Méthodes quantitatives avancées 360-301 • Sciences humaines au cégep à Montréal

Exercices corrigés : l'analyse de variance à un facteur (360-301)

Ces dix exercices corrigés couvrent l'analyse de variance à un facteur : décomposition des sommes de carrés, tableau complet, statistique F, rapport de corrélation et comparaisons multiples a posteriori.

Le fil de la série tient en une phrase : toute la variation des données se coupe exactement en deux, ce qui sépare les groupes et ce qui subsiste à l'intérieur d'eux, et le test compare simplement ces deux morceaux une fois ramenés à leurs degrés de liberté.

Trois pièges sont désignés nommément : les carrés moyens additionnés comme s'ils étaient des sommes de carrés, la moyenne des moyennes prise pour la moyenne générale quand les effectifs diffèrent, et le rejet omnibus lu comme si tous les groupes différaient entre eux.

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Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (6 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Concepts, variables et échelles de mesureMéthodes quantitatives (360-300)
  2. 2Échantillonnage et questionnaireMéthodes quantitatives (360-300)
  3. 3Tableaux de distribution et graphiquesMéthodes quantitatives (360-300)
  4. 4Cote Z, rang centile et cote RMéthodes quantitatives (360-300)
  5. 5La marge d'erreur d'un sondageMéthodes quantitatives (360-300)
  6. 6Comparer deux groupes : test t et taille d'effet

Rappel de cours

  • Nombre de comparaisons deux à deux : k(k1)2\dfrac{k(k-1)}{2}. Le risque global vaut 1(1α)m1-\left(1-\alpha\right)^{m} pour mm tests indépendants.
  • H0H_{0} : toutes les moyennes sont égales. H1H_{1} : au moins une diffère. Le test est OMNIBUS et ne dit pas laquelle.
  • SCEinter=nj(xjx)2SCE_{inter}=\sum n_{j}\left(\overline{x}_{j}-\overline{x}\right)^{2}; SCEintra=(nj1)sj2SCE_{intra}=\sum \left(n_{j}-1\right)s_{j}^{2}; SCEtotal=SCEinter+SCEintraSCE_{total}=SCE_{inter}+SCE_{intra}.
  • Degrés de liberté : k1k-1 pour le facteur, NkN-k pour la résiduelle, N1N-1 au total. Ils s'additionnent, les CARRÉS MOYENS non.
  • CM=SCEddlCM=\dfrac{SCE}{ddl} et F=CMinterCMintraF=\dfrac{CM_{inter}}{CM_{intra}}. Le test est toujours unilatéral à droite.
  • Avec deux groupes, F=t2F=t^{2} : l'analyse de variance généralise le test t.
  • η2=SCEinterSCEtotal\eta^{2}=\dfrac{SCE_{inter}}{SCE_{total}} : part de la variance expliquée. Repères 0,01 petit, 0,06 moyen, 0,14 grand. Il ne dépend PAS de l'effectif.
  • η2\eta^{2} est biaisé vers le haut sur de petits échantillons; ω2=SCEinter(k1)CMintraSCEtotal+CMintra\omega^{2}=\dfrac{SCE_{inter}-\left(k-1\right)CM_{intra}}{SCE_{total}+CM_{intra}} corrige.
  • Conditions : indépendance (jamais négociable), normalité (tolérante), homogénéité des variances (rapport des extrêmes jusqu'à 4 si les effectifs sont égaux).
  • Comparaisons a posteriori : ET=CMintra(1n1+1n2)ET=\sqrt{CM_{intra}\left(\dfrac{1}{n_{1}}+\dfrac{1}{n_{2}}\right)}, avec un seuil corrigé, Bonferroni αm\dfrac{\alpha}{m} ou test de Tukey.
  • Effectifs inégaux : la moyenne générale se PONDÈRE par les effectifs, et les conditions cessent d'être tolérantes.
  • Mesures répétées sur les mêmes sujets : ce n'est plus une analyse de variance à un facteur, mais une analyse à mesures répétées.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Pourquoi l'analyse de variance et non trois tests t

Dès qu'il y a plus de deux groupes, comparer les moyennes deux à deux multiplie les tests, donc les faux positifs. L'analyse de variance pose une seule question à la fois : au moins une des moyennes diffère-t-elle des autres ?

Trois programmes, cinq étudiants chacun. A : 72, 75, 78, 80, 85. B : 65, 68, 70, 72, 75. C : 60, 64, 66, 69, 71.

58636873788388ABCtrois programmes, cinq etudiants chacunle trait vertical marque la moyenne du groupe
  • a) Combien de comparaisons deux à deux faudrait-il avec 3 groupes ? Avec 5 groupes ?
  • b) Au seuil de 5 %, quel est le risque de conclure à tort au moins une fois dans le cas de 5 groupes ?
  • c) Formulez les hypothèses de l'analyse de variance à un facteur.
  • d) Calculez les trois moyennes de groupe et la moyenne générale.
  • e) L'analyse de variance rejette l'hypothèse nulle. Que sait-on alors exactement, et que ne sait-on pas ?

