Physique, secondaire 5 à Montréal • Optique

Fiche de révision : la réflexion et les miroirs (physique, secondaire 5)

L'optique de secondaire 5 commence par un chapitre trompeusement simple : une seule équation, 1f=1do+1di\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}}, et une seule formule de grandissement. La difficulté n'est jamais le calcul, elle est dans la convention de signes, parce que c'est elle qui porte toute la réponse physique.

Cette fiche rassemble ce qui coûte réellement des points en évaluation : la confusion entre ff et RR, le signe du miroir convexe, l'interprétation d'un did_{i} négatif, le grandissement amputé de son signe, et les deux situations géométriques classiques, le miroir plan et le miroir qui tourne. Elle montre aussi, cas par cas, le tracé des trois rayons principaux autour de SS, FF et CC, de l'objet au-delà de CC jusqu'au miroir convexe, pour voir où se forme l'image avant de la calculer.

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Le fil du chapitre

Sur un miroir, le signe EST la réponse. di<0d_{i}<0 veut dire « image derrière le miroir », G<0G<0 veut dire « image inversée » : un calcul juste dont on a perdu les signes ne répond à aucune des questions posées.

Ce chapitre fait partie de Physique de cinquième secondaire
Pour s'entraîner Les exercices corrigés de ce chapitre, 10 exercices

L'essentiel

Les deux lois, et le mot qui les rend applicables

  • • Le rayon incident, la normale et le rayon réfléchi sont dans un MÊME plan, et θi=θr\theta_{i}=\theta_{r}.
  • • Les deux angles se mesurent depuis la NORMALE, c'est-à-dire depuis la perpendiculaire à la surface au point d'impact, jamais depuis la surface elle-même.
  • • Un rayon qui arrive à α\alpha de la SURFACE arrive donc à θi=90∘−α\theta_{i}=90^{\circ}-\alpha de la normale.
  • • L'angle entre le rayon incident et le rayon réfléchi vaut 2θi2\theta_{i}, jamais θi\theta_{i}.
  • • Règle pratique : réflexion surtout SPÉCULAIRE si les aspérités de la surface sont plus petites que λ8\dfrac{\lambda}{8}, soit environ 6969 nm dans le visible ; surtout DIFFUSE si elles sont bien plus grandes. Dans les deux cas la loi θi=θr\theta_{i}=\theta_{r} reste vraie, point par point.

Sur un miroir plan, aucune formule n'est nécessaire : l'image est virtuelle, droite, de même taille, et symétrique de l'objet par rapport au plan du miroir. Écrire cette phrase rapporte les points; sortir l'équation des miroirs en fait perdre.

L'équation des miroirs et sa convention de signes

  • • 1f=1do+1di\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}} avec f=R2f=\dfrac{R}{2}, où RR est le rayon de courbure.
  • • Miroir CONCAVE (creux, convergent) : f>0f>0. Miroir CONVEXE (bombé, divergent) : f<0f<0. Le signe se décide AVANT tout calcul, à la lecture de l'énoncé.
  • • do>0d_{o}>0 pour un objet réel, toujours, au niveau du secondaire 5.
  • • di>0d_{i}>0 : l'image est DEVANT le miroir, du côté de l'objet, elle est réelle et se recueille sur un écran. di<0d_{i}<0 : l'image est DERRIÈRE le miroir, elle est virtuelle et ne se projette pas.
  • • Grandissement : G=−dido=hihoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}=\dfrac{h_{i}}{h_{o}}. Signe négatif : image inversée. Signe positif : image droite. ∣G∣>1|G|>1 : agrandie. ∣G∣<1|G|<1 : réduite.
102030405060−60−40−2020406080concave, f = 10reelleconvexe, f = -10do = fdo (cm)di (cm)
À gauche de do=fd_{o}=f, la courbe du miroir concave plonge sous l'axe : di<0d_{i}<0, l'image devient virtuelle. Le convexe, lui, reste sous l'axe partout.

Les trois adjectifs attendus dans la conclusion, réelle ou virtuelle, droite ou inversée, agrandie ou réduite, se lisent tous dans les signes de did_{i} et de GG. Aucun ne se devine : le tracé des rayons, plus bas, les confirme en dix secondes, mais c'est le signe qui les prouve.

