Me contacter

Seconde, programme français à Montréal • Devoir commun

Devoir commun corrigé de mathématiques (Seconde)

Voici un devoir commun corrigé de mathématiques de Seconde, au format pratiqué au Lycée Marie de France et au Collège Stanislas : trois parties, cent points, deux heures trente. C'est la seule série de ce niveau qui croise tous les chapitres de l'année dans une même épreuve.

La partie A se traite sans calculatrice et vérifie les automatismes : fractions, puissances, racines, identités remarquables, équations, inéquations, vecteurs et lecture d'une fonction. La partie B rassemble quatre exercices classiques. La partie C propose trois problèmes où la modélisation compte autant que le calcul.

Deux exercices méritent une attention particulière. L'enclos contre un mur montre que l'intuition du carré optimal est FAUSSE dès qu'un côté est gratuit, et le dernier exercice fait découvrir, sur un vrai programme Python, pourquoi additionner des décimaux dans une boucle donne un résultat faux.

Rappel de cours

  • Forme canonique : ax2+bx+c=a(xα)2+βax^{2}+bx+c=a\left(x-\alpha\right)^{2}+\beta avec α=b2a\alpha=-\frac{b}{2a}. Le sommet est (α;β)\left(\alpha\,;\beta\right), minimum si a>0a>0, maximum si a<0a<0.
  • Un trinôme est du signe de aa à l'extérieur des racines et du signe contraire entre les racines.
  • Diviser une inégalité par un nombre négatif en RENVERSE le sens.
  • AB(xBxA;yByA)\vec{AB}\left(x_{B}-x_{A}\,;y_{B}-y_{A}\right), milieu (xA+xB2;yA+yB2)\left(\frac{x_{A}+x_{B}}{2}\,;\frac{y_{A}+y_{B}}{2}\right), colinéarité si le déterminant xyyxxy'-yx' est nul.
  • Dans une réduction de rapport kk, les longueurs sont multipliées par kk et les aires par k2k^{2}.
  • P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B) : on retranche l'intersection pour ne pas la compter deux fois.
  • Intervalle de fluctuation en Seconde : [p1n;p+1n]\left[p-\frac{1}{\sqrt{n}}\,;p+\frac{1}{\sqrt{n}}\right] au seuil de 95 pour cent.
  • Une moyenne ne décrit jamais une série seule : accompagnez-la toujours d'un indicateur de dispersion.

Partie A : automatismes (/20 • 30 minutes, calculatrice interdite)

Exercice 1 : Automatismes : nombres et calcul littéral

Cette partie se traite SANS calculatrice. Aucune justification n'est attendue, seul le résultat compte, mais un résultat faux ne rapporte rien : prenez le temps de vérifier.

  • 1) Calculez 2334×89\dfrac{2}{3}-\dfrac{3}{4}\times\dfrac{8}{9}.
  • 2) Écrivez 103×(104)2102\dfrac{10^{-3}\times\left(10^{4}\right)^{2}}{10^{2}} sous la forme d'une puissance de 1010.
  • 3) Écrivez 5032\sqrt{50}-3\sqrt{2} sous la forme a2a\sqrt{2}.
  • 4) Développez et réduisez (2x3)2(x+1)(x1)(2x-3)^{2}-(x+1)(x-1).
  • 5) Factorisez 9x2259x^{2}-25.
  • 6) Résolvez 2x13=x+42\dfrac{2x-1}{3}=\dfrac{x+4}{2}.
  • 7) Résolvez 3x+71-3x+7\geq 1 et donnez l'ensemble des solutions sous forme d'intervalle.
Voir la correction

1) La priorité est à la multiplication : 34×89=2436=23\frac{3}{4}\times\frac{8}{9}=\frac{24}{36}=\frac{2}{3}. Il reste 2323=0\frac{2}{3}-\frac{2}{3}=0. L'erreur classique consiste à calculer 2334\frac{2}{3}-\frac{3}{4} d'abord, ce qui donnerait 112-\frac{1}{12} puis un résultat faux : dans une expression sans parenthèses, la multiplication passe TOUJOURS avant la soustraction.

2) On applique les trois règles des puissances : (104)2=104×2=108\left(10^{4}\right)^{2}=10^{4\times 2}=10^{8}, puis 103×108=103+8=10510^{-3}\times 10^{8}=10^{-3+8}=10^{5}, puis 105102=1052=103\frac{10^{5}}{10^{2}}=10^{5-2}=10^{3}. Le résultat est 10310^{3}, c'est-à-dire 10001\,000. Retenez le sens de chaque règle : on MULTIPLIE les exposants pour une puissance de puissance, on les ADDITIONNE pour un produit, on les SOUSTRAIT pour un quotient.

3) On extrait le plus grand carré parfait contenu dans 5050 : 50=25×250=25\times 2, donc 50=25×2=52\sqrt{50}=\sqrt{25}\times\sqrt{2}=5\sqrt{2}. Il vient 5232=225\sqrt{2}-3\sqrt{2}=2\sqrt{2}. On traite 2\sqrt{2} exactement comme une lettre : 55 fois quelque chose moins 33 fois la même chose font 22 fois cette chose.

4) On développe chaque morceau séparément. L'identité du carré donne (2x3)2=4x212x+9(2x-3)^{2}=4x^{2}-12x+9, et celle de la différence de deux carrés donne (x+1)(x1)=x21(x+1)(x-1)=x^{2}-1. Attention au signe moins qui porte sur TOUTE la seconde parenthèse : 4x212x+9(x21)=4x212x+9x2+1=3x212x+104x^{2}-12x+9-\left(x^{2}-1\right)=4x^{2}-12x+9-x^{2}+1=3x^{2}-12x+10. Oublier de changer le signe du 1-1 est l'erreur la plus fréquente de cette question.

5) On reconnaît une différence de deux carrés, puisque 9x2=(3x)29x^{2}=(3x)^{2} et 25=5225=5^{2}. L'identité a2b2=(ab)(a+b)a^{2}-b^{2}=(a-b)(a+b) donne donc 9x225=(3x5)(3x+5)9x^{2}-25=(3x-5)(3x+5). On peut contrôler en développant : (3x5)(3x+5)=9x2+15x15x25=9x225(3x-5)(3x+5)=9x^{2}+15x-15x-25=9x^{2}-25 ✓.

6) On multiplie les deux membres par 66, dénominateur commun, ce qui revient au produit en croix : 2(2x1)=3(x+4)2(2x-1)=3(x+4), soit 4x2=3x+124x-2=3x+12, puis 4x3x=12+24x-3x=12+2 et enfin x=14x=14. Contrôle en remplaçant : 2×1413=273=9\frac{2\times 14-1}{3}=\frac{27}{3}=9 et 14+42=182=9\frac{14+4}{2}=\frac{18}{2}=9 ✓.

