Spécialité maths, Première • Exercices corrigés à Montréal

Exercices corrigés : les démonstrations du programme (Première spécialité)

Voici une série de révision sur les démonstrations exigibles de la spécialité mathématiques de Première, programme français de 2026. Le programme les nomme une à une, à la fin de chaque chapitre : elles peuvent être demandées à l'écrit comme à l'oral, et chacune est ici guidée en étapes, puis rédigée en entier dans la correction, telle qu'on l'attend sur une copie.

Le fil de la série tient en une phrase : un exemple vérifie, seule la lettre démontre. Chaque exercice commence par un cas chiffré, que la page corrige champ par champ, puis refait le même raisonnement avec nn, qq, aa ou hh quelconques. L'exercice 8 montre ce qui arrive quand on s'arrête au cas chiffré, quand on se sert du résultat pour le prouver, ou quand on confond une implication et sa réciproque.

Les chapitres eux-mêmes, avec leurs exercices d'application, sont dans les séries de suites, de second degré, de dérivation, de trigonométrie et de produit scalaire ; la série de logique travaille les types de raisonnement. Faites chaque démonstration au brouillon avant d'ouvrir la correction : c'est en la réécrivant seul qu'on la retient.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Première

Rappel de cours

  • • SUITES : un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr par somme télescopique des nn égalités uk−uk−1=ru_{k}-u_{k-1}=r ; vn=v0qnv_{n}=v_{0}q^{n} par produit des nn égalités vk=qvk−1v_{k}=qv_{k-1}, en ne simplifiant que par des termes non nuls.
  • • 1+2+⋯+n=n(n+1)21+2+\cdots+n=\dfrac{n(n+1)}{2} : on écrit la somme à l'endroit puis à l'envers, chaque colonne vaut n+1n+1 et il y a nn colonnes.
  • • 1+q+⋯+qn=qn+1−1q−11+q+\cdots+q^{n}=\dfrac{q^{n+1}-1}{q-1} pour q≠1q\neq 1 : on calcule qS−SqS-S ; pour q=1q=1, la somme vaut n+1n+1.
  • • SECOND DEGRÉ : ax2+bx+c=a[(x+b2a)2−Δ4a2]ax^{2}+bx+c=a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^{2}-\frac{\Delta}{4a^{2}}\right] avec Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac ; le signe de Δ\Delta décide du nombre de solutions.
  • • DÉRIVÉES : taux (a+h)2−a2h=2a+h\frac{(a+h)^{2}-a^{2}}{h}=2a+h ; taux 1h(1a+h−1a)=−1a(a+h)\frac{1}{h}\left(\frac{1}{a+h}-\frac{1}{a}\right)=\frac{-1}{a(a+h)} ; on simplifie par hh AVANT de faire tendre hh vers 00.
  • • TANGENTE : droite de pente f′(a)f'(a) passant par A(a ;f(a))A(a\,;f(a)), d'où y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a).
  • • RACINE EN 0 : le taux hh=1h\frac{\sqrt{h}}{h}=\frac{1}{\sqrt{h}} n'a pas de limite finie ; tangente verticale, pas de nombre dérivé.
  • • PRODUIT : ajouter et retrancher u(a)v(a+h)u(a)v(a+h), d'où (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv', et jamais u′v′u'v'.
  • • TRIGONOMÉTRIE : carré de diagonale 11, cos⁡π4=sin⁡π4=22\cos\frac{\pi}{4}=\sin\frac{\pi}{4}=\frac{\sqrt{2}}{2} ; triangle équilatéral de côté 11, cos⁡π3=12\cos\frac{\pi}{3}=\frac{1}{2} et sin⁡π3=32\sin\frac{\pi}{3}=\frac{\sqrt{3}}{2}.
  • • AL-KASHI : BC→=AC→−AB→\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB} puis on développe le carré scalaire : BC2=AB2+AC2−2 AB×ACcos⁡A^BC^{2}=AB^{2}+AC^{2}-2\,AB\times AC\cos\widehat{A}.
  • • MA→⋅MB→=MI2−IA2\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^{2}-IA^{2} avec II milieu de [AB][AB] : l'ensemble des MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0 est le cercle de diamètre [AB][AB], AA et BB compris.

Partie A : les bases (/50)

Exercice 1 : Du pas à la formule : le terme général des suites arithmétiques et géométriques

On note (un)(u_{n}) une suite arithmétique de premier terme u0u_{0} et de raison rr : pour tout entier naturel nn, un+1=un+ru_{n+1}=u_{n}+r. On note (vn)(v_{n}) une suite géométrique de premier terme v0v_{0} et de raison qq : pour tout entier naturel nn, vn+1=q×vnv_{n+1}=q\times v_{n}.

Le programme demande de savoir DÉMONTRER les formules un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr et vn=v0×qnv_{n}=v_{0}\times q^{n}. Les questions chiffrées vérifient chaque étape sur un exemple ; la démonstration, elle, s'écrit avec des lettres.

  • a) Exemple : u0=11u_{0}=11 et r=−3r=-3. Écrivez u1u_{1}, u2u_{2}, ..., u6u_{6} en fonction de u0u_{0} et de rr. Combien de fois la raison a-t-elle été ajoutée pour obtenir u6u_{6} ? Calculez u6u_{6}.
  • b) Démonstration. Pour n≥1n\geq 1, écrivez les nn égalités u1−u0=ru_{1}-u_{0}=r, u2−u1=ru_{2}-u_{1}=r, ..., un−un−1=ru_{n}-u_{n-1}=r, puis additionnez-les membre à membre. Que reste-t-il à gauche, que vaut la droite ? Concluez.
  • c) Exemple : v0=48v_{0}=48 et q=12q=\frac{1}{2}, calculez v5v_{5}. Démonstration : multipliez membre à membre les nn égalités v1=qv0v_{1}=qv_{0}, ..., vn=qvn−1v_{n}=qv_{n-1}, simplifiez et concluez. Quelle précaution la simplification demande-t-elle ?
  • d) Démontrez que, pour n≥pn\geq p, un=up+(n−p)ru_{n}=u_{p}+(n-p)r et vn=vp×qn−pv_{n}=v_{p}\times q^{n-p}. Application : u4=9u_{4}=9 et r=1,5r=1{,}5, calculez u10u_{10} ; v3=2v_{3}=2 et q=3q=3, calculez v6v_{6}.

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a)
b)
c)
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Réponses

  • a) u6=u0+6ru_{6}=u_{0}+6r : la raison est ajoutée 66 fois, u6=11−18=−7u_{6}=11-18=-7
  • b) À gauche il reste un−u0u_{n}-u_{0}, à droite nrnr : un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr
  • c) v5=48×132=1,5v_{5}=48\times\frac{1}{32}=1{,}5 ; vn=v0 qnv_{n}=v_{0}\,q^{n}, en simplifiant par des termes NON NULS (cas nul traité à part)
  • d) 66 pas de 44 à 1010 : u10=9+6×1,5=18u_{10}=9+6\times 1{,}5=18 ; v6=2×33=54v_{6}=2\times 3^{3}=54

a) u1=u0+ru_{1}=u_{0}+r, u2=u1+r=u0+2ru_{2}=u_{1}+r=u_{0}+2r, u3=u0+3ru_{3}=u_{0}+3r, et ainsi de suite jusqu'à u6=u0+6ru_{6}=u_{0}+6r : pour passer du rang 00 au rang 66, on fait 66 pas, et chaque pas ajoute rr. Donc u6=11+6×(−3)=11−18=−7u_{6}=11+6\times(-3)=11-18=-7. Le nombre de pas est la DIFFÉRENCE des rangs, 6−0=66-0=6, et non le nombre de termes écrits, qui est 77 : c'est le piège des piquets et des intervalles.

b) Démonstration rédigée. Soit n≥1n\geq 1. Par définition de la suite, pour tout entier kk de 11 à nn, uk−uk−1=ru_{k}-u_{k-1}=r. On additionne ces nn égalités membre à membre. À gauche, (u1−u0)+(u2−u1)+⋯+(un−un−1)(u_{1}-u_{0})+(u_{2}-u_{1})+\cdots+(u_{n}-u_{n-1}) : chaque terme intermédiaire apparaît une fois avec le signe ++ et une fois avec le signe −-, il ne reste que un−u0u_{n}-u_{0}. À droite, rr additionné nn fois, soit nrnr. Donc un−u0=nru_{n}-u_{0}=nr, c'est-à-dire un=u0+nru_{n}=u_{0}+nr, et l'égalité vaut aussi pour n=0n=0. Cette somme « en accordéon », dite télescopique, remplace le « et ainsi de suite » de la question a) : c'est elle qui fait de l'observation une preuve valable pour TOUT nn.

