Exercices corrigés : nuage de points, corrélation et droites de régression (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur le nuage de points, la corrélation et les droites de régression, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence.
Le fil de la série est le suivant : une droite RÉSUME un nuage, et deux méthodes ne le résument pas de la même façon. Mayer emploie des moyennes, donc une donnée aberrante la tire ; la médiane-médiane emploie des médianes, donc la même donnée ne la déplace pas.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•DÉCRIRE UN NUAGE en trois mots : le SENS, positif ou négatif ; la FORME, linéaire ou non ; la FORCE, selon l'épaisseur du nuage.
•COEFFICIENT DE CORRÉLATION : toujours entre −1 et 1. Le SIGNE donne le sens, la VALEUR ABSOLUE donne la force. Un −0,95 est un lien très fort.
•DROITE DE MAYER : deux groupes d'effectifs égaux, leurs deux points MOYENS, la pente entre ces deux points, puis on substitue. Elle passe par le point moyen général, ce qui sert de contrôle.
•DROITE MÉDIANE-MÉDIANE : trois groupes, leurs trois points MÉDIANS, la pente entre le PREMIER et le TROISIÈME, puis la droite passe par le point moyen des trois points médians.
•MOYENNES POUR MAYER, MÉDIANES POUR L'AUTRE : confondre les deux noms coûte toute la question, puisque les calculs diffèrent dès la première ligne.
•DEVANT UNE DONNÉE ABERRANTE, la médiane-médiane ne bouge pas, parce qu'une médiane ne regarde que les RANGS. Mayer, qui emploie des moyennes, bascule.
•INTERPOLER, c'est prévoir DANS l'intervalle observé : c'est raisonnable. EXTRAPOLER, c'est prévoir au-delà : cela s'accompagne toujours d'une réserve écrite.
•L'ORDONNÉE À L'ORIGINE n'a pas toujours de sens concret : elle correspond souvent à une extrapolation hors du domaine des données.
•CORRÉLATION N'EST PAS CAUSALITÉ : pour parler de cause, il faut une raison indépendante de la statistique.
•TABLEAU À DOUBLE ENTRÉE : on compare des POURCENTAGES DE LIGNE, jamais des effectifs bruts, les lignes n'ayant pas le même total.
•UN MODÈLE NE VAUT QUE DANS SES CONDITIONS : changer de matière, de machine ou de plage de mesure oblige à refaire les relevés.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Construire et décrire un nuage de points
Un technicien relève la température d'un palier de machine selon le régime du moteur. Le régime est en centaines de tours par minute, la température en degrés Celsius.
a) Décrivez le nuage : sens, forme et force du lien.
b) Estimez le coefficient de corrélation, en justifiant votre estimation.
c) Y a-t-il une donnée aberrante ?
d) La corrélation prouve-t-elle que le régime CAUSE l'échauffement ?
e) Sur quel intervalle de régimes un modèle tiré de ces données serait-il utilisable ?
Voir la correction
Réponses
a)Lien positif, linéaire et fort
b)Environ 0,99
c)Aucune : tous les points suivent la tendance
d)Non : c'est la physique des frottements qui l'explique, pas le coefficient
e)De 1000 à 2400 tours par minute, l'intervalle observé
a)
Le lien est POSITIF, puisque la température augmente quand le régime augmente. Il est LINÉAIRE : les points s'alignent le long d'une droite, sans courbure visible. Et il est FORT : les points sont très resserrés autour de cette direction. Les trois mots sont attendus, dans cet ordre, et chacun répond à une question différente.
b)
Le coefficient est proche de 0,98 ou 0,99. On l'estime à l'oeil en regardant l'épaisseur du nuage : très mince et montant, donc proche de +1 ; épais, on descendrait vers 0,7 ; informe, vers 0. Ici un point s'écarte à peine de l'alignement, ce qui empêche d'annoncer exactement 1, réservé à un alignement parfait.
c)
Non, aucune. Tous les points suivent la même tendance, et aucun ne s'écarte franchement des autres. Une donnée aberrante se repère justement parce qu'elle sort du nuage, pas parce qu'elle est grande ou petite : la valeur 70 est la plus grande, mais elle est parfaitement dans l'alignement.
