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Mécanique 203-NYA • Examen final de synthèse • Montréal

Examen final blanc corrigé de mécanique (203-NYA)

Voici un examen final blanc de mécanique 203-NYA, calibré sur le niveau réel des examens de fin de session au cégep. Les séries par chapitre vous entraînent sur une technique à la fois. Ici, c'est l'inverse : les douze exercices traversent tout le cours, et aucun énoncé ne vous dit s'il faut une équation de Newton, un bilan d'énergie, une conservation de la quantité de mouvement ou un calcul de moments. Reconnaître la bonne loi est devenu la moitié du travail, et c'est exactement ce que l'examen évalue.

Faites-le en conditions réelles : 3 heures chronométrées, calculatrice, formulaire si votre enseignant l'autorise, et surtout la rédaction complète, avec le schéma des forces, le référentiel choisi et les unités à chaque ligne. Un résultat juste sans démarche vaut rarement plus du tiers des points. Plusieurs exercices se résolvent par deux voies différentes : lorsque c'est le cas, le corrigé les donne toutes les deux, parce que savoir qu'un problème d'énergie peut se vérifier par la cinématique, et inversement, est la meilleure assurance contre l'erreur de calcul.

Rappel de cours

  • Cinématique : vf=vi+aΔtv_{f}=v_{i}+a\Delta t, Δx=viΔt+12aΔt2\Delta x=v_{i}\Delta t+\frac{1}{2}a\Delta t^{2}, vf2=vi2+2aΔxv_{f}^{2}=v_{i}^{2}+2a\Delta x. Projectile : mouvements horizontal et vertical INDÉPENDANTS, trajectoire y=xtanθgx22v02cos2θy=x\tan\theta-\frac{gx^{2}}{2v_{0}^{2}\cos^{2}\theta}. Circulaire uniforme : ac=v2ra_{c}=\frac{v^{2}}{r}, dirigée vers le centre, sans changer la grandeur de la vitesse.
  • Dynamique : ΣF=ma\Sigma\vec{F}=m\vec{a} projetée sur des axes bien choisis; frottement f=μFNf=\mu F_{N}, opposé au MOUVEMENT; sur un plan incliné, mgsinθmg\sin\theta le long et mgcosθmg\cos\theta perpendiculaire.
  • Énergie : Ek=12mv2E_{k}=\frac{1}{2}mv^{2}, Ep=mghE_{p}=mgh, Ee=12kx2E_{e}=\frac{1}{2}kx^{2}, W=FdcosθW=Fd\cos\theta, P=WΔt=FvP=\frac{W}{\Delta t}=Fv. Sans frottement EmE_{m} se conserve; sinon ΔEm=μFNd\Delta E_{m}=-\mu F_{N}d.
  • Quantité de mouvement : p=mv\vec{p}=m\vec{v} toujours conservée en l'absence de force extérieure, y compris quand l'énergie ne l'est pas. Choc parfaitement inélastique : les corps repartent ensemble, et la fraction d'énergie perdue vaut m2m1+m2\frac{m_{2}}{m_{1}+m_{2}}. Choc élastique frontal : v1=m1m2m1+m2v1v_{1}'=\frac{m_{1}-m_{2}}{m_{1}+m_{2}}v_{1} et v2=2m1m1+m2v1v_{2}'=\frac{2m_{1}}{m_{1}+m_{2}}v_{1}.
  • Rotation : τ=rFsinθ\tau=rF\sin\theta, Στ=Iα\Sigma\tau=I\alpha, L=IωL=I\omega conservé sans couple extérieur, E=12Iω2E=\frac{1}{2}I\omega^{2}, roulement sans glissement v=ωRv=\omega R. Statique : ΣF=0\Sigma\vec{F}=0 ET Στ=0\Sigma\tau=0, le choix du pivot étant libre, donc à choisir pour éliminer une inconnue.
  • Gravitation : F=Gm1m2r2F=\frac{Gm_{1}m_{2}}{r^{2}}, orbite circulaire v=GMrv=\sqrt{\frac{GM}{r}} et T=2πr3GMT=2\pi\sqrt{\frac{r^{3}}{GM}}, énergie orbitale E=GMm2rE=-\frac{GMm}{2r}, vitesse de libération v=2GMRv=\sqrt{\frac{2GM}{R}}.

Partie A : Cinématique et dynamique (/25)

Exercice 1 : Le wagonnet sur la pente : remonter du mouvement aux forces

Un wagonnet est lancé vers le HAUT d'une pente rectiligne. On mesure une décélération de 6,006{,}00 m/s² pendant la montée, puis une accélération de 2,002{,}00 m/s² pendant la descente qui suit. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Expliquez pourquoi les deux valeurs diffèrent, et écrivez une équation pour chaque phase.
  • b) Déduisez de ces deux mesures l'angle de la pente et le coefficient de frottement.
  • c) Le wagonnet est lancé à 12,012{,}0 m/s. Jusqu'où monte-t-il, et combien de temps met-il à revenir à son point de départ ?
  • d) Comparez sa vitesse de retour à sa vitesse de départ. Montrez que le rapport de leurs carrés ne dépend que des deux accélérations mesurées.
Voir la correction

a) Le frottement s'oppose toujours au MOUVEMENT, jamais aux forces. À la montée, il pointe donc vers le bas de la pente et s'ajoute à la composante du poids : a1=g(sinθ+μcosθ)=6,00a_{1}=g(\sin\theta+\mu\cos\theta)=6{,}00 m/s². À la descente, il pointe vers le haut et se retranche : a2=g(sinθμcosθ)=2,00a_{2}=g(\sin\theta-\mu\cos\theta)=2{,}00 m/s². Le mouvement est donc plus vif à la montée qu'à la descente, ce qui surprend souvent.

b) En additionnant les deux équations : 2gsinθ=8,002g\sin\theta=8{,}00, donc sinθ=8,0019,60,408\sin\theta=\frac{8{,}00}{19{,}6}\approx 0{,}408 et θ24,1°\theta\approx 24{,}1°. En les soustrayant : 2μgcosθ=4,002\mu g\cos\theta=4{,}00, donc μcosθ=4,0019,60,204\mu\cos\theta=\frac{4{,}00}{19{,}6}\approx 0{,}204; avec cosθ0,913\cos\theta\approx 0{,}913, il vient μ0,224\mu\approx 0{,}224. Deux mesures de temps, faites sans jamais toucher à la pente, suffisent donc à en extraire la géométrie ET l'état de surface.

