Statistiques avancées 201-337 • Complément québécois et cégep à Montréal

Exercices corrigés : la variable aléatoire continue et sa fonction de densité (201-337)

Voici la série d'exercices corrigés de statistiques 201-337 sur la variable aléatoire continue et sa fonction de densité. Le devis ministériel demande une distribution juste de probabilités de variables discrètes ET continues : le discret est traité ailleurs sur ce cours, ici on passe de l'autre côté. La partie A pose les axiomes de Kolmogorov, la lecture d'une densité, la constante qui la normalise, la fonction de répartition, puis la loi uniforme et la loi exponentielle. La partie B reprend la loi normale par sa densité, calcule espérance et variance en continu, corrige cinq affirmations, et finit par deux problèmes de temps d'attente, de durée de vie et d'erreur de mesure.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep qui suivent le cours de probabilités et statistique 201-337, en Sciences de la nature comme en Sciences humaines, et aux élèves de Première et de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas qui suivent le complément québécois de mathématiques.

Le fil tient en une phrase : pour une variable continue, la probabilité n'est plus une hauteur, c'est une AIRE. La densité f(a)f(a) n'est pas une probabilité et peut très bien dépasser 1, l'aire totale vaut 1, la probabilité d'un intervalle est l'aire au-dessus de cet intervalle, et il en découle deux choses qui scandalisent : P(X=a)=0P(X=a)=0 pour toute valeur aa, et les inégalités strictes ou larges donnent le même résultat. L'élève qui transporte ses réflexes du discret se trompe sur ces trois points, et chaque exercice repose la même question, quelle aire calcule-t-on.

Aucun outil de calcul intégral n'est nécessaire ici : toutes les aires demandées sont des rectangles, des triangles ou des trapèzes, sauf celles de la loi normale, qui se lisent dans la table, et celles de la loi exponentielle, que la formule F(x)=1eλxF(x)=1-e^{-\lambda x} donne directement.

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Ce chapitre fait partie de Statistiques avancées, 201-337
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Statistique : échantillonnage, diagrammes et mesuresSecondaire 3
  2. 2Nuage de points, corrélation et régressionSecondaire 4 SN4
  3. 3Les statistiques descriptives
  4. 4Probabilités et lois de distribution

Rappel de cours

  • AXIOMES DE KOLMOGOROV : pour tout événement AA, P(A)0P(A)\geq 0; P(Ω)=1P(\Omega)=1; et si AA et BB sont incompatibles, P(AB)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B). Tout le reste s'en déduit, y compris P(A)=1P(A)P\left(\overline{A}\right)=1-P(A).
  • DENSITÉ : une fonction ff est une densité si f(x)0f(x)\geq 0 partout et si l'aire totale sous sa courbe vaut 1. Ce sont les deux seules conditions, et la seconde est l'axiome P(Ω)=1P(\Omega)=1 traduit en aire.
  • LA PROBABILITÉ EST UNE AIRE : P(aXb)P(a\leq X\leq b) est l'aire comprise entre la courbe de ff, l'axe des abscisses et les verticales x=ax=a et x=bx=b. Une hauteur f(a)f(a) n'est PAS une probabilité : c'est une probabilité par unité, et elle peut dépasser 1.
  • CONSÉQUENCE : P(X=a)=0P(X=a)=0 pour toute valeur aa, car l'aire d'un segment de largeur nulle est nulle. Donc P(aXb)=P(a<X<b)P(a\leq X\leq b)=P(a<X<b) : strict ou large, même résultat, ce qui est FAUX dans le discret.
  • RÉPARTITION : F(x)=P(Xx)F(x)=P(X\leq x) est l'aire accumulée jusqu'à xx. Elle croît de 0 à 1, elle est continue, et P(aXb)=F(b)F(a)P(a\leq X\leq b)=F(b)-F(a). La médiane mm est la solution de F(m)=0,5F(m)=0{,}5.
  • ESPÉRANCE ET VARIANCE : ce sont les mêmes moyennes pondérées que dans le discret, la densité remplaçant les probabilités ponctuelles. Géométriquement, E(X)E(X) est l'ABSCISSE DU CENTRE DE GRAVITÉ de l'aire sous la courbe.
  • LOI UNIFORME sur [a;b][a\,;b] : f(x)=1baf(x)=\dfrac{1}{b-a}, P(cXd)=dcbaP(c\leq X\leq d)=\dfrac{d-c}{b-a}, E(X)=a+b2E(X)=\dfrac{a+b}{2} et V(X)=(ba)212V(X)=\dfrac{(b-a)^{2}}{12}.
  • LOI EXPONENTIELLE de paramètre λ\lambda : f(x)=λeλxf(x)=\lambda e^{-\lambda x} pour x0x\geq 0, F(x)=1eλxF(x)=1-e^{-\lambda x}, P(X>x)=eλxP(X>x)=e^{-\lambda x}, E(X)=σ=1λE(X)=\sigma=\dfrac{1}{\lambda} et médiane ln2λ\dfrac{\ln 2}{\lambda}.
  • ABSENCE DE MÉMOIRE : P(X>s+tX>s)=P(X>t)P(X>s+t\mid X>s)=P(X>t). L'exponentielle est la seule loi continue qui la possède, et elle dit que l'objet NE VIEILLIT PAS.
  • LOI NORMALE vue comme densité : la hauteur maximale vaut f(μ)=1σ2πf(\mu)=\dfrac{1}{\sigma\sqrt{2\pi}}, donc elle dépasse 1 dès que σ<0,399\sigma<0{,}399. Les repères 68, 95 et 99,7 pour cent sont des AIRES, celles des bandes μ±σ\mu\pm\sigma, μ±2σ\mu\pm 2\sigma et μ±3σ\mu\pm 3\sigma.
  • STANDARDISATION : Z=XμσZ=\dfrac{X-\mu}{\sigma} divise les largeurs par σ\sigma et multiplie les hauteurs par σ\sigma. Le produit, donc l'AIRE, ne change pas : c'est pourquoi une seule table suffit pour toutes les lois normales.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : La probabilité n'est plus une hauteur, c'est une aire

La durée XX, en heures, d'une panne du réseau d'un cégep est une variable aléatoire CONTINUE : entre deux valeurs, il y en a toujours une troisième, et la liste des issues ne peut pas s'écrire. On ne peut donc plus lui attacher un tableau de probabilités comme à un dé.

On la décrit par une fonction de DENSITÉ ff, constante par morceaux ici : f(x)=0,10f(x)=0{,}10 pour 0x<20\leq x<2, f(x)=0,25f(x)=0{,}25 pour 2x<42\leq x<4, f(x)=0,15f(x)=0{,}15 pour 4x64\leq x\leq 6, et f(x)=0f(x)=0 ailleurs. La figure la représente, la zone colorée correspondant à l'intervalle [1;3][1\,;3].

La règle du chapitre tient en une ligne : une probabilité est l'AIRE sous la courbe de ff au-dessus de l'intervalle considéré.

123456-0.050.050.10.150.20.250.30,100,250,15x (heures)f(x) (par heure)
  • a) Vérifiez que ff est bien une fonction de densité, en contrôlant les deux conditions requises. Donnez l'aire de chacun des trois rectangles.
  • b) Calculez P(1X3)P(1\leq X\leq 3), la probabilité que la panne dure entre une et trois heures.
  • c) Calculez P(X=2)P(X=2), puis P(1<X<3)P(1<X<3). Comparez avec b et expliquez.
  • d) Calculez P(X>4)P(X>4) et P(X2)P(X\leq 2).
  • e) Énoncez les trois axiomes de Kolmogorov et dites lequel impose que l'aire totale vaille 1. Le résultat de c contredit-il l'un d'eux ?

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Réponses

  • a) Positivité vérifiée, et 0,20+0,50+0,30=1,000{,}20+0{,}50+0{,}30=1{,}00 : ff est bien une densité.
  • b) P(1X3)=0,10+0,25=0,35P(1\leq X\leq 3)=0{,}10+0{,}25=0{,}35.
  • c) P(X=2)=0P(X=2)=0 et P(1<X<3)=0,35P(1<X<3)=0{,}35, identique à b : strict ou large ne change rien.
  • d) P(X>4)=0,30P(X>4)=0{,}30 et P(X2)=0,20P(X\leq 2)=0{,}20.
  • e) Positivité, P(Ω)=1P(\Omega)=1, additivité des incompatibles. C'est le deuxième qui donne l'aire 1, et c ne contredit rien : probabilité nulle n'est pas impossibilité.

a) Deux conditions, pas une de plus. POSITIVITÉ : ff ne prend que les valeurs 0,100{,}10, 0,250{,}25, 0,150{,}15 et 00, toutes positives ou nulles. AIRE TOTALE ÉGALE À 1 : la courbe délimite trois rectangles, tous de largeur 2. Le premier a une aire de 2×0,10=0,202\times 0{,}10=0{,}20, le deuxième 2×0,25=0,502\times 0{,}25=0{,}50, le troisième 2×0,15=0,302\times 0{,}15=0{,}30. La somme vaut 0,20+0,50+0,30=1,000{,}20+0{,}50+0{,}30=1{,}00, donc ff est une densité. Notez au passage que 0,200{,}20, 0,500{,}50 et 0,300{,}30 sont les probabilités que la panne tombe dans chacune des trois tranches de deux heures : la panne longue, entre 2 h et 4 h, est la plus fréquente. Le piège, ici, est de vouloir additionner les HAUTEURS, 0,10+0,25+0,15=0,500{,}10+0{,}25+0{,}15=0{,}50, et de conclure que quelque chose ne va pas. Les hauteurs ne s'additionnent jamais : ce sont des probabilités PAR HEURE, et seule leur multiplication par une largeur donne une probabilité.

