Chimie des solutions 202-NYB • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal
Exercices corrigés : la mesure, les incertitudes et le traitement graphique des données (202-NYB)
Voici la série d'exercices corrigés de chimie du cours 202-NYB sur la mesure, les incertitudes et le traitement graphique des données au laboratoire. C'est le volet expérimental du devis, celui que l'on évalue à chaque rapport de laboratoire sans jamais lui consacrer un cours entier. La partie A monte l'outillage dans l'ordre où le laboratoire le demande : la verrerie jaugée et sa tolérance, le cumul des incertitudes dans une dilution en série, la droite de régression calculée à la main sur une courbe d'étalonnage, le coefficient de détermination, l'incertitude sur la pente par les droites extrêmes, et la lecture inverse d'une concentration inconnue. La partie B monte au niveau examen : le tracé qui départage l'ordre 1 de l'ordre 2, la propagation à travers un logarithme, l'exposant qui multiplie une incertitude relative, un comprimé de fer dosé par spectrophotométrie du flacon jusqu'au bidon de rejets, et une énergie d'activation tirée d'une pente d'Arrhenius.
Cette série s'adresse aux étudiants de cégep en Sciences de la nature comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de chimie. Elle suppose acquis le chapitre de la mesure de chimie générale, chiffres significatifs et incertitude d'une mesure isolée, et elle part exactement là où il s'arrête.
Le fil de la série tient en une phrase : en chimie des solutions, la constante cherchée n'est presque jamais une lecture, c'est une PENTE. Tout en découle, y compris la conséquence la moins intuitive du chapitre, à savoir qu'une pente est aveugle à tout ce qui décale tous les points de la même quantité, et que son incertitude ne se lit ni sur un point isolé ni sur le coefficient de détermination.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Incertitude relative =valeur mesureˊeincertitude absolue. Produit ou quotient : les incertitudes RELATIVES s'ajoutent. Somme ou différence : les ABSOLUES s'ajoutent. Puissance n : la relative est MULTIPLIÉE par n, et une racine carrée la divise par deux.
•Verrerie de classe A, tolérances typiques : fiole jaugée 100,00 mL à ±0,08 mL, fiole 250,0 mL à ±0,15 mL, pipette jaugée 10,00 mL à ±0,02 mL, pipette 5,00 mL à ±0,015 mL, burette à ±0,05 mL PAR LECTURE, éprouvette 100 mL à ±1 mL.
•Dilution en série : les facteurs de dilution se MULTIPLIENT, et les incertitudes relatives S'ADDITIONNENT. Une dilution de plus est une incertitude de plus, même faite parfaitement.
•Loi de Beer-Lambert : A=εℓC, droite passant par l'origine quand le blanc est bien fait. Elle cesse d'être linéaire au-dessus de A≈1, et une courbe d'étalonnage ne vaut que sur l'intervalle où elle a été établie.
•Régression linéaire : a=SxxSxy avec Sxx=∑(xi−xˉ)2 et Sxy=∑(xi−xˉ)(yi−yˉ), puis b=yˉ−axˉ. La droite passe TOUJOURS par le point moyen (xˉ;yˉ).
•Coefficient de détermination : r2=SxxSyySxy2. Il mesure l'ALIGNEMENT des points, pas la justesse du modèle, et il ne fournit aucune incertitude.
•Droites extrêmes : la plus raide et la moins raide qui passent encore par toutes les barres d'incertitude. On en tire a=2amax+amin et Δa=2amax−amin, sans aucune statistique.
•Les quatre linéarisations du cours : ordre 1, ln[A] contre t, pente −k; ordre 2, [A]1 contre t, pente +k; Arrhenius, lnk contre T1, pente −REa; Beer-Lambert, A contre C, pente εℓ.
•Traversée d'un logarithme : [H3O+]Δ[H3O+]=ln(10)×ΔpH≈2,30ΔpH. Un ΔpH de 0,02, qui paraît dérisoire, vaut 4,6% sur la concentration.
•Chiffres significatifs d'un résultat logarithmique : seule la MANTISSE compte. pH=2,87 porte deux chiffres significatifs, donc [H3O+]=1,3×10−3 mol/L, et non 1,3490×10−3.
•Écart relatif à une valeur de référence : xref∣xmes−xref∣×100. La mesure est compatible si l'écart tient dans l'incertitude, et on le chiffre en NOMBRE d'incertitudes.
•Erreur aléatoire : elle disperse, elle se réduit en répétant, elle élargit les droites extrêmes. Erreur systématique : elle décale, elle ne se réduit JAMAIS en répétant, et seul un étalonnage ou un montage différent la corrige.
•Une incertitude s'arrondit à un chiffre significatif, et le résultat s'aligne sur elle : C=(1,6±0,1) mg/L.
•Santé-sécurité et environnement : lunettes et sarrau en tout temps, fiche signalétique lue avant la manipulation, rejets métalliques, solvants et solutions acides dans les bidons prévus, jamais à l'évier.
Partie A : de la verrerie à la droite de régression (/50)
Exercice 1 : La verrerie jaugée et la dilution en série
On doit préparer les cinq étalons d'une courbe d'étalonnage à partir d'une solution mère de fer(II) à C0=1,000×10−2 mol/L, connue à 0,10% près. Tolérances de classe A affichées par le fabricant : fiole jaugée 100,00 mL à ±0,08 mL, pipette jaugée 10,00 mL à ±0,02 mL, éprouvette graduée 100 mL à ±1 mL. La figure y ajoute la burette, dont les DEUX lectures à ±0,05 mL portent l'incertitude de ±0,10 mL sur les 25,00 mL délivrés.
La dilution en série consiste à prélever 10,00 mL à la pipette et à compléter à 100,00 mL dans la fiole, puis à recommencer sur la solution obtenue.
a) Calculez l'incertitude relative, en pourcentage, de la pipette jaugée de 10,00 mL, de la fiole jaugée de 100,00 mL et de l'éprouvette de 100 mL.
b) Calculez l'incertitude relative sur la concentration obtenue après UNE dilution, la solution mère étant supposée parfaite pour cette question.
c) On enchaîne TROIS dilutions identiques. Donnez la concentration finale, l'incertitude relative totale (solution mère comprise) et l'incertitude absolue.
d) Un camarade remplace la pipette jaugée par une éprouvette de 10 mL à ±0,1 mL, pour les trois étapes. Que devient l'incertitude relative totale, et par quel facteur ?
e) Les cinq étalons ainsi préparés servent d'AXE DES ABSCISSES à la courbe d'étalonnage. Expliquez pourquoi une pipette mal étalonnée est, ici, bien plus grave qu'une pipette imprécise.
