Méthodes quantitatives avancées 360-301 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : comparer deux groupes (360-301)

Ces dix exercices corrigés ouvrent le cours de méthodes quantitatives avancées par l'opération la plus fréquente de toute recherche : comparer deux groupes, avec le bon test, la bonne taille d'effet et le bon effectif.

Le fil de la série tient en une phrase : la valeur p dépend de l'effectif, la taille d'effet n'en dépend pas, et les deux répondent à des questions différentes. Un même écart de 1,5 point est anodin sur 40 sujets et hautement significatif sur 1 000, sans que rien n'ait changé dans la réalité.

Trois pièges sont désignés nommément : deux mesures des mêmes personnes traitées comme des échantillons indépendants, l'absence de rejet lue comme une preuve d'absence d'effet, et la valeur p prise pour la probabilité que l'hypothèse nulle soit vraie.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (5 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Concepts, variables et échelles de mesureMéthodes quantitatives (360-300)
  2. 2Échantillonnage et questionnaireMéthodes quantitatives (360-300)
  3. 3Tableaux de distribution et graphiquesMéthodes quantitatives (360-300)
  4. 4Cote Z, rang centile et cote RMéthodes quantitatives (360-300)
  5. 5La marge d'erreur d'un sondageMéthodes quantitatives (360-300)

Rappel de cours

  • Test t indépendant : sp2=(n11)s12+(n21)s22n1+n22s_{p}^{2}=\dfrac{\left(n_{1}-1\right)s_{1}^{2}+\left(n_{2}-1\right)s_{2}^{2}}{n_{1}+n_{2}-2}, ET=sp1n1+1n2ET=s_{p}\sqrt{\dfrac{1}{n_{1}}+\dfrac{1}{n_{2}}}, ddl=n1+n22ddl=n_{1}+n_{2}-2.
  • Correction de WELCH : ET=s12n1+s22n2ET=\sqrt{\dfrac{s_{1}^{2}}{n_{1}}+\dfrac{s_{2}^{2}}{n_{2}}}, avec des degrés de liberté réduits. C'est le choix par défaut aujourd'hui.
  • Test F d'égalité des variances : la plus grande au numérateur. Peu puissant et sensible à la non-normalité.
  • Échantillons APPARIÉS : on travaille sur les nn différences individuelles, t=dsd/nt=\dfrac{\overline{d}}{s_{d}/\sqrt{n}}, ddl=n1ddl=n-1.
  • L'appariement élimine la variabilité entre individus et coûte des degrés de liberté. Il gagne dès que les deux mesures sont corrélées.
  • dd de Cohen =x1x2sp=\dfrac{\overline{x}_{1}-\overline{x}_{2}}{s_{p}} : 0,2 petit, 0,5 moyen, 0,8 grand. Il ne dépend PAS de l'effectif.
  • Un intervalle de confiance à 95 % de la différence contient zéro si et seulement si le test bilatéral à 5 % ne rejette pas.
  • Effectif pour une puissance de 80 % : n2(1,96+0,84)2d2n\approx \dfrac{2\left(1{,}96+0{,}84\right)^{2}}{d^{2}} par groupe. Diviser dd par deux QUADRUPLE l'effectif.
  • Erreur de première espèce α\alpha : rejeter à tort. Erreur de deuxième espèce β\beta : rater un effet réel. Puissance =1β=1-\beta.
  • La valeur p est la probabilité de l'écart SI H0H_{0} est vraie, jamais la probabilité que H0H_{0} soit vraie.
  • Choix du test : indépendants ou appariés, variable quantitative ou qualitative, deux groupes ou plus, distribution ou effectif suffisant.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Le test t pour deux échantillons indépendants

Comparer deux moyennes est l'opération la plus fréquente des méthodes quantitatives avancées. Le test t compare l'écart observé à ce que le hasard de l'échantillonnage produirait, et tout tient dans le dénominateur.

Deux groupes de méthodes quantitatives : le groupe traité, 25 étudiants, moyenne 72,4 et écart-type 8,2; le groupe témoin, 28 étudiants, moyenne 67,9 et écart-type 9,6.

groupe temoin : 67,9groupe traite : 72,4large recouvrement
  • a) Formulez les hypothèses nulle et alternative.
  • b) Calculez la variance combinée sp2=(n11)s12+(n21)s22n1+n22s_{p}^{2}=\dfrac{\left(n_{1}-1\right)s_{1}^{2}+\left(n_{2}-1\right)s_{2}^{2}}{n_{1}+n_{2}-2} et l'erreur type de la différence.
  • c) Calculez la statistique tt et le nombre de degrés de liberté.
  • d) La valeur critique bilatérale au seuil de 5 % vaut 2,008. Concluez.
  • e) Le graphique montre deux distributions qui se recouvrent largement. Est-ce contradictoire avec un test ?

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Réponses

  • a) H0H_{0} : μ1=μ2\mu_{1}=\mu_{2}. H1H_{1} bilatérale : μ1μ2\mu_{1}\neq \mu_{2}
  • b) sp280,433s_{p}^{2}\approx 80{,}433, sp8,968s_{p}\approx 8{,}968, erreur type 2,468\approx 2{,}468
  • c) t=4,52,4681,824t=\dfrac{4{,}5}{2{,}468}\approx 1{,}824, à 5151 degrés de liberté
  • d) 1,824<2,0081{,}824<2{,}008 : on ne rejette pas ; la valeur p vaut environ 0,0740{,}074
  • e) Non : le test porte sur les moyennes, bien plus précises que les individus ; le recouvrement dit la PORTÉE

a) Hypothèse NULLE : μ1=μ2\mu_{1}=\mu_{2}, les deux groupes proviennent de populations de même moyenne, et l'écart observé n'est dû qu'au hasard de l'échantillonnage. Hypothèse ALTERNATIVE bilatérale : μ1μ2\mu_{1}\neq \mu_{2}. On choisit le bilatéral parce que rien n'était annoncé d'avance sur le SENS de l'effet; adopter l'unilatéral après avoir vu que le groupe traité est devant reviendrait à doubler discrètement le seuil.