b) L'intervalle [1;3][1\,;3] est à cheval sur deux paliers. On découpe : de 1 à 2, la hauteur vaut 0,100{,}10 et la largeur 1, donc l'aire vaut 1×0,10=0,101\times 0{,}10=0{,}10; de 2 à 3, la hauteur vaut 0,250{,}25 et la largeur 1, donc l'aire vaut 1×0,25=0,251\times 0{,}25=0{,}25. Au total P(1X3)=0,10+0,25=0,35P(1\leq X\leq 3)=0{,}10+0{,}25=0{,}35. Une panne sur trois environ dure entre une et trois heures. La vérification est immédiate : 0,350{,}35 est compris entre 0 et 1, et il est plus petit que P(0X4)=0,70P(0\leq X\leq 4)=0{,}70, ce qui est cohérent puisque [1;3][1\,;3] est inclus dans [0;4][0\,;4].

c) P(X=2)=0P(X=2)=0. L'événement « la panne dure exactement deux heures, au milliardième de seconde près » correspond à un segment de largeur NULLE sous la courbe : son aire est nulle, quelle que soit la hauteur de la courbe à cet endroit. Passer de [1;3][1\,;3] à ]1;3[]1\,;3[ revient à retirer les deux valeurs 1 et 3, donc deux aires nulles : P(1<X<3)=0,3500=0,35P(1<X<3)=0{,}35-0-0=0{,}35, exactement comme en b. C'est la deuxième surprise du chapitre : strict ou large, le résultat est le même pour une variable continue. Dans le discret, c'est faux, et l'écart P(X3)P(X<3)P(X\leq 3)-P(X<3) vaut précisément P(X=3)P(X=3), qui n'est pas nul.

d) P(X>4)P(X>4) est l'aire du troisième rectangle seul : 2×0,15=0,302\times 0{,}15=0{,}30. P(X2)P(X\leq 2) est l'aire du premier : 2×0,10=0,202\times 0{,}10=0{,}20. Vérification par le complémentaire : P(X4)=0,20+0,50=0,70P(X\leq 4)=0{,}20+0{,}50=0{,}70 et 10,70=0,301-0{,}70=0{,}30, ce qui redonne bien P(X>4)P(X>4). Et comme P(X=4)=0P(X=4)=0, écrire P(X4)P(X\geq 4) ou P(X>4)P(X>4) ne change rien.

e) Les trois axiomes de Kolmogorov, qui fondent toute la théorie. PREMIER, positivité : pour tout événement AA, P(A)0P(A)\geq 0. DEUXIÈME, normalisation : P(Ω)=1P(\Omega)=1, l'univers entier est certain. TROISIÈME, additivité : si AA et BB sont incompatibles, P(AB)=P(A)+P(B)P(A\cup B)=P(A)+P(B), et cela s'étend à une suite d'événements deux à deux incompatibles. C'est le DEUXIÈME qui impose l'aire totale égale à 1 : l'aire sous la densité représente P(Ω)P(\Omega), la panne dure forcément un certain temps. Le résultat de c ne contredit aucun axiome. Un événement de probabilité nulle n'est pas un événement impossible : la panne prend bien une valeur, et chacune de ces valeurs a une probabilité nulle. C'est le prix du passage au continu, et c'est exactement ce que l'additivité dénombrable autorise, puisque les valeurs d'un intervalle ne forment pas une suite.

Exercice 2 : Les deux conditions d'une densité, et la constante qui normalise

Un contrôle par ultrasons cherche le défaut le plus grave d'une barre d'acier de 4 mètres. On note XX sa position, en mètres, mesurée depuis l'extrémité gauche. Les défauts sont d'autant plus fréquents qu'on s'éloigne de cette extrémité, et l'on modélise cela par une densité PROPORTIONNELLE à la distance : f(x)=kxf(x)=kx pour 0x40\leq x\leq 4, et f(x)=0f(x)=0 ailleurs.

La constante kk n'est pas libre : c'est la condition d'aire totale qui la fixe.

  • a) Déterminez la valeur de kk, puis écrivez ff.
  • b) Calculez f(2)f(2) et f(4)f(4). Vérifiez la condition de positivité.
  • c) Calculez P(X2)P(X\leq 2) et P(2X4)P(2\leq X\leq 4). Que doivent vérifier ces deux nombres ?
  • d) Calculez P(1X3)P(1\leq X\leq 3) par l'aire d'un trapèze, puis vérifiez par une différence de triangles.
  • e) Une densité peut-elle dépasser 1 ? Répondez en donnant la densité de la loi uniforme sur [0;0,25][0\,;0{,}25], et dites ce qui est plafonné à 1 dans un modèle continu.

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Réponses

  • a) 8k=18k=1, donc k=0,125k=0{,}125 et f(x)=x8f(x)=\dfrac{x}{8} sur [0;4][0\,;4].
  • b) f(2)=0,25f(2)=0{,}25 et f(4)=0,50f(4)=0{,}50, positives : la condition tient.
  • c) P(X2)=0,25P(X\leq 2)=0{,}25 et P(2X4)=0,75P(2\leq X\leq 4)=0{,}75, de somme 1.
  • d) P(1X3)=0,50P(1\leq X\leq 3)=0{,}50, par le trapèze comme par la différence de triangles.
  • e) Oui : l'uniforme sur [0;0,25][0\,;0{,}25] a une densité de 4. C'est l'AIRE qui est plafonnée à 1, jamais la hauteur.

a) La courbe de ff est le segment joignant l'origine au point (4;4k)(4\,;4k). L'aire sous cette courbe, entre 0 et 4, est celle d'un TRIANGLE rectangle de base 4 et de hauteur 4k4k, soit 12×4×4k=8k\frac{1}{2}\times 4\times 4k=8k. La condition d'aire totale impose 8k=18k=1, donc k=18=0,125k=\frac{1}{8}=0{,}125 et f(x)=x8f(x)=\frac{x}{8} sur [0;4][0\,;4], nulle ailleurs. Aucune intégration n'est nécessaire : la densité est affine, donc l'aire est celle d'un triangle. Le piège classique est d'écrire f(4)=1f(4)=1 pour « que ça fasse 1 » : c'est l'AIRE qui vaut 1, jamais la hauteur au bout.

b) f(2)=28=0,25f(2)=\frac{2}{8}=0{,}25 et f(4)=48=0,50f(4)=\frac{4}{8}=0{,}50. Sur [0;4][0\,;4], xx est positif donc x8\frac{x}{8} l'est aussi, et ff est nulle ailleurs : la positivité est vérifiée partout. Les deux conditions sont donc réunies, ff est une densité. Attention à ce que disent ces nombres : f(4)=0,50f(4)=0{,}50 n'est pas une probabilité de 50 pour cent d'avoir le défaut au bout de la barre, c'est une probabilité PAR MÈTRE au voisinage de 4 m. Sur un centimètre autour de 4 m, la probabilité vaut environ 0,50×0,01=0,0050{,}50\times 0{,}01=0{,}005.

c) P(X2)P(X\leq 2) est l'aire du triangle de base 2 et de hauteur f(2)=0,25f(2)=0{,}25, soit 12×2×0,25=0,25\frac{1}{2}\times 2\times 0{,}25=0{,}25. P(2X4)P(2\leq X\leq 4) est l'aire du trapèze de largeur 2 et de bases f(2)=0,25f(2)=0{,}25 et f(4)=0,50f(4)=0{,}50, soit 0,25+0,502×2=0,75\frac{0{,}25+0{,}50}{2}\times 2=0{,}75. Ces deux nombres doivent avoir pour somme 1, puisque les deux intervalles sont incompatibles et recouvrent tout le support : 0,25+0,75=1,000{,}25+0{,}75=1{,}00, la vérification passe. Le résultat se lit : trois défauts sur quatre sont dans la moitié droite de la barre, ce que le modèle voulait dire.

d) Par le trapèze : bases f(1)=0,125f(1)=0{,}125 et f(3)=0,375f(3)=0{,}375, largeur 2, donc P(1X3)=0,125+0,3752×2=0,50P(1\leq X\leq 3)=\frac{0{,}125+0{,}375}{2}\times 2=0{,}50. Par différence de triangles : l'aire jusqu'à 3 vaut 12×3×0,375=0,5625\frac{1}{2}\times 3\times 0{,}375=0{,}5625, l'aire jusqu'à 1 vaut 12×1×0,125=0,0625\frac{1}{2}\times 1\times 0{,}125=0{,}0625, et 0,56250,0625=0,500{,}5625-0{,}0625=0{,}50. Les deux méthodes concordent, ce qui est normal : un trapèze est une différence de deux triangles semblables. Résultat frappant, l'intervalle [1;3][1\,;3] ne couvre que la moitié de la barre et porte pourtant exactement la moitié de la probabilité.

e) Oui, sans la moindre difficulté. La loi uniforme sur [0;0,25][0\,;0{,}25] a une densité constante f(x)=10,25=4f(x)=\frac{1}{0{,}25}=4, quatre fois plus grande que 1, et son aire vaut pourtant 0,25×4=10{,}25\times 4=1. Ce qui est plafonné à 1, c'est l'AIRE, jamais la hauteur : une densité est une probabilité par unité, et si l'unité est petite, la densité est grande. Le même phénomène se lit en physique, où une masse volumique en kilogrammes par mètre cube n'est pas une masse. Ici ff reste sous 1 parce que la barre est longue; si elle mesurait 1 mètre avec la même forme, on aurait f(x)=2xf(x)=2x et f(1)=2f(1)=2, pour une aire toujours égale à 12×1×2=1\frac{1}{2}\times 1\times 2=1. Confondre hauteur et probabilité coûte des points à chaque question du chapitre, et c'est l'erreur qui conduit ensuite à écrire P(X=a)=f(a)P(X=a)=f(a).

