Exercices corrigés : les transformations chimiques (chimie, secondaire 5)
Voici dix exercices corrigés de chimie de secondaire 5 sur les transformations chimiques, précédés de deux séries de calculs. On y travaille l'équilibrage des équations, les familles de réactions (synthèse, décomposition, précipitation, neutralisation acidobasique, combustion, oxydation), la réactivité chimique des gaz (comburant, combustible, inerte), la transformation réversible ou irréversible, la réaction totale ou l'état d'équilibre, les trois conditions de l'équilibre et l'équilibre dynamique. C'est le chapitre qui ouvre le cours, celui que les élèves de Seconde qui suivent le complément Chimie 5 travaillent en premier.
Le fil de la série tient en une phrase : ce qui se conserve n'est pas ce qu'on voit. Dans une équation, ce sont les atomes qui se conservent, pas les molécules, et l'on équilibre avec des coefficients, jamais avec des indices. À l'équilibre, ce sont les quantités qui restent constantes, pas les réactions qui s'arrêtent. Et une même réaction réversible va jusqu'au bout ou s'arrête à un équilibre selon que le système est ouvert ou fermé.
À la fin, vous savez équilibrer une équation par inventaire, y compris avec un ion polyatomique compté en bloc, une combustion à coefficient fractionnaire et trois défis d'oxydoréduction (exercice 0.1), prévoir les produits d'une neutralisation, d'une combustion, d'une synthèse, d'une décomposition ou d'une précipitation (exercice 0.2), lire un modèle particulaire et trouver le réactif en excès (exercice 1), classer une réaction dans une ou deux familles (exercice 2), associer l'usage d'un gaz à sa réactivité et lire un pictogramme de danger (exercice 3), distinguer réaction totale et équilibre (exercice 4), vérifier les trois conditions de l'équilibre (exercices 5 et 6) et lire l'égalité des vitesses directe et inverse sur un graphique (exercice 7). Les deux problèmes portent sur un four à chaux ouvert comparé à une enceinte fermée (exercice 9) et sur deux procédés de soudure, au chalumeau à l'acétylène et sous argon (exercice 10).
Les pièges sont nommés là où ils tombent : changer un indice au lieu d'un coefficient, oublier un élément diatomique, ouvrir un ion polyatomique au lieu de le compter en bloc, garder des coefficients fractionnaires ou non réduits (exercice 0.1) ; prendre l'eau qui bout pour une transformation chimique (exercice 1) ; classer le dioxygène parmi les combustibles (exercice 3) ; croire qu'à l'équilibre les propriétés microscopiques sont constantes, qu'il y a autant de réactifs que de produits ou qu'un contenant ouvert exclut l'équilibre (exercices 5 et 8) ; prendre une bonbonne de gaz inerte ou un sucre entièrement dissous pour un équilibre (exercice 6) ; confondre l'équilibre avec un arrêt (exercice 7). L'expression de la constante d'équilibre et le principe de Le Chatelier viennent ensuite, au chapitre sur l'équilibre chimique.
Série autocorrigéeTape tes réponses et vérifie-les question par question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points, et tes réponses justes restent remplies quand tu reviens.
•Équilibrer : placer des COEFFICIENTS, les plus petits entiers possibles, pour que chaque élément compte autant d'atomes de chaque côté. On ne change JAMAIS un indice.
•Ordre de l'inventaire : l'élément présent dans une seule espèce de chaque côté d'abord, l'hydrogène puis l'oxygène en dernier ; un ion polyatomique intact se compte en bloc ; un coefficient fractionnaire, on multiplie tout par son dénominateur.
•Familles : synthèse, décomposition, précipitation (solide au mélange de deux solutions), neutralisation acidobasique (acide et base donnent un sel et de l'eau), combustion, oxydation. Une réaction peut appartenir à deux familles.
•Gaz : un comburant entretient la combustion (O2), un combustible brûle (H2, CH4, C2H2), un gaz inerte ne fait ni l'un ni l'autre (He, Ar, pratiquement N2).
•Irréversible : flèche simple →, réaction totale jusqu'à épuisement d'un réactif. Réversible : double flèche ⇌, réaction directe et réaction inverse simultanées, réactifs et produits coexistent.
•Trois conditions de l'équilibre : réaction réversible, système fermé, propriétés macroscopiques constantes. Un contenant ouvert convient si aucune espèce n'est gazeuse.
•Équilibre dynamique : les vitesses directe et inverse sont ÉGALES, pas nulles. Trois types : de phase, de solubilité, chimique.
Calculs : équilibrer des équations
Exercice 0.1 : Équilibrer dix-huit équations, des simples aux défis
Équilibrer une équation, c'est placer devant chaque formule un COEFFICIENT, le plus petit entier possible, pour que chaque élément compte autant d'atomes à gauche qu'à droite. Les atomes ne se créent pas et ne disparaissent pas : ils changent seulement de partenaires. On ne touche JAMAIS aux indices, qui font partie de la formule de l'espèce.
Méthode de l'inventaire : faire la liste des éléments ; commencer par celui qui n'apparaît que dans une seule espèce de chaque côté ; compter EN BLOC un ion polyatomique qui traverse la réaction intact ; finir par l'hydrogène, puis par l'oxygène ; si un coefficient fractionnaire apparaît, multiplier toute l'équation par son dénominateur ; vérifier l'inventaire final et que les coefficients n'ont plus de diviseur commun.
Pour chaque équation, donnez les coefficients dans l'ordre où les espèces sont écrites, un champ par espèce. Un coefficient 1, qu'on n'écrit pas sur la copie, se tape 1 ici. Les équations p) à r) sont des défis d'oxydoréduction : elles s'équilibrent encore par inventaire.
a) Mg+O2→MgO
b) N2+F2→NF3
c) Al+Br2→AlBr3
d) Ag2O→Ag+O2
e) Na+H2O→NaOH+H2
f) NaHCO3→Na2CO3+H2O+CO2
g) Al(NO3)3+KOH→Al(OH)3+KNO3
h) Al+CuSO4→Al2(SO4)3+Cu
i) K3PO4+MgCl2→Mg3(PO4)2+KCl
j) H3PO4+Ca(OH)2→Ca3(PO4)2+H2O
k) C4H8+O2→CO2+H2O
l) C6H14+O2→CO2+H2O
m) CH3OH+O2→CO2+H2O
n) C12H22O11+O2→CO2+H2O
o) PbS+O2→PbO+SO2
p) Fe2O3+C→Fe+CO2
q) NH3+O2→N2+H2O
r) Cu+HNO3→Cu(NO3)2+NO+H2O
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Réponses
a)2Mg+O2→2MgO
b)N2+3F2→2NF3
c)2Al+3Br2→2AlBr3
d)2Ag2O→4Ag+O2
e)2Na+2H2O→2NaOH+H2
f)2NaHCO3→Na2CO3+H2O+CO2
g)Al(NO3)3+3KOH→Al(OH)3+3KNO3
h)2Al+3CuSO4→Al2(SO4)3+3Cu
i)2K3PO4+3MgCl2→Mg3(PO4)2+6KCl
j)2H3PO4+3Ca(OH)2→Ca3(PO4)2+6H2O
k)C4H8+6O2→4CO2+4H2O
l)2C6H14+19O2→12CO2+14H2O
m)2CH3OH+3O2→2CO2+4H2O
n)C12H22O11+12O2→12CO2+11H2O
o)2PbS+3O2→2PbO+2SO2
p)2Fe2O3+3C→4Fe+3CO2
q)4NH3+3O2→2N2+6H2O
r)3Cu+8HNO3→3Cu(NO3)2+2NO+4H2O
a)
Inventaire de départ : à gauche 1 Mg et 2 O, à droite 1 Mg et 1 O. L'oxygène manque à droite. Le geste INTERDIT, et c'est le premier piège du chapitre, serait d'écrire MgO2 : le compte tomberait juste, mais on aurait inventé une autre substance, car l'indice fait partie du NOM de l'espèce. On touche donc au coefficient : 2MgO donne 2 O à droite, mais aussi 2 Mg. On rétablit le magnésium avec 2Mg. Inventaire final : 2 Mg et 2 O de chaque côté. Coefficients : 2, 1, 2. C'est une synthèse, et aussi une oxydation.