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Réponses
a)0,200% pour la pipette, 0,080% pour la fiole, 1,0% pour l'éprouvette
b)0,280%
c)C3=(1,000±0,009)×10−5 mol/L, soit 0,94%
d)3,34%, soit 3,6 fois plus
e)Elle décale tous les étalons du même côté : la pente bascule sans que rien ne le signale
a)
Pipette : 10,000,02×100=0,200%. Fiole : 100,000,08×100=0,080%. Éprouvette : 1001×100=1,0%. L'éprouvette est cinq fois pire que la pipette alors qu'elle mesure dix fois plus : une tolérance ne se compare qu'une fois rapportée au volume mesuré.
b)
La concentration diluée vaut C1=C0VfioleVpipette : c'est un quotient, donc les incertitudes RELATIVES s'ajoutent. 0,200+0,080=0,280%. Noter que les deux instruments ne pèsent pas pareil : la pipette apporte à elle seule les cinq septièmes du total, parce qu'elle mesure le plus petit volume de la chaîne.
c)
Chaque dilution divise par 10, donc C3=1000C0=1,000×10−5 mol/L. Les trois étapes sont trois quotients successifs : 3×0,280=0,840%, plus les 0,10% de la solution mère, soit 0,94%. Incertitude absolue : 0,0094×1,000×10−5=9,4×10−8 mol/L, donc C3=(1,000±0,009)×10−5 mol/L. La leçon du calcul : les facteurs de dilution se MULTIPLIENT mais les incertitudes s'ADDITIONNENT, si bien qu'une dilution de plus coûte toujours quelque chose, même exécutée parfaitement.
d)
Une étape passe à 10,00,1×100+0,080=1,08%, les trois à 3,24%, et le total à 3,34% avec la solution mère. Le facteur vaut 0,943,34=3,6 : l'incertitude sur tous les étalons est multipliée par plus de trois, et avec elle l'incertitude sur la pente qu'on en tirera. Ce n'est pas une économie de temps, c'est une perte sèche de trois chiffres sur le résultat final.
e)
Parce que les deux défauts ne produisent pas le même dégât sur une droite. Une pipette IMPRÉCISE délivre tantôt 9,98 tantôt 10,02 mL : les erreurs changent de signe d'un étalon à l'autre, les points se dispersent autour de la droite, et cette dispersion se voit, elle élargit les droites extrêmes et elle s'annonce donc dans l'incertitude publiée. Une pipette mal ÉTALONNÉE délivre toujours 9,90 mL : les cinq étalons sont tous 1% trop dilués, dans le même sens, les points restent parfaitement alignés, le coefficient de détermination reste superbe, et la droite entière bascule de 1%. L'erreur systématique se cache donc exactement là où l'on ne regarde pas, dans la PENTE, pendant que tous les indicateurs de qualité restent au vert. Seule une vérification indépendante, peser l'eau délivrée par la pipette, la révèle.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : La régression linéaire à la main, du nuage à la droite
Les cinq étalons de fer(II) complexé à l'orthophénanthroline sont passés au spectrophotomètre à 510 nm, dans une cuve de 1,00 cm. On relève : C=0,500 mg/L, A=0,096; C=1,000 mg/L, A=0,190; C=1,500 mg/L, A=0,290; C=2,000 mg/L, A=0,382; C=2,500 mg/L, A=0,478.
On cherche la droite A=aC+b par la méthode des moindres carrés, avec a=SCCSCA, SCC=∑(Ci−Cˉ)2, SCA=∑(Ci−Cˉ)(Ai−Aˉ) et b=Aˉ−aCˉ.
a) Calculez Cˉ et Aˉ, et dites ce que ce point a de particulier pour la droite cherchée.
b) Calculez SCC et SCA, puis la pente. Donnez son unité et son sens physique.
c) Calculez l'ordonnée à l'origine. Que devrait-elle valoir, et qu'aurait dénoncé une valeur de 0,040 ?
d) Calculez le coefficient de détermination r2=SCCSAASCA2, sachant que SAA=0,091405.
e) Un camarade conclut : « r2=0,9999, donc la loi de Beer-Lambert est démontrée et ma pente est exacte au dix-millième ». Deux fautes, lesquelles ?
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Réponses
a)Cˉ=1,500 mg/L et Aˉ=0,2872 : la droite passe toujours par ce point
c)b=0,0004, donc nulle aux erreurs de mesure près ; 0,040 aurait dénoncé un blanc raté
d)r2=0,9999
e)Il mesure l'alignement et non le modèle, et il ne donne aucune incertitude sur la pente
a)
Cˉ=50,500+1,000+1,500+2,000+2,500=1,500 mg/L et Aˉ=51,436=0,2872. Ce point a une propriété qui ne coûte rien et qui sert de contrôle permanent : la droite des moindres carrés passe TOUJOURS par le point moyen, quelle que soit la dispersion. Si votre droite tracée à la règle ne passe pas par (1,500;0,2872), elle est fausse avant tout calcul.
b)
Les écarts en C valent −1,00, −0,50, 0, +0,50, +1,00, donc SCC=1+0,25+0+0,25+1=2,50. Pour SCA : (−1,00)(−0,1912)+(−0,50)(−0,0972)+0+(0,50)(0,0948)+(1,00)(0,1908)=0,1912+0,0486+0+0,0474+0,1908=0,4780. D'où a=2,500,4780=0,1912 L/(mg⋅cm) pour une cuve de 1,00 cm. Physiquement, cette pente est le produit εℓ de Beer-Lambert : c'est elle, et elle seule, qui contient l'information chimique de l'étalonnage.
