Statistiques avancées 201-337 • Complément québécois et cégep à Montréal

Exercices corrigés : estimation et tests d'hypothèse (201-337)

Tout ce chapitre repose sur une seule idée : la moyenne d'un échantillon est elle-même une variable aléatoire, dont la dispersion est n\sqrt{n} fois plus petite que celle des données individuelles. C'est cette réduction, et rien d'autre, qui permet de conclure sur une population entière à partir de quelques centaines d'observations.

L'exercice 4 contient le cas le plus instructif du chapitre : une valeur-p de 0,0114 conduit à REJETER l'hypothèse au seuil de 5 % et à la CONSERVER au seuil de 1 %. Les mêmes données, deux conclusions opposées. Comprendre pourquoi, c'est comprendre qu'un test ne prouve rien : il arbitre entre deux risques que l'on a choisis d'avance.

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Ce chapitre fait partie de Statistiques avancées, 201-337
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Statistique : échantillonnage, diagrammes et mesuresSecondaire 3
  2. 2Nuage de points, corrélation et régressionSecondaire 4 SN4
  3. 3Les statistiques descriptives
  4. 4Probabilités et lois de distribution

Rappel de cours

  • Distribution d'échantillonnage de la moyenne : μx=μ\mu_{\overline{x}}=\mu et σx=σn\sigma_{\overline{x}}=\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}. Cette dernière s'appelle l'ERREUR TYPE.
  • Théorème central limite : pour nn assez grand, en pratique n30n\geq 30, la distribution de x\overline{x} est approximativement NORMALE, quelle que soit la forme de la population d'origine.
  • Intervalle de confiance pour une moyenne, σ\sigma connu : x±zα/2σn\overline{x}\pm z_{\alpha/2}\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}. Valeurs usuelles : z=1,645z=1{,}645 à 90 %, 1,961{,}96 à 95 %, 2,5762{,}576 à 99 %.
  • Intervalle de confiance pour une proportion : p^±zα/2p^(1p^)n\hat{p}\pm z_{\alpha/2}\sqrt{\dfrac{\hat{p}\left(1-\hat{p}\right)}{n}}.
  • Marge d'erreur EE : la demi-largeur de l'intervalle. Pour l'imposer, on inverse : n(zσE)2n\geq\left(\dfrac{z\sigma}{E}\right)^{2} pour une moyenne, et n(z2E)2n\geq\left(\dfrac{z}{2E}\right)^{2} pour une proportion dans le cas le plus défavorable p^=0,5\hat{p}=0{,}5.
  • INTERPRÉTATION CORRECTE d'un intervalle à 95 % : si l'on répétait l'échantillonnage un grand nombre de fois, 95 % des intervalles ainsi construits contiendraient le vrai paramètre. On ne dit PAS qu'il y a 95 % de chances que le paramètre soit dans CET intervalle-ci.
  • Test d'hypothèse : H0H_{0} est l'hypothèse par défaut, H1H_{1} celle que l'on cherche à établir. La VALEUR-P est la probabilité d'observer un résultat au moins aussi extrême SI H0H_{0} est vraie. On rejette H0H_{0} si valeur-p <α<\alpha.
  • Erreur de type I : rejeter H0H_{0} alors qu'elle est vraie, de probabilité α\alpha. Erreur de type II : conserver H0H_{0} alors qu'elle est fausse, de probabilité β\beta. Diminuer l'une augmente l'autre, à nn constant.
  • Si σ\sigma est INCONNU, on l'estime par ss et xμs/n\frac{\overline{x}-\mu}{s/\sqrt{n}} suit une loi de STUDENT à n1n-1 degrés de liberté, plus étalée que la normale. Ses valeurs critiques sont donc toujours plus grandes que celles de zz, et elles convergent vers elles quand nn grandit : c'est l'origine du seuil de 30.
  • Test sur une proportion : z=p^p0p0(1p0)/nz=\frac{\hat{p}-p_{0}}{\sqrt{p_{0}(1-p_{0})/n}}, avec p0p_{0} AU DÉNOMINATEUR parce qu'on raisonne sous H0H_{0}. Dans un intervalle de confiance, c'est p^\hat{p} qu'on y met, faute d'hypothèse de départ.
  • Différence de deux moyennes indépendantes : σx1x2=s12n1+s22n2\sigma_{\overline{x_{1}}-\overline{x_{2}}}=\sqrt{\frac{s_{1}^{2}}{n_{1}}+\frac{s_{2}^{2}}{n_{2}}}. Les VARIANCES s'additionnent même quand on soustrait les moyennes. Un intervalle à 95 % excluant zéro équivaut toujours à une valeur-p inférieure à 0,05 en bilatéral.
  • Khi-deux d'indépendance : effectif théorique =total ligne×total colonnen=\frac{\text{total ligne}\times\text{total colonne}}{n}, statistique χ2=(OE)2E\chi^{2}=\sum\frac{(O-E)^{2}}{E}, degrés de liberté (l1)(c1)(l-1)(c-1). Condition : tous les effectifs THÉORIQUES au moins égaux à 5. Le test établit une association, jamais une causalité.

Partie A : Échantillonnage, intervalles et logique du test (/50)

Exercice 1 : Le théorème central limite et l'erreur type

La moyenne d'un échantillon varie d'un échantillon à l'autre. Sa propre distribution est bien plus resserrée que celle des données, et c'est ce resserrement qui rend l'inférence possible.

Les résultats à un examen national ont une moyenne μ=70\mu=70 et un écart-type σ=12\sigma=12. On prélève un échantillon aléatoire de 36 copies.

  • a) Donnez la moyenne et l'erreur type de la distribution de x\overline{x}.
  • b) Énoncez le théorème central limite et dites pourquoi il s'applique ici même si les résultats individuels ne sont pas normalement distribués.
  • c) Calculez la probabilité que la moyenne de l'échantillon dépasse 73.
  • d) On quadruple la taille de l'échantillon, à 144 copies. Que devient l'erreur type ?
  • e) Pour diviser l'erreur type par 10, par combien faut-il multiplier la taille de l'échantillon ? Quelle conséquence pratique ?

