Math TS, secondaire 4 à Montréal • Probabilités

Exercices corrigés : probabilités, dénombrement et espérance (math TS, secondaire 4)

Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur les probabilités, le dénombrement et l'espérance mathématique, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence.

Le fil de la série est le suivant : une probabilité est un QUOTIENT DE COMPTES. Savoir compter, avec la factorielle et les combinaisons, suffit à répondre à presque toutes les questions du chapitre, et l'espérance n'est que la moyenne de ces comptes pondérée par leurs chances.

Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Mathématique TS, secondaire 4
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (3 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Nombres réels, racines et ensemblesSecondaire 3
  2. 2Lois des exposants et notation scientifiqueSecondaire 3
  3. 3Dénombrement et probabilité géométriqueSecondaire 3

Rappel de cours

  • INCOMPATIBLES : les deux événements ne se produisent jamais ensemble, P(AB)=0P(A\cap B)=0. INDÉPENDANTS : P(AB)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B). Ce ne sont pas des synonymes, c'est même presque le contraire.
  • RÉUNION : P(AB)=P(A)+P(B)P(AB)P(A\cup B)=P(A)+P(B)-P(A\cap B). Le dernier terme est nul pour des événements incompatibles, et lui seul.
  • FACTORIELLE : n!n! compte les façons d'ordonner nn objets, et 0!=10!=1 par convention.
  • ARRANGEMENTS, l'ordre COMPTE : n!(nk)!\dfrac{n!}{(n-k)!}. COMBINAISONS, l'ordre ne compte pas : n!k!(nk)!\dfrac{n!}{k!\,(n-k)!}. Le rapport entre les deux est k!k!.
  • PROBABILITÉ PAR DÉNOMBREMENT : on compte les tirages favorables, on compte les tirages possibles, on divise. On simplifie AVANT de multiplier.
  • COMPOSER DEUX CHOIX se fait en MULTIPLIANT les comptes : une défectueuse parmi trois ET trois conformes parmi neuf donnent 3×843\times 84 tirages.
  • AU MOINS UN se calcule par le COMPLÉMENT : 1P(aucun)1-P(\text{aucun}).
  • CHANCES a:ba:b : aa cas favorables contre bb défavorables, donc P=aa+bP=\dfrac{a}{a+b}. On ADDITIONNE les deux nombres pour retrouver le total.
  • PROBABILITÉ CONDITIONNELLE : on change de TOTAL, en se restreignant à une ligne ou à une colonne du tableau. P(AB)P(A|B) et P(BA)P(B|A) n'ont aucune raison d'être égales.
  • ESPÉRANCE : chaque valeur multipliée par SA probabilité, puis on additionne. Un jeu est équitable quand l'espérance nette est nulle.
  • L'ESPÉRANCE EST UNE MOYENNE sur un grand nombre de répétitions : elle ne dit rien d'un cas particulier, et c'est pourquoi elle sert à DÉCIDER à l'échelle d'un lot.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Types d'événements : compatibles, indépendants

Deux mots reviennent sans cesse et ne disent pas la même chose. INCOMPATIBLES : les deux événements ne peuvent pas se produire ensemble. INDÉPENDANTS : le fait que l'un se produise ne change pas la probabilité de l'autre.

On lance un dé à six faces, puis on tire une carte d'un jeu de 5252 cartes.

  • a) AA : « le dé donne un nombre pair ». BB : « le dé donne un 55 ». Ces deux événements sont-ils compatibles ? Indépendants ?
  • b) CC : « le dé donne un 66 ». DD : « la carte est un coeur ». Mêmes questions.
  • c) EE : « la carte est une figure ». FF : « la carte est un pique ». Mêmes questions.
  • d) Calculez P(AB)P(A\cup B) et P(EF)P(E\cup F).
  • e) Deux événements incompatibles peuvent-ils être indépendants ?