b)
Deux réactifs DIATOMIQUES : l'azote et le fluor n'existent à l'état pur que par paires, N2 et F2, et c'est l'origine du déséquilibre. L'azote d'abord : 2 atomes à gauche, donc 2NF3 à droite. Le fluor ensuite : 2×3=6 atomes à droite, donc 3F2 à gauche. Inventaire : 2 N et 6 F de chaque côté. Coefficients : 1, 3, 2. Les sept éléments diatomiques à connaître par cœur sont H2, N2, O2, F2, Cl2, Br2 et I2 ; écrire F seul dans une équation coûte la question entière.
c)
Le brome arrive par 2 et repart par 3 : il faut un nombre d'atomes multiple de 2 ET de 3, soit 6. Donc 3Br2 à gauche et 2AlBr3 à droite, puis 2Al pour l'aluminium. Inventaire : 2 Al et 6 Br de chaque côté. Coefficients : 2, 3, 2. C'est le geste du « croisement » : quand un élément passe d'un indice 2 à un indice 3, on vise le plus petit multiple commun.
d)
Une décomposition : un seul réactif. L'oxygène sort sous forme de O2, il en faut donc un nombre PAIR à gauche : 2Ag2O. Cela fait 4 atomes d'argent, donc 4Ag. Inventaire : 4 Ag et 2 O de chaque côté. Coefficients : 2, 4, 1. Le coefficient 1 du dioxygène ne s'écrit pas sur la copie, mais il existe.
e)
L'hydrogène apparaît dans TROIS espèces (H2O, NaOH et H2) : c'est lui qu'on garde pour la fin. Le sodium et l'oxygène n'apparaissent qu'une fois de chaque côté : avec 1 Na, 1 H2O et 1 NaOH, ils sont équilibrés, mais il reste 2 H à gauche contre 1+2=3 à droite. Doubler l'eau et l'hydroxyde : 4 H à gauche, 2+2=4 à droite avec un seul H2, puis 2Na. Coefficients : 2, 2, 2, 1. Commencer par l'hydrogène fait tourner en rond, parce que chaque retouche dérange une autre espèce.
f)
La décomposition de la poudre à pâte quand le gâteau cuit. Le sodium n'est que dans une espèce de chaque côté : 2 à droite, donc 2NaHCO3. Cela donne 2 H (une eau) et 2 C (1+1 à droite). L'oxygène, présent dans les quatre espèces, se vérifie en dernier : 2×3=6 à gauche, 3+1+2=6 à droite. Coefficients : 2, 1, 1, 1.
g)
Deux ions polyatomiques traversent la réaction INTACTS : le nitrate NO3− et l'hydroxyde OH−. On les compte en bloc, sans jamais les ouvrir en atomes : 3 nitrates à gauche, donc 3KNO3 à droite ; 3 hydroxydes à droite, donc 3KOH à gauche. Inventaire en blocs : 1 Al, 3 NO3, 3 K, 3 OH de chaque côté. Coefficients : 1, 3, 1, 3. Compter les oxygènes un par un (9 dans les nitrates, 3 dans les hydroxydes) mène au même résultat, mais trois fois plus lentement et avec trois fois plus d'occasions de se tromper.
h)
L'ion sulfate SO42− passe intact du sulfate de cuivre au sulfate d'aluminium : un bloc. Il y en a 3 dans Al2(SO4)3, donc 3CuSO4, donc 3Cu ; puis 2 Al à gauche. Coefficients : 2, 3, 1, 3. Le piège de lecture est la parenthèse : dans Al2(SO4)3, l'indice 3 multiplie TOUT le groupe, soit 3 soufres et 12 oxygènes.
i)
Une précipitation : le phosphate de magnésium est insoluble. Le phosphate en bloc d'abord : 2 à droite, donc 2K3PO4. Le magnésium : 3 à droite, donc 3MgCl2. Ces deux choix fixent le reste : 2×3=6K et 3×2=6Cl, donc 6KCl. Coefficients : 2, 3, 1, 6.
j)
Une neutralisation entre un acide qui libère TROIS H+ et une base qui libère DEUX OH−. Le phosphate et le calcium d'abord : Ca3(PO4)2 impose 2H3PO4 et 3Ca(OH)2. C'est l'eau qui équilibre le reste : 2×3=6H+ rencontrent 3×2=6OH− et forment 6 H2O. Vérification : H6+6=12 contre 6×2=12 ; O8+6=14 contre 8+6=14. Coefficients : 2, 3, 1, 6. Dans toute neutralisation, le nombre de molécules d'eau égale le nombre de H+ neutralisés.
k)
Combustion d'un hydrocarbure : C, puis H, puis O. Pour 1 C4H8 : 4 CO2 et 4 H2O, soit 8+4=12 atomes d'oxygène, donc 6O2, un nombre entier. Coefficients : 1, 6, 4, 4. Le piège est le réflexe « je multiplie tout par 2 » appliqué sans raison : il donne 2, 12, 8, 8, qui respecte l'inventaire mais n'est pas la réponse, car les quatre coefficients ont 2 pour diviseur commun. On divise toujours jusqu'aux plus petits entiers.
l)
Pour 1 C6H14 : 6 CO2 et 7 H2O, soit 12+7=19 atomes d'oxygène, un nombre IMPAIR. Il faudrait 219O2 : on l'écrit au brouillon, puis on multiplie TOUTE l'équation par 2. Coefficients : 2, 19, 12, 14. Vérification : O38 à gauche, 24+14=38 à droite. Un alcane à nombre pair de carbones donne toujours ce cas.
m)
Le méthanol CONTIENT déjà un atome d'oxygène, et c'est tout le piège. Pour 1 CH3OH : 1 CO2 et 2 H2O (4 hydrogènes en tout, même si la formule les écrit en deux endroits), soit 2+2=4 oxygènes à droite. Le combustible en fournit 1, le dioxygène doit donc en fournir 3 : 23O2, puis fois 2. Coefficients : 2, 3, 2, 4. Oublier l'oxygène du combustible donne 2O2 et une équation fausse.
n)
Le saccharose, le sucre de table. Pour 1 molécule : 12 CO2 et 11 H2O, soit 24+11=35 oxygènes à droite. Le sucre en apporte 11, le dioxygène doit fournir 35−11=24 atomes, soit 12O2. Coefficients : 1, 12, 12, 11. Même geste qu'au m), mais le résultat tombe entier : il n'y a rien à multiplier.
o)
Le grillage de la galène, première étape de l'extraction du plomb. L'oxygène est dans trois espèces : on finit par lui. Pour 1 PbS : 1 PbO et 1 SO2, soit 1+2=3 oxygènes, donc 23O2, puis fois 2. Coefficients : 2, 3, 2, 2.
p)
Premier défi : une oxydoréduction, l'oxyde de fer est réduit par le carbone. On l'équilibre encore par inventaire. Pour 1 Fe2O3 : 2 Fe, et 3 oxygènes qui ne peuvent partir que dans CO2, à 2 par molécule : 23CO2, donc 23C. Fois 2 : coefficients 2, 3, 4, 3. Vérification : Fe 4, C 3, O 6 de chaque côté.
q)
Deuxième défi : l'ammoniac brûle dans le dioxygène pur en donnant du diazote. L'azote sort sous forme DIATOMIQUE, donc 2NH3 pour 1 N2. Cela fait 6 H, donc 3 H2O, donc 3 oxygènes : 23O2. Fois 2 : coefficients 4, 3, 2, 6. Deux pièges se cumulent ici, le diatomique et la fraction.
r)
Troisième défi, le cuivre attaqué par l'acide nitrique. L'azote finit dans DEUX produits, l'oxygène dans trois : l'inventaire « à la main » tourne en rond. On pose donc les coefficients en lettres, aCu+bHNO3→aCu(NO3)2+dNO+eH2O, et on écrit une équation par élément : H donne b=2e ; N donne b=2a+d ; O donne 3b=6a+d+e. Avec a=3 : d=b−6 et e=2b, d'où 3b=18+b−6+2b, soit 1,5b=12 et b=8, puis d=2 et e=4. Coefficients : 3, 8, 3, 2, 4. Vérification : N8=6+2 ; O24=18+2+4. Ces trois équations sont des oxydoréductions : la méthode des nombres d'oxydation, qui les équilibre plus vite, est hors programme en secondaire 5 et s'apprend au cégep (202-NYB).