b) sp2=24×8,22+27×9,6251=24×67,24+27×92,1651=1613,76+2488,3251=4102,085180,433s_{p}^{2}=\dfrac{24\times 8{,}2^{2}+27\times 9{,}6^{2}}{51}=\dfrac{24\times 67{,}24+27\times 92{,}16}{51}=\dfrac{1\,613{,}76+2\,488{,}32}{51}=\dfrac{4\,102{,}08}{51}\approx 80{,}433, donc sp8,968s_{p}\approx 8{,}968. Erreur type de la différence : sp125+128=8,9680,04+0,035714=8,968×0,2751622,468s_{p}\sqrt{\dfrac{1}{25}+\dfrac{1}{28}}=8{,}968\sqrt{0{,}04+0{,}035714}=8{,}968\times 0{,}275162\approx 2{,}468. La variance combinée est une moyenne PONDÉRÉE par les degrés de liberté : le groupe le plus nombreux pèse davantage, ce qui est logique puisqu'il estime mieux la variance commune.

c) t=72,467,92,468=4,52,4681,824t=\dfrac{72{,}4-67{,}9}{2{,}468}=\dfrac{4{,}5}{2{,}468}\approx 1{,}824. Degrés de liberté : n1+n22=25+282=51n_{1}+n_{2}-2=25+28-2=51. La statistique se lit comme un rapport : l'écart observé vaut 1,82 fois l'écart type de ce que le hasard produirait.

d) t=1,824<2,008\left|t\right|=1{,}824<2{,}008 : on NE REJETTE PAS l'hypothèse nulle. Les données ne permettent donc pas de conclure à une différence de moyennes au seuil de 5 %. Il faut se garder d'écrire que les deux groupes sont égaux : la valeur p vaut ici environ 0,074, ce qui laisse l'hypothèse d'une différence tout à fait vivante, et un échantillon plus grand pourrait la faire apparaître.

e) Non, ce n'est pas contradictoire, et le graphique aide à comprendre le résultat. Le test ne porte PAS sur le recouvrement des distributions individuelles mais sur la précision des MOYENNES, qui est bien meilleure que celle des individus, puisqu'elle est divisée par la racine du nombre de sujets. Deux distributions peuvent se recouvrir presque entièrement et avoir des moyennes très significativement différentes si les effectifs sont grands. Réciproquement, comme ici, un chevauchement énorme signale que même si la différence était réelle, sa PORTÉE PRATIQUE serait limitée : un étudiant tiré du groupe traité a un peu plus de six chances sur dix de dépasser la médiane du groupe témoin.

Exercice 2 : Variances égales ou non : le test F et la correction de Welch

Le test t classique suppose que les deux populations ont la MÊME variance. L'hypothèse se vérifie, et quand elle tombe, une correction existe.

  • a) Calculez le rapport des variances F=smax2smin2F=\dfrac{s_{\max}^{2}}{s_{\min}^{2}} pour les deux groupes de l'exercice 1.
  • b) La valeur critique de FF à 27 et 24 degrés de liberté vaut environ 2,20 au seuil de 5 % bilatéral. Concluez sur l'homogénéité.
  • c) Calculez l'erreur type de Welch, s12n1+s22n2\sqrt{\dfrac{s_{1}^{2}}{n_{1}}+\dfrac{s_{2}^{2}}{n_{2}}}, et le tt correspondant.
  • d) Les degrés de liberté de Welch valent environ 50,9. Comparez à la version classique et concluez.
  • e) Dans quel cas la correction change-t-elle réellement la conclusion ?

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Réponses

  • a) F=92,1667,241,371F=\dfrac{92{,}16}{67{,}24}\approx 1{,}371
  • b) 1,371<2,201{,}371<2{,}20 : homogénéité acceptable, le test t classique est utilisable
  • c) Erreur type de Welch 2,446\approx 2{,}446, donc t1,840t\approx 1{,}840
  • d) 50,950{,}9 contre 5151 : perte négligeable, conclusion identique
  • e) Quand variances ET effectifs sont déséquilibrés, surtout si le petit groupe porte la grande variance

a) F=9,628,22=92,1667,241,371F=\dfrac{9{,}6^{2}}{8{,}2^{2}}=\dfrac{92{,}16}{67{,}24}\approx 1{,}371. On met toujours la plus grande variance au numérateur, de sorte que F1F\ge 1 et qu'une seule table suffise.

b) 1,371<2,201{,}371<2{,}20 : on ne rejette pas l'égalité des variances. L'hypothèse d'homogénéité est donc acceptable, et le test t classique est utilisable. Il faut noter que ce test F est lui-même peu puissant sur de petits échantillons et très sensible à la non-normalité : beaucoup de statisticiens recommandent aujourd'hui d'employer d'emblée la correction de Welch et de ne plus tester l'égalité des variances du tout.

c) Erreur type de Welch : 67,2425+92,1628=2,6896+3,29143=5,981032,44562\sqrt{\dfrac{67{,}24}{25}+\dfrac{92{,}16}{28}}=\sqrt{2{,}6896+3{,}29143}=\sqrt{5{,}98103}\approx 2{,}44562. Statistique : t=4,52,445621,84005t=\dfrac{4{,}5}{2{,}44562}\approx 1{,}84005. La différence avec la version classique est minime, 1,840 contre 1,824, parce que les variances sont proches et les effectifs comparables.

d) Welch donne 50,9 degrés de liberté contre 51 pour la version classique : la perte est négligeable ici. La valeur critique reste voisine de 2,008, et la conclusion est identique, on ne rejette pas. La formule de Welch abaisse les degrés de liberté d'autant plus que les variances et les effectifs sont déséquilibrés; dans le pire des cas, elle les ramène à l'effectif du plus petit groupe moins un.

e) La correction change réellement la conclusion quand les deux déséquilibres se combinent : variances très différentes ET effectifs très différents. Le cas dangereux est celui où le PETIT groupe a la GRANDE variance : le test classique, en pondérant la variance combinée par les degrés de liberté, sous-estime alors l'erreur type et rejette trop souvent, avec un risque réel bien supérieur aux 5 % annoncés. Quand au contraire le grand groupe porte la grande variance, le test classique devient trop conservateur. Dans les deux cas, Welch corrige, et son coût quand l'hypothèse d'homogénéité est vraie se limite à quelques dixièmes de degré de liberté : c'est pourquoi il est devenu le choix par défaut.