0.511.522.533.54-0.10.10.20.30.40.50.6f(x) = x/8aire = 1x (mètres)f(x) (par mètre)

Exercice 3 : La fonction de répartition, et la médiane qu'elle donne

On garde la barre d'acier de l'exercice 2 et sa densité f(x)=x8f(x)=\dfrac{x}{8} sur [0;4][0\,;4].

On appelle FONCTION DE RÉPARTITION la fonction FF définie par F(x)=P(Xx)F(x)=P(X\leq x) : c'est l'aire accumulée sous la densité depuis la gauche jusqu'à l'abscisse xx. Elle répond d'un coup à toutes les questions de probabilité du chapitre.

  • a) Montrez, par l'aire d'un triangle, que F(x)=x216F(x)=\dfrac{x^{2}}{16} pour 0x40\leq x\leq 4. Donnez F(2)F(2) et F(4)F(4), et l'expression de FF en dehors de [0;4][0\,;4].
  • b) Calculez P(X1,5)P(X\leq 1{,}5), P(X>1,5)P(X>1{,}5) et P(0,5X1,5)P(0{,}5\leq X\leq 1{,}5) à l'aide de FF.
  • c) Déterminez la médiane mm de XX, valeur exacte puis au centième.
  • d) Déterminez le premier et le troisième quartile.
  • e) Citez trois propriétés de FF, puis expliquez en quoi la fonction de répartition d'une variable DISCRÈTE diffère de celle-ci, et pourquoi cette différence explique à elle seule que P(X=a)=0P(X=a)=0 ici.

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Réponses

  • a) F(x)=x216F(x)=\dfrac{x^{2}}{16} sur [0;4][0\,;4], avec F(2)=0,25F(2)=0{,}25 et F(4)=1F(4)=1; F=0F=0 avant 0 et F=1F=1 après 4.
  • b) 0,14060{,}1406, 0,85940{,}8594 et 0,1250{,}125.
  • c) m=8=222,83m=\sqrt{8}=2\sqrt{2}\approx 2{,}83, à droite du milieu de la barre.
  • d) Q1=2Q_{1}=2 et Q3=233,46Q_{3}=2\sqrt{3}\approx 3{,}46.
  • e) Croissante, de 0 à 1, et P(aXb)=F(b)F(a)P(a\leq X\leq b)=F(b)-F(a). Dans le discret elle est en escalier et le saut en aa vaut P(X=a)P(X=a); ici elle est continue, donc P(X=a)=0P(X=a)=0.

a) Pour xx entre 0 et 4, l'aire accumulée est celle du triangle rectangle de base xx et de hauteur f(x)=x8f(x)=\frac{x}{8}, soit F(x)=12×x×x8=x216F(x)=\frac{1}{2}\times x\times\frac{x}{8}=\frac{x^{2}}{16}. Aucune intégration : un triangle suffit. On obtient F(2)=416=0,25F(2)=\frac{4}{16}=0{,}25 et F(4)=1616=1F(4)=\frac{16}{16}=1, ce qui est la vérification obligatoire, la répartition doit atteindre 1 au bout du support. En dehors, F(x)=0F(x)=0 pour x<0x<0, puisque aucune aire n'est encore accumulée, et F(x)=1F(x)=1 pour x>4x>4, puisque toute l'aire l'est. Comparez avec le c de l'exercice 2 : F(2)=0,25F(2)=0{,}25 redonne bien P(X2)P(X\leq 2).

b) P(X1,5)=F(1,5)=2,2516=0,140625P(X\leq 1{,}5)=F(1{,}5)=\frac{2{,}25}{16}=0{,}140625, soit environ 0,14060{,}1406. Le complémentaire donne P(X>1,5)=10,140625=0,859375P(X>1{,}5)=1-0{,}140625=0{,}859375, environ 0,85940{,}8594. Enfin P(0,5X1,5)=F(1,5)F(0,5)=0,1406250,2516=0,1406250,015625=0,125P(0{,}5\leq X\leq 1{,}5)=F(1{,}5)-F(0{,}5)=0{,}140625-\frac{0{,}25}{16}=0{,}140625-0{,}015625=0{,}125. Exactement un huitième. C'est là tout l'intérêt de FF : une soustraction remplace un découpage en trapèzes, et l'on ne se trompe plus de figure. Vérification par le trapèze, pour le plaisir : bases f(0,5)=0,0625f(0{,}5)=0{,}0625 et f(1,5)=0,1875f(1{,}5)=0{,}1875, largeur 1, aire 0,0625+0,18752=0,125\frac{0{,}0625+0{,}1875}{2}=0{,}125. Les deux voies concordent.

c) La médiane coupe l'aire en deux parts égales, donc elle résout F(m)=0,5F(m)=0{,}5, soit m216=0,5\frac{m^{2}}{16}=0{,}5, donc m2=8m^{2}=8 et m=8=222,83m=\sqrt{8}=2\sqrt{2}\approx 2{,}83. La racine négative est rejetée, elle est hors du support [0;4][0\,;4]. Contrôle de bon sens : la densité croît, donc la moitié droite de la barre est plus chargée que la gauche, et la médiane doit tomber à DROITE du milieu 2, ce qui est le cas.

d) Même méthode. Premier quartile : q1216=0,25\frac{q_{1}^{2}}{16}=0{,}25, donc q12=4q_{1}^{2}=4 et q1=2q_{1}=2. Troisième quartile : q3216=0,75\frac{q_{3}^{2}}{16}=0{,}75, donc q32=12q_{3}^{2}=12 et q3=233,46q_{3}=2\sqrt{3}\approx 3{,}46. Les trois nombres 22, 2,832{,}83 et 3,463{,}46 découpent la barre en quatre zones d'égale probabilité, de largeurs 22, 0,830{,}83, 0,630{,}63 et 0,540{,}54 : les zones se resserrent vers la droite, puisque la densité y est plus forte. L'écart interquartile vaut 3,462=1,463{,}46-2=1{,}46.

e) Trois propriétés de FF : elle est CROISSANTE, puisqu'on ajoute de l'aire; elle va de 0 à 1, F()=0F(-\infty)=0 et F(+)=1F(+\infty)=1; et elle vérifie P(aXb)=F(b)F(a)P(a\leq X\leq b)=F(b)-F(a). Ajoutons la quatrième, décisive : ici FF est CONTINUE, sans aucun saut. Dans le discret, au contraire, FF est une fonction EN ESCALIER, et la hauteur du saut en aa vaut exactement P(X=a)P(X=a) : pour un dé équilibré, FF saute de 16\frac{1}{6} en chaque entier de 1 à 6. Voilà l'explication complète de P(X=a)=0P(X=a)=0 : la probabilité d'une valeur isolée est la hauteur du saut de FF en cette valeur, or une fonction continue ne saute pas. Les deux mondes se séparent là, et nulle part ailleurs.

-112345-0.20.20.40.60.811.2médianex (mètres)F(x)

Exercice 4 : La loi uniforme continue, et pourquoi elle vieillit

Un autobus passe exactement toutes les 12 minutes à un arrêt du boulevard. Une usagère arrive sans consulter l'horaire, à un instant quelconque. Son temps d'attente XX, en minutes, suit alors la loi UNIFORME sur [0;12][0\,;12] : sa densité est CONSTANTE sur cet intervalle, et nulle ailleurs.

La figure représente cette densité, la zone colorée correspondant à l'intervalle [3;7][3\,;7].

123456789101112-0.050.050.10.15x (minutes)f(x) (par minute)
  • a) Quelle valeur doit prendre cette constante pour que l'aire totale vaille 1 ? Donnez-la au dix-millième.
  • b) Calculez P(X5)P(X\leq 5) et P(3X7)P(3\leq X\leq 7).
  • c) Calculez E(X)E(X), V(X)V(X) et l'écart-type de XX.
  • d) L'usagère attend déjà depuis 6 minutes. Calculez P(X9X6)P(X\geq 9\mid X\geq 6), puis comparez avec P(X3)P(X\geq 3). Que conclure ?
  • e) Un étudiant écrit : « la probabilité d'attendre exactement 5 minutes vaut 112\frac{1}{12} ». Corrigez, puis donnez la densité d'une loi uniforme sur [0;0,5][0\,;0{,}5].

