Chimie, secondaire 5 à Montréal • Équilibre acide-base
Exercices corrigés : titrage, courbes de pH et solutions tampons (chimie 5)
Voici dix exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur le titrage acide-base et les solutions tampons, calibrés sur le niveau réel des évaluations à Montréal. Le titrage est la manipulation la plus pratiquée en laboratoire de chimie 5, et pourtant la courbe de pH reste mal lue : elle contient bien plus que le seul point d'équivalence, à commencer par le pKa de l'acide, qui s'y lit gratuitement au point de demi-équivalence.
La série couvre le titrage d'un acide fort puis d'un acide faible par une base forte, la lecture d'une courbe de titrage, le pH à l'équivalence et l'hydrolyse des sels qui l'éloigne de 7, la demi-équivalence où pH=pKa, le choix de l'indicateur coloré, la relation pH=pKa+log[HA][A−], le fonctionnement d'une solution tampon et sa capacité tampon.
À la fin, vous savez tirer une concentration d'un volume à l'équivalence (exercice 1), dire si l'acide titré est fort ou faible en lisant le pH initial et choisir un indicateur qui vire en zone basique (exercice 2), calculer le pH à l'équivalence d'un acide faible (exercice 3), mesurer un Ka à la demi-équivalence (exercice 4), prévoir le caractère acide, neutre ou basique d'une solution saline (exercice 5), préparer un tampon à un pH visé en choisissant le bon couple (exercice 7), et voir le pH s'effondrer quand la capacité tampon est épuisée (exercice 8). Deux problèmes concluent : le tampon du sang, entre acidose et alcalose (exercice 9), et l'identification d'un acide inconnu par son pKa (exercice 10).
Le piège que les corrigés désarment d'un bout à l'autre : le pH vaut 7 à l'équivalence SEULEMENT pour un acide fort titré par une base forte. Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•À l'ÉQUIVALENCE d'un titrage, les réactifs ont été mélangés dans les proportions stœchiométriques : nacide=nbase pour un monoacide et une monobase.
•Le pH à l'équivalence ne vaut 7 QUE pour un acide fort titré par une base forte. Acide faible titré par une base forte : le pH d'équivalence est BASIQUE, car le sel formé s'hydrolyse.
•Au point de DEMI-ÉQUIVALENCE d'un acide faible, la moitié de l'acide est convertie, donc [HA]=[A−] et pH=pKa. C'est la façon la plus simple de mesurer un Ka.
•Solution tampon : mélange d'un acide faible et de sa base conjuguée en quantités comparables. Son pH suit pH=pKa+log[HA][A−].
•Un tampon résiste à l'ajout d'acide ou de base, mais sa capacité n'est pas infinie : dès qu'un des deux membres du couple est épuisé, le pH s'effondre.
•Hydrolyse d'un sel : le sel d'un acide FAIBLE et d'une base FORTE donne une solution basique ; le sel d'un acide FORT et d'une base FAIBLE donne une solution acide ; le sel de deux espèces fortes donne une solution neutre.
Partie A : Titrage et courbes de pH (/50)
Exercice 1 : Titrage d'un acide fort par une base forte
On titre 25,0 mL d'une solution d'acide chlorhydrique de concentration inconnue par une solution d'hydroxyde de sodium à 0,100 mol/L. Le virage de l'indicateur se produit après l'ajout de 18,6 mL de base.
La réaction est HCl+NaOH→NaCl+H2O.
a) Calculez la quantité de matière d'hydroxyde de sodium versée à l'équivalence.
b) Déduisez-en la concentration de la solution d'acide chlorhydrique.
c) Quel est le pH à l'équivalence ? Justifiez à partir du sel formé.
d) Si l'on avait pris 50,0 mL d'acide au lieu de 25,0 mL, quel volume de base aurait-il fallu ? La concentration trouvée aurait-elle changé ?
