Méthodes quantitatives 360-300 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : cote Z, rang centile et cote R (360-300)

Ces dix exercices corrigés portent sur les mesures de POSITION, celles qui disent où se situe une personne dans son groupe : cote Z, rang centile, échelles dérivées et cote de rendement au collégial.

Le fil de la série tient en une phrase : une mesure de position ne parle jamais d'une performance, elle parle d'un classement dans un groupe donné, et tout le travail consiste à savoir quel est ce groupe. C'est parce que la cote Z ne compare que dans un groupe que la cote R a dû lui ajouter un indicateur de force du groupe.

Trois pièges sont désignés nommément : le rang centile pris pour un pourcentage de bonnes réponses, la cote Z traitée comme une échelle de rapport, et la cote R du dossier calculée en moyenne simple au lieu d'une moyenne pondérée par les unités.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (2 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Concepts, variables et échelles de mesure
  2. 2Tableaux de distribution et graphiques

Rappel de cours

  • Cote Z : z=xxsz=\dfrac{x-\overline{x}}{s}. La série standardisée a TOUJOURS pour moyenne 0 et pour écart-type 1 : ces deux nombres ne contiennent aucune information.
  • La cote Z est invariante par toute transformation affine croissante des données : ajouter des points à tout le monde ou changer d'échelle ne la modifie pas.
  • Échelle d'INTERVALLE : les différences de cotes Z se comparent, les rapports n'ont aucun sens. « Deux fois meilleur » est une faute.
  • Échelles dérivées, toutes de la forme y=az+by=az+b : quotient intellectuel 15z+10015z+100, score T 10z+5010z+50, cote R (z×IDGS+IFG)×5+25\left(z\times IDGS+IFG\right)\times 5+25.
  • RANG CENTILE : pourcentage du groupe qui se trouve EN DESSOUS. Il ne vaut jamais 0 ni 100, et il n'a rien à voir avec le pourcentage de bonnes réponses.
  • Sous la loi normale : z=2z=-2 vers le rang 2, z=1z=-1 vers 16, z=0z=0 vers 50, z=1z=1 vers 84, z=2z=2 vers 98. Ces repères sont ceux de la règle empirique.
  • Dix rangs centiles coûtent d'autant plus cher qu'on est plus haut : de 0 à 1 écart-type on gagne 34 rangs, de 1 à 2 on n'en gagne que 14.
  • La cote Z compare un étudiant à SON groupe. L'IFG, bâti sur les dossiers du secondaire, sert à comparer les GROUPES entre eux.
  • L'IDGS comprime la cote Z quand le groupe était très homogène au secondaire, pour annuler le gonflement dû à un écart-type artificiellement petit.
  • Cote R du dossier : uiCRCiui\dfrac{\sum u_{i}CRC_{i}}{\sum u_{i}}, pondérée par les unités et non par le nombre de cours.
  • Aucune cote R n'est produite si l'écart-type du groupe est nul ou si l'effectif est trop faible : toute la construction suppose de la variabilité.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Standardiser : ce que la cote Z conserve et ce qu'elle détruit

La cote Z remplace chaque valeur par sa distance à la moyenne, comptée en écarts-types : z=xxsz=\dfrac{x-\overline{x}}{s}. L'opération paraît anodine, elle change complètement ce que le nombre dit.

Cinq résultats à un examen : 70, 74, 78, 82, 86.

66707478828690-3-2-10123notes brutes : moyenne 78, ecart-type 4les deux graduations sont aligneescotes Z : moyenne 0, ecart-type 1pointsZ
  • a) Calculez la moyenne et l'écart-type de population de cette série, puis les cinq cotes Z.
  • b) Vérifiez que la somme des cotes Z est nulle et que leur écart-type vaut 1. Expliquez pourquoi c'est toujours vrai.
  • c) On ajoute 5 points à tout le monde. Que deviennent les cotes Z ? Et si l'on multiplie toutes les notes par 1,2 ?
  • d) Une cote Z de 1,5-1{,}5 dans un cours et de +0,4+0{,}4 dans un autre : que peut-on comparer, et que ne peut-on pas ?
  • e) Quelle information la standardisation DÉTRUIT-elle ? Donnez un cas où cette perte est grave.

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Réponses

  • a) Moyenne 7878, variance 3232, σ5,657\sigma\approx 5{,}657 ; cotes Z 1,414-1{,}414, 0,707-0{,}707, 00, 0,7070{,}707, 1,4141{,}414
  • b) Somme nulle et écart-type 1, toujours : la somme des écarts à la moyenne est nulle, et diviser par ss divise l'écart-type
  • c) Inchangées dans les deux cas : la cote Z est invariante par toute transformation affine croissante
  • d) Les positions relatives, jamais les niveaux : la cote Z compare l'étudiant à SON groupe
  • e) Le niveau absolu et l'unité ; un 4848 dans un groupe de moyenne 4040 donne z=+1z=+1 sans avoir réussi

a) Moyenne : 70+74+78+82+865=3905=78\dfrac{70+74+78+82+86}{5}=\dfrac{390}{5}=78. Écarts à la moyenne : 8-8, 4-4, 00, 44, 88; leurs carrés : 64, 16, 0, 16, 64, de somme 160. Variance de population : 1605=32\dfrac{160}{5}=32, donc σ=325,657\sigma=\sqrt{32}\approx 5{,}657. Cotes Z : 1,414-1{,}414, 0,707-0{,}707, 00, 0,7070{,}707 et 1,4141{,}414.

b) La somme des cotes Z vaut 1,4140,707+0+0,707+1,414=0-1{,}414-0{,}707+0+0{,}707+1{,}414=0. C'est toujours vrai parce que zi=(xix)s\sum z_{i}=\dfrac{\sum \left(x_{i}-\overline{x}\right)}{s} et que la somme des écarts à la moyenne est nulle par définition même de la moyenne. Quant à l'écart-type des cotes Z, σz=σxs=1\sigma_{z}=\dfrac{\sigma_{x}}{s}=1 puisque diviser toute une série par une constante divise son écart-type par cette même constante. Une série standardisée a donc TOUJOURS pour moyenne 0 et pour écart-type 1 : ces deux nombres ne contiennent aucune information, ils sont imposés par la construction.

