Chimie organique • Complément québécois de Terminale et cégep à Montréal

Exercices corrigés : nomenclature et isomérie en chimie organique

Voici la première série d'exercices corrigés de chimie organique, consacrée à la structure : nommer, dessiner et distinguer les molécules. La partie A construit la nomenclature : les alcanes ramifiés avec le grand piège de la chaîne principale mal choisie, les groupes fonctionnels et leurs priorités (qui décident du suffixe et des préfixes), puis le degré d'insaturation, l'outil de comptage qui dit combien de cycles et de liaisons doubles se cachent dans une formule brute. La partie B dresse la carte de l'isomérie : isomères de chaîne, de position et de fonction, stéréoisomérie Z/E sur la double liaison, chiralité et descripteurs R/S jusqu'à l'acide tartrique et son composé méso, et enfin les conformations du butane, lues sur la vraie courbe d'énergie de torsion.

Cette série s'adresse aux étudiants de cégep qui suivent le cours de chimie organique comme aux élèves de Terminale du Lycée Marie de France et du Collège Stanislas inscrits au complément québécois : la chimie organique y est le grand ajout par rapport à la spécialité physique-chimie française, et c'est un préalable universitaire pour les programmes de santé et de sciences. Tout le chapitre se joue sur la rigueur : une chaîne mal numérotée, un ordre alphabétique oublié ou un centre stéréogène manqué, et le nom est faux.

Le réflexe à garder tout du long : avant de nommer, chercher la chaîne la plus longue PARTOUT, y compris à travers les ramifications dessinées vers le haut ou le bas; avant de compter des stéréoisomères, chercher les éléments de symétrie. La molécule dessinée n'a aucune obligation d'être écrite à plat dans le bon sens : c'est précisément là-dessus que jouent les examens.

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Ce chapitre fait partie de Chimie organique
Avant de commencer Fiche de révision : les pièges et la méthode de ce chapitre

Avant ce chapitre

Ces notions sont supposées acquises ici. Si le premier exercice résiste, le blocage vient presque toujours de l'une d'elles, pas du chapitre lui-même.

Remonter plus loin : la chaîne complète (4 chapitres) ↓

Le chemin de remédiation, du plus ancien au plus proche. Un élève qui reprend ce chapitre de zéro le reprend dans cet ordre.

  1. 1Les propriétés de la matièreSecondaire 4 ST, Science et technologie
  2. 2Structure atomique et configuration électroniqueChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  3. 3Liaison chimique et géométrie moléculaireChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)
  4. 4Hybridation et modèle quantique de la liaisonChimie générale 202-SF1-RE (ancien 202-NYA)

Rappel de cours

  • Nomenclature des alcanes : 1) chercher la chaîne LA PLUS LONGUE (dans toutes les directions du dessin); 2) numéroter pour donner les plus petits indices aux substituants (à la première différence); 3) nommer les substituants en -yle, classés par ordre ALPHABÉTIQUE (les préfixes di-, tri- ne comptent pas dans l'ordre); 4) assembler : indices-substituants + nom de chaîne.
  • Fonctions et priorités (de la plus prioritaire à la moins) : acide carboxylique > ester > amide > aldéhyde > cétone > alcool > amine > alcène > alcane. La fonction prioritaire donne le SUFFIXE (-oïque, -al, -one, -ol...) et fixe le carbone 1; les autres deviennent des préfixes (hydroxy-, oxo-, amino-...).
  • Degré d'insaturation d'une formule CcHhNnOoXxC_{c}H_{h}N_{n}O_{o}X_{x} : DI=2c+2+nhx2DI=\frac{2c+2+n-h-x}{2} (l'oxygène ne compte pas). Chaque cycle et chaque liaison π\pi vaut 1; un DI de 4 ou plus doit faire penser à un cycle benzénique.
  • Isomères de constitution (même formule brute, enchaînements différents) : de CHAÎNE (squelettes différents), de POSITION (même fonction, autre carbone), de FONCTION (fonctions différentes). Stéréoisomères : même enchaînement, disposition spatiale différente.
  • Z/E : possible seulement si CHAQUE carbone de la double liaison porte deux groupes différents. Priorités CIP (numéro atomique décroissant, ex æquo départagés aux atomes suivants) : groupes prioritaires du même côté = Z, opposés = E. R/S : classer les 4 groupes d'un carbone asymétrique, regarder avec le groupe 4 vers l'arrière : 1→2→3 horaire = R, antihoraire = S.
  • nn centres stéréogènes donnent AU PLUS 2n2^{n} stéréoisomères : un composé méso (molécule achirale malgré ses centres, grâce à une symétrie interne) en retire. Énantiomères : images miroir non superposables, mêmes propriétés physiques sauf le pouvoir rotatoire; diastéréoisomères (dont les couples Z/E) : propriétés toutes différentes. Conformères : interconvertis par simple ROTATION autour des liaisons simples, non isolables à température ambiante.

Partie A : La nomenclature (/50)

Exercice 1 : Nommer un alcane : la méthode et le piège

La molécule de la figure est dessinée en formule topologique (squelette) : chaque sommet est un carbone, les hydrogènes sont sous-entendus.

  • a) Rappelez les quatre étapes de la méthode de nomenclature, puis nommez la molécule de la figure et donnez sa formule brute.
  • b) Un étudiant nomme une molécule « 2-éthyl-3-méthylpentane ». Dessinez-la, montrez que ce nom viole une règle, et donnez le nom correct.
  • c) Dessinez tous les isomères de chaîne de formule C6H14C_{6}H_{14} et nommez-les. Combien y en a-t-il ?
  • d) L'iso-octane, référence de l'indice d'octane des carburants, est le 2,2,4-triméthylpentane. Donnez sa formule brute et expliquez pourquoi son nom n'est pas « 2,4,4-triméthylpentane ».

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Réponses

  • a) 4-éthyl-2,3-diméthylhexane, C10H22C_{10}H_{22}
  • b) Chaîne principale mal choisie : 3,4-diméthylhexane
  • c) 5 isomères
  • d) C8H18C_{8}H_{18} ; {2,2,4} gagne au premier point de différence

a) Méthode : 1) chercher la chaîne la plus longue; 2) numéroter du côté qui donne les plus petits indices; 3) classer les substituants par ordre alphabétique; 4) assembler. Ici la chaîne la plus longue compte 6 carbones (hexane), avec deux méthyles et un éthyle. Numérotation depuis la gauche : méthyles en 2 et 3, éthyle en 4, soit les indices {2, 3, 4}; depuis la droite on aurait {3, 4, 5}, moins bon. Ordre alphabétique : éthyle avant méthyle (les préfixes di-, tri- ne comptent pas). Nom : 4-éthyl-2,3-diméthylhexane. Formule brute : 10 carbones, alcane acyclique, donc C10H22C_{10}H_{22} (CnH2n+2C_{n}H_{2n+2}).

b) « 2-éthyl-3-méthylpentane » : une chaîne de 5 carbones avec un éthyle en C2 et un méthyle en C3. Mais en passant PAR l'éthyle, on trouve une chaîne de 6 carbones : la règle de la chaîne la plus longue est violée, le pentane n'était pas la vraie chaîne principale. En renumérotant sur l'hexane, les deux méthyles tombent en 3 et 4 : le nom correct est 3,4-diméthylhexane (même formule C8H18C_{8}H_{18}). C'est LE piège classique : un substituant dessiné « en branche » peut faire partie de la chaîne principale.

c) Il y en a CINQ : hexane (chaîne droite), 2-méthylpentane, 3-méthylpentane, 2,2-diméthylbutane et 2,3-diméthylbutane. Attention aux faux doublons : « 4-méthylpentane » n'existe pas (c'est 2-méthylpentane numéroté à l'envers) et « 3,3-diméthylbutane » non plus (c'est 2,2- lu de l'autre bout). Cinq squelettes, cinq points d'ébullition différents : plus l'isomère est ramifié, plus il bout bas.

d) 8 carbones, alcane : C8H18C_{8}H_{18}, l'isomère très ramifié de l'octane. Les deux numérotations possibles donnent les indices {2, 2, 4} ou {2, 4, 4} : on compare à la PREMIÈRE différence : 2 = 2, puis 2 < 4 : la série {2, 2, 4} gagne. La règle n'est pas « la plus petite somme » mais « le plus petit indice à la première différence », et c'est elle qui tranche ici.

Exercice 2 : Nommer un cycle et un composé aromatique

Un cycle se nomme comme une chaîne, en préfixant son nom de « cyclo », mais il impose deux règles nouvelles : la numérotation ne suit plus une extrémité, puisqu'il n'y en a pas, et le cycle peut selon les cas devenir la chaîne principale ou n'être qu'un substituant.