Exercice 3 : Échantillons appariés : on teste les différences

Quand les deux mesures portent sur LES MÊMES personnes, avant et après, les échantillons ne sont plus indépendants. On ne compare plus deux moyennes : on teste si la moyenne des différences individuelles est nulle.

Dix étudiants, différences entre le second et le premier examen : 4, 1-1, 6, 3, 0, 5, 2, 7, 1, 3.

-20246810moyenne des ecarts : 3,0difference apres moins avant, par etudiant
  • a) Calculez la moyenne et l'écart-type des différences.
  • b) Calculez la statistique t=dsd/nt=\dfrac{\overline{d}}{s_{d}/\sqrt{n}} et ses degrés de liberté.
  • c) La valeur critique bilatérale à 9 degrés de liberté vaut 2,262. Concluez.
  • d) Si l'on avait traité ces vingt mesures comme deux groupes indépendants de 10, avec un écart-type de 9 dans chaque groupe, qu'aurait donné le test ?
  • e) Expliquez le gain de l'appariement, et nommez ce qu'il coûte.

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Réponses

  • a) d=3,0\overline{d}=3{,}0 et sd2,582s_{d}\approx 2{,}582
  • b) t=3,00,81653,674t=\dfrac{3{,}0}{0{,}8165}\approx 3{,}674, à 99 degrés de liberté
  • c) 3,674>2,2623{,}674>2{,}262 : on rejette, valeur p voisine de 0,0050{,}005
  • d) t=3,04,0250,745t=\dfrac{3{,}0}{4{,}025}\approx 0{,}745 : on ne rejetterait pas
  • e) L'appariement élimine la variabilité entre individus (ss passe de 99 à 2,582{,}58) au prix de degrés de liberté

a) Somme : 41+6+3+0+5+2+7+1+3=304-1+6+3+0+5+2+7+1+3=30, donc d=3010=3,0\overline{d}=\dfrac{30}{10}=3{,}0. Écarts à la moyenne : 11, 4-4, 33, 00, 3-3, 22, 1-1, 44, 2-2, 00; leurs carrés : 1, 16, 9, 0, 9, 4, 1, 16, 4, 0, de somme 60. Variance d'échantillon : 6096,667\dfrac{60}{9}\approx 6{,}667, donc sd2,582s_{d}\approx 2{,}582.

b) Erreur type : 2,58210=2,5823,16230,8165\dfrac{2{,}582}{\sqrt{10}}=\dfrac{2{,}582}{3{,}1623}\approx 0{,}8165. Statistique : t=3,00,81653,674t=\dfrac{3{,}0}{0{,}8165}\approx 3{,}674, avec n1=9n-1=9 degrés de liberté. Il faut remarquer que l'échantillon est ici constitué des DIFFÉRENCES, dix nombres et non vingt : c'est ce qui explique les 9 degrés de liberté.

c) 3,674>2,2623{,}674>2{,}262 : on REJETTE l'hypothèse nulle. La progression moyenne de 3,0 points est significative au seuil de 5 %; la valeur p vaut environ 0,005, donc le résultat tient aussi au seuil de 1 %. La conclusion porte sur l'existence d'une progression, et non sur sa cause : sans groupe témoin, maturation, testage et régression vers la moyenne restent des explications concurrentes.

d) Erreur type de la différence de deux moyennes indépendantes : 9110+110=9×0,44724,0259\sqrt{\dfrac{1}{10}+\dfrac{1}{10}}=9\times 0{,}4472\approx 4{,}025. Statistique : t=3,04,0250,745t=\dfrac{3{,}0}{4{,}025}\approx 0{,}745, avec 18 degrés de liberté et une valeur critique de 2,101 : on ne rejetterait PAS. Le même écart de 3 points passe donc de très significatif à parfaitement anodin selon le traitement retenu.

e) Le gain vient de l'ÉLIMINATION de la variabilité entre individus. En travaillant sur les différences, tout ce qui est propre à chaque étudiant, son niveau de départ, sa motivation, sa méthode, disparaît par soustraction, et il ne reste que la variabilité du CHANGEMENT, ici beaucoup plus petite : l'écart-type passe de 9 à 2,58. Ce que l'appariement coûte est double. D'abord des degrés de liberté : 9 au lieu de 18, ce qui relève la valeur critique de 2,101 à 2,262. Ensuite une contrainte de devis : il faut mesurer deux fois les mêmes personnes, ce qui expose à l'effet de testage et à l'attrition. Le gain l'emporte largement dès que les deux mesures sont fortement corrélées, ce qui est presque toujours le cas d'un avant-après scolaire.