c) Ajouter 5 points à tout le monde déplace la moyenne de 5 et laisse l'écart-type inchangé : chaque numérateur xi+5(x+5)x_{i}+5-\left(\overline{x}+5\right) redonne xixx_{i}-\overline{x}, donc les cotes Z sont INCHANGÉES. Multiplier par 1,2 multiplie la moyenne et l'écart-type par 1,2 : le numérateur et le dénominateur sont tous deux multipliés par 1,2, et les cotes Z sont encore INCHANGÉES. Voilà pourquoi la standardisation est le bon outil pour comparer des enseignants qui ne notent pas sur la même échelle : elle est insensible à toute transformation affine croissante.

d) On peut comparer les POSITIONS RELATIVES : l'étudiant est bien au-dessous de son groupe dans le premier cours, légèrement au-dessus dans le second. On ne peut PAS en conclure qu'il maîtrise mieux la matière du second cours, ni que les deux groupes ont un niveau comparable : une cote Z de +0,4+0{,}4 dans un groupe faible peut correspondre à une maîtrise inférieure à une cote de 1,5-1{,}5 dans un groupe très fort. La cote Z compare l'étudiant à SON groupe, jamais deux groupes entre eux. C'est précisément le trou que la cote R vient boucher.

e) La standardisation détruit le NIVEAU ABSOLU et l'UNITÉ. Après transformation, on ne sait plus si la moyenne du groupe était 45 ou 85, ni si l'examen portait sur 20 ou sur 100. Le cas grave est celui d'un groupe où tout le monde a échoué : l'étudiant qui obtient 48 sur 100 dans un groupe de moyenne 40 affiche une cote Z de +1+1, flatteuse, alors qu'il n'a pas atteint le seuil de réussite. La cote Z ne dit jamais si un objectif a été atteint, seulement où l'on se situe par rapport aux autres. Toute décision qui porte sur une compétence, et non sur un classement, doit donc revenir à la note brute.

Exercice 2 : Du Z aux échelles dérivées : QI, score T et cote R

Personne n'aime lire une note négative. Toutes les échelles de test utilisées en sciences humaines sont donc des cotes Z rhabillées par une transformation affine y=az+by=a z+b, où bb est la moyenne voulue et aa l'écart-type voulu.

-3-2-10123Z557085100115130145QI20304050607080score T10152025303540cote Rles quatre echelles marquent la meme position
  • a) Le quotient intellectuel est construit avec une moyenne de 100 et un écart-type de 15. Écrivez la formule et calculez le QI correspondant à z=1,2z=1{,}2.
  • b) Le score T a pour moyenne 50 et pour écart-type 10. Convertissez un score T de 63 en cote Z, puis en QI.
  • c) La cote R, dans sa forme d'origine, vaut (z+IFG)×5+25\left(z+IFG\right)\times 5+25. Quelle est la moyenne d'une cote R dans un groupe dont l'indicateur de force vaut 0,80{,}8 ?
  • d) Un score de 128 au QI : quelle cote Z, et quel score T ?
  • e) Pourquoi ces échelles utilisent-elles toutes un écart-type qui n'est pas 1 ?

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Réponses

  • a) QI=15z+100QI=15z+100, donc 15×1,2+100=11815\times 1{,}2+100=118, environ le rang centile 88
  • b) z=635010=1,3z=\dfrac{63-50}{10}=1{,}3, soit QI=119,5QI=119{,}5
  • c) (0+0,8)×5+25=29(0+0{,}8)\times 5+25=29 : l'IFG déplace toute la distribution du groupe
  • d) z=28151,867z=\dfrac{28}{15}\approx 1{,}867 et T68,7T\approx 68{,}7
  • e) Pour éviter les négatifs, pour écrire des entiers assez fins, et, moins avouable, pour cacher la nature relative du score

a) QI=15z+100QI=15z+100. Pour z=1,2z=1{,}2 : QI=15×1,2+100=18+100=118QI=15\times 1{,}2+100=18+100=118. La lecture correcte est que la personne se situe à 1,2 écart-type au-dessus de la moyenne de son groupe d'âge, ce qui, sous une loi normale, correspond au rang centile 88 environ. Le nombre 118 n'a aucune existence propre : c'est une position déguisée en quantité.

b) T=10z+50T=10z+50, donc z=T5010=635010=1,3z=\dfrac{T-50}{10}=\dfrac{63-50}{10}=1{,}3. En QI : 15×1,3+100=19,5+100=119,515\times 1{,}3+100=19{,}5+100=119{,}5, soit environ 120. Il faut noter que les deux nombres, 63 et 119,5, décrivent exactement la même position : passer de l'un à l'autre ne fait que changer d'unité, comme passer des centimètres aux pouces.

c) Dans un groupe, la moyenne des cotes Z vaut 0 par construction. La cote R moyenne vaut donc (0+0,8)×5+25=4+25=29\left(0+0{,}8\right)\times 5+25=4+25=29. Voilà l'effet exact de l'indicateur de force du groupe : il DÉPLACE toute la distribution des cotes R du groupe vers le haut ou vers le bas, sans changer les écarts entre les étudiants d'un même groupe. Un groupe fort, à IFG élevé, voit toutes ses cotes R monter ensemble.

d) z=12810015=28151,867z=\dfrac{128-100}{15}=\dfrac{28}{15}\approx 1{,}867. Score T correspondant : 10×1,867+5068,710\times 1{,}867+50\approx 68{,}7. On peut vérifier la cohérence autrement : 128 est à un peu moins de deux écarts-types au-dessus de 100, et 68,7 est à un peu moins de deux écarts-types au-dessus de 50. Les deux échelles racontent la même chose.

e) Pour trois raisons pratiques. D'abord, un écart-type de 1 donnerait des scores compris entre 3-3 et 33, avec des négatifs et des décimales, ce que les usagers refusent. Ensuite, un écart-type plus grand permet d'écrire des ENTIERS suffisamment fins : avec le QI, une différence d'un point représente 115\dfrac{1}{15} d'écart-type, une résolution commode. Enfin, l'échelle choisie cache la nature relative du score, ce qui est un avantage commercial et un défaut scientifique : personne ne demande « 118 par rapport à qui ? », alors que la question est la seule qui vaille.

Exercice 3 : Le rang centile : une position, pas un pourcentage

Le rang centile dit quelle proportion du groupe se trouve EN DESSOUS. Il se confond couramment avec le pourcentage de bonnes réponses, et les deux n'ont rien à voir.

