Spécialité maths, Terminale • Bac blanc corrigé à Montréal

Bac blanc n° 3 corrigé : spécialité mathématiques (Terminale)

Voici le troisième bac blanc corrigé de spécialité mathématiques, au format de l'épreuve écrite de juin : quatre exercices indépendants de cinq points, quatre heures, calculatrice autorisée. Il est écrit sur le programme de Terminale en vigueur pour la session de juin 2027.

Il complète les deux premiers sujets et couvre ce qu'ils ne touchent pas : le logarithme népérien, le théorème des valeurs intermédiaires et la dichotomie, les équations différentielles, l'intégration par parties, le dénombrement, les sommes de variables aléatoires avec la moyenne d'un échantillon, et les fonctions trigonométriques. Comme dans les sujets récents, chaque exercice enchaîne neuf questions en deux parties.

Le fil du corrigé : chaque résultat se justifie par le théorème qu'il invoque, hypothèses vérifiées. Continuité et stricte monotonie pour l'unicité d'une solution, indépendance pour additionner des variances, passage à l'événement contraire pour Bienaymé-Tchebychev. À traiter en conditions réelles avant de lire la correction.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Terminale

Rappel de cours

  • • LOGARITHME : ln⁡(ab)=ln⁡a+ln⁡b\ln(ab)=\ln a+\ln b, (ln⁡x)′=1x(\ln x)'=\frac{1}{x}, lim⁡x→0ln⁡x=−∞\lim_{x\to 0}\ln x=-\infty. Croissance comparée : lim⁡x→+∞ln⁡xx=0\lim_{x\to+\infty}\frac{\ln x}{x}=0 et lim⁡X→+∞Xe−X=0\lim_{X\to+\infty}X\mathrm{e}^{-X}=0.
  • • VALEURS INTERMÉDIAIRES : si ff est continue et STRICTEMENT monotone sur un intervalle, et si kk est compris entre les valeurs (ou limites) aux bornes, l'équation f(x)=kf(x)=k a une solution UNIQUE. La dichotomie divise la longueur de l'encadrement par 22 à chaque passage.
  • • ÉQUATION y′=ay+fy'=ay+f : si uu est une solution particulière, les solutions sont x↦Keax+u(x)x\mapsto K\mathrm{e}^{ax}+u(x), KK réel. On vérifie uu, on ne la cherche pas.
  • • INTÉGRATION PAR PARTIES : ∫abu(x)v′(x) dx=[u(x)v(x)]ab−∫abu′(x)v(x) dx\int_{a}^{b}u(x)v'(x)\,dx=\left[u(x)v(x)\right]_{a}^{b}-\int_{a}^{b}u'(x)v(x)\,dx. Valeur moyenne de ff sur [a ;b][a\,;b] : 1b−a∫abf(x) dx\frac{1}{b-a}\int_{a}^{b}f(x)\,dx.
  • • DÉNOMBREMENT : n(n−1)⋯(n−k+1)n(n-1)\cdots(n-k+1) kk-uplets d'éléments distincts, (nk)\binom{n}{k} parties à kk éléments, 2n2^{n} parties en tout.
  • • SOMMES : E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) toujours ; V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y) si XX et YY sont indépendantes ; V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^{2}V(X). Pour un échantillon : E(Mn)=μE(M_{n})=\mu et V(Mn)=VnV(M_{n})=\frac{V}{n}.
  • • CONCENTRATION : P(∣Mn−μ∣≥δ)≤Vnδ2P\left(\left|M_{n}-\mu\right|\geq\delta\right)\leq\frac{V}{n\delta^{2}}, conséquence de Bienaymé-Tchebychev P(∣X−μ∣≥δ)≤V(X)δ2P\left(\left|X-\mu\right|\geq\delta\right)\leq\frac{V(X)}{\delta^{2}}.
  • • TRIGONOMÉTRIE : sin⁡′=cos⁡\sin'=\cos, cos⁡′=−sin⁡\cos'=-\sin ; cos⁡t≤a\cos t\leq a se lit sur l'axe des ABSCISSES du cercle trigonométrique.

Exercice 1 (5 points) • Analyse : logarithme, valeurs intermédiaires, convexité

Exercice 1 : Une fonction auxiliaire, un logarithme et une dichotomie

Les parties A et B sont liées : la partie A étudie une fonction auxiliaire dont le signe sert dans la partie B.

PARTIE A (questions 1 à 5). Soit gg la fonction définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par g(x)=x2−3+2ln⁡xg(x)=x^{2}-3+2\ln x. On admet que gg est dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. Pour la question 4, on donne la fonction Python ci-dessous.

PARTIE B (questions 6 à 9). Soit ff la fonction définie sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ par f(x)=x+1−2ln⁡xxf(x)=x+\dfrac{1-2\ln x}{x}, de courbe C\mathcal{C}, et D\mathcal{D} la droite d'équation y=xy=x. On admet que ff est deux fois dérivable sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. La courbe C\mathcal{C} et la droite D\mathcal{D} sont tracées ci-dessous.

1234567812345678CD : y = x
from math import log

def g(x):
    return x**2 - 3 + 2*log(x)

def dichotomie(p):
    a = 1
    b = 2
    while b - a > p:
        m = (a + b)/2
        if g(m) < 0:
            a = m
        else:
            b = m
    return a, b
  • 1) Déterminez les limites de gg en 00 et en +∞+\infty.
  • 2) Calculez g′(x)g'(x) et déduisez-en le sens de variation de gg sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[.
  • 3) Démontrez que l'équation g(x)=0g(x)=0 admet une unique solution α\alpha dans ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, puis, en calculant g(1)g(1) et g(2)g(2), que α∈ ]1 ;2[\alpha\in\,]1\,;2[.
  • 4) a. Exécutez à la main les trois premiers passages dans la boucle de dichotomie(0.01) et donnez les valeurs de a et b à l'issue du troisième. b. Combien de passages la boucle effectue-t-elle en tout ? Pourquoi le seul test du signe de g(m)g(m) suffit-il à savoir de quel côté de mm se trouve α\alpha ?
  • 5) Donnez un encadrement de α\alpha d'amplitude 10−210^{-2}, puis le signe de g(x)g(x) selon les valeurs de xx.
  • 6) Déterminez les limites de ff en 00 et en +∞+\infty. Interprétez graphiquement la limite en 00.
  • 7) Démontrez que, pour tout x>0x>0, f′(x)=g(x)x2f'(x)=\dfrac{g(x)}{x^{2}}. Dressez le tableau de variation de ff, puis démontrez que f(α)=2α−2αf(\alpha)=2\alpha-\dfrac{2}{\alpha} et donnez-en une valeur approchée au centième.
  • 8) Étudiez la position relative de C\mathcal{C} et de D\mathcal{D}, et donnez les coordonnées exactes de leur point commun. Déterminez lim⁡x→+∞(f(x)−x)\lim_{x\to+\infty}\left(f(x)-x\right) et interprétez.
  • 9) Démontrez que, pour tout x>0x>0, f′′(x)=4(2−ln⁡x)x3f''(x)=\dfrac{4(2-\ln x)}{x^{3}}. Étudiez la convexité de ff et donnez les coordonnées exactes du point d'inflexion de C\mathcal{C}, puis leurs valeurs approchées au centième.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/19