c) Montée : d=v022a1=14412,0=12,0d=\frac{v_{0}^{2}}{2a_{1}}=\frac{144}{12{,}0}=12{,}0 m, atteinte en t1=12,06,00=2,00t_{1}=\frac{12{,}0}{6{,}00}=2{,}00 s. Descente sur la même distance : t2=2da2=24,02,003,46t_{2}=\sqrt{\frac{2d}{a_{2}}}=\sqrt{\frac{24{,}0}{2{,}00}}\approx 3{,}46 s. Durée totale de l'aller-retour : environ 5,465{,}46 s, la descente durant nettement plus longtemps que la montée.

d) vret=a2t2=(2,00)(3,464)6,93v_{ret}=a_{2}t_{2}=(2{,}00)(3{,}464)\approx 6{,}93 m/s, contre 12,012{,}0 m/s au départ : le wagonnet ne revient qu'à 58 % de sa vitesse initiale. En écrivant v02=2a1dv_{0}^{2}=2a_{1}d et vret2=2a2dv_{ret}^{2}=2a_{2}d, la distance se simplifie : vret2v02=a2a1=13\frac{v_{ret}^{2}}{v_{0}^{2}}=\frac{a_{2}}{a_{1}}=\frac{1}{3}. Le rapport ne dépend donc ni de la vitesse de lancement, ni de la masse : c'est une signature de la pente elle-même. On y reconnaît d'ailleurs la fraction d'énergie cinétique restituée après l'aller-retour.

Exercice 2 : Le projectile qui retombe sur une pente

Depuis le sommet d'un versant qui descend à 20° sous l'horizontale, on lance un projectile à 20,020{,}0 m/s, à 30° AU-DESSUS de l'horizontale. On néglige la résistance de l'air et on prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Écrivez l'équation de la trajectoire dans un repère horizontal-vertical d'origine le point de lancement, puis celle du versant.
  • b) Déterminez le point d'impact, en abscisse et en dénivelé, puis la distance parcourue LE LONG du versant.
  • c) Déterminez la vitesse à l'impact, en grandeur et en direction, par la voie cinématique.
  • d) Retrouvez la grandeur de cette vitesse par une voie complètement différente, et dites laquelle des deux méthodes vous auriez utilisée si l'on ne demandait que cette grandeur.
Voir la correction

a) Trajectoire : y=xtan30°gx22v02cos230°=0,5774x0,01633x2y=x\tan 30°-\frac{gx^{2}}{2v_{0}^{2}\cos^{2}30°}=0{,}5774\,x-0{,}01633\,x^{2}. Versant : une droite de pente négative issue de l'origine, y=xtan20°=0,3640xy=-x\tan 20°=-0{,}3640\,x. L'impact est l'intersection des deux, ce qui suppose de compter les hauteurs NÉGATIVEMENT sous le point de lancement : c'est le seul point délicat de la mise en équation.

b) 0,5774x0,01633x2=0,3640x0{,}5774x-0{,}01633x^{2}=-0{,}3640x donne, en écartant la solution x=0x=0 qui est le départ, 0,9413=0,01633x0{,}9413=0{,}01633x, soit x57,6x\approx 57{,}6 m. Dénivelé : y=0,3640(57,63)21,0y=-0{,}3640(57{,}63)\approx -21{,}0 m, le projectile atterrit donc 21 mètres plus bas. Distance le long du versant : 57,63cos20°61,3\frac{57{,}63}{\cos 20°}\approx 61{,}3 m.

c) Durée du vol : t=xv0cos30°=57,6317,323,33t=\frac{x}{v_{0}\cos 30°}=\frac{57{,}63}{17{,}32}\approx 3{,}33 s. À l'impact, vx=17,32v_{x}=17{,}32 m/s, inchangée, et vy=20,0sin30°gt=10,032,622,6v_{y}=20{,}0\sin 30°-gt=10{,}0-32{,}6\approx -22{,}6 m/s. Grandeur : v=17,322+22,61228,5v=\sqrt{17{,}32^{2}+22{,}61^{2}}\approx 28{,}5 m/s. Direction : tanα=22,6117,32\tan\alpha=\frac{22{,}61}{17{,}32}, soit environ 52,5°52{,}5° SOUS l'horizontale, bien plus raide que la pente du versant, qui n'en fait que 20 : le projectile arrive presque de face sur le sol.

d) Par l'énergie : le projectile est descendu de 21,021{,}0 m, donc 12mv2=12mv02+mg(21,0)\frac{1}{2}mv^{2}=\frac{1}{2}mv_{0}^{2}+mg(21{,}0), d'où v=v02+2g(20,97)=400+41128,5v=\sqrt{v_{0}^{2}+2g(20{,}97)}=\sqrt{400+411}\approx 28{,}5 m/s, identique. Si seule la grandeur était demandée, la voie énergétique serait de loin la plus rapide : elle ne demande ni la durée du vol, ni l'angle de tir, ni même la trajectoire, seulement le dénivelé. Elle est en revanche incapable de fournir la DIRECTION de la vitesse, et c'est pourquoi les deux approches restent complémentaires.

Exercice 3 : La fronde de laboratoire : quand le fil cède

Sur une table horizontale parfaitement lisse, un palet de 0,5000{,}500 kg tourne au bout d'un fil de 0,8000{,}800 m attaché à un clou planté au centre. On augmente peu à peu la vitesse de rotation. Le fil rompt sous une tension de 45,045{,}0 N. La table est circulaire, de 1,301{,}30 m de rayon, et le clou est en son centre.

  • a) Quelle force joue le rôle centripète ici ? Calculez la vitesse du palet à l'instant de la rupture, ainsi que la fréquence de rotation correspondante.
  • b) Calculez l'accélération du palet juste avant la rupture et comparez-la à gg. Le palet a-t-il pour autant une vitesse qui change ?
  • c) Décrivez le mouvement du palet juste après la rupture, et justifiez-le par une loi de Newton précise.
  • d) Calculez la distance que le palet parcourt avant de quitter la table, et la durée correspondante.
  • e) Un observateur affirme qu'une force centrifuge a projeté le palet vers l'extérieur. Réfutez cette explication en décrivant ce qui se passe réellement.
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a) La seule force horizontale est la TENSION du fil, dirigée vers le clou : c'est elle, et elle seule, qui joue le rôle centripète. À la rupture : T=mv2rT=\frac{mv^{2}}{r}, donc v=Trm=(45,0)(0,800)0,500=72,08,49v=\sqrt{\frac{Tr}{m}}=\sqrt{\frac{(45{,}0)(0{,}800)}{0{,}500}}=\sqrt{72{,}0}\approx 8{,}49 m/s. Vitesse angulaire : ω=vr10,6\omega=\frac{v}{r}\approx 10{,}6 rad/s, soit une fréquence de ω2π1,69\frac{\omega}{2\pi}\approx 1{,}69 tour par seconde, ou une période d'environ 0,5920{,}592 s.

