Méthodes quantitatives avancées 360-301 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : la régression multiple (360-301)

Ces dix exercices corrigés couvrent la régression multiple telle qu'elle sert en sciences humaines : lire une sortie de logiciel, interpréter un coefficient partiel, contrôler une variable, repérer la multicolinéarité et les défauts que les résidus dénoncent.

Le fil de la série tient en une phrase : un coefficient de régression multiple ne se lit JAMAIS sans la clause « à variables restantes constantes », et c'est cette clause qui fait toute la différence avec une corrélation brute.

Trois pièges sont désignés nommément : le R2R^{2} qui monte à chaque variable ajoutée même quand elle est du bruit, les coefficients comparés entre eux malgré des unités différentes, et l'absence de significativité lue comme une preuve d'absence de lien.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (7 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Concepts, variables et échelles de mesureMéthodes quantitatives (360-300)
  2. 2Échantillonnage et questionnaireMéthodes quantitatives (360-300)
  3. 3Tableaux de distribution et graphiquesMéthodes quantitatives (360-300)
  4. 4Cote Z, rang centile et cote RMéthodes quantitatives (360-300)
  5. 5Tableaux croisés, khi-deux et associationMéthodes quantitatives (360-300)
  6. 6La marge d'erreur d'un sondageMéthodes quantitatives (360-300)
  7. 7Comparer deux groupes : test t et taille d'effet

Rappel de cours

  • Un coefficient de régression multiple est PARTIEL : il vaut à variables restantes constantes. La clause fait partie de l'interprétation, pas du décor.
  • La pente brute et la pente partielle diffèrent dès que les variables explicatives sont corrélées entre elles.
  • Chaque ligne d'une sortie teste H0 : βj=0H_{0}\ :\ \beta_{j}=0 avec t=bETt=\dfrac{b}{ET}. Intervalle : b±tcrit×ETb\pm t_{crit}\times ET.
  • R2R^{2} ne peut jamais diminuer quand on ajoute une variable. Raj2=1(1R2)n1nk1R_{aj}^{2}=1-\left(1-R^{2}\right)\dfrac{n-1}{n-k-1} peut baisser, et c'est le signal utile.
  • Coefficients STANDARDISÉS =b×sxsy=b\times \dfrac{s_{x}}{s_{y}} : les seuls comparables entre variables d'unités différentes.
  • Variable qualitative à kk modalités : k1k-1 indicatrices, la modalité omise servant de RÉFÉRENCE. Trois indicatrices pour trois modalités rendent le modèle indéterminé.
  • Le coefficient d'une indicatrice est un DÉCALAGE vertical, pas une pente : les droites restent parallèles sans terme d'interaction.
  • Résidu ei=yiy^ie_{i}=y_{i}-\hat{y}_{i}. Somme nulle et non-corrélation avec les prédicteurs sont automatiques : c'est la FORME du nuage qu'on examine.
  • Nuage en entonnoir : hétéroscédasticité, qui fausse les erreurs types sans biaiser les coefficients. Nuage en U : non-linéarité, à corriger par un terme quadratique ou un logarithme.
  • VIF=11Rj2VIF=\dfrac{1}{1-R_{j}^{2}} : au-delà de 5, la multicolinéarité est sérieuse. Elle gonfle les erreurs types, laisse intactes les prédictions, et ruine l'interprétation des coefficients séparés.
  • Terme d'INTERACTION x1×ex_{1}\times e : son coefficient est une DIFFÉRENCE DE PENTES. Les coefficients simples deviennent alors conditionnels à la valeur zéro de l'autre variable.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : De une à deux variables : le coefficient partiel

La régression simple mesure le lien brut entre deux variables. La régression multiple mesure le lien qui RESTE quand on maintient les autres constantes. Le passage de l'un à l'autre change les nombres, et surtout leur sens.

Sur 150 étudiants. Modèle 1 : y^=52,0+1,30x1\hat{y}=52{,}0+1{,}30x_{1}, avec R2=0,28R^{2}=0{,}28. Modèle 2 : y^=55,4+1,05x10,42x2\hat{y}=55{,}4+1{,}05x_{1}-0{,}42x_{2}, avec R2=0,41R^{2}=0{,}41, où yy est la note de session, x1x_{1} les heures d'étude et x2x_{2} les heures de travail rémunéré.

pente brutepente partielleheures d etude par semaine
  • a) Interprétez le coefficient 1,30 du modèle 1, puis le coefficient 1,05 du modèle 2.
  • b) Pourquoi la pente passe-t-elle de 1,30 à 1,05 ?
  • c) Interprétez le coefficient 0,42-0{,}42.
  • d) Prédisez la note d'un étudiant qui étudie 12 heures et travaille 18 heures par semaine.
  • e) Que devient la prédiction s'il réduit son emploi de 6 heures et transfère ce temps à l'étude ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 1,301{,}30 est une pente BRUTE ; 1,051{,}05 une pente PARTIELLE, à heures de travail constantes
  • b) Parce que les deux variables explicatives sont corrélées : 19,2  %19{,}2\;\% de l'association brute était empruntée
  • c) À heures d'étude constantes, une heure de travail rémunéré de plus vaut 0,420{,}42 point de moins
  • d) 55,4+12,67,56=60,4455{,}4+12{,}6-7{,}56=60{,}44
  • e) 69,2669{,}26, soit 6×(1,05+0,42)=8,826\times (1{,}05+0{,}42)=8{,}82 points de plus, mais c'est une prédiction, pas une promesse

a) Dans le modèle 1, le coefficient 1,30 est une pente BRUTE : chaque heure d'étude hebdomadaire supplémentaire est associée à 1,30 point de plus, toutes choses observées telles qu'elles sont. Dans le modèle 2, le coefficient 1,05 est une pente PARTIELLE : chaque heure d'étude supplémentaire est associée à 1,05 point de plus À HEURES DE TRAVAIL RÉMUNÉRÉ CONSTANTES. La formule « à variables constantes » n'est pas une formalité de rédaction, elle est tout le contenu du coefficient.

