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Chimie, secondaire 5 à Montréal • Vitesse de réaction

Exercices corrigés : problèmes de cinétique chimique (chimie 5)

Voici une série d'exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur les problèmes de cinétique, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. Les facteurs qui influencent la vitesse s'apprennent en une heure ; ce qui se travaille vraiment, c'est de LIRE une expérience : reconnaître ce qu'on mesure, en tirer une vitesse, et distinguer une moyenne d'une valeur instantanée.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Rappel de cours

  • Vitesse MOYENNE : v=Δ[A]Δtv=\dfrac{|\Delta[A]|}{\Delta t}, c'est la pente de la corde entre deux points. Vitesse INSTANTANÉE : c'est la pente de la TANGENTE en un point.
  • Une réaction ralentit à mesure qu'elle avance, parce que les réactifs s'épuisent et que les collisions se raréfient. La vitesse instantanée est donc maximale au tout début.
  • On peut suivre une réaction par toute grandeur qui varie : concentration, masse du système si un gaz s'échappe, pression si le gaz reste enfermé, volume de gaz recueilli, couleur, conductivité, pH.
  • Demi-vie : durée au bout de laquelle la moitié du réactif a disparu. Pour une réaction d'ordre un, elle est CONSTANTE et vaut t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}.
  • Les cinq facteurs : nature des réactifs, concentration, température, surface de contact, catalyseur. Tous s'expliquent par la théorie des collisions, en agissant soit sur leur FRÉQUENCE, soit sur leur EFFICACITÉ.
  • Règle pratique : autour de la température ambiante, la vitesse d'une réaction double environ à chaque hausse de 1010 °C.

Partie A : Mesurer une vitesse (/50)

Exercice 1 : Vitesse moyenne et vitesse instantanée

On suit la décomposition d'un réactif AA en mesurant sa concentration au cours du temps. La courbe obtenue est celle de la figure.

La distinction entre vitesse moyenne et vitesse instantanée est la seule vraie difficulté conceptuelle du chapitre.

t (s)020406080100
[A] (mol/L)1,0000,6700,4490,3010,2020,135
204060801000.20.40.60.811.2t (s)
  • a) Calculez la vitesse moyenne de disparition de AA entre 00 et 2020 s, puis entre 8080 et 100100 s.
  • b) Comparez les deux valeurs. Pourquoi la réaction ralentit-elle ?
  • c) La tangente à la courbe en t=0t=0 a une pente de 0,020-0{,}020 mol/(L·s). Que vaut la vitesse instantanée initiale ?
  • d) La vitesse moyenne du a) sur [0;20][0;20] est-elle supérieure ou inférieure à la vitesse instantanée en t=0t=0 ? Expliquez géométriquement.
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a) Entre 00 et 2020 s : v=0,6701,00020=0,33020=1,65×102v=\dfrac{|0{,}670-1{,}000|}{20}=\dfrac{0{,}330}{20}=1{,}65\times 10^{-2} mol/(L·s). Entre 8080 et 100100 s : v=0,1350,20220=0,06720=3,35×103v=\dfrac{|0{,}135-0{,}202|}{20}=\dfrac{0{,}067}{20}=3{,}35\times 10^{-3} mol/(L·s).

b) La vitesse a été divisée par environ 4,94{,}9, soit près de cinq fois moins. La réaction ralentit parce que la concentration du réactif DIMINUE : il reste de moins en moins de molécules de AA dans le même volume, donc les collisions entre réactifs se raréfient. Moins de collisions par seconde signifie moins de collisions efficaces, donc une vitesse plus faible. C'est le lien direct entre la théorie des collisions et la forme décroissante de la courbe.

c) La vitesse instantanée est la valeur absolue de la pente de la tangente : v0=0,020=2,0×102v_{0}=|-0{,}020|=2{,}0\times 10^{-2} mol/(L·s). Le signe négatif de la pente traduit simplement le fait que AA DISPARAÎT ; une vitesse de réaction s'exprime toujours par un nombre positif.