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Exercice 0.2 : Prévoir les produits, équilibrer, nommer la famille
Cinq réactifs ou couples de réactifs, dont il faut d'abord prévoir les produits. Quatre règles suffisent : un acide et une base donnent un sel et de l'eau ; un hydrocarbure qui brûle complètement donne du dioxyde de carbone et de l'eau ; un métal qui réagit avec le dioxygène donne un oxyde ; un carbonate qu'on chauffe se décompose en oxyde et en dioxyde de carbone. Quand on mélange deux solutions de sels, les ions échangent leurs partenaires, et le composé insoluble précipite.
Pour chaque cas, écrivez l'équation complète et équilibrée, puis donnez les coefficients dans l'ordre réactifs, puis produits, et la famille de la réaction. Le carbonate de nickel est insoluble dans l'eau ; le nitrate de sodium y est très soluble.
a) L'acide sulfurique H2SO4 réagit avec l'hydroxyde de sodium NaOH.
b) Le pentane C5H12 brûle complètement dans le dioxygène.
c) Le lithium Li réagit avec le dioxygène. L'ion lithium porte la charge +1, l'ion oxyde la charge −2.
d) On chauffe fortement du carbonate de magnésium MgCO3.
e) On mélange une solution de nitrate de nickel Ni(NO3)2 et une solution de carbonate de sodium Na2CO3.
L'acide fournit des H+, la base des OH− ; ils forment l'eau, et les ions restants, Na+ et SO42−, forment le sel, le sulfate de sodium Na2SO4 (deux Na+ pour un SO42−, pour que la charge totale soit nulle). Équation : H2SO4+2NaOH→Na2SO4+2H2O. L'acide libère deux H+, il faut donc deux OH− et il se forme deux eaux. C'est une neutralisation acidobasique.
b)
Produits d'une combustion complète : CO2 et H2O. Le carbone : 5 CO2. L'hydrogène : 12 atomes, donc 6 H2O. L'oxygène en dernier : 5×2+6=16 atomes, soit 8O2, un entier, rien à multiplier. Équation : C5H12+8O2→5CO2+6H2O. Combustion.
c)
Le produit est l'oxyde de lithium : il faut deux Li+ pour compenser un O2−, d'où Li2O. Le dioxygène arrive par paire : 2Li2O, donc 4Li. Équation : 4Li+O2→2Li2O. Deux réactifs, un seul produit : une synthèse, qui est aussi une oxydation du métal. Écrire LiO en imitant MgO est le piège de la formule devinée : la formule d'un composé ionique se construit à partir des charges.
d)
Un carbonate chauffé libère du dioxyde de carbone et laisse l'oxyde du métal. Équation : MgCO3→MgO+CO2, déjà équilibrée avec des coefficients 1. Un seul réactif, deux produits : une décomposition.
e)
Les ions échangent leurs partenaires : Ni2+ rencontre CO32− et forme NiCO3, insoluble, qui précipite ; Na+ et NO3− restent dissous. Les deux ions polyatomiques se comptent en bloc : 2 nitrates à gauche, donc 2NaNO3. Équation : Ni(NO3)2+Na2CO3→NiCO3+2NaNO3. Précipitation.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Réactifs, produits et modèle particulaire
Une transformation chimique change des RÉACTIFS en PRODUITS : les molécules se défont et se refont autrement, les atomes, eux, restent les mêmes. À l'observation, quatre indices la trahissent : un gaz qui se dégage, un changement de couleur, un solide qui apparaît quand on mélange deux solutions, une chaleur ou une lumière dégagée ou absorbée. Aucun n'est une preuve à lui seul.
Dans un contenant fermé, on fait passer une décharge électrique dans un mélange de diazote et de dioxygène, comme dans l'air traversé par un éclair. Il se forme du monoxyde d'azote NO, un gaz. Le schéma montre le contenu du contenant avant la réaction.
a) Physique ou chimique ? 1) la cire qui fond au pied de la mèche ; 2) un œuf qui cuit ; 3) le givre qui se dépose sur une vitre ; 4) une tranche de pomme qui brunit à l'air ; 5) l'eau oxygénée qui mousse sur une plaie.
b) Un élève voit des bulles monter dans une casserole d'eau qu'on chauffe et conclut : « un gaz se dégage, c'est une transformation chimique ». Qu'en pensez-vous ?
c) Écrivez l'équation équilibrée de la réaction de l'éclair, en nommant les réactifs et le produit.
d) Sur le schéma, comptez les molécules de chaque réactif. Combien de molécules de NO peuvent se former au plus ? Quel réactif est en excès, et combien de ses molécules restent à la fin ?
e) Comptez les atomes d'oxygène avant et après la réaction. Ici, le nombre de MOLÉCULES est le même avant et après : est-ce une règle générale ?
b)Faux : de la vapeur d'eau, un changement d'état, donc physique
c)N2(g)+O2(g)→2NO(g)
d)3 N2 et 5 O2 ; 6 NO au plus ; dioxygène en excès, 2 molécules restent
e)10 atomes d'oxygène avant et après ; molécules conservées ici par coïncidence seulement
a)
1) Physique : la cire liquide est toujours de la cire, elle a seulement changé d'état. 2) Chimique : les protéines du blanc se transforment, le blanc devient opaque et ne redevient jamais transparent en refroidissant. 3) Physique : de la vapeur d'eau qui passe directement à l'état solide, c'est toujours de l'eau. 4) Chimique : des substances de la pomme réagissent avec le dioxygène de l'air et forment des composés bruns, un changement de couleur qui ne s'inverse pas. 5) Chimique : le peroxyde d'hydrogène se décompose en eau et en dioxygène, et la mousse est ce gaz NOUVEAU. La question à se poser est toujours la même : les substances de la fin sont-elles celles du début ? Un changement d'état garde les mêmes molécules, donc reste physique, même spectaculaire.
b)
Il a tort. Les bulles de l'eau qui bout sont de la vapeur d'EAU : la même substance, à l'état gazeux. C'est un changement d'état, donc une transformation physique. Un dégagement de gaz n'indique une transformation chimique que si ce gaz est une substance NOUVELLE, absente au départ, comme le dioxygène de l'eau oxygénée du a). C'est pour cela qu'aucun indice n'est une preuve à lui seul : il faut identifier ce qui apparaît. Ce piège coûte toute la question dans les évaluations, parce que la réponse « chimique » s'appuie sur un vrai indice mal lu.
c)
Les réactifs sont le diazote N2 et le dioxygène O2, deux gaz DIATOMIQUES ; le produit est le monoxyde d'azote NO. L'inventaire donne 2 N et 2 O à gauche, 1 N et 1 O dans NO : on double le produit. Équation : N2(g)+O2(g)→2NO(g), coefficients 1, 1, 2.
d)
Le schéma compte 3 molécules de diazote (les paires de deux atomes pointés) et 5 molécules de dioxygène. L'équation dit qu'une molécule de N2 réagit avec UNE molécule de O2 pour donner deux NO. Les 3 molécules de diazote ne peuvent donc consommer que 3 molécules de dioxygène, et former 3×2=6 molécules de NO. Le dioxygène est en EXCÈS : 5−3=2 molécules restent intactes. Le schéma de la correction montre l'état final. Le piège est de conclure que le réactif en excès est celui qui a le plus de molécules sans regarder les coefficients : ici les deux raisonnements coïncident parce que les coefficients des réactifs sont égaux, ce qui n'est pas toujours le cas.
e)
Avant : 5×2=10 atomes d'oxygène dans le dioxygène. Après : 6 dans les molécules de NO et 2×2=4 dans le dioxygène restant, soit 10. Même chose pour l'azote : 6 avant, 6 après. Les ATOMES se conservent toujours. Le nombre de molécules, lui, vaut 8 avant (3+5) et 8 après (6+2), mais c'est une coïncidence de cette équation, qui a 2 molécules de chaque côté. Dans 2Mg+O2→2MgO, trois entités en donnent deux. Ce qui se conserve dans une transformation chimique : les atomes, donc la masse ; ce qui ne se conserve pas forcément : le nombre de molécules.
Exercice 2 : Six familles de réactions, et celle qui en a deux
On classe les transformations chimiques en familles. SYNTHÈSE : plusieurs réactifs forment un seul produit. DÉCOMPOSITION : un seul réactif se scinde en plusieurs produits. PRÉCIPITATION : au mélange de deux solutions, un solide insoluble apparaît. NEUTRALISATION ACIDOBASIQUE : un acide et une base forment un sel et de l'eau. COMBUSTION : une substance brûle avec un comburant en dégageant de l'énergie. OXYDATION : une substance réagit avec le dioxygène, ou avec une substance aux propriétés semblables.