Exercice 4 : La taille d'effet et l'intervalle de confiance

La valeur p dit si l'écart est distinguable du hasard. Elle ne dit pas s'il compte. Deux quantités répondent à cette seconde question, et une revue sérieuse les exige aujourd'hui toutes les deux.

d = 0,20,58d = 0,50,69d = 0,80,79d = 1,20,8800,250,50,75part du groupe traite au-dessus de la mediane temoin
  • a) Calculez le dd de Cohen des deux groupes de l'exercice 1, avec d=x1x2spd=\dfrac{\overline{x}_{1}-\overline{x}_{2}}{s_{p}}.
  • b) Interprétez avec les repères usuels, puis en termes de recouvrement.
  • c) Construisez l'intervalle de confiance à 95 % de la différence de moyennes.
  • d) L'intervalle contient zéro. Quel lien avec le résultat du test de l'exercice 1 ?
  • e) Pourquoi publier l'intervalle plutôt que la seule valeur p ?

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Réponses

  • a) d=4,58,9680,502d=\dfrac{4{,}5}{8{,}968}\approx 0{,}502
  • b) Effet MOYEN : environ 69  %69\;\% de chances de dépasser la médiane du témoin
  • c) 4,5±4,9554{,}5\pm 4{,}955, soit [0,455;9,455][-0{,}455\,;9{,}455] points
  • d) Exactement équivalent : l'intervalle contient zéro si et seulement si le test bilatéral ne rejette pas
  • e) Parce qu'il montre l'imprécision, d'une baisse d'un demi-point à une hausse de neuf points et demi

a) d=72,467,98,968=4,58,9680,502d=\dfrac{72{,}4-67{,}9}{8{,}968}=\dfrac{4{,}5}{8{,}968}\approx 0{,}502. La différence vaut donc environ un demi écart-type.

b) Repères usuels : 0,2 petit, 0,5 moyen, 0,8 grand. L'effet est donc MOYEN. En termes de recouvrement, un dd de 0,5 signifie qu'un étudiant tiré au hasard dans le groupe traité dépasse la médiane du groupe témoin dans environ 69 % des cas, contre 50 % s'il n'y avait aucun effet, et qu'il dépasse un étudiant tiré au hasard du témoin dans environ 64 % des cas. Ces formulations parlent bien plus qu'un nombre abstrait, et elles rappellent qu'un effet moyen laisse une immense zone de chevauchement.

c) (x1x2)±tcrit×ET=4,5±2,008×2,46776=4,5±4,955\left(\overline{x}_{1}-\overline{x}_{2}\right)\pm t_{crit}\times ET=4{,}5\pm 2{,}008\times 2{,}46776=4{,}5\pm 4{,}955, soit [0,455 ; 9,455]\left[-0{,}455\ ;\ 9{,}455\right] points.

d) Le lien est exact et non approximatif : un intervalle de confiance à 95 % de la différence contient zéro SI ET SEULEMENT SI le test bilatéral au seuil de 5 % ne rejette pas. Les deux procédures utilisent la même statistique et la même valeur critique; elles disent la même chose sous deux formes. Vérifier cette cohérence est un excellent contrôle d'erreur de calcul.

e) Parce que l'intervalle contient toute l'information de la valeur p et davantage. Ici, il dit que la vraie différence pourrait être une baisse d'un demi-point comme une hausse de neuf points et demi : autrement dit, l'étude n'exclut ni l'absence d'effet ni un effet considérable, et c'est un constat d'IMPRÉCISION plus que d'absence. Une valeur p de 0,074 se lit comme un échec, l'intervalle se lit comme une invitation à refaire l'étude en plus grand. C'est la raison pour laquelle les recommandations des associations professionnelles de statistique demandent depuis des années de publier les intervalles et les tailles d'effet, et de cesser de commenter le seul franchissement du seuil de 5 %.

Exercice 5 : La puissance : combien faut-il de sujets ?

La puissance est la probabilité de détecter un effet qui existe vraiment. On la choisit avant l'étude, en même temps que l'effectif, et l'omettre est la principale cause des recherches non concluantes.

Pour un test t à deux groupes égaux, une puissance de 80 % au seuil bilatéral de 5 % demande environ n=2(1,96+0,84)2d2n=\dfrac{2\left(1{,}96+0{,}84\right)^{2}}{d^{2}} sujets par groupe.

0.20.40.60.811.21.4100200300400n par groupe, puissance de 80 %d = 0,5 exige 63 par groupetaille d effet visee
  • a) Calculez l'effectif par groupe nécessaire pour détecter un effet moyen, d=0,5d=0{,}5.
  • b) Même question pour un petit effet, d=0,2d=0{,}2, et pour un grand effet, d=0,8d=0{,}8.
  • c) L'étude de l'exercice 1 comptait 25 et 28 sujets. Quelle taille d'effet aurait-elle pu détecter avec 80 % de puissance ?
  • d) Définissez l'erreur de deuxième espèce et reliez-la à la puissance.
  • e) Une étude non concluante sur 26 sujets par groupe démontre-t-elle l'absence d'effet ?

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Réponses

  • a) 15,680,25=62,72\dfrac{15{,}68}{0{,}25}=62{,}72, soit 6363 par groupe et 126126 en tout
  • b) 392392 par groupe pour d=0,2d=0{,}2, 2525 pour d=0,8d=0{,}8 : l'effectif varie en 1d2\dfrac{1}{d^{2}}
  • c) d=15,68260,78d=\sqrt{\dfrac{15{,}68}{26}}\approx 0{,}78 : seulement un GROS effet
  • d) β\beta est le risque de rater un effet réel, et la puissance vaut 1β1-\beta
  • e) Non : ne rien trouver était l'issue attendue ; il faut publier l'intervalle, pas la puissance a posteriori

a) n=2(2,80)20,25=2×7,840,25=15,680,25=62,72n=\dfrac{2\left(2{,}80\right)^{2}}{0{,}25}=\dfrac{2\times 7{,}84}{0{,}25}=\dfrac{15{,}68}{0{,}25}=62{,}72, soit 63 sujets par groupe, donc 126 en tout.