d) La vitesse moyenne, 1,65×1021{,}65\times 10^{-2}, est INFÉRIEURE à la vitesse instantanée initiale, 2,0×1022{,}0\times 10^{-2}. Géométriquement, la vitesse moyenne est la pente de la CORDE joignant les points (0;1,000)(0;1{,}000) et (20;0,670)(20;0{,}670), tandis que la vitesse instantanée est la pente de la TANGENTE en t=0t=0. Comme la courbe est décroissante et concave vers le haut, la tangente au point de départ est plus raide que la corde : elle décrit la vitesse au moment précis où la concentration est encore maximale, alors que la corde en fait une moyenne sur un intervalle où la concentration a déjà chuté d'un tiers. Retenir la règle : sur une courbe de ce type, la moyenne est toujours plus faible que l'instantanée du début, et plus forte que celle de la fin de l'intervalle.

Exercice 2 : Suivre une réaction par la masse perdue

On fait réagir 5,005{,}00 g de carbonate de calcium avec un excès d'acide chlorhydrique dans un bécher ouvert posé sur une balance : CaCO3(s)+2HCl(aq)CaCl2(aq)+H2O(l)+CO2(g)CaCO_{3}(s)+2HCl(aq)\rightarrow CaCl_{2}(aq)+H_{2}O(l)+CO_{2}(g).

Le dioxyde de carbone s'échappe, donc la masse du système diminue. Données : M(CaCO3)=100,09M(CaCO_{3})=100{,}09 g/mol ; M(CO2)=44,01M(CO_{2})=44{,}01 g/mol.

1530456075901051201351500.20.40.60.811.21.41.61.822.22.42.61,10 g à 30 s2,20 gt (s)
  • a) Pourquoi la masse affichée par la balance diminue-t-elle ? La matière est-elle détruite ?
  • b) Calculez la masse totale que le système va perdre quand la réaction sera complète.
  • c) Après 3030 s, la balance indique une perte de 1,101{,}10 g. Quelle fraction du carbonate a réagi ?
  • d) Calculez la vitesse moyenne de la réaction sur ces 3030 premières secondes, en grammes de dioxyde de carbone par seconde puis en moles par seconde.
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a) La masse diminue parce qu'un des produits, le dioxyde de carbone, est un GAZ qui quitte le bécher ouvert et se disperse dans l'air. La matière n'est évidemment pas détruite : elle sort simplement du système pesé. Si l'on effectuait la même réaction dans un récipient hermétiquement fermé, la balance n'indiquerait aucune variation, conformément à la loi de conservation de la masse. Le montage exploite donc une perte apparente pour mesurer une quantité réelle.

b) n(CaCO3)=5,00100,09=4,996×102n(CaCO_{3})=\dfrac{5{,}00}{100{,}09}=4{,}996\times 10^{-2} mol. L'acide étant en excès, tout le carbonate réagit. Le rapport stœchiométrique est 1:11:1, donc n(CO2)=4,996×102n(CO_{2})=4{,}996\times 10^{-2} mol, ce qui représente une masse de m=4,996×102×44,01=2,20m=4{,}996\times 10^{-2}\times 44{,}01=2{,}20 g. Le système perdra donc 2,202{,}20 g au total.

c) Une perte de 1,101{,}10 g correspond à 1,102,20=0,500\dfrac{1{,}10}{2{,}20}=0{,}500, soit exactement la MOITIÉ du dioxyde de carbone total. Comme le rapport avec le carbonate est de 1:11:1, la moitié du carbonate a donc réagi, soit 2,502{,}50 g. On peut ainsi lire l'avancement de la réaction directement sur la balance, sans aucune analyse chimique.

d) En masse : v=1,1030=3,67×102v=\dfrac{1{,}10}{30}=3{,}67\times 10^{-2} g/s. En quantité de matière : n(CO2)n(CO_{2}) dégagé =1,1044,01=2,50×102=\dfrac{1{,}10}{44{,}01}=2{,}50\times 10^{-2} mol, donc v=2,50×10230=8,33×104v=\dfrac{2{,}50\times 10^{-2}}{30}=8{,}33\times 10^{-4} mol/s. La seconde expression est celle qu'on utilise en chimie, parce qu'elle se compare directement aux coefficients stœchiométriques ; la première est simplement ce que la balance affiche.

