Calcul différentiel 201-NYA • Premier examen de la session • Montréal
Examen pratique 1 corrigé de calcul différentiel (201-NYA)
Voici un examen pratique complet pour le premier examen de calcul différentiel 201-NYA, celui qui tombe vers la sixième semaine et qui porte sur les fonctions, les limites et la continuité. Les dix exercices sont calibrés sur des sujets réellement donnés au cégep : le domaine avec ses trois interdits, la composition, treize limites de treize natures, la continuité d'une fonction définie par cinq morceaux, la continuité sur un intervalle selon que ses bornes sont ouvertes ou fermées, les asymptotes face au trou, et l'esquisse sous contraintes.
Le fil qui les traverse tient en une phrase : le domaine dit où la fonction VIT, la limite dit où elle VA, la valeur dit où elle EST. Ces trois questions sont indépendantes, et les confondre est l'erreur la plus chère du premier examen. Faites la série en conditions réelles, 2 h 30, SANS calculatrice, comme les examens dont elle s'inspire, et rédigez chaque justification : un résultat juste sans démarche vaut zéro dans la plupart des cégeps.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Domaine : trois interdits seulement, le dénominateur nul, la racine paire d'un négatif, le logarithme d'un nombre non strictement positif. Une racine AU DÉNOMINATEUR cumule les deux premiers et transforme le ≥ en >.
•Diagnostic d'une limite : on substitue d'abord pour lire la forme. Un nombre, c'est fini. 00 est une indétermination, il y a un facteur commun à sortir (factorisation, conjugué, mise au même dénominateur). 0k avec k=0 n'en est pas une : la réponse est infinie, et il faut regarder le signe de chaque côté.
•Limites à l'infini d'un quotient de polynômes : même degré, le quotient des coefficients dominants ; degré du haut plus petit, la limite vaut 0 ; degré du haut plus grand, la limite est infinie, de signe donné par la parité du degré restant.
•Continuité en a, trois conditions : f(a) existe, limx→af(x) existe, et les deux sont égales. La première qui tombe donne le type de discontinuité : trou réparable si seule la valeur manque ou est mal placée, saut si les deux limites unilatérales diffèrent, asymptote si elles sont infinies.
•Continuité sur un intervalle : à l'intérieur, la continuité ordinaire ; à une borne FERMÉE, la continuité unilatérale du bon côté seulement. C'est pour cela que f peut être continue sur ]1,2] sans l'être sur [0,1].
•Asymptote verticale en a si limx→a∣f(x)∣=+∞, donc si le facteur (x−a) survit à la simplification ; sinon c'est un trou, de hauteur égale à la limite. Asymptote horizontale y=L si limx→±∞f(x)=L, et la courbe a le droit de la couper.
•Théorème des valeurs intermédiaires : si f est continue sur [a,b] et si k est compris entre f(a) et f(b), alors il existe c∈]a,b[ tel que f(c)=k. Les trois ingrédients doivent figurer dans la rédaction, sans quoi le théorème ne s'applique pas.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le domaine : trois interdits, et un faux interdit
Trois opérations seulement sont interdites en calcul différentiel : diviser par zéro, prendre la racine paire d'un négatif, prendre le logarithme d'un nombre qui n'est pas strictement positif. Tout le reste est permis. Déterminez le domaine de chaque fonction et écrivez-le en notation d'intervalles.
a) f(x)=(x−2)(2x2+3x+1)x+2
b) g(x)=4−x
c) h(x)=3x2−4x+7x−4
d) k(x)=x2−5x+41
e) m(x)=3−xx2−3x+1
Voir la correction
Réponses
a)R∖{−1,−21,2}
b)]−∞,4]
c)R
d)]−∞,1[∪]4,+∞[
e)]−∞,23−5]∪[23+5,3[∪]3,+∞[
a)
Un quotient : le seul interdit est l'annulation du dénominateur. On factorise 2x2+3x+1. Le discriminant vaut 9−8=1, les racines sont x=4−3±1, soit −21 et −1, donc 2x2+3x+1=(2x+1)(x+1). Le dénominateur s'annule en x=2, x=−21 et x=−1. Domaine : ]−∞,−1[∪]−1,−21[∪]−21,2[∪]2,+∞[. Le piège : beaucoup d'élèves excluent aussi x=−2 parce que le numérateur s'y annule. Un numérateur nul ne crée aucun interdit, il crée un zéro de la fonction. La question du domaine ne regarde jamais le haut de la fraction.
b)
Racine carrée, donc racine paire : on exige 4−x≥0, c'est-à-dire x≤4. Domaine : ]−∞,4]. Le crochet est fermé en 4 parce que 0=0 existe. Écrire ]−∞,4[ coûte un point pour rien.
c)
Encore un quotient, mais ici le dénominateur ne s'annule jamais : le discriminant de 3x2−4x+7 vaut 16−4(3)(7)=16−84=−68<0. Un trinôme de discriminant négatif garde le signe de son coefficient dominant, ici 3>0, donc 3x2−4x+7>0 pour tout réel. Domaine : R. C'est le faux interdit du titre : la présence d'une fraction ne suffit pas à retirer quoi que ce soit, il faut vérifier que le dénominateur s'annule vraiment.
d)
Deux interdits se cumulent, et ils se cumulent en une seule inégalité STRICTE. La racine exige x2−5x+4≥0, la fraction exige x2−5x+4=0, donc x2−5x+4=0. Au total x2−5x+4>0. Or x2−5x+4=(x−1)(x−4), produit positif à l'extérieur des racines. Domaine : ]−∞,1[∪]4,+∞[. Une racine au dénominateur ne se traite pas comme une racine au numérateur : elle transforme un ≥ en >.