Résultats de 20 étudiants, classés : 52, 55, 58, 60, 61, 63, 65, 66, 68, 70, 71, 73, 74, 76, 78, 80, 83, 86, 90, 94.

  • a) Donnez la définition du rang centile et calculez celui de la note 71, avec la convention Rc=nombre en dessous+0,5×nombre d’ex aequon×100R_{c}=\dfrac{\text{nombre en dessous}+0{,}5\times \text{nombre d'ex aequo}}{n}\times 100.
  • b) Calculez le rang centile de 94, la meilleure note. Peut-il valoir 100 ?
  • c) Un étudiant obtient 71 sur 100 et un rang centile de 52,5. Expliquez à un parent pourquoi ces deux nombres n'ont pas le même sens.
  • d) Quelle note correspond au rang centile 75 ? Utilisez la position 75100×20=15\dfrac{75}{100}\times 20=15.
  • e) Deux étudiants sont séparés de 12 points de note et de 5 rangs centiles; deux autres, de 2 points et de 20 rangs centiles. Comment est-ce possible ?

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Réponses

  • a) Dix notes en dessous : Rc=50R_{c}=50 en convention stricte, 52,552{,}5 en comptant la note pour moitié
  • b) Rc=95R_{c}=95, ou 97,597{,}5 ; jamais 100100, une valeur n'étant pas strictement au-dessus d'elle-même
  • c) La note dit ce qui a été appris, le rang centile dit où l'on se situe ; l'admission contingentée ne regarde que le second
  • d) Position 1515, donc la note 7878 ; ce n'est pas « 75  %75\;\% de la note maximale »
  • e) Parce que le rang centile suit la densité : rare aux extrémités, dense au centre. Il est donc ordinal

a) Le rang centile d'une valeur est le pourcentage des observations qui lui sont INFÉRIEURES, les ex aequo comptant pour moitié. La note 71 occupe le 11e rang; dix notes lui sont inférieures et il n'y a pas d'ex aequo, donc Rc=10+020×100=50R_{c}=\dfrac{10+0}{20}\times 100=50. Avec la convention qui compte la valeur elle-même pour moitié, on obtiendrait 10+0,520×100=52,5\dfrac{10+0{,}5}{20}\times 100=52{,}5 : les deux conventions circulent, et un énoncé sérieux précise laquelle il emploie, car l'écart atteint plusieurs rangs sur un petit effectif.

b) Pour 94, dix-neuf notes sont inférieures : Rc=1920×100=95R_{c}=\dfrac{19}{20}\times 100=95, ou 97,5 avec la seconde convention. Le rang centile ne peut jamais valoir 100, puisqu'une observation ne peut pas être strictement supérieure à elle-même : il y a toujours au moins une valeur, la sienne, qui n'est pas en dessous. Symétriquement, le rang 0 est impossible. Un logiciel qui affiche « rang centile 100 » a arrondi.

c) La note de 71 sur 100 mesure une PERFORMANCE : la part de l'examen réussie, jugée à l'aune du contenu. Le rang centile de 52,5 mesure une POSITION : environ la moitié du groupe a fait moins bien. Les deux peuvent diverger complètement. Dans un examen très difficile, une note de 45 peut correspondre au rang 95; dans un examen facile, une note de 88 peut correspondre au rang 30. Ce qu'il faut dire au parent : la note répond à « qu'a-t-il appris ? », le rang centile répond à « où se situe-t-il ? », et un dossier d'admission contingenté ne s'intéresse qu'à la seconde question.

d) La position 15 correspond à la 15e valeur de la série ordonnée, soit 78. On peut affiner par interpolation entre la 15e et la 16e valeur, mais avec 20 observations la précision affichée serait illusoire. Il faut surtout retenir que le rang centile 75 n'est pas « 75 % de la note maximale » : ici, il vaut 78 points, et il aurait pu valoir 40 dans un groupe plus faible.

e) Parce que le rang centile dépend de la DENSITÉ des observations dans la zone concernée. Aux extrémités de la distribution, là où les observations sont rares, il faut beaucoup de points pour gagner quelques rangs : entre 83 et 94, onze points, on ne franchit que quatre observations. Au centre, où tout le monde s'entasse, deux points suffisent à dépasser quatre étudiants sur vingt, soit vingt rangs. C'est la traduction directe de la forme en cloche : la même distance en points ne vaut pas le même nombre de rangs selon l'endroit où l'on se trouve, et c'est pourquoi le rang centile n'est pas une échelle d'intervalle.

Exercice 4 : Passer du rang centile à la cote Z par la loi normale

Quand la distribution est approximativement normale, rang centile et cote Z se déduisent l'un de l'autre. C'est la table de la loi normale qui fait le passage, et la règle empirique en donne déjà les repères.

68 %13,6 %13,6 %2,3 %2,3 %rang 2rang 16rang 84rang 98cote Z
  • a) Énoncez la règle empirique et déduisez-en les rangs centiles associés à z=2z=-2, 1-1, 00, 11 et 22.
  • b) Un test a une moyenne de 500 et un écart-type de 100. Quel score correspond au rang centile 84 ? Au rang centile 16 ?
  • c) Une université ne retient que les 10 % les meilleurs. Sachant que z=1,28z=1{,}28 laisse 90 % en dessous, quel score faut-il atteindre ?
  • d) Deux étudiants ont des cotes Z de 1,0 et 2,0. L'écart de rang centile est-il le même qu'entre 0,0 et 1,0 ? Calculez-le.
  • e) La distribution des notes du cours est fortement asymétrique. Que devient ce passage entre Z et rang centile ?

