Voici une série d'exercices corrigés de mathématique CST de cinquième secondaire sur l'optimisation par programmation linéaire, calibrés sur le niveau réel des évaluations et de l'épreuve unique du Ministère. Elle couvre la traduction d'un énoncé en système d'inéquations, le polygone de contraintes et ses sommets, la fonction à optimiser, aussi appelée fonction objectif, la règle des sommets, la droite baladeuse, les solutions entières, la contrainte redondante et la région vide. C'est le chapitre le plus rentable de l'année : la méthode tient en quatre gestes et se répète à l'identique d'un problème à l'autre, quel que soit le contexte.
À la fin de la série, vous savez retrouver le système d'une région déjà tracée (exercice 1), traduire le contrat d'un traiteur en contraintes sans inverser « le double » (exercice 2), calculer les sommets et écarter une intersection qui n'en est pas un (exercice 3), faire glisser la droite baladeuse puis confirmer par la table des sommets (exercice 4) et chercher la meilleure production entière quand le sommet optimal d'un artisan est décimal (exercice 5). Les problèmes de la partie B posent l'embauche la moins coûteuse d'un camp de jour (exercice 6), trois propositions d'employés à valider dans une serre municipale (exercice 7), la contrainte redondante et la région vide d'un club de plein air (exercice 9) et le transport scolaire recalculé après la panne d'un autobus (exercice 10).
Le fil de la série est le suivant : le polygone dit ce qui est POSSIBLE, la fonction dit ce qui est MEILLEUR, et la réponse finale doit être une production qu'on peut vraiment réaliser. C'est la dernière partie qui distingue une bonne copie, parce qu'un sommet optimal décimal n'est pas une réponse quand on compte des objets, et qu'on ne l'arrondit pas sans vérifier qu'il reste admissible. L'exercice 8 fait corriger cinq affirmations fausses, dont « l'optimum est toujours au croisement des deux droites obliques » et « un problème d'optimisation a toujours une solution ».
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•La méthode tient en quatre gestes : traduire l'énoncé en système d'inéquations, tracer la région et relever ses SOMMETS, évaluer la fonction à optimiser à chaque sommet, puis répondre à la question posée dans les mots de l'énoncé.
•TRADUIRE : « au plus », « ne dépasse pas », « au maximum » donnent ≤ ; « au moins », « au minimum », « il faut » donnent ≥. Les contraintes de positivité x≥0 et y≥0 ne sont écrites dans aucune phrase et font pourtant partie du système.
•Le mot « double » se vérifie toujours sur un exemple chiffré : « x ne dépasse pas le double de y » s'écrit x≤2y, et le couple (40;20) le confirme.
•Une inégalité LARGE, ≤ ou ≥, se trace en trait PLEIN et le bord appartient à la région. Une inégalité stricte se trace en pointillé. Le sens de l'inégalité, lui, se décide avec un POINT-TEST qui n'est jamais sur la frontière.
•Un SOMMET est l'intersection de deux frontières QUI APPARTIENT à la région. Toute intersection doit être vérifiée dans les contraintes qui ne l'ont pas produite : avec quatre contraintes, il y a six intersections possibles et souvent quatre sommets seulement.
•RÈGLE DES SOMMETS : une fonction de la forme ax+by atteint son maximum et son minimum sur un sommet du polygone. On n'a donc jamais à tester l'intérieur de la région.
•DROITE BALADEUSE : tous les points d'une droite ax+by=k donnent la même valeur k. Sa pente vaut −ba et ne dépend que de la fonction à optimiser. On la fait glisser parallèlement à elle-même, et le dernier sommet touché est l'optimum.
•Changer la fonction à optimiser ne change PAS le polygone : mêmes contraintes, mêmes sommets, seule la table des valeurs est à refaire. Le sommet gagnant, lui, peut changer.
•SOLUTIONS ENTIÈRES : quand x et y comptent des objets, un sommet optimal décimal n'est qu'une borne. On ne l'arrondit pas, on cherche le meilleur point entier ADMISSIBLE, en longeant le bord actif.
•Une contrainte REDONDANTE ne retire aucun point à la région ; on peut la retirer sans rien changer. Une région VIDE signale des exigences incompatibles : on nomme alors la contrainte qui bloque et on chiffre ce qu'il faudrait relâcher.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Lire une région et retrouver son système
La région colorée ci-dessous est le POLYGONE DE CONTRAINTES d'un problème d'optimisation. Ses quatre frontières sont tracées en trait plein.
On ne vous donne pas le système : c'est lui qu'il faut retrouver, en partant du dessin.
a) Donnez les coordonnées des quatre sommets de la région.
b) Déterminez l'équation de la droite d1, qui porte le bord joignant (7;0) à (2;5), puis celle de la droite d2, qui porte le bord joignant (0;3) à (2;5).
c) Pour chacune de ces deux droites, dites de quel côté se trouve la région en testant le point (1;1).
d) Écrivez le système complet des quatre contraintes, et expliquez pourquoi les inégalités sont larges et non strictes.