e)
On traite les deux contraintes séparément. Racine : x2−3x+1≥0. Le discriminant vaut 9−4=5, les racines sont 23±5, soit environ 0,382 et 2,618. Le trinôme, de coefficient dominant positif, est positif à l'extérieur : x≤23−5 ou x≥23+5. Dénominateur : 3−x=0, donc x=3. On intersecte : ]−∞,23−5]∪[23+5,3[∪]3,+∞[. Noter que 3 appartient bien à la zone autorisée par la racine (3>2,618), il faut donc l'en retirer explicitement : c'est exactement le genre de point qu'on oublie quand on traite les deux conditions dans la tête au lieu de les écrire l'une sous l'autre.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Composer des fonctions : l'ordre change tout
Composer, c'est brancher une fonction dans l'autre : (f∘g)(x)=f(g(x)) se lit de DROITE à GAUCHE, on applique g d'abord. Soit f(x)=x2−x+3, g(x)=x2−5+1 et h(x)=x+3.
a) Donnez (f∘g)(x) sans simplifier, puis simplifiez-la.
b) Donnez (g∘f)(x) et son domaine.
c) Donnez le domaine de (f∘g). Comparez-le au domaine de l'expression simplifiée obtenue en a).
d) Donnez (f∘g∘h)(x) sans simplifier.
e) Les fonctions p(x)=x−2x2−4 et q(x)=x+2 sont-elles la même fonction ? Justifiez.
Voir la correction
Réponses
a)(f∘g)(x)=x2−2+x2−5
b)(x2−x+3)2−5+1, domaine R
c)]−∞,−5]∪[5,+∞[
d)((x+3)2−5+1)2−((x+3)2−5+1)+3
e)Non : domaines différents
a)
Sans simplifier : (f∘g)(x)=(x2−5+1)2−(x2−5+1)+3. On développe le carré : (x2−5)2+2x2−5+1=x2−5+2x2−5+1. On retranche ensuite x2−5+1 et on ajoute 3 : x2−5+2x2−5+1−x2−5−1+3=x2−2+x2−5. Vérification numérique en x=3 : g(3)=4+1=3 puis f(3)=9−3+3=9 ; la formule donne 9−2+4=9. Les deux concordent.
b)
(g∘f)(x)=(x2−x+3)2−5+1. Domaine : il faut (x2−x+3)2≥5. Le trinôme x2−x+3 a pour discriminant 1−12=−11<0, il reste donc strictement positif, et son minimum, atteint en x=21, vaut 41−21+3=411=2,75. Ainsi (x2−x+3)2≥2,752=7,5625>5 pour tout réel. Domaine : R. Comparer avec a) : f∘g et g∘f n'ont ni la même expression ni le même domaine, la composition n'est pas commutative.
c)
Domaine de f∘g : x doit d'abord être dans le domaine de g, donc x2−5≥0, soit ∣x∣≥5 ; ensuite g(x) doit être dans le domaine de f, qui est R, ce qui n'ajoute rien. Domaine : ]−∞,−5]∪[5,+∞[. L'expression simplifiée x2−2+x2−5 porte encore la racine, elle donne donc bien la même restriction ici. Mais la règle générale est l'inverse : le domaine d'une composée se lit sur la composée AVANT simplification, jamais après. Simplifier peut effacer un interdit sans le supprimer.
d)
On applique h d'abord, puis g, puis f : (f∘g∘h)(x)=f(g(x+3))=((x+3)2−5+1)2−((x+3)2−5+1)+3. Aucune simplification demandée : dans un examen, une chaîne de composition se note en remplaçant mécaniquement la variable, et chaque parenthèse oubliée coûte le résultat.
e)
NON. Leurs règles coïncident partout où les deux sont définies, puisque x−2x2−4=x−2(x−2)(x+2)=x+2 dès que x=2. Mais dom(p)=R∖{2} tandis que dom(q)=R. Deux fonctions sont égales si et seulement si elles ont le MÊME domaine et la même règle. Le graphe de p est celui de q percé d'un trou en (2,4). Cette distinction n'est pas un détail de vocabulaire : c'est exactement ce qui sépare une asymptote verticale d'un trou, et on la retrouve intacte à l'exercice 7.
Exercice 3 : Huit limites, huit décisions
Une limite se traite en deux temps et jamais en un seul : on SUBSTITUE d'abord pour lire la forme obtenue, on choisit ENSUITE l'outil. Substituer n'est pas tricher, c'est le diagnostic. Si la substitution donne un nombre, c'est fini ; si elle donne 00, il y a un facteur commun à sortir ; si elle donne 0k avec k=0, la limite est infinie ou n'existe pas, mais elle ne vaut jamais un nombre.
a) limx→2(x3−6x2+4)
b) limx→+∞3−x
c) limx→−3x2+6x+95
d) limx→−525−x2x+5
e) limx→13x3−8x2+6x−14x4−4x3−x2+7x−6
f) limx→3x2−2x−3x+11−41
g) limx→66−x2x2−10x−12
h) limx→+∞2x4−4x3+x−13x4−5x2+7
Voir la correction
Réponses
a)−12
b)0
c)+∞
d)101
e)−9
f)−641
g)−286≈−68,59
h)23
a)
Un polynôme est continu partout, donc la limite est la valeur : 8−24+4=−12. Aucun travail, et c'est le premier réflexe à avoir : on ne cherche une technique que si la substitution échoue.