d)
Non, une corrélation ne prouve jamais une causalité à elle seule. Ici, cependant, il existe une raison PHYSIQUE indépendante : plus le régime est élevé, plus les frottements dissipent de chaleur. C'est cette explication, et non le coefficient, qui autorise à parler de cause. La statistique mesure le lien, la physique l'explique.
e)
Entre 1000 et 2400 tours par minute, c'est-à-dire l'intervalle des données observées. À l'intérieur, on INTERPOLE et l'estimation est raisonnable ; au-delà, on EXTRAPOLE et rien ne garantit que le lien reste linéaire. À très haut régime, la température plafonne ou le palier casse : le modèle linéaire n'a plus aucun sens.
Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches et tes réponses justes d'une visite à l'autre, te dit quel chapitre attaquer ensuite et te permet de demander l'exercice qui te manque. Crée ton espace, un courriel suffit.
Exercice 2 : Lire un coefficient de corrélation
Le coefficient de corrélation linéaire est un nombre compris entre −1 et 1. Son SIGNE donne le sens du lien, sa VALEUR ABSOLUE en donne la force.
Repères usuels : au-delà de 0,9 en valeur absolue le lien est très fort, autour de 0,7 il est fort, autour de 0,5 il est moyen, en dessous de 0,3 il est faible ou nul.
a) r=0,95 : décrivez le lien.
b) r=−0,82 : décrivez le lien.
c) r=0,15 : décrivez le lien.
d) Un élève annonce r=1,4. Que lui répondez-vous ?
e) Un autre conclut, d'un r de −0,99, que la relation est presque inexistante. Où est son erreur ?
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Réponses
a)Positif et très fort
b)Négatif et fort : le signe donne le sens, pas la force
c)Positif et très faible, inexploitable
d)Impossible : le coefficient est compris entre −1 et 1
e)Il confond valeur et signe : −0,99 est un lien très fort
a)
Lien POSITIF et TRÈS FORT : quand une variable augmente, l'autre augmente aussi, et les points sont presque alignés. Une droite résumera très bien ce nuage, et les prévisions faites à l'intérieur de l'intervalle observé seront fiables.
b)
Lien NÉGATIF et FORT : quand une variable augmente, l'autre diminue. Le signe moins ne veut pas dire « mauvais » ni « faible » : il indique seulement le SENS. Une valeur absolue de 0,82 reste une corrélation forte, plus forte que beaucoup de liens réels.
c)
Lien POSITIF mais TRÈS FAIBLE, à peu près inexploitable : le nuage est informe, et tracer une droite dedans n'aurait aucun intérêt. On conclut qu'il n'y a pas de lien linéaire apparent, ce qui n'exclut pas un lien d'une autre forme.
d)
Que c'est impossible : le coefficient est TOUJOURS compris entre −1 et 1, bornes comprises. Une valeur hors de cet intervalle signale une erreur de calcul ou de saisie à la calculatrice, souvent une liste de mauvaise longueur. On vérifie donc toujours cet encadrement avant d'interpréter.
e)
Il confond la VALEUR et le SIGNE. Un coefficient de −0,99 est aussi fort qu'un coefficient de 0,99 : c'est la valeur absolue qui mesure la force. Le signe moins dit simplement que les deux variables varient en sens contraire, par exemple la dureté d'un acier et la durée de son revenu. C'est l'erreur d'interprétation la plus fréquente du chapitre.
Exercice 3 : La droite de Mayer, méthode complète
Un atelier suit l'usure d'un outil de coupe. L'abscisse est le nombre de centaines de pièces usinées, l'ordonnée l'usure mesurée en centièmes de millimètre.
a) Partagez les données en deux groupes d'effectifs égaux et donnez le point moyen de chacun.
b) Calculez la pente de la droite de Mayer.
c) Donnez l'équation de la droite de Mayer.
d) Vérifiez que la droite passe par le point moyen de l'ensemble des données.
e) Interprétez la pente dans le contexte.