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Réponses
a)(0;0), (7;0), (2;5) et (0;3)
b)d1:y=−x+7, soit x+y=7 ; d2:y=x+3
c)La région est du côté x+y≤7 et du côté y≤x+3
d)x≥0, y≥0, x+y≤7, y≤x+3, en inégalités larges puisque les bords sont en trait plein
a)
On lit les sommets sur le quadrillage, un par un, en tournant toujours dans le même sens pour n'en oublier aucun : (0;0), l'origine ; (7;0), sur l'axe des abscisses ; (2;5), le point le plus haut ; et (0;3), sur l'axe des ordonnées. Un sommet est un point où DEUX frontières se coupent, jamais un point pris au hasard sur un bord. La lecture graphique n'est fiable que si les coordonnées tombent sur des nœuds du quadrillage, ce qui est le cas ici ; dès qu'un sommet tombe entre deux traits, il faut le calculer, et c'est l'objet de l'exercice 3.
b)
Pour d1 : la pente vaut 2−75−0=−55=−1. Avec le point (7;0) : 0=−1×7+b, donc b=7, et d1 a pour équation y=−x+7, qu'on écrit aussi x+y=7. Pour d2 : la pente vaut 2−05−3=1, et l'ordonnée à l'origine se lit directement sur le graphique, b=3 : d2 a pour équation y=x+3. Écrire une frontière sous la forme x+y=7 plutôt que y=−x+7 n'a rien d'anodin : c'est cette forme-là qui se lit comme une phrase, « le total des deux quantités vaut 7 », et c'est celle qu'on retrouvera dans les énoncés.
c)
On remplace x par 1 et y par 1 dans chaque frontière. Pour d1 : 1+1=2, et 2≤7, donc le point-test est du côté où x+y≤7. Comme (1;1) est visiblement DANS la région, la contrainte est bien x+y≤7. Pour d2 : on compare y à x+3, soit 1 à 1+3=4. Comme 1≤4, le point-test est du côté où y≤x+3, donc c'est cette contrainte-là. Le point-test est l'outil qui évite tout raisonnement sur « au-dessus » ou « en dessous », mots qui trompent dès que la droite est presque verticale. Un seul interdit : ne jamais prendre un point-test SUR la frontière, il vérifie l'égalité et ne décide de rien.
d)
Les deux dernières contraintes se lisent sur les axes : la région ne descend jamais sous l'axe des abscisses, donc y≥0, et ne passe jamais à gauche de l'axe des ordonnées, donc x≥0. Le système complet est x≥0, y≥0, x+y≤7 et y≤x+3. Les inégalités sont LARGES parce que les quatre frontières sont tracées en trait plein : le bord fait partie de la région. Un trait pointillé aurait signifié une inégalité stricte, donc un bord exclu. Ce détail décide de tout dans un problème d'optimisation, puisque la solution optimale se trouve précisément sur un sommet, c'est-à-dire sur le bord : avec des inégalités strictes, l'optimum ne serait jamais atteint.
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Exercice 2 : Du texte au système : le traiteur
Un traiteur prépare deux sortes de plateaux pour une réception : des plateaux froids et des plateaux chauds. On pose x le nombre de plateaux froids et y le nombre de plateaux chauds.
Voici ce que dit le contrat. La salle ne peut recevoir plus de 60 plateaux en tout. Le client exige au moins 15 plateaux chauds. Le nombre de plateaux froids ne doit pas dépasser le double du nombre de plateaux chauds. Enfin, la préparation d'un plateau froid demande 20 minutes, celle d'un plateau chaud 30 minutes, et la cuisine dispose de 1500 minutes.
Le traiteur gagne 12 dollars par plateau froid et 18 dollars par plateau chaud.
a) Traduisez les deux premières exigences, la capacité de la salle et le minimum de plateaux chauds.
b) Traduisez la troisième exigence, celle qui compare les deux nombres. Est-ce x≤2y ou 2x≤y ? Justifiez avec un exemple chiffré.
c) Traduisez la contrainte de temps, puis simplifiez l'inéquation obtenue.
d) Écrivez le système complet, contraintes de positivité comprises, puis la fonction à optimiser.
« Pas plus de 60 plateaux en tout » porte sur la SOMME des deux quantités : x+y≤60. « Au moins 15 plateaux chauds » porte sur y seul, et « au moins » se traduit par ≥ : y≥15. Le réflexe qui fait gagner des points est de traduire une phrase à la fois, en repérant d'abord DE QUOI on parle, puis le sens de l'inégalité. « Au plus », « ne dépasse pas », « au maximum » donnent ≤ ; « au moins », « au minimum », « il faut au moins » donnent ≥.
b)
C'est x≤2y. La phrase dit que le nombre de plateaux FROIDS ne dépasse pas le double du nombre de plateaux CHAUDS, donc la quantité limitée est x, et la borne est 2y. Vérification avec un exemple : avec 20 plateaux chauds, on peut faire jusqu'à 40 plateaux froids, et le couple (40;20) doit passer. Dans x≤2y : 40≤40, vrai. Dans 2x≤y : 80≤20, faux. C'est donc bien la première écriture. Cette question tombe à toutes les épreuves parce que la traduction mot à mot trompe : le mot « double » est collé au mot « chauds » dans la phrase, et beaucoup écrivent 2y du mauvais côté. La parade est l'exemple chiffré, en dix secondes.