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a)
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Réponses

  • a) 3×22=3\dfrac{3\times 2}{2}=3 paires, et 5×42=10\dfrac{5\times 4}{2}=10 paires
  • b) 10,95100,40131-0{,}95^{10}\approx 0{,}4013, soit 40  %40\;\% au lieu des 5  %5\;\% annoncés
  • c) H0H_{0} : μA=μB=μC\mu_{A}=\mu_{B}=\mu_{C}. H1H_{1} : au moins une moyenne diffère. Test omnibus
  • d) 7878, 7070, 6666, et moyenne générale 10701571,333\dfrac{1\,070}{15}\approx 71{,}333
  • e) Qu'au moins une paire diffère ; ni laquelle, ni combien, ni de combien, d'où η2\eta^{2} et les tests a posteriori

a) Le nombre de paires vaut k(k1)2\dfrac{k(k-1)}{2}. Avec 3 groupes : 3×22=3\dfrac{3\times 2}{2}=3 comparaisons. Avec 5 groupes : 5×42=10\dfrac{5\times 4}{2}=10 comparaisons.

b) Si les cinq groupes provenaient d'une même population, chaque test aurait 95 % de chances de ne pas rejeter, donc la probabilité de ne se tromper sur aucun des dix vaut 0,95100,59870{,}95^{10}\approx 0{,}5987. Le risque d'au moins une conclusion erronée atteint donc 10,59870,40131-0{,}5987\approx 0{,}4013, soit 40 %. On croit travailler à 5 % de risque et l'on travaille en réalité à 40 % : c'est l'inflation du risque de première espèce, et c'est la raison d'être de l'analyse de variance.

c) Hypothèse NULLE : μA=μB=μC\mu_{A}=\mu_{B}=\mu_{C}, les trois programmes ont la même moyenne dans la population. Hypothèse ALTERNATIVE : au moins une moyenne diffère des autres. Il faut noter la formulation prudente de l'alternative : elle ne dit ni laquelle, ni combien, ni dans quel sens. C'est un test dit OMNIBUS, qui répond par oui ou par non à une question globale.

d) xA=72+75+78+80+855=3905=78\overline{x}_{A}=\dfrac{72+75+78+80+85}{5}=\dfrac{390}{5}=78. xB=3505=70\overline{x}_{B}=\dfrac{350}{5}=70. xC=3305=66\overline{x}_{C}=\dfrac{330}{5}=66. Moyenne générale : 390+350+33015=10701571,333\dfrac{390+350+330}{15}=\dfrac{1\,070}{15}\approx 71{,}333. Les groupes étant de taille égale, la moyenne générale est aussi la moyenne des trois moyennes, ce qui n'est plus vrai si les effectifs diffèrent.

e) On sait que les trois moyennes ne sont pas toutes égales dans la population : au moins une paire diffère. On ne sait PAS laquelle, ni combien de paires, ni dans quel sens. Répondre à ces questions demande une seconde étape, les comparaisons multiples a posteriori, avec une correction du seuil. Et surtout, un rejet ne dit rien de l'AMPLEUR des écarts : il faut calculer une mesure comme η2\eta^{2}, qui donne la part de la variance des notes expliquée par le programme.

Exercice 2 : Décomposer la variation : inter et intra

L'idée de l'analyse de variance tient en une égalité : toute la variation des notes se coupe exactement en deux morceaux, ce qui sépare les groupes et ce qui subsiste à l'intérieur d'eux.

variation TOTALE : 603,33INTER groupes : 373,33INTRA : 230,00la largeur des cadres est proportionnelle aux sommes de carres
  • a) Calculez la somme des carrés INTER groupes, SCEinter=nj(xjx)2SCE_{inter}=\sum n_{j}\left(\overline{x}_{j}-\overline{x}\right)^{2}.
  • b) Calculez la somme des carrés INTRA groupes, en additionnant les carrés des écarts à la moyenne de chaque groupe.
  • c) Vérifiez que leur somme donne la variation totale, et calculez celle-ci directement pour contrôler.
  • d) Donnez les degrés de liberté de chaque terme et vérifiez qu'ils s'additionnent aussi.
  • e) Que mesure chacun des deux morceaux, en une phrase par morceau ?

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a)
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Réponses

  • a) SCEinter=5×74,667373,33SCE_{inter}=5\times 74{,}667\approx 373{,}33
  • b) 98+58+74=23098+58+74=230
  • c) 373,33+230=603,33373{,}33+230=603{,}33, retrouvé directement : l'égalité est un théorème
  • d) 22, 1212 et 1414 : les degrés de liberté se décomposent aussi
  • e) L'inter mesure ce qui sépare les groupes, l'intra le bruit résiduel qui sert de référence

a) Écarts des moyennes de groupe à la moyenne générale : 7871,333=6,66778-71{,}333=6{,}667; 7071,333=1,33370-71{,}333=-1{,}333; 6671,333=5,33366-71{,}333=-5{,}333. Leurs carrés : 44,44444{,}444; 1,7781{,}778; 28,44428{,}444, de somme 74,66774{,}667. Chaque groupe comptant 5 étudiants : SCEinter=5×74,667373,33SCE_{inter}=5\times 74{,}667\approx 373{,}33.

b) Groupe A, écarts à 78 : 6-6, 3-3, 0, 2, 7; carrés 36, 9, 0, 4, 49, somme 98. Groupe B, écarts à 70 : 5-5, 2-2, 0, 2, 5; carrés 25, 4, 0, 4, 25, somme 58. Groupe C, écarts à 66 : 6-6, 2-2, 0, 3, 5; carrés 36, 4, 0, 9, 25, somme 74. Total : 98+58+74=23098+58+74=230.

c) 373,33+230=603,33373{,}33+230=603{,}33. Contrôle direct : en calculant les quinze écarts à la moyenne générale 71,333 et en additionnant leurs carrés, on retrouve bien 603,33. L'égalité SCEtotal=SCEinter+SCEintraSCE_{total}=SCE_{inter}+SCE_{intra} est exacte, pas approximative : c'est un théorème, et il vaut quels que soient les effectifs.

d) Degrés de liberté : inter, k1=31=2k-1=3-1=2; intra, Nk=153=12N-k=15-3=12; total, N1=151=14N-1=15-1=14. On vérifie que 2+12=142+12=14. Les degrés de liberté se décomposent donc exactement comme les sommes de carrés, ce qui est la seconde moitié du théorème.

e) La somme des carrés INTER mesure ce que les groupes ont de DIFFÉRENT : elle est nulle si les trois moyennes coïncident et grandit à mesure qu'elles s'écartent. La somme des carrés INTRA mesure la variabilité RÉSIDUELLE, celle qui subsiste entre étudiants d'un même programme, et qui sert de référence : c'est le bruit contre lequel on jugera le signal.

