Statistiques avancées 201-337 • Complément québécois et cégep à Montréal

Exercices corrigés : les statistiques descriptives (201-337)

Le cours 201-337 est le seul module de mathématiques du complément québécois qui n'exige AUCUNE spécialité : il est ouvert à tous. Il est aussi le plus directement utile, parce que les statistiques descriptives sont l'outil que l'on retrouve ensuite en sciences humaines, en administration, en santé et dans toute lecture critique de l'actualité.

L'exercice 2 installe le point central du chapitre : sur les huit salaires d'une petite entreprise, la moyenne vaut 62 500 dollars alors que sept employés sur huit gagnent moins. Ce n'est pas un calcul faux, c'est une mesure mal choisie, et savoir laquelle choisir est exactement ce que le chapitre enseigne.

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Ce chapitre fait partie de Statistiques avancées, 201-337
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Statistique : échantillonnage, diagrammes et mesuresSecondaire 3
  3. 3Nuage de points, corrélation et régressionSecondaire 4 SN4

Rappel de cours

  • Moyenne x=xin\overline{x}=\dfrac{\sum x_{i}}{n} : sensible aux valeurs extrêmes. Médiane : valeur du milieu après classement, insensible aux extrêmes. Mode : valeur la plus fréquente.
  • Une distribution est symétrique si moyenne et médiane coïncident. Si la moyenne est SUPÉRIEURE à la médiane, la distribution est étalée vers la droite, ce qui est le cas des revenus.
  • Étendue =xmaxxmin=x_{max}-x_{min}. Variance d'un ÉCHANTILLON s2=(xix)2n1s^{2}=\dfrac{\sum\left(x_{i}-\overline{x}\right)^{2}}{n-1} ; d'une POPULATION σ2=(xiμ)2n\sigma^{2}=\dfrac{\sum\left(x_{i}-\mu\right)^{2}}{n}. L'écart-type est la racine carrée de la variance.
  • On divise par n1n-1 pour un échantillon parce que la moyenne a déjà été estimée sur ces mêmes données : il ne reste que n1n-1 écarts indépendants. Sans cette correction, on sous-estimerait systématiquement la dispersion.
  • Cote z : z=xxsz=\dfrac{x-\overline{x}}{s}. Elle exprime un écart en NOMBRE D'ÉCARTS-TYPES et permet de comparer des valeurs issues de distributions différentes.
  • Quartiles : Q1Q_{1}, Q2Q_{2} (la médiane) et Q3Q_{3} découpent la série en quatre parts égales. Écart interquartile EI=Q3Q1EI=Q_{3}-Q_{1}.
  • Valeur aberrante : toute donnée hors de l'intervalle [Q11,5EI ; Q3+1,5EI]\left[Q_{1}-1{,}5\,EI\ ;\ Q_{3}+1{,}5\,EI\right].
  • Coefficient de variation CV=sx×100CV=\dfrac{s}{\overline{x}}\times 100 : dispersion RELATIVE, sans unité, seule façon de comparer la dispersion de deux séries d'échelles différentes.
  • Types de variables : qualitative NOMINALE (sans ordre), qualitative ORDINALE (ordonnée mais sans écarts mesurables), quantitative DISCRÈTE (on compte), quantitative CONTINUE (on mesure). Un code postal reste nominal malgré ses chiffres. Un PARAMÈTRE décrit la population, une STATISTIQUE décrit l'échantillon.
  • La taille d'un échantillon ne réduit que l'erreur ALÉATOIRE. Un biais de sélection, de couverture ou de non-réponse ne se corrige jamais en interrogeant plus de monde.
  • Moyenne pondérée : x=wixiwi\overline{x}=\frac{\sum w_{i}x_{i}}{\sum w_{i}}. La moyenne des moyennes n'est correcte que si les sous-groupes ont le MÊME effectif; sinon il faut pondérer par les effectifs.
  • Ogive : effectifs cumulés placés en face de la BORNE SUPÉRIEURE de chaque classe. Un percentile se lit par interpolation linéaire dans sa classe, ce qui suppose une répartition uniforme à l'intérieur de celle-ci.
  • Transformation y=ax+by=ax+b : y=ax+b\overline{y}=a\overline{x}+b, sy=asxs_{y}=|a|s_{x}, variance multipliée par a2a^{2}. La cote z, elle, est INVARIANTE si a>0a>0. Le coefficient de variation n'a de sens que sur une échelle à zéro absolu.

Partie A : Variables, tendance centrale et dispersion (/50)

Exercice 1 : Variables, population et méthodes d'échantillonnage

Avant tout calcul, il faut savoir ce que l'on mesure et sur qui. Le type de variable détermine les statistiques qui ont un sens, et la façon de constituer l'échantillon détermine si les résultats valent quoi que ce soit.

Un cégep compte 4200 étudiants. On souhaite estimer le temps de trajet moyen entre le domicile et l'établissement à partir d'un échantillon de 300 étudiants.

  • a) Classez chacune des variables suivantes : la couleur des yeux, le niveau de satisfaction sur une échelle de 1 à 5, le nombre de frères et sœurs, le temps de trajet en minutes, le code postal. Précisez pour chacune si elle est qualitative nominale, qualitative ordinale, quantitative discrète ou quantitative continue.
  • b) Identifiez la population, l'unité statistique, la variable étudiée et l'échantillon. Quelle est la différence entre un PARAMÈTRE et une STATISTIQUE, et lequel des deux cherche-t-on ici ?
  • c) Décrivez comment constituer l'échantillon par tirage aléatoire simple, puis par échantillonnage systématique en donnant le pas. Si 60 % des étudiants sont inscrits en sciences, combien en compterait un échantillon stratifié proportionnel ?
  • d) Trois enquêtes sont proposées : un sondage en ligne annoncé sur la page du cégep et rempli par qui le veut; un questionnaire distribué à la sortie de la bibliothèque un mardi à 16 h; un envoi par courriel aux 4200 étudiants dont 300 répondent. Identifiez le biais dominant de chacune.
  • e) En 1936, un magazine américain interroge 2,4 millions de personnes et prédit la défaite de Roosevelt; un institut en interroge 50 000 et prédit sa victoire, qui fut écrasante. Expliquez comment un échantillon 48 fois plus petit peut battre un échantillon géant.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Yeux : nominale. Satisfaction : ordinale. Frères et sœurs : discrète. Trajet : continue. Code postal : nominale.
  • b) Population : les 4200 étudiants. Unité : un étudiant. Variable : le temps de trajet. Échantillon : 300 étudiants. On cherche le PARAMÈTRE μ\mu, on n'a que la statistique x\overline{x}.
  • c) Pas systématique k=14k=14. Stratifié proportionnel : 180 en sciences et 120 hors sciences.
  • d) Auto-sélection ; couverture ; non-réponse, avec un taux de réponse de 7,1 %.
  • e) La taille ne fait baisser que l'erreur aléatoire. Le magazine avait une base de sondage biaisée : 48 fois plus de réponses, toutes décalées de la même façon.