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Réponses

  • a) μx=70\mu_{\overline{x}}=70 et σx=126=2,0\sigma_{\overline{x}}=\dfrac{12}{6}=2{,}0.
  • b) Pour n30n\geq 30, x\overline{x} est approximativement normale quelle que soit la forme de la population. Ici n=36n=36.
  • c) z=1,50z=1{,}50, donc P0,0668P\approx 0{,}0668. Pour une copie individuelle, z=0,25z=0{,}25 et la probabilité monte à 40 %.
  • d) σx=1,0\sigma_{\overline{x}}=1{,}0 : quadrupler nn divise l'erreur type par 2, pas par 4.
  • e) Il faut multiplier nn par 100. Doubler la précision quadruple donc à peu près le budget.

a) La moyenne de la distribution d'échantillonnage est celle de la population : μx=70\mu_{\overline{x}}=70. L'erreur type vaut σx=σn=1236=126=2,0\sigma_{\overline{x}}=\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}=\dfrac{12}{\sqrt{36}}=\dfrac{12}{6}=2{,}0. Les moyennes d'échantillons sont donc six fois moins dispersées que les copies individuelles.

b) Le théorème central limite affirme que pour nn suffisamment grand, la distribution de x\overline{x} est approximativement NORMALE, de moyenne μ\mu et d'écart-type σn\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}, QUELLE QUE SOIT la forme de la distribution de la population. Ici n=3630n=36\geq 30 : le seuil pratique usuel est atteint. C'est précisément la force du théorème : on n'a besoin d'aucune hypothèse sur la distribution des résultats individuels, qui peut être asymétrique, bimodale ou tronquée.

c) z=73702,0=1,50z=\dfrac{73-70}{2{,}0}=1{,}50. La table donne 0,9332 à gauche, donc P(x>73)=10,9332=0,0668P\left(\overline{x}>73\right)=1-0{,}9332=0{,}0668, environ 6,7 %. Noter qu'une copie INDIVIDUELLE dépassant 73 serait bien plus fréquente : z=737012=0,25z=\dfrac{73-70}{12}=0{,}25, soit 40 %. La distinction entre l'écart-type des données et l'erreur type de la moyenne est la source d'erreur numéro un du chapitre.

d) σx=12144=1212=1,0\sigma_{\overline{x}}=\dfrac{12}{\sqrt{144}}=\dfrac{12}{12}=1{,}0. Quadrupler nn a donc DIVISÉ PAR DEUX l'erreur type, et non par quatre, parce que c'est n\sqrt{n} et non nn qui figure au dénominateur.

e) Il faut multiplier nn par 102=10010^{2}=100. Passer de 36 à 3600 copies ne réduit l'erreur type que d'un facteur 10. La conséquence pratique est décisive : la précision d'un sondage progresse très lentement avec le coût. Doubler la précision exige de QUADRUPLER l'échantillon, donc à peu près le budget. C'est la raison pour laquelle presque tous les sondages d'opinion s'arrêtent autour de 1000 personnes : au-delà, le gain de précision ne justifie plus la dépense.

303540455055606570-0.1-0.08-0.06-0.04-0.020.020.040.060.080.10.120.140.160.180.2μ = 50n = 25n = 4quadrupler n ne divise l'erreur type que par 2 :elle decroit en 1/√n

Exercice 2 : L'intervalle de confiance pour une moyenne

Une estimation ponctuelle, un seul nombre, ne dit rien de sa fiabilité. L'intervalle de confiance encadre le paramètre inconnu et affiche explicitement le risque accepté.

On reprend l'échantillon de 36 copies, dont la moyenne observée est x=70\overline{x}=70, avec σ=12\sigma=12 connu.

  • a) Construisez l'intervalle de confiance à 95 % pour la moyenne de la population.
  • b) Construisez celui à 99 % et comparez les deux largeurs. Expliquez le sens de cette différence.
  • c) Un étudiant écrit : « il y a 95 % de chances que μ\mu soit entre 66,08 et 73,92 ». Corrigez cette formulation.
  • d) Quelle taille d'échantillon faudrait-il pour obtenir une marge d'erreur de 2 points à 95 % ?
  • e) Pourquoi ne peut-on pas obtenir une marge nulle, même avec un très grand échantillon ?

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Réponses

  • a) 70±3,9270\pm 3{,}92, soit [66,08 ; 73,92][66{,}08\ ;\ 73{,}92], de largeur 7,84.
  • b) 70±5,1570\pm 5{,}15, soit [64,85 ; 75,15][64{,}85\ ;\ 75{,}15], de largeur 10,3 : plus de confiance coûte de la précision.
  • c) μ\mu est fixe : c'est l'INTERVALLE qui est aléatoire. 95 % des intervalles ainsi construits contiendraient μ\mu.
  • d) n138,3n\geq 138{,}3, donc n=139n=139 copies, arrondi vers le haut.
  • e) La marge ne s'annule qu'à l'infini ; s'y ajoute l'erreur non liée à l'échantillonnage, que la formule ne mesure pas.

a) x±zσn=70±1,96×2,0=70±3,92\overline{x}\pm z\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}=70\pm 1{,}96\times 2{,}0=70\pm 3{,}92. L'intervalle est donc [66,08 ; 73,92]\left[66{,}08\ ;\ 73{,}92\right], de largeur 7,84.

b) À 99 %, z=2,576z=2{,}576, donc la marge vaut 2,576×2,0=5,152{,}576\times 2{,}0=5{,}15 et l'intervalle est [64,85 ; 75,15]\left[64{,}85\ ;\ 75{,}15\right], de largeur 10,3. L'intervalle à 99 % est donc PLUS LARGE. C'est logique : exiger davantage de certitude quant au fait de capturer le vrai paramètre oblige à ratisser plus large. Il y a un arbitrage permanent entre CONFIANCE et PRÉCISION, et l'on ne peut améliorer les deux qu'en augmentant nn.

c) La formulation est incorrecte parce qu'elle traite μ\mu comme une variable aléatoire. Or μ\mu est un nombre FIXE, quoique inconnu : il est dans l'intervalle ou il n'y est pas, il n'y a pas de probabilité là-dedans. Ce qui est aléatoire, c'est l'INTERVALLE, qui change à chaque échantillon. La formulation correcte est : « si l'on répétait l'échantillonnage un grand nombre de fois, 95 % des intervalles ainsi construits contiendraient μ\mu ». En pratique on abrège en « je suis confiant à 95 % que μ\mu se situe entre 66,08 et 73,92 », ce qui est acceptable à l'oral mais doit être justifié correctement dans une copie.

d) On impose E=zσn2E=z\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}\leq 2, d'où n1,96×122=11,76\sqrt{n}\geq\dfrac{1{,}96\times 12}{2}=11{,}76 et n138,3n\geq 138{,}3. Comme nn est un entier et que la condition doit être respectée, on ARRONDIT VERS LE HAUT : n=139n=139 copies. Arrondir à 138 donnerait une marge légèrement supérieure à 2, ce qui violerait la contrainte ; c'est le seul cas du cours où l'arrondi ne se fait jamais au plus proche.

e) Parce que la marge E=zσnE=z\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}} ne s'annule que si nn tend vers l'infini. Tant que l'échantillon est un sous-ensemble strict de la population, il subsiste une incertitude d'échantillonnage irréductible. La seule façon d'atteindre une marge nulle serait de recenser la population ENTIÈRE, ce qui n'est plus de l'échantillonnage. À cela s'ajoute, dans toute enquête réelle, une part d'erreur non liée à l'échantillonnage, due à la formulation des questions, aux non-réponses et aux biais de sélection, que la formule ne mesure pas du tout et qu'un très grand échantillon n'améliore en rien.