c) v5=48×(12)5=4832=1,5v_{5}=48\times\left(\frac{1}{2}\right)^{5}=\frac{48}{32}=1{,}5. Démonstration rédigée. Supposons d'abord tous les termes non nuls. En multipliant membre à membre les nn égalités vk=qvk−1v_{k}=qv_{k-1}, on obtient v1v2⋯vn=qn v0v1⋯vn−1v_{1}v_{2}\cdots v_{n}=q^{n}\,v_{0}v_{1}\cdots v_{n-1}. Les facteurs v1,…,vn−1v_{1},\ldots,v_{n-1} figurent des deux côtés ; comme ils sont non nuls, on peut simplifier, et il reste vn=qnv0v_{n}=q^{n}v_{0}. La précaution est donc de ne jamais simplifier par un nombre qui pourrait être nul. Si v0=0v_{0}=0 ou q=0q=0, tous les termes à partir du rang 11 sont nuls et la formule vn=v0qnv_{n}=v_{0}q^{n} donne bien 00 : le cas mis de côté est vérifié à part, la démonstration est complète.

d) On refait le même télescopage en partant du rang pp au lieu du rang 00 : les égalités uk−uk−1=ru_{k}-u_{k-1}=r pour kk de p+1p+1 à nn sont au nombre de n−pn-p, d'où un=up+(n−p)ru_{n}=u_{p}+(n-p)r ; de même vn=vp qn−pv_{n}=v_{p}\,q^{n-p}. Application : de 44 à 1010 il y a 10−4=610-4=6 pas, donc u10=9+6×1,5=18u_{10}=9+6\times 1{,}5=18 ; de 33 à 66 il y a 33 pas, donc v6=2×33=54v_{6}=2\times 3^{3}=54. Contrôle par la définition : 22, 66, 1818, 5454. Retenir la formule générale évite l'erreur la plus coûteuse du chapitre, écrire u10=u4+10ru_{10}=u_{4}+10r en oubliant de repartir du bon rang.

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Exercice 2 : Deux escaliers font un rectangle : la somme 1 + 2 + ... + n

On note Sn=1+2+⋯+nS_{n}=1+2+\cdots+n pour tout entier n≥1n\geq 1. La figure représente S5S_{5} par un escalier de carrés en traits pleins : la colonne numérotée kk contient kk carrés. Un second escalier identique, retourné, est dessiné en pointillés au-dessus du premier.

Le programme demande de démontrer Sn=n(n+1)2S_{n}=\dfrac{n(n+1)}{2} pour TOUT entier nn, pas seulement pour n=100n=100.

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  • a) Quelle figure les deux escaliers forment-ils ensemble ? Donnez le nombre total de carrés, puis déduisez-en S5S_{5}.
  • b) Démonstration. Écrivez SnS_{n} dans l'ordre croissant, puis dessous dans l'ordre décroissant, et additionnez colonne par colonne. Que vaut chaque colonne ? Combien y en a-t-il ? Concluez, et expliquez pourquoi n(n+1)2\dfrac{n(n+1)}{2} est toujours un entier.
  • c) Calculez S40S_{40}, puis l'entier nn tel que Sn=210S_{n}=210.
  • d) La même idée démontre la somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique : « nombre de termes fois la moyenne du premier et du dernier ». Appliquez-la à T=7+10+13+⋯+64T=7+10+13+\cdots+64.

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a)
b)
c)
d)
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Réponses

  • a) Un rectangle de 55 sur 66, soit 3030 carrés : S5=302=15S_{5}=\frac{30}{2}=15
  • b) Chaque colonne vaut n+1n+1, il y a nn colonnes : 2Sn=n(n+1)2S_{n}=n(n+1), donc Sn=n(n+1)2S_{n}=\frac{n(n+1)}{2} ; nn ou n+1n+1 est pair
  • c) S40=820S_{40}=820 ; n(n+1)=420n(n+1)=420 donne n=20n=20
  • d) 2020 termes, T=20×7+642=710T=20\times\frac{7+64}{2}=710

a) Les deux escaliers s'emboîtent en un rectangle de 55 colonnes et de 66 lignes : la colonne kk porte kk carrés pleins et 6−k6-k carrés en pointillés, soit toujours 66. Le rectangle compte 5×6=305\times 6=30 carrés, et il est fait de DEUX escaliers identiques, donc S5=302=15S_{5}=\frac{30}{2}=15. Contrôle direct : 1+2+3+4+5=151+2+3+4+5=15. Le dessin n'est encore qu'un exemple : il faut maintenant écrire le même argument avec la lettre nn.

b) Démonstration rédigée. Soit n≥1n\geq 1. On écrit Sn=1+2+⋯+(n−1)+nS_{n}=1+2+\cdots+(n-1)+n et Sn=n+(n−1)+⋯+2+1S_{n}=n+(n-1)+\cdots+2+1. En additionnant terme à terme, la kk-ième colonne donne k+(n+1−k)=n+1k+(n+1-k)=n+1 : quand on avance d'un rang, le terme du haut gagne 11 et celui du bas perd 11, la somme ne bouge pas. Il y a nn colonnes, donc 2Sn=n(n+1)2S_{n}=n(n+1) et Sn=n(n+1)2S_{n}=\dfrac{n(n+1)}{2}. C'est exactement le rectangle de la figure, de dimensions nn et n+1n+1. Le quotient est entier car nn et n+1n+1 sont deux entiers consécutifs, dont l'un est pair : le produit est pair. Aucune récurrence n'est nécessaire, et c'est la démonstration attendue en Première.

c) S40=40×412=820S_{40}=\dfrac{40\times 41}{2}=820. Pour Sn=210S_{n}=210 : n(n+1)=420n(n+1)=420, soit n2+n−420=0n^{2}+n-420=0, de discriminant 1+1 680=1 681=4121+1\,680=1\,681=41^{2}, d'où n=−1+412=20n=\dfrac{-1+41}{2}=20 (la racine −21-21 est rejetée, nn est un entier positif). Contrôle : 20×21=42020\times 21=420. On peut aussi chercher de tête deux entiers consécutifs de produit 420420.

d) Dans TT, les termes vont de 33 en 33 : de 77 à 6464 il y a 64−73=19\frac{64-7}{3}=19 pas, donc 2020 termes. Écrite à l'envers sous elle-même, TT donne 2020 colonnes valant chacune 7+64=717+64=71, car le haut gagne 33 quand le bas perd 33. Donc 2T=20×712T=20\times 71 et T=710T=710. C'est la formule « nombre de termes ×premier+dernier2\times\frac{\text{premier}+\text{dernier}}{2} », démontrée par le même appariement. L'erreur classique est de compter 1919 termes : on compte les pas, puis on ajoute 11.

Exercice 3 : Multiplier par q et soustraire : la somme 1 + q + ... + qⁿ

Soit qq un réel et nn un entier naturel. On note S=1+q+q2+⋯+qnS=1+q+q^{2}+\cdots+q^{n}.

Le programme demande de démontrer que, pour q≠1q\neq 1, S=qn+1−1q−1S=\dfrac{q^{n+1}-1}{q-1}. La démonstration tient en une idée : SS et qSqS ont presque tous leurs termes en commun.

  • a) Exemple : q=4q=4 et n=3n=3. Combien de termes compte S=1+4+42+43S=1+4+4^{2}+4^{3} ? Calculez SS, puis 4S−S4S-S.
  • b) Démonstration. Écrivez qSqS terme à terme sous SS, décalé d'un cran, puis calculez qS−SqS-S. Quels termes disparaissent, que reste-t-il ? Concluez pour q≠1q\neq 1, et vérifiez la formule sur l'exemple de a).
  • c) Que vaut SS lorsque q=1q=1 ? Pourquoi la démonstration de b) ne s'applique-t-elle pas dans ce cas ?
  • d) Calculez T=1−2+4−8+16−32+64T=1-2+4-8+16-32+64 à l'aide de la formule, en précisant qq et le nombre de termes.
  • e) Déduisez-en la somme de termes consécutifs d'une suite géométrique : calculez U=7+14+28+⋯+224U=7+14+28+\cdots+224.