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Réponses

  • a) Rangs 2,52{,}5, 1616, 5050, 8484 et 97,597{,}5 pour z=2z=-2, 1-1, 00, 11, 22
  • b) Rang 84 : 600600. Rang 16 : 400400
  • c) 500+1,28×100=628500+1{,}28\times 100=628
  • d) Non : 3434 rangs entre z=0z=0 et 11, seulement 13,513{,}5 entre z=1z=1 et 22
  • e) Il cesse d'être valide : sans normalité, Tchebychev ne garantit que 14\dfrac{1}{4} au-delà de deux écarts-types

a) Règle empirique : environ 68 % des observations tombent dans [μσ ; μ+σ]\left[\mu-\sigma\ ;\ \mu+\sigma\right], environ 95 % dans [μ2σ ; μ+2σ]\left[\mu-2\sigma\ ;\ \mu+2\sigma\right] et environ 99,7 % dans trois écarts-types. Par symétrie, en dessous de z=1z=-1 il reste 100682=16%\dfrac{100-68}{2}=16\%, donc le rang centile de z=1z=-1 vaut 16, celui de z=1z=1 vaut 16+68=8416+68=84. En dessous de z=2z=-2 : 100952=2,5%\dfrac{100-95}{2}=2{,}5\%, arrondi à 2 avec les valeurs exactes de la table, et z=2z=2 correspond au rang 98. Enfin z=0z=0 est la médiane, rang 50.

b) Rang centile 84, c'est z=1z=1, donc le score 500+1×100=600500+1\times 100=600. Rang centile 16, c'est z=1z=-1, donc 500100=400500-100=400. Ces deux valeurs encadrent les deux tiers centraux des candidats : un score de 600 place au-dessus de cinq candidats sur six environ.

c) Il faut z=1,28z=1{,}28, donc un score de 500+1,28×100=628500+1{,}28\times 100=628. On note au passage que gagner les six rangs centiles qui séparent 84 de 90 coûte 28 points de score, alors que les 34 rangs qui séparent 50 de 84 en coûtent 100 : la progression n'est pas linéaire, et elle devient de plus en plus chère à mesure qu'on monte.

d) Non, l'écart n'est pas le même. Entre z=0z=0 et z=1z=1 : de 50 à 84, soit 34 rangs. Entre z=1z=1 et z=2z=2 : de 84 à 98, soit 14 rangs. Le même écart d'un écart-type vaut donc plus du double de rangs au centre qu'à la périphérie, parce que la densité de la courbe y est bien plus forte. C'est la démonstration chiffrée du point de l'exercice précédent : le rang centile est ORDINAL, il ne se soustrait pas.

e) Le passage cesse d'être valide. Les correspondances z=1z=1 vers le rang 84 et z=2z=2 vers le rang 98 sont des propriétés de la loi NORMALE, pas des propriétés de la cote Z. Sur une distribution étirée vers la droite, comme des revenus ou des temps de réponse, une cote Z de 1 peut correspondre au rang 90 ou davantage. La cote Z reste calculable et interprétable comme une distance en écarts-types, mais toute conversion en rang centile exige soit la normalité, soit la distribution empirique elle-même. Un rappel utile de l'inégalité de Tchebychev : sans hypothèse de forme, on sait seulement qu'au plus 14\dfrac{1}{4} des observations dépassent deux écarts-types de la moyenne, ce qui est bien plus lâche que les 5 % de la normale.

Exercice 5 : La cote R : ce que chacun de ses trois morceaux corrige

La cote de rendement au collégial, ou cote R, est la note qui décide des admissions universitaires contingentées au Québec. Elle est construite exactement avec les outils de ce chapitre, et chacun de ses morceaux répond à une objection précise.

Formule en vigueur : CRC=(z×IDGS+IFG)×5+25CRC=\left(z\times IDGS+IFG\right)\times 5+25, où zz est la cote Z de l'étudiant dans son groupe-cours, IFGIFG l'indicateur de force du groupe et IDGSIDGS l'indicateur de dispersion du groupe au secondaire.

  • a) À quelle objection répond la cote Z ? Que se passerait-il si l'on classait les dossiers sur la moyenne brute ?
  • b) À quelle objection répond l'indicateur de force du groupe ?
  • c) Pourquoi multiplier par 5 et ajouter 25 ?
  • d) Calculez la cote R d'un étudiant dont z=1,4z=1{,}4, dans un groupe où IFG=0,9IFG=0{,}9 et IDGS=1,0IDGS=1{,}0. Puis dans un groupe où IFG=0,3IFG=0{,}3.
  • e) L'IDGS corrige la dispersion du groupe au secondaire. Calculez la cote R du même étudiant avec IDGS=0,85IDGS=0{,}85, IFG=0,9IFG=0{,}9, et expliquez le sens de la correction.

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Réponses

  • a) À la sévérité inégale des correcteurs ; sur la moyenne brute, le correcteur généreux vaudrait des points gratuits
  • b) À l'objection symétrique : après standardisation, tous les groupes ont la même moyenne alors qu'ils n'ont pas le même niveau
  • c) Cosmétique : un écart-type vaut 55 points, et +25+25 élimine les négatifs ; le classement est inchangé
  • d) 36,536{,}5 avec IFG=0,9IFG=0{,}9, 33,533{,}5 avec IFG=0,3IFG=0{,}3 : trois points pour la même performance relative
  • e) (1,4×0,85+0,9)×5+2535,45(1{,}4\times 0{,}85+0{,}9)\times 5+25\approx 35{,}45 : l'IDGS comprime une cote Z gonflée par l'homogénéité du groupe

a) La cote Z répond à l'objection des ENSEIGNANTS QUI NE NOTENT PAS PAREIL. Si l'on classait sur la moyenne brute, un étudiant tomberait sur un correcteur généreux et gagnerait des points sans rien apprendre de plus, tandis qu'un autre, dans un cours réputé pour ses moyennes basses, serait pénalisé toute sa vie universitaire. En standardisant à l'intérieur de chaque groupe-cours, on efface la sévérité du correcteur et l'échelle de l'examen, puisque la cote Z est invariante par toute transformation affine croissante des notes.

b) L'indicateur de force du groupe répond à l'objection SYMÉTRIQUE : après standardisation, tous les groupes ont la même moyenne, 0, alors que les groupes n'ont pas le même niveau. Sans IFG, un étudiant moyen d'un groupe très fort et un étudiant moyen d'un groupe très faible auraient exactement la même cote, ce qui inciterait à choisir les groupes les plus faibles possible. L'IFG est estimé à partir des dossiers du SECONDAIRE des membres du groupe, donc à partir d'une information antérieure et extérieure au cours, et il déplace toutes les cotes du groupe vers le haut ou vers le bas.

c) Pour des raisons purement cosmétiques et pratiques, exactement comme le QI. Multiplier par 5 étale l'échelle de sorte qu'un écart-type vaille 5 points de cote R, ce qui donne une résolution commode. Ajouter 25 élimine les valeurs négatives : la quasi-totalité des cotes tombe alors entre 15 et 35. Il faut insister sur le fait que ces deux opérations ne changent rien au CLASSEMENT : elles sont affines et croissantes, donc l'ordre des étudiants est rigoureusement le même qu'avec les cotes Z brutes.