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Réponses
a)P1(3;9,2) et P2(8;22)
b)Pente de 2,56
c)y=2,56x+1,52
d)Le point moyen (5,5;15,6) est sur la droite
e)Environ 2,56 centièmes de millimètre d'usure par centaine de pièces
a)
On range les données selon x, ce qui est déjà fait, puis on coupe en deux groupes de cinq. Groupe 1, les abscisses 1 à 5 : la moyenne des x vaut 3 et celle des y vaut 54+7+9+12+14=546=9,2. Groupe 2, les abscisses 6 à 10 : la moyenne des x vaut 8 et celle des y vaut 5110=22. Les deux points moyens sont P1(3;9,2) et P2(8;22).
b)
La pente se calcule entre ces deux points moyens : a=8−322−9,2=512,8=2,56.
c)
On substitue l'un des deux points, par exemple P1 : 9,2=2,56×3+b=7,68+b, donc b=1,52. La droite de Mayer est y=2,56x+1,52. Vérification sur P2 : 2,56×8+1,52=20,48+1,52=22, c'est juste.
d)
Le point moyen général a pour abscisse 101+2+…+10=5,5 et pour ordonnée 10156=15,6. Le modèle donne 2,56×5,5+1,52=14,08+1,52=15,6 : la droite passe exactement par ce point. Ce n'est pas un hasard, c'est une propriété de la méthode, et c'est le meilleur contrôle de calcul disponible.
e)
La pente vaut 2,56 centième de millimètre par centaine de pièces usinées : l'outil s'use d'environ 2,56 centièmes chaque fois qu'il produit cent pièces de plus. C'est l'interprétation attendue, avec les DEUX unités. Dire « la pente vaut 2,56 » sans unités ne vaut aucun point.
Exercice 4 : La droite médiane-médiane, méthode complète
On reprend exactement les mêmes dix relevés d'usure, et l'on construit cette fois la droite médiane-médiane.
La méthode partage les données en TROIS groupes et remplace chaque moyenne par une MÉDIANE, calculée séparément sur les abscisses et sur les ordonnées.
a) Partagez les données en trois groupes et donnez les trois points médians.
b) Calculez la pente de la droite médiane-médiane.
c) Donnez le point moyen des trois points médians, puis l'équation de la droite.
d) Comparez cette équation à celle de la droite de Mayer.
e) Pourquoi la pente ne se calcule-t-elle qu'avec le premier et le troisième point médian ?
Voir la correction
Réponses
a)P1(2;7), P2(5,5;15,5) et P3(9;24)
b)Pente de 717≈2,43
c)Point moyen (5,5;15,5) et droite y≈2,43x+2,14
d)Les deux droites sont très proches : 16,88 contre 16,71 à x=6
e)Les extrêmes donnent la direction, le point du milieu ajuste la hauteur
a)
Avec dix données, on partage en trois groupes aussi égaux que possible, soit 3, 4 et 3. Groupe 1, abscisses 1 à 3 : médiane des x égale 2, médiane des y égale 7, donc P1(2;7). Groupe 2, abscisses 4 à 7 : médiane des x égale 25+6=5,5, médiane des y égale 214+17=15,5, donc P2(5,5;15,5). Groupe 3, abscisses 8 à 10 : P3(9;24).
b)
La pente se calcule avec le PREMIER et le TROISIÈME point médian seulement : a=9−224−7=717≈2,43.
c)
Le point moyen des trois points médians a pour abscisse 32+5,5+9=5,5 et pour ordonnée 37+15,5+24=15,5. Il se trouve ici confondu avec P2, ce qui arrive quand les données sont régulières. La droite passe par ce point : 15,5=717×5,5+b, donc b=15,5−13,357≈2,14, et la droite est y≈2,43x+2,14.
d)
Mayer donnait y=2,56x+1,52, la médiane-médiane donne y≈2,43x+2,14. Les deux droites sont très proches : à x=6, elles prédisent 16,88 et 16,71, soit moins de deux dixièmes d'écart. C'est normal, ce jeu de données ne contient aucune valeur aberrante. L'exercice suivant montre ce qui se passe quand il y en a une.
