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Chimie, secondaire 5 à Montréal • Révision générale

Examen blanc de chimie de secondaire 5 (corrigé complet)

Voici un examen blanc complet de chimie de secondaire 5, calibré sur le niveau réel des évaluations de fin d'année à Montréal. Contrairement aux séries par chapitre, celui-ci ne dit jamais de quelle unité relève chaque question : il faut la reconnaître soi-même, ce qui est précisément la difficulté d'un examen de synthèse.

Faites-le en conditions réelles, en 150 minutes et d'une traite, avant d'ouvrir la correction. C'est le seul moyen de savoir où vous en êtes vraiment.

Rappel de cours

  • Constantes : R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K) ; Vm=22,4V_{m}=22{,}4 L/mol aux TPN et 24,524{,}5 L/mol aux TAPN ; chaleur massique de l'eau 4,194{,}19 J/(g·°C) ; Kw=1,0×1014K_{w}=1{,}0\times 10^{-14}.
  • Toutes les températures doivent être converties en kelvins avant tout calcul de gaz : T(K)=T(°C)+273,15T(K)=T(°C)+273{,}15.
  • Une réponse sans unité, ou avec un nombre de chiffres significatifs incohérent avec les données, est incomplète.
  • Laissez toutes vos traces : dans une épreuve de chimie, la démarche vaut une part importante des points, même lorsque le résultat final est faux.

Partie A : Les gaz et l'énergie (/50)

Exercice 1 : Les lois des gaz

Un échantillon gazeux occupe 2,502{,}50 L à 20,020{,}0 °C sous une pression de 95,095{,}0 kPa.

  • a) Quel volume occuperait-il aux TPN, c'est-à-dire à 00 °C et 101,3101{,}3 kPa ?
  • b) Quelle est la quantité de matière de cet échantillon ?
  • c) Si l'échantillon a une masse de 3,123{,}12 g, quelle est sa masse molaire ? Proposez une identité.
  • d) On chauffe le gaz à volume constant jusqu'à 80,080{,}0 °C. Quelle est la nouvelle pression ?
Voir la correction

a) On applique la loi générale des gaz, P1V1T1=P2V2T2\dfrac{P_{1}V_{1}}{T_{1}}=\dfrac{P_{2}V_{2}}{T_{2}}, en convertissant d'abord les températures : T1=20,0+273,15=293,15T_{1}=20{,}0+273{,}15=293{,}15 K et T2=273,15T_{2}=273{,}15 K. Donc V2=P1V1T2T1P2=95,0×2,50×273,15293,15×101,3=2,19V_{2}=\dfrac{P_{1}V_{1}T_{2}}{T_{1}P_{2}}=\dfrac{95{,}0\times 2{,}50\times 273{,}15}{293{,}15\times 101{,}3}=2{,}19 L. Le volume diminue, ce qui est cohérent : on refroidit ET on comprime, les deux effets vont dans le même sens.

b) Deux voies équivalentes. Par les TPN : n=2,1922,4=9,76×102n=\dfrac{2{,}19}{22{,}4}=9{,}76\times 10^{-2} mol. Ou directement par la loi des gaz parfaits dans les conditions de départ : n=PVRT=95,0×2,508,314×293,15=237,52437,3=9,75×102n=\dfrac{PV}{RT}=\dfrac{95{,}0\times 2{,}50}{8{,}314\times 293{,}15}=\dfrac{237{,}5}{2437{,}3}=9{,}75\times 10^{-2} mol. Les deux concordent ✓, le léger écart venant de l'arrondi du a).

c) M=mn=3,129,75×102=32,0M=\dfrac{m}{n}=\dfrac{3{,}12}{9{,}75\times 10^{-2}}=32{,}0 g/mol. Une masse molaire de 3232 g/mol correspond au DIOXYGÈNE O2O_{2}, dont M=2×16,00=32,00M=2\times 16{,}00=32{,}00 g/mol. On pourrait aussi penser au méthanol, mais celui-ci est liquide à 2020 °C, ce que l'énoncé exclut puisqu'il s'agit d'un gaz.

d) À volume et quantité constants, la loi de Gay-Lussac donne P1T1=P2T2\dfrac{P_{1}}{T_{1}}=\dfrac{P_{2}}{T_{2}}. Avec T2=80,0+273,15=353,15T_{2}=80{,}0+273{,}15=353{,}15 K : P2=95,0×353,15293,15=114,4P_{2}=\dfrac{95{,}0\times 353{,}15}{293{,}15}=114{,}4 kPa. Contrôle de bon sens : on a chauffé, donc la pression doit monter, et 114,4>95,0114{,}4>95{,}0 ✓. Erreur à ne pas commettre : utiliser les degrés Celsius donnerait 95,0×80,020,0=380\dfrac{95{,}0\times 80{,}0}{20{,}0}=380 kPa, une valeur absurde, et c'est exactement pourquoi la conversion en kelvins n'est pas négociable.

