Comment distinguer un aldéhyde d'une cétone ?
Les deux portent le même groupe carbonyle, un carbone doublement lié à un oxygène. Ce qui les sépare est sa position : en bout de chaîne pour l'aldéhyde, qui garde alors un hydrogène sur ce carbone, et entre deux carbones pour la cétone, qui n'en garde aucun. Cet unique hydrogène permet à l'aldéhyde de s'oxyder en acide carboxylique, ce que la cétone ne peut pas faire. Au laboratoire, la liqueur de Fehling ou le réactif de Tollens tranchent immédiatement.
Pourquoi un alcool bout-il beaucoup plus haut que l'éther qui lui est isomère ?
Parce que l'alcool porte un hydrogène directement lié à son oxygène, très fortement polarisé, qui s'accroche à l'oxygène de la molécule voisine : c'est la liaison hydrogène. Il faut casser tout ce réseau pour vaporiser le liquide, et cela coûte beaucoup d'énergie. L'éther n'a aucun hydrogène sur son oxygène, ses molécules ne se tiennent que par des forces dipôle-dipôle bien plus faibles. Pour la même formule brute, l'écart atteint cent degrés.
Quelles sont les conditions pour qu'une molécule ait des isomères cis et trans ?
Il en faut deux, et elles sont toutes deux nécessaires. D'abord une rigidité, c'est-à-dire une double liaison carbone-carbone ou l'appartenance à un cycle, qui empêche la rotation. Ensuite une dissymétrie : chacun des deux atomes engagés doit porter deux substituants différents l'un de l'autre. Le butane échoue sur la première, ses liaisons simples tournant librement ; le but-1-ène échoue sur la seconde, un de ses carbones portant deux hydrogènes identiques.
Comment déterminer si un alcool est primaire, secondaire ou tertiaire ?
On regarde uniquement le carbone qui porte le groupe hydroxyle, et on compte les autres carbones auxquels il est lié. Un seul, l'alcool est primaire ; deux, il est secondaire ; trois, il est tertiaire. La ramification du reste de la chaîne n'intervient pas : le 2-méthylpropan-1-ol est primaire malgré son méthyle, parce que le carbone porteur du groupe n'a qu'un voisin carboné. Cette classe décide ensuite du produit d'oxydation.
Pourquoi tous les alcools ne sont-ils pas solubles dans l'eau ?
Parce qu'une molécule d'alcool a deux parties de nature opposée. Le groupe hydroxyle est polaire et forme des liaisons hydrogène avec l'eau, tandis que la chaîne carbonée est apolaire et n'a aucune affinité avec elle. Tant que la chaîne est courte, le groupe l'emporte et l'alcool est miscible en toutes proportions. Dès qu'elle s'allonge, la partie apolaire domine et la solubilité s'effondre : elle passe de l'infini pour le méthanol à un demi-gramme par litre pour l'octan-1-ol.
Une formule brute suffit-elle à identifier une molécule organique ?
Non, jamais. La formule brute ne donne que le comptage des atomes, alors que les propriétés dépendent de la façon dont ils sont reliés. L'éthanol et le diméthyléther partagent la formule à deux carbones, six hydrogènes et un oxygène, et pourtant l'un est un liquide qui bout à soixante-dix-huit degrés et l'autre un gaz. Il faut donc toujours un test chimique, une mesure physique ou une spectroscopie pour conclure, et c'est la raison d'être des formules développée et semi-développée.