Exercice 3 : Le tableau d'analyse de variance et la statistique F

Les sommes de carrés ne se comparent pas directement : il faut les ramener à leurs degrés de liberté. Le rapport des deux carrés moyens est la statistique FF.

densite du F a 2 et 12 degresseuil critique 3,885F observe : 9,74valeur du F
  • a) Calculez les deux carrés moyens et dressez le tableau complet de l'analyse.
  • b) Calculez FF et concluez, la valeur critique à 2 et 12 degrés de liberté valant 3,885 au seuil de 5 % et 6,927 au seuil de 1 %.
  • c) Pourquoi le test est-il toujours unilatéral à droite ?
  • d) Que vaudrait FF si les trois moyennes étaient identiques ? Et si la variabilité interne était nulle ?
  • e) Avec deux groupes seulement, quel lien existe-t-il entre FF et le tt du chapitre précédent ?

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Réponses

  • a) CMinter186,67CM_{inter}\approx 186{,}67 et CMintra19,167CM_{intra}\approx 19{,}167
  • b) F=186,6719,1679,739>6,927F=\dfrac{186{,}67}{19{,}167}\approx 9{,}739>6{,}927 : on rejette au seuil de 1  %1\;\%
  • c) Parce que le numérateur est une somme de carrés : il ne peut que grandir quand les moyennes s'écartent
  • d) F=0F=0 si les moyennes coïncident ; FF tend vers l'infini si le bruit interne est nul
  • e) F=t2F=t^{2} exactement : l'analyse de variance généralise le test t

a) Carré moyen INTER : 373,332186,67\dfrac{373{,}33}{2}\approx 186{,}67. Carré moyen INTRA : 2301219,167\dfrac{230}{12}\approx 19{,}167. Tableau : source inter, SCE=373,33SCE=373{,}33, ddl=2ddl=2, CM=186,67CM=186{,}67; source intra, SCE=230,00SCE=230{,}00, ddl=12ddl=12, CM=19,167CM=19{,}167; total, SCE=603,33SCE=603{,}33, ddl=14ddl=14. Attention : les carrés moyens ne s'additionnent PAS, contrairement aux sommes de carrés et aux degrés de liberté.

b) F=186,6719,1679,739F=\dfrac{186{,}67}{19{,}167}\approx 9{,}739. Comme 9,739>6,9279{,}739>6{,}927, on rejette l'hypothèse d'égalité des moyennes au seuil de 1 %, et a fortiori à 5 %. La valeur p est inférieure à 0,01; un logiciel donnerait environ 0,003. La conclusion s'écrit : les trois programmes ne présentent pas la même moyenne, F(2;12)=9,74F\left(2;12\right)=9{,}74, p inférieur à 0,01.

c) Parce que le numérateur ne peut que GRANDIR quand les moyennes s'écartent, jamais diminuer : la somme des carrés inter est une somme de carrés, donc positive ou nulle. Un FF proche de zéro signifie que les moyennes de groupe se ressemblent plus que le hasard ne le ferait, ce qui n'est pas un argument contre l'hypothèse nulle. Toute la zone de rejet est donc située à droite, et il n'existe pas de version bilatérale du test.

d) Si les trois moyennes étaient identiques, la somme des carrés inter serait nulle et F=0F=0. Si la variabilité interne était nulle, tous les étudiants d'un même programme ayant exactement la même note, le dénominateur serait nul et FF tendrait vers l'infini : n'importe quel écart entre groupes deviendrait alors infiniment significatif, ce qui est cohérent, puisque sans bruit interne le moindre écart est certain.

e) Avec deux groupes, F=t2F=t^{2}, exactement. Le test de Fisher et le test t bilatéral donnent alors rigoureusement la même décision, et les valeurs critiques se correspondent : 1,962=3,841{,}96^{2}=3{,}84, qui est bien la valeur critique du FF à 1 et l'infini degrés de liberté. L'analyse de variance est donc une GÉNÉRALISATION du test t, et non un outil concurrent.

Exercice 4 : L'intensité : le rapport de corrélation

Comme partout, un test significatif ne dit rien de l'ampleur. La mesure d'intensité de l'analyse de variance est η2=SCEinterSCEtotal\eta^{2}=\dfrac{SCE_{inter}}{SCE_{total}}, la part de la variation totale expliquée par le facteur.

  • a) Calculez η2\eta^{2} pour les trois programmes et interprétez-le.
  • b) Quelles valeurs extrêmes η2\eta^{2} peut-il prendre, et que signifient-elles ?
  • c) Repères usuels : 0,01 petit, 0,06 moyen, 0,14 grand. Où se situe le résultat ?
  • d) On triple les effectifs sans changer les moyennes ni les écarts internes. Que deviennent FF et η2\eta^{2} ?
  • e) η2\eta^{2} a un défaut connu sur les petits échantillons. Lequel, et quelle correction existe ?

