Spécialité maths, Première à Montréal • Devoir commun

Devoir commun corrigé de spécialité mathématiques de Première, avec calculatrice

Voici un devoir commun corrigé de spécialité mathématiques de Première, du type de ceux que les lycées français organisent en cours d'année. Contrairement à un contrôle de chapitre, un devoir commun balaie le programme ENTIER : réviser un chapitre en profondeur en négligeant les autres n'y sert à rien.

Ce devoir ne suit PAS le format de l'épreuve anticipée de mathématiques de fin de Première. L'épreuve anticipée dure deux heures, se passe sans calculatrice et compte deux parties, des automatismes sur 6 points puis trois exercices sur 14 points ; ce devoir dure deux heures et demie, autorise la calculatrice et plusieurs de ses questions en ont besoin. Pour s'entraîner au format officiel, faites l'épreuve anticipée de mathématiques blanche, écrite sur le programme de Première en vigueur depuis la rentrée 2026.

Les trois parties ont des logiques différentes. Les automatismes se jouent à la vitesse et à la résistance aux distracteurs. Les exercices classiques évaluent la conduite complète d'une étude, avec la rédaction attendue. Les problèmes demandent de modéliser seul, de choisir les outils et de conclure en revenant à la question posée.

Faites ce devoir en conditions réelles : 150 minutes chronométrées, calculatrice autorisée, en laissant toutes les traces de votre démarche.

Série autocorrigée Tape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.

Ce chapitre fait partie de Spécialité mathématiques en Première

Rappel de cours

  • • Partie A, 20 points en 30 minutes environ : c'est la partie la plus rentable, chaque point s'y obtenant en une minute contre cinq à dix en partie C. Ne vous y attardez jamais.
  • • Suite arithmético-géométrique un+1=aun+bu_{n+1}=au_{n}+b : on cherche le point fixe ℓ=aℓ+b\ell=a\ell+b, on pose vn=un−ℓv_{n}=u_{n}-\ell, et (vn)(v_{n}) est géométrique de raison aa.
  • • Sur un intervalle FERMÉ, les extremums globaux se cherchent aussi aux BORNES, pas seulement là où la dérivée s'annule.
  • • L'exponentielle ne s'annule jamais : dans une étude de signe, on la factorise et on l'écarte.
  • • Aire d'un triangle : A=12×base×hauteur\mathcal{A}=\frac{1}{2}\times\text{base}\times\text{hauteur}, la hauteur s'obtenant par le projeté orthogonal du sommet sur la base. La formule du déterminant 12∣x y′−y x′∣\frac{1}{2}\left|x\,y'-y\,x'\right|, utilisée en complément à l'exercice 7, n'est pas au programme de Première.
  • • Probabilités conditionnelles : PM(T)P_{M}(T) et PT(M)P_{T}(M) ne sont PAS la même chose. On passe de l'une à l'autre par PT(M)=P(M)×PM(T)P(T)P_{T}(M)=\frac{P(M)\times P_{M}(T)}{P(T)}, avec P(T)P(T) obtenue par les probabilités totales.
  • • Un jeu est équitable lorsque l'espérance de gain est NULLE, et non lorsque les chances de gagner et de perdre sont égales.

Partie A : automatismes (/20 • environ 30 minutes)

Exercice 1 : Automatismes : algèbre, dérivation, suites, vecteurs

Une seule réponse est exacte. Aucune justification n'est demandée.

  • 1) Les racines de 3x2−5x−23x^{2}-5x-2 sont : A) 22 et −13-\frac{1}{3} • B) −2-2 et 13\frac{1}{3} • C) 11 et −2-2 • D) il n'y en a pas
  • 2) Si f(x)=x3−3x2f(x)=x^{3}-3x^{2}, alors f′(1)f'(1) vaut : A) −2-2 • B) −3-3 • C) 33 • D) 00
  • 3) La suite géométrique de premier terme u0=5u_{0}=5 et de raison 1,21{,}2 vérifie u4=u_{4}= : A) 10,36810{,}368 • B) 1212 • C) 8,648{,}64 • D) 10,810{,}8
  • 4) Les vecteurs u⃗(3 ; −1)\vec{u}(3\ ;\ -1) et v⃗(2 ; 6)\vec{v}(2\ ;\ 6) sont : A) colinéaires • B) orthogonaux • C) égaux • D) de même norme

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/4

1)
2)
3)
4)
Voir la correction

Réponses

  • 1) A : 22 et −13-\frac{1}{3}
  • 2) B : −3-3
  • 3) A : 10,36810{,}368
  • 4) B : orthogonaux

1) Réponse A. Le discriminant vaut Δ=(−5)2−4×3×(−2)=25+24=49\Delta=(-5)^{2}-4\times 3\times(-2)=25+24=49, en veillant au double signe moins qui produit un +24+24. Donc Δ=7\sqrt{\Delta}=7 et x=5±76x=\frac{5\pm 7}{6}, soit x=2x=2 et x=−13x=-\frac{1}{3}. Contrôle immédiat par le produit des racines : 2×(−13)=−23=ca2\times\left(-\frac{1}{3}\right)=-\frac{2}{3}=\frac{c}{a} ✓, ce qui élimine la réponse B dont le produit vaudrait aussi −23-\frac{2}{3} mais dont la somme, −53-\frac{5}{3}, ne correspond pas à −ba=53-\frac{b}{a}=\frac{5}{3}.

2) Réponse B. f′(x)=3x2−6xf'(x)=3x^{2}-6x, donc f′(1)=3−6=−3f'(1)=3-6=-3. La réponse A correspondrait à f(1)=1−3=−2f(1)=1-3=-2, c'est-à-dire à la confusion entre la fonction et sa dérivée, qui est l'erreur la plus fréquente de ce type de question.

3) Réponse A. Pour une suite géométrique, un=u0×qnu_{n}=u_{0}\times q^{n}, donc u4=5×1,24=5×2,0736=10,368u_{4}=5\times 1{,}2^{4}=5\times 2{,}0736=10{,}368. La réponse C, 8,648{,}64, vaut 5×1,235\times 1{,}2^{3} : c'est l'erreur de RANG, qui consiste à oublier que la suite démarre à u0u_{0} et non à u1u_{1}, et donc à ne compter que trois multiplications au lieu de quatre. On notera au passage que le raisonnement arithmétique, quatre hausses de 20 %20\ \% valant une hausse de 80 %80\ \%, donnerait 5×1,8=95\times 1{,}8=9, une valeur qui ne figure même pas parmi les propositions : la hausse réelle est de 107,36 %107{,}36\ \%.