Exercice 2 : Stœchiométrie gazeuse

On chauffe 12,2512{,}25 g de chlorate de potassium, qui se décompose selon 2KClO3(s)2KCl(s)+3O2(g)2KClO_{3}(s)\rightarrow 2KCl(s)+3O_{2}(g).

Données : M(KClO3)=122,55M(KClO_{3})=122{,}55 g/mol ; R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K).

  • a) Calculez la quantité de matière de chlorate de potassium, puis celle de dioxygène produite.
  • b) Calculez le volume de dioxygène recueilli à 2525 °C sous 101,3101{,}3 kPa.
  • c) Le dioxygène est recueilli sur l'eau, dont la pression de vapeur vaut 3,173{,}17 kPa à 2525 °C, la pression totale étant 101,3101{,}3 kPa. Recalculez le volume.
  • d) Comparez les deux volumes et expliquez lequel correspond à une manipulation réelle de laboratoire.
Voir la correction

a) n(KClO3)=12,25122,55=9,996×102n(KClO_{3})=\dfrac{12{,}25}{122{,}55}=9{,}996\times 10^{-2} mol, soit très exactement 0,1000{,}100 mol aux arrondis près. Le rapport stœchiométrique KClO3:O2KClO_{3}:O_{2} vaut 2:32:3, donc n(O2)=32×9,996×102=1,499×101n(O_{2})=\dfrac{3}{2}\times 9{,}996\times 10^{-2}=1{,}499\times 10^{-1} mol.

b) V=nRTP=1,499×101×8,314×298,15101,3=371,6101,3=3,67V=\dfrac{nRT}{P}=\dfrac{1{,}499\times 10^{-1}\times 8{,}314\times 298{,}15}{101{,}3}=\dfrac{371{,}6}{101{,}3}=3{,}67 L. On aurait pu aller plus vite avec le volume molaire aux TAPN : 1,499×101×24,5=3,671{,}499\times 10^{-1}\times 24{,}5=3{,}67 L ✓.

c) Recueilli sur l'eau, le dioxygène ne représente qu'une partie de la pression totale : P(O2)=101,33,17=98,13P(O_{2})=101{,}3-3{,}17=98{,}13 kPa. Le volume occupé par le mélange gazeux devient V=1,499×101×8,314×298,1598,13=3,79V=\dfrac{1{,}499\times 10^{-1}\times 8{,}314\times 298{,}15}{98{,}13}=3{,}79 L.

d) Le second volume, 3,793{,}79 L, est supérieur d'environ 3,23{,}2 %. C'est LUI qui correspond à une manipulation réelle, car un gaz recueilli par déplacement d'eau est toujours saturé de vapeur d'eau : le volume mesuré dans l'éprouvette contient les deux gaz. Le volume du b), lui, décrit un dioxygène parfaitement sec, ce qui n'existe qu'en théorie ou après passage sur un desséchant. Conséquence pratique : un élève qui néglige la pression de vapeur SOUS-ESTIME systématiquement le volume attendu, et croit à tort que son rendement expérimental dépasse 100100 %.

Exercice 3 : Calorimétrie

On plonge 25,025{,}0 g d'un métal porté à 95,095{,}0 °C dans 50,050{,}0 g d'eau initialement à 20,020{,}0 °C, dans un calorimètre de capacité thermique négligeable. La température finale d'équilibre est de 27,227{,}2 °C.

Donnée : chaleur massique de l'eau 4,194{,}19 J/(g·°C).

thermomètreagitateureauparois isolantes25,0 g de métal à 95,0 °C dans 50,0 g d'eau à 20,0 °C
  • a) Calculez la chaleur absorbée par l'eau.
  • b) Déduisez-en la chaleur massique du métal.
  • c) Identifiez le métal parmi : aluminium 0,8970{,}897 ; fer 0,4490{,}449 ; cuivre 0,3850{,}385 ; plomb 0,1290{,}129 J/(g·°C).
  • d) Expliquez pourquoi la température finale est beaucoup plus proche de celle de l'eau que de celle du métal.
Voir la correction

a) L'eau se réchauffe de 20,020{,}0 à 27,227{,}2 °C, soit ΔT=7,2\Delta T=7{,}2 °C. Donc qeau=mcΔT=50,0×4,19×7,2=1508q_{eau}=m\,c\,\Delta T=50{,}0\times 4{,}19\times 7{,}2=1508 J. Cette chaleur est ABSORBÉE, donc positive.