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a)
b)
c)
d)
e)
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Réponses

  • a) 44 termes ; S=85S=85 et 4S−S=255=44−14S-S=255=4^{4}-1
  • b) Il reste qS−S=qn+1−1qS-S=q^{n+1}-1, donc S=qn+1−1q−1S=\frac{q^{n+1}-1}{q-1} ; exemple 2553=85\frac{255}{3}=85
  • c) S=n+1S=n+1 ; on ne divise pas par q−1=0q-1=0
  • d) q=−2q=-2, 77 termes : T=(−2)7−1−2−1=−129−3=43T=\frac{(-2)^{7}-1}{-2-1}=\frac{-129}{-3}=43
  • e) U=7 (1+2+⋯+25)=7×63=441U=7\,(1+2+\cdots+2^{5})=7\times 63=441

a) Les exposants vont de 00 à 33 : il y a n+1=4n+1=4 termes, et non 33. S=1+4+16+64=85S=1+4+16+64=85, 4S=4+16+64+256=3404S=4+16+64+256=340, et 4S−S=340−85=2554S-S=340-85=255. On remarque que 255=256−1=44−1255=256-1=4^{4}-1 : les nombres 44, 1616 et 6464, présents dans les deux sommes, ont disparu dans la différence.

b) Démonstration rédigée. Soit qq un réel et nn un entier naturel. On a S=1+q+q2+⋯+qnS=1+q+q^{2}+\cdots+q^{n} et, en multipliant chaque terme par qq, qS=q+q2+⋯+qn+qn+1qS=q+q^{2}+\cdots+q^{n}+q^{n+1}. Les termes qq, q2q^{2}, ..., qnq^{n} figurent dans les deux sommes ; ils s'éliminent dans la différence, et il reste qS−S=qn+1−1qS-S=q^{n+1}-1, c'est-à-dire (q−1)S=qn+1−1(q-1)S=q^{n+1}-1. Si q≠1q\neq 1, on peut diviser par q−1q-1, qui est non nul : S=qn+1−1q−1S=\dfrac{q^{n+1}-1}{q-1}. Vérification sur a) : 44−14−1=2553=85\frac{4^{4}-1}{4-1}=\frac{255}{3}=85. L'égalité (q−1)(1+q+⋯+qn)=qn+1−1(q-1)(1+q+\cdots+q^{n})=q^{n+1}-1 est aussi une factorisation, vraie pour tout qq : elle dit que xn+1−1x^{n+1}-1 se factorise par x−1x-1.

c) Si q=1q=1, tous les termes valent 11 et S=n+1S=n+1 : par exemple, pour n=3n=3, S=4S=4. La démonstration de b) donne alors 0×S=00\times S=0, égalité vraie mais qui ne dit rien de SS, et la division par q−1=0q-1=0 est interdite. Une démonstration honnête sépare donc les deux cas, et une formule rédigée sans « pour q≠1q\neq 1 » est une formule fausse.

d) TT est de la forme 1+q+⋯+q61+q+\cdots+q^{6} avec q=−2q=-2 : les termes changent de signe à chaque rang, et 64=(−2)664=(-2)^{6}. Il y a 77 termes, donc n=6n=6 et l'exposant du numérateur est 77 : T=(−2)7−1−2−1=−128−1−3=−129−3=43T=\dfrac{(-2)^{7}-1}{-2-1}=\dfrac{-128-1}{-3}=\dfrac{-129}{-3}=43. Contrôle direct : 1−2+4−8+16−32+64=431-2+4-8+16-32+64=43. Les deux pièges se cumulent ici : un mauvais décompte des termes et un signe perdu dans (−2)7(-2)^{7}.

e) U=7×(1+2+4+⋯+32)U=7\times(1+2+4+\cdots+32), car 224=7×32=7×25224=7\times 32=7\times 2^{5}. La somme entre parenthèses a 66 termes et vaut 26−12−1=63\frac{2^{6}-1}{2-1}=63, donc U=7×63=441U=7\times 63=441. La somme de termes consécutifs d'une suite géométrique se ramène toujours à la démonstration de b) en mettant le premier terme en facteur : premier terme ×1−qnombre de termes1−q\times\dfrac{1-q^{\text{nombre de termes}}}{1-q}.

Exercice 4 : Du taux de variation à la formule : dérivées de la fonction carré et de la fonction inverse

Le nombre dérivé d'une fonction ff en aa est la limite, quand hh tend vers 00, du taux de variation τ(h)=f(a+h)−f(a)h\tau(h)=\dfrac{f(a+h)-f(a)}{h}, pour h≠0h\neq 0.

Le programme demande de démontrer que la fonction carré a pour dérivée x↦2xx\mapsto 2x sur R\mathbb{R}, et la fonction inverse x↦−1x2x\mapsto -\dfrac{1}{x^{2}} sur ]−∞ ;0[]-\infty\,;0[ et sur ]0 ;+∞[]0\,;+\infty[. On travaille en aa QUELCONQUE, pas en un point choisi.

  • a) Exemple : f(x)=x2f(x)=x^{2} et a=5a=5. Calculez τ(0,1)\tau(0{,}1) et τ(−0,01)\tau(-0{,}01). Quelle valeur de f′(5)f'(5) ces nombres suggèrent-ils ?
  • b) Démonstration. Pour aa réel quelconque et h≠0h\neq 0, simplifiez (a+h)2−a2h\dfrac{(a+h)^{2}-a^{2}}{h}, puis concluez. Donnez f′(−4)f'(-4).
  • c) Exemple : g(x)=1xg(x)=\dfrac{1}{x} et a=4a=4. Calculez le taux pour h=1h=1, puis la valeur exacte de g′(4)g'(4) donnée par la formule à démontrer.
  • d) Démonstration. Pour a≠0a\neq 0 et h≠0h\neq 0 tel que a+h≠0a+h\neq 0, réduisez 1a+h−1a\dfrac{1}{a+h}-\dfrac{1}{a} au même dénominateur, simplifiez le taux, puis concluez. Donnez g′(−0,5)g'(-0{,}5).

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Réponses

  • a) τ(0,1)=10,1\tau(0{,}1)=10{,}1 et τ(−0,01)=9,99\tau(-0{,}01)=9{,}99 : ils suggèrent f′(5)=10f'(5)=10
  • b) τ(h)=2a+h\tau(h)=2a+h, qui tend vers 2a2a : f′(a)=2af'(a)=2a ; f′(−4)=−8f'(-4)=-8
  • c) τ(1)=15−14=−0,05\tau(1)=\frac{1}{5}-\frac{1}{4}=-0{,}05 ; g′(4)=−116=−0,0625g'(4)=-\frac{1}{16}=-0{,}0625
  • d) τ(h)=−1a(a+h)\tau(h)=\frac{-1}{a(a+h)}, qui tend vers −1a2-\frac{1}{a^{2}} ; g′(−0,5)=−4g'(-0{,}5)=-4

a) τ(h)=(5+h)2−25h\tau(h)=\dfrac{(5+h)^{2}-25}{h}. Pour h=0,1h=0{,}1 : 26,01−250,1=10,1\dfrac{26{,}01-25}{0{,}1}=10{,}1. Pour h=−0,01h=-0{,}01 : 24,9001−25−0,01=−0,0999−0,01=9,99\dfrac{24{,}9001-25}{-0{,}01}=\dfrac{-0{,}0999}{-0{,}01}=9{,}99. Les taux encadrent 1010 et s'en approchent quand hh se rapproche de 00 : on CONJECTURE f′(5)=10f'(5)=10. Deux valeurs de hh ne démontrent rien, pas plus que mille : la limite se lit sur une expression simplifiée.

b) Démonstration rédigée. Soit aa un réel et h≠0h\neq 0. (a+h)2−a2=a2+2ah+h2−a2=2ah+h2=h(2a+h)(a+h)^{2}-a^{2}=a^{2}+2ah+h^{2}-a^{2}=2ah+h^{2}=h(2a+h), donc τ(h)=h(2a+h)h=2a+h\tau(h)=\dfrac{h(2a+h)}{h}=2a+h, la simplification par hh étant permise puisque h≠0h\neq 0. Quand hh tend vers 00, 2a+h2a+h tend vers 2a2a. La fonction carré est donc dérivable en tout réel aa, avec f′(a)=2af'(a)=2a : sa fonction dérivée est x↦2xx\mapsto 2x. Sur l'exemple, 2×5=102\times 5=10 confirme la conjecture, et f′(−4)=−8f'(-4)=-8. Remplacer hh par 00 AVANT de simplifier donnerait 00\frac{0}{0}, qui n'est pas un nombre.

