Exercice 1 : La verrerie jaugée et la dilution en série
On doit préparer les cinq étalons d'une courbe d'étalonnage à partir d'une solution mère de fer(II) à mol/L, connue à près. Tolérances de classe A affichées par le fabricant : fiole jaugée mL à mL, pipette jaugée mL à mL, éprouvette graduée mL à mL. La figure y ajoute la burette, dont les DEUX lectures à mL portent l'incertitude de mL sur les mL délivrés.
La dilution en série consiste à prélever mL à la pipette et à compléter à mL dans la fiole, puis à recommencer sur la solution obtenue.
- a) Calculez l'incertitude relative, en pourcentage, de la pipette jaugée de mL, de la fiole jaugée de mL et de l'éprouvette de mL.
- b) Calculez l'incertitude relative sur la concentration obtenue après UNE dilution, la solution mère étant supposée parfaite pour cette question.
- c) On enchaîne TROIS dilutions identiques. Donnez la concentration finale, l'incertitude relative totale (solution mère comprise) et l'incertitude absolue.
- d) Un camarade remplace la pipette jaugée par une éprouvette de mL à mL, pour les trois étapes. Que devient l'incertitude relative totale, et par quel facteur ?
- e) Les cinq étalons ainsi préparés servent d'AXE DES ABSCISSES à la courbe d'étalonnage. Expliquez pourquoi une pipette mal étalonnée est, ici, bien plus grave qu'une pipette imprécise.
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Réponses
- a) pour la pipette, pour la fiole, pour l'éprouvette
- b)
- c) mol/L, soit
- d) , soit fois plus
- e) Elle décale tous les étalons du même côté : la pente bascule sans que rien ne le signale
a) Pipette : . Fiole : . Éprouvette : . L'éprouvette est cinq fois pire que la pipette alors qu'elle mesure dix fois plus : une tolérance ne se compare qu'une fois rapportée au volume mesuré.
b) La concentration diluée vaut : c'est un quotient, donc les incertitudes RELATIVES s'ajoutent. . Noter que les deux instruments ne pèsent pas pareil : la pipette apporte à elle seule les cinq septièmes du total, parce qu'elle mesure le plus petit volume de la chaîne.
c) Chaque dilution divise par , donc mol/L. Les trois étapes sont trois quotients successifs : , plus les de la solution mère, soit . Incertitude absolue : mol/L, donc mol/L. La leçon du calcul : les facteurs de dilution se MULTIPLIENT mais les incertitudes s'ADDITIONNENT, si bien qu'une dilution de plus coûte toujours quelque chose, même exécutée parfaitement.
d) Une étape passe à , les trois à , et le total à avec la solution mère. Le facteur vaut : l'incertitude sur tous les étalons est multipliée par plus de trois, et avec elle l'incertitude sur la pente qu'on en tirera. Ce n'est pas une économie de temps, c'est une perte sèche de trois chiffres sur le résultat final.
e) Parce que les deux défauts ne produisent pas le même dégât sur une droite. Une pipette IMPRÉCISE délivre tantôt tantôt mL : les erreurs changent de signe d'un étalon à l'autre, les points se dispersent autour de la droite, et cette dispersion se voit, elle élargit les droites extrêmes et elle s'annonce donc dans l'incertitude publiée. Une pipette mal ÉTALONNÉE délivre toujours mL : les cinq étalons sont tous trop dilués, dans le même sens, les points restent parfaitement alignés, le coefficient de détermination reste superbe, et la droite entière bascule de . L'erreur systématique se cache donc exactement là où l'on ne regarde pas, dans la PENTE, pendant que tous les indicateurs de qualité restent au vert. Seule une vérification indépendante, peser l'eau délivrée par la pipette, la révèle.