44464850525456-10-5510152025μ20 echantillonsa 95 %, environ un intervalle sur vingtMANQUE la vraie moyenne

Exercice 3 : L'intervalle de confiance pour une proportion, et le « plus ou moins 3 % »

Le chiffre le plus cité de toute la statistique appliquée est la marge d'erreur des sondages. Il se calcule en trois lignes, et sa quasi-invariance d'un sondage à l'autre a une explication précise.

Un sondage interroge 1000 personnes ; 540 se déclarent favorables à une mesure.

  • a) Calculez la proportion observée et l'intervalle de confiance à 95 %.
  • b) Donnez la marge d'erreur en points de pourcentage. Reconnaissez-vous ce chiffre ?
  • c) Peut-on affirmer que la mesure est majoritairement soutenue ? Justifiez à partir de l'intervalle.
  • d) Quelle taille d'échantillon faudrait-il pour ramener la marge à 2 points ?
  • e) Pourquoi la marge annoncée est-elle presque toujours d'environ 3 points, quel que soit le sujet du sondage ?

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Réponses

  • a) p^=0,540\hat{p}=0{,}540, erreur type 0,015760{,}01576, intervalle [0,509 ; 0,571][0{,}509\ ;\ 0{,}571].
  • b) ±3,1\pm 3{,}1 points : le fameux « plus ou moins 3 % » des instituts.
  • c) Oui, mais de justesse : la borne basse 0,509 dépasse 0,500 de 0,9 point seulement.
  • d) n2401n\geq 2401 : il faut plus que doubler l'échantillon pour gagner un point.
  • e) nn est presque toujours voisin de 1000, et p^(1p^)\sqrt{\hat{p}(1-\hat{p})} varie peu, de 0,500 à 0,458 entre p^=0,5\hat{p}=0{,}5 et p^=0,3\hat{p}=0{,}3.

a) p^=5401000=0,540\hat{p}=\dfrac{540}{1000}=0{,}540. L'erreur type vaut 0,540×0,4601000=2,484×104=0,01576\sqrt{\dfrac{0{,}540\times 0{,}460}{1000}}=\sqrt{2{,}484\times 10^{-4}}=0{,}01576. La marge à 95 % est 1,96×0,01576=0,03091{,}96\times 0{,}01576=0{,}0309. L'intervalle est donc [0,509 ; 0,571]\left[0{,}509\ ;\ 0{,}571\right].

b) La marge vaut 0,0309, soit environ ±3,1\pm 3{,}1 points de pourcentage. C'est exactement le « plus ou moins 3 points » annoncé par tous les instituts de sondage, et l'on vient de le recalculer intégralement.

c) Oui, mais de justesse. La borne INFÉRIEURE de l'intervalle, 0,509, est supérieure à 0,500 : même dans l'hypothèse la plus défavorable compatible avec les données à 95 %, la mesure reste majoritaire. La conclusion est donc soutenue, mais avec une marge de seulement 0,9 point au-dessus du seuil décisif. Si le sondage avait donné 52 % au lieu de 54 %, l'intervalle aurait contenu 50 % et il aurait fallu conclure que le sondage ne permet PAS de trancher, formulation que les médias rendent presque toujours de travers.

d) Dans le cas le plus défavorable p^=0,5\hat{p}=0{,}5, on impose 1,960,25n0,021{,}96\sqrt{\dfrac{0{,}25}{n}}\leq 0{,}02, d'où n1,96×0,50,02=49\sqrt{n}\geq\dfrac{1{,}96\times 0{,}5}{0{,}02}=49 et n2401n\geq 2401. Il faut donc plus que DOUBLER l'échantillon, de 1000 à 2401 personnes, pour gagner à peine plus d'un point de précision.

e) Pour deux raisons qui se conjuguent. D'abord, la taille d'échantillon est presque toujours choisie autour de 1000, chiffre qui résulte du compromis coût-précision vu en d. Ensuite, le facteur p^(1p^)\sqrt{\hat{p}\left(1-\hat{p}\right)} varie très peu : il vaut 0,500 à son maximum en p^=0,5\hat{p}=0{,}5, et encore 0,458 pour p^=0,30\hat{p}=0{,}30, soit à peine 8 % de moins. La marge est donc très insensible au résultat observé, et pour n=1000n=1000 elle reste toujours voisine de 1,96×0,51000=0,031\dfrac{1{,}96\times 0{,}5}{\sqrt{1000}}=0{,}031. Les instituts publient d'ailleurs la marge maximale, calculée en p^=0,5\hat{p}=0{,}5, ce qui la rend rigoureusement constante à taille d'échantillon fixée.

Exercice 4 : La logique d'un test d'hypothèse

Un test d'hypothèse ne démontre rien : il mesure à quel point les données seraient surprenantes si l'hypothèse par défaut était vraie, et compare cette surprise à un seuil fixé À L'AVANCE.

Un fabricant annonce des sacs de 500 g. Un inspecteur pèse 40 sacs et obtient une moyenne de 494 g. L'écart-type du procédé est connu, σ=15\sigma=15 g.

  • a) Formulez H0H_{0} et H1H_{1}, et justifiez le choix d'un test bilatéral.
  • b) Calculez la statistique de test.
  • c) Calculez la valeur-p et énoncez sa signification exacte.
  • d) Concluez au seuil de 5 %, puis au seuil de 1 %. Commentez la divergence.
  • e) Définissez les erreurs de type I et de type II dans ce contexte concret, et dites laquelle un organisme de protection du consommateur cherchera à minimiser.

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Réponses

  • a) H0:μ=500H_{0}:\mu=500 g contre H1:μ500H_{1}:\mu\neq 500 g. Bilatéral : tout écart d'étiquetage est un défaut.
  • b) Erreur type 2,3722{,}372 g, donc z=2,530z=-2{,}530.
  • c) Valeur-p =2(0,0057)=0,0114=2(0{,}0057)=0{,}0114 : la probabilité d'un tel écart SI les sacs pesaient vraiment 500 g.
  • d) Rejet à 5 %, pas de rejet à 1 %. Le seuil se fixe d'avance, et l'on publie la valeur-p.
  • e) Type I : accuser un fabricant honnête. Type II : laisser passer la tromperie. L'organisme minimise d'abord le type II.

a) H0 : μ=500H_{0}\ :\ \mu=500 g, l'annonce du fabricant est exacte. H1 : μ500H_{1}\ :\ \mu\neq 500 g. Le test est BILATÉRAL parce que l'inspecteur vérifie la conformité de l'étiquetage : un écart dans un sens comme dans l'autre constitue un défaut, un sur-remplissage systématique étant lui aussi une anomalie de procédé. Si le mandat avait été de détecter uniquement la fraude au détriment du consommateur, on aurait posé H1 : μ<500H_{1}\ :\ \mu<500 et fait un test unilatéral.

b) L'erreur type vaut σn=1540=2,372\dfrac{\sigma}{\sqrt{n}}=\dfrac{15}{\sqrt{40}}=2{,}372 g. La statistique est z=4945002,372=2,530z=\dfrac{494-500}{2{,}372}=-2{,}530.