c) τ(1)=15−141=4−520=−120=−0,05\tau(1)=\dfrac{\frac{1}{5}-\frac{1}{4}}{1}=\dfrac{4-5}{20}=-\dfrac{1}{20}=-0{,}05. La formule annoncée donne g′(4)=−116=−0,0625g'(4)=-\dfrac{1}{16}=-0{,}0625. Le taux pour h=1h=1 en est encore loin : un taux de variation n'est qu'une pente de SÉCANTE, il faut faire tendre hh vers 00 pour obtenir la pente de la tangente.

d) Démonstration rédigée. Soit a≠0a\neq 0 et h≠0h\neq 0 assez petit pour que a+ha+h soit non nul (et de même signe que aa). 1a+h−1a=a−(a+h)a(a+h)=−ha(a+h)\dfrac{1}{a+h}-\dfrac{1}{a}=\dfrac{a-(a+h)}{a(a+h)}=\dfrac{-h}{a(a+h)}, donc τ(h)=−ha(a+h)×1h=−1a(a+h)\tau(h)=\dfrac{-h}{a(a+h)}\times\dfrac{1}{h}=\dfrac{-1}{a(a+h)}. Quand hh tend vers 00, a(a+h)a(a+h) tend vers a2a^{2}, non nul, donc τ(h)\tau(h) tend vers −1a2-\dfrac{1}{a^{2}}. La fonction inverse est dérivable en tout a≠0a\neq 0 et g′(a)=−1a2g'(a)=-\dfrac{1}{a^{2}}. Pour h=1h=1 et a=4a=4, on retrouve −14×5=−0,05\frac{-1}{4\times 5}=-0{,}05, ce qui contrôle le calcul ; et g′(−0,5)=−10,25=−4g'(-0{,}5)=-\dfrac{1}{0{,}25}=-4. Le signe −- vient de a−(a+h)=−ha-(a+h)=-h : l'oublier donne une fonction inverse croissante, ce que sa courbe dément.

Exercice 5 : Un carré et un triangle équilatéral : cosinus et sinus de π/4 et de π/3

Dans un repère orthonormé d'origine OO, on note MM le point du cercle trigonométrique associé à π4\frac{\pi}{4} et NN celui associé à π3\frac{\pi}{3} : cos⁡π4\cos\frac{\pi}{4} est l'abscisse de MM, sin⁡π4\sin\frac{\pi}{4} son ordonnée, et de même pour NN.

À gauche, HH est le projeté orthogonal de MM sur l'axe des abscisses et OHMKOHMK est un rectangle. À droite, dessiné à part, AA est le point (1 ;0)(1\,;0) et II le projeté orthogonal de NN sur [OA][OA]. L'angle en OO vaut π4\frac{\pi}{4} à gauche et π3\frac{\pi}{3} à droite, et OM=ON=OA=1OM=ON=OA=1.

OHMK1OANI1
  • a) Dans le triangle OHMOHM, rectangle en HH, calculez l'angle OMH^\widehat{OMH} en degrés. Quelle est la nature du triangle, et donc du rectangle OHMKOHMK ? On note c=OHc=OH : écrivez le théorème de Pythagore et donnez c2c^{2}.
  • b) Déduisez-en cos⁡π4\cos\frac{\pi}{4} et sin⁡π4\sin\frac{\pi}{4} en valeur exacte, en justifiant le signe. Donnez-en une valeur au millième.
  • c) Dans le triangle OANOAN : pourquoi est-il isocèle ? Calculez ses angles à la base et concluez sur sa nature. Que vaut ANAN ?
  • d) Justifiez que II est le milieu de [OA][OA]. Déduisez-en cos⁡π3\cos\frac{\pi}{3}, puis NI2NI^{2} et sin⁡π3\sin\frac{\pi}{3}.
  • e) Dans le triangle ONIONI, que vaut l'angle ONI^\widehat{ONI} ? Déduisez-en sin⁡π6\sin\frac{\pi}{6} sans nouveau calcul.

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  • a) OMH^=45∘\widehat{OMH}=45^{\circ} : OHMOHM est rectangle isocèle, OHMKOHMK est un carré ; 2c2=12c^{2}=1, c2=12c^{2}=\frac{1}{2}
  • b) cos⁡π4=sin⁡π4=12=22≈0,707\cos\frac{\pi}{4}=\sin\frac{\pi}{4}=\frac{1}{\sqrt{2}}=\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}707, positifs car MM est dans le premier quart
  • c) OA=ON=1OA=ON=1 ; angles à la base 60∘60^{\circ} : triangle équilatéral, AN=1AN=1
  • d) Hauteur = médiane : OI=12=cos⁡π3OI=\frac{1}{2}=\cos\frac{\pi}{3} ; NI2=34NI^{2}=\frac{3}{4} et sin⁡π3=32≈0,866\sin\frac{\pi}{3}=\frac{\sqrt{3}}{2}\approx 0{,}866
  • e) ONI^=30∘\widehat{ONI}=30^{\circ} ; sin⁡π6=OION=12\sin\frac{\pi}{6}=\frac{OI}{ON}=\frac{1}{2}

a) Sur le cercle trigonométrique, l'angle HOM^\widehat{HOM} mesure π4\frac{\pi}{4} radian, soit 45∘45^{\circ}. La somme des angles du triangle OHMOHM donne OMH^=180−90−45=45∘\widehat{OMH}=180-90-45=45^{\circ}. Le triangle a deux angles égaux : il est rectangle ET isocèle en HH, donc HM=OH=cHM=OH=c, et le rectangle OHMKOHMK, qui a deux côtés consécutifs égaux, est un carré de diagonale OM=1OM=1. Pythagore dans OHMOHM : OH2+HM2=OM2OH^{2}+HM^{2}=OM^{2}, soit 2c2=12c^{2}=1 et c2=12c^{2}=\frac{1}{2}.

b) cc est une longueur, donc positive, et c=12=12=22c=\sqrt{\frac{1}{2}}=\frac{1}{\sqrt{2}}=\frac{\sqrt{2}}{2}. MM est dans le premier quart du cercle, ses deux coordonnées sont positives et valent OHOH et HMHM : cos⁡π4=sin⁡π4=22≈0,707\cos\frac{\pi}{4}=\sin\frac{\pi}{4}=\frac{\sqrt{2}}{2}\approx 0{,}707. Démonstration rédigée en une phrase : « le triangle OHMOHM est rectangle isocèle d'hypoténuse 11, donc ses côtés de l'angle droit valent 22\frac{\sqrt{2}}{2} ». Écrire c2=12c^{2}=\frac{1}{2} donc c=±22c=\pm\frac{\sqrt{2}}{2} puis garder le signe −- serait perdre le point de la question.

c) OAOA et ONON sont deux rayons du cercle, donc OA=ON=1OA=ON=1 : le triangle OANOAN est isocèle en OO. Son angle au sommet mesure π3=60∘\frac{\pi}{3}=60^{\circ}, ses deux angles à la base sont égaux et valent 180−602=60∘\frac{180-60}{2}=60^{\circ}. Les trois angles valent 60∘60^{\circ} : le triangle est équilatéral, et AN=OA=1AN=OA=1. Tout le calcul repose sur ce point, qui se DÉMONTRE par les angles et ne se lit pas sur la figure.

d) Dans un triangle isocèle en NN (ici NO=NANO=NA), la hauteur issue de NN est aussi la médiane : son pied II est le milieu de [OA][OA]. Donc OI=12OI=\frac{1}{2}, et comme II a la même abscisse que NN, cos⁡π3=12\cos\frac{\pi}{3}=\frac{1}{2}. Pythagore dans ONIONI, rectangle en II : NI2=ON2−OI2=1−14=34NI^{2}=ON^{2}-OI^{2}=1-\frac{1}{4}=\frac{3}{4}, et NI>0NI>0, donc sin⁡π3=NI=32≈0,866\sin\frac{\pi}{3}=NI=\frac{\sqrt{3}}{2}\approx 0{,}866.

e) Dans ONIONI, NOI^=60∘\widehat{NOI}=60^{\circ} et l'angle en II est droit, donc ONI^=30∘\widehat{ONI}=30^{\circ}, soit π6\frac{\pi}{6}. Le sinus d'un angle aigu d'un triangle rectangle est « côté opposé sur hypoténuse » : sin⁡π6=OION=12\sin\frac{\pi}{6}=\frac{OI}{ON}=\frac{1}{2}, et de même cos⁡π6=NION=32\cos\frac{\pi}{6}=\frac{NI}{ON}=\frac{\sqrt{3}}{2}. Un seul triangle équilatéral donne donc les valeurs de π3\frac{\pi}{3} et de π6\frac{\pi}{6}, échangées.