e)
Parce que le rôle des points extrêmes est de donner la DIRECTION, et celui du point du milieu d'ajuster la HAUTEUR. Employer les trois pour la pente reviendrait à faire une moyenne de directions, ce qui n'est pas la méthode. Le point médian central sert ensuite, dans le calcul du point moyen des trois, à recentrer la droite dans le nuage sans toucher à son inclinaison.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 5 : Une donnée aberrante, deux droites, deux réactions
Le dernier relevé est repris : l'outil a été utilisé sur une matière beaucoup plus dure, et le couple (10;27) devient (10;47).
On recalcule les deux droites sur ce nouveau jeu de données, les neuf autres couples étant inchangés.
a) Recalculez les deux points moyens de Mayer, puis sa nouvelle équation.
b) Recalculez les trois points médians. Que remarquez-vous ?
c) Donnez la nouvelle équation de la droite médiane-médiane.
d) Comparez les prévisions des deux droites à x=6, avant et après la modification.
e) Laquelle des deux méthodes faut-il préférer quand on soupçonne une donnée aberrante ?
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Réponses
a)P2(8;26) et y=3,36x−0,88
b)Ils sont inchangés : une médiane ne regarde que les rangs
c)y≈2,43x+2,14, identique à l'exercice 4
d)Mayer passe de 16,88 à 19,28 ; la médiane-médiane reste à 16,71
e)La médiane-médiane, parce qu'elle est résistante aux valeurs extrêmes
a)
Le groupe 1 ne change pas : P1(3;9,2). Le groupe 2 devient 517+19+23+24+47=5130=26, donc P2(8;26). La pente devient 526−9,2=3,36, et b=9,2−3,36×3=−0,88. La nouvelle droite de Mayer est y=3,36x−0,88 : elle a basculé, et son ordonnée à l'origine est même devenue négative.
b)
Les trois points médians sont INCHANGÉS. Les deux premiers ne contiennent pas la donnée modifiée. Le troisième contient bien (10;47), mais la médiane des ordonnées 23, 24 et 47 reste 24 : la valeur extrême occupe le même RANG qu'avant, et une médiane ne regarde que les rangs. On retrouve donc P1(2;7), P2(5,5;15,5) et P3(9;24).
c)
Puisque les trois points médians sont identiques, la droite l'est aussi : y≈2,43x+2,14, exactement comme à l'exercice 4. La donnée aberrante n'a pas déplacé la droite d'un millième.
d)
À x=6, avant modification : Mayer donnait 16,88 et la médiane-médiane 16,71. Après : Mayer donne 3,36×6−0,88=19,28, soit 2,4 centièmes de plus, alors que la médiane-médiane donne toujours 16,71. Une seule donnée sur dix a donc déplacé la prévision de Mayer de 14 pour cent.
e)
La MÉDIANE-MÉDIANE, sans hésiter. Elle repose sur des médianes, qui ne regardent que le rang des valeurs et ignorent leur amplitude ; Mayer repose sur des moyennes, que toute valeur extrême tire à elle. On dit que la médiane-médiane est RÉSISTANTE. Cela ne veut pas dire qu'elle est toujours meilleure : sur des données propres, les deux se valent, et Mayer utilise davantage l'information disponible.
Exercice 6 : Interpoler, extrapoler, décider
On revient au jeu de données propre et à sa droite médiane-médiane, y≈2,43x+2,14, où x est en centaines de pièces et y en centièmes de millimètre.
L'outil doit être remplacé dès que son usure atteint 30 centièmes de millimètre.
a) Estimez l'usure après 650 pièces. S'agit-il d'une interpolation ou d'une extrapolation ?
b) Estimez l'usure après 2000 pièces. Que vaut cette estimation ?
c) Après combien de pièces l'outil doit-il être remplacé ?
d) Interprétez l'ordonnée à l'origine du modèle.
e) Un contremaître veut utiliser ce modèle pour un autre acier, plus dur. Que lui répondez-vous ?