a) Couleur des yeux : qualitative NOMINALE, les catégories n'ont aucun ordre. Niveau de satisfaction de 1 à 5 : qualitative ORDINALE, les catégories sont ordonnées mais les écarts ne sont pas mesurables, rien ne dit que passer de 1 à 2 équivaut à passer de 4 à 5. Nombre de frères et sœurs : quantitative DISCRÈTE, on compte, les valeurs intermédiaires n'existent pas. Temps de trajet : quantitative CONTINUE, toute valeur d'un intervalle est possible, seule la précision de l'instrument limite. Code postal : qualitative NOMINALE, malgré ses chiffres : calculer la moyenne des codes postaux n'aurait aucun sens, et c'est là le test décisif.

b) Population : les 4200 étudiants du cégep. Unité statistique : un étudiant. Variable : le temps de trajet domicile-cégep, en minutes. Échantillon : les 300 étudiants interrogés. Un PARAMÈTRE est une caractéristique de la POPULATION, ici le temps moyen μ\mu des 4200, une valeur unique, fixe et inconnue. Une STATISTIQUE est la même caractéristique calculée sur l'ÉCHANTILLON, ici x\overline{x}, qui change d'un échantillon à l'autre. On cherche le paramètre, on ne dispose que de la statistique : tout le reste du cours consiste à mesurer l'écart entre les deux.

c) Tirage aléatoire SIMPLE : on numérote les 4200 étudiants, puis on tire 300 numéros au hasard, chacun ayant la même probabilité et chaque groupe de 300 étant également possible. SYSTÉMATIQUE : le pas vaut k=4200300=14k=\frac{4200}{300}=14; on tire au hasard un premier étudiant parmi les 14 premiers, puis on prend un étudiant sur 14 dans la liste. STRATIFIÉ proportionnel : la strate des sciences représente 60 % de la population, elle doit en représenter autant dans l'échantillon, soit (0,60)(300)=180(0{,}60)(300)=180 étudiants en sciences et 120 hors sciences.

d) Sondage en ligne ouvert à qui le veut : biais d'AUTO-SÉLECTION, ce sont les plus motivés, donc typiquement ceux qui ont un long trajet ou une revendication, qui répondent. Questionnaire à la sortie de la bibliothèque un mardi à 16 h : biais de COUVERTURE, la base de sondage n'est pas la population; on n'y trouve ni les étudiants du soir, ni ceux qui rentrent tôt parce qu'ils habitent loin, précisément ceux qui intéressent l'étude. Envoi par courriel avec 300 réponses sur 4200 : biais de NON-RÉPONSE, avec un taux de 7 % il n'y a aucune raison de croire que les répondants ressemblent aux 3900 silencieux. Dans les trois cas, augmenter la taille ne corrige rien : le défaut n'est pas dans le nombre, il est dans la façon de choisir.

e) Parce que la taille ne compense JAMAIS un biais de sélection. Le magazine avait tiré ses adresses dans les annuaires téléphoniques et les registres d'immatriculation automobile : en pleine Grande Dépression, posséder un téléphone ou une voiture était le privilège d'une minorité aisée, plutôt hostile à Roosevelt. Chaque nouvelle réponse venait donc grossir un échantillon systématiquement décalé, sans jamais corriger le décalage. L'institut, lui, avait construit un échantillon représentatif de la structure sociale du pays. La leçon est fondamentale : la taille de l'échantillon ne fait diminuer que l'erreur ALÉATOIRE, celle qui vient du hasard du tirage. L'erreur SYSTÉMATIQUE, elle, ne dépend que de la méthode, et un million de réponses mal recrutées restent un million de réponses fausses. C'est aussi pourquoi un sondage sérieux publie sa méthode avant ses résultats.

Exercice 2 : Moyenne, médiane et mode : laquelle dit la vérité ?

Trois mesures prétendent résumer une série par un seul nombre, et elles peuvent donner des réponses très différentes. Choisir la bonne est une décision, pas un calcul.

Les huit salaires annuels d'une petite entreprise, en milliers de dollars : 32, 35, 38, 38, 41, 45, 52, 219. Le dernier est celui du propriétaire.

  • a) Calculez la moyenne, la médiane et le mode.
  • b) Combien d'employés gagnent MOINS que la moyenne ? Commentez.
  • c) Recalculez moyenne et médiane sans le salaire du propriétaire. Laquelle des deux mesures a le plus bougé ?
  • d) Un syndicat et la direction citent chacun une de ces mesures pour décrire l'entreprise. Attribuez, et dites laquelle décrit le mieux la situation d'un employé ordinaire.
  • e) Que peut-on déduire de la comparaison entre moyenne et médiane sur la forme de la distribution ?

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Réponses

  • a) x=62,5\overline{x}=62{,}5, médiane 39,539{,}5, mode 3838 milliers de dollars.
  • b) Sept employés sur huit gagnent moins que la moyenne : elle est tirée vers le haut par le 219.
  • c) Moyenne 40,140{,}1, médiane 3838. La moyenne a bougé de 22,422{,}4 contre 1,51{,}5 : quinze fois plus.
  • d) La direction cite la moyenne, le syndicat la médiane. La médiane décrit l'employé ordinaire.
  • e) Moyenne supérieure à la médiane : distribution étalée vers la droite.

a) La somme vaut 32+35+38+38+41+45+52+219=50032+35+38+38+41+45+52+219=500, donc la moyenne est x=5008=62,5\overline{x}=\dfrac{500}{8}=62{,}5 milliers de dollars. Pour la médiane, la série est déjà classée et n=8n=8 est pair : on prend la moyenne des deux valeurs centrales, la quatrième et la cinquième, soit 38+412=39,5\dfrac{38+41}{2}=39{,}5. Le mode est 38, seule valeur apparaissant deux fois.

b) SEPT employés sur huit gagnent moins que la moyenne de 62,5. Seul le propriétaire est au-dessus. Une moyenne dont 87,5 % des données sont en dessous ne décrit évidemment pas un individu typique : elle est TIRÉE vers le haut par une valeur extrême, parce que le calcul de la moyenne accorde à 219 le même poids qu'à 32 alors qu'il en est très éloigné.

c) Sans le 219, la somme des sept salaires restants vaut 281, donc la moyenne devient 2817=40,1\dfrac{281}{7}=40{,}1 et la médiane, quatrième valeur d'une série de sept, devient 38. La moyenne a chuté de 62,5 à 40,1, soit une variation de 22,4 ; la médiane est passée de 39,5 à 38, soit 1,5. La MOYENNE a donc bougé quinze fois plus : elle est sensible aux valeurs extrêmes, la médiane est ROBUSTE.