c) Le test étant bilatéral, la valeur-p vaut 2×P(Z<2,530)=2×0,0057=0,01142\times P\left(Z<-2{,}530\right)=2\times 0{,}0057=0{,}0114. Signification exacte : SI les sacs pesaient réellement 500 g en moyenne, alors un échantillon de 40 sacs s'écartant d'au moins 6 g de cette valeur, dans un sens ou dans l'autre, ne surviendrait que dans 1,14 % des cas. La valeur-p n'est PAS la probabilité que H0H_{0} soit vraie, confusion qui est l'erreur d'interprétation la plus répandue en statistique.

d) Au seuil α=0,05\alpha=0{,}05 : 0,0114<0,050{,}0114<0{,}05, on REJETTE H0H_{0} et l'on conclut que le poids moyen diffère de 500 g. Au seuil α=0,01\alpha=0{,}01 : 0,0114>0,010{,}0114>0{,}01, on ne rejette PAS H0H_{0}, faute de preuve suffisante. Les mêmes données conduisent donc à deux conclusions opposées. Il n'y a là aucune contradiction : le seuil exprime le risque d'erreur de type I que l'on accepte, et c'est une décision prise d'avance, en fonction des conséquences. Ce cas illustre pourquoi il faut TOUJOURS publier la valeur-p elle-même plutôt que la seule mention « significatif », et pourquoi fixer le seuil après avoir vu les données est une faute méthodologique grave.

e) Erreur de TYPE I : conclure que les sacs ne font pas 500 g alors qu'ils les font réellement, donc accuser à tort un fabricant honnête. Erreur de TYPE II : conclure que rien ne cloche alors que les sacs sont réellement sous-remplis, donc laisser passer une tromperie. Un organisme de protection du consommateur cherchera d'abord à minimiser l'erreur de TYPE II, celle qui laisse la fraude impunie, quitte à accepter un α\alpha plus élevé. Un tribunal, tenu par la présomption d'innocence, ferait l'arbitrage inverse. À nn constant, réduire l'une augmente mécaniquement l'autre : la seule façon de réduire les deux simultanément est d'AUGMENTER l'échantillon.

-4-3-2-11234-0.2-0.10.10.20.30.40.5on NE rejette PASzone de rejet2,5 % de chaque côtéz = 1,96z = -1,96test bilatéral au seuil de 5 %

Exercice 5 : La loi de Student : quand l'écart-type de la population est inconnu

Jusqu'ici, σ\sigma était donné. Dans la réalité il ne l'est presque jamais : on l'estime par l'écart-type ss de l'échantillon, et cette estimation coûte quelque chose. Un laboratoire mesure 12 fois la teneur d'un produit et obtient x=48,6\overline{x}=48{,}6 mg et s=3,2s=3{,}2 mg. Valeurs critiques utiles : t0,025=2,201t_{0{,}025}=2{,}201 pour 11 degrés de liberté et t0,025=2,045t_{0{,}025}=2{,}045 pour 29.

  • a) Pourquoi ne peut-on pas utiliser la cote z ici ? Quelle est la loi de xμs/n\frac{\overline{x}-\mu}{s/\sqrt{n}}, et combien a-t-elle de degrés de liberté ?
  • b) Construisez l'intervalle de confiance à 95 % pour la teneur moyenne réelle du produit.
  • c) Calculez l'intervalle qu'on aurait obtenu en utilisant à tort z=1,96z=1{,}96. De quel pourcentage l'intervalle correct est-il plus large, et pourquoi cet écart va-t-il forcément dans ce sens ?
  • d) Le laboratoire porte son échantillon à 30 mesures, avec les mêmes x\overline{x} et ss. Recalculez l'écart entre l'approche de Student et celle de la normale. Quelle règle pratique en tirez-vous, et pourquoi voit-on partout le seuil de 30 ?
  • e) Quelle condition la population doit-elle vérifier pour que ce calcul soit valable sur 12 mesures seulement ? Que faire si elle ne l'est manifestement pas ?

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Réponses

  • a) La cote z exige σ\sigma connu. Ici, loi de Student à n1=11n-1=11 degrés de liberté, plus étalée que la normale.
  • b) 48,6±2,0348{,}6\pm 2{,}03, soit environ [46,6 ; 50,6][46{,}6\ ;\ 50{,}6] mg.
  • c) Avec zz : ±1,81\pm 1{,}81 mg. L'intervalle correct est 12 % plus large, car t>zt>z toujours.
  • d) À 29 degrés de liberté, l'écart tombe à 4 %. De là le seuil de 30, convention de commodité.
  • e) Il faut la normalité de la population. Sinon : tracer les données, transformer la variable, ou passer au non paramétrique.

a) Parce que la cote z suppose σ\sigma CONNU. En le remplaçant par ss, on introduit une seconde source de variabilité : d'un échantillon à l'autre, non seulement x\overline{x} change, mais ss change aussi, et un ss trop petit produirait un intervalle trompeusement étroit. Le rapport xμs/n\frac{\overline{x}-\mu}{s/\sqrt{n}} ne suit donc pas une loi normale mais une loi de STUDENT à n1=11n-1=11 degrés de liberté, plus étalée que la normale, avec des queues plus épaisses. On perd un degré de liberté parce que ss a été calculé à partir de x\overline{x}, déjà tiré des mêmes données.

b) Erreur type : sn=3,2120,924\frac{s}{\sqrt{n}}=\frac{3{,}2}{\sqrt{12}}\approx 0{,}924 mg. Marge : (2,201)(0,924)2,03(2{,}201)(0{,}924)\approx 2{,}03 mg. Intervalle : 48,6±2,0348{,}6\pm 2{,}03, soit environ [46,6 ; 50,6][46{,}6\ ;\ 50{,}6] mg.

c) Avec z=1,96z=1{,}96 : marge (1,96)(0,924)1,81(1{,}96)(0{,}924)\approx 1{,}81 mg, donc [46,8 ; 50,4][46{,}8\ ;\ 50{,}4]. L'intervalle correct est plus large dans le rapport 2,2011,961,12\frac{2{,}201}{1{,}96}\approx 1{,}12, soit environ 12 % de plus. L'écart va nécessairement dans ce sens : la loi de Student est PLUS ÉTALÉE que la normale, donc ses valeurs critiques sont toujours plus grandes. Utiliser z quand σ\sigma est inconnu revient à annoncer une précision qu'on n'a pas, et donc à se tromper plus souvent que le niveau de confiance affiché ne le laisse croire.