  • a) Nommez les composés suivants : un cyclohexane portant un méthyle en 1 et un éthyle en 3 ; un cyclopentane portant deux méthyles sur le même carbone ; un cyclobutane portant un brome et un chlore sur deux carbones voisins. Énoncez la règle de numérotation appliquée.
  • b) On dispose d'un cyclohexane portant une chaîne à trois carbones, et d'un heptane portant un cyclopropane. Nommez les deux et énoncez la règle qui décide lequel du cycle ou de la chaîne devient la structure principale.
  • c) Le groupe C6H5C_{6}H_{5}- s'appelle phényle et le groupe C6H5CH2C_{6}H_{5}CH_{2}- benzyle. Nommez le composé C6H5CH2ClC_{6}H_{5}CH_{2}Cl de deux façons, l'une par substitution sur le cycle, l'autre en traitant le cycle comme substituant. Puis nommez le C6H5OHC_{6}H_{5}OH, le C6H5CH3C_{6}H_{5}CH_{3} et le C6H5NH2C_{6}H_{5}NH_{2}, dont les noms sont consacrés par l'usage.
  • d) Sur un benzène disubstitué, on emploie les préfixes ortho, méta et para. Donnez la position numérique correspondant à chacun, puis nommez de deux façons le 1,4-diméthylbenzène et le 1,2-dichlorobenzène. Combien existe-t-il d'isomères de position pour un benzène DIsubstitué par deux groupes identiques, et pour un benzène TRIsubstitué par trois groupes identiques ?

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Réponses

  • a) 1-éthyl-3-méthylcyclohexane ; 1,1-diméthylcyclopentane ; 1-bromo-2-chlorocyclobutane
  • b) Propylcyclohexane ; cyclopropylheptane
  • c) Chlorure de benzyle ou (chlorométhyl)benzène ; phénol, toluène, aniline
  • d) Ortho 1,2, méta 1,3, para 1,4 ; 3 et 3 isomères

a) Le premier est le 1-éthyl-3-méthylcyclohexane, le deuxième le 1,1-diméthylcyclopentane, le troisième le 1-bromo-2-chlorocyclobutane. La règle de numérotation est la suivante : on part d'un carbone portant un substituant, on lui donne l'indice 1, et on tourne dans le sens qui donne à l'ensemble des substituants la série d'indices la plus basse. En cas d'égalité, on départage par l'ordre alphabétique, qui reçoit alors l'indice le plus bas : c'est pourquoi le premier composé est nommé 1-éthyl-3-méthyl et non 1-méthyl-3-éthyl, l'éthyle précédant le méthyle dans l'alphabet. Le troisième illustre la même règle, le brome l'emportant sur le chlore.

b) Le premier est le propylcyclohexane et le second le cyclopropylheptane. La règle est celle du plus grand nombre de carbones : la structure principale est celle qui en compte le plus, l'autre devenant un substituant. Le cyclohexane a six carbones contre trois pour la chaîne, il est donc principal ; l'heptane en a sept contre trois pour le cycle, c'est lui qui devient principal et le cycle n'est plus qu'un substituant cyclopropyle. En cas d'égalité stricte, la nomenclature actuelle donne la priorité au cycle. Il faut retenir qu'un cycle n'a rien de spécial : il entre en concurrence avec la chaîne exactement comme une chaîne latérale plus longue le ferait.

c) Le composé C6H5CH2ClC_{6}H_{5}CH_{2}Cl se nomme chlorure de benzyle si l'on traite le cycle et son CH2CH_{2} comme un bloc, ou (chlorométhyl)benzène si l'on prend le benzène comme structure principale. Les deux sont corrects, le premier est d'usage courant. Ensuite : C6H5OHC_{6}H_{5}OH est le phénol, C6H5CH3C_{6}H_{5}CH_{3} le toluène et C6H5NH2C_{6}H_{5}NH_{2} l'aniline. Ces trois noms sont des noms d'usage conservés par la nomenclature officielle, et il faut les connaître car ils servent eux-mêmes de racine : on parle de crésol, de nitrotoluène ou de chloroaniline sans jamais revenir au benzène.

d) Ortho correspond aux positions 1,2 ; méta aux positions 1,3 ; para aux positions 1,4. Le 1,4-diméthylbenzène s'appelle donc aussi para-xylène, et le 1,2-dichlorobenzène s'appelle ortho-dichlorobenzène. Pour un benzène disubstitué par deux groupes IDENTIQUES, il existe exactement trois isomères de position, ortho, méta et para, car les positions 1,5 et 1,6 se ramènent par rotation aux positions 1,3 et 1,2. Pour un benzène trisubstitué par trois groupes identiques, il en existe également trois : le 1,2,3, le 1,2,4 et le 1,3,5. Le dénombrement est un exercice classique où l'erreur consiste à compter comme distinctes des dispositions qui se superposent par simple rotation du cycle.

Exercice 3 : Les fonctions et leurs priorités

La figure montre une molécule biologique importante, produite par le foie pendant le jeûne, dessinée au squelette avec ses groupes condensés.

OHCOOH
  • a) Identifiez les deux fonctions de la molécule de la figure, dites laquelle est prioritaire, puis nommez la molécule.
  • b) Nommez les trois molécules suivantes et donnez leur classe : CH3CH(OH)CH2CH3CH_{3}CH(OH)CH_{2}CH_{3}, CH3COCH2CH3CH_{3}COCH_{2}CH_{3}, CH3CH2CH2CHOCH_{3}CH_{2}CH_{2}CHO. Laquelle s'obtient par oxydation de laquelle ?
  • c) Trois molécules partagent la formule C3H6O2C_{3}H_{6}O_{2} : l'acide propanoïque et deux esters. Nommez et dessinez les deux esters, puis calculez le degré d'insaturation commun et dites à quoi il correspond.
  • d) Construisez le nom de la molécule HOCH2CH=CHCOOHHOCH_{2}CH=CHCOOH (isomère E) en justifiant le choix du suffixe, du préfixe et de l'infixe.

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Réponses

  • a) Acide prioritaire : acide 3-hydroxybutanoïque
  • b) Butan-2-ol (secondaire), butan-2-one, butanal ; butan-2-ol → butan-2-one
  • c) Méthanoate d'éthyle, éthanoate de méthyle ; DI=1DI=1 (le C=OC=O)
  • d) Acide (E)-4-hydroxybut-2-énoïque

a) Un groupe hydroxyle OH-OH (alcool) et un groupe carboxyle COOH-COOH (acide carboxylique). L'acide est PRIORITAIRE : il impose le suffixe (-oïque) et son carbone est obligatoirement le C1; l'alcool est rétrogradé au rang de préfixe « hydroxy ». Chaîne de 4 carbones, OH sur le C3 : acide 3-hydroxybutanoïque (le « corps cétonique » β-hydroxybutyrate des biologistes).

b) CH3CH(OH)CH2CH3CH_{3}CH(OH)CH_{2}CH_{3} : butan-2-ol, un alcool SECONDAIRE (le carbone porteur du OH est lié à deux carbones). CH3COCH2CH3CH_{3}COCH_{2}CH_{3} : butan-2-one, une cétone. CH3CH2CH2CHOCH_{3}CH_{2}CH_{2}CHO : butanal, un aldéhyde (fonction forcément en bout de chaîne, pas d'indice nécessaire). Oxydation : le butan-2-ol (alcool secondaire) s'oxyde en butan-2-one; le butanal, lui, vient de l'oxydation ménagée du butan-1-ol, et s'oxyde à son tour en acide butanoïque. Un alcool tertiaire, sans H sur son carbone, ne s'oxyde pas.

c) Les deux esters : le méthanoate d'éthyle HCOOCH2CH3HCOOCH_{2}CH_{3} (odeur de rhum) et l'éthanoate de méthyle CH3COOCH3CH_{3}COOCH_{3} (odeur de colle). Degré d'insaturation : DI=2(3)+262=1DI=\frac{2(3)+2-6}{2}=1 : c'est la liaison double C=OC=O, présente dans les trois isomères. Trois molécules, trois fonctions ou enchaînements différents, un seul DIDI : le degré d'insaturation compte les insaturations mais ne dit pas où elles sont.

d) Chaîne de 4 carbones. Fonctions en présence : acide carboxylique (prioritaire : suffixe -oïque, C1), alcool (préfixe hydroxy-, sur C4), double liaison (infixe -én-, entre C2 et C3). Configuration : sur C2, COOHCOOH prioritaire sur H; sur C3, CH2OHCH_{2}OH prioritaire sur H; les deux groupes prioritaires sont opposés : E. Assemblage : acide (E)-4-hydroxybut-2-énoïque. Le nom se lit comme une phrase : chaque morceau a sa place imposée par les priorités.

Exercice 4 : Les fonctions azotées et les dérivés d'acides

Au-delà des alcools, aldéhydes, cétones et acides, deux familles complètent le tableau des fonctions du cours : les composés azotés, amines, amides et nitriles, et les dérivés d'acides, esters, anhydrides et chlorures d'acyle. Toutes se nomment par les mêmes principes, à condition de connaître leur rang de priorité.

Ordre de priorité décroissant des fonctions, pour le choix du suffixe : acide carboxylique, ester, amide, nitrile, aldéhyde, cétone, alcool, amine.