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Incompatibles, donc dépendants
  • b) Compatibles et indépendants ; P(CD)=124P(C\cap D)=\dfrac{1}{24}
  • c) Compatibles et indépendants ; P(EF)=352P(E\cap F)=\dfrac{3}{52}
  • d) P(AB)=23P(A\cup B)=\dfrac{2}{3} et P(EF)=1126P(E\cup F)=\dfrac{11}{26}
  • e) Non, sauf cas dégénéré : l'incompatibilité est une dépendance extrême

a) INCOMPATIBLES : un nombre pair ne peut pas être un 55, donc les deux ne se produisent jamais ensemble et P(AB)=0P(A\cap B)=0. Ils ne sont donc PAS indépendants : savoir que le dé donne 55 rend AA impossible, ce qui change bien sa probabilité, de 12\dfrac{1}{2} à 00.

b) COMPATIBLES : rien n'empêche le dé de donner 66 et la carte d'être un coeur. INDÉPENDANTS aussi : le dé et le jeu de cartes n'ont aucun lien, donc P(CD)=16×14=124P(C\cap D)=\dfrac{1}{6}\times\dfrac{1}{4}=\dfrac{1}{24}. C'est le cas typique de deux expériences menées séparément.

c) COMPATIBLES : le valet de pique est à la fois une figure et un pique. INDÉPENDANTS aussi, et c'est moins évident : P(E)=1252=313P(E)=\dfrac{12}{52}=\dfrac{3}{13}, P(F)=1352=14P(F)=\dfrac{13}{52}=\dfrac{1}{4}, et P(EF)=352P(E\cap F)=\dfrac{3}{52}, puisqu'il y a trois figures de pique. Or 313×14=352\dfrac{3}{13}\times\dfrac{1}{4}=\dfrac{3}{52} : le produit tombe juste, donc les deux événements sont bien indépendants.

d) Pour des événements INCOMPATIBLES, les probabilités s'additionnent simplement : P(AB)=36+16=46=23P(A\cup B)=\dfrac{3}{6}+\dfrac{1}{6}=\dfrac{4}{6}=\dfrac{2}{3}. Pour des événements COMPATIBLES, il faut retirer l'intersection, comptée deux fois : P(EF)=1252+1352352=2252=1126P(E\cup F)=\dfrac{12}{52}+\dfrac{13}{52}-\dfrac{3}{52}=\dfrac{22}{52}=\dfrac{11}{26}.

e) Presque jamais. Si AA et BB sont incompatibles, alors P(AB)=0P(A\cap B)=0, alors que l'indépendance exigerait P(A)×P(B)P(A)\times P(B). Ces deux nombres ne coïncident que si l'un des deux événements est impossible. Autrement dit, l'incompatibilité est une forme extrême de DÉPENDANCE : savoir que l'un s'est produit règle définitivement le sort de l'autre. Confondre les deux mots est l'erreur la plus fréquente du chapitre.

Exercice 2 : La notation factorielle : arrangements et combinaisons

La factorielle n!n! est le produit de tous les entiers de 11 à nn. Elle compte les façons d'ORDONNER nn objets, et elle est la brique de tout le dénombrement.

Deux questions différentes en découlent : si l'ordre compte, on parle d'ARRANGEMENTS ; sinon, de COMBINAISONS.

  • a) Calculez 5!5!, puis 0!0!.
  • b) De combien de façons peut-on ranger 77 outils sur un support qui n'en reçoit que 33, l'ordre des emplacements comptant ?
  • c) De combien de façons peut-on choisir 33 outils parmi 77 pour les mettre dans une caisse, l'ordre ne comptant pas ?
  • d) Quel est le rapport entre les deux réponses précédentes, et pourquoi ?
  • e) Une équipe de 44 personnes doit être formée parmi 1010 employés. Combien d'équipes différentes ?

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a)
b)
c)
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e)
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Réponses

  • a) 5!=1205!=120 et 0!=10!=1
  • b) 210210 arrangements
  • c) 3535 combinaisons
  • d) Le rapport vaut 3!=63!=6 : chaque combinaison est comptée six fois
  • e) 210210 équipes

a) 5!=5×4×3×2×1=1205!=5\times 4\times 3\times 2\times 1=120. Et 0!=10!=1 par convention : il y a exactement UNE façon de n'ordonner aucun objet, celle de ne rien faire. Cette convention n'est pas un caprice, c'est ce qui rend les formules valides aux extrémités.

b) L'ordre compte, donc ce sont des arrangements : 77 choix pour le premier emplacement, 66 pour le deuxième, 55 pour le troisième, soit 7×6×5=2107\times 6\times 5=210. Avec la notation factorielle : 7!(73)!=504024=210\dfrac{7!}{(7-3)!}=\dfrac{5040}{24}=210. La factorielle du dénominateur efface exactement les facteurs qu'on ne veut pas.