Partie B : problèmes et raisonnement (/50)

Exercice 6 : Compléter le carré une fois pour toutes : la résolution de l'équation du second degré

Soit aa, bb, cc trois réels avec a≠0a\neq 0. On veut démontrer les formules de résolution de l'équation ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0, en posant Δ=b2−4ac\Delta=b^{2}-4ac.

Le seul outil est l'identité de complétion du carré : x2+2αx=(x+α)2−α2x^{2}+2\alpha x=(x+\alpha)^{2}-\alpha^{2}. On l'applique d'abord sur un exemple, puis avec les lettres.

  • a) Exemple : 3x2−12x−15=03x^{2}-12x-15=0. Mettez 33 en facteur, complétez le carré pour écrire 3x2−12x−15=3[(x−h)2+k]3x^{2}-12x-15=3\left[(x-h)^{2}+k\right], puis résolvez. On demande hh, kk et les deux solutions.
  • b) Démonstration. Montrez que ax2+bx+c=a[(x+b2a)2−Δ4a2]ax^{2}+bx+c=a\left[\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}-\dfrac{\Delta}{4a^{2}}\right]. Vérifiez sur l'exemple : calculez Δ\Delta et Δ4a2\dfrac{\Delta}{4a^{2}}.
  • c) Déduisez-en que l'équation équivaut à (x+b2a)2=Δ4a2\left(x+\dfrac{b}{2a}\right)^{2}=\dfrac{\Delta}{4a^{2}}, et discutez selon le signe de Δ\Delta. Pourquoi peut-on écrire ±Δ2a\pm\dfrac{\sqrt{\Delta}}{2a} alors que 4a2=2∣a∣\sqrt{4a^{2}}=2|a| ?
  • d) Appliquez les conclusions de c) à 4x2+20x+25=04x^{2}+20x+25=0, puis à x2+2x+5=0x^{2}+2x+5=0.

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  • a) 3[(x−2)2−9]3\left[(x-2)^{2}-9\right] : h=2h=2, k=−9k=-9 ; solutions −1-1 et 55
  • b) Forme canonique démontrée ; exemple Δ=324\Delta=324 et Δ4a2=32436=9\frac{\Delta}{4a^{2}}=\frac{324}{36}=9
  • c) Δ<0\Delta<0 : aucune solution ; Δ=0\Delta=0 : x0=−b2ax_{0}=-\frac{b}{2a} ; Δ>0\Delta>0 : x=−b±Δ2ax=\frac{-b\pm\sqrt{\Delta}}{2a}, le ±\pm absorbe le signe de aa
  • d) Δ=0\Delta=0, solution unique −2,5-2{,}5 ; Δ=−16\Delta=-16, aucune solution

a) 3x2−12x−15=3(x2−4x−5)3x^{2}-12x-15=3(x^{2}-4x-5). Avec 2α=−42\alpha=-4, donc α=−2\alpha=-2 : x2−4x=(x−2)2−4x^{2}-4x=(x-2)^{2}-4, d'où x2−4x−5=(x−2)2−9x^{2}-4x-5=(x-2)^{2}-9 et 3x2−12x−15=3[(x−2)2−9]3x^{2}-12x-15=3\left[(x-2)^{2}-9\right]. Donc h=2h=2 et k=−9k=-9. L'équation équivaut à (x−2)2=9(x-2)^{2}=9, soit x−2=3x-2=3 ou x−2=−3x-2=-3 : x=5x=5 ou x=−1x=-1. Contrôle : 3×25−60−15=03\times 25-60-15=0 et 3+12−15=03+12-15=0.

b) Démonstration rédigée. Comme a≠0a\neq 0 : ax2+bx+c=a[x2+bax+ca]ax^{2}+bx+c=a\left[x^{2}+\frac{b}{a}x+\frac{c}{a}\right]. On complète le carré avec α=b2a\alpha=\frac{b}{2a} : x2+bax=(x+b2a)2−b24a2x^{2}+\frac{b}{a}x=\left(x+\frac{b}{2a}\right)^{2}-\frac{b^{2}}{4a^{2}}. Donc ax2+bx+c=a[(x+b2a)2−b24a2+4ac4a2]=a[(x+b2a)2−b2−4ac4a2]ax^{2}+bx+c=a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^{2}-\frac{b^{2}}{4a^{2}}+\frac{4ac}{4a^{2}}\right]=a\left[\left(x+\frac{b}{2a}\right)^{2}-\frac{b^{2}-4ac}{4a^{2}}\right], ce qui est la forme annoncée. Exemple : Δ=(−12)2−4×3×(−15)=144+180=324\Delta=(-12)^{2}-4\times 3\times(-15)=144+180=324 et Δ4a2=32436=9\frac{\Delta}{4a^{2}}=\frac{324}{36}=9, le 99 trouvé en a), avec b2a=−2\frac{b}{2a}=-2.

c) Comme a≠0a\neq 0, ax2+bx+c=0ax^{2}+bx+c=0 équivaut à (x+b2a)2=Δ4a2\left(x+\frac{b}{2a}\right)^{2}=\frac{\Delta}{4a^{2}}, et 4a2>04a^{2}>0, donc le second membre a le signe de Δ\Delta. Si Δ<0\Delta<0, un carré ne peut pas égaler un nombre strictement négatif : aucune solution. Si Δ=0\Delta=0 : x+b2a=0x+\frac{b}{2a}=0, une seule solution x0=−b2ax_{0}=-\frac{b}{2a}. Si Δ>0\Delta>0 : x+b2a=Δ2∣a∣x+\frac{b}{2a}=\frac{\sqrt{\Delta}}{2|a|} ou −Δ2∣a∣-\frac{\sqrt{\Delta}}{2|a|}. Selon le signe de aa, 2∣a∣2|a| vaut 2a2a ou −2a-2a ; dans les deux cas l'ensemble {Δ2∣a∣ ;−Δ2∣a∣}\left\{\frac{\sqrt{\Delta}}{2|a|}\,;-\frac{\sqrt{\Delta}}{2|a|}\right\} est {Δ2a ;−Δ2a}\left\{\frac{\sqrt{\Delta}}{2a}\,;-\frac{\sqrt{\Delta}}{2a}\right\}, car le ±\pm contient déjà les deux signes. D'où x1,2=−b±Δ2ax_{1,2}=\frac{-b\pm\sqrt{\Delta}}{2a}.

d) 4x2+20x+254x^{2}+20x+25 : Δ=400−400=0\Delta=400-400=0, une solution x0=−208=−2,5x_{0}=-\frac{20}{8}=-2{,}5 ; c'est (2x+5)2=0(2x+5)^{2}=0, une identité remarquable qu'on aurait pu voir. x2+2x+5x^{2}+2x+5 : Δ=4−20=−16<0\Delta=4-20=-16<0, aucune solution réelle ; la forme canonique (x+1)2+4(x+1)^{2}+4 le montre sans formule, puisqu'elle vaut au moins 44. La démonstration de c) sert à cela : elle dit POURQUOI le signe de Δ\Delta décide.

Exercice 7 : Des sécantes à la tangente : l'équation de la tangente, et la racine carrée en 0

On note CC la courbe de la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=x24+1f(x)=\dfrac{x^{2}}{4}+1, et AA son point d'abscisse 22. La figure montre les sécantes (AP)(AP), (AQ)(AQ) et (AR)(AR), où PP, QQ et RR sont les points de CC d'abscisses 2+h2+h pour h=2h=2, h=1h=1 et h=0,5h=0{,}5, ainsi que la tangente TT en AA, en pointillés.

Le programme demande de démontrer l'équation de la tangente, y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a), et de démontrer que la fonction racine carrée n'est pas dérivable en 00.