d) Avec IFG=0,9IFG=0{,}9 : CRC=(1,4×1,0+0,9)×5+25=2,3×5+25=11,5+25=36,5CRC=\left(1{,}4\times 1{,}0+0{,}9\right)\times 5+25=2{,}3\times 5+25=11{,}5+25=36{,}5. Avec IFG=0,3IFG=0{,}3 : CRC=(1,4+0,3)×5+25=1,7×5+25=8,5+25=33,5CRC=\left(1{,}4+0{,}3\right)\times 5+25=1{,}7\times 5+25=8{,}5+25=33{,}5. Trois points de cote R d'écart pour la même performance relative, uniquement à cause du niveau du groupe. Sur un dossier complet, un tel écart déplace un candidat de plusieurs centaines de rangs dans un programme contingenté, ce qui explique que la construction de l'IFG soit l'objet d'un contrôle serré.

e) CRC=(1,4×0,85+0,9)×5+25=(1,19+0,9)×5+25=2,09×5+2535,45CRC=\left(1{,}4\times 0{,}85+0{,}9\right)\times 5+25=\left(1{,}19+0{,}9\right)\times 5+25=2{,}09\times 5+25\approx 35{,}45. La correction fait perdre environ un point. Son sens : dans un groupe très HOMOGÈNE au secondaire, l'écart-type des notes du cours est artificiellement petit, si bien qu'une performance ordinaire produit une cote Z gonflée. L'IDGS, inférieur à 1 dans ce cas, comprime la cote Z pour annuler ce gonflement. C'est la réponse à une troisième objection : sans elle, un étudiant aurait intérêt à se retrouver dans un groupe où tout le monde se ressemble.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Deux groupes, une même note

Le cas d'école du chapitre, et la question que les étudiants posent chaque session : est-il préférable d'être dans un groupe fort ou dans un groupe faible ?

Deux groupes du même cours obtiennent 78 pour un étudiant donné. Le groupe A a une moyenne de 70 et un écart-type de 4; le groupe B, une moyenne de 82 et un écart-type de 4.

6670747882869066707478828690groupe A : moyenne 70, ecart-type 4moyenne Agroupe B : moyenne 82, ecart-type 4moyenne Bmeme note de 78 : Z vaut +2 en A et -1 en B
  • a) Calculez la cote Z de l'étudiant dans chaque groupe.
  • b) Les indicateurs de force valent 0,4 pour le groupe A et 1,1 pour le groupe B, l'IDGS valant 1 dans les deux cas. Calculez les deux cotes R et comparez.
  • c) Un étudiant a-t-il intérêt à s'inscrire dans un groupe faible ? Répondez en distinguant l'effet de la cote Z et celui de l'IFG.
  • d) Le groupe A voit son écart-type passer de 4 à 8, la moyenne restant 70. Que devient la cote Z de l'étudiant, et pourquoi ?
  • e) Un étudiant obtient 78 dans un groupe où tout le monde a exactement 78. Que vaut sa cote Z, et comment le système traite-t-il ce cas ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) zA=2,0z_{A}=2{,}0 et zB=1,0z_{B}=-1{,}0 pour la même note de 7878
  • b) 3737 et 25,525{,}5 : 11,511{,}5 points d'écart, l'IFG n'en rendant que 3,53{,}5
  • c) Oui par la cote Z, non par l'IFG ; la compensation est partielle, donc l'avantage résiduel est modeste
  • d) z=88=1,0z=\dfrac{8}{8}=1{,}0, la moitié : huit points au-dessus est banal dans un groupe dispersé
  • e) Écart-type nul, cote Z indéfinie : aucune cote R n'est produite et le cours est retiré du dossier

a) Dans le groupe A : z=78704=2,0z=\dfrac{78-70}{4}=2{,}0. Dans le groupe B : z=78824=1,0z=\dfrac{78-82}{4}=-1{,}0. La même note de 78 vaut donc deux écarts-types au-dessus dans un cas, un écart-type en dessous dans l'autre : c'est l'écart maximal que l'on rencontre en pratique, et il illustre pourquoi une note brute ne veut rien dire sans son groupe.

b) Groupe A : CRC=(2,0+0,4)×5+25=2,4×5+25=37CRC=\left(2{,}0+0{,}4\right)\times 5+25=2{,}4\times 5+25=37. Groupe B : CRC=(1,0+1,1)×5+25=0,1×5+25=25,5CRC=\left(-1{,}0+1{,}1\right)\times 5+25=0{,}1\times 5+25=25{,}5. L'écart est de 11,5 points de cote R, énorme. Le correctif de force du groupe, qui donne 0,7 point de Z de plus au groupe B, soit 3,5 points de cote R, est très loin de compenser les trois écarts-types qui séparent les deux positions relatives.

c) Il faut séparer les deux effets. Par la cote Z, oui : dans un groupe faible, la même performance absolue place plus haut, et la cote Z monte. Par l'IFG, non : un groupe faible a un IFG plus bas, et toutes ses cotes R sont abaissées d'autant. Le calcul montre que la compensation est PARTIELLE, parce que l'IFG est estimé sur les dossiers du secondaire et ne varie que d'environ un point d'un extrême à l'autre, alors que la cote Z peut varier de trois. En pratique, l'avantage résiduel d'un groupe faible existe mais reste modeste, et il est annulé dès que le groupe faible enseigne moins bien, ce qui se paie sur les cours suivants. La réponse honnête à donner à un étudiant est donc : ce paramètre est marginal comparé au travail fourni, et il n'est pas contrôlable au moment de l'inscription.

d) z=78708=1,0z=\dfrac{78-70}{8}=1{,}0 au lieu de 2,0. La cote Z est DIVISÉE PAR DEUX alors que ni la note ni la moyenne n'ont bougé. La raison est que la cote Z mesure une distance en unités d'écart-type : dans un groupe très dispersé, huit points au-dessus de la moyenne est banal, dans un groupe homogène c'est exceptionnel. C'est exactement le phénomène que l'IDGS vient corriger quand cette homogénéité vient du recrutement plutôt que du cours.

e) L'écart-type du groupe vaut 0, et la cote Z serait 00\dfrac{0}{0}, donc indéfinie. Le système ne calcule alors aucune cote Z : les règlements prévoient que la cote R n'est pas produite lorsque la dispersion est nulle ou que le groupe est trop petit, en pratique moins de six étudiants ayant un dossier collégial exploitable. Le cours est alors retiré du calcul du dossier, sans pénalité. C'est un rappel important : toute la construction repose sur l'existence d'une variabilité dans le groupe, et elle n'a plus de sens sans elle.

