Exercice 1 : Les quatre composantes d'une série chronologique
Une série mesurée dans le temps ne se lit pas comme un échantillon : les observations successives se ressemblent, et le mouvement d'ensemble se décompose en quatre morceaux dont chacun demande un traitement différent.
Inscriptions trimestrielles d'un cégep sur trois ans : 2100, 1500, 2400, 1800; 2200, 1560, 2520, 1880; 2320, 1640, 2640, 1960.
- a) Nommez et décrivez les quatre composantes d'une série chronologique.
- b) Repérez sur la série la tendance et la saisonnalité, en donnant les nombres qui les manifestent.
- c) Distinguez le CYCLE de la SAISONNALITÉ.
- d) Écrivez le modèle MULTIPLICATIF et le modèle ADDITIF, et dites lequel convient ici.
- e) Pourquoi ne peut-on pas comparer directement le troisième trimestre d'une année au quatrième ?
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Réponses
- a) Tendance, cycle, saisonnalité, irrégulier : période fixe pour la saison, variable pour le cycle
- b) Moyennes annuelles , , , soit par an ; troisième trimestre toujours le plus fort
- c) La saison a une période fixe et un motif répété ; le cycle a une période et une amplitude variables
- d) ou la somme ; ici le multiplicatif, l'écart passant de à
- e) Parce que leurs poids saisonniers diffèrent : une baisse entre les deux est NORMALE
a) La TENDANCE est le mouvement de fond, à long terme, ici la croissance des inscriptions. Le CYCLE est une oscillation de plusieurs années, liée à la conjoncture, dont la période n'est pas fixe. La SAISONNALITÉ est un motif de période FIXE et connue, ici quatre trimestres. La composante IRRÉGULIÈRE est ce qui reste, imprévisible, tempête de neige, grève, changement de règlement.
b) La tendance se lit sur les moyennes annuelles : , puis 2 040, puis 2 140, soit une hausse régulière d'environ 95 inscriptions par an. La saisonnalité se lit sur la forme répétée à l'intérieur de chaque année : le troisième trimestre est toujours le plus fort, autour de 2 400 à 2 640, le deuxième toujours le plus faible, autour de 1 500 à 1 640, et le motif se reproduit à l'identique aux trois années.
c) Les deux sont des oscillations, mais la SAISONNALITÉ a une période FIXE, imposée par le calendrier, et son motif se répète à l'identique : rentrée d'automne, session d'hiver, session d'été. Le CYCLE a une période VARIABLE, de quelques années à une dizaine, et une amplitude irrégulière : une récession fait monter les inscriptions au collégial, une reprise les fait baisser, sans qu'on puisse dire à l'avance quand. C'est pourquoi on désaisonnalise couramment et qu'on ne « décycle » jamais : le cycle n'est pas prévisible.
d) Modèle MULTIPLICATIF : , où la saisonnalité est un pourcentage de la tendance. Modèle ADDITIF : , où la saisonnalité est un écart en unités. Ici le multiplicatif convient : l'écart entre le trimestre fort et le trimestre faible passe de 900 la première année à 1 000 la troisième, il grandit avec le niveau de la série. Un écart saisonnier proportionnel appelle le modèle multiplicatif; un écart constant appellerait l'additif.
e) Parce que les deux trimestres n'ont pas le même poids saisonnier : le troisième est structurellement fort et le quatrième structurellement moyen, si bien qu'une baisse entre les deux est NORMALE et ne dit rien sur la santé de l'établissement. Comparer deux trimestres consécutifs n'a de sens qu'après désaisonnalisation. La solution de rechange, courante dans la presse économique, consiste à comparer un trimestre au MÊME trimestre de l'année précédente, ce qui neutralise la saison mais fait perdre douze mois de réactivité.