b) ac=v2r=72,00,800=90,0a_{c}=\frac{v^{2}}{r}=\frac{72{,}0}{0{,}800}=90{,}0 m/s², soit environ 9,2g9{,}2\,g. Et pourtant la GRANDEUR de la vitesse ne change pas d'un instant à l'autre : le mouvement est circulaire uniforme. Cette accélération considérable ne sert qu'à faire tourner le vecteur vitesse, jamais à l'allonger, parce qu'elle lui reste perpendiculaire à chaque instant. Confondre accélération et variation de la vitesse en grandeur est l'erreur la plus tenace du chapitre.

c) Dès la rupture, plus aucune force horizontale ne s'exerce sur le palet, la table étant lisse : le poids et la normale se compensent. Par la PREMIÈRE loi de Newton, le palet poursuit donc en ligne droite à vitesse constante, selon la TANGENTE au cercle au point de rupture, et non selon le rayon. C'est le point décisif : il part droit devant, pas vers l'extérieur.

d) La trajectoire est la tangente issue du point de rupture, à 0,8000{,}800 m du centre; elle atteint le bord, à 1,301{,}30 m du centre, en formant un triangle rectangle dont le rayon 0,8000{,}800 est un côté et 1,301{,}30 l'hypoténuse. La distance parcourue vaut donc 1,3020,8002=1,051,02\sqrt{1{,}30^{2}-0{,}800^{2}}=\sqrt{1{,}05}\approx 1{,}02 m, franchie en t=1,0258,4850,121t=\frac{1{,}025}{8{,}485}\approx 0{,}121 s.

e) Aucune force ne pousse le palet vers l'extérieur, ni avant ni après la rupture. Avant, la seule force est le fil qui tire vers l'INTÉRIEUR, et c'est cette traction qui courbe une trajectoire qui, sans elle, serait rectiligne. Après, il n'y a plus de force du tout, et le palet fait simplement ce que fait tout corps livré à lui-même : il continue tout droit. L'impression d'être projeté vers l'extérieur vient du point de vue de quelqu'un qui tourne avec le palet : dans ce référentiel accéléré, il faut inventer une force pour rendre compte du mouvement, et on l'appelle centrifuge. Elle n'a aucun agent, aucune réaction, et disparaît dès qu'on décrit la scène depuis le sol.

Partie B : Énergie et quantité de mouvement (/25)

Exercice 4 : Le ressort qui sépare deux blocs

Deux blocs, de 2,002{,}00 kg et 3,003{,}00 kg, sont pressés l'un contre l'autre en comprimant un ressort placé entre eux, qui emmagasine ainsi 60,060{,}0 J. L'ensemble est immobile sur une surface horizontale lisse. On libère le système : les blocs partent en sens opposés et le ressort, non attaché, tombe sur place. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Quelles grandeurs se conservent pendant la séparation, et lesquelles ne se conservent pas ? Justifiez.
  • b) Calculez la vitesse de chaque bloc.
  • c) Calculez l'énergie cinétique emportée par chacun. Lequel en reçoit le plus, et pourquoi ?
  • d) Le bloc de 2,002{,}00 kg aborde une zone rugueuse de coefficient 0,2500{,}250; celui de 3,003{,}00 kg monte une rampe lisse. Déterminez la distance parcourue par le premier et la hauteur atteinte par le second.
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a) La quantité de mouvement TOTALE se conserve, car aucune force extérieure horizontale n'agit : le ressort exerce sur les deux blocs des forces internes, égales et opposées. Elle vaut zéro avant, donc zéro après. L'énergie MÉCANIQUE se conserve également ici, puisque la surface est lisse et le ressort idéal, mais elle change de FORME : l'énergie élastique devient entièrement cinétique. Ce qui ne se conserve pas, c'est l'énergie cinétique prise séparément avant et après, puisqu'elle était nulle au départ.

b) Quantité de mouvement nulle : m1v1=m2v2m_{1}v_{1}=m_{2}v_{2}, soit 2,00v1=3,00v22{,}00v_{1}=3{,}00v_{2} et donc v1=1,50v2v_{1}=1{,}50v_{2}. Énergie : 12(2,00)v12+12(3,00)v22=60,0\frac{1}{2}(2{,}00)v_{1}^{2}+\frac{1}{2}(3{,}00)v_{2}^{2}=60{,}0. En substituant : 2,25v22+1,50v22=3,75v22=60,02{,}25v_{2}^{2}+1{,}50v_{2}^{2}=3{,}75v_{2}^{2}=60{,}0, donc v2=4,00v_{2}=4{,}00 m/s et v1=6,00v_{1}=6{,}00 m/s. Le bloc léger repart une fois et demie plus vite, dans le rapport inverse des masses.

c) E1=12(2,00)(36,0)=36,0E_{1}=\frac{1}{2}(2{,}00)(36{,}0)=36{,}0 J et E2=12(3,00)(16,0)=24,0E_{2}=\frac{1}{2}(3{,}00)(16{,}0)=24{,}0 J, dont la somme fait bien les 60,060{,}0 J de départ. C'est le bloc LÉGER qui emporte le plus d'énergie, dans le rapport 3624=1,50\frac{36}{24}=1{,}50, c'est-à-dire exactement le rapport INVERSE des masses. La raison tient à l'écriture E=p22mE=\frac{p^{2}}{2m} : les deux blocs partagent la même quantité de mouvement en grandeur, donc celui dont la masse est la plus petite en tire le plus d'énergie. C'est aussi pourquoi le recul d'un fusil est supportable alors que la balle est meurtrière.

d) Bloc de 2,002{,}00 kg : toute son énergie est dissipée par le frottement, μmgd=E1\mu mgd=E_{1}, donc d=v122μg=36,04,907,35d=\frac{v_{1}^{2}}{2\mu g}=\frac{36{,}0}{4{,}90}\approx 7{,}35 m. Bloc de 3,003{,}00 kg : son énergie cinétique devient potentielle, h=v222g=16,019,60,816h=\frac{v_{2}^{2}}{2g}=\frac{16{,}0}{19{,}6}\approx 0{,}816 m. Remarquez que ni la distance ni la hauteur ne dépendent de la masse : les deux résultats se lisent directement sur les vitesses.