  • a) Une amine se classe en primaire, secondaire ou tertiaire selon le nombre de groupes carbonés portés par l'AZOTE, et non selon le carbone qui le porte. Classez et nommez : CH3CH2NH2CH_{3}CH_{2}NH_{2}, (CH3)2NH(CH_{3})_{2}NH, (CH3CH2)3N(CH_{3}CH_{2})_{3}N, et (CH3)3CNH2(CH_{3})_{3}C-NH_{2}. Ce dernier cas est-il un piège ?
  • b) Nommez et donnez la classe de : CH3CH2CONH2CH_{3}CH_{2}CONH_{2}, CH3CH2CNCH_{3}CH_{2}C\equiv N, CH3COOCH2CH3CH_{3}COOCH_{2}CH_{3} et CH3CH2OCH3CH_{3}CH_{2}OCH_{3}. Précisez pour le nitrile où se trouve le carbone qui compte dans le nom de la chaîne.
  • c) Une molécule porte à la fois un groupe hydroxyle, une cétone et un acide carboxylique. Laquelle donne le suffixe ? Sous quelle forme apparaissent les deux autres ? Appliquez à HOCH2COCH2COOHHOCH_{2}-CO-CH_{2}-COOH en donnant le nom complet.
  • d) La molécule H2NCH2COOHH_{2}N-CH_{2}-COOH est le plus simple des acides aminés. Nommez-la selon la nomenclature systématique, puis expliquez pourquoi elle est en réalité présente en solution sous une forme portant deux charges. Que prévoyez-vous pour sa solubilité dans l'eau et pour sa température de fusion, comparées à celles d'un acide de taille voisine ?

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Réponses

  • a) Primaire, secondaire, tertiaire ; (CH3)3CNH2(CH_{3})_{3}C-NH_{2} est primaire
  • b) Propanamide, propanenitrile, éthanoate d'éthyle, méthoxyéthane
  • c) Acide 4-hydroxy-3-oxobutanoïque
  • d) Acide 2-aminoéthanoïque, zwitterion : très soluble, fusion haute

a) CH3CH2NH2CH_{3}CH_{2}NH_{2} est l'éthanamine, amine primaire, l'azote ne portant qu'un seul groupe carboné. (CH3)2NH(CH_{3})_{2}NH est la N-méthylméthanamine, ou diméthylamine, amine secondaire. (CH3CH2)3N(CH_{3}CH_{2})_{3}N est la N,N-diéthyléthanamine, ou triéthylamine, amine tertiaire. (CH3)3CNH2(CH_{3})_{3}C-NH_{2} est le 2-méthylpropan-2-amine : c'est bel et bien une amine PRIMAIRE, car son azote ne porte qu'un seul groupe carboné, même si ce carbone est lui-même tertiaire. C'est le piège classique du chapitre : pour les alcools et les halogénoalcanes, la classe se lit sur le CARBONE fonctionnel, mais pour les amines elle se lit sur l'AZOTE. Confondre les deux conventions conduit à des erreurs de réactivité, une amine primaire et un alcool tertiaire n'ayant rien de commun.

b) CH3CH2CONH2CH_{3}CH_{2}CONH_{2} est le propanamide, un amide. CH3CH2CNCH_{3}CH_{2}C\equiv N est le propanenitrile, un nitrile ; le carbone du groupe nitrile compte dans la chaîne principale et porte l'indice 1, ce qui explique qu'un nitrile à trois carbones apparents se nomme sur la racine « propane » et non « éthane ». C'est l'erreur la plus fréquente sur cette fonction. CH3COOCH2CH3CH_{3}COOCH_{2}CH_{3} est l'éthanoate d'éthyle, un ester, dont le nom se construit en deux mots, l'acide donnant la première partie et l'alcool la seconde. CH3CH2OCH3CH_{3}CH_{2}OCH_{3} est le méthoxyéthane, un éther-oxyde ; l'éther n'ayant pas de suffixe propre, il apparaît toujours comme préfixe alcoxy.

c) L'acide carboxylique est la plus prioritaire des trois : c'est lui qui donne le suffixe, donc la molécule sera nommée comme un « acide ...oïque » et son carbone portera l'indice 1. La cétone, moins prioritaire, apparaît sous forme de préfixe « oxo », et l'alcool sous forme de préfixe « hydroxy ». Pour HOCH2COCH2COOHHOCH_{2}-CO-CH_{2}-COOH, la chaîne compte quatre carbones ; en numérotant à partir du carbone de l'acide, on trouve la cétone en 3 et l'alcool en 4. Le nom est donc acide 4-hydroxy-3-oxobutanoïque, les préfixes étant rangés par ordre alphabétique. La méthode est toujours la même : identifier la fonction prioritaire, en faire le suffixe, numéroter à partir d'elle, et reléguer tout le reste en préfixes.

d) La nomenclature systématique donne acide 2-aminoéthanoïque, le nom d'usage étant glycine. Ce composé porte à la fois un groupe acide et un groupe basique, or l'acide carboxylique est nettement assez fort pour protoner l'amine : la molécule réagit sur elle-même et existe en solution sous forme de ZWITTERION, H3N+CH2COOH_{3}N^{+}-CH_{2}-COO^{-}, électriquement neutre dans son ensemble mais portant deux charges opposées. Les conséquences sont considérables. Une espèce doublement chargée est fortement solvatée par l'eau : la glycine y est très soluble, bien plus qu'un acide de taille voisine comme l'acide propanoïque. Surtout, à l'état solide, les zwitterions s'attirent par de véritables forces électrostatiques et non par de simples liaisons hydrogène : le cristal se comporte presque comme un solide ionique. La glycine fond ainsi vers 233 °C avec décomposition, alors que l'acide propanoïque, de masse molaire comparable, fond à 21-21 °C. Un écart de plus de 250 degrés pour deux molécules de taille voisine s'explique entièrement par une réaction acide-base interne.

Exercice 5 : Le degré d'insaturation : compter avant de dessiner

Le degré d'insaturation DI=2c+2+nhx2DI=\frac{2c+2+n-h-x}{2} (pour CcHhNnOoXxC_{c}H_{h}N_{n}O_{o}X_{x}, l'oxygène ne comptant pas) donne le nombre total de cycles et de liaisons π\pi d'une molécule, avant même d'avoir dessiné quoi que ce soit.

  • a) Justifiez la formule : pourquoi chaque cycle ou liaison π\pi retire-t-il exactement deux hydrogènes par rapport à l'alcane acyclique CnH2n+2C_{n}H_{2n+2} ? Pourquoi l'oxygène ne compte-t-il pas ?
  • b) Calculez le DIDI de C4H6C_{4}H_{6} et proposez trois isomères de structures franchement différentes qui l'illustrent.
  • c) Une molécule de formule C7H8OC_{7}H_{8}O est aromatique. Calculez son DIDI, montrez qu'il colle avec un cycle benzénique, et proposez deux isomères de fonction possibles.
  • d) Le limonène (odeur d'agrumes) a pour formule C10H16C_{10}H_{16} et contient exactement deux liaisons doubles C=CC=C. Combien a-t-il de cycles ? Vérifiez ensuite le DIDI de la caféine, C8H10N4O2C_{8}H_{10}N_{4}O_{2}, sachant qu'elle possède 2 cycles, 2 liaisons C=OC=O et 2 liaisons C=NC=N.

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Réponses

  • a) 2 H par insaturation ; l'oxygène s'insère sans changer le compte
  • b) DI=2DI=2
  • c) DI=4DI=4 : un cycle benzénique
  • d) 1 cycle ; caféine DI=6DI=6

a) Fermer un cycle, c'est créer une liaison C-C entre deux carbones qui portaient chacun un H : deux hydrogènes disparaissent. Créer une liaison π\pi (passer de C-C à C=C), c'est aussi retirer un H à chaque carbone. Chaque « insaturation » coûte donc exactement 2 H par rapport au maximum 2c+22c+2, d'où la division par 2. L'oxygène, divalent, s'INSÈRE dans une liaison existante (C-O-H ou C-O-C) sans changer le compte d'hydrogènes : il est invisible pour la formule. L'azote, trivalent, apporte au contraire une place de plus, d'où le +n+n.

b) DI=2(4)+262=2DI=\frac{2(4)+2-6}{2}=2. Trois lectures très différentes du même chiffre : le buta-1,3-diène (deux liaisons π\pi), le but-1-yne (une triple, qui vaut deux π\pi), et le cyclobutène (un cycle + une π\pi). Même formule brute, chimies sans rapport : le DIDI contraint la structure, il ne la donne pas.

c) DI=2(7)+282=4DI=\frac{2(7)+2-8}{2}=4 : exactement la signature d'un cycle benzénique (1 cycle + 3 liaisons π\pi), qui consomme les quatre insaturations : le reste de la molécule est saturé et acyclique. Isomères de fonction possibles : l'alcool benzylique C6H5CH2OHC_{6}H_{5}CH_{2}OH, les crésols CH3C6H4OHCH_{3}C_{6}H_{4}OH (phénols), ou l'anisole C6H5OCH3C_{6}H_{5}OCH_{3} (éther) : un alcool, un phénol et un éther sur la même formule brute.

d) Limonène : DI=2(10)+2162=3DI=\frac{2(10)+2-16}{2}=3; deux insaturations sont les liaisons doubles données, il reste 32=13-2=1 CYCLE (le cycle à six du limonène). Caféine : DI=2(8)+2+4102=122=6DI=\frac{2(8)+2+4-10}{2}=\frac{12}{2}=6, et l'inventaire donne bien 22 cycles +2+2 (C=OC=O) +2+2 (C=NC=N) =6=6. La formule, aveugle aux atomes exotiques près (+n+n pour l'azote), tient sur n'importe quelle molécule de la biochimie.