d) Avec 29 degrés de liberté, t0,025=2,045t_{0{,}025}=2{,}045 contre z=1,96z=1{,}96 : le rapport tombe à 2,0451,961,043\frac{2{,}045}{1{,}96}\approx 1{,}043, soit 4 % d'écart seulement, contre 12 % avec 12 mesures. La loi de Student CONVERGE vers la normale quand le nombre de degrés de liberté augmente, parce que ss estime alors σ\sigma de mieux en mieux. C'est de là que vient le seuil de 30, omniprésent dans les manuels : au-delà, l'écart entre les deux lois devient inférieur à quelques pour cent, négligeable devant les autres approximations d'une étude réelle. Ce n'est pas un seuil mathématique mais une convention de commodité; aujourd'hui, les logiciels utilisant la loi de Student quelle que soit la taille, la question ne se pose plus qu'à l'examen.

e) Sur un si petit échantillon, la validité repose sur la NORMALITÉ de la population de départ, car le théorème central limite n'a pas eu le temps d'agir avec seulement 12 données. En pratique, la procédure de Student est robuste : elle supporte bien un écart modéré à la normalité dès une quinzaine d'observations, mais elle est mise en défaut par une forte asymétrie ou par la présence de valeurs aberrantes. Le réflexe est donc de TRACER les données avant de calculer, par un diagramme en boîte ou un histogramme. Si la distribution est manifestement asymétrique, deux voies s'offrent : transformer la variable, par exemple en prenant son logarithme, ou recourir à une méthode non paramétrique, qui ne suppose aucune forme de distribution.

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : Un test complet, de la formulation à la rédaction

En examen, la moitié des points d'un test porte sur la RÉDACTION : formuler les hypothèses, annoncer le seuil, calculer, décider, et conclure dans le vocabulaire du problème. Les cinq étapes se suivent toujours dans le même ordre.

Une compagnie affirme que le temps d'attente moyen à son service téléphonique ne dépasse pas 4,0 minutes. Une association de consommateurs chronomètre 50 appels et obtient une moyenne de 4,4 minutes, avec σ=1,5\sigma=1{,}5 minute.

  • a) Énoncez les cinq étapes d'un test d'hypothèse.
  • b) Formulez H0H_{0} et H1H_{1} et justifiez que le test est unilatéral à droite.
  • c) Menez le test complet au seuil de 5 % et rédigez la conclusion.
  • d) La conclusion changerait-elle avec un test bilatéral ? Calculez et commentez.
  • e) L'association dispose du budget pour 200 appels au lieu de 50. Sans refaire tout le calcul, expliquez comment cela modifierait la puissance du test.

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a)
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c)
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Réponses

  • a) 1 : hypothèses. 2 : seuil et conditions. 3 : statistique. 4 : valeur-p et décision. 5 : conclusion en français.
  • b) H0:μ4,0H_{0}:\mu\leq 4{,}0 contre H1:μ>4,0H_{1}:\mu>4{,}0. Unilatéral à droite : seule une attente plus longue fait grief.
  • c) Erreur type 0,21210{,}2121, z=1,886z=1{,}886, valeur-p 0,0296<0,050{,}0296<0{,}05 : on rejette. L'attente moyenne dépasse réellement 4,0 minutes.
  • d) En bilatéral, valeur-p =0,0593>0,05=0{,}0593>0{,}05 : la conclusion s'inverse. Le sens du test se fixe avant la collecte.
  • e) Erreur type divisée par 2, z=3,77z=3{,}77 : la puissance augmente, et c'est le seul moyen de réduire les deux types d'erreur à la fois.

a) Étape 1 : formuler H0H_{0} et H1H_{1}. Étape 2 : fixer le seuil α\alpha et vérifier les conditions d'application. Étape 3 : calculer la statistique de test. Étape 4 : calculer la valeur-p, ou comparer à la valeur critique, et décider. Étape 5 : conclure en français, dans le vocabulaire du problème, sans jargon.

b) H0 : μ4,0H_{0}\ :\ \mu\leq 4{,}0 minutes, l'affirmation de la compagnie est vraie. H1 : μ>4,0H_{1}\ :\ \mu>4{,}0 minutes. Le test est UNILATÉRAL À DROITE parce que l'association ne cherche à établir qu'une seule chose : que l'attente est plus LONGUE qu'annoncé. Un temps d'attente plus court que promis ne l'intéresse pas et ne constituerait aucun grief. L'hypothèse alternative doit toujours refléter ce que l'on cherche à démontrer.

c) Conditions : n=5030n=50\geq 30, le théorème central limite s'applique et σ\sigma est connu. L'erreur type vaut 1,550=0,2121\dfrac{1{,}5}{\sqrt{50}}=0{,}2121 minute. La statistique est z=4,44,00,2121=1,886z=\dfrac{4{,}4-4{,}0}{0{,}2121}=1{,}886. Le test étant unilatéral à droite, la valeur-p vaut P(Z>1,886)=0,0296P\left(Z>1{,}886\right)=0{,}0296. Comme 0,0296<0,050{,}0296<0{,}05, on REJETTE H0H_{0}. Conclusion rédigée : au seuil de 5 %, les données recueillies permettent de conclure que le temps d'attente moyen dépasse réellement les 4,0 minutes annoncées par la compagnie ; l'écart observé de 0,4 minute est trop important pour être attribué au seul hasard de l'échantillonnage.

d) En bilatéral, la valeur-p doublerait : 2×0,02967=0,05932\times 0{,}02967=0{,}0593. Comme 0,0593>0,050{,}0593>0{,}05, on ne rejetterait PAS H0H_{0}. La conclusion s'inverse donc. Cela montre qu'un test unilatéral est plus PUISSANT lorsqu'on a une raison légitime d'orienter l'hypothèse, puisqu'il concentre tout le risque α\alpha d'un seul côté. Mais cela montre aussi le danger : choisir le caractère unilatéral APRÈS avoir constaté le sens de l'écart revient à doubler subrepticement son seuil, ce qui est une faute méthodologique. Le sens du test doit être fixé avant de collecter les données.

e) La puissance, c'est-à-dire 1β1-\beta, la probabilité de détecter un écart réellement présent, AUGMENTERAIT. En passant de 50 à 200 appels, l'erreur type est divisée par 4=2\sqrt{4}=2, tombant à 0,106 minute. Le même écart observé de 0,4 minute produirait alors une statistique deux fois plus grande, z=3,77z=3{,}77, donc une valeur-p bien plus petite. Autrement dit, avec 200 appels, l'association détecterait des écarts plus FAIBLES que ceux qu'elle peut établir avec 50, et sa conclusion serait robuste au choix du seuil comme au caractère uni ou bilatéral du test. Augmenter nn est le seul moyen de réduire simultanément les deux types d'erreur.

Exercice 7 : Le test sur une proportion

Un fabricant affirme que 90 % de ses pièces sont conformes. Un client en contrôle 200 et n'en trouve que 172 de conformes. Le client soupçonne le fabricant de surestimer sa qualité.