Voir la correction
Réponses
a)n(NaOH)=1,86×10−3 mol
b)c(HCl)=0,0744 mol/L
c)pH=7,00 : NaCl est un sel neutre
d)37,2 mL ; concentration inchangée, 0,0744 mol/L
a)
n(NaOH)=C×V=0,100×0,0186=1,86×10−3 mol. Attention à convertir les millilitres en litres : c'est l'erreur d'unité la plus fréquente du chapitre, et elle donne un résultat mille fois trop grand.
b)
À l'équivalence, les deux réactifs ont réagi dans les proportions stœchiométriques, ici 1:1, donc n(HCl)=n(NaOH)=1,86×10−3 mol. La concentration vaut C=Vn=0,02501,86×10−3=0,0744 mol/L.
c)
Le pH à l'équivalence vaut exactement 7,00. Le sel formé est le chlorure de sodium : l'ion sodium provient d'une base forte et l'ion chlorure d'un acide fort, donc AUCUN des deux ne s'hydrolyse. Il ne reste dans le bécher que du sel neutre et de l'eau, d'où un pH de 7. Ce raisonnement, et non l'habitude, est ce qui justifie la réponse : l'exercice 3 montrera un cas où le pH d'équivalence n'est pas 7 du tout.
d)
Il aurait fallu exactement le DOUBLE, soit 37,2 mL, puisqu'on doublerait la quantité d'acide à neutraliser. La concentration trouvée, elle, serait INCHANGÉE : C=0,05000,100×0,0372=0,0744 mol/L. C'est logique et rassurant, une concentration est une propriété INTENSIVE de la solution : elle ne dépend pas de la quantité prélevée pour l'analyser. Un élève qui trouve une concentration différente en changeant la prise d'essai a nécessairement fait une erreur de calcul.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Lire une courbe de titrage
La figure donne la courbe de titrage de 25,0 mL d'un monoacide par une solution d'hydroxyde de sodium à 0,100 mol/L.
Une courbe de titrage se lit en quatre endroits : le point de départ, la zone plate, le saut vertical et le plateau final. Chacun renseigne sur une chose différente.
a) Lisez le volume à l'équivalence, puis calculez la concentration de l'acide titré.
b) Lisez le pH initial. S'agit-il d'un acide fort ou d'un acide faible ? Justifiez par un calcul.
c) Lisez le pH à l'équivalence. Que confirme cette valeur ?
d) Sur quel intervalle de volume la courbe est-elle la plus plate ? Comment s'appelle cette zone et à quoi correspond-elle chimiquement ?
Voir la correction
Réponses
a)Veq=25,0 mL ; c=0,100 mol/L
b)pH≈2,87 au lieu de 1,00 : acide faible
c)pH≈8,72, basique : confirme l'acide faible
d)Entre 5 et 20 mL, autour de 12,5 mL : la zone tampon, acide et base conjuguée en quantités comparables
a)
L'équivalence se lit au milieu du saut vertical, ici à V=25,0 mL. On en tire n(NaOH)=0,100×0,0250=2,50×10−3 mol, égale à n(acide), donc C=0,02502,50×10−3=0,100 mol/L.
b)
Le pH initial vaut environ 2,87. C'est un ACIDE FAIBLE, et le calcul le prouve : un acide FORT à 0,100 mol/L serait totalement ionisé, donc [H+]=0,100 et pH=−log(0,100)=1,00. Or on lit 2,87, presque deux unités de pH plus haut, ce qui correspond à [H+]=10−2,87=1,35×10−3 mol/L, soit à peine 1,3 % de l'acide ionisé. La différence entre 1,00 et 2,87 est le diagnostic le plus rapide de tout le chapitre.
c)
Le pH à l'équivalence vaut environ 8,72, donc il est BASIQUE. Cela confirme la conclusion du b) : si l'acide avait été fort, le sel formé aurait été neutre et le pH aurait valu 7. Un pH d'équivalence supérieur à 7 signale nécessairement que la base conjuguée formée s'hydrolyse, donc que l'acide de départ était faible. Conséquence pratique : l'indicateur choisi doit virer en zone basique, la phénolphtaléine par exemple, et surtout pas le méthylorange.
d)
La courbe est la plus plate entre environ 5 et 20 mL, c'est-à-dire de part et d'autre du point de demi-équivalence situé à 12,5 mL. Cette zone s'appelle la ZONE TAMPON. Chimiquement, le bécher y contient à la fois l'acide non encore neutralisé et sa base conjuguée déjà formée, en quantités comparables : c'est exactement la définition d'une solution tampon. Ajouter de la base y modifie donc très peu le pH, et c'est ce qui explique la platitude de la courbe. Toute la partie B de cette série est consacrée à ce phénomène.
