Exercices corrigés : les logarithmes et le changement de base (math TS, secondaire 4)
Voici une série d'exercices corrigés de mathématique Technico-sciences de quatrième secondaire sur les logarithmes et le changement de base, calibrés sur le niveau réel des évaluations de la séquence. C'est la seconde moitié du chapitre d'arithmétique qui ouvre le programme, et elle prépare directement la fonction logarithmique et les équations qui viennent ensuite.
Le fil de la série est le suivant : un logarithme est un EXPOSANT, et rien d'autre. Chaque loi des logarithmes est une loi des exposants relue à l'envers, et tout ce qui est interdit l'est parce qu'aucun exposant ne donnerait ce résultat.
Faites chaque exercice au complet avant d'ouvrir la correction : c'est en cherchant qu'on apprend, pas en lisant la solution.
Série autocorrigéeTape tes réponses sous chaque question : la page te dit juste ou faux avant d'ouvrir la correction. Avec un compte, chaque bonne réponse du premier coup rapporte des points.
•LA DÉFINITION : logba=c signifie bc=a. Le logarithme répond à la question « à quelle puissance faut-il élever b pour obtenir a ? ». Tout le chapitre en découle.
•TROIS IDENTITÉS GRATUITES : logb1=0, logbb=1 et logbbk=k dans toute base. Elles servent à chaque exercice et se retrouvent en une seconde par la définition.
•LES TROIS LOIS : logb(MN)=logbM+logbN, logbNM=logbM−logbN et logb(Mk)=klogbM. Elles valent seulement entre logarithmes de MÊME BASE.
•UN COEFFICIENT MONTE EN EXPOSANT DE L'ARGUMENT : 2logx=log(x2), et non (logx)2. Inversement 21logx=logx.
•UNE DIFFÉRENCE N'EST PAS UN QUOTIENT. log8−log2=log4, mais log2log8=log28=3 : la barre de fraction est un changement de base, le signe moins est la loi du quotient.
•RIEN NE SE DÉVELOPPE SUR UNE SOMME : log(M+N) ne se casse pas, parce qu'aucune loi des exposants ne simplifie bx+by.
•CHANGEMENT DE BASE : logba=logbloga=lnblna. On choisit log ou ln, jamais un de chaque. Conséquence utile : logba=logab1.
•ENCADRER AVANT DE CALCULER : on encadre l'argument entre deux puissances consécutives de la base, et le logarithme est entre les deux exposants. Cinq secondes, et toutes les erreurs de touche sont attrapées.
•L'ARGUMENT EST TOUJOURS STRICTEMENT POSITIF. logb0 et logb d'un nombre négatif n'existent pas, aucune puissance d'une base positive ne valant zéro ni un négatif. Un logarithme NÉGATIF, lui, est parfaitement normal : il signale un argument entre 0 et 1.
•CONDENSER ÉLARGIT LE DOMAINE. log(x−1)+log(x+2) vit sur ]1;+∞[, alors que log[(x−1)(x+2)] vit aussi sur ]−∞;−2[. On écrit le domaine AVANT de condenser.
•POUR UN ARGUMENT SUPÉRIEUR À 1, plus la base est grande, plus le logarithme est petit. C'est le contrôle qui range trois logarithmes sans aucun calcul.
•LE LOGARITHME DÉCIMAL COMPTE LES CHIFFRES : un entier N en a ⌊log10N⌋+1. Sa partie entière donne la puissance de dix, sa partie décimale donne le coefficient de la notation scientifique.
Partie A : les bases (/50)
Exercice 1 : Le logarithme, c'est l'exposant qu'on cherche
La définition tient en une ligne, et tout le chapitre en découle : logba=c signifie bc=a. Le logarithme RÉPOND à la question « à quelle puissance faut-il élever b pour obtenir a ? ».
La base b doit vérifier b>0 et b=1, et l'argument a doit être strictement positif.
a) Écrivez sous forme exponentielle : log381=4, log5251=−2 et log12144=2.
b) Écrivez sous forme logarithmique : 26=64, 70=1 et 4−3=641.
c) Évaluez sans calculatrice : log264, log93, log82, log557 et log4161.
d) Pourquoi la base doit-elle être différente de 1 ? Servez-vous de log17 et de log11 pour répondre.