7) On isole le terme en xx : 3x17-3x\geq 1-7, soit 3x6-3x\geq-6. On divise par 3-3, et c'est ici que tout se joue : diviser une inégalité par un nombre NÉGATIF en renverse le sens. On obtient donc x2x\leq 2, c'est-à-dire x];2]x\in\left]-\infty\,;\,2\right]. Contrôle avec une valeur : pour x=0x=0, 3×0+7=71-3\times 0+7=7\geq 1 ✓, et 00 appartient bien à l'intervalle trouvé ; pour x=3x=3, 3×3+7=2-3\times 3+7=-2, qui n'est pas supérieur à 11 ✓.

Exercice 2 : Automatismes : fonctions et second degré

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x26x+5f(x)=x^{2}-6x+5.

  • 1) Calculez f(2)f(-2).
  • 2) Vérifiez que f(x)=(x3)24f(x)=(x-3)^{2}-4 pour tout réel xx.
  • 3) Déduisez-en les coordonnées du sommet de la parabole et la nature de l'extremum.
  • 4) Résolvez f(x)=0f(x)=0.
  • 5) Déterminez les antécédents de 55 par ff.
  • 6) Donnez, sans calcul supplémentaire, l'ensemble des réels xx tels que f(x)<0f(x)<0.
Voir la correction

1) On remplace, en soignant les signes : f(2)=(2)26×(2)+5=4+12+5=21f(-2)=(-2)^{2}-6\times(-2)+5=4+12+5=21. Le carré d'un nombre négatif est positif, et 6×(2)-6\times(-2) vaut +12+12 : deux pièges de signe dans un seul calcul.

2) On développe la forme proposée : (x3)24=x26x+94=x26x+5=f(x)(x-3)^{2}-4=x^{2}-6x+9-4=x^{2}-6x+5=f(x) ✓. C'est la forme CANONIQUE. On sait la retrouver seule : le coefficient de xx vaut 6-6, sa moitié vaut 3-3, on écrit (x3)2(x-3)^{2} qui vaut x26x+9x^{2}-6x+9, soit 44 de trop par rapport à ff, donc on retranche 44.

3) Sous la forme (x3)24(x-3)^{2}-4, le carré est toujours positif ou nul et vaut 00 uniquement pour x=3x=3. La fonction atteint donc sa plus petite valeur en x=3x=3, et cette valeur est 4-4. Le sommet est S(3;4)S(3\,;-4), et comme le coefficient de x2x^{2} est POSITIF la parabole est tournée vers le haut : c'est un MINIMUM.

4) La forme canonique est la plus rapide : (x3)24=0(x-3)^{2}-4=0 donne (x3)2=4(x-3)^{2}=4, donc x3=2x-3=2 ou x3=2x-3=-2, soit x=5x=5 ou x=1x=1. Ne gardez jamais la seule racine positive, un carré égal à 44 admet DEUX solutions. Contrôle par la somme et le produit : 1+5=61+5=6, l'opposé du coefficient de xx ✓, et 1×5=51\times 5=5, le terme constant ✓.

5) Chercher les antécédents de 55, c'est résoudre f(x)=5f(x)=5, et non calculer f(5)f(5) : c'est la confusion la plus fréquente sur cette notion. On écrit x26x+5=5x^{2}-6x+5=5, soit x26x=0x^{2}-6x=0, puis on FACTORISE plutôt que de recourir au discriminant : x(x6)=0x(x-6)=0, donc x=0x=0 ou x=6x=6. Les antécédents de 55 sont 00 et 66. Contrôle : f(0)=5f(0)=5 ✓ et f(6)=3636+5=5f(6)=36-36+5=5 ✓.

6) La parabole est tournée vers le haut et coupe l'axe des abscisses en 11 et 55. Elle est donc SOUS cet axe strictement entre ses deux racines : f(x)<0f(x)<0 pour x]1;5[x\in\left]1\,;\,5\right[. La règle générale à retenir est que le trinôme est du signe du coefficient de x2x^{2} à l'extérieur des racines, et du signe contraire entre les racines.

Exercice 3 : Automatismes : repérage, vecteurs, statistiques et probabilités

Le plan est muni d'un repère orthonormé. On donne A(1;2)A(-1\,;2), B(3;4)B(3\,;4) et C(5;1)C(5\,;-1).

  • 1) Donnez les coordonnées du vecteur AB\vec{AB}.
  • 2) Donnez les coordonnées du milieu II du segment [AB][AB].
  • 3) Calculez la distance ABAB et donnez-en la valeur exacte.
  • 4) Les points AA, BB et CC sont-ils alignés ? Justifiez par un calcul.
  • 5) Donnez la moyenne et la médiane de la série 4 ; 7 ; 7 ; 9 ; 12 ; 154\ ;\ 7\ ;\ 7\ ;\ 9\ ;\ 12\ ;\ 15.
  • 6) On tire une carte au hasard dans un jeu de 5252 cartes. Calculez la probabilité d'obtenir un roi OU un cœur.
Voir la correction

1) On soustrait dans le bon sens, l'arrivée moins le départ : AB(xBxA;yByA)=(3(1);42)=(4;2)\vec{AB}\left(x_{B}-x_{A}\,;\,y_{B}-y_{A}\right)=\left(3-(-1)\,;\,4-2\right)=(4\,;2). Inverser l'ordre donnerait BA\vec{BA}, le vecteur opposé.

2) Pour le milieu, on MOYENNE au lieu de soustraire : I(xA+xB2;yA+yB2)=(1+32;2+42)=(1;3)I\left(\frac{x_{A}+x_{B}}{2}\,;\,\frac{y_{A}+y_{B}}{2}\right)=\left(\frac{-1+3}{2}\,;\,\frac{2+4}{2}\right)=(1\,;3). Confondre la formule du milieu et celle du vecteur est une erreur courante : l'une additionne et divise, l'autre soustrait.

3) La distance se calcule avec le théorème de Pythagore appliqué aux coordonnées du vecteur : AB=42+22=16+4=20AB=\sqrt{4^{2}+2^{2}}=\sqrt{16+4}=\sqrt{20}. On simplifie, car 20=4×520=4\times 5 : AB=25AB=2\sqrt{5}, soit environ 4,474{,}47. Une distance est toujours positive, les carrés s'en chargent.

4) Trois points sont alignés lorsque deux vecteurs qui les relient sont COLINÉAIRES. On calcule AC(5(1);12)=(6;3)\vec{AC}(5-(-1)\,;\,-1-2)=(6\,;-3), puis le déterminant de AB\vec{AB} et AC\vec{AC} : 4×(3)2×6=1212=244\times(-3)-2\times 6=-12-12=-24. Il est non nul, donc les vecteurs ne sont pas colinéaires et les trois points ne sont PAS alignés. Le déterminant se calcule en croix, produit de la première abscisse par la seconde ordonnée moins produit de la seconde abscisse par la première ordonnée.