R1 : CaO(s)+H2O(l)→Ca(OH)2(s). R2 : 2H2O(l)→2H2(g)+O2(g), sous courant électrique. R3 : CuCl2(aq)+2NaOH(aq)→Cu(OH)2(s)+2NaCl(aq). R4 : HNO3(aq)+KOH(aq)→KNO3(aq)+H2O(l). R5 : C3H6O(l)+4O2(g)→3CO2(g)+3H2O(g), l'acétone d'un dissolvant qui brûle. R6 : 2Cu(s)+O2(g)→2CuO(s), un fil de cuivre qui noircit dans une flamme.
Le schéma représente R3 à l'échelle des ions. Masse molaire de l'eau : 18,02 g/mol.
a) Donnez la famille de chacune des réactions R1 à R5.
b) La réaction R6 appartient à deux familles à la fois : lesquelles ? Et à quelle autre famille appartient toujours une combustion comme R5 ?
c) Dans R4, nommez le sel formé et dites quel est le pH final si l'acide et la base sont mélangés en quantités exactement équivalentes. On neutralise 0,25 mol d'acide nitrique par un excès de base : quelle quantité, puis quelle masse d'eau se forme-t-il ?
d) Sur le schéma, quels ions ne participent pas à la formation du solide ? Combien d'ions hydroxyde chaque ion cuivre(II) capte-t-il ? Écrivez l'équation qui ne garde que les ions qui réagissent.
e) Pour R5, reprenez le triangle du feu : nommez le combustible et le comburant, puis dites quel côté du triangle on supprime en posant un couvercle sur un récipient d'acétone en feu, et ce qui joue le troisième côté.
b)R6 : synthèse ET oxydation ; toute combustion est aussi une oxydation
c)Nitrate de potassium ; pH 7 ; 0,25 mol d'eau, soit 4,5 g
d)Na+ et Cl− spectateurs ; 2 OH− par Cu2+ : Cu2++2OH−→Cu(OH)2(s)
e)Acétone combustible, dioxygène comburant ; le couvercle retire le comburant ; troisième côté : la chaleur
a)
R1 : deux réactifs, un produit, c'est une SYNTHÈSE ; c'est l'extinction de la chaux vive, qui dégage beaucoup de chaleur. R2 : un seul réactif, deux produits, c'est une DÉCOMPOSITION, l'électrolyse de l'eau. R3 : deux solutions limpides donnent un solide bleu, Cu(OH)2(s), c'est une PRÉCIPITATION ; l'état (s) au milieu de produits (aq) est la signature à repérer. R4 : un acide et une base donnent un sel et de l'eau, c'est une NEUTRALISATION. R5 : l'acétone brûle dans le dioxygène et ne donne que CO2 et H2O, c'est une COMBUSTION. La méthode est de lire la FORME de l'équation avant son contenu : combien de réactifs, combien de produits, quels états, quels types de substances.
b)
R6 a deux réactifs et un seul produit : c'est une synthèse. Le cuivre y réagit avec le dioxygène : c'est aussi une oxydation. Les familles ne sont donc pas des cases qui s'excluent, et une question « nommez la famille » accepte parfois deux réponses justes, à condition de justifier chacune. Toute combustion est aussi une oxydation, puisque le combustible réagit avec le dioxygène ; l'inverse est faux, car la rouille est une oxydation LENTE, sans flamme. Vérification de R5 : 3 C ; 6 H ; 1+4×2=9O à gauche contre 3×2+3=9 à droite.
c)
Le sel est formé du cation de la base et de l'anion de l'acide : K+ et NO3−, le nitrate de potassium. Si les quantités sont exactement équivalentes, il ne reste dans le bécher que de l'eau et un sel dont les ions ne réagissent pas avec l'eau : la solution est NEUTRE, de pH 7 à 25 °C. L'équation donne une molécule d'eau par H+ neutralisé, donc 0,25 mol d'eau, soit m=n×M=0,25×18,02=4,5 g. La base en excès ne change rien à ce calcul : c'est l'acide, entièrement consommé, qui fixe la quantité d'eau.
d)
Les ions Na+ et Cl− se retrouvent dissous dans le mélange exactement comme avant : ce sont des ions SPECTATEURS. Seuls Cu2+ et OH− s'assemblent en solide, deux hydroxydes par ion cuivre, pour que la charge totale soit nulle : +2+2×(−1)=0. L'équation qui ne garde que les ions qui réagissent s'écrit Cu2+(aq)+2OH−(aq)→Cu(OH)2(s). Le schéma vérifie le compte : un ion cuivre et deux ions hydroxyde donnent un motif de solide, et il reste 2 Na+ et 2 Cl− en solution. Le modèle particulaire explique ce que l'équation complète cache : le chlorure de sodium n'est pas « formé », ses ions n'ont jamais cessé d'être en solution.
e)
Le combustible est l'acétone, le comburant est le dioxygène de l'air. Le couvercle coupe l'arrivée d'air : on supprime le COMBURANT, et la flamme s'éteint quand le dioxygène emprisonné est consommé. Le troisième côté du triangle est la chaleur, l'énergie d'activation : une étincelle ou une flamme suffit à démarrer la combustion, puis la chaleur qu'elle dégage l'entretient d'elle-même. Supprimer n'importe lequel des trois côtés éteint un feu ; c'est le principe de tous les moyens d'extinction.
Exercice 3 : La réactivité chimique des gaz
La réactivité chimique d'un gaz est sa tendance à réagir avec d'autres substances. On classe les gaz en trois groupes. Un COMBURANT entretient la combustion d'une autre substance, le dioxygène en tête. Un COMBUSTIBLE brûle en présence d'un comburant. Un gaz INERTE ne joue aucun de ces deux rôles dans les conditions usuelles.
Le schéma montre trois pictogrammes de danger qu'on trouve sur les bouteilles de gaz du laboratoire et de l'atelier.
a) Classez comme comburant, combustible ou inerte : l'hélium, l'argon, le diazote, le dioxygène, le dihydrogène.
b) Classez de même le méthane, l'acétylène et le dioxyde de carbone. Des deux principaux gaz de l'air, lequel est le plus réactif ? Que produit la combustion du dihydrogène, et pourquoi le dit-on combustible « propre » ?
c) Expliquez pourquoi on remplit d'argon une ampoule à incandescence, pourquoi on remplit de diazote un sac de croustilles, et quel rôle joue l'acétylène dans un chalumeau.
d) Que signifie chacun des pictogrammes A, B et C ? Lesquels porte une bouteille de dioxygène comprimé ? Une bouteille de propane ?
e) On veut classer F2, O2 et N2 par réactivité. Nommez le critère utilisé, donnez le plus réactif et le moins réactif, puis calculez combien de fois la liaison du diazote est plus forte que celle du difluor.
b)Méthane et acétylène combustibles, CO2 inerte ; le dioxygène ; seulement de l'eau
c)Argon inerte pour le filament ; diazote contre l'oxydation des graisses ; acétylène combustible
d)A comburant, B inflammable, C gaz sous pression ; dioxygène A et C ; propane B et C
e)Énergie de liaison : F2 le plus réactif, N2 le moins ; rapport 5,9
a)
L'hélium et l'argon sont des gaz rares, à couche de valence pleine : ils sont INERTES. Le diazote est pratiquement inerte lui aussi, à cause de sa triple liaison très solide. Le dioxygène est le COMBURANT par excellence : une bûchette incandescente s'y rallume. Le dihydrogène est un COMBUSTIBLE, qui brûle même avec une flamme presque invisible. Le piège classique est de classer le dioxygène parmi les combustibles « parce qu'il est dans tous les feux » : il fait brûler les autres, il ne brûle pas lui-même. Inhaler de l'hélium est dangereux pour une autre raison que la toxicité : il prend la place du dioxygène dans les poumons, et c'est l'asphyxie.