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Réponses
a)34=81, 5−2=251 et 122=144
b)log264=6, log71=0 et log4641=−3
c)6, 21, 31, 7 et −2
d)Base 1 : log17 n'aurait aucune valeur et log11 en aurait une infinité
a) On lit la définition de droite à gauche : la valeur du logarithme est l'EXPOSANT. log381=4 devient 34=81. log5251=−2 devient 5−2=251, et l'on retrouve au passage qu'un logarithme négatif signale un argument compris entre 0 et 1. log12144=2 devient 122=144. Le geste à automatiser est celui-ci : la base reste la base, le résultat du logarithme monte en exposant, et l'argument passe de l'autre côté du signe égal.
b) Le chemin inverse. 26=64 donne log264=6. 70=1 donne log71=0, et c'est un résultat général : le logarithme de 1 vaut 0 dans TOUTE base, puisque toute base à la puissance zéro vaut 1. 4−3=641 donne log4641=−3. Écrire log644=31 n'est pas la réponse demandée, même si c'est vrai : on ne confond pas la base et l'argument.
c) log264=6 car 26=64. log93=21 car 91/2=9=3 : un logarithme vaut très bien une fraction, et c'est le cas chaque fois que l'argument est une racine de la base. log82=31 car 81/3=2. log557=7, immédiatement, par la définition : c'est l'identité logbbk=k, la plus rentable du chapitre. Enfin log4161=−2 car 4−2=161.
d) Si la base valait 1, l'équation 1c=7 n'aurait AUCUNE solution, puisque 1 élevé à n'importe quelle puissance vaut toujours 1 : log17 n'existerait pas. Pire, log11 aurait une infinité de réponses, tout exposant convenant. Un logarithme doit donner un résultat et un seul, donc la base 1 est exclue. La même exigence écarte les bases négatives, pour lesquelles bc change de signe d'un exposant à l'autre.
Exercice 2 : Les trois lois : produit, quotient, puissance
logb(MN)=logbM+logbN, logbNM=logbM−logbN et logb(Mk)=klogbM. Ces trois lois sont les lois des exposants relues à l'envers, et c'est la démonstration de l'exercice 6.
Condensez en a), b) et c) ; développez en d) et e).
a) log35+log318−log310
b) 2log73+log74
c) 31log264−log25
d) Développez log5(y25x3).
e) Développez log2(32yx5).
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Réponses
a)log39=2
b)log736
c)log254
d)2+3log5x−21log5y
e)5log2x−5−log2y
a) Somme et différence de logarithmes de MÊME BASE : on multiplie et on divise les arguments. log35+log318−log310=log3105×18=log39. Et log39=2, puisque 32=9 : la réponse est un entier, ce qui n'arrive que parce que les arguments se simplifient. Ne jamais additionner les arguments : log35+log318 n'est pas log323, et un contrôle décimal le montre en trois secondes.
b) Le coefficient 2 remonte d'abord en exposant : 2log73=log732=log79. Puis la somme devient un produit : log79+log74=log736. L'ordre compte. Écrire d'abord log7(3×4)=log712 puis doubler donne 2log712=log7144, un résultat faux : le coefficient ne portait que sur le PREMIER logarithme.
c) On commence par ce qui se calcule : log264=6, donc 31log264=36=2. On peut alors écrire 2=log24, puisque 22=4, et la différence devient log24−log25=log254. Le raccourci à connaître : un coefficient 31 devant un logarithme est une racine CUBIQUE de l'argument, ici 364=4, ce qui donne le même résultat en une ligne.
d) On casse le quotient, puis le produit, puis les puissances. log5(y25x3)=log525+log5x3−log5y=2+3log5x−21log5y. Deux points rapportent : log525=2 se CALCULE, il ne reste pas en l'état ; et une racine carrée est une puissance 21, donc elle sort en coefficient 21.
e) log2(32yx5)=log2x5−log2(32y)=5log2x−(log232+log2y)=5log2x−5−log2y. La parenthèse est le piège de la question : le dénominateur contient un PRODUIT, donc les deux morceaux passent en négatif. Oublier la parenthèse donne 5log2x−5+log2y, et le signe du dernier terme est faux.