1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
Voir la correction

Réponses

  • 1) −∞-\infty en 00 ; +∞+\infty en +∞+\infty
  • 2) g′(x)=2(x2+1)x>0g'(x)=\frac{2(x^{2}+1)}{x}>0 : gg strictement croissante
  • 3) Unique α\alpha (TVI, cas strictement monotone) ; g(1)=−2g(1)=-2, g(2)=1+2ln⁡2g(2)=1+2\ln 2 : 1<α<21<\alpha<2
  • 4) a. a=1,375a=1{,}375, b=1,5b=1{,}5 ; b. 77 passages, renvoie (1,484375 ;1,4921875)(1{,}484375\,;1{,}4921875) ; gg croissante
  • 5) 1,48<α<1,491{,}48<\alpha<1{,}49 ; g<0g<0 sur ]0 ;α[]0\,;\alpha[, g>0g>0 sur ]α ;+∞[]\alpha\,;+\infty[
  • 6) +∞+\infty en 00 (asymptote x=0x=0) ; +∞+\infty en +∞+\infty
  • 7) ff décroissante sur ]0 ;α]]0\,;\alpha], croissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[ ; f(α)=2α−2α≈1,63f(\alpha)=2\alpha-\frac{2}{\alpha}\approx 1{,}63
  • 8) C\mathcal{C} au-dessus de D\mathcal{D} sur ]0 ;e[]0\,;\sqrt{e}[, en dessous après ; point commun (e ;e)(\sqrt{e}\,;\sqrt{e}) ; limite 00
  • 9) Convexe sur ]0 ;e2]]0\,;e^{2}], concave après ; inflexion (e2 ;e2−3e−2)≈(7,39 ;6,98)(e^{2}\,;e^{2}-3e^{-2})\approx(7{,}39\,;6{,}98)

1) En 00 : x2−3x^{2}-3 tend vers −3-3 et ln⁡x\ln x tend vers −∞-\infty, donc g(x)g(x) tend vers −∞-\infty par somme. En +∞+\infty : x2x^{2} et 2ln⁡x2\ln x tendent tous deux vers +∞+\infty, donc g(x)g(x) tend vers +∞+\infty. Aucune forme indéterminée ici : les deux termes variables vont dans le même sens, et il est inutile d'invoquer une croissance comparée.

2) g′(x)=2x+2x=2x2+2x=2(x2+1)xg'(x)=2x+\frac{2}{x}=\frac{2x^{2}+2}{x}=\frac{2(x^{2}+1)}{x}. Sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[, le numérateur et le dénominateur sont strictement positifs, donc g′(x)>0g'(x)>0 et gg est STRICTEMENT croissante. La mise au même dénominateur n'est pas décorative : c'est elle qui rend le signe évident. Contrôle : g′(1)=2+2=4g'(1)=2+2=4 ✓.

3) La fonction gg est continue sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[ (elle y est dérivable) et strictement croissante, avec lim⁡0g=−∞\lim_{0}g=-\infty et lim⁡+∞g=+∞\lim_{+\infty}g=+\infty. Comme 00 est compris entre ces deux limites, le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires, dans le cas STRICTEMENT MONOTONE, assure que g(x)=0g(x)=0 admet une solution et une seule, notée α\alpha. Les trois hypothèses, continuité, stricte monotonie et changement de signe, doivent être citées : sans la stricte monotonie on obtient l'existence mais pas l'unicité. Ensuite g(1)=1−3+0=−2<0g(1)=1-3+0=-2<0 et g(2)=4−3+2ln⁡2=1+2ln⁡2≈2,386>0g(2)=4-3+2\ln 2=1+2\ln 2\approx 2{,}386>0. Puisque gg est croissante et que g(α)=0g(\alpha)=0 se situe entre g(1)g(1) et g(2)g(2), on a 1<α<21<\alpha<2.

4) a. Premier passage : m=1,5m=1{,}5 et g(1,5)=2,25−3+2ln⁡1,5≈0,061>0g(1{,}5)=2{,}25-3+2\ln 1{,}5\approx 0{,}061>0, donc b devient 1,51{,}5. Deuxième : m=1,25m=1{,}25 et g(1,25)≈−0,991<0g(1{,}25)\approx -0{,}991<0, donc a devient 1,251{,}25. Troisième : m=1,375m=1{,}375 et g(1,375)≈−0,472<0g(1{,}375)\approx -0{,}472<0, donc a devient 1,3751{,}375. Après trois passages, a=1,375a=1{,}375 et b=1,5b=1{,}5. b. Chaque passage divise la longueur b−ab-a par deux : après kk passages elle vaut 12k\frac{1}{2^{k}}. Or 126=0,015625>0,01\frac{1}{2^{6}}=0{,}015625>0{,}01 et 127=0,0078125≤0,01\frac{1}{2^{7}}=0{,}0078125\leq 0{,}01 : la boucle s'arrête après 77 passages et renvoie (1,484375 ;1,4921875)(1{,}484375\,;1{,}4921875). Le test du seul signe de g(m)g(m) suffit parce que gg est strictement croissante : si g(m)<0=g(α)g(m)<0=g(\alpha), alors m<αm<\alpha et la solution est à droite de mm ; sinon elle est à gauche ou égale à mm. Pour une fonction quelconque il faudrait comparer les signes aux deux bornes.

5) g(1,48)≈−0,026<0g(1{,}48)\approx -0{,}026<0 et g(1,49)≈0,018>0g(1{,}49)\approx 0{,}018>0, donc 1,48<α<1,491{,}48<\alpha<1{,}49 (la dichotomie donne un encadrement compatible, 1,484<α<1,4931{,}484<\alpha<1{,}493). Comme gg est strictement croissante et s'annule en α\alpha : g(x)<0g(x)<0 sur ]0 ;α[]0\,;\alpha[, g(α)=0g(\alpha)=0 et g(x)>0g(x)>0 sur ]α ;+∞[]\alpha\,;+\infty[. Ce signe est tout l'objet de la partie A : c'est lui que la partie B va réutiliser.

6) En 00 : ln⁡x→−∞\ln x\to-\infty, donc 1−2ln⁡x→+∞1-2\ln x\to+\infty ; comme 1x→+∞\frac{1}{x}\to+\infty, le produit 1−2ln⁡xx\frac{1-2\ln x}{x} tend vers +∞+\infty, et f(x)→+∞f(x)\to+\infty. La droite d'équation x=0x=0, l'axe des ordonnées, est asymptote verticale à C\mathcal{C}. En +∞+\infty : on écrit 1−2ln⁡xx=1x−2 ln⁡xx\frac{1-2\ln x}{x}=\frac{1}{x}-2\,\frac{\ln x}{x} ; par croissance comparée ln⁡xx→0\frac{\ln x}{x}\to 0, donc ce quotient tend vers 00, et f(x)=x+1−2ln⁡xx→+∞f(x)=x+\frac{1-2\ln x}{x}\to+\infty. Écrire directement « −∞+∞\frac{-\infty}{+\infty} » est une forme indéterminée : la croissance comparée doit être nommée.

7) On dérive le quotient avec u=1−2ln⁡xu=1-2\ln x, u′=−2xu'=-\frac{2}{x}, v=xv=x, v′=1v'=1 : (uv)′=−2x×x−(1−2ln⁡x)x2=−3+2ln⁡xx2\left(\frac{u}{v}\right)'=\frac{-\frac{2}{x}\times x-(1-2\ln x)}{x^{2}}=\frac{-3+2\ln x}{x^{2}}. Donc f′(x)=1+−3+2ln⁡xx2=x2−3+2ln⁡xx2=g(x)x2f'(x)=1+\frac{-3+2\ln x}{x^{2}}=\frac{x^{2}-3+2\ln x}{x^{2}}=\frac{g(x)}{x^{2}} ✓. Comme x2>0x^{2}>0, f′f' a le signe de gg : ff est strictement décroissante sur ]0 ;α]]0\,;\alpha] et strictement croissante sur [α ;+∞[[\alpha\,;+\infty[, avec +∞+\infty aux deux bouts du tableau. Elle admet donc un minimum en α\alpha. Pour le calculer, on utilise g(α)=0g(\alpha)=0, soit 2ln⁡α=3−α22\ln\alpha=3-\alpha^{2} : f(α)=α+1−(3−α2)α=α+α2−2α=2α−2αf(\alpha)=\alpha+\frac{1-(3-\alpha^{2})}{\alpha}=\alpha+\frac{\alpha^{2}-2}{\alpha}=2\alpha-\frac{2}{\alpha} ✓. On ne connaît pas α\alpha exactement, et c'est précisément pour cela qu'on remplace ln⁡α\ln\alpha : l'expression obtenue ne contient plus de logarithme. Avec α≈1,4859\alpha\approx 1{,}4859 : f(α)≈1,63f(\alpha)\approx 1{,}63. L'encadrement de la question 5 le confirme : x↦2x−2xx\mapsto 2x-\frac{2}{x} étant croissante, 2×1,48−21,48≈1,609<f(α)<2×1,49−21,49≈1,6382\times 1{,}48-\frac{2}{1{,}48}\approx 1{,}609<f(\alpha)<2\times 1{,}49-\frac{2}{1{,}49}\approx 1{,}638.