Construire l'image : trois rayons principaux et trois points S, F, C

  • • Trois points sur l'axe principal : le sommet SS, au centre du miroir ; le foyer FF, à la distance ff de SS ; le centre de courbure CC, à R=2fR=2f de SS. Pour un miroir concave, FF et CC sont DEVANT le miroir, du côté de l'objet.
  • • Rayon 1 (bleu) : il arrive PARALLÈLE à l'axe et repart en passant par FF.
  • • Rayon 2 (vert) : il passe par FF avant le miroir et repart PARALLÈLE à l'axe.
  • • Rayon 3 (violet) : il passe par CC, frappe le miroir à angle droit et revient SUR LUI-MÊME.
  • • Rayon 4 (rose), au besoin : celui qui frappe le sommet SS repart symétrique par rapport à l'axe, comme sur un miroir plan.
  • • Deux rayons suffisent à placer la pointe de l'image, le troisième vérifie. Là où les rayons réfléchis se croisent VRAIMENT, devant le miroir, se forme une image réelle.
SFCmiroir concaveobjetimage réelle123
Objet au-delà de CC (f=20f=20 cm, do=60d_{o}=60 cm) : les trois rayons se croisent devant le miroir, entre FF et CC, à 3030 cm de SS. Image réelle, inversée, deux fois plus petite (G=−0,5G=-0{,}5).

Sur la copie, le miroir se dessine par une droite verticale hachurée au dos et les rayons s'y réfléchissent : c'est l'approximation des rayons proches de l'axe, la même que celle de l'équation des miroirs. Le tracé confirme le calcul, il ne le remplace pas, mais il dit en dix secondes si un did_{i} positif ou un GG négatif est plausible.

Objet entre F et S : l'image passe derrière le miroir

  • • Quand l'objet est plus près du miroir que le foyer, les rayons réfléchis DIVERGENT : ils ne se croisent nulle part devant le miroir.
  • • L'œil qui les reçoit les croit issus d'un point situé derrière le miroir. On prolonge donc les rayons réfléchis en POINTILLÉ derrière la surface : leur point de rencontre est l'image virtuelle.
  • • Le rayon 2 ne peut plus passer par FF avant le miroir, puisque FF est derrière l'objet : on le trace sur la droite qui joint FF à la pointe de l'objet, comme s'il venait de FF. Le rayon 3 se trace de même sur la droite qui joint CC à la pointe.
  • • Dans toute cette zone, le résultat ne change pas : image virtuelle, droite, agrandie, et di<0d_{i}<0 dans le calcul.
SFCmiroir concaveobjetimage virtuelle123
Objet entre FF et SS (f=20f=20 cm, do=10d_{o}=10 cm) : les rayons réfléchis s'écartent, leurs prolongements en pointillé se croisent à 2020 cm derrière le miroir. Image virtuelle, droite, deux fois plus grande.

Un trait en pointillé n'est pas de la lumière : c'est le chemin que l'œil reconstruit. Une image dessinée au croisement de deux pointillés est donc virtuelle par construction, et elle ne se projette sur aucun écran.

Le miroir convexe : F et C sont derrière le miroir

  • • Pour un miroir convexe, le foyer et le centre de courbure sont DERRIÈRE la surface, du côté où la lumière ne va pas : c'est pour cela que f<0f<0.
  • • Rayon 1 (bleu) : parallèle à l'axe, il repart comme s'il venait de FF ; son prolongement en pointillé passe par FF.
  • • Rayon 2 (vert) : dirigé VERS FF, il repart parallèle à l'axe.
  • • Rayon 3 (violet) : dirigé VERS CC, il frappe le miroir à angle droit et revient sur lui-même.
  • • Les prolongements se croisent toujours entre SS et FF : image virtuelle, droite, réduite, quelle que soit la position de l'objet.
SFCmiroir convexeobjetimage virtuelle123
Rétroviseur (f=−15f=-15 cm, objet à 4040 cm) : les prolongements se croisent derrière le miroir, à 10,910{,}9 cm de SS, entre SS et FF. Image virtuelle, droite, réduite (G=+0,27G=+0{,}27).

C'est la figure du rétroviseur et du miroir de sécurité : l'image est petite, donc le champ de vision est large. Un did_{i} positif ou un ∣G∣>1|G|>1 sur un convexe contredit ce dessin, le calcul est à reprendre.