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Réponses

  • a) c=1120,0833c=\dfrac{1}{12}\approx 0{,}0833 par minute.
  • b) P(X5)=5120,4167P(X\leq 5)=\dfrac{5}{12}\approx 0{,}4167 et P(3X7)=130,3333P(3\leq X\leq 7)=\dfrac{1}{3}\approx 0{,}3333.
  • c) E(X)=6E(X)=6 min, V(X)=12V(X)=12 et σ=233,46\sigma=2\sqrt{3}\approx 3{,}46 min.
  • d) 0,500{,}50 contre 0,750{,}75 : les deux diffèrent, la loi uniforme vieillit.
  • e) P(X=5)=0P(X=5)=0, car 112\frac{1}{12} est une densité et non une probabilité; sur [0;0,5][0\,;0{,}5] la densité vaut 2.

a) L'aire sous une densité constante cc sur [0;12][0\,;12] est celle d'un RECTANGLE de largeur 12 et de hauteur cc, soit 12c12c. La condition 12c=112c=1 donne c=1120,0833c=\frac{1}{12}\approx 0{,}0833. La formule générale s'en déduit : sur [a;b][a\,;b], la densité uniforme vaut 1ba\frac{1}{b-a}. Notez que ce nombre a une unité, des inverses de minute, et que c'est justement ce qui interdit de le lire comme une probabilité.

b) Tout se lit en rapport de longueurs, puisque la hauteur est la même partout. P(X5)P(X\leq 5) est l'aire du rectangle de largeur 5, soit 5×112=5120,41675\times\frac{1}{12}=\frac{5}{12}\approx 0{,}4167. P(3X7)P(3\leq X\leq 7) est l'aire du rectangle de largeur 73=47-3=4, soit 412=130,3333\frac{4}{12}=\frac{1}{3}\approx 0{,}3333. Vérification : l'intervalle [3;7][3\,;7] occupe le tiers de [0;12][0\,;12], et la probabilité vaut bien un tiers. Sur une loi uniforme, une probabilité n'est rien d'autre que la proportion de la longueur occupée, et c'est la seule loi du chapitre où c'est vrai.

c) La densité est symétrique autour du milieu, donc E(X)=0+122=6E(X)=\frac{0+12}{2}=6 minutes : en moyenne, l'usagère attend six minutes, la moitié de l'intervalle entre deux passages. La variance d'une uniforme sur [a;b][a\,;b] vaut (ba)212\frac{(b-a)^{2}}{12}, soit ici 14412=12\frac{144}{12}=12, et l'écart-type 12=233,46\sqrt{12}=2\sqrt{3}\approx 3{,}46 minutes. Le contrôle de vraisemblance passe : un écart-type de 3,46 minutes sur un intervalle de 12 minutes correspond à une dispersion forte, ce qu'on attend d'une loi où toutes les attentes sont également probables. Méfiez-vous du 12 du dénominateur, qui n'a ici rien à voir avec les 12 minutes : la formule s'écrirait (ba)212\frac{(b-a)^{2}}{12} même sur un intervalle de 5 unités.

d) Le conditionnement se lit en aires, comme tout le reste : P(X9X6)=P(9X12)P(6X12)=3/126/12=36=0,50P(X\geq 9\mid X\geq 6)=\frac{P(9\leq X\leq 12)}{P(6\leq X\leq 12)}=\frac{3/12}{6/12}=\frac{3}{6}=0{,}50. À comparer avec la probabilité d'attendre au moins 3 minutes à partir de l'instant d'arrivée, P(X3)=912=0,75P(X\geq 3)=\frac{9}{12}=0{,}75. Les deux nombres DIFFÈRENT, et c'est tout le sens de la question : l'attente déjà consommée change la suite. Ici elle l'améliore, puisque 0,50<0,750{,}50<0{,}75, la probabilité d'attendre encore trois minutes a diminué. Autrement dit, le modèle uniforme VIEILLIT : plus on a attendu, plus l'autobus est proche. C'est conforme à l'intuition, et c'est exactement ce qui va tomber en défaut à l'exercice suivant.

e) La phrase confond la hauteur et l'aire. 112\frac{1}{12} est la DENSITÉ, une probabilité par minute; la probabilité d'attendre exactement 5 minutes vaut P(X=5)=0P(X=5)=0, car le segment correspondant a une largeur nulle. Ce que 112\frac{1}{12} mesure, c'est par exemple P(4,5X5,5)=1×1120,0833P(4{,}5\leq X\leq 5{,}5)=1\times\frac{1}{12}\approx 0{,}0833, la probabilité d'une attente comprise dans une fenêtre d'une minute autour de 5. Sur [0;0,5][0\,;0{,}5], la densité uniforme vaut 10,5=2\frac{1}{0{,}5}=2, supérieure à 1 sans aucune contradiction : l'aire vaut 0,5×2=10{,}5\times 2=1. Cela arriverait si l'autobus passait toutes les trente secondes, et la densité doublerait encore si l'intervalle était de quinze secondes. Écrire P(X=5)=112P(X=5)=\frac{1}{12} coûte la question et, plus grave, entraîne la même faute sur la loi normale, où l'on se met alors à lire des probabilités sur la hauteur de la cloche.

Exercice 5 : La loi exponentielle, et le résultat qui scandalise

La durée de vie XX, en années, d'une ampoule à diodes suit une loi EXPONENTIELLE de moyenne 5 ans, donc de paramètre λ=15=0,2\lambda=\dfrac{1}{5}=0{,}2 par an.

Sa densité est f(x)=λeλxf(x)=\lambda e^{-\lambda x} pour x0x\geq 0, nulle pour x<0x<0, et sa fonction de répartition est F(x)=1eλxF(x)=1-e^{-\lambda x}. On admet ces deux expressions : la seconde se lit directement, aucune aire à découper.

La figure représente la densité, la zone colorée correspondant à l'intervalle [3;8][3\,;8].

2468101214161820-0.040.040.080.120.160.20.24x (années)f(x) (par année)
  • a) Calculez f(0)f(0). Que vaut l'aire totale sous la courbe, et comment le voit-on sur FF ?
  • b) Calculez P(X3)P(X\leq 3), P(X>8)P(X>8) et P(3X8)P(3\leq X\leq 8), au dix-millième.
  • c) Donnez E(X)E(X) et l'écart-type de XX, puis calculez la médiane. Comparez médiane et moyenne et interprétez.
  • d) Calculez P(X>8X>3)P(X>8\mid X>3), puis comparez avec P(X>5)P(X>5). Nommez la propriété obtenue.
  • e) Opposez ce résultat à celui du d de l'exercice 4, puis dites pour quel type de matériel la loi exponentielle est un bon modèle, et pour quel type elle est un mauvais modèle.

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Réponses

  • a) f(0)=0,2f(0)=0{,}2 par an, et l'aire totale vaut 1 car F(x)=1e0,2xF(x)=1-e^{-0{,}2x} tend vers 1.
  • b) 0,45120{,}4512, 0,20190{,}2019 et 0,34690{,}3469, de somme 1.
  • c) E(X)=σ=5E(X)=\sigma=5 ans et médiane ln20,23,47\dfrac{\ln 2}{0{,}2}\approx 3{,}47 an : la médiane est bien en dessous de la moyenne, la loi est étalée à droite.
  • d) P(X>8X>3)=e1=0,3679=P(X>5)P(X>8\mid X>3)=e^{-1}=0{,}3679=P(X>5) : c'est l'absence de mémoire.
  • e) L'uniforme vieillit, l'exponentielle non. Bonne pour une panne électronique aléatoire ou une désintégration, mauvaise pour un pneu ou toute pièce qui s'use.

a) f(0)=0,2×e0=0,2f(0)=0{,}2\times e^{0}=0{,}2 : la densité part de 0,20{,}2 et décroît ensuite vers zéro sans jamais l'atteindre. L'aire totale vaut 1, comme pour toute densité, et FF le dit sans calcul : F(x)=1e0,2xF(x)=1-e^{-0{,}2x} tend vers 10=11-0=1 quand xx grandit, puisque e0,2xe^{-0{,}2x} tend vers 0. Le support n'est pas borné, la courbe s'étale indéfiniment vers la droite, et pourtant l'aire reste finie et vaut exactement 1 : c'est la même chose que dire P(X>x)=e0,2xP(X>x)=e^{-0{,}2x}, une queue qui s'amenuise assez vite pour que le total converge.

b) P(X3)=F(3)=1e0,6=10,548812=0,451188P(X\leq 3)=F(3)=1-e^{-0{,}6}=1-0{,}548812=0{,}451188, soit 0,45120{,}4512. P(X>8)=e0,2×8=e1,6=0,201897P(X>8)=e^{-0{,}2\times 8}=e^{-1{,}6}=0{,}201897, soit 0,20190{,}2019. Enfin P(3X8)=F(8)F(3)=e0,6e1,6=0,5488120,201897=0,346915P(3\leq X\leq 8)=F(8)-F(3)=e^{-0{,}6}-e^{-1{,}6}=0{,}548812-0{,}201897=0{,}346915, soit 0,34690{,}3469, l'aire colorée de la figure. Vérification par la somme : 0,4512+0,3469+0,2019=1,00000{,}4512+0{,}3469+0{,}2019=1{,}0000, les trois morceaux du support se recollent. Retenez la forme courte P(X>x)=eλxP(X>x)=e^{-\lambda x}, qui évite un complémentaire à chaque ligne. Le piège numérique le plus fréquent est de taper e0,2e^{-0{,}2} puis de multiplier par 3 au lieu d'élever au cube, ou d'oublier le signe moins : on obtient alors une probabilité supérieure à 1, ce qui doit arrêter le calcul immédiatement.