8) f(x)−x=1−2ln⁡xxf(x)-x=\frac{1-2\ln x}{x}, du signe de 1−2ln⁡x1-2\ln x puisque x>0x>0. Or 1−2ln⁡x>0  ⟺  ln⁡x<12  ⟺  x<e12=e1-2\ln x>0\iff\ln x<\frac{1}{2}\iff x<\mathrm{e}^{\frac{1}{2}}=\sqrt{\mathrm{e}}, la fonction exponentielle étant strictement croissante. Donc C\mathcal{C} est AU-DESSUS de D\mathcal{D} sur ]0 ;e[]0\,;\sqrt{\mathrm{e}}[, AU-DESSOUS sur ]e ;+∞[]\sqrt{\mathrm{e}}\,;+\infty[, et elles se coupent au point (e ;e)≈(1,649 ;1,649)\left(\sqrt{\mathrm{e}}\,;\sqrt{\mathrm{e}}\right)\approx(1{,}649\,;1{,}649). Enfin f(x)−x=1x−2ln⁡xx→0f(x)-x=\frac{1}{x}-2\frac{\ln x}{x}\to 0 en +∞+\infty : l'écart vertical entre C\mathcal{C} et D\mathcal{D} tend vers 00, la courbe se rapproche indéfiniment de la droite, par en dessous. Cohérence avec la question 7 : le minimum, en α≈1,486\alpha\approx 1{,}486, est atteint avant le point commun e≈1,649\sqrt{\mathrm{e}}\approx 1{,}649.

9) On part de f′(x)=1−3x2+2ln⁡xx2f'(x)=1-\frac{3}{x^{2}}+\frac{2\ln x}{x^{2}}. La dérivée de −3x2-\frac{3}{x^{2}} est 6x3\frac{6}{x^{3}} ; celle de ln⁡xx2\frac{\ln x}{x^{2}} est 1x×x2−ln⁡x×2xx4=1−2ln⁡xx3\frac{\frac{1}{x}\times x^{2}-\ln x\times 2x}{x^{4}}=\frac{1-2\ln x}{x^{3}}. D'où f′′(x)=6x3+2−4ln⁡xx3=8−4ln⁡xx3=4(2−ln⁡x)x3f''(x)=\frac{6}{x^{3}}+\frac{2-4\ln x}{x^{3}}=\frac{8-4\ln x}{x^{3}}=\frac{4(2-\ln x)}{x^{3}} ✓. Comme x3>0x^{3}>0, f′′(x)f''(x) a le signe de 2−ln⁡x2-\ln x, positif si et seulement si x<e2x<\mathrm{e}^{2}. Donc ff est convexe sur ]0 ;e2]]0\,;\mathrm{e}^{2}] et concave sur [e2 ;+∞[[\mathrm{e}^{2}\,;+\infty[ : f′′f'' s'annule EN CHANGEANT DE SIGNE en e2\mathrm{e}^{2}, ce qui fait de ce point un point d'inflexion. Son ordonnée : f(e2)=e2+1−4e2=e2−3e−2f(\mathrm{e}^{2})=\mathrm{e}^{2}+\frac{1-4}{\mathrm{e}^{2}}=\mathrm{e}^{2}-3\mathrm{e}^{-2}. Le point d'inflexion est (e2 ;e2−3e−2)≈(7,39 ;6,98)\left(\mathrm{e}^{2}\,;\mathrm{e}^{2}-3\mathrm{e}^{-2}\right)\approx(7{,}39\,;6{,}98).

Ce premier exercice suit le schéma le plus classique de l'analyse au baccalauréat : une FONCTION AUXILIAIRE dont on ne sait pas résoudre l'équation, un théorème des valeurs intermédiaires qui fabrique un nombre α\alpha connu seulement par encadrement, puis une fonction principale dont la dérivée a le signe de la fonction auxiliaire. Le geste qui fait gagner les points est celui de la question 7 : on ne calcule jamais ln⁡α\ln\alpha, on le REMPLACE grâce à l'équation g(α)=0g(\alpha)=0. Et chaque théorème se cite avec ses hypothèses : continuité et stricte monotonie pour l'unicité, croissance comparée pour lever ln⁡xx\frac{\ln x}{x}, changement de signe de f′′f'' pour l'inflexion.

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches d'une visite à l'autre et te dit quel chapitre attaquer ensuite. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 (5 points) • Équation différentielle et calcul intégral

Exercice 2 : Équation différentielle et concentration d'un médicament

On étudie la concentration d'un principe actif dans le sang d'un patient. On note C(t)C(t) cette concentration, en milligrammes par litre (mg/L), tt heures après la prise, pour t≥0t\geq 0. On admet que la fonction CC est dérivable sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[, que C(0)=2C(0)=2 et qu'elle est solution de l'équation différentielle

(E) : y′=−0,5 y+6 e−0,5t(E)\ :\ y'=-0{,}5\,y+6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t},

où yy est une fonction de la variable tt. PARTIE A (questions 1 à 4) : résolution de (E)(E). PARTIE B (questions 5 à 9) : étude de CC. Les valeurs approchées sont demandées au millième.

1234567891011121314123456courbe de Ct (h)
  • 1) Vérifiez que la fonction uu définie sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[ par u(t)=6t e−0,5tu(t)=6t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t} est une solution de (E)(E).
  • 2) Résolvez l'équation différentielle (E0) : y′=−0,5 y(E_{0})\ :\ y'=-0{,}5\,y.
  • 3) Démontrez qu'une fonction yy est solution de (E)(E) si et seulement si y−uy-u est solution de (E0)(E_{0}). Déduisez-en toutes les solutions de (E)(E).
  • 4) Démontrez que, pour tout t≥0t\geq 0, C(t)=(6t+2) e−0,5tC(t)=(6t+2)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, puis calculez C(1)C(1).
  • 5) Déterminez la limite de CC en +∞+\infty et interprétez-la dans le contexte.
  • 6) Démontrez que C′(t)=(5−3t) e−0,5tC'(t)=(5-3t)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}. Dressez le tableau de variation de CC et donnez l'instant, en heures et minutes, où la concentration est maximale, ainsi que la valeur exacte de ce maximum.
  • 7) Pour T≥0T\geq 0, on pose A(T)=∫0TC(t) dtA(T)=\displaystyle\int_{0}^{T}C(t)\,dt. À l'aide d'une intégration par parties, démontrez que A(T)=28−(12T+28) e−0,5TA(T)=28-(12T+28)\,\mathrm{e}^{-0{,}5T}.
  • 8) Calculez la valeur exacte de A(6)A(6), puis la concentration moyenne du principe actif pendant les six premières heures.
  • 9) Déterminez lim⁡T→+∞A(T)\lim_{T\to+\infty}A(T). Quelle proportion de cette limite est atteinte au bout de six heures ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/14

1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
Voir la correction

Réponses

  • 1) u′(t)=(6−3t)e−0,5t=−0,5 u(t)+6e−0,5tu'(t)=(6-3t)e^{-0{,}5t}=-0{,}5\,u(t)+6e^{-0{,}5t} : uu solution
  • 2) y(t)=Ke−0,5ty(t)=Ke^{-0{,}5t}, K∈RK\in\mathbb{R}
  • 3) y(t)=(6t+K)e−0,5ty(t)=(6t+K)e^{-0{,}5t}, K∈RK\in\mathbb{R}
  • 4) K=2K=2, C(t)=(6t+2)e−0,5tC(t)=(6t+2)e^{-0{,}5t} ; C(1)=8e−0,5≈4,852C(1)=8e^{-0{,}5}\approx 4{,}852 mg/L
  • 5) lim⁡C=0\lim C=0 : le principe actif est éliminé
  • 6) Croissante sur [0 ;53][0\,;\frac{5}{3}], décroissante après ; maximum 12e−5/6≈5,21512e^{-5/6}\approx 5{,}215 mg/L à 11 h 4040 min
  • 7) A(T)=28−(12T+28)e−0,5TA(T)=28-(12T+28)e^{-0{,}5T}
  • 8) A(6)=28−100e−3≈23,021A(6)=28-100e^{-3}\approx 23{,}021 ; moyenne 14−50e−33≈3,837\frac{14-50e^{-3}}{3}\approx 3{,}837 mg/L
  • 9) Limite 2828 ; proportion ≈0,822\approx 0{,}822, soit environ 8282 %