4) Réponse B. Le produit scalaire vaut 3×2+(−1)×6=6−6=03\times 2+(-1)\times 6=6-6=0, donc les vecteurs sont ORTHOGONAUX. Ils ne sont pas colinéaires, puisque 3×6−(−1)×2=20≠03\times 6-(-1)\times 2=20\neq 0, et leurs normes diffèrent : 10\sqrt{10} contre 40\sqrt{40}.

La partie A d'un devoir commun se joue sur la vitesse et sur la résistance aux distracteurs, qui ne sont jamais choisis au hasard. Chacune des quatre mauvaises réponses proposées ici correspond à une erreur identifiable : signe mal traité dans le discriminant, confusion entre ff et f′f', modèle arithmétique plaqué sur une suite géométrique, colinéarité confondue avec orthogonalité. Le réflexe payant est de faire, pour chaque question, un contrôle indépendant du calcul principal, comme le produit des racines en 1) ou le déterminant en 4).

Coche ici les exercices faits ou à revoir : un compte gratuit, sans mot de passe, retient tes coches d'une visite à l'autre et te dit quel chapitre attaquer ensuite. Crée ton espace, un courriel suffit.

Exercice 2 : Automatismes : exponentielle, trigonométrie, variable aléatoire

Répondez directement, sans rédiger.

  • 1) Résolvez e2x−1=1\mathrm{e}^{2x-1}=1.
  • 2) Donnez la valeur exacte de cos⁡(2π3)\cos\left(\frac{2\pi}{3}\right).
  • 3) La variable aléatoire XX prend les valeurs 00, 11 et 22 avec les probabilités 0,400{,}40, 0,350{,}35 et 0,250{,}25. Calculez E(X)E(X).

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/3

1)
2)
3)
Voir la correction

Réponses

  • 1) x=12x=\frac{1}{2}
  • 2) −12-\frac{1}{2}
  • 3) E(X)=0,85E(X)=0{,}85

1) L'exponentielle vaut 11 exactement en 00, et elle est strictement monotone donc injective : e2x−1=1=e0\mathrm{e}^{2x-1}=1=\mathrm{e}^{0} équivaut à 2x−1=02x-1=0, soit x=12x=\frac{1}{2}. La justification par l'injectivité, c'est-à-dire par le fait que ea=eb\mathrm{e}^{a}=\mathrm{e}^{b} entraîne a=ba=b, est ce qui rend le passage légitime ; sans elle, on ne pourrait pas identifier les exposants.

2) L'angle 2π3\frac{2\pi}{3} se situe dans le DEUXIÈME quadrant, où le cosinus est négatif, et son angle de référence vaut π−2π3=π3\pi-\frac{2\pi}{3}=\frac{\pi}{3}. Donc cos⁡(2π3)=−cos⁡(π3)=−12\cos\left(\frac{2\pi}{3}\right)=-\cos\left(\frac{\pi}{3}\right)=-\frac{1}{2}. Le signe ne vient jamais du calcul, il vient du quadrant : c'est la règle qui évite d'apprendre par cœur les valeurs des quatre quadrants.

3) E(X)=0×0,40+1×0,35+2×0,25=0+0,35+0,50=0,85E(X)=0\times 0{,}40+1\times 0{,}35+2\times 0{,}25=0+0{,}35+0{,}50=0{,}85. Contrôle préalable indispensable, qui prend deux secondes : la somme des probabilités doit valoir 11, et 0,40+0,35+0,25=10{,}40+0{,}35+0{,}25=1 ✓. Contrôle de plausibilité ensuite : l'espérance doit être comprise entre la plus petite et la plus grande valeur prise, donc entre 00 et 22, et 0,850{,}85 y est ✓.

Ces trois questions portent sur trois chapitres sans rapport apparent, et c'est délibéré : un devoir commun de Première évalue la couverture du programme entier, alors qu'un contrôle ordinaire porte sur un chapitre. La conséquence pratique est qu'il ne sert à rien de réviser un chapitre en profondeur en négligeant les autres. La partie A pèse ici un cinquième de la note pour un cinquième du temps, mais elle est de loin la plus rentable, chaque point s'y obtenant en une minute contre cinq à dix minutes en partie C.

Exercice 3 : Automatismes : géométrie repérée

Le plan est rapporté à un repère orthonormé. On note Ω(3 ; −2)\Omega(3\ ;\ -2) et A(7 ; 1)A(7\ ;\ 1).

  • 1) Donnez une équation du cercle de centre Ω\Omega et de rayon 55, sous forme développée.
  • 2) Vérifiez que AA appartient à ce cercle.
  • 3) Déterminez une équation de la tangente au cercle en AA.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/3

1)
2)
3)
Voir la correction

Réponses

  • 1) x2+y2−6x+4y−12=0x^{2}+y^{2}-6x+4y-12=0
  • 2) ΩA=5\Omega A=5
  • 3) 4x+3y−31=04x+3y-31=0

1) L'équation réduite est (x−3)2+(y+2)2=25(x-3)^{2}+(y+2)^{2}=25, en prenant garde au signe de l'ordonnée du centre, qui donne y−(−2)=y+2y-(-2)=y+2. On développe : x2−6x+9+y2+4y+4=25x^{2}-6x+9+y^{2}+4y+4=25, soit x2+y2−6x+4y−12=0x^{2}+y^{2}-6x+4y-12=0.

2) On substitue : ΩA⃗(7−3 ; 1−(−2))=(4 ; 3)\vec{\Omega A}(7-3\ ;\ 1-(-2))=(4\ ;\ 3), donc ΩA=16+9=25=5\Omega A=\sqrt{16+9}=\sqrt{25}=5 ✓, qui est bien le rayon. Par la forme développée on retrouve la même chose : 49+1−42+4−12=049+1-42+4-12=0 ✓. Les deux vérifications sont équivalentes, mais la première a l'avantage de fournir au passage le vecteur ΩA⃗\vec{\Omega A}, dont la question suivante a besoin.

3) La tangente en AA est la droite PERPENDICULAIRE au rayon [ΩA][\Omega A] passant par AA. Un vecteur normal en est donc ΩA⃗(4 ; 3)\vec{\Omega A}(4\ ;\ 3), et l'équation s'écrit 4(x−7)+3(y−1)=04(x-7)+3(y-1)=0, soit 4x+3y−31=04x+3y-31=0, c'est-à-dire 4x+3y=314x+3y=31. Contrôle : AA y appartient, puisque 4×7+3×1=28+3=314\times 7+3\times 1=28+3=31 ✓, et le centre n'y appartient pas, puisque 4×3+3×(−2)=12−6=6≠314\times 3+3\times(-2)=12-6=6\neq 31 ✓.