Exercice 3 : Pourquoi le pH d'équivalence n'est pas 7
On reprend le titrage de la figure de l'exercice 2 : 25,0 mL d'acide éthanoïque à 0,100 mol/L par de l'hydroxyde de sodium à 0,100 mol/L.
Données : Ka(CH3COOH)=1,8×10−5 ; Kw=1,0×10−14.
a) Écrivez l'équation de la réaction de titrage et identifiez l'espèce présente dans le bécher à l'équivalence.
b) Calculez la concentration de cette espèce à l'équivalence, en tenant compte de la dilution.
c) Calculez la constante de basicité de l'ion éthanoate, puis le pH à l'équivalence.
d) Comparez au 8,72 lu sur la courbe et expliquez en une phrase l'origine du caractère basique.
Voir la correction
Réponses
a)CH3COOH+OH−→CH3COO−+H2O ; l'ion éthanoate
b)[CH3COO−]=0,0500 mol/L
c)Kb=5,56×10−10 ; pH=8,72
d)Accord avec la courbe : la base conjuguée reprend des protons à l'eau et libère des OH−
a)
La réaction est CH3COOH+OH−→CH3COO−+H2O. À l'équivalence, tout l'acide a été consommé et toute la base aussi : il ne reste ni l'un ni l'autre. L'espèce présente est l'ion ÉTHANOATE CH3COO−, accompagné de l'ion sodium spectateur. C'est cette espèce, et elle seule, qui fixe le pH.
b)
La quantité d'éthanoate formée vaut n=0,100×0,0250=2,50×10−3 mol. Mais le volume total a DOUBLÉ : on a ajouté 25,0 mL de base aux 25,0 mL d'acide, donc Vtot=50,0 mL. La concentration vaut donc [CH3COO−]=0,05002,50×10−3=0,0500 mol/L. Oublier cette dilution par deux est l'erreur classique de la question.
c)
L'ion éthanoate est la base conjuguée d'un acide faible, donc Kb=KaKw=1,8×10−51,0×10−14=5,56×10−10. Il réagit avec l'eau selon CH3COO−+H2O⇌CH3COOH+OH−. En notant x=[OH−] et en négligeant x devant 0,0500 : Kb=0,0500x2, donc x=5,56×10−10×0,0500=2,78×10−11=5,27×10−6 mol/L. Alors pOH=−log(5,27×10−6)=5,28 et pH=14,00−5,28=8,72.
d)
La valeur calculée, 8,72, coïncide exactement avec la lecture graphique ✓. L'origine du caractère basique tient en une phrase : à l'équivalence il ne reste plus d'acide éthanoïque, mais la base conjuguée qu'il a engendrée est encore là et reprend une partie des protons de l'eau, ce qui libère des ions hydroxyde. Autrement dit, neutraliser un acide faible ne produit pas une solution neutre, il produit une solution de sa base conjuguée.
Exercice 4 : La demi-équivalence livre le pKa
Le point de demi-équivalence est celui où l'on a versé exactement la MOITIÉ du volume d'équivalence. C'est le point le plus riche de toute la courbe, et pourtant celui qu'on regarde le moins.
On travaille toujours sur le titrage de la figure de l'exercice 2, dont l'équivalence est à 25,0 mL.
a) Déterminez le volume de demi-équivalence et démontrez qu'en ce point [HA]=[A−].
b) Déduisez de la relation pH=pKa+log[HA][A−] que le pH y vaut exactement pKa.
c) La courbe donne pH=4,74 à ce point. Calculez Ka et comparez à la valeur tabulée 1,8×10−5.
d) Pourquoi cette méthode est-elle plus fiable, en laboratoire, que de calculer Ka à partir du pH initial ?