d) La direction citera la MOYENNE, 62 500 dollars, qui donne l'image la plus flatteuse. Le syndicat citera la MÉDIANE, 39 500 dollars, plus proche de la réalité vécue. C'est la médiane qui décrit le mieux un employé ordinaire, puisque par construction la moitié gagne moins et la moitié gagne plus. Aucune des deux n'est fausse : elles répondent à des questions différentes, et c'est précisément pourquoi les organismes statistiques publient le revenu MÉDIAN et non le revenu moyen.

e) La moyenne, 62,5, est nettement SUPÉRIEURE à la médiane, 39,5. Cela signifie que la distribution est ÉTALÉE VERS LA DROITE, avec une queue de valeurs élevées et peu nombreuses qui tirent la moyenne. C'est la forme caractéristique de toutes les distributions de revenus, de patrimoines et de tailles d'entreprises. Le cas symétrique, moyenne inférieure à la médiane, correspondrait à un étalement vers la gauche ; l'égalité des deux signale une distribution symétrique.

1234567891011-6-4-22468101214161820modemedianemoyennedistribution etiree vers la droite :la moyenne suit la queue, la mediane resiste

Exercice 3 : L'écart-type, et pourquoi on divise par n moins 1

La tendance centrale ne dit rien de l'étalement. Deux séries de même moyenne peuvent être radicalement différentes, et c'est l'écart-type qui les distingue.

Série étudiée : 12, 15, 18, 20, 25.

  • a) Calculez la moyenne, puis dressez le tableau des écarts à la moyenne et de leurs carrés.
  • b) Pourquoi élève-t-on les écarts au carré au lieu de les additionner directement ?
  • c) Calculez la variance et l'écart-type en traitant la série comme un ÉCHANTILLON, puis comme une POPULATION.
  • d) Expliquez pourquoi on divise par n1n-1 dans le cas d'un échantillon.
  • e) Calculez le coefficient de variation et dites à quoi il sert.

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a)
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Réponses

  • a) x=18\overline{x}=18 ; écarts 6-6, 3-3, 00, +2+2, +7+7 ; carrés 3636, 99, 00, 44, 4949 ; somme 9898.
  • b) La somme des écarts bruts est nulle par construction : sans le carré, aucune dispersion ne se mesure.
  • c) Échantillon : s2=24,5s^{2}=24{,}5 et s=4,95s=4{,}95. Population : σ2=19,6\sigma^{2}=19{,}6 et σ=4,43\sigma=4{,}43.
  • d) La moyenne est estimée sur ces mêmes données : il ne reste que n1=4n-1=4 écarts libres.
  • e) CV=27,5CV=27{,}5 %. Il compare la dispersion de séries d'unités différentes.

a) x=12+15+18+20+255=905=18\overline{x}=\dfrac{12+15+18+20+25}{5}=\dfrac{90}{5}=18. Les écarts xixx_{i}-\overline{x} valent 6-6, 3-3, 00, +2+2, +7+7, et leurs carrés 36, 9, 0, 4, 49. La somme des carrés vaut 98.

b) Parce que la somme des écarts BRUTS est toujours NULLE : ici 63+0+2+7=0-6-3+0+2+7=0, et ce n'est pas un hasard, c'est une propriété de la moyenne. Les écarts positifs compensent exactement les négatifs, donc leur somme ne mesure aucune dispersion. Élever au carré rend tous les termes positifs, ce qui empêche la compensation, et pénalise davantage les grands écarts que les petits. On pourrait aussi prendre les valeurs absolues, ce qui donne l'écart moyen absolu, mais le carré se manipule bien mieux algébriquement, ce qui explique son adoption universelle.

c) Comme ÉCHANTILLON : s2=9851=24,5s^{2}=\dfrac{98}{5-1}=24{,}5 et s=24,5=4,95s=\sqrt{24{,}5}=4{,}95. Comme POPULATION : σ2=985=19,6\sigma^{2}=\dfrac{98}{5}=19{,}6 et σ=19,6=4,43\sigma=\sqrt{19{,}6}=4{,}43. La version échantillon est donc toujours la plus GRANDE des deux.

d) Parce que la moyenne x\overline{x} utilisée dans le calcul a elle-même été ESTIMÉE à partir de ces mêmes données. Les cinq écarts ne sont donc pas indépendants : leur somme étant forcément nulle, connaître quatre d'entre eux détermine le cinquième. Il n'y a en réalité que n1=4n-1=4 écarts libres, ce qu'on appelle les degrés de liberté. Diviser par 5 sous-estimerait systématiquement la dispersion de la population dont l'échantillon est tiré ; diviser par 4 corrige ce biais. Quand on dispose de TOUTE la population, la moyenne μ\mu n'est pas estimée mais connue, et la correction n'a plus lieu d'être.

e) CV=sx×100=4,9518×100=27,5CV=\dfrac{s}{\overline{x}}\times 100=\dfrac{4{,}95}{18}\times 100=27{,}5 %. Il sert à comparer la dispersion de séries qui n'ont ni la même unité ni le même ordre de grandeur. Un écart-type de 5 est énorme sur des notes sur 20 et négligeable sur des salaires en dollars : rapporté à la moyenne, le coefficient de variation devient un pourcentage sans unité, directement comparable. On l'utilise couramment pour comparer la régularité de deux procédés de fabrication ou la volatilité de deux placements.

Exercice 4 : La cote z : comparer ce qui n'est pas comparable

Deux notes obtenues dans deux groupes différents ne se comparent pas directement. La cote z les ramène à une échelle commune, en mesurant l'écart à la moyenne en nombre d'écarts-types.

Anne obtient 78 dans un groupe de moyenne 70 et d'écart-type 8. Benoît obtient 85 dans un groupe de moyenne 80 et d'écart-type 10.

  • a) Calculez la cote z de chacun.
  • b) Lequel des deux a la meilleure performance RELATIVE ? Le résultat vous surprend-il ?
  • c) Que signifie une cote z négative ? Et une cote z nulle ?
  • d) Dans une distribution normale, environ 68 % des données sont à moins d'un écart-type de la moyenne, 95 % à moins de deux. Situez Anne et Benoît.
  • e) Une entreprise annonce que ses employés ont un salaire de cote z égale à 1,5 par rapport à la moyenne du secteur, laquelle est de 55 000 dollars avec un écart-type de 6000 dollars. Quel salaire cela représente-t-il ?