b) Pour d=0,2d=0{,}2 : 15,680,04=392\dfrac{15{,}68}{0{,}04}=392 sujets par groupe, soit 784 en tout. Pour d=0,8d=0{,}8 : 15,680,64=24,5\dfrac{15{,}68}{0{,}64}=24{,}5, soit 25 par groupe. L'effectif varie comme 1d2\dfrac{1}{d^{2}} : diviser par deux la taille d'effet à détecter QUADRUPLE l'échantillon nécessaire. C'est la raison pour laquelle les effets modestes, qui sont la règle en sciences humaines, exigent des études que peu d'équipes peuvent financer.

c) Avec environ 26 sujets par groupe, on résout 26=15,68d226=\dfrac{15{,}68}{d^{2}}, donc d2=15,68260,6031d^{2}=\dfrac{15{,}68}{26}\approx 0{,}6031 et d0,777d\approx 0{,}777. L'étude n'avait donc 80 % de chances de détecter qu'un effet GRAND, proche de 0,8. Or l'effet réellement observé valait 0,50 : l'étude était sous-dimensionnée d'un facteur d'environ 2,4 pour ce qu'elle cherchait, et son résultat non concluant était largement prévisible AVANT la collecte.

d) L'erreur de DEUXIÈME espèce, notée β\beta, consiste à ne pas rejeter H0H_{0} alors qu'elle est fausse : rater un effet réel. La puissance vaut 1β1-\beta. Avec une puissance de 80 %, on accepte donc une chance sur cinq de manquer un effet de la taille visée. Le parallèle avec l'erreur de première espèce mérite d'être posé : α\alpha est le risque de crier au loup, β\beta celui de ne pas le voir venir, et les deux ne se réduisent simultanément qu'en augmentant l'effectif.

e) Non. Avec 26 sujets par groupe, l'étude était incapable de détecter autre chose qu'un très gros effet : ne rien trouver était l'issue la plus probable même si un effet moyen existait. Une absence de rejet dans une étude sous-puissante n'apporte donc presque aucune information. Ce qu'il faut publier dans ce cas est l'INTERVALLE de confiance sur la différence, qui montrera que des effets appréciables restent compatibles avec les données, et la puissance a posteriori doit être évitée : elle n'est qu'une reformulation de la valeur p. La conclusion honnête est « nos données ne tranchent pas », et l'étude suivante doit être dimensionnée sur la taille d'effet observée.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Choisir le bon test

Quatre questions suffisent à choisir le test de comparaison approprié. Se tromper de branche produit une valeur p parfaitement calculée et parfaitement fausse.

  • a) Énoncez les quatre questions dans l'ordre où il faut se les poser.
  • b) On compare la satisfaction, mesurée de 1 à 5, de deux groupes de 12 étudiants. Quel test ?
  • c) On compare le revenu médian de 400 hommes et 380 femmes. Quel test, et pourquoi la non-normalité n'est-elle pas un obstacle ?
  • d) On compare la note de 30 étudiants avant et après un atelier. Quel test ? Et si l'on veut aussi un groupe témoin ?
  • e) On compare le taux de réussite, réussi ou échoué, de trois programmes. Quel test ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Indépendants ou appariés, variable quantitative ou qualitative, deux groupes ou plus, paramétrique ou non
  • b) Mann-Whitney : variable ordinale et douze sujets par groupe
  • c) Test t indépendant avec Welch ; le théorème central limite sauve la non-normalité sur 400 observations
  • d) Test t apparié ; avec un témoin, test t indépendant sur les différences individuelles
  • e) Khi-deux d'indépendance sur un tableau 3 par 2, ddl=2ddl=2, puis un VV de Cramér

a) Première question : les groupes sont-ils INDÉPENDANTS ou APPARIÉS, c'est-à-dire les mêmes unités mesurées deux fois ? Deuxième question : la variable dépendante est-elle QUANTITATIVE ou qualitative ? Troisième question : combien de groupes compare-t-on, DEUX ou plus de deux ? Quatrième question : la distribution permet-elle un test paramétrique, c'est-à-dire la variable est-elle approximativement normale, ou les effectifs assez grands pour que le théorème central limite s'applique ? L'ordre compte : la première question détermine la famille, les suivantes affinent.

b) Deux groupes indépendants, variable ORDINALE et effectifs de 12, trop faibles pour invoquer le théorème central limite : le test approprié est le test non paramétrique de MANN-WHITNEY, qui compare les rangs plutôt que les moyennes. Le test t serait défendable si l'on acceptait la convention qui traite un score de Likert comme une variable d'intervalle, mais avec 12 sujets par groupe et une variable à cinq niveaux, la prudence commande les rangs.

c) Deux groupes indépendants, variable quantitative, grands effectifs : le test t pour échantillons indépendants convient, avec la correction de Welch. La non-normalité du revenu, très étirée vers la droite, n'est pas un obstacle parce que le test porte sur les MOYENNES, et que la distribution d'échantillonnage d'une moyenne tend vers la normale quand nn grandit, quelle que soit la forme de la population : c'est le théorème central limite. Avec près de 400 observations par groupe, l'approximation est excellente. Une réserve subsiste : sur une distribution aussi asymétrique, la moyenne n'est pas forcément la quantité intéressante, et comparer les MÉDIANES par un test de Mann-Whitney répondrait mieux à la question posée.

d) Trente étudiants mesurés deux fois : test t pour échantillons APPARIÉS sur les différences individuelles. Avec un groupe témoin, la question change : on ne teste plus une progression mais un ÉCART de progressions, et l'on compare les différences individuelles du groupe traité aux différences individuelles du groupe témoin par un test t pour échantillons indépendants. C'est la version statistique de la différence de différences, et c'est le devis correct pour évaluer un atelier.

e) La variable dépendante est QUALITATIVE, réussi ou échoué, et l'on compare trois groupes indépendants : aucun test t ne s'applique. On construit un tableau croisé 3 par 2 et l'on emploie le test du KHI-DEUX d'indépendance, avec ddl=(31)(21)=2ddl=\left(3-1\right)\left(2-1\right)=2, puis un VV de Cramér pour l'intensité. Si un effectif théorique tombait sous 5, on regrouperait des programmes ou l'on passerait au test exact de Fisher.