c)
Le temps total de préparation vaut 20x+30y minutes, et il ne doit pas dépasser 1500 : 20x+30y≤1500. On divise les trois termes par 10, puis on peut encore diviser par 1 seulement, car 2, 3 et 150 n'ont pas de diviseur commun : 2x+3y≤150. Simplifier n'est pas facultatif, c'est ce qui rend les calculs de sommets faisables sans calculatrice. Attention à diviser TOUS les termes, le second membre compris : oublier de diviser 1500 est l'erreur la plus coûteuse du chapitre, parce qu'elle donne une région fausse mais plausible.
d)
Le système est : x≥0, y≥0, x+y≤60, y≥15, x≤2y et 2x+3y≤150. Les deux contraintes de positivité ne sont écrites dans aucune phrase de l'énoncé, et pourtant elles font partie du système : on ne prépare pas un nombre négatif de plateaux. Les oublier laisse une région ouverte vers la gauche ou vers le bas, donc des sommets qui n'existent pas. La fonction à optimiser, elle, n'est pas une contrainte et ne se met jamais dans le système : c'est R(x;y)=12x+18y, en dollars, et on cherche ici à la MAXIMISER.
Exercice 3 : Les sommets, et celui qui n'en est pas un
On considère le système x≥0, y≥0, x+2y≤12 et 3x+2y≤24. Sa région est représentée ci-dessous, avec les deux droites obliques prolongées en pointillé.
Les trois exercices qui suivent travaillent tous sur CETTE région : elle ne changera plus.
a) Déterminez par le calcul le point d'intersection des deux droites obliques.
b) Donnez les quatre sommets du polygone de contraintes.
c) Le point (12;0) est sur la droite x+2y=12 et le point (0;12) est sur la droite 3x+2y=24. Pourquoi ne sont-ils pas des sommets du polygone ?
d) Avec quatre contraintes, combien de couples de frontières peut-on former, et pourquoi le polygone a-t-il moins de sommets que de couples ?
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Réponses
a)(6;3)
b)(0;0), (8;0), (6;3) et (0;6)
c)(12;0) donne 3x+2y=36>24 et (0;12) donne x+2y=24>12 : les deux sont hors de la région
d)6 couples pour 4 sommets : deux intersections sont rejetées par les contraintes qui ne les ont pas produites
a)
On résout le système des deux équations. La méthode de soustraction va le plus vite ici, car les deux équations ont le même terme 2y : (3x+2y)−(x+2y)=24−12 donne 2x=12, donc x=6. On reporte dans la première équation : 6+2y=12, donc 2y=6 et y=3. Le point d'intersection est (6;3). Vérification dans la SECONDE équation, celle qui n'a pas servi au report : 3×6+2×3=18+6=24, exact. Reporter toujours dans une équation et vérifier dans l'autre, c'est la seule façon d'attraper une erreur de signe sans tout recommencer.
b)
Les sommets sont (0;0), (8;0), (6;3) et (0;6). On les obtient en croisant les frontières deux à deux : les deux axes donnent l'origine ; l'axe des abscisses et la droite 3x+2y=24 donnent (8;0), car 3x=24 ; les deux obliques donnent (6;3), calculé en a) ; l'axe des ordonnées et la droite x+2y=12 donnent (0;6), car 2y=12. Chaque sommet doit ensuite être VÉRIFIÉ dans toutes les contraintes, et c'est précisément ce que la question suivante met en défaut.
c)
Un point d'intersection n'est un sommet que s'il appartient à la région, donc s'il respecte TOUTES les contraintes, pas seulement les deux qui l'ont produit. Le point (12;0) vérifie x+2y=12, mais dans l'autre contrainte : 3×12+2×0=36, et 36>24. Il est donc hors de la région. Le point (0;12) vérifie 3x+2y=24, mais 0+2×12=24, et 24>12 : hors de la région lui aussi. Sur le dessin, ces deux points sont là où les prolongements en pointillé rencontrent les axes, bien à l'extérieur de la zone colorée. C'est le piège le plus cher du chapitre : on calcule six intersections, on les met toutes dans la table, et l'optimum tombe sur un point qui n'existe pas. Le filtre est mécanique, une ligne de calcul par contrainte restante.
d)
Quatre frontières se croisent deux à deux de 24×3=6 façons : les couples sont axe-axe, axe des x avec chacune des deux obliques, axe des y avec chacune des deux obliques, et les deux obliques entre elles. Or le polygone n'a que 4 sommets. Deux de ces six intersections, (12;0) et (0;12), tombent hors de la région et sont éliminées par le filtre de la question c). Autrement dit, le nombre de sommets est au PLUS le nombre de couples de frontières, jamais l'inverse, et il est presque toujours plus petit.
Exercice 4 : La droite baladeuse
On reprend la région de l'exercice 3, de sommets (0;0), (8;0), (6;3) et (0;6). On veut MAXIMISER la fonction P(x;y)=5x+4y.