Voir la correction
Réponses
a)Environ 17,93 centièmes ; c'est une interpolation
b)Environ 50,7 centièmes, mais par extrapolation : à prendre avec réserve
c)Vers 1147 pièces
d)Environ 2,14 centièmes d'usure à zéro pièce : physiquement faux, donc hors du domaine du modèle
e)Le modèle ne vaut que pour l'acier sur lequel il a été construit
a)
650 pièces, c'est x=6,5 : y≈2,43×6,5+2,14≈17,93 centièmes de millimètre. C'est une INTERPOLATION, puisque 6,5 se situe entre 1 et 10, l'intervalle des relevés. L'estimation est donc raisonnable.
b)
2000 pièces, c'est x=20 : y≈2,43×20+2,14≈50,7 centièmes. Mais c'est une EXTRAPOLATION, deux fois au-delà de la dernière observation : rien ne garantit que l'usure reste linéaire aussi loin. En pratique, un outil très usé se dégrade de plus en plus vite, donc le modèle sous-estime probablement. Le nombre se calcule, mais il s'accompagne d'une réserve.
c)
On résout 2,43x+2,14=30, donc 2,43x=27,86 et x≈11,47 centaines, soit environ 1147 pièces. Là encore on extrapole légèrement, mais de peu : l'estimation sert de repère pour planifier le changement d'outil, et l'atelier la vérifiera par une mesure réelle vers la millième pièce.
d)
L'ordonnée à l'origine vaut environ 2,14 centièmes de millimètre : selon le modèle, un outil n'ayant usiné AUCUNE pièce serait déjà usé de deux centièmes. C'est physiquement faux, et cela ne rend pas le modèle mauvais : cela rappelle qu'un modèle linéaire ne vaut que dans l'intervalle observé, et que ses paramètres n'ont pas tous une signification concrète.
e)
Que le modèle ne s'applique PAS. Il a été construit sur un acier précis, et la dureté de la matière est justement le facteur qui gouverne l'usure : l'exercice 5 l'a montré, un seul lot plus dur a fait bondir la mesure. Pour un autre acier, il faut refaire des relevés. Un modèle statistique ne vaut que dans les conditions où les données ont été recueillies.
Exercice 7 : Le tableau à double entrée
Un atelier classe 120 pièces selon la machine qui les a produites et selon leur finition. Le tableau en donne la répartition.
Un tableau à double entrée est la forme condensée d'un nuage à deux variables qualitatives : on y cherche un lien de la même façon, mais en comparant des pourcentages de LIGNE.
a) Combien de pièces chaque machine a-t-elle produites ?
b) Donnez les trois pourcentages de la ligne de la machine A, au dixième.
c) Donnez les trois pourcentages de la ligne de la machine B.
d) Y a-t-il un lien entre la machine et la finition ? Justifiez par la comparaison des pourcentages.
e) Quelle proportion de la production totale part au rebut ?
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Réponses
a)50 pièces pour A, 70 pour B
b)60,0, 24,0 et 16,0 pour cent
c)80,0, 12,9 et 7,1 pour cent
d)Oui : B est nettement meilleure, 80 contre 60 pour cent de conformes
e)Environ 10,8 pour cent
a)
On additionne chaque ligne : la machine A a produit 30+12+8=50 pièces et la machine B 56+9+5=70 pièces. Contrôle : 50+70=120, et la somme des colonnes donne aussi 86+21+13=120. Ce double contrôle se fait avant toute interprétation.
b)
On divise chaque case par le total de SA ligne, ici 50 : 5030=60,0 pour cent de conformes, 5012=24,0 pour cent à reprendre et 508=16,0 pour cent de rebuts. Les trois pourcentages totalisent bien 100.
c)
Sur un total de 70 : 7056=80,0 pour cent de conformes, 709≈12,9 pour cent à reprendre et 705≈7,1 pour cent de rebuts.
d)
OUI, et il est net. La machine B produit 80 pour cent de pièces conformes contre 60 pour cent pour la machine A, et elle rebute deux fois moins, 7,1 contre 16,0 pour cent. La finition dépend donc bien de la machine. Le point de méthode est essentiel : on compare des POURCENTAGES DE LIGNE, jamais les effectifs bruts, puisque les deux machines n'ont pas produit le même nombre de pièces.