Exercice 7 : Significatif et important ne sont pas synonymes

Le même écart, mesuré sur des échantillons de tailles différentes, franchit ou non le seuil. Le graphique montre le mécanisme, et la question porte sur ce qu'il faut en dire.

200400600800100012001.534.56valeur du t pour un ecart fixe de 1,5 pointseuil 1,96n par groupe
  • a) Deux groupes de 40 étudiants diffèrent de 1,5 point, avec un écart-type de 9. Calculez tt et concluez.
  • b) Reprenez avec 400 étudiants par groupe, puis 1 000.
  • c) Calculez le dd de Cohen dans les trois cas. Que remarquez-vous ?
  • d) À partir de quel effectif l'écart de 1,5 point devient-il significatif ?
  • e) Rédigez la phrase qui décrit correctement le résultat obtenu avec 1 000 sujets par groupe.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) t=1,52,0120,745t=\dfrac{1{,}5}{2{,}012}\approx 0{,}745 : on ne rejette pas
  • b) t2,357t\approx 2{,}357 avec 400400 par groupe, t3,727t\approx 3{,}727 avec 10001\,000
  • c) d=1,590,167d=\dfrac{1{,}5}{9}\approx 0{,}167 dans les trois cas : la taille d'effet ignore l'effectif
  • d) n276,6n\ge 276{,}6, soit 277277 sujets par groupe
  • e) Écart brut avec son unité, test avec ses degrés de liberté, taille d'effet, sans confondre significatif et important

a) Erreur type : 9240=9×0,223612,01259\sqrt{\dfrac{2}{40}}=9\times 0{,}22361\approx 2{,}0125. Statistique : t=1,52,01250,745t=\dfrac{1{,}5}{2{,}0125}\approx 0{,}745, très loin de la valeur critique voisine de 1,99 : on ne rejette pas.

b) Avec 400 par groupe : erreur type 92400=9×0,0707110,63649\sqrt{\dfrac{2}{400}}=9\times 0{,}070711\approx 0{,}6364, donc t=1,50,63642,357t=\dfrac{1{,}5}{0{,}6364}\approx 2{,}357, supérieur à 1,96 : on rejette. Avec 1 000 par groupe : erreur type 9×0,0447210,402499\times 0{,}044721\approx 0{,}40249, donc t3,727t\approx 3{,}727, très largement au-delà du seuil.

c) d=1,590,167d=\dfrac{1{,}5}{9}\approx 0{,}167 dans les TROIS cas. La taille d'effet ne dépend pas de l'effectif : elle décrit la séparation des deux distributions, pas la quantité de données recueillies. C'est exactement le rôle qu'on lui demande, et c'est pourquoi elle doit accompagner tout test.

d) On cherche nn tel que 1,592/n1,96\dfrac{1{,}5}{9\sqrt{2/n}}\ge 1{,}96, donc 2n1,59×1,96=0,085034\sqrt{\dfrac{2}{n}}\le \dfrac{1{,}5}{9\times 1{,}96}=0{,}085034, d'où 2n0,0072308\dfrac{2}{n}\le 0{,}0072308 et n276,6n\ge 276{,}6, soit 277 sujets par groupe. Au-delà, un écart de 1,5 point sur 100, qui n'intéresse personne, sera déclaré significatif à chaque fois.

e) « Le groupe traité obtient en moyenne 1,5 point de plus que le groupe témoin, sur une échelle de 100, différence statistiquement significative, t(1998)=3,73t\left(1998\right)=3{,}73, p inférieur à 0,001, mais dont la taille d'effet est très faible, d=0,17d=0{,}17. Cet écart correspond à environ un demi-point de plus qu'un cinquième d'écart-type, et il n'a pas de portée pratique identifiable pour un étudiant pris individuellement. » La phrase donne les trois éléments obligatoires, l'écart brut avec son unité, le test avec ses degrés de liberté, la taille d'effet, et elle refuse explicitement de transformer la significativité en importance.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « p=0,074p=0{,}074 : il y a 7,4 % de chances que l'hypothèse nulle soit vraie. »
  • 2) « Nos deux distributions se recouvrent presque entièrement : aucun test ne peut être significatif. »
  • 3) « Nous avons mesuré les mêmes 30 étudiants avant et après, puis comparé les deux moyennes par un test t pour échantillons indépendants. »
  • 4) « Le test n'est pas significatif avec 26 sujets par groupe : l'atelier n'a donc aucun effet. »
  • 5) « Notre dd vaut 0,17 mais pp vaut 0,0002 : l'effet est donc à la fois faible et important. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) FAUX : p est la probabilité de l'écart SI H0H_{0} est vraie, pas la probabilité que H0H_{0} soit vraie
  • 2) FAUX : avec 10001\,000 par groupe, d=0,17d=0{,}17 donne t3,7t\approx 3{,}7 et p<0,001p<0{,}001
  • 3) FAUX : mesures appariées, donc test t apparié à 2929 degrés de liberté sur les différences
  • 4) FAUX : avec 2626 par groupe, seul un effet de 0,780{,}78 était détectable ; il en faudrait 6363
  • 5) FAUX : l'effet est très clairement établi ET très petit, ce qui n'a rien de contradictoire

1) FAUX. La valeur p est la probabilité d'observer un écart au moins aussi grand SI l'hypothèse nulle était vraie, et non la probabilité que l'hypothèse nulle soit vraie. Les deux quantités sont des probabilités conditionnelles inversées, comme la probabilité d'être mouillé sachant qu'il pleut et celle qu'il pleuve sachant qu'on est mouillé. Énoncé correct : si les deux groupes provenaient de populations identiques, on observerait un écart au moins aussi grand dans 7,4 % des répétitions de l'étude.