c)
b=Aˉ−aCˉ=0,2872−0,1912×1,500=0,2872−0,2868=0,0004. Elle devrait valoir zéro : à concentration nulle, la cuve contient le blanc, et le spectrophotomètre a justement été mis à zéro sur ce blanc. Une ordonnée à l'origine de 0,040 aurait signifié que toutes les absorbances sont majorées de 0,040, donc un blanc raté, une cuve rayée ou un réactif coloré par lui-même. C'est le contrôle le moins cher de la séance, et il ne détecte qu'une seule chose, mais précisément celle qui échappe au coefficient de détermination : un DÉCALAGE commun à tous les points.
d)
r2=2,50×0,091405(0,4780)2=0,2285130,228484=0,9999. Les points sont donc pratiquement alignés.
e)
Première faute : r2 mesure l'ALIGNEMENT, pas la justesse du modèle. Une courbe faiblement incurvée sur un intervalle étroit donne elle aussi 0,999, et une erreur systématique parfaite donne 1,000 exactement tout en étant entièrement fausse. Un r2 ne se lit jamais seul : il se compare à celui du modèle concurrent, ou se double d'un examen des résidus. Seconde faute : r2 ne contient AUCUNE incertitude. Il dit que les points sont alignés, il ne dit pas de combien la pente pourrait bouger si on refaisait la manipulation. Les quatre chiffres affichés par la calculatrice pour la pente sont le résultat d'une division, pas une mesure : il faut une méthode séparée, les droites extrêmes de l'exercice suivant, pour savoir combien de ces chiffres survivent.
Exercice 3 : L'incertitude sur la pente par les droites extrêmes
Le spectrophotomètre du laboratoire est donné à ±0,008 unité d'absorbance, cuve retirée et replacée entre deux lectures. Chaque point de l'étalonnage précédent porte donc une barre verticale de ±0,008, tracée sur la figure; l'incertitude sur les concentrations des étalons, elle, est cent fois plus petite et se néglige ici.
La méthode des droites extrêmes consiste à tracer à la règle la droite la plus RAIDE et la droite la moins raide qui traversent encore toutes les barres, puis à poser a=2amax+amin et Δa=2amax−amin. Aucune statistique n'y intervient.
a) Par quels points la droite la plus raide doit-elle passer, et pourquoi ces deux-là plutôt que les trois autres ?
b) Calculez la pente maximale.
c) Calculez la pente minimale.
d) Donnez la pente avec son incertitude, puis l'incertitude relative. Combien de chiffres de la valeur 0,1912 trouvée à la régression survivent ?
e) Calculez les deux ordonnées à l'origine extrêmes. Que peut-on affirmer sur le blanc, et que faudrait-il conclure si l'intervalle obtenu avait été [0,030;0,055] ?
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Réponses
a)Par (0,500;0,088) et (2,500;0,486), les deux points extrêmes
b)amax=0,199 L/(mg⋅cm)
c)amin=0,183 L/(mg⋅cm)
d)a=(0,191±0,008) L/(mg⋅cm), soit 4,2% : deux chiffres survivent
e)b∈[−0,012;+0,013], compatible avec zéro ; [0,030;0,055] dénoncerait une erreur systématique
a)
Par le BAS de la barre du premier point et le HAUT de la barre du dernier : (0,500;0,088) et (2,500;0,486). Deux raisons. D'abord une pente est un rapport de différences : pour la rendre maximale, on abaisse le point de gauche et on relève celui de droite, et ce sont les points extrêmes qui donnent le plus grand bras de levier. Ensuite les trois points du milieu ne contraignent rien ici, leurs barres étant traversées par la droite obtenue; il faudrait les vérifier et déplacer la droite si l'une d'elles était manquée, ce qui arrive dès qu'un point est aberrant.
Symétriquement, par le haut du premier point et le bas du dernier : amin=2,0000,470−0,104=2,0000,366=0,183 L/(mg⋅cm).
d)
a=20,199+0,183=0,191 et Δa=20,199−0,183=0,008, soit a=(0,191±0,008) L/(mg⋅cm) et 0,1910,008×100=4,2%. Le milieu des deux droites extrêmes retombe sur 0,191, à un millième de la régression : les deux méthodes sont d'accord sur la VALEUR. Elles ne le sont pas sur le nombre de chiffres. Des quatre chiffres de 0,1912, DEUX survivent : l'incertitude porte déjà sur le troisième. Écrire 0,1912 dans un rapport, c'est affirmer une précision cinquante fois meilleure que celle de l'instrument.
e)
Droite haute : bmax=0,088−0,199×0,500=−0,0115. Droite basse : bmin=0,104−0,183×0,500=+0,0125. L'intervalle [−0,012;+0,013] contient zéro : le blanc est compatible avec zéro, rien ne le contredit, et c'est tout ce qu'on peut affirmer. Un intervalle [0,030;0,055], lui, exclurait zéro : il y aurait alors une absorbance résiduelle de quelques centièmes que la dispersion des mesures ne suffit pas à expliquer, donc une erreur SYSTÉMATIQUE, cuve rayée, blanc préparé sans le réactif ou réactif légèrement coloré. Et cette erreur-là, il faut y insister, laisserait la pente intacte : elle remonte tous les points de la même quantité, ce qui déplace b sans toucher à a. C'est la raison profonde pour laquelle on cherche une constante dans une pente plutôt que dans une lecture isolée.
Exercice 4 : La lecture inverse et son incertitude
On dispose maintenant de la droite d'étalonnage A=aC+b avec a=(0,191±0,008) L/(mg⋅cm) et b=0,000, établie pour C entre 0,500 et 2,500 mg/L. Un échantillon d'eau de rivière est traité par le même réactif : on en prélève 5,00 mL à la pipette (±0,015 mL) que l'on complète à 100,00 mL (±0,08 mL), et la cuve donne A=0,305±0,008.
Le schéma ci-dessous représente la préparation de l'échantillon.
a) Calculez la concentration en fer de la solution passée au spectrophotomètre.
b) Calculez son incertitude relative puis absolue, et écrivez le résultat publiable.
c) Remontez à la concentration en fer de l'eau de rivière, avec son incertitude.
d) Une seconde rivière donne A=1,20. Un camarade applique la même droite et annonce 6,27 mg/L. Pourquoi ce nombre n'a-t-il aucun sens, et que faut-il faire ?
e) Une troisième donne A=0,012. Calculez l'incertitude relative sur l'absorbance et concluez sur la façon dont il faut amener un échantillon devant l'appareil.