b) Parce que les deux variables explicatives sont CORRÉLÉES entre elles : les étudiants qui travaillent beaucoup étudient moins. Dans le modèle 1, la pente de 1,30 mélange l'effet propre de l'étude et l'effet, de sens opposé, du travail rémunéré qui l'accompagne. En introduisant x2x_{2}, on retire cette part empruntée, et il reste 1,05. Un quart environ de l'association brute était donc attribuable à autre chose qu'aux heures d'étude elles-mêmes : c'est exactement la logique de l'élaboration vue en tableau croisé, transposée à des variables continues.

c) À heures d'étude constantes, chaque heure de travail rémunéré hebdomadaire supplémentaire est associée à 0,42 point de MOINS. Il faut souligner « à heures d'étude constantes » : le coefficient ne mesure pas l'effet total du travail rémunéré, qui passe en bonne partie par la réduction du temps d'étude, mais ce qui subsiste au-delà, fatigue, absences, désengagement.

d) y^=55,4+1,05×120,42×18=55,4+12,67,56=60,44\hat{y}=55{,}4+1{,}05\times 12-0{,}42\times 18=55{,}4+12{,}6-7{,}56=60{,}44. La prédiction porte sur la MOYENNE des étudiants ayant ce profil, et non sur l'individu, dont la note s'écartera de cette valeur d'un résidu.

e) Il passerait à 18 heures d'étude et 12 heures de travail : y^=55,4+1,05×180,42×12=55,4+18,95,04=69,26\hat{y}=55{,}4+1{,}05\times 18-0{,}42\times 12=55{,}4+18{,}9-5{,}04=69{,}26, soit 8,82 points de plus. On peut retrouver ce nombre directement : le transfert de 6 heures vaut 6×(1,05+0,42)=6×1,47=8,826\times \left(1{,}05+0{,}42\right)=6\times 1{,}47=8{,}82. Attention toutefois : ce calcul est une PRÉDICTION du modèle, pas une promesse causale. Les données étant transversales, rien ne garantit qu'un étudiant qui change de comportement obtienne réellement ce gain.

Exercice 2 : Lire une sortie de régression

Un logiciel renvoie toujours le même tableau. Cinq colonnes, et chacune répond à une question précise.

Sortie du modèle 2, sur 150 étudiants.

VariableCoefficient bbErreur typettpp
Constante55,403,1217,76< 0,001
Heures d'étude1,050,215,00< 0,001
Heures de travail0,42-0{,}420,113,82-3{,}82< 0,001
  • a) Retrouvez les statistiques tt à partir des coefficients et des erreurs types.
  • b) Que teste chaque ligne du tableau ? Formulez l'hypothèse nulle.
  • c) Construisez l'intervalle de confiance à 95 % du coefficient des heures d'étude, la valeur critique valant 1,976 à 147 degrés de liberté.
  • d) Le coefficient des heures de travail est-il significativement différent de zéro ? Et de 1-1 ?
  • e) Peut-on comparer directement 1,05 et 0,42-0{,}42 pour dire quelle variable compte le plus ?

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a)
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Réponses

  • a) 5,005{,}00, 3,818-3{,}818 et 17,7617{,}76
  • b) Chaque ligne teste βj=0\beta_{j}=0 À VARIABLES RESTANTES CONSTANTES, en bilatéral
  • c) 1,05±0,4151{,}05\pm 0{,}415, soit [0,635;1,465][0{,}635\,;1{,}465]
  • d) Oui pour zéro ; et oui pour 1-1, avec t=0,580,115,27t=\dfrac{0{,}58}{0{,}11}\approx 5{,}27
  • e) Non : unités différentes et dispersions différentes ; il faut les coefficients standardisés

a) t=bETt=\dfrac{b}{ET}. Heures d'étude : 1,050,21=5,00\dfrac{1{,}05}{0{,}21}=5{,}00. Heures de travail : 0,420,113,818\dfrac{-0{,}42}{0{,}11}\approx -3{,}818. Constante : 55,403,1217,76\dfrac{55{,}40}{3{,}12}\approx 17{,}76. Ce recalcul prend dix secondes et attrape les erreurs de transcription : il faut le faire chaque fois qu'on lit un tableau publié.

b) Chaque ligne teste H0 : βj=0H_{0}\ :\ \beta_{j}=0, c'est-à-dire que la variable jj n'apporte rien À VARIABLES RESTANTES CONSTANTES. Le test est bilatéral. Il faut insister sur la clause de constance : une variable peut être fortement liée à yy prise seule et parfaitement non significative dans le modèle, simplement parce qu'une autre variable porte déjà la même information.

c) 1,05±1,976×0,21=1,05±0,4151{,}05\pm 1{,}976\times 0{,}21=1{,}05\pm 0{,}415, soit [0,635 ; 1,465]\left[0{,}635\ ;\ 1{,}465\right]. L'intervalle exclut zéro, ce qui est cohérent avec p<0,001p<0{,}001, et il indique surtout que l'effet plausible d'une heure d'étude va d'un gain de six dixièmes de point à près d'un point et demi.

d) Différent de zéro : oui, t=3,82\left|t\right|=3{,}82 dépasse largement 1,976. Différent de 1-1 : il faut refaire un test, t=0,42(1)0,11=0,580,115,27t=\dfrac{-0{,}42-\left(-1\right)}{0{,}11}=\dfrac{0{,}58}{0{,}11}\approx 5{,}27, donc oui également, et de façon très nette. La question mérite d'être posée parce que le tableau ne teste QUE l'hypothèse zéro, alors que la question intéressante est souvent une autre valeur, par exemple un seuil jugé important en pratique.

