Exercice 1 : Pourquoi passer aux rangs
Les tests paramétriques supposent une forme de distribution. Quand cette hypothèse est intenable, on remplace les valeurs par leurs RANGS et l'on teste sur eux : c'est toute l'idée des méthodes non paramétriques.
- a) Nommez trois situations où les rangs s'imposent.
- b) Remplacez par leurs rangs les valeurs 12, 15, 9, 40, 11, puis recommencez en changeant 40 en 400. Que constatez-vous ?
- c) Quelle hypothèse les tests de rangs conservent-ils malgré tout ?
- d) Sur quelle échelle de mesure un test de rangs est-il obligatoire, et pourquoi le test t y est-il abusif ?
- e) Comment traite-t-on les ex aequo ?
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Réponses
- a) Variable ordinale, petits effectifs non normaux, présence de valeurs extrêmes
- b) Rangs , , , , dans les deux cas ; la moyenne passe de à
- c) L'indépendance, toujours ; et, le plus souvent, l'égalité des FORMES des distributions comparées
- d) Sur l'échelle ordinale : une moyenne y suppose des écarts comparables que rien ne garantit
- e) Rang moyen des positions occupées ; la somme reste
a) Première situation, une variable ORDINALE : un rang de satisfaction, un classement, un niveau de scolarité codé. Deuxième situation, de PETITS EFFECTIFS combinés à une distribution manifestement non normale : sous une trentaine d'observations par groupe, le théorème central limite ne sauve plus la mise. Troisième situation, la présence de VALEURS EXTRÊMES : une seule observation aberrante peut déplacer une moyenne de plusieurs écarts-types, alors qu'elle ne déplace un rang que d'un cran.
b) Rangs de 12, 15, 9, 40, 11 : , , , , . En remplaçant 40 par 400, les rangs deviennent exactement les mêmes : , , , , . La moyenne, elle, passe de 17,4 à 89,4. C'est la propriété centrale des rangs : ils sont INSENSIBLES à l'ampleur des écarts et ne retiennent que l'ordre, ce qui les rend robustes et, en même temps, moins informatifs.
c) Ils conservent l'hypothèse d'INDÉPENDANCE des observations, qui n'est jamais négociable, et la plupart supposent en outre que les distributions comparées ont la MÊME FORME, ne différant que par leur position. Sans cette dernière hypothèse, un rejet de Mann-Whitney ne se traduit pas nécessairement par une différence de médianes : il indique seulement qu'une observation d'un groupe a tendance à dépasser une observation de l'autre.
d) Sur une échelle ORDINALE. Le test t compare des moyennes, or une moyenne suppose que les écarts entre valeurs successives soient comparables, ce que l'ordinal ne garantit pas : rien ne dit que l'écart entre « en désaccord » et « neutre » égale celui entre « neutre » et « d'accord ». Calculer une moyenne y est donc une convention, et la tester comme si c'était une quantité est un abus. Les rangs, eux, n'utilisent que l'ordre, c'est-à-dire exactement l'information que l'échelle contient.
e) On leur attribue le RANG MOYEN des positions qu'ils occupent. Trois observations égales en positions 4, 5 et 6 reçoivent chacune le rang . La somme totale des rangs reste ainsi , ce qui est le contrôle à faire. Si les ex aequo sont nombreux, la variance des rangs diminue et il faut appliquer une correction aux formules, faute de quoi le test devient trop conservateur.