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Réponses
a)C=1,596 mg/L avant examen de l'incertitude
b)6,8%, soit C=(1,6±0,1) mg/L ; la pente domine
c)C=(32±2) mg/L, soit 7,2%
d)Au-dessus de A≈1 la loi n'est plus linéaire : il faut diluer et relire
e)67% : on amène l'échantillon au milieu de la gamme, vers A=0,3 à 0,7
a)
On inverse la droite : C=aA−b=0,1910,305−0,000=1,596 mg/L, que la calculatrice donnera à autant de chiffres qu'on voudra. C'est le calcul le plus facile du chapitre et c'est aussi celui qu'on rend faux en s'arrêtant là.
b)
Le quotient aA fait s'ajouter les incertitudes RELATIVES : 0,3050,008×100=2,6% pour l'absorbance, 4,2% pour la pente, total 6,8%. Incertitude absolue : 0,068×1,596=0,11 mg/L, arrondie à un chiffre significatif, donc 0,1 mg/L. Résultat publiable : C=(1,6±0,1) mg/L. Deux chiffres, pas quatre. Noter lequel des deux postes domine : la PENTE, pour les deux tiers. Améliorer la lecture d'absorbance ne rapporterait presque rien tant que la courbe d'étalonnage reste celle-là, ce qui est tout le contraire de l'intuition, car c'est la lecture que l'on vient de faire et la courbe qui date d'il y a une heure.
c)
La dilution a multiplié par 5,00100,00=20,0, donc Criviere=20,0×1,596=31,9 mg/L. Elle ajoute ses propres relatives : 5,000,015×100=0,30% et 100,000,08×100=0,08%, soit 6,8+0,38=7,2% et ΔC=0,072×31,9=2,3 mg/L. On publie C=(32±2) mg/L. La verrerie n'a ajouté que 0,4 point de pourcentage sur 7,2 : elle est hors de cause, et c'est un résultat utile, car c'est elle qu'on soigne spontanément.
d)
Parce que la loi de Beer-Lambert cesse d'être linéaire bien avant A=1,20. Au-delà de A≈1, la lumière parasite de l'appareil, l'association des molécules colorées entre elles et la variation d'indice de la solution courbent la relation vers le bas : la droite prolongée SOUS-ESTIME la concentration, et d'autant plus qu'on va loin. Ce n'est donc pas seulement que l'on sort de l'intervalle étalonné, c'est que la loi elle-même a changé de forme, et ajouter des étalons plus concentrés ne sauverait rien. Le geste correct : diluer l'échantillon d'un facteur connu, relire, et multiplier. Une dilution au cinquième amènerait A vers 0,24, en plein dans la zone étalonnée.
e)
0,0120,008×100=67% : le résultat ne vaut plus rien. L'incertitude absolue sur l'absorbance ne dépend pas du signal, elle vaut toujours 0,008; c'est donc l'incertitude RELATIVE qui explose quand le signal s'approche de zéro. À l'autre bout, au-dessus de A=1, c'est la linéarité qui se perd. Entre les deux, la précision relative est la meilleure vers le milieu de la gamme. La règle opératoire qui en sort, et que l'on applique sans réfléchir en laboratoire : on amène l'échantillon par dilution ou par concentration au MILIEU de la courbe d'étalonnage, typiquement vers A=0,3 à 0,7, au lieu de le lire là où il se trouve.
Exercice 5 : Linéariser, c'est le tracé qui décide de l'ordre
On suit la disparition d'un réactif coloré A au spectrophotomètre, et l'étalonnage permet d'écrire directement les concentrations. On relève, en mol/L : t=0 min, 0,0500; t=20, 0,0382; t=40, 0,0315; t=60, 0,0262; t=80, 0,0229; t=100, 0,0199.
La figure donne le tracé brut de [A] en fonction du temps. Pour les régressions, on donne Stt=7000, puis pour y=ln[A] : Sty=−63,26 et Syy=0,5814; et pour y=[A]1 : Sty=2101,5 et Syy=631,19.
a) Que peut-on conclure du tracé brut de la figure, et que ne peut-on pas en conclure ?
b) Calculez le coefficient de détermination de la régression de ln[A] contre t, puis celui de [A]1 contre t. Quel ordre le tracé désigne-t-il ?
c) Calculez la constante de vitesse et donnez son unité. Vérifiez la concentration initiale que la régression prédit.
d) L'ordre 1 donne pourtant r2 supérieur à 0,98. Les résidus de cette régression valent, dans l'ordre : +0,061, −0,027, −0,039, −0,043, +0,004, +0,044. Qu'y lit-on que le coefficient de détermination ne dit pas ?
e) Calculez la première demi-vie à partir de vos résultats, puis le temps nécessaire pour descendre à 0,0100 mol/L.
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Réponses
a)Il exclut l'ordre 0 et rien de plus : ordre 1 et ordre 2 y sont indiscernables
b)r2=0,983 en ordre 1 contre 0,9995 en ordre 2 : la réaction est d'ordre 2
c)k=0,300 L/(mol⋅min), et la régression redonne [A]0=0,0500 mol/L
d)Un motif en arc, +−−−++, que le r2 ne peut pas voir
e)t1/2=66,6 min et t=266 min pour descendre à 0,0100 mol/L
a)
On y lit une décroissance qui s'aplatit, donc une vitesse qui diminue à mesure que le réactif se raréfie, et on peut en éliminer l'ordre 0, dont la loi intégrée [A]=[A]0−kt donnerait une DROITE descendante. C'est tout. L'ordre 1 et l'ordre 2 produisent tous deux une décroissance incurvée qui s'aplatit, et à l'oeil elles sont indiscernables. Ce graphique-ci ne tranche donc rien, et c'est précisément pour cela qu'on linéarise : on ne compare pas deux courbes, on compare deux ALIGNEMENTS, ce qu'un oeil humain sait faire et une règle peut vérifier.