c) L'ordre ne compte plus : une même caisse de trois outils a été comptée plusieurs fois en b). Le nombre de combinaisons est 7!3!(73)!=50406×24=5040144=35\dfrac{7!}{3!\,(7-3)!}=\dfrac{5040}{6\times 24}=\dfrac{5040}{144}=35.

d) Le rapport vaut 21035=6=3!\dfrac{210}{35}=6=3!. La raison : chaque choix de trois outils peut être ordonné de 3!=63!=6 façons, donc les arrangements comptent chaque combinaison six fois. C'est le lien entre les deux notions, et il suffit à retrouver l'une à partir de l'autre sans réapprendre de formule.

e) L'ordre d'une équipe ne compte pas, donc ce sont des combinaisons : 10!4!6!=10×9×8×724=504024=210\dfrac{10!}{4!\,6!}=\dfrac{10\times 9\times 8\times 7}{24}=\dfrac{5040}{24}=210. On calcule toujours en simplifiant AVANT de multiplier : écrire 10!10! en entier donnerait un nombre à sept chiffres inutile, et la calculatrice déborde vite.

Exercice 3 : Une probabilité est un quotient de comptes

Un lot contient 1212 pièces, dont 33 sont défectueuses. On en tire 44 au hasard, d'un seul coup, donc sans remise et sans ordre.

Chaque probabilité se calcule en comptant les tirages favorables et en divisant par le nombre total de tirages. Arrondissez au dix-millième.

DCCCCCDCCCCD
  • a) Combien de tirages de 44 pièces sont possibles ?
  • b) Quelle est la probabilité qu'aucune pièce tirée ne soit défectueuse ?
  • c) Quelle est la probabilité d'en tirer exactement une défectueuse ?
  • d) Quelle est la probabilité d'en tirer au moins une défectueuse ?
  • e) Pourquoi passe-t-on par le complément en d) plutôt que par une somme ?

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a)
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Réponses

  • a) 495495 tirages
  • b) 1264950,2545\dfrac{126}{495}\approx 0{,}2545
  • c) 252252 favorables, donc 0,5091\approx 0{,}5091
  • d) 0,7455\approx 0{,}7455
  • e) Le complément demande un seul calcul au lieu de trois

a) L'ordre ne compte pas, donc ce sont des combinaisons : 12!4!8!=12×11×10×924=495\dfrac{12!}{4!\,8!}=\dfrac{12\times 11\times 10\times 9}{24}=495 tirages possibles. C'est le DÉNOMINATEUR de toutes les probabilités qui suivent, et on le calcule une seule fois.

b) Aucune défectueuse signifie que les quatre pièces viennent des 99 conformes : 9!4!5!=126\dfrac{9!}{4!\,5!}=126 tirages favorables. Donc P=1264950,2545P=\dfrac{126}{495}\approx 0{,}2545, soit environ 25,4525{,}45 pour cent.

c) On choisit UNE défectueuse parmi 33 et TROIS conformes parmi 99, puis on multiplie les deux comptes, chaque choix de défectueuse pouvant s'associer à chaque choix de conformes : 3×84=2523\times 84=252 tirages favorables, donc P=2524950,5091P=\dfrac{252}{495}\approx 0{,}5091. La multiplication est le geste clé : on compose deux choix indépendants.

d) « Au moins une » est le CONTRAIRE de « aucune », donc P=1126495=3694950,7455P=1-\dfrac{126}{495}=\dfrac{369}{495}\approx 0{,}7455. Une pièce défectueuse sur trois tirages, en gros : le contrôle par échantillon repère souvent le défaut, mais pas toujours.

e) Parce que la somme demanderait TROIS calculs, ceux d'exactement une, exactement deux et exactement trois défectueuses, alors que le complément n'en demande qu'un. Contrôle : 252+3!2!1!×36+1×9=252+108+9=369252+\dfrac{3!}{2!\,1!}\times 36+1\times 9=252+108+9=369, ce qui redonne bien le même numérateur. Le complément est plus court et laisse moins de place à l'erreur.

Exercice 4 : Les chances pour et les chances contre

Une probabilité compare les cas favorables au TOTAL. Les chances, elles, comparent les cas favorables aux cas DÉFAVORABLES : ce sont deux langages différents, et il faut savoir passer de l'un à l'autre.