e) Non. Les deux coefficients s'expriment dans des unités différentes, points par heure d'étude et points par heure de travail, et l'ampleur de leur effet dépend aussi de la DISPERSION de chaque variable : une variable dont les valeurs varient très peu ne peut pas produire beaucoup d'écart, même avec un gros coefficient. Pour comparer, on utilise les coefficients STANDARDISÉS, obtenus en multipliant chaque bb par sxjsy\dfrac{s_{x_{j}}}{s_{y}} : ils s'expriment tous en écarts-types et deviennent comparables entre eux. Le rapport des statistiques tt, ici 5,00 contre 3,82, est un raccourci acceptable pour dire laquelle est le plus solidement établie, mais il ne mesure pas l'ampleur.

Exercice 3 : R², R² ajusté et la tentation d'ajouter des variables

Le coefficient de détermination monte à chaque variable ajoutée, même quand la variable est du bruit pur. Le R2R^{2} ajusté corrige, et son comportement est le meilleur garde-fou contre les modèles enflés.

R carre : toujours croissantR carre ajustenombre de variables explicatives
  • a) Interprétez le passage de R2=0,28R^{2}=0{,}28 à R2=0,41R^{2}=0{,}41 entre les deux modèles.
  • b) Calculez le R2R^{2} ajusté du modèle 2, avec Raj2=1(1R2)n1nk1R_{aj}^{2}=1-\left(1-R^{2}\right)\dfrac{n-1}{n-k-1}, n=150n=150 et k=2k=2.
  • c) On ajoute cinq variables sans lien réel; le R2R^{2} monte à 0,425. Calculez le R2R^{2} ajusté et concluez.
  • d) Pourquoi le R2R^{2} ne peut-il jamais diminuer quand on ajoute une variable ?
  • e) Un R2R^{2} de 0,41 est-il bon ? Répondez en distinguant deux contextes.

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a)
b)
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Réponses

  • a) De 28  %28\;\% à 41  %41\;\% de variance expliquée, soit 1313 points de plus ; 59  %59\;\% restent inexpliqués
  • b) 10,59×1491470,4021-0{,}59\times \dfrac{149}{147}\approx 0{,}402
  • c) 0,397\approx 0{,}397 : le brut monte et l'ajusté BAISSE, donc les cinq variables n'apportent rien
  • d) Parce que les moindres carrés minimisent sur un ensemble élargi : au pire le coefficient est nul
  • e) Faible pour prédire un individu, très bon pour expliquer en sciences humaines

a) Le modèle 1 rend compte de 28 % de la variance des notes, le modèle 2 de 41 %. L'ajout des heures de travail rémunéré explique donc 13 points de variance de plus. Autrement dit, la connaissance des deux variables réduit de 41 % la somme des carrés des écarts par rapport à une prédiction par la seule moyenne. Il reste 59 % de la variation des notes que le modèle n'explique pas, ce qui est la situation ordinaire en sciences humaines.

b) Raj2=1(10,41)149147=10,59×1,013605=10,5980270,402R_{aj}^{2}=1-\left(1-0{,}41\right)\dfrac{149}{147}=1-0{,}59\times 1{,}013605=1-0{,}598027\approx 0{,}402. La correction coûte huit millièmes : elle est légère parce que 150 observations pour 2 variables laissent beaucoup de degrés de liberté.

c) Avec k=7k=7 : Raj2=1(10,425)149142=10,575×1,049296=10,6033450,397R_{aj}^{2}=1-\left(1-0{,}425\right)\dfrac{149}{142}=1-0{,}575\times 1{,}049296=1-0{,}603345\approx 0{,}397. Le R2R^{2} brut a MONTÉ, de 0,410 à 0,425, et le R2R^{2} ajusté a BAISSÉ, de 0,402 à 0,397. C'est le signal exact qu'il faut savoir lire : les cinq variables ajoutées ne rapportent pas plus que ce que coûtent les degrés de liberté consommés, donc elles n'apportent rien. Le modèle à deux variables est préférable.

d) Parce que la méthode des moindres carrés MINIMISE la somme des carrés des résidus sur l'ensemble des coefficients possibles. Ajouter une variable élargit l'ensemble des modèles disponibles : dans le pire des cas, le logiciel lui donnera un coefficient nul et retrouvera exactement le modèle précédent. Le minimum ne peut donc que baisser ou rester égal, et le R2R^{2} que monter ou rester égal. En pratique, avec des données réelles, une variable aléatoire fait toujours gagner un peu, et avec nn variables pour nn observations on atteint R2=1R^{2}=1 sans avoir rien appris.

e) Dans un contexte de PRÉDICTION individuelle, 0,41 est faible : il reste un écart type résiduel considérable, et la note d'un étudiant donné restera très imparfaitement prédite. Dans un contexte d'EXPLICATION en sciences humaines, où le comportement dépend de dizaines de facteurs non mesurés, expliquer 41 % de la variance des notes avec deux variables administratives est au contraire un très bon résultat. Le même nombre serait catastrophique en physique et remarquable en sociologie : un R2R^{2} ne se juge jamais dans l'absolu, mais contre ce que la littérature du domaine obtient habituellement.

Exercice 4 : Les variables indicatrices

Une régression n'accepte que des nombres. Une variable qualitative y entre sous forme de variables INDICATRICES, valant 0 ou 1, et l'interprétation des coefficients change de nature.

On ajoute au modèle une indicatrice « occupe un emploi », valant 1 si oui : y^=57,1+1,02x12,9e\hat{y}=57{,}1+1{,}02x_{1}-2{,}9e.