1) uu est un produit : u′(t)=6 e−0,5t+6t×(−0,5 e−0,5t)=6 e−0,5t−3t e−0,5tu'(t)=6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}+6t\times\left(-0{,}5\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\right)=6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}-3t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}. De l'autre côté, −0,5 u(t)+6 e−0,5t=−3t e−0,5t+6 e−0,5t-0{,}5\,u(t)+6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}=-3t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}+6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}. Les deux membres sont égaux pour tout tt : uu est bien solution de (E)(E) ✓. On calcule SÉPARÉMENT les deux membres, puis on compare : c'est la rédaction attendue pour une vérification.

2) D'après le cours, les solutions de y′=ayy'=ay sont les fonctions t↦Keatt\mapsto K\mathrm{e}^{at}, KK réel. Ici a=−0,5a=-0{,}5 : les solutions de (E0)(E_{0}) sont les fonctions t↦K e−0,5tt\mapsto K\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, K∈RK\in\mathbb{R}. La constante multiplie l'exponentielle ; elle ne s'ajoute pas à l'exposant.

3) Comme u′=−0,5 u+6 e−0,5tu'=-0{,}5\,u+6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, on a pour toute fonction dérivable yy : y′=−0,5 y+6 e−0,5t  ⟺  y′−u′=−0,5 y+0,5 u  ⟺  (y−u)′=−0,5 (y−u)y'=-0{,}5\,y+6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\iff y'-u'=-0{,}5\,y+0{,}5\,u\iff(y-u)'=-0{,}5\,(y-u). Chaque étape est une équivalence, obtenue en retranchant l'égalité vérifiée par uu. Donc yy est solution de (E)(E) si et seulement si y−uy-u est solution de (E0)(E_{0}), c'est-à-dire y−u=Ke−0,5ty-u=K\mathrm{e}^{-0{,}5t}. Les solutions de (E)(E) sont les fonctions t↦K e−0,5t+6t e−0,5t=(6t+K) e−0,5tt\mapsto K\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}+6t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}=(6t+K)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, K∈RK\in\mathbb{R}. Oublier la solution particulière, et écrire seulement Ke−0,5tK\mathrm{e}^{-0{,}5t}, est l'erreur la plus fréquente : elle résout (E0)(E_{0}) au lieu de (E)(E).

4) CC est une solution de (E)(E), donc il existe un réel KK tel que C(t)=(6t+K) e−0,5tC(t)=(6t+K)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}. La condition C(0)=2C(0)=2 donne (0+K)×e0=K=2(0+K)\times\mathrm{e}^{0}=K=2. Donc C(t)=(6t+2) e−0,5tC(t)=(6t+2)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t} ✓, et C(1)=8 e−0,5≈4,852C(1)=8\,\mathrm{e}^{-0{,}5}\approx 4{,}852 mg/L.

5) On écrit C(t)=12×(0,5t)e−0,5t+2 e−0,5tC(t)=12\times\left(0{,}5t\right)\mathrm{e}^{-0{,}5t}+2\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}. En posant X=0,5tX=0{,}5t, qui tend vers +∞+\infty, la croissance comparée donne Xe−X→0X\mathrm{e}^{-X}\to 0 ; et 2 e−0,5t→02\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\to 0. Donc lim⁡t→+∞C(t)=0\lim_{t\to+\infty}C(t)=0 : le principe actif est progressivement éliminé, et l'axe des abscisses est asymptote à la courbe. Sans la croissance comparée, (6t+2) e−0,5t(6t+2)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t} est une forme indéterminée ∞×0\infty\times 0.

6) C′(t)=6 e−0,5t+(6t+2)×(−0,5 e−0,5t)=(6−3t−1)e−0,5t=(5−3t) e−0,5tC'(t)=6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}+(6t+2)\times\left(-0{,}5\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\right)=\left(6-3t-1\right)\mathrm{e}^{-0{,}5t}=(5-3t)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t} ✓. On peut aussi l'obtenir par l'équation : C′=−0,5 C+6 e−0,5tC'=-0{,}5\,C+6\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, même résultat. Comme e−0,5t>0\mathrm{e}^{-0{,}5t}>0, C′(t)C'(t) a le signe de 5−3t5-3t : CC est croissante sur [0 ;53]\left[0\,;\frac{5}{3}\right] et décroissante sur [53 ;+∞[\left[\frac{5}{3}\,;+\infty\right[. Le maximum est atteint en t=53≈1,667t=\frac{5}{3}\approx 1{,}667 h, soit 11 h 4040 min (23\frac{2}{3} h =40=40 min), et vaut C(53)=(10+2) e−56=12 e−56≈5,215C\left(\frac{5}{3}\right)=(10+2)\,\mathrm{e}^{-\frac{5}{6}}=12\,\mathrm{e}^{-\frac{5}{6}}\approx 5{,}215 mg/L. Piège de conversion : 1,6671{,}667 h ne fait pas 11 h 6767 min.

7) On pose u(t)=6t+2u(t)=6t+2, u′(t)=6u'(t)=6, et v′(t)=e−0,5tv'(t)=\mathrm{e}^{-0{,}5t}, v(t)=−2 e−0,5tv(t)=-2\,\mathrm{e}^{-0{,}5t} (on vérifie : v′=−2×(−0,5) e−0,5tv'=-2\times(-0{,}5)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t} ✓). Les fonctions uu et vv sont dérivables à dérivées continues sur [0 ;T][0\,;T]. L'intégration par parties donne A(T)=[−2(6t+2) e−0,5t]0T−∫0T6×(−2 e−0,5t)dt=−2(6T+2) e−0,5T+4+∫0T12 e−0,5t dtA(T)=\left[-2(6t+2)\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\right]_{0}^{T}-\int_{0}^{T}6\times\left(-2\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\right)dt=-2(6T+2)\,\mathrm{e}^{-0{,}5T}+4+\int_{0}^{T}12\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\,dt. Or ∫0T12 e−0,5t dt=[−24 e−0,5t]0T=24−24 e−0,5T\int_{0}^{T}12\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\,dt=\left[-24\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\right]_{0}^{T}=24-24\,\mathrm{e}^{-0{,}5T}. Au total A(T)=28−(12T+4+24) e−0,5T=28−(12T+28) e−0,5TA(T)=28-(12T+4+24)\,\mathrm{e}^{-0{,}5T}=28-(12T+28)\,\mathrm{e}^{-0{,}5T} ✓. Contrôle : A(0)=28−28=0A(0)=28-28=0, comme il se doit pour une intégrale entre 00 et 00. On choisit de dériver le facteur AFFINE : c'est lui qui disparaît à la dérivation.

8) A(6)=28−(72+28) e−3=28−100 e−3≈23,021A(6)=28-(72+28)\,\mathrm{e}^{-3}=28-100\,\mathrm{e}^{-3}\approx 23{,}021. La concentration moyenne sur [0 ;6][0\,;6] est la VALEUR MOYENNE de CC : μ=16−0∫06C(t) dt=28−100 e−36=14−50 e−33≈3,837\mu=\frac{1}{6-0}\int_{0}^{6}C(t)\,dt=\frac{28-100\,\mathrm{e}^{-3}}{6}=\frac{14-50\,\mathrm{e}^{-3}}{3}\approx 3{,}837 mg/L. On divise par la LONGUEUR de l'intervalle : oublier ce facteur donne un nombre en mg·h/L, qui n'est pas une concentration.