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Réponses

  • a) zAnne=1,00z_{Anne}=1{,}00 et zBenoi^t=0,50z_{Beno\hat{i}t}=0{,}50.
  • b) Anne, malgré une note brute plus basse : elle est un écart-type complet au-dessus de son groupe.
  • c) Négative : sous la moyenne. Nulle : égale à la moyenne. La cote z n'a pas d'unité.
  • d) Anne à la limite des 68 % centraux, environ 16 % font mieux ; Benoît à l'intérieur, environ 31 % font mieux. Aucun des deux n'atteint z=2z=2.
  • e) x=55000+1,5×6000=64000x=55\,000+1{,}5\times 6000=64\,000 dollars.

a) zAnne=78708=88=1,00z_{Anne}=\dfrac{78-70}{8}=\dfrac{8}{8}=1{,}00 et zBenoi^t=858010=510=0,50z_{Beno\hat{i}t}=\dfrac{85-80}{10}=\dfrac{5}{10}=0{,}50.

b) ANNE, avec une cote z de 1,00 contre 0,50. Le résultat surprend au premier abord puisque sa note brute, 78, est INFÉRIEURE aux 85 de Benoît. Mais Anne se situe un écart-type complet au-dessus de son groupe, alors que Benoît n'est qu'à un demi-écart-type du sien. Rapportée à la difficulté de l'épreuve et à la dispersion du groupe, la performance d'Anne est donc meilleure. C'est exactement le raisonnement qui fonde la cote R utilisée pour l'admission universitaire au Québec.

c) Une cote z NÉGATIVE signifie que la valeur est INFÉRIEURE à la moyenne du groupe ; sa valeur absolue indique de combien d'écarts-types. Une cote z NULLE signifie que la valeur est exactement égale à la moyenne. La cote z n'a pas d'unité : c'est un rapport de deux grandeurs de même unité, ce qui est précisément ce qui rend la comparaison possible entre distributions différentes.

d) Anne, à z=1,00z=1{,}00, se situe exactement à la limite de l'intervalle contenant les 68 % centraux : environ 16 % des étudiants de son groupe font mieux qu'elle. Benoît, à z=0,50z=0{,}50, est bien à l'intérieur de cet intervalle central ; environ 31 % de son groupe fait mieux. Ni l'un ni l'autre n'atteint z=2z=2, seuil au-delà duquel on entre dans les 2,5 % supérieurs et où l'on parle de performance exceptionnelle.

e) De z=xxsz=\dfrac{x-\overline{x}}{s} on tire x=x+zs=55000+1,5×6000=55000+9000=64000x=\overline{x}+z\,s=55\,000+1{,}5\times 6000=55\,000+9000=64\,000 dollars. La cote z se lit donc dans les deux sens : elle transforme une valeur en position relative, et une position relative en valeur. Noter au passage que l'annonce est habilement formulée : elle décrit un salaire de 64 000 dollars, meilleur que celui d'environ 93 % du secteur, ce qui est bon mais moins spectaculaire que le vocabulaire statistique ne le laisse croire.

48566472808896examen A84 (z = 1.50)102540557085100examen B70 (z = 1.00)84 sur A vaut z = 1,50 ; 70 sur B ne vaut que z = 1,00 :la cote z ramene les deux echelles a la meme

Exercice 5 : Quartiles, boîte à moustaches et valeurs aberrantes

Les quartiles découpent la série en quatre parts égales et résument sa forme en cinq nombres. La règle du 1,5 fois l'écart interquartile donne un critère OBJECTIF pour déclarer une donnée aberrante, au lieu de le décider à l'oeil.

Série : 12, 15, 18, 20, 22, 25, 28, 30, 32, 60.

  • a) Déterminez la médiane, puis Q1Q_{1} et Q3Q_{3}.
  • b) Calculez l'écart interquartile et donnez les cinq nombres du résumé.
  • c) Appliquez la règle du 1,5 fois l'écart interquartile et identifiez les valeurs aberrantes.
  • d) Décrivez l'allure de la boîte à moustaches et ce qu'elle révèle sur la symétrie.
  • e) Pourquoi préfère-t-on l'écart interquartile à l'étendue pour mesurer la dispersion en présence d'une valeur aberrante ?

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Réponses

  • a) Q2=23,5Q_{2}=23{,}5, Q1=18Q_{1}=18, Q3=30Q_{3}=30.
  • b) EI=12EI=12. Résumé en cinq nombres : 1212, 1818, 23,523{,}5, 3030, 6060.
  • c) Bornes 00 et 4848. Seule valeur aberrante : 6060.
  • d) Boîte de 18 à 30, trait à 23,5, moustaches à 12 et 32, point isolé à 60. Médiane décalée à gauche, distribution étalée vers la droite.
  • e) Étendue 4848, dictée par la valeur suspecte ; EI=12EI=12, robuste, comme la médiane.

a) La série compte n=10n=10 valeurs, déjà classées. La médiane est la moyenne des cinquième et sixième : Q2=22+252=23,5Q_{2}=\dfrac{22+25}{2}=23{,}5. La moitié inférieure est 12, 15, 18, 20, 22, dont la valeur centrale est Q1=18Q_{1}=18. La moitié supérieure est 25, 28, 30, 32, 60, dont la valeur centrale est Q3=30Q_{3}=30.

b) EI=Q3Q1=3018=12EI=Q_{3}-Q_{1}=30-18=12. Le résumé en cinq nombres est : minimum 12, Q1=18Q_{1}=18, médiane 23,5, Q3=30Q_{3}=30, maximum 60.

c) Les bornes sont Q11,5EI=1818=0Q_{1}-1{,}5\,EI=18-18=0 et Q3+1,5EI=30+18=48Q_{3}+1{,}5\,EI=30+18=48. Toute valeur hors de [0 ; 48]\left[0\ ;\ 48\right] est aberrante. La valeur 60 dépasse 48 : c'est la SEULE valeur aberrante de la série. Toutes les autres sont dans l'intervalle.

d) La boîte s'étend de 18 à 30, coupée par un trait à 23,5. La moustache gauche descend au minimum non aberrant, 12 ; la moustache droite monte jusqu'à 32, dernière valeur non aberrante, et le 60 est marqué à part par un point isolé. La médiane 23,5 n'est pas au centre de la boîte, elle est légèrement décalée vers la gauche puisque 23,518=5,523{,}5-18=5{,}5 contre 3023,5=6,530-23{,}5=6{,}5 : la moitié supérieure est un peu plus étalée. Combiné à la valeur aberrante haute, cela indique une distribution étalée vers la DROITE.

e) Parce que l'étendue ne repose que sur les DEUX valeurs extrêmes, donc précisément sur celles qui sont susceptibles d'être aberrantes. Ici l'étendue vaut 6012=4860-12=48, un nombre entièrement dicté par une donnée suspecte, alors que l'écart interquartile vaut 12 et décrit les 50 % centraux de la série, sans être affecté par ce qui se passe aux extrémités. L'écart interquartile est donc ROBUSTE, au même titre que la médiane, et c'est pourquoi les deux vont naturellement ensemble : on associe moyenne et écart-type d'un côté, médiane et écart interquartile de l'autre.