e)
12013≈10,8 pour cent de la production part au rebut. C'est une proportion calculée sur le total général, et elle ne se compare à aucun des pourcentages de ligne : elle mêle les deux machines, dans les proportions où elles ont produit.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chaque affirmation est fausse. Dites pourquoi en une phrase, puis donnez l'énoncé correct. Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent dans les copies sur ce chapitre.
a) « Un coefficient de −0,95 indique un lien faible. »
b) « La droite de Mayer se calcule à partir des médianes de deux groupes. »
c) « Une corrélation forte prouve que la première variable cause la seconde. »
d) « Une droite de régression permet de prévoir aussi loin qu'on veut. »
e) « Dans un tableau à double entrée, on compare les effectifs bruts de chaque ligne. »
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Réponses
a)Faux : lien négatif et TRÈS FORT
b)Faux : Mayer emploie les moyennes de deux groupes
c)Faux : il faut une raison indépendante de la statistique
d)Faux : au-delà de l'intervalle observé, on extrapole, avec réserve
e)Faux : on compare des pourcentages de ligne, 16 contre 7,1 pour cent
a)
Faux. C'est la VALEUR ABSOLUE qui mesure la force, et 0,95 est très élevé : le lien est très fort. Le signe moins indique seulement que les deux variables varient en sens contraire, comme la dureté d'un acier et la durée de son revenu. L'énoncé correct : lien négatif et très fort.
b)
Faux : la droite de MAYER emploie les MOYENNES de deux groupes, et c'est la droite MÉDIANE-MÉDIANE qui emploie les médianes de trois groupes. Cette confusion de noms coûte toute la question, puisque les deux calculs diffèrent dès la première ligne. Moyennes pour Mayer, deux groupes ; médianes pour l'autre, trois groupes.
c)
Faux. Une corrélation mesure un lien, elle n'en donne jamais la cause. Les deux variables peuvent dépendre d'une troisième, ou le lien peut être fortuit. Pour parler de cause, il faut une raison INDÉPENDANTE de la statistique, physique ou expérimentale, comme les frottements qui expliquent l'échauffement d'un palier.
d)
Faux. À l'intérieur de l'intervalle des données observées, on INTERPOLE et l'estimation est raisonnable. Au-delà, on EXTRAPOLE, et rien ne garantit que le lien reste linéaire : l'usure d'un outil s'accélère, la dureté d'un acier plafonne. L'énoncé correct : une prévision hors de l'intervalle s'accompagne toujours d'une réserve explicite.
e)
Faux. Les lignes n'ont en général pas le même total, donc les effectifs bruts ne sont pas comparables : 8 rebuts sur 50 pièces est pire que 5 sur 70, bien que 8 soit proche de 5. On compare des POURCENTAGES DE LIGNE, c'est-à-dire chaque case divisée par le total de sa ligne.
Exercice 9 : Problème : la dureté d'un acier après revenu
Après trempe, un acier est adouci par un REVENU, un maintien en température dont la durée fait baisser la dureté. Un laboratoire relève la dureté, en unités Rockwell C, selon la durée du revenu, en heures.
b) Calculez la droite de Mayer de cette distribution.
c) Estimez la dureté après un revenu de 4,5 heures.
d) Quelle durée faut-il viser pour obtenir une dureté de 52 ?
e) Le modèle prévoit-il correctement la dureté après 12 heures de revenu ?