  • a) Calculez la proportion observée. Formulez H0H_{0} et H1H_{1}, et justifiez le caractère unilatéral du test ainsi que son sens.
  • b) Vérifiez les conditions de validité, puis calculez l'erreur type de la proportion SOUS H0H_{0} et la statistique de test.
  • c) Calculez la valeur-p et énoncez précisément ce qu'elle signifie ici.
  • d) Concluez au seuil de 5 %, puis au seuil de 1 %. Que faut-il penser d'une divergence entre les deux ?
  • e) Dans le calcul de l'erreur type, on a utilisé 0,90 et non la proportion observée 0,86. Justifiez ce choix, et dites pourquoi c'est l'inverse dans un intervalle de confiance.

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Réponses

  • a) p^=0,860\hat{p}=0{,}860. H0:p=0,90H_{0}:p=0{,}90 contre H1:p<0,90H_{1}:p<0{,}90, unilatéral à gauche.
  • b) np0=180np_{0}=180 et n(1p0)=20n(1-p_{0})=20, tous deux 5\geq 5. Erreur type 0,02120{,}0212, donc z1,89z\approx -1{,}89.
  • c) Valeur-p 0,0297\approx 0{,}0297 : la probabilité d'un résultat aussi défavorable SI pp valait vraiment 0,90.
  • d) Rejet à 5 %, pas de rejet à 1 % : la preuve est modérée, on publie la valeur-p plutôt qu'un verdict.
  • e) Le test suppose H0H_{0} vraie, donc p0=0,90p_{0}=0{,}90. L'intervalle n'a aucune hypothèse de départ, donc p^=0,86\hat{p}=0{,}86, d'où une erreur type de 0,02450{,}0245.

a) p^=172200=0,860\hat{p}=\frac{172}{200}=0{,}860. Hypothèses : H0:p=0,90H_{0}:p=0{,}90, l'affirmation du fabricant, qui est l'hypothèse par défaut, celle qu'on ne rejette que sur preuve; et H1:p<0,90H_{1}:p<0{,}90. Le test est UNILATÉRAL À GAUCHE parce que le client ne s'inquiète que d'une qualité INFÉRIEURE à l'annonce : une proportion supérieure à 90 % ne serait pas un motif de litige. Le sens de H1H_{1} doit être fixé avant de regarder les données, sans quoi le seuil perd toute signification.

b) Conditions : np0=(200)(0,90)=1805np_{0}=(200)(0{,}90)=180\geq 5 et n(1p0)=(200)(0,10)=205n(1-p_{0})=(200)(0{,}10)=20\geq 5, l'approximation normale est donc licite. Erreur type sous H0H_{0} : σp^=p0(1p0)n=(0,90)(0,10)200=0,000450,0212\sigma_{\hat{p}}=\sqrt{\frac{p_{0}(1-p_{0})}{n}}=\sqrt{\frac{(0{,}90)(0{,}10)}{200}}=\sqrt{0{,}00045}\approx 0{,}0212. Statistique de test : z=p^p0σp^=0,8600,9000,02121,89z=\frac{\hat{p}-p_{0}}{\sigma_{\hat{p}}}=\frac{0{,}860-0{,}900}{0{,}0212}\approx -1{,}89.

c) Test unilatéral à gauche : valeur-p =P(Z<1,89)0,0297=P(Z<-1{,}89)\approx 0{,}0297, soit environ 3,0 %. Signification exacte : SI le fabricant disait vrai, c'est-à-dire si la proportion réelle valait bien 0,90, alors un échantillon de 200 pièces donnerait un résultat aussi défavorable ou pire dans 3 % des cas. Ce n'est PAS la probabilité que le fabricant ait tort : la valeur-p se calcule en supposant H0H_{0} vraie, elle ne peut donc rien dire sur la probabilité de H0H_{0}.

d) Au seuil de 5 % : 0,0297<0,050{,}0297<0{,}05, on REJETTE H0H_{0}, les données sont significativement en deçà de l'annonce. Au seuil de 1 % : 0,0297>0,010{,}0297>0{,}01, on ne rejette PAS. Une telle divergence n'est pas une contradiction : elle signale simplement que la preuve est modérée, et que la conclusion dépend du niveau d'exigence choisi. La bonne pratique consiste à publier la valeur-p elle-même plutôt qu'un verdict binaire, pour que le lecteur juge avec son propre seuil. Elle rappelle aussi que le seuil doit être fixé AVANT le calcul : le choisir après revient à décider de la conclusion.

e) Dans un TEST, on raisonne en supposant H0H_{0} vraie du début à la fin : c'est cette hypothèse qui fournit la valeur de pp à utiliser, donc 0,90. Utiliser 0,86 reviendrait à supposer partiellement ce que l'on cherche justement à mettre à l'épreuve. Dans un INTERVALLE de confiance, au contraire, il n'y a aucune hypothèse de départ : on ne dispose que de l'échantillon, et la seule valeur disponible pour estimer l'erreur type est p^\hat{p}. Les deux démarches n'ont pas le même point de départ, d'où deux formules qui se ressemblent sans être identiques, et une confusion très fréquente à l'examen.

Exercice 8 : Comparer deux moyennes : le test à deux échantillons

Deux groupes suivent le même cours avec des méthodes différentes. Groupe 1 : 40 étudiants, moyenne 74,2 et écart-type 8,5. Groupe 2 : 35 étudiants, moyenne 70,1 et écart-type 9,2. Les deux échantillons sont indépendants et les effectifs dépassent 30.

  • a) Formulez H0H_{0} et H1H_{1} pour savoir si les deux méthodes diffèrent, et justifiez le choix bilatéral.
  • b) Calculez l'erreur type de la DIFFÉRENCE des moyennes. Pourquoi additionne-t-on les deux termes alors qu'on soustrait les moyennes ?
  • c) Calculez la statistique de test et la valeur-p.
  • d) Concluez aux seuils de 5 % et de 1 %.
  • e) Construisez l'intervalle de confiance à 95 % pour la différence μ1μ2\mu_{1}-\mu_{2}. Vérifiez sa cohérence avec le test, et dites ce que l'intervalle apporte de plus que la valeur-p.

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Réponses

  • a) H0:μ1=μ2H_{0}:\mu_{1}=\mu_{2} contre H1:μ1μ2H_{1}:\mu_{1}\neq\mu_{2}, bilatéral.
  • b) 1,806+2,4182,055\sqrt{1{,}806+2{,}418}\approx 2{,}055 : les variances s'ajoutent, même pour une différence.
  • c) z=4,12,0551,99z=\dfrac{4{,}1}{2{,}055}\approx 1{,}99, valeur-p 0,046\approx 0{,}046.
  • d) Rejet de justesse à 5 %, pas de rejet à 1 % : un indice, pas une démonstration.
  • e) 4,1±4,034{,}1\pm 4{,}03, soit [0,07 ; 8,13][0{,}07\ ;\ 8{,}13] : il exclut zéro tout juste, et donne l'ordre de grandeur de l'effet, de négligeable à important.