-1123456-112345678APQRTC
  • a) Montrez que la pente de la sécante (AMh)(AM_{h}), où MhM_{h} est le point d'abscisse 2+h2+h, vaut 1+h41+\dfrac{h}{4}. Donnez la pente de (AQ)(AQ) et celle de (AR)(AR), puis f′(2)f'(2).
  • b) Démonstration. La tangente en un point A(a ;f(a))A(a\,;f(a)) est la droite passant par AA de coefficient directeur f′(a)f'(a). En partant de y=mx+py=mx+p, démontrez qu'elle a pour équation y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a). Sur l'exemple, quelle est l'ordonnée à l'origine de TT ?
  • c) Appliquez la formule démontrée au point d'abscisse 44 : donnez le coefficient directeur et l'ordonnée à l'origine de la tangente.
  • d) Démonstration. Pour g(x)=xg(x)=\sqrt{x} et h>0h>0, simplifiez le taux g(h)−g(0)h\dfrac{g(h)-g(0)}{h}. Calculez-le pour h=0,01h=0{,}01 et pour h=0,0001h=0{,}0001. Concluez sur la dérivabilité de gg en 00, et interprétez sur la courbe.

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Réponses

  • a) Pente f(2+h)−f(2)h=1+h4\frac{f(2+h)-f(2)}{h}=1+\frac{h}{4} ; (AQ)(AQ) : 1,251{,}25 ; (AR)(AR) : 1,1251{,}125 ; f′(2)=1f'(2)=1
  • b) p=f(a)−af′(a)p=f(a)-af'(a), d'où y=f(a)+f′(a)(x−a)y=f(a)+f'(a)(x-a) ; ici TT : y=xy=x, ordonnée à l'origine 00
  • c) y=5+2(x−4)=2x−3y=5+2(x-4)=2x-3 : coefficient directeur 22, ordonnée à l'origine −3-3
  • d) Taux 1h\frac{1}{\sqrt{h}} : 1010 puis 100100 ; aucune limite finie, gg n'est pas dérivable en 00 (tangente verticale)

a) f(2+h)=(2+h)24+1=4+4h+h24+1=2+h+h24f(2+h)=\frac{(2+h)^{2}}{4}+1=\frac{4+4h+h^{2}}{4}+1=2+h+\frac{h^{2}}{4}, et f(2)=2f(2)=2. La pente de la sécante est le taux de variation : f(2+h)−f(2)h=h+h24h=1+h4\dfrac{f(2+h)-f(2)}{h}=\dfrac{h+\frac{h^{2}}{4}}{h}=1+\dfrac{h}{4} pour h≠0h\neq 0. Pour h=2h=2, 1,51{,}5 ; pour h=1h=1 (droite (AQ)(AQ)), 1,251{,}25 ; pour h=0,5h=0{,}5 (droite (AR)(AR)), 1,1251{,}125. Les sécantes pivotent autour de AA et leur pente tend vers 11 quand hh tend vers 00 : f′(2)=1f'(2)=1, pente de la tangente, « limite des sécantes ».

b) Démonstration rédigée. La tangente n'est pas verticale, car elle a un coefficient directeur : elle a donc une équation de la forme y=mx+py=mx+p, avec m=f′(a)m=f'(a). Elle passe par A(a ;f(a))A(a\,;f(a)), donc les coordonnées de AA vérifient l'équation : f(a)=f′(a)×a+pf(a)=f'(a)\times a+p, d'où p=f(a)−af′(a)p=f(a)-af'(a). En remplaçant : y=f′(a)x+f(a)−af′(a)=f(a)+f′(a)(x−a)y=f'(a)x+f(a)-af'(a)=f(a)+f'(a)(x-a). Exemple : a=2a=2, f(2)=2f(2)=2, f′(2)=1f'(2)=1, donc TT : y=2+1×(x−2)=xy=2+1\times(x-2)=x, qui passe par l'origine ; son ordonnée à l'origine est 00.

c) Pour a=4a=4 : f(4)=164+1=5f(4)=\frac{16}{4}+1=5, et le même calcul qu'en a) donne en 44 un taux égal à 2+h42+\frac{h}{4}, donc f′(4)=2f'(4)=2 ; c'est aussi 2×44\frac{2\times 4}{4} par la dérivée x↦x2x\mapsto\frac{x}{2}. La tangente a pour équation y=5+2(x−4)=2x−3y=5+2(x-4)=2x-3 : coefficient directeur 22, ordonnée à l'origine −3-3. Contrôle : le point (4 ;5)(4\,;5) vérifie 2×4−3=52\times 4-3=5.

d) Démonstration rédigée. Pour h>0h>0 : h−0h=hh=hh×h=1h\dfrac{\sqrt{h}-\sqrt{0}}{h}=\dfrac{\sqrt{h}}{h}=\dfrac{\sqrt{h}}{\sqrt{h}\times\sqrt{h}}=\dfrac{1}{\sqrt{h}}. Pour h=0,01h=0{,}01, 10,1=10\frac{1}{0{,}1}=10 ; pour h=0,0001h=0{,}0001, 10,01=100\frac{1}{0{,}01}=100. Quand hh tend vers 00 par valeurs positives, h\sqrt{h} tend vers 00 et 1h\frac{1}{\sqrt{h}} devient aussi grand qu'on veut : le taux n'a pas de limite finie, donc gg n'est pas dérivable en 00. Sur la courbe (figure de la correction), les sécantes issues de l'origine ont des pentes 0,50{,}5, 11, 22, 44 : elles se redressent vers l'axe des ordonnées, qui est une tangente VERTICALE. Une droite verticale n'a pas de coefficient directeur, et c'est pourquoi la formule de b) ne s'applique pas en 00.

-112345-1123y = √x

Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger

Chacun des cinq élèves ci-dessous croit avoir démontré quelque chose. Chaque « démonstration » contient une faute de raisonnement : un cas particulier pris pour une preuve, un cercle vicieux, une réciproque confondue avec l'implication, une relation de Chasles mal écrite, un cas oublié.

Pour chacune, nommez la faute, donnez le calcul qui la met en évidence et écrivez l'énoncé juste.

  • a) « J'ai vérifié que 1=21−11=2^{1}-1 et que 1+2=22−11+2=2^{2}-1. Donc, pour tout n≥1n\geq 1, 1+2+⋯+n=2n−11+2+\cdots+n=2^{n}-1. »
  • b) « Dans le triangle équilatéral OANOAN de côté 11 de l'exercice 5, la hauteur NINI vaut sin⁡π3=32\sin\frac{\pi}{3}=\frac{\sqrt{3}}{2}. Donc sin⁡π3=NI=32\sin\frac{\pi}{3}=NI=\frac{\sqrt{3}}{2}, ce qui démontre la valeur. »
  • c) « Si ff est dérivable en aa, sa courbe admet une tangente au point d'abscisse aa. Réciproquement, si la courbe admet une tangente en ce point, ff est dérivable en aa. »
  • d) « Démonstration d'Al-Kashi : BC→=AB→+AC→\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AB}+\overrightarrow{AC}, donc BC2=AB2+AC2+2 AB×AC×cos⁡A^BC^{2}=AB^{2}+AC^{2}+2\,AB\times AC\times\cos\widehat{A}. »
  • e) « Si MM est un point du cercle de diamètre [AB][AB] distinct de AA et de BB, le triangle AMBAMB est rectangle en MM. Donc l'ensemble des points MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0 est ce cercle PRIVÉ de AA et de BB. »

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Réponses

  • a) Cas particulier : pour n=3n=3, 1+2+3=61+2+3=6 mais 23−1=72^{3}-1=7 ; la bonne formule est n(n+1)2\frac{n(n+1)}{2}
  • b) Cercle vicieux : on se sert de la valeur à démontrer ; il faut NI2=1−14=34NI^{2}=1-\frac{1}{4}=\frac{3}{4}
  • c) Réciproque fausse : la racine carrée a en 00 une tangente verticale sans être dérivable (taux 1h\frac{1}{\sqrt{h}})
  • d) Chasles : BC→=AC→−AB→\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB}, d'où le signe −- ; contrôle AB=AC=1AB=AC=1, A^=60∘\widehat{A}=60^{\circ} : BC2=1BC^{2}=1
  • e) AA et BB vérifient la condition (AA→=0⃗\overrightarrow{AA}=\vec{0}) : c'est le cercle ENTIER

a) Faute : deux cas particuliers pris pour une preuve. Le troisième cas suffit à réfuter : 1+2+3=61+2+3=6 alors que 23−1=72^{3}-1=7. L'élève a confondu deux sommes : 2n−12^{n}-1 est la valeur de 1+2+4+⋯+2n−11+2+4+\cdots+2^{n-1}, somme GÉOMÉTRIQUE de l'exercice 3, alors que 1+2+⋯+n1+2+\cdots+n vaut n(n+1)2\frac{n(n+1)}{2}, exercice 2. Des vérifications, même nombreuses, ne démontrent jamais une propriété portant sur tous les entiers ; un seul contre-exemple la réfute.