  • a) Interprétez le coefficient 2,9-2{,}9.
  • b) Écrivez les deux équations, pour un étudiant sans emploi puis avec emploi.
  • c) La variable « programme » a trois modalités. Combien d'indicatrices faut-il, et pourquoi pas trois ?
  • d) Les coefficients des deux indicatrices de programme valent +3,4+3{,}4 et 1,8-1{,}8, la référence étant le troisième programme. Classez les trois programmes.
  • e) Que se passerait-il si l'on codait le programme 1, 2, 3 dans une seule variable ?

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Réponses

  • a) À heures d'étude constantes, un étudiant en emploi obtient 2,92{,}9 points de moins : un DÉCALAGE
  • b) y^=57,1+1,02x1\hat{y}=57{,}1+1{,}02x_{1} et y^=54,2+1,02x1\hat{y}=54{,}2+1{,}02x_{1} : deux droites parallèles
  • c) 31=23-1=2 indicatrices ; trois créeraient une colinéarité parfaite avec la constante
  • d) Programme 1, puis 3 (la référence), puis 2 ; 5,25{,}2 points entre les extrêmes
  • e) On imposerait des écarts égaux entre codes arbitraires : le résultat dépendrait du codage

a) À heures d'étude constantes, un étudiant qui occupe un emploi obtient en moyenne 2,9 points de MOINS qu'un étudiant sans emploi. Le coefficient d'une indicatrice n'est pas une pente mais un DÉCALAGE : il déplace toute la droite vers le bas ou vers le haut, sans en changer l'inclinaison.

b) Sans emploi, e=0e=0 : y^=57,1+1,02x1\hat{y}=57{,}1+1{,}02x_{1}. Avec emploi, e=1e=1 : y^=57,12,9+1,02x1=54,2+1,02x1\hat{y}=57{,}1-2{,}9+1{,}02x_{1}=54{,}2+1{,}02x_{1}. Deux droites PARALLÈLES, séparées verticalement de 2,9 points. Le parallélisme est une hypothèse du modèle, pas un fait observé : le lever exige un terme d'interaction.

c) Il faut 31=23-1=2 indicatrices. Avec trois indicatrices, leur somme vaudrait 1 pour tout le monde, donc elles seraient parfaitement redondantes avec la constante, et le système n'aurait plus de solution unique : c'est le piège dit de la VARIABLE INDICATRICE, ou colinéarité parfaite. La modalité laissée de côté devient la RÉFÉRENCE, et tous les coefficients se lisent par rapport à elle.

d) Le troisième programme, référence, sert de zéro. Le premier est à +3,4+3{,}4 points de la référence, le second à 1,8-1{,}8. Classement décroissant : programme 1, puis programme 3, puis programme 2, avec 5,2 points entre les deux extrêmes. Attention : le tableau teste la différence de chaque programme À LA RÉFÉRENCE, et non les programmes entre eux; conclure que 1 diffère significativement de 2 exige un test supplémentaire, ou de changer de référence et de relancer.

e) On imposerait au modèle que passer du programme 1 au programme 2 produise exactement le même effet que passer du 2 au 3, puisqu'un coefficient unique multiplie le code. Or ces codes sont des étiquettes NOMINALES dont l'ordre est arbitraire : permuter deux programmes changerait complètement le résultat. Le modèle serait donc à la fois contraint sans raison et dépendant d'un choix de codage sans signification. C'est l'erreur la plus fréquente des débutants, et le logiciel ne proteste jamais.

Exercice 5 : Les résidus, et ce qu'ils dénoncent

Un modèle se juge autant sur ce qu'il n'explique pas que sur ce qu'il explique. Le graphique des résidus contre les valeurs prédites est le premier examen à faire, avant tout commentaire de coefficient.

residus sainsvariance croissanteresidu en ordonnee, valeur predite en abscisse
  • a) Définissez le résidu d'une observation et donnez sa valeur pour un étudiant prédit à 60,44 qui obtient 67.
  • b) Quelles deux propriétés les résidus ont-ils toujours, par construction ?
  • c) Le panneau de droite montre un entonnoir. Nommez le défaut et dites ce qu'il fausse.
  • d) Une observation a un résidu de +19+19 points, soit près de trois écarts-types résiduels. Que faire ?
  • e) Le nuage des résidus dessine une courbe en U. Quel défaut cela signale-t-il, et comment y remédier ?

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Réponses

  • a) ei=yiy^i=6760,44=6,56e_{i}=y_{i}-\hat{y}_{i}=67-60{,}44=6{,}56 : le modèle le sous-estime
  • b) Somme nulle, et non corrélés aux variables explicatives : deux propriétés automatiques
  • c) L'hétéroscédasticité : elle ne biaise pas les coefficients, elle fausse leurs erreurs types
  • d) Chercher une erreur de saisie, mesurer l'influence, examiner le cas ; jamais supprimer par confort
  • e) Une non-linéarité : ajouter x12x_{1}^{2}, transformer par un logarithme, ou découper en classes

a) Le résidu est l'écart entre la valeur observée et la valeur prédite : ei=yiy^ie_{i}=y_{i}-\hat{y}_{i}. Ici 6760,44=6,5667-60{,}44=6{,}56 points : le modèle sous-estime cet étudiant de 6,56 points, autrement dit il réussit mieux que ne le laissent prévoir ses heures d'étude et de travail.

b) Premièrement, leur SOMME est nulle, donc leur moyenne aussi : c'est une conséquence directe de la présence d'une constante dans le modèle. Deuxièmement, ils sont NON CORRÉLÉS avec chacune des variables explicatives et avec les valeurs prédites : toute l'information linéaire disponible dans ces variables a été utilisée. Ces deux propriétés sont automatiques et ne prouvent donc rien sur la qualité du modèle; ce qu'on examine, c'est la FORME du nuage.