b)
Ordre 1 : r2=7000×0,5814(−63,26)2=4069,84001,8=0,983. Ordre 2 : r2=7000×631,19(2101,5)2=44183304416300=0,9995. Le second est trente fois plus proche de 1 en termes d'écart résiduel : 0,0005 contre 0,017. Le tracé de [A]1 contre t est celui qui s'aligne, donc la réaction est d'ORDRE 2. Le point de méthode : un r2 ne se lit jamais seul, il se COMPARE à celui du modèle concurrent, et c'est l'écart à 1 qu'on compare, pas la valeur elle-même.
c)
Pour l'ordre 2, [A]1=[A]01+kt : la pente vaut +k. k=SttSty=70002101,5=0,300 L/(mol⋅min). Les unités : [A]1 est en L/mol, divisé par des minutes, donc L⋅mol−1⋅min−1, et ce sont bien celles d'une constante d'ordre 2. L'ordonnée à l'origine vaut yˉ−ktˉ=35,00−0,300×50=19,99 L/mol, donc [A]0=19,991=0,0500 mol/L : on retrouve la concentration de départ mesurée, ce qui confirme que la droite n'a pas été forcée.
d)
On y lit un MOTIF : les résidus sont positifs aux deux bouts et négatifs au milieu, +−−−++. Une dispersion purement aléatoire changerait de signe sans ordre; celle-ci dessine une courbe. Le modèle d'ordre 1 est donc systématiquement trop bas au centre et trop haut aux extrémités, ce qui est la signature d'une droite ajustée sur des points courbés. Le coefficient de détermination, lui, ne voit rien de tout cela : il additionne des carrés et perd le signe, donc il ne distingue pas six écarts aléatoires de six écarts organisés en arc. Regarder les résidus coûte trente secondes et répond à la question que r2 ne pose pas, celle du MODÈLE.
e)
Pour l'ordre 2, t1/2=k[A]01=0,300×0,05001=66,6 min, ce qui est cohérent avec le tableau, où [A] vaut encore 0,0262 à 60 min. Pour descendre à 0,0100 mol/L : t=k1(0,01001−0,05001)=0,300100−20=266 min. Quatre fois la première demi-vie n'en divise pas la concentration par seize, loin de là : une réaction d'ordre 2 traîne interminablement, sa vitesse chutant comme le carré de ce qui reste.
Partie B : de la pente à la constante publiée (/50)
Exercice 6 : Le logarithme ne se propage pas comme une concentration
On prépare une solution d'acide acétique à C=0,100 mol/L, connue à 0,5% près, et on mesure son pH avec une électrode étalonnée sur deux tampons. L'affichage donne pH=2,87, et le constructeur annonce ±0,02 unité de pH.
On rappelle que pour un acide faible HA de concentration C, Ka=C−[H3O+][H3O+]2.
Le schéma ci-dessous représente la mesure.
a) Calculez la concentration en ions hydronium.
b) Calculez son incertitude relative, puis son incertitude absolue. Comparez à l'incertitude relative sur le pH lui-même.
c) Calculez Ka, puis son incertitude relative et absolue. Écrivez le résultat publiable.
d) Donnez pKa avec son incertitude. La valeur de référence est 1,8×10−5 : la mesure est-elle compatible ?
e) Combien de chiffres significatifs porte la concentration en ions hydronium déduite de pH=2,87 ?
Voir la correction
Réponses
a)[H3O+]=1,349×10−3 mol/L
b)4,6%, soit 6,2×10−5 mol/L, contre 0,70% lus sur le pH
c)Ka=(1,8±0,2)×10−5, soit 9,7%
d)pKa=4,73±0,04, compatible avec 4,74
e)Deux, ceux de la mantisse
a)
[H3O+]=10−pH=10−2,87=1,349×10−3 mol/L.
b)
Une incertitude ne traverse pas un logarithme en pourcentage. De pH=−log[H3O+] on tire [H3O+]Δ[H3O+]=ln(10)×ΔpH=2,303×0,02=0,046, soit 4,6%. Incertitude absolue : 0,046×1,349×10−3=6,2×10−5, donc [H3O+]=(1,35±0,06)×10−3 mol/L. Or l'incertitude relative sur le pH vaut 2,870,02×100=0,70% : sept dixièmes de pour cent d'un côté, presque cinq pour cent de l'autre. C'est le piège central du chapitre, et il se dit en une phrase : un ΔpH est une incertitude ABSOLUE sur un exposant, donc une incertitude RELATIVE sur la concentration. Le pourcentage lu sur le pH n'a aucun sens chimique.
c)
Ka=0,100−0,001349(1,349×10−3)2=0,098651,820×10−6=1,845×10−5. La concentration en ions hydronium y apparaît au CARRÉ, donc sa relative est doublée : 2×4,6=9,2%, plus les 0,5% de la solution préparée, soit 9,7%. Incertitude absolue : 0,097×1,845×10−5=1,8×10−6. Résultat publiable : Ka=(1,8±0,2)×10−5. Deux chiffres sur le pH en ont donné deux sur la constante : la chaîne n'a rien gagné et rien perdu, mais l'illusion des quatre chiffres de la calculatrice a bien failli faire écrire 1,845×10−5.
d)
pKa=−log(1,845×10−5)=4,734. Le retour dans le logarithme divise la relative par ln10 : ΔpKa=2,3030,097=0,042, donc pKa=4,73±0,04. La référence 1,8×10−5 correspond à pKa=4,74, soit un écart de 0,01, un quart d'incertitude : parfaitement compatible. En relatif sur Ka, l'écart vaut 2,5% pour une incertitude de 9,7%, ce qui dit la même chose. Noter au passage que ΔpKa=0,042 est le double de ΔpH=0,02 : le carré du numérateur se retrouve intact après l'aller-retour dans les logarithmes.
e)
DEUX. Dans un logarithme, seule la MANTISSE, la partie après la virgule, porte des chiffres significatifs; la caractéristique, ici le 2, ne fait que donner la puissance de dix, exactement comme l'exposant d'une notation scientifique n'en porte aucun. La mantisse 87 a deux chiffres, donc [H3O+]=1,3×10−3 mol/L et pas un chiffre de plus, ce que l'incertitude de 4,6% confirme indépendamment. La conséquence pratique est brutale : pour obtenir une concentration à trois chiffres significatifs il faudrait un pH à trois décimales, 2,870, c'est-à-dire un pH-mètre et un étalonnage d'un tout autre niveau que celui du laboratoire d'enseignement.