b) Le calorimètre étant isolé et de capacité négligeable, toute la chaleur perdue par le métal a été gagnée par l'eau : qmeˊtal=qeau=1508q_{métal}=-q_{eau}=-1508 J. Le métal refroidit de 95,095{,}0 à 27,227{,}2 °C, soit ΔT=67,8\Delta T=-67{,}8 °C. De q=mcΔTq=m\,c\,\Delta T on tire c=qmΔT=150825,0×(67,8)=15081695=0,890c=\dfrac{q}{m\,\Delta T}=\dfrac{-1508}{25{,}0\times(-67{,}8)}=\dfrac{-1508}{-1695}=0{,}890 J/(g·°C). Le signe se simplifie de lui-même, ce qui est un bon contrôle : une chaleur massique est toujours positive.

c) La valeur 0,8900{,}890 J/(g·°C) est très proche de 0,8970{,}897, celle de l'ALUMINIUM. L'écart relatif vaut moins de 11 %, largement dans l'incertitude d'une mesure de calorimétrie scolaire. Les trois autres candidats sont écartés sans hésitation : le fer est deux fois plus bas, le cuivre plus de deux fois, le plomb près de sept fois.

d) Pour deux raisons qui se cumulent. D'abord la MASSE : il y a deux fois plus d'eau que de métal, 50,050{,}0 g contre 25,025{,}0 g. Ensuite, et surtout, la CHALEUR MASSIQUE : celle de l'eau, 4,194{,}19, est environ 4,74{,}7 fois plus grande que celle de l'aluminium. Le produit mcm\,c, qui mesure la capacité thermique de chaque corps, vaut 209,5209{,}5 J/°C pour l'eau contre seulement 22,422{,}4 J/°C pour le métal, soit un rapport de près de dix. Il faut donc environ dix fois plus d'énergie pour changer la température de l'eau d'un degré que celle du métal, et l'équilibre s'établit tout près de la température initiale de l'eau. C'est la même propriété qui fait que les océans régulent le climat et qu'une plage de sable brûle les pieds alors que l'eau reste fraîche.

Exercice 4 : Loi de Hess

On dispose des trois équations thermochimiques suivantes, à 2525 °C :

(1) C(s)+O2(g)CO2(g)C(s)+O_{2}(g)\rightarrow CO_{2}(g), ΔH=393,5\Delta H=-393{,}5 kJ ; (2) H2(g)+12O2(g)H2O(l)H_{2}(g)+\frac{1}{2}O_{2}(g)\rightarrow H_{2}O(l), ΔH=285,8\Delta H=-285{,}8 kJ ; (3) C2H6(g)+72O2(g)2CO2(g)+3H2O(l)C_{2}H_{6}(g)+\frac{7}{2}O_{2}(g)\rightarrow 2CO_{2}(g)+3H_{2}O(l), ΔH=1559,7\Delta H=-1559{,}7 kJ.

  • a) Écrivez l'équation de formation de l'éthane C2H6C_{2}H_{6} à partir de ses corps simples.
  • b) Combinez les trois équations pour obtenir cette équation de formation, en précisant les opérations effectuées.
  • c) Calculez l'enthalpie de formation de l'éthane.
  • d) La réaction (3) est-elle exothermique ou endothermique ? Et la formation de l'éthane ?
Voir la correction

a) La formation d'un composé part toujours des corps simples dans leur état standard, ici le carbone graphite et le dihydrogène gazeux : 2C(s)+3H2(g)C2H6(g)2C(s)+3H_{2}(g)\rightarrow C_{2}H_{6}(g). Les coefficients se lisent directement sur la formule de l'éthane, deux carbones et six hydrogènes, donc trois molécules de H2H_{2}.

b) Il faut faire apparaître 2C2C et 3H23H_{2} à gauche et C2H6C_{2}H_{6} à droite. On prend donc l'équation (1) multipliée par 22, ce qui place 2C2C à gauche et 2CO22CO_{2} à droite. On prend l'équation (2) multipliée par 33, ce qui place 3H23H_{2} à gauche et 3H2O3H_{2}O à droite. Enfin on INVERSE l'équation (3), ce qui place 2CO2+3H2O2CO_{2}+3H_{2}O à gauche et C2H6C_{2}H_{6} à droite. En additionnant, les 2CO22CO_{2} et les 3H2O3H_{2}O se simplifient de part et d'autre, ainsi que le dioxygène, et il reste exactement l'équation du a).