Exercice 3 : Encadrer un logarithme sans calculatrice
Un logarithme est un exposant : pour l'encadrer, il suffit d'encadrer son argument entre deux puissances consécutives de la base. C'est le contrôle de vraisemblance du chapitre, et il attrape toutes les erreurs de calculatrice.
La droite ci-dessous illustre le raisonnement de la question a).
a) Entre quels deux entiers consécutifs se trouve log250 ?
b) Même question pour log3200, puis pour log104567.
c) Rangez dans l'ordre croissant, sans calculatrice : log210, log510 et log1010.
d) Énoncez la règle générale que la question c) illustre, puis justifiez-la par la définition.
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Réponses
a)Entre 5 et 6 (valeur exacte environ 5,644)
b)Entre 4 et 5 ; puis entre 3 et 4
c)log1010<log510<log210, soit 1, puis environ 1,431, puis environ 3,322
d)À argument fixé et supérieur à 1, plus la base est grande, plus le logarithme est petit
a) On encadre 50 entre deux puissances de 2 : 25=32 et 26=64, donc 32<50<64. Comme la fonction est croissante, les logarithmes se rangent dans le même ordre : 5<log250<6. La valeur exacte vaut environ 5,644, bien dans l'encadrement. Ce geste prend cinq secondes et il vaut toujours la peine : une calculatrice mal utilisée, avec la touche log au lieu de la division par ln2, rendrait 1,699, et l'encadrement le signalerait aussitôt.
b) Pour log3200 : 34=81 et 35=243, donc 81<200<243 et 4<log3200<5. La valeur vaut environ 4,823. Pour log104567, les puissances de dix se lisent au nombre de chiffres : 1000<4567<10000, donc 3<log104567<4, et la valeur vaut environ 3,660. Retenez ce cas particulier, il sert à l'exercice 7 : le logarithme décimal d'un nombre à n chiffres est compris entre n−1 et n.
c) log1010=1, exactement, par définition. log510 est compris entre 1 et 2, puisque 51=5<10<25=52. log210 est compris entre 3 et 4, puisque 23=8<10<16=24. L'ordre croissant est donc log1010<log510<log210, et les valeurs le confirment : 1, puis environ 1,431, puis environ 3,322. Aucun calcul n'a été nécessaire, seulement trois encadrements.
d) La règle : pour un même argument supérieur à 1, PLUS LA BASE EST GRANDE, PLUS LE LOGARITHME EST PETIT. La justification vient de la définition. logb10 est l'exposant qu'il faut donner à b pour atteindre 10 ; si b est grand, chaque multiplication fait un grand pas et il en faut peu, donc l'exposant est petit. Avec b=2, on avance par doublements et il en faut plus de trois ; avec b=10, un seul pas suffit. Attention, la règle s'inverse pour un argument compris entre 0 et 1, où tous les logarithmes sont négatifs.
Exercice 4 : Le changement de base, pour se servir de sa calculatrice
Une calculatrice n'offre que deux logarithmes, log en base dix et ln en base e. Pour toute autre base, on passe par la loi du changement de base : logba=logbloga=lnblna.
Donnez chaque résultat au millième, et n'oubliez pas de l'encadrer d'abord, comme à l'exercice 3.
a) Calculez log7200.
b) Calculez log50,3.
c) Calculez log3100.
d) Vérifiez le résultat de a) en calculant 72,723.
e) Démontrez que logba=logab1, puis vérifiez-le avec log7200 et log2007.
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Réponses
a)Environ 2,723, bien entre 2 et 3
b)Environ −0,748
c)Environ 4,192
d)72,723≈200,08, l'écart venant de l'arrondi de l'exposant
e)logba×logab=1 ; ici 2,723×0,367≈1
a) Encadrement d'abord : 72=49 et 73=343, donc la réponse est entre 2 et 3. Le calcul donne log7200=ln7ln200=1,945915,29832≈2,723. Le choix entre log et ln est sans importance, le quotient est le même : 0,845102,30103 donne aussi 2,723. Ce qui compte, c'est de ne PAS mélanger les deux, un ln en haut et un log en bas donnant 6,269, une valeur hors de l'encadrement.