Partie B : L'isomérie et la stéréochimie (/50)

Exercice 6 : La carte des isomères et le couple Z/E

La figure montre deux stéréoisomères du but-2-ène en formule topologique. Les questions a) et b) dressent d'abord la carte complète de l'isomérie.

molécule 1molécule 2
  • a) Classez chaque paire : butan-1-ol / butan-2-ol; butan-1-ol / éthoxyéthane (CH3CH2OCH2CH3CH_{3}CH_{2}OCH_{2}CH_{3}); butane / 2-méthylpropane; propanal / propanone. Précisez chaque type d'isomérie.
  • b) Recensez TOUS les isomères de formule C4H8C_{4}H_{8} (alcènes et cycles), en les nommant. Combien sont des isomères de constitution entre eux, et où se cache le couple de stéréoisomères ?
  • c) Identifiez les molécules 1 et 2 de la figure (descripteurs Z ou E à l'appui) et expliquez pourquoi le but-1-ène et le 2-méthylpropène, eux, n'ont pas de couple Z/E.
  • d) Pourquoi les molécules 1 et 2 sont-elles des composés distincts et isolables, alors que les conformations d'une liaison simple ne le sont pas ? Appuyez-vous sur l'énergie nécessaire pour passer de l'une à l'autre, et citez une propriété physique qui les distingue.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Position, fonction, chaîne, fonction
  • b) 6 molécules, 5 constitutions
  • c) 1 : (Z) ; 2 : (E)
  • d) Il faut rompre la liaison π ; le (Z) bout plus haut

a) Butan-1-ol / butan-2-ol : isomères de POSITION (même fonction alcool, même squelette, carbone différent). Butan-1-ol / éthoxyéthane : isomères de FONCTION (même C4H10OC_{4}H_{10}O, alcool contre éther). Butane / 2-méthylpropane : isomères de CHAÎNE (squelette droit contre ramifié). Propanal / propanone : isomères de FONCTION (aldéhyde contre cétone, même C3H6OC_{3}H_{6}O). Les trois premiers types forment l'isomérie de constitution : les enchaînements d'atomes diffèrent.

b) DI=1DI=1 : une liaison double OU un cycle. Alcènes : but-1-ène, (Z)-but-2-ène, (E)-but-2-ène, 2-méthylprop-1-ène. Cycles : cyclobutane et méthylcyclopropane. Six molécules en tout : cinq CONSTITUTIONS différentes (but-1-ène, but-2-ène, 2-méthylpropène, cyclobutane, méthylcyclopropane), et au sein du but-2-ène, le couple (Z)/(E) : même enchaînement, disposition spatiale différente, ce sont les deux seuls stéréoisomères de la liste.

c) Sur chaque carbone de la double liaison du but-2-ène, il faut comparer les deux groupes portés : ici CH3CH_{3} contre H, et CH3CH_{3} est prioritaire (C > H). Molécule 1 : les deux méthyles du MÊME côté du plan de la double liaison : (Z)-but-2-ène. Molécule 2 : méthyles opposés : (E)-but-2-ène. Le but-1-ène a deux H identiques sur son carbone terminal, le 2-méthylpropène deux CH3CH_{3} identiques sur le même carbone : dès qu'un carbone de la double liaison porte deux groupes identiques, échanger les côtés ne change rien, pas de Z/E.

d) Passer de Z à E exige de tourner autour de la liaison C=CC=C, donc de CASSER la liaison π\pi : environ 260 kJ/mol, inaccessible à température ambiante. Les deux molécules sont donc séparables, stockables en flacons distincts : ce sont des DIASTÉRÉOISOMÈRES, aux propriétés différentes : le (Z), dont les deux méthyles du même côté créent un petit moment dipolaire, bout vers 4 °C, le (E), plus symétrique, vers 1 °C, et leurs points de fusion diffèrent davantage encore. Autour d'une liaison SIMPLE, la rotation ne casse rien : quelques kJ/mol de barrière, franchis des milliards de fois par seconde : les conformères s'interconvertissent sans cesse et ne seront jamais deux produits distincts.

Exercice 7 : La chiralité : R, S et le composé méso

Une molécule est chirale si elle n'est pas superposable à son image dans un miroir. Le descripteur R ou S d'un carbone asymétrique se détermine avec les priorités CIP : on classe les quatre groupes, on regarde avec le groupe 4 vers l'arrière, et le sens 1→2→3 tranche.

La figure donne le butan-2-ol en formule topologique, puis le bromochlorofluorométhane en représentation de Cram, son hydrogène porté par la liaison hachurée, donc dirigé vers l'arrière.

OHbutan-2-olBrFClHCHFClBr
  • a) Montrez que le butan-2-ol possède un carbone asymétrique et classez ses quatre groupes par priorité CIP décroissante, en justifiant le départage éthyle contre méthyle.
  • b) Classez les quatre groupes du bromochlorofluorométhane CHFClBr, puis expliquez la procédure complète pour attribuer R ou S à un dessin en trois dimensions, y compris l'astuce quand le groupe 4 pointe vers l'avant.
  • c) L'acide tartrique HOOCCHOHCHOHCOOHHOOC-CHOH-CHOH-COOH possède deux carbones asymétriques. Combien de stéréoisomères la règle du 2n2^{n} annonce-t-elle, combien existent réellement, et pourquoi ? Nommez les relations entre eux.
  • d) Deux énantiomères ont-ils les mêmes propriétés ? Répondez précisément, avec l'exemple du limonène (les deux énantiomères sentent l'orange et le citron) et la conséquence pour les médicaments.

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a)
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c)
d)
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Réponses

  • a) OH>C2H5>CH3>HOH>C_{2}H_{5}>CH_{3}>H
  • b) Br>Cl>F>HBr>Cl>F>H ; groupe 4 vers l'avant : inverser
  • c) 4 annoncés, 3 réels dont le méso
  • d) Seul le signe du pouvoir rotatoire diffère

a) Le carbone 2 du butan-2-ol porte quatre groupes TOUS différents : OHOH, CH3CH_{3}, C2H5C_{2}H_{5} et H : c'est un carbone asymétrique (stéréocentre). Priorités : OHOH d'abord (O, numéro atomique 8), puis il faut départager éthyle et méthyle, deux carbones ex æquo : on regarde leurs voisins : l'éthyle porte (C, H, H), le méthyle (H, H, H); C > H à la première comparaison, l'éthyle gagne. Classement : OH>C2H5>CH3>HOH>C_{2}H_{5}>CH_{3}>H.

b) Un seul carbone, quatre atomes directement comparables par numéro atomique : Br(35)>Cl(17)>F(9)>H(1)Br(35)>Cl(17)>F(9)>H(1). Procédure : orienter la molécule avec le groupe 4 (ici H) vers l'ARRIÈRE, puis suivre 1→2→3 (Br→Cl→F) : sens horaire = R, antihoraire = S. Si le dessin place le groupe 4 vers l'avant, inutile de tordre la molécule : lisez le sens apparent et INVERSEZ la réponse. Cette molécule, le plus petit exemple de carbone asymétrique, existe bel et bien en deux énantiomères.

c) La règle annonce 22=42^{2}=4 combinaisons : (R,R), (S,S), (R,S) et (S,R). Mais la molécule est symétrique (les deux moitiés CHOHCOOH-CHOH-COOH sont identiques) : la forme (R,S) est superposable à la forme (S,R) après retournement, c'est UNE SEULE molécule, achirale malgré ses deux stéréocentres : le composé MÉSO, qui possède un miroir interne. Il n'existe donc que 3 stéréoisomères : le couple d'énantiomères (R,R)/(S,S), et le méso, DIASTÉRÉOISOMÈRE des deux premiers (point de fusion 140 °C contre 170 °C, aucun pouvoir rotatoire).

d) Deux énantiomères partagent TOUTES les propriétés scalaires : même point de fusion, même solubilité, mêmes spectres : une seule mesure physique les distingue, le sens de rotation du plan de la lumière polarisée (+α et −α). Mais face à un environnement LUI-MÊME chiral, ils deviennent différents : nos récepteurs olfactifs sont des protéines chirales, et le (R)-limonène sent l'orange quand le (S) tire vers le citron et la térébenthine. Même logique, avec de tout autres enjeux, pour les médicaments : les cibles biologiques étant chirales, un énantiomère peut soigner et l'autre être inactif ou nocif : la pharmacopée moderne exige de les tester et souvent de les produire séparément.

Exercice 8 : Cram, Newman et Fischer : trois façons de dessiner l'espace

Une molécule est un objet à trois dimensions qu'il faut représenter sur une feuille plane. Trois conventions y parviennent, chacune adaptée à une question différente : la représentation de Cram, avec ses coins pleins et hachurés, pour attribuer une configuration ; la projection de Newman, qui regarde selon une liaison, pour discuter les conformations ; la projection de Fischer, en croix, pour les molécules à plusieurs carbones asymétriques.

En projection de Fischer, la chaîne principale est verticale, le carbone le plus oxydé en haut ; les liaisons HORIZONTALES pointent vers l'observateur et les liaisons VERTICALES s'éloignent de lui.