b)
3−x=(31)x avec une base strictement comprise entre 0 et 1 : la suite des puissances s'écrase vers zéro. Limite =0. Ce n'est pas une forme indéterminée, c'est le comportement standard d'une exponentielle décroissante.
c)
x2+6x+9=(x+3)2. La substitution donne 05, avec k=5=0 : ce n'est PAS une indétermination. Le dénominateur est un carré, donc positif des deux côtés de −3, et le numérateur reste 5>0. Le quotient explose vers le haut des deux côtés : limx→−3(x+3)25=+∞. La droite x=−3 est une asymptote verticale.
d)
Substitution : 00, donc facteur commun garanti. 25−x2=(5−x)(5+x), d'où (5−x)(5+x)x+5=5−x1 pour x=−5. En −5 : 101. Le piège est de croire qu'un 00 donne toujours l'infini ou toujours zéro : il ne donne rien du tout tant qu'on n'a pas simplifié.
e)
00 : 4−4−1+7−6=0 en haut, 3−8+6−1=0 en bas. Les deux polynômes admettent donc (x−1) en facteur. Division synthétique au numérateur avec les coefficients 4,−4,−1,7,−6 : on abaisse 4, puis 4−4=0, puis 0−1=−1, puis −1+7=6, puis 6−6=0. Le quotient est 4x3+0x2−x+6, qui vaut 4−1+6=9 en x=1. Au dénominateur, coefficients 3,−8,6,−1 : on abaisse 3, puis 3−8=−5, puis −5+6=1, puis 1−1=0. Le quotient est 3x2−5x+1, qui vaut 3−5+1=−1. Limite =−19=−9. La division synthétique est ici plus rapide et plus sûre que la règle de L'Hôpital, et elle ne demande aucun théorème.
f)
Fraction étagée : on assemble d'abord le numérateur sur un dénominateur commun. x+11−41=4(x+1)4−(x+1)=4(x+1)3−x. Le dénominateur se factorise : x2−2x−3=(x−3)(x+1). L'expression devient 4(x+1)3−x⋅(x−3)(x+1)1=4(x+1)2(x−3)−(x−3)=4(x+1)2−1. En x=3 : 4⋅16−1=−641. Repérer le 3−x=−(x−3) est tout l'exercice.
g)
00 avec une racine EN BAS. Le numérateur se factorise : 2x2−10x−12=2(x2−5x−6)=2(x−6)(x+1). On multiplie haut et bas par le conjugué 6+x : le dénominateur devient (6)2−(x)2=6−x. On obtient 6−x2(x−6)(x+1)(6+x)=−2(x+1)(6+x) puisque 6−xx−6=−1. En x=6 : −2(7)(26)=−286≈−68,59. Le signe moins vient du renversement 6−x=−(x−6) : c'est la perte la plus fréquente de tout l'exercice.
h)
Limite à l'infini d'un quotient de polynômes de MÊME degré : le comportement est dicté par les termes dominants, tous les autres deviennent négligeables. Limite =23. Rédaction propre : on divise haut et bas par x4, ce qui donne 2−4/x+1/x3−1/x43−5/x2+7/x4⟶23. Le quotient 23 est la valeur de l'asymptote horizontale y=23.
Exercice 4 : Cinq limites de plus : le zéro sur zéro contre le k sur zéro
Les deux formes se ressemblent à l'oeil et n'ont rien à voir. 00 est une INDÉTERMINATION : il reste du travail, et la réponse est presque toujours un nombre fini. 0k avec k=0 n'est pas une indétermination du tout : la réponse est infinie, et il faut alors regarder le SIGNE de chaque côté avant de conclure. Évaluez, en justifiant à chaque fois la forme rencontrée.
a) limx→−5x2−25x1+51
b) limx→34x3−14x2+13x−21−x6+3x5+2x−6
c) limx→2x−22−x+2
d) limx→2x−2x2+4
e) limx→−∞2x3−7x2+84x5+3x2+9
Voir la correction
Réponses
a)2501
b)−37241≈−6,51
c)−41
d)N'existe pas : −∞ à gauche, +∞ à droite
e)+∞
a)
Forme 00. On assemble le numérateur : x1+51=5x5+x. Le dénominateur se factorise : x2−25=(x−5)(x+5). L'expression devient 5xx+5⋅(x−5)(x+5)1=5x(x−5)1. En x=−5 : 5(−5)(−10)1=2501=0,004. Le facteur (x+5) était bien là, mais caché dans une fraction étagée : c'est pour cela qu'on assemble AVANT de chercher à simplifier.
b)
Forme 00 : en haut −729+729+6−6=0, en bas 108−126+39−21=0. Le numérateur se factorise par groupement, sans division : −x6+3x5+2x−6=−x5(x−3)+2(x−3)=(x−3)(2−x5), qui vaut 2−243=−241 en x=3. Au dénominateur, division synthétique par (x−3) avec les coefficients 4,−14,13,−21 : on abaisse 4, puis 12−14=−2, puis −6+13=7, puis 21−21=0. Le quotient est 4x2−2x+7, qui vaut 36−6+7=37. Limite =−37241≈−6,51. Chercher un groupement avant de se lancer dans une division de degré 6 fait gagner cinq minutes d'examen.
c)
Forme 00 avec une racine EN HAUT. Conjugué : on multiplie par 2+x+22+x+2, ce qui donne (x−2)(2+x+2)4−(x+2)=(x−2)(2+x+2)2−x=2+x+2−1. En x=2 : 2+2−1=−41. Le conjugué sert exactement à cela : transformer une différence de racines en une différence de carrés, donc en un polynôme où le facteur commun devient visible.