b) L'argument est compris entre 0 et 1, donc le résultat sera NÉGATIF : c'est l'encadrement de cette question, et il vaut la moitié des points. On calcule log50,3=ln5ln0,3=1,60944−1,20397≈−0,748. Le signe vient du numérateur seul, le dénominateur étant positif dès que la base dépasse 1. Une réponse positive ici est fausse à coup sûr.
c) 34=81 et 35=243, donc la réponse est entre 4 et 5. Le calcul donne log3100=ln3ln100=1,098614,60517≈4,192. On retrouve un résultat cohérent avec l'exercice 3, où log3200≈4,823 : doubler l'argument ajoute log32≈0,631, et 4,192+0,631=4,823.
d) 72,723≈200,08, à comparer à 200. L'écart de huit centièmes vient de l'arrondi au millième de l'exposant, pas d'une erreur : c'est la vérification attendue, et elle se rédige en une ligne. Vérifier un logarithme, c'est toujours remonter à la forme exponentielle, jamais recalculer le même quotient une seconde fois avec la même touche.
e) Par le changement de base, logba=lnblna et logab=lnalnb. Les deux quotients sont inverses l'un de l'autre, donc logba×logab=1, c'est-à-dire logba=logab1. Vérification : log2007=5,298321,94591≈0,367, et 2,7231≈0,367. Cette identité sert surtout à repérer une erreur de sens : si la réponse et son inverse sont toutes deux plausibles, l'encadrement tranche.
Exercice 5 : Ce qui n'a pas de logarithme
Un logarithme est un exposant, donc logba n'existe que si une puissance de b peut valoir a. Comme toute puissance d'une base positive est strictement positive, l'argument doit l'être aussi.
La courbe ci-dessous est celle de y=log2x : elle plonge sans fin près de zéro et ne franchit jamais l'axe vertical.
a) Expliquez, avec la définition, pourquoi log20 et log2(−8) n'existent pas.
b) Donnez la condition d'existence de log3(x−4), de log(2x+6), de log5(x2) et de ln(9−x2).
c) Donnez le domaine de log(x−1)+log(x+2), puis celui de log[(x−1)(x+2)].
d) Les deux écritures de c) sont-elles égales ? Que faut-il en conclure quand on condense une somme de logarithmes ?
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Réponses
a)Aucun exposant ne donne 2c=0 ni 2c=−8 : une puissance de 2 est strictement positive
b)]4;+∞[ ; ]−3;+∞[ ; tout réel sauf 0 ; ]−3;3[
c)]1;+∞[ pour la somme ; ]−∞;−2[∪]1;+∞[ pour le produit
d)Non : condenser élargit le domaine, et c'est l'origine des racines étrangères
a) log20 demande un exposant c tel que 2c=0. Or 2c se rapproche de zéro quand c descend, 2−10≈0,001, 2−20≈0,000001, mais ne l'atteint JAMAIS : aucun exposant ne convient. C'est ce que montre la courbe, qui plonge sans fin le long de l'axe vertical. log2(−8) demande 2c=−8, et une puissance de 2 est toujours positive : aucun exposant ne convient non plus. Répondre −3 parce que 2−3=81 est l'erreur classique, qui confond l'opposé et l'inverse.
b) log3(x−4) existe si x−4>0, donc sur ]4;+∞[. log(2x+6) existe si 2x+6>0, donc x>−3 et le domaine est ]−3;+∞[. log5(x2) existe si x2>0, ce qui est vrai pour tout x SAUF zéro : le domaine est l'ensemble des réels privé de 0. Enfin ln(9−x2) existe si 9−x2>0, c'est-à-dire x2<9, donc ]−3;3[. Ce dernier est le seul qui soit borné, et le seul où l'inéquation demande un tableau de signes.
c) Une SOMME n'existe que si chacun de ses termes existe : il faut x−1>0 ET x+2>0, donc x>1 et x>−2 simultanément, ce qui donne ]1;+∞[. Pour log[(x−1)(x+2)], il suffit que le PRODUIT soit positif, ce qui arrive aussi quand les deux facteurs sont négatifs : le tableau de signes donne x<−2 ou x>1, soit ]−∞;−2[∪]1;+∞[. Un exemple suffit à s'en convaincre : x=−5 donne log[(−6)(−3)]=log18, qui existe, alors que log(−6) n'existe pas.
d) Non, elles ne sont pas égales : elles coïncident sur ]1;+∞[, mais la forme condensée vit AUSSI sur ]−∞;−2[, où la somme n'a aucun sens. Condenser une somme de logarithmes ÉLARGIT donc le domaine, et c'est exactement de là que viennent les racines étrangères qu'on rencontrera en résolvant des équations logarithmiques. La conséquence pratique : on écrit le domaine AVANT de condenser, et toute solution trouvée hors de ce domaine est rejetée, même si elle vérifie l'équation condensée.