c) Chaque opération se répercute sur l'enthalpie : multiplier par un facteur multiplie ΔH\Delta H par ce facteur, inverser une équation change le SIGNE de ΔH\Delta H. Donc ΔHf=2(393,5)+3(285,8)(1559,7)=787,0857,4+1559,7=84,7\Delta H_{f}=2(-393{,}5)+3(-285{,}8)-(-1559{,}7)=-787{,}0-857{,}4+1559{,}7=-84{,}7 kJ/mol. La valeur tabulée est 84,0-84{,}0 kJ/mol, l'accord est excellent ✓.

d) La réaction (3) est fortement EXOTHERMIQUE, avec ΔH=1559,7\Delta H=-1559{,}7 kJ : c'est une combustion, elle libère de la chaleur, ce qui est attendu de tout hydrocarbure qui brûle. La formation de l'éthane est également exothermique, mais bien plus modestement, 84,7-84{,}7 kJ/mol. L'interprétation vaut la peine d'être énoncée : former l'éthane à partir de ses éléments libère peu d'énergie, donc l'éthane est à peine plus stable que ses corps simples ; en revanche le brûler en libère énormément, parce que les produits, dioxyde de carbone et eau, sont eux extrêmement stables. C'est exactement pourquoi les hydrocarbures sont d'excellents combustibles.

Exercice 5 : Problème de synthèse : la combustion du propane

Le propane brûle selon C3H8(g)+5O2(g)3CO2(g)+4H2O(g)C_{3}H_{8}(g)+5O_{2}(g)\rightarrow 3CO_{2}(g)+4H_{2}O(g), avec ΔH=2220\Delta H=-2220 kJ par mole de propane.

On brûle 2,502{,}50 mol de propane. Données : Vm=22,4V_{m}=22{,}4 L/mol aux TPN et 24,524{,}5 L/mol aux TAPN ; chaleur massique de l'eau 4,194{,}19 J/(g·°C).

  • a) Calculez l'énergie libérée par cette combustion.
  • b) Calculez le volume de dioxygène nécessaire, mesuré aux TPN.
  • c) Calculez le volume de dioxyde de carbone produit, mesuré aux TAPN.
  • d) Quelle masse d'eau cette énergie permettrait-elle de porter de 2020 °C à 100100 °C, en supposant un rendement de 100100 % ? Et avec un rendement réaliste de 7070 % ?
Voir la correction

a) L'énergie est proportionnelle à la quantité de propane brûlée : E=2,50×(2220)=5550E=2{,}50\times(-2220)=-5550 kJ. Le signe négatif indique que le système CÈDE cette énergie au milieu, donc 55505550 kJ sont libérés.

b) Le rapport C3H8:O2C_{3}H_{8}:O_{2} vaut 1:51:5, donc n(O2)=5×2,50=12,5n(O_{2})=5\times 2{,}50=12{,}5 mol. Aux TPN, V=12,5×22,4=280V=12{,}5\times 22{,}4=280 L. C'est considérable, et cela illustre pourquoi une combustion exige une ventilation abondante : il faut près de 1,41{,}4 m³ d'air, l'air ne contenant que 2121 % de dioxygène.

c) Le rapport C3H8:CO2C_{3}H_{8}:CO_{2} vaut 1:31:3, donc n(CO2)=3×2,50=7,50n(CO_{2})=3\times 2{,}50=7{,}50 mol. Aux TAPN, V=7,50×24,5=184V=7{,}50\times 24{,}5=184 L. Attention au changement de conditions entre b) et c) : utiliser 22,422{,}4 ici donnerait 168168 L, une erreur de 99 %.

d) À rendement parfait, toute l'énergie sert à chauffer l'eau : q=mcΔTq=m\,c\,\Delta T donne m=qcΔT=5,550×1064,19×80=5,550×106335,2=1,656×104m=\dfrac{q}{c\,\Delta T}=\dfrac{5{,}550\times 10^{6}}{4{,}19\times 80}=\dfrac{5{,}550\times 10^{6}}{335{,}2}=1{,}656\times 10^{4} g, soit 16,616{,}6 kg d'eau. Avec un rendement de 7070 %, seule une fraction de l'énergie atteint l'eau, le reste partant en chaleur perdue et en gaz d'échappement chauds : m=0,70×16,6=11,6m=0{,}70\times 16{,}6=11{,}6 kg. Ordre de grandeur à retenir : une bonbonne de propane de camping, environ 2,52{,}5 mol par petite cartouche, permet de porter à ébullition une dizaine de litres d'eau, ce qui correspond bien à l'expérience courante.

Partie B : Cinétique et équilibre (/50)

Exercice 6 : La loi des vitesses

Pour la réaction A+BCA+B\rightarrow C, on mesure la vitesse initiale pour trois mélanges différents, à température constante.