Voir la correction
Réponses
a)12,5 mL : 1,25×10−3 mol d'acide et de base conjuguée, donc [HA]=[A−]
b)log(1)=0, donc pH=pKa
c)Ka=1,82×10−5, écart inférieur à 2 %
d)Indépendant de la concentration initiale, sans approximation, lu sur une courbe entière
a)
La demi-équivalence est à V=225,0=12,5 mL. À ce stade on a versé n(OH−)=0,100×0,0125=1,25×10−3 mol de base, soit exactement la moitié des 2,50×10−3 mol d'acide initial. Cette base a converti 1,25×10−3 mol d'acide en sa base conjuguée, et il reste donc 2,50×10−3−1,25×10−3=1,25×10−3 mol d'acide intact. Les deux espèces sont présentes en quantités ÉGALES, et comme elles partagent le même volume, leurs concentrations le sont aussi : [HA]=[A−].
b)
Si [A−]=[HA], alors le quotient [HA][A−] vaut 1, et log(1)=0. La relation se réduit donc à pH=pKa+0=pKa. Le résultat est remarquable par ce qu'il ne contient pas : ni la concentration initiale, ni le volume, ni la dilution n'y interviennent. C'est ce qui en fait une méthode de mesure si robuste.
c)
De pKa=4,74 on tire Ka=10−4,74=1,82×10−5. La valeur tabulée est 1,8×10−5 : l'accord est excellent, l'écart relatif étant inférieur à 2 % ✓.
d)
Pour trois raisons. D'abord, comme on vient de le voir, le résultat ne dépend PAS de la concentration initiale de l'acide, qui est justement l'inconnue qu'on cherche souvent : on n'a donc pas besoin de la connaître d'avance. Ensuite, le calcul à partir du pH initial repose sur l'approximation qui néglige x devant C, approximation qui devient fausse pour un acide trop dilué ou pas assez faible. Enfin, une mesure de pH isolée est sensible à l'étalonnage et aux impuretés, alors que la demi-équivalence se lit sur une courbe entière, où une erreur ponctuelle se repère immédiatement. En laboratoire, on trace donc toujours la courbe complète plutôt que de se fier à une seule lecture.
Exercice 5 : L'hydrolyse des sels
Dissoudre un sel dans l'eau ne donne pas toujours une solution neutre. Tout dépend de l'origine de ses deux ions : viennent-ils d'espèces fortes ou faibles ?
a) Une solution de chlorure de sodium à 0,10 mol/L est-elle acide, neutre ou basique ? Justifiez ion par ion.
b) Calculez le pH d'une solution d'éthanoate de sodium à 0,10 mol/L.
c) Calculez le pH d'une solution de chlorure d'ammonium à 0,10 mol/L.
d) Énoncez la règle générale permettant de prévoir, sans calcul, le caractère d'une solution saline.
Voir la correction
Réponses
a)Neutre, pH 7 : Na+ et Cl− ne s'hydrolysent pas
b)pH=8,87, basique
c)pH=5,13, acide
d)Fort et fort : neutre ; faible et fort : basique ; fort et faible : acide ; deux faibles : comparer Ka et Kb
a)
NEUTRE, pH =7. L'ion sodium Na+ provient de l'hydroxyde de sodium, une base FORTE : sa base d'origine étant totalement dissociée, l'ion conjugué n'a aucune tendance à reprendre un proton. L'ion chlorure Cl− provient de l'acide chlorhydrique, un acide FORT, et pour la même raison n'a aucune tendance basique. Aucun des deux ions ne réagit avec l'eau, donc rien ne perturbe l'équilibre de l'eau pure.
b)
L'ion éthanoate est la base conjuguée d'un acide faible, il s'hydrolyse. Kb=KaKw=1,8×10−51,0×10−14=5,56×10−10. Alors [OH−]=Kb×C=5,56×10−10×0,10=5,56×10−11=7,45×10−6 mol/L, donc pOH=5,13 et pH=14,00−5,13=8,87. La solution est BASIQUE. L'ion sodium reste spectateur.