b)
Le méthane et l'acétylène sont des COMBUSTIBLES ; le dioxyde de carbone est INERTE vis-à-vis de la combustion, ni combustible ni comburant, et c'est pour cela qu'il remplit certains extincteurs. Des deux gaz de l'air, le dioxygène, environ 21 %, est bien plus réactif que le diazote, environ 78 %. La combustion du dihydrogène, 2H2+O2→2H2O, ne produit QUE de l'eau : aucun dioxyde de carbone, aucune suie. C'est le sens de « propre » : propre à l'usage, dans le moteur ou la pile à combustible. Le bilan complet dépend de la façon dont on a produit le dihydrogène, encore souvent à partir de gaz naturel, ce qui rejette du dioxyde de carbone à l'usine.
c)
Dans l'ampoule, le filament de tungstène atteint plus de 2500 °C : dans l'air, il réagirait avec le dioxygène et casserait en quelques secondes. L'argon, inerte, ne réagit pas avec le métal chaud. Dans le sac de croustilles, le diazote chasse le dioxygène, qui oxyderait les matières grasses et rendrait les croustilles rances ; il gonfle aussi le sac, qui protège le contenu. Dans le chalumeau, l'acétylène est le COMBUSTIBLE ; il brûle avec du dioxygène pur, le comburant, et sa flamme dépasse 3000 °C. Les trois usages découlent chacun de la réactivité du gaz : c'est exactement ce que le programme demande de savoir associer.
d)
A, la flamme au-dessus d'un cercle : matière COMBURANTE. B, la flamme seule : matière INFLAMMABLE, donc combustible. C, la bouteille : GAZ SOUS PRESSION, danger d'éclatement, quel que soit le gaz. Une bouteille de dioxygène comprimé porte donc A et C ; une bouteille de propane, B et C ; une bouteille d'argon, C seul. Confondre A et B est l'erreur la plus fréquente, et elle n'est pas anodine : ranger une bouteille comburante à côté d'une bouteille inflammable réunit deux côtés du triangle du feu.
e)
Le critère est l'ÉNERGIE DE LIAISON : pour réagir, une molécule doit d'abord rompre sa liaison, et plus cette liaison est faible, plus la réaction démarre facilement. Le difluor, avec 159 kJ/mol, est le plus réactif ; le diazote, avec sa triple liaison de 945 kJ/mol, est le moins réactif ; le dioxygène est entre les deux. Rapport : 159945=5,9, la liaison du diazote est presque six fois plus forte. Un classement de réactivité doit toujours nommer son critère : sans lui, la réponse « le fluor est plus réactif » n'est qu'une affirmation.
Exercice 4 : Réversible ou irréversible, totale ou à l'équilibre
Une transformation IRRÉVERSIBLE se fait dans un seul sens : elle s'arrête quand un réactif est épuisé, c'est une réaction TOTALE, ou complète, et on l'écrit avec une flèche simple →. Une transformation RÉVERSIBLE se fait dans les deux sens à la fois : la réaction DIRECTE, de gauche à droite, et la réaction INVERSE, de droite à gauche. On l'écrit avec une double flèche ⇌.
Dans un ballon fermé, on chauffe 1,00 mol d'acide éthanoïque et 1,00 mol d'éthanol. Il se forme un ester à odeur de dissolvant, l'éthanoate d'éthyle, et de l'eau : CH3COOH(l)+C2H5OH(l)⇌CH3COOC2H5(l)+H2O(l). Après quelques heures, la composition ne change plus : le ballon contient 0,67 mol d'ester.
a) Associez chaque énoncé à une transformation réversible ou irréversible : 1) la flèche est double ; 2) un réactif est complètement transformé à la fin ; 3) réactifs et produits coexistent indéfiniment ; 4) les produits ne redonnent jamais les réactifs dans les mêmes conditions.
b) Nommez la réaction directe et la réaction inverse de l'équation de l'ester.
c) Quelle quantité d'ester obtiendrait-on si la réaction était totale ? Quelle quantité d'acide reste-t-il dans le ballon ? Quel pourcentage de la quantité maximale d'ester obtient-on ?
d) Dans un second ballon, on chauffe dans les mêmes conditions 1,00 mol d'ester et 1,00 mol d'eau. Quand la composition ne change plus, le ballon contient encore 0,67 mol d'ester. Quelle quantité d'ester a été transformée, et quelle quantité d'acide s'est formée ? Que montre la comparaison des deux ballons ?
e) Une allumette brûle. Sa transformation est-elle réversible ? Pourquoi les produits ne redonnent-ils pas les réactifs ?
b)Directe : estérification ; inverse : hydrolyse de l'ester
c)1,00 mol si totale ; 0,33 mol d'acide restant ; 67 %
d)0,33 mol d'ester hydrolysé, 0,33 mol d'acide : même état final
e)Irréversible : les produits gazeux se dispersent et ne reforment pas le bois
a)
1) Réversible : la double flèche dit que la réaction va dans les deux sens. 2) Irréversible : un réactif épuisé signe une réaction totale, qui ne s'arrête que faute de réactif. 3) Réversible : si les produits redonnent sans cesse des réactifs, aucun réactif ne peut disparaître complètement. 4) Irréversible, par définition. La coexistence des réactifs et des produits À LA FIN est l'indice expérimental le plus sûr : elle se mesure, alors qu'une flèche n'est qu'une écriture.
b)
La réaction directe, de gauche à droite, est la formation de l'ester et de l'eau à partir de l'acide et de l'alcool : on l'appelle estérification. La réaction inverse, de droite à gauche, est la transformation de l'ester par l'eau en acide et en alcool : l'hydrolyse de l'ester. Nommer les deux réactions est une question d'examen fréquente, et la réponse « la réaction inverse défait la réaction directe » ne rapporte rien : il faut écrire ce qu'elle consomme et ce qu'elle forme.
c)
Les coefficients sont tous égaux à 1 : une mole d'acide donne au plus une mole d'ester. Avec 1,00 mol de chaque réactif, une réaction totale donnerait 1,00 mol d'ester. On n'en obtient que 0,67 mol : il a donc réagi 0,67 mol d'acide, et il en reste 1,00−0,67=0,33 mol, autant que d'éthanol. Pourcentage : 1,000,67×100=67 %. La réaction n'est pas totale alors qu'aucun réactif ne manque : c'est la marque d'une réaction réversible arrivée à l'équilibre, et non d'une réaction trop lente.
d)
Il restait 0,67 mol d'ester sur 1,00 : 1,00−0,67=0,33 mol ont été hydrolysées, formant 0,33 mol d'acide et 0,33 mol d'alcool. Le second ballon contient donc exactement le même mélange que le premier : 0,67 mol d'ester et d'eau, 0,33 mol d'acide et d'alcool. On atteint le MÊME état final en partant des réactifs ou des produits. C'est la preuve expérimentale de la réversibilité : la réaction inverse existe vraiment, et l'état d'équilibre ne dépend pas du côté d'où l'on part. Le calcul de la constante qui fixe cette composition se fait au chapitre sur l'équilibre chimique.
e)
Non, elle est irréversible. Le bois et le dioxygène donnent du dioxyde de carbone, de la vapeur d'eau et des cendres ; les gaz se dispersent dans l'air et, même rassemblés, ils ne réagissent pas entre eux pour reformer du bois dans les mêmes conditions. La réaction va donc jusqu'au bout, jusqu'à épuisement du combustible. Une combustion à l'air libre cumule les deux raisons de ne jamais atteindre l'équilibre : elle est irréversible, et le système est ouvert.
Exercice 5 : Les trois conditions de l'équilibre, et les leurres
Parmi les énoncés de a) et b), certains sont des conditions NÉCESSAIRES pour qu'un système atteigne l'état d'équilibre ; les autres sont des leurres qui reviennent dans les copies.
Bécher 1, OUVERT : une solution jaune de chromate de potassium à laquelle on a ajouté quelques gouttes d'acide ; elle devient orangée, puis sa couleur ne change plus : 2CrO42−(aq)+2H+(aq)⇌Cr2O72−(aq)+H2O(l). Bécher 2, OUVERT : un morceau de zinc dans de l'acide chlorhydrique, d'où montent des bulles : Zn(s)+2HCl(aq)→ZnCl2(aq)+H2(g).
a) Condition nécessaire ou non ? 1) la réaction est réversible ; 2) le système est fermé ; 3) les propriétés macroscopiques sont constantes ; 4) les propriétés microscopiques sont constantes ; 5) il y a autant de moles de réactifs que de produits.
b) Même question : 6) la masse des réactifs égale celle des produits ; 7) la réaction est complète. Combien de conditions nécessaires avez-vous retenues en tout ?
c) Le bécher 1 est ouvert. Peut-il quand même être à l'équilibre ? Justifiez.
d) Le bécher 2 peut-il atteindre l'équilibre ? Quelle condition manque, en plus du sens unique de la flèche ?
e) Quelle propriété macroscopique permet de constater l'équilibre du bécher 1 ? Laquelle des grandeurs suivantes n'est PAS une propriété macroscopique : la couleur, le pH, la température, la vitesse d'un ion donné ?