Toutes les concentrations sont en mol/L et les vitesses en mol/(L·s).

Essai[A][B]Vitesse initiale
10,100,102,0 × 10⁻³
20,200,108,0 × 10⁻³
30,100,204,0 × 10⁻³
0.050.10.150.20.250.30.350.0010.0020.0030.0040.0050.0060.0070.0080.0090.010.011[A] (mol/L)vitessedoubler [A] quadruple v
  • a) Déterminez l'ordre de la réaction par rapport à AA, en précisant quels essais vous comparez et pourquoi.
  • b) Déterminez l'ordre par rapport à BB.
  • c) Écrivez la loi des vitesses et calculez la constante kk avec son unité.
  • d) Prédisez la vitesse initiale pour [A]=0,30[A]=0{,}30 mol/L et [B]=0,15[B]=0{,}15 mol/L.
Voir la correction

a) On compare les essais 1 et 2, parce que [B][B] y est IDENTIQUE : toute variation de vitesse ne peut donc venir que de AA. La concentration de AA est doublée, de 0,100{,}10 à 0,200{,}20, et la vitesse est multipliée par 8,0×1032,0×103=4\dfrac{8{,}0\times 10^{-3}}{2{,}0\times 10^{-3}}=4. Or 4=224=2^{2}, donc l'ordre par rapport à AA vaut 22. C'est la méthode dite des vitesses initiales : on ne fait varier qu'une chose à la fois, exactement comme dans toute démarche expérimentale contrôlée.

b) On compare cette fois les essais 1 et 3, où [A][A] est identique. La concentration de BB double et la vitesse est multipliée par 4,0×1032,0×103=2\dfrac{4{,}0\times 10^{-3}}{2{,}0\times 10^{-3}}=2. Or 2=212=2^{1}, donc l'ordre par rapport à BB vaut 11.

c) La loi s'écrit v=k[A]2[B]v=k[A]^{2}[B]. L'ordre global vaut 2+1=32+1=3. On calcule kk avec n'importe quel essai, prenons le premier : k=v[A]2[B]=2,0×103(0,10)2×0,10=2,0×1031,0×103=2,0k=\dfrac{v}{[A]^{2}[B]}=\dfrac{2{,}0\times 10^{-3}}{(0{,}10)^{2}\times 0{,}10}=\dfrac{2{,}0\times 10^{-3}}{1{,}0\times 10^{-3}}=2{,}0. Pour l'unité, on isole : kk s'exprime en mol/(Ls)(mol/L)3\dfrac{mol/(L\cdot s)}{(mol/L)^{3}}, soit L2/(mol2s)L^{2}/(mol^{2}\cdot s). Contrôle : avec l'essai 2, k=8,0×103(0,20)2×0,10=8,0×1034,0×103=2,0k=\dfrac{8{,}0\times 10^{-3}}{(0{,}20)^{2}\times 0{,}10}=\dfrac{8{,}0\times 10^{-3}}{4{,}0\times 10^{-3}}=2{,}0 ✓, la constante ne dépend évidemment pas de l'essai choisi.

d) v=2,0×(0,30)2×0,15=2,0×0,090×0,15=2,7×102v=2{,}0\times(0{,}30)^{2}\times 0{,}15=2{,}0\times 0{,}090\times 0{,}15=2{,}7\times 10^{-2} mol/(L·s). La vitesse est donc environ 13,513{,}5 fois celle du premier essai, alors que les concentrations n'ont été multipliées que par 33 et 1,51{,}5 : c'est l'effet de l'exposant 22 sur AA, puisque 32×1,5=13,53^{2}\times 1{,}5=13{,}5 ✓. Un ordre élevé rend une réaction extrêmement sensible à la concentration, ce qui est capital en génie chimique comme en sécurité industrielle.

Exercice 7 : Mécanisme réactionnel et catalyse

Une réaction se déroule en deux étapes élémentaires : étape 1, A+AXA+A\rightarrow X (lente) ; étape 2, X+BC+AX+B\rightarrow C+A (rapide).

Son énergie d'activation vaut 7575 kJ/mol sans catalyseur et 4545 kJ/mol en présence d'un catalyseur. On prendra R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K) et T=298T=298 K.

Le diagramme énergétique ci-dessous superpose les deux chemins.