On note les chances sous la forme a:ba:b, qui se lit « aa contre bb ».

  • a) La probabilité d'un événement vaut 38\dfrac{3}{8}. Donnez les chances POUR.
  • b) Les chances CONTRE un événement sont de 7:27:2. Donnez sa probabilité.
  • c) La probabilité d'un événement vaut 0,250{,}25. Donnez les chances pour, puis les chances contre.
  • d) Écrivez les deux formules de passage entre probabilité et chances pour.
  • e) Un joueur affirme : « j'ai une chance sur trois », et un autre : « les chances sont de 1:31:3 ». Disent-ils la même chose ?

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a)
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Réponses

  • a) Chances pour de 3:53:5
  • b) P=290,2222P=\dfrac{2}{9}\approx 0{,}2222
  • c) Chances pour 1:31:3, chances contre 3:13:1
  • d) P=aa+bP=\dfrac{a}{a+b} et chances pour =P:(1P)=P:(1-P)
  • e) Non : 13\dfrac{1}{3} contre 14\dfrac{1}{4}

a) Sur 88 cas, 33 sont favorables et 83=58-3=5 sont défavorables. Les chances POUR sont donc 3:53:5. Le total disparaît de l'écriture : c'est toute la différence avec une probabilité.

b) Les chances CONTRE sont 7:27:2, donc il y a 77 cas défavorables pour 22 favorables, soit 99 cas en tout. La probabilité vaut 290,2222\dfrac{2}{9}\approx 0{,}2222. On additionne les deux nombres des chances pour retrouver le total : c'est le seul calcul à connaître.

c) 0,25=140{,}25=\dfrac{1}{4} : un cas favorable sur quatre, donc trois défavorables. Les chances pour sont 1:31:3 et les chances contre 3:13:1. Les deux écritures sont simplement inversées l'une de l'autre.

d) De la probabilité aux chances : si P=aa+bP=\dfrac{a}{a+b}, les chances pour sont a:ba:b, c'est-à-dire P:(1P)P:(1-P) une fois simplifié. Des chances à la probabilité : des chances pour de a:ba:b donnent P=aa+bP=\dfrac{a}{a+b}. Le passage se fait donc en ajoutant ou en retirant le total, jamais autrement.

e) NON, et c'est le piège classique. « Une chance sur trois » décrit une probabilité de 13\dfrac{1}{3}, donc des chances de 1:21:2. « Les chances sont de 1:31:3 » décrit une probabilité de 14\dfrac{1}{4}. Les deux énoncés diffèrent de près de dix points de pourcentage. En évaluation, on lit donc le mot employé, « chances » ou « probabilité », avant de calculer.

Exercice 5 : Le tableau à double entrée et l'indépendance

Un atelier a contrôlé 200200 pièces produites par deux machines. Le tableau donne la répartition entre machines et état des pièces.

On tire une pièce au hasard. On note AA : « elle vient de la machine A », et DD : « elle est défectueuse ».

DéfectueuseConformeTotalMachine A6114120Machine B87280Total14186200
  • a) Calculez P(D)P(D) et P(A)P(A).
  • b) Calculez P(DA)P(D|A) et P(DB)P(D|B), les probabilités qu'une pièce soit défectueuse sachant de quelle machine elle vient.
  • c) Les événements AA et DD sont-ils indépendants ? Faites le test.
  • d) Calculez P(AD)P(A|D) et comparez-la à P(DA)P(D|A).
  • e) Expliquez en une phrase ce que chacune de ces deux dernières probabilités signifie pour le contremaître.