c)
L'ion ammonium est l'acide conjugué d'une base faible, il s'hydrolyse en libérant des protons. Ka(NH4+)=KbKw=1,8×10−51,0×10−14=5,56×10−10. Alors [H+]=5,56×10−10×0,10=7,45×10−6 mol/L et pH=5,13. La solution est ACIDE, l'ion chlorure restant spectateur. La symétrie parfaite avec le b), 8,87 et 5,13 étant à égale distance de 7, tient au fait que les deux constantes de départ sont numériquement identiques.
d)
La règle se lit sur l'origine des deux ions. Sel d'un acide FORT et d'une base FORTE : solution NEUTRE, aucun ion ne s'hydrolyse. Sel d'un acide FAIBLE et d'une base FORTE : solution BASIQUE, car l'anion est une base conjuguée active. Sel d'un acide FORT et d'une base FAIBLE : solution ACIDE, car le cation est un acide conjugué actif. Sel de deux espèces faibles : il faut comparer Ka et Kb, le plus grand l'emporte. Le principe unique derrière ces quatre cas : la conjuguée d'une espèce FORTE est inerte, celle d'une espèce FAIBLE est active.
Partie B : Niveau examen (/50)
Exercice 6 : Comment fonctionne une solution tampon
On prépare 100 mL d'une solution contenant à la fois 0,100 mol/L d'acide éthanoïque et 0,100 mol/L d'éthanoate de sodium. Donnée : pKa=4,74.
Toutes les quantités seront exprimées en MILLIMOLES, ce qui évite les puissances de dix : 100 mL de solution à 0,100 mol/L contiennent 10,0 mmol.
a) Calculez le pH de ce tampon.
b) On y ajoute 1,0 mmol d'acide chlorhydrique. Écrivez ce qui se passe, puis calculez le nouveau pH.
c) On ajoute la même 1,0 mmol d'acide chlorhydrique à 100 mL d'eau pure. Calculez le pH obtenu.
d) Comparez les deux variations de pH et expliquez le mécanisme du tampon.
Voir la correction
Réponses
a)pH=4,74
b)CH3COO−+H+→CH3COOH ; pH=4,65
c)pH=2,00
d)−5,00 dans l'eau contre −0,09 dans le tampon : la base conjuguée capte les protons
a)
Le tampon contient 10,0 mmol d'acide et 10,0 mmol de base conjuguée. Le rapport vaut 1, donc pH=pKa+log(1)=4,74+0=4,74. Un tampon équimolaire a toujours un pH égal au pKa de son couple : c'est le cas le plus simple et il sert de point de repère.
b)
L'acide fort ajouté est entièrement consommé par la base conjuguée présente : CH3COO−+H+→CH3COOH. Les protons ne restent donc PAS libres en solution, ils sont convertis en acide faible. Le bilan en millimoles : la base passe de 10,0 à 9,0 et l'acide de 10,0 à 11,0. Le nouveau pH vaut pH=4,74+log11,09,0=4,74+log(0,818)=4,74−0,09=4,65. On peut travailler directement en millimoles plutôt qu'en concentrations, puisque le volume est commun et se simplifie dans le rapport.
c)
Dans l'eau pure, rien n'absorbe les protons : 1,0 mmol d'acide fort dans 100 mL donne [H+]=0,1001,0×10−3=1,0×10−2 mol/L, donc pH=−log(0,010)=2,00.
d)
Les chiffres sont sans appel. Dans l'eau pure, le pH chute de 7,00 à 2,00, soit CINQ unités. Dans le tampon, il descend de 4,74 à 4,65, soit 0,09 unité, environ cinquante fois moins. Le mécanisme est celui de la réserve : le tampon contient d'avance une provision de base conjuguée qui capte les protons ajoutés et les transforme en acide faible, lequel reste très peu ionisé. Le pH ne dépend alors que du RAPPORT entre les deux membres du couple, et un rapport varie beaucoup moins vite qu'une concentration absolue. Passer de 10/10 à 9/11 ne change ce rapport que de 18 %, alors que la concentration en protons libres de l'eau pure, elle, a été multipliée par cent mille.