246810-60-40-2020406080100réactifsproduitsprogression de la réaction
  • a) Écrivez l'équation globale de la réaction et identifiez l'intermédiaire réactionnel ainsi que le catalyseur éventuel.
  • b) Quelle est la loi des vitesses prévue par ce mécanisme ? Justifiez.
  • c) Par quel facteur le catalyseur multiplie-t-il la vitesse à 298298 K ? On utilisera le rapport eΔEa/RTe^{\Delta E_{a}/RT}.
  • d) Le catalyseur modifie-t-il l'enthalpie de la réaction ? Et la position de l'équilibre ?
Voir la correction

a) On additionne les deux étapes : A+A+X+BX+C+AA+A+X+B\rightarrow X+C+A. L'espèce XX apparaît des deux côtés et se simplifie, de même qu'un AA. L'équation globale est donc A+BCA+B\rightarrow C. L'INTERMÉDIAIRE RÉACTIONNEL est XX : il est produit à l'étape 1 puis consommé à l'étape 2, et n'apparaît pas dans le bilan. Il n'y a pas de catalyseur au sens strict dans ce mécanisme, mais notez que AA est régénéré à l'étape 2 après avoir été consommé en double à l'étape 1 : le bilan net n'en consomme qu'un seul.

b) La vitesse globale est imposée par l'étape la plus LENTE, dite étape déterminante, ici l'étape 1. Comme il s'agit d'une étape élémentaire, sa loi de vitesse se lit directement sur ses coefficients : v=k[A]2v=k[A]^{2}. La réaction est donc d'ordre 22 par rapport à AA et d'ordre 00 par rapport à BB, ce qui est le point contre-intuitif du mécanisme : BB figure dans l'équation globale mais n'influence pas la vitesse, puisqu'il n'intervient qu'après le goulot d'étranglement.

c) L'abaissement de l'énergie d'activation vaut ΔEa=7545=30\Delta E_{a}=75-45=30 kJ/mol, soit 3000030\,000 J/mol. Le facteur d'accélération est eΔEa/RT=e30000/(8,314×298)=e12,11=1,8×105e^{\Delta E_{a}/RT}=e^{30\,000/(8{,}314\times 298)}=e^{12{,}11}=1{,}8\times 10^{5}. Le catalyseur multiplie donc la vitesse par environ 180000180\,000. Une baisse apparemment modeste de 3030 kJ/mol produit une accélération de cinq ordres de grandeur : c'est l'effet exponentiel de la loi d'Arrhenius, et c'est ce qui rend les catalyseurs si précieux industriellement.

d) NON dans les deux cas, et pour la même raison de fond. Le catalyseur ouvre un CHEMIN différent, à barrière plus basse, mais il ne change ni l'état initial ni l'état final : l'enthalpie de réaction ΔH\Delta H, qui n'est que la différence entre ces deux états, reste rigoureusement identique. Quant à l'équilibre, le catalyseur abaisse l'énergie d'activation de la réaction directe ET de la réaction inverse exactement du même montant, donc il accélère les deux au même facteur. La constante d'équilibre est inchangée et la position d'équilibre aussi : on l'atteint simplement plus VITE. C'est exactement ce que dit le principe de Le Chatelier lorsqu'il précise qu'un catalyseur ne déplace jamais un équilibre.

Exercice 8 : Constante d'équilibre et Le Chatelier

On introduit 1,001{,}00 mol de tétroxyde de diazote dans un récipient rigide de 2,002{,}00 L, où s'établit l'équilibre N2O4(g)2NO2(g)N_{2}O_{4}(g)\rightleftharpoons 2NO_{2}(g), avec ΔH=+57,2\Delta H=+57{,}2 kJ.

À l'équilibre, il reste 0,300{,}30 mol de tétroxyde de diazote.

51015202530354045500.10.20.30.40.50.60.70.80.90,7000,150t (s)concentrations (mol/L)
  • a) Dressez le tableau des quantités et déterminez la composition à l'équilibre.
  • b) Calculez la constante d'équilibre KcK_{c} à cette température.
  • c) On comprime le mélange en réduisant le volume de moitié. Dans quel sens l'équilibre se déplace-t-il ?
  • d) On chauffe le mélange. Le tube contenant le mélange devient plus foncé, le dioxyde d'azote étant brun et le tétroxyde incolore. Ce résultat est-il cohérent avec le signe de ΔH\Delta H ?
Voir la correction

a) Initialement : 1,001{,}00 mol de N2O4N_{2}O_{4} et 00 mol de NO2NO_{2}. Il reste 0,300{,}30 mol de N2O4N_{2}O_{4}, donc la variation est de 0,70-0{,}70 mol. Le rapport stœchiométrique étant 1:21:2, il se forme 2×0,70=1,402\times 0{,}70=1{,}40 mol de NO2NO_{2}. À l'équilibre : 0,300{,}30 mol de N2O4N_{2}O_{4} et 1,401{,}40 mol de NO2NO_{2}. En concentrations, dans 2,002{,}00 L : [N2O4]=0,150[N_{2}O_{4}]=0{,}150 mol/L et [NO2]=0,700[NO_{2}]=0{,}700 mol/L.