La droite tracée en pointillé est la droite d'équation 5x+4y=20 : tous ses points donnent à P la même valeur, 20. C'est cette droite qu'on va faire glisser.
a) Vérifiez que les points (4;0) et (0;5) donnent bien P=20, et donnez la pente de cette droite.
b) On fait glisser la droite parallèlement à elle-même, en s'éloignant de l'origine. Quel est le DERNIER sommet de la région qu'elle touche ?
c) Calculez P aux quatre sommets et confirmez le résultat de b).
d) On veut maintenant maximiser Q(x;y)=2x+6y sur la même région. Le sommet gagnant est-il le même ? Que faut-il en conclure ?
Voir la correction
Réponses
a)P(4;0)=P(0;5)=20 ; pente −45=−1,25
b)Le sommet (6;3)
c)0, 40, 42 et 24 : maximum P=42 en (6;3)
d)Non : Q vaut 36 en (0;6), son maximum. Le sommet gagnant dépend de la fonction, pas seulement de la région
a)
En (4;0) : 5×4+4×0=20. En (0;5) : 5×0+4×5=20. Les deux points donnent la même valeur, ce qui est normal puisqu'ils sont sur la même droite 5x+4y=20. Pour la pente, on isole y : 4y=20−5x, donc y=−45x+5 et la pente vaut −45, soit −1,25. Retenez ceci, car c'est tout le chapitre : la pente de la droite baladeuse ne dépend QUE des coefficients de la fonction à optimiser, jamais des contraintes. Changer la valeur 20 en 40 donne une droite parallèle, jamais une droite d'inclinaison différente.
b)
On déplace la droite vers le haut et vers la droite, en gardant sa pente. Tant qu'elle coupe encore la région colorée, la valeur de P peut augmenter. Le dernier point de contact est le sommet (6;3) : au-delà, la droite est entièrement au-dessus de la région et plus aucun point admissible ne réalise cette valeur. La droite baladeuse rend visible ce que la règle des sommets affirme : l'optimum d'une fonction linéaire sur un polygone est toujours atteint sur un SOMMET, jamais à l'intérieur. La raison est simple : à l'intérieur, on peut toujours avancer un peu dans la direction qui fait croître P.
c)
On dresse la table. En (0;0) : P=0. En (8;0) : P=5×8=40. En (6;3) : P=30+12=42. En (0;6) : P=24. Le maximum vaut donc 42, atteint en (6;3), ce qui confirme la lecture graphique. Le sommet (8;0), avec 40, était le concurrent sérieux : l'écart n'est que de 2, et c'est justement pour cela qu'on ne se fie pas à l'œil seul. La table des sommets est la preuve, la droite baladeuse est la compréhension ; une copie complète montre les deux.
d)
Pour Q=2x+6y : en (0;0), Q=0 ; en (8;0), Q=16 ; en (6;3), Q=12+18=30 ; en (0;6), Q=36. Le maximum est cette fois en (0;6), un AUTRE sommet. La région n'a pas bougé d'un millimètre, seule la fonction a changé, et le gagnant change avec elle. C'est la pente qui explique tout : Q donne une droite de pente −62=−31, presque horizontale, qui balaie la région du bas vers le haut et touche donc le sommet le plus haut. La droite de P, de pente −1,25, est plus raide que le bord x+2y=12 mais moins que l'autre, et s'arrête au sommet intérieur. Conclusion à retenir : le polygone dit ce qui est possible, la fonction dit ce qui est meilleur, et on ne peut pas répondre sans les deux.
Exercice 5 : Quand le sommet optimal n'est pas une réponse
Un artisan fabrique des lampes et des horloges en bois. Il pose x le nombre de lampes et y le nombre d'horloges fabriquées dans la semaine.
Une lampe demande 3 heures de travail, une horloge 1 heure, et il dispose de 16 heures. Chaque objet consomme une plaque de bois et il n'en a que 7. Enfin, il ne lui reste que 5 douilles électriques, donc au plus 5 lampes. Une lampe rapporte 100 dollars et une horloge 60 dollars.
Le système est donc x≥0, y≥0, x≤5, x+y≤7, 3x+y≤16, et on maximise B(x;y)=100x+60y.
a) Déterminez par le calcul le sommet situé à l'intersection de x+y=7 et de 3x+y=16.
b) Calculez B aux cinq sommets (0;0), (5;0), (5;1), le sommet de a), et (0;7). Quel est le sommet optimal ?
c) Pourquoi ce résultat ne peut-il pas être la réponse au problème de l'artisan ?
d) L'artisan arrondit à 5 lampes et 3 horloges. Vérifiez si c'est admissible, puis trouvez la meilleure production ENTIÈRE et son bénéfice.