5) La série comporte 66 valeurs, de somme 4+7+7+9+12+15=544+7+7+9+12+15=54, donc la moyenne vaut 546=9\frac{54}{6}=9. Pour la médiane, l'effectif est PAIR : on prend la demi-somme des deux valeurs centrales, la troisième et la quatrième, soit 7+92=8\frac{7+9}{2}=8. Moyenne et médiane diffèrent ici, ce qui est normal, la valeur 1515 tirant la moyenne vers le haut.

6) Les événements « roi » et « cœur » ne sont pas incompatibles, puisque le roi de cœur appartient aux deux. On ne peut donc pas simplement additionner. La formule à utiliser est P(RC)=P(R)+P(C)P(RC)=452+1352152=1652=413P(R\cup C)=P(R)+P(C)-P(R\cap C)=\frac{4}{52}+\frac{13}{52}-\frac{1}{52}=\frac{16}{52}=\frac{4}{13}, soit environ 0,310{,}31. Oublier de retrancher l'intersection donnerait 1752\frac{17}{52} et compterait le roi de cœur deux fois.

Partie B : exercices (/40 • 60 minutes)

Exercice 4 : Étude complète d'un trinôme

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=2x2+8x+10f(x)=-2x^{2}+8x+10. La calculatrice est autorisée, mais toutes les réponses doivent être JUSTIFIÉES par le calcul.

  • 1) Montrez que f(x)=2(x2)2+18f(x)=-2(x-2)^{2}+18 pour tout réel xx.
  • 2) Déduisez-en les coordonnées du sommet et la nature de l'extremum.
  • 3) Dressez le tableau de variations de ff sur R\mathbb{R}.
  • 4) Résolvez f(x)=0f(x)=0 et dressez le tableau de signes de ff.
  • 5) Résolvez l'inéquation f(x)10f(x)\geq 10.
  • 6) Interprétez graphiquement le résultat de la question 5.
Voir la correction

1) On développe la forme proposée : 2(x2)2+18=2(x24x+4)+18=2x2+8x8+18=2x2+8x+10=f(x)-2(x-2)^{2}+18=-2\left(x^{2}-4x+4\right)+18=-2x^{2}+8x-8+18=-2x^{2}+8x+10=f(x) ✓. Pour la retrouver seul, on factorise d'abord le coefficient dominant sur les deux premiers termes : f(x)=2(x24x)+10f(x)=-2\left(x^{2}-4x\right)+10, puis x24x=(x2)24x^{2}-4x=(x-2)^{2}-4, donc f(x)=2[(x2)24]+10=2(x2)2+8+10f(x)=-2\left[(x-2)^{2}-4\right]+10=-2(x-2)^{2}+8+10. Le piège est de ne pas distribuer le 2-2 sur le 4-4.

2) Le carré (x2)2(x-2)^{2} est positif ou nul, et 2-2 fois ce carré est donc négatif ou nul. La quantité 2(x2)2+18-2(x-2)^{2}+18 est par conséquent toujours inférieure ou égale à 1818, avec égalité uniquement pour x=2x=2. Le sommet est S(2;18)S(2\,;18) et, le coefficient de x2x^{2} étant NÉGATIF, la parabole est tournée vers le bas : 1818 est un MAXIMUM.

3) Le tableau de variations se lit directement sur la forme canonique. La fonction est strictement CROISSANTE sur ];2]\left]-\infty\,;\,2\right], où elle monte jusqu'à 1818, puis strictement DÉCROISSANTE sur [2;+[\left[2\,;\,+\infty\right[, où elle redescend vers -\infty. Le sommet sépare les deux branches, et la droite verticale d'équation x=2x=2 est l'axe de symétrie de la parabole.

4) On part de la forme canonique : 2(x2)2+18=0-2(x-2)^{2}+18=0 donne (x2)2=9(x-2)^{2}=9, donc x2=3x-2=3 ou x2=3x-2=-3, soit x=5x=5 ou x=1x=-1. Contrôle par la somme et le produit des racines : 1+5=4=82-1+5=4=-\frac{8}{-2} ✓ et 1×5=5=102-1\times 5=-5=\frac{10}{-2} ✓. Pour le signe, le coefficient de x2x^{2} étant négatif, ff est NÉGATIVE à l'extérieur des racines et POSITIVE entre elles : f(x)<0f(x)<0 sur ];1[\left]-\infty\,;-1\right[ et sur ]5;+[\left]5\,;+\infty\right[, f(x)>0f(x)>0 sur ]1;5[\left]-1\,;5\right[, et ff s'annule en 1-1 et en 55.

5) On ne divise pas, on ramène tout d'un côté : 2x2+8x+1010-2x^{2}+8x+10\geq 10 équivaut à 2x2+8x0-2x^{2}+8x\geq 0, soit 2x(x4)0-2x(x-4)\geq 0. En divisant par 2-2, ce qui RENVERSE le sens, on obtient x(x4)0x(x-4)\leq 0. Ce produit est du signe du trinôme x24xx^{2}-4x, de racines 00 et 44 et de coefficient dominant positif : il est donc négatif ou nul ENTRE les racines. L'ensemble des solutions est [0;4]\left[0\,;4\right]. Contrôle : f(0)=10f(0)=10 ✓, f(4)=32+32+10=10f(4)=-32+32+10=10 ✓ et f(2)=1810f(2)=18\geq 10 ✓, tandis que f(1)=0<10f(-1)=0<10 ✓.

6) Graphiquement, résoudre f(x)10f(x)\geq 10 revient à chercher les abscisses des points de la parabole situés AU-DESSUS de la droite horizontale d'équation y=10y=10, ou sur elle. La figure montre que la parabole coupe cette droite en deux points, d'abscisses 00 et 44, et qu'elle lui est supérieure exactement entre ces deux abscisses. On remarquera que 00 et 44 sont symétriques par rapport à x=2x=2, ce qui était prévisible : toute droite horizontale coupe la parabole en deux points symétriques par rapport à son axe. Cette symétrie fournit d'ailleurs un contrôle gratuit sur toute résolution de ce type, puisque la demi-somme des deux solutions doit redonner l'abscisse du sommet, et 0+42=2\frac{0+4}{2}=2 ✓.

-3-2-11234567-12-8-448121620S(2 ; 18)y = 10

Exercice 5 : Vecteurs et géométrie repérée

Dans un repère orthonormé, on considère les points A(1;2)A(1\,;2), B(5;4)B(5\,;4), C(4;1)C(4\,;-1) et D(0;3)D(0\,;-3).