2) FAUX. Le test porte sur les MOYENNES, dont l'erreur type vaut sn\dfrac{s}{\sqrt{n}} et diminue sans limite avec l'effectif, alors que le recouvrement des distributions individuelles n'en dépend pas. Avec 1 000 sujets par groupe, un dd de 0,17, donc un recouvrement énorme, donne t3,7t\approx 3{,}7 et une valeur p inférieure à 0,001. Énoncé correct : le fort recouvrement indique une taille d'effet faible, non l'impossibilité d'un résultat significatif.

3) FAUX. Les deux mesures portent sur les mêmes personnes : elles ne sont pas indépendantes, et traiter les vingt mesures comme deux échantillons distincts gonfle l'erreur type en y réinjectant toute la variabilité entre individus. Sur l'exemple du chapitre, le tt tombait de 3,67 à 0,75 pour les mêmes données. Énoncé correct : on calcule les 30 différences individuelles et l'on teste si leur moyenne est nulle, par un test t pour échantillons APPARIÉS à 29 degrés de liberté.

4) FAUX. Avec 26 sujets par groupe, l'étude n'avait 80 % de chances de détecter qu'un effet de taille 0,78, c'est-à-dire un gros effet. Ne rien trouver était l'issue attendue même en présence d'un effet moyen. Énoncé correct : nos données ne permettent pas de conclure; l'intervalle de confiance de la différence va de 0,5-0{,}5 à +9,5+9{,}5 points, ce qui laisse ouverte la possibilité d'un effet appréciable, et une étude d'environ 63 sujets par groupe serait nécessaire.

5) FAUX, la conclusion mélange les deux notions. Une valeur p minuscule indique seulement que l'écart est difficilement attribuable au hasard, ce qui, avec de grands échantillons, arrive pour n'importe quel écart. L'importance se juge sur le dd et sur l'unité de mesure, et un dd de 0,17 est faible. Énoncé correct : l'effet est très clairement établi et très petit; il est réel et sans portée pratique évidente, ce qui n'est nullement contradictoire.

Exercice 9 : Problème : l'évaluation complète d'un atelier

Un cégep évalue un atelier de méthodes de travail. Parmi 96 demandeurs, 48 sont tirés au sort pour la session en cours, les 48 autres formant la liste d'attente. On mesure la moyenne de session.

Groupe traité : 48 étudiants, moyenne 74,2, écart-type 10,4. Groupe témoin : 48 étudiants, moyenne 70,1, écart-type 11,1.

  • a) Justifiez le devis et dites quelle validité il assure.
  • b) Calculez la variance combinée, l'erreur type, le tt et les degrés de liberté.
  • c) La valeur critique bilatérale à 94 degrés de liberté vaut 1,986. Concluez.
  • d) Calculez la taille d'effet et l'intervalle de confiance de la différence.
  • e) Neuf des 48 tutorés n'ont assisté à aucune séance et obtiennent 68,9. Comment les traiter ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) Expérience à liste d'attente : validité interne assurée, validité externe limitée aux demandeurs
  • b) sp2=115,685s_{p}^{2}=115{,}685, erreur type 2,1952{,}195, t1,868t\approx 1{,}868 à 9494 degrés de liberté
  • c) 1,868<1,9861{,}868<1{,}986 : on ne rejette pas, valeur p voisine de 0,0650{,}065
  • d) d0,381d\approx 0{,}381 et [0,260;8,460][-0{,}260\,;8{,}460] : l'étude est imprécise, non négative
  • e) On les garde : intention de traiter, seule analyse qui préserve l'équivalence du tirage au sort

a) C'est une EXPÉRIENCE À LISTE D'ATTENTE avec assignation aléatoire parmi les demandeurs. Elle assure la validité INTERNE : les deux groupes ne diffèrent en moyenne que par le traitement, y compris sur les variables non mesurées, et la différence observée peut donc être attribuée à l'atelier. La validité EXTERNE reste limitée aux étudiants qui DEMANDENT un tel atelier, population qui n'est pas celle du cégep.

b) Les effectifs étant égaux, sp2=47×10,42+47×11,1294=10,42+11,122=108,16+123,212=231,372=115,685s_{p}^{2}=\dfrac{47\times 10{,}4^{2}+47\times 11{,}1^{2}}{94}=\dfrac{10{,}4^{2}+11{,}1^{2}}{2}=\dfrac{108{,}16+123{,}21}{2}=\dfrac{231{,}37}{2}=115{,}685, donc sp10,7557s_{p}\approx 10{,}7557. Erreur type : 10,7557248=10,7557×0,2041242,1954910{,}7557\sqrt{\dfrac{2}{48}}=10{,}7557\times 0{,}204124\approx 2{,}19549. Statistique : t=74,270,12,19549=4,12,195491,8675t=\dfrac{74{,}2-70{,}1}{2{,}19549}=\dfrac{4{,}1}{2{,}19549}\approx 1{,}8675, avec 48+482=9448+48-2=94 degrés de liberté.

c) 1,868<1,9861{,}868<1{,}986 : on ne rejette pas au seuil de 5 %. La valeur p vaut environ 0,065, donc le résultat est proche du seuil sans l'atteindre. La rédaction correcte est que l'étude n'établit pas d'effet, et non que l'atelier n'en a pas.

d) d=4,110,75570,381d=\dfrac{4{,}1}{10{,}7557}\approx 0{,}381, un effet PETIT À MOYEN. Intervalle de confiance : 4,1±1,986×2,19549=4,1±4,36024{,}1\pm 1{,}986\times 2{,}19549=4{,}1\pm 4{,}3602, soit [0,260 ; 8,460]\left[-0{,}260\ ;\ 8{,}460\right] points. Il contient zéro, en cohérence exacte avec le test, et il montre surtout que la vraie différence pourrait atteindre huit points et demi : l'étude est imprécise plutôt que négative. Une réplication avec environ 110 étudiants par groupe, effectif requis pour détecter d=0,38d=0{,}38 avec 80 % de puissance, trancherait la question.