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Réponses

  • a) η2=373,33603,330,619\eta^{2}=\dfrac{373{,}33}{603{,}33}\approx 0{,}619 : le programme explique 61,9  %61{,}9\;\% de la variation
  • b) Entre 00, aucune différence de moyennes, et 11, variabilité interne nulle
  • c) Bien au-delà du seuil de 0,140{,}14 ; mais cinq étudiants par groupe, choisis pour l'exercice
  • d) FF passe à 34,0934{,}09 et η2\eta^{2} reste à 0,6190{,}619
  • e) Biaisé vers le haut ; l'oméga carré corrige et donne ici 0,5380{,}538

a) η2=373,33603,330,6188\eta^{2}=\dfrac{373{,}33}{603{,}33}\approx 0{,}6188. Le programme explique donc environ 61,9 % de la variation totale des notes, ce qui est considérable. Autrement dit, si l'on connaît le programme d'un étudiant, on a déjà rendu compte des trois cinquièmes de la dispersion des résultats; il ne reste que 38 % de variation à expliquer par tout le reste.

b) η2\eta^{2} varie entre 0 et 1. Il vaut 0 quand toutes les moyennes de groupe coïncident, donc quand le facteur n'explique rien. Il vaut 1 quand la variabilité interne est nulle, c'est-à-dire quand connaître le groupe permet de prédire exactement la note. Ces deux bornes sont les mêmes que celles du coefficient de détermination d'une régression, et ce n'est pas un hasard : η2\eta^{2} EST un coefficient de détermination, celui de la prédiction de la note par la moyenne de son groupe.

c) Avec 0,619, on est très loin au-delà du seuil de 0,14 qui marque un grand effet : l'effet est ici massif. Il faut cependant tempérer : ces données ont cinq étudiants par groupe, choisis pour l'exercice, et de tels rapports sont rares sur des données réelles de sciences humaines, où un η2\eta^{2} de 0,10 est déjà un beau résultat.

d) Avec 15 étudiants par groupe au lieu de 5, les sommes de carrés sont toutes multipliées par 3 : SCEinter=1120SCE_{inter}=1\,120, SCEintra=690SCE_{intra}=690. Les degrés de liberté deviennent 2 et 42, donc CMinter=560CM_{inter}=560 et CMintra16,43CM_{intra}\approx 16{,}43, d'où F34,09F\approx 34{,}09 : le FF a plus que triplé. En revanche η2=112018100,6188\eta^{2}=\dfrac{1120}{1810}\approx 0{,}6188, strictement INCHANGÉ. On retrouve exactement le contraste du chapitre précédent entre significativité et intensité.

e) η2\eta^{2} est BIAISÉ VERS LE HAUT sur de petits échantillons : même sous l'hypothèse nulle, les moyennes de groupe ne coïncident jamais parfaitement, donc SCEinterSCE_{inter} est strictement positive et η2\eta^{2} aussi. Son espérance sous l'hypothèse nulle vaut environ k1N1\dfrac{k-1}{N-1}, ici 2140,143\dfrac{2}{14}\approx 0{,}143, ce qui n'est pas négligeable. La correction usuelle est l'oméga carré, ω2=SCEinter(k1)CMintraSCEtotal+CMintra\omega^{2}=\dfrac{SCE_{inter}-\left(k-1\right)CM_{intra}}{SCE_{total}+CM_{intra}}, qui vaut ici 373,332×19,167603,33+19,167=335,0622,50,538\dfrac{373{,}33-2\times 19{,}167}{603{,}33+19{,}167}=\dfrac{335{,}0}{622{,}5}\approx 0{,}538, soit huit points de moins.

Exercice 5 : Les conditions d'application

L'analyse de variance repose sur trois conditions. Elles ne sont pas également importantes, et savoir laquelle pardonne est aussi utile que savoir laquelle ne pardonne pas.

  • a) Énoncez les trois conditions.
  • b) Les écarts-types des trois groupes valent 4,95; 3,81 et 4,30. Vérifiez l'homogénéité par le rapport des variances extrêmes.
  • c) Laquelle des trois conditions est la plus tolérante, et pourquoi ?
  • d) Laquelle ne pardonne jamais ? Donnez un exemple de violation.
  • e) Que faire si les conditions échouent nettement ?

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a)
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Réponses

  • a) Indépendance des observations, normalité dans chaque population, homogénéité des variances
  • b) 24,5014,521,688\dfrac{24{,}50}{14{,}52}\approx 1{,}688, bien en deçà du rapport de 4 toléré
  • c) La normalité, protégée par le théorème central limite et par la robustesse du FF
  • d) L'indépendance : mesurer trois fois les mêmes sujets et traiter les mesures comme indépendantes
  • e) Welch si l'homogénéité échoue, Kruskal-Wallis si la normalité échoue, mesures répétées si l'indépendance échoue

a) Première condition, l'INDÉPENDANCE des observations : chaque étudiant ne figure que dans un groupe, et les résultats ne sont pas liés entre eux. Deuxième condition, la NORMALITÉ de la variable dans chaque population. Troisième condition, l'HOMOGÉNÉITÉ des variances, dite homoscédasticité : les kk populations ont la même variance.

b) Variances : 4,952=24,504{,}95^{2}=24{,}50; 3,812=14,523{,}81^{2}=14{,}52; 4,302=18,494{,}30^{2}=18{,}49. Rapport des extrêmes : 24,5014,521,688\dfrac{24{,}50}{14{,}52}\approx 1{,}688. La règle empirique la plus employée tolère un rapport allant jusqu'à 4 quand les effectifs sont égaux; avec 1,69, l'homogénéité est amplement acceptable. Le test de Levene, qui formalise la vérification, ne rejetterait certainement pas.

c) La NORMALITÉ est la plus tolérante, pour deux raisons. D'abord le test porte sur des MOYENNES de groupe, dont la distribution d'échantillonnage tend vers la normale par le théorème central limite, même si la variable brute ne l'est pas. Ensuite, le FF est connu pour être robuste à des écarts modérés à la normalité, en particulier quand les effectifs sont égaux. Une asymétrie franche sur de très petits groupes reste néanmoins un problème, et l'on regarde alors les résidus plutôt que la variable brute.