Le raccourci utilisé en 3) mérite d'être retenu, car il évite un calcul de pente et son inversion : dans une équation ax+by+c=0ax+by+c=0, le couple (a ; b)(a\ ;\ b) est un vecteur NORMAL à la droite. Il suffit donc de connaître un point et une direction perpendiculaire pour écrire l'équation d'un trait, sans jamais passer par le coefficient directeur ni traiter à part le cas de la droite verticale. On peut vérifier la cohérence autrement : la distance du centre à la tangente doit valoir exactement le rayon, et ∣4×3+3×(−2)−31∣16+9=∣−25∣5=5\frac{|4\times 3+3\times(-2)-31|}{\sqrt{16+9}}=\frac{|-25|}{5}=5 ✓.

Partie B : exercices classiques (/40 • environ 60 minutes)

Exercice 4 : Une suite arithmético-géométrique

Un lac contient 200 tonnes d'un polluant. Chaque année, une station de traitement en élimine 25 pour cent, mais 30 tonnes supplémentaires sont rejetées par les industries riveraines.

On note unu_{n} la masse de polluant, en tonnes, au bout de nn années, avec u0=200u_{0}=200.

  • a) Justifiez que un+1=0,75 un+30u_{n+1}=0{,}75\,u_{n}+30, puis calculez u1u_{1}, u2u_{2} et u3u_{3}.
  • b) Déterminez le réel ℓ\ell tel que ℓ=0,75 ℓ+30\ell=0{,}75\,\ell+30.
  • c) On pose vn=un−ℓv_{n}=u_{n}-\ell. Démontrez que (vn)(v_{n}) est géométrique et donnez son terme général.
  • d) Exprimez unu_{n} en fonction de nn et déterminez la limite de la suite.
  • e) Au bout de combien d'années la masse passe-t-elle sous 125 tonnes ?

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/9

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) un+1=0,75 un+30u_{n+1}=0{,}75\,u_{n}+30 ; 180180, 165165, 153,75153{,}75
  • b) ℓ=120\ell=120
  • c) Géométrique de raison 0,750{,}75 : vn=80×0,75nv_{n}=80\times 0{,}75^{n}
  • d) un=120+80×0,75nu_{n}=120+80\times 0{,}75^{n}, limite 120120 tonnes
  • e) Au bout de 1010 ans

a) Éliminer 25 %25\ \% revient à MULTIPLIER par 0,750{,}75, et non à soustraire 2525 : c'est le point que l'énoncé teste. On ajoute ensuite les 3030 tonnes rejetées, d'où un+1=0,75 un+30u_{n+1}=0{,}75\,u_{n}+30. Les premiers termes valent u1=0,75×200+30=150+30=180u_{1}=0{,}75\times 200+30=150+30=180 ; u2=0,75×180+30=135+30=165u_{2}=0{,}75\times 180+30=135+30=165 ; u3=0,75×165+30=123,75+30=153,75u_{3}=0{,}75\times 165+30=123{,}75+30=153{,}75. La masse décroît, mais les baisses successives s'amenuisent : −20-20, puis −15-15, puis −11,25-11{,}25.

b) ℓ=0,75ℓ+30\ell=0{,}75\ell+30 donne 0,25ℓ=300{,}25\ell=30, donc ℓ=120\ell=120. Ce nombre est le POINT FIXE de la relation : si la masse valait exactement 120120 tonnes, l'élimination de 25 %25\ \% retirerait 3030 tonnes, soit exactement ce que les industries rejettent, et la situation serait stationnaire.

c) vn+1=un+1−120=0,75 un+30−120=0,75 un−90=0,75(un−120)=0,75 vnv_{n+1}=u_{n+1}-120=0{,}75\,u_{n}+30-120=0{,}75\,u_{n}-90=0{,}75\left(u_{n}-120\right)=0{,}75\,v_{n}. La suite (vn)(v_{n}) est donc GÉOMÉTRIQUE de raison q=0,75q=0{,}75, de premier terme v0=200−120=80v_{0}=200-120=80. Son terme général est vn=80×0,75nv_{n}=80\times 0{,}75^{n}. La factorisation par 0,750{,}75 est l'étape décisive, et elle ne fonctionne que parce qu'on a retranché le bon nombre.

d) un=vn+120=120+80×0,75nu_{n}=v_{n}+120=120+80\times 0{,}75^{n}. Contrôle sur u2u_{2} : 120+80×0,5625=120+45=165120+80\times 0{,}5625=120+45=165 ✓, conforme à a). Comme −1<0,75<1-1<0{,}75<1, le terme 0,75n0{,}75^{n} tend vers 00, donc unu_{n} tend vers 120120 tonnes. La suite décroît vers cette valeur sans jamais l'atteindre, puisque 80×0,75n80\times 0{,}75^{n} reste strictement positif.

e) On résout 120+80×0,75n<125120+80\times 0{,}75^{n}<125, soit 80×0,75n<580\times 0{,}75^{n}<5, c'est-à-dire 0,75n<0,06250{,}75^{n}<0{,}0625. La suite (0,75 n)\left(0{,}75^{\,n}\right) est strictement décroissante ; la calculatrice donne 0,759≈0,07510{,}75^{9}\approx 0{,}0751, encore trop grand, et 0,7510≈0,05630{,}75^{10}\approx 0{,}0563, qui convient. Le plus petit entier convenant est n=10n=10. Double vérification autour du seuil : u9≈126,01>125u_{9}\approx 126{,}01>125 et u10≈124,51<125u_{10}\approx 124{,}51<125 ✓.

L'interprétation vaut la peine d'être écrite, car un devoir commun la valorise autant que le calcul. La dépollution seule ne peut PAS descendre sous 120120 tonnes tant que les rejets continuent : le lac se stabilise à un plancher fixé par le rapport entre le rejet annuel et le taux d'élimination, ici 300,25\frac{30}{0{,}25}. Pour atteindre 100100 tonnes, il faudrait agir sur l'une des deux causes, en portant l'élimination à 30 %30\ \%, ce qui donnerait un plancher de 300,30=100\frac{30}{0{,}30}=100 tonnes, ou en ramenant les rejets à 2525 tonnes par an. Ce genre de conclusion, qui remonte du calcul vers la décision, est exactement ce que la partie C demandera de faire seul.

Exercice 5 : Étude d'une fonction polynomiale sur un intervalle fermé

Soit ff la fonction définie sur l'intervalle [−3 ; 5][-3\ ;\ 5] par f(x)=x3−3x2−9x+5f(x)=x^{3}-3x^{2}-9x+5.