b) Kc=[NO2]2[N2O4]=(0,700)20,150=0,4900,150=3,27K_{c}=\dfrac{[NO_{2}]^{2}}{[N_{2}O_{4}]}=\dfrac{(0{,}700)^{2}}{0{,}150}=\dfrac{0{,}490}{0{,}150}=3{,}27. L'exposant 22 vient du coefficient stœchiométrique du dioxyde d'azote : l'oublier donnerait 4,674{,}67, une erreur classique. La valeur étant supérieure à 11, l'équilibre favorise les produits dans ces conditions.

c) Réduire le volume de moitié double toutes les concentrations, donc augmente la pression. Le système s'oppose partiellement à cette perturbation en se déplaçant vers le côté qui compte le MOINS de moles de gaz. Ici la gauche compte 11 mole et la droite 22, donc l'équilibre se déplace vers la GAUCHE, c'est-à-dire vers le tétroxyde de diazote. Le mélange s'éclaircirait. À noter : KcK_{c} ne change pas, seule la composition change, car seule la température peut modifier une constante d'équilibre.

d) Oui, parfaitement cohérent. La réaction est ENDOTHERMIQUE dans le sens direct, puisque ΔH=+57,2\Delta H=+57{,}2 kJ est positif : on peut donc traiter la chaleur comme un RÉACTIF, en écrivant symboliquement N2O4+chaleur2NO2N_{2}O_{4}+\text{chaleur}\rightleftharpoons 2NO_{2}. Chauffer revient à ajouter ce réactif, et le système s'y oppose en consommant la chaleur, donc en se déplaçant vers la DROITE. Il se forme davantage de dioxyde d'azote, qui est brun, et le tube fonce ✓. C'est la seule perturbation qui modifie réellement KcK_{c} : ici la constante augmente avec la température. Cette expérience du tube scellé plongé alternativement dans l'eau chaude et dans la glace est d'ailleurs la démonstration classique du principe de Le Chatelier.

Exercice 9 : Acide-base : de la solution au tampon

L'ammoniac est une base faible de constante Kb=1,8×105K_{b}=1{,}8\times 10^{-5}. On dispose d'une solution d'ammoniac à 0,250{,}25 mol/L.

Donnée : Kw=1,0×1014K_{w}=1{,}0\times 10^{-14}.

  • a) Calculez le pH de cette solution.
  • b) On titre 20,020{,}0 mL de cette solution par de l'acide chlorhydrique à 0,1000{,}100 mol/L. Calculez le volume d'acide à l'équivalence.
  • c) Quel est le pH au point de demi-équivalence ? Justifiez sans calcul de concentration.
  • d) Le pH à l'équivalence sera-t-il acide, neutre ou basique ? Justifiez à partir de l'espèce alors présente.
Voir la correction

a) L'ammoniac réagit selon NH3+H2ONH4++OHNH_{3}+H_{2}O\rightleftharpoons NH_{4}^{+}+OH^{-}. En notant x=[OH]x=[OH^{-}] et en négligeant xx devant 0,250{,}25 : Kb=x20,25K_{b}=\dfrac{x^{2}}{0{,}25}, donc x=1,8×105×0,25=4,5×106=2,12×103x=\sqrt{1{,}8\times 10^{-5}\times 0{,}25}=\sqrt{4{,}5\times 10^{-6}}=2{,}12\times 10^{-3} mol/L. Alors pOH=log(2,12×103)=2,67pOH=-\log(2{,}12\times 10^{-3})=2{,}67 et pH=14,002,67=11,33pH=14{,}00-2{,}67=11{,}33. Vérification de l'approximation : 2,12×1030,25=0,85\dfrac{2{,}12\times 10^{-3}}{0{,}25}=0{,}85 %, bien inférieur à 55 % ✓.

b) À l'équivalence, n(HCl)=n(NH3)=0,25×0,0200=5,00×103n(HCl)=n(NH_{3})=0{,}25\times 0{,}0200=5{,}00\times 10^{-3} mol. Le volume vaut V=5,00×1030,100=0,0500V=\dfrac{5{,}00\times 10^{-3}}{0{,}100}=0{,}0500 L, soit 50,050{,}0 mL.