b) Faute : cercle vicieux. Pour démontrer que sin⁡π3=32\sin\frac{\pi}{3}=\frac{\sqrt{3}}{2}, l'élève utilise que NI=sin⁡π3=32NI=\sin\frac{\pi}{3}=\frac{\sqrt{3}}{2}, c'est-à-dire le résultat lui-même. La démonstration juste calcule NINI SANS trigonométrie : II est le milieu de [OA][OA], OI=12OI=\frac{1}{2}, puis Pythagore donne NI2=1−14=34NI^{2}=1-\frac{1}{4}=\frac{3}{4}, d'où NI=32NI=\frac{\sqrt{3}}{2}, et SEULEMENT alors sin⁡π3=NI\sin\frac{\pi}{3}=NI. Une démonstration n'utilise que ce qui est déjà établi.

c) Faute : réciproque confondue avec l'implication. L'implication est vraie, la réciproque est fausse. Contre-exemple : g(x)=xg(x)=\sqrt{x} en 00. Sa courbe admet en OO une tangente, l'axe des ordonnées, mais le taux hh=1h\frac{\sqrt{h}}{h}=\frac{1}{\sqrt{h}}, qui vaut 22 pour h=0,25h=0{,}25, n'a pas de limite finie : gg n'est pas dérivable en 00 (exercice 7). Énoncé juste : « si ff est dérivable en aa, la courbe admet en aa une tangente NON VERTICALE, de pente f′(a)f'(a) ».

d) Faute : relation de Chasles mal écrite. BC→=BA→+AC→=AC→−AB→\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{BA}+\overrightarrow{AC}=\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB}, avec un signe −-. Le signe erroné donne une formule fausse, que le cas équilatéral démasque : AB=AC=1AB=AC=1, A^=60∘\widehat{A}=60^{\circ} ; la bonne formule donne BC2=1+1−2×12=1BC^{2}=1+1-2\times\frac{1}{2}=1, soit BC=1BC=1, alors que la fausse donne 33. Un contrôle sur une figure connue (équilatéral, rectangle) devrait accompagner toute démonstration de formule.

e) Faute : un cas oublié, à cause d'une réciproque mal conduite. La condition MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0 ne demande pas que l'angle AMB^\widehat{AMB} existe : pour M=AM=A, AA→=0⃗\overrightarrow{AA}=\vec{0} et AA→⋅AB→=0\overrightarrow{AA}\cdot\overrightarrow{AB}=0, donc AA convient, et BB de même. La démonstration de l'exercice 10, MA→⋅MB→=MI2−IA2\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^{2}-IA^{2}, montre que l'ensemble est le cercle ENTIER de diamètre [AB][AB]. Seul l'énoncé en termes de triangle rectangle exclut AA et BB, qui ne forment pas de triangle.

Exercice 9 : Le rectangle qui s'agrandit : la dérivée d'un produit

Dans un logiciel d'animation, un rectangle s'agrandit. À l'instant tt, en secondes, sa longueur vaut L(t)=5+2tL(t)=5+2t et sa largeur ℓ(t)=3+t\ell(t)=3+t, en centimètres. Son aire est A(t)=L(t)×ℓ(t)A(t)=L(t)\times\ell(t), en cm2\text{cm}^{2}.

La figure montre le rectangle à l'instant 11, en traits pleins, et l'agrandissement entre les instants 11 et 1+h1+h, découpé en trois morceaux numérotés : on y note ΔL=L(1+h)−L(1)\Delta L=L(1+h)-L(1) et Δℓ=ℓ(1+h)−ℓ(1)\Delta\ell=\ell(1+h)-\ell(1). Le programme demande de démontrer la formule (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv'.

A(1)(1)(2)(3)L(1)ΔLℓ(1)Δℓ
  • a) Calculez A(1)A(1). Exprimez ΔL\Delta L et Δℓ\Delta\ell en fonction de hh, puis l'aire des morceaux (1), (2) et (3). Pour h=0,1h=0{,}1, calculez l'accroissement A(1+h)−A(1)A(1+h)-A(1).
  • b) Simplifiez le taux A(1+h)−A(1)h\dfrac{A(1+h)-A(1)}{h}, puis donnez A′(1)A'(1). Que devient la contribution du morceau (3) ? Interprétez A′(1)A'(1) en contexte.
  • c) Démonstration. Soit uu et vv deux fonctions dérivables en aa. En ajoutant et en retranchant un même terme au numérateur, montrez que u(a+h)v(a+h)−u(a)v(a)h=u(a+h)−u(a)h v(a+h)+u(a) v(a+h)−v(a)h\dfrac{u(a+h)v(a+h)-u(a)v(a)}{h}=\dfrac{u(a+h)-u(a)}{h}\,v(a+h)+u(a)\,\dfrac{v(a+h)-v(a)}{h}, puis concluez. Appliquez la formule obtenue pour calculer A′(3)A'(3).
  • d) Vérifiez en développant A(t)A(t), puis comparez A′(0)A'(0) avec le produit L′(0)×ℓ′(0)L'(0)\times\ell'(0). Que montre cette comparaison ?

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  • a) A(1)=28A(1)=28 ; ΔL=2h\Delta L=2h, Δℓ=h\Delta\ell=h ; morceaux 8h8h, 7h7h et 2h22h^{2} ; pour h=0,1h=0{,}1 : 1,52 cm21{,}52\ \text{cm}^{2}
  • b) Taux 15+2h15+2h, donc A′(1)=15 cm2/sA'(1)=15\ \text{cm}^{2}/\text{s} ; le coin donne 2h2h, qui tend vers 00
  • c) (uv)′(a)=u′(a)v(a)+u(a)v′(a)(uv)'(a)=u'(a)v(a)+u(a)v'(a) ; A′(t)=2(3+t)+(5+2t)A'(t)=2(3+t)+(5+2t), A′(3)=23A'(3)=23
  • d) A(t)=2t2+11t+15A(t)=2t^{2}+11t+15, A′(t)=4t+11A'(t)=4t+11 ; A′(0)=11A'(0)=11 alors que L′(0)ℓ′(0)=2L'(0)\ell'(0)=2 : (uv)′≠u′v′(uv)'\neq u'v'

a) A(1)=L(1)×ℓ(1)=7×4=28A(1)=L(1)\times\ell(1)=7\times 4=28. ΔL=5+2(1+h)−7=2h\Delta L=5+2(1+h)-7=2h et Δℓ=h\Delta\ell=h. L'agrandissement se découpe en trois rectangles : le morceau (1), de côtés ΔL\Delta L et ℓ(1)\ell(1), d'aire 4×2h=8h4\times 2h=8h ; le morceau (2), de côtés L(1)L(1) et Δℓ\Delta\ell, d'aire 7h7h ; le coin (3), de côtés ΔL\Delta L et Δℓ\Delta\ell, d'aire 2h×h=2h22h\times h=2h^{2}. Donc A(1+h)−A(1)=15h+2h2A(1+h)-A(1)=15h+2h^{2} ; pour h=0,1h=0{,}1 : 0,8+0,7+0,02=1,520{,}8+0{,}7+0{,}02=1{,}52. Contrôle direct : A(1,1)=7,2×4,1=29,52A(1{,}1)=7{,}2\times 4{,}1=29{,}52.

b) Pour h≠0h\neq 0 : 15h+2h2h=15+2h\dfrac{15h+2h^{2}}{h}=15+2h, qui tend vers 1515 quand hh tend vers 00. Donc A′(1)=15A'(1)=15 : à l'instant 11, l'aire augmente à la vitesse de 15 cm215\ \text{cm}^{2} par seconde. Les morceaux (1) et (2) donnent 8+78+7, soit ℓ(1)L′(1)+L(1)ℓ′(1)\ell(1)L'(1)+L(1)\ell'(1) ; le coin donne 2h2h dans le taux, qui tend vers 00 : il est « petit fois petit », et c'est lui qui disparaît à la limite.