Le champ de vision : ce que le miroir laisse voir

  • • Dans un miroir plan, on voit tout ce qui se trouve dans le cône issu de l'IMAGE de l'œil et passant par les bords du miroir : le miroir agit comme une fenêtre ouverte sur la pièce symétrique.
  • • La largeur vue à une distance donnée se calcule par triangles semblables : pour un miroir de largeur LL, un œil à dd du miroir et un mur à DD devant lui, la partie vue mesure L d+DdL\,\dfrac{d+D}{d}.
  • • S'approcher du miroir élargit le champ : la fenêtre paraît plus grande quand on colle l'œil à la vitre.
  • • Un miroir CONVEXE de même largeur renvoie les rayons de ses bords beaucoup plus en biais, car sa normale tourne d'un bord à l'autre : son champ est bien plus large, au prix d'images réduites.
œilCrétroviseur convexechamp du convexechamp d'un miroir plan
Même largeur (2020 cm), même œil à 5050 cm : le miroir plan (limites grises) voit à 11∘11^{\circ} de part et d'autre de l'axe, le rétroviseur convexe (R=40R=40 cm, zone teintée) à 40∘40^{\circ}.

C'est tout l'argument du rétroviseur et du miroir de sécurité : on troque la taille de l'image contre la largeur du champ. C'est aussi pourquoi le convexe trompe sur les distances : la voiture paraît petite, donc lointaine.

Les pièges qui coûtent des points

Les erreurs ci-dessous sont celles que je corrige le plus souvent en séance. Chacune coûte des points sur une copie, même quand le raisonnement est juste.

1. Prendre le rayon de courbure pour la distance focale

toute la question, 6 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le miroir concave a un rayon de courbure de 4040 cm, donc f=40f=40 cm. Avec do=30d_{o}=30 cm : 1di=140−130\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{40}-\dfrac{1}{30}, donc di=−120d_{i}=-120 cm, image virtuelle et droite. »

Ce qu'il faut écrire

« f=R2=20f=\dfrac{R}{2}=20 cm. Avec do=30d_{o}=30 cm : 1di=120−130=160\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{20}-\dfrac{1}{30}=\dfrac{1}{60}, donc di=60d_{i}=60 cm et G=−2G=-2 : image réelle, inversée, deux fois plus grande. »

SFCmiroir concaveobjetimage réelle124
Avec f=R2=20f=\dfrac{R}{2}=20 cm, l'objet à 3030 cm est entre CC et FF : image réelle, inversée, deux fois plus grande, à 6060 cm. Avec f=40f=40 cm, il serait entre FF et SS, et l'image virtuelle.

Pourquoi : L'erreur ne décale pas le résultat, elle le renverse : l'objet passait de l'extérieur du foyer à l'intérieur, donc l'image passe de réelle et inversée à virtuelle et droite. Les trois adjectifs de la conclusion sont faux d'un coup.

2. Donner une distance focale positive à un miroir convexe

toute la question, 5 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le rétroviseur a une distance focale de 1515 cm et la voiture est à 4040 cm : 1di=115−140\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{15}-\dfrac{1}{40}, donc di=24d_{i}=24 cm, image réelle. »

Ce qu'il faut écrire

« Le rétroviseur est CONVEXE, donc f=−15f=-15 cm : 1di=−115−140=−11120\dfrac{1}{d_{i}}=-\dfrac{1}{15}-\dfrac{1}{40}=-\dfrac{11}{120}, donc di=−10,9d_{i}=-10{,}9 cm et G=+0,27G=+0{,}27 : image virtuelle, droite, réduite. »

Pourquoi : Un miroir convexe ne peut PAS former d'image réelle : ses rayons réfléchis divergent toujours. Un did_{i} positif sur un convexe est donc une impossibilité physique, pas une valeur à discuter.

3. Lire un did_{i} négatif comme une distance devant le miroir

2 points, et la question de nature qui suit

Ce qu'il ne faut pas écrire

« di=−10,9d_{i}=-10{,}9 cm : l'image se trouve à 10,910{,}9 cm devant le rétroviseur. »

Ce qu'il faut écrire

« di=−10,9d_{i}=-10{,}9 cm : le signe négatif place l'image DERRIÈRE le miroir, à 10,910{,}9 cm de sa surface. Elle est virtuelle, donc impossible à recueillir sur un écran. »

Pourquoi : Le signe n'est pas décoratif : c'est lui, et lui seul, qui répond à la question « l'image est-elle réelle ou virtuelle ». La valeur absolue donne la distance, le signe donne le côté.