La figure rassemble les trois conventions : un butan-2-ol en représentation de Cram, un butan-2-ol en projection de Fischer, et le butane vu selon la liaison C2C3C_{2}-C_{3} en projection de Newman. Rien ne dit, a priori, que les deux butan-2-ol dessinés sont la même molécule.

OHCH3C2H5HCramCH3HHHHCH3NewmanCH3C2H5OHHFischer
  • a) Expliquez pourquoi il est interdit, dans une projection de Fischer, de faire subir à la croix une rotation de 90° dans le plan de la feuille, alors qu'une rotation de 180° est permise. Que devient la configuration dans chacun des deux cas ?
  • b) Énoncez la méthode qui permet d'attribuer un descripteur RR ou SS directement sur une projection de Fischer, en tenant compte du fait que le groupe de priorité 4 est le plus souvent horizontal, donc dirigé vers l'observateur. Justifiez la règle d'inversion utilisée.
  • c) Un échange de deux groupes sur un carbone asymétrique en inverse la configuration ; deux échanges successifs la rétablissent. Utilisez cette propriété pour ramener n'importe quelle projection à une forme où le groupe 4 est en bas, et expliquez en quoi cela simplifie l'attribution.
  • d) Attribuez le descripteur RR ou SS au butan-2-ol dessiné en représentation de Cram, puis à celui dessiné en projection de Fischer, par la méthode de b), et contrôlez le second résultat par la méthode de c). Les deux dessins représentent-ils la même molécule ou deux énantiomères ?

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) 90° inverse, 180° conserve
  • b) Groupe 4 horizontal : inverser le sens lu
  • c) Deux échanges rétablissent la configuration
  • d) Cram : RR ; Fischer : RR ; la même molécule, le (R)(R)-butan-2-ol

a) La convention de Fischer n'est pas symétrique : l'horizontale sort de la feuille et la verticale y entre. Une rotation de 90° échange donc les deux directions, et transforme les liaisons qui pointaient vers l'observateur en liaisons qui s'en éloignent : la configuration représentée s'en trouve INVERSÉE, et l'on obtient sans s'en apercevoir le dessin de l'énantiomère. Une rotation de 180°, en revanche, ramène l'horizontale sur l'horizontale et la verticale sur la verticale : les deux directions conservent leur signification et la configuration est intacte. C'est le piège numéro un de la projection de Fischer, et il ne se voit pas sur le dessin, qui reste parfaitement plausible.

b) On classe d'abord les quatre groupes par les règles de Cahn, Ingold et Prelog, du numéro atomique le plus élevé au plus faible. On lit ensuite le sens de rotation de 1 vers 2 puis vers 3, tel qu'il apparaît sur la croix. Si le groupe de priorité 4 est VERTICAL, il pointe vers l'arrière, ce qui est la position standard : le sens lu est le bon, horaire donne RR et antihoraire donne SS. Si le groupe 4 est HORIZONTAL, il pointe vers l'observateur, c'est-à-dire à l'opposé de la position standard : on lit le sens de la même façon, puis on INVERSE la conclusion. La justification est simple : regarder une molécule depuis le côté du groupe de plus faible priorité, au lieu du côté opposé, revient à la regarder dans un miroir en ce qui concerne le sens de rotation, et le sens apparent est donc renversé.

c) Un échange de deux groupes sur un carbone asymétrique produit son énantiomère, donc inverse le descripteur ; deux échanges successifs, quels qu'ils soient, ramènent à la configuration de départ. On peut donc, sans rien changer à la molécule, faire deux échanges bien choisis pour amener le groupe de priorité 4 en position basse. Une fois cela fait, on se trouve toujours dans le cas standard, où le sens lu se transcrit directement en RR ou en SS sans inversion à retenir. L'intérêt est de supprimer la règle conditionnelle de b), qui est la source d'erreurs la plus fréquente en examen : il vaut mieux faire deux échanges au brouillon que de tenter d'appliquer une inversion mentale sous la pression du temps.

d) Les priorités ont été établies à l'exercice 77 : OH>C2H5>CH3>HOH>C_{2}H_{5}>CH_{3}>H. Dessin de Cram : l'hydrogène est porté par la liaison hachurée, il pointe donc vers l'arrière, la position standard. On lit le parcours OHOH en haut, éthyle en bas à droite, méthyle en bas à gauche : c'est le sens HORAIRE, sans inversion à faire, donc RR. Projection de Fischer : l'hydrogène est sur l'horizontale, à droite, donc dirigé VERS l'observateur. On lit OHOH à gauche, éthyle en bas, méthyle en haut : de la gauche on descend vers le bas, puis on remonte par la droite vers le haut, c'est le sens ANTIHORAIRE. Comme le groupe 4 pointe vers nous, on inverse : RR. Contrôle par deux échanges. On échange l'hydrogène et l'éthyle : l'hydrogène passe en bas, l'éthyle à droite, et la configuration est inversée. On échange ensuite le OHOH et le méthyle : OHOH en haut, méthyle à gauche, et la configuration est rétablie. Le groupe 4 est maintenant vertical, vers l'arrière ; le parcours OHOH en haut, éthyle à droite, méthyle à gauche est horaire, donc RR sans aucune inversion à retenir : les deux méthodes concordent. Conclusion : les deux dessins, qui ne se ressemblent en rien, représentent la MÊME molécule, le (R)(R)-butan-2-ol. C'est la leçon de la question : on ne compare jamais deux représentations à l'oeil, on compare leurs descripteurs.

Exercice 9 : Pouvoir rotatoire, mélange racémique et dédoublement

La chiralité se mesure. Une substance chirale en solution fait tourner le plan de polarisation d'une lumière polarisée rectilignement, d'un angle donné par la loi de Biot : α=[α]lc\alpha=[\alpha]\,l\,c, où ll est la longueur de la cuve en décimètres, cc la concentration en g/mL et [α][\alpha] le pouvoir rotatoire spécifique de la substance.

Pouvoirs rotatoires spécifiques : saccharose +66,5+66{,}5^{\circ} ; (R)-carvone 62,5-62{,}5^{\circ}.

La figure schématise le polarimètre : la lumière polarisée rectilignement traverse une cuve de longueur ll et ressort avec son plan de polarisation tourné d'un angle α\alpha.

sourcesolutionlongueur lplan d'entréeplan de sortieα
  • a) On dissout 10,0 g de saccharose dans l'eau, on complète à 100 mL et on observe la solution dans une cuve de 1,00 dm. Calculez l'angle de rotation observé. Que deviendrait-il dans une cuve de 2,00 dm, puis pour une solution deux fois plus diluée dans la cuve initiale ?
  • b) Un échantillon de carvone mesuré dans les mêmes conditions donne un pouvoir rotatoire spécifique apparent de 50,0-50{,}0^{\circ}. Calculez son excès énantiomérique, puis les pourcentages des deux énantiomères présents.
  • c) Expliquez pourquoi une synthèse ordinaire, partant de réactifs achiraux, ne peut donner qu'un mélange racémique, quel que soit le soin apporté. Que vaut le pouvoir rotatoire d'un tel mélange, et pourquoi ce zéro ne signifie-t-il pas qu'aucune molécule chirale n'a été formée ?
  • d) Pour séparer les deux énantiomères d'un acide racémique, on le fait réagir avec une base chirale pure, on sépare, puis on régénère les acides. Expliquez pourquoi cette séquence fonctionne alors qu'aucune distillation ni cristallisation directe n'y parvient. Terminez en disant pourquoi la question a une importance qui dépasse le laboratoire.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) +6,65°+6{,}65° ; +13,3°+13{,}3° ; +3,33°+3{,}33°
  • b) ee=80%ee=80\,\% : 90 % de R, 10 % de S
  • c) Pouvoir rotatoire nul
  • d) Sels diastéréoisomères, séparables

a) La concentration vaut c=10,0100=0,100c=\dfrac{10{,}0}{100}=0{,}100 g/mL. La loi de Biot donne α=66,5×1,00×0,100=+6,65\alpha=66{,}5\times 1{,}00\times 0{,}100=+6{,}65^{\circ}. Dans une cuve de 2,00 dm, la lumière traverse deux fois plus de molécules et l'angle double : +13,3+13{,}3^{\circ}. Avec une solution deux fois plus diluée dans la cuve initiale, l'angle est divisé par deux : +3,33+3{,}33^{\circ}. L'angle mesuré dépend donc entièrement du montage, alors que le pouvoir rotatoire spécifique [α][\alpha], lui, est une constante de la substance, ce qui est précisément la raison de le définir ainsi. Il faut toujours préciser le solvant et la température avec lesquels il a été mesuré.

b) L'excès énantiomérique est le rapport du pouvoir rotatoire observé à celui de l'énantiomère pur : ee=50,062,5×100=80,0%ee=\dfrac{50{,}0}{62{,}5}\times 100=80{,}0\,\%. En notant xx le pourcentage de l'énantiomère RR, majoritaire puisque le signe est négatif, et yy celui de SS, on a x+y=100x+y=100 et xy=80,0x-y=80{,}0, donc x=90,0%x=90{,}0\,\% et y=10,0%y=10{,}0\,\%. L'échantillon contient 90 % de (R)-carvone et 10 % de (S)-carvone. Le raisonnement mérite d'être compris plutôt que retenu : les 10 % de SS annulent 10 % de RR, il reste 80 % de RR qui tournent seuls, d'où un pouvoir rotatoire égal à 80 % de celui de l'énantiomère pur.