102030405060Q1médianeQ3valeur aberrantela boîte contient 50 % des données ; les moustaches s'arrêtentà 1,5 × l'écart interquartile, au-delà c'est une aberrante

Partie B : Niveau examen (/50)

Exercice 6 : La moyenne pondérée et le piège de la moyenne des moyennes

Une session de cégep comporte quatre évaluations, de pondérations 15 %, 25 %, 20 % et 40 %. Une étudiante y obtient respectivement 72, 65, 88 et 79.

  • a) Calculez sa note finale, puis la moyenne simple des quatre notes. Pourquoi diffèrent-elles, et dans quel cas coïncideraient-elles ?
  • b) Avant l'examen final, quelle note doit-elle obtenir à cette dernière évaluation pour atteindre 80 % au total ?
  • c) Deux groupes suivent le même cours : le groupe A compte 30 étudiants et a une moyenne de 68, le groupe B en compte 12 avec une moyenne de 80. Un enseignant annonce que la moyenne des deux groupes réunis est de 74. Calculez la vraie valeur et expliquez son erreur.
  • d) À quelle condition la moyenne des moyennes est-elle correcte ? Énoncez la règle générale.
  • e) Une étudiante suit trois cours de 4, 2 et 3 unités et y obtient 80, 65 et 90. Calculez sa moyenne pondérée par les unités. Pourquoi pondère-t-on ainsi plutôt que de traiter les trois cours à égalité ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Note finale 76,2576{,}25, moyenne simple 76,0076{,}00. Elles coïncideraient si les quatre pondérations étaient égales.
  • b) Acquis 44,6544{,}65 points ; il lui faut 35,350,4088,4\dfrac{35{,}35}{0{,}40}\approx 88{,}4.
  • c) Vraie moyenne 30004271,4\dfrac{3000}{42}\approx 71{,}4, soit 2,62{,}6 points sous l'annonce : il a oublié les effectifs.
  • d) Seulement si tous les sous-groupes ont le même effectif ; sinon x=nixini\overline{x}=\dfrac{\sum n_{i}\overline{x_{i}}}{\sum n_{i}}.
  • e) 7209=80,0\dfrac{720}{9}=80{,}0. Les unités mesurent la charge de travail.

a) Note finale : (0,15)(72)+(0,25)(65)+(0,20)(88)+(0,40)(79)=10,80+16,25+17,60+31,60=76,25(0{,}15)(72)+(0{,}25)(65)+(0{,}20)(88)+(0{,}40)(79)=10{,}80+16{,}25+17{,}60+31{,}60=76{,}25. Moyenne simple : 72+65+88+794=3044=76,00\frac{72+65+88+79}{4}=\frac{304}{4}=76{,}00. Elles diffèrent parce que la moyenne pondérée accorde à chaque note une importance proportionnelle à son poids : ici, le 79 de l'évaluation la plus lourde pèse plus que le 88 de l'évaluation à 20 %. Les deux coïncideraient si et seulement si toutes les pondérations étaient ÉGALES, c'est-à-dire de 25 % chacune : la moyenne simple n'est qu'un cas particulier de la moyenne pondérée.

b) Les trois premières évaluations rapportent (0,15)(72)+(0,25)(65)+(0,20)(88)=44,65(0{,}15)(72)+(0{,}25)(65)+(0{,}20)(88)=44{,}65 points sur les 60 % déjà joués. Il lui faut 80 au total, donc 8044,65=35,3580-44{,}65=35{,}35 points doivent venir d'une évaluation qui vaut 40 % : sa note doit être 35,350,4088,4\frac{35{,}35}{0{,}40}\approx 88{,}4. C'est exigeant mais atteignable, et le calcul montre bien à quoi sert la pondération : une évaluation à 40 % laisse encore la partie entièrement ouverte.

c) La vraie moyenne se calcule sur les 42 étudiants réunis : (30)(68)+(12)(80)42=2040+96042=30004271,4\frac{(30)(68)+(12)(80)}{42}=\frac{2040+960}{42}=\frac{3000}{42}\approx 71{,}4. L'enseignant a fait 68+802=74\frac{68+80}{2}=74, c'est-à-dire la moyenne des deux moyennes, ce qui revient à traiter les deux groupes comme s'ils avaient le même effectif. Or le groupe faible est deux fois et demie plus nombreux : il doit peser d'autant plus. L'écart, 2,6 points, n'est pas anodin quand il s'agit de comparer des cohortes.

d) La moyenne des moyennes n'est correcte que si tous les sous-groupes ont le MÊME effectif. En général, il faut pondérer chaque moyenne par l'effectif de son groupe : x=nixini\overline{x}=\frac{\sum n_{i}\overline{x_{i}}}{\sum n_{i}}. La raison est que la moyenne d'ensemble est la somme de TOUTES les valeurs divisée par leur nombre, et que la somme des valeurs d'un groupe vaut nixin_{i}\overline{x_{i}} : l'effectif est déjà là, il ne peut pas disparaître. C'est l'une des erreurs les plus répandues dans les rapports, parce qu'elle est invisible : le calcul faux a l'air parfaitement raisonnable.

e) (4)(80)+(2)(65)+(3)(90)4+2+3=320+130+2709=7209=80,0\frac{(4)(80)+(2)(65)+(3)(90)}{4+2+3}=\frac{320+130+270}{9}=\frac{720}{9}=80{,}0. On pondère par les unités parce qu'elles mesurent la charge de travail : un cours de 4 unités représente deux fois plus d'apprentissage qu'un cours de 2 unités, et il serait absurde qu'un cours mineur puisse peser autant qu'un cours majeur dans le bilan d'une session. Le principe est général : une moyenne pondérée traduit toujours un jugement sur l'IMPORTANCE relative des éléments, et ce jugement est une décision, pas un calcul. Changer les pondérations change la note sans qu'aucun résultat n'ait changé.

Exercice 7 : Les données groupées en classes

Quand les données sont nombreuses, on les regroupe en classes et l'on perd les valeurs individuelles. Les formules s'adaptent en remplaçant chaque donnée par le CENTRE de sa classe, ce qui introduit une approximation contrôlée.

Distribution des temps de trajet domicile-cégep, en minutes, pour 50 étudiants : [0 ; 10[ : 6 étudiants ; [10 ; 20[ : 14 ; [20 ; 30[ : 18 ; [30 ; 40[ : 9 ; [40 ; 50[ : 3.