Exercice 7 : Les limites de la cote R

La cote R est un bon instrument mal compris. Ses limites sont connues, documentées, et elles suivent toutes du fait qu'elle est une mesure RELATIVE bâtie sur des groupes de taille finie.

  • a) Un cours ne compte que 8 étudiants. En quoi la cote Z y est-elle plus instable ? Illustrez avec l'effet du départ d'un seul étudiant très fort.
  • b) Un étudiant reprend un cours échoué et obtient une excellente note. Comment le dossier en tient-il compte, et quelle critique cela soulève-t-il ?
  • c) Pourquoi la cote R d'un même étudiant peut-elle varier de plusieurs points d'une session à l'autre sans que son travail change ?
  • d) Un programme universitaire exige une cote R de 30. Deux candidats affichent 29,8 et 30,2. Que penser de cette frontière ?
  • e) La cote R est-elle comparable d'un cégep à l'autre ? Justifiez à partir de la formule.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) zz passe de 0,6760{,}676 à 1,5811{,}581 après le départ du 9595 : plus de quatre points de cote R gagnés sans rien faire
  • b) Les deux résultats comptent ; la critique est qu'un mauvais départ pèse durablement et décourage la prise de risque
  • c) Parce que la composition du groupe, l'IFG et la pondération en unités changent sans lui
  • d) Frontière administrative : 0,40{,}4 point de cote R est indiscernable, c'est le bruit de l'instrument
  • e) Oui, mais uniquement par l'IFG, bâti sur les notes du secondaire homogénéisées à l'échelle du Québec

a) Avec 8 étudiants, la moyenne et surtout l'écart-type du groupe sont estimés sur très peu d'observations, donc très sensibles à chaque valeur. Si le groupe comptait un étudiant à 95 et que celui-ci abandonne, la moyenne baisse et l'écart-type CHUTE : les autres cotes Z sont recalculées sur une base plus resserrée, et celles des bons étudiants montent mécaniquement. Un exemple chiffré : sur les notes 60, 64, 68, 70, 72, 76, 80 et 95, la moyenne vaut 73,125 et l'écart-type de population environ 10,17; l'étudiant à 80 a une cote Z de 0,676. Sans le 95, la moyenne tombe à 70 et l'écart-type à 6,32, et le même 80 vaut désormais 1,58. Sa cote R gagne plus de quatre points sans qu'il ait rien fait. C'est précisément pour cela qu'un seuil minimal d'effectif est imposé.

b) Les deux résultats comptent : l'échec entre dans le dossier avec sa cote, et la reprise avec la sienne, chacune pondérée par les unités du cours. Rien n'efface l'échec. La critique est double : elle pénalise durablement un mauvais départ, souvent lié à des conditions extérieures aux études, et elle décourage la prise de risque, puisqu'un étudiant a intérêt à ne jamais s'inscrire à un cours difficile hors de son programme. En pratique, une session complète ratée pour raison de santé peut être retirée du calcul sur demande, mais c'est une procédure administrative, pas un mécanisme automatique.

c) Parce que trois des quatre ingrédients de la formule ne dépendent pas de lui. La composition du groupe change à chaque session, donc la moyenne et l'écart-type sur lesquels sa cote Z est calculée changent aussi; l'IFG change avec la cohorte; les cours suivis n'ont pas la même pondération en unités. Un étudiant parfaitement constant verra donc sa cote fluctuer d'un ou deux points d'une session à l'autre, ce qui est le bruit normal de l'instrument.

d) La frontière est administrative, pas statistique. L'écart de 0,4 point de cote R correspond à moins d'un dixième d'écart-type de performance, c'est-à-dire à une différence indiscernable, du même ordre que le bruit décrit à la question précédente. Traiter 29,8 et 30,2 comme deux cas distincts est un choix de gestion que rien dans la mesure ne justifie. Ce que l'on peut en dire correctement : la cote R classe bien de grands groupes, et elle ne tranche pas entre deux dossiers voisins. Les programmes qui le savent complètent d'ailleurs le classement par une lettre, une entrevue ou un test.

e) Oui, en principe, et c'est tout l'objet de la construction. Le premier terme, la cote Z, est calculé à l'intérieur d'un groupe-cours d'un cégep donné, ce qui n'autorise aucune comparaison directe entre établissements. C'est l'IFG qui rend la comparaison possible, parce qu'il est bâti sur une référence COMMUNE et extérieure aux cégeps, les notes du secondaire, elles-mêmes homogénéisées à l'échelle du Québec. La comparabilité repose donc entièrement sur la qualité de cette référence : si les notes du secondaire étaient elles-mêmes incomparables d'une école à l'autre, tout l'édifice perdrait son point d'appui. C'est l'objection de fond qui revient régulièrement dans le débat public.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Mon rang centile est de 80, j'ai donc obtenu 80 % à l'examen. »
  • 2) « Une cote Z de 2 est deux fois meilleure qu'une cote Z de 1. »
  • 3) « Tout le monde a 85 dans mon groupe, donc tout le monde a une cote R élevée. »
  • 4) « Passer du rang centile 50 au rang 60 demande le même effort que passer du rang 85 au rang 95. »
  • 5) « La cote R d'un étudiant est la moyenne arithmétique des cotes R de ses cours. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) FAUX : le rang centile 80 dit que 80  %80\;\% du groupe a fait moins bien, et rien de la note
  • 2) FAUX : échelle d'intervalle, les rapports n'y ont pas de sens ; de 1 à 2 on gagne 14 rangs, de 0 à 1 on en gagne 34
  • 3) FAUX, et c'est l'inverse : écart-type nul, donc aucune cote R produite et cours retiré
  • 4) FAUX : 0,2530{,}253 écart-type contre 0,6090{,}609, près de deux fois et demie plus
  • 5) FAUX : c'est une moyenne PONDÉRÉE par les unités, uiCRCiui\dfrac{\sum u_{i}CRC_{i}}{\sum u_{i}}

1) FAUX. Le rang centile 80 signifie que 80 % du groupe a fait MOINS BIEN, et ne dit rien de la note. Dans un examen difficile, il peut correspondre à 58 sur 100; dans un examen facile, à 92. Énoncé correct : le rang centile est une position dans un groupe, la note est une performance sur un contenu, et les deux ne coïncident que par hasard.