9) (12T+28) e−0,5T=24×(0,5T) e−0,5T+28 e−0,5T(12T+28)\,\mathrm{e}^{-0{,}5T}=24\times(0{,}5T)\,\mathrm{e}^{-0{,}5T}+28\,\mathrm{e}^{-0{,}5T} tend vers 00 par croissance comparée, donc lim⁡T→+∞A(T)=28\lim_{T\to+\infty}A(T)=28. L'aire sous toute la courbe, sur un intervalle illimité, reste FINIE : c'est l'exposition totale de l'organisme au principe actif, 2828 mg·h/L. Au bout de six heures, la proportion atteinte est A(6)28=1−100 e−328≈0,822\frac{A(6)}{28}=1-\frac{100\,\mathrm{e}^{-3}}{28}\approx 0{,}822, soit environ 8282 % de l'exposition totale.

Cet exercice suit la méthode que le programme impose pour y′=ay+fy'=ay+f : on NE CHERCHE PAS la solution particulière, elle est donnée, et tout le travail consiste à la vérifier puis à l'ajouter aux solutions de l'équation homogène. La question 3 est la démonstration à savoir refaire. La partie B enchaîne ensuite les deux outils du calcul intégral de Terminale : l'intégration par parties pour une intégrale à borne variable, puis la valeur moyenne, qu'il faut toujours interpréter dans l'unité du contexte.

1234567891011121314123456maximum en t = 5/3valeur moyenne sur [0 ; 6]

Exercice 3 (5 points) • Dénombrement et variables aléatoires

Exercice 3 : Dénombrement, puis sommes de variables aléatoires à la bibliothèque

PARTIE A (questions 1 à 3). Une bibliothèque reçoit 1212 nouveautés, toutes différentes : 55 bandes dessinées et 77 romans.

PARTIE B (questions 4 à 9). On choisit au hasard un visiteur de la bibliothèque. On note XX le nombre de livres qu'il emprunte, dont la loi est donnée par le diagramme ci-dessous, et YY le nombre de DVD qu'il emprunte : YY prend la valeur 11 avec la probabilité 0,40{,}4 et la valeur 00 sinon. On admet que XX et YY sont indépendantes. On note D=X+YD=X+Y le nombre total de documents empruntés par ce visiteur.

Les valeurs approchées sont demandées au dix-millième, sauf mention contraire.

00,110,320,430,200,20,4kP(X = k)
  • 1) a. Le bibliothécaire expose 44 de ces nouveautés sur un présentoir à 44 places numérotées. Combien de présentations différentes sont possibles ? b. Un lecteur emprunte 44 nouveautés, sans ordre. Combien de lots de 44 nouveautés existe-t-il ? c. Pour chacune des 1212 nouveautés, on décide de la plastifier ou non. Combien de choix différents sont possibles ?
  • 2) Combien de lots de 44 nouveautés contiennent exactement 22 bandes dessinées ? Combien en contiennent au moins une ?
  • 3) Un lecteur choisit un lot de 44 nouveautés au hasard, tous les lots étant équiprobables. Calculez la probabilité que son lot contienne au moins une bande dessinée, sous forme de fraction irréductible puis de valeur approchée.
  • 4) Calculez l'espérance E(X)E(X), la variance V(X)V(X) et l'écart type σ(X)\sigma(X).
  • 5) Calculez E(D)E(D) et V(D)V(D) en justifiant chaque propriété utilisée, puis σ(D)\sigma(D) au centième. A-t-on σ(D)=σ(X)+σ(Y)\sigma(D)=\sigma(X)+\sigma(Y) ?
  • 6) Un samedi matin, 5050 visiteurs passent, et leurs emprunts sont indépendants. On note NN le nombre de ceux qui empruntent un DVD. Écrivez NN comme une somme de variables aléatoires, déduisez-en sa loi, puis E(N)E(N) et V(N)V(N).
  • 7) On considère un échantillon de nn visiteurs, n≥1n\geq 1 : D1,…,DnD_{1},\dots,D_{n} sont des variables indépendantes de même loi que DD. On pose Sn=D1+⋯+DnS_{n}=D_{1}+\dots+D_{n} et Mn=SnnM_{n}=\dfrac{S_{n}}{n}. Exprimez E(Sn)E(S_{n}), V(Sn)V(S_{n}), E(Mn)E(M_{n}) et V(Mn)V(M_{n}) en fonction de nn, puis donnez E(S100)E(S_{100}) et V(S100)V(S_{100}).
  • 8) À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, minorez la probabilité que 100100 visiteurs empruntent au total strictement plus de 180180 et strictement moins de 240240 documents.
  • 9) Déterminez le plus petit entier nn pour lequel l'inégalité de concentration permet d'affirmer que P(1,9<Mn<2,3)≥0,9P\left(1{,}9<M_{n}<2{,}3\right)\geq 0{,}9. Interprétez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/20

1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
Voir la correction

Réponses

  • 1) a. 11 88011\,880 ; b. (124)=495\binom{12}{4}=495 ; c. 212=4 0962^{12}=4\,096
  • 2) 210210 ; 460460
  • 3) 9299≈0,9293\frac{92}{99}\approx 0{,}9293
  • 4) E(X)=1,7E(X)=1{,}7, V(X)=0,81V(X)=0{,}81, σ(X)=0,9\sigma(X)=0{,}9
  • 5) E(D)=2,1E(D)=2{,}1, V(D)=1,05V(D)=1{,}05, σ(D)≈1,02\sigma(D)\approx 1{,}02 ; non, σ(X)+σ(Y)≈1,39\sigma(X)+\sigma(Y)\approx 1{,}39
  • 6) N=Y1+⋯+Y50∼B(50 ;0,4)N=Y_{1}+\dots+Y_{50}\sim\mathcal{B}(50\,;0{,}4) ; E(N)=20E(N)=20, V(N)=12V(N)=12
  • 7) E(Sn)=2,1nE(S_{n})=2{,}1n, V(Sn)=1,05nV(S_{n})=1{,}05n, E(Mn)=2,1E(M_{n})=2{,}1, V(Mn)=1,05nV(M_{n})=\frac{1{,}05}{n} ; 210210 et 105105
  • 8) P(180<S100<240)≥5360≈0,8833P(180<S_{100}<240)\geq\frac{53}{60}\approx 0{,}8833
  • 9) n=263n=263

1) a. L'ordre compte (les places sont numérotées) et une nouveauté ne peut occuper deux places : on compte des 44-uplets d'éléments DISTINCTS d'un ensemble à 1212 éléments, soit 12×11×10×9=11 88012\times 11\times 10\times 9=11\,880. b. L'ordre ne compte plus : on compte des combinaisons, (124)=12×11×10×94!=11 88024=495\binom{12}{4}=\frac{12\times 11\times 10\times 9}{4!}=\frac{11\,880}{24}=495. Le quotient par 4!=244!=24 est exactement le nombre de façons d'ordonner un même lot. c. Un choix revient à désigner la partie de l'ensemble des 1212 nouveautés que l'on plastifie ; un ensemble à 1212 éléments possède 212=4 0962^{12}=4\,096 parties, la partie vide (ne rien plastifier) et l'ensemble entier compris. On peut aussi le voir comme un 1212-uplet de « oui » et de « non ».

2) Exactement 22 bandes dessinées : on choisit les 22 bandes dessinées parmi 55, PUIS les 22 romans parmi 77, et le principe multiplicatif donne (52)×(72)=10×21=210\binom{5}{2}\times\binom{7}{2}=10\times 21=210. Au moins une : on passe par le COMPLÉMENTAIRE, les lots sans bande dessinée, qui sont formés de 44 romans parmi 77, soit (74)=35\binom{7}{4}=35. Donc 495−35=460495-35=460 lots contiennent au moins une bande dessinée. Le piège classique est de compter « une bande dessinée puis 33 nouveautés quelconques », 5×(113)=8255\times\binom{11}{3}=825 : ce nombre dépasse 495495, preuve que des lots sont comptés plusieurs fois.