Partie B : problèmes et raisonnement (/50)
Exercice 6 : D'où viennent les trois lois
Les lois des logarithmes ne sont pas à apprendre par coeur : ce sont les lois des exposants, lues à l'envers. La démonstration tient en trois lignes et elle tombe régulièrement en examen, parce qu'elle prouve qu'on a compris ce qu'est un logarithme.
Dans toute la question, b>0, b=1, et M et N sont strictement positifs. On pose x=logbM et y=logbN.
a) Traduisez x=logbM et y=logbN sous forme exponentielle, puis démontrez que logb(MN)=logbM+logbN.
b) Démontrez de la même façon que logbNM=logbM−logbN.
c) Démontrez que logb(Mk)=klogbM pour tout réel k.
d) Démontrez la loi du changement de base, logba=logcblogca.
e) Où la démonstration de a) échoue-t-elle si on remplace le produit MN par la somme M+N ?
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Réponses
a)bx=M et by=N, donc MN=bx+y et logb(MN)=x+y
b)NM=bx−y, donc logbNM=x−y
c)Mk=bkx, donc logb(Mk)=kx=klogbM
d)logc(bx)=logca donne xlogcb=logca
e)Aucune loi ne simplifie bx+by ; par exemple log28=3 alors que log24+log24=4
a) Les deux traductions sont bx=M et by=N. On multiplie membre à membre : MN=bx×by=bx+y, par la loi du produit des exposants. Or dire MN=bx+y, c'est dire logb(MN)=x+y, par définition du logarithme. En remplaçant x et y par ce qu'ils valent, on obtient logb(MN)=logbM+logbN. Toute la démonstration tient dans le passage bxby=bx+y : le logarithme transforme un produit en somme parce que les exposants, eux, s'additionnent.
b) Même départ, bx=M et by=N, mais on divise : NM=bybx=bx−y. Donc logbNM=x−y=logbM−logbN. Notez que N=0 est automatique, l'énoncé imposant N>0 pour que logbN existe : la condition d'existence des logarithmes garantit à elle seule celle de la division.
c) On part de bx=M et on élève les deux membres à la puissance k : Mk=(bx)k=bkx, par la loi de la puissance d'une puissance. Donc logb(Mk)=kx=klogbM. Cette loi vaut pour TOUT réel k, entier, négatif ou fractionnaire, parce que la loi des exposants qui la porte vaut elle aussi pour tout réel : c'est ce qui permet de sortir une racine carrée en coefficient 21, comme à l'exercice 2.
d) On pose x=logba, donc bx=a. On prend le logarithme en base c des deux membres, ce qui est licite puisque les deux membres sont strictement positifs : logc(bx)=logca. La loi de la puissance, qu'on vient de démontrer en c), donne xlogcb=logca, d'où x=logcblogca. Le dénominateur n'est pas nul parce que b=1, et l'on retrouve la formule de l'exercice 4 en prenant c=10 ou c=e.
e) Elle échoue dès la première ligne. En multipliant on obtient bxby=bx+y, une loi vraie ; en additionnant on obtient M+N=bx+by, et AUCUNE loi des exposants ne simplifie une somme de puissances. Il n'existe pas d'exposant simple z tel que bx+by=bz, donc rien ne permet de conclure. C'est la raison profonde pour laquelle log(M+N) ne se développe pas : ce n'est pas une règle arbitraire à retenir, c'est l'absence d'une loi en amont. Contre-exemple chiffré : log2(4+4)=log28=3, alors que log24+log24=4.
Exercice 7 : Problème : combien de chiffres a ce nombre ?