d)
Substitution : 08, avec 8=0. Ce n'est PAS une indétermination, il n'y a donc rien à factoriser, mais il faut étudier les deux côtés. À gauche de 2, x−2<0 et le numérateur vaut environ 8>0 : le quotient tend vers −∞. À droite, x−2>0 : le quotient tend vers +∞. Les deux limites unilatérales sont différentes, donc limx→2x−2x2+4 N'EXISTE PAS. Écrire ∞ tout court est faux ici : ∞ sans signe ne désigne aucune des deux branches, et la droite x=2 reste une asymptote verticale malgré l'absence de limite.
e)
Quotient de polynômes de degrés DIFFÉRENTS : degré 5 en haut, degré 3 en bas. En divisant haut et bas par x3, on obtient 2−7/x+8/x34x2+3/x+9/x3, dont le numérateur explose comme 4x2 et le dénominateur tend vers 2. La fonction se comporte comme 2x2, et x2→+∞ même quand x→−∞. Limite =+∞. Le piège classique est de conclure −∞ parce que x→−∞ : c'est la PARITÉ du degré restant qui décide, pas le sens dans lequel on part.
Exercice 5 : Continuité en un point : la fonction définie par morceaux
La continuité en a demande TROIS choses, dans cet ordre : f(a) existe, limx→af(x) existe, et les deux sont égales. Les trois sont indépendantes, et l'examen teste précisément les cas où l'une tombe pendant que les autres tiennent. Soit
d) Nommez le type de chaque discontinuité trouvée, et dites laquelle peut être réparée en redéfinissant f en un seul point.
Voir la correction
Réponses
a)f(−2)=−13, limites 1 et −13 : discontinue
b)f(0)=−7=limx→0f(x) : continue
c)f(1) n'existe pas, limite −215 : discontinue
d)Saut en −2 ; trou réparable en 1
a)
La valeur d'abord : −2 tombe dans la deuxième branche, puisque celle-ci est valide pour −2≤x<0. Donc f(−2)=3(−2)−7=−13, qui existe. Limite à gauche : c'est la première branche, limx→−2−(−x2+5)=−4+5=1. Limite à droite : deuxième branche, limx→−2+(3x−7)=−13. Les deux limites unilatérales sont finies mais DIFFÉRENTES, donc limx→−2f(x) n'existe pas : la deuxième condition tombe. f est discontinue en −2. Attention au piège du crochet : le ≤ de la deuxième branche décide à lui seul de la valeur f(−2), et beaucoup d'élèves lisent la première branche par habitude.
b)
Valeur : la troisième ligne l'impose, f(0)=−7. Limite à gauche : limx→0−(3x−7)=−7. Limite à droite : il faut d'abord simplifier la quatrième branche, −2xx2+14x=−2xx(x+14)=−2x+14 pour x=0, ce qui tend vers −214=−7. Les deux limites unilatérales valent −7, donc limx→0f(x)=−7=f(0). Les trois conditions sont satisfaites : f est CONTINUE en 0. Une fonction définie par cinq morceaux n'est pas condamnée à se casser à chaque raccord, et l'expression −2xx2+14x, indéfinie en 0, ne l'empêche pas : c'est la ligne x=0 qui donne la valeur.
c)
Valeur : 1 tombe dans la cinquième branche. On y remplace : 4−430−30=00, qui n'est pas un nombre. Donc f(1) N'EXISTE PAS et la première condition tombe déjà. La limite, elle, existe. À gauche : −2x+14→−215=−215. À droite : 4x3−4x230−30x=4x2(x−1)30(1−x)=4x2−30→4−30=−215. Les deux coïncident, donc limx→1f(x)=−215. f est discontinue en 1, non pas parce que la limite manque, mais parce que la fonction n'y est pas définie.
d)
En x=−2 : discontinuité par SAUT, les deux limites unilatérales étant finies et distinctes. Elle n'est PAS réparable : aucune valeur unique ne peut valoir à la fois 1 et −13, la courbe se déchire vraiment. En x=1 : discontinuité par TROU, dite RÉPARABLE, parce qu'il suffit de poser f(1)=−215 pour que les trois conditions deviennent vraies. C'est la différence de fond entre les deux accidents : le trou est un défaut de DÉFINITION, on a mal noté la fonction en un point ; le saut est un défaut de COMPORTEMENT, la fonction elle-même se déchire, et aucune retouche ponctuelle ne recoud une déchirure.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : Esquisser une fonction sous douze contraintes
Esquissez UNE fonction f, continue partout sauf peut-être en x=−2, x=−1, x=0 et x=2, qui satisfait à TOUTES les conditions suivantes. Il n'y a pas une réponse unique : il y a des réponses correctes, celles qui vérifient les douze lignes, et des réponses fausses, celles qui en contredisent une seule.