c) C'est l'HÉTÉROSCÉDASTICITÉ : la variance des résidus croît avec la valeur prédite. Elle ne biaise PAS les coefficients, qui restent des estimations correctes, mais elle fausse leurs ERREURS TYPES, donc les statistiques tt, les valeurs p et les intervalles de confiance, généralement dans le sens d'une confiance excessive. On y remédie par des erreurs types robustes, dites de White, ou par une transformation de la variable dépendante, souvent le logarithme quand la variable est un montant.

d) Trois vérifications avant toute décision. D'abord, chercher une ERREUR DE SAISIE : une note de 97 tapée 79, un doublon, une unité différente. Ensuite, mesurer l'INFLUENCE réelle de l'observation en refaisant la régression sans elle : si les coefficients bougent à peine, le point est aberrant sans être influent, et on le garde. Enfin, examiner le CAS : un étudiant reprenant le cours, un athlète en compétition, un profil que le modèle n'était pas censé couvrir. On ne supprime jamais une observation parce qu'elle dérange, et toute suppression se justifie et se déclare dans le rapport.

e) Un nuage en U signale une NON-LINÉARITÉ : la relation entre les variables n'est pas une droite, et le modèle sous-estime aux deux extrémités tout en surestimant au milieu, ou l'inverse. C'est fréquent avec les heures d'étude, dont le rendement décroît : les dix premières heures rapportent beaucoup, les dix suivantes moins. On y remédie en ajoutant un terme quadratique x12x_{1}^{2}, ou en transformant la variable par un logarithme, ou en la découpant en classes avec des indicatrices. Une régression linéaire sur une relation courbe donne des coefficients parfaitement calculés et systématiquement faux à chaque extrémité du domaine.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : La multicolinéarité

Quand deux variables explicatives disent presque la même chose, le modèle ne parvient plus à leur attribuer des parts distinctes. Les coefficients deviennent instables, et le symptôme est reconnaissable.

On ajoute au modèle une variable « heures passées à la bibliothèque », très corrélée aux heures d'étude, r=0,92r=0{,}92.

  • a) Le R2R^{2} du modèle passe de 0,41 à 0,415, mais les deux coefficients d'étude deviennent non significatifs. Expliquez ce paradoxe.
  • b) Le facteur d'inflation de la variance vaut VIF=11Rj2VIF=\dfrac{1}{1-R_{j}^{2}}, où Rj2R_{j}^{2} est le coefficient de détermination de la variable jj régressée sur les autres. Calculez-le pour Rj2=0,85R_{j}^{2}=0{,}85.
  • c) De combien l'erreur type du coefficient est-elle multipliée ?
  • d) Quels seuils de VIFVIF retient-on habituellement, et que faire au-delà ?
  • e) La multicolinéarité empêche-t-elle de PRÉDIRE ?

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Réponses

  • a) Les deux variables portent la même information : l'ajustement global tient, les erreurs types explosent
  • b) VIF=10,156,667VIF=\dfrac{1}{0{,}15}\approx 6{,}667
  • c) Par 6,6672,582\sqrt{6{,}667}\approx 2{,}582 : la statistique tt passerait de 5,005{,}00 à 1,941{,}94
  • d) Seuils 5 et 10 ; retirer, combiner, ou augmenter l'échantillon
  • e) Non : la prédiction reste valide, c'est l'interprétation des coefficients qui est perdue

a) Le paradoxe est apparent seulement. Les deux variables portent presque la même information : le modèle peut donc attribuer l'essentiel de l'effet à l'une, à l'autre, ou le répartir de mille façons, sans que la qualité de l'ajustement en souffre. Le R2R^{2}, qui mesure l'ajustement GLOBAL, reste donc excellent. Mais l'erreur type de CHAQUE coefficient explose, puisque la donnée ne permet pas de trancher entre les répartitions possibles, et chaque tt s'effondre. Le signe caractéristique est donc là : un modèle globalement très significatif dont aucun coefficient ne l'est individuellement.

b) VIF=110,85=10,156,667VIF=\dfrac{1}{1-0{,}85}=\dfrac{1}{0{,}15}\approx 6{,}667. La variance du coefficient est donc 6,67 fois plus grande qu'elle ne le serait si la variable était indépendante des autres.

c) L'erreur type est la racine carrée de la variance, donc elle est multipliée par 6,6672,582\sqrt{6{,}667}\approx 2{,}582. Un coefficient qui aurait eu une erreur type de 0,21 en a maintenant une de 0,54, et sa statistique tt est divisée par 2,58 : elle passerait de 5,00 à 1,94, sous le seuil.

d) Les seuils usuels sont 5 et 10 : un VIFVIF supérieur à 5 signale un problème sérieux, au-delà de 10 la situation est généralement jugée inacceptable. Trois remèdes existent. RETIRER l'une des deux variables, ce qui est légitime quand elles mesurent le même concept, ici le temps consacré à l'étude. Les COMBINER en un indice unique, moyenne ou score. Ou AUGMENTER l'échantillon, ce qui réduit toutes les erreurs types et peut suffire quand la colinéarité est modérée. Ce qu'il ne faut pas faire est de conclure à l'absence d'effet parce que les coefficients ne sont pas significatifs.

e) Non, et c'est un point souvent mal compris. Les prédictions et le R2R^{2} restent parfaitement valides : le modèle prédit aussi bien avec des variables colinéaires. Ce qui est perdu, c'est l'INTERPRÉTATION des coefficients pris séparément, donc la capacité de dire quelle variable fait quoi. Si l'objectif est de prédire une note, la multicolinéarité est sans conséquence; si l'objectif est de savoir si c'est le temps d'étude ou la présence à la bibliothèque qui compte, elle rend la question insoluble avec ces données.