2) FAUX. La cote Z est une échelle d'INTERVALLE, avec un zéro conventionnel placé à la moyenne : les rapports n'y ont aucun sens, exactement comme pour les degrés Celsius. Passer de 1 à 2 correspond d'ailleurs à gagner seulement 14 rangs centiles, contre 34 pour passer de 0 à 1. Énoncé correct : une cote Z de 2 est un écart-type plus haut qu'une cote de 1, ce qui est un écart considérable, mais l'expression « deux fois meilleure » n'a pas de sens.

3) FAUX, et c'est même l'inverse. Si tout le monde a 85, l'écart-type du groupe est nul, la cote Z est indéfinie et aucune cote R n'est produite pour ce cours; il est retiré du dossier. Plus généralement, dans un groupe très homogène, l'écart-type est petit et les cotes Z sont extrêmes dans les deux sens, ce qui bénéficie aux uns et pénalise durement les autres. Énoncé correct : la cote R n'existe que s'il y a de la variabilité dans le groupe, et une note élevée partagée par tous ne produit aucun avantage.

4) FAUX. Les rangs centiles ne sont pas équidistants en performance. Sous une distribution normale, passer du rang 50 au rang 60 demande environ 0,25 écart-type; passer du rang 85 au rang 95 en demande environ 0,60, soit près de deux fois et demie plus. Énoncé correct : dix rangs centiles coûtent d'autant plus cher qu'on est plus haut, parce que la densité de la distribution diminue vers les extrémités.

5) FAUX. Le dossier collégial est une moyenne PONDÉRÉE par le nombre d'unités de chaque cours : un cours de 3 unités pèse davantage qu'un cours de 1 unité, et les cours d'éducation physique ou les cours d'appoint n'ont pas le même poids qu'un cours de la formation spécifique. Énoncé correct : la cote R du dossier vaut uiCRCiui\dfrac{\sum u_{i}CRC_{i}}{\sum u_{i}}, et deux étudiants ayant exactement les mêmes cotes par cours peuvent avoir des dossiers différents si leur répartition d'unités diffère.

Exercice 9 : Problème : le dossier complet d'une session

Un étudiant de sciences humaines termine sa session. Quatre cours, quatre groupes, quatre cotes R, et un dossier qui doit être calculé correctement.

CoursUnitésNoteMoyenne du groupeÉcart-typeIFG
Méthodes quantitatives284718,00,7
Philosophie2,3376736,00,5
Psychologie281729,00,8
Anglais270747,00,9
maths31,5philo24psycho28,5anglais22R du dossier27,70612182430la moyenne du dossier est ponderee par les unites
  • a) Calculez les quatre cotes Z, en prenant IDGS=1IDGS=1 partout.
  • b) Calculez les quatre cotes R.
  • c) Calculez la cote R du dossier, pondérée par les unités.
  • d) L'étudiant hésite à abandonner l'anglais avant la date limite. Que devient le dossier sans ce cours ? Est-ce une bonne idée ?
  • e) Un programme demande 29. Que faudrait-il obtenir en anglais, toutes choses égales par ailleurs, pour atteindre ce seuil ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 1,6251{,}625, 0,50{,}5, 1,01{,}0 et 0,571-0{,}571
  • b) 36,6336{,}63, 30,030{,}0, 34,034{,}0 et 26,6426{,}64
  • c) 264,448,3331,75\dfrac{264{,}44}{8{,}33}\approx 31{,}75
  • d) 211,166,3333,36\dfrac{211{,}16}{6{,}33}\approx 33{,}36, soit +1,6+1{,}6 ; arithmétiquement oui, en pratique rarement
  • e) Rien : le dossier dépasse déjà 2929. Il faudrait descendre à 15,215{,}2 en anglais pour y tomber

a) Méthodes quantitatives : z=84718=1,625z=\dfrac{84-71}{8}=1{,}625. Philosophie : z=76736=0,5z=\dfrac{76-73}{6}=0{,}5. Psychologie : z=81729=1,0z=\dfrac{81-72}{9}=1{,}0. Anglais : z=707470,571z=\dfrac{70-74}{7}\approx -0{,}571. Il faut noter que la meilleure NOTE, 84, correspond aussi à la meilleure position, mais que ce n'est pas automatique : 81 en psychologie, dans un groupe très dispersé, vaut moins que 84 dans un groupe qui l'est moins.

b) Méthodes quantitatives : (1,625+0,7)×5+25=2,325×5+2536,63\left(1{,}625+0{,}7\right)\times 5+25=2{,}325\times 5+25\approx 36{,}63. Philosophie : (0,5+0,5)×5+25=30,0\left(0{,}5+0{,}5\right)\times 5+25=30{,}0. Psychologie : (1,0+0,8)×5+25=34,0\left(1{,}0+0{,}8\right)\times 5+25=34{,}0. Anglais : (0,571+0,9)×5+2526,64\left(-0{,}571+0{,}9\right)\times 5+25\approx 26{,}64. On observe que l'anglais, seul cours où l'étudiant est sous la moyenne, reste au-dessus de 25 grâce à un IFG élevé : le groupe était fort, et cela le protège partiellement.

c) Somme des unités : 2+2,33+2+2=8,332+2{,}33+2+2=8{,}33. Somme pondérée : 2×36,63+2,33×30,0+2×34,0+2×26,64=73,26+69,90+68,00+53,28=264,442\times 36{,}63+2{,}33\times 30{,}0+2\times 34{,}0+2\times 26{,}64=73{,}26+69{,}90+68{,}00+53{,}28=264{,}44. Dossier : 264,448,3331,75\dfrac{264{,}44}{8{,}33}\approx 31{,}75. La pondération par unités a ici un effet réel : la philosophie, moins bonne cote mais plus d'unités, tire le dossier vers le bas d'environ un dixième de point par rapport à une moyenne simple.