  • 1) Montrez que ABCDABCD est un parallélogramme.
  • 2) Déterminez les coordonnées du centre de ce parallélogramme, de deux façons différentes.
  • 3) Déterminez une équation de la droite (AB)(AB).
  • 4) Déterminez les coordonnées du point d'intersection de (AB)(AB) avec l'axe des abscisses.
  • 5) Ce parallélogramme est-il un losange ? Justifiez.
  • 6) Calculez son aire.
Voir la correction

1) Le critère à connaître est le suivant : ABCDABCD est un parallélogramme si et seulement si AB=DC\vec{AB}=\vec{DC}. Attention à l'ordre des lettres, c'est DC\vec{DC} et non CD\vec{CD}, car on parcourt le quadrilatère dans le même sens. On calcule AB(51;42)=(4;2)\vec{AB}(5-1\,;4-2)=(4\,;2) et DC(40;1(3))=(4;2)\vec{DC}(4-0\,;-1-(-3))=(4\,;2). Les deux vecteurs ont les mêmes coordonnées, ils sont donc égaux, et ABCDABCD est bien un parallélogramme.

2) Le centre d'un parallélogramme est le point d'intersection de ses diagonales, et chaque diagonale coupe l'autre en son milieu. Première façon, le milieu de [AC][AC] : (1+42;2+(1)2)=(2,5;0,5)\left(\frac{1+4}{2}\,;\,\frac{2+(-1)}{2}\right)=(2{,}5\,;0{,}5). Seconde façon, le milieu de [BD][BD] : (5+02;4+(3)2)=(2,5;0,5)\left(\frac{5+0}{2}\,;\,\frac{4+(-3)}{2}\right)=(2{,}5\,;0{,}5). Les deux calculs donnent le même point ✓, ce qui confirme au passage le résultat de la question 1 : si les milieux des diagonales n'avaient pas coïncidé, le quadrilatère n'aurait pas été un parallélogramme.

3) Le vecteur directeur AB(4;2)\vec{AB}(4\,;2) a une abscisse non nulle, donc la droite n'est pas verticale et admet une équation réduite y=mx+py=mx+p. Le coefficient directeur vaut m=yByAxBxA=24=0,5m=\frac{y_{B}-y_{A}}{x_{B}-x_{A}}=\frac{2}{4}=0{,}5. On détermine pp en écrivant que AA appartient à la droite : 2=0,5×1+p2=0{,}5\times 1+p, donc p=1,5p=1{,}5. Une équation est y=0,5x+1,5y=0{,}5x+1{,}5, que l'on peut aussi écrire x2y+3=0x-2y+3=0. Contrôle avec BB : 0,5×5+1,5=40{,}5\times 5+1{,}5=4 ✓.

4) L'axe des abscisses est la droite d'équation y=0y=0. On résout donc 0,5x+1,5=00{,}5x+1{,}5=0, soit x=3x=-3. Le point cherché est (3;0)(-3\,;0). Une erreur fréquente consiste à annuler xx au lieu de yy : l'axe des ABSCISSES est l'axe horizontal, ses points ont une ordonnée nulle.

5) Un parallélogramme est un losange lorsque deux côtés consécutifs ont la même longueur. On calcule AB=42+22=20AB=\sqrt{4^{2}+2^{2}}=\sqrt{20} et, avec AD(01;32)=(1;5)\vec{AD}(0-1\,;-3-2)=(-1\,;-5), on obtient AD=(1)2+(5)2=26AD=\sqrt{(-1)^{2}+(-5)^{2}}=\sqrt{26}. Comme 2026\sqrt{20}\neq\sqrt{26}, les côtés consécutifs n'ont pas la même longueur : ABCDABCD n'est PAS un losange. Il suffit d'un contre-exemple, inutile de tester les quatre côtés.

6) L'aire d'un parallélogramme construit sur deux vecteurs est la valeur absolue de leur déterminant : aire=det(AB,AD)=4×(5)2×(1)=20+2=18\text{aire}=\left|\det\left(\vec{AB},\vec{AD}\right)\right|=\left|4\times(-5)-2\times(-1)\right|=\left|-20+2\right|=18 unités d'aire. On peut contrôler par la formule « base fois hauteur » : la base AB=204,47AB=\sqrt{20}\approx 4{,}47, et la hauteur correspondante vaut donc 18204,02\frac{18}{\sqrt{20}}\approx 4{,}02, ce qui est bien inférieur à AD=265,10AD=\sqrt{26}\approx 5{,}10 comme le veut la géométrie, la hauteur étant toujours plus courte que le côté oblique ✓.

Exercice 6 : Configurations du plan et trigonométrie

Le triangle ABCABC est rectangle en AA, avec AB=6AB=6 cm et AC=8AC=8 cm. Le point HH est le pied de la hauteur issue de AA.

Les angles seront arrondis au dixième de degré et les longueurs au dixième de centimètre.

BACH68
  • 1) Calculez BCBC.
  • 2) Calculez la mesure de l'angle ABC^\widehat{ABC}.
  • 3) Calculez la mesure de l'angle ACB^\widehat{ACB} de deux façons, et contrôlez.
  • 4) Calculez AHAH en exprimant l'aire du triangle de deux manières.
  • 5) Calculez BHBH et CHCH, puis contrôlez votre résultat.
  • 6) Le point MM appartient à [AB][AB] avec AM=2AM=2 cm, et la parallèle à (BC)(BC) passant par MM coupe [AC][AC] en NN. Calculez ANAN, MNMN, puis l'aire du triangle AMNAMN.
Voir la correction

1) Le triangle est rectangle en AA, donc l'hypoténuse est [BC][BC], le côté opposé à l'angle droit. Le théorème de Pythagore donne BC2=AB2+AC2=62+82=36+64=100BC^{2}=AB^{2}+AC^{2}=6^{2}+8^{2}=36+64=100, donc BC=10BC=10 cm. On reconnaît le triangle 66-88-1010, qui est le triangle 33-44-55 agrandi d'un facteur 22 : le repérer fait gagner du temps.

2) Dans le triangle rectangle en AA, vu depuis l'angle ABC^\widehat{ABC}, le côté [AC][AC] est le côté OPPOSÉ et [BC][BC] l'hypoténuse. On utilise donc le sinus : sinABC^=ACBC=810=0,8\sin\widehat{ABC}=\frac{AC}{BC}=\frac{8}{10}=0{,}8, d'où ABC^=arcsin(0,8)53,1\widehat{ABC}=\arcsin(0{,}8)\approx 53{,}1^{\circ}. Le choix de la fonction trigonométrique se fait TOUJOURS en identifiant d'abord quels côtés sont en jeu par rapport à l'angle considéré.