Exercice 5 : Descendre, heurter, glisser : trois phases d'affilée

Un bloc de 4,004{,}00 kg part du repos et descend une rampe LISSE depuis une hauteur de 1,801{,}80 m. Arrivé sur le plancher horizontal, il heurte un bloc de 6,006{,}00 kg immobile et reste accroché à lui. Le plancher présente un coefficient de frottement de 0,2000{,}200 à partir du point de collision. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Déterminez la vitesse du premier bloc juste avant la collision. Quelle grandeur avez-vous utilisée, et pourquoi n'est-elle pas utilisable pour la phase suivante ?
  • b) Déterminez la vitesse commune juste après la collision.
  • c) Calculez l'énergie perdue dans la collision et la fraction de l'énergie initiale que cela représente. Montrez que cette fraction ne dépend que des deux masses.
  • d) Déterminez la distance parcourue par l'ensemble avant de s'immobiliser.
Voir la correction

a) Sur la rampe lisse, l'énergie mécanique se conserve : v=2gh=2(9,8)(1,80)=35,285,94v=\sqrt{2gh}=\sqrt{2(9{,}8)(1{,}80)}=\sqrt{35{,}28}\approx 5{,}94 m/s. On a utilisé la conservation de l'ÉNERGIE, ce qui est légitime tant qu'aucun frottement n'intervient. Elle cesse de l'être pour la collision : un choc avec accrochage est parfaitement inélastique, il dissipe de l'énergie dans la déformation et le bruit, et l'appliquer là donnerait une réponse fausse. Pour la collision, seule la quantité de mouvement se conserve.

b) m1v=(m1+m2)vm_{1}v=(m_{1}+m_{2})v', donc v=(4,00)(5,940)10,02,38v'=\frac{(4{,}00)(5{,}940)}{10{,}0}\approx 2{,}38 m/s. La collision a divisé la vitesse par 2,5, exactement le rapport des masses en jeu.

c) Avant : E=12(4,00)(35,28)=70,6E=\frac{1}{2}(4{,}00)(35{,}28)=70{,}6 J. Après : E=12(10,0)(5,645)=28,2E'=\frac{1}{2}(10{,}0)(5{,}645)=28{,}2 J. Perte : 42,342{,}3 J, soit 60 % de l'énergie disponible, évanouie en un instant. En général, EE=m1m1+m2\frac{E'}{E}=\frac{m_{1}}{m_{1}+m_{2}}, donc la fraction PERDUE vaut m2m1+m2=610=0,600\frac{m_{2}}{m_{1}+m_{2}}=\frac{6}{10}=0{,}600 : elle ne dépend ni de la vitesse, ni de la hauteur de départ, seulement des deux masses. Plus la cible est lourde devant le projectile, plus le choc est dissipatif, ce qui est précisément ce qu'on demande à une zone de déformation automobile.

d) L'énergie restante est dissipée par le frottement : 12(m1+m2)v2=μ(m1+m2)gd\frac{1}{2}(m_{1}+m_{2})v'^{2}=\mu(m_{1}+m_{2})gd, où la masse totale se simplifie. d=v22μg=5,6453,921,44d=\frac{v'^{2}}{2\mu g}=\frac{5{,}645}{3{,}92}\approx 1{,}44 m. Notez la chaîne de raisonnement : énergie, puis quantité de mouvement, puis énergie de nouveau. Choisir la bonne loi à chaque phase est exactement ce que l'examen évalue, et c'est ce que les séries par chapitre ne peuvent pas tester.

Exercice 6 : La balle qui rebondit : une infinité de bonds en quatre secondes

On lâche une balle sans vitesse d'une hauteur de 1,601{,}60 m. Elle remonte à 0,9000{,}900 m après le premier rebond, et chaque rebond suivant obéit à la même règle. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s² et on néglige la résistance de l'air.

  • a) Calculez la vitesse juste avant et juste après le premier rebond, puis le rapport ee de ces deux vitesses.
  • b) Quelle fraction de l'énergie la balle conserve-t-elle à chaque rebond ? Où passe le reste ?
  • c) Exprimez la hauteur atteinte après le nn-ième rebond et calculez-la pour n=4n=4.
  • d) Calculez la distance TOTALE parcourue par la balle jusqu'à l'arrêt complet.
  • e) Calculez la durée totale du mouvement. Commentez le résultat.
Voir la correction

a) Avant : v=2gh0=2(9,8)(1,60)=31,36=5,60v=\sqrt{2gh_{0}}=\sqrt{2(9{,}8)(1{,}60)}=\sqrt{31{,}36}=5{,}60 m/s. Après : v=2gh1=2(9,8)(0,900)=17,64=4,20v'=\sqrt{2gh_{1}}=\sqrt{2(9{,}8)(0{,}900)}=\sqrt{17{,}64}=4{,}20 m/s. Rapport : e=4,205,60=0,750e=\frac{4{,}20}{5{,}60}=0{,}750. On l'appelle coefficient de restitution, et il vaut aussi h1h0=0,5625\sqrt{\frac{h_{1}}{h_{0}}}=\sqrt{0{,}5625}, ce qui évite de calculer les vitesses.

b) L'énergie est proportionnelle à la hauteur, donc la balle conserve h1h0=e2=0,5625\frac{h_{1}}{h_{0}}=e^{2}=0{,}5625, soit 56 %, et en perd 44 % à chaque contact. Cette énergie n'a pas disparu : elle est partie en déformation permanente du sol et de la balle, en échauffement du caoutchouc et en son, ce claquement qui est très exactement de l'énergie mécanique évacuée sous forme d'onde acoustique.

c) Chaque rebond multiplie la hauteur par e2e^{2} : hn=h0e2n=1,60(0,5625)nh_{n}=h_{0}e^{2n}=1{,}60\,(0{,}5625)^{n}. Pour n=4n=4 : h4=1,60(0,5625)40,160h_{4}=1{,}60(0{,}5625)^{4}\approx 0{,}160 m, soit un dixième de la hauteur initiale au bout de quatre rebonds seulement.

d) La balle fait d'abord une descente de h0h_{0}, puis chaque rebond ajoute une montée ET une descente de hnh_{n} : D=h0+2n1h0e2n=h0+2h0e21e2D=h_{0}+2\sum_{n\geq 1}h_{0}e^{2n}=h_{0}+2h_{0}\frac{e^{2}}{1-e^{2}}. La somme est celle d'une série géométrique de raison e2=0,5625e^{2}=0{,}5625, inférieure à 1, donc convergente. D=1,60+2(1,60)0,56250,43751,60+4,115,71D=1{,}60+2(1{,}60)\frac{0{,}5625}{0{,}4375}\approx 1{,}60+4{,}11\approx 5{,}71 m. Une infinité de rebonds, et pourtant une distance finie.

e) Première chute : t0=2h0g=0,32650,571t_{0}=\sqrt{\frac{2h_{0}}{g}}=\sqrt{0{,}3265}\approx 0{,}571 s. Le nn-ième rebond dure 22hng=2t0en2\sqrt{\frac{2h_{n}}{g}}=2t_{0}e^{n}, puisque la hauteur est multipliée par e2ne^{2n} et le temps par sa racine. Total : t=t0+2t0e1e=0,5714+2(0,5714)0,7500,250=0,5714+3,4286=4,00t=t_{0}+2t_{0}\frac{e}{1-e}=0{,}5714+2(0{,}5714)\frac{0{,}750}{0{,}250}=0{,}5714+3{,}4286=4{,}00 s exactement. Le résultat mérite qu'on s'y arrête : la balle effectue une INFINITÉ de rebonds, chacun bien réel, et pourtant tout est terminé au bout de quatre secondes. C'est le même paradoxe que celui de Zénon, résolu de la même façon : une infinité de termes de plus en plus petits peut avoir une somme finie. En pratique, les derniers rebonds deviennent si rapprochés qu'on entend un grésillement continu, celui d'une pièce de monnaie qui finit de tomber à plat.