c) Pour une exponentielle, E(X)=1λ=5E(X)=\frac{1}{\lambda}=5 ans, ce que l'énoncé annonçait, et l'écart-type vaut AUSSI 1λ=5\frac{1}{\lambda}=5 ans, propriété remarquable de cette loi. La médiane résout F(m)=0,5F(m)=0{,}5, soit 1e0,2m=0,51-e^{-0{,}2m}=0{,}5, donc e0,2m=0,5e^{-0{,}2m}=0{,}5, donc 0,2m=ln0,5-0{,}2m=\ln 0{,}5 et m=ln20,23,47m=\frac{\ln 2}{0{,}2}\approx 3{,}47 ans. La médiane est nettement INFÉRIEURE à la moyenne, 3,473{,}47 contre 55 : la moitié des ampoules meurent avant trois ans et demi, alors que la durée moyenne est de cinq ans. L'explication est l'asymétrie à droite, une minorité d'ampoules très durables tirant la moyenne vers le haut sans déplacer la médiane. Annoncer « cinq ans » à un client est donc trompeur, la valeur typique est plus proche de trois ans et demi.

d) P(X>8X>3)=P(X>8)P(X>3)=e1,6e0,6=e1=0,367879P(X>8\mid X>3)=\frac{P(X>8)}{P(X>3)}=\frac{e^{-1{,}6}}{e^{-0{,}6}}=e^{-1}=0{,}367879, soit 0,36790{,}3679. Or P(X>5)=e1=0,3679P(X>5)=e^{-1}=0{,}3679 également. Les deux nombres sont ÉGAUX, et ce n'est pas une coïncidence d'énoncé : le quotient de deux exponentielles ne retient que la différence des exposants, donc eλ(s+t)eλs=eλt\frac{e^{-\lambda(s+t)}}{e^{-\lambda s}}=e^{-\lambda t} pour tous ss et tt. C'est l'ABSENCE DE MÉMOIRE, P(X>s+tX>s)=P(X>t)P(X>s+t\mid X>s)=P(X>t), et l'exponentielle est la seule loi continue à la posséder.

e) L'opposition est frontale. Sur la loi uniforme, conditionner changeait tout, 0,500{,}50 au lieu de 0,750{,}75 : l'autobus se rapprochait. Ici, conditionner ne change rien : une ampoule allumée depuis trois ans a exactement les mêmes perspectives qu'une ampoule neuve. Le modèle affirme que l'objet NE VIEILLIT PAS, que la panne est un accident et non une usure. C'est un bon modèle pour une défaillance électronique aléatoire, un composant qui tombe parce qu'une surtension passe, pour le temps entre deux appels à un standard, ou pour la désintégration d'un noyau radioactif, dont c'est la loi exacte. C'est un mauvais modèle pour un pneu, une pièce mécanique ou un être vivant, tous sujets à l'usure : leur taux de panne CROÎT avec l'âge, alors que l'exponentielle impose un taux constant. Appliquer l'exponentielle à un matériel qui s'use conduit à surestimer lourdement la durée de vie résiduelle des pièces déjà anciennes, et c'est une erreur de dimensionnement coûteuse en maintenance.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : La loi normale vue comme une densité, pas comme une table

Un local de conservation est régulé par un thermostat. La température XX, en degrés Celsius, suit une loi normale de moyenne μ=21,0\mu=21{,}0 et d'écart-type σ=0,25\sigma=0{,}25.

On ne demande ici aucune cote z exotique : on regarde la loi normale pour ce qu'elle est, une DENSITÉ dont la hauteur maximale vaut f(μ)=1σ2πf(\mu)=\dfrac{1}{\sigma\sqrt{2\pi}} et dont les fameux 68, 95 et 99,7 pour cent sont des AIRES de bandes.

La figure montre la cloche, la bande colorée valant μ±σ\mu\pm\sigma et les quatre traits en pointillé marquant μ±2σ\mu\pm 2\sigma et μ±3σ\mu\pm 3\sigma, chacun arrêté sur la courbe.

2020.52121.522-0.250.250.50.7511.251.51.7568 %95 %99,7 %x (degrés Celsius)f(x) (par degré)
  • a) Calculez f(μ)f(\mu), hauteur maximale de la densité, au dix-millième. Le résultat est-il une faute ?
  • b) Donnez les bornes des trois bandes et l'aire de chacune. Que représentent ces aires ?
  • c) Calculez P(X21,5)P(X\geq 21{,}5) en utilisant la bande à deux écarts-types et la symétrie, sans chercher dans la table.
  • d) La standardisation Z=XμσZ=\dfrac{X-\mu}{\sigma} divise les largeurs par σ\sigma et multiplie les hauteurs par σ\sigma. Vérifiez-le numériquement sur f(μ)f(\mu), et dites pourquoi une seule table suffit pour toutes les lois normales.
  • e) Calculez P(X=21,0)P(X=21{,}0), puis estimez P(20,995X21,005)P(20{,}995\leq X\leq 21{,}005) par un rectangle. Que mesure donc f(21,0)f(21{,}0) ?

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Réponses

  • a) f(μ)=1,5958f(\mu)=1{,}5958 par degré, supérieure à 1 sans contradiction : seule l'aire est plafonnée.
  • b) [20,75;21,25][20{,}75\,;21{,}25] pour 0,68270{,}6827, [20,50;21,50][20{,}50\,;21{,}50] pour 0,95450{,}9545, [20,25;21,75][20{,}25\,;21{,}75] pour 0,99730{,}9973. Ce sont des probabilités.
  • c) P(X21,5)=10,95452=0,0228P(X\geq 21{,}5)=\dfrac{1-0{,}9545}{2}=0{,}0228.
  • d) 0,25×1,5958=0,3989=12π0{,}25\times 1{,}5958=0{,}3989=\frac{1}{\sqrt{2\pi}} : l'aire est préservée, donc une seule table suffit.
  • e) P(X=21,0)=0P(X=21{,}0)=0 et P(20,995X21,005)0,0160P(20{,}995\leq X\leq 21{,}005)\approx 0{,}0160 : f(21,0)f(21{,}0) est une probabilité par degré.

a) f(μ)=1σ2π=10,25×2,506628=10,626657=1,5958f(\mu)=\frac{1}{\sigma\sqrt{2\pi}}=\frac{1}{0{,}25\times 2{,}506628}=\frac{1}{0{,}626657}=1{,}5958. La densité dépasse donc 1, et ce n'est en aucun cas une faute. La hauteur maximale d'une normale vaut 0,39894σ\frac{0{,}39894}{\sigma} : elle passe au-dessus de 1 dès que σ<0,39894\sigma<0{,}39894, ce qui arrive constamment dès qu'on mesure en unités fines, degrés Celsius sur un thermostat serré, millimètres sur une pièce usinée. Ce qui reste plafonné à 1, c'est l'aire totale, et elle vaut exactement 1 ici comme partout : la cloche est haute parce qu'elle est ÉTROITE, le produit hauteur par largeur ne bouge pas.

b) Les trois bandes. À un écart-type, [μσ;μ+σ]=[20,75;21,25][\mu-\sigma\,;\mu+\sigma]=[20{,}75\,;21{,}25], d'aire 0,68270{,}6827. À deux, [20,50;21,50][20{,}50\,;21{,}50], d'aire 0,95450{,}9545. À trois, [20,25;21,75][20{,}25\,;21{,}75], d'aire 0,99730{,}9973. Ces aires sont des PROBABILITÉS : 68,27 pour cent du temps la température reste entre 20,75 et 21,25 degrés, 99,73 pour cent du temps elle reste entre 20,25 et 21,75. Le point de méthode, et il vaut pour tout le chapitre : la règle empirique n'est pas une formule à part, c'est la lecture de trois aires particulières sous la même courbe. Le piège serait de croire que ces trois pourcentages dépendent du thermostat : ils sont les MÊMES pour toute loi normale, quels que soient μ\mu et σ\sigma, parce qu'ils sont mesurés en écarts-types.

c) La bande à deux écarts-types, [20,50;21,50][20{,}50\,;21{,}50], contient une aire de 0,95450{,}9545. Il reste donc 10,9545=0,04551-0{,}9545=0{,}0455 en dehors, réparti dans les DEUX queues. La cloche étant symétrique autour de μ\mu, chaque queue en porte la moitié : P(X21,5)=0,04552=0,02275P(X\geq 21{,}5)=\frac{0{,}0455}{2}=0{,}02275, soit environ 0,02280{,}0228. Vérification par la table, pour qui veut : z=21,521,00,25=2,00z=\frac{21{,}5-21{,}0}{0{,}25}=2{,}00 et l'aire à droite de 2 vaut 10,9772=0,02281-0{,}9772=0{,}0228. Les deux voies donnent le même nombre, et la première n'a demandé aucune lecture. Oublier de DIVISER PAR DEUX est l'erreur classique : on annonce alors 4,55 pour cent, soit le double du risque réel, et toute décision de réglage qui suit est fausse.

d) Vérification numérique en un produit : σ×f(μ)=0,25×1,595769=0,398942\sigma\times f(\mu)=0{,}25\times 1{,}595769=0{,}398942, et c'est exactement 12π=0,398942\frac{1}{\sqrt{2\pi}}=0{,}398942, la hauteur de la densité normale STANDARD en zéro. La transformation a donc comprimé l'axe horizontal d'un facteur σ\sigma et étiré l'axe vertical du même facteur. Une aire étant un produit d'une largeur par une hauteur, le facteur σ\sigma s'introduit d'un côté et se simplifie de l'autre : l'aire est PRÉSERVÉE. Voilà pourquoi une seule table, celle de la loi normale centrée réduite, suffit à traiter toutes les lois normales du monde : elles sont toutes la même cloche, vue à travers un changement d'unité. C'est aussi pourquoi la cote z n'a pas d'unité, elle compte des écarts-types.

e) P(X=21,0)=0P(X=21{,}0)=0, comme pour toute variable continue, bien que la densité y atteigne 1,59581{,}5958, son maximum. Les deux affirmations ne se contredisent pas, elles portent sur des objets différents, une aire de largeur nulle et une hauteur. Pour une bande étroite de largeur 0,010{,}01 degré, l'aire est presque celle d'un rectangle : P(20,995X21,005)f(21,0)×0,01=1,595769×0,01=0,015958P(20{,}995\leq X\leq 21{,}005)\approx f(21{,}0)\times 0{,}01=1{,}595769\times 0{,}01=0{,}015958, environ 1,60 pour cent. Le calcul exact par la table donne 0,0159570{,}015957, l'approximation rectangulaire est excellente parce que la courbe est quasi plate à son sommet. Conclusion : f(21,0)=1,5958f(21{,}0)=1{,}5958 se lit « 1,5958 par degré », c'est une probabilité PAR DEGRÉ, et c'est seulement après multiplication par une largeur en degrés qu'elle devient une probabilité.