Exercice 7 : L'exposant multiplie l'incertitude, un Ksp tiré d'un pH
On agite de l'hydroxyde de calcium solide dans de l'eau distillée jusqu'à saturation, on filtre, et on mesure le pH du filtrat : pH=12,35±0,02 à 25∘C. La dissolution s'écrit Ca(OH)2(s)⇌Ca2++2OH−, d'où Kps=4s3 avec s la solubilité molaire.
La valeur de référence à 25∘C est Kps=5,5×10−6. On prendra Ke=1,0×10−14.
Le schéma ci-dessous représente la mesure.
a) Calculez la concentration en ions hydroxyde, puis la solubilité molaire.
b) Calculez le produit de solubilité.
c) Donnez l'incertitude relative sur la solubilité, puis celle sur le produit de solubilité. Écrivez le résultat publiable.
d) Calculez l'écart relatif à la valeur de référence, puis exprimez-le en nombre d'incertitudes. Conclusion ?
e) On veut un produit de solubilité à 5% près. Quelle incertitude sur le pH faudrait-il ? Répéter la mesure dix fois suffirait-il ?
Voir la correction
Réponses
a)[OH−]=2,239×10−2 mol/L et s=1,119×10−2 mol/L
b)Kps=5,61×10−6
c)4,6% sur s, 13,8% sur Kps, soit (5,6±0,8)×10−6
d)2,0% d'écart, soit 0,14 incertitude : pleinement compatible
e)ΔpH=0,007, hors de portée ; répéter ne corrige pas un étalonnage
a)
pOH=14,00−12,35=1,65, donc [OH−]=10−1,65=2,239×10−2 mol/L. Chaque unité formulaire dissoute libère DEUX ions hydroxyde, donc s=2[OH−]=1,119×10−2 mol/L. Le facteur 2 ici est le premier piège, et il n'a rien à voir avec les incertitudes : il vient de l'équation de dissolution, qu'on écrit avant tout calcul.
b)
Kps=4s3=4×(1,119×10−2)3=4×1,402×10−6=5,61×10−6.
c)
La solubilité est la moitié de [OH−], et diviser par un nombre exact ne change pas l'incertitude relative : ln(10)×0,02=4,6%, la même que sur [OH−]. Le produit de solubilité, lui, est en s3 : une puissance MULTIPLIE l'incertitude relative par son exposant, donc 3×4,6=13,8%. Le 4 est exact et n'apporte rien. Incertitude absolue : 0,138×5,61×10−6=7,8×10−7. On publie Kps=(5,6±0,8)×10−6. Deux centièmes d'unité de pH sont devenus quatorze pour cent sur la constante, par la seule composition d'un logarithme et d'un cube.
d)
5,50∣5,61−5,50∣×100=2,0%. En nombre d'incertitudes : 0,78×10−60,11×10−6=0,14. L'écart tient dans un septième de l'incertitude : la mesure est pleinement compatible avec la référence, et on ne peut rien affirmer de plus. Il serait faux de se féliciter des deux pour cent comme d'une performance : avec une barre de quatorze pour cent, la manipulation aurait aussi bien pu tomber sur 5,0 ou 6,2×10−6 sans que rien ne soit critiquable.
e)
Il faudrait 3×ln(10)×ΔpH=0,05, soit ΔpH=6,910,05=0,007. Aucun pH-mètre de laboratoire d'enseignement ne tient sept millièmes d'unité de pH, ne serait-ce que parce que les tampons d'étalonnage eux-mêmes sont donnés à ±0,01. Et répéter n'y changerait rien : l'incertitude de ±0,02 est celle de l'ÉTALONNAGE de l'électrode, donc une erreur systématique qui décale toutes les lectures du même côté. Répéter dix fois donnerait dix valeurs presque identiques et toutes décalées pareil, avec en prime l'illusion rassurante d'une excellente fidélité. Le seul remède est un changement de méthode : doser le filtrat à l'acide chlorhydrique à la burette donne la même solubilité avec une incertitude dix fois moindre, parce que la burette ne passe par aucun logarithme.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est à déclarer vraie ou fausse. Si elle est fausse, la correction attendue est la phrase juste, pas seulement le mot changé.
a) « Un coefficient de détermination de 0,998 prouve que le modèle choisi est le bon. »
b) « Le pH mesuré vaut 2,87 : trois chiffres écrits, donc trois chiffres significatifs, et la concentration se publie avec trois chiffres. »
c) « Une erreur systématique finit par disparaître si on répète la mesure assez de fois. »
d) « Pour trouver l'ordre d'une réaction, on trace toujours la concentration en fonction du temps. »
e) « L'incertitude relative d'un produit est la somme des incertitudes ABSOLUES de ses facteurs. »
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Réponses
a)Faux : il mesure l'alignement, pas le modèle, et il ne donne aucune incertitude
b)Faux : deux chiffres significatifs, donc [H3O+]=1,3×10−3 mol/L
c)Faux : répéter ne réduit que l'erreur aléatoire
d)Faux : on trace les linéarisations, le tracé brut n'exclut que l'ordre 0
e)Faux : dans un produit ce sont les incertitudes relatives qui s'ajoutent
a)
FAUX. Le coefficient de détermination mesure l'ALIGNEMENT des points autour de la droite ajustée, rien d'autre. Sur un intervalle étroit, une courbe légèrement incurvée donne 0,998 sans peine, et c'est exactement ce qui arrive à l'exercice 5, où l'ordre 1 affiche 0,983 tout en étant le mauvais modèle. Deux gestes valent mieux que la lecture d'un nombre : comparer le r2 à celui du modèle CONCURRENT, en comparant les écarts à 1 et non les valeurs, et regarder les RÉSIDUS, dont un motif en arc dénonce la courbure que r2 ne peut pas voir. La phrase juste : un coefficient de détermination proche de 1 dit que les points sont alignés, il ne dit ni que le modèle est le bon, ni de combien la pente peut bouger.