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a)
b)
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Réponses

  • a) P(D)=0,07P(D)=0{,}07 et P(A)=0,6P(A)=0{,}6
  • b) P(DA)=0,05P(D|A)=0{,}05 et P(DB)=0,10P(D|B)=0{,}10
  • c) Non : 0,030,0420{,}03\neq 0{,}042
  • d) P(AD)0,4286P(A|D)\approx 0{,}4286, très différent de P(DA)=0,05P(D|A)=0{,}05
  • e) L'une mesure la qualité d'une machine, l'autre sert à retrouver l'origine d'un défaut

a) P(D)=14200=0,07P(D)=\dfrac{14}{200}=0{,}07 et P(A)=120200=0,6P(A)=\dfrac{120}{200}=0{,}6. On lit les totaux de la ligne et de la colonne, jamais une case isolée : c'est à cela que servent les marges du tableau.

b) Une probabilité conditionnelle change de TOTAL : on se restreint à la ligne concernée. P(DA)=6120=0,05P(D|A)=\dfrac{6}{120}=0{,}05, soit 55 pour cent des pièces de la machine A. P(DB)=880=0,10P(D|B)=\dfrac{8}{80}=0{,}10, soit 1010 pour cent. La machine B produit donc deux fois plus de défauts, en proportion, bien qu'elle fabrique moins de pièces.

c) Le test formel est P(AD)=P(A)×P(D)P(A\cap D)=P(A)\times P(D). À gauche : 6200=0,03\dfrac{6}{200}=0{,}03. À droite : 0,6×0,07=0,0420{,}6\times 0{,}07=0{,}042. Les deux nombres DIFFÈRENT, donc AA et DD ne sont PAS indépendants. On pouvait le voir autrement : P(DA)=0,05P(D|A)=0{,}05 n'est pas égal à P(D)=0,07P(D)=0{,}07, donc savoir d'où vient la pièce change bien sa probabilité d'être défectueuse.

d) P(AD)=6140,4286P(A|D)=\dfrac{6}{14}\approx 0{,}4286 : on se restreint cette fois à la COLONNE des défectueuses. Ce n'est pas du tout la même chose que P(DA)=0,05P(D|A)=0{,}05. Les deux probabilités conditionnelles sont inverses l'une de l'autre par la question posée, et il n'y a aucune raison qu'elles soient proches.

e) P(DA)=0,05P(D|A)=0{,}05 répond à : « si je prends une pièce sortant de la machine A, quelles sont ses chances d'être mauvaise ? » C'est une mesure de la QUALITÉ de la machine. P(AD)0,43P(A|D)\approx 0{,}43 répond à : « j'ai trouvé une pièce mauvaise, d'où vient-elle probablement ? » C'est une question d'ENQUÊTE. Confondre les deux est l'erreur classique, et elle mène à accuser la mauvaise machine.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : L'espérance mathématique

Un jeu de kermesse coûte 22 dollars la partie. Le joueur gagne 1010 dollars avec une probabilité de 0,100{,}10, 33 dollars avec une probabilité de 0,250{,}25, et rien le reste du temps.

L'espérance mathématique est la moyenne des gains PONDÉRÉE par leurs probabilités : c'est ce que rapporte une partie « en moyenne », sur un très grand nombre de parties.

0 dollar3 dollars10 dollars0,20,40,6probabilités
  • a) Quelle est la probabilité de ne rien gagner ?
  • b) Calculez l'espérance du GAIN, avant de tenir compte de la mise.
  • c) Calculez l'espérance du gain NET, mise déduite.
  • d) Un joueur fait 200200 parties. Quel résultat peut-il prévoir ?
  • e) Quelle mise rendrait le jeu équitable ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 0,650{,}65
  • b) 1,751{,}75 dollar
  • c) 0,25-0{,}25 dollar par partie
  • d) Une perte prévisible de 5050 dollars
  • e) Une mise de 1,751{,}75 dollar

a) Les probabilités d'une expérience totalisent toujours 11 : 10,100,25=0,651-0{,}10-0{,}25=0{,}65. Le joueur repart donc les mains vides presque deux fois sur trois, ce que la figure montre d'un coup d'oeil.

b) E=10×0,10+3×0,25+0×0,65=1+0,75+0=1,75E=10\times 0{,}10+3\times 0{,}25+0\times 0{,}65=1+0{,}75+0=1{,}75 dollar. Chaque gain est multiplié par SA probabilité, et l'on additionne. Le terme nul s'écrit quand même dans la ligne de calcul : c'est ce qui prouve au correcteur qu'aucun cas n'a été oublié.

c) La mise est payée à chaque partie, quel que soit le résultat : Enet=1,752=0,25E_{\text{net}}=1{,}75-2=-0{,}25 dollar. Le joueur perd donc 2525 cents par partie en moyenne. Une espérance négative est la règle dans les jeux de hasard : c'est la marge de l'organisateur.