a) H0:μ1=μ2H_{0}:\mu_{1}=\mu_{2}, c'est-à-dire μ1μ2=0\mu_{1}-\mu_{2}=0 : les deux méthodes donnent le même résultat moyen. H1:μ1μ2H_{1}:\mu_{1}\neq\mu_{2}. Le test est BILATÉRAL parce que la question posée est de savoir si les méthodes DIFFÈRENT, sans qu'on ait décidé d'avance laquelle serait meilleure. Choisir un test unilatéral après avoir constaté que le groupe 1 a la plus forte moyenne serait une faute : cela reviendrait à diviser la valeur-p par deux au vu des données.

b) σx1x2=s12n1+s22n2=72,2540+84,6435=1,806+2,418=4,2252,06\sigma_{\overline{x_{1}}-\overline{x_{2}}}=\sqrt{\frac{s_{1}^{2}}{n_{1}}+\frac{s_{2}^{2}}{n_{2}}}=\sqrt{\frac{72{,}25}{40}+\frac{84{,}64}{35}}=\sqrt{1{,}806+2{,}418}=\sqrt{4{,}225}\approx 2{,}06. On additionne parce que ce sont les VARIANCES qui s'ajoutent pour des variables indépendantes, que l'on additionne ou que l'on soustraie ces variables. L'intuition est simple : soustraire deux quantités incertaines ne supprime pas l'incertitude, il la cumule, chacune des deux moyennes contribuant à faire varier la différence. C'est l'écart-type de la différence qui est plus grand que chacun des deux séparément, jamais plus petit.

c) z=(74,270,1)02,055=4,12,0551,99z=\frac{(74{,}2-70{,}1)-0}{2{,}055}=\frac{4{,}1}{2{,}055}\approx 1{,}99. Test bilatéral : valeur-p =2P(Z>1,99)2(0,0230)=0,046=2\,P(Z>1{,}99)\approx 2(0{,}0230)=0{,}046.

d) Au seuil de 5 % : 0,046<0,050{,}046<0{,}05, on rejette H0H_{0}, mais de justesse. Au seuil de 1 % : 0,046>0,010{,}046>0{,}01, on ne rejette pas. Le résultat est donc à la limite : il constitue un indice, non une démonstration, et il appelle une réplication sur un échantillon plus large plutôt qu'une conclusion tranchée. Annoncer « la méthode 1 est meilleure » sur cette base serait aller très au-delà de ce que les données autorisent.

e) Intervalle : (74,270,1)±(1,96)(2,055)=4,1±4,03(74{,}2-70{,}1)\pm(1{,}96)(2{,}055)=4{,}1\pm 4{,}03, soit environ [0,07 ; 8,13][0{,}07\ ;\ 8{,}13]. Il exclut zéro, tout juste, ce qui est exactement cohérent avec le rejet de justesse au seuil de 5 % : les deux procédures sont deux lectures du même calcul, et un intervalle à 95 % qui exclut zéro équivaut toujours à une valeur-p inférieure à 0,05 dans un test bilatéral. L'intervalle apporte cependant beaucoup plus : il ne dit pas seulement qu'il existe une différence, il donne l'ensemble des valeurs plausibles de cette différence, ici entre presque rien et huit points. Autrement dit, les données sont compatibles avec un effet négligeable comme avec un effet important, ce que la seule mention « significatif à 5 % » masquerait complètement.

Exercice 9 : Le test du khi-deux d'indépendance

On veut savoir si la réussite d'un cours est liée à l'assiduité. Sur 200 étudiants : parmi les 120 assidus, 90 ont réussi et 30 ont échoué; parmi les 80 non assidus, 40 ont réussi et 40 ont échoué. Valeurs critiques du khi-deux à 1 degré de liberté : 3,841 au seuil de 5 % et 6,635 au seuil de 1 %.

  • a) Dressez le tableau de contingence avec ses totaux, calculez les taux de réussite des deux groupes, et formulez H0H_{0} et H1H_{1}.
  • b) Calculez les effectifs THÉORIQUES attendus sous H0H_{0} et justifiez la formule employée.
  • c) Calculez la statistique du khi-deux et son nombre de degrés de liberté.
  • d) Concluez aux seuils de 5 % et de 1 %. Vérifiez au passage les conditions de validité du test.
  • e) Peut-on en déduire que l'assiduité fait réussir ? Discutez, et proposez une explication concurrente.

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a)
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c)
d)
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Réponses

  • a) Totaux : 130 réussites, 70 échecs, 200 étudiants. Taux 75 % contre 50 %. H0H_{0} : indépendance.
  • b) E=ligne×colonne200E=\dfrac{\text{ligne}\times\text{colonne}}{200}, soit 78, 42, 52 et 28.
  • c) χ213,19\chi^{2}\approx 13{,}19 à 1 degré de liberté.
  • d) Rejet à 5 % et à 1 %. Le plus petit effectif théorique vaut 28, bien au-dessus de 5.
  • e) Non : association n'est pas causalité. La motivation, variable confondante, expliquerait à la fois l'assiduité et la réussite.

a) Le tableau croise assiduité et réussite : assidus, 90 réussites et 30 échecs, total 120; non assidus, 40 et 40, total 80. Totaux en colonnes : 130 réussites et 70 échecs, pour 200 étudiants. Taux de réussite : 90120=75\frac{90}{120}=75 % chez les assidus contre 4080=50\frac{40}{80}=50 % chez les autres, soit 25 points d'écart. H0H_{0} : les deux variables sont INDÉPENDANTES, l'assiduité n'a aucun lien avec la réussite. H1H_{1} : elles sont liées.

b) Sous H0H_{0}, la proportion de réussite doit être la même partout, à savoir le taux global 130200=65\frac{130}{200}=65 %. On attend donc chez les assidus (120)(0,65)=78(120)(0{,}65)=78 réussites, ce qui s'écrit (120)(130)200\frac{(120)(130)}{200} : effectif THÉORIQUE =total de la ligne×total de la colonneeffectif total=\frac{\text{total de la ligne}\times\text{total de la colonne}}{\text{effectif total}}. Les quatre valeurs attendues sont ainsi 78 et 42 pour les assidus, 52 et 28 pour les non assidus. Vérification : chaque ligne et chaque colonne retombe sur son total d'origine, ce qui doit toujours être le cas.

c) χ2=(OE)2E=(9078)278+(3042)242+(4052)252+(4028)228=1,846+3,429+2,769+5,14313,19\chi^{2}=\sum\frac{(O-E)^{2}}{E}=\frac{(90-78)^{2}}{78}+\frac{(30-42)^{2}}{42}+\frac{(40-52)^{2}}{52}+\frac{(40-28)^{2}}{28}=1{,}846+3{,}429+2{,}769+5{,}143\approx 13{,}19. Les écarts valent tous 12 en valeur absolue, comme c'est toujours le cas dans un tableau 2 par 2, mais ils pèsent d'autant plus que l'effectif attendu est petit, d'où la division par EE. Degrés de liberté : (21)(21)=1(2-1)(2-1)=1, car une fois une case fixée, les totaux imposent les trois autres.

