+}}+5\,e^{-}=\mathrm{Mn^{2+}}+4\,\mathrm{H_{2}O}. Le peroxyde d'hydrogène joue ici le rôle de RÉDUCTEUR et s'oxyde en dioxygène : H2O2=O2+2H++2e\mathrm{H_{2}O_{2}}=\mathrm{O_{2}}+2\,\mathrm{H^{+}}+2\,e^{-}. Pour combiner, on égalise les électrons en multipliant la première par 22 et la seconde par 55, soit dix électrons de part et d'autre : 2MnO4+5H2O2+6H+2Mn2++5O2+8H2O2\,\mathrm{MnO_{4}^{-}}+5\,\mathrm{H_{2}O_{2}}+6\,\mathrm{H^{+}}\longrightarrow 2\,\mathrm{Mn^{2+}}+5\,\mathrm{O_{2}}+8\,\mathrm{H_{2}O}. Notez que le peroxyde d'hydrogène est ici oxydé alors qu'il est le plus souvent utilisé comme oxydant : il appartient à deux couples et son rôle dépend du partenaire.

3) L'ion permanganate est intensément VIOLET, tandis que l'ion manganèse deux est quasiment incolore, de même que le peroxyde, le dioxygène et l'eau. Tant qu'il reste du peroxyde dans le bécher, chaque goutte versée est décolorée presque instantanément. À l'équivalence, le peroxyde est épuisé et la goutte suivante n'est plus consommée : la teinte violette PERSISTE. Le réactif titrant est donc son propre indicateur, ce qui rend inutile tout ajout extérieur. On parle de titrage colorimétrique direct.

4) Dans les 10,010{,}0 mL prélevés de solution diluée, la quantité de peroxyde attendue vaut n=cdil×VA=0,0893×10,0×103=8,93×104n=c_{\text{dil}}\times V_{A}=0{,}0893\times 10{,}0\times 10^{-3}=8{,}93\times 10^{-4} mol. La relation d'équivalence se lit sur les coefficients de l'équation, n(MnO4)2=n(H2O2)5\frac{n(\mathrm{MnO_{4}^{-}})}{2}=\frac{n(\mathrm{H_{2}O_{2}})}{5}, d'où n(MnO4)=25×8,93×104=3,57×104n(\mathrm{MnO_{4}^{-}})=\frac{2}{5}\times 8{,}93\times 10^{-4}=3{,}57\times 10^{-4} mol. Le volume équivalent attendu est donc VE=3,57×1040,020=1,79×102V_{E}=\frac{3{,}57\times 10^{-4}}{0{,}020}=1{,}79\times 10^{-2} L, soit 17,917{,}9 mL.

5) Le volume mesuré, 16,516{,}5 mL, est INFÉRIEUR aux 17,917{,}9 mL attendus. Comme le volume versé est proportionnel à la quantité de peroxyde présente, la concentration réelle vaut creˊelle=0,893×16,517,86=0,825c_{\text{réelle}}=0{,}893\times\frac{16{,}5}{17{,}86}=0{,}825 mol/L, en partant du volume équivalent NON arrondi. En repassant aux volumes, cela correspond à 0,825×22,42=9,240{,}825\times\frac{22{,}4}{2}=9{,}24 volumes. L'écart relatif atteint 7,6 %7{,}6\ \% : la bouteille est donc un peu MOINS concentrée que ne l'affirme l'étiquette, mais l'écart reste modeste.

6) L'explication la plus probable est la DÉCOMPOSITION SPONTANÉE du peroxyde d'hydrogène, qui se produit lentement au cours du stockage selon l'équation même donnée dans l'énoncé. Cette réaction est très favorisée thermodynamiquement mais lente à température ambiante ; elle est accélérée par la lumière, par la chaleur et par les traces d'ions métalliques, ce qui explique pourquoi ces solutions sont vendues dans des flacons OPAQUES et pourquoi l'on recommande de les conserver au frais. Une bouteille entamée depuis plusieurs mois titre couramment dix pour cent de moins que l'étiquette. Deux autres causes, moins probables ici, méritent d'être citées pour être complet : une erreur de dilution, un facteur dix étant exigeant sur la précision de la pipette et de la fiole, et un repérage trop tardif de l'équivalence, qui donnerait au contraire un volume trop GRAND et donc une concentration surestimée. Le sens de l'écart, ici une valeur trop faible, permet donc d'écarter cette dernière hypothèse, et c'est le raisonnement sur le SENS de l'erreur, autant que sur sa valeur, qui est attendu.