b)
FAUX. Dans un logarithme, seule la mantisse porte des chiffres significatifs : la caractéristique 2 place la puissance de dix, comme l'exposant d'une notation scientifique. La mantisse 87 en a deux, donc [H3O+]=1,3×10−3 mol/L. L'incertitude le confirme séparément : ln(10)×0,02=4,6%, ce qui met déjà en cause le deuxième chiffre. La phrase juste : pH=2,87 porte deux chiffres significatifs, donc la concentration se publie avec deux chiffres.
c)
FAUX, et c'est la confusion la plus coûteuse du laboratoire. Répéter une mesure réduit la part ALÉATOIRE, qui change de signe d'un essai à l'autre et se compense en moyenne. Une erreur systématique, elle, tombe toujours du même côté : une électrode étalonnée sur un tampon périmé décale tous les pH de 0,05 unité, et mille mesures donneront mille valeurs décalées de 0,05, avec en prime une fidélité superbe qui inspire confiance. Seuls un étalonnage, un blanc, un témoin ou une seconde méthode indépendante la révèlent. La phrase juste : répéter réduit l'erreur aléatoire et ne touche jamais à l'erreur systématique.
d)
FAUX. Le tracé de [A] contre t ne départage rien : il n'est une droite que pour l'ordre 0, et les ordres 1 et 2 y donnent deux décroissances incurvées que l'oeil ne distingue pas. On trace au contraire les LINÉARISATIONS, ln[A] contre t pour l'ordre 1 et [A]1 contre t pour l'ordre 2, et c'est celle qui s'aligne qui désigne l'ordre. La phrase juste : on trace les linéarisations candidates et on garde celle qui donne une droite, le tracé brut ne permettant que d'exclure l'ordre 0.
e)
FAUX, deux fois. La règle porte sur les incertitudes RELATIVES, et pour un produit ou un quotient ce sont elles qui s'additionnent : PΔP=xΔx+yΔy. Ce sont les ABSOLUES qui s'ajoutent dans une somme ou une différence. Additionner des absolues dans un produit n'a d'ailleurs aucun sens dimensionnel : on ajouterait des millilitres à des grammes. La phrase juste : pour un produit ou un quotient, les incertitudes relatives s'ajoutent; pour une somme ou une différence, ce sont les absolues.
Exercice 9 : Problème : doser le fer d'un comprimé par spectrophotométrie
Un comprimé de supplément alimentaire annonce 27,0 mg de fer élémentaire. On le broie, on le dissout en milieu chlorhydrique dilué, on filtre et on complète à une fiole jaugée de 250,0 mL (±0,15 mL). On prélève 5,00 mL à la pipette (±0,015 mL), on ajoute le réducteur et l'orthophénanthroline, et on complète à une seconde fiole de 250,0 mL (±0,15 mL). La cuve donne A=0,412±0,008.
On utilise la courbe d'étalonnage des exercices précédents : A=aC avec a=(0,191±0,008) L/(mg⋅cm), établie de 0,500 à 2,500 mg/L.
Le schéma ci-dessous représente la chaîne de préparation.
a) Calculez la concentration de la cuve, puis celle de la fiole mère, puis la masse de fer du comprimé.
b) Calculez l'écart relatif à la valeur annoncée sur l'étiquette.
c) Dressez le budget d'incertitude, poste par poste, puis donnez la masse publiable.
d) Quel poste domine ? Chiffrez le gain d'une courbe d'étalonnage deux fois plus serrée, puis celui d'une verrerie parfaite. Que faut-il en conclure sur la façon d'améliorer ce dosage ?
e) Nommez les précautions de santé-sécurité et le traitement des rejets qu'exige ce protocole.
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Réponses
a)2,157 mg/L dans la cuve, 107,9 mg/L dans la fiole mère, m=26,97 mg
b)0,1%
c)6,5% au total, donc m=(27±2) mg : comprimé conforme
d)La pente, deux tiers du budget ; 32% de gain contre 6% pour la verrerie
e)Lunettes, sarrau, réducteur sous hotte, et rejets au bidon métallique, jamais à l'évier
a)
Cuve : C=0,1910,412=2,157 mg/L, valeur bien au centre de la gamme étalonnée, ce qui est le signe d'un protocole correctement dimensionné. Facteur de dilution : 5,00250,0=50,0, donc la fiole mère est à 50,0×2,157=107,9 mg/L. Masse dans les 250,0 mL : m=107,9×0,2500=26,97 mg. On garde ce nombre non arrondi pour la suite et on n'arrondira qu'une fois l'incertitude connue.
b)
27,0∣26,97−27,0∣×100=0,1%. Un accord spectaculaire, dont on va voir qu'il ne prouve à peu près rien.
c)
Cinq postes, tous en incertitudes relatives puisque tout est produit et quotient. Absorbance : 0,4120,008×100=1,9%. Pente de l'étalonnage : 4,2%. Pipette de 5,00 mL : 5,000,015×100=0,30%. Fiole de la dilution : 250,00,15×100=0,060%. Fiole mère : 0,060%. Total 6,5%, donc Δm=0,065×26,97=1,8 mg, arrondi à un chiffre significatif : 2 mg. On publie m=(27±2) mg. Le comprimé est conforme, et c'est tout ce qu'on a le droit d'écrire : ce dosage ne distinguerait pas un comprimé à 27 mg d'un comprimé à 28,5 mg. Les 0,1% d'écart de b) sont donc une coïncidence heureuse, pas une preuve de justesse.
d)
La pente domine, avec 4,2 points sur 6,5, soit près des deux tiers du budget; l'absorbance en fournit 30% et toute la verrerie 6%. Diviser l'incertitude de la pente par deux, en doublant le nombre d'étalons et en les lisant chacun trois fois, ramène le total à 4,5% et Δm à 1,2 mg : on gagne 32%. Rendre la verrerie PARFAITE, c'est-à-dire supprimer entièrement trois postes, ramène le total à 6,1% et Δm à 1,7 mg : on gagne 6%. La conclusion est contre-intuitive et vaut pour tout ce chapitre : on soigne spontanément le geste visible, le trait de la fiole et le ménisque de la pipette, alors que le résultat est commandé par un objet invisible et déjà rangé, la droite d'étalonnage. Soigner l'étalonnage rapporte cinq fois plus que soigner la verrerie.
e)
Lunettes de sécurité et sarrau pendant toute la manipulation, gants pour la reprise acide. L'acide chlorhydrique dilué se verse toujours dans l'eau et jamais l'inverse, et la fiche signalétique se lit avant la séance, pas après l'accident : le réducteur employé pour maintenir le fer au degré d'oxydation deux, chlorhydrate d'hydroxylamine ou hydroquinone selon les protocoles, est toxique et ne se manipule qu'à la spatule, sous hotte pour la pesée. Côté rejets, rien ne va à l'évier : la solution finale contient du fer complexé, de l'orthophénanthroline et le réducteur, et elle va au bidon des rejets métalliques, préalablement neutralisée si elle reste franchement acide. Les eaux de rinçage des cuves y vont aussi. La raison n'est pas administrative : un groupe de trente étudiants produit plusieurs litres de solution ferreuse par séance, et l'orthophénanthroline est toxique pour les organismes aquatiques.