Exercice 3 : Suivre une réaction par la pression

La même réaction est maintenant conduite dans un récipient RIGIDE et FERMÉ de 2,002{,}00 L, maintenu à 300300 K, équipé d'un manomètre. Le dioxyde de carbone ne peut plus s'échapper.

Données : R=8,314R=8{,}314 kPa·L/(mol·K). On suppose que le gaz produit se comporte comme un gaz parfait et que le volume de liquide est négligeable.

  • a) Expliquez pourquoi la pression augmente et pourquoi la balance, cette fois, n'indiquerait rien.
  • b) Après 6060 s, 5,00×1025{,}00\times 10^{-2} mol de dioxyde de carbone se sont formées. De combien la pression a-t-elle augmenté ?
  • c) Calculez la vitesse moyenne sur ces 6060 s, exprimée en kilopascals par seconde puis en mol/(L·s).
  • d) Quel montage, celui-ci ou celui de l'exercice 2, donne la mesure la plus fiable ? Justifiez par deux arguments.
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a) La pression augmente parce que le nombre de molécules de gaz enfermées dans un volume fixe AUGMENTE : chaque molécule de dioxyde de carbone formée vient s'ajouter aux collisions contre les parois. La balance, elle, n'indiquerait aucune variation, puisque rien ne sort du récipient fermé : la masse totale du système se conserve rigoureusement. Les deux montages mesurent donc la même réaction par deux grandeurs différentes, et c'est le fait que le récipient soit ouvert ou fermé qui décide de laquelle est exploitable.

b) ΔP=nRTV=5,00×102×8,314×3002,00=124,72,00=62,4\Delta P=\dfrac{nRT}{V}=\dfrac{5{,}00\times 10^{-2}\times 8{,}314\times 300}{2{,}00}=\dfrac{124{,}7}{2{,}00}=62{,}4 kPa. Le manomètre indiquerait donc une hausse d'environ 6262 kPa, ce qui est largement mesurable.

c) En pression : v=62,460=1,04v=\dfrac{62{,}4}{60}=1{,}04 kPa/s. En concentration : la concentration de dioxyde de carbone formée vaut 5,00×1022,00=2,50×102\dfrac{5{,}00\times 10^{-2}}{2{,}00}=2{,}50\times 10^{-2} mol/L, donc v=2,50×10260=4,17×104v=\dfrac{2{,}50\times 10^{-2}}{60}=4{,}17\times 10^{-4} mol/(L·s). La conversion entre les deux passe uniquement par RTV\dfrac{RT}{V}, qui est une constante tant que la température ne bouge pas : les deux courbes ont donc exactement la même forme.

d) Le montage FERMÉ, celui-ci, est plus fiable, pour deux raisons. D'abord parce qu'il ne perd rien : dans le bécher ouvert, une partie du dioxyde de carbone peut rester dissoute dans la solution au lieu de s'échapper, et la balance sous-estime alors l'avancement, surtout au début. Ensuite parce qu'un manomètre se lit en continu et avec une bien meilleure résolution qu'une balance sur laquelle on cherche des variations de l'ordre du centigramme, dans un montage sensible aux courants d'air et aux vibrations. Le montage ouvert a toutefois un avantage : il n'exige aucune étanchéité, ce qui le rend praticable en classe.

Exercice 4 : La demi-vie

Un réactif se décompose selon une cinétique d'ordre un, de demi-vie constante t1/2=40t_{1/2}=40 s. Sa concentration initiale est de 0,800{,}80 mol/L.

Pour une telle réaction, la demi-vie ne dépend PAS de la concentration de départ : c'est ce qui la rend si commode.