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Réponses
a)1, 2, 3 nécessaires ; 4 et 5 sont des leurres
b)6 et 7 sont des leurres ; trois conditions en tout
c)Oui : aucune espèce gazeuse, le bécher ouvert se comporte en système fermé
d)Non : le dihydrogène s'échappe (système ouvert) et la réaction est irréversible
e)La couleur ; la vitesse d'un ion n'est pas macroscopique
a)
1) Oui : une réaction irréversible va jusqu'au bout, il n'y a rien à équilibrer. 2) Oui : si une substance peut entrer ou sortir, la composition dérive sans fin. 3) Oui : couleur, pression, température, pH, masse de solide doivent rester constants ; c'est ce qu'on mesure. 4) Non, et c'est le leurre le plus fin : à l'échelle des particules, RIEN n'est constant, les molécules réagissent sans arrêt dans les deux sens. L'équilibre est constant à notre échelle et agité à l'échelle des molécules. 5) Non : à l'équilibre, les quantités de réactifs et de produits sont constantes, pas égales ; l'exercice 4 en donne un exemple, avec 0,67 mol d'ester contre 0,33 mol d'acide.
b)
6) Non : l'égalité des masses n'a aucun rapport avec l'équilibre. La masse totale se conserve toujours, mais celle des réactifs et celle des produits n'ont aucune raison d'être égales. 7) Non : une réaction complète a épuisé un réactif, elle ne peut plus revenir en arrière ; c'est l'inverse d'un équilibre. Il y a donc TROIS conditions : réaction réversible, système fermé, propriétés macroscopiques constantes. Les leurres 4, 5 et 6 viennent tous de la même confusion entre « constant » et « égal », ou entre ce qu'on voit et ce qui se passe.
c)
Oui. Aucune espèce de la réaction n'est un gaz : rien ne peut s'échapper par l'ouverture du bécher, qui se comporte donc comme un système FERMÉ pour cette réaction. La réaction est réversible (double flèche) et la couleur orangée ne change plus : les trois conditions sont réunies. Le piège est de répondre « non, le bécher est ouvert » : ce qui compte n'est pas la forme du récipient mais la possibilité, pour une espèce de la réaction, d'en sortir. L'évaporation lente de l'eau est négligée à l'échelle de l'expérience.
d)
Non. Le dihydrogène formé est un GAZ qui s'échappe du bécher ouvert : le système est ouvert pour cette réaction, et la condition « système fermé » manque. De plus, la réaction est écrite avec une flèche simple : elle est irréversible et ne s'arrêtera que lorsque le zinc ou l'acide sera épuisé. Deux conditions manquent donc, et l'une suffirait à exclure l'équilibre.
e)
C'est la COULEUR qui permet de le constater : une couleur constante signifie que les concentrations des ions colorés ne changent plus. Le pH constant le confirmerait aussi. La vitesse d'un ion donné n'est PAS une propriété macroscopique : elle concerne une seule particule, à l'échelle microscopique, et elle change sans arrêt, même à l'équilibre. Une seule propriété macroscopique qui varie suffit à dire que l'équilibre n'est pas atteint ; l'inverse demande que toutes soient constantes.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : L'équilibre est-il atteint ? Six situations
Pour chaque situation du schéma, dites si le système est à l'équilibre, puis nommez la condition qui manque : réaction réversible, système fermé ou propriétés macroscopiques constantes. Répondez « aucune » si l'équilibre est atteint, « les trois » si aucune condition n'est remplie.
Précisions. 1 : une bouteille d'eau gazeuse jamais ouverte, posée depuis une semaine ; le gaz au-dessus du liquide est du dioxyde de carbone. 2 : la même bouteille, débouchée sur la table. 3 : une bonbonne qui ne contient que de l'argon. 4 : une bougie allumée sur une table. 5 : un thermos fermé contenant de l'eau et des glaçons à 0 °C ; la masse de glace ne change plus. 6 : un flacon bouché de brome, liquide rouge foncé au fond, vapeur rousse au-dessus, dont la teinte ne change plus.
a) Situations 1 et 2.
b) Situations 3 et 4.
c) Situations 5 et 6.
d) Pour chaque situation à l'équilibre, nommez le type d'équilibre : de phase, de solubilité ou chimique.
e) Un pot fermé contient de l'eau dans laquelle on a dissous deux cuillerées de sucre ; il ne reste aucun cristal au fond. Le système est-il à l'équilibre ? Quelle condition manque ?
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Réponses
a)1 oui ; 2 non, système ouvert
b)3 non, aucune réaction ; 4 non, les trois conditions manquent
c)5 oui ; 6 oui
d)1 de solubilité ; 5 et 6 de phase
e)Non : tout est dissous, plus de transformation réversible
a)
1 : Oui. Le dioxyde de carbone s'échange sans arrêt entre le gaz et le liquide, CO2(g)⇌CO2(aq) : le processus est réversible, la bouteille scellée est un système fermé, et la pression, mesurable au toucher de la bouteille, reste constante. Aucune condition ne manque. 2 : Non. Débouchée, la bouteille devient un système OUVERT : le dioxyde de carbone s'échappe, des bulles montent, la boisson s'évente. Le processus est toujours réversible ; c'est la fermeture qui manque, et la variation des propriétés n'en est que la conséquence. La même bouteille passe donc de l'équilibre au non-équilibre sans que sa chimie change : seul le système a changé.
b)
3 : Non. L'argon ne réagit avec rien, et un seul gaz ne se transforme en rien : il n'y a AUCUNE réaction, donc aucune réaction réversible. Que tout soit constant dans la bonbonne ne suffit pas : l'équilibre est celui de deux transformations opposées, et ici il n'y en a pas. C'est le piège le plus coûteux de ce type de question, parce que les deux autres conditions sont remplies. 4 : Non, et les trois conditions manquent : la combustion est irréversible, la bougie à l'air libre est un système ouvert (les gaz partent, le dioxygène arrive), et ses propriétés changent sans arrêt, puisque la bougie raccourcit.
c)
5 : Oui. La glace fond et l'eau gèle en même temps, au même rythme : H2O(s)⇌H2O(l). Le thermos est fermé, et la masse de glace, propriété macroscopique, est constante. Aucune condition ne manque. 6 : Oui. Le brome s'évapore et se condense à la même vitesse, Br2(l)⇌Br2(g) ; le flacon est bouché ; la teinte constante de la vapeur dit que sa concentration ne change plus. Aucune condition ne manque.
d)
Situation 1 : équilibre DE SOLUBILITÉ, celui d'un gaz qui se dissout dans un liquide et en ressort. Situations 5 et 6 : équilibres DE PHASE, entre deux états d'une même substance, solide et liquide pour l'eau, liquide et gaz pour le brome. Aucune des six situations n'est un équilibre chimique au sens strict, où des substances différentes se transforment les unes en les autres ; l'exercice 7 en étudie un. Les trois types obéissent aux trois mêmes conditions.
e)
Non. Tout le sucre est dissous : il n'y a plus de solide au contact de la solution, donc plus d'échange possible entre le sucre solide et le sucre dissous. Il manque la RÉACTION RÉVERSIBLE : un équilibre de solubilité n'existe qu'en présence d'un excès de solide non dissous, dans une solution saturée. Le pot fermé et le goût constant ne suffisent pas. Si l'on ajoutait du sucre jusqu'à ce qu'il en reste au fond, sans plus pouvoir se dissoudre, l'équilibre s'installerait.