Exercice 7 : Préparer un tampon à un pH visé
On veut préparer un litre de tampon de pH 5,00 à partir d'acide éthanoïque (pKa=4,74) et d'éthanoate de sodium.
a) Déterminez le rapport [HA][A−] nécessaire pour obtenir un pH de 5,00.
b) Si l'on utilise 0,100 mol d'acide éthanoïque, quelle quantité d'éthanoate de sodium faut-il ajouter ?
c) Parmi les quatre couples proposés, lequel choisiriez-vous pour préparer un tampon de pH 7,00 ? Justifiez.
d) Pourquoi ne prépare-t-on jamais un tampon dont le pH visé s'écarte de plus d'une unité du pKa du couple choisi ?
Voir la correction
Réponses
a)[A−]/[HA]=100,26=1,82
b)0,182 mol d'éthanoate de sodium
c)Le dihydrogénophosphate, pKa=7,20, le plus proche de 7,00
d)À une unité d'écart, rapport 10 pour 1 : le membre minoritaire s'épuise vite
a)
On part de pH=pKa+log[HA][A−], soit 5,00=4,74+log[HA][A−]. Donc log[HA][A−]=5,00−4,74=0,26, et en passant à la puissance de dix, [HA][A−]=100,26=1,82. Il faut donc environ 1,8 fois plus de base conjuguée que d'acide, ce qui est cohérent : viser un pH au-dessus du pKa demande de pencher du côté basique du couple.
b)
Le rapport des quantités de matière est le même que celui des concentrations, puisque les deux espèces partagent le même volume. Donc n(A−)=1,82×0,100=0,182 mol d'éthanoate de sodium. Vérification : pH=4,74+log0,1000,182=4,74+log(1,82)=4,74+0,26=5,00 ✓.
c)
Le couple du dihydrogénophosphate, de pKa=7,20. La règle est de choisir le couple dont le pKa est le plus PROCHE du pH visé : ici ∣7,20−7,00∣=0,20, alors que les trois autres sont à 3,25, 2,26 et 2,25 unités. Avec ce couple, le rapport nécessaire vaut 107,00−7,20=10−0,20=0,63, donc des quantités du même ordre de grandeur pour les deux membres, ce qui est exactement ce qu'on veut. C'est d'ailleurs ce couple phosphate qui tamponne le milieu intracellulaire.
d)
Parce que le tampon perdrait presque toute son efficacité. À une unité d'écart, le rapport vaut déjà 10 pour 1 : l'un des deux membres du couple est dix fois moins abondant que l'autre, et c'est LUI qui limite la capacité. Un tampon de pH 6,74 préparé avec l'acide éthanoïque contiendrait cent fois plus de base que d'acide, et la moindre addition de base l'épuiserait immédiatement, alors qu'il résisterait très bien à un ajout d'acide. Un bon tampon doit résister DANS LES DEUX SENS, ce qui exige des quantités comparables, donc un pKa proche du pH visé. L'exercice suivant chiffre précisément cette limite.
Exercice 8 : La capacité tampon et sa rupture
On repart du tampon de l'exercice 6 : 100 mL contenant 10,0 mmol d'acide éthanoïque et 10,0 mmol d'éthanoate de sodium, de pH initial 4,74. Donnée : Ka=1,8×10−5.
On y ajoute des quantités croissantes d'acide chlorhydrique. Suivez ce qui arrive au pH, et surtout à quel moment le tampon cesse de fonctionner.
a) Calculez le pH après l'ajout de 5,0 mmol d'acide chlorhydrique.
b) Calculez le pH après l'ajout de 9,0 mmol.
c) Calculez le pH après l'ajout de 10,0 mmol. Que s'est-il passé ?
d) Calculez le pH après l'ajout de 11,0 mmol, puis résumez le comportement du tampon en une phrase.