d) L'INDÉPENDANCE ne pardonne jamais. Exemple de violation : mesurer trois fois les mêmes étudiants sous trois conditions et traiter les quinze mesures comme quinze observations indépendantes. La variabilité entre individus est alors comptée dans le dénominateur alors qu'elle devrait être éliminée, exactement comme dans le cas apparié du chapitre précédent, et la conclusion peut être fausse dans les deux sens. Autre violation fréquente : des étudiants d'une même classe, qui se ressemblent entre eux, traités comme un tirage indépendant.

e) Trois voies. Si seule l'homogénéité échoue, on emploie l'analyse de variance de WELCH, qui ajuste les degrés de liberté comme le fait le test t de Welch. Si la normalité échoue franchement sur de petits groupes, on passe au test non paramétrique de KRUSKAL-WALLIS, qui travaille sur les rangs. Si c'est l'indépendance qui échoue parce que les mêmes sujets sont mesurés plusieurs fois, il faut changer de modèle : analyse de variance à MESURES RÉPÉTÉES, qui isole la variabilité entre sujets exactement comme l'appariement le faisait pour deux groupes.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Après le rejet : les comparaisons multiples

L'analyse de variance dit qu'au moins une moyenne diffère. Reste à savoir lesquelles, et c'est là que le contrôle du risque global redevient le problème central.

A moins C12A moins B8B moins C40612ecarts de moyennes; le trait marque le seuil de 7,69
  • a) Calculez l'erreur type d'une différence de deux moyennes, avec ET=CMintra(1n1+1n2)ET=\sqrt{CM_{intra}\left(\dfrac{1}{n_{1}}+\dfrac{1}{n_{2}}\right)}.
  • b) Calculez les trois statistiques tt des comparaisons deux à deux.
  • c) Appliquez la correction de Bonferroni : le seuil devient 0,053\dfrac{0{,}05}{3}, dont la valeur critique à 12 degrés de liberté vaut 2,779. Concluez pour chaque paire.
  • d) Traduisez le seuil critique en écart minimal détectable, en points.
  • e) Pourquoi utilise-t-on CMintraCM_{intra} plutôt que l'écart-type de chaque paire de groupes ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) ET=19,167×0,42,769ET=\sqrt{19{,}167\times 0{,}4}\approx 2{,}769, identique pour les trois paires
  • b) A contre C : 4,3344{,}334. A contre B : 2,8892{,}889. B contre C : 1,4451{,}445
  • c) A se distingue de B et de C ; B et C ne se distinguent pas (2,7792{,}779 de seuil corrigé)
  • d) 2,779×2,7697,692{,}779\times 2{,}769\approx 7{,}69 points : l'étude est aveugle en deçà
  • e) Parce qu'il estime la variance commune sur les quinze observations, avec 1212 degrés au lieu de 88

a) ET=19,167(15+15)=19,167×0,4=7,66672,7689ET=\sqrt{19{,}167\left(\dfrac{1}{5}+\dfrac{1}{5}\right)}=\sqrt{19{,}167\times 0{,}4}=\sqrt{7{,}6667}\approx 2{,}7689. Cette erreur type est la même pour les trois paires, puisque les effectifs sont égaux et que la variance commune est estimée sur l'ensemble.

b) A moins C : 78662,7689=122,76894,334\dfrac{78-66}{2{,}7689}=\dfrac{12}{2{,}7689}\approx 4{,}334. A moins B : 82,76892,889\dfrac{8}{2{,}7689}\approx 2{,}889. B moins C : 42,76891,445\dfrac{4}{2{,}7689}\approx 1{,}445.

c) Avec la valeur critique corrigée de 2,779 : A contre C, 4,334>2,7794{,}334>2{,}779, différence SIGNIFICATIVE. A contre B, 2,889>2,7792{,}889>2{,}779, significative également, mais de justesse. B contre C, 1,445<2,7791{,}445<2{,}779, NON significative. On conclut donc que le programme A se distingue des deux autres, et que B et C ne se distinguent pas entre eux. Sans correction, la valeur critique aurait été 2,179 et la troisième paire aurait été à un cheveu du seuil, ce qui montre l'effet réel de la correction.

d) L'écart minimal détectable vaut 2,779×2,76897,6942{,}779\times 2{,}7689\approx 7{,}694 points. Toute différence de moyennes inférieure à 7,7 points sera déclarée non significative dans cette étude, quelle que soit la paire. C'est une information très utile à publier : elle dit d'emblée que l'étude, avec cinq étudiants par groupe, est aveugle à tout écart de moins de huit points.

e) Parce que CMintraCM_{intra} estime la variance commune sur les QUINZE observations, donc avec 12 degrés de liberté, alors qu'une paire n'en fournirait que 8. L'estimation est plus stable, la valeur critique plus basse, et le test plus puissant. C'est un des avantages de l'analyse de variance : elle met en commun l'information de tous les groupes pour estimer le bruit, y compris pour les comparaisons qui ne les concernent pas directement. La contrepartie est que ce gain suppose l'homogénéité des variances, condition qu'il fallait donc vérifier avant.

Exercice 7 : Effectifs inégaux et facteur à plusieurs niveaux

Les groupes réels n'ont jamais la même taille. Rien ne change dans le principe, tout change dans l'arithmétique, et deux pièges apparaissent.

Trois programmes : 40 étudiants de moyenne 74,0; 25 étudiants de moyenne 70,4; 15 étudiants de moyenne 66,0.