Partie C : Rotation et statique (/25)

Exercice 7 : L'enfant qui saute sur le manège

Un manège de jardin, assimilé à un disque de moment d'inertie 250250 kg·m² et de 2,002{,}00 m de rayon, tourne librement à 1,201{,}20 rad/s. Un enfant de 30,030{,}0 kg court à 4,004{,}00 m/s et saute sur le bord, TANGENTIELLEMENT et dans le sens de rotation. On l'assimile ensuite à une masse ponctuelle sur le bord.

  • a) Quelle grandeur se conserve pendant le saut, et pourquoi n'est-ce pas l'énergie ? Exprimez le moment cinétique de l'enfant AVANT le saut, alors qu'il court en ligne droite.
  • b) Calculez la vitesse angulaire du manège juste après le saut.
  • c) Calculez l'énergie cinétique avant et après, puis la perte. Où est-elle passée ?
  • d) Le manège est ensuite freiné par un couple constant de 12,012{,}0 N·m. Combien de temps met-il à s'arrêter, et combien de tours effectue-t-il ?
Voir la correction

a) Le MOMENT CINÉTIQUE du système manège plus enfant se conserve par rapport à l'axe, car les forces de contact entre les deux sont internes et l'axe n'exerce aucun couple. L'énergie, elle, ne se conserve pas : l'enfant s'agrippe, ses muscles et ses semelles frottent, l'accrochage est un choc parfaitement inélastique. Un objet en ligne droite possède bel et bien un moment cinétique par rapport à un point : L=mvdL=mvd, où dd est la distance de la droite à l'axe. Ici l'enfant vise le bord tangentiellement, donc d=Rd=R et Lenfant=(30,0)(4,00)(2,00)=240L_{enfant}=(30{,}0)(4{,}00)(2{,}00)=240 kg·m²/s.

b) Ltotal=Iω0+mvR=(250)(1,20)+240=300+240=540L_{total}=I\omega_{0}+mvR=(250)(1{,}20)+240=300+240=540 kg·m²/s. Après le saut, le moment d'inertie devient I=250+mR2=250+(30,0)(4,00)=370I'=250+mR^{2}=250+(30{,}0)(4{,}00)=370 kg·m². Donc ω=5403701,46\omega'=\frac{540}{370}\approx 1{,}46 rad/s : le manège ACCÉLÈRE, parce que l'enfant apportait plus de moment cinétique par unité d'inertie que le manège n'en avait.

c) Avant : E=12(250)(1,20)2+12(30,0)(4,00)2=180+240=420E=\frac{1}{2}(250)(1{,}20)^{2}+\frac{1}{2}(30{,}0)(4{,}00)^{2}=180+240=420 J. Après : E=12(370)(1,459)2394E'=\frac{1}{2}(370)(1{,}459)^{2}\approx 394 J. Perte : environ 2626 J, soit 6 % du total, dissipés en chaleur dans le frottement des mains et des pieds, et en déformation des muscles qui encaissent le choc. C'est peu, parce que l'enfant arrivait à une vitesse déjà proche de celle du bord du manège, ω0R=2,40\omega_{0}R=2{,}40 m/s contre ses 4,004{,}00 m/s : sauter dans le sens de rotation, et à la bonne vitesse, est justement la façon de ne pas se faire mal.

d) Le couple de freinage produit α=τI=12,03700,0324\alpha=\frac{\tau}{I'}=\frac{12{,}0}{370}\approx 0{,}0324 rad/s². Durée : t=ωα=1,4590,03243=45,0t=\frac{\omega'}{\alpha}=\frac{1{,}459}{0{,}03243}=45{,}0 s. Angle parcouru : θ=ω22α32,8\theta=\frac{\omega'^{2}}{2\alpha}\approx 32{,}8 rad, soit 32,842π5,23\frac{32{,}84}{2\pi}\approx 5{,}23 tours. On aurait pu obtenir le même angle par l'énergie, en écrivant que le travail du couple, τθ\tau\theta, dissipe toute l'énergie cinétique de rotation : θ=Eτ=39412,032,8\theta=\frac{E'}{\tau}=\frac{394}{12{,}0}\approx 32{,}8 rad, ce qui confirme le résultat par une voie indépendante.

Exercice 8 : Le panneau que le vent fait basculer

Un panneau publicitaire homogène de 60,060{,}0 kg, haut de 2,402{,}40 m et large de 0,8000{,}800 m à sa base, repose simplement sur le sol, sans fixation. Le vent exerce une force horizontale résultante appliquée à mi-hauteur. On donne, pour la rotation autour d'une arête inférieure, I=m(H2+b2)3I=\frac{m(H^{2}+b^{2})}{3}. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Quelles sont les deux conditions d'équilibre du panneau ? Laquelle est violée en premier quand le vent forcit ?
  • b) Calculez la force minimale qui fait basculer le panneau.
  • c) Le panneau bascule et tombe à plat. Calculez sa vitesse angulaire à l'instant où il touche le sol, puis la vitesse de son arête supérieure.
  • d) On élargit la base à 1,201{,}20 m sans changer la masse ni la hauteur. Recalculez la force de basculement et commentez l'efficacité de cette mesure.
Voir la correction

a) L'équilibre exige que la résultante des forces soit nulle ET que la somme des moments le soit. Tant que le vent reste faible, le frottement au sol assure la première condition et le panneau ne glisse pas; c'est la seconde qui cède la première, autour de l'arête inférieure sous le vent, dès que le moment du vent dépasse celui du poids. Le panneau BASCULE avant de glisser, ce qui est le cas dès que l'objet est haut et étroit.

b) On prend les moments par rapport à l'arête aval. Le poids, appliqué au centre, résiste avec un bras de levier b2=0,400\frac{b}{2}=0{,}400 m : moment de (588)(0,400)=235(588)(0{,}400)=235 N·m. Le vent, appliqué à H2=1,20\frac{H}{2}=1{,}20 m, fait basculer. La limite est atteinte quand F(1,20)=235,2F(1{,}20)=235{,}2, soit F=mgbH=(588)(0,800)2,40=196F=\frac{mgb}{H}=\frac{(588)(0{,}800)}{2{,}40}=196 N. C'est peu : une rafale modérée sur deux mètres carrés suffit largement.