Exercice 7 : L'interaction : quand l'effet dépend du contexte

Jusqu'ici, chaque coefficient valait pour tout le monde. Un terme d'interaction lève cette contrainte : il autorise l'effet d'une variable à dépendre de la valeur d'une autre.

Modèle avec interaction : y^=54,8+1,30x13,0e0,80(x1×e)\hat{y}=54{,}8+1{,}30x_{1}-3{,}0e-0{,}80\left(x_{1}\times e\right), où ee vaut 1 si l'étudiant occupe un emploi.

sans emploiavec emploiheures d etude par semaine
  • a) Écrivez l'équation pour un étudiant sans emploi, puis pour un étudiant avec emploi.
  • b) Interprétez le coefficient 0,80-0{,}80.
  • c) Calculez la note prédite pour 10 heures d'étude, dans chaque groupe, puis pour 20 heures.
  • d) À partir de quel nombre d'heures d'étude l'écart entre les deux groupes dépasse-t-il 10 points ?
  • e) Que devient l'interprétation du coefficient 3,0-3{,}0 en présence d'une interaction ?

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Réponses

  • a) y^=54,8+1,30x1\hat{y}=54{,}8+1{,}30x_{1} sans emploi, y^=51,8+0,50x1\hat{y}=51{,}8+0{,}50x_{1} avec emploi
  • b) C'est la DIFFÉRENCE DE PENTES : 1,301{,}30 contre 0,500{,}50 point par heure d'étude
  • c) À 10 h : 67,867{,}8 contre 56,856{,}8, écart 11,011{,}0. À 20 h : 80,880{,}8 contre 61,861{,}8, écart 19,019{,}0
  • d) L'écart vaut 3,0+0,80x13{,}0+0{,}80x_{1}, donc au-delà de x1=8,75x_{1}=8{,}75 heures
  • e) C'est un EFFET SIMPLE, valable pour x1=0x_{1}=0 seulement ; d'où l'habitude de centrer

a) Sans emploi, e=0e=0 : y^=54,8+1,30x1\hat{y}=54{,}8+1{,}30x_{1}. Avec emploi, e=1e=1 : y^=54,8+1,30x13,00,80x1=51,8+0,50x1\hat{y}=54{,}8+1{,}30x_{1}-3{,}0-0{,}80x_{1}=51{,}8+0{,}50x_{1}. Deux droites qui n'ont ni la même ordonnée à l'origine, ni la même PENTE : c'est exactement ce que l'interaction permet.

b) Le coefficient 0,80-0{,}80 est la DIFFÉRENCE DE PENTES entre les deux groupes. Chez les étudiants sans emploi, une heure d'étude supplémentaire rapporte 1,30 point; chez ceux qui travaillent, elle ne rapporte que 1,300,80=0,501{,}30-0{,}80=0{,}50 point. Le rendement de l'heure d'étude est donc plus de deux fois plus faible pour un étudiant qui travaille, ce qui s'interprète volontiers par la fatigue et la fragmentation du temps.

c) À 10 heures : sans emploi, 54,8+13,0=67,854{,}8+13{,}0=67{,}8; avec emploi, 51,8+5,0=56,851{,}8+5{,}0=56{,}8. Écart : 11,0 points. À 20 heures : sans emploi, 54,8+26,0=80,854{,}8+26{,}0=80{,}8; avec emploi, 51,8+10,0=61,851{,}8+10{,}0=61{,}8. Écart : 19,0 points. L'écart entre les deux groupes n'est donc pas constant, il CROÎT avec les heures d'étude, et c'est la signature d'une interaction.

d) L'écart vaut (54,8+1,30x1)(51,8+0,50x1)=3,0+0,80x1\left(54{,}8+1{,}30x_{1}\right)-\left(51{,}8+0{,}50x_{1}\right)=3{,}0+0{,}80x_{1}. Il dépasse 10 points quand 0,80x1>7,00{,}80x_{1}>7{,}0, soit x1>8,75x_{1}>8{,}75 heures. Au-delà de neuf heures d'étude hebdomadaires, la différence entre les deux groupes dépasse donc dix points, ce qui est considérable.

e) Il change de portée. En l'absence d'interaction, 3,0-3{,}0 serait l'écart entre les deux groupes, valable partout. Avec l'interaction, il ne vaut plus que pour x1=0x_{1}=0, c'est-à-dire pour un étudiant qui n'étudierait pas du tout : c'est un EFFET SIMPLE, conditionnel à une valeur particulière de l'autre variable, et souvent à une valeur qui n'a aucun sens pratique. C'est la raison pour laquelle on CENTRE habituellement les variables continues avant de construire une interaction : en soustrayant la moyenne à x1x_{1}, le coefficient de ee redevient l'écart entre groupes pour un étudiant de temps d'étude MOYEN, ce qui est interprétable.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « Le coefficient des heures d'étude vaut 1,05 : une heure d'étude de plus fait gagner 1,05 point. »
  • 2) « Notre R2R^{2} est passé de 0,41 à 0,425 en ajoutant cinq variables : le modèle s'est amélioré. »
  • 3) « Le coefficient de x1x_{1} vaut 1,05 et celui de x2x_{2} vaut 0,42-0{,}42 : x1x_{1} compte donc deux fois et demie plus. »
  • 4) « Aucun de nos coefficients n'est significatif, mais le modèle explique 41 % de la variance : nos données sont contradictoires. »
  • 5) « Le programme a trois modalités, nous avons donc créé trois variables indicatrices. »

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3)
4)
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Réponses

  • 1) FAUX : c'est une association, pas un effet, et il manque « à heures de travail constantes »
  • 2) FAUX : l'ajusté BAISSE de 0,4020{,}402 à 0,3970{,}397 ; le modèle à deux variables est préférable
  • 3) FAUX : unités différentes ; il faut les coefficients standardisés
  • 4) FAUX : aucune contradiction, c'est la signature de la multicolinéarité
  • 5) FAUX : il en faut k1=2k-1=2, la modalité omise servant de référence

1) FAUX sur deux points. D'abord, le coefficient est une ASSOCIATION et non un effet : les données sont transversales, personne n'a été assigné à étudier une heure de plus, et l'étudiant qui étudie davantage diffère peut-être par sa motivation. Ensuite, il manque la clause de constance. Énoncé correct : à heures de travail rémunéré constantes, une heure d'étude hebdomadaire de plus est associée à 1,05 point de plus en moyenne.

