Exercice 1 : Chimie : le degré d'acidité d'un vinaigre
Un vinaigre du commerce porte l'étiquette « 7 degrés ». Le degré d'acidité est, par définition, la masse d'acide éthanoïque, en grammes, contenue dans 100 grammes de vinaigre.
On dilue ce vinaigre dix fois. On titre ensuite mL de la solution diluée par une solution d'hydroxyde de sodium de concentration mol/L, avec suivi pH-métrique. La courbe obtenue est donnée ci-dessous, et l'équivalence est repérée à mL.
Données : g/mol ; masse volumique du vinaigre g/mL ; zones de virage de l'hélianthine et de la phénolphtaléine .
- 1) Écrivez l'équation de la réaction support du titrage et justifiez qu'elle convient à un titrage.
- 2) Déterminez la concentration en acide éthanoïque de la solution diluée, puis celle du vinaigre commercial.
- 3) Calculez le degré d'acidité de ce vinaigre. L'étiquette est-elle honnête ?
- 4) Lisez sur la courbe le pH à la demi-équivalence et déduisez-en le du couple. Justifiez la méthode.
- 5) Le pH à l'équivalence vaut environ . Justifiez qualitativement qu'il devait être supérieur à , puis choisissez l'indicateur coloré adapté.
- 6) Tracez le diagramme de prédominance du couple et indiquez l'espèce majoritaire dans le vinaigre non dilué, dont le pH vaut environ .
Voir la correction
1) L'ion hydroxyde apporté par la soude déprotone l'acide éthanoïque : . Cette réaction convient à un titrage parce qu'elle est TOTALE, sa constante valant , très supérieure à , et parce qu'elle est RAPIDE, comme toute réaction acido-basique en solution aqueuse.
2) À l'équivalence, les réactifs ont été introduits dans les proportions stœchiométriques, donc mol. La concentration de la solution DILUÉE vaut donc mol/L. La dilution étant d'un facteur , le vinaigre commercial a pour concentration mol/L. Oublier de remonter à la solution mère est l'erreur classique.
3) La concentration massique vaut g/L, soit g d'acide éthanoïque pour mL de vinaigre. Comme g/mL, mL pèsent g : le degré d'acidité vaut donc . L'étiquette annonce , l'écart relatif est de , ce qui est tout à fait acceptable compte tenu des incertitudes de titrage : l'étiquette est honnête.
4) La demi-équivalence correspond à mL, où la lecture graphique donne . À ce volume, la moitié de l'acide a été transformée en sa base conjuguée, donc . La relation se réduit alors à , puisque le logarithme de est nul. Donc .
5) À l'équivalence, tout l'acide a été consommé et la solution ne contient plus que l'ion éthanoate, accompagné des ions sodium spectateurs. Or est une BASE FAIBLE, qui réagit partiellement avec l'eau selon : elle libère des ions hydroxyde et le pH est donc nécessairement supérieur à . L'indicateur adapté est celui dont la zone de virage CONTIENT le pH d'équivalence : la phénolphtaléine, dont la zone encadre , convient ; l'hélianthine, qui vire entre et , changerait de couleur bien avant l'équivalence et conduirait à sous-estimer fortement le volume versé.
6) Le diagramme se lit sur un axe de pH gradué, la frontière étant placée en : l'acide prédomine pour , la base prédomine pour , et les deux espèces sont en concentrations égales à la frontière. Le vinaigre non dilué ayant un pH d'environ , très inférieur à , c'est la forme ACIDE qui y est majoritaire, ce qui est cohérent : un vinaigre est acide au goût comme au pH-mètre.
Un contrôle de cohérence global mérite d'être fait, et il vaut des points. Le pH initial lu sur la courbe vaut environ pour la solution diluée à mol/L, ce que confirme le calcul d'un acide faible : mol/L, soit ✓. Pour le vinaigre non dilué, dix fois plus concentré, le même calcul donne , cohérent avec la valeur de de la question 6 ✓. On notera enfin que la dilution n'augmente le pH que d'un demi-point et non d'une unité : c'est le propre d'un acide FAIBLE, dont la dissociation augmente quand on dilue, alors que diluer dix fois un acide fort ferait monter le pH d'exactement une unité.