Exercice 7 : Espérance et variance continues, lues en centre de gravité

On revient à la barre d'acier des exercices 2 et 3, de densité f(x)=x8f(x)=\dfrac{x}{8} sur [0;4][0\,;4].

Dans le discret, E(X)=xiP(xi)E(X)=\sum x_{i}P(x_{i}) : une moyenne des valeurs, pondérée par leurs probabilités. En continu, l'idée ne change pas, c'est la densité qui remplace les probabilités ponctuelles. Deux lectures sont possibles sans aucun calcul intégral : une moyenne pondérée APPROCHÉE, obtenue en découpant le support en bandes, et la valeur EXACTE, qui est l'abscisse du centre de gravité de l'aire sous la courbe.

La figure montre le découpage en quatre bandes d'une unité. On admettra pour la variance la formule de la loi triangulaire sur [a;b][a\,;b] de sommet cc : V(X)=a2+b2+c2abacbc18V(X)=\dfrac{a^{2}+b^{2}+c^{2}-ab-ac-bc}{18}.

0.511.522.533.54-0.10.10.20.30.40.50.6x (mètres)f(x) (par mètre)
  • a) Calculez les probabilités p1p_{1} à p4p_{4} des quatre bandes [0;1][0\,;1], [1;2][1\,;2], [2;3][2\,;3] et [3;4][3\,;4], par des aires de trapèzes. Vérifiez leur somme.
  • b) En remplaçant chaque bande par son centre, calculez une valeur approchée de E(X)E(X).
  • c) Donnez la valeur EXACTE de E(X)E(X), en prenant l'abscisse du centre de gravité du triangle de sommets (0;0)(0\,;0), (4;0)(4\,;0) et (4;0,5)(4\,;0{,}5). Expliquez l'écart avec b.
  • d) Calculez V(X)V(X) et l'écart-type par la formule admise.
  • e) Donnez le mode, la médiane et la moyenne de XX, rangez-les, et corrigez la phrase « l'espérance est la valeur la plus probable ».

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  • a) p1=0,0625p_{1}=0{,}0625, p2=0,1875p_{2}=0{,}1875, p3=0,3125p_{3}=0{,}3125, p4=0,4375p_{4}=0{,}4375, de somme 1.
  • b) E(X)2,625E(X)\approx 2{,}625 m.
  • c) E(X)=832,67E(X)=\dfrac{8}{3}\approx 2{,}67 m, centre de gravité du triangle. L'écart vient de la masse concentrée au centre de chaque bande.
  • d) V(X)=16180,8889V(X)=\dfrac{16}{18}\approx 0{,}8889 et σ0,9428\sigma\approx 0{,}9428 m.
  • e) Mode 4, médiane 2,83, moyenne 2,67, donc moyenne < médiane < mode. La valeur la plus probable est le MODE, pas l'espérance.

a) La densité étant AFFINE, l'aire au-dessus de chaque bande est exactement celle d'un trapèze, et le calcul est exact, pas approché. Avec f(0)=0f(0)=0, f(1)=0,125f(1)=0{,}125, f(2)=0,25f(2)=0{,}25, f(3)=0,375f(3)=0{,}375 et f(4)=0,5f(4)=0{,}5, on obtient p1=0+0,1252×1=0,0625p_{1}=\frac{0+0{,}125}{2}\times 1=0{,}0625, p2=0,125+0,252=0,1875p_{2}=\frac{0{,}125+0{,}25}{2}=0{,}1875, p3=0,25+0,3752=0,3125p_{3}=\frac{0{,}25+0{,}375}{2}=0{,}3125 et p4=0,375+0,52=0,4375p_{4}=\frac{0{,}375+0{,}5}{2}=0{,}4375. La somme vaut 0,0625+0,1875+0,3125+0,4375=1,00000{,}0625+0{,}1875+0{,}3125+0{,}4375=1{,}0000, ce qui est la vérification obligatoire : la variable prend forcément une valeur du support. On peut aussi recouper avec la répartition de l'exercice 3, p1=F(1)=116=0,0625p_{1}=F(1)=\frac{1}{16}=0{,}0625, et p1+p2=F(2)=0,25p_{1}+p_{2}=F(2)=0{,}25, ce qui concorde.

b) On traite les quatre bandes comme quatre valeurs discrètes placées en leur centre, 0,50{,}5, 1,51{,}5, 2,52{,}5 et 3,53{,}5, affectées des poids trouvés en a. La moyenne pondérée vaut 0,5(0,0625)+1,5(0,1875)+2,5(0,3125)+3,5(0,4375)=0,03125+0,28125+0,78125+1,53125=2,6250{,}5(0{,}0625)+1{,}5(0{,}1875)+2{,}5(0{,}3125)+3{,}5(0{,}4375)=0{,}03125+0{,}28125+0{,}78125+1{,}53125=2{,}625. C'est exactement la formule du discret, et c'est la bonne façon de comprendre ce que fait une espérance continue : elle pèse chaque zone du support par la probabilité qu'elle porte. La zone de droite, qui porte 43,75 pour cent de la probabilité, tire la moyenne vers elle.

c) L'aire sous la courbe est un triangle de sommets (0;0)(0\,;0), (4;0)(4\,;0) et (4;0,5)(4\,;0{,}5). L'abscisse de son centre de gravité est la moyenne des abscisses des trois sommets, 0+4+43=832,6667\frac{0+4+4}{3}=\frac{8}{3}\approx 2{,}6667 mètres, et c'est la valeur EXACTE de E(X)E(X). L'approximation de b donnait 2,6252{,}625, soit un écart de 0,0420{,}042, environ 1,6 pour cent. L'écart vient de ce qu'on a concentré toute la masse d'une bande en son centre, alors qu'à l'intérieur de chaque bande la densité croît encore : le vrai centre de gravité de chaque tranche est un peu à droite de son milieu. Affiner le découpage réduit l'écart, et c'est précisément ce que ferait une intégrale, qui n'est rien d'autre que cette moyenne pondérée poussée à la limite.

d) Avec a=0a=0, b=4b=4 et le sommet en c=4c=4, la formule donne V(X)=0+16+16001618=1618=0,8889V(X)=\frac{0+16+16-0-0-16}{18}=\frac{16}{18}=0{,}8889 mètre carré, et σ=0,8889=0,9428\sigma=\sqrt{0{,}8889}=0{,}9428 mètre. Vérification par le découpage de a : E(X2)0,25(0,0625)+2,25(0,1875)+6,25(0,3125)+12,25(0,4375)=7,75E(X^{2})\approx 0{,}25(0{,}0625)+2{,}25(0{,}1875)+6{,}25(0{,}3125)+12{,}25(0{,}4375)=7{,}75, donc V7,752,6252=7,756,890625=0,8594V\approx 7{,}75-2{,}625^{2}=7{,}75-6{,}890625=0{,}8594, et σ0,927\sigma\approx 0{,}927. Les deux chemins donnent le même ordre de grandeur, ce qui valide la formule admise. Interprétation : un écart-type de 0,94 mètre sur une barre de 4 mètres, c'est une localisation très dispersée, le défaut peut tomber à peu près n'importe où avec une préférence marquée pour la droite.

e) Le MODE est la valeur où la densité est maximale, ici x=4x=4, au bord droit du support, puisque ff croît jusqu'au bout. La MÉDIANE vaut 82,83\sqrt{8}\approx 2{,}83, calculée à l'exercice 3. La MOYENNE vaut 832,67\frac{8}{3}\approx 2{,}67. Les trois nombres sont différents et se rangent moyenne, puis médiane, puis mode : 2,67<2,83<42{,}67<2{,}83<4. La phrase à corriger confond espérance et mode : la valeur la plus probable, au sens de la densité la plus haute, est le MODE, et ici l'espérance ne coïncide pas avec lui. L'espérance est le centre de gravité, la médiane coupe l'aire en deux moitiés égales, le mode est le sommet. Les trois ne coïncident que si la densité est symétrique et à un seul sommet, ce qui est le cas de la loi normale et de la loi uniforme, et c'est ce cas particulier qui entretient la confusion. L'ordre obtenu, moyenne inférieure à médiane inférieure au mode, signale une distribution étalée vers la GAUCHE, sa queue longue étant du côté des petites valeurs.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Voici cinq phrases relevées sur des copies. Chacune est fausse. Pour chacune, dites pourquoi et donnez la correction, appuyée sur un exemple chiffré tiré des exercices précédents.