Le logarithme décimal COMPTE LES CHIFFRES. Un entier N à n chiffres vérifie 10n−1≤N<10n, donc n−1≤log10N<n : le nombre de chiffres de N vaut la partie entière de log10N, augmentée de 1.
On prendra log102≈0,301030 et log103≈0,477121.
a) Combien de chiffres compte 2100 ?
b) Combien de chiffres compte 3200 ?
c) Le plus grand nombre premier connu en 2018 s'écrit 282589933−1. Combien de chiffres compte-t-il ?
d) Combien de fois faut-il multiplier un nombre par 2 pour lui ajouter un chiffre ?
e) Un logiciel affiche 2100≈1,27×1030. Retrouvez ce coefficient 1,27 à partir de la question a).
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Réponses
a)31 chiffres
b)96 chiffres
c)24862048 chiffres, que l'on retranche 1 ou non
d)Environ 3,322 doublements, c'est-à-dire log210
e)100,1030≈1,2677, donc 2100≈1,27×1030
a) log10(2100)=100log102≈100×0,301030=30,1030. La partie entière vaut 30, donc 2100 compte 31 chiffres. Le calcul direct est hors de portée d'une calculatrice ordinaire, qui affiche une erreur de dépassement : c'est justement l'intérêt de la méthode, qui remplace un nombre de trente et un chiffres par une multiplication à une décimale.
b) log10(3200)=200log103≈200×0,477121=95,4242. La partie entière vaut 95, donc 3200 compte 96 chiffres. Remarquez que l'exposant a doublé par rapport à a) alors que le nombre de chiffres a triplé : c'est le logarithme de la base qui fait la différence, log103 étant une fois et demie plus grand que log102.
c) log10(282589933)=82589933×0,30102999…≈24862047,2. La partie entière vaut 24862047, donc 282589933 compte 24862048 chiffres. Retrancher 1 ne change rien, puisque 2n ne se termine jamais par un zéro et n'est donc jamais une puissance de dix : le nombre premier compte lui aussi 24862048 chiffres, ce qui représente environ six mille pages de texte.
d) Multiplier par 2 ajoute log102≈0,30103 au logarithme. Pour ajouter 1 au logarithme, donc un chiffre, il faut log1021=log210≈3,322 doublements. On retrouve exactement la valeur de l'exercice 3, et ce n'est pas un hasard : c'est la même quantité, lue une fois comme un inverse et une fois comme un changement de base. En pratique, trois doublements font ×8 et quatre font ×16, donc le chiffre supplémentaire tombe entre les deux.
e) La partie entière et la partie décimale du logarithme jouent des rôles différents : la partie entière donne la puissance de dix, la partie décimale donne le coefficient. Ici 2100=1030,1030=100,1030×1030, et 100,1030≈1,2677. Donc 2100≈1,27×1030, ce qui est l'affichage du logiciel. C'est le principe de la notation scientifique, et c'était celui des tables de logarithmes avant la calculatrice : on lisait la caractéristique et la mantisse séparément.
Exercice 8 : Cinq affirmations à corriger
Chacune des cinq affirmations ci-dessous est FAUSSE. Pour chacune, donnez un calcul qui la réfute, puis écrivez l'énoncé correct.
Ce sont les cinq erreurs relevées le plus souvent en évaluation sur ce chapitre.
a) « log2log8=log4, puisqu'on divise 8 par 2. »
b) « log2(−8)=−3, puisque 2−3=81. »
c) « (logx)2=2logx. »
d) « log525+log55=log530. »
e) « Si logba=0, alors a=0. »
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Réponses
a)Faux : 3=0,602. Le quotient est log28=3 ; c'est la DIFFÉRENCE qui donne log4
b)Faux : log2(−8) n'existe pas. C'est log281 qui vaut −3
c)Faux : 9=6 pour x=1000. La bonne égalité est 2logx=log(x2)
d)Faux : 3=2,113. La somme donne log5125
e)Faux : logba=0 donne b0=a, donc a=1
a) Le quotient de deux logarithmes n'est pas le logarithme du quotient. Calcul : log2log8=0,301030,90309=3, alors que log4≈0,60206. L'énoncé correct est double. D'une part, un QUOTIENT de logarithmes est un changement de base : log2log8=log28=3. D'autre part, la loi du quotient porte sur une DIFFÉRENCE : log8−log2=log4. Confondre la barre de fraction et le signe moins est l'erreur numéro un du chapitre.