d) Sans l'anglais, la somme des unités devient 6,33 et la somme pondérée 264,4453,28=211,16264{,}44-53{,}28=211{,}16, donc un dossier de 211,166,3333,36\dfrac{211{,}16}{6{,}33}\approx 33{,}36, soit un gain de 1,6 point. Arithmétiquement, l'abandon améliore donc le dossier. Est-ce une bonne idée ? Rarement : un abandon inscrit la mention au bulletin, il retarde la diplomation, il peut faire perdre le statut de temps plein donc l'aide financière, et surtout le cours devra être repris, avec le risque que la nouvelle cote soit moins bonne. La règle prudente est d'abandonner un cours qu'on va échouer, pas un cours où l'on est légèrement sous la moyenne.

e) Le dossier est déjà à 31,75, largement au-dessus du seuil de 29 : aucune amélioration n'est nécessaire. On peut retourner la question et chercher la cote R minimale en anglais qui maintiendrait le dossier à 29 : il faudrait 73,26+69,90+68,00+2x8,33=29\dfrac{73{,}26+69{,}90+68{,}00+2x}{8{,}33}=29, donc 2x=29×8,33211,16=241,57211,16=30,412x=29\times 8{,}33-211{,}16=241{,}57-211{,}16=30{,}41, soit x15,2x\approx 15{,}2. Une cote R de 15 correspond à environ deux écarts-types sous la moyenne d'un groupe ordinaire, c'est-à-dire à un échec net. Le seuil est donc atteint avec une marge très confortable, et c'est exactement le genre de vérification qu'un étudiant devrait faire avant de s'inquiéter.

Exercice 10 : Problème : comparer des candidats venus d'échelles différentes

Un comité d'admission reçoit quatre dossiers exprimés dans quatre systèmes. Il doit les ordonner. Tout le chapitre sert ici, et la dernière question porte sur ce que le classement ne peut pas dire.

CandidatSystèmeRésultatMoyenneÉcart-type
Acote R du collégial31,025 (par construction)5 (par construction)
Btest standardiséscore 612500100
Cmoyenne sur 20, lycée14,612,41,8
Drang centilerang 88rang 50-
  • a) Ramenez chacun des quatre dossiers à une cote Z.
  • b) Classez les quatre candidats et donnez l'écart, en cotes Z, entre le premier et le dernier.
  • c) Le candidat D n'a qu'un rang centile. Sous quelle hypothèse la conversion est-elle valide, et que vaut-elle sans cette hypothèse ?
  • d) Le comité veut donner à chacun une note sur une échelle commune de moyenne 70 et d'écart-type 8. Calculez les quatre notes.
  • e) Le comité conclut que A est meilleur que C. Quelles réserves faut-il écrire noir sur blanc dans le procès-verbal ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) zA=1,200z_{A}=1{,}200, zB=1,120z_{B}=1{,}120, zC1,222z_{C}\approx 1{,}222, zD1,175z_{D}\approx 1{,}175
  • b) C, A, D, B ; écart de 0,1020{,}102 écart-type, soit deux rangs centiles
  • c) Sous l'hypothèse de NORMALITÉ ; sans elle, seul l'ORDRE est acquis
  • d) 79,6079{,}60, 78,9678{,}96, 79,7879{,}78 et 79,4079{,}40 : huit dixièmes de point séparent les quatre
  • e) Populations de référence différentes, écart inférieur au bruit, et cote Z de C bâtie sur une seule classe

a) Candidat A : la cote R a par construction une moyenne de 25 et un écart-type de 5, donc z=31255=1,2z=\dfrac{31-25}{5}=1{,}2. Candidat B : z=612500100=1,12z=\dfrac{612-500}{100}=1{,}12. Candidat C : z=14,612,41,81,222z=\dfrac{14{,}6-12{,}4}{1{,}8}\approx 1{,}222. Candidat D : le rang 88 correspond, sous la loi normale, à z1,175z\approx 1{,}175, valeur lue dans la table entre 1,17 et 1,18.

b) Classement par cote Z décroissante : C (1,2221{,}222), A (1,2001{,}200), D (1,1751{,}175), B (1,1201{,}120). L'écart entre le premier et le dernier vaut 1,2221,120=0,1021{,}222-1{,}120=0{,}102 écart-type, soit environ un dixième d'écart-type. C'est un écart minuscule : sur une distribution normale, il sépare le rang centile 89 du rang 87. Autant dire que les quatre candidats sont indiscernables, et que l'ordre obtenu tient à des arrondis.

c) La conversion d'un rang centile en cote Z suppose la NORMALITÉ de la distribution d'origine. Sans elle, un rang 88 peut correspondre à une cote Z très différente : sur une distribution étirée vers la droite, il pourrait valoir 0,9; sur une distribution resserrée avec quelques valeurs extrêmes, 1,6. En l'absence d'information sur la forme, la seule chose que l'on sait avec certitude est l'ORDRE : le candidat D dépasse 88 % de son groupe, ce qui suffit pour un classement grossier et pas pour une comparaison au dixième.

d) Avec y=8z+70y=8z+70 : candidat A, 8×1,2+70=79,68\times 1{,}2+70=79{,}6; candidat B, 8×1,12+70=78,968\times 1{,}12+70=78{,}96; candidat C, 8×1,222+7079,788\times 1{,}222+70\approx 79{,}78; candidat D, 8×1,175+70=79,48\times 1{,}175+70=79{,}4. Les quatre notes tiennent en huit dixièmes de point, ce qui rend visible d'un coup d'oeil ce que les nombres bruts, 31, 612, 14,6 et 88, dissimulaient complètement.

e) Trois réserves. Première réserve : les quatre cotes Z sont calculées sur des POPULATIONS DE RÉFÉRENCE différentes, les collégiens du Québec pour A, les candidats au test pour B, une classe de lycée pour C; être au-dessus de son groupe ne dit rien tant que les groupes ne sont pas comparables, et rien ici ne garantit qu'ils le soient. Deuxième réserve : l'écart mesuré, un dixième d'écart-type, est inférieur au bruit de chacun des instruments, donc le classement obtenu n'est pas reproductible. Troisième réserve : pour C, l'écart-type de 1,8 point provient d'une seule classe, donc d'un effectif faible, ce qui rend sa cote Z instable exactement comme dans le cas des petits groupes du cégep. La conclusion à écrire est que les quatre dossiers sont équivalents au regard des données disponibles, et que le départage doit se faire sur d'autres critères, explicites et écrits d'avance.

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