a) limx→−∞f(x)=−1
b) limx→−2−f(x)=4
c) limx→−2+f(x)=−2
d) f(−2) n'existe pas
e) limx→−1f(x)=1
f) f(−1)=3
g) limx→0−f(x)=−∞
h) limx→0+f(x)=+∞
i) f(1)=0 et limx→1f(x)=0
j) limx→2−f(x)=2 et f(2)=2
k) limx→2f(x) n'existe pas
l) limx→+∞f(x)=−∞
Voir la correction
Réponses
a)Asymptote horizontale y=−1 à gauche
b)Cercle blanc en (−2;4)
c)Cercle blanc en (−2;−2)
d)Aucun point plein sur x=−2
e)Cercle blanc en (−1;1)
f)Point plein isolé en (−1;3)
g)Branche qui plonge à gauche de 0
h)Branche qui descend de +∞ à droite de 0
i)Point plein en (1;0), courbe continue
j)Point plein en (2;2) atteint par la gauche
k)Branche de droite partant d'une autre hauteur
l)Branche qui descend sans fin
Méthode : on traduit chaque ligne en un geste de crayon, de gauche à droite, et on marque immédiatement les points pleins et les cercles blancs. Un point PLEIN dit une valeur atteinte, donc une information sur f(a) ; un cercle BLANC dit une valeur approchée mais non atteinte, donc une information sur une limite. Confondre les deux est la seule erreur qui compte dans cet exercice.
a)
et b) : la courbe arrive de la gauche en s'aplatissant sur la droite y=−1, qui est une asymptote horizontale, puis remonte jusqu'à la hauteur 4 quand x approche −2. On place un CERCLE BLANC en (−2,4), puisque la limite à gauche vaut 4 sans que la valeur soit atteinte.
c)
et d) : la branche de droite repart de la hauteur −2. Cercle blanc en (−2,−2) aussi, et surtout AUCUN point plein sur la verticale x=−2, parce que f(−2) n'existe pas. Deux limites unilatérales finies et distinctes : c'est un saut, et le point manquant en fait un saut sans valeur.
e)
et f) : entre −2 et 0, la courbe monte de −2 vers la hauteur 1 quand x→−1, des DEUX côtés, puisque c'est une limite bilatérale. Cercle blanc en (−1,1), et point PLEIN isolé en (−1,3), deux unités plus haut. C'est le cas d'école où la limite existe, la valeur existe, et elles diffèrent : discontinuité par trou, déplacée plutôt qu'absente.
g)
et h) : en approchant 0 par la gauche, la courbe plonge vers −∞ ; par la droite, elle redescend depuis +∞. La droite x=0 est une asymptote verticale, et les deux branches partent dans des sens opposés.
i)
: la branche de droite descend de +∞ jusqu'à passer par le point (1,0), marqué PLEIN. Limite et valeur coïncident, donc f est continue en 1 : rien de spécial à dessiner, et c'est justement le point de contrôle qui vérifie qu'on n'a pas mis un cercle blanc par réflexe.
j), k) et l) : la courbe remonte de (1,0) jusqu'au point PLEIN (2,2), ce qui donne à la fois la limite à gauche et la valeur. Pour que la limite en 2 n'existe pas, la branche de droite doit repartir d'une autre hauteur : on la fait démarrer par un cercle blanc en (2,−1), puis descendre sans fin, ce qui satisfait limx→+∞f(x)=−∞. Notons que f(2)=2 et que la limite en 2 n'existe pas : encore une fois, valeur et limite sont deux questions séparées.
Vérification finale, ligne par ligne : on relit les douze conditions en pointant l'endroit du dessin qui les réalise. Une esquisse qui en satisfait onze ne vaut pas onze douzièmes des points à l'examen, parce que la condition manquante est en général celle qui distinguait le trou du saut.
Exercice 7 : Asymptotes, trou et esquisse : le piège du facteur qui se simplifie
Soit f(x)=(x+7)(2x−1)(3x−3)(x−1)(x2+4). Un zéro du dénominateur ne donne pas automatiquement une asymptote verticale : il donne une asymptote SI le facteur survit à la simplification, et un trou s'il disparaît. Toute la question tient dans cette distinction.
a) Donnez le domaine de f, puis simplifiez son écriture en précisant sur quel ensemble la simplification est valide.
b) Déterminez les asymptotes verticales, avec les quatre limites unilatérales correspondantes.
c) Déterminez l'asymptote horizontale, en −∞ comme en +∞.
d) Que se passe-t-il en x=1 ? Donnez les coordonnées exactes du point concerné.
e) Esquissez f à partir de ces informations.
Voir la correction
Réponses
a)R∖{−7,21,1} ; f(x)=3(x+7)(2x−1)x2+4 pour x=1
b)x=−7 : +∞ puis −∞ ; x=21 : −∞ puis +∞
c)y=61
d)Trou en (1;245)
e)Trois branches, coupe y=61 en x=1315
a)
Le dénominateur s'annule en x=−7, x=21 et x=1, donc dom(f)=R∖{−7,21,1}. Le point clé est que 3x−3=3(x−1) : le facteur (x−1) apparaît EN HAUT et EN BAS. Pour x=1 on peut donc simplifier, f(x)=3(x+7)(2x−1)x2+4. Cette écriture est valide sur tout le domaine, mais elle ne définit pas f en x=1 : le domaine se lit sur l'expression de départ, jamais sur la simplifiée.
b)
Il ne reste que deux facteurs au dénominateur après simplification, donc deux asymptotes verticales : x=−7 et x=21. Le numérateur x2+4 est toujours strictement positif, il ne change donc jamais le signe. En x=−7 : (2x−1) vaut −15<0 au voisinage, et (x+7) change de signe. À gauche (x+7)<0, le dénominateur 3(x+7)(2x−1) est positif, donc limx→−7−f(x)=+∞. À droite (x+7)>0, le dénominateur est négatif, donc limx→−7+f(x)=−∞. En x=21 : (x+7) vaut environ 7,5>0, et (2x−1) change de signe. À gauche limx→21−f(x)=−∞, à droite limx→21+f(x)=+∞. Une asymptote verticale se décrit par ses quatre limites, pas par sa seule équation.