  • a) Dressez le tableau des centres de classe et vérifiez l'effectif total.
  • b) Calculez la moyenne des temps de trajet.
  • c) Calculez l'écart-type, en traitant les 50 étudiants comme une population.
  • d) Déterminez la classe modale et la classe médiane.
  • e) En quoi le résultat de b est-il une approximation ? Dans quel cas serait-il exact ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Centres 55, 1515, 2525, 3535, 4545 ; effectif total 5050.
  • b) nici=1140\sum n_{i}c_{i}=1140, donc x=22,8\overline{x}=22{,}8 minutes.
  • c) ni(cix)2=5658\sum n_{i}(c_{i}-\overline{x})^{2}=5658, σ2=113,16\sigma^{2}=113{,}16, σ=10,6\sigma=10{,}6 minutes.
  • d) Classe modale et classe médiane : toutes deux [20 ; 30[[20\ ;\ 30[.
  • e) Chaque donnée a été remplacée par le centre de sa classe. Exact si la moyenne réelle de chaque classe égale son centre.

a) Le centre de chaque classe est la moyenne de ses deux bornes : 5, 15, 25, 35 et 45 minutes. L'effectif total vaut 6+14+18+9+3=506+14+18+9+3=50, ce qui correspond bien à l'énoncé.

b) x=nicin\overline{x}=\dfrac{\sum n_{i}c_{i}}{n}cic_{i} est le centre de classe. Le numérateur vaut 6×5+14×15+18×25+9×35+3×45=30+210+450+315+135=11406\times 5+14\times 15+18\times 25+9\times 35+3\times 45=30+210+450+315+135=1140. Donc x=114050=22,8\overline{x}=\dfrac{1140}{50}=22{,}8 minutes.

c) On calcule ni(cix)2\sum n_{i}\left(c_{i}-\overline{x}\right)^{2}. Les écarts valent 17,8-17{,}8, 7,8-7{,}8, 2,22{,}2, 12,212{,}2 et 22,222{,}2, dont les carrés sont 316,84316{,}84, 60,8460{,}84, 4,844{,}84, 148,84148{,}84 et 492,84492{,}84. Pondérés par les effectifs : 1901,04+851,76+87,12+1339,56+1478,52=56581901{,}04+851{,}76+87{,}12+1339{,}56+1478{,}52=5658. Alors σ2=565850=113,16\sigma^{2}=\dfrac{5658}{50}=113{,}16 et σ=113,16=10,6\sigma=\sqrt{113{,}16}=10{,}6 minutes.

d) La classe MODALE est celle du plus grand effectif : [20 ; 30[\left[20\ ;\ 30\right[ avec 18 étudiants. Pour la classe médiane, on cherche où se situe la 25e et la 26e observation. Les effectifs cumulés valent 6, puis 20, puis 38 : la 25e et la 26e tombent donc dans la troisième classe. La classe MÉDIANE est également [20 ; 30[\left[20\ ;\ 30\right[. Leur coïncidence, jointe à une moyenne de 22,8 proche du centre de cette classe, suggère une distribution assez symétrique, avec un léger étalement vers la droite dû aux trajets longs.

e) Parce qu'on a remplacé chacune des 50 valeurs réelles par le CENTRE de sa classe, ce qui revient à supposer que les données se répartissent uniformément à l'intérieur de chaque classe, ou du moins symétriquement autour du centre. Si, par exemple, les 18 étudiants de la classe [20 ; 30[\left[20\ ;\ 30\right[ étaient en fait tous vers 21 minutes, la vraie moyenne serait plus basse que 22,8. Le résultat serait EXACT si, dans chaque classe, la moyenne réelle des données coïncidait avec le centre de la classe. En pratique les écarts se compensent largement d'une classe à l'autre, et l'approximation est excellente dès que les classes sont assez étroites et les effectifs suffisants.

Exercice 8 : L'ogive : lire un percentile sur une courbe cumulative

On reprend la distribution des temps de trajet, en minutes, de 50 étudiants : [0 ; 10[[0\ ;\ 10[ compte 6 étudiants, [10 ; 20[[10\ ;\ 20[ en compte 14, [20 ; 30[[20\ ;\ 30[ en compte 18, [30 ; 40[[30\ ;\ 40[ en compte 9 et [40 ; 50[[40\ ;\ 50[ en compte 3. Un histogramme montre la répartition; l'OGIVE, elle, montre le cumul, et c'est sur elle que se lisent les percentiles.

  • a) Dressez le tableau des effectifs cumulés croissants et des pourcentages cumulés.
  • b) L'ogive se trace en plaçant le cumul en face de la BORNE SUPÉRIEURE de chaque classe, et non de son centre. Justifiez ce choix.
  • c) Déterminez la médiane par interpolation linéaire dans la classe médiane, et comparez au résultat qu'on lirait sur l'histogramme.
  • d) Déterminez le neuvième décile et le premier décile. Que représentent-ils concrètement pour un service de transport ?
  • e) Quelle proportion d'étudiants met plus de 35 minutes ? Quelle hypothèse fait-on en interpolant, et dans quel cas serait-elle fausse ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Cumuls 66, 2020, 3838, 4747, 5050, soit 1212 %, 4040 %, 7676 %, 9494 %, 100100 %.
  • b) Le cumul va à la borne SUPÉRIEURE : la classe n'est entièrement comptée qu'une fois franchie.
  • c) Me=20+518(10)22,8M_{e}=20+\dfrac{5}{18}(10)\approx 22{,}8 minutes. L'histogramme ne donnerait que la classe [20 ; 30[[20\ ;\ 30[.
  • d) D937,8D_{9}\approx 37{,}8 min et D18,3D_{1}\approx 8{,}3 min : un usager sur dix met plus de 38 minutes.
  • e) Cumul 42,542{,}5 à 35 min, donc 1515 % au-delà. On suppose une répartition uniforme dans chaque classe.

a) Effectifs cumulés croissants : 6 à 10 min, 6+14=206+14=20 à 20 min, 20+18=3820+18=38 à 30 min, 38+9=4738+9=47 à 40 min, 47+3=5047+3=50 à 50 min. En pourcentages : 12 %, 40 %, 76 %, 94 %, 100 %. La dernière valeur doit valoir exactement l'effectif total, c'est la vérification à faire systématiquement.

b) Parce que l'effectif cumulé répond à la question « combien d'étudiants mettent MOINS DE tant de minutes ». Or on ne sait avec certitude que 20 étudiants sont sous les 20 minutes qu'une fois la classe [10 ; 20[[10\ ;\ 20[ entièrement comptée, c'est-à-dire à sa borne supérieure. Placer le cumul au centre de la classe reviendrait à affirmer que la moitié de la classe est atteinte au milieu, ce qui est justement ce qu'on ignore. L'ogive est donc une courbe croissante qui part de zéro à la borne inférieure de la première classe et atteint l'effectif total à la borne supérieure de la dernière.