c) Le centre de masse est initialement à H2=1,20\frac{H}{2}=1{,}20 m; une fois le panneau à plat, il est à b2=0,400\frac{b}{2}=0{,}400 m. Il descend donc de 0,8000{,}800 m. Moment d'inertie : I=(60,0)(2,402+0,8002)3=(60,0)(6,40)3=128I=\frac{(60{,}0)(2{,}40^{2}+0{,}800^{2})}{3}=\frac{(60{,}0)(6{,}40)}{3}=128 kg·m². Conservation de l'énergie : 12Iω2=mg(0,800)\frac{1}{2}I\omega^{2}=mg(0{,}800), donc ω=2(588)(0,800)128=7,352,71\omega=\sqrt{\frac{2(588)(0{,}800)}{128}}=\sqrt{7{,}35}\approx 2{,}71 rad/s. L'arête supérieure est à H2+b2=6,402,53\sqrt{H^{2}+b^{2}}=\sqrt{6{,}40}\approx 2{,}53 m de l'arête pivot, donc elle arrive à v=ωr6,86v=\omega r\approx 6{,}86 m/s, près de 25 km/h. Un panneau qui tombe n'est pas un objet inoffensif.

d) F=(588)(1,20)2,40=294F=\frac{(588)(1{,}20)}{2{,}40}=294 N. Élargir la base de 50 % augmente le seuil de 50 % lui aussi : la relation F=mgbHF=\frac{mgb}{H} est strictement proportionnelle à bb. La mesure est donc efficace mais coûteuse en encombrement, et surtout linéaire : pour doubler la résistance au vent, il faut doubler la base. Alléger le panneau ne servirait à rien, au contraire, puisque FF est proportionnelle à mm : c'est le poids qui le retient. Les deux vraies solutions sont donc de le lester ou de l'ancrer, et c'est bien ce qu'on observe sur les panneaux de chantier, systématiquement chargés de blocs de béton à leur base.

Exercice 9 : Le treuil qui laisse descendre un seau

Un seau de 15,015{,}0 kg est suspendu à une corde enroulée sur un treuil cylindrique plein de 40,040{,}0 kg et de 0,3000{,}300 m de rayon, libre de tourner sans frottement autour de son axe. La corde ne glisse pas. On lâche le seau depuis le repos. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s² et I=12MR2I=\frac{1}{2}MR^{2} pour un cylindre plein.

  • a) Un étudiant répond que le seau tombe à 9,89{,}8 m/s². Sans calcul, expliquez pourquoi c'est faux, et écrivez les deux équations du mouvement, l'une pour le seau, l'autre pour le treuil.
  • b) Calculez l'accélération du seau et la tension de la corde. Vérifiez que la tension est inférieure au poids.
  • c) Le seau descend de 6,006{,}00 m. Calculez sa vitesse, la vitesse angulaire du treuil et le nombre de tours effectués.
  • d) Vérifiez votre vitesse par un bilan d'énergie complet.
  • e) On veut désormais faire descendre le seau à vitesse constante. Quel couple de freinage faut-il appliquer au treuil ?
Voir la correction

a) Le seau ne tombe pas librement parce que la corde le retient : elle exerce vers le haut une tension qui n'est pas nulle, puisqu'il faut bien un couple pour mettre le treuil en rotation. Une chute à gg supposerait une tension nulle, donc un treuil sans inertie. Les équations : pour le seau, mgT=mamg-T=ma; pour le treuil, TR=IαTR=I\alpha. La corde ne glissant pas, elle impose a=αRa=\alpha R, ce qui relie les deux.

b) En substituant α=aR\alpha=\frac{a}{R} dans la seconde équation : T=IaR2T=\frac{Ia}{R^{2}}. En reportant dans la première : mg=a(m+IR2)mg=a\left(m+\frac{I}{R^{2}}\right), avec I=12(40,0)(0,300)2=1,80I=\frac{1}{2}(40{,}0)(0{,}300)^{2}=1{,}80 kg·m² et IR2=20,0\frac{I}{R^{2}}=20{,}0 kg. Donc a=(15,0)(9,8)15,0+20,0=14735,0=4,20a=\frac{(15{,}0)(9{,}8)}{15{,}0+20{,}0}=\frac{147}{35{,}0}=4{,}20 m/s², soit 43 % de gg seulement. Tension : T=m(ga)=(15,0)(5,60)=84,0T=m(g-a)=(15{,}0)(5{,}60)=84{,}0 N, bien inférieure au poids de 147147 N, comme il se doit puisque le seau accélère vers le bas. Le terme IR2\frac{I}{R^{2}} agit exactement comme une masse supplémentaire de 20 kg qu'il faudrait mettre en mouvement.

c) v=2ad=2(4,20)(6,00)=50,47,10v=\sqrt{2ad}=\sqrt{2(4{,}20)(6{,}00)}=\sqrt{50{,}4}\approx 7{,}10 m/s. Vitesse angulaire : ω=vR23,7\omega=\frac{v}{R}\approx 23{,}7 rad/s. Nombre de tours : la corde déroulée vaut 6,006{,}00 m et un tour en déroule 2πR=1,8852\pi R=1{,}885 m, d'où 6,001,8853,18\frac{6{,}00}{1{,}885}\approx 3{,}18 tours.

d) L'énergie potentielle perdue vaut mgh=(15,0)(9,8)(6,00)=882mgh=(15{,}0)(9{,}8)(6{,}00)=882 J. Elle se répartit entre le seau et le treuil : 12mv2=12(15,0)(50,4)=378\frac{1}{2}mv^{2}=\frac{1}{2}(15{,}0)(50{,}4)=378 J et 12Iω2=12(1,80)(560,0)504\frac{1}{2}I\omega^{2}=\frac{1}{2}(1{,}80)(560{,}0)\approx 504 J. Somme : 882882 J, le compte est exact. Remarquez que le treuil emporte 57 % de l'énergie, plus que le seau lui-même : c'est la traduction énergétique du fait que son inertie équivalente, 20 kg, dépasse la masse du seau.

e) À vitesse constante, l'accélération est nulle : le seau est en équilibre, donc T=mg=147T=mg=147 N, et le treuil aussi, donc le couple de freinage doit exactement compenser celui de la corde : τ=TR=(147)(0,300)=44,1\tau=TR=(147)(0{,}300)=44{,}1 N·m. C'est ce couple, et non une force, que le frein d'un treuil réel doit fournir, et il est indépendant de la vitesse de descente choisie.