4. Écrire le grandissement sans son signe moins

2 points par question de nature, et la hauteur hih_{i} de signe faux

Ce qu'il ne faut pas écrire

« G=dido=6030=2G=\dfrac{d_{i}}{d_{o}}=\dfrac{60}{30}=2 : l'image est deux fois plus grande et droite. »

Ce qu'il faut écrire

« G=−dido=−6030=−2G=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}=-\dfrac{60}{30}=-2 : l'image est deux fois plus grande et INVERSÉE. »

SFCmiroir concaveobjetimage réelle124
Objet sur CC : l'image se forme sur CC, de même taille mais la tête en bas. G=−1G=-1 et non +1+1 : c'est le signe moins de la formule qui dit qu'une image réelle est inversée.

Pourquoi : Le signe moins de la formule est ce qui traduit le renversement d'une image réelle. Sans lui, toutes les images réelles sortent droites, ce qu'aucun miroir concave ne fait.

5. Croire qu'il faut un miroir aussi grand que soi pour se voir en entier

4 points, c'est la question de raisonnement classique du chapitre

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Je mesure 1,701{,}70 m, donc il me faut un miroir de 1,701{,}70 m, et il faudra reculer pour voir mes pieds. »

Ce qu'il faut écrire

« Les rayons se réfléchissent à mi-hauteur entre l'oeil et le point regardé : un miroir de h2=0,85\dfrac{h}{2}=0{,}85 m suffit, et cette hauteur ne dépend PAS de la distance au miroir. »

miroir0,85 ma 2 ma 4 m1,70 m
Les deux positions, à 22 m et à 44 m, utilisent EXACTEMENT les deux mêmes points du miroir, à 1,601{,}60 m et à 0,750{,}75 m du sol. Reculer ne change rien : la hauteur utile reste la moitié de la taille.

Pourquoi : Le point de réflexion utile est le milieu géométrique entre l'oeil et le point de l'objet visé. Reculer éloigne l'oeil et l'objet dans la même proportion : le point d'impact ne bouge pas d'un millimètre.

6. Faire tourner le rayon réfléchi du même angle que le miroir

toute la question, 5 points, et un facteur 2 sur la mesure

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Le miroir tourne de 15∘15^{\circ}, donc le rayon réfléchi tourne de 15∘15^{\circ} et le point lumineux se déplace de Ltan⁡15∘L\tan 15^{\circ}. »

Ce qu'il faut écrire

« Le rayon incident étant fixe, faire tourner le miroir de α\alpha fait tourner le rayon réfléchi de 2α=30∘2\alpha=30^{\circ} : le point lumineux se déplace de Ltan⁡30∘L\tan 30^{\circ}. »

rayon incident, fixereflechi 1reflechi 2miroirtourne de aa2a
Le rayon qui arrive ne bouge pas, le miroir tourne de α=15∘\alpha=15^{\circ} : l'écart entre les deux rayons réfléchis vaut 30∘30^{\circ}, soit le DOUBLE. C'est la figure à refaire de mémoire avant l'examen.

Pourquoi : Quand le miroir tourne de α\alpha, la normale tourne de α\alpha aussi, donc l'angle d'incidence gagne α\alpha et l'angle de réflexion également : l'écart total entre les deux rayons gagne 2α2\alpha. C'est tout le principe du levier optique, utilisé en laboratoire pour mesurer de très petites rotations.

7. Compter les images entre deux miroirs avec la mauvaise formule

2 points

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Deux miroirs forment un angle de 60∘60^{\circ}, donc N=36060=6N=\dfrac{360}{60}=6 images. »

Ce qu'il faut écrire

« N=360θ−1=36060−1=5N=\dfrac{360}{\theta}-1=\dfrac{360}{60}-1=5 images. »

Pourquoi : Le quotient 360θ\dfrac{360}{\theta} compte les secteurs du plan, et l'un de ces secteurs est occupé par l'objet lui-même, qui n'est pas une image. D'où le −1-1, qui n'est pas un ajustement arbitraire.