  • a) Calculez la moyenne générale. Pourquoi n'est-elle pas la moyenne des trois moyennes ?
  • b) Calculez la somme des carrés inter groupes.
  • c) La somme des carrés intra vaut 5 940. Dressez le tableau et calculez FF, la valeur critique à 2 et 77 degrés de liberté valant 3,12.
  • d) Calculez η2\eta^{2} et commentez l'écart avec le résultat du test.
  • e) Quels deux pièges les effectifs inégaux introduisent-ils ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 571080=71,375\dfrac{5\,710}{80}=71{,}375, contre 70,13370{,}133 en moyenne simple : il faut pondérer
  • b) SCEinter732,75SCE_{inter}\approx 732{,}75
  • c) F=366,37577,1434,749>3,12F=\dfrac{366{,}375}{77{,}143}\approx 4{,}749>3{,}12 : on rejette
  • d) η2=732,756672,750,110\eta^{2}=\dfrac{732{,}75}{6\,672{,}75}\approx 0{,}110 : le programme explique 11  %11\;\% de la variation
  • e) La moyenne générale à pondérer, et la sensibilité accrue à l'hétérogénéité des variances

a) Moyenne générale : 40×74,0+25×70,4+15×66,080=2960+1760+99080=571080=71,375\dfrac{40\times 74{,}0+25\times 70{,}4+15\times 66{,}0}{80}=\dfrac{2\,960+1\,760+990}{80}=\dfrac{5\,710}{80}=71{,}375. Ce n'est pas la moyenne des trois moyennes, qui vaudrait 74,0+70,4+66,0370,133\dfrac{74{,}0+70{,}4+66{,}0}{3}\approx 70{,}133, parce que la moyenne générale PONDÈRE chaque groupe par son effectif : le groupe de 40 étudiants pèse deux fois et demie plus que celui de 15. L'écart de 1,24 point entre les deux calculs est exactement le genre d'erreur qui fausse tout un tableau d'analyse.

b) Écarts à 71,375 : 2,6252{,}625; 0,975-0{,}975; 5,375-5{,}375. SCEinter=40×2,6252+25×0,9752+15×5,3752=40×6,8906+25×0,950625+15×28,8906=275,625+23,7656+433,359732,75SCE_{inter}=40\times 2{,}625^{2}+25\times 0{,}975^{2}+15\times 5{,}375^{2}=40\times 6{,}8906+25\times 0{,}950625+15\times 28{,}8906=275{,}625+23{,}7656+433{,}359\approx 732{,}75.

c) Degrés de liberté : inter 31=23-1=2; intra 803=7780-3=77; total 79. Carrés moyens : 732,752=366,375\dfrac{732{,}75}{2}=366{,}375 et 59407777,143\dfrac{5\,940}{77}\approx 77{,}143. F=366,37577,1434,749F=\dfrac{366{,}375}{77{,}143}\approx 4{,}749. Comme 4,749>3,124{,}749>3{,}12, on rejette : les trois programmes n'ont pas la même moyenne, F(2;77)=4,75F\left(2;77\right)=4{,}75, p inférieur à 0,05.

d) SCEtotal=732,75+5940=6672,75SCE_{total}=732{,}75+5\,940=6\,672{,}75, donc η2=732,756672,750,1098\eta^{2}=\dfrac{732{,}75}{6\,672{,}75}\approx 0{,}1098. Le programme n'explique donc que 11 % de la variation des notes, ce qui est un effet moyen à grand selon les repères mais laisse 89 % de la dispersion à expliquer par autre chose. Le contraste avec l'exemple à cinq étudiants par groupe est instructif : là, FF valait 9,74 pour un η2\eta^{2} de 0,62; ici, FF vaut 4,75 pour un η2\eta^{2} six fois plus petit. C'est l'effectif de 80 qui rend significatif un effet bien plus modeste.

e) Premier piège, la MOYENNE GÉNÉRALE : elle doit être pondérée par les effectifs, et prendre la moyenne des moyennes fausse toutes les sommes de carrés qui en découlent. Second piège, la SENSIBILITÉ AUX CONDITIONS : quand les effectifs sont égaux, l'analyse de variance tolère bien l'hétérogénéité des variances; quand ils sont inégaux, elle devient franchement trompeuse, dans un sens ou dans l'autre selon que le grand groupe porte ou non la grande variance. Avec des effectifs déséquilibrés, la vérification de l'homogénéité cesse d'être une formalité, et la version de Welch devient le choix prudent.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacune des cinq affirmations suivantes est FAUSSE. Dites pourquoi et donnez l'énoncé correct.

  • 1) « L'analyse de variance est significative : les trois programmes diffèrent tous les uns des autres. »
  • 2) « Avec trois groupes, autant faire trois tests t : c'est plus simple et cela revient au même. »
  • 3) « Le carré moyen total vaut la somme des deux autres carrés moyens. »
  • 4) « Notre FF vaut 34 : l'effet du programme est donc énorme. »
  • 5) « Nous avons mesuré les mêmes 20 étudiants sous trois conditions et fait une analyse de variance à un facteur sur les 60 mesures. »

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1)
2)
3)
4)
5)
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Réponses

  • 1) FAUX : le test est omnibus ; ici A se distingue de B et de C, mais B et C ne se distinguent pas
  • 2) FAUX : trois tests t portent le risque à 14,3  %14{,}3\;\%, et chacun perd des degrés de liberté
  • 3) FAUX : 186,67+19,17=205,83186{,}67+19{,}17=205{,}83 alors que le carré moyen total vaut 43,1\approx 43{,}1
  • 4) FAUX : tripler les effectifs porte FF à 34,0934{,}09 sans rien changer ; η2\eta^{2} reste 0,6190{,}619
  • 5) FAUX : l'indépendance est violée ; il faut une analyse de variance à mesures répétées

1) FAUX. Le test est OMNIBUS : il indique qu'au moins une paire de moyennes diffère, sans dire laquelle ni combien. Sur l'exemple du chapitre, A se distingue de B et de C, mais B et C ne se distinguent pas entre eux. Énoncé correct : au moins une moyenne diffère des autres; les comparaisons multiples a posteriori, avec correction du seuil, identifient lesquelles.