204060801001201401601800.10.20.30.40.50.60.70.80.90,400,200,10chaque tranche de 40 s divise par deuxt (s)
  • a) Dressez le tableau des concentrations à 00, 4040, 8080, 120120 et 160160 s.
  • b) Au bout de combien de temps la concentration tombe-t-elle à 0,050{,}05 mol/L ?
  • c) Calculez la constante de vitesse kk, sachant que t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k}.
  • d) Un élève affirme : « si la demi-vie est de 4040 s, alors tout aura disparu en 8080 s ». Réfutez.
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a) À chaque demi-vie, la concentration est divisée par deux. À t=0t=0 : 0,800{,}80 mol/L. À 4040 s : 0,400{,}40. À 8080 s : 0,200{,}20. À 120120 s : 0,100{,}10. À 160160 s : 0,050{,}05 mol/L.

b) Le tableau donne directement la réponse : 0,050{,}05 mol/L est atteinte à 160160 s. On peut le retrouver par le compte des demi-vies : passer de 0,800{,}80 à 0,050{,}05 revient à diviser par 1616, et 16=2416=2^{4}, donc il faut QUATRE demi-vies, soit 4×40=1604\times 40=160 s.

c) De t1/2=ln2kt_{1/2}=\dfrac{\ln 2}{k} on tire k=ln2t1/2=0,69340=1,73×102k=\dfrac{\ln 2}{t_{1/2}}=\dfrac{0{,}693}{40}=1{,}73\times 10^{-2} s⁻¹. L'unité, l'inverse d'une seconde, est celle d'une constante de vitesse d'ordre un, et elle sert de contrôle : si l'on trouve autre chose, c'est que l'ordre supposé est faux.

d) C'est faux, et l'erreur est de raisonner par soustraction au lieu de division. Après 4040 s il reste la moitié ; après 8080 s il ne reste pas « rien », mais la moitié de la moitié, soit le QUART, c'est-à-dire 0,200{,}20 mol/L. La décroissance est multiplicative : à chaque demi-vie on divise encore par deux, sans jamais atteindre exactement zéro. Mathématiquement, la concentration suit [A]=[A]0×(12)t/t1/2[A]=[A]_{0}\times\left(\dfrac{1}{2}\right)^{t/t_{1/2}}, une exponentielle décroissante qui tend vers zéro sans l'atteindre. C'est exactement le même raisonnement que pour la décroissance radioactive, et c'est pourquoi on parle de déchets dangereux pendant des dizaines de demi-vies et non pendant deux.

Exercice 5 : Comparer trois expériences

On répète la même réaction trois fois, en ne changeant qu'un paramètre à la fois. Les trois courbes de la figure donnent la concentration du réactif en fonction du temps.

L'expérience 1 est la référence. Toutes trois partent de la même concentration initiale, sauf indication contraire tirée du graphique.

204060801000.20.40.60.811.2t (s)
  • a) Quelle expérience est la plus rapide ? Justifiez en comparant les pentes initiales.
  • b) L'expérience 3 part d'une concentration deux fois plus faible. Sa vitesse initiale est-elle deux fois plus faible ? Vérifiez sur le graphique.
  • c) L'expérience 2 part de la même concentration que la 1 mais va plus vite. Citez trois paramètres qui pourraient l'expliquer.
  • d) Les trois courbes atteignent-elles zéro ? Que peut-on dire de leur point d'arrivée ?
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a) L'expérience 2 est la plus rapide. Sa courbe plonge nettement plus vite que les deux autres : en 2020 s elle est déjà tombée à environ 0,370{,}37, contre 0,670{,}67 pour l'expérience 1. La pente initiale, c'est-à-dire la vitesse instantanée à t=0t=0, est donc bien plus raide en valeur absolue. C'est le critère à utiliser pour comparer des vitesses : la pente au DÉPART, et non la position des courbes à un instant quelconque, qui peut prêter à confusion.

b) Oui, approximativement. L'expérience 3 démarre à 0,500{,}50 au lieu de 1,001{,}00, et sa pente initiale est effectivement environ deux fois plus faible : les deux courbes ont exactement la même FORME, la 3 étant simplement la 1 comprimée verticalement d'un facteur deux. Cela indique une réaction d'ordre un par rapport à ce réactif, puisque la vitesse est proportionnelle à la concentration. Remarque importante : les deux courbes mettent le MÊME temps pour tomber à la moitié de leur valeur initiale, ce qui est la signature de l'ordre un et confirme le diagnostic.

