Exercice 1 : Standardiser : ce que la cote Z conserve et ce qu'elle détruit
La cote Z remplace chaque valeur par sa distance à la moyenne, comptée en écarts-types : . L'opération paraît anodine, elle change complètement ce que le nombre dit.
Cinq résultats à un examen : 70, 74, 78, 82, 86.
- a) Calculez la moyenne et l'écart-type de population de cette série, puis les cinq cotes Z.
- b) Vérifiez que la somme des cotes Z est nulle et que leur écart-type vaut 1. Expliquez pourquoi c'est toujours vrai.
- c) On ajoute 5 points à tout le monde. Que deviennent les cotes Z ? Et si l'on multiplie toutes les notes par 1,2 ?
- d) Une cote Z de dans un cours et de dans un autre : que peut-on comparer, et que ne peut-on pas ?
- e) Quelle information la standardisation DÉTRUIT-elle ? Donnez un cas où cette perte est grave.
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Réponses
- a) Moyenne , variance , ; cotes Z , , , ,
- b) Somme nulle et écart-type 1, toujours : la somme des écarts à la moyenne est nulle, et diviser par divise l'écart-type
- c) Inchangées dans les deux cas : la cote Z est invariante par toute transformation affine croissante
- d) Les positions relatives, jamais les niveaux : la cote Z compare l'étudiant à SON groupe
- e) Le niveau absolu et l'unité ; un dans un groupe de moyenne donne sans avoir réussi
a) Moyenne : . Écarts à la moyenne : , , , , ; leurs carrés : 64, 16, 0, 16, 64, de somme 160. Variance de population : , donc . Cotes Z : , , , et .
b) La somme des cotes Z vaut . C'est toujours vrai parce que et que la somme des écarts à la moyenne est nulle par définition même de la moyenne. Quant à l'écart-type des cotes Z, puisque diviser toute une série par une constante divise son écart-type par cette même constante. Une série standardisée a donc TOUJOURS pour moyenne 0 et pour écart-type 1 : ces deux nombres ne contiennent aucune information, ils sont imposés par la construction.
c) Ajouter 5 points à tout le monde déplace la moyenne de 5 et laisse l'écart-type inchangé : chaque numérateur redonne , donc les cotes Z sont INCHANGÉES. Multiplier par 1,2 multiplie la moyenne et l'écart-type par 1,2 : le numérateur et le dénominateur sont tous deux multipliés par 1,2, et les cotes Z sont encore INCHANGÉES. Voilà pourquoi la standardisation est le bon outil pour comparer des enseignants qui ne notent pas sur la même échelle : elle est insensible à toute transformation affine croissante.
d) On peut comparer les POSITIONS RELATIVES : l'étudiant est bien au-dessous de son groupe dans le premier cours, légèrement au-dessus dans le second. On ne peut PAS en conclure qu'il maîtrise mieux la matière du second cours, ni que les deux groupes ont un niveau comparable : une cote Z de dans un groupe faible peut correspondre à une maîtrise inférieure à une cote de dans un groupe très fort. La cote Z compare l'étudiant à SON groupe, jamais deux groupes entre eux. C'est précisément le trou que la cote R vient boucher.
e) La standardisation détruit le NIVEAU ABSOLU et l'UNITÉ. Après transformation, on ne sait plus si la moyenne du groupe était 45 ou 85, ni si l'examen portait sur 20 ou sur 100. Le cas grave est celui d'un groupe où tout le monde a échoué : l'étudiant qui obtient 48 sur 100 dans un groupe de moyenne 40 affiche une cote Z de , flatteuse, alors qu'il n'a pas atteint le seuil de réussite. La cote Z ne dit jamais si un objectif a été atteint, seulement où l'on se situe par rapport aux autres. Toute décision qui porte sur une compétence, et non sur un classement, doit donc revenir à la note brute.