3) Les lots étant équiprobables, P=nombre de lots favorablesnombre de lots=460495=9299≈0,9293P=\frac{\text{nombre de lots favorables}}{\text{nombre de lots}}=\frac{460}{495}=\frac{92}{99}\approx 0{,}9293 (on simplifie par 55). Le complémentaire, 35495=799\frac{35}{495}=\frac{7}{99}, est faible : avec 55 bandes dessinées sur 1212, un lot de quatre romans est rare.

4) E(X)=0×0,1+1×0,3+2×0,4+3×0,2=1,7E(X)=0\times 0{,}1+1\times 0{,}3+2\times 0{,}4+3\times 0{,}2=1{,}7. Par la formule de König-Huygens, E(X2)=0+0,3+1,6+1,8=3,7E(X^{2})=0+0{,}3+1{,}6+1{,}8=3{,}7, donc V(X)=E(X2)−E(X)2=3,7−2,89=0,81V(X)=E(X^{2})-E(X)^{2}=3{,}7-2{,}89=0{,}81, et σ(X)=0,81=0,9\sigma(X)=\sqrt{0{,}81}=0{,}9. Contrôle par la définition : 0,1×1,72+0,3×0,72+0,4×0,32+0,2×1,32=0,289+0,147+0,036+0,338=0,810{,}1\times 1{,}7^{2}+0{,}3\times 0{,}7^{2}+0{,}4\times 0{,}3^{2}+0{,}2\times 1{,}3^{2}=0{,}289+0{,}147+0{,}036+0{,}338=0{,}81 ✓.

5) YY suit une loi de Bernoulli de paramètre 0,40{,}4 : E(Y)=0,4E(Y)=0{,}4 et V(Y)=0,4×0,6=0,24V(Y)=0{,}4\times 0{,}6=0{,}24. Par LINÉARITÉ de l'espérance, vraie sans aucune hypothèse, E(D)=E(X)+E(Y)=1,7+0,4=2,1E(D)=E(X)+E(Y)=1{,}7+0{,}4=2{,}1. Par ADDITIVITÉ de la variance, qui exige l'INDÉPENDANCE de XX et YY, ici admise, V(D)=V(X)+V(Y)=0,81+0,24=1,05V(D)=V(X)+V(Y)=0{,}81+0{,}24=1{,}05, et σ(D)=1,05≈1,02\sigma(D)=\sqrt{1{,}05}\approx 1{,}02. En revanche σ(X)+σ(Y)=0,9+0,24≈1,39≠σ(D)\sigma(X)+\sigma(Y)=0{,}9+\sqrt{0{,}24}\approx 1{,}39\neq\sigma(D) : ce sont les VARIANCES qui s'ajoutent, jamais les écarts types.

6) Pour ii de 11 à 5050, on note YiY_{i} la variable qui vaut 11 si le ii-ième visiteur emprunte un DVD et 00 sinon. Alors N=Y1+Y2+⋯+Y50N=Y_{1}+Y_{2}+\dots+Y_{50}, somme de 5050 variables de Bernoulli de paramètre 0,40{,}4, indépendantes : NN suit la loi binomiale B(50 ;0,4)\mathcal{B}(50\,;0{,}4). Par linéarité, E(N)=50×0,4=20E(N)=50\times 0{,}4=20 ; par additivité (indépendance), V(N)=50×0,24=12V(N)=50\times 0{,}24=12. C'est ainsi que se démontrent les formules npnp et np(1−p)np(1-p) de la loi binomiale.

7) Par linéarité, E(Sn)=n E(D)=2,1 nE(S_{n})=n\,E(D)=2{,}1\,n ; par additivité, les DiD_{i} étant indépendantes, V(Sn)=n V(D)=1,05 nV(S_{n})=n\,V(D)=1{,}05\,n. Ensuite E(Mn)=1nE(Sn)=2,1E(M_{n})=\frac{1}{n}E(S_{n})=2{,}1 et V(Mn)=1n2V(Sn)=1,05nV(M_{n})=\frac{1}{n^{2}}V(S_{n})=\frac{1{,}05}{n}, car V(aZ)=a2V(Z)V(aZ)=a^{2}V(Z) : le facteur 1n\frac{1}{n} sort AU CARRÉ. Pour n=100n=100 : E(S100)=210E(S_{100})=210 et V(S100)=105V(S_{100})=105. La moyenne MnM_{n} a la même espérance que DD, mais une variance divisée par nn : c'est tout l'intérêt d'un grand échantillon.

8) L'événement 180<S100<240180<S_{100}<240 s'écrit ∣S100−210∣<30\left|S_{100}-210\right|<30. Son contraire est ∣S100−210∣≥30\left|S_{100}-210\right|\geq 30, et l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev donne P(∣S100−210∣≥30)≤V(S100)302=105900=760≈0,1167P\left(\left|S_{100}-210\right|\geq 30\right)\leq\frac{V(S_{100})}{30^{2}}=\frac{105}{900}=\frac{7}{60}\approx 0{,}1167. Donc P(180<S100<240)≥1−760=5360≈0,8833P\left(180<S_{100}<240\right)\geq 1-\frac{7}{60}=\frac{53}{60}\approx 0{,}8833. L'inégalité porte sur l'écart « supérieur ou égal » : c'est le passage au contraire qui donne l'intervalle ouvert demandé.

9) P(1,9<Mn<2,3)=P(∣Mn−2,1∣<0,2)=1−P(∣Mn−2,1∣≥0,2)≥1−1,05n×0,22P\left(1{,}9<M_{n}<2{,}3\right)=P\left(\left|M_{n}-2{,}1\right|<0{,}2\right)=1-P\left(\left|M_{n}-2{,}1\right|\geq 0{,}2\right)\geq 1-\frac{1{,}05}{n\times 0{,}2^{2}} par l'inégalité de concentration. Il SUFFIT donc que 1−1,050,04 n≥0,91-\frac{1{,}05}{0{,}04\,n}\geq 0{,}9, c'est-à-dire 1,050,04 n≤0,1\frac{1{,}05}{0{,}04\,n}\leq 0{,}1, soit n≥1,050,004=262,5n\geq\frac{1{,}05}{0{,}004}=262{,}5. Le plus petit entier est n=263n=263. Interprétation : sur un échantillon de 263263 visiteurs, le nombre moyen de documents empruntés par visiteur est compris strictement entre 1,91{,}9 et 2,32{,}3 avec une probabilité d'au moins 9090 %. C'est une condition SUFFISANTE : l'inégalité étant grossière, un échantillon plus petit donne sans doute déjà cette garantie, mais elle ne permet pas de l'affirmer.

Deux compétences distinctes se succèdent ici. Le dénombrement demande de trancher deux questions avant tout calcul : l'ordre compte-t-il, et la répétition est-elle possible ? Puis « au moins un » se traite par le complémentaire. La partie B est le cœur de la section « sommes de variables aléatoires » : la linéarité de l'espérance est gratuite, l'additivité de la variance se paie par l'indépendance, et le facteur 1n\frac{1}{n} sort au carré de la variance. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev se rédige toujours en trois temps : réécrire l'événement comme un écart à l'espérance, majorer la probabilité du contraire, conclure.

Exercice 4 (5 points) • Fonctions trigonométriques et suite d'intégrales

Exercice 4 : Le point d'une roue qui recule, puis une suite d'intégrales

Les parties A et B sont indépendantes.

PARTIE A (questions 1 à 4). Une roue de rayon 11 roule sans glisser vers la droite sur un rail horizontal. Une tige est fixée à la roue et son extrémité PP est à la distance 22 du centre Ω\Omega : comme le rebord d'une roue de train, elle descend sous le niveau du rail. Dans un repère orthonormé où le rail est l'axe des abscisses, on admet que, lorsque la roue a tourné d'un angle tt (en radians), Ω\Omega a pour coordonnées (t ;1)(t\,;1) et PP a pour coordonnées x(t)=t−2sin⁡tx(t)=t-2\sin t et y(t)=1−2cos⁡ty(t)=1-2\cos t. On étudie la fonction xx sur [−π ;π][-\pi\,;\pi], un tour de roue centré sur la position la plus basse de PP.