3) Première façon, par la trigonométrie : vu depuis ACB^\widehat{ACB}, le côté [AC][AC] est ADJACENT, donc cosACB^=ACBC=0,8\cos\widehat{ACB}=\frac{AC}{BC}=0{,}8 et ACB^36,9\widehat{ACB}\approx 36{,}9^{\circ}. Seconde façon, par la somme des angles : dans un triangle rectangle, les deux angles aigus sont complémentaires, donc ACB^=9053,1=36,9\widehat{ACB}=90^{\circ}-53{,}1^{\circ}=36{,}9^{\circ}. Les deux méthodes concordent ✓. On notera que le même rapport 0,80{,}8 est le sinus d'un angle et le cosinus de l'autre : c'est exactement ce que traduit la complémentarité.

4) L'aire se calcule de deux façons, et l'égalité des deux expressions donne la hauteur. En prenant [AB][AB] et [AC][AC] comme base et hauteur, perpendiculaires puisque l'angle est droit en AA : aire=6×82=24\text{aire}=\frac{6\times 8}{2}=24 cm². En prenant [BC][BC] comme base et [AH][AH] comme hauteur : aire=BC×AH2=10×AH2=5AH\text{aire}=\frac{BC\times AH}{2}=\frac{10\times AH}{2}=5\,AH. On en déduit 5AH=245\,AH=24, donc AH=4,8AH=4{,}8 cm. Cette technique du DOUBLE CALCUL DE L'AIRE est à retenir, elle donne n'importe quelle hauteur sans trigonométrie.

5) Le triangle ABHABH est rectangle en HH, donc Pythagore donne BH=AB2AH2=3623,04=12,96=3,6BH=\sqrt{AB^{2}-AH^{2}}=\sqrt{36-23{,}04}=\sqrt{12{,}96}=3{,}6 cm. De même dans ACHACH : CH=AC2AH2=6423,04=40,96=6,4CH=\sqrt{AC^{2}-AH^{2}}=\sqrt{64-23{,}04}=\sqrt{40{,}96}=6{,}4 cm. Le contrôle est immédiat et obligatoire, puisque HH appartient à [BC][BC] : BH+CH=3,6+6,4=10=BCBH+CH=3{,}6+6{,}4=10=BC ✓. On peut aussi retenir les relations métriques AB2=BH×BCAB^{2}=BH\times BC, ici 36=3,6×1036=3{,}6\times 10 ✓, et AC2=CH×BCAC^{2}=CH\times BC, ici 64=6,4×1064=6{,}4\times 10 ✓.

6) La droite (MN)(MN) est parallèle à (BC)(BC), donc le théorème de Thalès s'applique dans la configuration en triangle : AMAB=ANAC=MNBC\frac{AM}{AB}=\frac{AN}{AC}=\frac{MN}{BC}. Le rapport de réduction vaut AMAB=26=13\frac{AM}{AB}=\frac{2}{6}=\frac{1}{3}. On en déduit AN=13×8=832,7AN=\frac{1}{3}\times 8=\frac{8}{3}\approx 2{,}7 cm et MN=13×10=1033,3MN=\frac{1}{3}\times 10=\frac{10}{3}\approx 3{,}3 cm. Pour l'aire, le piège est de multiplier par le rapport : dans une réduction de rapport kk, les longueurs sont multipliées par kk mais les aires par k2k^{2}. L'aire de AMNAMN vaut donc (13)2×24=249=832,7\left(\frac{1}{3}\right)^{2}\times 24=\frac{24}{9}=\frac{8}{3}\approx 2{,}7 cm². Contrôle direct, le triangle AMNAMN étant lui aussi rectangle en AA : AM×AN2=2×832=83\frac{AM\times AN}{2}=\frac{2\times\frac{8}{3}}{2}=\frac{8}{3} ✓.

Exercice 7 : Statistiques : deux classes, une même moyenne

Deux classes de Seconde de 25 élèves ont passé le même devoir, noté sur 20. Les résultats sont donnés ci-dessous.

Classe A, notes puis effectifs : 6 (1), 8 (2), 10 (3), 11 (4), 12 (5), 13 (4), 14 (3), 16 (2), 18 (1).

Classe B, notes puis effectifs : 4 (1), 6 (3), 9 (4), 11 (3), 12 (3), 13 (3), 15 (3), 17 (3), 19 (2).

NoteEffectif AEffectif B
401
613
820
904
1030
1143
1253
1343
1430
1503
1620
1703
1810
1902
  • 1) Vérifiez que chaque classe compte bien 25 élèves.
  • 2) Calculez la moyenne de chaque classe.
  • 3) Déterminez la médiane de chaque classe.
  • 4) Déterminez les quartiles Q1Q_{1} et Q3Q_{3} de chaque classe.
  • 5) Calculez l'étendue et l'écart interquartile de chaque classe.
  • 6) Comparez les deux classes. Que faut-il en conclure sur l'usage de la moyenne seule ?
Voir la correction

1) On additionne les effectifs. Classe A : 1+2+3+4+5+4+3+2+1=251+2+3+4+5+4+3+2+1=25 ✓. Classe B : 1+3+4+3+3+3+3+3+2=251+3+4+3+3+3+3+3+2=25 ✓. Cette vérification n'est pas une formalité : si l'effectif total est faux, tous les indicateurs le seront, et c'est le premier réflexe à avoir devant un tableau d'effectifs.

2) La moyenne d'une série groupée est la somme des produits note par effectif, divisée par l'effectif total. Classe A : 6+16+30+44+60+52+42+32+18=3006+16+30+44+60+52+42+32+18=300, donc xˉA=30025=12\bar{x}_{A}=\frac{300}{25}=12. Classe B : 4+18+36+33+36+39+45+51+38=3004+18+36+33+36+39+45+51+38=300, donc xˉB=30025=12\bar{x}_{B}=\frac{300}{25}=12. Les deux classes ont EXACTEMENT la même moyenne. L'erreur à éviter est de moyenner les neuf notes distinctes en oubliant de les pondérer par leurs effectifs.

3) La médiane partage l'effectif en deux parts égales. L'effectif étant IMPAIR, elle est la valeur de rang 25+12=13\frac{25+1}{2}=13. On construit les effectifs cumulés croissants. Pour A : 1,3,6,10,15,19,22,24,251,3,6,10,15,19,22,24,25 ; le rang 1313 tombe dans la tranche qui va du rang 1111 au rang 1515, celle de la note 1212, donc MeA=12\text{Me}_{A}=12. Pour B : 1,4,8,11,14,17,20,23,251,4,8,11,14,17,20,23,25 ; le rang 1313 tombe dans la tranche des rangs 1212 à 1414, celle de la note 1212, donc MeB=12\text{Me}_{B}=12. Les médianes sont elles aussi identiques.