8. Croire que la loi de la réflexion ne s'applique plus sur une surface rugueuse

3 points sur la question de justification, celle qui demande une phrase

Ce qu'il ne faut pas écrire

« Sur une feuille de papier, la lumière repart dans toutes les directions, donc θi≠θr\theta_{i}\neq\theta_{r} : la loi de la réflexion n'est pas respectée. »

Ce qu'il faut écrire

« La loi θi=θr\theta_{i}=\theta_{r} est respectée en CHAQUE point. Ce sont les normales qui pointent dans des directions différentes d'un point à l'autre, ce qui disperse les rayons réfléchis : la réflexion est diffuse. »

Pourquoi : Confondre le comportement d'ensemble et la loi locale empêche de comprendre pourquoi un objet éclairé est visible de partout alors qu'un miroir ne renvoie l'image que dans une direction.

Quelle méthode choisir

La nature de l'image, lue dans les signes

Le signe de ff d'abord, puis la position de l'objet par rapport à ff et à 2f2f

SFCmiroir concaveobjet13
Objet sur FF : les rayons réfléchis repartent parallèles et ne se croisent jamais, aucune image. Au-delà de FF les images sont réelles, entre FF et SS elles sont virtuelles.
  • Si f<0f<0 (miroir convexe), quelle que soit la position de l'objet → image virtuelle, droite, réduite : di<0d_{i}<0 et 0<G<10<G<1

    Exemple : rétroviseur, miroir de sécurité de dépanneur

    aucun cas particulier à discuter : c'est toujours la même réponse

  • Si f>0f>0 et do>2fd_{o}>2f → image réelle, inversée, réduite : di>0d_{i}>0 et −1<G<0-1<G<0

    Exemple : f=20f=20, do=60d_{o}=60 donne di=30d_{i}=30 et G=−0,5G=-0{,}5

  • Si f>0f>0 et do=2fd_{o}=2f → image réelle, inversée, de même taille : di=2fd_{i}=2f et G=−1G=-1

    Exemple : f=20f=20, do=40d_{o}=40 donne di=40d_{i}=40

  • Si f>0f>0 et f<do<2ff<d_{o}<2f → image réelle, inversée, agrandie : di>2fd_{i}>2f et G<−1G<-1

    Exemple : f=20f=20, do=30d_{o}=30 donne di=60d_{i}=60 et G=−2G=-2

  • Si f>0f>0 et do=fd_{o}=f → aucune image : 1di=0\dfrac{1}{d_{i}}=0, les rayons réfléchis sortent parallèles

    Exemple : c'est le montage du phare et du projecteur

  • Si f>0f>0 et do<fd_{o}<f → image virtuelle, droite, agrandie : di<0d_{i}<0 et G>1G>1

    Exemple : miroir de maquillage, miroir de dentiste

Ce tableau se retrouve en trente secondes avec la figure de l'essentiel : la seule frontière qui change la NATURE est do=fd_{o}=f, et la seule qui change la TAILLE est do=2fd_{o}=2f. Un résultat qui contredit la ligne correspondante est un résultat faux, inutile de chercher plus loin.

Quelle formule pour quelle question

Ce que l'énoncé donne et ce qu'il demande, pas le nom du miroir

  • Si l'énoncé donne le rayon de courbure RR → commencer par f=R2f=\dfrac{R}{2}, puis appliquer le signe du type de miroir

    Exemple : R=40R=40 cm sur un convexe donne f=−20f=-20 cm

  • Si on demande OÙ se forme l'image → équation des miroirs, isoler 1di\dfrac{1}{d_{i}}, puis inverser

    Exemple : 1di=1f−1do\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{f}-\dfrac{1}{d_{o}}

  • Si on demande la taille, le sens, ou hih_{i} → G=−didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}} puis hi=G hoh_{i}=G\,h_{o}, avec les signes

    Exemple : G=−2G=-2 et ho=3h_{o}=3 cm donne hi=−6h_{i}=-6 cm, donc 66 cm vers le bas

  • Si l'énoncé donne le grandissement et demande la POSITION → traduire d'abord les mots en signe de GG, écrire di=−G dod_{i}=-G\,d_{o}, puis reporter

    Exemple : « droite et deux fois plus grande » signifie G=+2G=+2, donc di=−2dod_{i}=-2d_{o}

  • Si le miroir est PLAN → aucune équation : image virtuelle, droite, même taille, symétrique

    Exemple : objet à 22 m du miroir, image à 22 m derrière, distance objet-image 44 m

  • Si l'énoncé fait TOURNER le miroir ou en pose deux → géométrie pure : 2α2\alpha pour la rotation, 360θ−1\dfrac{360}{\theta}-1 pour les images multiples

    Exemple : aucune de ces deux questions n'utilise l'équation des miroirs

Le mot « droite » ou « inversée » dans un énoncé n'est jamais un commentaire : c'est une donnée chiffrée déguisée, le signe de GG. Le traduire en équation dès la lecture évite la moitié des blocages sur les recherches inverses.