c)
On développe le dénominateur simplifié : 3(x+7)(2x−1)=3(2x2+13x−7)=6x2+39x−21. Numérateur et dénominateur sont tous deux de degré 2, donc la limite à l'infini est le quotient des coefficients dominants. Le numérateur x2+4 a pour coefficient dominant 1, le dénominateur 6, donc la limite vaut 61. L'asymptote horizontale est y=61, la même en −∞ et en +∞ puisque le degré est pair des deux côtés.
d)
En x=1, le facteur (x−1) s'est simplifié : il n'y a donc PAS d'asymptote verticale, mais un TROU. Sa hauteur est la limite : limx→1f(x)=3(1+7)(2−1)12+4=245≈0,208. Le graphe passe par le point (1,245) sans l'atteindre : on le marque d'un cercle blanc. C'est exactement la situation de l'exercice 2 e), où x−2x2−4 et x+2 ont la même règle sans être la même fonction.
e)
L'esquisse s'organise autour des trois droites : les verticales x=−7 et x=21, l'horizontale y=61. Sur ]−∞,−7[ la courbe part de y=61 à gauche et monte vers +∞ en s'approchant de −7, elle reste donc au-dessus de son asymptote horizontale ; sur ]−7,21[ elle vient de −∞, remonte, puis replonge vers −∞ ; sur ]21,+∞[ elle descend de +∞ vers y=61, en passant par le trou de (1,245). Remarquez que 245≈0,208 est SUPÉRIEUR à 61≈0,167 : en x=1, la courbe est encore au-dessus de son asymptote horizontale. Elle la coupe en x=1315≈1,15, puisque f(x)=61 équivaut à 6x2+24=6x2+39x−21, puis s'en approche par en dessous. Une courbe a parfaitement le droit de couper ou de survoler son asymptote horizontale ; seule la verticale est infranchissable.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune de ces cinq affirmations est fausse. Pour chacune : dites pourquoi, donnez un contre-exemple explicite, et énoncez la version corrigée. Un contre-exemple vaut plus qu'une explication, parce qu'il ferme la discussion.
a) Si f(a) n'est pas définie, alors limx→af(x) n'existe pas.
b) Si f(a) existe et si limx→af(x) existe, alors f est continue en a.
c) Une fonction rationnelle possède une asymptote verticale en chaque zéro de son dénominateur.
d) Le graphe d'une fonction ne peut jamais couper son asymptote horizontale.
e) Puisque limx→0−x1=−∞ et limx→0+x1=+∞, on peut conclure que limx→0x1=∞.
Voir la correction
Réponses
a)Fausse : x−2x2−4→4 en 2
b)Fausse : il faut aussi limf=f(a)
c)Fausse : x2−1x−1 a un trou en 1
d)Fausse : x2+1x vaut 0 en 0
e)Fausse : la limite n'existe pas
a)
FAUSSE, et c'est l'erreur qui rend le calcul différentiel incompréhensible tant qu'elle tient. La limite décrit ce qui se passe AUTOUR de a, jamais EN a : le point a est explicitement exclu de la définition. Contre-exemple : f(x)=x−2x2−4 n'est pas définie en 2, et pourtant limx→2f(x)=4. Version corrigée : la limite en a ne dépend pas de f(a), et peut exister même quand a n'appartient pas au domaine. Toute la dérivée, au chapitre suivant, repose sur ce fait : hf(a+h)−f(a) n'est jamais définie en h=0.
b)
FAUSSE : il manque la troisième condition, l'ÉGALITÉ. Contre-exemple : la fonction de l'exercice 5, en x=−1 de l'exercice 6, ou plus simplement g(x)=x−2x2−4 si x=2 et g(2)=100. On a bien g(2)=100 qui existe et limx→2g(x)=4 qui existe, mais g est discontinue en 2. Version corrigée : f est continue en a si et seulement si f(a) existe, limx→af(x) existe, ET limx→af(x)=f(a). Les trois, pas deux.
c)
FAUSSE : un facteur du dénominateur peut se simplifier contre le même facteur au numérateur, auquel cas il produit un trou et non une asymptote. Contre-exemple : la fonction de l'exercice 7, dont le dénominateur s'annule en x=1 sans y avoir d'asymptote, ou plus simplement x2−1x−1=x+11, dont le dénominateur s'annule en 1 et en −1 mais qui n'a d'asymptote qu'en −1. Version corrigée : il y a asymptote verticale en a lorsque limx→a∣f(x)∣=+∞, donc lorsque le facteur (x−a) SURVIT à la simplification.
d)
FAUSSE. L'asymptote horizontale décrit le comportement à l'infini, elle n'interdit rien à distance finie. Contre-exemple : f(x)=xsinx a pour asymptote y=0 et coupe cette droite une infinité de fois ; ou, sans trigonométrie, f(x)=x2+1x a pour asymptote y=0 et vaut 0 en x=0. La fonction de l'exercice 7 coupe elle-même son asymptote y=61, en x=1315. Version corrigée : seule une asymptote VERTICALE ne peut pas être coupée, et pour une raison de définition, pas de dessin : un x n'a qu'une image.
e)
FAUSSE, et pour deux raisons. D'abord, +∞ et −∞ sont des symboles DIFFÉRENTS : deux limites unilatérales opposées ne s'accordent pas plus que 4 et −13 à l'exercice 5, donc limx→0x1 N'EXISTE PAS. Ensuite, le symbole ∞ sans signe ne désigne rien en calcul différentiel : on écrit toujours +∞ ou −∞. Version corrigée : limx→0x1 n'existe pas, la droite x=0 étant tout de même une asymptote verticale. À comparer avec limx→0x21=+∞, où les deux côtés concordent et où la limite existe, au sens infini.