b) Un logarithme d'argument négatif n'existe pas, quel que soit le signe de la réponse proposée. L'affirmation confond l'OPPOSÉ, −8, et l'INVERSE, 81. L'énoncé correct : log281=−3, tandis que log2(−8) n'est pas défini, aucune puissance de 2 n'étant négative.
c) Contre-exemple avec x=1000 : (log1000)2=32=9, alors que 2log1000=2×3=6. Attention au piège du contre-exemple : avec x=100 les deux membres valent 4, donc cette valeur ne réfute rien. L'énoncé correct est 2logx=log(x2) : le coefficient monte en EXPOSANT DE L'ARGUMENT, il ne met pas le logarithme entier au carré.
d) La somme de deux logarithmes est le logarithme du PRODUIT, pas de la somme. Calcul : log525+log55=2+1=3, alors que log530≈2,113. L'énoncé correct est log525+log55=log5(25×5)=log5125=3, ce qui recolle. Le contrôle était ici immédiat, les deux logarithmes de gauche se calculant de tête.
e) logba=0 signifie b0=a, c'est-à-dire a=1 et non a=0. L'affirmation confond le RÉSULTAT du logarithme et son ARGUMENT. L'énoncé correct : logb1=0 dans toute base, et c'est logba qui tend vers moins l'infini quand a se rapproche de 0, comme le montre la courbe de l'exercice 5.
Exercice 9 : Problème : le calibre AWG des fils électriques
Les fils électriques nord-américains sont désignés par un CALIBRE, noté AWG, qui est un nombre entier : plus il est grand, plus le fil est fin. Le diamètre du fil, en millimètres, vaut d(n)=0,127×92(36−n)/39.
Arrondissez les diamètres au millième de millimètre.
a) Calculez le diamètre d'un fil de calibre 12, puis celui d'un fil de calibre 24.
b) Quel calibre ENTIER correspond au diamètre le plus proche de 1 mm ? Donnez son diamètre exact.
c) Montrez que passer du calibre n au calibre n+6 divise le diamètre par environ 2.
d) La SECTION d'un fil est proportionnelle au carré de son diamètre. De combien de calibres faut-il DESCENDRE pour multiplier la section par 10 ?
e) Pourquoi cette échelle est-elle dite logarithmique, alors que la formule est une exponentielle ?
Voir la correction
Réponses
a)Environ 2,053 mm et 0,511 mm
b)Le calibre 18, de diamètre 1,024 mm
c)d(n+6)d(n)=926/39≈2,005, sans n
d)Environ 10 calibres, par exemple du 24 au 14
e)Le numéro est proportionnel au logarithme du diamètre : un pas constant, un facteur constant
a) Pour le calibre 12 : l'exposant vaut 3936−12=3924≈0,61538, donc d=0,127×920,61538≈0,127×16,162≈2,053 mm. Pour le calibre 24 : l'exposant vaut 3912≈0,30769, donc d≈0,127×4,0201≈0,511 mm. Le fil de calibre 24 est donc quatre fois plus fin que celui de calibre 12, alors que les deux numéros sont dans un rapport de 2 : l'échelle n'est pas proportionnelle.
b) On résout 0,127×92(36−n)/39=1, donc 92(36−n)/39=0,1271≈7,874. On prend le logarithme : 3936−n=ln92ln7,874≈4,521792,06354≈0,45636, donc 36−n≈17,798 et n≈18,2. Le calibre entier le plus proche est donc le 18, dont le diamètre vaut d(18)=0,127×9218/39≈1,024 mm. Un calibre est un ENTIER : donner 18,2 comme réponse finale n'a aucun sens physique, et la valeur arrondie doit être recalculée.
c) On forme le rapport, en laissant n indéterminé : d(n+6)d(n)=0,127×92(30−n)/390,127×92(36−n)/39=92[(36−n)−(30−n)]/39=926/39. Le n disparaît, ce qui est le coeur de la question : le facteur est le même partout sur l'échelle. Or 926/39≈2,005, donc six calibres de plus divisent bien le diamètre par environ 2. C'est la règle que les électriciens retiennent, et elle n'est pas exacte, seulement très proche.