PARTIE B (questions 5 à 9). Pour tout entier naturel nn, on pose Kn=∫0π2(2xπ)ncos⁡x dxK_{n}=\displaystyle\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}\cos x\,dx. Les valeurs approchées sont demandées au millième, sauf mention contraire.

ΩPrailroue de rayon 1ΩP = 2
  • 1) Calculez x′(t)x'(t) pour t∈[−π ;π]t\in[-\pi\,;\pi].
  • 2) Résolvez dans [−π ;π][-\pi\,;\pi] l'inéquation cos⁡t≤12\cos t\leq\dfrac{1}{2}. Déduisez-en le tableau de variation de xx sur [−π ;π][-\pi\,;\pi].
  • 3) Calculez les valeurs exactes de x(−π3)x\left(-\dfrac{\pi}{3}\right) et x(π3)x\left(\dfrac{\pi}{3}\right). Pendant ce tour de roue, le point PP recule-t-il ? Si oui, de quelle distance horizontale ?
  • 4) Vérifiez que x′(t)=y(t)x'(t)=y(t). Déduisez-en à quel moment du tour le point PP recule, et donnez la vitesse horizontale x′(0)x'(0) de PP au point le plus bas.
  • 5) Calculez K0K_{0}, puis K1K_{1} à l'aide d'une intégration par parties.
  • 6) Démontrez que, pour tout nn, Kn≥0K_{n}\geq 0 et Kn+1≤KnK_{n+1}\leq K_{n}. Que peut-on en déduire pour la suite (Kn)(K_{n}) ?
  • 7) Démontrez que, pour tout nn, Kn≤π2(n+1)K_{n}\leq\dfrac{\pi}{2(n+1)}, puis déterminez la limite de (Kn)(K_{n}).
  • 8) À l'aide de deux intégrations par parties, démontrez que K2=1−8π2K_{2}=1-\dfrac{8}{\pi^{2}}. On admet que, pour tout nn, Kn+2=1−4(n+1)(n+2)π2KnK_{n+2}=1-\dfrac{4(n+1)(n+2)}{\pi^{2}}K_{n} : vérifiez cette relation pour n=0n=0, puis calculez K3K_{3} en valeur exacte et au dix-millième.
  • 9) Déduisez de la relation admise que lim⁡n→+∞n2Kn=π24\lim_{n\to+\infty}n^{2}K_{n}=\dfrac{\pi^{2}}{4}. Comparez avec la majoration de la question 7.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/14

1)
2)
3)
4)
5)
6)
7)
8)
9)
Voir la correction

Réponses

  • 1) x′(t)=1−2cos⁡tx'(t)=1-2\cos t
  • 2) [−π ;−π3]∪[π3 ;π][-\pi\,;-\frac{\pi}{3}]\cup[\frac{\pi}{3}\,;\pi] ; xx croissante, décroissante sur [−π3 ;π3][-\frac{\pi}{3}\,;\frac{\pi}{3}], croissante
  • 3) −π3+3≈0,685-\frac{\pi}{3}+\sqrt{3}\approx 0{,}685 et π3−3≈−0,685\frac{\pi}{3}-\sqrt{3}\approx -0{,}685 ; oui, recul de 23−2π3≈1,3702\sqrt{3}-\frac{2\pi}{3}\approx 1{,}370
  • 4) PP recule quand il est sous le rail, t∈ ]−π3 ;π3[t\in\,]-\frac{\pi}{3}\,;\frac{\pi}{3}[ ; x′(0)=−1x'(0)=-1
  • 5) K0=1K_{0}=1 ; K1=1−2π≈0,363K_{1}=1-\frac{2}{\pi}\approx 0{,}363
  • 6) Kn≥0K_{n}\geq 0, (Kn)(K_{n}) décroissante, donc convergente
  • 7) 0≤Kn≤π2(n+1)0\leq K_{n}\leq\frac{\pi}{2(n+1)} ; lim⁡Kn=0\lim K_{n}=0
  • 8) K2=1−8π2≈0,1894K_{2}=1-\frac{8}{\pi^{2}}\approx 0{,}1894 ; K3=1−24π2+48π3≈0,1164K_{3}=1-\frac{24}{\pi^{2}}+\frac{48}{\pi^{3}}\approx 0{,}1164
  • 9) lim⁡n2Kn=π24≈2,467\lim n^{2}K_{n}=\frac{\pi^{2}}{4}\approx 2{,}467 : décroissance en 1n2\frac{1}{n^{2}}, pas en 1n\frac{1}{n}

1) x′(t)=1−2cos⁡tx'(t)=1-2\cos t, puisque la dérivée de sin⁡\sin est cos⁡\cos. Aucune composée ici : l'angle est tt lui-même.

2) Sur [−π ;π][-\pi\,;\pi], cos⁡t=12\cos t=\frac{1}{2} pour t=−π3t=-\frac{\pi}{3} et t=π3t=\frac{\pi}{3}. Sur le cercle trigonométrique, cos⁡t\cos t est l'ABSCISSE du point associé : cos⁡t≤12\cos t\leq\frac{1}{2} pour les points situés à gauche de la droite verticale d'abscisse 12\frac{1}{2}, soit t∈[−π ;−π3]∪[π3 ;π]t\in\left[-\pi\,;-\frac{\pi}{3}\right]\cup\left[\frac{\pi}{3}\,;\pi\right]. Donc x′(t)=1−2cos⁡t≥0x'(t)=1-2\cos t\geq 0 sur ces deux intervalles, et x′(t)<0x'(t)<0 sur ]−π3 ;π3[\left]-\frac{\pi}{3}\,;\frac{\pi}{3}\right[. La fonction xx est croissante sur [−π ;−π3]\left[-\pi\,;-\frac{\pi}{3}\right], décroissante sur [−π3 ;π3]\left[-\frac{\pi}{3}\,;\frac{\pi}{3}\right], croissante sur [π3 ;π]\left[\frac{\pi}{3}\,;\pi\right]. L'erreur typique est d'oublier la moitié négative de l'intervalle et de ne garder que [π3 ;π]\left[\frac{\pi}{3}\,;\pi\right].

3) x(−π3)=−π3−2sin⁡(−π3)=−π3+3≈0,685x\left(-\frac{\pi}{3}\right)=-\frac{\pi}{3}-2\sin\left(-\frac{\pi}{3}\right)=-\frac{\pi}{3}+\sqrt{3}\approx 0{,}685 et x(π3)=π3−3≈−0,685x\left(\frac{\pi}{3}\right)=\frac{\pi}{3}-\sqrt{3}\approx -0{,}685 ; aux bornes, x(−π)=−πx(-\pi)=-\pi et x(π)=πx(\pi)=\pi. Comme xx DÉCROÎT sur [−π3 ;π3]\left[-\frac{\pi}{3}\,;\frac{\pi}{3}\right], l'abscisse de PP diminue pendant cette phase : alors que la roue avance, le point PP RECULE, d'une distance horizontale x(−π3)−x(π3)=23−2π3≈1,370x\left(-\frac{\pi}{3}\right)-x\left(\frac{\pi}{3}\right)=2\sqrt{3}-\frac{2\pi}{3}\approx 1{,}370. On remarque que x(−t)=−x(t)x(-t)=-x(t) : la fonction est impaire, et le tableau est symétrique par rapport à l'origine, ce qui explique les deux valeurs opposées.

4) y(t)=1−2cos⁡t=x′(t)y(t)=1-2\cos t=x'(t) ✓. Donc PP recule, c'est-à-dire x′(t)<0x'(t)<0, exactement quand y(t)<0y(t)<0, c'est-à-dire quand PP est SOUS le niveau du rail, pour t∈]−π3 ;π3[t\in\left]-\frac{\pi}{3}\,;\frac{\pi}{3}\right[. Au point le plus bas, t=0t=0, PP est en (0 ;−1)(0\,;-1) et x′(0)=1−2=−1x'(0)=1-2=-1 : pendant que le centre Ω\Omega avance à la vitesse horizontale 11 (la dérivée de son abscisse tt), le point PP file vers l'arrière à la même vitesse. C'est le paradoxe du train : certains points d'un train qui avance reculent à chaque instant.