Exercice 7 : L'équilibre dynamique : deux vitesses qui se rejoignent
On reprend le premier ballon de l'exercice 4, où l'acide éthanoïque et l'éthanol forment un ester et de l'eau. Le graphique donne, au cours du temps, la vitesse de la réaction directe (formation de l'ester) et celle de la réaction inverse (hydrolyse de l'ester), en millimoles d'ester formées ou détruites par litre et par heure.
a) Lisez les deux vitesses à t=0, puis à t=3 h. Pourquoi la vitesse inverse est-elle nulle au départ ?
b) À quel instant le système atteint-il l'équilibre ? Que valent alors les deux vitesses ?
c) Un élève affirme qu'après 6 h, plus aucune molécule d'ester ne se forme. Que vaut la vitesse directe à t=8 h ? De combien la quantité d'ester varie-t-elle, par litre et par heure, à cet instant ?
d) On ajoute au ballon à l'équilibre une trace d'ester dont les atomes de carbone sont marqués par un isotope rare, détectable. Quelques heures plus tard, on retrouve des atomes marqués dans l'acide éthanoïque, alors que la composition du ballon n'a pas changé. Que prouve cette expérience ?
e) Classez ces trois équilibres : la vapeur d'eau et l'eau liquide dans une gourde fermée ; des cristaux de sulfate de cuivre au fond de leur solution saturée, dans un flacon bouché ; le ballon de l'ester.
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Réponses
a)t=0 : 3,0 et 0 ; t=3 h : 1,5 et 0,75 ; pas d'ester au départ
b)t=6 h, les deux vitesses valent 1,0 mmol/(L·h)
c)1,0 mmol/(L·h) ; variation nette nulle : rien ne s'arrête
d)Les deux réactions continuent : l'équilibre est dynamique
e)Gourde de phase ; cristaux de solubilité ; ester chimique
a)
À t=0, la vitesse directe vaut 3,0 mmol/(L·h) et la vitesse inverse 0. À t=3 h, on lit 1,5 pour la directe et 0,75 pour l'inverse. Au départ, le ballon ne contient que les réactifs : il n'y a encore AUCUNE molécule d'ester à hydrolyser, la réaction inverse ne peut donc pas se produire. Puis, à mesure que l'ester s'accumule et que les réactifs s'épuisent, la vitesse directe baisse et la vitesse inverse monte. À 3 h, il se forme encore plus d'ester qu'il ne s'en détruit : la quantité d'ester augmente de 1,5−0,75=0,75 mmol par litre et par heure.
b)
Les deux courbes se rejoignent à t=6 h, et restent confondues ensuite : c'est l'instant où l'équilibre est atteint. Les deux vitesses valent alors 1,0 mmol/(L·h). Le critère de lecture est l'ÉGALITÉ des deux vitesses, pas leur annulation : sur ce graphique, aucune courbe ne descend jamais à zéro après le départ.
c)
Il a tort. À t=8 h, la vitesse directe vaut toujours 1,0 mmol/(L·h) : chaque heure, dans chaque litre, il se forme 1,0 mmol d'ester. Mais la réaction inverse en détruit exactement autant dans le même temps. La variation nette est 1,0−1,0=0 : la quantité d'ester est constante, sans qu'aucune réaction se soit arrêtée. C'est le sens du mot DYNAMIQUE : à notre échelle rien ne bouge, à l'échelle des molécules tout continue. Le graphique concentration-temps d'un équilibre montre des paliers ; ce graphique-ci montre pourquoi il y a des paliers.
d)
Si les réactions s'étaient arrêtées, les atomes marqués resteraient enfermés dans l'ester pour toujours. On les retrouve dans l'acide : des molécules d'ester ont donc été hydrolysées APRÈS l'ajout, par la réaction inverse, et la composition constante prouve que la réaction directe a reformé autant d'ester dans le même temps. L'absence de changement visible ne prouve donc pas l'arrêt : elle prouve seulement l'égalité des deux vitesses. Seule une expérience qui « suit » des molécules individuelles, comme ce marquage, rend l'échange visible.
e)
La gourde : équilibre DE PHASE, l'eau s'évapore et se condense au même rythme. Les cristaux de sulfate de cuivre : équilibre DE SOLUBILITÉ, le solide se dissout et les ions se redéposent au même rythme, ce qui n'existe qu'en présence de solide au fond. Le ballon de l'ester : équilibre CHIMIQUE, des substances différentes se transforment les unes en les autres. Dans les trois cas, les mêmes conditions et la même égalité des vitesses.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations est fausse. Dites pourquoi, puis réécrivez-la correctement. Deux points chacune.
a) « Une équation équilibrée compte le même nombre de molécules à gauche et à droite. » Testez-la sur N2+3F2→2NF3.
b) « À l'équilibre, il y a autant de réactifs que de produits. »
c) « L'hélium est un gaz toxique : c'est pour cela qu'il est dangereux de le respirer pur. »
d) « Un contenant ouvert ne peut jamais abriter un équilibre. »
e) « Quand plus rien ne change dans un système fermé, c'est que les réactions se sont arrêtées. »
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Réponses
a)4 molécules contre 2 : ce sont les atomes qui se conservent
b)Les quantités sont constantes, pas égales
c)L'hélium est inerte ; le danger est l'asphyxie
d)Possible si aucune espèce n'est gazeuse
e)Équilibre dynamique : les deux réactions continuent à vitesses égales
a)
Faux. L'équation N2+3F2→2NF3 est équilibrée, 2 N et 6 F de chaque côté, et pourtant elle compte 1+3=4 molécules à gauche et 2 à droite. Ce qui se conserve, ce sont les ATOMES, donc la masse ; les molécules, elles, se défont et se refont en nombre différent. Correction : « une équation équilibrée compte le même nombre d'atomes de chaque élément de part et d'autre ».
b)
Faux. À l'équilibre, les quantités de réactifs et de produits sont CONSTANTES, pas égales. Dans le ballon de l'exercice 4, on trouve 0,67 mol d'ester pour 0,33 mol d'acide ; d'autres équilibres ne gardent que des traces de produit. Correction : « à l'équilibre, les quantités de réactifs et de produits ne varient plus, car les vitesses directe et inverse sont égales ».
c)
Faux. L'hélium est un gaz INERTE : il ne réagit avec rien, ni avec les poumons ni avec le sang. Le danger est l'asphyxie : respiré pur, il prend la place du dioxygène, et le cerveau en manque sans que rien n'avertisse, car on ne ressent pas d'étouffement. Correction : « l'hélium n'est pas toxique, il est inerte ; respiré pur, il prive l'organisme de dioxygène ».
d)
Faux. Si aucune espèce de la réaction n'est un gaz, rien ne peut s'échapper par l'ouverture, et le contenant se comporte comme un système fermé : c'est le cas du bécher de chromate de l'exercice 5, ou d'une solution saturée avec un dépôt au fond. Correction : « un contenant ouvert peut abriter un équilibre si aucune espèce de la réaction n'est gazeuse ».
e)
Faux. À l'équilibre, plus rien ne change à notre échelle, mais les réactions directe et inverse continuent, à la même vitesse : c'est un équilibre DYNAMIQUE, pas statique. Le marquage isotopique de l'exercice 7 le démontre. Correction : « quand plus rien ne change dans un système fermé où la réaction est réversible, les réactions directe et inverse se poursuivent à vitesses égales ».
Exercice 9 : Problème : le four à chaux, ouvert ou fermé
La chaux vive, l'oxyde de calcium CaO, s'obtient en chauffant du calcaire vers 900 °C : CaCO3(s)⇌CaO(s)+CO2(g). La réaction est réversible : de la chaux vive laissée au contact du dioxyde de carbone en reprend lentement et redevient du calcaire. Mélangée à l'eau, la chaux vive donne la chaux éteinte Ca(OH)2, qui sert à fabriquer les mortiers et à amender les sols acides.
Un four à chaux traditionnel est ouvert par le haut : le dioxyde de carbone part avec les fumées. Au laboratoire, on chauffe au contraire du calcaire à la même température dans une enceinte d'acier fermée. Masses molaires, en g/mol : CaCO3100,09 ; CaO56,08 ; CO244,01 ; Ca(OH)274,10.
a) On charge le four ouvert de 500 kg de calcaire pur. La décomposition y est-elle totale ? Calculez la masse de chaux vive obtenue en fin de cuisson.
b) Quelle masse de dioxyde de carbone part avec les fumées ? Vérifiez la conservation de la masse.
c) Dans l'enceinte fermée de 1,00 L, on chauffe 10,0 g de calcaire. La décomposition s'arrête quand l'enceinte contient 0,0104 mol de dioxyde de carbone, et cette quantité ne change plus ensuite. Quelle masse de calcaire s'est décomposée ? Quel pourcentage de l'échantillon cela représente-t-il ? Quelle masse de calcaire reste intacte ?
d) Expliquez pourquoi la même réaction est totale dans le four et s'arrête à un équilibre dans l'enceinte. Quelle propriété macroscopique permet de constater l'équilibre dans l'enceinte ?
e) On éteint la chaux vive du a) avec de l'eau : CaO(s)+H2O(l)→Ca(OH)2(s). Quelle masse de chaux éteinte obtient-on ? À quelle famille appartient cette réaction ?