e) Il faut les GARDER dans le groupe traité et présenter cette analyse comme la principale : c'est l'analyse en INTENTION DE TRAITER, et c'est elle qui préserve l'équivalence produite par le tirage au sort. Retirer les neuf absents reviendrait à comparer un sous-groupe sélectionné par son propre comportement, probablement les moins engagés, à un groupe témoin complet, ce qui gonflerait l'effet. On peut publier EN COMPLÉMENT une analyse restreinte aux 39 participants effectifs, en la nommant comme telle et en précisant qu'elle donne une borne supérieure optimiste. La question à laquelle répond l'intention de traiter est celle du décideur : que produit le fait d'OFFRIR l'atelier, sachant qu'une partie des inscrits ne viendra pas.

Exercice 10 : Problème : lire une section « résultats »

Extrait d'article : « Les étudiantes obtiennent une moyenne supérieure à celle des étudiants (M=73,8M=73{,}8 contre M=70,2M=70{,}2; t(1198)=4,12t\left(1\,198\right)=4{,}12; p<0,001p<0{,}001). L'effet du genre sur la réussite est donc démontré. Par ailleurs, aucune différence n'a été trouvée entre les programmes (p=0,21p=0{,}21), ce qui montre que le programme n'influence pas la réussite. »

  • a) Retrouvez l'effectif total et l'ordre de grandeur de l'erreur type à partir des degrés de liberté et du tt.
  • b) Calculez la taille d'effet approximative si l'écart-type commun vaut 15. Interprétez.
  • c) « L'effet du genre sur la réussite est démontré » : deux reproches.
  • d) « Aucune différence n'a été trouvée, ce qui montre que le programme n'influence pas » : que reprocher ?
  • e) Réécrivez le paragraphe.

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b)
c)
d)
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Réponses

  • a) n=1200n=1\,200, soit 600600 par groupe ; erreur type 3,64,120,874\dfrac{3{,}6}{4{,}12}\approx 0{,}874
  • b) d=3,615=0,24d=\dfrac{3{,}6}{15}=0{,}24 : petit effet, distributions recouvertes à plus de 90  %90\;\%
  • c) « Démontré » pour un dd de 0,240{,}24, et « effet » sur une variable qui n'a pas été assignée
  • d) L'absence de rejet n'est pas une preuve d'absence ; il manque l'intervalle et les effectifs par programme
  • e) Écarts bruts, tailles d'effet, intervalles (1,91{,}9 à 5,35{,}3 points), et deux constats d'indécision

a) Avec ddl=n1+n22=1198ddl=n_{1}+n_{2}-2=1\,198, l'effectif total vaut 1 200, soit environ 600 par groupe si les groupes sont équilibrés. L'erreur type se déduit du tt : ET=73,870,24,12=3,64,120,874ET=\dfrac{73{,}8-70{,}2}{4{,}12}=\dfrac{3{,}6}{4{,}12}\approx 0{,}874. On peut vérifier la cohérence : avec s=15s=15 et 600 par groupe, ET=1526000,866ET=15\sqrt{\dfrac{2}{600}}\approx 0{,}866, ce qui concorde. Ce recalcul est un bon réflexe de lecture : il attrape les incohérences et permet de reconstituer ce que l'article n'a pas publié.

b) d=3,615=0,24d=\dfrac{3{,}6}{15}=0{,}24, un PETIT effet. Autrement dit, les distributions se recouvrent à plus de 90 %, et connaître le genre d'un étudiant n'améliore que marginalement la prédiction de sa note. La valeur p inférieure à 0,001 vient presque entièrement des 1 200 sujets, non de l'ampleur de l'écart.

c) Premier reproche, le mot DÉMONTRÉ appliqué à un effet de 0,24 : l'étude établit une différence de moyennes, faible, et n'a rien démontré de plus. Second reproche, le mot EFFET, qui affirme une causalité : le genre n'a pas été assigné au hasard, et l'écart peut refléter des différences de programme choisi, d'heures de travail rémunéré, de rapport à l'école, toutes corrélées au genre. La formulation correcte parle d'une différence ASSOCIÉE au genre, et non d'un effet du genre.

d) L'absence de rejet n'est pas une preuve d'absence. Avec p=0,21p=0{,}21, les données sont COMPATIBLES avec l'hypothèse nulle, et elles le sont tout autant avec des différences de plusieurs points, comme le montrerait l'intervalle de confiance que l'article ne publie pas. Il faudrait aussi connaître le nombre de programmes comparés et l'effectif de chacun : une comparaison entre six programmes de 200 étudiants n'a pas la même puissance qu'entre deux programmes de 600.

e) « Les étudiantes obtiennent en moyenne 73,8 contre 70,2 pour les étudiants, soit 3,6 points d'écart, différence statistiquement significative, t(1198)=4,12t\left(1\,198\right)=4{,}12; p<0,001p<0{,}001, mais de faible ampleur, d=0,24d=0{,}24, avec un intervalle de confiance de 1,9 à 5,3 points. Le genre n'ayant pas été assigné, cette différence ne peut être interprétée comme un effet causal. La comparaison entre programmes ne permet pas de conclure, p=0,21p=0{,}21; l'intervalle de confiance de l'écart entre les programmes extrêmes reste toutefois compatible avec des différences de plusieurs points, et l'étude ne permet donc pas d'écarter un lien. » Le paragraphe donne les écarts bruts, les tailles d'effet, les intervalles, et remplace deux affirmations abusives par deux constats d'indécision.

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