d) 13,19>3,84113{,}19>3{,}841 : on rejette H0H_{0} au seuil de 5 %. 13,19>6,63513{,}19>6{,}635 : on la rejette aussi au seuil de 1 %, et même très largement, la valeur-p étant de l'ordre de 0,0003. La conclusion est donc solide, contrairement au cas limite d'un test de justesse. Conditions de validité : tous les effectifs THÉORIQUES doivent atteindre au moins 5; ici le plus petit vaut 28, la condition est largement remplie. Notez qu'elle porte sur les effectifs attendus, jamais sur les effectifs observés.

e) Non. Le khi-deux établit une ASSOCIATION statistique entre deux variables, il ne dit rien du sens de la causalité ni de son existence. Trois lectures restent possibles. L'assiduité peut effectivement favoriser la réussite, ce qui est plausible. La réussite peut aussi nourrir l'assiduité : un étudiant qui comprend et réussit prend goût au cours et continue d'y venir, alors que celui qui décroche cesse de se présenter, si bien que la flèche irait de la réussite vers la présence. Enfin, une variable CONFONDANTE peut produire les deux : la motivation, l'organisation personnelle, ou simplement le fait de ne pas travailler trente heures par semaine à côté des études, expliquerait à la fois l'assiduité et les résultats, sans qu'aucune des deux ne cause l'autre. Seule une expérience où l'assiduité serait imposée au hasard pourrait trancher, et elle serait difficilement praticable. C'est exactement la même prudence que celle qu'impose un coefficient de corrélation.

Exercice 10 : Problème : significatif ne veut pas dire important

Un très grand échantillon rend statistiquement significatif à peu près n'importe quel écart, aussi minuscule soit-il. Distinguer la SIGNIFICATIVITÉ, qui est une question de hasard, de l'IMPORTANCE, qui est une question de conséquences, est la compétence finale du cours.

On reprend les sacs annoncés à 500 g, avec σ=15\sigma=15 g. Cette fois l'inspecteur pèse 10 000 sacs et obtient une moyenne de 499,5 g.

  • a) Menez le test bilatéral au seuil de 5 % et concluez.
  • b) L'écart observé est de 0,5 g sur 500. Exprimez-le en pourcentage et commentez son importance pratique.
  • c) Calculez la taille d'effet d=xμ0σd=\dfrac{\left|\overline{x}-\mu_{0}\right|}{\sigma} dans ce cas et dans celui de l'exercice 4, où l'écart était de 6 g sur 40 sacs. Comparez.
  • d) Expliquez le mécanisme : pourquoi un grand nn rend-il significatif un écart négligeable ?
  • e) Quelles informations un rapport statistique honnête doit-il publier, en plus de la valeur-p ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Erreur type 0,150{,}15 g, z=3,33z=-3{,}33, valeur-p 0,000860{,}00086 : rejet très net.
  • b) 0,5500=0,1\dfrac{0{,}5}{500}=0{,}1 % : significatif et pratiquement sans importance.
  • c) d=0,033d=0{,}033 ici contre d=0,400d=0{,}400 à l'exercice 4 : douze fois plus petit, malgré une valeur-p bien plus impressionnante.
  • d) z=dnz=d\sqrt{n} : le facteur n\sqrt{n} n'a pas de borne, donc tout écart non nul finit par devenir significatif.
  • e) Taille d'effet, intervalle de confiance, taille d'échantillon, valeur-p exacte, et la liste de toutes les analyses effectuées.

a) L'erreur type vaut 1510000=0,15\dfrac{15}{\sqrt{10\,000}}=0{,}15 g. La statistique est z=499,55000,15=3,33z=\dfrac{499{,}5-500}{0{,}15}=-3{,}33, d'où une valeur-p bilatérale de 2×0,00043=0,000862\times 0{,}00043=0{,}00086. Comme 0,00086<0,050{,}00086<0{,}05 et même <0,01<0{,}01, on REJETTE H0H_{0} très nettement : l'écart est hautement significatif.

b) L'écart relatif vaut 0,5500=0,1\dfrac{0{,}5}{500}=0{,}1 %. Un demi-gramme sur un sac de 500 g est totalement négligeable en pratique : c'est bien en dessous de la tolérance de n'importe quelle balance commerciale, en dessous de la variation due à l'humidité ambiante, et sans le moindre effet sur le consommateur. Le résultat est donc statistiquement significatif ET pratiquement sans importance. Les deux notions sont indépendantes.

c) Ici d=0,515=0,033d=\dfrac{0{,}5}{15}=0{,}033. À l'exercice 4, d=615=0,400d=\dfrac{6}{15}=0{,}400. La taille d'effet du présent cas est donc DOUZE FOIS plus petite, alors que sa valeur-p est bien plus impressionnante. Cela s'explique : la taille d'effet ne dépend PAS de nn, elle mesure l'écart en unités d'écart-type de la population, tandis que la valeur-p, elle, dépend fortement de nn. C'est précisément pourquoi la taille d'effet est l'indicateur pertinent pour juger de l'importance.

d) Parce que la statistique de test s'écrit z=xμ0σ/n=xμ0σ×nz=\dfrac{\overline{x}-\mu_{0}}{\sigma/\sqrt{n}}=\dfrac{\overline{x}-\mu_{0}}{\sigma}\times\sqrt{n}, c'est-à-dire la taille d'effet MULTIPLIÉE par n\sqrt{n}. Le facteur n\sqrt{n} n'a pas de borne : en augmentant suffisamment l'échantillon, on peut rendre zz aussi grand qu'on veut pour n'importe quel écart non nul, si minuscule soit-il. Comme aucun procédé réel n'est parfaitement centré, tout écart finit par devenir significatif si l'on mesure assez. La question n'est donc jamais « y a-t-il un écart », à laquelle la réponse est toujours oui, mais « l'écart est-il assez grand pour qu'on s'en soucie ».

e) Au minimum quatre éléments. Premièrement la TAILLE D'EFFET, seule mesure de l'importance, insensible à nn. Deuxièmement l'INTERVALLE DE CONFIANCE sur l'écart, qui donne à la fois l'ordre de grandeur et sa précision, et qui contient bien plus d'information qu'une valeur-p. Troisièmement la TAILLE DE L'ÉCHANTILLON, sans laquelle une valeur-p est ininterprétable. Quatrièmement la valeur-p EXACTE, et non un simple « significatif » ou « p < 0,05 », afin que le lecteur puisse juger avec son propre seuil. Il faut y ajouter la mention de toutes les analyses effectuées, car tester vingt hypothèses en n'en publiant qu'une garantit un faux positif à 5 % près, pratique connue sous le nom de pêche aux valeurs-p.

-2-1.5-1-0.50.511.52-2.5-2-1.5-1-0.50.511.522.533.544.5ecart observe : 0,5 pointn = 3000 : z = 4,6significatifn = 30 : z = 0,46non significatifle MEME ecart devient significatif quand n grossit :le test mesure la precision, pas l'importance
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