2) FAUX. Le R2R^{2} ne peut que monter quand on ajoute des variables, même du bruit pur : sa hausse ne prouve rien. Le R2R^{2} ajusté, lui, passe de 0,402 à 0,397, donc il BAISSE : les cinq variables coûtent plus de degrés de liberté qu'elles ne rapportent d'explication. Énoncé correct : l'ajout dégrade le modèle, et le modèle à deux variables est préférable.

3) FAUX. Les deux coefficients ne sont pas dans la même unité, points par heure d'étude et points par heure de travail, et l'ampleur de leur contribution dépend aussi de la dispersion de chaque variable. Énoncé correct : pour comparer l'importance relative, il faut les coefficients STANDARDISÉS, obtenus en multipliant chaque bb par sxjsy\dfrac{s_{x_{j}}}{s_{y}}.

4) FAUX, il n'y a aucune contradiction : c'est la signature classique de la MULTICOLINÉARITÉ. Les variables explicatives se ressemblent trop pour que le modèle attribue à chacune une part distincte, si bien que les erreurs types de tous les coefficients gonflent alors que l'ajustement global reste bon. Énoncé correct : le modèle prédit bien et ne permet pas d'attribuer l'effet à une variable plutôt qu'à une autre; il faut examiner les facteurs d'inflation de la variance et retirer ou combiner les variables redondantes.

5) FAUX. Avec trois indicatrices, leur somme vaut 1 pour chaque observation, donc elles reproduisent exactement la constante : le système devient indéterminé. Énoncé correct : il faut k1=2k-1=2 indicatrices, la modalité omise servant de RÉFÉRENCE à laquelle les deux coefficients se comparent.

Exercice 9 : Problème : modéliser la note de session

Sur 220 étudiants, on régresse la moyenne de session sur quatre variables. Sortie du logiciel : constante 41,2 (ET 4,80); moyenne du secondaire 0,38 (ET 0,061); heures d'étude 0,84 (ET 0,190); heures de travail 0,31-0{,}31 (ET 0,092); indicatrice « premier de famille aux études » 1,70-1{,}70 (ET 1,45). R2=0,52R^{2}=0{,}52.

  • a) Calculez les quatre statistiques tt et dites lesquelles sont significatives, la valeur critique valant 1,971.
  • b) Calculez le R2R^{2} ajusté.
  • c) Prédisez la note d'un étudiant de moyenne 78 au secondaire, qui étudie 14 heures, travaille 12 heures, et est premier de famille aux études.
  • d) Que conclure du coefficient 1,70-1{,}70 non significatif ? Construisez son intervalle de confiance.
  • e) Rédigez le paragraphe de résultats.

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Réponses

  • a) 6,2306{,}230, 4,4214{,}421, 3,370-3{,}370 et 1,172-1{,}172 : les trois premières sont significatives
  • b) 10,48×2192150,5111-0{,}48\times \dfrac{219}{215}\approx 0{,}511
  • c) 41,2+29,64+11,763,721,70=77,1841{,}2+29{,}64+11{,}76-3{,}72-1{,}70=77{,}18
  • d) [4,558;1,158][-4{,}558\,;1{,}158] : imprécis, pas nul ; une pénalité de quatre points et demi reste possible
  • e) Trois coefficients significatifs, un indéterminé, et un rappel que les données sont transversales

a) tt de la moyenne du secondaire : 0,380,0616,230\dfrac{0{,}38}{0{,}061}\approx 6{,}230. Heures d'étude : 0,840,1904,421\dfrac{0{,}84}{0{,}190}\approx 4{,}421. Heures de travail : 0,310,0923,370\dfrac{-0{,}31}{0{,}092}\approx -3{,}370. Indicatrice : 1,701,451,172\dfrac{-1{,}70}{1{,}45}\approx -1{,}172. Les trois premières dépassent 1,971 en valeur absolue et sont donc significatives; la quatrième ne l'est pas.

b) Avec n=220n=220 et k=4k=4 : Raj2=1(10,52)219215=10,48×1,018605=10,4889300,511R_{aj}^{2}=1-\left(1-0{,}52\right)\dfrac{219}{215}=1-0{,}48\times 1{,}018605=1-0{,}488930\approx 0{,}511. La correction coûte moins d'un point : avec 220 observations pour 4 variables, elle est presque indolore.

c) y^=41,2+0,38×78+0,84×140,31×121,70×1=41,2+29,64+11,763,721,70=77,18\hat{y}=41{,}2+0{,}38\times 78+0{,}84\times 14-0{,}31\times 12-1{,}70\times 1=41{,}2+29{,}64+11{,}76-3{,}72-1{,}70=77{,}18. La prédiction porte sur la moyenne des étudiants ayant ce profil; l'écart type résiduel, qu'il faudrait connaître pour donner un intervalle de prédiction individuel, n'est pas fourni.