  • a) « Une densité est une probabilité. »
  • b) « Une densité ne peut pas dépasser 1. »
  • c) « P(X=3)P(X=3) se lit sur la courbe de densité. »
  • d) « Remplacer \leq par << change le résultat. »
  • e) « L'exponentielle vieillit : plus un composant a duré, plus il risque de tomber en panne. »

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  • a) Faux : une densité est une probabilité par unité. f(4)=0,50f(4)=0{,}50 par mètre donne 0,0050{,}005 sur un centimètre.
  • b) Faux : l'uniforme sur [0;0,25][0\,;0{,}25] a une densité de 4, et la normale de l'exercice 6 monte à 1,59581{,}5958. Seule l'aire est plafonnée.
  • c) Faux : P(X=3)=0P(X=3)=0; ce qu'on lit en 3 est f(3)f(3), une hauteur.
  • d) Faux en continu, les deux valent 0,350{,}35 à l'exercice 1. Vrai en discret, où l'écart vaut P(X=3)P(X=3).
  • e) Faux : l'exponentielle est sans mémoire, P(X>8X>3)=e1=0,3679=P(X>5)P(X>8\mid X>3)=e^{-1}=0{,}3679=P(X>5). Son taux de panne est constant.

a) FAUX. Une densité est une probabilité PAR UNITÉ, et il faut la multiplier par une largeur pour obtenir une probabilité. À l'exercice 2, f(4)=0,50f(4)=0{,}50 par mètre ne signifie pas 50 pour cent de chances de trouver le défaut au bout de la barre : sur un centimètre autour de 4 mètres, la probabilité vaut environ 0,50×0,01=0,0050{,}50\times 0{,}01=0{,}005. Le test qui règle la question en une seconde est celui des UNITÉS : une probabilité n'en a pas, une densité en a toujours une, des inverses de mètre, de minute ou de degré. Correction : une densité n'est une probabilité qu'après multiplication par une largeur, autrement dit une fois qu'on a pris une AIRE.

b) FAUX. Ce qui est plafonné à 1, c'est l'aire totale, jamais la hauteur. La loi uniforme sur [0;0,25][0\,;0{,}25] a une densité constante égale à 10,25=4\frac{1}{0{,}25}=4, et son aire vaut pourtant 0,25×4=10{,}25\times 4=1. La loi normale de l'exercice 6, avec σ=0,25\sigma=0{,}25, monte à f(μ)=1,5958f(\mu)=1{,}5958. La règle générale : plus la variable est concentrée, plus la densité est haute, et 1σ2π\frac{1}{\sigma\sqrt{2\pi}} dépasse 1 dès que σ<0,399\sigma<0{,}399. Correction : seule l'aire est bornée par 1, la hauteur ne l'est pas.

c) FAUX, deux fois. D'abord P(X=3)=0P(X=3)=0 pour toute variable continue, car l'aire d'un segment de largeur nulle est nulle : il n'y a rien à lire. Ensuite, ce qu'on lit à l'abscisse 3 sur la courbe, c'est f(3)f(3), la hauteur de la densité, qui n'est pas une probabilité. Dans le discret, en revanche, P(X=3)P(X=3) se lit vraiment, sur un diagramme en bâtons ou dans un tableau. Correction : sur une densité, on ne lit jamais une probabilité en un POINT, on mesure une aire sur un INTERVALLE.

d) FAUX pour une variable continue. Passer de P(1X3)P(1\leq X\leq 3) à P(1<X<3)P(1<X<3) revient à retirer deux valeurs isolées, donc deux probabilités nulles : à l'exercice 1, les deux valent 0,350{,}35. C'est VRAI dans le discret, et l'écart y est exactement P(X3)P(X<3)=P(X=3)P(X\leq 3)-P(X<3)=P(X=3), qui n'a aucune raison d'être nul. Cette différence de traitement est la trace de la continuité de la fonction de répartition : dans le discret, FF saute, et la hauteur du saut est justement P(X=3)P(X=3). Correction : en continu, strict ou large donnent le même résultat; en discret, jamais.

e) FAUX, et c'est l'exact contraire. L'exponentielle est la SEULE loi continue SANS MÉMOIRE : P(X>s+tX>s)=P(X>t)P(X>s+t\mid X>s)=P(X>t), quels que soient ss et tt. À l'exercice 5, une ampoule allumée depuis trois ans avait une probabilité e1=0,3679e^{-1}=0{,}3679 de tenir cinq ans de plus, exactement la même qu'une ampoule neuve. Le modèle affirme donc que l'objet ne vieillit PAS, que sa panne est un accident et non une usure. Attention au piège de lecture : la densité décroît, ce qui fait croire à un vieillissement, alors qu'elle décroît simplement parce qu'il reste de moins en moins d'objets en service. Correction : l'exponentielle impose un taux de panne CONSTANT, et c'est pourquoi elle ne convient pas à un matériel qui s'use, comme un pneu.

Exercice 9 : Problème : l'attente au guichet et la durée de vie d'un composant

PREMIÈRE PARTIE. À un guichet d'inscription, le temps d'attente XX, en minutes, suit une loi exponentielle de moyenne 4 minutes, donc λ=0,25\lambda=0{,}25 par minute. On rappelle P(X>x)=eλxP(X>x)=e^{-\lambda x}.

SECONDE PARTIE, au d. Un fabricant vend un module électronique dont la durée de vie TT, en heures, suit une loi exponentielle de moyenne 2000 heures.

  • a) Calculez P(X<2)P(X<2) et P(X>10)P(X>10), au dix-millième.
  • b) Le service veut afficher : « 90 pour cent de nos clients sont servis en moins de tt minutes. » Déterminez tt, au centième de minute.
  • c) Une cliente attend déjà depuis 6 minutes. Calculez la probabilité qu'elle attende au total plus de 10 minutes, puis comparez avec P(X>4)P(X>4).
  • d) Calculez P(T>3000)P(T>3000). Puis déterminez la durée de garantie gg pour que 95 pour cent des modules la dépassent, au dixième d'heure.
  • e) Pour lequel de ces deux matériels l'exponentielle serait-elle un mauvais modèle, un module électronique ou un pneu ? Chiffrez ce que le modèle prédirait à tort.

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  • a) P(X<2)=0,3935P(X<2)=0{,}3935 et P(X>10)=0,0821P(X>10)=0{,}0821.
  • b) t=ln100,259,21t=\dfrac{\ln 10}{0{,}25}\approx 9{,}21 minutes.
  • c) P(X>10X>6)=e1=0,3679P(X>10\mid X>6)=e^{-1}=0{,}3679, identique à P(X>4)P(X>4) : l'attente déjà passée n'apporte rien.
  • d) P(T>3000)=e1,5=0,2231P(T>3000)=e^{-1{,}5}=0{,}2231 et g=2000ln0,95102,6g=-2000\ln 0{,}95\approx 102{,}6 heures.
  • e) Le pneu : le modèle lui prédirait à tort une probabilité de 0,22310{,}2231 de tenir 3000 h de plus après 5000 h, la même que neuf.

a) P(X<2)=1e0,25×2=1e0,5=10,606531=0,393469P(X<2)=1-e^{-0{,}25\times 2}=1-e^{-0{,}5}=1-0{,}606531=0{,}393469, soit 0,39350{,}3935 : près de quatre clients sur dix passent en moins de deux minutes. P(X>10)=e0,25×10=e2,5=0,082085P(X>10)=e^{-0{,}25\times 10}=e^{-2{,}5}=0{,}082085, soit 0,08210{,}0821 : un client sur douze environ attend plus de dix minutes. Vérification de cohérence : la moyenne vaut 4 minutes, et il est normal qu'une attente de plus de deux fois la moyenne reste rare mais pas négligeable, l'exponentielle ayant une queue longue. Comme la variable est continue, P(X<2)P(X<2) et P(X2)P(X\leq 2) sont le même nombre.

b) On cherche tt tel que P(Xt)=0,90P(X\leq t)=0{,}90, donc 1e0,25t=0,901-e^{-0{,}25t}=0{,}90, donc e0,25t=0,10e^{-0{,}25t}=0{,}10. On passe au logarithme : 0,25t=ln0,10=2,302585-0{,}25t=\ln 0{,}10=-2{,}302585, donc t=2,3025850,25=9,2103t=\frac{2{,}302585}{0{,}25}=9{,}2103, soit environ 9,219{,}21 minutes. Vérification en remontant : e0,25×9,2103=e2,302585=0,100e^{-0{,}25\times 9{,}2103}=e^{-2{,}302585}=0{,}100, la probabilité restante vaut bien 10 pour cent. Le service peut donc afficher neuf minutes et treize secondes, ou plus prudemment dix minutes. La faute fréquente est d'écrire e0,25t=0,90e^{-0{,}25t}=0{,}90, ce qui répond à la mauvaise question et donne t=0,42t=0{,}42 minute, un chiffre absurde devant une moyenne de 4 minutes : la vraisemblance seule suffit à le rejeter.