5) K0=∫0π2cos⁡x dx=[sin⁡x]0π2=1K_{0}=\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\cos x\,dx=\left[\sin x\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}=1. Pour K1=2π∫0π2xcos⁡x dxK_{1}=\frac{2}{\pi}\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x\cos x\,dx, on pose u(x)=xu(x)=x, u′(x)=1u'(x)=1, v′(x)=cos⁡xv'(x)=\cos x, v(x)=sin⁡xv(x)=\sin x, fonctions dérivables à dérivées continues : ∫0π2xcos⁡x dx=[xsin⁡x]0π2−∫0π2sin⁡x dx=π2−[−cos⁡x]0π2=π2−1\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x\cos x\,dx=\left[x\sin x\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}-\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\sin x\,dx=\frac{\pi}{2}-\left[-\cos x\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}=\frac{\pi}{2}-1. Donc K1=2π(π2−1)=1−2π≈0,363K_{1}=\frac{2}{\pi}\left(\frac{\pi}{2}-1\right)=1-\frac{2}{\pi}\approx 0{,}363. On dérive le facteur xx, qui disparaît : choisir u=cos⁡xu=\cos x ferait monter la puissance de xx.

6) Pour x∈[0 ;π2]x\in\left[0\,;\frac{\pi}{2}\right], on a 0≤2xπ≤10\leq\frac{2x}{\pi}\leq 1 et cos⁡x≥0\cos x\geq 0. D'une part (2xπ)ncos⁡x≥0\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}\cos x\geq 0, et comme les bornes sont dans l'ordre croissant, la POSITIVITÉ de l'intégrale donne Kn≥0K_{n}\geq 0. D'autre part, multiplier (2xπ)n≥0\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}\geq 0 par 2xπ≤1\frac{2x}{\pi}\leq 1 la diminue : (2xπ)n+1≤(2xπ)n\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n+1}\leq\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}, puis, en multipliant par cos⁡x≥0\cos x\geq 0 et en intégrant l'inégalité, Kn+1≤KnK_{n+1}\leq K_{n}. La suite est décroissante et minorée par 00 : d'après le théorème de convergence monotone, elle CONVERGE.

7) Comme cos⁡x≤1\cos x\leq 1 et (2xπ)n≥0\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}\geq 0, on a (2xπ)ncos⁡x≤(2xπ)n\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}\cos x\leq\left(\frac{2x}{\pi}\right)^{n}, donc Kn≤∫0π2(2π)nxn dx=(2π)n[xn+1n+1]0π2=(2π)n(π2)n+1n+1=π2(n+1)K_{n}\leq\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\left(\frac{2}{\pi}\right)^{n}x^{n}\,dx=\left(\frac{2}{\pi}\right)^{n}\left[\frac{x^{n+1}}{n+1}\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}=\left(\frac{2}{\pi}\right)^{n}\frac{\left(\frac{\pi}{2}\right)^{n+1}}{n+1}=\frac{\pi}{2(n+1)}. Ainsi 0≤Kn≤π2(n+1)0\leq K_{n}\leq\frac{\pi}{2(n+1)}, et comme π2(n+1)→0\frac{\pi}{2(n+1)}\to 0, le théorème des gendarmes donne lim⁡Kn=0\lim K_{n}=0. La question 6 disait seulement que la suite converge ; c'est l'encadrement qui donne la valeur de la limite.

8) Première intégration par parties, u=x2u=x^{2}, v′=cos⁡xv'=\cos x : ∫0π2x2cos⁡x dx=[x2sin⁡x]0π2−∫0π22xsin⁡x dx=π24−2∫0π2xsin⁡x dx\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x^{2}\cos x\,dx=\left[x^{2}\sin x\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}-\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}2x\sin x\,dx=\frac{\pi^{2}}{4}-2\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x\sin x\,dx. Seconde, u=xu=x, v′=sin⁡xv'=\sin x, v=−cos⁡xv=-\cos x : ∫0π2xsin⁡x dx=[−xcos⁡x]0π2+∫0π2cos⁡x dx=0+1=1\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x\sin x\,dx=\left[-x\cos x\right]_{0}^{\frac{\pi}{2}}+\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}\cos x\,dx=0+1=1. Donc ∫0π2x2cos⁡x dx=π24−2\int_{0}^{\frac{\pi}{2}}x^{2}\cos x\,dx=\frac{\pi^{2}}{4}-2 et K2=4π2(π24−2)=1−8π2≈0,1894K_{2}=\frac{4}{\pi^{2}}\left(\frac{\pi^{2}}{4}-2\right)=1-\frac{8}{\pi^{2}}\approx 0{,}1894. Pour n=0n=0, la relation donne K2=1−4×1×2π2K0=1−8π2K_{2}=1-\frac{4\times 1\times 2}{\pi^{2}}K_{0}=1-\frac{8}{\pi^{2}} ✓. Pour n=1n=1 : K3=1−24π2K1=1−24π2(1−2π)=1−24π2+48π3≈0,1164K_{3}=1-\frac{24}{\pi^{2}}K_{1}=1-\frac{24}{\pi^{2}}\left(1-\frac{2}{\pi}\right)=1-\frac{24}{\pi^{2}}+\frac{48}{\pi^{3}}\approx 0{,}1164. Les valeurs 11 ; 0,3630{,}363 ; 0,1890{,}189 ; 0,1160{,}116 décroissent bien, comme l'annonçait la question 6.

9) La relation s'écrit 4(n+1)(n+2)π2Kn=1−Kn+2\frac{4(n+1)(n+2)}{\pi^{2}}K_{n}=1-K_{n+2}, soit (n+1)(n+2)Kn=π24(1−Kn+2)(n+1)(n+2)K_{n}=\frac{\pi^{2}}{4}\left(1-K_{n+2}\right). Comme Kn+2→0K_{n+2}\to 0 (question 7), le membre de droite tend vers π24\frac{\pi^{2}}{4}. Or n2Kn=n2(n+1)(n+2)×(n+1)(n+2)Knn^{2}K_{n}=\frac{n^{2}}{(n+1)(n+2)}\times(n+1)(n+2)K_{n}, et n2(n+1)(n+2)=1(1+1n)(1+2n)→1\frac{n^{2}}{(n+1)(n+2)}=\frac{1}{\left(1+\frac{1}{n}\right)\left(1+\frac{2}{n}\right)}\to 1. Donc lim⁡n2Kn=π24≈2,467\lim n^{2}K_{n}=\frac{\pi^{2}}{4}\approx 2{,}467. Autrement dit KnK_{n} se comporte comme π24n2\frac{\pi^{2}}{4n^{2}} : il tend vers 00 comme 1n2\frac{1}{n^{2}}, bien plus vite que la majoration π2(n+1)\frac{\pi}{2(n+1)} de la question 7, qui ne décroît que comme 1n\frac{1}{n}. Une majoration suffit pour trouver une limite ; elle ne dit rien de la VITESSE.

L'exercice réunit deux capacités du programme rarement travaillées ensemble. La partie A est l'étude d'une fonction trigonométrique sur un intervalle, avec l'inéquation cos⁡t≤a\cos t\leq a lue sur le cercle et interprétée dans une situation physique. La partie B est la suite d'intégrales type du baccalauréat, qui suit toujours le même ordre : premiers termes par intégration par parties, positivité et monotonie par intégration des inégalités, encadrement et gendarmes pour la limite, relation de récurrence pour aller plus loin. À chaque étape on vérifie que les bornes sont dans l'ordre croissant avant d'intégrer une inégalité.

-4-3-2-11234-4-3-2-11234P reculex(t)

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/bac-blanc-spe-maths-3. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous préparez l'épreuve de spécialité maths à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On traite un sujet complet en temps réel, puis on le reprend question par question, avec la rédaction que le barème attend.

Site par Studio Squalli