4) Le premier quartile est la valeur de rang 254=6,25\frac{25}{4}=6{,}25, donc de rang 77 après arrondi À L'ENTIER SUPÉRIEUR, règle qu'il ne faut pas confondre avec un arrondi ordinaire. Le troisième quartile est de rang 3×254=18,75\frac{3\times 25}{4}=18{,}75, donc de rang 1919. Pour A, le rang 77 est dans la tranche 77-1010 de la note 1111 et le rang 1919 dans la tranche 1616-1919 de la note 1313 : Q1A=11Q_{1}^{A}=11 et Q3A=13Q_{3}^{A}=13. Pour B, le rang 77 est dans la tranche 55-88 de la note 99 et le rang 1919 dans la tranche 1818-2020 de la note 1515 : Q1B=9Q_{1}^{B}=9 et Q3B=15Q_{3}^{B}=15.

5) L'étendue est la différence entre la plus grande et la plus petite valeur : 186=1218-6=12 pour A, et 194=1519-4=15 pour B. L'écart interquartile est Q3Q1Q_{3}-Q_{1} : il vaut 1311=213-11=2 pour A, et 159=615-9=6 pour B, soit TROIS FOIS PLUS. L'écart interquartile est le plus fiable des deux indicateurs, car il ne dépend que de la moitié centrale de l'effectif et n'est donc pas affecté par une valeur extrême isolée, alors que l'étendue, elle, ne repose que sur les deux valeurs les plus atypiques.

6) Les deux classes ont la même moyenne, 1212, et la même médiane, 1212. Pourtant elles ne se ressemblent pas du tout. La classe A est HOMOGÈNE : la moitié centrale de ses élèves tient entre 1111 et 1313, un intervalle de deux points, et le groupe est resserré autour de la moyenne. La classe B est HÉTÉROGÈNE : sa moitié centrale s'étale de 99 à 1515, six points, et elle compte à la fois plus d'élèves en difficulté, avec des notes de 44 et 66, et plus d'élèves très à l'aise, avec des 1717 et des 1919. La conclusion est celle qu'il faut retenir de tout le chapitre : un indicateur de POSITION comme la moyenne ou la médiane ne décrit jamais une série à lui seul, il doit toujours être accompagné d'un indicateur de DISPERSION. Concrètement, le professeur de la classe B ne peut pas enseigner comme celui de la classe A, alors que les deux bulletins affichent la même moyenne de classe. Les deux diagrammes en boîte tracés ci-dessous rendent cette différence immédiatement visible : même trait médian, mais une boîte trois fois plus large pour la classe B.

Classe AClasse Bnote02468101214161820

Partie C : problèmes (/40 • 60 minutes)

Exercice 8 : Problème : l'enclos contre le mur

Un jardinier dispose de 40 mètres de grillage pour délimiter un enclos rectangulaire. Il adosse l'enclos à un long mur déjà existant : ce côté n'a donc pas besoin d'être grillagé, et les 40 mètres servent aux trois autres côtés.

On note xx, en mètres, la longueur de chacun des deux côtés perpendiculaires au mur, et yy la longueur du côté parallèle au mur.

murxxy
  • 1) Exprimez yy en fonction de xx, et justifiez que xx appartient à l'intervalle ]0;20[\left]0\,;20\right[.
  • 2) Montrez que l'aire de l'enclos, en mètres carrés, est A(x)=2x2+40xA(x)=-2x^{2}+40x.
  • 3) Écrivez A(x)A(x) sous forme canonique.
  • 4) Déterminez les dimensions de l'enclos d'aire maximale, et cette aire.
  • 5) Pour quelles valeurs de xx l'aire dépasse-t-elle 150 m² ?
  • 6) Le jardinier pensait qu'un enclos CARRÉ serait le plus grand possible. Calculez l'aire de l'enclos carré réalisable avec ces 40 mètres, et concluez.
Voir la correction

1) Le grillage couvre les deux côtés de longueur xx et le côté de longueur yy, le quatrième étant remplacé par le mur. La contrainte s'écrit donc 2x+y=402x+y=40, d'où y=402xy=40-2x. L'erreur classique est d'écrire le périmètre complet 2x+2y=402x+2y=40 : le mur change la contrainte, et c'est tout l'intérêt du problème. Pour l'intervalle, une longueur doit être strictement positive : x>0x>0 d'une part, et y>0y>0 d'autre part, ce qui impose 402x>040-2x>0, soit x<20x<20. Donc x]0;20[x\in\left]0\,;20\right[.

2) L'aire d'un rectangle est le produit de ses deux dimensions : A(x)=x×y=x(402x)=40x2x2=2x2+40xA(x)=x\times y=x(40-2x)=40x-2x^{2}=-2x^{2}+40x ✓. La fonction obtenue est un trinôme du second degré, ce qui n'a rien d'un hasard : dès qu'une contrainte LINÉAIRE relie deux dimensions dont on multiplie les valeurs, l'aire est du second degré.

3) On factorise le coefficient dominant sur les deux premiers termes : A(x)=2(x220x)A(x)=-2\left(x^{2}-20x\right). Puis x220x=(x10)2100x^{2}-20x=(x-10)^{2}-100, en prenant la moitié de 2020. Donc A(x)=2[(x10)2100]=2(x10)2+200A(x)=-2\left[(x-10)^{2}-100\right]=-2(x-10)^{2}+200. Contrôle en développant : 2(x220x+100)+200=2x2+40x200+200=2x2+40x-2\left(x^{2}-20x+100\right)+200=-2x^{2}+40x-200+200=-2x^{2}+40x ✓.

4) Le carré (x10)2(x-10)^{2} est positif ou nul, donc 2(x10)2-2(x-10)^{2} est négatif ou nul, et A(x)200A(x)\leq 200 pour tout xx, avec égalité si et seulement si x=10x=10. L'aire maximale vaut donc 200200 m², atteinte pour x=10x=10 m. On calcule alors y=402×10=20y=40-2\times 10=20 m. L'enclos optimal mesure 1010 m sur 2020 m, et l'on vérifie que 1010 appartient bien à ]0;20[\left]0\,;20\right[ ✓ ainsi que 10×20=20010\times 20=200 ✓.

5) On résout 2x2+40x>150-2x^{2}+40x>150, soit 2x2+40x150>0-2x^{2}+40x-150>0. On divise par 2-2 en RENVERSANT le sens : x220x+75<0x^{2}-20x+75<0. Le discriminant vaut Δ=400300=100\Delta=400-300=100, donc Δ=10\sqrt{\Delta}=10 et les racines sont 20102=5\frac{20-10}{2}=5 et 20+102=15\frac{20+10}{2}=15. Le coefficient de x2x^{2} étant positif, le trinôme est négatif ENTRE ses racines. L'aire dépasse donc 150150 m² pour x]5;15[x\in\left]5\,;15\right[, intervalle bien contenu dans ]0;20[\left]0\,;20\right[ ✓. Remarquez la symétrie autour de x=10x=10, qui confirme le sommet trouvé en 4).