  • a) Calculez f′(x)f'(x) et factorisez-la.
  • b) Dressez le tableau de variation de ff sur [−3 ; 5][-3\ ;\ 5].
  • c) Donnez les extremums locaux de ff.
  • d) Déterminez le maximum et le minimum de ff sur [−3 ; 5][-3\ ;\ 5].
  • e) Déterminez une équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 00.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/7

a)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) f′(x)=3(x−3)(x+1)f'(x)=3(x-3)(x+1)
  • b) Croissante sur [−3;−1][-3;-1], décroissante sur [−1;3][-1;3], croissante sur [3;5][3;5]
  • c) Maximum local 1010 en −1-1, minimum local −22-22 en 33
  • d) Maximum 1010 (en −1-1 et 55), minimum −22-22 (en −3-3 et 33)
  • e) y=−9x+5y=-9x+5

a) f′(x)=3x2−6x−9=3(x2−2x−3)f'(x)=3x^{2}-6x-9=3\left(x^{2}-2x-3\right). Le trinôme entre parenthèses a pour racines évidentes 33 et −1-1, de somme 22 et de produit −3-3, d'où f′(x)=3(x−3)(x+1)f'(x)=3(x-3)(x+1). La factorisation n'est pas facultative : c'est elle, et non la valeur de f′f', qui permet l'étude de signe.

b) Le coefficient dominant de f′f' étant positif, la dérivée est positive à l'EXTÉRIEUR de ses racines et négative entre elles. Sur [−3 ; 5][-3\,;\,5], cela donne trois plages : ff est croissante sur [−3 ; −1][-3\,;\,-1], décroissante sur [−1 ; 3][-1\,;\,3], puis croissante sur [3 ; 5][3\,;\,5]. On vérifie sur un point par plage : f′(−2)=12+12−9=15>0f'(-2)=12+12-9=15>0 ✓, f′(0)=−9<0f'(0)=-9<0 ✓ et f′(4)=48−24−9=15>0f'(4)=48-24-9=15>0 ✓.

c) Le passage de croissante à décroissante en x=−1x=-1 signale un MAXIMUM local : f(−1)=−1−3+9+5=10f(-1)=-1-3+9+5=10. Le passage inverse en x=3x=3 signale un MINIMUM local : f(3)=27−27−27+5=−22f(3)=27-27-27+5=-22.

d) Sur un intervalle FERMÉ, il faut comparer les extremums locaux aux valeurs aux BORNES, faute de quoi la réponse est incomplète. Ici f(−3)=−27−27+27+5=−22f(-3)=-27-27+27+5=-22 et f(5)=125−75−45+5=10f(5)=125-75-45+5=10. Le maximum de ff sur [−3 ; 5][-3\,;\,5] vaut donc 1010, atteint en x=−1x=-1 ET en x=5x=5, et le minimum vaut −22-22, atteint en x=−3x=-3 ET en x=3x=3. Les deux extremums sont donc atteints chacun deux fois, ce qui est le genre de coïncidence que l'énoncé a préparée.

e) f(0)=5f(0)=5 et f′(0)=−9f'(0)=-9. L'équation de la tangente au point d'abscisse aa étant y=f′(a)(x−a)+f(a)y=f'(a)(x-a)+f(a), on obtient y=−9(x−0)+5y=-9(x-0)+5, soit y=−9x+5y=-9x+5. La pente négative est cohérente avec le fait que 00 appartient à la plage décroissante [−1 ; 3][-1\,;\,3] ✓.

La coïncidence relevée en d) n'en est pas une : la courbe d'une fonction du troisième degré est SYMÉTRIQUE par rapport au point d'abscisse x=1x=1, milieu des deux abscisses des extremums. L'intervalle [−3 ; 5][-3\,;\,5] est justement centré sur 11, ce qui apparie les bornes aux extremums locaux. On vérifie la symétrie sur d'autres couples : f(1−d)+f(1+d)f(1-d)+f(1+d) doit valoir 2f(1)=2×(1−3−9+5)=−122f(1)=2\times(1-3-9+5)=-12 pour tout dd, et par exemple f(0)+f(2)=5+(−17)=−12f(0)+f(2)=5+(-17)=-12 ✓. Repérer cette structure fait gagner du temps et rassure sur les calculs.

Exercice 6 : Une fonction avec exponentielle

Soit ff la fonction définie sur R\mathbb{R} par f(x)=(x−1)exf(x)=(x-1)\mathrm{e}^{x}.

  • a) Calculez f′(x)f'(x) et déterminez son signe.
  • b) Dressez le tableau de variation de ff et donnez son minimum.
  • c) Calculez f(2)f(2) au centième, puis justifiez que f(x)<0f(x)<0 pour tout x<1x<1.
  • d) Résolvez f(x)=0f(x)=0, puis f(x)=−1f(x)=-1.
  • e) Déterminez une équation de la tangente au point d'abscisse 00 et interprétez.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) f′(x)=x exf'(x)=x\,\mathrm{e}^{x}, du signe de xx
  • b) Minimum −1-1 en x=0x=0
  • c) f(2)=e2≈7,39f(2)=\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39 ; f(x)<0f(x)<0 pour x<1x<1
  • d) f(x)=0f(x)=0 : x=1x=1 ; f(x)=−1f(x)=-1 : x=0x=0
  • e) y=−1y=-1 : tangente horizontale au minimum

a) On dérive le produit : f′(x)=1×ex+(x−1)×ex=(1+x−1)ex=x exf'(x)=1\times\mathrm{e}^{x}+(x-1)\times\mathrm{e}^{x}=\left(1+x-1\right)\mathrm{e}^{x}=x\,\mathrm{e}^{x}. La simplification finale est ce qui rend la question facile : l'exponentielle étant STRICTEMENT POSITIVE, on la factorise et on l'écarte, et f′f' a exactement le signe de xx. Elle est donc négative sur ]−∞ ; 0[]-\infty\,;\,0[ et positive sur ]0 ; +∞[]0\,;\,+\infty[.

b) La fonction ff est donc décroissante sur ]−∞ ; 0]]-\infty\,;\,0] puis croissante sur [0 ; +∞[[0\,;\,+\infty[. Le minimum est atteint en x=0x=0 et vaut f(0)=(0−1)e0=−1f(0)=(0-1)\mathrm{e}^{0}=-1. C'est un minimum GLOBAL, la fonction n'étant monotone que de part et d'autre de ce point unique.

c) f(2)=(2−1) e2=e2≈7,39f(2)=(2-1)\,\mathrm{e}^{2}=\mathrm{e}^{2}\approx 7{,}39. Pour x<1x<1, le facteur x−1x-1 est strictement NÉGATIF et ex\mathrm{e}^{x} strictement positif : leur produit est strictement négatif. Pour x>1x>1 au contraire f(x)>0f(x)>0, et f(1)=0f(1)=0 : la fonction ne change de signe qu'en 11, ce que confirmera la question d). Le signe d'un produit se lit facteur par facteur, et l'exponentielle n'y apporte jamais de changement de signe.