Exercice 9 : Tarification par paliers : où le modèle se déchire
Un service de stockage en ligne facture C(x) dollars par mois pour x gigaoctets conservés :
La figure montre ce tarif dans le cas où il est continu. Une facture n'est pas obligée d'être une fonction continue, mais une facture discontinue se remarque tout de suite : le client voit le prix sauter.
a) Calculez C(50) et C(200).
b) Déterminez la valeur de k qui rend C continue en x=200. Justifiez avec les trois conditions.
c) Vérifiez que C est continue en x=50, quelle que soit la valeur de k.
d) Avec la valeur trouvée en b), C est-elle continue sur [0,200] ? sur ]200,+∞[ ? sur [0,+∞[ ?
e) L'entreprise remplace k par 30. Décrivez précisément ce que le client observe, et chiffrez-le.
f) Toujours avec k=30, dites si C est continue sur [0,200], sur [200,400], sur ]200,+∞[ et sur [0,+∞[.
g) Calculez limx→+∞xC(x) avec la valeur de b), et interprétez ce nombre.
Voir la correction
Réponses
a)8 et 26 dollars
b)k=26
c)Continue en 50 quel que soit k
d)Oui, oui, oui
e)Saut de 4 dollars en 200
f)Oui, non, oui, non
g)0,05 dollar par gigaoctet
a)
50 appartient au premier palier, qui va jusqu'à 50 inclus, donc C(50)=8 dollars. Pour 200, c'est le deuxième palier qui s'applique, jusqu'à 200 inclus : C(200)=8+0,12(200−50)=8+0,12×150=8+18=26 dollars. Lire correctement les crochets d'un énoncé de tarification est déjà la moitié de la question.
b)
Les trois conditions en x=200. Première : C(200)=26 existe, par a). Deuxième : la limite à gauche vaut limx→200−[8+0,12(x−50)]=26 et la limite à droite limx→200+[k+0,05(x−200)]=k, donc la limite existe si et seulement si k=26. Troisième : elle vaut alors 26=C(200). Conclusion : k=26. Le troisième palier s'écrit alors C(x)=26+0,05(x−200)=16+0,05x pour x>200.
c)
En x=50 : C(50)=8 ; à gauche, la fonction constante donne 8 ; à droite, 8+0,12(x−50)→8+0,12×0=8. Les trois quantités valent 8, donc C est continue en 50, et cela ne dépend pas de k puisque k n'intervient qu'au-delà de 200. Cette continuité n'est pas un accident : elle vient de ce que le deuxième palier facture 0,12 dollar par gigaoctet AU-DELÀ de 50, c'est-à-dire à partir de zéro gigaoctet supplémentaire.
d)
Sur [0,200] : oui. Chaque morceau est affine donc continu sur son intervalle, le seul raccord intérieur est en 50 et il tient d'après c) ; aux bornes, il suffit de la continuité unilatérale, immédiate ici. Sur ]200,+∞[ : oui, c'est une seule fonction affine. Sur [0,+∞[ : oui avec k=26, puisque le dernier raccord tient aussi. Remarquez que les trois réponses portent sur la MÊME fonction : c'est le choix des bornes qui change ce qu'il faut vérifier, et un raccord peut se trouver à l'intérieur d'un intervalle ou à sa frontière.
e)
Avec k=30, la limite à gauche en 200 vaut toujours 26, la limite à droite vaut 30, et C(200)=26. La limite en 200 n'existe donc plus : discontinuité par SAUT, d'amplitude 30−26=4 dollars. Concrètement, le client qui passe de 200 à 200,001 gigaoctet voit sa facture bondir de 26 à environ 30 dollars : le 201e gigaoctet lui coûte quatre dollars alors que le 200e lui en coûtait douze cents. C'est le genre de saut qui produit une accumulation de clients juste sous le seuil, exactement à l'endroit où la fonction se déchire.
f)
Quatre réponses pour un seul point de rupture, et c'est tout l'intérêt de la question. Sur [0,200] : OUI. Le saut est situé à la borne DROITE, et à une borne fermée on n'exige que la continuité unilatérale du côté où vit l'intervalle : ici limx→200−C(x)=26=C(200), ce qui suffit. Sur [200,400] : NON. La borne gauche est fermée, il faut donc la continuité à DROITE en 200, et limx→200+C(x)=30=26=C(200). Sur ]200,+∞[ : OUI, l'intervalle est ouvert en 200, le point de rupture n'en fait pas partie et il ne reste qu'une fonction affine. Sur [0,+∞[ : NON, 200 y est un point INTÉRIEUR, où la continuité pleine est exigée. Retenez la mécanique : la même fonction, le même point, quatre réponses différentes selon que la borne est ouverte, fermée à gauche, fermée à droite, ou intérieure.
g)
Avec k=26, pour x>200 on a C(x)=16+0,05x, donc xC(x)=x16+0,05. Quand x→+∞, le terme x16 s'écrase et la limite vaut 0,05. Interprétation : le prix MOYEN par gigaoctet tend vers cinq cents, qui est le prix marginal du dernier palier, sans jamais l'atteindre : il reste toujours au-dessus, puisque x16>0. La droite y=0,05 est l'asymptote horizontale du prix moyen. Vérification : à 400 gigaoctets, C(400)=36 dollars et le prix moyen vaut 40036=0,09 dollar, soit neuf cents, bien au-dessus de cinq.