Partie D : Problèmes de synthèse (/25)

Exercice 10 : Problème : l'assistance gravitationnelle d'une sonde

Une sonde spatiale de 800800 kg file à 10,010{,}0 km/s dans le référentiel du Soleil. Elle croise une planète de masse 1,90×10271{,}90\times 10^{27} kg qui vient à sa rencontre à 13,013{,}0 km/s. La sonde contourne la planète et repart en sens inverse. Vue depuis la planète, la rencontre se comporte comme un choc élastique frontal avec un corps de masse écrasante.

  • a) Calculez la vitesse de la sonde dans le référentiel de la PLANÈTE, avant la rencontre.
  • b) Justifiez que, dans ce référentiel, la sonde repart avec la même vitesse en grandeur, et donnez sa vitesse après la rencontre, toujours dans ce référentiel.
  • c) Revenez au référentiel du Soleil et donnez la vitesse finale de la sonde. Exprimez le gain en fonction de la vitesse de la planète.
  • d) Calculez l'énergie cinétique gagnée par la sonde. D'où vient cette énergie, sachant qu'aucun moteur n'a été allumé ?
  • e) Calculez la variation de vitesse subie par la planète et commentez.
Voir la correction

a) Comptons positivement le sens du mouvement initial de la sonde. La planète avance à 13,0-13{,}0 km/s. Dans le référentiel de la planète, la vitesse de la sonde vaut 10,0(13,0)=23,010{,}0-(-13{,}0)=23{,}0 km/s : la sonde arrive donc bien plus vite que ne le dit son compteur solaire, et c'est déjà la moitié de l'explication.

b) Dans un choc élastique frontal entre un corps léger et un corps de masse immensément supérieure, le léger repart avec la même vitesse en grandeur et en sens inverse, exactement comme une balle qui rebondit sur un mur. Ici la masse de la planète dépasse celle de la sonde de vingt-quatre ordres de grandeur : l'approximation est excellente. La sonde repart donc à 23,0-23{,}0 km/s dans le référentiel de la planète. Physiquement, ce n'est évidemment pas un rebond : c'est la gravitation qui, sans contact, courbe la trajectoire jusqu'à en inverser le sens.

c) On revient au référentiel du Soleil en ajoutant la vitesse de la planète : 23,0+(13,0)=36,0-23{,}0+(-13{,}0)=-36{,}0 km/s. La sonde repart donc à 36,036{,}0 km/s, dans le sens opposé à celui d'où elle venait. En posant vv la vitesse initiale de la sonde et VV celle de la planète, on obtient la formule classique v=v+2Vv'=v+2V : la sonde gagne DEUX fois la vitesse de la planète, quel que soit son propre élan. Cette manœuvre, dite fronde gravitationnelle, a permis aux sondes Voyager d'atteindre la vitesse de libération du système solaire sans emporter le carburant correspondant.

d) ΔE=12m(v2v2)=12(800)[(3,60×104)2(1,00×104)2]4,8×1011\Delta E=\frac{1}{2}m(v'^{2}-v^{2})=\frac{1}{2}(800)\left[(3{,}60\times 10^{4})^{2}-(1{,}00\times 10^{4})^{2}\right]\approx 4{,}8\times 10^{11} J, soit l'équivalent d'une centaine de tonnes de carburant. Cette énergie ne vient de nulle part ailleurs que de l'énergie ORBITALE de la planète : le système sonde plus planète conserve son énergie et sa quantité de mouvement, la planète cède donc exactement ce que la sonde gagne. La gravitation ne fait que servir d'intermédiaire, sans rien créer.

e) La quantité de mouvement se conserve : MΔV=mΔvM\Delta V=-m\Delta v, avec Δv=36,010,0=46,0\Delta v=-36{,}0-10{,}0=-46{,}0 km/s. Donc ΔV=(800)(4,60×104)1,90×10271,9×1020|\Delta V|=\frac{(800)(4{,}60\times 10^{4})}{1{,}90\times 10^{27}}\approx 1{,}9\times 10^{-20} m/s. Autant dire rien : il faudrait des milliards de fois l'âge de l'univers pour que la planète en ressente la moindre conséquence mesurable. C'est ce rapport de masses colossal qui rend la manœuvre possible : la sonde puise dans un réservoir si grand qu'il ne s'épuise jamais, et l'impression de gagner de l'énergie gratuitement vient uniquement de ce qu'on oublie de regarder l'autre côté du bilan.

Exercice 11 : Problème : le pendule, le choc, le frottement et le ressort

Une bille de 2,002{,}00 kg pend au bout d'un fil de 1,251{,}25 m. On l'écarte de 60° de la verticale et on la lâche. Au point le plus bas, elle heurte de plein fouet un bloc de 3,003{,}00 kg au repos; le choc est parfaitement ÉLASTIQUE. Le bloc glisse ensuite sur 1,201{,}20 m d'un plancher de coefficient 0,3000{,}300, puis vient comprimer un ressort de constante 500500 N/m posé contre un mur. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s².

  • a) Déterminez la vitesse de la bille juste avant le choc.
  • b) Déterminez les vitesses des deux corps juste après le choc, et vérifiez votre résultat par un bilan.
  • c) Déterminez la vitesse du bloc au moment où il touche le ressort, puis la compression maximale de celui-ci.
  • d) De quel angle la bille remonte-t-elle après le choc ?
Voir la correction

a) Sur l'arc, l'énergie se conserve. La bille est remontée de h=L(1cos60°)=1,25(0,500)=0,625h=L(1-\cos 60°)=1{,}25(0{,}500)=0{,}625 m, donc v=2gh=12,25=3,50v=\sqrt{2gh}=\sqrt{12{,}25}=3{,}50 m/s.

b) Un choc élastique frontal conserve à la fois la quantité de mouvement et l'énergie cinétique, ce qui donne v1=m1m2m1+m2v=1,005,00(3,50)=0,700v_{1}'=\frac{m_{1}-m_{2}}{m_{1}+m_{2}}v=\frac{-1{,}00}{5{,}00}(3{,}50)=-0{,}700 m/s et v2=2m1m1+m2v=4,005,00(3,50)=2,80v_{2}'=\frac{2m_{1}}{m_{1}+m_{2}}v=\frac{4{,}00}{5{,}00}(3{,}50)=2{,}80 m/s. La bille REBONDIT en arrière, ce qui est la signature d'un choc contre un corps plus lourd. Vérification énergétique : 12(2,00)(0,490)+12(3,00)(7,84)=0,490+11,76=12,25\frac{1}{2}(2{,}00)(0{,}490)+\frac{1}{2}(3{,}00)(7{,}84)=0{,}490+11{,}76=12{,}25 J, exactement l'énergie d'avant le choc, 12(2,00)(12,25)\frac{1}{2}(2{,}00)(12{,}25). Vérification de la quantité de mouvement : (2,00)(0,700)+(3,00)(2,80)=1,40+8,40=7,00(2{,}00)(-0{,}700)+(3{,}00)(2{,}80)=-1{,}40+8{,}40=7{,}00, égal à (2,00)(3,50)(2{,}00)(3{,}50).

