Exercice 1 : Taux de variation, points de pourcentage et pourcentage
Le calcul le plus simple du cours est aussi celui qui produit le plus de phrases fausses dans la presse : la variation d'un pourcentage n'est pas un pourcentage.
- a) Le taux de chômage passe de 6,0 % à 7,5 %. Exprimez la variation en POINTS DE POURCENTAGE, puis en POURCENTAGE.
- b) Un parti passe de 32 % à 36 % dans les intentions de vote. Rédigez les deux phrases correctes correspondantes.
- c) Le nombre d'inscriptions passe de 850 à 782. Calculez la variation relative, puis la variation qui ramènerait à 850.
- d) Expliquez pourquoi la baisse et la hausse de rattrapage n'ont pas le même pourcentage.
- e) Un journal écrit : « le taux de pauvreté a augmenté de 20 %, il est passé de 10 % à 12 % ». La phrase est-elle correcte ?
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Réponses
- a) point de pourcentage, ou en relatif
- b) « Le parti gagne POINTS » et « les intentions augmentent de » : les deux sont exactes
- c) Baisse de ; pour revenir à , il faut une hausse de
- d) Parce que le dénominateur diffère ; effacer une baisse de exige une hausse de
- e) Correcte, et c'est ce qui la rend piégeuse : points ET , il faut écrire les deux
a) En POINTS de pourcentage : point. En POURCENTAGE : , soit une hausse de 25 %. Les deux nombres, 1,5 et 25, décrivent le même événement et ne sont pas interchangeables. La règle de rédaction est simple : une différence de deux pourcentages se dit en POINTS; un rapport de deux pourcentages se dit en POUR CENT.
b) Première phrase : « le parti gagne 4 POINTS, passant de 32 % à 36 % ». Seconde phrase : « les intentions de vote pour ce parti augmentent de 12,5 %, puisque ». La première est celle qu'emploient les analystes politiques, parce qu'elle se compare directement à la marge d'erreur, elle aussi exprimée en points. La seconde est correcte mais trompeuse dans ce contexte : elle donne l'impression d'une progression spectaculaire là où quatre points peuvent tenir dans le bruit d'échantillonnage.
c) Variation relative : , soit une baisse de 8,0 %. Pour revenir à 850 depuis 782 : , soit une hausse de 8,7 %. Il faut donc une hausse PLUS FORTE que la baisse subie pour retrouver le point de départ.
d) Parce qu'une variation relative se calcule toujours sur la valeur de DÉPART, et que les deux mouvements n'ont pas la même valeur de départ : 850 pour la baisse, 782 pour la hausse. Le même écart absolu de 68 rapporté à un dénominateur plus petit donne un pourcentage plus grand. Formellement, une baisse de suivie d'une hausse de donne le facteur : on ne revient jamais au point de départ. Pour effacer une baisse de , il faut une hausse de .
e) Elle est correcte, et c'est précisément ce qui la rend piégeuse. Passer de 10 % à 12 % est bien une hausse relative de , et c'est aussi une hausse de 2 POINTS. La formulation choisie, sans être fausse, est celle qui fait le plus d'effet, et le lecteur pressé retiendra qu'un cinquième de la population est tombé dans la pauvreté. Un journal rigoureux écrit les deux : « le taux passe de 10 % à 12 %, soit deux points de plus, une hausse de 20 % ».