Exercice 9 : Problème : la descente d'un skieur

Un skieur, équipement compris, a une masse m=70m=70 kg. Il part sans vitesse initiale du sommet d'une piste dont le dénivelé est h=40h=40 m et la longueur L=150L=150 m. On prend g=9,81g=9{,}81 m·s2^{-2}.

En bas de la piste, un radar mesure sa vitesse : v=22v=22 m/s.

  • 1) Calculez la vitesse qu'il atteindrait en l'absence de tout frottement.
  • 2) Comparez à la vitesse mesurée et calculez l'énergie dissipée pendant la descente.
  • 3) Quelle fraction de l'énergie initiale a été dissipée ?
  • 4) Calculez la valeur moyenne de la force de frottement le long de la piste.
  • 5) Arrivé en bas, le skieur freine et s'arrête en 3030 m. Calculez la décélération et la force de freinage.
  • 6) Calculez la durée du freinage et commentez la valeur de la force obtenue.
Voir la correction

1) Sans frottement, seul le poids travaille et l'énergie mécanique se conserve. L'énergie potentielle perdue devient intégralement cinétique : 12mv02=mgh\frac{1}{2}mv_{0}^{2}=mgh, la masse se simplifie et v0=2gh=2×9,81×40=784,8=28,0v_{0}=\sqrt{2gh}=\sqrt{2\times 9{,}81\times 40}=\sqrt{784{,}8}=28{,}0 m/s, soit environ 101101 km/h. Retenez que ce résultat ne dépend NI de la masse du skieur, NI de la longueur de la piste, NI de son profil : seul compte le dénivelé.

2) La vitesse réelle, 2222 m/s, est nettement inférieure aux 28,028{,}0 m/s théoriques, ce qui est attendu puisque la neige et l'air freinent. L'énergie dissipée est la différence entre l'énergie potentielle initiale et l'énergie cinétique finale : Ediss=mgh12mv2=70×9,81×4012×70×222=2746816940=10528E_{\text{diss}}=mgh-\frac{1}{2}mv^{2}=70\times 9{,}81\times 40-\frac{1}{2}\times 70\times 22^{2}=27\,468-16\,940=10\,528 J, soit environ 10,510{,}5 kJ.

3) La fraction dissipée vaut 1052827468=0,383\frac{10\,528}{27\,468}=0{,}383, soit 38,3 %38{,}3\ \%. Un point mérite d'être souligné : la vitesse n'a chuté que de 21 %21\ \%, de 28,028{,}0 à 2222 m/s, alors que l'énergie a chuté de 38 %38\ \%. L'écart vient de nouveau du carré, l'énergie cinétique variant comme v2v^{2} : une perte d'énergie importante ne se traduit que par une perte de vitesse modérée, et c'est précisément ce qui rend les sports de glisse rapides malgré des frottements loin d'être négligeables.

4) Le travail d'une force de frottement d'intensité constante, opposée au mouvement, vaut fL-f\,L le long du trajet. En valeur absolue, il est égal à l'énergie dissipée : f=EdissL=10528150=70,2f=\frac{E_{\text{diss}}}{L}=\frac{10\,528}{150}=70{,}2 N. Attention à utiliser ici la LONGUEUR de la piste, 150150 m, et non le dénivelé : le frottement s'exerce tout au long du trajet réellement parcouru, alors que le poids ne travaille qu'en fonction de la hauteur.

5) Pendant le freinage, le mouvement est rectiligne uniformément décéléré. La relation v2=2adv^{2}=2\,a\,d donne a=v22d=2222×30=48460=8,07a=\frac{v^{2}}{2d}=\frac{22^{2}}{2\times 30}=\frac{484}{60}=8{,}07 m·s2^{-2}. La deuxième loi de Newton fournit alors la force de freinage : F=ma=70×8,067=565F=m\,a=70\times 8{,}067=565 N. On peut contrôler par l'énergie : le travail de la force de freinage doit absorber toute l'énergie cinétique, soit 1694030=565\frac{16\,940}{30}=565 N ✓.