La rédaction attendue

Le correcteur coche des étapes. Les voici dans l'ordre, avec la phrase de conclusion qu'il attend mot pour mot.

Un problème de miroir courbe, rédigé pour le correcteur

Quand l'utiliser : L'énoncé donne un miroir concave ou convexe, une distance objet, et demande la position puis la nature de l'image.

  1. 1 Nommer le miroir et fixer le signe de sa focale AVANT tout calcul : « miroir convexe, donc f=−15f=-15 cm ». Si l'énoncé donne RR, écrire f=R2f=\dfrac{R}{2} à cette ligne.
  2. 2 Recopier l'équation des miroirs sous sa forme isolée : 1di=1f−1do\dfrac{1}{d_{i}}=\dfrac{1}{f}-\dfrac{1}{d_{o}}, avant d'y mettre les nombres.
  3. 3 Substituer, réduire au même dénominateur, puis INVERSER le résultat. C'est l'étape oubliée : 1di=−11120\dfrac{1}{d_{i}}=-\dfrac{11}{120} donne di=−12011d_{i}=-\dfrac{120}{11}, pas −11120-\dfrac{11}{120}.
  4. 4 Calculer G=−didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}} en gardant le signe de did_{i} tel quel, parenthèses comprises.
  5. 5 Conclure par une phrase qui contient les TROIS adjectifs, chacun justifié par un signe.

Phrase de conclusion

« L'image se forme à 10,910{,}9 cm derrière le miroir, puisque di=−10,9d_{i}=-10{,}9 cm. Comme G=+0,27G=+0{,}27, elle est droite et réduite d'un facteur 3,73{,}7 : elle est virtuelle, donc impossible à recueillir sur un écran. »

Le piège : L'inversion finale. Une copie sur trois annonce di=−0,092d_{i}=-0{,}092 cm, qui est le 1di\dfrac{1}{d_{i}} non retourné, et personne ne s'étonne d'une image à un dixième de millimètre du miroir.

Barème : En général 1 point pour le signe de ff, 2 pour l'équation posée et résolue, 1 pour le grandissement signé, 2 pour la phrase de nature complète.

La recherche inverse : l'énoncé donne le grandissement

Quand l'utiliser : L'énoncé décrit l'image voulue (« droite et trois fois plus grande », « inversée et de moitié ») et demande où placer l'objet.

  1. 1 Traduire les mots en signe : « droite » donne G>0G>0, « inversée » donne G<0G<0; le facteur donne ∣G∣|G|.
  2. 2 Écrire G=−didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}}, donc di=−G dod_{i}=-G\,d_{o}, et le dire : « GG positif impose did_{i} négatif, donc une image virtuelle, ce qui est cohérent avec une image droite. »
  3. 3 Reporter di=−G dod_{i}=-G\,d_{o} dans l'équation des miroirs, tout se simplifie en dod_{o} seul.
  4. 4 Résoudre, puis vérifier que le dod_{o} trouvé se situe du bon côté du foyer d'après l'arbre de nature.

Phrase de conclusion

« Une image droite et deux fois plus grande impose G=+2G=+2, donc di=−2dod_{i}=-2d_{o}. L'équation devient 1f=1do−12do=12do\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{d_{o}}-\dfrac{1}{2d_{o}}=\dfrac{1}{2d_{o}}, d'où do=f2=15,0d_{o}=\dfrac{f}{2}=15{,}0 cm. »

Le piège : Prendre G=−2G=-2 parce que « deux fois plus grande » évoque un agrandissement d'image réelle. Le calcul aboutit alors à do=45d_{o}=45 cm et à une image inversée, inutilisable pour se maquiller.

Barème : La traduction du mot « droite » en G=+2G=+2 vaut à elle seule 2 des 6 points de la question.

Vérifier avant de rendre

Cinq minutes de vérification récupèrent plus de points qu'un exercice de plus commencé à la hâte.