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Réponses
a)Négatif, linéaire et très fort
b)y≈−2,56x+60,44
c)Environ 48,9 unités Rockwell
d)Environ 3,3 heures
e)Non : c'est une extrapolation, et la dureté tend vers un palier
a)
Le lien est NÉGATIF, LINÉAIRE et TRÈS FORT : la dureté baisse régulièrement quand la durée augmente, et les six points s'alignent presque parfaitement. Le coefficient de corrélation vaut environ −0,998, mais son signe ne doit pas faire croire à un lien faible.
b)
Deux groupes de trois. Groupe 1 : moyenne des x égale 2, moyenne des y égale 358+55+53=3166≈55,33. Groupe 2 : moyenne des x égale 5, moyenne des y égale 3143≈47,67. La pente vaut 5−247,67−55,33≈−2,56, et b≈55,33+2,56×2≈60,44. La droite est y≈−2,56x+60,44.
c)
Pour x=4,5 : y≈−2,56×4,5+60,44≈48,9 unités Rockwell. C'est une interpolation, entre 1 et 6 heures, donc l'estimation est fiable, et elle se situe bien entre les duretés mesurées à 4 et à 5 heures.
d)
On résout −2,56x+60,44=52, donc 2,56x=8,44 et x≈3,3 heures. En atelier, on programmerait donc un revenu d'environ trois heures et vingt minutes, puis on contrôlerait la dureté réelle avant de lancer la série.
e)
Non. Le modèle donnerait −2,56×12+60,44≈29,7, mais c'est une extrapolation au double de la durée observée. Physiquement, la dureté d'un acier revenu ne baisse pas indéfiniment : elle tend vers un palier propre à l'alliage. La droite reste un bon résumé entre une et six heures, et rien de plus.
Exercice 10 : Problème : la règle donnée par la calculatrice
Un fabricant de batteries a relevé la capacité restante, en pour cent de la capacité neuve, selon le nombre de mois d'utilisation. Sa calculatrice affiche la droite de régression y=−0,42x+96,3 et un coefficient de corrélation de −0,93.
Les relevés couvrent de 3 à 30 mois d'utilisation.
a) Interprétez la pente dans le contexte.
b) Interprétez l'ordonnée à l'origine. Est-elle cohérente ?
c) Quelle capacité le modèle prévoit-il après 24 mois ?
d) Après combien de mois la capacité passe-t-elle sous 80 pour cent ?
e) La garantie promet au moins 80 pour cent de capacité à 36 mois. Le modèle est-il rassurant ?
Voir la correction
Réponses
a)Une perte d'environ 0,42 point de pourcentage par mois
b)96,3 pour cent à zéro mois : incohérent, car les relevés commencent à 3 mois
c)Environ 86,22 pour cent
d)Vers 38,8 mois, mais par extrapolation
e)81,18 pour cent prévus : à peine au-dessus du seuil, et hors de la plage observée
a)
La pente vaut −0,42 point de pourcentage par mois : la batterie perd environ 0,42 pour cent de sa capacité chaque mois d'utilisation. Le signe négatif traduit une perte, et l'interprétation doit nommer les deux unités, les points de pourcentage et les mois.
b)
L'ordonnée à l'origine vaut 96,3 : selon le modèle, une batterie neuve, à zéro mois, n'aurait déjà que 96,3 pour cent de sa capacité. Ce n'est PAS cohérent avec la définition d'une batterie neuve, qui est à 100 pour cent. L'explication tient à l'extrapolation : les relevés commencent à 3 mois, donc la droite n'a aucune raison d'être juste en zéro, et l'on sait que la perte est plus rapide les premières semaines.
c)
Pour x=24 : y=−0,42×24+96,3=−10,08+96,3=86,22 pour cent. C'est une interpolation, 24 mois se situant dans l'intervalle des relevés : l'estimation est fiable.
d)
On résout −0,42x+96,3=80, donc 0,42x=16,3 et x≈38,8 mois, soit un peu moins de 39 mois. Attention : cette valeur dépasse les 30 mois observés, donc c'est déjà une extrapolation, et elle doit s'annoncer comme telle.
e)
Moyennement. À 36 mois, le modèle prévoit −0,42×36+96,3=81,18 pour cent, soit à peine plus d'un point au-dessus du seuil garanti, et ce par extrapolation. Avec une corrélation de −0,93, le nuage n'est d'ailleurs pas parfaitement aligné : certaines batteries seront sous la droite. Le fabricant devrait prolonger ses relevés au-delà de 30 mois avant de s'engager, plutôt que de se fier à une droite ajustée sur une plage plus courte.
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