Exercice 10 : Problème : une énergie d'activation lue dans une pente
On suit au spectrophotomètre la décomposition de l'eau oxygénée catalysée par l'ion iodure, à cinq températures imposées par un bain thermostaté. Les constantes de vitesse obtenues sont : 298 K, k=9,2×10−3; 308 K, 1,97×10−2; 318 K, 4,25×10−2; 328 K, 8,20×10−2; 338 K, 1,62×10−1, toutes en s−1.
On donne R=8,314 J/(mol⋅K), et pour la régression de lnk contre T1000 : Sxx=0,098587, Sxy=−0,71157 et Syy=5,13696. La valeur de référence de la littérature est Ea=58,8 kJ/mol.
La figure porte les cinq constantes mesurées en fonction de la température.
a) Que porte-t-on en abscisse et en ordonnée, et que vaut la pente en fonction de l'énergie d'activation ?
b) Calculez la pente de la régression, puis l'énergie d'activation en kilojoules par mole.
c) Calculez le coefficient de détermination. Un camarade en conclut que l'énergie d'activation est connue au millième de kilojoule. Que répondez-vous ?
d) Les deux droites extrêmes ont des pentes de −7,10 et −7,34. Donnez l'énergie d'activation avec son incertitude, puis l'écart à la référence en pourcentage et en nombre d'incertitudes.
e) Deux défauts sont découverts après coup : le thermostat lisait 1,0 K trop bas à toutes les températures, et la cuve du spectrophotomètre, rayée, majorait toutes les constantes de vitesse de 3%. Classez-les, et dites lequel fausse l'énergie d'activation.
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Réponses
a)lnk en ordonnée, T1 en kelvins en abscisse, pente −REa
b)Pente −7,218, donc Ea=60,0 kJ/mol
c)r2=0,9998 : le modèle tient, mais aucune incertitude n'en sort
d)Ea=(60,0±1,0) kJ/mol, écart de 2,0%, soit 1,2 incertitude
e)Les deux sont systématiques ; le thermostat déplace Ea de 0,6%, la cuve rayée ne la touche pas
a)
On linéarise k=Ae−Ea/RT en prenant le logarithme : lnk=lnA−REa⋅T1. On porte donc lnk en ordonnée et T1 en abscisse, ici sous la forme T1000 pour manipuler des nombres autour de 3 plutôt que des millièmes. La pente vaut −1000REa, et l'ordonnée à l'origine lnA. La température s'exprime obligatoirement en KELVINS, et cette conversion oubliée est la faute la plus fréquente du calcul.
b)
a=SxxSxy=0,098587−0,71157=−7,218. Donc Ea=−a×1000R=7,218×1000×8,314=6,00×104 J/mol, soit 60,0 kJ/mol, valeur typique d'une réaction catalysée en solution. Contrôle utile : la pente est forcément NÉGATIVE, puisque chauffer accélère; une pente positive signalerait une inversion d'axes ou un oubli du signe de l'exposant.
c)
r2=0,098587×5,13696(−0,71157)2=0,506410,50633=0,9998. La réponse au camarade tient en deux temps. D'abord, les cinq points sont effectivement très bien alignés, ce qui confirme que la loi d'Arrhenius décrit bien cette réaction sur cet intervalle : c'est une information sur le MODÈLE, et elle est bonne à prendre. Ensuite, cela ne dit toujours rien de l'incertitude : un coefficient de détermination ne se convertit pas en barre d'erreur, et les cinq chiffres que la calculatrice affiche pour la pente sont le résultat d'une division, pas une mesure. Il faut une méthode séparée, et c'est l'objet de la question suivante.
d)
Ea,max=7,34×8,314=61,0 kJ/mol et Ea,min=7,10×8,314=59,0 kJ/mol, d'où Ea=261,0+59,0=60,0 kJ/mol et ΔEa=261,0−59,0=1,0 kJ/mol. On publie Ea=(60,0±1,0) kJ/mol, soit 1,7%. Écart à la référence : 58,8∣60,0−58,8∣×100=2,0%, soit 1,01,2=1,2 incertitude. L'accord est acceptable sans être parfait : un écart d'un peu plus d'une incertitude ne condamne pas la mesure, mais il laisse ouverte l'hypothèse d'un petit biais, ce que la question suivante va justement examiner.
e)
Les deux sont SYSTÉMATIQUES : ils tombent toujours du même côté, et aucune répétition ne les révélerait. Ils ne font pourtant pas le même dégât. Le thermostat décale les cinq températures de la même quantité, mais l'abscisse est en T1, où un décalage constant ne se transmet pas tel quel : refaire le calcul avec 299, 309, 319, 329 et 339 K donne 60,4 kJ/mol, soit 0,6% de plus, six fois moins que l'incertitude. La cuve rayée, elle, multiplie toutes les constantes par 1,03, donc ajoute ln(1,03)=0,0296 à tous les lnk : elle translate le nuage entier vers le haut sans changer aucun écart, donc la pente ne bouge pas d'un chiffre et l'énergie d'activation est EXACTEMENT la même. Seule l'ordonnée à l'origine est touchée, donc le facteur préexponentiel. On tient là le fil de toute la série : une pente est aveugle à tout ce qui décale tous les points de la même quantité, et c'est précisément ce qui rend une constante lue dans une pente plus solide qu'une constante lue sur un appareil. L'écart de 2% à la référence ne vient donc ni de l'une ni de l'autre de ces deux causes.
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