L'exercice type décortiqué

Le miroir de maquillage : la recherche inverse de bout en bout

Un miroir de maquillage est un miroir sphérique concave de rayon de courbure R=60,0R=60{,}0 cm.

On souhaite voir son visage droit et deux fois plus grand. À quelle distance du miroir faut-il se placer, et où se forme l'image ? Préciser sa nature.

SFCmiroir concaveobjetimage virtuelle123
Les rayons réfléchis divergent : leurs prolongements en pointillé se croisent derrière le miroir, à 3030 cm de SS. Objet entre FF et SS, donc image virtuelle, droite et deux fois plus grande.

Étape 1

Miroir concave, donc f>0f>0 : f=R2=60,02=30,0f=\dfrac{R}{2}=\dfrac{60{,}0}{2}=30{,}0 cm.

Pourquoi

Le signe et la valeur de ff se fixent à la première ligne, avant toute équation. C'est aussi la ligne qui rapporte le point de la conversion R→fR\to f, souvent oubliée quand l'énoncé donne le rayon.

Étape 2

L'image doit être DROITE, donc G>0G>0, et deux fois plus grande, donc G=+2,00G=+2{,}00.

Pourquoi

C'est la traduction des mots de l'énoncé en donnée chiffrée. Sans elle, la suite du calcul n'a aucune contrainte et l'on retombe sur l'image réelle inversée, qui ne sert à rien pour se maquiller.

Étape 3

G=−didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}} donne di=−G do=−2,00 dod_{i}=-G\,d_{o}=-2{,}00\,d_{o}. Le signe négatif annonce déjà une image virtuelle.

Pourquoi

On exprime l'inconnue de trop en fonction de l'autre : c'est le geste qui transforme une équation à deux inconnues en une équation à une seule, et il donne au passage la nature de l'image avant même de calculer.

Étape 4

Report dans l'équation des miroirs : 130,0=1do+1−2,00 do=2−12do=12do\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{-2{,}00\,d_{o}}=\dfrac{2-1}{2d_{o}}=\dfrac{1}{2d_{o}}.

Pourquoi

Les deux termes se réduisent au même dénominateur 2do2d_{o} et il ne reste qu'une fraction. Aucune calculatrice n'est nécessaire ici, et c'est le signe que la mise en équation est la bonne.

Étape 5

Donc 2do=30,02d_{o}=30{,}0 cm, soit do=15,0d_{o}=15{,}0 cm, puis di=−2,00×15,0=−30,0d_{i}=-2{,}00\times 15{,}0=-30{,}0 cm.

Pourquoi

Le visage se place à 15,015{,}0 cm, c'est-à-dire à l'intérieur du foyer situé à 30,030{,}0 cm : exactement la condition de l'arbre pour une image virtuelle, droite et agrandie.

Étape 6

Vérification par l'équation de départ, celle qui n'a pas servi à isoler : 115,0+1−30,0=2−130,0=130,0=1f\dfrac{1}{15{,}0}+\dfrac{1}{-30{,}0}=\dfrac{2-1}{30{,}0}=\dfrac{1}{30{,}0}=\dfrac{1}{f}. Et G=−−30,015,0=+2,00G=-\dfrac{-30{,}0}{15{,}0}=+2{,}00.

Pourquoi

On recalcule le grandissement à partir des deux distances trouvées au lieu de le recopier de l'énoncé : c'est le seul contrôle qui attrape une erreur de signe survenue en cours de route.

Étape 7

Contrôle de plausibilité : avec G=−2,00G=-2{,}00 à la place, on aurait trouvé do=45,0d_{o}=45{,}0 cm et di=+90,0d_{i}=+90{,}0 cm, une image réelle et inversée, projetée à 9090 cm devant le miroir.

Pourquoi

Ce cas limite montre ce que coûte l'erreur de signe : une réponse numériquement propre, mais un miroir dans lequel on se verrait la tête en bas, à un mètre devant soi.

Conclusion rédigée

« Il faut placer le visage à 15,015{,}0 cm du miroir. L'image se forme alors à 30,030{,}0 cm DERRIÈRE le miroir, puisque di=−30,0d_{i}=-30{,}0 cm : elle est virtuelle, droite et deux fois plus grande, ce qui correspond bien à un objet situé à l'intérieur du foyer. »

L'erreur classique sur cet exercice : Écrire G=−2G=-2 parce qu'un grandissement fait penser à une image réelle agrandie. Le mot « droite » de l'énoncé impose G>0G>0, et c'est la seule information qui distingue le miroir de maquillage du miroir de projection.