d) Sur 200200 parties, la perte prévisible est 200×(0,25)=50200\times(-0{,}25)=-50 dollars. « Prévisible » ne veut pas dire « certain » : le joueur peut très bien gagner ce soir-là. Mais plus le nombre de parties augmente, plus le résultat réel se rapproche de cette moyenne, et c'est l'organisateur, qui joue des milliers de parties, qui en profite.

e) Un jeu est ÉQUITABLE quand l'espérance nette est nulle, c'est-à-dire quand la mise égale l'espérance du gain : il faudrait faire payer 1,751{,}75 dollar la partie. À 22 dollars, l'organisateur garde 0,250{,}25 dollar par partie, soit 12,512{,}5 pour cent de la mise.

Exercice 7 : Décider avec une espérance

Une entreprise livre des pièces dont 22 pour cent sont défectueuses. Elle a le choix : inspecter chaque pièce avant livraison, pour 0,400{,}40 dollar l'unité, ou ne rien inspecter et payer 2525 dollars de dédommagement par pièce défectueuse livrée.

L'espérance sert ici à trancher entre deux stratégies, et non à jouer.

  • a) Quel est le coût par pièce de la stratégie « inspecter » ?
  • b) Quel est le coût MOYEN par pièce de la stratégie « ne pas inspecter » ?
  • c) Quelle stratégie faut-il choisir, et quelle économie représente-t-elle sur 1000010\,000 pièces ?
  • d) À partir de quel taux de défauts l'inspection cesse-t-elle d'être rentable ?
  • e) Si l'inspection tombait à 0,250{,}25 dollar l'unité, que deviendrait ce seuil ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 0,400{,}40 dollar, un coût certain
  • b) 0,500{,}50 dollar en moyenne
  • c) Inspecter, pour une économie de 10001000 dollars sur 1000010\,000 pièces
  • d) À partir de 1,61{,}6 pour cent de défauts
  • e) Le seuil descend à 11 pour cent

a) L'inspection coûte 0,400{,}40 dollar par pièce, sans aléa : ce n'est pas une espérance, c'est un coût certain. Toutes les pièces sont inspectées, donc le coût moyen par pièce est exactement 0,400{,}40 dollar.

b) Sans inspection, le coût est de 2525 dollars avec une probabilité de 0,020{,}02, et de 00 dollar avec une probabilité de 0,980{,}98. L'espérance vaut 25×0,02+0×0,98=0,5025\times 0{,}02+0\times 0{,}98=0{,}50 dollar par pièce. C'est un coût MOYEN : la plupart des pièces ne coûtent rien, et une sur cinquante coûte cher.

c) L'inspection coûte 0,400{,}40 contre 0,500{,}50 : il faut INSPECTER. L'économie est de 0,100{,}10 dollar par pièce, soit 10000×0,10=100010\,000\times 0{,}10=1000 dollars sur le lot. La décision se prend sur la comparaison de deux moyennes, jamais sur l'impression que « les défauts sont rares ».

d) On cherche le taux pp qui rend les deux stratégies équivalentes : 25p=0,4025p=0{,}40, donc p=0,016p=0{,}016, soit 1,61{,}6 pour cent. Au-dessus de ce taux, l'inspection est rentable ; en dessous, elle coûte plus qu'elle ne rapporte. L'entreprise est à 22 pour cent, donc au-dessus du seuil, ce qui confirme la réponse précédente.

e) Le seuil devient 25p=0,2525p=0{,}25, donc p=0,01p=0{,}01, soit 11 pour cent. Une inspection moins chère devient rentable pour des lots de meilleure qualité : c'est exactement pourquoi les ateliers investissent dans des contrôles automatisés, dont le coût unitaire très bas rend l'inspection rentable même quand les défauts sont rares.

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chaque affirmation est fausse. Dites pourquoi en une phrase, puis donnez l'énoncé correct. Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent dans les copies sur ce chapitre.