c) Trois paramètres possibles, tous compatibles avec une même concentration initiale. Une TEMPÉRATURE plus élevée, qui augmente à la fois la fréquence des collisions et la proportion de molécules dépassant l'énergie d'activation. La présence d'un CATALYSEUR, qui abaisse l'énergie d'activation et rend donc une plus grande fraction des collisions efficaces. Une SURFACE DE CONTACT plus grande, si l'un des réactifs est solide, par exemple sous forme de poudre plutôt qu'en morceau. On pourrait aussi invoquer une concentration plus élevée de l'AUTRE réactif, qui n'est pas représenté sur le graphique.

d) Non, aucune des trois n'atteint zéro. Elles s'en approchent indéfiniment sans jamais le toucher, ce qui est le comportement caractéristique d'une décroissance exponentielle, déjà rencontré à l'exercice 4 avec la demi-vie. En pratique, on considère la réaction comme terminée quand la concentration devient indétectable par l'instrument utilisé, ce qui est un critère expérimental et non mathématique. Les trois courbes tendent donc vers la même asymptote horizontale, l'axe des abscisses, mais à des rythmes différents.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : L'énergie d'activation à partir de deux températures

Pour une certaine réaction, on observe que la constante de vitesse DOUBLE lorsqu'on passe de 300300 K à 310310 K.

On utilisera la relation lnk2k1=EaR(1T11T2)\ln\dfrac{k_{2}}{k_{1}}=\dfrac{E_{a}}{R}\left(\dfrac{1}{T_{1}}-\dfrac{1}{T_{2}}\right), avec R=8,314R=8{,}314 J/(mol·K).

  • a) Que vaut lnk2k1\ln\dfrac{k_{2}}{k_{1}} dans cette expérience ?
  • b) Calculez (1T11T2)\left(\dfrac{1}{T_{1}}-\dfrac{1}{T_{2}}\right) en gardant quatre chiffres significatifs.
  • c) Déduisez-en l'énergie d'activation, en kilojoules par mole.
  • d) Pourquoi faut-il garder autant de chiffres à l'étape b) ? Refaites le calcul en arrondissant à deux chiffres et comparez.
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a) La constante double, donc k2k1=2\dfrac{k_{2}}{k_{1}}=2 et ln2=0,6931\ln 2=0{,}6931.

b) 13001310=3,3333×1033,2258×103=1,0753×104\dfrac{1}{300}-\dfrac{1}{310}=3{,}3333\times 10^{-3}-3{,}2258\times 10^{-3}=1{,}0753\times 10^{-4} K⁻¹. On peut aussi l'obtenir exactement : 310300300×310=1093000=1,0753×104\dfrac{310-300}{300\times 310}=\dfrac{10}{93\,000}=1{,}0753\times 10^{-4}, forme qui évite toute perte de précision.

c) On isole : Ea=Rln(k2/k1)1T11T2=8,314×0,69311,0753×104=5,7621,0753×104=5,36×104E_{a}=\dfrac{R\ln(k_{2}/k_{1})}{\frac{1}{T_{1}}-\frac{1}{T_{2}}}=\dfrac{8{,}314\times 0{,}6931}{1{,}0753\times 10^{-4}}=\dfrac{5{,}762}{1{,}0753\times 10^{-4}}=5{,}36\times 10^{4} J/mol, soit environ 53,653{,}6 kJ/mol. C'est une valeur tout à fait typique pour une réaction en solution.

d) Parce que l'étape b) est une SOUSTRACTION DE DEUX NOMBRES TRÈS PROCHES : 3,3333×1033{,}3333\times 10^{-3} et 3,2258×1033{,}2258\times 10^{-3} ne diffèrent que sur le troisième chiffre significatif. Toute imprécision sur les opérandes se trouve donc massivement amplifiée sur le résultat. En arrondissant à deux chiffres, on écrirait 3,3×1033,2×103=1,0×1043{,}3\times 10^{-3}-3{,}2\times 10^{-3}=1{,}0\times 10^{-4}, ce qui donnerait Ea=5,7621,0×104=5,76×104E_{a}=\dfrac{5{,}762}{1{,}0\times 10^{-4}}=5{,}76\times 10^{4} J/mol, soit 57,657{,}6 kJ/mol : une erreur de 44 kJ/mol, près de 88 %, alors qu'aucun arrondi n'a dépassé deux chiffres. C'est le même piège que celui de la hauteur inaccessible mesurée par deux visées : dès qu'une méthode repose sur la différence de deux grandeurs voisines, il faut garder tous les chiffres jusqu'au bout.