Voir la correction
Réponses
a)(4,5;2,5)
b)0, 500, 560, 600 et 420 dollars : optimum 600 dollars en (4,5;2,5)
c)Les coordonnées sont décimales, or on ne fabrique ni demi-lampe ni demi-horloge : 600 dollars n'est qu'une borne
d)(5;3) est refusé par x+y≤7 ; la meilleure production entière est 4 lampes et 3 horloges, soit 580 dollars
a)
On soustrait la première équation de la seconde : (3x+y)−(x+y)=16−7 donne 2x=9, donc x=4,5. On reporte : 4,5+y=7, donc y=2,5. Le sommet est (4,5;2,5). Vérification dans l'équation qui n'a pas servi au report : 3×4,5+2,5=13,5+2,5=16, exact. Il faut aussi contrôler la contrainte x≤5, qui n'a pas participé au calcul : 4,5≤5, le point est bien dans la région.
b)
En (0;0) : B=0. En (5;0) : B=500. En (5;1) : B=500+60=560. En (4,5;2,5) : B=450+150=600. En (0;7) : B=420. Le maximum vaut 600 dollars, atteint en (4,5;2,5). Mathématiquement, le travail est terminé et la règle des sommets a parfaitement fonctionné.
c)
Parce qu'on ne fabrique pas quatre lampes et demie. Les variables comptent des OBJETS, donc elles sont entières, et le sommet optimal a des coordonnées décimales. La règle des sommets donne l'optimum sur la région continue, c'est-à-dire une BORNE : le bénéfice réel ne pourra pas dépasser 600 dollars, mais rien ne garantit qu'il l'atteigne. C'est exactement le genre de conclusion qu'une épreuve attend : on répond à la question posée, pas au calcul effectué.
d)
Arrondir donne (5;3), qu'il faut tester : x+y=8, or la contrainte impose x+y≤7. L'artisan n'a que sept plaques de bois, cette production est IMPOSSIBLE. Arrondir vers le bas donne (4;2), admissible, mais B=400+120=520 dollars seulement. On cherche donc en testant les points entiers de la région proches du bord : (5;1) donne 560 ; (4;3) vérifie x+y=7≤7 et 3x+y=15≤16, donc il est admissible, et B=400+180=580 ; (3;4) donne 300+240=540. La meilleure production entière est donc 4 lampes et 3 horloges, pour 580 dollars. Deux leçons, et ce sont celles qui se perdent en points : arrondir un optimum n'est PAS une méthode, le point arrondi sort souvent de la région ; et la meilleure solution entière est toujours sur un bord, donc on la cherche le long du bord actif, pas au hasard.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Problème : le camp de jour
Une municipalité embauche des moniteurs et des aides-moniteurs pour son camp de jour. On pose x le nombre de moniteurs et y le nombre d'aides-moniteurs.
Un moniteur peut encadrer 20 enfants, un aide-moniteur 10, et le camp doit pouvoir en encadrer au moins 300. Le camp compte 20 groupes et chaque groupe doit avoir au moins un adulte. La réglementation impose au moins 6 moniteurs, et la municipalité s'engage à embaucher au moins 4 étudiants comme aides-moniteurs.
Un moniteur coûte 600 dollars par semaine et un aide-moniteur 350 dollars. La municipalité veut dépenser le moins possible.
a) Écrivez le système de contraintes en simplifiant ce qui peut l'être, puis la fonction à optimiser.
b) Déterminez les trois sommets de la région admissible.
c) Calculez le coût à chaque sommet et donnez l'embauche la moins coûteuse.
d) Une subvention ramène le coût d'un aide-moniteur à 250 dollars. Reprenez le calcul et concluez.
c)9900, 9500 et 11000 dollars : 10 moniteurs et 10 aides, pour 9500 dollars
d)8100, 8500 et 10600 dollars : l'optimum passe en (6;18), soit 6 moniteurs et 18 aides
a)
L'encadrement donne 20x+10y≥300, qu'on divise par 10 : 2x+y≥30. Les groupes donnent x+y≥20. Les deux minimums donnent x≥6 et y≥4, qui rendent inutiles les contraintes de positivité. Le système est donc x≥6, y≥4, 2x+y≥30 et x+y≥20. La fonction à MINIMISER est C(x;y)=600x+350y, en dollars. Remarquez que toutes les inégalités vont dans le même sens, ≥ : la région est ouverte vers le haut et vers la droite, ce qui est normal pour un problème de minimum, où embaucher davantage est toujours possible mais toujours plus cher.
b)
Trois intersections sont dans la région. La droite x=6 coupe 2x+y=30 en (6;18), et on vérifie x+y=24≥20 : admissible. Les deux obliques se coupent quand 2x+y=30 et x+y=20 ; par soustraction x=10, puis y=10 : le point (10;10) vérifie x≥6 et y≥4, admissible. Enfin y=4 coupe x+y=20 en (16;4), et 2x+y=36≥30 : admissible. On écarte (13;4), intersection de y=4 et de 2x+y=30, car x+y=17, et 17<20 : ce point laisse trois groupes sans adulte.
c)
En (6;18) : C=3600+6300=9900 dollars. En (10;10) : C=6000+3500=9500 dollars. En (16;4) : C=9600+1400=11000 dollars. Le minimum vaut 9500 dollars, pour 10 moniteurs et 10 aides-moniteurs. On vérifie que cette embauche tient les quatre exigences : elle encadre 20×10+10×10=300 enfants, exactement le minimum ; elle fournit 20 adultes pour 20 groupes, exactement le minimum ; et les deux planchers 6 et 4 sont largement dépassés. Les deux contraintes qui décident sont donc l'encadrement et les groupes, et elles sont toutes deux tendues au maximum : c'est la signature d'une solution optimale de minimisation.
d)
Avec C2(x;y)=600x+250y : en (6;18), C2=3600+4500=8100 dollars ; en (10;10), C2=6000+2500=8500 dollars ; en (16;4), C2=9600+1000=10600 dollars. Le minimum passe à 8100 dollars, en (6;18) : la municipalité a maintenant intérêt à embaucher le minimum de moniteurs et beaucoup d'aides. La région admissible n'a pas changé, et pourtant la décision, elle, a changé. C'est la leçon du chapitre, vue ici dans un cas concret : une subvention de 100 dollars par aide ne déplace aucune contrainte, mais elle fait basculer la solution d'un sommet à un autre, et elle fait économiser 1400 dollars par semaine.