À savoir par cœur

  • • f=R2f=\dfrac{R}{2}, et le signe se décide avant le calcul : concave f>0f>0, convexe f<0f<0.
  • • 1f=1do+1di\dfrac{1}{f}=\dfrac{1}{d_{o}}+\dfrac{1}{d_{i}}, et le dernier geste est TOUJOURS d'inverser 1di\dfrac{1}{d_{i}}.
  • • di>0d_{i}>0 : devant le miroir, image réelle. di<0d_{i}<0 : derrière, image virtuelle.
  • • G=−didoG=-\dfrac{d_{i}}{d_{o}} : négatif donc inversée, positif donc droite; ∣G∣>1|G|>1 agrandie.
  • • Un miroir convexe donne TOUJOURS une image virtuelle, droite et réduite.
  • • Trois rayons : parallèle puis par FF ; par FF puis parallèle ; par CC puis retour sur lui-même. Des prolongements en pointillé qui se croisent donnent une image virtuelle.
  • • Miroir plan : image symétrique, virtuelle, droite, même taille, et un miroir de h2\dfrac{h}{2} suffit à s'y voir en entier.
  • • Miroir tourné de α\alpha : le rayon réfléchi tourne de 2α2\alpha.
  • • Deux miroirs à θ\theta : N=360θ−1N=\dfrac{360}{\theta}-1 images, si 360θ\dfrac{360}{\theta} est un entier pair.

Questions fréquentes

Comment savoir si une image est réelle ou virtuelle avec un miroir ?

Le signe de la distance image le dit, et lui seul. Si elle sort positive, l'image se forme devant le miroir, du côté de l'objet : elle est réelle et se projette sur un écran. Si elle sort négative, l'image se forme derrière la surface, où aucune lumière ne va vraiment : elle est virtuelle et se voit seulement en regardant dans le miroir.

Quelle est la différence entre la distance focale et le rayon de courbure ?

La distance focale vaut la moitié du rayon de courbure. Un miroir de rayon soixante centimètres a donc une focale de trente centimètres. Un énoncé qui donne le rayon attend cette conversion à la première ligne, et l'oublier déplace l'objet du bon côté du foyer au mauvais, ce qui change complètement la nature de l'image.

Pourquoi la distance focale d'un miroir convexe est-elle négative ?

Parce qu'un miroir convexe fait diverger les rayons au lieu de les faire converger. Son foyer est un point de rencontre fictif, situé derrière la surface, et la convention lui donne donc une valeur négative. C'est cette valeur négative qui garantit ensuite une distance image négative, c'est-à-dire une image virtuelle, droite et réduite.

Quelle taille de miroir faut-il pour se voir en entier ?

La moitié de sa propre taille, et cette hauteur ne dépend pas du tout de la distance à laquelle on se place. Les rayons utiles se réfléchissent à mi-hauteur entre l'oeil et le point regardé, donc un miroir de quatre-vingt-cinq centimètres suffit à une personne d'un mètre soixante-dix. Reculer ne change rien à la hauteur nécessaire.

De combien tourne le rayon réfléchi quand on tourne un miroir ?

Du double de l'angle dont on a tourné le miroir. En tournant le miroir de quinze degrés, le rayon réfléchi se déplace de trente degrés, parce que la normale tourne aussi de quinze degrés et que l'angle d'incidence et l'angle de réflexion gagnent chacun cette même valeur. C'est le principe du levier optique.

Combien d'images voit-on entre deux miroirs qui forment un angle ?

On divise trois cent soixante par l'angle entre les deux miroirs, puis on retire un. Deux miroirs à soixante degrés donnent donc cinq images, et deux miroirs perpendiculaires en donnent trois. Le moins un vient du secteur occupé par l'objet lui-même, qui n'est pas une image.

Passer à la pratique

Exercices corrigés : La réflexion et les miroirs

Une méthode se prouve sur une copie, pas sur une fiche. La série du même chapitre reprend chacun de ces pièges dans un exercice, avec le corrigé rédigé étape par étape.

  • 10 exercices corrigés
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© Ahmed Squalli Houssaini. Fiche publiée sur www.letuteurscientifique.ca/fiches/phys5-optique-reflexion. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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