Exercice 7 : La règle du doublement et la conservation des aliments

Autour de la température ambiante, la vitesse des réactions de dégradation d'un aliment double environ à chaque hausse de 1010 °C, et se divise par deux à chaque baisse de 1010 °C.

Un aliment se dégrade en 2,02{,}0 jours à 2020 °C. On utilisera le facteur 2ΔT/102^{\Delta T/10}.

  • a) De quel facteur la vitesse est-elle multipliée si l'on descend de 2020 °C à 44 °C, la température d'un réfrigérateur ?
  • b) Combien de temps l'aliment se conserve-t-il au réfrigérateur ?
  • c) Reprenez le calcul pour un congélateur à 18-18 °C.
  • d) En pratique, un aliment congelé se conserve plusieurs MOIS, pas quelques semaines. La règle est-elle fausse ? Que ne prend-elle pas en compte ?
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a) L'écart est ΔT=420=16\Delta T=4-20=-16 °C. Le facteur vaut 216/10=21,6=0,3302^{-16/10}=2^{-1{,}6}=0{,}330. La vitesse de dégradation tombe donc à environ 3333 % de sa valeur initiale, soit trois fois moins.

b) Le temps de conservation est INVERSEMENT proportionnel à la vitesse : si la réaction est trois fois plus lente, l'aliment tient trois fois plus longtemps. Donc t=2,00,330=6,1t=\dfrac{2{,}0}{0{,}330}=6{,}1 jours. Un réfrigérateur multiplie donc la durée de conservation par environ trois, ce qui correspond bien à l'expérience courante.

c) À 18-18 °C, ΔT=38\Delta T=-38 °C et le facteur vaut 23,8=0,07182^{-3{,}8}=0{,}0718. Le temps de conservation devient t=2,00,0718=28t=\dfrac{2{,}0}{0{,}0718}=28 jours, soit environ quatre semaines.

d) La règle n'est pas fausse, elle est INCOMPLÈTE : elle ne décrit que l'effet de la température sur la vitesse des réactions, et rien d'autre. Or la congélation fait quelque chose de plus radical : elle SOLIDIFIE l'eau. Sous forme de glace, l'eau n'est plus un solvant, les molécules ne peuvent plus se déplacer ni se rencontrer, et la plupart des réactions de dégradation s'arrêtent presque complètement plutôt que de simplement ralentir. La croissance microbienne, principale cause d'altération, cesse également faute d'eau liquide disponible. La règle du doublement suppose implicitement que le milieu reste le même, hypothèse qui tombe dès qu'on traverse un changement d'état. C'est un bon rappel général : une loi empirique n'est valable que dans le domaine où elle a été établie, ici les températures au-dessus du point de congélation.

Exercice 8 : La surface de contact, chiffrée

Un bloc cubique de solide a 6,06{,}0 cm de côté. On le divise en petits cubes identiques sans rien perdre de matière.

L'objectif est de quantifier ce que « augmenter la surface de contact » veut réellement dire.

  • a) Calculez le volume et l'aire totale du bloc de départ.
  • b) On le découpe en cubes de 1,01{,}0 cm de côté. Combien y en a-t-il, et quelle est l'aire totale ?
  • c) On le broie en cubes de 1,01{,}0 mm de côté. Quelle est l'aire totale ?
  • d) Le volume a-t-il changé ? Expliquez, par la théorie des collisions, pourquoi la réaction s'accélère.
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a) Volume : V=6,03=216V=6{,}0^{3}=216 cm³. Aire totale : un cube a six faces carrées, donc A=6×6,02=6×36=216A=6\times 6{,}0^{2}=6\times 36=216 cm².