d) La section vaut S=4πd2, donc multiplier S par 10 revient à multiplier d par 10≈3,1623. On cherche k tel que 92k/39=10, donc 39k=ln92ln10≈4,521791,15129≈0,25461, d'où k≈9,93. Il faut donc descendre d'environ DIX calibres. Comme un calibre est un entier, on prend exactement dix, et l'approximation se paie : passer du 24 au 14 multiplie le diamètre par 3,188 au lieu de 3,162, donc la section par 10,2 et non par 10. Là encore, le résultat ne dépend pas du calibre de départ.
e) Parce que la relation est exponentielle dans un sens et logarithmique dans l'autre, et c'est le sens LOGARITHMIQUE qu'on utilise. Le calibre est une fonction du diamètre : n=36−39ln92ln(d/0,127), donc le NUMÉRO est proportionnel au logarithme du diamètre. Un pas constant sur les numéros correspond à un FACTEUR constant sur les diamètres, comme l'ont montré les questions c) et d) : c'est la définition même d'une échelle logarithmique.
Exercice 10 : Problème : la recherche dichotomique
Pour trouver un mot dans un dictionnaire trié, on ouvre au milieu, on élimine une moitié, et on recommence. Chaque étape divise par deux le nombre de possibilités, donc le nombre d'étapes nécessaires au pire est le plus petit entier k tel que 2k≥N, où N est la taille de la liste.
Ce k est donc log2N arrondi À L'ENTIER SUPÉRIEUR. Une recherche séquentielle, elle, demande en moyenne 2N comparaisons.
a) Combien d'étapes au pire pour une liste de 1000 éléments ?
b) Et pour une liste d'un million d'éléments ?
c) La liste de 1000 éléments passe à 2000. Combien d'étapes de plus ? Démontrez que doubler la liste ajoute toujours exactement une étape.
d) Pour un million d'éléments, combien de fois la dichotomie est-elle plus rapide que la recherche séquentielle ?
e) Quelle taille de liste demanderait 30 étapes ?
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Réponses
a)10 étapes
b)20 étapes
c)Une seule de plus, car log2(2N)=1+log2N
d)25000 fois plus rapide
e)Jusqu'à 230=1073741824 éléments
a) log21000=ln2ln1000=0,693156,90776≈9,966. On arrondit à l'entier SUPÉRIEUR, donc 10 étapes. L'arrondi se justifie et ne se subit pas : 29=512, qui est plus petit que 1000, donc neuf étapes ne suffisent pas ; 210=1024, qui dépasse 1000, donc dix suffisent. C'est l'encadrement de l'exercice 3, employé cette fois pour trancher un arrondi.
b) log2106=6log210≈6×3,3219=19,932, donc 20 étapes. On reconnaît le log210≈3,322 des exercices 3 et 7 : six chiffres décimaux valent vingt questions binaires. Vérification : 220=1048576, qui dépasse tout juste le million, tandis que 219=524288 ne suffit pas.
c) log22000≈10,966, donc 11 étapes : une seule de plus. La démonstration est immédiate avec la loi du produit, log2(2N)=log22+log2N=1+log2N. Le nombre d'étapes augmente donc de 1 exactement, quelle que soit la taille de départ. C'est la propriété qui rend la dichotomie irremplaçable : passer de mille à un milliard d'éléments, c'est multiplier la taille par un million, et n'ajouter que vingt étapes.
d) La recherche séquentielle demande en moyenne 2106=500000 comparaisons, contre 20 pour la dichotomie. Le rapport vaut 20500000=25000 : la dichotomie est vingt-cinq mille fois plus rapide. La figure du corrigé montre pourquoi les deux courbes ne se comparent même pas à l'oeil : l'une monte en droite, l'autre reste collée à l'axe.
e) Trente étapes permettent de traiter toute liste telle que 230≥N, donc N≤230=1073741824, soit un peu plus d'un milliard d'éléments. Autrement dit, trente questions à réponse oui ou non suffisent à retrouver n'importe quelle personne sur Terre dans une liste triée. Le résultat surprend parce que l'intuition additionne là où le logarithme compte des doublements.
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