d) f(x)=0f(x)=0 équivaut à (x−1)ex=0(x-1)\mathrm{e}^{x}=0. Un produit est nul si l'un de ses facteurs l'est, et l'exponentielle ne s'annule JAMAIS : il reste x−1=0x-1=0, soit x=1x=1, unique solution. Pour f(x)=−1f(x)=-1, on n'essaie pas de résoudre algébriquement : d'après b), le minimum de ff vaut −1-1 et il est atteint au seul point x=0x=0. La valeur −1-1 n'est donc prise qu'une fois, et l'unique solution est x=0x=0.

e) f(0)=−1f(0)=-1 et f′(0)=0×e0=0f'(0)=0\times\mathrm{e}^{0}=0, donc la tangente a pour équation y=0×(x−0)+(−1)y=0\times(x-0)+(-1), soit y=−1y=-1 : elle est HORIZONTALE. C'est cohérent avec b), une tangente horizontale étant précisément la signature d'un extremum, et la courbe reste au-dessus de cette tangente puisque −1-1 est le minimum.

Le raisonnement de d) mérite d'être souligné, car il illustre une habitude payante : on répond à une équation par une lecture du TABLEAU DE VARIATION plutôt que par un calcul. Résoudre (x−1)ex=−1(x-1)\mathrm{e}^{x}=-1 algébriquement est impossible au niveau Première, et hors de portée même au-delà sans fonction spéciale ; l'étude de la fonction, elle, donne la réponse en une ligne. La même lecture permet de répondre à toute question du type combien de solutions : l'équation f(x)=kf(x)=k admet zéro solution si k<−1k<-1, une seule si k=−1k=-1, et deux si −1<k<0-1<k<0, puis une seule dès que k≥0k\geq 0, puisque ff reste négative à gauche de 11 et, comme on le montrera en Terminale, se rapproche de 00 quand xx devient très négatif.

-4-3-2-112-2-112345678y = -1

Exercice 7 : Produit scalaire et aire d'un triangle

Dans un repère orthonormé, on donne A(1 ; 2)A(1\ ;\ 2), B(5 ; 4)B(5\ ;\ 4) et C(2 ; 6)C(2\ ;\ 6).

Pour la question e), la formule de l'aire 12∣x y′−y x′∣\frac{1}{2}\left|x\,y'-y\,x'\right| par le déterminant, qu'utilise la seconde méthode du corrigé, n'est pas au programme de Première : le programme demande de passer par le projeté orthogonal HH de la question d), puis base fois hauteur divisé par deux, ce qui est la première méthode du corrigé.

-11234567-112345678ABC
  • a) Calculez AB⃗⋅AC⃗\vec{AB}\cdot\vec{AC}, puis les normes ∥AB⃗∥\|\vec{AB}\| et ∥AC⃗∥\|\vec{AC}\|.
  • b) Déduisez-en une valeur approchée de l'angle BAC^\widehat{BAC} au centième de degré.
  • c) Le triangle est-il rectangle ? Justifiez.
  • d) Déterminez les coordonnées du projeté orthogonal HH de CC sur (AB)(AB).
  • e) Calculez l'aire du triangle ABCABC de deux façons.

Tape tes réponses, la page te dit juste ou faux 0/8

a)
b)
c)
d)
e)
Voir la correction

Réponses

  • a) 1212 ; 25≈4,4722\sqrt{5}\approx 4{,}472 ; 17≈4,123\sqrt{17}\approx 4{,}123
  • b) BAC^≈49,40∘\widehat{BAC}\approx 49{,}40^{\circ}
  • c) Non : aucun des trois produits scalaires n'est nul
  • d) H(3,4 ;3,2)H(3{,}4\,;3{,}2)
  • e) Aire 77

a) AB⃗(5−1 ; 4−2)=(4 ; 2)\vec{AB}(5-1\ ;\ 4-2)=(4\ ;\ 2) et AC⃗(2−1 ; 6−2)=(1 ; 4)\vec{AC}(2-1\ ;\ 6-2)=(1\ ;\ 4). Le produit scalaire vaut AB⃗⋅AC⃗=4×1+2×4=4+8=12\vec{AB}\cdot\vec{AC}=4\times 1+2\times 4=4+8=12, valeur POSITIVE, donc l'angle en AA est aigu. Les normes valent ∥AB⃗∥=16+4=20=25≈4,472\|\vec{AB}\|=\sqrt{16+4}=\sqrt{20}=2\sqrt{5}\approx 4{,}472 et ∥AC⃗∥=1+16=17≈4,123\|\vec{AC}\|=\sqrt{1+16}=\sqrt{17}\approx 4{,}123.

b) cos⁡BAC^=AB⃗⋅AC⃗∥AB⃗∥×∥AC⃗∥=1225×17=12285=685≈0,6509\cos\widehat{BAC}=\frac{\vec{AB}\cdot\vec{AC}}{\|\vec{AB}\|\times\|\vec{AC}\|}=\frac{12}{2\sqrt{5}\times\sqrt{17}}=\frac{12}{2\sqrt{85}}=\frac{6}{\sqrt{85}}\approx 0{,}6509. Donc BAC^≈49,40∘\widehat{BAC}\approx 49{,}40^{\circ}. Deux contrôles : le cosinus appartient bien à [−1 ; 1][-1\,;\,1] ✓, et il est positif, ce qui confirme l'angle aigu annoncé en a) ✓.

c) Non. L'angle en AA vaut environ 49,4∘49{,}4^{\circ}, donc il n'est pas droit. Il reste à écarter les deux autres sommets, ce que beaucoup de copies oublient : BA⃗(−4 ; −2)\vec{BA}(-4\ ;\ -2) et BC⃗(−3 ; 2)\vec{BC}(-3\ ;\ 2) donnent 12−4=8≠012-4=8\neq 0, et CA⃗(−1 ; −4)\vec{CA}(-1\ ;\ -4) et CB⃗(3 ; −2)\vec{CB}(3\ ;\ -2) donnent −3+8=5≠0-3+8=5\neq 0. Aucun des trois angles n'est droit, le triangle n'est donc pas rectangle.