6) La durée s'obtient par v=aΔtv=a\,\Delta t, soit Δt=228,067=2,73\Delta t=\frac{22}{8{,}067}=2{,}73 s. La force de freinage, 565565 N, mérite d'être commentée : elle représente 56570×9,81=0,82\frac{565}{70\times 9{,}81}=0{,}82 fois le poids du skieur, ce qui correspond à une décélération de 0,82g0{,}82\,g. C'est une valeur ÉLEVÉE mais réaliste pour un dérapage franc sur neige dure avec des carres bien affûtées, comparable à un freinage d'urgence en voiture sur route sèche. Elle est en revanche huit fois supérieure à la force de frottement de 70,270{,}2 N subie pendant la descente, et cette comparaison est instructive : les 10,510{,}5 kJ dissipés sur 150150 m de descente le sont doucement, alors que les 16,916{,}9 kJ du freinage sont évacués sur 3030 m seulement, donc cinq fois plus vite. La même énergie dissipée sur une distance cinq fois plus courte exige une force cinq fois plus grande, et c'est tout le principe des zones de déformation d'une automobile, qui allongent la distance d'arrêt pour diminuer la force subie.

Exercice 10 : Problème de synthèse : de l'objectif au photon

Un appareil photographique numérique possède un objectif assimilable à une lentille mince convergente de distance focale f=50f'=50 mm. On photographie une personne de 1,701{,}70 m placée à 2,02{,}0 m de l'objectif.

Le capteur est en silicium : il ne détecte un photon que si l'énergie de celui-ci dépasse 1,131{,}13 eV, ce qui correspond à une longueur d'onde maximale de 1,10 μ1{,}10\ \mum.

Données : c=3,00×108c=3{,}00\times 10^{8} m/s ; h=6,63×1034h=6{,}63\times 10^{-34} J·s ; 11 eV =1,60×1019=1{,}60\times 10^{-19} J.

  • 1) Déterminez la position de l'image sur l'axe optique.
  • 2) Calculez le grandissement, puis la taille de l'image sur le capteur.
  • 3) Justifiez que la distance capteur-objectif est très proche de la distance focale, et dites ce qui se passe si l'objet s'éloigne encore.
  • 4) Vérifiez par le calcul le seuil de 1,131{,}13 eV annoncé pour λ=1,10 μ\lambda=1{,}10\ \mum.
  • 5) Un photon rouge de 700700 nm et un photon infrarouge de 1,50 μ1{,}50\ \mum atteignent le capteur. Lesquels sont détectés ?
  • 6) Le capteur reçoit une puissance lumineuse de 1,0 μ1{,}0\ \muW à 550550 nm. Combien de photons le frappent chaque seconde ? Commentez.
Voir la correction

1) On applique la relation de conjugaison avec les mesures algébriques, l'objet étant devant la lentille : OA=2000\overline{OA}=-2\,000 mm. Alors 1OA=1f+1OA=15012000=4012000=392000\frac{1}{\overline{OA'}}=\frac{1}{f'}+\frac{1}{\overline{OA}}=\frac{1}{50}-\frac{1}{2\,000}=\frac{40-1}{2\,000}=\frac{39}{2\,000}, d'où OA=200039=51,3\overline{OA'}=\frac{2\,000}{39}=51{,}3 mm. L'image se forme donc à 51,351{,}3 mm derrière l'objectif, et c'est là qu'il faut placer le capteur pour que la photo soit nette.

2) Le grandissement vaut γ=OAOA=51,282000=2,56×102\gamma=\frac{\overline{OA'}}{\overline{OA}}=\frac{51{,}28}{-2\,000}=-2{,}56\times 10^{-2}. Il est négatif, donc l'image est RENVERSÉE, ce que le boîtier corrige électroniquement à l'affichage. Sa valeur absolue étant très inférieure à 11, l'image est fortement réduite : la personne de 1,701{,}70 m occupe sur le capteur une hauteur de 1,70×2,564×102=4,36×1021{,}70\times 2{,}564\times 10^{-2}=4{,}36\times 10^{-2} m, soit 4,364{,}36 cm. Cette valeur est cohérente avec la réalité, un capteur plein format mesurant 2424 mm de haut : il faudrait donc reculer davantage pour cadrer la personne entière, ce que fait tout photographe d'instinct.