2) FAUX. Trois tests t au seuil de 5 % portent le risque global à environ 10,9530,1431-0{,}95^{3}\approx 0{,}143, soit 14 % au lieu de 5 %, et le problème empire vite : dix comparaisons donnent 40 %. De plus, chaque test t n'utiliserait que deux groupes pour estimer la variance résiduelle, avec 8 degrés de liberté au lieu de 12, donc moins de puissance. Énoncé correct : l'analyse de variance contrôle le risque global et estime le bruit sur tous les groupes à la fois.

3) FAUX. Les SOMMES DE CARRÉS s'additionnent, et les DEGRÉS DE LIBERTÉ aussi, mais les carrés moyens sont des quotients et ne s'additionnent pas. Ici, 186,67+19,17=205,83186{,}67+19{,}17=205{,}83, alors que le carré moyen total vaut 603,331443,1\dfrac{603{,}33}{14}\approx 43{,}1. Énoncé correct : seules les sommes de carrés et les degrés de liberté se décomposent additivement.

4) FAUX. Le FF dépend de l'effectif autant que de l'ampleur de l'écart : sur l'exemple du chapitre, tripler les effectifs fait passer FF de 9,74 à 34,09 sans que rien n'ait changé dans les données. La mesure d'intensité est η2\eta^{2}, resté à 0,619. Énoncé correct : l'effet est très clairement établi; son intensité se lit sur η2\eta^{2}, qui vaut 0,62.

5) FAUX. Les trois mesures portent sur les mêmes personnes : elles ne sont pas indépendantes, et la première condition de l'analyse de variance est violée. La variabilité entre individus, qui devrait être éliminée, se retrouve au dénominateur et écrase le signal. Énoncé correct : il faut une analyse de variance à MESURES RÉPÉTÉES, qui isole la variabilité entre sujets, exactement comme le test t apparié le fait pour deux conditions.

Exercice 9 : Problème : trois méthodes d'enseignement

Un département compare trois méthodes d'enseignement d'un même cours. Les étudiants ont été assignés au hasard. Résultats : méthode 1, n=18n=18, moyenne 68,5, écart-type 9,2; méthode 2, n=20n=20, moyenne 74,1, écart-type 8,7; méthode 3, n=22n=22, moyenne 71,8, écart-type 9,6.

  • a) Calculez la moyenne générale pondérée.
  • b) Calculez la somme des carrés inter groupes.
  • c) Calculez la somme des carrés intra à partir des écarts-types, en utilisant SCEj=(nj1)sj2SCE_{j}=\left(n_{j}-1\right)s_{j}^{2}.
  • d) Dressez le tableau, calculez FF et concluez, la valeur critique à 2 et 57 degrés de liberté valant 3,16.
  • e) Calculez η2\eta^{2} et rédigez la conclusion complète.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 4294,66071,577\dfrac{4\,294{,}6}{60}\approx 71{,}577
  • b) SCEinter298,82SCE_{inter}\approx 298{,}82
  • c) 1438,88+1438,11+1935,364812,351\,438{,}88+1\,438{,}11+1\,935{,}36\approx 4\,812{,}35
  • d) F=149,4184,431,770<3,16F=\dfrac{149{,}41}{84{,}43}\approx 1{,}770<3{,}16 : on ne rejette pas
  • e) η20,0585\eta^{2}\approx 0{,}0585, un effet MOYEN : l'étude manquait de puissance, pas l'effet d'existence

a) N=18+20+22=60N=18+20+22=60. Moyenne générale : 18×68,5+20×74,1+22×71,860=1233+1482+1579,660=4294,66071,577\dfrac{18\times 68{,}5+20\times 74{,}1+22\times 71{,}8}{60}=\dfrac{1\,233+1\,482+1\,579{,}6}{60}=\dfrac{4\,294{,}6}{60}\approx 71{,}577.

b) Écarts à 71,577 : 3,077-3{,}077; 2,5232{,}523; 0,2230{,}223. SCEinter=18×9,4661+20×6,3665+22×0,0498=170,39+127,33+1,10298,82SCE_{inter}=18\times 9{,}4661+20\times 6{,}3665+22\times 0{,}0498=170{,}39+127{,}33+1{,}10\approx 298{,}82.

c) SCE1=17×9,22=17×84,64=1438,88SCE_{1}=17\times 9{,}2^{2}=17\times 84{,}64=1\,438{,}88. SCE2=19×8,72=19×75,69=1438,11SCE_{2}=19\times 8{,}7^{2}=19\times 75{,}69=1\,438{,}11. SCE3=21×9,62=21×92,16=1935,36SCE_{3}=21\times 9{,}6^{2}=21\times 92{,}16=1\,935{,}36. Total : SCEintra4812,35SCE_{intra}\approx 4\,812{,}35. Cette formule est celle qu'il faut retenir : elle permet de reconstituer une analyse de variance à partir des seules statistiques publiées, sans les données brutes.

d) Degrés de liberté : 2 et 603=5760-3=57. Carrés moyens : 298,822149,41\dfrac{298{,}82}{2}\approx 149{,}41 et 4812,355784,427\dfrac{4\,812{,}35}{57}\approx 84{,}427. F=149,4184,4271,770F=\dfrac{149{,}41}{84{,}427}\approx 1{,}770. Comme 1,770<3,161{,}770<3{,}16, on NE REJETTE PAS : les données ne permettent pas de conclure à une différence entre les trois méthodes au seuil de 5 %.