  • a) « Deux événements incompatibles sont forcément indépendants. »
  • b) « P(AB)P(A|B) et P(BA)P(B|A) sont deux écritures de la même chose. »
  • c) « Des chances de 1:31:3 correspondent à une probabilité de 13\dfrac{1}{3}. »
  • d) « Le nombre de combinaisons de 44 objets parmi 1010 vaut 10!4!\dfrac{10!}{4!}. »
  • e) « Une espérance de 0,25-0{,}25 dollar signifie qu'on perd 2525 cents à chaque partie. »

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a)
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d)
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Réponses

  • a) Faux : incompatibles implique dépendants
  • b) Faux : 0,050{,}05 contre 0,430{,}43 dans l'exemple de l'exercice 5
  • c) Faux : la probabilité vaut 14\dfrac{1}{4}
  • d) Faux : il faut 10!4!6!=210\dfrac{10!}{4!\,6!}=210 ; 10!4!=151200\dfrac{10!}{4!}=151\,200 compte les arrangements
  • e) Faux : c'est une moyenne, jamais le résultat d'une partie

a) Faux, et c'est même presque l'inverse. Incompatibles signifie P(AB)=0P(A\cap B)=0, alors que l'indépendance exige P(AB)=P(A)×P(B)P(A\cap B)=P(A)\times P(B), un produit non nul dès que les deux événements sont possibles. L'incompatibilité est donc une DÉPENDANCE extrême : savoir que l'un s'est produit rend l'autre impossible.

b) Faux. Les deux probabilités changent de TOTAL : l'une se restreint à BB, l'autre à AA. Avec le tableau de l'exercice 5, P(DA)=0,05P(D|A)=0{,}05 et P(AD)0,43P(A|D)\approx 0{,}43, soit un rapport de presque neuf. L'énoncé correct : ces deux conditionnelles répondent à deux questions différentes et n'ont aucune raison d'être proches.

c) Faux. Des chances de 1:31:3 signifient un cas favorable contre trois défavorables, donc QUATRE cas en tout et une probabilité de 14\dfrac{1}{4}. Une probabilité de 13\dfrac{1}{3} correspondrait à des chances de 1:21:2. On additionne toujours les deux nombres des chances pour retrouver le total.

d) Faux : il manque le facteur (104)!(10-4)! au dénominateur. La bonne formule est 10!4!6!=210\dfrac{10!}{4!\,6!}=210, alors que 10!4!=151200\dfrac{10!}{4!}=151\,200, qui est le nombre d'ARRANGEMENTS, c'est-à-dire de choix ORDONNÉS. L'écart entre les deux nombres est le facteur 6!6!, et il est énorme.

e) Faux. L'espérance est une MOYENNE sur un très grand nombre de parties, pas le résultat d'une partie : dans ce jeu, on perd 22 dollars ou l'on gagne 11 ou 88 dollars nets, jamais 2525 cents. L'énoncé correct : sur un grand nombre de parties, la perte moyenne s'approche de 2525 cents par partie.

Exercice 9 : Problème : accepter ou refuser un lot

Un lot de 5050 pièces contient 44 pièces défectueuses, ce que l'acheteur ignore. Son protocole de contrôle consiste à tirer 55 pièces au hasard et à REFUSER le lot si au moins une des cinq est défectueuse.

La figure donne la probabilité d'accepter le lot selon le nombre de pièces contrôlées.

12345678910110.10.20.30.40.50.60.70.80.91P(accepter)seuil de 50 %
  • a) Combien y a-t-il de façons de tirer 55 pièces parmi 5050 ?
  • b) Quelle est la probabilité que le lot soit ACCEPTÉ, au dix-millième ?
  • c) Quelle est la probabilité qu'il soit refusé ?
  • d) Combien de pièces faudrait-il contrôler pour que le lot ait plus d'une chance sur deux d'être refusé ?
  • e) Combien de pièces défectueuses l'acheteur trouve-t-il en moyenne dans son échantillon de cinq ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 21187602\,118\,760 tirages
  • b) Environ 0,64700{,}6470
  • c) Environ 0,35300{,}3530
  • d) Huit pièces
  • e) 0,40{,}4 pièce en moyenne

a) L'ordre ne compte pas : 50!5!45!=50×49×48×47×46120=2118760\dfrac{50!}{5!\,45!}=\dfrac{50\times 49\times 48\times 47\times 46}{120}=2\,118\,760 tirages possibles.

b) Le lot est accepté si les cinq pièces viennent des 4646 conformes : 46!5!41!=1370754\dfrac{46!}{5!\,41!}=1\,370\,754 tirages favorables. Donc P=137075421187600,6470P=\dfrac{1\,370\,754}{2\,118\,760}\approx 0{,}6470. Autrement dit, un lot contenant quatre pièces mauvaises passe le contrôle près de deux fois sur trois.