Voir la correction
Réponses
a)pH=4,26
b)pH=3,46
c)pH=2,72 : la base conjuguée est épuisée, le tampon est rompu
d)pH≈2,00 : le tampon amortit tant qu'il reste les deux membres du couple
a)
L'acide ajouté convertit la base conjuguée en acide : la base passe à 10,0−5,0=5,0 mmol et l'acide à 10,0+5,0=15,0 mmol. Donc pH=4,74+log15,05,0=4,74+log(0,333)=4,74−0,48=4,26. Le tampon a encaissé la moitié de sa réserve en ne cédant qu'un demi-point de pH.
b)
La base tombe à 1,0 mmol et l'acide monte à 19,0 mmol. pH=4,74+log19,01,0=4,74−1,28=3,46. La chute s'accélère nettement : le neuvième millimole a coûté autant que les cinq premières réunies, parce que le rapport, lui, s'effondre quand le dénominateur approche de zéro.
c)
La base conjuguée est ENTIÈREMENT consommée, il n'en reste 0 mmol. Le tampon n'existe plus, la formule pH=pKa+log[HA][A−] ne s'applique plus du tout, car log(0) n'est pas défini. Le bécher contient maintenant 20,0 mmol d'acide éthanoïque dans 100 mL, soit une solution d'acide faible à 0,200 mol/L. Son pH se calcule comme au premier chapitre : [H+]=KaC=1,8×10−5×0,200=3,6×10−6=1,90×10−3 mol/L, donc pH=2,72. C'est le point de RUPTURE du tampon.
d)
Au-delà, l'acide fort ajouté reste libre en solution. La onzième millimole n'a plus rien à neutraliser : [H+]≈0,1001,0×10−3=1,0×10−2 mol/L, donc pH≈2,00, la contribution de l'acide faible devenant négligeable devant celle de l'acide fort. Résumé en une phrase : un tampon amortit remarquablement bien tant qu'il lui reste des DEUX membres du couple, il faiblit quand l'un des deux s'épuise, et il cesse brutalement d'exister dès que ce membre atteint zéro, après quoi la solution se comporte comme si le tampon n'avait jamais été là.
Exercice 9 : Problème : le tampon du sang
Le pH du sang est maintenu à 7,40, et un écart de plus de 0,4 unité est mortel. Le principal responsable est le couple acide carbonique / hydrogénocarbonate, H2CO3/HCO3−, de pKa=6,10 dans les conditions physiologiques.
Dans le sang normal, le rapport [H2CO3][HCO3−] vaut 20 pour 1.
a) Vérifiez que ce rapport donne bien un pH de 7,40.
b) Lors d'une insuffisance respiratoire, le dioxyde de carbone s'accumule et le rapport tombe à 10 pour 1. Calculez le nouveau pH et nommez l'état correspondant.
c) Lors d'une hyperventilation, le rapport monte à 40 pour 1. Calculez le nouveau pH.
d) Le pKa vaut 6,10, soit 1,3 unité sous le pH visé. D'après l'exercice 7, c'est un mauvais choix de couple. Expliquez pourquoi ce tampon fonctionne malgré tout remarquablement bien dans l'organisme.
Voir la correction
Réponses
a)6,10+log20=7,40
b)pH=7,10 : acidose respiratoire
c)pH=7,70 : alcalose
d)Système ouvert : poumons et reins réapprovisionnent sans cesse les deux membres du couple
a)
pH=pKa+log[H2CO3][HCO3−]=6,10+log(20)=6,10+1,30=7,40 ✓. La valeur physiologique est donc exactement reproduite par la relation des tampons.
b)
pH=6,10+log(10)=6,10+1,00=7,10. Une baisse de 0,30 unité, ce qui est déjà considérable à l'échelle du corps humain. Cet état s'appelle une ACIDOSE, ici d'origine respiratoire puisque c'est l'accumulation de dioxyde de carbone, donc d'acide carbonique, qui en est la cause.
c)
pH=6,10+log(40)=6,10+1,60=7,70. C'est une ALCALOSE : en respirant trop vite, on élimine trop de dioxyde de carbone, l'acide carbonique diminue, le rapport augmente et le sang devient trop basique. C'est ce qui provoque les vertiges et les fourmillements d'une crise d'hyperventilation, et pourquoi respirer dans un sac les soulage : on réinhale son propre dioxyde de carbone pour faire redescendre le rapport.