b) Le nombre de petits cubes est le rapport des volumes : 2161,03=216\dfrac{216}{1{,}0^{3}}=216 cubes. Chacun a une aire de 6×1,02=6,06\times 1{,}0^{2}=6{,}0 cm², donc l'aire totale vaut 216×6,0=1296216\times 6{,}0=1296 cm². Elle a été multipliée par SIX.

c) Un millimètre vaut 0,100{,}10 cm. Le nombre de cubes est 2160,103=2161,0×103=216000\dfrac{216}{0{,}10^{3}}=\dfrac{216}{1{,}0\times 10^{-3}}=216\,000 cubes, chacun d'aire 6×0,102=6,0×1026\times 0{,}10^{2}=6{,}0\times 10^{-2} cm². L'aire totale vaut 216000×6,0×102=12960216\,000\times 6{,}0\times 10^{-2}=12\,960 cm², soit SOIXANTE fois l'aire de départ. La règle générale se lit sur ces chiffres : diviser l'arête par dix multiplie l'aire par dix.

d) Le volume n'a PAS changé : il vaut toujours 216216 cm³, puisqu'on n'a rien enlevé ni ajouté. Seule la répartition de la matière a changé. L'accélération s'explique par la théorie des collisions : une réaction entre un solide et une solution ne peut avoir lieu qu'à l'INTERFACE, là où les molécules du liquide rencontrent celles du solide. Les atomes situés à l'intérieur du bloc sont inaccessibles et ne participent à rien tant que les couches extérieures n'ont pas réagi. Multiplier l'aire par soixante, c'est offrir soixante fois plus de sites de collision possibles au même instant, donc soixante fois plus d'occasions de réagir par seconde. C'est aussi pourquoi la poussière de farine ou de bois peut exploser alors qu'une planche brûle lentement : à surface suffisante, la combustion devient assez rapide pour se propager instantanément.

Exercice 9 : Un mécanisme à trois étapes

Une réaction se déroule selon le mécanisme suivant : étape 1, A+BXA+B\rightarrow X (rapide) ; étape 2, X+BY+CX+B\rightarrow Y+C (LENTE) ; étape 3, YDY\rightarrow D (rapide).

Les espèces XX et YY ne sont jamais isolées ni observées dans le mélange final.

  • a) Écrivez l'équation globale de la réaction.
  • b) Identifiez les intermédiaires réactionnels et justifiez.
  • c) Quelle est la loi de vitesse prévue par ce mécanisme ? Justifiez soigneusement.
  • d) Un chimiste mesure expérimentalement v=k[A][B]2v=k[A][B]^{2}. Le mécanisme proposé est-il compatible ? Que faut-il en conclure ?
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a) On additionne les trois étapes : A+B+X+B+YX+Y+C+DA+B+X+B+Y\rightarrow X+Y+C+D. Les espèces XX et YY figurent des deux côtés et se simplifient. Il reste A+2BC+DA+2B\rightarrow C+D.

b) Les intermédiaires sont XX et YY. Le critère est précis : une espèce est un intermédiaire si elle est PRODUITE par une étape puis CONSOMMÉE par une suivante, et donc absente de l'équation globale. XX est produit à l'étape 1 et consommé à l'étape 2 ; YY est produit à l'étape 2 et consommé à l'étape 3. Ni l'un ni l'autre n'apparaît dans le bilan, ce qui explique qu'on ne les observe pas dans le mélange final.

c) La vitesse globale est imposée par l'étape LENTE, ici l'étape 2. Comme il s'agit d'une étape élémentaire, sa loi de vitesse se lit directement sur ses coefficients : v=k[X][B]v=k[X][B]. Mais cette expression est inutilisable telle quelle, car XX est un intermédiaire dont on ne peut pas mesurer la concentration. Il faut donc l'exprimer autrement. L'étape 1, rapide, produit XX à partir de AA et de BB, si bien que [X][X] est proportionnelle à [A][B][A][B]. En substituant : v=k[A][B]×[B]=k[A][B]2v=k'[A][B]\times[B]=k'[A][B]^{2}. La loi prévue est donc d'ordre un par rapport à AA, d'ordre deux par rapport à BB, et d'ordre trois au total.