c) Si tous les réactifs, le solvant et le catalyseur sont achiraux, le milieu réactionnel ne possède aucune façon de distinguer la gauche de la droite. Or créer un carbone asymétrique, c'est choisir entre deux faces d'un plan ou entre deux côtés d'un intermédiaire, et ces deux possibilités sont rigoureusement équivalentes en énergie dans un milieu achiral : les deux états de transition qui y mènent sont énantiomères l'un de l'autre, donc de même énergie, donc empruntés à la même vitesse. Les deux énantiomères se forment ainsi en quantités strictement égales, et le pouvoir rotatoire du mélange est nul par compensation exacte. Ce zéro est trompeur : chaque molécule individuelle est bel et bien chirale et optiquement active, mais pour chacune qui dévie la lumière d'un côté, une autre la dévie de l'autre. Obtenir un seul énantiomère exige d'introduire une information chirale dans le système, sous forme de catalyseur chiral, d'enzyme ou de réactif auxiliaire.

d) Deux énantiomères ont, dans un environnement achiral, exactement les mêmes températures d'ébullition, les mêmes solubilités et les mêmes constantes d'adsorption : aucune distillation, aucune cristallisation, aucune chromatographie ordinaire ne peut les séparer. Faire réagir le mélange avec une base CHIRALE pure change complètement la donne : on obtient deux sels qui ne sont plus énantiomères mais DIASTÉRÉOISOMÈRES, puisqu'ils diffèrent par la configuration d'un centre seulement, l'autre étant identique. Or des diastéréoisomères ont des propriétés physiques différentes : l'un cristallise, l'autre reste en solution, et une simple filtration les sépare. Il ne reste qu'à traiter chaque sel par un acide fort pour régénérer l'acide de départ, cette fois énantiomériquement pur, et récupérer la base chirale. Toute la stratégie tient dans cette idée : transformer temporairement une différence indétectable en une différence exploitable. L'enjeu dépasse largement le laboratoire, car le vivant est lui-même chiral. Les récepteurs et les enzymes ne reconnaissent qu'un énantiomère, ce qui explique que les deux formes de la carvone sentent l'une le carvi et l'autre la menthe verte, et surtout que deux énantiomères d'un médicament puissent avoir des effets différents, le drame de la thalidomide en ayant donné en 1960 la démonstration la plus tragique. Les agences réglementaires exigent désormais que l'activité de chaque énantiomère soit documentée séparément.

Exercice 10 : Les conformations du butane : lire la courbe d'énergie

La figure montre l'énergie de torsion du butane en fonction de l'angle dièdre entre les deux méthyles (0° = méthyles superposés). Les barres pointillées marquent 3,8, 16 et 19 kJ/mol.

60120180240300360-2246810121416182022angle dièdre (°)E (kJ/mol)
  • a) Définissez ce qu'est une conformation, et situez sur la courbe la conformation anti, les deux conformations gauches et les conformations éclipsées. Laquelle est la plus stable et pourquoi ?
  • b) Pourquoi le maximum à 0° (19 kJ/mol) dépasse-t-il ceux à 120° et 240° (16 kJ/mol) ?
  • c) La conformation gauche coûte 3,8 kJ/mol de plus que l'anti. Calculez, avec le facteur de Boltzmann eΔE/RTe^{-\Delta E/RT} à 25 °C et en comptant les DEUX conformations gauches, la fraction de molécules en conformation anti.
  • d) Transposez au cyclohexane : pourquoi la forme chaise est-elle la conformation reine, et que préfère un substituant comme le méthyle ? Estimez la proportion équatoriale sachant que la position axiale coûte environ 7,6 kJ/mol.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) Anti (180°) la plus stable
  • b) À 0°, les deux méthyles s'éclipsent
  • c) Environ 70 % en anti
  • d) Équatorial, environ 96 %

a) Une conformation est une disposition spatiale obtenue par simple ROTATION autour des liaisons simples, sans rien casser. Anti : méthyles opposés, angle 180°, le minimum absolu de la courbe (0 kJ/mol) : les deux gros groupes sont aussi loin que possible. Gauches : les deux minimums locaux à 60° et 300°, à 3,8 kJ/mol : décalées mais méthyles voisins. Éclipsées : les trois maximums (0°, 120°, 240°), où les liaisons se superposent. La molécule vit essentiellement au fond des trois puits et saute de l'un à l'autre en permanence.

b) À 120° et 240°, chaque méthyle éclipse un hydrogène : c'est la répulsion éclipsée « ordinaire » (16 kJ/mol). À 0°, les DEUX MÉTHYLES s'éclipsent mutuellement : aux répulsions de torsion s'ajoute l'encombrement stérique direct des deux groupes les plus gros, d'où le sommet à 19 kJ/mol. La hiérarchie des maximums lit directement la taille des groupes qui se croisent.

c) Facteur de Boltzmann par conformation gauche : e3800/(8,314)(298)=e1,530,216e^{-3800/(8{,}314)(298)}=e^{-1{,}53}\approx 0{,}216. Avec deux conformations gauches pour une anti : fanti=11+2(0,216)0,70f_{anti}=\frac{1}{1+2(0{,}216)}\approx 0{,}70. À température ambiante, le butane est anti environ 70 % du temps et gauche 30 % : la courbe d'énergie se traduit directement en populations, et c'est bien la moyenne de toutes ces formes qu'on mesure.

d) La chaise du cyclohexane place ses six liaisons C-C en décalé parfait (aucune éclipse, angles proches de 109,5°) : elle est sans tension, contrairement à la forme bateau, éclipsée et encombrée. Un méthyle y a le choix entre position AXIALE (verticale, gênée par les deux H axiaux du même côté du cycle) et ÉQUATORIALE (vers l'extérieur, dégagée) : l'équatoriale gagne. Rapport de Boltzmann : e+7600/(8,314)(298)21,5e^{+7600/(8{,}314)(298)}\approx 21{,}5, soit 21,522,596\frac{21{,}5}{22{,}5}\approx 96 % des molécules en méthyle équatorial. Règle d'or de toute la chimie des sucres et des stéroïdes : les gros groupes s'installent en équatorial.

Partie C : les classiques (/50)

Exercice 11 : Nommer les alcènes et les alcynes : l'insaturation d'abord

Pour un alcène ou un alcyne, la chaîne principale doit contenir la liaison multiple, et la numérotation donne d'abord le plus petit indice à cette liaison, avant de s'occuper des substituants. Le suffixe devient -ène ou -yne, précédé de l'indice du premier carbone de la liaison multiple.

Quand une molécule porte une double ET une triple liaison, le nom se termine en -én-...-yne ; en cas d'égalité des indices, c'est la double liaison qui reçoit le plus petit.

La figure donne les formules topologiques des trois molécules des questions a), b) et c) : chaque sommet et chaque extrémité de trait porte un carbone.

a)b)c)
  • a) Nommez CH3CH2C(CH3)=CHCH3CH_{3}CH_{2}C(CH_{3})=CHCH_{3}, sans stéréodescripteur.
  • b) Nommez HCCCH2CH=CH2HC\equiv C-CH_{2}-CH=CH_{2} en justifiant la numérotation.
  • c) Nommez CH3CH=CHCH(CH3)CH2CH3CH_{3}CH=CHCH(CH_{3})CH_{2}CH_{3}. Cette molécule possède-t-elle un carbone asymétrique ? Combien de stéréoisomères existe-t-il en tout ?
  • d) Écrivez la formule semi-développée du 3,3-diméthylbut-1-yne et donnez sa formule brute et son degré d'insaturation. Même question pour le cyclohexa-1,3-diène.
  • e) Trois noms sont proposés : « pent-3-ène », « 2-méthylbut-3-yne » et « 3-méthylbut-1-ène ». Corrigez ceux qui sont faux.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 3-méthylpent-2-ène
  • b) Pent-1-én-4-yne
  • c) 4-méthylhex-2-ène ; C4 asymétrique ; 4 stéréoisomères
  • d) C6H10C_{6}H_{10}, DI=2DI=2 ; C6H8C_{6}H_{8}, DI=3DI=3
  • e) Pent-2-ène ; 3-méthylbut-1-yne ; le troisième est correct

a) La chaîne la plus longue contenant la double liaison compte cinq carbones. En numérotant depuis la droite, la double liaison part du C2 et le méthyle est sur le C3 ; depuis la gauche, la double liaison partirait du C3. On retient la première numérotation : 3-méthylpent-2-ène.

b) La chaîne compte cinq carbones. Depuis l'extrémité de la double liaison, on a la double en 1 et la triple en 4 ; depuis l'autre extrémité, la triple en 1 et la double en 4. Les deux séries d'indices sont égales, {1, 4} : la règle d'égalité donne alors le plus petit indice à la double liaison. Le nom est pent-1-én-4-yne. Le piège est d'écrire « pent-4-én-1-yne » en croyant que la triple liaison, plus insaturée, passe en premier.