Exercice 7 : Trois propositions à valider : la serre municipale
Une serre municipale prépare des plateaux de plants de tomates et des plateaux de fines herbes. On pose x le nombre de plateaux de tomates et y le nombre de plateaux de fines herbes.
La serre n'a de place que pour 40 plateaux. Un plateau de tomates demande 2 heures de soins et un plateau de fines herbes 1 heure, pour 60 heures disponibles. Enfin, la réserve de semences ne permet pas plus de 25 plateaux de tomates.
Un plateau de tomates se vend 30 dollars, un plateau de fines herbes 20 dollars. Trois employés proposent chacun une production, et il faut trancher.
a) Écrivez le système de contraintes et la fonction revenu R(x;y).
b) Le chef de culture propose 25 plateaux de tomates et 10 de fines herbes, « pour utiliser toutes les semences ». Le jardinier propose 0 et 40, « parce que les fines herbes ne coûtent pas de semences ». Vérifiez que ces deux propositions sont admissibles et calculez leur revenu.
c) La comptable propose 20 et 20. Vérifiez et calculez. Laquelle des trois propositions faut-il retenir ?
d) Un quatrième employé propose 22 plateaux de tomates et 18 de fines herbes. Que répondez-vous ? Et pourquoi est-il inutile de tester des productions à l'intérieur de la région ?
b)Les deux sont admissibles : 950 dollars pour (25;10), 800 dollars pour (0;40)
c)(20;20) est admissible et rapporte 1000 dollars : c'est la proposition à retenir
d)(22;18) demande 62 heures pour 60 disponibles, donc impossible ; l'optimum est toujours sur un sommet
a)
La place donne x+y≤40, les soins donnent 2x+y≤60, les semences donnent x≤25, et on ajoute x≥0 et y≥0. Le revenu est R(x;y)=30x+20y, en dollars, et on le maximise. Notez que la contrainte de semences ne porte que sur x : elle se trace comme une droite VERTICALE, ce qui déroute quand on cherche une pente. Une contrainte à une seule variable est toujours une droite parallèle à un axe.
b)
Proposition du chef de culture, (25;10) : la place donne 25+10=35≤40, vrai ; les soins donnent 2×25+10=60≤60, vrai, tout juste ; les semences donnent 25≤25, vrai, tout juste aussi. Elle est admissible, et R=750+200=950 dollars. Proposition du jardinier, (0;40) : 0+40=40≤40, vrai ; 0+40=40≤60, vrai ; 0≤25, vrai. Admissible également, avec R=800 dollars. Le chef de culture avait donc tort de croire qu'utiliser toutes les semences suffit : saturer une contrainte n'est pas un objectif, c'est une conséquence.
c)
Proposition de la comptable, (20;20) : la place donne 40≤40, vrai ; les soins donnent 40+20=60≤60, vrai ; les semences donnent 20≤25, vrai. Elle est admissible, et R=600+400=1000 dollars. C'est la meilleure des trois. Ce n'est pas un hasard : (20;20) est le sommet où se croisent la contrainte de place et celle de soins, et les deux autres propositions sont aussi des sommets, mais moins bons. La table complète des cinq sommets le confirme : (0;0) donne 0, (25;0) donne 750, (25;10) donne 950, (20;20) donne 1000 et (0;40) donne 800 dollars.
d)
La production (22;18) n'est pas admissible : les soins demanderaient 2×22+18=62 heures, or la serre n'en a que 60. Le total de 40 plateaux et les semences, eux, passeraient, ce qui est exactement le piège : un couple peut satisfaire trois contraintes sur quatre et rester impossible. On vérifie TOUTES les contraintes avant de calculer le revenu, jamais l'inverse. Quant aux productions intérieures, elles sont inutiles à tester à cause de la règle des sommets : une fonction de la forme ax+by atteint toujours son maximum sur un sommet du polygone. D'un point intérieur, on peut toujours ajouter un plateau de tomates ou un plateau de fines herbes, donc augmenter le revenu, tant qu'on n'a pas buté sur un bord.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Voici cinq phrases entendues en classe. Chacune est fausse. Dites pourquoi, puis donnez la version correcte, si possible avec un contre-exemple chiffré.