Exercice 10 : Concentration d'un médicament : continuité et valeurs intermédiaires
Après une prise unique, la concentration d'un médicament dans le sang, en milligrammes par litre, est modélisée par C(t)=t2+420t, où t≥0 est le temps écoulé en heures. La fenêtre thérapeutique du médicament est l'intervalle [3;5] : en dessous de 3 il n'agit pas, au-dessus de 5 il devient toxique.
a) Justifiez que C est continue sur [0,+∞[. La réponse tient en une ligne, mais cette ligne est obligatoire.
b) Calculez limt→+∞C(t) et interprétez le résultat.
c) Montrez, par le théorème des valeurs intermédiaires, que la concentration atteint 3 mg/L à un instant compris entre 0 et 1 heure. Déterminez ensuite cet instant exactement.
d) Résolvez C(t)=3 sur [0,+∞[ et déduisez-en la durée totale pendant laquelle le médicament est actif.
e) Démontrez que la concentration ne dépasse jamais 5 mg/L, sans dériver.
f) Le patient est-il exposé à un risque de toxicité ? Combien de temps le médicament reste-t-il dans la fenêtre thérapeutique ?
Voir la correction
Réponses
a)Quotient de polynômes à dénominateur jamais nul
b)0 : élimination complète
c)C(0)=0<3<4=C(1) ; t=32 h
d)[32,6] : 316 h
e)5−C(t)=t2+45(t−2)2≥0 ; maximum 5 en t=2
f)Pas de toxicité ; 316 h dans la fenêtre
a)
C est un quotient de deux polynômes, donc elle est continue partout où son dénominateur ne s'annule pas. Or t2+4≥4>0 pour tout réel : le dénominateur ne s'annule jamais. Donc C est continue sur R, en particulier sur [0,+∞[. La ligne obligatoire est celle sur le dénominateur : dire seulement que c'est un quotient de polynômes ne démontre rien, puisque t−21 en est un aussi.
b)
Degré 1 au numérateur contre degré 2 au dénominateur : le dénominateur l'emporte. En divisant haut et bas par t2, on obtient 1+4/t220/t→10=0. Donc limt→+∞C(t)=0, et y=0 est asymptote horizontale. Interprétation : le médicament finit par être entièrement éliminé, mais jamais en un temps fini, ce qui est exactement ce que dit une asymptote.
c)
C est continue sur [0,1] d'après a). On calcule les valeurs aux bornes : C(0)=40=0 et C(1)=520=4. Comme 0<3<4, le théorème des valeurs intermédiaires garantit l'existence d'un c∈]0,1[ tel que C(c)=3. Les trois ingrédients doivent apparaître dans la rédaction : continuité sur un intervalle FERMÉ, les deux valeurs aux bornes, et l'encadrement de la valeur visée. Il en manque un, le théorème ne s'applique plus. Valeur exacte : t2+420t=3 donne 20t=3t2+12, soit 3t2−20t+12=0, de discriminant 400−144=256=162, donc t=620±16, soit t=32 ou t=6. Seul 32 appartient à ]0,1[, et 32 d'heure fait 40 minutes.
d)
L'équation ci-dessus a exactement deux solutions positives, t=32 et t=6. Entre les deux, la concentration est supérieure à 3 : on le vérifie en un point, par exemple C(2)=840=5>3. Le médicament est donc actif sur [32,6], ce qui représente 6−32=316 heures, soit 5 heures et 20 minutes. Noter la structure de la réponse : on résout l'ÉGALITÉ, puis on teste un point pour savoir de quel côté se trouve l'inégalité. Résoudre directement une inéquation avec un dénominateur est plus long et plus risqué.
e)
On veut montrer t2+420t≤5 pour tout t≥0. Le dénominateur étant strictement positif, on peut multiplier sans changer le sens : l'inégalité équivaut à 20t≤5t2+20, soit 5t2−20t+20≥0, soit 5(t2−4t+4)≥0, c'est-à-dire 5(t−2)2≥0. C'est vrai pour tout t, avec égalité si et seulement si t=2. Donc la concentration maximale vaut exactement 5 mg/L, atteinte à t=2 heures. Aucune dérivée n'a été nécessaire : reconnaître un carré parfait remplace ici toute une étude de variation, et c'est une méthode qui rapporte des points quand la dérivée n'est pas encore au programme.
f)
Non, aucun risque : le maximum vaut exactement 5 mg/L, la borne supérieure de la fenêtre, atteinte en un instant unique. Le médicament reste dans la fenêtre thérapeutique [3;5] pendant toute la durée où il est actif, soit 316 heures, environ 5 h 20 min, de t=40 minutes à t=6 heures. Une prise toutes les six heures maintiendrait donc une couverture presque continue, avec un creux de quarante minutes après chaque prise.
Il manque quelque chose dans cette série ?Un type d'exercice que ton prof donne, un énoncé qui te bloque, une erreur repérée : dis-le-moi, je lis chaque demande.
L'envoi passe par ton espace gratuit : c'est ce qui me permet de te répondre et de te prévenir quand l'exercice est ajouté. Un courriel suffit, pas de mot de passe. Crée ton espace.
Pas envie de créer un compte ? Écris-moi directement.
Vous préparez le premier examen de calcul différentiel à Montréal ?
Contactez-moi pour une première séance. On reprend les limites et la continuité sur des sujets du niveau réel du cégep, avec correction de la rédaction et pas seulement du résultat.