c) La chaîne principale contient la double liaison et compte six carbones : C1H3C2H=C3HC4H(CH3)C5H2C6H3C_{1}H_{3}-C_{2}H=C_{3}H-C_{4}H(CH_{3})-C_{5}H_{2}-C_{6}H_{3}. Nom : 4-méthylhex-2-ène. Le C4 porte quatre groupes différents, un hydrogène, un méthyle, un éthyle et le groupe propényle : c'est un carbone asymétrique. La molécule cumule donc deux éléments stéréogènes indépendants, la double liaison (ZZ ou EE) et le carbone asymétrique (RR ou SS) : 2×2=42\times 2=4 stéréoisomères, (2Z,4R), (2Z,4S), (2E,4R) et (2E,4S).

d) 3,3-diméthylbut-1-yne : HCCC(CH3)3HC\equiv C-C(CH_{3})_{3}, soit C6H10C_{6}H_{10} et DI=2(6)+2102=2DI=\frac{2(6)+2-10}{2}=2, les deux liaisons π\pi de la triple liaison. Cyclohexa-1,3-diène : un cycle à six carbones portant deux doubles liaisons conjuguées, C6H8C_{6}H_{8}, et DI=2(6)+282=3DI=\frac{2(6)+2-8}{2}=3, un cycle plus deux liaisons π\pi.

e) « Pent-3-ène » est faux : numéroté depuis l'autre extrémité, c'est le pent-2-ène. « 2-méthylbut-3-yne » est faux pour la même raison : la triple liaison doit recevoir le plus petit indice, avant le méthyle, et le nom correct est 3-méthylbut-1-yne. « 3-méthylbut-1-ène » est correct : la double liaison est déjà en 1.

Le fil : on choisit une chaîne qui contient l'insaturation, on la numérote pour elle d'abord, et les substituants ne départagent qu'en cas d'égalité.

Exercice 12 : Priorités CIP : liaisons multiples et changement de descripteur

Pour classer deux groupes dont le premier atome est identique, on compare les ensembles d'atomes qui lui sont liés, rangés par numéro atomique décroissant. Une liaison double ou triple se traite en DUPLIQUANT l'atome au bout de la liaison : CH=O-CH=O compte comme si le carbone portait (O, O, H), et CH=CH2-CH=CH_{2} comme si le premier carbone portait (C, C, H).

On étudie ensuite le 4-méthylpent-1-én-3-ol, CH2=CHCH(OH)CH(CH3)2CH_{2}=CH-CH(OH)-CH(CH_{3})_{2}.

  • a) Classez par priorité décroissante les groupes CH2OH-CH_{2}OH, CHO-CHO, COOH-COOH et CH(CH3)2-CH(CH_{3})_{2}.
  • b) Classez par priorité décroissante CH=CH2-CH=CH_{2}, CH(CH3)2-CH(CH_{3})_{2}, CCH-C\equiv CH et C(CH3)3-C(CH_{3})_{3}.
  • c) Repérez le carbone asymétrique du 4-méthylpent-1-én-3-ol et classez ses quatre groupes.
  • d) Un énantiomère, observé avec l'hydrogène vers l'arrière, montre le parcours OHOH\rightarrow vinyle \rightarrow isopropyle dans le sens horaire. Est-il RR ou SS ? Qu'aurait conclu un étudiant qui place l'isopropyle avant le vinyle ?
  • e) On hydrogène la double liaison de cet énantiomère, sans toucher au carbone asymétrique. Nommez le produit, puis donnez son descripteur. La molécule a-t-elle subi une inversion ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) COOH>CHO>CH2OH>CH(CH3)2-COOH>-CHO>-CH_{2}OH>-CH(CH_{3})_{2}
  • b) CCH>C(CH3)3>CH=CH2>CH(CH3)2-C\equiv CH>-C(CH_{3})_{3}>-CH=CH_{2}>-CH(CH_{3})_{2}
  • c) C3 : OHOH > vinyle > isopropyle > H
  • d) R ; l'erreur donne S
  • e) 2-méthylpentan-3-ol, S, sans inversion

a) Les quatre premiers atomes sont des carbones : on compare les ensembles liés. COOH-COOH : (O, O, O), l'oxygène du C=OC=O étant dupliqué. CHO-CHO : (O, O, H). CH2OH-CH_{2}OH : (O, H, H). CH(CH3)2-CH(CH_{3})_{2} : (C, C, H). Classement : COOH>CHO>CH2OH>CH(CH3)2-COOH>-CHO>-CH_{2}OH>-CH(CH_{3})_{2}. Un gros groupe carboné perd contre un petit groupe oxygéné : c'est le numéro atomique qui compte, jamais la taille.

b) Au premier rang, l'éthynyle et le tert-butyle portent (C, C, C), le vinyle et l'isopropyle (C, C, H). Pour départager l'éthynyle du tert-butyle, on descend d'un rang : le carbone terminal réel de l'éthynyle porte (C, C, H) grâce à ses doublons, alors que chaque méthyle du tert-butyle ne porte que (H, H, H). Même raisonnement pour le vinyle, dont le CH2CH_{2} porte (C, H, H), contre (H, H, H) pour les méthyles de l'isopropyle. Classement : CCH>C(CH3)3>CH=CH2>CH(CH3)2-C\equiv CH>-C(CH_{3})_{3}>-CH=CH_{2}>-CH(CH_{3})_{2}.

c) Le C3 porte OHOH, un vinyle, un isopropyle et un hydrogène : quatre groupes différents, c'est le carbone asymétrique. Classement : OHOH (oxygène), puis vinyle, qui l'emporte sur l'isopropyle au deuxième rang comme en b), puis isopropyle, puis H.

d) Avec le groupe 4 vers l'arrière, le parcours 1, 2, 3 est horaire : l'énantiomère est RR. L'étudiant qui intervertit vinyle et isopropyle lit le parcours OHOH\rightarrow isopropyle \rightarrow vinyle, antihoraire, et conclut SS : une seule erreur de priorité inverse le descripteur.

e) Le vinyle devient un éthyle : CH3CH2CH(OH)CH(CH3)2CH_{3}CH_{2}-CH(OH)-CH(CH_{3})_{2}, le 2-méthylpentan-3-ol. Le C3 reste asymétrique, mais les priorités ont changé : l'éthyle (C, H, H) passe désormais APRÈS l'isopropyle (C, C, H). Les groupes 2 et 3 échangent leur rang sans que rien ne bouge dans l'espace : le parcours devient antihoraire et le produit est SS. Aucune liaison du carbone asymétrique n'a été rompue, il n'y a pas d'inversion : seul le nom a changé.

Le fil : RR et SS sont des étiquettes tirées des priorités, pas une propriété géométrique ; une réaction qui modifie un substituant peut changer l'étiquette sans toucher à la géométrie.

Exercice 13 : Z ou E : quand cis et trans ne suffisent plus

Les termes cis et trans ne s'appliquent sans ambiguïté que si chaque carbone de la double liaison porte un hydrogène. Les descripteurs ZZ et EE, eux, s'appliquent toujours : sur chaque carbone, on repère le groupe prioritaire selon les règles CIP ; les deux groupes prioritaires du même côté donnent ZZ, de part et d'autre EE.

La figure dessine les deux stéréoisomères décrits en a) et en b).

Ha)ClHBrb)
  • a) Dans un stéréoisomère du 3-méthylpent-2-ène, CH3CH=C(CH3)CH2CH3CH_{3}CH=C(CH_{3})CH_{2}CH_{3}, les deux méthyles sont du même côté de la double liaison. Est-il ZZ ou EE ?
  • b) Dans un stéréoisomère du 2-bromo-1-chloroprop-1-ène, ClCH=C(Br)CH3ClCH=C(Br)CH_{3}, le chlore et le brome sont du même côté. Est-il ZZ ou EE ? Et l'hydrogène et le méthyle ?
  • c) Un carbone de double liaison porte CH2OH-CH_{2}OH et CH(CH3)2-CH(CH_{3})_{2}. Lequel est prioritaire ?
  • d) Combien de stéréoisomères l'hexa-2,4-diène CH3CH=CHCH=CHCH3CH_{3}CH=CH-CH=CHCH_{3} possède-t-il ? Et l'hepta-2,4-diène CH3CH=CHCH=CHCH2CH3CH_{3}CH=CH-CH=CHCH_{2}CH_{3} ?
  • e) Le cyclohexène n'existe qu'en une configuration, cis. Pourquoi ? Quel est le plus petit cycloalcène dont l'isomère trans est isolable à température ambiante ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) (E)
  • b) (Z)
  • c) CH2OH-CH_{2}OH
  • d) 3 et 4 stéréoisomères
  • e) Torsion impossible dans un cycle à 6 ; trans-cyclooctène

a) Sur le C2, on compare CH3CH_{3} et H : le méthyle gagne. Sur le C3, on compare CH3CH_{3} et CH2CH3CH_{2}CH_{3} : l'éthyle gagne, (C, H, H) contre (H, H, H). Les deux méthyles sont du même côté, donc le méthyle du C2 et l'éthyle du C3 sont de part et d'autre : c'est le (E)(E)-3-méthylpent-2-ène. Le piège est de regarder les deux groupes identiques et de conclure « cis donc ZZ ».