d)
Parce que le raisonnement de l'exercice 7 vaut pour un système FERMÉ, où les quantités des deux membres du couple sont fixées une fois pour toutes. L'organisme, lui, est un système OUVERT et RÉGULÉ, ce qui change tout. D'un côté, l'acide carbonique est en équilibre avec le dioxyde de carbone dissous, que les poumons peuvent expulser ou retenir en quelques secondes en modifiant le rythme respiratoire. De l'autre, les reins ajustent la concentration d'hydrogénocarbonate, plus lentement, sur des heures. Les deux membres du couple sont donc CONTINUELLEMENT réapprovisionnés, et le tampon ne peut jamais s'épuiser comme celui de l'exercice 8. Le rapport défavorable de 20 pour 1 n'est pas un défaut mais un choix : il donne au corps une grande réserve d'hydrogénocarbonate pour neutraliser les acides du métabolisme, qui sont produits en bien plus grande quantité que les bases.
Exercice 10 : Synthèse : identifier un acide inconnu
On titre 50,0 mL d'une solution d'un monoacide inconnu à 0,100 mol/L par de l'hydroxyde de sodium à 0,100 mol/L. Le pH-mètre indique 3,75 après l'ajout de 25,0 mL de base.
a) Calculez le volume d'équivalence, puis montrez que 25,0 mL correspond à la demi-équivalence.
b) Déduisez-en le pKa puis le Ka de l'acide inconnu.
c) Identifiez l'acide à l'aide de la table.
d) Vérifiez votre identification en prédisant le pH initial de la solution, puis dites quel pH vous attendez à l'équivalence.
Voir la correction
Réponses
a)Veq=50,0 mL : 25,0 mL est la demi-équivalence
b)pKa=3,75 ; Ka=1,78×10−4
c)L'acide méthanoïque
d)pH initial 2,37 ; pH à l'équivalence 8,22, phénolphtaléine
a)
À l'équivalence, n(base)=n(acide)=0,100×0,0500=5,00×10−3 mol. Comme la base a la même concentration, il faut Veq=0,1005,00×10−3=0,0500 L, soit 50,0 mL. La demi-équivalence est donc à 250,0=25,0 mL, ce qui est exactement le volume auquel la mesure a été faite ✓.
b)
Au point de demi-équivalence, pH=pKa, donc pKa=3,75. Alors Ka=10−3,75=1,78×10−4.
c)
La valeur 1,78×10−4 correspond à l'ACIDE MÉTHANOÏQUE, dont la table donne 1,8×10−4. Les trois autres candidats sont écartés sans ambiguïté : l'acide benzoïque est trois fois plus faible, l'acide éthanoïque dix fois, et l'acide hypochloreux près de six mille fois. L'écart avec la valeur tabulée est inférieur à 2 %, largement dans l'incertitude d'une lecture de pH-mètre.
d)
Prédiction du pH initial : avant tout ajout, on a un acide faible seul à 0,100 mol/L, donc [H+]=KaC=1,78×10−4×0,100=1,78×10−5=4,22×10−3 mol/L, soit pH=2,37. Si le pH-mètre affichait bien cette valeur au départ, l'identification est confirmée par une seconde mesure indépendante. Quant à l'équivalence, on attend un pH BASIQUE, puisque l'acide est faible : le méthanoate formé aura une concentration de 0,1005,00×10−3=0,0500 mol/L, avec Kb=1,78×10−41,0×10−14=5,62×10−11, d'où [OH−]=5,62×10−11×0,0500=1,68×10−6 mol/L et pH=14,00−5,78=8,22. On attend donc l'équivalence vers 8,2, et l'indicateur à choisir est la phénolphtaléine. Remarque de méthode : l'acide méthanoïque étant plus fort que l'acide éthanoïque, son pH d'équivalence, 8,22, est plus bas que les 8,72 trouvés à l'exercice 3, ce qui est cohérent, une base conjuguée d'acide plus fort étant plus faible.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.