c) La médiane correspond au 25e étudiant, soit 50 % de 50. Le cumul vaut 20 à 20 minutes et 38 à 30 minutes : la médiane tombe donc dans la classe [20 ; 30[[20\ ;\ 30[. Il faut y progresser de 2520=525-20=5 étudiants sur les 18 que compte la classe, soit une fraction 518\frac{5}{18} de son amplitude de 10 minutes : Me=20+518(10)22,8M_{e}=20+\frac{5}{18}(10)\approx 22{,}8 minutes. Sur un histogramme, on ne pourrait que nommer la classe médiane, [20 ; 30[[20\ ;\ 30[, sans aller plus loin : c'est tout l'avantage de l'ogive, qui donne une valeur et non un intervalle.

d) Neuvième décile : 90 % de 50 font 45 étudiants. Le cumul vaut 38 à 30 minutes et 47 à 40 minutes, donc D9D_{9} est dans [30 ; 40[[30\ ;\ 40[ : D9=30+45389(10)37,8D_{9}=30+\frac{45-38}{9}(10)\approx 37{,}8 minutes. Premier décile : 10 % de 50 font 5 étudiants, dans la première classe : D1=0+56(10)8,3D_{1}=0+\frac{5}{6}(10)\approx 8{,}3 minutes. Concrètement, un étudiant sur dix arrive en moins de 8 minutes, et un sur dix met plus de 38 minutes. Pour un service de transport, c'est ce dernier chiffre qui compte : dimensionner sur la moyenne laisserait 10 % des usagers dans une situation nettement pire que ce que l'on croit avoir prévu.

e) À 35 minutes, on est au milieu de la classe [30 ; 40[[30\ ;\ 40[ : le cumul vaut 38+510(9)=42,538+\frac{5}{10}(9)=42{,}5 étudiants, donc 5042,5=7,550-42{,}5=7{,}5 étudiants mettent plus de 35 minutes, soit 15 %. L'hypothèse faite en interpolant est que les données sont réparties UNIFORMÉMENT à l'intérieur de chaque classe, ce qui permet de traiter l'ogive comme une suite de segments de droite. Elle est raisonnable quand les classes sont étroites et les effectifs importants, mais elle devient fausse dès que la répartition interne est très déséquilibrée : si, dans la classe [30 ; 40[[30\ ;\ 40[, tous les étudiants étaient en réalité à 31 minutes, la réponse exacte serait 18 % et non 15 %. Le remède est le même que toujours : des classes plus fines, tant que les effectifs le permettent.

10203040506010203040506070809010011050 %100 %on entre par l'ordonnee,on sort par l'abscisse :c'est la mediane

Exercice 9 : Transformations linéaires : ce qui change et ce qui résiste

Une série de températures relevées en degrés Celsius a une moyenne de 18,0 °C et un écart-type de 4,0 °C. On veut exprimer ces mêmes données en degrés Fahrenheit, sachant que F=1,8C+32F=1{,}8\,C+32.

  • a) Calculez la moyenne et l'écart-type de la série exprimée en degrés Fahrenheit. Pourquoi le 32 n'intervient-il pas dans le second calcul ?
  • b) Énoncez la règle générale pour une transformation y=ax+by=ax+b : que deviennent la moyenne, la variance et l'écart-type ?
  • c) Calculez le coefficient de variation dans les deux unités. Que constatez-vous, et quelle conclusion en tirez-vous sur l'usage du coefficient de variation ?
  • d) Un relevé de 22 °C correspond à 71,6 °F. Calculez sa cote z dans les deux unités. Démontrez que la cote z est INVARIANTE par toute transformation linéaire de pente positive.
  • e) Un enseignant ajoute 5 points à toutes les copies d'un groupe, puis un autre multiplie toutes les notes par 1,1. Décrivez l'effet de chaque opération sur la moyenne, l'écart-type et le classement des étudiants. Que devient la série si l'on applique y=xxsy=\frac{x-\overline{x}}{s} ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) F=64,4\overline{F}=64{,}4 °F et sF=7,2s_{F}=7{,}2 °F. Le +32+32 déplace la série sans changer les écarts.
  • b) y=ax+b\overline{y}=a\overline{x}+b, sy2=a2sx2s_{y}^{2}=a^{2}s_{x}^{2}, sy=asxs_{y}=|a|\,s_{x}.
  • c) CV=22,2CV=22{,}2 % en Celsius contre 11,211{,}2 % en Fahrenheit : le CVCV exige un zéro absolu.
  • d) z=1,00z=1{,}00 dans les deux unités. Le bb part par soustraction, le aa par simplification.
  • e) +5+5 : moyenne +5+5, écart-type inchangé. ×1,1\times 1{,}1 : les deux ×1,1\times 1{,}1. Classement inchangé dans les deux cas. Centrée réduite : moyenne 00, écart-type 11.

a) Moyenne : F=1,8(18,0)+32=32,4+32=64,4\overline{F}=1{,}8(18{,}0)+32=32{,}4+32=64{,}4 °F. Écart-type : sF=1,8(4,0)=7,2s_{F}=1{,}8(4{,}0)=7{,}2 °F. Le 32 n'intervient pas parce qu'ajouter une constante DÉPLACE toute la série en bloc, sans rapprocher ni éloigner les valeurs les unes des autres : l'écart entre deux relevés quelconques reste identique, donc la dispersion aussi. Seule la multiplication par 1,8 dilate les écarts, et elle les dilate tous dans le même rapport.

b) Pour y=ax+by=ax+b : y=ax+b\overline{y}=a\overline{x}+b, la variance devient sy2=a2sx2s_{y}^{2}=a^{2}s_{x}^{2} et l'écart-type sy=asxs_{y}=|a|\,s_{x}. La valeur absolue compte : multiplier par 2-2 retourne la série mais double sa dispersion, et un écart-type ne peut jamais être négatif. Notez aussi que la médiane et les quartiles suivent la même règle que la moyenne, et que l'étendue et l'écart interquartile suivent celle de l'écart-type.

c) En Celsius : CV=4,018,0×10022,2CV=\frac{4{,}0}{18{,}0}\times 100\approx 22{,}2 %. En Fahrenheit : CV=7,264,4×10011,2CV=\frac{7{,}2}{64{,}4}\times 100\approx 11{,}2 %. Le coefficient de variation a été DIVISÉ PAR DEUX alors qu'aucune donnée n'a changé, seulement l'unité. La conclusion est nette : le coefficient de variation n'a de sens que pour une variable mesurée sur une échelle de RAPPORT, c'est-à-dire dotée d'un zéro absolu, comme une masse, une durée ou un revenu. Les températures Celsius et Fahrenheit ont des zéros purement conventionnels, si bien que le rapport sx\frac{s}{\overline{x}} n'y signifie rien. En kelvins, la question redeviendrait légitime.