b) Sur le C1, Cl l'emporte sur H ; sur le C2, Br l'emporte sur CH3CH_{3}. Cl et Br du même côté : (Z)(Z)-2-bromo-1-chloroprop-1-ène. L'hydrogène et le méthyle sont alors forcément du même côté eux aussi, de l'autre côté de la double liaison.

c) Premier rang : CH2OH-CH_{2}OH porte (O, H, H) et CH(CH3)2-CH(CH_{3})_{2} porte (C, C, H). On compare le premier atome de chaque ensemble : O l'emporte sur C, et la comparaison s'arrête là. Le CH2OH-CH_{2}OH est prioritaire, bien qu'il soit plus petit.

d) L'hexa-2,4-diène a deux doubles liaisons stéréogènes, donc au plus 22=42^{2}=4 combinaisons : (2Z,4Z), (2E,4E), (2Z,4E) et (2E,4Z). Mais la molécule est symétrique : (2Z,4E) lu depuis l'autre bout est (2E,4Z), c'est la même molécule. Il y a donc 3 stéréoisomères. L'hepta-2,4-diène n'a pas cette symétrie, un bout se termine par un méthyle et l'autre par un éthyle : les 4 combinaisons sont distinctes.

e) Dans un cycle à six atomes, relier les deux carbones de la double liaison à deux positions opposées imposerait une torsion énorme de la liaison π\pi : le cyclohexène trans ne peut pas exister comme molécule stable. Il faut une chaîne cyclique assez longue pour faire le tour ; le plus petit cycloalcène trans isolable à température ambiante est le trans-cyclooctène, à huit carbones.

Le fil : on ne regarde jamais les groupes identiques, on cherche sur CHAQUE carbone le groupe prioritaire, et l'on compte les stéréoisomères en cherchant les symétries.

Exercice 14 : Problème : les huit alcools en C5H12O

Un laboratoire range ses flacons d'alcools par formule brute. Sur l'étagère des C5H12OC_{5}H_{12}O, il ne doit y avoir que des alcools, sans aucun éther.

  • a) Calculez le degré d'insaturation de C5H12OC_{5}H_{12}O. Que peut-on en conclure sur la structure ?
  • b) Dénombrez et nommez tous les alcools de formule C5H12OC_{5}H_{12}O.
  • c) Classez-les : combien sont primaires, secondaires et tertiaires ?
  • d) Lesquels possèdent un carbone asymétrique ? Combien de flacons faudrait-il pour ranger tous les stéréoisomères de ces alcools ?
  • e) Un flacon contient un alcool secondaire, chiral, à chaîne ramifiée. Un autre contient un alcool secondaire achiral. Identifiez-les.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) DI=0DI=0
  • b) 8 alcools
  • c) 4 primaires, 3 secondaires, 1 tertiaire
  • d) Pentan-2-ol, 2-méthylbutan-1-ol, 3-méthylbutan-2-ol ; 11 flacons
  • e) 3-méthylbutan-2-ol ; pentan-3-ol

a) DI=2(5)+2122=0DI=\frac{2(5)+2-12}{2}=0 : ni cycle ni liaison multiple. Les isomères sont tous acycliques et saturés, l'oxygène étant soit dans un OHOH, soit dans une liaison COCC-O-C.

b) On raccourcit la chaîne un carbone à la fois. Chaîne de cinq : pentan-1-ol, pentan-2-ol, pentan-3-ol. Chaîne de quatre avec un méthyle : 2-méthylbutan-1-ol, 2-méthylbutan-2-ol, 3-méthylbutan-2-ol, 3-méthylbutan-1-ol. Chaîne de trois avec deux méthyles : 2,2-diméthylpropan-1-ol. Soit 3+4+1=83+4+1=8 alcools. Les faux doublons à éviter : « pentan-4-ol » est le pentan-2-ol, « 2-méthylbutan-3-ol » est le 3-méthylbutan-2-ol.

c) Primaires, le carbone du OHOH lié à un seul carbone : pentan-1-ol, 2-méthylbutan-1-ol, 3-méthylbutan-1-ol, 2,2-diméthylpropan-1-ol, soit 4. Secondaires : pentan-2-ol, pentan-3-ol, 3-méthylbutan-2-ol, soit 3. Tertiaire : 2-méthylbutan-2-ol, seul, soit 1.

d) Pentan-2-ol : le C2 porte OH, H, CH3CH_{3} et propyle, il est asymétrique. 2-méthylbutan-1-ol : le C2 porte H, CH3CH_{3}, éthyle et CH2OHCH_{2}OH, asymétrique. 3-méthylbutan-2-ol : le C2 porte OH, H, CH3CH_{3} et isopropyle, asymétrique. Les cinq autres n'ont pas de carbone à quatre groupes différents : le C3 du pentan-3-ol porte deux éthyles, le C2 du 2-méthylbutan-2-ol deux méthyles. Trois alcools chiraux, chacun en deux énantiomères : 5+3×2=115+3\times 2=11 flacons.

e) Secondaires et chiraux : pentan-2-ol et 3-méthylbutan-2-ol ; le seul à chaîne ramifiée est le 3-méthylbutan-2-ol. Le seul secondaire achiral est le pentan-3-ol, dont le carbone fonctionnel porte deux éthyles identiques.

Le fil : on dénombre en raccourcissant la chaîne, on classe sur le carbone du OHOH, et l'on cherche la chiralité carbone par carbone, en se méfiant des groupes identiques.

Exercice 15 : Problème : le menthol, trois centres et une chaise

Le menthol donne son goût frais à la menthe poivrée. C'est un cyclohexane portant trois substituants : un groupe OHOH sur un carbone, un groupe isopropyle CH(CH3)2-CH(CH_{3})_{2} sur le carbone voisin, et un méthyle sur le carbone situé en position 1,4 par rapport à l'isopropyle. Le menthol naturel est le (−)-menthol, de configuration (1R,2S,5R).

La figure donne la formule topologique plane du menthol, sans indication de stéréochimie.

OH
  • a) Donnez la formule brute du menthol et vérifiez-la par le degré d'insaturation.
  • b) Construisez son nom systématique en justifiant le carbone 1 et le sens de numérotation.
  • c) Combien le menthol possède-t-il de carbones asymétriques ? Combien de stéréoisomères existe-t-il, et combien de couples d'énantiomères ?
  • d) Donnez la configuration du (+)-menthol, énantiomère du menthol naturel. Combien de diastéréoisomères le (−)-menthol possède-t-il ?
  • e) Dans la chaise la plus stable du (−)-menthol, les trois substituants sont équatoriaux. Combien sont axiaux dans l'autre chaise ? Pourquoi le (−)-menthol est-il le plus stable des stéréoisomères ?

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) C10H20OC_{10}H_{20}O, DI=1DI=1
  • b) 5-méthyl-2-(propan-2-yl)cyclohexan-1-ol
  • c) 3 centres, 8 stéréoisomères, 4 couples
  • d) (1S,2R,5S) ; 6 diastéréoisomères
  • e) 3 axiaux ; seul isomère tout équatorial

a) Six carbones du cycle, trois de l'isopropyle et un du méthyle : 10 carbones. Un cycle saturé portant un OHOH : C10H20OC_{10}H_{20}O. Vérification : DI=2(10)+2202=1DI=\frac{2(10)+2-20}{2}=1, exactement le cycle.

b) L'alcool est la seule fonction : il donne le suffixe -ol et son carbone reçoit l'indice 1. On tourne ensuite dans le sens qui donne les plus petits indices aux substituants : vers l'isopropyle, on trouve l'isopropyle en 2 et le méthyle en 5, soit {2, 5} ; dans l'autre sens, {3, 6}. Les substituants se rangent par ordre alphabétique : 5-méthyl-2-(propan-2-yl)cyclohexan-1-ol, qu'on écrit encore 2-isopropyl-5-méthylcyclohexanol.

c) Le C1 porte OH, H et deux chemins de cycle différents ; le C2 porte l'isopropyle, H et deux chemins différents ; le C5 porte le méthyle, H et deux chemins différents, l'un passant vers le OHOH, l'autre vers l'isopropyle. Trois carbones asymétriques. La molécule n'a aucune symétrie interne, donc pas de méso : 23=82^{3}=8 stéréoisomères, soit 4 couples d'énantiomères, le menthol, le néomenthol, l'isomenthol et le néoisomenthol.

d) L'énantiomère inverse les trois centres : le (+)-menthol est (1S,2R,5S). Le (−)-menthol a 8 stéréoisomères en tout ; hors lui-même et son énantiomère, les 6 autres sont ses diastéréoisomères. Le piège est d'inverser un seul centre et d'appeler le résultat énantiomère : c'est un diastéréoisomère.

e) Le retournement de chaise fait passer chaque position équatoriale en axiale : dans l'autre chaise, les 3 substituants sont axiaux, ce qui est très défavorable. Le (−)-menthol, et son énantiomère, sont les seuls stéréoisomères qui peuvent placer les trois groupes en équatorial à la fois ; tous les autres doivent en mettre au moins un en axial dans leur meilleure chaise.

Le fil : on compte les centres, on multiplie par deux pour chacun faute de symétrie, et la chaise dit lequel des huit stéréoisomères est le plus stable.

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