c) À la demi-équivalence, la moitié de l'ammoniac a été convertie en ion ammonium, donc [NH3]=[NH4+][NH_{3}]=[NH_{4}^{+}] : le bécher contient un TAMPON équimolaire. Pour un couple base faible / acide conjugué, cela donne pOH=pKbpOH=pK_{b}, et pKb=log(1,8×105)=4,74pK_{b}=-\log(1{,}8\times 10^{-5})=4{,}74. Donc pH=14,004,74=9,26pH=14{,}00-4{,}74=9{,}26. Aucun calcul de concentration n'est nécessaire, exactement comme pour un acide faible où la demi-équivalence donnait directement pKapK_{a}.

d) Le pH sera ACIDE. À l'équivalence, tout l'ammoniac a été converti en ion ammonium NH4+NH_{4}^{+}, accompagné de l'ion chlorure spectateur. Or l'ion ammonium est l'acide conjugué d'une base faible : il s'hydrolyse en cédant un proton à l'eau, ce qui abaisse le pH sous 77. C'est la situation symétrique de celle d'un acide faible titré par une base forte, où l'équivalence était basique. Règle générale à retenir pour l'examen : à l'équivalence, le pH est du côté opposé à celui du réactif titré, sauf quand les deux espèces sont fortes, auquel cas il vaut exactement 77.

Exercice 10 : Problème de synthèse : de la vitesse à l'équilibre

La synthèse de l'ammoniac, N2(g)+3H2(g)2NH3(g)N_{2}(g)+3H_{2}(g)\rightleftharpoons 2NH_{3}(g), est exothermique avec ΔH=92\Delta H=-92 kJ. Elle est extrêmement lente à basse température, mais son rendement à l'équilibre y est le meilleur.

Ce dernier exercice fait dialoguer les deux moitiés du cours : la CINÉTIQUE, qui dit à quelle vitesse on atteint l'équilibre, et la THERMODYNAMIQUE, qui dit où se situe cet équilibre.

  • a) D'après le principe de Le Chatelier, quelle température et quelle pression favorisent le RENDEMENT en ammoniac ?
  • b) D'après la cinétique, quelle température favorise la VITESSE de la réaction ?
  • c) Expliquez la contradiction, puis décrivez le compromis retenu dans le procédé industriel.
  • d) Le procédé emploie un catalyseur au fer. Explique-t-il pourquoi ce choix résout une partie du problème, mais pas toute.
Voir la correction

a) Pour la TEMPÉRATURE : la réaction directe est exothermique, donc la chaleur se comporte comme un produit, et il faut REFROIDIR pour déplacer l'équilibre vers l'ammoniac. Pour la PRESSION : le membre de gauche compte 1+3=41+3=4 moles de gaz et celui de droite 22, donc AUGMENTER la pression déplace l'équilibre vers le côté qui en compte le moins, c'est-à-dire vers l'ammoniac. Le rendement maximal s'obtient donc à basse température et haute pression.

b) La cinétique dit exactement l'inverse pour la température. Élever la température augmente à la fois la fréquence des collisions et surtout la proportion de molécules dont l'énergie dépasse l'énergie d'activation. Toute réaction, exothermique ou non, est donc plus RAPIDE à haute température. À température ambiante, la synthèse de l'ammoniac est si lente qu'elle est industriellement inutilisable, quel que soit son rendement théorique.

c) La contradiction est réelle : basse température veut dire bon rendement mais attente interminable ; haute température veut dire réaction rapide mais faible rendement. Un rendement de 9898 % atteint en un siècle ne vaut rien pour une usine. Le compromis industriel, mis au point par Haber et Bosch, consiste à travailler vers 450450 °C et sous 200200 atmosphères environ. La température choisie est assez élevée pour que la réaction soit rapide, en acceptant un rendement par passage médiocre, de l'ordre de 1515 %, et la très haute pression compense partiellement cette perte de rendement. De plus, l'ammoniac est liquéfié et retiré en continu, ce qui déplace sans cesse l'équilibre vers la droite, et les réactifs non transformés sont recyclés.

d) Le catalyseur au fer abaisse l'énergie d'activation, donc il accélère fortement la réaction : il permet ainsi d'obtenir une vitesse acceptable à une température PLUS BASSE qu'il n'aurait fallu sans lui, ce qui améliore indirectement le rendement. Voilà la partie du problème qu'il résout. Mais il ne résout pas tout, car un catalyseur accélère également la réaction INVERSE, exactement dans le même rapport : il ne change donc ni la constante d'équilibre ni la position de l'équilibre, et le rendement maximal atteignable à une température donnée reste rigoureusement le même. Autrement dit, le catalyseur agit sur la cinétique, jamais sur la thermodynamique. C'est la distinction centrale de tout le cours, et c'est elle que cet exercice cherche à faire énoncer.

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