d) En Celsius : z=2218,04,0=1,00z=\frac{22-18{,}0}{4{,}0}=1{,}00. En Fahrenheit : z=71,664,47,2=7,27,2=1,00z=\frac{71{,}6-64{,}4}{7{,}2}=\frac{7{,}2}{7{,}2}=1{,}00. Identique. Démonstration : si y=ax+by=ax+b avec a>0a>0, alors zy=yysy=(ax+b)(ax+b)asx=a(xx)asx=xxsx=zxz_{y}=\frac{y-\overline{y}}{s_{y}}=\frac{(ax+b)-(a\overline{x}+b)}{a s_{x}}=\frac{a(x-\overline{x})}{a s_{x}}=\frac{x-\overline{x}}{s_{x}}=z_{x}. Le bb disparaît par soustraction, le aa par simplification. C'est exactement pourquoi la cote z permet de comparer des mesures faites dans des unités différentes : elle est le seul indicateur du chapitre à ne dépendre ni de l'origine ni de l'échelle.

e) Ajouter 5 points, c'est y=x+5y=x+5 : la moyenne monte de 5, l'écart-type ne bouge pas, et le classement est rigoureusement inchangé puisque tout le monde gagne autant. Multiplier par 1,1, c'est y=1,1xy=1{,}1x : la moyenne et l'écart-type sont tous deux multipliés par 1,1, et le classement reste lui aussi inchangé, puisque la fonction est croissante. Aucune transformation linéaire de pente positive ne peut modifier un ordre, ce qui explique qu'aucune ne modifie non plus les cotes z. Enfin, appliquer y=xxsy=\frac{x-\overline{x}}{s}, c'est prendre a=1sa=\frac{1}{s} et b=xsb=-\frac{\overline{x}}{s} : la nouvelle série a pour moyenne xxs=0\frac{\overline{x}-\overline{x}}{s}=0 et pour écart-type ss=1\frac{s}{s}=1. On l'appelle la série CENTRÉE RÉDUITE, et c'est elle qui rend comparables deux évaluations de barèmes différents. Toute la logique de la cote z, et des cotes standardisées utilisées à l'admission universitaire, tient dans ces deux lignes.

Exercice 10 : Problème : lire une statistique dans les médias

Le principal usage des statistiques descriptives, pour un citoyen, est de ne pas se laisser tromper. Trois affirmations, toutes construites sur des calculs exacts, et pourtant toutes trompeuses.

On dispose des revenus annuels des ménages d'un quartier : médiane 48 000 dollars, moyenne 71 000 dollars, écart-type 55 000 dollars.

  • a) « Le revenu moyen du quartier est de 71 000 dollars, c'est un quartier aisé. » Que manque-t-il à cette lecture ?
  • b) L'écart-type, 55 000, est presque aussi grand que la moyenne. Calculez le coefficient de variation et interprétez.
  • c) Un promoteur affirme : « la moitié des ménages gagnent plus de 48 000 dollars ». Est-ce exact ?
  • d) Un second quartier a la même médiane, 48 000, mais un écart-type de 12 000. Décrivez en une phrase la différence entre les deux quartiers.
  • e) Proposez les trois indicateurs que vous publieriez pour décrire honnêtement le premier quartier, et justifiez chacun.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Il manque la médiane : 7100071\,000 contre 4800048\,000, soit 47,947{,}9 % d'écart, signe d'un étalement à droite.
  • b) CV=77,5CV=77{,}5 % : hétérogénéité extrême, aucun revenu « typique » ne décrit le quartier.
  • c) Exact, c'est la définition de la médiane. Mais on pourrait tout aussi véridiquement dire « la moitié gagnent MOINS ».
  • d) Même ménage typique, mais le premier quartier est très inégalitaire, le second homogène entre 2400024\,000 et 7200072\,000 dollars.
  • e) Médiane, écart interquartile, et part des ménages sous un seuil de faible revenu.

a) Il manque la comparaison avec la MÉDIANE. L'écart entre 71 000 et 48 000 est considérable : la moyenne dépasse la médiane de près de 50 %, ce qui révèle une distribution fortement étalée vers la droite. Concrètement, une minorité de ménages très aisés tire la moyenne vers le haut, alors que le ménage typique gagne 48 000 dollars. Qualifier le quartier d'aisé sur la base de la seule moyenne, c'est décrire une minorité en la présentant comme la norme.

b) CV=5500071000×100=77,5CV=\dfrac{55\,000}{71\,000}\times 100=77{,}5 %. Un coefficient de variation aussi élevé signale une hétérogénéité extrême : la dispersion est du même ordre de grandeur que le niveau moyen lui-même. Ce quartier n'a pas de revenu « typique » au sens usuel ; il juxtapose des situations très différentes. Une seule mesure de tendance centrale, quelle qu'elle soit, y sera nécessairement trompeuse.

c) OUI, c'est exact, et c'est même la définition de la médiane : la moitié des ménages gagnent plus de 48 000 dollars et l'autre moitié moins. L'affirmation est irréprochable sur le fond. Elle reste néanmoins orientée par ce qu'elle omet : on pourrait tout aussi véridiquement écrire que la moitié des ménages gagnent MOINS de 48 000 dollars. Choisir de présenter la moitié haute plutôt que la moitié basse est un choix rhétorique, non statistique.

d) Les deux quartiers ont le même ménage typique, mais le premier est très INÉGALITAIRE alors que le second est HOMOGÈNE : dans le second, la quasi-totalité des ménages se situe entre environ 24 000 et 72 000 dollars, tandis que dans le premier les revenus s'étalent sur une plage plusieurs fois plus large. Deux quartiers de même médiane peuvent donc offrir des réalités sociales entièrement différentes, ce qu'aucune mesure de tendance centrale ne peut révéler seule.

e) Premièrement la MÉDIANE, 48 000 dollars, comme mesure du ménage typique, parce qu'elle résiste aux valeurs extrêmes qui sont manifestement présentes ici. Deuxièmement l'ÉCART INTERQUARTILE, ou à défaut les quartiles eux-mêmes, parce qu'il décrit l'étalement des 50 % centraux sans être faussé par la queue de distribution, contrairement à l'écart-type de 55 000 qui est lui-même gonflé par les hauts revenus. Troisièmement la part des ménages sous un SEUIL de référence, par exemple le seuil de faible revenu, parce qu'un indicateur de position répond à la question sociale réelle là où aucun résumé numérique ne le fait. On pourrait ajouter un histogramme, qui reste la façon la plus honnête de présenter une distribution : il ne résume rien et ne cache donc rien.

Chapitre suivant Probabilités et lois de distribution

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