e) SCEtotal=298,82+4812,35=5111,17SCE_{total}=298{,}82+4\,812{,}35=5\,111{,}17, donc η2=298,825111,170,0585\eta^{2}=\dfrac{298{,}82}{5\,111{,}17}\approx 0{,}0585, soit un effet MOYEN au regard des repères. Conclusion : « Les moyennes des trois méthodes valent 68,5, 74,1 et 71,8. L'analyse de variance ne permet pas de conclure à une différence, F(2;57)=1,77F\left(2;57\right)=1{,}77; p supérieur à 0,05. La part de variance associée à la méthode, η2=0,059\eta^{2}=0{,}059, correspond pourtant à un effet moyen, et l'écart de 5,6 points entre les méthodes 1 et 2 reste appréciable : avec 20 étudiants par groupe, l'étude n'avait pas la puissance de le détecter. Une réplication sur environ 50 étudiants par groupe serait nécessaire avant de conclure à l'équivalence des méthodes. » On voit ici tout l'intérêt de publier la taille d'effet même quand le test ne rejette pas : elle transforme un résultat nul en résultat informatif.

Exercice 10 : Problème : lire un tableau d'analyse de variance publié

Un article publie le tableau suivant, sans les données : source « région », SCE=1842SCE=1\,842, ddl=4ddl=4; source « résiduelle », SCE=27630SCE=27\,630, ddl=295ddl=295. Le texte affirme : « la région a un effet hautement significatif sur le sentiment d'appartenance (p<0,001p<0{,}001), ce qui confirme l'importance des ancrages territoriaux ».

  • a) Combien de régions ont été comparées ? Quel est l'effectif total ?
  • b) Calculez les carrés moyens et FF, puis vérifiez la significativité, la valeur critique à 4 et 295 degrés de liberté valant environ 2,40 au seuil de 5 % et 3,36 au seuil de 1 %.
  • c) Calculez η2\eta^{2} et confrontez-le à l'affirmation de l'auteur.
  • d) Le mot « effet » est-il justifié ?
  • e) Réécrivez la phrase de conclusion.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) k=5k=5 régions et N=300N=300 répondants
  • b) F=460,593,664,917>3,36F=\dfrac{460{,}5}{93{,}66}\approx 4{,}917>3{,}36 : significatif au seuil de 1  %1\;\%
  • c) η2=1842294720,0625\eta^{2}=\dfrac{1\,842}{29\,472}\approx 0{,}0625 : la région explique 6,25  %6{,}25\;\%, et 93,75  %93{,}75\;\% lui échappent
  • d) Non au sens causal : la région n'a pas été assignée, âge, scolarité et ruralité ne sont pas contrôlés
  • e) Publier la taille d'effet, retirer le mot « effet », nommer les variables de contrôle manquantes

a) Le facteur a ddl=k1=4ddl=k-1=4, donc k=5k=5 régions. Les degrés de liberté résiduels valent Nk=295N-k=295, donc N=295+5=300N=295+5=300 répondants. Reconstituer ces deux nombres à partir des seuls degrés de liberté est le premier réflexe de lecture d'un tableau d'analyse de variance.

b) Carré moyen du facteur : 18424=460,5\dfrac{1\,842}{4}=460{,}5. Carré moyen résiduel : 2763029593,66\dfrac{27\,630}{295}\approx 93{,}66. F=460,593,664,917F=\dfrac{460{,}5}{93{,}66}\approx 4{,}917. Comme 4,917>3,364{,}917>3{,}36, le résultat est bien significatif au seuil de 1 %; la valeur p vaut environ 0,0008, ce qui justifie le « p inférieur à 0,001 » annoncé.

c) SCEtotal=1842+27630=29472SCE_{total}=1\,842+27\,630=29\,472, donc η2=1842294720,0625\eta^{2}=\dfrac{1\,842}{29\,472}\approx 0{,}0625. La région explique donc 6,25 % de la variation du sentiment d'appartenance, et 93,75 % lui échappent. L'expression « hautement significatif » est exacte au sens technique et trompeuse au sens ordinaire : elle décrit la solidité de la détection, pas l'ampleur du phénomène. Parler de « l'importance des ancrages territoriaux » sur la base d'un seizième de la variance est une extrapolation que le tableau ne soutient pas.

d) Non, pas au sens causal. La région n'a pas été assignée au hasard : les habitants d'une région diffèrent par l'âge, la scolarité, l'origine, la ruralité, autant de variables liées au sentiment d'appartenance. L'analyse de variance à un facteur ne contrôle rien de tout cela, et le mot « effet », qui est un terme technique désignant le facteur dans le modèle, se lit dans le texte comme une affirmation de causalité. C'est une ambiguïté de vocabulaire que les rédacteurs prudents évitent en écrivant « différence associée à la région ».

e) « Le sentiment d'appartenance diffère significativement entre les cinq régions, F(4;295)=4,92F\left(4;295\right)=4{,}92; p inférieur à 0,001. La région rend toutefois compte de 6,3 % seulement de la variation totale, η2=0,063\eta^{2}=0{,}063, ce qui laisse l'essentiel des différences individuelles inexpliqué. La région n'ayant pas été assignée, cette association ne peut être interprétée comme un effet causal, et il faudrait contrôler l'âge, la scolarité et le lieu de naissance avant de conclure quoi que ce soit sur les ancrages territoriaux. » Trois corrections : la taille d'effet est publiée, le mot effet disparaît, et les variables de contrôle manquantes sont nommées.

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