3) La distance image trouvée, 51,351{,}3 mm, dépasse la distance focale de 1,31{,}3 mm seulement, soit à peine 2,6 %2{,}6\ \%. La raison se lit dans la relation de conjugaison : le terme 1OA\frac{1}{\overline{OA}} vaut 12000\frac{1}{2\,000}, quarante fois moins que 1f\frac{1}{f'}, il ne corrige donc que très peu. Si l'objet s'éloigne encore, ce terme tend vers zéro et OA\overline{OA'} tend vers ff' : l'image d'un objet situé à l'INFINI se forme exactement dans le plan focal image. C'est pourquoi la bague de mise au point d'un objectif a une course très courte pour les grandes distances et très étalée pour les objets proches, où la correction devient importante.

4) L'énergie d'un photon vaut E=hcλ=6,63×1034×3,00×1081,10×106=1,989×10251,10×106=1,81×1019E=\frac{h\,c}{\lambda}=\frac{6{,}63\times 10^{-34}\times 3{,}00\times 10^{8}}{1{,}10\times 10^{-6}}=\frac{1{,}989\times 10^{-25}}{1{,}10\times 10^{-6}}=1{,}81\times 10^{-19} J. En divisant par 1,60×10191{,}60\times 10^{-19}, on obtient 1,131{,}13 eV ✓, ce qui confirme la donnée de l'énoncé. Le produit hc=1,989×1025h\,c=1{,}989\times 10^{-25} J·m est une constante commode à mémoriser sous la forme hc1240h\,c\approx 1\,240 eV·nm, qui donne directement 12401100=1,13\frac{1\,240}{1\,100}=1{,}13 eV ✓ en une seule division.

5) Pour le photon rouge, E=1240700=1,77E=\frac{1\,240}{700}=1{,}77 eV, supérieur au seuil de 1,131{,}13 eV : il est DÉTECTÉ. Pour le photon infrarouge de 1,50 μ1{,}50\ \mum, soit 15001\,500 nm, E=12401500=0,83E=\frac{1\,240}{1\,500}=0{,}83 eV, inférieur au seuil : il n'est PAS détecté. Le critère porte bien sur l'énergie de CHAQUE photon, pris individuellement, et non sur la puissance du faisceau : un faisceau infrarouge très intense ne produira jamais aucun signal, alors qu'un unique photon rouge suffit. C'est exactement l'argument qui a imposé le modèle particulaire de la lumière, l'effet photoélectrique étant inexplicable par une description purement ondulatoire.

6) L'énergie d'un photon de 550550 nm vaut E=1,989×1025550×109=3,62×1019E=\frac{1{,}989\times 10^{-25}}{550\times 10^{-9}}=3{,}62\times 10^{-19} J. Le nombre de photons reçus par seconde est le quotient de la puissance par cette énergie : N=1,0×1063,62×1019=2,8×1012N=\frac{1{,}0\times 10^{-6}}{3{,}62\times 10^{-19}}=2{,}8\times 10^{12} photons par seconde. Ce nombre appelle deux commentaires. D'abord, une puissance ridiculement faible, un millionième de watt, correspond tout de même à près de trois mille milliards de photons chaque seconde : c'est ce qui explique que la nature granulaire de la lumière soit invisible dans la vie courante, la moyenne sur un si grand nombre gommant toute fluctuation. Ensuite, ce même nombre montre pourquoi la photographie en très faible lumière est BRUITÉE : quand le flux tombe à quelques centaines de photons par pixel et par pose, les fluctuations statistiques, de l'ordre de la racine carrée du nombre reçu, deviennent perceptibles et produisent le grain caractéristique des photos de nuit. Le modèle particulaire, invisible en plein jour, redevient donc directement observable dès que la lumière se fait rare.

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