c) P(refus)=10,6470=0,3530P(\text{refus})=1-0{,}6470=0{,}3530, soit environ 35,3035{,}30 pour cent. Le protocole laisse donc passer beaucoup de lots défectueux : c'est le prix d'un échantillon de cinq pièces seulement.

d) On lit la figure : la courbe des points descend sous la barre des 5050 pour cent entre 77 et 88 pièces contrôlées. Le calcul confirme : avec 77 pièces, la probabilité d'acceptation vaut encore 0,53580{,}5358, et avec 88 elle tombe à 0,48600{,}4860. Il faut donc contrôler HUIT pièces pour que le refus devienne plus probable que l'acceptation.

e) Chaque pièce tirée a une probabilité 450=0,08\dfrac{4}{50}=0{,}08 d'être défectueuse, donc l'espérance du nombre de défectueuses dans cinq tirages vaut 5×0,08=0,45\times 0{,}08=0{,}4 pièce. Un nombre moyen de 0,40{,}4 ne signifie évidemment pas qu'on trouve un morceau de pièce : c'est la moyenne sur un grand nombre de contrôles, et elle explique pourquoi le protocole rate si souvent le défaut.

Exercice 10 : Problème : le coût d'une garantie

Un fabricant vend un appareil 180180 dollars, garantie d'un an comprise. La probabilité qu'un appareil tombe en panne pendant cette première année est de 0,060{,}06, et une réparation coûte 9595 dollars au fabricant.

Il envisage aussi de vendre une garantie prolongée pour la deuxième année, au prix de 99 dollars, sachant que le taux de panne passe alors à 0,110{,}11.

  • a) Quel est le coût moyen de la garantie incluse, par appareil vendu ?
  • b) Quel coût le fabricant doit-il prévoir sur une production de 400400 appareils ?
  • c) La garantie prolongée à 99 dollars est-elle rentable pour le fabricant ?
  • d) Quel prix rendrait cette garantie prolongée équitable ?
  • e) Un client achète un appareil et ne tombe jamais en panne. Le fabricant a-t-il « gagné » les 5,705{,}70 dollars ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 5,705{,}70 dollars par appareil
  • b) 22802280 dollars
  • c) Non : l'espérance du coût vaut 10,4510{,}45 dollars, soit 1,451{,}45 de perte par contrat
  • d) 10,4510{,}45 dollars
  • e) Non : pour cet appareil le coût est nul ; l'espérance ne vaut qu'à l'échelle du lot

a) Le coût est de 9595 dollars avec une probabilité de 0,060{,}06, et nul sinon. L'espérance vaut 95×0,06=5,7095\times 0{,}06=5{,}70 dollars par appareil. Ce montant s'ajoute au coût de fabrication dans le calcul du prix de vente : c'est ainsi qu'une garantie « gratuite » est en réalité payée par tous les acheteurs.

b) Sur 400400 appareils : 400×5,70=2280400\times 5{,}70=2280 dollars. Le fabricant ne sait pas QUELS appareils tomberont en panne, mais il peut budgéter ce montant, et l'écart avec la réalité se réduit à mesure que la production grandit.

c) L'espérance du coût de la deuxième année vaut 95×0,11=10,4595\times 0{,}11=10{,}45 dollars, alors que le contrat rapporte 99 dollars. Le fabricant perdrait donc en moyenne 10,459=1,4510{,}45-9=1{,}45 dollar par contrat vendu : la garantie prolongée n'est PAS rentable à ce prix.

d) Un contrat est équitable quand son prix égale l'espérance du coût : il faudrait le vendre 10,4510{,}45 dollars. En pratique, le fabricant le vendrait plus cher encore, pour couvrir ses frais de gestion et dégager une marge, exactement comme un assureur.

e) Non, et c'est le coeur du chapitre. Pour CET appareil, le coût réel est 00 dollar, pas 5,705{,}70. L'espérance n'est pas un montant prélevé sur chaque unité : c'est la moyenne des coûts sur l'ensemble de la production, où quelques appareils coûtent 9595 dollars et les autres rien du tout. Le raisonnement ne vaut qu'à l'échelle du lot, jamais à l'échelle de l'individu.

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