Exercice 1 : De une à deux variables : le coefficient partiel
La régression simple mesure le lien brut entre deux variables. La régression multiple mesure le lien qui RESTE quand on maintient les autres constantes. Le passage de l'un à l'autre change les nombres, et surtout leur sens.
Sur 150 étudiants. Modèle 1 : , avec . Modèle 2 : , avec , où est la note de session, les heures d'étude et les heures de travail rémunéré.
- a) Interprétez le coefficient 1,30 du modèle 1, puis le coefficient 1,05 du modèle 2.
- b) Pourquoi la pente passe-t-elle de 1,30 à 1,05 ?
- c) Interprétez le coefficient .
- d) Prédisez la note d'un étudiant qui étudie 12 heures et travaille 18 heures par semaine.
- e) Que devient la prédiction s'il réduit son emploi de 6 heures et transfère ce temps à l'étude ?
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Réponses
- a) est une pente BRUTE ; une pente PARTIELLE, à heures de travail constantes
- b) Parce que les deux variables explicatives sont corrélées : de l'association brute était empruntée
- c) À heures d'étude constantes, une heure de travail rémunéré de plus vaut point de moins
- d)
- e) , soit points de plus, mais c'est une prédiction, pas une promesse
a) Dans le modèle 1, le coefficient 1,30 est une pente BRUTE : chaque heure d'étude hebdomadaire supplémentaire est associée à 1,30 point de plus, toutes choses observées telles qu'elles sont. Dans le modèle 2, le coefficient 1,05 est une pente PARTIELLE : chaque heure d'étude supplémentaire est associée à 1,05 point de plus À HEURES DE TRAVAIL RÉMUNÉRÉ CONSTANTES. La formule « à variables constantes » n'est pas une formalité de rédaction, elle est tout le contenu du coefficient.
b) Parce que les deux variables explicatives sont CORRÉLÉES entre elles : les étudiants qui travaillent beaucoup étudient moins. Dans le modèle 1, la pente de 1,30 mélange l'effet propre de l'étude et l'effet, de sens opposé, du travail rémunéré qui l'accompagne. En introduisant , on retire cette part empruntée, et il reste 1,05. Un quart environ de l'association brute était donc attribuable à autre chose qu'aux heures d'étude elles-mêmes : c'est exactement la logique de l'élaboration vue en tableau croisé, transposée à des variables continues.
c) À heures d'étude constantes, chaque heure de travail rémunéré hebdomadaire supplémentaire est associée à 0,42 point de MOINS. Il faut souligner « à heures d'étude constantes » : le coefficient ne mesure pas l'effet total du travail rémunéré, qui passe en bonne partie par la réduction du temps d'étude, mais ce qui subsiste au-delà, fatigue, absences, désengagement.
d) . La prédiction porte sur la MOYENNE des étudiants ayant ce profil, et non sur l'individu, dont la note s'écartera de cette valeur d'un résidu.
e) Il passerait à 18 heures d'étude et 12 heures de travail : , soit 8,82 points de plus. On peut retrouver ce nombre directement : le transfert de 6 heures vaut . Attention toutefois : ce calcul est une PRÉDICTION du modèle, pas une promesse causale. Les données étant transversales, rien ne garantit qu'un étudiant qui change de comportement obtienne réellement ce gain.