6) Un enclos carré a ses quatre côtés égaux, donc x=yx=y. La contrainte 2x+y=402x+y=40 devient 3x=403x=40, soit x=40313,33x=\frac{40}{3}\approx 13{,}33 m, et l'aire vaut (403)2=16009177,8\left(\frac{40}{3}\right)^{2}=\frac{1\,600}{9}\approx 177{,}8 m². C'est NETTEMENT MOINS que les 200200 m² de la question 4, environ 11 %11\ \% de moins. Le jardinier avait tort, et il est important de comprendre pourquoi son intuition l'a trompé. La règle qu'il avait en tête, « à périmètre donné le carré est le rectangle d'aire maximale », est vraie, mais elle suppose que les QUATRE côtés coûtent du grillage. Ici le mur offre un côté gratuitement, ce qui déséquilibre le problème en faveur du côté parallèle au mur : la solution optimale est deux fois plus longue que large. On peut retenir la règle générale de ce type de situation : l'optimum est atteint quand le grillage se répartit à parts égales entre la direction parallèle au mur et la direction perpendiculaire, ici 2020 m pour le côté yy et 2×10=202\times 10=20 m pour les deux côtés xx ✓.

Exercice 9 : Problème : sport, musique et échantillonnage

Dans un lycée de 800 élèves, 320 pratiquent un sport en club, 250 jouent d'un instrument de musique, et 120 font les deux.

On interroge un élève au hasard. On note SS l'événement « l'élève pratique un sport en club » et MM l'événement « l'élève joue d'un instrument ».

Pour la fluctuation d'échantillonnage, on utilisera l'intervalle [p1n;p+1n]\left[p-\frac{1}{\sqrt{n}}\,;\,p+\frac{1}{\sqrt{n}}\right], valable au seuil de 95 pour cent.

  • 1) Complétez un tableau à double entrée donnant les effectifs des quatre catégories.
  • 2) Calculez P(S)P(S), P(M)P(M) et P(SM)P(S\cap M).
  • 3) Calculez P(SM)P(S\cup M) de deux façons différentes.
  • 4) Calculez la probabilité que l'élève ne pratique ni sport en club ni instrument.
  • 5) On prélève au hasard un échantillon de 100 élèves. Déterminez l'intervalle de fluctuation de la proportion de sportifs.
  • 6) Un échantillon de 100 élèves contient 27 sportifs. Que peut-on en dire ? Combien d'élèves faudrait-il interroger pour que l'amplitude de l'intervalle soit inférieure à 0,050{,}05 ?
Voir la correction

1) On commence TOUJOURS par la case de l'intersection, la seule directement donnée : 120120 élèves font les deux. On en déduit les autres par soustraction. Sport seulement : 320120=200320-120=200. Musique seulement : 250120=130250-120=130. Ni l'un ni l'autre : 800200130120=350800-200-130-120=350. Contrôle : 200+130+120+350=800200+130+120+350=800 ✓. La grande erreur serait d'écrire 320320 dans la case « sport sans musique » : les 320320 sportifs INCLUENT les 120120 qui font aussi de la musique.

2) On divise chaque effectif par l'effectif total, la situation étant équiprobable puisque l'élève est choisi au hasard. P(S)=320800=0,4P(S)=\frac{320}{800}=0{,}4, P(M)=250800=0,3125P(M)=\frac{250}{800}=0{,}3125 et P(SM)=120800=0,15P(S\cap M)=\frac{120}{800}=0{,}15.

3) Première façon, par la formule : P(SM)=P(S)+P(M)P(SM)=0,4+0,31250,15=0,5625P(S\cup M)=P(S)+P(M)-P(S\cap M)=0{,}4+0{,}3125-0{,}15=0{,}5625. Seconde façon, en comptant directement les élèves concernés dans le tableau : 200+130+120=450200+130+120=450 élèves pratiquent au moins l'une des deux activités, soit 450800=0,5625\frac{450}{800}=0{,}5625 ✓. Les deux méthodes concordent. Retenez pourquoi on retranche l'intersection : sans cela, les 120120 élèves qui font les deux seraient comptés une fois dans P(S)P(S) et une fois dans P(M)P(M).

4) L'événement « ni sport ni musique » est l'événement CONTRAIRE de « au moins l'une des deux », c'est-à-dire le contraire de SMS\cup M. Sa probabilité vaut donc 10,5625=0,43751-0{,}5625=0{,}4375. Contrôle par le tableau : 350800=0,4375\frac{350}{800}=0{,}4375 ✓. Passer par l'événement contraire est presque toujours plus rapide qu'un recomptage.

5) La proportion dans la population totale est p=P(S)=0,4p=P(S)=0{,}4, et la taille de l'échantillon est n=100n=100. On a 1n=110=0,1\frac{1}{\sqrt{n}}=\frac{1}{10}=0{,}1. L'intervalle de fluctuation est donc [0,40,1;0,4+0,1]=[0,3;0,5]\left[0{,}4-0{,}1\,;\,0{,}4+0{,}1\right]=\left[0{,}3\,;\,0{,}5\right]. Il signifie ceci : si l'on prélève un grand nombre d'échantillons de 100100 élèves, la proportion observée de sportifs tombera dans cet intervalle dans environ 95 %95\ \% des cas.

6) La fréquence observée vaut f=27100=0,27f=\frac{27}{100}=0{,}27, qui n'appartient PAS à [0,3;0,5]\left[0{,}3\,;\,0{,}5\right]. Au seuil de 95 %95\ \%, on rejette donc l'hypothèse que cet échantillon a été prélevé au hasard dans ce lycée : il est probable qu'il ait été constitué d'une manière particulière, par exemple auprès d'une classe où l'on pratique peu le sport. Il faut cependant formuler cette conclusion avec prudence, car le seuil de 95 %95\ \% laisse par construction environ 5 %5\ \% d'échantillons parfaitement réguliers qui sortent malgré tout de l'intervalle : on ne PROUVE rien, on rejette une hypothèse avec un risque d'erreur assumé. Pour la seconde question, l'amplitude de l'intervalle vaut 2n\frac{2}{\sqrt{n}}. On veut 2n<0,05\frac{2}{\sqrt{n}}<0{,}05, soit n>20,05=40\sqrt{n}>\frac{2}{0{,}05}=40, donc n>1600n>1\,600. Il faudrait interroger plus de 16001\,600 élèves, ce qui dépasse largement l'effectif du lycée : diviser l'incertitude par deux exige de multiplier l'effectif par QUATRE, et c'est la raison pour laquelle les sondages précis coûtent cher.