d) OUI, le mécanisme est compatible : la loi expérimentale v=k[A][B]2v=k[A][B]^{2} est exactement celle que le mécanisme prévoit. C'est un argument fort en sa faveur, mais il faut être précis sur ce qu'il démontre. Un accord entre la loi prévue et la loi mesurée ne PROUVE pas le mécanisme, il se contente de ne pas le réfuter : d'autres mécanismes pourraient conduire à la même loi de vitesse. En revanche, un désaccord aurait suffi à l'éliminer définitivement. C'est le statut habituel des mécanismes en chimie : ce sont des hypothèses compatibles avec l'expérience, jamais des faits démontrés, et on les renforce en accumulant des observations indépendantes, par exemple la détection spectroscopique d'un intermédiaire.

Exercice 10 : Synthèse : la cinétique ne dit rien de l'équilibre

Deux réactions sont comparées. La réaction P est très exothermique, ΔH=250\Delta H=-250 kJ/mol, mais son énergie d'activation vaut 180180 kJ/mol. La réaction Q est légèrement endothermique, ΔH=+15\Delta H=+15 kJ/mol, et son énergie d'activation ne vaut que 2525 kJ/mol.

Cet exercice ferme la série en confrontant les deux questions que les élèves confondent le plus : à quelle VITESSE une réaction se produit, et JUSQU'OÙ elle va.

  • a) Laquelle des deux réactions est la plus rapide à température ambiante ? Justifiez.
  • b) Laquelle libère le plus d'énergie ? Laquelle est la plus favorisée thermodynamiquement ?
  • c) La réaction P est-elle utile en pratique si elle est trop lente ? Comment un chimiste s'y prendrait-il ?
  • d) Le diamant se transforme spontanément en graphite, plus stable. Pourquoi les bagues de fiançailles ne se transforment-elles pas en mines de crayon ? Reliez à ce qui précède.
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a) La réaction Q, très largement. C'est l'énergie d'ACTIVATION, et elle seule, qui gouverne la vitesse : avec 2525 kJ/mol contre 180180, une bien plus grande fraction des collisions de Q dispose de l'énergie nécessaire. L'enthalpie, elle, n'intervient nulle part dans la vitesse. Une barrière de 180180 kJ/mol à température ambiante correspond à une réaction pratiquement figée, même si elle est très exothermique.

b) La réaction P libère de loin le plus d'énergie, 250250 kJ/mol, contre une réaction Q qui en ABSORBE 1515. P est donc la plus favorisée thermodynamiquement : ses produits sont beaucoup plus stables que ses réactifs, et son équilibre est très largement déplacé vers les produits. On a donc une situation renversée : la réaction la plus favorable est la plus lente, et la moins favorable est la plus rapide. C'est précisément parce que les deux questions sont INDÉPENDANTES.

c) Oui, elle reste utile, à condition de lever l'obstacle cinétique, car le potentiel énergétique est bien là. Deux leviers, et un seul est vraiment satisfaisant. On peut CHAUFFER, ce qui augmente la fraction des molécules franchissant la barrière ; mais pour une réaction exothermique, chauffer déplace aussi l'équilibre dans le mauvais sens et coûte de l'énergie. On peut surtout utiliser un CATALYSEUR, qui abaisse l'énergie d'activation sans rien changer à l'enthalpie ni à la position de l'équilibre : on gagne la vitesse sans rien perdre du rendement. C'est exactement la démarche suivie dans l'industrie, du procédé Haber aux pots catalytiques.

d) Parce que la transformation du diamant en graphite, bien que thermodynamiquement favorable, possède une énergie d'activation gigantesque : il faudrait rompre simultanément un très grand nombre de liaisons covalentes carbone-carbone pour réorganiser le réseau cristallin. À température ambiante, aucune molécule ne dispose de cette énergie, et la vitesse est si faible que la transformation demanderait un temps sans commune mesure avec l'âge de l'Univers. Le diamant est donc thermodynamiquement instable mais cinétiquement INERTE, ce qu'on appelle un état métastable. C'est l'illustration la plus parlante du message de tout le chapitre : savoir qu'une réaction est favorable ne dit absolument rien sur le fait qu'elle se produira dans un délai observable.

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