c) Sur le plancher rugueux, le frottement dissipe μm2gd\mu m_{2}gd : v2=7,842(0,300)(9,8)(1,20)=7,847,056=0,784v^{2}=7{,}84-2(0{,}300)(9{,}8)(1{,}20)=7{,}84-7{,}056=0{,}784, donc v0,885v\approx 0{,}885 m/s. La marge est mince : un mètre de plus et le bloc n'atteignait pas le ressort. L'énergie restante, 12(3,00)(0,784)=1,176\frac{1}{2}(3{,}00)(0{,}784)=1{,}176 J, se retrouve entièrement dans le ressort à la compression maximale, où la vitesse s'annule : 12kx2=1,176\frac{1}{2}kx^{2}=1{,}176, d'où x=2,3525000,0686x=\sqrt{\frac{2{,}352}{500}}\approx 0{,}0686 m, soit environ 6,9 cm.

d) La bille repart à 0,7000{,}700 m/s, donc elle remonte de h=v122g=0,49019,6=0,0250h'=\frac{v_{1}'^{2}}{2g}=\frac{0{,}490}{19{,}6}=0{,}0250 m. L'angle vérifie cosθ=1hL=10,02501,25=0,980\cos\theta=1-\frac{h'}{L}=1-\frac{0{,}0250}{1{,}25}=0{,}980, soit θ11,5°\theta\approx 11{,}5°. Partie de 60°, elle ne revient qu'à 11 degrés et demi : elle a cédé au bloc 96 % de son énergie, alors même que le choc était parfaitement élastique et que RIEN n'a été dissipé. Élastique ne veut pas dire que rien ne se transmet, mais seulement que rien ne se perd.

Exercice 12 : Problème : cinq affirmations à vérifier

Chacune des affirmations suivantes est tirée d'une conversation, d'un article ou d'un manuel. Pour chacune, décidez si elle tient, en appuyant votre jugement sur un calcul ou sur un argument physique précis. On prend g=9,8g=9{,}8 m/s², GMTerre=3,986×1014GM_{Terre}=3{,}986\times 10^{14} m³/s² et RTerre=6,37×106R_{Terre}=6{,}37\times 10^{6} m.

  • a) « Une berline de 12001200 kg passe de 0 à 100 km/h en 4,04{,}0 s : son moteur développe donc plus de 400 chevaux. » (1 ch 736\approx 736 W)
  • b) « Un cycliste et son vélo, 7575 kg au total, gravissent un col de 10001000 m de dénivelé en une heure. C'est un effort surhumain. »
  • c) « La Station spatiale internationale fait le tour de la Terre en 90 minutes à 400 km d'altitude. »
  • d) « Quand une patineuse replie les bras, son moment cinétique se conserve, donc son énergie cinétique aussi. »
  • e) « Pour lancer un objet le plus loin possible, il faut toujours viser 45°. »
Voir la correction

a) Faux, et d'un facteur deux et demi. 100100 km/h valent 27,827{,}8 m/s, donc ΔEk=12(1200)(27,78)24,63×105\Delta E_{k}=\frac{1}{2}(1200)(27{,}78)^{2}\approx 4{,}63\times 10^{5} J, fournis en 4,04{,}0 s : P=4,63×1054,01,16×105P=\frac{4{,}63\times 10^{5}}{4{,}0}\approx 1{,}16\times 10^{5} W, soit environ 157157 chevaux. L'affirmation confond sans doute la puissance MOYENNE, seule calculable ici, avec la puissance maximale annoncée par le constructeur; et une voiture réelle a besoin d'un peu plus, à cause des frottements et parce que la puissance n'est pas délivrée uniformément. Mais 400 chevaux pour ce chrono est une surestimation nette.

b) Faux, l'effort est soutenu mais banal chez un cycliste entraîné. E=mgh=(75)(9,8)(1000)=7,35×105E=mgh=(75)(9{,}8)(1000)=7{,}35\times 10^{5} J, en 36003600 s : P=7,35×1053600204P=\frac{7{,}35\times 10^{5}}{3600}\approx 204 W contre la seule pesanteur. En ajoutant l'air et les frottements mécaniques, on arrive vers 250250 W, ce qu'un bon amateur soutient effectivement une heure durant. Les professionnels dépassent 400400 W sur la même durée. L'affirmation confond la difficulté RESSENTIE avec la puissance physique.

c) Vrai, à quelques minutes près. Le rayon de l'orbite vaut r=6,37×106+4,00×105=6,77×106r=6{,}37\times 10^{6}+4{,}00\times 10^{5}=6{,}77\times 10^{6} m, et la troisième loi de Kepler donne T=2πr3GM=2π3,10×10203,986×10145,54×103T=2\pi\sqrt{\frac{r^{3}}{GM}}=2\pi\sqrt{\frac{3{,}10\times 10^{20}}{3{,}986\times 10^{14}}}\approx 5{,}54\times 10^{3} s, soit environ 9292 minutes. L'affirmation est donc correcte, et l'écart de deux minutes tient à l'altitude réelle, qui varie.

d) Faux, et c'est le piège le plus fin de la liste. Le moment cinétique se conserve bel et bien, L=IωL=I\omega restant constant, mais l'énergie cinétique de rotation s'écrit E=12Iω2=L22IE=\frac{1}{2}I\omega^{2}=\frac{L^{2}}{2I} : à LL fixé, elle est INVERSEMENT proportionnelle au moment d'inertie. Replier les bras réduit II, donc AUGMENTE l'énergie. Si la patineuse divise II par deux, ω\omega double et son énergie double aussi. Cette énergie supplémentaire ne sort pas de nulle part : elle vient du travail MUSCULAIRE qu'elle fournit pour ramener ses bras vers l'axe, contre la tendance de ceux-ci à s'en écarter. Conservation d'une grandeur n'entraîne jamais conservation d'une autre.

e) Faux en général, vrai dans un seul cas. L'angle de 45° maximise la portée uniquement si le point de départ et le point d'arrivée sont à la MÊME hauteur, et si la résistance de l'air est négligeable. Dès qu'on lance depuis une hauteur, l'angle optimal descend en dessous de 45°, parce que le temps de vol supplémentaire est déjà offert par la dénivellation et qu'il vaut mieux investir la vitesse à l'horizontale. Avec la résistance de l'air, il descend encore, jusque vers 30 à 35° pour un projectile réel. Et pour un lancer de poids, où l'athlète relâche l'engin à deux mètres du sol, l'optimum se situe vers 42°, ce que les entraîneurs savent depuis longtemps.

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