c) La question demande P(X>10X>6)=P(X>10)P(X>6)=e2,5e1,5=e1=0,367879P(X>10\mid X>6)=\frac{P(X>10)}{P(X>6)}=\frac{e^{-2{,}5}}{e^{-1{,}5}}=e^{-1}=0{,}367879, soit 0,36790{,}3679. Et P(X>4)=e1=0,3679P(X>4)=e^{-1}=0{,}3679 également. Les six minutes déjà passées n'ont rien changé : la cliente est dans la position exacte d'une personne qui vient d'arriver. C'est l'absence de mémoire, vérifiée une seconde fois, et elle explique pourquoi une file gérée par ce modèle est si pénible à vivre, le temps déjà investi n'achète aucun avantage. Ce serait faux pour un autobus à horaire fixe, cas de l'exercice 4, où l'attente consommée rapproche du passage.

d) Pour le module, λ=12000=0,0005\lambda=\frac{1}{2000}=0{,}0005 par heure. P(T>3000)=e0,0005×3000=e1,5=0,223130P(T>3000)=e^{-0{,}0005\times 3000}=e^{-1{,}5}=0{,}223130, soit 0,22310{,}2231 : à peine 22 pour cent des modules dépassent 3000 heures, alors que la moyenne annoncée est de 2000 heures, ce qui surprend toujours. Pour la garantie, on veut P(T>g)=0,95P(T>g)=0{,}95, donc eg/2000=0,95e^{-g/2000}=0{,}95, donc g2000=ln0,95=0,051293-\frac{g}{2000}=\ln 0{,}95=-0{,}051293 et g=2000×0,051293=102,6g=2000\times 0{,}051293=102{,}6 heures. Le fabricant ne peut donc garantir qu'une centaine d'heures s'il veut n'avoir que 5 pour cent de retours, soit un cinquantième de la durée de vie moyenne. Voilà pourquoi les garanties paraissent toujours mesquines au regard des durées de vie annoncées : la moyenne est tirée par une minorité de modules très durables.

e) Pour le PNEU. Un pneu s'use, son taux de défaillance CROÎT avec le kilométrage, alors que l'exponentielle impose un taux constant, ce qui est l'absence de mémoire du c. Chiffrons ce que le modèle prédirait à tort. Si l'on modélisait la durée de vie d'un pneu par une exponentielle de moyenne 2000 heures, alors un pneu déjà roulé 5000 heures aurait encore une probabilité e1,5=0,2231e^{-1{,}5}=0{,}2231 de tenir 3000 heures de plus, exactement comme un pneu neuf. Aucun garagiste ne signerait cette phrase. Le module électronique, lui, tombe en panne par accident, surtension ou défaut latent, et là le taux constant est une hypothèse raisonnable. Utiliser l'exponentielle sur du matériel qui s'use conduit à surestimer la durée résiduelle des pièces anciennes, donc à sous-dimensionner la maintenance, et c'est une erreur coûteuse.

Exercice 10 : Problème : deux instruments de même écart-type, deux densités

Un laboratoire compare deux balances. La BALANCE A affiche au gramme près : son erreur d'arrondi EE est donc uniforme sur [0,5;0,5][-0{,}5\,;0{,}5] gramme. La BALANCE B est analogique, et son erreur suit une loi normale de moyenne 0 et d'écart-type ÉGAL à celui de la balance A.

Les deux instruments ont donc la même dispersion au sens de l'écart-type. Toute la question est de savoir si cela suffit à les déclarer équivalents.

On rappelle que la variance d'une loi uniforme sur [a;b][a\,;b] vaut (ba)212\dfrac{(b-a)^{2}}{12}.

  • a) Donnez la densité de l'erreur de la balance A, puis son espérance, sa variance et son écart-type, au dix-millième.
  • b) Calculez P(E0,2)P(\left|E\right|\leq 0{,}2) pour la balance A.
  • c) Calculez la même probabilité pour la balance B. Laquelle des deux concentre le plus ses erreurs près de zéro ?
  • d) Calculez P(E>0,5)P(\left|E\right|>0{,}5) pour chacune des deux balances. Que révèle la comparaison ?
  • e) Le laboratoire exige une erreur inférieure à 0,5 gramme dans 99 pour cent des pesées. Quel écart-type maximal la balance B doit-elle atteindre ? Concluez sur la comparaison de deux instruments par leur seul écart-type.

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  • a) f=1f=1 sur [0,5;0,5][-0{,}5\,;0{,}5], E(E)=0E(E)=0, V(E)=1120,0833V(E)=\dfrac{1}{12}\approx 0{,}0833 et σ0,2887\sigma\approx 0{,}2887 g.
  • b) P(E0,2)=0,40P(\left|E\right|\leq 0{,}2)=0{,}40 pour la balance A.
  • c) z=0,6928z=0{,}6928 et P=0,5116P=0{,}5116 pour la balance B : c'est elle qui concentre le plus près de zéro.
  • d) 00 pour A, support borné; 0,08330{,}0833 pour B. La normale est meilleure au centre et pire dans les queues.
  • e) z=2,5758z=2{,}5758 donc σ0,1941\sigma\leq 0{,}1941 g. L'écart-type seul ne suffit pas à comparer deux instruments, la forme de la densité décide.

a) L'erreur est uniforme sur un intervalle de largeur 1, donc sa densité vaut f(x)=11=1f(x)=\frac{1}{1}=1 sur [0,5;0,5][-0{,}5\,;0{,}5], et zéro ailleurs. L'aire vaut 1×1=11\times 1=1, la condition est remplie, et l'on notera que cette densité vaut exactement 1 sans que ce soit autre chose qu'une coïncidence d'unité. Par symétrie, E(E)=0E(E)=0 : la balance n'est pas biaisée, elle arrondit autant vers le haut que vers le bas. La variance vaut (0,5(0,5))212=112=0,083333\frac{(0{,}5-(-0{,}5))^{2}}{12}=\frac{1}{12}=0{,}083333 et l'écart-type 112=0,288675\sqrt{\frac{1}{12}}=0{,}288675, soit 0,28870{,}2887 gramme. C'est cet écart-type que la balance B reproduit.

b) Pour l'uniforme, tout est rapport de longueurs. L'événement E0,2\left|E\right|\leq 0{,}2 correspond à l'intervalle [0,2;0,2][-0{,}2\,;0{,}2], de largeur 0,40{,}4, sur un support de largeur 1 : P(E0,2)=0,4×1=0,40P(\left|E\right|\leq 0{,}2)=0{,}4\times 1=0{,}40. Quarante pour cent des pesées ont une erreur d'arrondi inférieure à deux dixièmes de gramme. Vérification par la figure : c'est bien l'aire d'un rectangle de base 0,40{,}4 et de hauteur 1.

c) Pour la balance B, on standardise : z=0,20,288675=0,6928z=\frac{0{,}2}{0{,}288675}=0{,}6928. La table donne Φ(0,6928)=0,7558\Phi(0{,}6928)=0{,}7558, donc P(E0,2)=2×0,75581=0,5116P(\left|E\right|\leq 0{,}2)=2\times 0{,}7558-1=0{,}5116. La balance B place donc 51,2 pour cent de ses erreurs sous deux dixièmes de gramme, contre 40 pour cent pour la balance A, alors que les deux ont EXACTEMENT le même écart-type. La cloche entasse ses valeurs près du centre, le rectangle les étale uniformément : à dispersion globale égale, la normale est meilleure au centre. La faute à éviter est d'oublier le 2Φ(z)12\Phi(z)-1 et d'annoncer 0,75580{,}7558, qui est l'aire à gauche de +0,6928+0{,}6928 et compte donc toute la moitié gauche de la cloche.

d) Pour la balance A, P(E>0,5)=0P(\left|E\right|>0{,}5)=0, strictement : son support est BORNÉ, elle ne peut pas se tromper de plus d'un demi-gramme, c'est une propriété de l'arrondi lui-même. Pour la balance B, z=0,50,288675=1,7321z=\frac{0{,}5}{0{,}288675}=1{,}7321, la table donne Φ(1,7321)=0,9584\Phi(1{,}7321)=0{,}9584 et P(E>0,5)=2×(10,9584)=0,0833P(\left|E\right|>0{,}5)=2\times(1-0{,}9584)=0{,}0833, soit 8,3 pour cent. Une pesée sur douze dépasse donc le demi-gramme d'erreur sur la balance B, et rien ne borne l'ampleur de ces écarts. Voilà le renversement complet du c : meilleure au centre, la normale est nettement pire dans les queues. Deux densités de même écart-type peuvent donc se comporter de façon opposée là où cela compte, et l'écart-type seul ne le dit pas.

e) On veut P(E0,5)=0,99P(\left|E\right|\leq 0{,}5)=0{,}99, donc 0,50{,}5 pour cent dans chaque queue, donc une aire de 0,9950{,}995 à gauche du seuil : la table donne z=2,5758z=2{,}5758. Il faut alors 0,5=2,5758σ0{,}5=2{,}5758\,\sigma, soit σ0,52,5758=0,1941\sigma\leq\frac{0{,}5}{2{,}5758}=0{,}1941 gramme. La balance B doit donc être environ une fois et demie plus précise que la balance A pour seulement ÉGALER une garantie que celle-ci tient d'office. Et elle ne l'égalera jamais tout à fait : aucune loi normale n'atteint 100 pour cent sur un intervalle borné, son support est la droite entière, alors que la balance A ne dépasse jamais le demi-gramme. Conclusion pratique, et c'est le vrai résultat du problème : comparer deux instruments par leur seul écart-type est insuffisant. La FORME de la densité décide de ce qui se passe dans les queues, et ce sont les queues qui font les pièces rejetées, les alarmes et les litiges.

-1.5-1-0.50.511.5-0.250.250.50.7511.251.5balance Abalance Berreur (grammes)densité (par gramme)
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