c) Démonstration rédigée. On ajoute et on retranche u(a)v(a+h)u(a)v(a+h) au numérateur : u(a+h)v(a+h)−u(a)v(a)=[u(a+h)−u(a)]v(a+h)+u(a)[v(a+h)−v(a)]u(a+h)v(a+h)-u(a)v(a)=\left[u(a+h)-u(a)\right]v(a+h)+u(a)\left[v(a+h)-v(a)\right], et on divise par h≠0h\neq 0 pour obtenir l'égalité annoncée. Quand hh tend vers 00, le premier quotient tend vers u′(a)u'(a) et le second vers v′(a)v'(a), puisque uu et vv sont dérivables en aa ; de plus v(a+h)v(a+h) tend vers v(a)v(a) (on admet qu'une fonction dérivable en aa vérifie cette propriété). Donc le taux tend vers u′(a)v(a)+u(a)v′(a)u'(a)v(a)+u(a)v'(a) : uvuv est dérivable en aa et (uv)′=u′v+uv′(uv)'=u'v+uv'. Ici A′(t)=2(3+t)+(5+2t)×1=4t+11A'(t)=2(3+t)+(5+2t)\times 1=4t+11, et A′(3)=6×2+11=23A'(3)=6\times 2+11=23 ; en 11, on retrouve 1515.

d) A(t)=(5+2t)(3+t)=15+5t+6t+2t2=2t2+11t+15A(t)=(5+2t)(3+t)=15+5t+6t+2t^{2}=2t^{2}+11t+15, donc A′(t)=4t+11A'(t)=4t+11, identique au résultat de c). A′(0)=11A'(0)=11, alors que L′(0)×ℓ′(0)=2×1=2L'(0)\times\ell'(0)=2\times 1=2. La dérivée d'un produit n'est donc PAS le produit des dérivées : la figure le dit sans calcul, l'aire gagnée vient des deux bandes (1) et (2), chacune proportionnelle à l'AUTRE côté, et non du seul petit coin (3), qui est la partie qu'on néglige.

Exercice 10 : Chasles, puis développer : Al-Kashi et le cercle de diamètre [AB] sur un terrain

Un géomètre relève un terrain triangulaire ABCABC : AB=30AB=30 m, AC=50AC=50 m et BAC^=120∘\widehat{BAC}=120^{\circ} (figure). Il ne peut pas mesurer BCBC, un étang le coupe.

Il veut ensuite planter des piquets MM d'où la clôture [AB][AB] est vue sous un angle droit, c'est-à-dire tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0. On note II le milieu de [AB][AB]. Un arbre TT se trouve à 2020 m de II. Les deux démonstrations demandées par le programme reposent sur le même geste : décomposer un vecteur par la relation de Chasles, puis développer.

ABC30 m50 m120°
  • a) Démonstration d'Al-Kashi. Exprimez BC→\overrightarrow{BC} à l'aide de AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC}, développez BC2=BC→⋅BC→BC^{2}=\overrightarrow{BC}\cdot\overrightarrow{BC} et concluez. Calculez AB→⋅AC→\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC} puis BCBC sur le terrain.
  • b) Que devient la formule lorsque A^=90∘\widehat{A}=90^{\circ} ? Quelle longueur BCBC aurait-on avec les mêmes côtés et un angle de 60∘60^{\circ} ?
  • c) Démonstration. En écrivant MA→=MI→+IA→\overrightarrow{MA}=\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IA} et MB→=MI→+IB→\overrightarrow{MB}=\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IB}, montrez que MA→⋅MB→=MI2−IA2\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^{2}-IA^{2} pour tout point MM. Calculez IAIA et TA→⋅TB→\overrightarrow{TA}\cdot\overrightarrow{TB} pour l'arbre.
  • d) Déduisez-en l'ensemble des points MM tels que MA→⋅MB→=0\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0 et son rayon. Depuis l'arbre, sous quel angle voit-on la clôture ?

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  • a) BC→=AC→−AB→\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB} ; BC2=AB2+AC2−2 AB×ACcos⁡A^BC^{2}=AB^{2}+AC^{2}-2\,AB\times AC\cos\widehat{A} ; produit scalaire −750-750, BC=70BC=70 m
  • b) cos⁡90∘=0\cos 90^{\circ}=0 : Pythagore ; à 60∘60^{\circ}, BC2=1 900BC^{2}=1\,900, BC≈43,59BC\approx 43{,}59 m
  • c) MA→⋅MB→=MI2−IA2\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=MI^{2}-IA^{2} ; IA=15IA=15 m et TA→⋅TB→=400−225=175\overrightarrow{TA}\cdot\overrightarrow{TB}=400-225=175
  • d) Le cercle de diamètre [AB][AB] (AA et BB compris), de rayon 1515 m ; TT est dehors, l'angle ATB^\widehat{ATB} est aigu

a) Démonstration rédigée. Par la relation de Chasles, BC→=BA→+AC→=AC→−AB→\overrightarrow{BC}=\overrightarrow{BA}+\overrightarrow{AC}=\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB}. Donc BC2=(AC→−AB→)⋅(AC→−AB→)=AC2−2 AB→⋅AC→+AB2BC^{2}=\left(\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB}\right)\cdot\left(\overrightarrow{AC}-\overrightarrow{AB}\right)=AC^{2}-2\,\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}+AB^{2}, par bilinéarité et symétrie. Or AB→⋅AC→=AB×AC×cos⁡A^\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=AB\times AC\times\cos\widehat{A}, d'où BC2=AB2+AC2−2 AB×ACcos⁡A^BC^{2}=AB^{2}+AC^{2}-2\,AB\times AC\cos\widehat{A}. Sur le terrain : AB→⋅AC→=30×50×(−12)=−750\overrightarrow{AB}\cdot\overrightarrow{AC}=30\times 50\times\left(-\frac{1}{2}\right)=-750, et BC2=900+2 500+1 500=4 900BC^{2}=900+2\,500+1\,500=4\,900, donc BC=70BC=70 m, sans traverser l'étang.

b) Pour A^=90∘\widehat{A}=90^{\circ}, cos⁡A^=0\cos\widehat{A}=0 et la formule devient BC2=AB2+AC2BC^{2}=AB^{2}+AC^{2} : Al-Kashi GÉNÉRALISE Pythagore, le terme −2 AB×ACcos⁡A^-2\,AB\times AC\cos\widehat{A} mesurant l'écart à l'angle droit. Avec 60∘60^{\circ} : BC2=900+2 500−2×30×50×12=1 900BC^{2}=900+2\,500-2\times 30\times 50\times\frac{1}{2}=1\,900, donc BC=1 900=1019≈43,59BC=\sqrt{1\,900}=10\sqrt{19}\approx 43{,}59 m. Un angle obtus rend le produit scalaire négatif et allonge BCBC, un angle aigu le raccourcit : c'est un contrôle de vraisemblance immédiat.

c) Démonstration rédigée. II est le milieu de [AB][AB], donc IB→=−IA→\overrightarrow{IB}=-\overrightarrow{IA}. Pour tout point MM : MA→⋅MB→=(MI→+IA→)⋅(MI→−IA→)=MI2−MI→⋅IA→+IA→⋅MI→−IA2=MI2−IA2\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=\left(\overrightarrow{MI}+\overrightarrow{IA}\right)\cdot\left(\overrightarrow{MI}-\overrightarrow{IA}\right)=MI^{2}-\overrightarrow{MI}\cdot\overrightarrow{IA}+\overrightarrow{IA}\cdot\overrightarrow{MI}-IA^{2}=MI^{2}-IA^{2}, les deux termes du milieu s'annulant par symétrie du produit scalaire. Ici IA=302=15IA=\frac{30}{2}=15 m, et pour l'arbre TA→⋅TB→=202−152=400−225=175\overrightarrow{TA}\cdot\overrightarrow{TB}=20^{2}-15^{2}=400-225=175. Le résultat ne dépend que de la distance TITI : aucune coordonnée n'a servi.

d) MA→⋅MB→=0  ⟺  MI2=IA2  ⟺  MI=IA\overrightarrow{MA}\cdot\overrightarrow{MB}=0\iff MI^{2}=IA^{2}\iff MI=IA, car ce sont des longueurs positives. L'ensemble cherché est le cercle de centre II et de rayon IA=15IA=15 m, c'est-à-dire le cercle de diamètre [AB][AB], points AA et BB compris puisque AA→=0⃗\overrightarrow{AA}=\vec{0} (figure de la correction). Les équivalences donnent les deux sens à la fois : tout point du cercle convient, et seuls eux. Pour l'arbre, TA→⋅TB→=175>0\overrightarrow{TA}\cdot\overrightarrow{TB}=175>0, donc cos⁡ATB^>0\cos\widehat{ATB}>0 : TT, à 2020 m de II, est HORS du cercle et voit la clôture sous un angle aigu. Un point intérieur la verrait sous un angle obtus.

ABIMT

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1spe-demonstrations. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

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