d) Le projeté orthogonal vérifie AH⃗=k AB⃗\vec{AH}=k\,\vec{AB} avec k=AB⃗⋅AC⃗∥AB⃗∥2=1220=0,6k=\frac{\vec{AB}\cdot\vec{AC}}{\|\vec{AB}\|^{2}}=\frac{12}{20}=0{,}6. Donc AH⃗=0,6×(4 ; 2)=(2,4 ; 1,2)\vec{AH}=0{,}6\times(4\ ;\ 2)=(2{,}4\ ;\ 1{,}2) et H(1+2,4 ; 2+1,2)=(3,4 ; 3,2)H(1+2{,}4\ ;\ 2+1{,}2)=(3{,}4\ ;\ 3{,}2). Vérification indispensable : HC⃗(2−3,4 ; 6−3,2)=(−1,4 ; 2,8)\vec{HC}(2-3{,}4\ ;\ 6-3{,}2)=(-1{,}4\ ;\ 2{,}8), et HC⃗⋅AB⃗=−1,4×4+2,8×2=−5,6+5,6=0\vec{HC}\cdot\vec{AB}=-1{,}4\times 4+2{,}8\times 2=-5{,}6+5{,}6=0 ✓. Comme 0<k<10<k<1, le point HH tombe bien à l'intérieur du segment [AB][AB].

e) PREMIÈRE façon, base et hauteur : la hauteur issue de CC est CH=(−1,4)2+2,82=1,96+7,84=9,8≈3,130CH=\sqrt{(-1{,}4)^{2}+2{,}8^{2}}=\sqrt{1{,}96+7{,}84}=\sqrt{9{,}8}\approx 3{,}130, donc A=12×AB×CH=12×4,472×3,130≈7\mathcal{A}=\frac{1}{2}\times AB\times CH=\frac{1}{2}\times 4{,}472\times 3{,}130\approx 7. SECONDE façon, par le déterminant, qui évite tout arrondi : A=12∣xAB⃗ yAC⃗−yAB⃗ xAC⃗∣=12∣4×4−2×1∣=12×14=7\mathcal{A}=\frac{1}{2}\left|x_{\vec{AB}}\,y_{\vec{AC}}-y_{\vec{AB}}\,x_{\vec{AC}}\right|=\frac{1}{2}\left|4\times 4-2\times 1\right|=\frac{1}{2}\times 14=7 exactement.

La seconde méthode est de loin la plus sûre en devoir, et il vaut la peine de savoir pourquoi elle fonctionne. Le déterminant x y′−y x′x\,y'-y\,x' est au produit scalaire ce que le sinus est au cosinus : il vaut ∥AB⃗∥ ∥AC⃗∥sin⁡BAC^\|\vec{AB}\|\,\|\vec{AC}\|\sin\widehat{BAC} au signe près, et l'aire du triangle en est la moitié. On peut le vérifier ici : 12×4,472×4,123×sin⁡(49,40∘)≈7\frac{1}{2}\times 4{,}472\times 4{,}123\times\sin(49{,}40^{\circ})\approx 7 ✓. La méthode donne donc l'aire EXACTE en une ligne, sans calculer ni angle, ni hauteur, ni projeté, et sans jamais arrondir. Le projeté HH reste utile pour d'autres questions, comme la distance d'un point à une droite ou la recherche d'un symétrique.

Partie C : problèmes (/40 • environ 60 minutes)

Exercice 8 : Problème : un test de dépistage

Une maladie touche 2 pour cent d'une population. Un test de dépistage est proposé à tous.

Ce test est positif chez 95 pour cent des personnes malades, et négatif chez 97 pour cent des personnes saines.

On note MM l'événement la personne est malade et TT l'événement le test est positif.

Une personne prise au hasard obtient un test positif. Doit-elle se considérer comme malade ? Répondez par une démarche complète, en arrondissant les probabilités au dix-millième.

Voir la correction

Réponses

  • 1) PM(T)=0,95P_{M}(T)=0{,}95, PM‾(T)=0,03P_{\overline{M}}(T)=0{,}03
  • 2) P(T)=0,0484P(T)=0{,}0484
  • 3) PT(M)≈0,3926P_{T}(M)\approx 0{,}3926
  • 4) Non : un test positif est une alerte, pas un diagnostic

ÉTAPE 1, traduire l'énoncé. On lit directement P(M)=0,02P(M)=0{,}02, donc P(M‾)=0,98P(\overline{M})=0{,}98. Le taux de 95 %95\ \% porte sur les personnes MALADES, c'est donc une probabilité conditionnelle : PM(T)=0,95P_{M}(T)=0{,}95, et par conséquent PM(T‾)=0,05P_{M}(\overline{T})=0{,}05. De même PM‾(T‾)=0,97P_{\overline{M}}(\overline{T})=0{,}97, donc PM‾(T)=0,03P_{\overline{M}}(T)=0{,}03. La difficulté de tout l'exercice est là : distinguer PM(T)P_{M}(T), qui est donné, de PT(M)P_{T}(M), qui est demandé. Les confondre est l'erreur classique.

ÉTAPE 2, calculer la probabilité d'un test positif. Les événements MM et M‾\overline{M} forment une partition de l'univers, on applique donc la formule des probabilités totales : P(T)=P(M)×PM(T)+P(M‾)×PM‾(T)=0,02×0,95+0,98×0,03=0,019+0,0294=0,0484P(T)=P(M)\times P_{M}(T)+P(\overline{M})\times P_{\overline{M}}(T)=0{,}02\times 0{,}95+0{,}98\times 0{,}03=0{,}019+0{,}0294=0{,}0484. Un peu moins de 5 %5\ \% des personnes testées ont donc un résultat positif.

ÉTAPE 3, retourner le conditionnement. Par définition de la probabilité conditionnelle, PT(M)=P(M∩T)P(T)=0,0190,0484≈0,3926P_{T}(M)=\frac{P(M\cap T)}{P(T)}=\frac{0{,}019}{0{,}0484}\approx 0{,}3926. Une personne dont le test est positif n'a donc qu'environ 39 %39\ \% de risque d'être réellement malade, et presque 61 %61\ \% de chances d'être saine.

ÉTAPE 4, répondre à la question posée. NON, une personne testée positive ne doit pas se considérer comme malade : le résultat le plus probable reste qu'elle soit saine. Le test doit être lu comme une ALERTE justifiant un examen complémentaire, non comme un diagnostic.

ÉTAPE 5, expliquer le paradoxe, car un correcteur l'attend. Le test paraît excellent, avec 95 %95\ \% et 97 %97\ \% de réussite, mais la population saine est cinquante fois plus nombreuse que la population malade. Sur 10 00010\,000 personnes, on compte 200200 malades dont 190190 testés positifs, et 9 8009\,800 personnes saines dont 294294 testées positives à tort. Les faux positifs sont donc PLUS NOMBREUX que les vrais positifs, 294294 contre 190190, et le rapport 190190+294≈0,3926\frac{190}{190+294}\approx 0{,}3926 retrouve exactement le résultat de l'étape 3 ✓.