1) « Le point optimal est toujours celui où les deux droites obliques se croisent. »
2) « Un point qui respecte toutes les contraintes peut être optimal, donc il faut tester tous les points de la région. »
3) « Une contrainte du type au plus se trace toujours en pointillé. »
4) « Si on change la fonction à optimiser, il faut retracer le polygone. »
5) « Un problème d'optimisation a toujours une solution. »
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Réponses
1)Faux : tous les sommets se valent comme candidats, et Q=2x+6y gagne en (0;6) avec 36
2)Faux : la règle des sommets réduit la recherche aux seuls sommets
3)Faux : ≤ est une inégalité large, donc trait plein et bord inclus
4)Faux : le polygone vient des contraintes, seule la table des valeurs est à refaire
5)Faux : la région peut être vide, ou ouverte du côté où l'on optimise
1)
FAUX. Le sommet où se croisent les deux obliques n'est qu'un candidat parmi les autres, et il arrive souvent qu'il perde. Contre-exemple pris à l'exercice 4 : sur la région de sommets (0;0), (8;0), (6;3) et (0;6), la fonction Q=2x+6y vaut 30 au sommet des deux obliques (6;3), mais 36 en (0;6), qui est l'intersection d'une oblique et d'un AXE. Version correcte : on évalue la fonction à TOUS les sommets, sans en privilégier aucun.
2)
FAUX dans sa conclusion. Il est vrai qu'un point optimal respecte toutes les contraintes, mais la région en contient une infinité et on ne peut pas tous les tester. La règle des sommets dit exactement pourquoi ce n'est pas nécessaire : une fonction de la forme ax+by atteint son maximum et son minimum sur des SOMMETS du polygone. Version correcte : on teste les sommets, et eux seuls. Seule exception, un problème à variables entières, où l'on cherche ensuite le meilleur point entier le long du bord actif, comme à l'exercice 5.
3)
FAUX. C'est la nature STRICTE ou LARGE de l'inégalité qui décide du trait, pas le sens de l'inégalité. « Au plus 60 plateaux » se traduit par x+y≤60, une inégalité large, donc un trait PLEIN et un bord inclus. Le pointillé est réservé aux inégalités strictes, < ou >, qui traduisent « strictement moins de » ou « plus de, sans l'atteindre ». Version correcte : ≤ et ≥ donnent un trait plein, < et > un trait pointillé.
4)
FAUX, et c'est ce qui rend le chapitre économique. Le polygone vient des CONTRAINTES, la fonction à optimiser n'en fait pas partie. Changer P=5x+4y en Q=2x+6y ne déplace aucune frontière : la région est identique, les sommets sont les mêmes, il n'y a que la table des valeurs à refaire. C'est exactement ce qu'on a vu à l'exercice 4, puis à l'exercice 6 avec la subvention. Version correcte : on retrace le polygone seulement si une CONTRAINTE change.
5)
FAUX, pour deux raisons distinctes. D'abord, la région peut être VIDE : si un club exige au moins 12 canots et au moins 20 kayaks alors qu'il n'a que 30 emplacements, aucune combinaison ne passe, puisque 12+20=32>30. Ensuite, même non vide, une région ouverte peut ne pas admettre de maximum : avec x≥6 et y≥4 seulement, le revenu 30x+20y grandit sans limite. Version correcte : un problème a une solution si la région est non vide ET bornée du côté où l'on optimise.
Exercice 9 : Problème : la contrainte qui ne sert à rien, et celle qui bloque tout
Un club de plein air loue des canots et des kayaks. On pose x le nombre de canots et y le nombre de kayaks. Le quai compte 30 emplacements, donc x+y≤30. L'entretien demande 2 heures par canot et 3 heures par kayak, pour 90 heures disponibles, donc 2x+3y≤90.
La région est représentée ci-dessous, et la droite d'entretien est tracée en entier.
a) Vérifiez que les sommets de la région sont (0;0), (30;0) et (0;30).
b) Montrez que la contrainte d'entretien ne retire AUCUN point à la région. Comment cela se voit-il sur la figure ?
c) Le club décide d'offrir au moins 12 canots et au moins 20 kayaks. Que devient la région ? Justifiez par le calcul.
d) Le club maintient les 12 canots. Quel est alors le plus grand nombre de kayaks possible, et que faut-il répondre au conseil d'administration ?
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Réponses
a)(0;0), (30;0) et (0;30), les trois vérifiant l'entretien
b)2x+3y≤3(x+y)≤90 : la contrainte est redondante et ne touche la région qu'au sommet (0;30)
c)La région devient vide, car x+y≥32 et x+y≤30 sont incompatibles
d)Au plus 18 kayaks avec 12 canots ; il manque 2 emplacements de quai
a)
Les frontières sont les deux axes et les deux droites obliques. Les axes se coupent en (0;0), qui vérifie tout. La droite x+y=30 coupe l'axe des abscisses en (30;0) : on vérifie l'entretien, 2×30+0=60≤90, admissible. Elle coupe l'axe des ordonnées en (0;30) : 2×0+3×30=90≤90, admissible tout juste, le point est sur la droite d'entretien. La droite d'entretien, elle, coupe les axes en (45;0) et (0;30), et (45;0) est hors de la région puisque 45+0=45>30. Les sommets sont donc bien les trois annoncés.