d) On ne peut PAS conclure que le statut de premier de famille aux études est sans lien avec la note. On conclut que les données ne permettent pas de le distinguer de zéro À VARIABLES CONSTANTES. Intervalle : 1,70±1,971×1,45=1,70±2,858-1{,}70\pm 1{,}971\times 1{,}45=-1{,}70\pm 2{,}858, soit [4,558 ; 1,158]\left[-4{,}558\ ;\ 1{,}158\right]. L'intervalle laisse ouverte une pénalité de plus de quatre points et demi, ce qui est loin d'être négligeable : le résultat est imprécis, pas nul. Il faut aussi noter que le coefficient est contrôlé pour la moyenne du secondaire, laquelle est elle-même déjà affectée par l'origine sociale : une bonne part de l'écart brut a donc été absorbée en amont.

e) « La régression de la moyenne de session sur quatre variables explique 52 % de la variance, Raj2=0,51R_{aj}^{2}=0{,}51, sur 220 étudiants. À variables restantes constantes, chaque point de moyenne au secondaire est associé à 0,38 point de plus, t=6,23t=6{,}23, p inférieur à 0,001; chaque heure d'étude hebdomadaire à 0,84 point de plus, t=4,42t=4{,}42, p inférieur à 0,001; chaque heure de travail rémunéré à 0,31 point de moins, t=3,37t=-3{,}37, p inférieur à 0,01. Le fait d'être premier de famille aux études n'est pas associé à une différence significative une fois ces variables contrôlées, b=1,70b=-1{,}70; intervalle de confiance de 4,56-4{,}56 à 1,161{,}16, ce qui n'exclut pas une pénalité appréciable. Les données étant transversales, ces coefficients décrivent des associations et non des effets causaux. »

Exercice 10 : Problème : lire une régression publiée

Un article conclut : « le revenu du ménage a un effet significatif sur la réussite (b=0,0004b=0{,}0004; p=0,004p=0{,}004), ce qui montre que l'argent achète les résultats scolaires. Le nombre de livres à la maison, en revanche, n'a aucun effet (b=0,011b=0{,}011; p=0,31p=0{,}31), contrairement à ce que soutient la littérature. R2=0,18R^{2}=0{,}18; n=900n=900. »

  • a) Interprétez concrètement le coefficient 0,0004 du revenu, exprimé en dollars.
  • b) Le coefficient paraît minuscule. Est-ce un argument contre l'auteur ?
  • c) « N'a aucun effet » : deux reproches.
  • d) L'auteur a inclus dans le même modèle le revenu, la scolarité des parents et le nombre de livres. Quel problème cela pose-t-il ?
  • e) Réécrivez les deux phrases de conclusion.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 10000×0,0004=4,010\,000\times 0{,}0004=4{,}0 points ; 2424 points entre 4000040\,000 et 100000100\,000 dollars
  • b) Non : en milliers de dollars le coefficient vaut 0,40{,}4, en dizaines de milliers 44
  • c) L'absence de rejet lue comme une preuve d'absence, et l'oubli de la clause de constance
  • d) Les trois variables mesurent le même capital socioéconomique : multicolinéarité
  • e) Ramener le coefficient à une variation lisible, et présenter la non-significativité comme une indétermination

a) Chaque dollar de revenu annuel supplémentaire est associé à 0,0004 point de plus, à variables restantes constantes. Ramené à une unité lisible, 10 000 dollars de revenu annuel de plus correspondent à 10000×0,0004=4,010\,000\times 0{,}0004=4{,}0 points de moyenne. L'écart entre un ménage à 40 000 dollars et un ménage à 100 000 dollars vaut donc 24 points, ce qui est énorme. La règle de rédaction est de toujours rapporter un coefficient à une variation RÉALISTE de la variable, jamais à son unité brute quand celle-ci est un dollar ou une seconde.

b) Non, aucunement. L'ampleur d'un coefficient dépend entièrement de l'unité choisie : exprimer le revenu en milliers de dollars donnerait b=0,4b=0{,}4, en dizaines de milliers b=4b=4, sans que rien ne change. Un coefficient ne se juge donc jamais à sa taille apparente, mais rapporté à l'écart type de la variable, ou converti en une variation interprétable comme à la question précédente.

c) Premier reproche, l'absence de rejet lue comme une preuve d'absence : avec p=0,31p=0{,}31, les données sont simplement compatibles avec zéro, et l'intervalle de confiance, non publié, contient probablement des valeurs appréciables. Second reproche, l'oubli de la clause de constance : le nombre de livres n'a pas d'effet PROPRE une fois le revenu et la scolarité des parents contrôlés, ce qui est très différent de n'avoir aucun lien avec la réussite. Pris seul, il en aurait presque certainement un.

d) Ces trois variables sont fortement corrélées entre elles : revenu, scolarité des parents et nombre de livres mesurent en grande partie le même capital socioéconomique. On est donc en situation de MULTICOLINÉARITÉ, ce qui gonfle les erreurs types et rend arbitraire la répartition de l'effet entre les trois. Le fait que le revenu ressorte et pas les livres n'a probablement aucune signification substantielle : une autre spécification, ou un autre échantillon, pourrait inverser les rôles. C'est précisément le cas où il faudrait publier les facteurs d'inflation de la variance et, sans doute, construire un indice unique.

e) « Chaque tranche de 10 000 dollars de revenu annuel du ménage est associée à 4,0 points de moyenne supplémentaires, à scolarité des parents et nombre de livres constants, b=0,0004b=0{,}0004; p=0,004p=0{,}004. Le nombre de livres à la maison n'est pas associé à une différence significative une fois ces variables contrôlées, b=0,011b=0{,}011; p=0,31p=0{,}31, ce qui ne signifie pas qu'il soit sans lien avec la réussite : les trois variables mesurant largement le même capital socioéconomique, le modèle ne peut pas leur attribuer des parts distinctes, et le devis transversal interdit toute interprétation causale. » Deux corrections décisives : le coefficient est ramené à une variation lisible, et l'absence de significativité est présentée comme une indétermination du modèle, non comme un résultat.

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