Exercice 10 : Problème de synthèse : programmer la recherche du maximum

On reprend l'enclos de l'exercice 8, dont l'aire est A(x)=2x2+40xA(x)=-2x^{2}+40x pour x]0;20[x\in\left]0\,;20\right[. Un élève écrit le programme Python ci-dessous pour retrouver le maximum sans calcul algébrique, en BALAYANT l'intervalle par pas réguliers.

Répondez aux questions sans exécuter le programme : c'est le raisonnement sur le code qui est évalué.

def aire(x):
    return -2*x**2 + 40*x

def balayage(pas):
    x = 0
    meilleur_x = 0
    meilleure_aire = 0
    while x <= 20:
        if aire(x) > meilleure_aire:
            meilleure_aire = aire(x)
            meilleur_x = x
        x = x + pas
    return meilleur_x, meilleure_aire
  • 1) Que renvoie l'appel aire(6)\mathtt{aire(6)} ?
  • 2) Que renvoie l'appel balayage(5)\mathtt{balayage(5)} ? Détaillez les valeurs testées.
  • 3) Que renvoie l'appel balayage(4)\mathtt{balayage(4)} ? Expliquez précisément le rôle de l'inégalité STRICTE dans le test.
  • 4) Que renvoie balayage(3)\mathtt{balayage(3)} ? Pourquoi le programme ne trouve-t-il pas la bonne réponse ?
  • 5) On veut maintenant la plus petite largeur, multiple de 0,10{,}1, donnant une aire d'au moins 150150 m². Écrivez une fonction seuil(A)\mathtt{seuil(A)} qui la renvoie.
  • 6) On exécute seuil(150)\mathtt{seuil(150)}. Le résultat attendu est 5,05{,}0, mais Python renvoie 5,15{,}1. Expliquez, puis indiquez un autre danger de cette boucle.
Voir la correction

1) On remplace simplement : aire(6)=2×36+40×6=72+240=168\mathtt{aire(6)}=-2\times 36+40\times 6=-72+240=168. L'appel renvoie donc 168168.

2) Avec un pas de 55, la variable x\mathtt{x} prend successivement les valeurs 00, 55, 1010, 1515, 2020, puis 2525, ce qui met fin à la boucle car la condition x<=20\mathtt{x <= 20} devient fausse. Les aires correspondantes sont A(0)=0A(0)=0, A(5)=150A(5)=150, A(10)=200A(10)=200, A(15)=150A(15)=150 et A(20)=0A(20)=0. Le maximum rencontré est 200200, atteint pour x\mathtt{x} valant 1010. L'appel renvoie donc le couple (10;200)(10\,;200), qui est bien la réponse exacte : le pas de 55 a la chance de tomber pile sur le sommet.

3) Avec un pas de 44, les valeurs testées sont 00, 44, 88, 1212, 1616, 2020, d'aires respectives 00, 128128, 192192, 192192, 128128 et 00. Le maximum vaut 192192, et il est atteint DEUX FOIS, en 88 et en 1212, ce qui n'est pas un hasard : ces deux abscisses sont symétriques par rapport au sommet x=10x=10. Le test étant aire(x)>meilleure_aire\mathtt{aire(x) > meilleure\_aire} avec une inégalité STRICTE, la condition est fausse lorsque x\mathtt{x} vaut 1212, puisque 192192 n'est pas strictement supérieur à 192192 : la mise à jour n'a pas lieu et le programme CONSERVE le premier maximum rencontré. L'appel renvoie donc (8;192)(8\,;192). Si l'on remplaçait >\mathtt{>} par >=\mathtt{>=}, le programme renverrait (12;192)(12\,;192). Le choix de l'inégalité est donc tout sauf anodin : il décide lequel des ex æquo est retenu.

4) Avec un pas de 33, les valeurs testées sont 00, 33, 66, 99, 1212, 1515, 1818, d'aires 00, 102102, 168168, 198198, 192192, 150150 et 7272. Le maximum rencontré est 198198, en x\mathtt{x} valant 99, donc l'appel renvoie (9;198)(9\,;198). Ce n'est pas la bonne réponse, et la raison est simple : 1010 n'est pas un multiple de 33, la valeur qui réalise le vrai maximum n'est JAMAIS testée. Un balayage ne trouve que ce qu'il visite. Il donne une approximation dont la qualité dépend du pas, jamais une preuve : ici l'erreur n'est que de 22 m² sur 200200, ce qui est trompeusement rassurant, alors que l'abscisse trouvée est fausse d'un mètre entier.

5) On part de 00 et l'on avance de 0,10{,}1 tant que l'aire reste insuffisante, ce qui donne la fonction suivante, où la condition de la boucle est la NÉGATION de la propriété cherchée : defseuil(A):\mathtt{def seuil(A):} puis x=0\mathtt{x = 0}, puis whileaire(x)<A:\mathtt{while aire(x) < A:} avec pour corps x=x+0.1\mathtt{x = x + 0.1}, et enfin returnx\mathtt{return x}. Le principe est celui de toute recherche de seuil : on sort de la boucle exactement au premier x\mathtt{x} qui vérifie aire(x)>=A\mathtt{aire(x) >= A}, et c'est cette valeur que l'on renvoie.

6) L'explication tient à la représentation des nombres décimaux en machine. La valeur 0,10{,}1 n'admet pas d'écriture binaire finie, elle est donc stockée de façon APPROCHÉE. En l'additionnant cinquante fois, les minuscules erreurs s'accumulent et l'on n'obtient pas 55 mais 4,9999999999999984{,}999\,999\,999\,999\,998, un nombre légèrement INFÉRIEUR à 55. L'aire correspondante vaut alors 149,99999999999997149{,}999\,999\,999\,999\,97, qui reste strictement inférieure à 150150 : la condition de la boucle est encore vraie, on effectue un tour de plus, et la fonction renvoie environ 5,15{,}1. La leçon est générale : on ne cumule pas des additions de décimaux dans une boucle. On travaille avec un compteur ENTIER, en posant x=k0.1\mathtt{x = k * 0.1}k\mathtt{k} augmente de 11 à chaque tour, ce qui ne fait qu'une seule multiplication approchée au lieu de cinquante additions. Quant à l'autre danger, il est plus grave encore : si l'on appelle seuil(250)\mathtt{seuil(250)}, aucune valeur de x\mathtt{x} ne donnera jamais une aire de 250250 m², puisque le maximum de AA est 200200. La condition de la boucle reste vraie indéfiniment et le programme ne s'arrête JAMAIS. Toute boucle while\mathtt{while} doit donc être protégée par une condition d'arrêt supplémentaire, par exemple whileaire(x)<Aandx<=20:\mathtt{while aire(x) < A and x <= 20:}, quitte à signaler ensuite que l'objectif est inatteignable.

Voir aussi

Votre enfant prépare un devoir commun de Seconde à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille les automatismes en début de séance, puis une épreuve complète en conditions réelles.

Site par Studio Squalli