Voir la correction
Réponses
a)Totale, le CO2 s'échappe ; 280 kg de chaux vive
b)220 kg de CO2 ; 280+220=500 kg
c)1,04 g décomposés, soit 10,4 % ; 8,96 g intacts
d)Système fermé : le CO2 reforme du calcaire, vitesses égales ; pression constante
e)Environ 370 kg de chaux éteinte ; synthèse
a)
Oui. Dans le four ouvert, le dioxyde de carbone s'échappe à mesure qu'il se forme : il n'est plus là pour reformer du calcaire avec la chaux, la réaction inverse ne peut pas avoir lieu, et la décomposition continue jusqu'à épuisement du calcaire. Calcul : n(CaCO3)=100,09500000=4995 mol. L'équation est mole à mole, donc n(CaO)=4995 mol et m(CaO)=4995×56,08=280100 g, soit 280 kg. Le piège d'unité : travailler en kilogrammes avec des masses molaires en grammes par mole donne des « moles » mille fois trop petites ; on convertit d'abord, ou l'on raisonne en kilomoles du début à la fin.
b)
m(CO2)=4995×44,01=219900 g, soit 220 kg. Vérification : 280,1+219,9=500,0 kg, la masse du calcaire de départ. Près de 44 % de la masse du calcaire part dans l'air : c'est pour cela que la fabrication de la chaux rejette autant de dioxyde de carbone, indépendamment du combustible qui chauffe le four.
c)
La quantité de calcaire décomposé égale celle du dioxyde de carbone formé, l'équation étant mole à mole : 0,0104 mol. Masse : 0,0104×100,09=1,04 g, soit 10,01,04×100=10,4 % de l'échantillon. Il reste 10,0−1,04=8,96 g de calcaire intact. La réaction s'est donc arrêtée alors que 90 % du réactif est encore là : ce n'est pas un réactif limitant qui l'a stoppée. À cette température, 0,0104 mol de gaz dans 1,00 L correspond à une pression voisine de la pression atmosphérique.
d)
Dans l'enceinte, les trois conditions de l'équilibre sont réunies. La réaction est réversible. Le système est FERMÉ : le dioxyde de carbone formé reste dans l'enceinte, au contact de la chaux, et se recombine avec elle par la réaction inverse. Dès que la quantité de gaz atteint 0,0104 mol, il se reforme autant de calcaire par seconde qu'il s'en décompose : les vitesses sont égales, et les propriétés macroscopiques deviennent constantes. La plus simple à suivre est la PRESSION du gaz, que lirait un manomètre. Dans le four ouvert, la deuxième condition manque, et c'est elle qui rend la réaction totale. C'est le fil de tout le chapitre : le caractère total ou non d'une réaction réversible dépend du système autant que de la réaction.
e)
n(CaO)=4995 mol, et l'équation est mole à mole : n(Ca(OH)2)=4995 mol, soit m=4995×74,10=370200 g, environ 370 kg. La masse augmente parce que l'eau est intégrée au solide. Deux réactifs, un seul produit : c'est une SYNTHÈSE, très exothermique, au point que l'eau peut bouillir. Dans le mortier, la chaux éteinte reprend ensuite le dioxyde de carbone de l'air, Ca(OH)2+CO2→CaCO3+H2O, et redevient du calcaire : la boucle se referme.
Exercice 10 : Problème : deux soudures, deux rôles pour un gaz
Dans un atelier de métallurgie, deux procédés se côtoient. Le chalumeau oxyacétylénique brûle de l'acétylène C2H2 dans du dioxygène pur, livrés dans deux bouteilles séparées ; sa flamme atteint environ 3100 °C. La soudure TIG fait fondre le métal avec un arc électrique, sous un jet continu d'argon.
Masses molaires, en g/mol : C2H226,04 ; O232,00 ; CO244,01. Pictogrammes : ceux de l'exercice 3.
a) Équilibrez la combustion complète de l'acétylène : C2H2+O2→CO2+H2O.
b) Quel gaz est le combustible, lequel est le comburant ? Pourquoi le chalumeau utilise-t-il du dioxygène pur plutôt que de l'air ?
c) Pour brûler complètement 1,00 kg d'acétylène, calculez la quantité d'acétylène, la masse de dioxygène consommée et la masse de dioxyde de carbone rejetée.
d) Quel est le rôle de l'argon dans la soudure TIG ? Que subirait le métal en fusion sans lui, et à quelle famille appartient cette réaction ? Quel pictogramme porte la bouteille d'argon ?
e) Une fuite d'acétylène se produit dans l'atelier fermé. Quels côtés du triangle du feu sont déjà réunis, et lequel manque ? Quels pictogrammes porte la bouteille d'acétylène ?
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Réponses
a)2C2H2+5O2→4CO2+2H2O
b)Acétylène combustible, dioxygène comburant ; le diazote de l'air absorberait la chaleur
c)38,4 mol ; 3,07 kg de O2 ; 3,38 kg de CO2
d)Gaz inerte qui empêche l'oxydation ; pictogramme C seul
e)Combustible et comburant réunis, il manque l'étincelle ; pictogrammes B et C
a)
Le carbone d'abord : 2 C, donc 2CO2. L'hydrogène : 2 H, donc 1 H2O. L'oxygène en dernier : 2×2+1=5 atomes, un nombre IMPAIR, donc 25O2. On multiplie toute l'équation par 2 : 2C2H2+5O2→4CO2+2H2O. Vérification : C 4, H 4, O 10 de chaque côté. Les coefficients 2, 5, 4, 2 n'ont pas de diviseur commun : c'est la réponse.
b)
L'acétylène est le COMBUSTIBLE, le dioxygène le COMBURANT. L'air ne contient qu'environ 21 % de dioxygène ; le reste est surtout du diazote, pratiquement inerte, qui ne participe pas à la combustion mais s'échauffe avec elle et absorbe une grande partie de la chaleur dégagée. Avec du dioxygène pur, toute l'énergie sert à chauffer les produits de la combustion et la pièce à souder, et la flamme atteint une température qui fait fondre l'acier.
c)
n(C2H2)=26,041000=38,40 mol. D'après l'équation, il faut 25 moles de dioxygène par mole d'acétylène : n(O2)=2,5×38,40=96,01 mol, soit m(O2)=96,01×32,00=3072 g, environ 3,07 kg. Le dioxyde de carbone : 2 moles par mole d'acétylène, n(CO2)=76,80 mol, soit m=76,80×44,01=3380 g, environ 3,38 kg. On brûle donc environ trois fois plus de dioxygène que d'acétylène, en masse : l'atelier consomme bien plus de comburant que de combustible. Le piège est d'inverser le rapport et de multiplier par 52 au lieu de 25 : on part toujours de l'espèce connue et l'on multiplie par « coefficient cherché sur coefficient connu ».
d)
L'argon est un gaz INERTE : il chasse l'air autour du bain de métal fondu et ne réagit pas avec lui, même à plus de 1500 °C. Sans lui, le métal liquide réagirait avec le dioxygène de l'air et se couvrirait d'oxyde : la soudure serait poreuse et cassante. Cette réaction est une OXYDATION, et comme deux réactifs y donnent un seul oxyde, c'est aussi une synthèse. La bouteille d'argon ne porte que le pictogramme C, gaz sous pression : l'argon n'est ni comburant ni inflammable, mais une bouteille comprimée peut éclater.
e)
L'acétylène qui fuit est le COMBUSTIBLE ; l'air de l'atelier apporte le COMBURANT. Deux côtés du triangle sont donc réunis : il ne manque que l'énergie d'activation, et une étincelle d'interrupteur, une meuleuse ou une cigarette suffit à déclencher une explosion. C'est pourquoi la consigne est d'aérer et de ne rien allumer, ni même actionner un interrupteur. La bouteille d'acétylène porte les pictogrammes B, inflammable, et C, gaz sous pression.
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