b)
Il faut montrer que tout point de x+y≤30, avec x≥0 et y≥0, vérifie déjà 2x+3y≤90. Le plus rapide est de majorer : 2x+3y≤3x+3y=3(x+y)≤3×30=90. La contrainte d'entretien est donc automatiquement satisfaite, elle est REDONDANTE. Sur la figure, on le voit à ce que sa droite ne traverse jamais la zone colorée : elle la frôle en un seul point, le sommet (0;30), et reste ailleurs à l'extérieur. Une contrainte redondante ne change ni les sommets ni la solution, mais elle allonge les calculs et fabrique de fausses intersections comme (45;0). La reconnaître fait gagner du temps ; l'ignorer ne fait perdre aucun point.
c)
Les deux nouvelles contraintes sont x≥12 et y≥20. Or tout point qui les respecte vérifie x+y≥12+20=32, alors que le quai impose x+y≤30. Il faudrait donc 32≤x+y≤30, ce qui est impossible. La région devient VIDE : aucune combinaison de canots et de kayaks ne satisfait les quatre contraintes à la fois. Il n'y a alors ni sommet, ni table de valeurs, ni optimum, et il ne sert à rien de tracer quoi que ce soit.
d)
Avec x=12 exactement, le quai impose 12+y≤30, donc y≤18 : le club peut aligner au plus 18 kayaks. On vérifie l'entretien, 2×12+3×18=24+54=78≤90 : cette combinaison tient. La réponse au conseil d'administration est donc qu'il manque exactement DEUX emplacements de quai : soit le club renonce à deux kayaks, soit il renonce à deux canots, soit il agrandit le quai à 32 places. Répondre « impossible » et s'arrêter là ne vaut pas grand-chose ; une bonne réponse à une région vide nomme la contrainte qui bloque et chiffre ce qu'il faudrait relâcher.
Exercice 10 : Problème : le transport scolaire
Une école organise une sortie pour 480 élèves. Elle loue des autobus de 48 places et des minibus de 24 places. On pose x le nombre d'autobus et y le nombre de minibus.
Le transporteur ne dispose que de 14 chauffeurs, et chaque véhicule en demande un. Le stationnement de l'école ne peut recevoir plus de 8 autobus. Un autobus coûte 320 dollars et un minibus 200 dollars.
a) Écrivez le système de contraintes, en simplifiant la contrainte de places, puis la fonction coût.
b) Déterminez les trois sommets de la région admissible.
c) Calculez le coût à chaque sommet, donnez la location la moins chère, et dites combien de places resteront inoccupées.
d) La veille du départ, un autobus tombe en panne et il n'en reste que 7 de disponibles. Reprenez le calcul et chiffrez ce que la panne coûte à l'école.
c)3520, 3360 et 3760 dollars : 8 autobus et 4 minibus pour 3360 dollars, sans aucune place inoccupée
d)Nouvel optimum (7;6) à 3440 dollars : la panne coûte 80 dollars
a)
Les places disponibles doivent suffire : 48x+24y≥480. On divise les trois termes par 24 : 2x+y≥20. Les chauffeurs donnent x+y≤14, le stationnement donne x≤8, et on ajoute x≥0 et y≥0. La fonction à MINIMISER est C(x;y)=320x+200y, en dollars. Attention au sens de la première inégalité : on veut assez de places, donc ≥, alors que les chauffeurs et le stationnement sont des limites, donc ≤. Un problème réaliste mélange les deux sens, et c'est la lecture de l'énoncé, pas le calcul, qui décide.
b)
La droite 2x+y=20 coupe x+y=14 quand, par soustraction, x=6, puis y=8 : le point (6;8) vérifie x≤8, admissible. La droite x=8 coupe 2x+y=20 en (8;4), et x+y=12≤14, admissible. Elle coupe x+y=14 en (8;6), et 2x+y=22≥20, admissible. La région est donc le triangle de sommets (6;8), (8;4) et (8;6).
c)
En (6;8) : C=1920+1600=3520 dollars. En (8;4) : C=2560+800=3360 dollars. En (8;6) : C=2560+1200=3760 dollars. Le moins cher est (8;4) : huit autobus et quatre minibus, pour 3360 dollars. Les places offertes valent 8×48+4×24=384+96=480, soit exactement le nombre d'élèves : aucune place inoccupée. Ce n'est pas une coïncidence. La contrainte de places est saturée à l'optimum, ce qui est attendu quand on minimise un coût qui croît avec la capacité : payer une place de plus que nécessaire serait de l'argent jeté.
d)
Avec x≤7, les sommets changent. La droite x=7 coupe 2x+y=20 en (7;6), avec x+y=13≤14, admissible ; elle coupe x+y=14 en (7;7), avec 2x+y=21≥20, admissible ; et (6;8) reste. Les coûts sont : (7;6) donne 2240+1200=3440 dollars ; (7;7) donne 2240+1400=3640 dollars ; (6;8) donne 3520 dollars. Le nouvel optimum est (7;6), à 3440 dollars, et les places valent 7×48+6×24=336+144=480, encore exactement le compte. La panne coûte donc 3440−3360=80 dollars. Le chiffre est petit, et c'est l'intérêt du calcul : resserrer une contrainte ne rend pas forcément le problème beaucoup plus cher, mais on ne peut le savoir qu'en refaisant la table des sommets.
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