Une dernière observation, qui montre que le problème vient de la rareté et non du test. Si la maladie touchait 20 %20\ \% de la population au lieu de 2 %2\ \%, on aurait P(T)=0,2×0,95+0,8×0,03=0,214P(T)=0{,}2\times 0{,}95+0{,}8\times 0{,}03=0{,}214 et PT(M)=0,190,214≈0,8879P_{T}(M)=\frac{0{,}19}{0{,}214}\approx 0{,}8879, soit près de 89 %89\ \%. Le même test, appliqué à une population où la maladie est fréquente, devient donc parfaitement concluant. C'est la raison pour laquelle les dépistages de masse sont réservés aux maladies suffisamment répandues, ou réservés à des populations à risque. Notons enfin le résultat rassurant complémentaire : PT‾(M‾)=0,98×0,971−0,0484=0,95060,9516≈0,9989P_{\overline{T}}(\overline{M})=\frac{0{,}98\times 0{,}97}{1-0{,}0484}=\frac{0{,}9506}{0{,}9516}\approx 0{,}9989, un test négatif est donc, lui, une quasi-certitude.

maladesain0,020,98positifnégatifpositifnégatif0,950,050,030,970,01900,00100,02940,9506

Exercice 9 : Problème : un jeu de fête foraine

Un stand propose le jeu suivant. Le joueur mise 4 dollars, puis tire au hasard un jeton dans une urne qui en contient dix : un jeton vaut 20 dollars, deux jetons valent 5 dollars chacun, et les sept autres ne valent rien.

Le joueur reçoit la valeur du jeton tiré. On note XX son gain algébrique, mise déduite.

L'organisateur affirme que le jeu est équitable. Étudiez la loi de XX, prenez position sur cette affirmation, et déterminez la mise qui rendrait effectivement le jeu équitable. Toute votre démarche doit apparaître.

Voir la correction

Réponses

  • 1) X=16X=16 (0,10{,}1), X=1X=1 (0,20{,}2), X=−4X=-4 (0,70{,}7)
  • 2) E(X)=−1E(X)=-1 dollar
  • 3) Affirmation fausse : le jeu n'est pas équitable
  • 4) V(X)=36V(X)=36, σ(X)=6\sigma(X)=6 dollars
  • 5) Mise équitable : 33 dollars

ÉTAPE 1, établir la loi de XX. Le gain ALGÉBRIQUE est la valeur reçue moins la mise, et c'est le point que l'énoncé teste : oublier de retrancher les 44 dollars fausse tout le reste. Le jeton à 2020 dollars donne X=16X=16 avec une probabilité de 110=0,1\frac{1}{10}=0{,}1 ; les jetons à 55 dollars donnent X=1X=1 avec une probabilité de 210=0,2\frac{2}{10}=0{,}2 ; les sept jetons sans valeur donnent X=−4X=-4 avec une probabilité de 710=0,7\frac{7}{10}=0{,}7. Contrôle : 0,1+0,2+0,7=10{,}1+0{,}2+0{,}7=1 ✓.

ÉTAPE 2, calculer l'espérance. E(X)=16×0,1+1×0,2+(−4)×0,7=1,6+0,2−2,8=−1E(X)=16\times 0{,}1+1\times 0{,}2+(-4)\times 0{,}7=1{,}6+0{,}2-2{,}8=-1. L'espérance de gain du joueur est donc de −1-1 dollar par partie.

ÉTAPE 3, prendre position. L'affirmation de l'organisateur est FAUSSE. Un jeu est équitable lorsque l'espérance de gain est NULLE ; ici elle vaut −1-1 dollar, ce qui signifie qu'un joueur perd en moyenne un dollar à chaque partie, et que l'organisateur gagne le même montant. Sur 200200 parties, le stand encaisse en moyenne 200200 dollars de bénéfice.

ÉTAPE 4, mesurer la dispersion, car l'espérance seule ne décrit pas le jeu. E(X2)=162×0,1+12×0,2+(−4)2×0,7=25,6+0,2+11,2=37E(X^{2})=16^{2}\times 0{,}1+1^{2}\times 0{,}2+(-4)^{2}\times 0{,}7=25{,}6+0{,}2+11{,}2=37, donc V(X)=E(X2)−(E(X))2=37−(−1)2=36V(X)=E(X^{2})-\left(E(X)\right)^{2}=37-(-1)^{2}=36 et σ(X)=36=6\sigma(X)=\sqrt{36}=6 dollars. L'écart type est donc SIX FOIS plus grand que l'espérance en valeur absolue : le résultat d'une partie isolée est très imprévisible, et c'est précisément ce qui rend le jeu attractif malgré son espérance négative.

ÉTAPE 5, déterminer la mise équitable. Notons mm la mise. Le gain algébrique devient la valeur reçue moins mm, et son espérance vaut 20×0,1+5×0,2+0×0,7−m=2+1−m=3−m20\times 0{,}1+5\times 0{,}2+0\times 0{,}7-m=2+1-m=3-m. L'équité impose 3−m=03-m=0, donc m=3m=3 dollars. Contrôle avec cette mise : E(X)=17×0,1+2×0,2+(−3)×0,7=1,7+0,4−2,1=0E(X)=17\times 0{,}1+2\times 0{,}2+(-3)\times 0{,}7=1{,}7+0{,}4-2{,}1=0 ✓.

CONCLUSION. Le jeu n'est pas équitable à 44 dollars : il rapporte en moyenne 11 dollar par partie à l'organisateur, soit 25 %25\ \% de la mise. Il le deviendrait à 33 dollars, montant qui correspond exactement à la valeur moyenne d'un jeton, à savoir 20+5+510=3\frac{20+5+5}{10}=3 dollars. Une remarque enfin sur la lecture de l'espérance : elle décrit un comportement à LONG TERME et ne dit rien d'une partie isolée, où le joueur perd 44 dollars sept fois sur dix et en gagne 1616 une fois sur dix. C'est l'écart type de 66 dollars, calculé à l'étape 4, qui traduit cette incertitude, et c'est aussi ce qui explique qu'un joueur puisse repartir gagnant tout en ayant joué à un jeu défavorable.

Exercice 10 : Problème de synthèse : la concentration d'un médicament

Après la prise d'un comprimé, la concentration du principe actif dans le sang, en milligrammes par litre, est modélisée pour t≥0t\geq 0 par C(t)=8t e−0,5tC(t)=8t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}, où tt est le temps écoulé en heures.

Le patient reprend ensuite un comprimé toutes les 6 heures. On admet qu'au bout de 6 heures il reste 40 pour cent de la concentration présente juste après la prise précédente, et que chaque comprimé ajoute instantanément 5 mg/L.

On note ana_{n} la concentration, en mg/L, juste après la nn-ième prise, avec a1=5a_{1}=5.

Le seuil de toxicité est fixé à 9 mg/L. Étudiez la concentration après une prise unique, puis l'évolution sur plusieurs prises, et concluez sur la sécurité du traitement. Toute votre démarche doit apparaître.

Voir la correction

Réponses

  • 1) Prise unique : maximum C(2)=16e≈5,89C(2)=\frac{16}{\mathrm{e}}\approx 5{,}89 mg/L à t=2t=2 h
  • 2) an+1=0,4 an+5a_{n+1}=0{,}4\,a_{n}+5 ; a2=7a_{2}=7, a3=7,8a_{3}=7{,}8
  • 3) an=253−103×0,4 n−1a_{n}=\frac{25}{3}-\frac{10}{3}\times 0{,}4^{\,n-1}
  • 4) an<253≈8,33<9a_{n}<\frac{25}{3}\approx 8{,}33<9 : le seuil n'est jamais franchi
  • 5) Plateau pratiquement atteint à la 77e prise

PARTIE 1, ÉTAPE 1, dériver. On dérive le produit : C′(t)=8 e−0,5t+8t×(−0,5)e−0,5t=8 e−0,5t(1−0,5t)=4 e−0,5t(2−t)C'(t)=8\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}+8t\times(-0{,}5)\mathrm{e}^{-0{,}5t}=8\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\left(1-0{,}5t\right)=4\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}\left(2-t\right). L'exponentielle étant strictement positive, C′C' a le signe de 2−t2-t : positive pour t<2t<2, négative pour t>2t>2.

PARTIE 1, ÉTAPE 2, conclure sur la prise unique. La concentration croît donc de 00 jusqu'à t=2t=2 heures, puis décroît. Le maximum vaut C(2)=16 e−1=16e≈5,89C(2)=16\,\mathrm{e}^{-1}=\frac{16}{\mathrm{e}}\approx 5{,}89 mg/L, atteint deux heures après la prise. La concentration décroît ensuite sans jamais s'annuler, puisque 8t e−0,5t>08t\,\mathrm{e}^{-0{,}5t}>0 pour t>0t>0. Au moment de la prise suivante, six heures plus tard, il reste C(6)=48 e−3≈2,39C(6)=48\,\mathrm{e}^{-3}\approx 2{,}39 mg/L.

PARTIE 2, ÉTAPE 3, poser la suite. Chaque prise conserve 40 %40\ \% du niveau précédent et ajoute 55 mg/L, donc an+1=0,4 an+5a_{n+1}=0{,}4\,a_{n}+5, avec a1=5a_{1}=5. Les premiers termes valent a2=0,4×5+5=7a_{2}=0{,}4\times 5+5=7 et a3=0,4×7+5=7,8a_{3}=0{,}4\times 7+5=7{,}8 : la concentration monte, mais de moins en moins.

PARTIE 2, ÉTAPE 4, résoudre. Le point fixe vérifie ℓ=0,4ℓ+5\ell=0{,}4\ell+5, soit 0,6ℓ=50{,}6\ell=5 et ℓ=253≈8,33\ell=\frac{25}{3}\approx 8{,}33. On pose bn=an−253b_{n}=a_{n}-\frac{25}{3} : alors bn+1=0,4 an+5−253=0,4(an−253)=0,4 bnb_{n+1}=0{,}4\,a_{n}+5-\frac{25}{3}=0{,}4\left(a_{n}-\frac{25}{3}\right)=0{,}4\,b_{n}, donc (bn)(b_{n}) est géométrique de raison 0,40{,}4 et de premier terme b1=5−253=−103b_{1}=5-\frac{25}{3}=-\frac{10}{3}. D'où an=253−103×0,4 n−1a_{n}=\frac{25}{3}-\frac{10}{3}\times 0{,}4^{\,n-1}. Contrôle sur a3a_{3} : 253−103×0,16=8,3333−0,5333=7,8\frac{25}{3}-\frac{10}{3}\times 0{,}16=8{,}3333-0{,}5333=7{,}8 ✓.

PARTIE 2, ÉTAPE 5, conclure sur la sécurité. Comme 0<0,4<10<0{,}4<1, la suite (an)(a_{n}) est croissante et converge vers 253≈8,33\frac{25}{3}\approx 8{,}33 mg/L, qu'elle n'atteint jamais puisque 103×0,4 n−1\frac{10}{3}\times 0{,}4^{\,n-1} reste strictement positif. La concentration après une prise reste donc TOUJOURS strictement inférieure à 8,348{,}34 mg/L, et le seuil de toxicité de 99 mg/L n'est jamais franchi, quel que soit le nombre de prises. Le traitement est sûr à ce rythme.

On peut préciser à partir de quand le plateau est pratiquement atteint, ce qui intéresse le prescripteur. La concentration dépasse 8,38{,}3 mg/L lorsque 103×0,4 n−1<253−8,3=130\frac{10}{3}\times 0{,}4^{\,n-1}<\frac{25}{3}-8{,}3=\frac{1}{30}, soit 0,4 n−1<0,010{,}4^{\,n-1}<0{,}01. La suite (0,4 k)\left(0{,}4^{\,k}\right) est décroissante, avec 0,45=0,010 240{,}4^{5}=0{,}010\,24 et 0,46=0,004 0960{,}4^{6}=0{,}004\,096 : il faut n−1≥6n-1\geq 6, donc n=7n=7. Il faut donc environ sept prises, soit trente-six heures, pour que le régime d'équilibre soit installé, ce qui est la durée classique avant qu'un traitement atteigne sa pleine efficacité. Une mise en garde pour finir : la marge de sécurité est mince, l'équilibre à 8,338{,}33 mg/L n'étant qu'à 8 %8\ \% du seuil toxique. En rapprochant les prises à cinq heures, la fraction résiduelle passerait au-dessus de 40 %40\ \% et le plateau s'élèverait d'autant ; avec une fraction de 45 %45\ \%, il vaudrait 50,55≈9,09\frac{5}{0{,}55}\approx 9{,}09 mg/L et le seuil serait franchi.

24681012141234567t (h)C (mg/L)maximum en t = 2

© Ahmed Squalli Houssaini. Série publiée sur www.letuteurscientifique.ca/exercices/1spe-devoir-commun. Libre pour l'usage personnel et en classe ; sa republication ailleurs demande une autorisation écrite (mentions légales).

Voir aussi

Vous préparez un devoir commun de spécialité maths à Montréal ?

Contactez-moi pour une première séance. On travaille sur des épreuves complètes en conditions réelles, avec un temps spécifique sur la gestion des trois parties.

Site par Studio Squalli